Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes... Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...

 

 

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Massacres et tortures des manifestants à Bahrein

 

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Juin 2011. La poétesse Bahraini Ayat al-Qurmezi, 20 ans, dénudée, violée, battue avec des câbles électriques, torturée pendant des heures pour avoir, dans un poème, "revendiqué" La Liberté et La Dignité pour son pays. Condamnée à 1 an de prison sévices, par les "tribunaux" de la dictature avec le soutien de l'ONU...

Sous la pression internationale, elle a été libérée et placée en résidence surveillée, le 13 juillet 2011. "Libérée", mais brisée...


 


 

Amérique Latine

Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 23:10


Agent secret…
 
C’est un travail. Parfois utile.

Souvent stupide.

De plus en plus horrible.

Dans cette sphère, le pire côtoie le meilleur. Entre ces deux pôles : la médiocrité. Comme beaucoup d’organisations officiant dans l’ombre, sans contrôle d’institutions “véritablement” démocratiques.

Médiocrité, accentuée par la couverture du “Secret Défense”. Alors, les pires atrocités rivalisent souvent avec les délires paranoïaques les plus idiots. C’est la “loi” du milieu, dit-on, fataliste.
 
Un exemple, pour comprendre ce contexte. En niveau de stupidité, les propos d’Alexandre de Marenches (qui aimait se faire appeler "Comte"...), ancien patron des services secrets français (1), dans un livre d’entretiens intitulé “Ockrent Marenches – Dans le Secret des Princes (2), atteignent des sommets.

Représentatifs de cette vision binaire et paranoïaque entre Le Bien et le Mal. Du temps de la Guerre froide. Cette tare est indécrottable de la vision géopolitique des castes au pouvoir (et de leurs “experts”…) en Occident. Elle perdure depuis le Moyen Age !...
 
Et, dire qu’aucun de ses successeurs ne lui arrivait à la cheville (3) … A désespérer de l’intelligence.
 
Philip-Agee.jpg M’écartant du pire, je voudrais rendre hommage au meilleur.

A un homme. Plus particulièrement, à l’un de ceux qui ont su ne pas franchir les limites de la Dignité Humaine, préservant
leur conscience et les valeurs en lesquelles ils croyaient : Philip Agee. Américain né en Floride, diplômé de la prestigieuse Université de Notre Dame (4).
 
La presse officielle n’en a pas parlé, évidemment. Heureusement, la presse “alternative”  l’a osé. Philip Agee, vient de mourir à l’âge de 72 ans, dans la nuit du 7 janvier à Cuba.

Il avait travaillé à la CIA du temps où Georges Bush senior, le père de l’actuel président des USA, en était le patron. Douze ans à la CIA, en tant qu’un des meilleurs “spécialistes” de l’Amérique latine, qu’il a quittée en 1969.
Il était chargé d’infiltrer, de repérer, les “progressistes”, “communistes” et autres “activistes”.  D’organiser leur “neutralisation”, des sabotages, des campagnes d’intimidation, de harcèlement.

C’était la lutte entre le Bien et le Mal, la Guerre Froide. Il y croyait, “à la vie, à la mort”. La défense de la Civilisation et de la Liberté, contre la Tyrannie et la Barbarie.
Jusqu’au jour, où il a pris conscience que le "barbare" : c’était lui.

Découvrant, que les militants dont il communiquait les coordonnées aux polices locales étaient enlevés, torturés, et exécutés. Tous ceux qui refusaient l’injustice économique, sociale, la misère des uns au profit des privilèges des autres, étaient impitoyablement éliminés.

“Argentine, Brésil, Chili Paraguay, Guatemala, El Salvador, toutes ces dictatures avaient des escadrons de la mort” avec le support de la CIA et du gouvernement US”,
n’hésitait-il pas à écrire
(5).
Comprenant que ce n’était pas une guerre entre des pays, mais "une guerre de classes" qui se déroulait. Il s’est retrouvé, manipulé comme un marionnette, devenant un vulgaire milicien au service des ploutocraties locales qui, pour préserver leurs privilèges, contribuaient au pillage de leurs propres nations.

Il a dit non.
Le déclic ? Le 2 octobre 1968 à Mexico, le Massacre de Tlatelolco.

Des milliers de manifestants, étudiants et ouvriers, hommes, femmes et enfants, rassemblées dans une manifestation pacifique pour demander la justice sociale. Cinq mille personnes environ, au minimum.

A la tombée de la nuit, des chars et des mitrailleuses approchent et tirent sur la foule. Officiellement à ce jour, on ne connaît pas le nombre des victimes, dont de nombreux enfants : des centaines ou des milliers.

Qu’importe. L’acte barbare a eu lieu. La CIA était impliquée. Il en a été révolté.
 
Il avait été ébranlé, trois ans plus tôt, par le coup d’Etat organisé en République Dominicaine. Il a donc décidé de quitter son service. Torture, assassinat, massacre de civils ou de militants, coups d’Etat antidémocratiques, n’étaient pas à ses yeux la vocation d’un service de renseignement.
 
Il met ses connaissances au service de la justice. Ecrivant un livre en 1975, qui fait grand bruit (6) : Inside The company : CIA Diary. Traduit dans une trentaine de langues, il y dénonce toutes les pratiques de déstabilisation et de lutte contre les libertés.

Il y dénonce, entre autres, 250 agents locaux, rien qu’en Amérique latine. Et, cite des présidents de pays latino-américains comme étant des agents de la CIA, notamment ceux de Colombie (Alfonso López Michelsen), du Costa Rica (José Figueres Ferrer), et du Mexique (Luis Echeverria Álvarez).
 
Bien sûr, s’abattent sur lui : calomnies, menaces, tentatives d’enlèvements et d’assassinats, persécutions en tous genres. Il essaye, au début de se réfugier dans la "démocratique" Europe.

Mais, la traque ne cesse pas. Expulsé de Grande-Bretagne, d’Hollande, de France, d’Allemagne, d’Italie. Se réfugiant à l’Île de Grenade, puis au Nicaragua. Il faudra attendre une vingtaine d’année, avant qu’elle ne se calme.
 
Il écrit d’autres livres, sans se décourager (7) :
Il y a eu un prix à payer. Cela a perturbé les études de mes enfants (Phil et Chris, alors adolescents) et je ne pense pas que ce fut une période heureuse pour eux. Cela m’a ruiné…
Mais, cela m’a rendu encore plus déterminé à beaucoup d’égards, au point de renforcer mon intérêt et mes choix politiques.
Plus “ils” multipliaient leurs coups tordus, plus ils renforçaient mes convictions dans l’importance de mon action
.”
(8)
 
Finalement, il a pu s’installer en Allemagne, son épouse est allemande, et à Cuba. Partageant son temps entre ces deux pays.

