Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 18:40


"It is an alarming reflection of how widespread is the ignorance of Islam in general and of Pakistan in particular". 


Benazir-Bhutto.jpg
 
 
 
Je traduis cette phrase de William Dalrymple, me revenant face au tsunami médiatique provoqué par l’assassinat de Benazir Bhutto :
"C’est une inquiétante représentation de l’étendue de l’ignorance sur l’Islam, en général, et sur le Pakistan, en particulier".
 
Elle est extraite de sa cinglante critique du livre de BHL, " Qui a tué Richard Pearl ? ", écrite il y a quatre ans dans la prestigieuse "New York Review of Books" (1).
 
Ecossais, partageant sa vie entre Delhi et Londres, William Dalrymple, est un des rares "occidentaux" à connaître cette région sur le bout des doigts. Quand, je dis « connaître », c’est en  avoir assimilé l’histoire et la civilisation, saisi tous les enjeux, rouages, rapports de force, codes, interactions, manipulations… Rien à voir avec les visons schématiques des "correspondants permanents", ou aléatoires, des médias, ou des diplomates, chargés de préparer la "soupe" de la désinformation.
 
Ereintant ce livre de haine ("book of hate") (2), il démontre combien il est truffé de simplismes, d’amalgames, d’erreurs historiques et matérielles, se révélant l’exemple même de l’indigence dans l’analyse. Un pur produit de propagande "néocons". Diabolisation du Pakistan, dans un racisme et une paranoïa violemment antimusulmane.
 
Depuis, discours et clichés n’ont pas varié d’un micron.
 
 
La Glorification de la Ploutocratie Prédatrice
 
Les médias occidentaux ont tous pleuré la mort d’une "démocrate". Les mêmes qui ne cessaient de postillonner, pendant des semaines, toutes les calomnies possibles et imaginables, sur la volonté supposée de "dictature" de Chavez. Président légitimement élu, respectant les décisions de ses électeurs, même les résultats aux référendums qui, a priori, ne lui conviendraient pas…  Les mêmes, qui ne cessent de nourrir les campagnes diffamatoires, à longueur d’année, à l’égard d’un autre chef d’Etat régulièrement élu : Poutine
 
Subitement, les voilà tressant des lauriers, dans la glorification du culte de la personnalité le plus primaire, à "l’héroïne de la liberté", à "l’incarnation de la modernité face à la barbarie", et autres tartes à la crème…  Sans esprit critique, mesure, restriction, réflexion, recoupement d’informations. La ruée, la bousculade, dans la flagornerie la plus servile…
 
Comment qualifier la sclérose intellectuelle des castes dirigeantes occidentales et leurs médias ?... Dans une obstination tragique, conduisant à tous les aveuglements …
 
Certes, aucun objectif politique ne peut justifier le meurtre de Benazir Bhutto. Encore moins, le respect de la dignité humaine et la morale. Par sa symbolique, cet acte mérite, toutefois, d’être examiné dans son contexte géopolitique, pour en décoder le sens dont il est inévitablement porteur. Car il clôt une année et en ouvre une autre. Année, ou plutôt décennie, devrait-on dire.
 
En fait, sens ou non-sens ?
 
A qui profite le crime ?  Personne ne le saura. Même pas, les circonstances exactes de son assassinat. Beaucoup y avait un intérêt. Pas obligatoirement, ceux désignés à la vindicte journalistique : Al Qaïda, et autres mythes commodes ou fumeux, comme les lapins surgissant du chapeau du magicien… Seul élément d’information certain : cela s’est passé dans une des villes les plus surveillées et les plus sûres du Pakistan : Rawalpindi. S’y trouve le Quartier–Général de l’Armée.
 
Le retour de Benazir Bhutto s’inscrivait dans un simulacre démocratique. A elle, le rôle "d’opposition" et le poste de premier ministre, aux militaires le poste de Président. Il convenait de donner une couleur « civile » à une des dictatures militaires les plus dures de la planète afin de mieux dissimuler, à l’opinion internationale, la réalité du pouvoir : entièrement entre les mains des occidentaux.
 
Elle avait, au préalable, multiplié les gestes d’allégeance aux "ultras" américains. Promettant d’assurer toutes leurs satisfactions. Entre autres, celle de livrer "pour interrogation" les scientifiques pakistanais concepteurs de la force nucléaire pakistanaise. Quand on sait ce qu’ "interroger" veut dire, chez ces gens-là… Il fallait du culot. Allégeance aussi, bien évidemment, aux extrémistes sionistes. N’avait-elle pas déclaré qu’elle "admirait" Israël (3) ?... Moyennant quoi, son visa de retour d’exil avait été délivré.
 
Au Pakistan, on retrouve dans ce Bal des Maudits, deux acteurs principaux : les grands propriétaires féodaux (4) et l’Armée. Deux autres acteurs sont absents : les pauvres et la bourgeoisie. Ils sont exclus, et du pouvoir, et du débat politique. Schéma récurrent dans la plupart des pays en développement, notamment en Asie et en Amérique latine. Mais, c’est l’absence de ces acteurs majeurs qui va déterminer l’avenir du Pakistan…
 
 
 
La Féodalité « Glamour »
 
Benazir Bhutto représentait l’archétype de ces "élites" détestées, dans les pays non occidentaux, en dehors de leur clientèle électorale lorsqu’elles pratiquent l’action politique. Belle femme, très jet set, diplômée d’Oxford et d’Harvard, elle avait tout pour séduire les classes dirigeantes occidentales et leurs médias. Elle avait reçu leur label : "westernized" (occidentalisée)…
 
Parlant l’anglais mieux que le citoyen américain ou britannique lambda, tout en étant incapable de maîtriser la langue de son propre pays : l’ourdou. Encore moins, le sindhi, la langue du Sind, région du Pakistan où sa famille richissime possède d’immenses propriétés, spécialisées dans la culture du coton notamment.
 
Ceci explique sa totale identification aux riches féodaux latino-américains. La résidence du premier ministre, construite sur ses instructions du temps où elle occupait cette fonction, a repris à l’identique le modèle d’une hacienda mexicaine… Oui, avec des tuiles roses !... Ces immenses fermes, dont la superficie égale celle d’un département français. Adorant vivre dans le luxe, le déni de la civilisation et des traditions, même architecturales, de son pays. Sauf, quelques tenues et  postures démagogiques devant les caméras. La politique est aussi un spectacle. Alors, de temps en temps, jouer à …
 
William Dalrymple l’a qualifiée, dans un article récent, de "princesse féodale" (5). Féodale ? Oui, jusqu’au bout des cils. Trop gentil, à mon goût. Ajai Sahni est plus carré dans son approche (6) :
"… une responsable politique discréditée, foncièrement incompétente, sans aucun principe et corrompue…".
 
Personnage d’Eschyle ou de Shakespeare, infatuée, mégalomane, assoiffée de pouvoir et de richesses, elle aurait fait assassiner son frère, Murtaza (7), qui voulait prendre la tête de son parti : le PPP - Pakistan People's Party (8). Comme dans Les Euménides (9), les femmes liées à Murtaza se transformeront en Erinyes. La poursuivant de leurs imprécations et de leur vengeance. Sa belle-sœur, Ghinwa et, bien sûr, sa nièce, la propre fille de son frère, Fatima. Même sa mère, qui s’est toujours demandée, d’après ses propres termes, comment avait-elle pu nourrir une telle "vipère en son sein"…
 
Cette "démocrate" avait, en effet, décidé de se faire élire présidente "à vie" de ce parti. Pourquoi se gêner, puisqu’il est financé par la fortune familiale ?... Le PPP est avant tout un "family business" : propriété du clan Bhutto !
 
Mais, "la vie" joue de ces tours…
 
Ainsi, son enterrement à peine terminé, ce sont le mari et le fils qui ont été "désignés" co-présidents du parti. Le fils a 19 ans… Désignés par qui, comment, suivant quels critères, procédures, programme, durée ?... On ne sait pas. Il y a des miracles : la "génération spontanée" existe en politique… Oui, pourquoi se gêner ? Cela s’appelle être "féodal décomplexé"…
 
A deux reprises, elle a accédé à la fonction de premier ministre (10). A chaque fois, elle a été destituée pour corruption. Sa prévarication et les excès effrénés de son clan, dans la chasse aux commissions et les détournements, en avaient choqué plus d’un. A chacune de ses mandatures, Transparency International a classé le Pakistan parmi les trois pays les plus corrompus du monde. Les pakistanais, dans leur majorité, ont pour boutade d’intituler ses passages stériles, en tant que premier ministre : "Même pas une route…". En ourdou, cela sonne mieux.
 
