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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 17:38

Une américaine que j’admire beaucoup : Barbara Ehrenreich. Journaliste, journaliste "d’investigation", pour être précis. Mais, une vraie. Pas de ceux ou de celles qui vous livrent du "sur-mesure", pour respecter les "lignes éditoriales".
 
Barbara-2.jpg
 
Indépendante : sa force. C’est une militante tenace en faveur de la justice sociale, la paix et la dignité humaine. Méthodique, elle a un doctorat en biologie, son domaine de recherche privilégié est l’exploitation de l’homme par l’homme, dans un système économique générateur d’inégalités et d’injustices. Dans son pays, aux U.S.A.
 
Elle a écrit une quinzaine d’ouvrages. Anime des conférences, écrit des articles retentissants. Un des plus célèbres porte sur la dénonciation des femmes tortionnaires à Abu Ghaïb, s’interrogeant, à partir de là, sur les valeurs humaines et leur déchéance. Aliénation, régression, accablant les hommes comme les femmes dans une société occidentale d’une violence extrême.
 
Très connue aux USA, détestée des gouvernants et des milieux d’affaires ou patronaux. Traitée ou considérée comme "marxiste" par eux. L’injure suprême… Ce qui l’amuse, n’ayant jamais réussi à lire Le Capital. Comme la plupart d’entre nous, même pas un chapitre. Mais dès qu’on parle "justice sociale", on est traité de "rouge", aux U.S.A. comme ailleurs (1).
 
En 2008, le budget américain de la défense va dépasser les mille milliards de dollars !... Soit l’équivalent des budgets militaires de toutes les autres nations de la planète… On ne doit pas "compter" avec la sécurité du pays, n’est-ce-pas ?   Alors, on ne compte pas. On ne regarde même pas dans les comptes. Par contre, les politiciens et le patronat ne veulent pas entendre parler de justice sociale ou de lutte contre les inégalités. Impossible : la mondialisation oblige à être compétitif !…
 
Pour une Barbara Ehrenreich, un tel baratin ne passe pas. Elle a de l’influence (2). Elle dérange…
 
Pas étonnant qu’elle ne soit pratiquement pas connue ou célébrée, en Europe. En France, en particulier, les comités de rédaction ou d’édition, les médias, répugnent à promouvoir, ou présenter, un contre-exemple, moins du mythe américain que du "Libéralisme Economique". Idéologie dominante, sous laquelle se dissimule en fait le « capitalisme sauvage », devenue la Bible de nos politiciens, aux ordres des "grands patrons"…
 
Pour compenser, on nous sert la choucroute habituelle, à volonté, sur la corruption chez les affreux Russes, la pollution chez les méchants Chinois ou autres tartarinades à l’égard des fourbes Iraniens. L’information, dans notre pays, se résume à cela : "regardez combien c’est mauvais chez les autres, mauvais par nature, et merveilleux chez nous, merveilleux par essence (3)…". Comme dans les républiques bananières, objet du mépris de ces mêmes professionnels de l’information.
 
Je vous recommande deux de ses livres : “Nickel and Dimed” (4) et  “Bait and Switch, The (Futile) Pursuit of the American Dream” (5).
 
Mon préféré : « Nickel and Dimed ».
 
C’est une plongée dans ce que vivent 60 % environ des américains : les U.S.A. "d’en bas". Préfigurant ce qui nous attend en France, où les gouvernants s’apprêtent à démanteler les quelques acquis sociaux issus de la Révolution, du Front Populaire, et de l’après deuxième guerre mondiale. Il est vrai que, depuis ces dernières années, cette évolution est en marche. Y compris sous le règne de la "gauche", qui en a perdu toute crédibilité, et qui récolte ce qu’elle a semé…
 
Le titre est très imagé. La traduction française ne rend pas toute la saveur du jeu de mots : le Nickel et le Dime (6) sont l’équivalent de nos microscopiques pièces de 1 et 10 centimes d’euros. Le « » a été rajouté à Dime, changeant ainsi le nom en verbe, au participe passé. En fait, "on est payé", mais payé pourrait-on traduire : "deux sous"… Dans les U.S.A. "d’en bas".
 
L’originalité et la valeur de sa recherche sont fondées sur son implication personnelle. Elle ne s’est pas contentée de témoignages, de statistiques ou de rencontres. Elle a dissimulé son identité, et son métier, pour se faire recruter et travailler incognito : "undercover", disent les américains. Comme un agent secret. En James Bond de la précarité et de l’humiliation.
 