Cuba, ce pays ami, à qui il a demandé pardon pour le mal qu’il lui avait fait. Et, qui lui avait pardonné. Il y a été soigné, entouré d’amitiés. Il y vécut ses derniers instants.
 
Je salue Le Départ d’un Juste.
 
Chapeau bas…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)   Alexandre de Marenches décédé en 1995, à l’âge de 74 ans, a dirigé les services secrets français pendant 11 ans. Il avait démissionné à l’arrivée de Mitterrand (1981), ne supportant pas de servir un gouvernement comportant des ministres “communistes”…
(2)   Stock - 1986
(3)   Fiascos (le désastre d’Auckland…), ouvrages de mémoires et autres considérations stratégiques, encore plus imbéciles, écrits par les patrons suivants, se sont succédés sans discontinuer…
(4)  University of Notre Dame, célèbre université catholique fondée en 1842, dans l’Etat de l’Indiana. Elle avait recruté Tariq Ramadan. Les autorités d’immigration américaines lui ayant refusé le visa, il a été contraint de décliner l’invitation. A présent, il enseigne, publie, participe à des émissions de radio ou de TV, en Grande Bretagne.
(5)   “Argentina, Brazil, Chile, Uruguay, Paraguay, Guatemala, El Salvador - they were military dictatorships with death squads, all with the backing of the CIA and the US government.”… Cité par Fred Attewill, Renegade CIA agent Agee dies, The Guardian, mercredi 9 janvier 2008.
(6)   Agee, Philip, Secret agent - Inside the Company : CIA Diary, Penguin, 640 pages, 11 janvier 1975.
(7)   Autres textes : Dirty Work : The CIA in Western Europe (1978), Dirty Work : The CIA in Africa (1979), On The Run (1987).
(8) "There was a price to pay. It disrupted the education of my children [Phil and Chris, then teenagers] and I don't think it was a happy period for them. It also cost me all my money… But it made me a stronger person in many ways and it ensured I would never lose interest or go back in the other direction politically. The more they did these dirty things, the more they made me realise what I was doing was important." Cité par Fred Attewill (Op.Cit.).
 
 

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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 16:39


Le référendum proposé au peuple vénézuélien par le président Hugo Chavez, le 2 décembre dernier, portant réforme d’un certain nombre d’articles de la Constitution de 1999, a été refusé à une différence de 1%. Avec plus de 44 % d’abstentions.

 

Chavez---Bolivar.jpg
 

Les organes de propagande occidentaux, dont les principaux journaux et médias français (1), exultent devant ce qu’ils considèrent comme une "déroute", une "défaite", un "échec", un "revers", et autres qualificatifs.
 

Eux, qui soutiennent, à longueur d’année, les pires dictatures (2). Sans états d’âme. Les plus sanguinaires, les élections truquées des multiples pays considérés comme des néo-colonies de "l’arrière-cour de la francophonie", en particulier… Si le « oui » l’avait emporté, ils auraient affirmé, avec le culot des voyous les plus endurcis, que les élections avaient été truquées. Comme ils ne cessent de le répéter, pour Poutine (3)

 
 

L’écroulement du pilier de la propagande

 

Pour ma part, le résultat ne m’a pas surpris. Et, contrairement aux apparences, j’estime qu’il représente une grande victoire pour Chavez. C’est un "passage obligé", souhaitable et salutaire. Comme au jeu d’échecs, la perte d’une pièce considérée comme importante peut avoir, en fait, des effets paralysants pour le jeu de votre adversaire. A présent la « démocratie » est bien ancrée. La propagande occidentale, l’opposition vénézuelienne des grands féodaux et de leurs seconds couteaux, doivent intégrer ce nouveau paramètre. Eclatant, incontournable…

 

peuple-vnz-1.jpg En tout premier lieu, les attaques diffamatoires, assurant qu’il souhaitait instaurer une dictature, deviennent caduques. Inutilisables. Lui qui a été régulièrement élu… Il donne ainsi une magnifique leçon de démocratie à tous ceux qui l’accusent de vouloir se transformer en "dictateur". Le soir même avant les résultats définitifs, Chavez reconnaissait l’échec du référendum. Avec gravité, maturité, humanité. Félicitant le succès de ses adversaires. Il reconnaissait, même, qu’il ne se serait pas satisfait d’une différence aussi légère dans l’autre sens. Pour lui, l’alternative était simple : ou l’approbation était massive, ou elle ne l’était pas.

 

Quelle belle leçon de démocratie pour nos politiciens et médias français !... Constatons, qu’en France, la Constitution Européenne refusée par le peuple français lors du dernier référendum va être, ainsi que l’a affirmé Giscard d’Estaing lui-même, sous un autre habillage, entérinée par voie parlementaire. Contournant, ainsi la volonté populaire…

 

Au Venezuela, l’expression populaire dans son vote est ainsi respectée, avec dignité et détermination. Chavez voulant se transformer en dictateur élu à vie, était un mythe entretenu avec de gros moyens par la propagande occidentale. C’est un pilier de l’argumentation des milieux "néocons" qui tombe, avec fracas !...

 
 
 

La corruption des médias

 

Notons, au passage, que pas un des médias français n’a examiné, présenté, analysé le projet de modifications de la Constitution vénézuelienne. Leur travail de propagande s’est uniquement focalisé sur la transformation du pays en dictature en cas d’approbation de ce référendum. Je conseille de lire un des rares exemples d’analyse, celle de Thierry Deronne (4).

 

Sur les 69 articles proposés à des modifications, ils n’en ont vu qu’un : l’article 230. Cet article proposait simplement à la population le droit de réélire, ou pas, les représentants qu’elle souhaitait, y compris son Président, sans limitation de renouvellement de mandats, comme il existe dans d’autres démocraties européennes ou autres.

 

Effectivement, cet article était discutable. Mais, le fait d’avoir des sénateurs nonagénaires en France, élus ad vitam aeternam, ne semble pas entraver outre mesure le fonctionnement de nos institutions, et faire paniquer nos médias. De même que tous ces monarques européens, se succédant de génération en génération, au Royaume Uni, en Espagne et autres monarchies nordiques : Belgique, Luxembourg, Hollande, Danemark, Suède, Norvège…

 

Les médias occidentaux n’ont jamais évoqué, cité, des articles particulièrement intéressants pour l’élargissement démocratique dans un pays, qui, avant Chavez, vivait dans l’injustice et la misère au profit de l’enrichissement d’une minorité… Sans émouvoir pour autant les médias…

 

Prenons quelques exemples :

 

=> Article 21  : interdiction de toute forme de discrimination ethnique, de genre, d'âge, de santé, sexuelle, sociale, politique ou religieuse.