Son mari, Asif Zardani, était internationalement reconnu, dans les milieux d’affaires, par le sobriquet : « Mr 10 % ». Montant qu’il s’empressait d’encaisser sur tout projet d’investissement au Pakistan. Ses talents pour le "management" allait jusqu’à gérer, aussi, les prisons privées du PPP (11), où étaient torturés et même exécutés, après leur enlèvement, les opposants ou les dissidents jugés "dangereux" par les dirigeants de ce remarquable parti "socialiste"…
 
Benazir et son mari étaient, d’ailleurs, poursuivis pour un détournement de près de 2 milliards de dollars au détriment du Trésor de l’Etat. Deux milliards : l’arbre qui cache la forêt… Avec des enquêtes au Pakistan, en Suisse, au Royaume Uni et aux USA, afin d’identifier les différents comptes bancaires familiaux. La plupart des fonds détournés se trouveraient sur des comptes "offshore", dans les pays du Golfe, notamment à Dubaï où elle s’était réfugiée. Le gouvernement pakistanais, sous la pression des occidentaux, avait décidé "d’effacer l’ardoise" pour permettre son retour et, donc, son éligibilité.
 
Je ne pourrais pas clore le rappel de ces quelques faits, sans un dernier compliment : ce despote, en bijoux Gucci, avait un courage physique hors du commun… A tel point que je l’ai toujours considéré, au vu des risques courus, comme étant lié à sa mégalomanie. Se croire, comme dans la chanson de Jacques Brel, "… se croire deux secondes seulement …", invulnérable, ou mieux, lâchons le mot : "immortel"… Deux secondes de trop.
 
Témérité des grands dictateurs, la "fibre sociale" en moins. Staline ou Saddam, eux, avaient pris soin de créer l’enseignement et les soins gratuits pour tout le monde… Mais, ils venaient du peuple !... Que voulez-vous : on est "féodal décomplexé” ou pas…
 
 
 
L’aveuglement géopolitique de l’Occident
 
L’hystérie dithyrambique, à toute disparition d’une figure emblématique des oligarchies corrompues sévissant dans ses néocolonies, est révélatrice du degré d’aveuglement de l’Occident. Dans le cas du Pakistan, il commet trois erreurs majeures de prospective qui se retourneront, en permanence, contre lui :
 
 
i)  Une erreur conceptuelle en termes d’idéologie
 
Je voulais parler de "vision géopolitique", mais le niveau d’analphabétisme de nos dirigeants et "experts", la profondeur abyssale de leur imbécillité, sont tels en la matière, que je me contente du mot passe-partout : idéologie.
 
Quelles vision et action mettent-ils en œuvre ?... Tout simplement, la vieille idéologie de la domination coloniale. Revue et corrigée, pour se vouloir "moderne et porteur de valeurs", par une régression conceptuelle de dix siècles : les guerres de religion et le "clash" des civilisations. Les idées et politiques du XI° siècle…
 
Scotchés aux obsessions des extrémistes américains et sionistes, ils veulent « casser » le Pakistan comme ils l’ont fait de l’Irak, du Liban, et souhaitent le faire de l’Iran. Enfermés dans leur paranoïa religieuse, ils ne peuvent supporter l’idée d’un pays musulman maîtrisant les nouvelles technologies, en particulier l’atome et l’aérospatial. Ils prétendent donc administrer ce pays comme une colonie, le démembrer en plusieurs entités rivales, sous prétexte qu’il présenterait un danger pour la paix dans le monde. Pour cela, ils soutiennent une caste corrompue et mettent tout en œuvre pour empêcher l’expression et l’organisation démocratiques du pays.
 
C’est oublier une évidence : ce qui était peut-être réalisable dans un pays à faible population comme l’Irak, à peine 30 millions d’habitants avant sa destruction, sera certainement impossible avec le Pakistan. Pays de 170 millions d’habitants, dont la population dépassera celles du Brésil et de la Russie en 2020.
 
A l’opposé d’une géopolitique win-win, “gagnant-gagnant”, l’Occident en est réduit, pétrifié par son dogmatisme “néocons”, à agir avec la mentalité de la brute stupide : “je gagne, si tu perds”…
 
 
 
ii) Une erreur d’appréciation en termes de "géoéconomie"
 
Que les extrémistes occidentaux le veuillent ou non, le Pakistan est un grand pays, dont le rythme de développement économique est de 6 à 7 % par an. Avec deux records battus en 2007 : un PNB de 500 milliards de dollars (465, d’après les premières estimations) et des investissements étrangers de 7 milliards de dollars (le prévisionnel était de 5 milliards). Ce qui fait du Pakistan un des pays les mieux placés sur le plan de l’appréciation du crédit, par les agences internationales de notation. Autrement dit, il est “bankable”, et de plus en plus d’étrangers y placent leurs “billes”…
 
Ce développement économique, malgré les difficultés et tensions politiques, ne peut s’accomplir que grâce à une classe moyenne d’un extraordinaire dynamisme. Car, contrairement à la propagande occidentale et aux clichés à la BHL, le Pakistan est loin d’être un ramassis de barbus,  les “rage boys”, endoctrinés dans des madrasas, passant leurs journées à hurler des slogans antioccidentaux et à brûler des drapeaux américains…
 
Le Pakistan a une qualité d’encadrement remarquable, supérieure à celle du Brésil par exemple : ingénieurs, techniciens, gestionnaires, professions libérales, PME-PMI, en particulier. Dans les domaines les plus pointus : énergie, atome, télécoms, aérospatial, informatique, etc.
 
Cette classe moyenne, industrieuse et talentueuse est, malheureusement, exclue du pouvoir politique. Comme on a pu le voir récemment avec la révolte des juges, réprimée dans la violence par le pouvoir militaire. A cette bourgeoisie moyenne, peut être rattaché l’encadrement de l’armée, aux postes subalternes : sous-officiers, et officiers de rang lieutenants et capitaines. Qui ne partagent pas les comportements corrompus d’une partie de l’oligarchie militaire, généraux et autres hauts gradés.
 
Tenue à l’écart du débat politique, cette classe moyenne est invisible des médias. Mais, c’est le Pakistan d’aujourd’hui et, surtout, de demain. C’est donc le cœur de cible des extrémistes occidentaux.
 
Du fait de leur persécution dès qu’ils expriment une volonté politique, par les féodaux et les militaires, beaucoup d’entre eux émigrent et constituent une diaspora dans les pays anglo-saxons, où ils sont très appréciés par leur sérieux professionnel. A Londres, par exemple, il n’est pas rare de trouver des chauffeurs de taxi pakistanais qui sont, dans leur pays, des cadres supérieurs. Beaucoup arrivent, grâce la solidarité familiale, à s’installer : pharmaciens, médecins, commerçants, franchisés de fast foods, experts comptables, agences immobilières, etc.
 
Cela présente un double avantage.  Pour les oligarchies pakistanaises, féodaux et militaires : éliminer une opposition de valeur. Pour les “néocons” occidentaux : freiner le développement du pays…
 
 
 
iii) Une erreur de manipulation en termes de sentiment national
 
Le sentiment national au Pakistan est très fort. D’autant plus enraciné qu’il s’est forgé dans l’antagonisme et les conflits armés avec un voisin d’une force impressionnante : l’Inde. Les Pakistanais ont résisté à la volonté de puissance d’un géant, dont ils sont frères par beaucoup d’aspects et de liens séculaires. Ce n’est certainement pas pour accepter la mise sous tutelle du pays par les occidentaux. Livré, de surcroît, à une classe politique méprisée. Jamais !
 
Reste le radicalisme, religieux, minoritaire, condamné par la classe moyenne, qui est trop intelligente pour ne pas comprendre quel outil de manipulation il représente pour les colons occidentaux. Effectivement, à l’échelle du pays, il est extrêmement minoritaire, mais, la propagande occidentale ne montre que cela. Il recrute dans la paysannerie sans terre explosant à intervalles réguliers, à l’exemple de ce que nous avons connu dans notre propre Histoire, dans des jacqueries et des révoltes paysannes, criant le désespoir de sa condition. Il recrute aussi dans les révoltés de l’injustice sociale et économique des villes.
 
Paradoxalement ce radicalisme religieux est encouragé, instrumentalisé par les oligarchies et l’Occident. Fondé sur l’exploitation médiatique des violences et des peurs, tourne une mécanique que certains croient parfaitement rodée :
 
=> Les militaires, du fait de l’apaisement des tensions avec l’Inde, y voient le substitut rêvé d’une “menace” : sans ennemi extérieur, il convient de lutter contre un ennemi “intérieur”. Prétexte idéal pour justifier leur dictature au nom, à présent, de la  “lutte contre le terrorisme”.
 
=> Les féodaux, y trouvent la soupape de sûreté magique évacuant toute contestation, portant sur l’urgente mesure de redistribution des terres en faveur d’une paysannerie vivant dans l’extrême pauvreté.
 
=> Les “néocons” occidentaux : y construisent la justification de la mise sous tutelle du Pakistan, du démantèlement de son indépendance militaire et, en conséquence, de son indépendance tout court…
 
Ce schéma en vigueur est, en fait, rejeté. Ce rejet sera le vecteur des tensions, conflits armés,  et luttes souterraines entre ces trois factions, tour à tour alliées et rivales, et le reste de la population. La majorité.
 
