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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
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Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

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Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:51


Caisse1.jpg Bac + 5 en littérature : caissière dans un supermarché. Pardon : hôtesse de caisse… Mariée, 28 ans. Heureuse d’avoir cet emploi, qu’elle assume. C’est, en effet, un métier tout aussi honorable qu’un autre. Elle l’a trouvé au cours d’un stage, alors qu’elle était étudiante. Depuis, elle est restée. Bien obligée, ce sont des centaines de CV qu’elle a envoyés à la ronde : sans réponse.

 

A défaut, elle aimerait bien bouger dans l’entreprise, évoluer, occuper d’autres fonctions : impossible. Caissière elle est, caissière elle restera. Elle explique fort bien les différents essais et espoirs qu’elle a formulés en ce sens.

 

 "Mobilité interne"…  Et autres baratins, ou bla-bla-blas, dont regorgent les communiqués et postures des dirigeants et actionnaires de ces groupes, se partageant le quasi monopole de la distribution dans nos pays… La "Grande Distribution", dictant ses volontés sur l’organisation du commerce intérieur et extérieur de nos pays. Véritable "sida" de nos économies, minant leur substance, leur équilibre, leur développement, pour l’enrichissement colossal d’une poignée de familles actionnaires et de leurs réseaux. J’en reparlerai dans un prochain post.

 

Visitez son Blog : caissièrenofutur. C’est sa vie au quotidien qu’elle raconte. Humour, constats, fines observations, portraits, sont là : clients, collègues, resquilleurs, goujats et gentlemen, voleurs et vigiles… Toute une humanité. Son "insertion professionnelle" représente le sort de beaucoup d’étudiants diplômés de l’Université, à la sortie de leurs études.

 

A travers ce cas emblématique, se pose la finalité de notre "Enseignement Supérieur", de notre Université. Question fondamentale : quel « sens » veut-on donner lui donner dans notre pays ?

 

Est-ce une formation destinée à "apprendre à apprendre" et à s’adapter, suivant la formule millénaire des meilleurs enseignements ?... Formation de l’esprit d’analyse, de l’esprit critique, fondée sur une solide culture, avec l’apprentissage d’une discipline ou d’une spécialité. Et, avant tout, sur la maîtrise d’une ou plusieurs langues. A commencer par la langue de son propre pays.

 

Est-ce une formation clé en mains, destinée à satisfaire les besoins de l’entreprise, qui ne veut plus investir dans une formation sur le tas ?... Formation sur le tas, qui a été celle d’une multitude de générations.

 

Est-ce une antichambre de l’ANPE ?... Différant un chômage inéluctable, du fait des délocalisations effectuées sans discernement. Réduisant en miettes le tissu social.

 

L’essentiel étant pour la caste au pouvoir d’assurer l’avenir de ses rejetons, dans des circuits d’enseignement privilégiés, et hors de portée des citoyens "d’en bas"… Tout le monde sait que l’enseignement supérieur français est à deux vitesses. Comme dans d’autres pays occidentaux. L’un, le circuit des grandes écoles qui, du fait des études chères ou payantes, nécessitant le passage dans des classes préparatoires, revient à institutionnaliser une cooptation. Seuls les enfants des catégories à haut revenus arrivent à monter dans ce train. Le "TGV". Et, puis l’autre : le "tortillard".

 

Je discutais, il y a peu, avec des professeurs d’universités britanniques qui se plaignaient d’avoir des étudiants incapables d’écrire un paragraphe qui tienne la route, ou d’analyser un texte. La "génération consoles de jeux", comme ils l’appellent. Symptôme, d’après eux, du délabrement de l’enseignement secondaire, délaissé par les responsables politiques… Signe évident qu’un "enseignement supérieur" de qualité plonge ses racines dans un excellent enseignement primaire et secondaire. L’Education d’une nation ne se découpe pas en tranches, au gré des slogans et foucades des politiciens

 

Toutes ces interrogations sont, évidemment, indissociables du modèle social que les citoyens veulent donner à leur destin collectif. C’est à cette question que le gouvernement actuel ne veut pas répondre. Préférant bâcler, dans la précipitation et l'arrogance, une loi dite de "modernisation de l’Université". La loi Pécresse, du nom de la ministre qui en a la responsabilité : loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités, ou loi LRU.

