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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
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Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 19:00

 

 

 

" Notre but suprême, bien faire la guerre pour qu'on nous donne le droit de participer aux conférences de paix..."

Gilles Deleuze (*)

 

 

 

 

 

Passionnant de complexité !...

 

L’accord provisoire sur le "Nucléaire Iranien", conclu à Genève le 24 novembre dernier, pour une durée de six mois dans l’attente d’une négociation pouvant mener à un accord définitif, en présente toutes les composantes.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Signé, après les inévitables gesticulations et psychodrames pour entretenir la tension, entre les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU plus l'Allemagne (pourquoi ce pays, et pas les puissances nucléaires que sont l'Inde ou le Pakistan, par exemple ?...), d’un côté, et l'Iran de l'autre, pose en fait plus de questions, ou révèle plus d’ambiguïtés, qu’il n’apporte de solutions au "problème". Vrai ou faux problème…

Rituel théâtral et mécanismes interactifs, habituels des négociations. Plus particulièrement internationales. Avec leurs variations pouvant conduire à des résultats diamétralement opposés, selon un curseur évoluant entre deux bornes :

i)  « Gagnant-gagnant » : "je gagne si tu gagnes aussi". Le "Win-Win" des anglophones. Impliquant un strict pied d'égalité entre les partenaires, dans un respect mutuel, partageant un objectif commun. C’est le contexte idéal pour parvenir à un accord durable, pas simplement fondé sur de bonnes intentions, mais sur des éléments tangibles d’intérêts convergents.

ii)  « Gagnant-perdant » : "je gagne si tu perds". Qui est le propre des accords « imposés », dont la durabilité est aléatoire, ou provisoire, du fait qu'il s'inscrit dans un rapport de force. Donc, de domination. Fondée sur l’illusion que ce rapport de force ne changera pas. Ce qui, dans un contexte historique ou de longue durée, n’existe jamais.

 

A Genève, où se situe le curseur ?...

 

L'hérétique

 

Que valent un accord, un contrat, une convention, un traité ?...

 

« Ce que valent ses signataires », répond la sagesse des nations ....

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

L’évolution des partenaires dans le temps introduit, toutefois, un facteur d’incertitude ou de dysfonctionnement. Classique exemple : celui considéré comme de "bonne foi" peut subitement, ou progressivement, changer selon ses intérêts du moment, ou à long terme.

.

Un des exemples historiques les plus frappants est celui de l’Allemagne signataire avec les "grandes puissances" de l’époque, du Traité de Londres, dit des XXIV articles, le 19 avril 1839, garantissant la neutralité de la Belgique : Empire Autrichien, Empire Russe, Royaume-Uni, Royaume des Pays-Bas, Prusse et France.

L’état-major allemand, dans sa minutieuse préparation de l’attaque contre la France de ce qui allait devenir la Première Guerre Mondiale, considérait ce traité international comme un « chiffon de papier ». Voulant prendre ses troupes à revers et par surprise, formidablement aidé par l'incurie des services de renseignement français incapables de voir et recenser l'édification des lignes de chemin de fer et entrepôts de matériel vers et le long de la frontière de la Belgique. Ce sont les termes employés par le chancelier Bethmann Hollweg dans son entretien avec l’ambassadeur du Royaume-Uni, Edward Goschen, la veille de la déclaration de guerre, le 4 juillet 1914…

 

Ou encore, les traités avec les peuples soumis aux invasions coloniales : rompus dès le lendemain de leur signature par les colonisateurs. Les amérindiens, en Amérique du sud ou du nord. Ou, la nation Kanak, dans le Pacifique. Parmi des milliers d’autres, tout au long des siècles.

 

L’Histoire se construit, en grande partie, sur cet amas de "chiffons de papier". En ce cas, l’accord de Genève entre-t-il dans cette catégorie ?...

 

A partir du moment où l’Iran est comparé à un "dangereux hérétique" par ses interlocuteurs, cette "négociation" ne s’apparente-t-elle pas davantage à un Tribunal Inquisitorial qu’à une réunion de partenaires se concertant sur un projet constructif ?...

.