Comme le réclament des esprits indépendants, tel Jacob Hornberger (12), qu’on arrête de se mêler des affaires intérieures du Pakistan. Qu’on laisse ce peuple libre, dans les choix de son autodétermination et qu’on cesse de soutenir les pires crapules à la tête de ce pays.
 
Et, le Pakistan sera un foyer de paix, auquel aspire chacun de ses citoyens.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1.   Volume 50, n° 19, 4 décembre 2003. Les médias français connaissant les ravages de cette critique rédigée en anglais, dans un silence complice, en ont étouffé l’écho. "L’omerta" du milieu médiatique français a, ainsi, été respectée.
2.   Précisons que les parents de Daniel Pearl, ainsi que son épouse, ont condamné la teneur du livre de BHL. Estimant que cette incitation à la haine et la caricature du Pakistan qui en résultait, ne correspondaient ni à la réalité, ni à la considération que Daniel Pearl lui-même portait à ce pays, à sa civilisation et à sa religion. Là encore : silence du milieu médiatique…
3.  "(Quelques semaines avant sa mort) … elle m’a écrit pour me faire part de son admiration pour Israël et de son désir de voir une normalisation des relations entre Israël et le Pakistan, y compris par l’établissement de relations diplomatiques ”, [ She wrote me of how she admired Israel and of her desire to see a normalization in the relations between Israel and Pakistan, including the establishment of diplomatic ties ], Danny Gillerman, Ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU.
4.  Environ 50 % des terres cultivables sont détenues par 2 % de la population. Parmi cette minorité, 5 000 personnes disposeraient de millions de paysans sans terre (Source : Banque Mondiale). Taillables et corvéables à merci, avec leurs bulletins de vote aux ordres de leurs "seigneurs"…
5.  Dalrymple, William, Pakistan’s flawed and feudal princess, The Observer, dimanche 30 décembre 2007.
6.  “… a discredited, demonstrably inept, compromised and corrupt leader ”. Sahni, Ajai, Myths and Realities About Benazir Bhutto and Pakistan’s Dark Future, Counterpunch, Weekend Edition, 31 décembre 2007.
7.  Comme dans Le Parrain. Abattu devant le domicile de Benazir Bhutto, à la sortie d’une "réunion de famille"…
8.   Parti affilié à l’Internationale Socialiste et, à ce titre, soutenu par le Parti Socialiste français !...
9.  Les Euménides, dernière pièce de la trilogie L’Orestie écrite par le tragédien grec Eschyle (≈ 525 – 456 av. J.C.). Les Erinyes représentent les esprits de la justice et de la vengeance.
10.  De 1988 à 1990 et de 1993 à 1996.
11.  Consulter, notamment, le rapport d’Amnesty International : "Pakistan : The Pattern Persists - Torture, Deaths in Custody, Disappearances and Extrajudicial Executions under the PPP Government".
12.  Hornberger, Jacob, Président - fondateur de la Fondation "The Future of Freedom Foundation", Stop Meddling in Pakistan ! Call Off the War Dogs at the New York Times, Counterpunch, Weekend Edition, 29 – 30 décembre 2007.
 
 
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Georges Stanechy - dans AfPak : Afghanistan-Pakistan
commenter cet article

commentaires

PHILCO 19/01/2008 23:10

« Deux points importants, le reste étant de la rhétorique « passe partout » ! »Façon « élégante » d’expédier les questions auxquelles répondre serait me donner raison (comparaison du Maroc aux autres pays arabes) en reconnaissant que les pays « chevaux de Troie de l’Occident » pour vous citer s’en sortent beaucoup mieux, y compris socialement, que les pays islamistes ou ayant choisi des voies socialistes ou nationalistes. « Encore une fois je remarque que vous ne lisez pas mes commentaires, comment appelle-t-on déjà ce comportement en psychologie ? Je crois que Pierre Daco parlait de personnes captives d’une seule idée à travers laquelle elles voient et interprètent le monde et refusent ainsi la diversité intellectuelle qui anime notre monde, quelque chose de narcissique dit-il »Feriez-vous là votre auto portrait ? C’est toujours un symptôme de faiblesse d’argumentation que de diaboliser son contradicteur. Pour illustrer ce que je dis, relisez mon post n° 13 ou le 18 et dites-moi s’ils sont «  politiquement fox newsiens » pour reprendre une assimilation à laquelle vous m’avez associé sur l’autre fil « Philip Agee » ou avec cette remarque « la démarche de l’Occident (la vôtre d’ailleurs) consiste à neutraliser le Maroc et le déraciner d’un ensemble bien plus vaste que son territoire ou les calculs mercantiles de son élite. » votre post n°17 qu’ABSOLUMENT RIEN ne justifie. Vous remarquerez que je vous respecte en m’abstenant de ce genre de procédé peu en rapport avec l’idéalisme que vous prônez par ailleurs…Pour revenir à votre commentaire, en quoi la question que je posais a zappé vos commentaires ? « Non il ne faut pas interdire les sociétés de crédit, vous croyez certainement aux « bienfaits » de la concurrence, alors laissons d’autres systèmes alternatifs comme le système financier islamique entrer en scène, et que le meilleur gagne ! Pourquoi selon vous, le Maroc est le seul, je dis le seul, pays au monde où le système financier islamique est interdit ? Où est la liberté de marché ? De quoi le système financier occidental si « performant » comme vous dites et qui s’accapare tout le secteur au pays, a-t-il peur ? »Pourquoi colportez-vous de telles faussetés ???« Les produits bancaires dits "islamiques" sont autorisés au Maroc à partir du 1er octobre 2007, a-t-on appris lundi auprès de la banque centrale marocaine, Bank Al-Maghrib. Les établissements de crédits sont appelés, dans une "recommandation" de la banque centrale, à appliquer 17 articles touchant les conditions de vente des trois produits Ijara (location, bail), Moucharaka (participation) et Mourabaha (gain partagé). Les trois produits bancaire n'appliquent pas la riba (crédit avec taux d'intérêt) interdit en islam. Les responsables de la banque centrale affirment que ces trois nouveaux produits ne sont pas gratuits. La recommandation de la banque centrale définit les formules proposées et en fixe les conditions avec précision, mais sans jamais évoquer leur caractère religieux. Ce texte stipule dans son article 15 - à propos des produits qualifiés par la presse d'"islamiques" ou "halal" - que les établissements de crédit doivent "s'assurer par tout moyen de leur conformité aux standards internationaux en la matière". Leur comptabilisation doit obéir "aux règles comptables édictées par Bank Al-Maghrib", précise l'article 16. Un responsable de Bank Al-Maghrib a indiqué lundi à l'AFP que cette institution se prépare depuis le 13 septembre pour que ces produits commencent à être commercialisés à partir du 1er octobre. Mais cela ne veut pas dire que toutes les banques sont prêtes à cette date, a-t-il précisé. Mardi 02 Octobre 2007 »http://www.saphirnews.com/Des-produits-bancaires-islamiques-_a7670.html « Le système financier islamique n’est-il pas un système financier comme les autres ? Répondez ! »Mais absolument. Au fait vous êtes très autoritaire pour demander aux autres de répondre, et je le fais sans ambiguité depuis le début de notre dialogue. Pourquoi n’appliquez-vous pas la même règle en ce qui vous concerne ?Je vous propose donc un petit test d’honnêteté intellectuelle consistant à répondre clairement et succinctement aux diverses questions suivantes déjà posées sur les deux fils et sans réponse de votre part:Sur le Maroc :1/ Au niveau politique, la presse marocaine n’est-elle pas la plus libérale dans les pays arabes ? Si vous n’êtes pas d’accord, citez-moi les pays arabes plus libres d’expression.2/ Parmi les pays arabes, le Maroc ou la Tunisie ne sont-ils pas les plus susceptibles d’accéder au rang de pays développés malgré la quasi absence de toute richesse naturelle ? Comment l’expliquez-vous ? De façon plus générale :3/ Que pensez-vous qu’il puisse être fait pour aller à l’encontre de la nature humaine, pour ce qui est de son appétit du « toujours plus » ou « toujours mieux » tout en respectant la liberté de celui-ci ? Sur l’Occident :4/ En terme de liberté et d’offre de se réaliser, connaissez-vous un meilleur système que le système occidental ?5/ Dans quels pays les dénonciations des exactions politiques commises par ses propres gouvernants constatées dans le monde sont-elles le plus dénoncées ? Il est évident que je me soumettrai au même test que vous si vous, ou d’autres intervenants, le souhaitent.   