Travaillant dans plusieurs Etats, exerçant plusieurs métiers, pour vivre comme ses collègues "d’en bas". Ainsi : à Key West (Floride) travaillant dans deux restaurants comme serveuse, Portland (Maine) comme femme de ménage, Minneapolis (Minnesota) comme vendeuse chez Wal-Mart, la chaîne de grands magasins. Essayant avec les salaires qu’elle gagnait de se loger, de se soigner, de vivre une vie décente. Mais, un bas salaire ne suffit pas pour une personne seule. On n'y arrive pas. D’où le sous-titre de l’ouvrage :  On (Not) Getting By in America.
 
Au-delà, des considérations économiques, elle met en lumière les conditions psychologiques de détresse de toute une population exclue du rêve américain. S’enfonçant dans le surendettement, la précarité (les licenciements sans préavis sont monnaie courante) et la pauvreté. Paradoxe d’une société très riche qui voit la richesse des possédants ne cesser de progresser et la pauvreté des plus modestes s’élargir. Sujet grave, mais très bien documenté et rendu dans son humanité et sa tragédie.
 
Ce que nous connaissons en France et qui va s’accentuer, suivant le modèle triomphant du Libéralisme Economique dans son expression la plus sauvage : l’enrichissement des uns dans l’exploitation des autres.
 
Inévitablement, il y aura rupture du modèle économique actuel lorsque le poids de la souffrance et, surtout, son coût pour la collectivité seront devenus insupportables. Provoquant les révoltes et révolutions contre lesquelles veulent se prémunir les possédants. En qualifiant de "terroristes", toutes remises en cause de cet "ordre" social. Comme d’habitude…
 
Barbara Ehrenreich : une femme de courage et d’honnêteté, qu’on souhaiterait avoir, en France, pour nous aider à dénoncer l’arnaque économique et sociale de la caste au pouvoir…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1) Lire le roman (poche-Folio) publié en 1932, de John Dos Passos, L’An Premier du Siècle, qui donne une aperçu terrifiant des luttes sociales aux USA, après la première guerre mondiale, et du sort réservé aux ouvriers et militants syndicalistes, traités de « rouges », de « marxistes » ou de « terroristes » par les milices armées des organisations patronales : passages à tabac, assassinat, lynchage, pendaison, émasculation, etc. Les principes du Libéralisme Economique appliqués par le patronat d’alors…
(2) Son blog est une remarquable source d'informations, d’analyses, de témoignages sur la situation sociale actuelle aux USA : précarité, pathologies (harcèlement, stress, etc.), système de santé, protection de l’enfance, etc. :http://ehrenreich.blogs.com/
(3) Un article du journal Le Monde décrit la : Crise de confiance à la rédaction de France 2. Devant la chute d’audience de leur JT, devinez quel est le modèle que souhaitent imiter ces brillants journalistes du service public : Le journal de TF1 !... Admiratifs, en particulier, de leur « couverture » du Darfour et de la Tchétchénie. A désespérer du métier de journaliste…
(4) Publié en 2001. Traduit sous le titre : « L’Amérique pauvre : Comment ne pas survivre en travaillant ».
(5) Publié en 2005. Traduit sous le titre : « On achève bien les cadres : L’envers du rêve américain ».
(6) Le Nickel représente 5 cents et le Dime (prononcer : daïme), le 1/10° du dollar.
 
 
 
 
 

