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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 19:32


Ballon-grenat.jpgGéologue, 44 ans. Père de deux enfants 10 et 12 ans. Employé chez Total depuis 1992 :
licencié, viré, jeté dehors. Motif : refus d’être envoyé au Nigeria (1), dans la région du delta du fleuve Niger. Il était disposé à aller en Libye et en Indonésie, mais pas là. Il avait trop peur pour sa famille. 

Une des régions les plus riches en ressources naturelles et les plus dangereuses du monde. Il s’y déroule une guerre civile qui ne dit pas son nom. Les populations locales vivent dans la misère extrême et une
pollution, due au rejet d’hydrocarbures non raffinés par les compagnies pétrolières dans les rivières et étangs, d’un niveau inconnu de l’opinion internationale. Elles n’en peuvent plus et rejettent un gouvernement central aux ordres des multinationales pétrolières et minières. En fait, dictature militaire légitimée internationalement par des "élections démocratiques", dont tout le monde sait qu’elles sont truquées…

Les compagnies pétrolières, considérées comme des prédateurs, font l’objet d’attaques. Leurs salariés expatriés sont donc particulièrement visés. Depuis 2006, 200 environ ont été enlevés et, au début du mois d’août, un salarié de Total a aussi été enlevé, malgré des services de sécurité armés jusqu’aux dents. Normal, que le salarié d’une entreprise ait le choix de ne pas y aller.

Le licenciement de ce géologue est emblématique du mythe de la "Gestion des Ressources Humaines" dans l’entreprise, et les organisations en général. Ce n’est pas le dialogue et le respect qui se pratiquent, mais un rapport de force analogue à celui d’un univers concentrationnaire. La violence physique en moins. Plantes vertes, baies vitrées, moquette, air conditionné, halls de fabrication aseptisés, ne changent en rien l’univers mental dans lequel l’Homme doit
abandonner son libre arbitre et sa dignité. Univers dans lequel les femmes sont encore plus durement traitées que les hommes en termes de considération, de salaire, d’évolution de carrière.

Multiplication des
suicides liés au monde du travail (2), du harcèlement moral, les entreprises, les grands groupes notamment sont devenus, pour la plupart, un système carcéral où règne le totalitarisme le plus dur, tout en restant "soft" quant à son image. On y retrouve les ingrédients du totalitarisme, distillés au quotidien : depuis le culte de la personnalité du PDG mégalomane, jusqu’au sadisme du petit chef paniqué par la précarité de son poste. 

Cet état d’esprit a vu son évolution s’accentuer sous l’impact du principal support idéologique actuel du Libéralisme Economique, la "shareholder value"
(3) : ce que l’actionnaire peut pressurer de l’entreprise. L’entreprise considérée comme un presse-citron, le personnel en constituant les pépins... Tout pour le Capital, rien pour le Travail. Le travail étant considéré comme une matière première, "commodity" comme disent les anglo-saxons. Une denrée, une fourniture. Comme du charbon, de l’électricité ou des fournitures de bureau. Oubliant qu’en fait c’est le lien social stabilisateur d’une collectivité et une source d’épanouissement pour elle…

Les grands groupes sont les plus atteints par cette pathologie. Sous le vernis de leurs publications luxueuses et leurs dispendieuses campagnes de promotions publicitaires ou de relations publiques, ils font croire, à l’opinion ou aux consommateurs, que le dialogue, l’équité, la concertation, "l’esprit de famille", sont les règles du fonctionnement humain de leur organisation.

Le Directeur des Ressources Humaines d’un grand groupe européen, lucide, me confiait récemment combien, au fond, il était dégoûté de sa fonction : "Je ne suis qu’un fossoyeur. L’essentiel de mon temps est de concocter des plans de suppression d’emplois qui me sont imposés par le Conseil d’Administration"... Son groupe, comme d’autres, épuise chaque année toutes les techniques possibles, financières et comptables
(4), pour dissimuler fiscalement ses superprofits. Pas moyen : ils apparaissent, bien que fortement diminués, malgré tout !... Placé en première ligne de ce magouillage, ce responsable éprouve des difficultés à admettre le paradoxe : plus une entreprise fait des profits, moins elle porte de la considération au travail et à la dimension humaine…

Cette lèpre a contaminé les cabinets de recrutement et de conseil en gestion des ressources humaines. Ainsi, à l’exemple de leurs homologues dans les entreprises : ils ne répondent pas aux candidatures qu’ils ont sollicitées par annonces, ne serait-ce que par une réponse négative. Ou encore, ils ne donnent pas de réponse après un entretien, pour lequel le candidat s’est souvent déplacé de loin. Disant qu’ils vont rappeler, sans le faire. 