 

Les services de la ministre pavoisent : "60 heures de concertation" !... Trois fois moins que pour l’introduction des radars sur les autoroutes… On ressent d’autant plus fortement le travail "bâclé" de cette réforme universitaire, quand on voit le luxe de concertation, d’audition, de consultations dont s’entoure le gouvernement dans la préparation actuelle du Livre Blanc de la défense nationale pour les années à venir. Des heures d’audition, y compris de militaires, consultants et spécialistes étrangers…

 

Il est vrai que les "enjeux financiers", apparents et occultes, sont plus attrayants. Les lobbies de l’armement, extrêmement puissants en France, ont besoin de faire passer la pilule avec plus de doigté. Car, les français vont devoir se saigner les quatre veines pour financer des "efforts de guerre". Au détriment de tous les autres budgets prioritaires pour la population : Santé, Education et Retraites. Eux, ont pour vocation d’être sabrés au quotidien. Pas les fabuleuses rentes de situation des marchands de canon…

 

Bien sûr, il faut réformer l’Université, en moderniser le fonctionnement, le mode de gestion. Mais cela doit se faire non pas dans un abandon précipité, mais par le signe que l’Etat veut s’engager dans une priorité. Non pas en considérant l’Université comme un fardeau, dont on prétend se débarrasser sur les Conseils Régionaux et les entreprises.

 

Rarement, il est donné de constater un tel niveau de nullité dans la préparation d’une loi aussi importante pour le devenir d’un pays :

 

i)   La préparation de cette loi est un exemple d’absence de concertation et de discussion. S’agissant d’un pilier fondamental de l’avenir de la collectivité, la réforme de l’enseignement supérieur aurait dû être considérée avec l’ensemble de l’Education. Avec autant de soin que pour la préparation d’un Livre Blanc destiné à la modernisation de la défense nationale. Avec autant de soin que pour un Grenelle de l’Environnement. Avec une concertation qui ne se limite pas à quelques cercles « d’initiés », ou de mandarins en quête de contrats de recherche juteux. Recherche dont l’essentiel est financé par la collectivité, les entreprises encaissant à leur seul profit les bénéfices…

 

ii)   La préparation de cette loi est un exemple d’absence de conscience professionnelle : on n’applique jamais  des modifications de structures ou de fonctions (qui doit décider quoi, comment et jusqu’où…) sans avoir mis au point, au préalable, une stratégie à long terme, portée par des valeurs et un sens, à partir du moment où le devenir d’une communauté est en jeu.

 

Je manque d’objectivité. Cette loi, dans sa préparation, sa conception, n’est pas nulle. Elle est nullissime.

 

Alors, le mouvement des étudiants : que représente-t-il ? Une hostilité bornée à la loi Pécresse, comme l’assurent les médias de la propagande officielle ? Ou, une saine réaction devant ce "je m’en foutisme" politicien ?…

 

Je pense que le sens de cette révolte est profond. Il traduit l’inquiétude et le désarroi d’une jeunesse qui sait, malgré tous les discours, qu’elle sera marginalisée. C’est ce refus qui donne du sens. D’ailleurs, le mouvement a été rejoint par des lycéens. Preuve qu’ils appréhendent ce qui les attend à la sortie de leurs études secondaires.

 

Pour l’Université, le gouvernement veut passer en force, sans concertation. Il n’y voit qu'un exercice de ses talents de manipulation, dans la répression : rendre incompréhensible ce mouvement du reste de l’opinion, le diaboliser pour l’isoler. Alors, ce sont les gros moyens de la propagande via l’instrumentalisation des médias : diffamation du mouvement, de son mode d’organisation, de ses revendications, etc.  D’où la multiplication des démonstrations de force et les violences policières.

 

Dernièrement, lors de son séjour en Chine, Le Génie Serein du Matin Calme ("Sarkozy", en pékinois et en cantonais…) a dit : « La France commence à se réveiller… ».

