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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 05:00

 

 

"Le monde social n'est pas simplement le monde de la non-raison, il est celui de la déraison, c'est-à-dire d'une activité de la volonté pervertie, possédée par la passion de l'inégalité."
Jacques Rancière (*)

 

 

 

 

 

Le temps  des vacances…

 

Que je souhaite excellentes pour tous…

Occasion de "recharger ses batteries", retrouver familles et amis. Ou, se retrouver soi-même, loin de la machine à vapeur quotidienne. Dans le silence ou la solitude. Avec pour compagnons, quelques livres.

 

Certains m’ont demandé un conseil de lecture. Quel livre ne pas oublier dans son sac à dos ?...

Choix difficile.

 

Au hasard, je vais en recommander un, à lire et relire, qui m’a captivé ces derniers mois. Il devrait vous faire vivre quelques heures de passionnantes lectures et discussions avec vos proches. Celui de Thomas Piketty, intitulé :
« Le Capital au XXI° siècle ». (1)

 

Ce sont 692 pages d’un régal intellectuel rare.

 

Rien à voir avec les insipides et fumeux pavés d’économies traditionnels, comme le laisserait penser le titre.

 

Véritable roman d’aventures, feu d’artifices aux dizaines de gerbes et pistes, où s’entremêlent économie, fiscalité, histoire, géographie, démographie, sociologie, philosophie. Jusqu’à la littérature, avec les personnages du monde de Jane Austen ou de Balzac, dont l’ombre de Vautrin hante les pages du livre de Piketty.

 

Impressionnant résultat, soulignons-le, d’un travail fondé sur une quinzaine d’années de recherches, sur plusieurs continents. Adossé à un appareil statistique et d’analyses de premier ordre, relié à une base de données techniques complémentaires sur Internet ! Avec une équipe de haut niveau. Le tout dans une langue simple, sans jargon, saupoudrée d’humour ! 

 

Sa publication en langue anglaise est un succès mondial, de la Californie à Hong Kong en passant par Rio, Lima, Moscou ou Téhéran. Ne peuvent s’en passer tous ceux qui s’intéressent à autre chose que leur nombril, réfléchissant à l’impérieuse nécessité d'esquisser un autre modèle d’organisation de notre planète que le Libéralisme Sauvage, croyance sectaire imposée en religion d'Etat, d’une féroce intolérance, qui va droit dans le mur. 

Au fil des pages, dans une compilation de faits, chiffres, statistiques, méthodiquement décortiqués et passés au microscope, Piketty démontre la gigantesque concentration du patrimoine et de "la richesse des nations" aux mains d'une poignée d'individus, surnommés dans nos pays occidentaux : les "1%". Contrôlant ainsi, par leurs "Armes de Domination Massive", les rouages de nos sytèmes économiques et financiers, les appareils d'information ou de "propagande privatisée", et, encore plus préoccupant, le personnel politique de nos parlements et gouvernements.

 

Ce niveau d'accumulation extravagant (cf. l'emblématique "affaire" Liliane Bettencourt de L'Oréal...), déconnecté de toute activité réellement "entrepreneuriale" en termes d'investissements, de création d'emplois, et de valeur ajoutée pour nos économies, ravage nos sociétés par son niveau d'injustice sociale. Le "système fiscal", principal instrument de régulation dans la redistribution de la richesse "nationale" et donc solidairement "collective", étant uniquement formaté pour accroître les privilèges de la minorité des nantis au détriment, et dans la spoliation, de la majorité des citoyens.

 

En surtaxant la "consommation des ménages" (la TVA "confiscatoire" constituant de loin la principale recette pour alimenter le budget de l'Etat), en écrasant de charges sociales le Travail (système de santé et retraites exclusivement financés par des recettes indexées sur les salaires au lieu d'autres assiettes fiscales), en grugeant par un système bancaire dévoyé la "petite épargne" des foyers modestes (type Livret A et assimilés ; de plus, préssurés sur leurs comptes courants par des intérêts débiteurs et frais arbitraires déments, etc.) dont le taux de rémunération est inférieur à celui de l'inflation...

 

Tout cela pour accroître, préserver, les plantureux et astucieux passe-droits fiscaux des plus fortunés, tant sur leurs revenus que sur leurs patrimoines. Ces "distorsions", remarquez-le, n'étant jamais évoquées par les nombreux et bavards "spécialistes en réformes structurelles". Surtout pas !