Dans tous les cas, il ne pouvait échapper à cette "confrontation". Les uns le disant "épuisé" par les sanctions, et même avec délectation : "à genoux". D’autres, qu’en cas de refus de "négocier", il encourrait d’autres sanctions encore plus féroces, y compris militaires. Puisqu’on ne cesse de répéter que « toutes les options sont sur la table »…

 

Se renforcent, à ce stade de la négociation, deux éléments d’analyse :

=>  Une posture : nous sommes bien dans un contexte de "rapport de force", sanctions et menaces ; de "procès d’intention" sans commencement de preuve. A aucun moment dans un rapport de confiance : l’Iran étant diabolisé en permanence en menteur et de mauvaise foi. Le curseur désigne clairement la borne « gagnant-perdant » : l’Iran a tort et doit perdre.

=>  Une fissure : le bloc des interlocuteurs de l’Iran tend à se lézarder. Apparaissent ainsi deux "sous-blocs" : les membres du Conseil de Sécurité affiliés à l’OTAN d’un côté. Et les autres : Chine et Russie, foncièrement hostiles à toute mesure de nature militaire.

 

Dans ces conditions, l’Iran avait-il une "marge de manœuvre" ?... Apparemment limitée. Sans issue, "désespérée", affirmaient des commentateurs. D’où une multitude d’interprétations divergentes quant aux résultats, ou aux conséquences, de cet accord.

 

Certains affirmant que l’Iran avait abdiqué de sa souveraineté, se livrant pieds et poing liés à ceux qui vont le dépecer, comme ils l’ont fait de l’Irak ou de la Libye (1). D’autres célébrant une victoire pour l’Iran, identifiant jusqu’à 12 retombées bénéfiques pour le pays (2).

 

La majorité des commentateurs se montrant plus sceptiques, ou prudents. S’interrogeant sur la réalité du changement diplomatique du gouvernement des Etats-Unis, prisonnier des lobbies bellicistes (3). Ou, s’inquiétant de la fragilité de cet accord intérimaire (4).

 

En fait, le texte actuel, dans sa formulation, son interprétation, n’a aucune importance. Le thème de cette conférence n’est qu’un "trompe-l’œil". L’essentiel, comme souvent dans une négociation aux centaines de ramifications apparentes et dissimulées, résidant dans le « jeu des acteurs »

 

Le trompe-l’œil

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Les négociateurs Iraniens, soutenus par la remarquable équipe diplomatique de la Russie, ont su exploiter avec habileté le cadre d’expression qui leur était offert. Prenant soin de ne pas se focaliser sur une apparente absence de "liberté" ou "marge de manœuvre" de négociation, mise en scène dans une agressive campagne de propagande, ils ont efficacement travaillé dans une autre direction.

Instruits par plus de 30 ans d’hostilité à leur encontre, ils savent que ce n’est pas de la "non prolifération nucléaire militaire", dont souhaitent s’assurer les membres de l’OTAN. Pas plus que de "la sécurité" dans la région qu’ils transforment en champs de ruines depuis des décennies, Les armes nucléaires sont inexistantes en Iran, mais omniprésentes au Moyen-Orient.

 

Tout le monde le sait : arsenaux israéliens, bases turques et jordaniennes, bâtiments et sous-marins de l’OTAN dans le Golfe Persique, la Mer Rouge, le long des côtes méditerranéennes.

 

Aucun élément concret dans l’amorce de fabrication d’une bombe atomique n’a pu être produit au Conseil de Sécurité, par l'IAEA. Même dans les rapports tendancieux signés du responsable de cette organisation, le japonais Yukiya Amano, comme l’ont souligné maintes fois les représentants de la Russie et de la Chine.

 

Derrière ce prétexte, l’objectif ultime est clair : le renoncement de l’Iran à sa souveraineté. La fin de son indépendance : de sa diplomatie, de ses forces armées, de ses avancées scientifiques et technologiques, de ses choix de développement et de croissance. De sa culture, aussi, aux multiples composantes ethniques, philosophiques, artistiques ; un des plus somptueux et anciens creusets de civilisations de l’Humanité. (5)

 

Sa reddition. (6)

 

Le retour au "statu quo ante", celui de l’âge d’or du pillage du pays par les occidentaux sous le règne de leurs polichinelles : le Shah, son atroce régime policier, et son entourage ultra-corrompu, civil et militaire. Prédation de ses immenses ressources en gaz, pétrole et uranium. "Privatisation-spoliation" de ses services publics transformés en rentes de situation pour les "milieux" financiers internationaux.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Plonger l’Iran dans le sous-développement économique, social et technologique. Le réduire en simple "bassin de consommateurs captifs". Comme l’Egypte, l’Irak, la Libye et tant d’autres pays.