 

Oui !...  Grâce aux grévistes, étudiants et lycéens protestataires, nous voilà rassurés. Contrairement au conte des Frères Grimm, reprenant la légende du Joueur de flûte de Hamelin, la France ne se résume pas à un troupeau de rats courant à la noyade, endormis par la flûte enchantée de la propagande de la caste au pouvoir...  

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Politique et Destin Collectif
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commentaires

Chahid 06/12/2007 19:20

Bonsoir SarahJ’ai trouvé particulièrement insolentes les insanités de BHL et de son clan au lendemain de la mort de Pierre Bourdieu, qui reste quand même très lu et respecté au Maghreb. Bourdieu qui n’aimait pas le « spectacle », le « show » de la télévision, s’est fait beaucoup d’« ennemis » qui ne sont finalement que pur et pire produit de ce même show médiatique.

Sarah 05/12/2007 21:52

Bonsoir,à Chahid: mon opinion sur Bourdieu est plutôt bonne. J'ai lu et lis toujours ses écrits ainsi que ceux de ses "disciples". Malheureusement, il a comme tous les grands esprits des détracteurs, "aux indignations pathétiques à la Finkielkraut" (cette expression est de lui. Elle m'avait marqué en lisant son ouvrage Sur la télévision). Parmi eux, ceux qui m'exaspèrent le plus sont ses "collègues" sociologues. Je me souviens d'une prof de sociologie politique, qui ne cachait pas sa haine à l'égard de Bourdieu et qui, après avoir fait un exposé d'une malhonnêteté intellectuelle inouïe sur son oeuvre, passe à la critique en disant: "Bourdieu était un être complexé. Issu d'un milieu modeste, il a pris sa revanche en écrivant des ouvrages illisibles, lui qui pourtant critiquait le champ universitaire"... Sans commentaires!Dans ma fac pourtant réputée pour son enseignement en sc sociales, on étudie très très rarement Bourdieu dans le texte. En même temps, il n'est pas le seul a avoir été oublié. Il est quand même alarmant qu'un étudiant en sociologie digne de ce nom ne connaisse pas ... Ibn Khaldoun? En France, non.

Georges Stanechy 05/12/2007 17:49

  Bonsoir Chahid, A propos, comme tu le dis si bien, du « grand » Bourdieu. J’ai lu pas mal de ses textes. Notamment, "Noblesse d’Etat", un de mes préférés, ainsi que plusieurs de ses interviews. Je n’ai jamais relevé « d’anti-sémitisme »… Il s’était fait beaucoup d’ennemis parmi les intellectuels-fanatiques du sionisme, ainsi que parmi les "crabes" prospérant dans le panier des médias (les premiers et les seconds ne faisant, souvent, qu’un…). Ses positions en faveur de la Palestine et ses critiques portant sur leurs monopoles de fait dans le traitement de l’information et l’animation culturelle, avaient le don de les enrager… Ces diffamations ne viendraient-elles pas de là ?...  

Chahid 04/12/2007 20:08

Bonsoir Georges,Je citerais l’exemple des Professeurs-assistants, les universités marocaines ont besoin selon les estimations des experts en la matière du triple de l’effectif actuel, voire plus, le ministère des finances leur octroie des centaines de postes par année, mais, présidents et doyens gèlent le recrutement de toute une génération de « super-diplômés » en attendant le retour de l’étranger de la fille ou du garçon de monsieur X, avec son soi-disant diplôme, et son expérience des « orgies » !On se retrouve alors avec la mauvaise personne dans le mauvais poste et c’est comme ça que le Maroc est aujourd’hui le Maroc que nous connaissons toi et moi !Pardonne-moi de t’imposer chaque fois, ainsi qu’à tes lecteurs, l’exemple marocain! Pour la France n’ayant « fréquenté » malheureusement que Paris II et Nanterre, j’ai remarqué justement le manque d’investissements que tu signales mais aussi l’éclatement des universités de Paris (comme pour le Maroc d’ailleurs, mais est-ce pour les mêmes raisons sécuritaires ?!). Les wallons par exemple ont l’une des meilleures villes universitaires d’Europe, Louvain la Neuve avec son UCL (54ème au classement mondial), pourquoi pas la France ? J’aurais aimé que les responsables marocains transforment Ifrane en une Louvain la Neuve marocaine, la ressemblance entre les deux villes est d’ailleurs frappante ! Certes l’UCL est aujourd’hui de plus en plus une « citadelle » de bourgeois européens, mais il y a toujours de la place pour les pauvres (même s’ils ont fermé l’Aldi !!!). La France a besoin de se ressaisir, elle laisse filer toute une génération de maghrébins pour la Grande Bretagne et les USA. Bientôt, les responsables français devront parler anglais avec leurs homologues magrébins!

