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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
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Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
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Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 12:43


Mattel a présenté ses excuses. Oui, ses excuses au Peuple Chinois…
 
Vous vous souvenez... Vous avez été comme moi, gavés par ces articles, "sujets" et autres reportages sur tous les médias. En ouverture du JT, en première page de la presse écrite, sur les méchants Chinois en train d’envahir l’Occident avec des jouets et autres articles, toxiques et avariés.

Tous les médias occidentaux en même temps. En Europe, en Amérique du nord. Plusieurs journées durant. Matin, midi et soir. Un tsunami…
 
La nausée…

J’ai même vu, dans un JT, des vers entrelacés dansant le tango sur des truffes en chocolat ! Venant de Chine, disait-on...

Moi, qui adore le chocolat !... 

Déjà que les lobbies des multinationales alimentaires ont réussi à faire modifier par la Commission Européenne, au désespoir des "vrais chocolatiers", les spécifications de l’appellation "chocolat"… Grâce à la dite Commission, qui a dû certainement agir dans un souci de Santé Publique, il y a plus de graisse de boeuf aromatisée chimiquement que d’authentique chocolat, dans les boîtes métalliques ou sous cellophane de ces géants industriels
(1).

Si ces pervers de Chinois y rajoutent des vers, le bon chocolat de nos grand-mères va devenir un concentré de protéine…
 
A l’approche de Noël, en plus…

Et, puis, en parlant de Noël qui se profile à l’horizon immédiat, une fois franchie l’épreuve de Halloween, cette fête typiquement "française" comme chacun sait, on a de quoi hésiter : quel jouet choisir pour les petits ?  Risquer de les empoisonner au plomb !... Nos adorables chérubins. 

Quel toupet, ces Chinois ! Ils ne respectent rien.  Pendant la "guerre froide", le "péril jaune" était à nos portes A présent, le voilà dans les bonbonnières et les coffres à jouets de nos innocents foyers !…

Ces barbares, aussi, il va falloir les bombarder.
 
Au centre de tout ce touin-touin, avec trombone, grosse caisse et cymbales, l’entreprise américaine Mattel (2). Le plus grand fabricant de jouets du monde.

Une vraie fanfare de fête de village. Avec son PDG, qu’on voyait partout. Des allures à la Roosevelt, la voix grave, le regard sombre, mais le menton déterminé, nous décrivant une traîtrise asiatique à la Pearl Harbour. Annonçant le rappel de millions de jouets fabriqués en Chine : 18 à 20 millions, suivant les versions…
 
barbieComp.jpg
 
 
De CNN à toutes les chaînes, mêmes nos TV câblées soi-disant porteuses d’informations économiques triées, choisies, analysées par les meilleurs journalistes "spécialistes en économie" de la place. Enfin, c’est ce qu’ils prétendent…

Ne parlons pas des présentateurs et présentatrices TV, avec leur ton et regard des catastrophes annoncées… Soyons indulgents, ils sont irresponsables : ils lisent sur leur prompteur, ce que leur Rédaction a pondu
(3).
 
En fait, les plus vigilants l’avaient immédiatement compris, il s’agissait d’une campagne de désinformation et de propagande. Propagande antichinoise. Désinformation sur une réalité, industrielle et commerciale, qui est toute autre.
 
Que penser de l’attitude des médias ? Ces médias "officiels", "dominants" ou "mainstream", que nos amis anglo-saxons appellent de plus en plus les "oilmedias", par allusion aux intérêts pétroliers gouvernant actuellement l’Occident.

On pourrait aller plus loin : "oilarms-medias". Mais, bon, il faudrait ajouter aussi le béton, pour ne pas faire de jaloux. Et puis, la finance internationale. Et, puis… Avec toutes ces rallonges, la prononciation deviendrait difficile…
 
La première réaction, émotionnelle, serait de constater ou de déplorer la faillite des médias, dans le traitement de l’information, par leur manque de conscience professionnelle, leur absence d’éthique. La deuxième, lucide, et non pas cynique, serait de se rendre à l’évidence : les médias ont parfaitement rempli leur rôle d’organes de propagande et de désinformation.
 