=> Article 64  : octroi du droit de vote aux citoyen(ne)s dès l’âge de 16 ans.

=> Article 82   : interdiction à tout créancier, en cas de problème de recouvrement, de saisir le domicile principal. Le droit au foyer devenant inviolable.

=> Article 87  : octroi aux travailleurs "informels" des mêmes droits qu'à tous les autres : accès aux soins gratuits, retraites, etc. (5)

=> Article 90  : réduction de la journée de travail á 6 heures, afin de privilégier la vie familiale pour les plus exploités.

=> Article 98  : défense des droits d’auteur et des droits culturels des cinéastes et artistes du pays. Obligation de respecter le droit de la concurrence, en supprimant le monopole de la distribution cinématographique détenu par quelques distributeurs.

=> Article 100 : établissement du rôle central des communautés indigènes et afro-américaines dans la culture nationale.

=> Article 109 : création de l'autonomie des universités, avec élection des fonctions dirigeantes par l'ensemble de la communauté universitaire : professeurs, étudiants, employés, ouvriers.

=> Articles 70 et 136 : établissement du "pouvoir populaire" comme fondement de l’État. En particulier, validation comme mécanismes de participation et de décision : les conseils de travailleurs, d'étudiants, de paysans, d'artisans, de pêcheurs, de femmes, etc.

=> Article 184 : renforcement des pouvoirs de l’organisation de base qu’est la commune.

=> Article 229 et 115 : renforcement de la propriété populaire, sous forme de coopératives en particulier.

=> Articles 113, 236, 307, 318, 321 : contrôle par l’Etat (et non plus par le patronat…) de la Banque Centrale, application de la libre concurrence par la suppression des grands monopôles privés et prohibition des latifundios (6).

Arrêtons nous là…

 
 
 

La justice sociale et économique fondement de la démocratie

 
 

Le second motif de satisfaction du résultat du référendum, est de relever que le refus électoral traduit non pas un gain de l’opposition, qui ne gagne pratiquement aucune voix (autour de 4,5 millions d’électeurs), mais simplement le refus, d’une partie des partisans du Président, d’accepter la modification constitutionnelle. Environ, 3 millions d’électeurs "chavistes" ne sont pas allés voter.

 

A cela, il faut dégager un certain nombre d’aspects positifs ou servant de points de départ :

 

i)  Chavez doit se recentrer sur les problèmes intérieurs. Le formidable développement qu’il a donné à la diplomatie vénézuélienne doit céder le pas à l’investissement personnel sur les problèmes intérieurs. Tous ses partisans reconnaissent qu’il a été trop pris et absent du débat électoral. Il aurait dû s’impliquer davantage et se déplacer en province, dans les parties plus reculées du pays.

 

ii) Techniquement ce référendum et ses nombreuses propositions, pour un électorat modeste et peu instruit, étaient trop complexes : 69 articles répartis en deux blocs A et B.

 
Peuple-Vnz-2.jpg Règle de base d’un référendum : un minimum de questions, sur des enjeux clairement définis. Eviter les slogans idéologiques avec des mesures techniques, aussi importantes et bénéfiques soient-elles.
 

La propagande, soutenue par des millions de dollars et relayée, tout particulièrement, par la hiérarchie de l’église catholique a fait des ravages. Avec des prêches enflammés, dans les églises, terrorisant le petit peuple sur l’arrivée du "marxismo" qui allait le dépouiller de toutes les propriétés privées, « nationaliser » les églises et empêcher la pratique de la religion comme sous Staline… 

 

iii) Trop d’objectifs et trop d’ambition. Lui-même l’a reconnu. Des modifications portant sur une meilleure justice et répartition des revenus nationaux, exigent une progression sans précipitation. Les mesures s’y appliquant, nécessitant plus de débats et d’explications, pour ne pas donner prise aux déformations de la propagande conservatrice.

 

iv) Chavez doit laisser le temps au temps, en consolidant les magnifiques réalisations accomplies au niveau de la répartition des richesses nationales.

 

Quoi qu’il en soit la dignité et l’honnêteté de Chavez ont été remarquables. N’oublions pas que son maître à penser est Simon Bolivar, lui aussi avait voulu aller trop vite et trop tôt. Il sait que les batailles pour la justice et l’égalité sont de longs combats.

 

Les résultats de ce référendum sont une belle leçon de démocratie et de maturité, mettant en relief, à contrario, l’incommensurable hypocrisie et malhonnêteté de notre appareil de propagande médiatique et politicien...

 
 

Oui… Une Belle Leçon de Démocratie à destination de l’Occident, de ses Politiciens et de ses Médias Véreux…

 
 

Viva Chavez !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1) Il est intéressant de noter, à la lecture du courrier de ses abonnés, qu’un journal comme Le Monde, à la pointe de la propagande anti-Chavez, a été désavoué par de nombreux lecteurs, devant ce qu’ils ont considéré comme un excès dans la "désinformation"…
2) Pour mémoire, rappelons que les élections du peuple Palestinien ont été refusées par l’ensemble des pays occidentaux. Imposant le régime "collabo", illégitime électoralement et méprisé d’Abbas… Citons, aussi, le soutien de nos médias et politiciens aux récents simulacres d’élections en Egypte, en Jordanie. Sans oublier l’ensemble de l’Afrique, dite "francophone" : Togo, Côte d’Ivoire, Gabon et tant d’autres…
3) Pas un média occidental qui n’ait échappé à cette vague de propagande hystérique anti-Poutine. Ah !... Le délicieux vertige des enveloppes matelassées de billets verts dans les paradis fiscaux, et autres tortueux circuits …
4) De l’intelligence des ânes, Thierry Deronne, Vice-président de la chaîne publique et participative Vive TV, Venezuela, 25 novembre 2007, in Convergences des Causes.
5) Cela représente, environ, 5 millions de travailleurs vivant dans la précarité : journaliers agricoles, cireurs de chaussures, vendeurs "à la sauvette", etc.
6) Grandes propriétés terriennes de milliers d’hectares, détenues par quelques richissimes familles. Une des plaies séculaires de l’Amérique Latine, dans son ensemble…

 
 

Photo 1 : Le Président Hugo Chavez, avec en arrière plan le tableau du Libérateur (El Libertador) de l’Amérique Latine, du joug de la monarchie espagnole, d’origine vénézuélienne, Simon Bolivar (1783 -1830).

Dans quelques jours, le 17 décembre, sera célébrée l’anniversaire de sa mort. Homme exceptionnel, dont l’histoire ne délivre que quelques "exemplaires" par siècle. Vision, courage, scrupuleuse honnêteté… Mort prématurément, à 47 ans, d’épuisement à la suite des efforts considérables de ses luttes et combats. Mort de chagrin, aussi, devant l’échec de la grande fédération latino-américaine à laquelle il tenait tant…

 

Autres photos : Les partisans de Chavez…





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Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 18:23



Por qué no te callas ?