Chahid 04/12/2007 20:06

Bonsoir SarahJ’aimerais bien connaître ton opinion sur « les héritiers » de Pierre Bourdieu. « Antisémite », « Xénophobe »…est-ce vraiment le grand Pierre Bourdieu?!! Jean-Claude Milner pour ne citer que lui, pense que parmi les effets des réformes de l'école inspirées de la pensée de Bourdieu, le verrouillage de la voie d'accès à la communauté française des jeunes maghrébins...

Sarah 03/12/2007 23:34

Bonsoir à tous,à Chahid,je souhaiterais répondre à votre question: "et la méritocratie dans tout ça?"Je pense sincèrement qu'il s'agit aujourd'hui d'un mythe. C'est avant tout une valeur bourgeoise, qui a bien servi, et sert toujours d'ailleurs, à la classe sociale qui en est la promotrice. Mais actuellement, elle ne peut exister (ou s'opère, mais très rarement )pour les individus issus des milieux populaires. Pourquoi? A cause d'un déterminisme et d'une reproduction sociale maintenus et accentués par des institutions, dont l'école, et par l'intériorisation, de la part des individus, d'une infériorité véhiculée par ces mêmes institutions, infériorité qui fait que toute possibilité de mobilité sociale finit par relever de la gageure (bien entendu, bon nombre d'enfants d'ouvriers font des études supérieures, mais je mesure la mobilité sociale non pas à travers l'accès aux facs poubelles, mais plutôt au nombre d'enfants d'ouvriers et d'employés devenus polytechniciens ou normaliens, non pas que je dénigre la formation universitaire. Seulement, il s'avère qu'en France, les élites politiques, médiatiques et économiques (désolée pour les pléonasmes) sont issues de ces écoles. Il est très intéressant de mesurer la mobilité sociale en France à travers, entre autres méthodes, des prosopographies de différents groupes sociaux, notamment celui des entrepreneurs.à Georges:je partage totalement votre point de vue sur le fait que l'université n'est que le reflet de la société. Lénine disait, à juste titre, qu'il s'agissait d' "un petit miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société".Concernant le militantisme politique comme sortie de secours, effectivement, les cas restent rares. Mais surtout, cette sortie est reservée soit à des "mâles blancs" (même issus des classes populaires), soit à quelques cautions vendant leurs corps et leurs âmes (au sens propre et figuré, cf. Rachida et Fadela).

Georges Stanechy 03/12/2007 16:01

  Bonsoir Chahid Le système universitaire marocain, l’insertion professionnelle des diplômés me semblent revêtir les mêmes formes qu’en Europe, en France ou ailleurs. Avec une acuité plus grande, du fait du contexte économique actuel. Avec une dimension supplémentaire, aussi : la "fuite" des cerveaux. Comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique ou d’Amérique latine, en particulier. "Fuite", pas toujours volontaire. Je me souviens d’un diplômé marocain en économie. Il avait soutenu avec succès une thèse de doctorat sur le système monétaire dans l’Empire Romain, dans une université française. Brillant, une énorme culture, une vivacité d’esprit exceptionnelle. Il voulait revenir au Maroc et travailler pour son pays. Avec sa thèse sous le bras, il ne rencontrait que des sourires, quand ce n’était pas l’hilarité !… Désespéré, il se voyait contraint de repartir à l’étranger pour y faire carrière… Ce cas illustre ton commentaire sur l’aveuglement de certains responsables par rapport à des connaissances, un savoir, considérés comme "superflus", pour ne pas dire "inutiles"... Je pense encore à d’autres cas. Une étude serait à réaliser sur eux. Ce sont ces marocains (des femmes formidables aussi) bardés de diplômes et d’expériences internationales au « top », voulant retourner dans leur pays, prêts à renoncer à des niveaux de salaires et d’avantages élevés, à condition d’avoir des responsabilités en rapport avec leur niveau. Les contacts qu’ils prennent tant avec des administrations, que des entreprises ou des soi-disant cabinets de recrutement, ne donnent rien. Aucune réponse. Même pas une réponse négative !... Le vide, le silence. A partir du moment où vous n’êtes pas "fils de … ", ou "fille de …". Trouvant portes fermées, ils sont obligés de rester à l’étranger… Encore une fois, ces cas sont similaires dans d’autres pays. Ce gaspillage d’expertise, de motivation est tragique…  

