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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 17:34


"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans...
Tu es toujours belle, gracieuse et désirable.
Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais.
Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien".
 
C’est un des plus beaux textes contemporains, chantant l’Amour, que je connaisse.
 
Ça change des fast foods "sentimentaux" : Sex & the City et autres Desperate Housewives… N’est-ce pas ?... En Amour aussi, il faut ramer, de temps en temps, à contre-courant de la dictature du système marchand imposant consommations, compulsions, frénésies et illusions.
 
La plus grande liberté est le don de soi…
 
André Gorz, auteur de ce texte (1), partageait cette liberté avec sa femme, Dorine. Leur Amour fut sans faille, dans une illumination réciproque.
 
Ils viennent de se suicider. Choisissant de partir ensemble, côte à côte (2). Il avait 84 ans. Elle, un an de moins. Elle était atteinte d’une maladie dégénérative, doublée d’un cancer. La dégradation de son état s’accélérait. Il ne le supportait plus. "Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre…", écrivait-il dans le même texte.
 
Ce chant d’Amour que fut leur vie, n’était pas égoïstement cloîtré dans une tour d’ivoire. André Gorz, avec le soutien permanent de sa femme, fut un militant de la Solidarité. Il ne cessait de le dire, son œuvre était celle d’un couple.

 
Les-Haleurs-de-la-Volga---Ilya-Repine--1844-1930-.jpg
 

C’est un de nos grands philosophes actuels. Bien sûr, il fait partie de ces "grands" que les médias occultent. Plus connu à l’étranger que dans son propre pays, notamment en Allemagne. Il fut un ami de Marcuse et des philosophes dits de "L’Ecole de Francfort".
 
Normal qu’il ne soit pas "célébré", il était un critique implacable du capitalisme, de sa folie accumulatrice, prédatrice, destructrice. De sa négation de l’être humain. De l’individualisme érigé en fanatisme.
 
Tout aussi critique à l’égard des dérives communistes, lui qui était marxiste au départ de sa réflexion philosophique. Son Adieux au prolétariat est dévastateur. Connu pour ses recherches sur le "revenu social". Considérant, dans un paradoxe intellectuellement stimulant, que le citoyen-consommateur doit être rémunéré pour consommer et faire tourner une machine qui enrichit les riches…
 
Il faut visiter son œuvre et ses ouvrages marquants : Critique de la division du travail, Ecologie et politique, Ecologie et liberté, Misères du présent – Richesse du possible. Et d’autres, encore.
 
Il était, aussi, un des derniers authentiques "grands" journalistes spécialistes des questions sociales et économiques. Il collabora à L’Express de la grande époque Jean-Jacques Servan Schreiber, fonda avec Jean Daniel et d'autres, Le Nouvel Observateur. Proche, un moment de Jean-Paul Sartre, il fut un des éminents animateurs de la "prestigieuse", en cette période, revue Les Temps Modernes. Esprit indépendant, il se brouillera avec les uns et les autres, dès qu’il percevra le conformisme intellectuel ou affairiste pointer son nez…
 
Sa lucidité se doublait d’une grande sensibilité. D’origine autrichienne, de père juif et de mère catholique. Son épouse était d’origine britannique. Il avait tout pour faire avaler son parapluie à un "souchien"...

Marqué par les désastres de la paranoïa raciste de la période nazie, que l’on voit ressurgir sous d’
autres formes, avec d’autres slogans, et d’autres boucs émissaires, de nos jours. Chercheur infatigable, d’une rigoureuse honnêteté intellectuelle. Du doute à la remise en cause, il n’hésitait pas.
 
Je dis "sa", je dis "son". Alors que je devrais dire : « leur »…
 
Je voulais mettre une photo du couple. Dorine et André, ensemble. Finalement, je préfère leur dédier ce tableau d'Ilya Repine : Les Haleurs de la Volga (3). Rappelant ce pourquoi, ils ont vécu : la dignité humaine, la solidarité …
 
L’Amour…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1) Texte extrait de Lettre à D. Histoire d’un Amour. Editions Galilée (2006).
(2) Le 24 septembre 2007.
(3) Ilya Repine, peintre russe, 1844-1930. Ce tableau, Les Haleurs de la Volga, date des années 1870-1873.
 