Chahid 19/01/2008 17:41

Deux points importants, le reste étant de la rhétorique « passe partout » ! « En ce qui concerne l’alternative aux systèmes financiers existants, vous oubliez le plus important d’entre eux, le microcrédit du Bangladeshi… »Je vous rappelle que nous sommes en train de parler de la consommation des ménages marocains et de l’endettement et du surendettement ménager, c'est-à-dire des particuliers, Muhammed Yunus, Jacques Attali, le micro-crédit etc., c’est autre chose… il y a la formule du micro-crédit dans le système financier islamique…mais ce n’est pas là la question.  « Ceci dit que proposez-vous : que l’on interdise les sociétés de crédit que vous vilipendez pour les remplacer par ces formules alternatives à l’échelon national ? »Encore une fois je remarque que vous ne lisez pas mes commentaires, comment appelle-t-on déjà ce comportement en psychologie ? Je crois que Pierre Daco parlait de personnes captives d’une seule idée à travers laquelle elles voient et interprètent le monde et refusent ainsi la diversité intellectuelle qui anime notre monde, quelque chose de narcissique dit-il.  « le seul système » vous dites… « le seul » c’est déjà le début du totalitarisme !Non il ne faut pas interdire les sociétés de crédit, vous croyez certainement aux « bienfaits » de la concurrence, alors laissons d’autres systèmes alternatifs comme le système financier islamique entrer en scène, et que le meilleur gagne ! Pourquoi selon vous, le Maroc est le seul, je dis le seul, pays au monde où le système financier islamique est interdit ? Où est la liberté de marché ? De quoi le système financier occidental si « performant » comme vous dites et qui s’accapare tout le secteur au pays, a-t-il peur ? Ça n’a rien d’« idéaliste » ou de « gauchiste », nous voulons que le marché soit ouvert à tous les capitaux, n’est-ce pas un acquis « capitaliste » l’ouverture du marché ?! Le système financier islamique n’est-il pas un système financier comme les autres ? Répondez !

PHILCO 19/01/2008 10:03

« Plutôt que de poser cette question, donnons leur un honnête et précieux conseil : arrêtez de jouer le jeu de la société bourgeoise ! Rejetez cette logique de « consommation de la crise »  qui a quelque chose de suicidaire, d’aveugle, de démesuré et surtout de mimétique. »Avis complètement fantasmatique puisque ce rejet n’existe dans aucune société dans le monde !!! Pourquoi, d’après vous ?  « La crise n’est donc pas seulement économique, juridique ou politique, elle est aussi et surtout culturelle. »De quelle crise parlez-vous si la société marocaine ne s’est jamais mieux portée tant politiquement (niveau des libertés, condition de la femme) qu’économiquement??? Culturellement, elle passe d’une culture traditionnelle fondée sur la religion à une culture moderne, évolution commune à l’ensemble du monde. Est-ce là une crise ? En ce qui concerne l’alternative aux systèmes financiers existants, vous oubliez le plus important d’entre eux, le microcrédit du Bangladeshi Muhammad Yunus inspiré des microcrédits agricoles européens du siècle dernier (Wilki).Comme quoi la société capitaliste sait laisser des espaces alternatifs lorsque ceux-ci correspondent à de vrais besoins comme le montre le site de Wilkipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Microcr%C3%A9dit …Ceci dit que proposez-vous : que l’on interdise les sociétés de crédit que vous vilipendez pour les remplacer par ces formules alternatives à l’échelon national ? Ce qu’il y a d’idéaliste dans votre intervention, c’est la diabolisation systématique du capitalisme telle que le pratiquait les gauchistes des années 70. Vous partez de constats justes pour des conclusions décollées du réel.Exemple : à vous lire les ménages marocains de la classe intermédiaire serait sur le point d’être RUINEES par les tentations du capitalisme sauvage, dont les bénéficiaires seraient, bien sûr, les « nombreux actionnaires étrangers » !Pareil pour votre vision de l’état du Maroc. Vous êtes d’ailleurs fort gêné lorsque l’on vous oppose des comparaisons avec les autres pays arabes. Vous évitez alors soigneusement de me répondre sur les questions claires que je vous ai posées. Et c’est pourtant cela la réalité, et non pas une vision utopique de celle-ci. On ne peut juger de l’action politique que par rapport à ce qui est possible de faire compte tenu des contextes politiques du monde et de son propre pays. Le jugement réaliste se fait par comparaison avec les autres pays et en observant la dynamique d’évolution. Surtout pas par rapport à des valeurs idéales ou en comparant avec des pays développés. En ce sens le Maroc est bien positionné dans son évolution. Mais vous préférez les poncifs sur la corruption et l’inféodation au capitalisme international. Sauf qu’une fois énoncé cela, soit on propose concrètement des solutions, soit on n’a rien dit. Il est évident que cette corruption existe. Mais la vraie question est : comment la limiter (et non l’éradiquer qui est impossible) et comment s’arranger pour qu’elle ne soit pas une perte sèche pour le pays. C’est cela qui est important car, si l’on adopte des lois fiscales sur le contrôle du patrimoine, les enquêtes sur la provenance des fonds des comptes bancaires, par exemple, ce serait immédiatement des sorties de capitaux qui mettraient à mal l’économie nationale. La Vie économique de la semaine du 4 au 10/01 parlait de 28 milliards de DH de comptes à l’étranger alors qu’aucune loi ne menace ces intérêts! Mais vous, vous n’hésiteriez pas à jouer les inquisiteurs et la frayeur que vous inspireriez viderait le pays de sa force vive. Vous iriez ensuite expliquer aux millions de chômeurs que c’est au nom du bel idéal de l’anti corruption qu’ils sont plongés dans la misère !!! C’est en ce sens que vous êtes idéaliste. Il n’y a pas d’exemple de développement de pays qui ne soit passé par cette phase. Revoyez l’histoire de la Corée du sud, par exemple modèle de dictature corrompue qui maintenant donne des leçons de développement au monde à l’instar de ces voisins du SE asiatique.     « « En quoi cet accident, sûrement dû à un problème de sol, est-il représentatif de l’hystérie de la spéculation ???? » »Je veux dire que je ne vois pas en quoi un tel accident provenant probablement d’une destabilisation des sols de fondation serait symptomatique de l’hystérie de la spéculation ??? Il serait plutôt symptomatique de la carence des lois encadrant la construction au Maroc ainsi que de la dévalorisation de l’ingénierie au sens large qui, elle, est bien gangrenée par l’affairisme.   

Chahid 19/01/2008 00:43

@PHILCO« il faudrait poser la question aux classes de la société marocaine en question de savoir quel est le choix de société qu’elles veulent » Plutôt que de poser cette question, donnons leur un honnête et précieux conseil : arrêtez de jouer le jeu de la société bourgeoise ! Rejetez cette logique de « consommation de la crise »  qui a quelque chose de suicidaire, d’aveugle, de démesuré et surtout de mimétique.« Remettre en question ces pratiques économiques n’est valable qu’à condition de proposer un modèle alternatif ce dont vous vous gardez bien. Sinon, il ne s’agit que d’un exercice vide de finalité. Vous dites que vous défendez la Dignité humaine. Parfait mais cela se limite à critiquer l’existant. Alors, une question simple : que pensez-vous qu’il puisse être fait pour aller à l’encontre de la nature humaine, pour ce qui est de son appétit du « toujours plus » ou « toujours mieux » tout en respectant la liberté de celui-ci ? »Pendant que la famille marocaine étendue préférait épargner et ne demandait que le nécessaire, la famille moderne nucléaire, ne cesse d’inventer des besoins et des illusions et veut les avoir le plutôt possible, quitte à les avoir avec un moyen aussi risqué qu’est le crédit à la consommation. La crise n’est donc pas seulement économique, juridique ou politique, elle est aussi et surtout culturelle. Et il ne s’agit pas ici seulement de stigmatiser la polarisation de la plus grande partie de la population sur les problèmes de confort matériel, au préjudice de tout idéal spirituel ou moral, mais aussi de tirer la sonnette d’alarme sur le fait que l’attachement aux objets est la négation même de la solidarité et de la vie en société.Quelle alternative ?La question qui s’est toujours posée, est de savoir s’il était opportun de faciliter l’accès du crédit à la consommation aux familles défavorisées et disposant des plus bas revenus ? La situation financière de ces familles les rend plus nécessiteuses d’une aide financière, mais je ne pense pas qu’il serait de leur intérêt de leur faciliter l’accès au crédit à la consommation tel qu’on le connaît, c'est-à-dire, un service dont le but essentiel est le profit pur et simple. L’inclusion sociale, ne se fera certainement pas en aidant ces familles à alourdir leurs charges en s’endettant grâce à une procédure purement commerciale. J’insiste toujours sur le fait que les professionnels du crédit n’ont pas à jouer un rôle social et humain à qui, ils ne sont pas destinés. Ces familles ont donc besoin d’un endettement alternatif.Depuis longtemps, on a essayé d’expérimenter des solutions et des formules pour permettre aux familles ayant des ressources modestes de bénéficier d’un crédit à un taux très modéré, voire, même sans aucun taux d’intérêt, afin de les aider à se procurer une modeste et légitime amélioration de leurs conditions d’existence. On a commencé à parler de « crédits sociaux », d’un « fonds de crédit social », de « crédits alternatifs », ou « banques des pauvres » etc. On parle par exemple d’un système de garantie publique permettant de sécuriser les prêteurs et les emprunteurs.- La mutualisation partielle des risques et des coûts correspondants, par la profession bancaire, au travers d’un fonds commun des établissements de crédit, en favorisant la souscription d’une assurance perte d’emploi.- Des solutions associant une démarche publique d’aide à caractère social à des initiatives de la profession et/ou des réseaux préteurs.- Une mutualisation partielle des risques au niveau de chaque réseau.- Les réseaux pourraient développer des produits adaptés à des clientèles marginalisées par les critères traditionnels. Etc. etc.A vrai dire, nombre d’alternatives ou de formules, m’intéressent, je pense à l’expérience américaine aussi (Community reinvestment act etc.)…, mais j’avoue ma préférence pour les formules intéressantes proposées par le Système Financier Islamique ainsi que certaines expériences européennes :  Caisses d’Allocation Familiale (CAF)… (France), les modèles de prêts de la Province de Liège ou d’Havelange etc.(Belgique),  Le Crédit Populaire non commercial ou les crédits octroyés dans le cadre de la loi sur l’Assistance Sociale etc. (Les Pays-bas), les « Sparkassen », les «  Volksbanken » etc. (Allemagne), Le Social Fund ou les Crédits Unions etc.(Royaume Uni)… Vous voyez que ça n’a rien d’ « idéaliste » finalement !« En quoi cet accident, sûrement dû à un problème de sol, est-il représentatif de l’hystérie de la spéculation ???? »J J J