Décortiquons la manipulation. Elle est articulée sur deux ressorts classiques :
 
 
Méthodologie et manipulation
 
Une information doit être validée par un rigoureux traitement méthodologique. Quelle que soit sa nature : économique, financière, commerciale, politique, sociale, historique, archéologique, ou autres.

Travail fondé sur la coopération d’une équipe pluridisciplinaire, lorsque l’information est à la convergence de plusieurs métiers ou domaines de connaissance. Car une information non vérifiée n’est que de l’élucubration, du roman, de la propagande. Dans le meilleur des cas : une hypothèse. Dans le pire des cas : de la calomnie.
 
L’affaire Mattel est emblématique : une information n’est pas le "copier-coller" d’une dépêche d’agence de presse. Elle-même, le "copier-coller" d’un communiqué du groupe Mattel, reprenant la déclaration d’un de ses dirigeants.

Avant même son analyse, le contenu d’une information se recoupe et se corrobore. Quels sont les faits, les chiffres, les statistiques, les témoignages qui soustendent l’information à délivrer ?
 
Ceux de Mattel, mais aussi ceux des Chinois, entreprises et responsables mis en cause. Notamment, ceux des autorités du commerce extérieur chinois (4) concernées. A aucun moment, au cours de cette hystérie médiatique, cela n’a été effectué. Encore moins, un approfondissement de la réalité des "rappels" ou des "retours"…
 
Car, entre l’annonce, ou l’effet d’annonce, et la réalité, il y a souvent un océan… Ces jouets présentant des défauts : combien ont été effectivement rappelés ? Des millions de jouets, près de 18 ou 20 millions, paraît-il.

Cela fait beaucoup de containers, de bateaux, d’avions, de camions, d’entrepôts en mouvement… Une visite dans quelques zones de stockage, en comptant le nombre de camions effectivement chargés de ces "retours", et pointant un échantillon de fiches de ces "retours", pour en identifier la provenance, aurait contribué à ce recoupement.
 
Une petite visite aux entrepôts de Mattel ? Là, personne. Pourtant, les médias en ont les moyens. Où étaient-ils passés, tous ces talentueux spécialistes de l’investigation ? Nos courageux Tintin reporters ? Eux, qui vont jusqu’à fouiller dans les poubelles d’Adjani. Ou, louer des hélicoptères, pour survoler les lieux de villégiatures des politiciens en vacances. 

Alors, ces petits travaux de recherche "sur le terrain" ? Eh, bien… Non. Bizarrement.
 
 
Analyse et manipulation
 
Mattel appartient à cette catégorie de multinationales, comme Nike et tant d’autres, qui sous-traitent la quasi intégralité de leur fabrication (5). On appelle cela "l’externalisation". "Outsourcing", en anglais ou en jargon du management. Ne gardant dans le pays d’origine que les fonctions de direction, dites "corporate", assurant la cohésion du groupe : stratégie, conception et "design", marketing international, consolidation financière.
 
C’est sur ce plan, où le deuxième niveau de manipulation opère. Celui de l’analyse : dans quel contexte, les "faits", incidents ou dysfonctionnements se sont-ils produits ? Une fois, bien entendu, convaincu de leur réalité. Il convient de comprendre, d’expliquer ou de restituer les mécanismes de "l’externalisation".
 
Cette pratique obéit à des règles précises (6). Il ne s’agit pas de l’achat d’un lot aléatoire de marchandises où, en Chine comme partout ailleurs, les risques de malfaçons sont réels. Il ne s’agit pas non plus d’une sous-traitance ponctuelle.

Dans "l’externalisation", la démarche est totalement différente. Une entreprise confie sa production, un produit, une ligne de produits ou plusieurs, à un ou plusieurs fabricants qui travaillent, le plus souvent, exclusivement pour leur client. Sur plusieurs années, souvent.
 