Georges Stanechy 03/12/2007 15:56

  Bonsoir Sarah Merci de compléter mon propos par le regard du "sociologue". Sur deux points, en particulier, pour lesquels je partage votre approche : i)  La "troisième vitesse". C’est vrai qu’un certain nombre d’universités arrivent à se forger une bonne image. En dehors des parisiennes que vous citez, je pense à celles qui sont adossées à une longue tradition universitaire ou à des bassins économiques relativement prospères : Montpellier, Aix-Marseille, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, etc. Leur faiblesse, par rapport aux universités étrangères, réside dans leur manque d’investissement au niveau de la recherche : doctorats, publications, notamment. On retrouve les éternels problèmes : manque de budgets, de bourses, etc. Il est certain que la loi LRU va accentuer l’écart entre les universités « label » et les universités « ghetto »… Mais, n’est-ce pas le reflet, en fait, d’une société à plusieurs vitesses, qui l’assume cyniquement, adepte du "après moi le déluge" ?… ii)  Milieu social et réseaux. Quel que soit le diplôme universitaire en poche, il devient de plus en plus difficile de réussir une insertion professionnelle en l’absence d’un réseau de relations solide. Les milieux "défavorisés" sont ainsi pénalisés. Reste le "militantisme politique" qui sert de tremplin à quelques uns pour arriver à s’introduire dans certaines castes. Les cas restent rares, cependant, mais n’en servent pas moins d’alibi au maintien du verrouillage social. La société, sans mobilité sociale, se sclérose, ainsi, en classes antagonistes.  

Chahid 02/12/2007 21:55

Bonsoir GeorgesL’université n’a rien d’« innocent ». C’est une machine à la fois de classement et de déclassement social entre les mains d’une élite, d’une génération. Autrefois au service du progrès, du développement et de la renaissance, aujourd’hui l’université est au service des multinationales et des sécuritaires, les deux raffolent des « génies » fraîchement diplômés. Ce n’est pas un secret, les multinationales et les « Think tanks » de renseignements et de stratégies militaires s’arrachent les plus « excellents » de leur génération. Il suffit d’enseigner dans deux établissements, public et privé, pour comprendre qu’on vous demande de préparer (d’endoctriner) les uns pour servir les autres! Je témoigne ici, d’une toute petite et modeste « expérience » qui me permet de basculer, entre deux classes ou amphis de cours, d’un monde à un autre, d’ailleurs quand j’entre dans une classe, je ne pense plus à la signification de « salle » mais plutôt de « classe sociale ».Que veut dire le « contrôle étatique des filières d’excellence » si ce n’est la perte en vitesse de certaines études dites « humanistes », la marginalisation de 80% des diplômés pour un succès exagéré desdites « formations techniques » et une ascension sans précédant pour les « hautes études commerciales ». Et la méritocratie dans tout ça ? Amèrement, je dirais, et là je parle de l’exemple du Maroc, la bourgeoisie se sert de l’université pour manipuler et altérer le niveau d’intelligence et donc de protestation des autres classes « menaçantes », par contre pour la formation et l’avenir de ses rejetons, c’est l’« Academic Ranking of World Universities » qui l’intéresse ! http://ed.sjtu.edu.cn/ranking.htm Harvard, Stanford et Berkeley sont les pépinières de nos puissants « maîtres » !Un très bon post, le commentaire de Sarah aussi