Trop de dossiers, disent-ils. Ce n’est pas une raison : s’ils sont incapables de s’organiser qu'ils aillent planter des poireaux, mais ne s’autoproclament pas "Conseil en Recrutement et Gestion des Ressources Humaines". Aucun sens de la dignité humaine, aucune éthique, déontologie ou comportement "professionnel", à de très rares exceptions, et beaucoup trop de charlatans dans ce métier. Il en est envahi. Un sérieux nettoyage s’impose pour redevenir crédible
(5)

Il y a des "patrons voyous", que les politiciens évoquent, lors des campagnes électorales, pour montrer combien ils sont "à l’écoute du terrain". Sans trop se mouiller, ils auraient trop à perdre. Car, ils ne mentionnent pas les "actionnaires voyous" qui licencient alors que leurs entreprises accumulent les superprofits. Pas de mention, non plus, des "managements voyous", même s’ils ne font qu’appliquer une politique exigée par les actionnaires.

On enverra en prison, pour de longs mois, des casseurs de vitrines. Bien. Mais, tous ces "casseurs de vie" continueront à se la couler douce. Alors que les prisons devraient être remplies de ces authentiques criminels. Ceux qui obligent leur personnel à exécuter des heures supplémentaires ou/et à renoncer à une partie de leurs congés, sans les payer. Urgence, esprit d'équipe, objectifs à atteindre, invoquent-ils...
Du racket institutionnalisé. Ceux qui licencient sans aucune considération humaine, malgré les superprofits qu’ils accumulent, faisant supporter le coût de ces licenciements, et de la détresse qu’elle engendre, par la collectivité.

Tout en affirmant qu’ils ne peuvent pas contribuer aux charges de cette même collectivité : pas d’impôts, disent-ils, pour
rester compétitifs !...  Ces "bandes organisées" prolifèrent, vandalisent le système social, rançonnent l’économie des pays où ils prospèrent. Et, les politicens ne bronchent pas. Normal, leur élection dépend de leurs "dons et cotisations", et de leurs médias.

Une anecdote sur un phénomène courant, que j’ai observé de près : un leader mondial dans la bureautique avait décidé de licencier une centaine de cadres parmi les directions d’un de ses sièges européens. Bien qu’ils soient aussi compétents et productifs les uns que les autres. Les profits importants de cette filiale n’étaient pas assez substantiels, d’après les actionnaires. Il convenait de sabrer. Ce travail fut confié à l’une des étoiles montantes de la Direction des Ressources Humaines. Carte blanche, mais secret absolu.

Rongé de culpabilité, il ne cessait de peser les cas individuels parmi les centaines de dossiers, pour introduire le plus d’équité possible dans ce massacre à la tronçonneuse. Avec son tableur, sa base de données, sa trentaine de critères et ses multiples tableaux. A ne pas en dormir la nuit : d’abord le célibataire, puis le plus proche de la retraite, puis le moins ancien, puis celui qui avait le moins d’enfants à charge, puis…. 

Tant bien que mal, il arriva à boucler sa liste des 100. Epuisé, il remit son travail à sa Direction, qui le félicita chaleureusement pour la réalisation, dans les temps, d’un travail aussi difficile. La porte à peine refermée, son patron rajouta son nom au bas de la liste. Il fut le 101°…

Gestion des Ressources Humaines : une baudruche …
 
 
  
 
 
 
(1)    Le Nigeria, ancienne colonie britannique sur le golfe de Guinée entre Bénin et Cameroun, presque deux fois la France (924 mille km²), compte 150 millions d’habitants environ. Pays le plus peuplé d’Afrique. Fédération de 36 Etats, avec pour capitale fédérale : Abuja. Un des plus grands producteurs de pétrole et de gaz du monde, avec un brut très apprécié (qualité Bonny Light) du fait de sa faible teneur en souffre. Le Nigeria possède aussi d’importantes richesse minières : or, étain, zinc, plomb, fer, charbon, etc. 
(2)    Selon l’INSERM, il y aurait  en moyenne 12.000 suicides par an, en France, suite à 150.000 tentatives de suicide. Depuis 15 ans, ce chiffre est supérieur aux décès par accident de la circulation. Bizarrement : aucune campagne de "sensibilisation médiatique". Les statistiques de ceux liés strictement au travail ne sont pas connues et semblent faire l’objet d’une censure camouflée : aucune étude clinique, sociologique, etc.
(3)    "Shareholder value". Shareholder est l’actionnaire. La shareholder value est donc la valeur, le revenu qu’un actionnaire est en droit d’attendre de l’action qu’il a dans une entreprise, cotée en Bourse notamment. C’est devenu par extension, et aussi par déformation, le credo obsessionnel de la communauté financière internationale, répercuté par la "presse économique" : fonds de pension, brokers et intermédiaires boursiers, système bancaire, analystes financiers, Business Schools, etc. Ainsi, à chaque annonce de licenciement, par une entreprise bénéficiaire, vous verrez la communauté financière saluer cette "performance managériale", dans l’idéologie de la shareholder value : par une augmentation du cours de l’action !…
(4)    Notamment, par des jeux de facturation entre filiales dans différents pays étrangers et des comptes de sociétés "offshore" dans des paradis fiscaux.
(5)    Sans parler de tous ces sites de recrutement "web" bidons, qui affichent des offres d’emplois qui n’existent pas, en fait. Ce ne sont que des agences de pub déguisées… Ils véhiculent, la plupart, des annonces de recrutements fictifs. Comme ces banques ou ces cabinets d’audit qui publient chaque année des centaines de fausses offres d’emplois. Elles sont publiées uniquement à des fins publicitaires pour "embellir l’image" de l’établissement en question. Poker menteur…
 