.

En conséquence, quoi qu’il fasse, dise, promette, accepte, souscrive, il sera toujours considéré comme "coupable". Si, pour reprendre l’expression de certains sociologues des systèmes d'organisation, il ne bénéficie dans cette "négociation" que d’une "liberté limitée", ses accusateurs occidentaux ne fonctionnent que sur une "rationalité limitée". (7)

La "rationalité limitée"

 

Structurée par une idéologie prédatrice, néocoloniale, d’une férocité proportionnelle à la résilience de l’Iran, la "rationalité" des négociateurs occidentaux dans cette négociation, s’en trouve plus que "limitée". Chine et Russie souhaitant, pour leur part, un terme à ce blocage de la part des membres de l’OTAN, tout en sachant que leur aveuglement rend cette sortie de "crise artificielle" quasiment impossible.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Le fait d’accepter ce dialogue de sourds, cette démonstration du "deux poids-deux mesures", est-il pour l’Iran une démonstration de faiblesse, un abandon de sa stratégie d’indépendance ?... Les commentateurs qui en ont véhiculé le cliché ont eu tort, ou ont sciemment induit en erreur leurs paroissiens. Ce fut, au contraire : un coup de maître !

Pratiquer "la politique de la chaise vide" aurait constitué une erreur grossière que les talentueux diplomates Iraniens ont, évidemment, évité. Mieux : ils se sont investis à fond dans l'occupation de la scène !

 

Car, une négociation même dans une apparente "liberté limitée", loin d’être un affaiblissement stratégique permet, en entrant dans le « système d’acteurs », d’identifier les « logiques d’action », de contourner la "rationalité limitée" des opposants. Pour reprendre les termes des chercheurs sur ces mécanismes et leurs dérivés relevant de la "sociologie de la traduction". (8)

 

Et, en fin de compte, de retourner la situation à son avantage.

 

Talleyrand avait, bien avant ces sociologues de la négociation, découvert ces principes, portant leur application au plus haut point. Il a sauvé la France anéantie, au Congrès de Vienne (septembre 1814 – juin 1815), à la suite des désastres Napoléoniens. Les alliés voulant l’exclure du Congrès selon l’adage : « Malheur aux vaincus ! ». Il s’y est imposé, incrusté, et a renversé la tendance violemment antifrançaise œuvrant à sa partition et son écrasement. Face à une "rationalité limitée", il a su admirablement manœuvrer malgré une "liberté limitée"…

 

Dans une négociation de type « gagnant-perdant », les "réseaux d’acteurs" se trouvent engagés dans une remise en cause du « vrai ». Sachant que le « vrai » est défini par le plus fort ou le vainqueur, suivant les contextes. Les enjeux se situent dans ce système de régulation, de normes et de règles, imposées. Dans ce cadre d’analyse, la « vérité », proclamée par le plus fort, est relative à l’importance du nombre de ceux qui affichent leur croyance en cette "révélation", ou "théorie"…

 

Les Iraniens ont éminemment réussi à modifier cet équilibre, élargissant lézardes, fissures et fossés dans ce groupe. Non seulement à l’intérieur du bloc des négociateurs, mais même entre membres de l’OTAN. Et, encore plus déterminant : aux yeux des gouvernements du reste de la planète…

 

La bonne foi de l’Iran ne fait plus de doute. Apparaît ainsi, en plein en lumière, l’aventurisme belliciste des membres de l’OTAN, sans foi ni loi.