 

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Published by Georges Stanechy - dans Artistes et Ecrivains
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commentaires

Georges Stanechy 10/07/2008 09:02

Bonjour NadineLa "société moderne", dans ses valeurs et  dans sa finalité, est de faire de l'être humain un robot "décérébré", apte à gober toute propagande et toute pulsion consommatrice, sans esprit critique. "L'amour",dans ce contexte, devient un acte de consommation comme un autre. Interchangeable ou jetable ("jetable", en anglais, se dit "disposable"...) au gré des pulsions ou des "projections", plus ou moins dictées à nos inconscients sur un fond d'immaturité collective. Comme un kleenex ou un préservatif...Au-delà de l'amour, c'est le couple dans son fondement et le noyau familial qui sont visés. Et, même l'identité sexuelle. Le prosélytisme dans le changement de sexe ( psychologique ou physique ) qu'on peut voir, dans des émissions de TV "trash", en sont un signe avant-coureur...Ce "modèle", heureusement, est rejeté par beaucoup de sociétés et de personnes. Car, il est perçu et vécu comme étant à l'opposé de l'accomplissement ou de l'épanouissement d'un être humain dans sa vie terrestre. André Gorz et se femme en sont un magnifique exemple. Même s'il est exceptionnel par son intensité. Ils ne sont pas les seuls.J'en conviens, reste le problème de rencontrer l'âme "soeur". C'est possible avec beaucoup d'esprit positif et de maturité. Comme un "aimant" attirant son pôle opposé, la rencontre s'opère... Et "l'aimant" devient aimant...Amitiés

Nadine 09/07/2008 17:03

Bonjour Georges,Bien sûr c'est une histoire sensible et positive, mais quand vous parlez de "Ca change des fast foods...frénésies et illusions" J'ai un peu déchantée sur l'espoir que notre société a à vouloir fabriquer des hommes et des femmes avec des demi-coeur ou voire même sans coeur! bon j'arrête là car je rame avec cette histoire d'Amour.

Georges Stanechy 07/07/2008 22:40

Bonsoir NadineAngoissante, je ne pense pas. Si on relit la mise en perspective d'Aline, pleine de sensibilité et d'affirmation positive...Amitiés

Nadine 07/07/2008 17:17

Bonjour Georges, Cette histoire d'amour m'impressionne car est elle aussi belle qu'angoissante.

Georges Stanechy 03/10/2007 14:19

Bonjour Aline Merci, pour cette remise en perspective, historique et philosophique, d’une attitude face au destin dont il est difficile, souvent, de comprendre le sens… 

aline-mariali 02/10/2007 20:32

Les suicides ne sont pas univoques. Il est des suicides de désespoir, de fuite et des « suicides » positifs qui transforment leurs auteurs en témoins : Socrate et d’une certaine manière Jésus, sans parler des martyrs chrétiens dont certains ont couru à la mort joyeusement. La philosophie est née du suicide lourd de sens de Socrate et le christianisme de celui de Jésus.  Je pense qu’André Gorz se situe dans la lignée des grands témoins et son acte est un dernier témoignage d’amour . S’il avait le sentiment d’avoir achevé une œuvre généreuse de penseur engagé dans la défense des opprimés , que Georges superbement illustrée avec le tableau de Repine, son enveloppe charnelle privée de son amour était déjà , de toute manière, un corps mort . Je les imagine tous les deux préparant ensemble dans un dernier geste d’amour leur grand départ commun. Je n’ai vu nulle part le récit de la manière dont ils s’y sont pris, mais il ne semble pas que la mort ait été violente ou sanglante. En tout cas, c’est une chance qu’ils aient réussi leur mort ensemble. Je repense au suicide commun de Roger et de Claire Quillot (maire de Clermont Ferrand) lui très malade et elle ne voulant pas vivre sans lui. A son grand désespoir Claire Quillot a été ranimée. Mais elle n'était vivante qu'en apparence et elle a fini par se noyer 7 ans plus tard.

Georges Stanechy 01/10/2007 14:03

Salam Samir !  Salam Chahid !Oui. Si ce n'était la fin tragique, expression de leur droit ultime, quelle belle image de la solidarité et du don de soi !Bien à vous.

Chahid 29/09/2007 03:51

André Gorz et tous les autres grands philosophes qui ne sont pas célébrés pour les raisons que tu cites sont certainement dans un état de joie parfaite car ils ont accès à la connaissance philosophique, ils comprennent ce qui est et l’acceptent. Ils sont libres, connaissent les limites de la connaissance humaine, l’acceptent et le font comprendre aux autres. Ils n’ont pas peur de la mort mais ils restent fragiles devant la souffrance. Leur propre souffrance ou la souffrance d’un être très cher (leurs femmes, leurs enfants etc.). Par principe, un philosophe est le dernier à se suicider, le dernier à avoir peur du chagrin… André Gorz a certainement pensé son suicide en simple être humain et non pas en philosophe. C’est son droit ou plutôt leur droit.

samir 28/09/2007 16:48

Salam Georges ! Excellent éloge a l’Amour…et de ce qui peut en découler! Je ne te cache pas mon émotion en lisant ce texte édité sur le journal lors de l’annonce du suicide de son auteur André Gorz  de son épouse! Puis il y’a ce choix de partir pour rester « un »…exemple d’Amour d’un autre temps! Les programmes scolaires n’auront peut être pas à aller chercher des comptes sublimant la passion unissant deux êtres; au-delà des frontières du 21ieme siècle théâtre malheureux de ce que tu décris si bien comme «  fast foods "sentimentaux" ». Beau et pertinent choix d’image pour illustrer ce post ! Samir