Vu le ton, avec son tutoiement, l’agressivité de la gestuelle, la traduction se rapprocherait plus de la formule : Ferme-là !... Les médias anglophones, pour la plupart, l’ont d’ailleurs traduit ainsi : Shut up !...

 

Juan-carlos-Chavez-Chile.jpg


C’est en ces termes que le roi d’Espagne, Juan Carlos, s’est adressé au Président du Venezuela, Hugo Chavez. Rouge de colère, le geste menaçant, comme s’il admonestait un écolier, à deux doigts de le gifler. Avant de se lever et de quitter la salle où étaient réunis 22 délégations de chefs d’Etats, lors du 17° sommet
(1) des Etats hispanophones d’Amérique latine, à Santiago du Chili.


Les images ont fait le tour du monde. L’apostrophe de Juan Carlos a même été adoptée, l’humour reprenant ses droits, comme sonnerie de téléphone en Espagne et en Amérique latine. Les commentaires dans la sphère hispanophone ont fait rage, avec chez les anti-Chavez, l’inévitable glorification de l'arrogance du roi d’Espagne. Mais, la majorité des latino-américains ont éprouvé une admiration renforcée pour Chavez, doublée d’un profond mépris pour un monarque représentant, avec sa suffisance raciste, l’ancienne puissance coloniale…


Au-delà de l’anecdote, ou de la qualification de cette algarade, il est intéressant de prendre un peu de recul par rapport à l’incident.  Car, il est représentatif du basculement géopolitique en cours en Amérique latine. Immense lame de fond, progressivement en train de lever, que les responsables politiques occidentaux, et leurs organes de propagande, sont incapables de prendre en compte. Nous assistons, sous les coups de boutoir symboliques d’un Chavez, à une refondation des relations entre anciennes colonies et anciennes puissances coloniales. J’y perçois trois niveaux d’exigence :


1. Exigence de l’égalité dans le respect


i) Un chef d’Etat élu mérite autant de respect qu’un monarque imposé par un dictateur


Sur la vidéo qui circule sur le web, on assiste à une demande d’explication de Chavez, au cours de laquelle il rappelle l’implication de l’Espagne pour le renverser, aux cotés des américains, et, accessoirement, le faire assassiner
(2).  Nullement intimidé par l’embarras du premier ministre Zapatero, il insiste et traite l’ancien premier ministre, Aznar, de "fasciste", pour avoir soutenu un coup d’Etat dans un pays souverain, le Venezuela. L’ambassadeur espagnol était allé jusqu’à commettre l’imprudence de se déplacer pour venir  féliciter les putchistes, dans les premières heures de ce "golpe" qui devait échouer quelques heures plus tard.


Zapatero, venant au secours de la réputation de son prédécesseur et récusant le qualificatif "fasciste", demande le respect dans l’enceinte du sommet vis-à-vis d’un élu du peuple espagnol. Surgit le plus amusant, au moment où il exige le respect, le roi d’Espagne présent, devant les représentants des anciennes colonies espagnoles, disjoncte et s’adresse avec la plus extrême grossièreté à Chavez. Lui demandant de se taire !...


Comme a répliqué Chavez, il est le représentant élu démocratiquement, à plusieurs reprises, avec plus de 63 % des voix lors du dernier vote, d'un Etat souverain. A ce titre, il a droit, et son peuple au-delà de sa propre personne, à autant de respect qu’un chef d’Etat qui n’est, après tout, qu’un monarque imposé par un dictateur : Franco. Il n’a pas l’intention de se taire, encore moins devant un roi, pour reprendre ses termes.

 

 ii) Racisme et néocolonialisme


Chavez concentre sur lui un racisme colonial dont on a du mal à mesurer l’amplitude en Europe et en France. Nos médias de propagande prenant soin de "lisser", ou d’atténuer cette attitude. Aznar, du temps où il était premier ministre espagnol, jouant sur les mots, appelait Chavez : "la oveja negra", la brebis galeuse, le mouton noir. Le mot à retenir est "noir"... 


Ce terme est permanent dans les milieux diplomatiques occidentaux et la "caste blanche" vénézuelienne : negro en espagnol, nigger ou encore black monkey, en anglais. Le nègre, le singe noir… A travers lui sont visés, consciemment ou inconsciemment, la majorité des vénézuéliens, amérindiens, souvent métissés d’anciens esclaves noirs. Ce qui est le cas de Chavez. Dont il est fier. Assumant parfaitement ses racines. Amérindiens méprisés, marginalisés, exploités par la "caste blanche", descendant des colons espagnols et européens
(3), depuis des siècles.


Ce racisme, dans son expression, va très loin. A l’ambassade américaine de Caracas, où Chavez est, bien sûr, honni, un spectacle de marionnettes avait été organisé
(4), lors d’une réception. Il y figurait sous les traits d’un "singe noir". Manque de chance ce jour là, Colin Powell de passage, noir lui-même, n’avait pas apprécié. L’ambassadeur s’était fait taper sur les doigts et avait dû présenter des excuses...


C’est dire le climat d’hystérie coloniale, pétri de racisme, qui règne dans la communauté occidentale au Venezuela, relayé, évidemment, par les organes de propagande des grands médias occidentaux. Fox, donnant la tonalité. Les autres, y compris en France, reprenant en copier-coller.


Si Aznar ne cessait de traiter Chavez de "nègre", lui le traite de "fasciste". Mais, pour de bonnes raisons : parce que le premier ministre d’une nation européenne se permet de fomenter des coups d’Etat, dans un pays souverain qu’il considère, encore, comme une colonie. En fait, Chavez a donné une excellente leçon à ces voyous qui se trompent de siècle. Nullement impressionné par ces hidalgos d’opérettes, avec leurs rubans et leurs talonnettes. Applaudi, en cela, par toute l’Amérique latine. Exception faite de la "caste blanche"…

 

2. Exigence de l’arrêt d’un pillage


Au cours de ce sommet, un des thèmes récurrents a été la prise de conscience progressive et collective du pillage auquel se livrent les grandes multinationales, qui en Amérique latine sont à teinture espagnole. Proximité linguistique oblige. Schéma que l’on retrouve sur d’autres continents : sociétés françaises en Afrique dite francophone, sociétés britanniques en Afrique dite anglophone, etc.


Pas seulement dans l’énergie. Mais, dans ce qui constitue pour elles une fabuleuse rente de situation : les "services aux collectivités". Tous les contrats arrachés lors des dictatures mises en place et protégées par l’Occident. Tout particulièrement : distribution d’eau et d’électricité, traitement des ordures ménagères, concessions de téléphone fixes et mobiles, etc.