 

Alors, qu’importe de savoir si les Iraniens ont échangé des "perles pour des bonbons" (pearls vs candies), comme le prétendent les Cassandre !... La réussite de cette "négociation" n'est pas fondée sur des "pourcentages", des "milliards" en US $ ou en € bloqués, en ou calculs d’arrière-boutique, d’autant plus pour une durée de six mois :
« ... tu n’enrichis pas ton uranium au-delà de 5%, je te restitue 7 milliards de dollars d’avoirs gelés dans mes banques, etc. ».

 

Mais, sur des "logiques d’action" parfaitement maîtrisées. Sur ce qui ne se voit pas, mais se révèle performant à terme.

 

L’aveuglement

 

Paradoxe : dès la signature de l’accord, les membres de l’OTAN multiplient les menaces de sanctions économiques et de bombardements, alors que l’Iran en respecte les termes, ouvrant toutes les portes de ses installations nucléaires aux inspections de l’IAEA, et à présent de ses mines d’uranium.

 

Les déclarations publiques des représentants élus des Etats-Unis, récusant la validité de cette négociation, hystérisant sur la nécessité de bombarder l’Iran, se sont multipliées. Parmi les plus notables, celle de Michele Bachmann, du parti républicain.

 

Ou encore, celle d’un autre parlementaire républicain, Duncan Hunter, membre de la Commission des Forces Armées, recommandant le bombardement nucléaire des installations de l’Iran au nom de "la non prolifération nucléaire préventive" !… Allant jusqu’à souhaiter une opération sous forme de campagne de bombardement aérien massif [massive aerial bombing campaign]. (9)

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

L’oligarchie de la France n’échappe pas à ce conditionnement : sa diplomatie est inexistante. Jusqu’à ses services de renseignement entièrement formatés par les idéologues de l’OTAN. Un très récent éclairage de ce délire collectif nous est donné par une émission de la chaîne gouvernementale Public Sénat, intitulée Bibliothèque Médicis, en date du 29 novembre 2013, sur le thème : "Le renseignement et l’espionnage". (10)

Réunissant des "spécialistes" du renseignement et de l'action clandestine, professionnels, et aussi parlementaires chargés d’en assurer "le suivi" au nom de notre Parlement, il est amusant de voir tout ce beau monde se lamenter sur les insuffisances de nos moyens par rapport à la NSA… Nullement inquiets de l’atteinte aux libertés publiques, mais désolés de n’avoir, pour reprendre leurs expressions, qu’un "tuyau d’arrosage au lieu d’un pipeline"…

 

Bien sûr, ces "génies du renseignement" chargés d’éclairer nos gouvernants sur nos intérêts géopolitiques ne voient comme principaux dangers pour notre pays que le "terrorisme islamique", notamment "l’islam du radicalisme chiite" (minute 17, seconde 14) et, inévitablement : "l’Iran", nommément désigné comme "ennemi" (minute 41, seconde 22).

 

Quant aux agressions, ravages, actions terroristes, carnages et chaos répandus de concert avec nos "alliés" par nos armes, nos armées, nos "services spéciaux", nos mercenaires, dans les pays musulmans qui ne demandent qu’à vivre en paix, visiblement ces "tontons flingueurs" ne sont au courant de rien !... Le "Trou Noir"...

 

Un tel concentré de fanatisme "tranquille", d’imbécillité grotesque, d'analphabétisme culturel comparable aux Croisades du X° siècle, est devenu la norme dans notre nomenklatura, reproduisant en copié-collé les diktats obsessionnels des néoconservateurs américains. Autrement dit "l’extrême-droite" des Etats-Unis, délirante d’islamophobie et d’hyperviolence. Relayés, en France comme chez les autres membres de l’OTAN, par une puissante mécanique souterraine de bielles et pistons ; de nos médias à nos appareils politiques, de nos sociétés d’édition à nos ministères...

 

 

L’apocalypse

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Face à cet aveuglement des membres de l’OTAN, et au regard de la bonne foi de l’Iran, les gouvernements du reste de la planète, qui représentent qu’on le veuille ou non la véritable "Communauté Internationale" commencent de plus en plus à être excédés par cette attitude obstinément belliqueuse.