La qualité doit, en conséquence, être parfaite. Question de coût et, aussi, d’image pour ces groupes internationaux, adeptes de la mondialisation, ou "globalization" comme ils le proclament en anglais. D’où le développement des techniques, et approches "managériales", dites du "zéro défaut".
 
Il n’est pas rare de voir des contrats, des cahiers des charges d’externalisation, de plus de 500 pages pour un produit. Avec des spécifications techniques détaillées, où tout est prévu. Le prix n’étant pas le seul paramètre du document, loin de là.

Non seulement le "design" des produits avec ses plans, cotes, matériel à utiliser, et autres détails. Mais encore, la désignation explicite des fournisseurs auxquels doit s’adresser le fabricant, les achats étant souvent négociés à l’échelon mondial.

Avec même, la nomenclature ou le code du fournisseur de l’article à acheter : tel ou tel type de peinture, par exemple. Autrement dit : aucune marge de manœuvre ou improvisation tolérées. Tout étant rigoureusement contrôlé par le donneur d'ordre. Mattel en l’occurrence.
 
Tout aussi précis se veulent les contrôles à posteriori. A la sortie des chaînes de production, les tests de contrôle de qualité sont systématiques. Suivant des procédures et des "reporting" rigoureusement définis. Ces modes de contrôle étant soumis eux-mêmes à des inspections régulières, sous forme d’audits portant sur le respect de ces procédures.

Avec, suivant les cas, des représentants du groupe sur place avalisant, ou pas, la sortie des lots de fabrication. L’obsession étant d’éviter les "retours"...
 
Il était évident, qu’une malfaçon du fabricant était impossible. Ou du moins, le zéro erreur n’existant pas, certainement pas à l’échelle annoncée par Mattel. Surtout connaissant le niveau d’organisation de ces groupes internationaux.

Nul besoin d’être un spécialiste pour percevoir l’évidence, dès les premières vérifications de l’information elle s’imposait.
 
Etrangement, aucun journaliste, aucune équipe de rédaction, chargés de l’information économique tout spécialement, n’ont procédé à ce début d’analyse.

Toujours le même dilemme : soit, ils sont "nuls", car en tant que journalistes spécialisés en économie ou business, ils ne savent pas ce qu’ils devraient savoir. Soit, ils "savent", mais ne disent rien. En ce cas, ils sont malhonnêtes…
 
Les "excuses" de Mattel sont claires : "… Il est très important que chacun comprenne que l'immense majorité des produits rappelés provenait d'un défaut de conception chez Mattel, et non d'un problème venant des fabricants chinois".

Je préfère la version anglaise.
C'est l’original et, de plus, les termes en sont plus précis :
"It's important for everyone to understand that the vast majority of those products that we recalled were the result of a design flaw in Mattel's design, not through a manufacturing flaw in Chinese manufacturers." 


Le texte emploie formellement l’expression :
 “… not through a manufacturing flaw in Chinese manufacturers” ...
" non d’un défaut de fabrication venant des fabricants Chinois
”.

Mattel s’est donc excusé... Bien. Et, les médias ?...  Eux, s’excuser ?…
 
Alors : flagrant délit de propagande, de désinformation par les médias ? Ce serait trop simple.
 
La répétition de ces comportements médiatiques correspond à un état permanent. Ce n’est que l’expression d’une culture : celle du mensonge, par intention ou omission, et de l’illusion, au service d’un mode de gouvernement. Avec ses tireurs de ficelles, Big Business, ses crieurs publics, les politiciens, et ses colleurs d’affiche, les médias.

Mode de gouvernement engendré par une idéologie, fondée sur la manipulation des attitudes collectives primaires, assurant soumission et donc cohésion : culte de la peur, peur de l’étranger, racisme, préjugés et autres mécanismes inculqués. Rien de neuf…
 
Récemment, dans une émission TV française, un "invité", un animateur radio spécialisé dans les discussions radiophoniques matinales, l’ego boursouflé style grenouille de La Fontaine, affirmait sur un ton messianique (7) : "L’information, c’est  la vérité" !...
 