Sarah 02/12/2007 14:35

Bonjour,Tout d'abord, merci pour ce post, ainsi que pour le précédent.Ensuite, j'aimerais rebondir sur un point, et notamment celui de l'enseignement supérieur à deux vitesses. Etudiante à l'université, j'ai choisi dès ma première année de licence de suivre un double cursus, mêlant une discipline que j'affectionne, la sociologie, et une autre, qui lui est complémentaire, mais que j'avoue avoir choisi en pensant aux futurs débouchés sur le marché du travail, l'économie. Je me suis aperçue (dans ma fac en tout cas) à l'issue de ma première année qu'il n'y avait pas de système plus sélectif que l'université. En effet, que ce soit en économie ou en sociologie, plus des 2/3 de l'amphi se vide, avec par exemple en économie gestion un taux de réussite de 14% en première année. Je ne vais pas m'étaler sur la sélection  naturelle qui s'opère petit à petit, tout au long des années et des filières, mais je veux juste dire que l'on a de cesse de nous faire croire que l'université a été et est toujours, l'un des instruments de la démocratisation scolaire,  certainement pour les classes moyennes, mais pas pour les classes populaires. A l'entrée des prépas et des grandes écoles, tout le monde sait qu'il y a une sélection faite sur la base d'un dossier ou d'un coucours. A l'université, la séléction s'opère sur la détection de différences flagrantes entre l'étudiant qui a l'ethos de l'étudiant type et qui maîtrise les codes scolaires,  et l'étudiant souvent très intelligent mais qui n'arrive pas à maîtriser ces codes, et se retrouve de ce fait à la traîne ou pire encore, en échec (un petit exemple, 4% des enfants d'ouvriers accèdent au master...) . Ces différences sont d'autant plus accentuées qu'il existe deux sortes d'universités: des universités d'élites d'un côté et des facs poubelles de l'autre, où l'on y ghéttoïse les classes dangereuses, à l'image des cités de banlieues.Dès lors, il y a à mon sens, non pas un enseignement supérieur à deux vitesses, mais à trois vitesses. La Sorbonne et Assas ont le même prestige et le même casting étudiant que Sciences po Paris. L'université de Nanterre, que l'on pense encore être "Nanterre la rouge" de mai 68, aujourd'hui dirigée par un bouffon bien de droite, est le fief d'un bon nombre de normaliens et autres étudiants issus d'écoles et facs prestigieuses. A côté, on trouve des facs comme celles de St Denis, Villetaneuse, etc... Comme vous l'avez dit, la réussite ou l'échec dans le supérieur tient à la réussite ou l'échec dans le secondaire, voire dès le CP  (quand on voit le brillant parcours de Sarkozy, on  se dit que les enfants de prolo ont encore de l'espoir!). Concernant l'histoire de la jeune caissière déclassée, je ne pense pas qu'il est question ici de la formation universitaire non adaptée aux exigences du marché du travail.  Tout dépend de l'université dans laquelle cette jeune femme a fait ses études, de son milieu social d'origine, ...Les étudiants issus des classes sup, qu'ils aient été en AES (filière déconsidérée par un certain nombre d'universitaires car trop polyvalente, à l'image des filières technologiques dans le secondaire) ou en sociologie (réputée pour être une filière de futurs chômeurs) ont toujours les moyens économiques, symboliques et culturels de s'en sortir, même avec un cursus universitaire médiocre. Pour ceux  issus des classes populaires et dans une moindre mesure, des classes moyennes, c'est différent. Ils ont une propension au déclassement très forte, encore plus forte lorsqu'il s'agit des femmes, des "issus de l'immigration", sans parler de celles qui cumulent les deux tares. Autres cas emblématiques, avec peut être d'autres particularités: une statisticienne au chômage, une urbaniste faisant des inventaires dans les grandes surfaces, une juriste secrétaire dans une petite PME, (et la liste est longue)... car ce sont des femmes issues de milieux populaires, de l'immigration, et voilées( trop de tares tuent la tare!).