PHILCO 18/01/2008 22:52

Tout d’abord je constate que vous ne répondez, une fois de plus, à aucune des questions que je vous pose. J’en déduis que vous n’avez pas d’arguments en opposition et donc que la position du Maroc est ce que j’en dis par rapport aux autres pays arabes pour ce qui est de son développement en cours et de la liberté d’expression COMPARATIVE remarquable.   « Je vois que les vrais indicateurs d’une misère « éclatante » échappent aux touristes pressés et émerveillés par les Riyads »Qui la nie ??? Ce n’est pas le problème, le problème étant l’EVOLUTION du Maroc et non pas le constat de la pauvreté d’une tranche trop importante de la population.La deuxième partie de votre post est plus intéressante. Vous semblez remettre en question l’utilité des sociétés de crédit qui fragiliseraient les ménages marocains sans pour autant augmenter le niveau de vie du pays, qui était notre sujet.  La phrase clef de votre démonstration est : « Des dépenses passées de 3,3 % pour les 10% les plus pauvres contre 25% pour les 10% les plus riches en 1960 à respectivement 2,6% contre 28,8%... ».Elles participent pourtant AUSSI à la croissance en favorisant ainsi la consommation. De plus, pourquoi infantiliser ainsi les marocains en croyant qu’ils ne sont pas capables de gérer leur endettement ? Le crédit à la consommation existe partout dans le monde et ces sociétés ne sont pas des bénévoles, c’est clair. Les taux de prêt sont réglementés et n’ont rien d’usuriers. Enfin, votre discours dérape vers la caricature lorsque vous écrivez : «; car comment peut-on expliquer que la réussite de ces établissements est en train de se faire sur le dos des familles marocaines ? Est il légitime et correct de faire marcher ses affaires en RUINANT la vie et le bien être des familles marocaines ? Le bonheur des familles marocaines et leur bien être, son- ils le « carburant » de ces machines à profit ? » Je dis dérape car rien, dans ce que vous rapportez, ne valide l’idée de « ruine » des familles ni de drames sociaux. .Cela ne veut pas dire que des drames dus à l’endettement n’existent pas. Mais ces drames sont plus le fait du profil psychologique de ces ménages qui auraient probablement eu recours à d’autres formes d’endettement et connu les mêmes problèmes par des voies différentes. Ce n’est, en tout état de cause, pas le lot commun des emprunteurs à ces sociétés. D’autre part, les familles marocaines sont AUSSI très contentes de pouvoir acquérir voiture, frigidaire ou tout autre équipement qui améliore grandement sa qualité de vie ! Pour corroborer vos affirmations, il faudrait poser la question aux classes de la société marocaine en question de savoir quel est le choix de société qu’elles veulent : la société actuelle, ou une société où vous interdiriez ces sociétés de crédit qui limiterait leur consommation à leurs seuls revenus, amputés de la part de croissance et de l’emploi qu’empêcherait leur suppression ? Quelle serait la réponse à votre avis ??? Evitez la réponse du conditionnement des masses par les méchants capitalistes du haut de votre culture qui vous donne l’illusion d’un déformatage car il faudrait alors expliquer pourquoi on retrouve ce  phénomène depuis l’aube du monde et dans toutes les sociétés? La question de fond est pourquoi l’homme veut toujours plus de production, plus de puissance, plus de confort, plus de croissance dont crd sociétés de crédit ne sont qu’un instrument? Pourquoi ce phénomène est-il universel ? Seul des facteurs extérieurs viennent enrayer cette soif de possession et de toujours plus (crise économique, limite environnementale…). Certainement pas l’interdiction de ces sociétés.Remettre en question ces pratiques économiques n’est valable qu’à condition de proposer un modèle alternatif ce dont vous vous gardez bien. Sinon, il ne s’agit que d’un exercice vide de finalité. Vous dites que vous défendez la Dignité humaine. Parfait mais cela se limite à critiquer l’existant. Alors, une question simple : que pensez-vous qu’il puisse être fait pour aller à l’encontre de la nature humaine, pour ce qui est de son appétit du « toujours plus » ou « toujours mieux » tout en respectant la liberté de celui-ci ? « vous avez sûrement appris aujourd’hui qu’un immeuble en construction s’est effondré hier à Kenitra faisant plus de 16  morts (que des ouvriers) et une cinquantaine de blessés…un drame national, un bouc émissaire tombera mais aucun débat sur cette hystérie et spéculation de la construction »En quoi cet accident, sûrement dû à un problème de sol, est-il représentatif de l’hystérie de la spéculation ???? 

Chahid 17/01/2008 20:51

@PHILCOJe vois que les vrais indicateurs d’une misère « éclatante » échappent aux touristes pressés et émerveillés par les Riyads d’une certaine bourgeoisie de cour qui règne sur l’économie du pays réduite à quelques entreprises familiales avec la loi de la corruption comme élément de régulation du système! Et dire que la féodalité est un pur produit européen !« Le niveau de vie des marocains s’est grandement amélioré (…) Regardez donc l’évolution des taux d’équipement des ménages en véhicule, électro ménager, moyens de communication. »Il ne faut surtout pas oublier qu’un nombre très important de familles marocaines (comme européennes d’ailleurs) sont désormais surendettées (plus de 300.000 fonctionnaires sont surendettés, sans parler des salariés, commerçants ou autres). Les sociétés de crédit (avec d’importants actionnaires occidentaux) sévissent comme la peste au Maroc. Pour l’intérêt général je rapporte ici modestement quelques paragraphes d’un travail « académique » que j’ai réalisé il y a quelques années et vous finirez bien par comprendre de quels systèmes financiers je parlais.« Nous avons donc pris en considération le peu de statistiques disponibles qui nous informent que les professionnels du crédit sont en train de réaliser de très importants bénéfices. Ainsi à  l’issue de l’année 2004, le total des bilans cumulés des sociétés de financement s’est élevé à 44 milliards de dirhams marquant une hausse de 4,8 milliards ou 12,3% au lieu de 2,4 milliards ou 6,5% un an auparavant. Un  accroissement attribuable principalement aux sociétés de crédit à la consommation et aux sociétés de crédit-bail, dont l’activité a progressé respectivement de 10,5% et de 12,4%. En face de ces professionnels de crédit, « partie forte » confirmée, la situation des familles marocaines est désavantagée. Parmi les marocains qui ne sont pas pauvres, 25% vivent juste au dessus du seuil de pauvreté et restent vulnérables par rapport aux aléas de la vie. Pour un ménage urbain le seuil de pauvreté était en 2001 de 1700 DH et le seuil de vulnérabilité de 2552 DH.  Les dépenses de consommation ne semblent pas se réduire avec le temps entre les ménages marocains. Des dépenses passées de 3,3 % pour les 10% les plus pauvres contre 25% pour les 10% les plus riches en 1960 à respectivement 2,6% contre 28,8%...(…) Il ne faut pas croire que les professionnels de crédit ne représentent qu’eux-mêmes et qu’ils sont des petites entreprises dirigées par des jeunes cadres qui participent au développement de l’économie nationale et qui donnent une image étincelante de la réussite de l’entreprise marocaine appelée à être plus innovante et concurrente dans les années à venir, et qui a donc besoin du soutien et de l’encouragement. Cette façade, plus ou moins acceptable, n’est que l’iceberg d’un système économique, qui prend sans donner ; car comment peut-on expliquer que la réussite de ces établissements est en train de se faire sur le dos des familles marocaines ? Est il légitime et correct de faire marcher ses affaires en ruinant la vie et le bien être des familles marocaines ? Le bonheur des familles marocaines et leur bien être, son- ils le « carburant » de ces machines à profit ? »Enfin pour le « boom de la construction », vous avez sûrement appris aujourd’hui qu’un immeuble en construction s’est effondré hier à Kenitra faisant plus de 16  morts (que des ouvriers) et une cinquantaine de blessés…un drame national, un bouc émissaire tombera mais aucun débat sur cette hystérie et spéculation de la construction…Le Matin, un « journal » qui défend le système parle lui de trois morts http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=110&id=79287 ! Vous comprendrez alors de quel « décalage » je parlais !