En fait :

i)   Ce sont eux, membres de l'OTAN et supplétifs, et non pas l’Iran, qui menacent la sécurité de la région en refusant la "dénucléarisation" du Moyen-Orient
ii)   Ce sont eux, et non l’Iran, qui ne respectent pas le droit international. Edictant, unilatéralement des sanctions économiques, illégales, en infraction de la charte de l’ONU et de l’OMC

iii)   Ce sont eux, et non l’Iran, qui s’opposent à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Se réjouissant de lui avoir occasionné par ces sanctions économiques un "manque à gagner" évalué à 120 milliards de dollars, non compris le gel de ses avoirs dans divers pays. Oubliant stupidement, que l’impact de ce manque à gagner se répercute, avec autant de force, dans les propres économies des autres pays. A commencer par ceux de l'OTAN...

 

Mais ces gouvernements pourront-ils résister aux pressions de l’OTAN ?... Oui, dès lors que leurs entrepreneurs et hommes d’affaires, du moins ceux plus préoccupés par des perspectives saines et sûres d’investissement à long terme que par l’affairisme aléatoire, vont taper du poing sur la table.

 

Ils ont commencé à le faire, britanniques et allemands en tête. Entraînant du même coup une partie des milieux d’affaires américains. Les lignes bougent. Autre béante fissure dans le bloc de l’OTAN ouverte par l’accord sur le nucléaire, s’élargissant tous les jours…

 

Il est vrai que l’Iran, un des rares pays dans le monde à n’avoir aucune dette mais de multiples avoirs dans de multiples pays, négocie actuellement un programme d’échanges "avoirs contre biens, services, et projets d’investissements" estimé à 30 milliards de dollars (évidemment, sans dollars…) : avec la Chine… De quoi susciter des envies.

 

La diplomatie et le rayonnement de l’Iran sont, à l’issue de cette négociation : à leur zénith. Même dans les pétromonarchies du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d’Oman, peu désireux de lier leur sort à celui de l’Arabie Saoudite. Où les visites de ces derniers jours, au plus haut niveau gouvernemental, ont révélé dans les déclarations officielles que tous souhaitaient un Iran "fort et prospère". Autre brèche, dont les craquements sont retentissants dans le Golfe…

 

Inexorablement, charnière entre Proche-Orient et Asie-Centrale, l’Iran avec ses élites scientifiques, ses immenses ressources naturelles, son marché de 80 millions de personnes, représente une des locomotives du futur "marché commun" en cours d’édification au cœur d’une des régions les plus prometteuses en terme de développement dans le monde.

 

La 21° réunion de l’ECO (Economic Cooperation Organization) tenue à Téhéran, du 24 au 26 novembre dernier, en est l’illustration. Regroupant, autour de l’Iran, les responsables des économies des pays allant de la Turquie au Pakistan : Azerbaïdjan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Afghanistan. Ce sont de gigantesques marchés d’infrastructures ferroviaires, routières, d’échanges en énergie, en recherches et technologies, en agriculture et tourisme, en enseignement et santé, qui s’ouvrent pour ces pays et leurs partenaires…

 

Bénéficiant du statut d’observateur auprès du BRICS et, surtout, du SCO (The Shanghai Cooperation Organisation), l’Iran, partenaire respecté, est appelé à intégrer inéluctablement ces deux puissantes organisations interétatiques…

 

L’Histoire poursuit sa marche…

 

Iran : "grande puissance régionale".

 

N’en déplaise aux "va-t-en-guerre". Face à l’évidence, s’ils s’obstinent dans le déni, ne leur reste plus "sur la table" qu’une option :

 

L’Apocalypse

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

 

 

1.  Cf. : Ismael Hossein-Zadeh, Did Iran Have to Give Up So Much To Get So Little ?, CounterPunch, 6-8 décembre 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/12/06/did-iran-have-to-give-up-so-much-to-get-so-little/

Ou encore :
Thierry Meyssan, "L’abdication de l’Iran", Réseau Voltaire, 2 décembre 2013,
http://www.voltairenet.org/article181267.html

2.  Mahmoud Reza Golshanpazhooh, "12 Positive Outcomes of Geneva Nuclear Deal for Iran", FNA, 30 novembre 2013,
http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13920909000126