Les multinationales, il suffit de lire leurs rapports annuels, ne s’en cachent pas, y réalisent leurs meilleures marges. Précision : ces marges confortables, elles ne les réalisent pas en Occident, mais dans les économies émergentes. La "segunda conquista", la deuxième conquête comme disent les cyniques, en parlant de l’Amérique latine…


Ajoutons que ce sont des "services publics", que les ingénieurs et managers de ces pays pourraient parfaitement gérer, avec transparence, dans le cadre de sociétés privées ou publiques nationales. Toutes les qualifications et les talents sont là. Sans avoir besoin d’une sous-traitance totale à des entreprises étrangères. Sous-traiter la construction d’un satellite de télécommunication, à la rigueur. Une régie de distribution d’eau : il faut vraiment souffrir, pour un pays, de masochisme aigu au point d’en arriver là. La Mairie de Paris envisage de reprendre la gestion de sa distribution d’eau.  Pourquoi des villes et des pays latino-américains ne seraient-ils pas en droit d’arrêter le pillage qu’ils subissent ?...


Ce sont des  bassins de consommateurs entièrement livrés à des entreprises qui les tondent comme des moutons, sans aucun contrôle d’organisme régulateur en mesure de vérifier les marges. Ce sont ces contrats léonins, octroyés lors de dictatures corrompues, que tous les pays d'Amérique latine demandent à réviser. Venezuela, Bolivie, en première ligne. Il y a de la "nationalisation" dans l’air…


Juan Carlos, en parfait représentant de commerce du capitalisme prédateur espagnol, en a eu chaud aux oreilles, pendant les journées de ce sommet. Lui et ses commanditaires sont excédés par le vent qui souffle actuellement sur l’Amérique latine : la volonté d’arrêter le pillage des multinationales. De quoi, sous la pression, disjoncter à l’idée que le pactole puisse s’évaporer…

 

3. Exigence du respect de la souveraineté des Etats par l’ancienne puissance colonisatrice

 

Chavez mène le mouvement de contestation des emprises occidentales, européennes, anciennes puissances colonisatrices, se livrant à d’incessantes manœuvres de déstabilisation politique, économique. Allant jusqu’à appuyer, organiser, collaborer à des coups d’Etat, des assassinats de dirigeants politiques.



C’est une époque révolue. Mais les puissances occidentales s’accrochent à ces anciennes pratiques. N’hésitant pas, ainsi qu’on peut le constater, dans plusieurs pays, à utiliser la force. Le respect de la souveraineté va constituer un des axes majeurs de la refondation des relations que j’évoquais. D’abord, en Amérique latine, puis par "tâches d’huile" dans les autres continents.


Dans les résolutions finales du sommet de Santiago du Chili, l’une d’entre elles est particulièrement intéressante. Elle éclaire l’incohérence et le double jeu des pays européens. Cette résolution exprime, en effet, le soutien de tous les pays hispanophones, dont l’Espagne, à l’Argentine pour la récupération des îles Malouines au large de ses côtes, toujours détenues par la Grande Bretagne. De même que L’Espagne souhaite récupérer Gibraltar, possession britannique sur son territoire.


La veille de ce sommet, le 5 novembre, le roi d’Espagne s'est rendu en visite officielle dans la ville de Ceuta. Enclave espagnole sur le territoire marocain, depuis les conquêtes coloniales du XV° siècle.


Imaginons que la reine d’Angleterre vienne en visite officielle dans la ville de Calais, qui serait encore possession britannique. Réaffirmant ainsi la souveraineté britannique sur une ville dont la France réclamerait pacifiquement la restitution. Ce serait vécu comme une provocation. Pire : une insulte. C’est ainsi que le Maroc et les marocains l’ont vécu.


Finalement, Juan Carlos est à côté de ses escarpins…


Chavez a raison, c’est une tête à claques…


Viva Chavez !

 

 

 

 

 
1)   Journée de clôture du "XVII° Cumbre Iberoamericana", le 10 novembre 2007.
2)   Tentative de coup d’Etat du 11 avril 2002, dans lequel sont impliqués, entre autres, l’Espagne avec son ex-premier ministre, Aznar, et l’ambassadeur espagnol de l’époque, Manuel Viturro.
3)   Autre exemple : Les médias, de la "caste blanche" vénézuélienne, n’arrêtent pas de traiter le Ministre de l’Education Nationale, Aristobulo Isturiz, qui est noir, de "singe noir" ou de "gorille".
4)   Nikolas Kozloff, Hugo Chavez and the Poltics of Race – The White Elite strikes back, Counterpunch.

 


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Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 21:35


Road-66---Flavia-Cimino.jpg Dernière carte postale de l’été… Retour d’un périple, en Amérique Latine. J’en cherche les jalons. Tant s’enchevêtrent émerveillement et révolte. Oui, autant confesser cette pulsion mégalomane. Des velléités de se prendre pour Ulysse retrouvant Ithaque, réglant ses comptes avec les faux-culs qui infestaient son modeste palais pendant son absence… Métaphore d’une révolte contre l’hypocrisie, lâcheté et rapacité, magistralement mise en scène par Homère.
 
Est-ce d’entendre, à saturation, cette phrase du touriste européen, ou nord-américain, lambda : « Ce sont des peuples très sympathiques. Les enfants sont très souriants, adorables, malgré leur pauvreté extrême… » ?

S’extasier devant des merveilles architecturales, ou géographiques, rend-il idiot ? Ou, le degré de conditionnement intellectuel est-il d’une telle amplitude qu’il empêche tout esprit critique ? Sans vouloir refaire le monde à chaque respiration, ne peut-on franchir cette frontière invisible entre le "paradis" pour touriste à la recherche d’exotisme, et "l’enfer" que subit l’autochtone, en Amérique Latine ?

Admirer les vestiges d’une civilisation disparue empêche-t-il de "voir", dès que l’on s’éloigne du centre policé et clinquant des villes, des enfants se rendre, pieds nus, à leur école, où un maître sans moyens les attend : ni tableau noir, ni cahiers, ni livres ? Même pas une craie. Le plus beau cadeau à faire dans les bidonvilles ou à des villageois : distribuer des stylos !  Dans des pays dépensant, chaque année, des milliards de dollars pour des achats d’armement… Est-il impossible de se poser des questions, de chercher à comprendre, de ne pas accepter ?