PHILCO 17/01/2008 05:57

Mais il n’y a aucun revirement ! Il n’y a de revirement que par rapport à ce que vous supposiez être mes opinions. Pourquoi faire du manichéisme ? Dans ce que j’expose être les avancées sociales du Maroc d’aujourd’hui, que contestez-vous comme étant erroné ??? Que ce soit conforme avec ce qu’en disent les autorités nationales en fait-il pour autant une fausseté ?  Il n’empêche que l’on peut avoir un regard critique sur certaines mises en œuvre politique tout en considérant que le bilan final reste positif. Cette positivité est décrétée par comparaison avec ce qui se passe dans les autres pays arabes. C’est toute la différence entre vous et moi : vous ne jugez que de façon purement idéaliste alors que je suis relativiste. On a trop vu où menait l’idéalisme lorsqu’il cherche à s’imposer au réel pour continuer à vouloir rejeter tout ce qui n’est pas conforme à ses critères. Dans ce cas, soit on fait la révolution, soit on est condamné à l’improductivité critique. Improductivité parce qu’inapplicable sans révolution violente. On sait ce qui a résulté de ce type d’expérience. Donc, je préfère adopter des critères de jugement réalistes. Cette grille de lecture s’inspire tout simplement de l’application sincère (et non alibi pour imposer un ordre au service d’intérêts dissimulés particuliers) des droits de l’homme qui constituent une synthèse de valeurs sur lesquels toutes les idéologies humanistes devraient pouvoir se rejoindre.  C’est ce qui expliquait ma référence aux Lumières qui ont été les premiers à théoriser ces valeurs fondamentales (même si leur généalogie remonte à plus haut). Comme sur l’autre fil, vous évitez soigneusement de répondre aux questions précises comme :Connaissez-vous beaucoup de pays arabes où une telle liberté d’expression existe ?Quels sont les pays arabes mieux placés que le Maroc ou la Tunisie pour accéder au développement ? Pourquoi donc n’y répondez-vous pas ? Parce que la réponse me donnerait raison dans ce que j’affirme et que vous préférez vous cantonner à la critique idéaliste.   « Selon vous, si le Maroc ou la Tunisie sont les mieux placés, pourquoi sont-ils avec l’Egypte et la Jordanie les premiers exportateurs de main-d’œuvre? Pourquoi le niveau de vie de leurs citoyens ne s’améliore guère ? Nous revoilà à dénoncer la triste réalité « plus de croissance génère plus d’inégalités » ! »Mais cela est faux ! Le niveau de vie des marocains s’est grandement amélioré au point qu’une vraie classe moyenne est en cours de constitution et que l’on sait qu’elle constitue une base préalable à une démocratie durable et forte. Regardez donc l’évolution des taux d’équipement des ménages en véhicule, électro ménager, moyens de communication. Regardez le développement du tourisme national. Regardez le boom de la construction dont les acquéreurs étrangers constituent une très faible minorité. Et, comme je l’ai déjà expliqué, les classes les plus défavorisées n’ont pas du tout été oubliées dans cet essor immobilier. Les populations rurales n’ont pas été non plus zappées si l’on considère le programme PERG dont la réalisation s’achève maintenant consistant à l’équipement des villages les plus reculés en électricité domestique photo voltaique. Ensuite vous dites : « plus de croissance génère plus d’inégalités » :C’est vrai dans les phases de développement des pays mais cela s’inverse ensuite. Tous les pays développés ont connu cela et je ne vois pas pourquoi le Maroc ferait exception. Mais cela ne veut bien sûr pas dire qu’il y a régression des niveaux de vie les moins favorisés.         « Je note enfin que vous n’avez que flirté le fond de ma question ! »C’était : « Que dites-vous finalement de ces systèmes financiers occidentaux imposés à certains pays arabes dont le Maroc bien entendu et qui sont en fin de compte le « Cheval de Troie » d’un certain occident? », non ?Je vous ai répondu que j’adhérais aux critiques de Stilgitz pour les politiques du FMI et de la Banque mondiale ainsi qu’à l’action d’Attac pour la suppression de la dette extérieure de certains pays ! Que voulez-vous que je vous dise de plus ???

Chahid 16/01/2008 20:54

@ PHILCO Je note avec soulagement un certain revirement dans votre réponse ! « le Maroc livre trop facilement ses richesses nationales », « Stiglitz », « Attac »…« C’est possible pour ce que j’expose mais la vision officielle peut contenir aussi des vérités, non ? » Devrais-je vous citer Karl Popper, un des « prophètes » du système que vous défendez « il ne faut pas dire là est le vrai, mais, là est le faux » !  « Quels sont les pays arabes mieux placés que le Maroc ou la Tunisie pour accéder au développement ? »Selon vous, si le Maroc ou la Tunisie sont les mieux placés, pourquoi sont-ils avec l’Egypte et la Jordanie les premiers exportateurs de main-d’œuvre? Pourquoi le niveau de vie de leurs citoyens ne s’améliore guère ? Nous revoilà à dénoncer la triste réalité « plus de croissance génère plus d’inégalités » ! Je note enfin que vous n’avez que flirté le fond de ma question ! Mais ce n’est pas grave puisque nous continuons un peu le même débat sur l’autre post.Tout en signalant aux lecteurs qu’il ne s’agit pas là d’un débat à « huis clos » ou entre deux personnes, bien au contraire chaque nouvelle intervention enrichira et rafraîchira d’avantage les idées des uns et des autres.

PHILCO 16/01/2008 06:35

Très franchement, j’ignorais l’existence de ce site mais je comprends que vous voulez dire que je ne me fais que l’écho de la vision officielle du Maroc. C’est possible pour ce que j’expose mais la vision officielle peut contenir aussi des vérités, non ? En tout cas vous n’en avez réfuté aucune.Pour vous prouvez que je ne me contente pas de cette vision, je vais me livrer à certaines critiques de la politique actuelle en m’excusant pour ce hors sujet auprès de notre hôte.La critique majeure que je ferai et qui est une différence de fond avec les exemples asiatiques est que le Maroc livre trop facilement ses richesses nationales sans obtenir de transfert de « know how ». Exemple : le plan Azur livre des terrains magnifiques à des aménageurs internationaux à des prix symboliques. Ces aménageurs ont un cahier des charges où ils s’astreignent   à un programme immobilier qu’ils géreront pendant quelques dizaines d’années. Que gagne REELLEMENT le Maroc dans cette affaire ? Essentiellement de l’emploi sur les programmes de construction, de la main d’œuvre ensuite de faible qualification dans l’hôtellerie, et les devises que dépenseront les futurs propriétaires ou visiteurs étrangers. L’essentiel des bénéfices seront réalisés par ces groupes  immobiliers qui vendront ces programmes en Europe. Pourquoi, par exemple, ne pas avoir obligé ces groupes à se marier à des partenaires locaux afin que ceux-ci puissent, ensuite, à leur tour, pouvoir aller vendre le soleil marocain EN OCCIDENT ? Toutes les initiatives faisant appel à des étrangers n’est bonne qu’à condition qu’elle s’accompagne d’un enrichissement national de savoir faire.Pour ce qui est de mon opinion sur les « systèmes financiers » occidentaux, Stiglitz (la Grande désillusion) en a publié des critiques très pertinentes. Par ailleurs, l’Argentine de Kirtchner a offert un exemple de résistance aux oukases de cet organisme (abaissement de la dette de 55%, allongement du remboursement sur 22 ans et réduction du taux d’intérêt) dont je partagerai avec vous l’appellation d’impérialiste et de fauteur d’appauvrissement des pays où ses programmes privilégiant avant tout un libéralisme outrancier ont plongé dans certaines crises financières en constituant des bulles spéculatives sur ces marchés émergents (crise coréenne). Je suis donc partisan du combat d’Attac pour l’annulation des dettes extérieures de nombreux pays qui auraient mieux à utiliser leurs revenus qu’à rembourser une dette dont l’emploi a trop souvent été détourné dans des poches privées.La Chine est un exemple de développement sans recours à ces systèmes du fait de son épargne intérieur. C’est plutôt elle qui finance la dette américaine.     Mais vous-même ne m’avez nullement répondu à mes questions : Connaissez-vous beaucoup de pays arabes où une telle liberté d’expression existe ?Quels sont les pays arabes mieux placés que le Maroc ou la Tunisie pour accéder au développement ?  