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commentaires

Georges Stanechy 19/06/2007 20:58

@  Chahid « … ce sont ces américains "d’en bas" que l’auteur défend, qui votent et acclament Bush et tout le système qui les écrase… ».C’est vrai. Ta réflexion (depuis le temps que nous échangeons amicalement, nous pouvons nous tutoyer) renvoie à celle d’aline–mariali, sur un autre post, citant Primo Levi à propos des victimes se transformant en bourreaux et, souvent, en leurs propres bourreaux.Dès qu’un seuil d’aliénation est atteint, le processus se déclenche. On le retrouve donc lors des élections dans les "démocraties". D’autant plus que le conditionnement est efficace. Une opinion publique, insuffisamment informée et formée, se cherche un autocrate, un « homme fort ». Quel que soit le sort qu’il lui inflige. Des exemples récents sont là pour le prouver. La précarité, l’incertitude, aggravées par le culte de la peur de la propagande officielle : "menace" extérieure ou intérieure, "phobies" racistes, religieuses ou politiques (le "communiste" de la guerre froide), provoqués, grossis, entretenus à l’infini. A part la formulation de la peur comme articulation principale des politiques, les ingrédients sont les mêmes à travers les âges. Retrouvant, à l’heure actuelle, une nouvelle force.Divertir en abrutissant. Vieux stratagème, dont les castes au pouvoir chez les Romains n’hésitaient pas à abuser. Le "panem et circenses" (du pain et des jeux) était un des ressorts essentiels de leur politique, avec "l’achat" de ce qu’ils appelaient "une clientèle", en argent, en nominations... A cela s’ajoute une "éducation", ou un "enseignement", limités à un objectif : transformer l’homme en consommateur discipliné et obéissant. Surtout pas en citoyen à l’esprit critique exercé.  S’ajoute encore, sous couvert de laïcité, une lutte implacable contre toute croyance fondée sur une religion ou une spiritualité, porteurs de valeurs, allant à l’encontre des seules "valeurs marchandes". La religion n’est acceptée, qu’aseptisée, transformée en art de vivre Zen, en "opium du peuple". Absolument pas en remise en cause, sur des critères de moralité ou de justice, d’un ordre social tel qu’il est imposé par la "caste supérieure"… Le résultat : une masse de consommateurs gavés de pub, surendettés pour la plupart, avec des emplois mal payés et incertains. L’estomac noué par la peur du lendemain. Applaudissant leurs propres oppresseurs et acceptant de se dépouiller pour eux, dans la soumission. Contexte rêvé pour les dictatures, les fascismes, les autoritarismes, "soft" ou pas.C’est ce mauvais roman de science fiction, en train de s’imposer à l’humanité sous la fausse appellation de "mondialisation", qui est refusé par des militants, des artistes, des écrivains, des porteurs d’espoir, à l’exemple d’une Barbara Ehrenreich…

Chahid 18/06/2007 21:00

Barbara Ehrenreich ; j’avoue n’avoir jamais entendu parler de cette journaliste et militante… votre présentation confirme une de mes convictions : les femmes sont toujours « avant-gardistes » face à la précarité et à l’humiliation. Tant mieux, les hommes sont occupés à faire la guerre ! Ces femmes « dérangent » car elles ne sont pas là où des « machos » comme Bush et ses sbires aimeraient les trouver. Barbara Ehrenreich  dérange l’Amérique coloniale, antiféministe, homophobe, raciste…Malheureusement, ce sont ces américains "d’en bas" que l’auteur défend, qui votent et acclament Bush et tout le système qui les écrase. Comme en France d’ailleurs et partout dans le monde, le petit peuple (convaincu qu’il est maître de ses choix) vote toujours les hommes qui feront perdurer le système qui l’écrase. Toutes les mesures économiques et sociales prises depuis 1980 visaient à favoriser les riches et à punir les pauvres. L’administration Bush a diminué les impôts au profit exclusif des plus hauts revenus (1 % bénéficiant de 43 % de remises), déstructuré la responsabilité publique de l’Etat dans le bien-être des citoyens, réduit de plus de 86 % le programme communautaire d’accès aux soins, diminué de plus de 700 millions de dollars la réhabilitation des logements sociaux, de plus de 60 millions de dollars le programme des logements de la fondation d’aide à l’enfance, de plusieurs centaines de millions de dollars le fonds permettant aux personnes à bas revenus de faire garder leurs enfants pendant leur travail etc. L’économie américaine perd inexorablement de son ascendant depuis bientôt trente ans… les américains assistent aussi à une réelle dégradation des valeurs et de l’éthique… l’administration Bush a inclus dans les budgets de défense des crédits de plus d’un milliard de dollars pour soudoyer les médias et museler les avis opposés à sa politique…le pentagone a approuvé une circulaire qui permet le mensonge… l’opinion publique américaine est déjà frappée par une situation sociale qui ne cesse de s’aggraver, vu le nombre terrifiant  des américains qui vivent au dessus du seuil de pauvreté…mais le plus important pour la société américaine, c’est de faire face aux obsessions sécuritaires que les responsables tentent de lui imposer.Dans son ouvrage « The other America. Poverty in The United States », Michael Harrington écrivait : «  la beauté naturelle et les mythes dissimulent la pauvreté, le voyageur traverse les Appalaches à la belle saison. Il voit les montagnes, les fleuves- mais pas les pauvres ».