Ces "spécialistes de l’information"…
 
Bientôt, à force de prendre au sérieux les "bluffs" qu’ils véhiculent, et, eux, de se prendre pour les grands prêtres d’une secte détenant la vérité, ils vont entendre des voix…
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)  Voilà un produit, trafiqué et nocif pour la santé, que les consommateurs devraient boycotter avec soin : les boîtes de chocolats des fabricants industriels diffusées par les grandes surfaces, complices de cette mise en danger de la Santé Publique. Pour du "vrai chocolat", allez chez un artisan chocolatier vous garantissant l’authenticité de la teneur en chocolat de ses produits…
(2)  Leader mondial de la fabrication du jouet, célèbre par ses marques, poupées Barbie (80 % des ventes en 2007), Fisher-Price, Hot Wheels, etc. : avec un chiffre d’affaires de près de 6 milliards de US $ et une croissance moyenne de 9 % par an, dont 8 % sur la marché US et 11 % sur le marché international.
(3)  Dispositif ayant pour principe un miroir sans tain sur lequel défile le texte, à lire par le présentateur, dans l’axe de la caméra. Le téléspectateur ne se rend compte de rien… Sauf à être attentif au mouvement des pupilles du présentateur ou de la présentatrice.
(4)  Le commerce extérieur chinois a un organisme de contrôle de la qualité, connu pour son extrême rigueur, sous la direction de M.
Li Changjiang, à Pékin. La Chine n’ayant aucun intérêt à voir compromettre l’image de son commerce extérieur par des fabricants locaux peu scrupuleux.
(5)  Mattel sous-traite la quasi-totalité de sa production en Asie, dont 75 % en Chine. Outre ce pays, on note : Indonésie, Thaïlande et Malaisie. Une faible partie est fabriquée au Mexique.
(6)  Les différentes méthodes d’Externalisation ou d’Outsourcing ont fait l’objet de nombreuses études, recherches et applications, dans le monde anglo-saxon. Donnant lieu à des déclinaisons : inshore, offshore, shared, etc. Dans le cas de Mattel, il s’agit d’un offshore outsourcing.
(7)  Direct TV 8, sur Internet, 30 septembre 2007.




 
 

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Published by Georges Stanechy - dans Chine
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commentaires

Georges Stanechy 05/10/2007 16:51

Bonjour Chahid La citation de Jean Fourastié illustre bien la pression que nous subissons au quotidien. Avec la démultiplication continue des moyens de conditionnement de l’opinion, cette pression rend l’exercice de notre esprit critique de plus en plus difficile. Difficile de maintenir une vigilance permanente !  A la limite, il s’agirait de transformer l’humanité en un troupeau de bovins passifs pour consommer béatement, on pourrait prendre son mal en patience… Mais, plus que jamais, on se rend compte que les manipulations de l’opinion couvrent ou préparent des actes de violence extrême. Tels que la guerre, que n’hésitent pas à promouvoir les fous au pouvoir. Avec de "vrais bombes", comme tu le rappelles.  Et, là, il est plus que nécessaire de se mobiliser en permanence…

Chahid 04/10/2007 23:13

Bonsoir GeorgesLes instigateurs de ces campagnes ou de cette propagande anti-Chine, savent aussi qu’entre l’annonce, ou l’effet d’annonce et la réalité, le mal serait déjà fait. Des excuses ou précisions du genre « les produits rappelés provenait d'un défaut de conception chez X, et non d'un problème venant des fabricants chinois » ne sont pas destinées aux consommateurs dont l’aiguille bascule d’une façon extraordinaire !Un « bombardement ininterrompu d’informations » disait Jean Fourastié, pour qui « adultes, adolescents et enfants, nous sommes en effet soumis quotidiennement à un bombardement ininterrompu d’informations, déversées par la radio, la télévision, le journal, tous moyens à haut pouvoir de pénétration massive. Mais les informations ainsi reçues sont disparates, décousues, hétéroclites, souvent contradictoires, en même temps qu’agressives et impérieuses.». Le néolibéralisme bombarde ainsi avec ses médias ses concurrents potentiels avant de les bombarder réellement, avec de vraies bombes.