Chahid 15/01/2008 20:34

@PHILCO Je vois que vous êtes un habitué du Portail (la vitrine) du Maroc http://www.maroc.ma/NR/exeres/278CED55-6C7D-44D4-93AD-DD98433C5655.htm ! Pour éviter tout amalgame je précise aux lecteurs que je suis marocain et profondément attaché à mon pays que j’aime beaucoup… si je n’ai jamais accepté de le quitter c’est parce que je suis conscient de la responsabilité qui nous attend en tant que génération dite « instruite »…Chaque classe sociale a son discours dicté selon sa bonne ou mauvaise foi (foi au sens d’honnêteté)…vivant et évoluant au sein du « Maroc profond », je ne reconnais pas malheureusement celui que vous nous dessinez là Sir ! Ô combien j’aurais aimé vous croire vous savez! Je suis plutôt tendance « Le Roi est nu ! » pas « Le Maroc est le plus beau pays au monde » ! On ne construit pas un pays, une culture ou une civilisation par l’arrogance et l’égocentrisme, il n’y a pas d’« exception marocaine », tunisienne ou jordanienne…la démarche de l’Occident (la vôtre d’ailleurs) consiste à neutraliser le Maroc et le déraciner d’un ensemble bien plus vaste que son territoire ou les calculs mercantiles de son élite…le Maroc fait partie du Maghreb, de l’Afrique, du Monde Arabe, du Monde Musulman et du Tiers-monde ; le passé, le présent , l’avenir, les problèmes et les solutions de ces ensembles sont les siens et vice-versa.  Je note enfin que vous n’avez pas répondu à ma question : Que dites-vous finalement de ces systèmes financiers occidentaux imposés à certains pays arabes dont le Maroc bien entendu et qui sont en fin de compte le « Cheval de Troie » d’un certain occident?

PHILCO 15/01/2008 09:38

@ ChahidL'économie marocaine a enregistré un taux de croissance estimé à 6,5 % contre 1 % en 2000, 3,2 % en 2002, 5,5 % en 2003 et plus que 8% en 2006 (le taux le plus haut du Maghreb ) .Au niveau social, quelques acquis fondamentaux : -          la réforme de la moudawana que vous connaissez qui donne un statut de la femme que peu de pays musulmans ont,-         l’élargissement de la couverture médicale à une large partie de la population marocaine avec notamment l’entrée en application de l’assurance maladie obligatoire (AMO), ce nouveau système de remboursement des frais médicaux,-         En 1995, les autorités marocaines et l’ONE ont lancé un programme ambitieux d’électrification rurale, le PERG (Programme d’Electrification Rural Global), avec l’objectif de généraliser l’électrification à l’ensemble du Royaume avant 2010. Après plus de dix ans de son lancement effectif, le Programme d’électrification rurale globale (PERG) arrivera à échéance au terme de cette année. Dans les quelques mois à venir, 98% des villages disposeront de l’électricité. Une grande majorité, soit 91%, sera raccordée au réseau électrique national et près de 7% électrifiés grâce aux kits photovoltaïques.-         La lutte contre l’éradication des bidonvilles (surtout après les attentats de Casablanca) et l’accès au logement (pour un coût de moins de 12 000 $) pour les plus démunis par des programmes de construction largement défiscalisés et la mise en place de crédits (moins de 50$/mois) mettant à la portée des plus nombreux un logement parfaitement salubre.Au niveau politique, la presse marocaine est certainement une des plus libérale dans les pays arabes, même si des procès engagés par le pouvoir dans un but d’intimidation (sans grand succès). Il n’empêche que des journaux comme Tel quel ou le Journal publient cependant des articles fort critiques à l’égard du pouvoir et de la Monarchie. Connaissez-vous beaucoup de pays arabes où une telle liberté d’expression existe ?Ceci précisé, il y a beaucoup de critiques à faire sur certains choix, ou plutôt sur leur mise en œuvre, de moyens de développement du Maroc. Mais c’est une autre discussion. Mais le sujet n’est pas celui-ci. Je n’ai pas érigé le Maroc en modèle de développement. J’ai simplement dit qu’il est, parmi les pays arabes, le plus susceptible d’accéder au rang de pays développé au même titre que les autres pays cités. Vous ne m’avez en rien démontré le contraire. La seule manière de le faire serait de me citer les pays arabes dont vous jugez la croissance et ses retombées sociales plus en avance que celle de ces pays. Si l’on compare à l’Algérie qui a suivi une voie idéologiquement très différente, et malgré ses énormes richesses en énergie, le Maroc est bien plus en avance, sauf sur l’aspect, certes fondamental, de l’alphabétisation, énorme « loupé » de Hassan II, mais que le gouvernement actuel tente de rattrapper (le taux d’analphabétisation a reculé de 8% en moine de 7 ans). C’est ce que je voulais exprimer  en écrivant : « Ce développement passe par une phase dictatoriale lors de laquelle je serai d’avance d’accord avec toutes les critiques que vous en ferez. Mais, la société civile de ses pays ne s’en développe pas moins profitant des retombées économiques des « avantages » du statut de « protectorat ». Le terme d’avantage vous fera probablement réagir. Ce terme semble pourtant se justifier si l’on considère que les pays objet de « protectorat » ont un avantage indéniable sur les pays qui sont passés par des phases de « rébellion », soit nationaliste, soit socialiste. ».

Georges Stanechy 14/01/2008 23:48

 Bonsoir Chahid Merci pour ton commentaire percutant et remarquablement bien documenté !... Bien à toi  

Chahid 14/01/2008 22:40

@PHILCOVous dites : « Les mieux placés pour franchir ce cap sont la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Encore des pays les plus proches de l’Occident (…) les exemples confirmant cette tendance à l’intérieur du monde arabe dans lequel les pays les plus proches d’accéder au développement sont le Maroc, la Tunisie et la Jordanie. »Votre commentaire me rappelle drôlement un autre commentaire que je viens de lire « Sarkozy connaît désormais les seuls pays arabes modérés, Maroc, Jordanie, Egypte et Tunisie, où il peut traîner avec lui sa compagne Carla Bruni publiquement» !Bon, je me charge modestement de l’exemple marocain pour formuler les précisions suivantes tout en invitant les lecteurs égyptiens, jordaniens et tunisiens à réagir : 1- Economiquement et politiquement, le Maroc est passé d’une ancienne et flagrante colonisation à une nouvelle colonisation moins voyante certes mais plus rapace encore et quasiment avec les mêmes acteurs… Les richesses du pays et ses biens publics sont dilapidés sous divers appellations ou couvertures : privatisations, cessions, plans d’ajustement structurels, Accord de libre-échange avec les Etats-Unis, Accords avec l’Union européenne etc. 2- 1% de la population marocaine s’accapare de la moitié du revenu national tout en contrôlant l’image du pays à l’étranger… plus de croissance génère plus d’inégalités et pas le contraire. La logique de privilèges défie alors la logique de marché ! 3- le taux de croissance du PIB à plus de 12% pour l’année 1996 n’est qu’une exception relative à certains facteurs dont une bonne année agricole etc., une performance jamais renouvelée d’ailleurs, la règle étant une succession de variations des taux de croissance plutôt négatifs. 4- dans la hiérarchie du développement humain le Maroc est passé de la 109ème position en 1991  (sur 160 pays) à la 119ème en 1999  (sur 177)  puis à  la 123ème  en 2001 et à la 124ème  en 2005 et aujourd’hui à la 126ème avec plus de 4 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et un chômage avoisinant les 30% de la population… « Les mieux placés pour franchir ce cap » vous dites !- le Maroc a abandonné sa souveraineté alimentaire pour une catastrophique tutelle des grands pôles de décision internationaux (gouvernements occidentaux, institutions financières et commerciales, multinationales de l’agro-alimentaire etc.).5- le fameux « Rapport du Cinquantenaire » http://www.rdh50.ma n’est rien d’autre qu’un travail timide et complaisant d’obèses commis de l’Etat.6- le Maroc d’aujourd’hui n’a plus de gouvernement… Enfin, il ne faut surtout pas tromper son intelligence et se laisser abuser par « l’éclat » des classes dirigeantes « francophones » ou « anglophones » arabes et musulmanes, maintenues au pouvoir par le même occident, justement comme le précise Georges Stanechy pour ce fameux « effet de vitrine ». Nous savons tous qu’après la deuxième guerre mondiale, la plupart des pays musulmans ont établi des systèmes politiques et économiques qui se sont orientés, soit vers des modèles socialistes et centralisés (Egypte, Algérie, Syrie, Turquie...) soit ont prolongé des structures féodales et clientélistes (Maroc, ex-Yémen du nord, Iran., Pakistan…), dans ces systèmes clientélistes, l’offre était concentrée entre les mains d’un petit nombre d’entreprises dont la position monopolistique était le plus souvent assurée par des droits exclusifs, des licences ou d’autres privilèges étatiques… et puisque vous nous parlez de « vecteur alternatif », c’est justement par opposition à ces systèmes, qu’un système aussi élaboré, que le système financier islamique a été construit comme une alternative sérieuse!Que dites-vous finalement de ces systèmes financiers occidentaux imposés à certains pays arabes dont le Maroc bien entendu et qui sont en fin de compte le « Cheval de Troie » d’un certain occident?