 

Au contraire : ce pillage s'exerçant dans le plus profond mépris et cynisme d'une implacable précarisation, paupérisation, de nos populations. Ces "1 %" posant, par l'accélération de leurs dérives mégalomaniaques, les plus grands dangers pour nos Libertés Publiques, l'exercice de nos droits démocratiques, et le "sens" de notre vie collective.

 

Au point qu’un spécialiste financier international, Patrick L. Young, se demande, devant l’insistance actuelle des autorités européennes à les intégrer dans les statistiques du PNB des différents membres, si la prostitution et le trafic de drogue (en voie de "légalisation" dans tous nos pays) ne vont pas constituer à terme "le fondement du développement économique de l’Union Européenne"… (2)

 

Thierry Pelletier l’avait formulé avec force, je me plais toujours à le citer (3) :

« De toute façon, seuls les imbéciles et les porcs peuvent encore croire à la pérennité d’un tel monde ».

 

Un Piketty, sinon : Rien…

Evidemment,  tout spécialement en France, l’immense travail de recherches de Piketty est étouffé par l’appareil de propagande de l’oligarchie. Car, il remet en cause tous ses clichés et dogmes, dix commandements et anathèmes, dont elle nous bourre le crâne, interdisant tout débat. (4)

 

Mon passage préféré ?...

 

Parmi d’autres, un bijou d’ironie parfaitement maîtrisée par la qualité des sources et analyses, le chapitre :
« Capital négrier et capital humain » (pp. 254 - 258).

 

Sulfureux rapprochement, nous rappelant que dans nos pays et sociétés, 60% du revenu national provient du travail, contre seulement 40% pour le revenu du capital. Déconstruisant, ainsi, le dogme des propagandistes affirmant que seules les entreprises ou « l’offre », pour reprendre leurs mantras, créent la richesse.

 

Les derniers rapports de la Banque Mondiale confirmant que le « capital humain » représente la première forme de capital au XXI° siècle. Comme le "capital négrier" aux Etats-Unis dans les années 1770-1810…

 

On comprend mieux l’obstination de nos castes au pouvoir à considérer les "salariés" comme des "esclaves". Les "Working Poors" des sociologues anglosaxons, auxquels, peuvent être assimilés les commerçants, artisans, professions libérales, et "patrons" des petites entreprises qui évoluent quotidiennement au seuil de la faillite étranglés par les banquiers.

 

Dans leur acharnement contre toute régulation sociale, la destruction ou la dénonciation du Code du Travail, des retraites, des systèmes de santé publique, des congés payés, de l’enseignement supérieur de qualité accessible à tous. Et, inévitablement ou fondamentalement, des légitimes actualisations salariales et améliorations du niveau de vie corrélativement à l'enrichissement indéniable du pays.

 

Les "réformes structurelles", habillage rhétorique de cette "casse sociale", dont nous asphyxient les "experts-branquignols" de la désinformation c’est tout simplement, dans une régression médiévale pleinement assumée par nos oligarques (5) :
"Le fouet pour les esclaves" !...

 

Ce livre est à déguster, sous un cocotier ou un parasol, un cèdre ou un chêne, en délicieux rafraîchissement de l’intelligence et de l’esprit critique.

 

Je l’ai donc emballé dans le slogan d’une marque de boisson :

« Un Piketty, sinon : Rien »…
 

Bonnes vacances à tous !

 

 

 

 

1.  Thomas Piketty, Le Capital au XXI° siècle, Seuil, septembre 2013.
2.  Patrick L. Young, Sex and drugs at the core of the EU’s economic development ?, RT, 26 juin 2014,
http://rt.com/op-edge/168572-europe-sex-drugs-economy/
3.  Thierry Pelletier : Voyage au Bout de la Zermi, 2 novembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-13503312.html
4.  Cf. le dernier "sermon" de Fillon, pour « réformer la France »… :
Jean-Christophe Chanut, Le traitement de choc du docteur Fillon pour soigner l’économie française, La Tribune, 25 juin 2014,
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140625trib000836961/le-traitement-de-choc-du-docteur-fillon-pour-soigner-l-economie-francaise.html#xtor=AL-13
5.  Cf. les prêches sempiternellement répétitifs de la brochette de "calotins des réformes structurelles", qui officient tous les matins sur la TV-radio : BFM Business TV

 

 

(*)  Jacques Rancière, Le Maître Ignorant - Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle, collection 10-18, Fayard, 1987, p. 137.

 

 

 

 

 

 

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