3.  Sasan Fayazmanesh, "Is Obama’s Policy of Tough Diplomacy Really Withering Away ? ", CounterPunch, 29 novembre 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/11/29/is-obamas-policy-of-tough-diplomacy-withering-away/

4.  Gareth Porter, "Tehran accord design to fail ? ", Asia Times, 26 novembre 2013,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-02-261113.html

5.  Parmi quelques sites sur le patrimoine historique et culturel de l’Iran :
=>  http://guidecultureldeliran.over-blog.com/
=>  http://www.achemenet.com/
=>  http://www.sasanika.org/
=>  http://archnet.org/library/images/
Avec l’incontournable ouvrage, véritable encyclopédie de 512 pages et plus de 1300 photographies, cartes, et dessins, de Patrick Ringgenberg : Guide Culturel de l’Iran, édition 2006, distribué par la Librairie Bernard Letu, 2, rue Calvin, 1204, Genève (arts@letubooks.com).
6.  Nucléaire Iranien : Prétexte et Préméditation, 12 août 2012,
http://stanechy.over-blog.com/article-nucleaire-iranien-pretexte-premeditation-109034509.html
7.  Cf. sur ce thème les travaux de :
=>  Herreros G., Les nouvelles approches sociologiques des organisations, Seuil, 1996

=>  Latour B., La science en action, La Découverte, 1989
8.  Herreros et Latour, Op. Cit.
9.  Congressman : US should nuke Iran nuclear facilities if needed, PressTV, 4 décembre 2013,
http://www.presstv.ir/detail/2013/12/04/338255/congressman-us-should-nuke-iran/

10.  http://www.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/le-renseignement-et-l-espionnage/jean-louis-carrere,bernard-squarcini,jean-jacques-urvoas,mohamed-m/142304

 

(*)  Gille Deleuze, Préface de l’édition italienne (1987) de Mille PlateauxCapitalisme et Schizophrénie, coécrit avec Félix Guattari

(**)  Caricatures du Brésilien Carlos Latuff
La désopilante caricature du japonais Yukiya Amano (responsable de l'IAEA) en forme de crayon est une réalisation de l'artiste Iranien Sajjad Jafari

(***)  Image du porte-avions extraite du rapport du capitaine de l’US Navy Henry J. Hendrix : At What Cost a Carrier ? ["A quel coût un porte-avions ?"], Disruptive Defense Paper, Center for A New American Security, Mars 2013.
Imparable et brillante démonstration par un spécialiste de l’aéronavale qu’à l’ère des missiles, en cas de conflit régional ou mondial, un porte-avions n’est qu’un tas de ferraille flottant…

 

 

 

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commentaires

Georges Stanechy 13/12/2013 14:31

.
Cher Abdelkader,

Effectivement, la "stupidité" : la pire des malédictions humaines !...

Son enracinement, sa prolifération, ne cessent de s'étendre. Conditionnement, formatage, endoctrinement, les moyens employés sont considérables.

Tant qu'il ne s'agit que de l'hébétude consumériste... La course au dernier gadget, ou à la dernière breloque glorifiant le narcissisme et le paraître, sous l'asphyxie du marketing et de la pub... On peut se contenter de hausser les épaules, continuer son chemin...

Mais, lorsque la "stupidité" nourrit l'irresponsabilité des castes au pouvoir, détenant le pouvoir de détruire des pays et de martyriser des populations, ne serait-ce qu'en les plongeant dans la misère, on ne peut qu'être inquiet face à l'évolution de nos sociétés...

Sociétés régies par des nomenklaturas schizophrènes, enfermées dans leur bulle mégalomaniaque, prenant leurs désirs pour la réalité, leurs pulsions de mort pour la "civilisation" et la "démocratie"...

L'Humanité, dans son devenir, évolue sur le fil du rasoir. Si nous n'arrivons pas à maîtriser ces fous furieux, elle est à la merci d'une catastrophe majeure.

Restons optimistes, toutefois, la Nouvelle Année approche !

Amitiés
.

Abdelkader Dehbi 12/12/2013 17:37

Merci Georges, pour l'Iran que nous aimons et respectons, comme peuple, comme dirigeants et comme Histoire. Merci pour ta croisade inlassable contre la pire des malédictions humaines : la stupidité.