Jalons d’un périple ?  Au delà des saisissantes splendeurs, mon regard, aussi loin qu’il puisse porter, en dénombre cinq : 


1.
Le complet dénuement des populations paysannes d’origine amérindienne. 

Cette pauvreté dure depuis plus de cinq siècles. Elle est inadmissible dans des pays d’une fabuleuse richesse. Cette misère sur fond de racisme et d’exclusion, de la part des descendants des colons confisquant richesses et pouvoir au détriment des amérindiens, est encore plus insoutenable. De cela, on ne nous parle jamais. Famine, malnutrition, misère, totalitarisme, racisme, exclusion, ne concerneraient que la Corée du Nord, la Chine ou la Russie, ou encore…


2.
L’hallucinant impact d’une des colonisations les plus cruelles, violentes, inhumaines que l’Histoire ait connue. 

Trois plaies apocalyptiques l’ont ravagé :

i)
Le génocide.
Le plus grand, avec celui qu’a enduré le continent Africain. Ce sont, sur cinq siècles, des millions de personnes tuées, réduites en esclavage, abruties de souffrances et de misères. Cette situation perdure, la marginalisation des amérindiens toujours présente, brutale ou subtile, suivant les contextes ou les rapports de force.

ii)
La répression permanente
. Pendant la "Guerre Froide", l’URSS réprimait les révoltes dans les pays de l’Est : Hongrie, Tchécoslovaquie, etc. Les médias occidentaux n’ont cessé de nous matraquer avec ces tragédies de la liberté étranglée. Mais, l’Occident faisait pire en Amérique Latine. L’essentiel, au prétexte de la "lutte contre le communisme", étant d’empêcher toute expression démocratique allant à l’encontre du pillage des "grandes puissances". Evidemment, les médias ne nous en parlaient et ne nous en parlent jamais.

iii)
La dictature. Depuis "l’indépendance" des pays qui composent l’Amérique Latine, par rapport aux puissances colonisatrices d’origine (Espagne et Portugal), l’Occident soutient les pires dictatures et les régimes les plus corrompus. Dans la violence la plus sanguinaire, sous couvert de la "Guerre Froide". Depuis, dans des simulacres d’élections dont les résultats sont truqués, sur fond d’analphabétisme de masse, de menaces et de violences à l’encontre d’opposants. La liberté d’expression, de réunion, d’information est quasi inexistante, dès qu’il y a opposition au pillage de la nomenklatura, servant de prête-nom aux intérêts de l’Occident.


3. L’écrasante responsabilité de l’Eglise catholique
.

Complice de la violence physique exercée contre les amérindiens, elle a assumé la gestion d’un génocide culturel :

i)
La caution de la violence.
Oubliant l’enseignement de Jésus, fondé sur l’amour du prochain, l’Eglise a cautionné, encouragé cette "hyper violence", ces crimes contre l’humanité. Impardonnables : les millions de conversions forcées, à l’encontre de l’esprit des Evangiles. 

ii)  
L’enseignement fondé sur l’exclusion.
L’Eglise a sciemment organisé la marginalisation des amérindiens au niveau de l’éducation. Car, pratiquement pendant cinq siècles, elle avait la responsabilité de l’enseignement. Seuls les descendants des colons y avait accès. Constater, au terme de plus de cinq siècles, des taux d’analphabétisme à hauteur de 80% (100% dans des zones entières), comme en Bolivie ou au Pérou par exemple, est inacceptable. 

iii)
La négation de l’identité amérindienne. Héritiers de grandes civilisations avec leurs architectes, astronomes, urbanistes, ingénieurs en infrastructure (irrigation, routes, ouvrages d’art, etc.), les amérindiens ont vu leurs langues et leurs cultures systématiquement combattues. Seule la tradition orale, séculaire, a permis leur survie et leur renaissance actuelles. Considérés comme une sous-humanité, ils ont été réduits à l’inculture et à l’esclavage. Aucune lutte contre le racisme anti-amérindien n’a été organisée et soutenue par l’Eglise. Impardonnable d’une religion qui se veut universaliste.


4. L’implacable ravage du "Libéralisme Economique".

L’Amérique Latine, exception faite de Cuba
(1), n’a connu ni communisme, ni socialisme, ni autre forme de régime économique. Uniquement le "Libéralisme Economique". Pourtant, au bout de cinq siècles, ce n’est qu’injustice sociale et économique. Les riches devenant plus riches, et les pauvres, encore plus pauvres. On retrouve la conjonction des deux perversions fondamentales de cette idéologie ou croyance (2) :

i)
Le pillage des ressources.
Le "Libéralisme Economique", dans son application à l’Amérique Latine, n’est que le pillage par les pays occidentaux des richesses naturelles de ce continent, avec la complicité d’une bourgeoisie corrompue. 

ii)
L’enrichissement sans limite de la caste au pouvoir. Le "Libéralisme Economique" se révèle incapable d’assurer une équitable redistribution des richesses et des revenus de la collectivité. Le spectacle d’une classe sociale s’enrichissant sans frein n’est qu’un paravent dissimulant une réalité humaine, collective, majoritaire, pétrie de douleur et d’humiliation. 

Cet échec créant une injustice sociale, inadmissible pour le reste de la population vivant dans la pauvreté, est la voie ouverte aux révoltes récurrentes. Le "culte de la répression" de la caste au pouvoir, soutenue par les prédateurs occidentaux, ne pourra répondre aux attentes de l’ensemble de la collectivité.


5. La systématique désinformation des medias occidentaux.
 

A part la diabolisation actuelle de Chavez, de Castro, et autres chefs d’Etat contestant le pillage occidental, les médias occidentaux prennent soin de taire toutes les atteintes, ou les violences permanentes, aux Droits de l’Homme et au respect de l’expression démocratique. Se produisent hors caméras, pourtant, des dizaines de Tienanmen, chaque année, en Amérique Latine. 

Ce continent n’a connu que le Christianisme et le Libéralisme Economique. A écouter les principes défendus par les Grands Prêtres adeptes du "Choc des Civilisations", il réunissait, donc, tous les paramètres pour être, au XXI° siècle, aussi développé que l’Europe ou l’Amérique du Nord. Où sont donc les analyses, les critiques, les remises en cause de ce désastre imbibé de misères et de violences ?

Les médias ne véhiculent, dans l’arrogance et le mensonge, que les leçons de "démocratie" et de "civilisation", à l’égard des nations ou des religions ne figurant pas dans le périmètre de l’emprise de l’Occident, ou voulant s’en affranchir. Les "directeurs" de la "Rédaction" ou de "l’Information" des médias occidentaux, infatués de leurs titres et fonctions, ne sont, en fait, que des « 
Directeurs de la Propagande 
». 