 




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Published by Georges Stanechy - dans La Dignité Humaine
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commentaires

Noor 18/09/2009 13:51

"Et même si cela change devrait prendre du temps qu'est-ce qui va faire que cela va changer"?@Jules « Ne vous demandez pas de quoi le monde a besoin. Demandez-vous ce qui vous éveille à la vie, puis faites-le. Car ce dont le monde a besoin, c’est d’ Etres qui s’éveillent à la vie ».

Noor 18/09/2009 13:43

Bonjour Georges,Oui oui elles arrivent!

Georges Stanechy 17/09/2009 18:55

Bonsoir JulesMoi, tacler ?!...Mille excuses, si j'ai provoqué une bosse !... L'essentiel est d'avoir, comme dans une bonne partie de ballon, un débat loyal, même s'il est un peu vigoureux...Comme vous, je pense que le changement de société n'est pas pour demain. Le processus va être long. La prise de conscience est là, les solutions à essayer existent. Seule est absente la volonté politique, du fait que "le politique", tout le système institutionnel (mode d'élection, de représentation de la volonté populaire, d'expression viciée par la censure médiatique, etc.) est passé sous la coupe des intérêts économiques d'une oligarchie.Comme convenu, j'y reviendrai.Avec mes amitiés

Jules 17/09/2009 15:18

Bonjour Georges,Je n'avais pas fait de commentaires sur vos Post depuis longtemps, car vous m'aviez sévèrement taclé sur le dernier. Sans importance, bien sûr.Cadre d'une multinationale, je partage voter analyse et la plupart de vos remarques.Je reste juste sur ma faim ... comment faire pou que ça change, avant la génération de nos arrières petits-enfants ?Et même si cela devait prendred du temps, qu'est ce qui va faire que ça va changer ?J'ai vu dans votre réponse que vous alliez revenir sur le sujet.Je serai vivement intéressé à vous lire.Bon courage, continuez, ça peut aider à ce que cela change, même déjà pour nos enfants !

Georges Stanechy 01/09/2007 21:57

 Salam Samir !Il est certain que le modèle de société dans lequel nous vivons n’est pas viable. Trop de misères, d’injustices et de violence aveugles. Il va falloir s’orienter vers d’autres modèles. Cela va prendre beaucoup de temps. Tous ceux qui ont été appliqués, jusqu’à présent, ce sont révélés des échecs. Le Libéralisme en est un, avec ses caricatures de "régimes démocratiques", malgré le discours dominant.Les recherches existent. Dommage qu’elles soient censurées par les médias, et volontairement ignorées par les Castes au pouvoir, qu’elles restent confinées dans des petits cercles, académiques ou autres. J’en parlerai dans des prochains posts. Car, l’idéologie du Libéralisme est devenu un dogme. Le critiquer c’est comme blasphémer. On ne peut être que "marxiste" ou "collectiviste", ou "alter mondialiste"...C’est le réflexe pavlovien du politiquement correct. Eliminant ainsi toute remise en cause. Alors qu’il y a tout un univers de réflexions, de recherches, de débats passionnants. Mais, occultés comme je le disais.Je pense en particulier aux travaux de l’américain John Rawls sur les institutions et l’organisation politique de nos sociétés, notamment son fameux Justice et Démocratie. Ou, à l’Indien Amartya Sen sur les problèmes de la pauvreté et de la nécessaire répartition des richesses qui appartiennent, en fait, à la collectivité. Ils ne sont pas les seuls, heureusement.Nous aurons l’occasion d’en reparler.Bien à toi !    

samir 31/08/2007 15:55

Salam Georges ! Excellent poste (comme d’habitude) ! Qui peut prétendre de nos jours à un réel projet social ou bien de gestion de RH, même en dehors des monstrueuses structures multinationales…le politiquement correcte perd de son efficacité et cache de moins en moins bien la nature abjecte « des  mangeurs d’or » qui ont les mains libres sous le prétexte de la pression imposée par la concurrence…qui peut arrêter cette machine infernale qui prend en otage l’avenir de plusieurs générations…le travail a moins de sens face à celui de l’argent…et d’ailleurs presque tout perd son sens face à l’argent... démocratie et liberté, grands principes de ce millénaire, ont un code barre tout comme d’ailleurs dictature ou coup d’état…peut être qu’on devrait voter pour des banques directement une manière de faire venir la politique à sa source…une autre manière de responsabiliser les vrai tenanciers du pouvoir. Un industriel disait que tout homme est « achetable » il suffirait de mettre le prix. C’est typiquement la doctrine de base des dirigeants de multinationales ou de politiques (ou bien de commerçants infiltrés)… Quel est le cours de la dignité humaine sur le marché !? Samir