Jalons d’un périple…  A son terme, les paroles d’un écrivain américain, un grand, défenseur d’une authentique liberté d’expression introuvable dans les médias contemporains, se superposent aux magnifiques paysages et rencontres. Celles d’Henry Miller évoquant la colonisation du "Nouveau Monde", Amérique du nord et du sud :

« … Leur précieux nouveau monde, n’avait-il pas pour fondements l’extermination de l’innocence, le viol, le vol, la torture, la dévastation ?  Les deux continents avaient été violés, spoliés, dérobés de tout ce qu’ils avaient de précieux – en fait de choses réelles. Je ne connais pas d’humain qui ait dû subir pire humiliation que Montezuma ; pas de race qui ait été balayée de la face du globe avec plus de brutalité que les Indiens d’Amérique ; pas de terre qui ait été foulée aux pieds et déchirée de façon plus sanglante et plus répugnante que ne l’a été la Californie par les chercheurs d’or. Je rougis à la pensée de nos origines – nos mains baignent dans le sang et le crime. »
(3)


Amérique Latine : Miroir caché de notre barbarie…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)  Avec un terrible embargo économique imposé par l’Occident. Il n’a pas admis le renversement de la dictature corrompue de Batista, qu’il soutenait, par le peuple cubain. Embargo, le plus long et le plus dur de l’Histoire des relations internationales.
(2) L’économiste et politologue Karl Polanyi parle de "Liberal Creed", assimilant cette idéologie à une "croyance" fondée sur des dogmes artificiels, mais avantageux pour la caste dominante. Lire: The Great Transformation – The Political and Economic Origins of Our Time – Foreword by Joseph E. Stiglitz, Beacon Press, Boston, 2001.
(3)  Miller, Henry, Tropique du Capricorne, Livre de Poche, p. 339-340.
(4) Photo : The Mother Road. Flavia Cimino.
 
 


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Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 21:39


Son livre de Mémoires
(1) sous le bras, j’essaie de retrouver la maison achetée par Gore Vidal à Antigua, en 1946, pour 2000 dollars. Avant de la revendre, plus tard, et d’en acheter une en Italie, à Ravallo. C’est là (2) où il écrivait et recevait ses amis, dont la sulfureuse Anaïs Nin, entre autres. 

Antigua
. Mille mètres d’altitude. Site magnifique. Même sous les orages du mois d’août. Avec sa ronde de quatre volcans
(3). Ancienne capitale du Guatemala. A la latitude du Sénégal. Elle s’appelait, à l’origine, Santiago de Los Caballeros, Saint Jacques des Chevaliers. Saint Jacques, le "saint patron" des conquistatores

  wg-guatemala-1251-400x300.jpg

Fondée au XVI° siècle, elle devint le Siège d’une immense province de l’empire espagnol qui allait du Chiapas, au Mexique actuel, jusqu’au Panamá. Rivalisant vers la fin du XVIII° siècle, par son rayonnement, avec Mexico et Lima. Mais, c’était sans compter avec les puissances telluriques, qui secouent la ville à intervalles réguliers. 

san-pedro-volcano.jpg En 1773, elle est entièrement détruite par un tremblement de terre. La Nueva Guatemala fut construite à une quarantaine de kilomètres. C’est la nouvelle capitale, plus connue sous le nom de Guatemala Ciudad.

antigua1.jpg Antigua
Guatemala fut rebâtie et une partie de ses vestiges architecturaux patiemment restaurés. Aujourd’hui, les touristes y sont nombreux. Des nord-américains et européens y viennent pour apprendre l’espagnol dans un des nombreux "instituts". Ils sont une centaine, de qualité inégale. Cette "industrie linguistique" fait penser à celle de Londres, pour l’apprentissage de l’anglais… 

Petit pays
(4), le cinquième de la France, frontalier du Mexique entre Pacifique et Atlantique, le Guatemala a tout pour séduire écrivains, poètes et artistes. Les paysages et leurs contrastes, superbes. Les centaines de sites historiques et archéologiques, dans les villes ou en pleine jungle. Saisissants de beauté et de sérénité.

Autre symbole de l’Amérique latine. Mais plus encore, de l’histoire de notre planète, de celle de l’Humanité. Choc, rencontre, croisement, fusion, de plaques tectoniques
(5), de reliefs, de faunes, de flores, de climats. De civilisations, aussi, avec leurs cultures, leurs religions, leurs philosophies, leurs organisations sociales et économiques, leurs arts. Maya, caraïbe, européenne, africaine…. Les plus civilisées n’étant pas toujours celles qui s’autoproclament comme telles.
 
temple-giant-jaguar-s-.jpg Au coeur de la nation Maya (6), le Guatemala fut conquis, en 1524, par un des plus sanguinaires lieutenants de Cortés : Pedro de Alvarado. Il profita des conflits entre principautés locales pour consolider sa conquête, avec un mélange de ruse et de cruauté sans borne. Ce criminel, aussi rapace que sadique, sous l’uniforme ou le vocable de conquistador, sévira pendant 17 ans avant de mourir écrasé sous son cheval lors d’un combat ; en allant prêter main-forte à son complice Diego de Oňate, au Mexique, qui éprouvait quelques difficultés à mater une révolte des "indigènes". 

Les Mayas ne s’en sont pas remis. Leur nation, écrasée, démembrée
(7), rançonnée, est devenue, de pillages en coups d’Etat, l’archétype de la "république bananière". Propriété d’une compagnie américaine, la célèbre United Fruit Company (8). C’est à ces "investisseurs étrangers" que fut concédé, en 1901, le premier contrat de culture de la banane. "Investisseurs" ? Des aventuriers sans scrupule, véritables successeurs contemporains des conquistadores, arrachant concession sur concession. 

Progressivement. Construction d’un chemin de fer de Guatemala Ciudad à Puerto Barrios, sur l'Atlantique. Puis, monopole de l’exploitation du port, ensuite monopole des transports. Monopole de la banane, bien sûr, à part des arrangements avec quelques gros propriéaires terriens. Monopole du commerce extérieur et donc des douanes, monopole du télégraphe, de la poste, de la radio… Les monopoles se succédant, l’emprise sur le pays devient tentaculaire. Tentacules s’étendant à plusieurs Etats d’Amérique centrale, y compris Cuba. D’où son surnom El Pulpo : La Pieuvre.

Dans ses mémoires, Gore Vidal cite les propos d’un de ses amis guatémaltèques, Mario : 

« … Les propriétaires de United Fruit… ils ont longtemps payé nos politiciens… ils paient encore les vôtres. Je te rappelle que l’un de vos sénateurs siège au conseil d’administration de El Pulpo…

Gore Vidal, stupéfait, découvre que ledit sénateur est un ami de sa famille, Henry Cabot Lodge, le "Kissinger" du moment… Il ajoute :

« … Furieusement "tory" (de droite)… en ce temps-là, je n’avais pas encore compris à quel point les grandes entreprises contrôlaient le gouvernement de notre propre république déclinante. De nos jours, bien sûr, tout le monde sait comment l’empire qui en est issu, avec son économie militaire, contrôle le monde des affaires. Le résultat final est à peu près le même pour le reste du monde ; simplement, les massacres sont plus étendus qu’auparavant, et nous ne nous contentons plus de faire des dégâts chez nos petits voisins, mais sur chaque continent. »
(9)

Un président, régulièrement élu pour une fois, voulut mettre un terme à cette situation coloniale : Arbenz
(10). Il lança une série de réformes. Notamment une réforme agraire, une des rares tentatives sur le continent, voulant distribuer des terres, non exploitées par les grands propriétaires, dont le principal la United Fruit Cy, au profit de 100.000 familles. 

Ce fut sa perte. Accusé de "communiste", y compris par la hiérarchie de l'Eglise, il est renversé en juin 1954 par la CIA et des mercenaires financés par la United Fruit Cy. La campagne de désinformation sur le danger "communiste" fit rage plusieurs semaines avant le "coup", afin de préparer l’opinion américaine et internationale. En réalité, Arbenz espérait instaurer le libéralisme économique dans le cadre d’une authentique libre concurrence…  

La dernière déclaration du président Arbenz, à la radio, brouillée par les mercenaires, vaut la peine d’être rappelée :

« … Les forces hétérogènes de la United Fruit envahissent le pays. Notre seul crime est d’avoir voulu décréter nos propres lois, d’avoir initié une réforme agraire qui touchait la United Fruit Company, de vouloir notre propre route vers l’Atlantique
(11), notre propre énergie, nos propres ports. Notre crime est d’avoir voulu avancer, progresser et obtenir une indépendance économique. Nous avons été condamnés pour avoir donné des terres et des droits à la population paysanne
… »

Une terrible répression s’abat sur le Guatemala. Toutes les réformes, engagées par le gouvernement Arbenz, sont immédiatement annulées. Début d’une guerre civile qui ne s’arrêtera par une trêve, tant bien que mal, qu’en 1996. Quarante ans d’horreurs. Les atrocités habituelles de l’armée et des milices au service de l’oligarchie, quel qu’en soit le lieu ou le contexte : escadrons de la mort, enlèvements, tortures, etc. Résultat : plus de 200.000 morts…

menchu.jpg

Une Maya autodidacte, Rigoberta Menchú, jouera un rôle important dans la fin de ce conflit. Elle y a perdu son père, brûlé vif, et sa mère torturée, violée et "disparue". Le prix Nobel de la Paix lui a été attribué en 1992, pour rendre hommage à ses efforts de contribution à la réconciliation nationale. Elle dut se réfugier à plusieurs reprises au Mexique.
Organiser l’action politique des amérindiens du Guatemala est, actuellement, son credo.

En 2005, en pleine séance parlementaire, Rigoberta Menchú s’est faite traiter, par les hauts représentants de l’oligarchie au pouvoir, de "Sale Indienne"… Elle a réussi à faire condamner, symboliquement, les auteurs de ces propos racistes. Pour plus d’efficacité dans sa lutte en faveur des amérindiens et de la liberté, elle souhaite se présenter aux élections présidentielles du mois de septembre 2007. Souhaitons lui bien du courage
(12)

"Réconciliation nationale" ?... A ce jour, les
assassinats de journalistes et d’opposants se poursuivent

Démocratie et Droits de (l’Homme) la Banane …
 
 

 

 

 
 
(1)  Gore Vidal, Palimpseste – Mémoires, Galaade Editions, 2006. Publié en 1995 aux USA, sous le titre : Palimpsest – Memoir.
(2)  Il avait acheté, à Antigua, le couvent El Carmen, alors à moitié en ruine.
(3)  Agua (3.766 m), Acatenango (3.976 m), Fuego (3.763 m) et Pacaya (2.580 m). Fuego et Pacaya sont encore actifs.
(4)  109 mille km². Population : 15 millions d’habitants, environ. Principales richesses : produits agricoles d’exportation (bananes, café, sucre). Pétrole et gaz, avec d’importantes réserves. Développement du tourisme. 80% de la population vit dans la pauvreté. 75% des terres fertiles sont détenues par 2% de la population.
(5)  Pays aux 300 volcans, d’après les publicités touristiques. En fait, 324 officiellement recensés. Tous ne sont pas en activité. Mais les tremblements de terre y sont fréquents.
(6)  Les Mayas représentent 60% de la population et leur langue comporte 23 dialectes. Les Ladinos (avec d) regroupent les 40% restants : descendants des espagnols, immigrés européens, métis (blancs-amérindiens), auxquels s’ajoutent les métis garífunas (amérindiens des caraïbes-esclaves noirs). Par évolution, le terme Ladinos tend aujourd’hui à qualifier les guatémaltèques qui "vivent à l’occidentale"… Ce sont eux, du moins les Ladinos "blancs", qui détiennent le pouvoir économique et, donc, politique.
(7)  La nation Maya s’étendait du sud du Mexique à l’Amérique centrale.
(8) La United Fruit Company s’appelle, à présent (depuis 1984), Chiquita Brands International Inc. Ce changement de nom donne une touche de respectabilité. Consultez leur rapport annuel. Un modèle de "com." !... On a envie, de leur accorder, chaque année, le Prix Nobel de la Bonne Conscience.
(9)  Gore Vidal, Palimpseste – Mémoires, p. 177-178, Op. Cit.
10) Elu avec 65% des voix, en 1950. Lors de son départ en exil pour le Mexique, les mercenaires l’ont obligé à se mettre nu devant les caméras des journalistes. Sous prétexte d’un contrôle de sécurité, au cas où il porterait une arme sur lui…
(11) Pour rentabiliser au maximum son monopole des transports ferroviaires et maritimes, la United Fruit Cy bloquait tous les projets de construction de routes goudronnées…
(12) Rigoberta Menchú sait que sa marge de manœuvre est étroite. Elle a donc annoncé des concessions : acceptation du Traité de Libre Echange avec les USA, condamnation de Chavez, etc.
 

 

 


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Nous sommes Tous Palestiniens



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3° Année du Blocus



Textes publiés sur ce blog lors des Massacres de Gaza, fin décembre 2008 et janvier 2009,  dont plusieurs sont "occultés" par les "moteurs de recherche" ... :
La Communauté Internationale
Gaza : News from London
Gaza : La Diplomatie Européenne
Gaza : La Censure Médiatique
Gaza : News from Oslo
Gaza : News from "Planet Psy Ops"
Gaza : Le Triomphe de Caïn

Sauvons la Résistante Palestinienne, Hana Shalabi, de la torture et de l'internement arbitraire des troupes d'occupation coloniales

 

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Halte au Délire Impérial !

    






Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre l'Empire


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