PHILCO 14/01/2008 14:32

Vous avez apparemment « zappé » la réponse au fond de ma contribution. Pour résumer, vous disiez que le Pakistan d’une BB ne pouvait être qu’un « protectorat » à la botte de l’Occident, et exclusivement à sa botte. Je vous ai donc cité des contre exemples qui prouvent que le développement des pays sous développés est INELUCTABLE chacun à son rythme, rythme beaucoup plus rapide pour ceux qui ont choisi un développement « pragmatique », c’est-à-dire en exploitant les avantages d’être ce que vous considérez être un « protectorat ». Ce développement passe par une phase dictatoriale lors de laquelle je serai d’avance d’accord avec toutes les critiques que vous en ferez. Mais, la société civile de ses pays ne s’en développe pas moins profitant des retombées économiques des « avantages » du statut de « protectorat ». Le terme d’avantage vous fera probablement réagir. Ce terme semble pourtant se justifier si l’on considère que les pays objet de « protectorat » ont un avantage indéniable sur les pays qui sont passés par des phases de « rébellion », soit nationaliste, soit socialiste. Je vous ai donné les exemples confirmant cette tendance à l’intérieur du monde arabe dans lequel les pays les plus proches d’accéder au développement sont le Maroc, la Tunisie et la Jordanie. « De même, sont trompeurs vos exemples sur les secteurs de l’acier et du charbon. Ils ont été les premiers secteurs économiques, en Europe (souvenons-nous de la CECA) et aux USA à être “sabrés” du fait de la puissance ouvrière et syndicale qu’ils représentaient. C’était, à l’époque (années soixante et soixante dix, essentiellement) les premiers grands mouvements de "délocalisation". « Le seul exemple était une partie de la composante des exportations de l’Inde. Je vous livre l’extrait suivant :« L'Inde, la revanche du capital humain, par Eric Le BoucherLE MONDE | 17.12.05 | 15h11 • Mis à jour le 17.12.05 | 15h11Votre enfant est bac + 5, ingénieur, technicien, informaticien, et il n'a pas de boulot dans la France de Chirac ? Qu'il parte en Inde. Le système éducatif y est dépassé par l'expansion fulgurante du secteur des hautes technologies. Les salaires des programmeurs montent de 13 % l'an (actuellement 6 600 dollars par an en moyenne) et ceux des responsables de projet de 23 % (déjà 31 000 dollars). Selon le cabinet américain McKinsey, l'Inde va souffrir d'une pénurie de 500 000 professionnels qualifiés d'ici à 2010. Les services informatiques, la clé du réveil de l'Inde, représentent 4 % de son PIB (produit intérieur brut) et emploient 695 000 personnes. Ils devraient doubler d'ici à la fin de la décennie pour peser 7 % du PIB et employer 1,5 million de personnes. A condition que la pénurie ne vienne pas freiner cette expansion.On dit, à Bengalore, dans la Silicon Valley du sud du pays, que de premiers jeunes Anglais se seraient laissé tenter par l'aventure. Avec un revenu de 1 000 dollars, ils vont presque vivre comme des nababs. Et l'avenir n'est-il pas là ? On croit rêver : l'Inde devenue terre d'émigration dans les hautes qualifications... »C’est cette révolution qui est en route. Elle marque le basculement du pouvoir de l’Occident vers le continent asiatique grâce à l’application des règles du capitalisme et de la mondialisation (surtout financière). Les premiers financiers de la dette américaine sont la Chine, aux excédents financiers énormes, et le Japon devant les monarchies du pétrole. Bien sûr que vous m’opposerez les disparités sociales gigantesques, les régions de misère dramatique etc … Mais n’avons-nous pas connu cela dans notre phase de développement tout au long du XIXème siècle et début XXème chez nous ? Bien sûr qu’il faut lutter et dénoncer ces tares. Mais ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain et comprendre, qu’à terme, cette voie de développement reste celle qui a fait ses preuves contre toutes les autres.  « Toute opposition nationale s’opposant à ce pillage, ou à ce parasitisme au sens biologique (on dévore “la bête” sans la tuer, pour continuer à s’en nourrir…), est violemment combattu par l’Occident. »  écriviez-vous. Mais ce combat est perdu par l’Occident. La « bête » en question est en train de devenir l’Occident où l’économie et les capitaux de ces pays s’imposent de plus en plus. C’est ce combat de défense que mène l’Occident maintenant. Ce n’est plus nous qui sommes les « prédateurs ». Vous me direz que l’économie n’est pas tout. Oui, mais c’est par son développement que le social peut à son tour s’émanciper. Et c’est ce qui se passe et s’accentuera en Chine et en Inde au fur et à mesure que la croissance élévera le niveau de vie des masses. La formidable aspiration inflationiste des matières premières n’est-elle pas l’indice le plus sûr de la massification progressive de la consommation dans ces pays? Le statut social des classes aujourd’hui encore exploitées évoluera  « « … selon vous il n’y aurait aucune issue pour les pays sous développés alors que l’histoire récente des pays déjà cités prouvent le contraire… » Je n’ai jamais prétendu pareille aberration. »Comment faut-il lire votre phrase suivante :« Dans les simulacres d’élections décidés dans les capitales occidentales, aucun espace démocratique d’expression et de représentation, de sa bourgeoisie et de son encadrement, n’est et ne sera toléré. Seules seront admises les oligarchies (féodaux et armée), avec le soutien aux radicaux religieux pour entretenir l’insécurité et la diabolisation. Diabolisation du pays et de sa religion… »C’est bien à ce cercle qu’ont échappé les autres pays du Tiers monde maintenant développés, non ? Le Brésil, l’Argentine ou le Chili des généraux à la botte américaine tout comme les féroces dictatures de Singapour, d’Indonésie (relire ce qu’écrivait Chomsky sur le sort du Timor), de cette même Corée autrement plus répressives que notre BB car leur substitution par des élections comme l’étalement de leur corruption y étaient impensables. Pourquoi le Pakistan n’y arriverait-il pas ????  « Quant à BB, si vous estimez qu’elle aurait représenté le meilleur vecteur de développement du Pakistan… Je vous laisse à vos certitudes. »D’après vous, quel est le vecteur alternatif qui soit meilleur que celui qu’elle représentait ?

Georges Stanechy 14/01/2008 12:31

 @ PHILCO « … selon vous il n’y aurait aucune issue pour les pays sous développés alors que l’histoire récente des pays déjà cités prouvent le contraire… » Je n’ai jamais prétendu pareille aberration. Je pense que nous devons respecter le droit à l’autodétermination de chaque pays, et cesser d’interférer dans leur politique intérieure pour soutenir des crapules et des dictateurs. Ces actions contribuant à freiner leur évolution, qui inéluctablement se fera. Qu’on le veuille ou non. Entre-temps, elles coûtent à ces pays, sur plusieurs générations, des pertes humaines et matérielles colossales. Prendre la Corée du sud pour exemple est trompeur. Les USA ont injecté, dans l’économie, des milliards de dollars pour en faire une “vitrine”, pendant la Guerre Froide, face à la Corée du nord et à la Chine qui les avaient un peu “secoués” pendant la Guerre de Corée…  Ces milliards avaient été confiés à l’oligarchie militaire, qui au passage en a détourné un bon nombre, avec en corollaire une des plus effroyables dictatures et répressions, notamment contre le monde ouvrier qui était exploité de façon éhontée. Certes depuis les choses se sont assouplies et vont beaucoup mieux.  L’Amérique latine ou les Philippines n’ont pas bénéficié de cet “effet vitrine”. La misère, l’injustice accablant la majorité de la population sont poignantes. Je ne vais pas entrer dans le détail, j’y reviendrai dans des posts ultérieurs. De même, sont trompeurs vos exemples sur les secteurs de l’acier et du charbon. Ils ont été les premiers secteurs économiques, en Europe (souvenons-nous de la CECA) et aux USA à être “sabrés” du fait de la puissance ouvrière et syndicale qu’ils représentaient. C’était, à l’époque (années soixante et soixante dix, essentiellement) les premiers grands mouvements de "délocalisation". Et, l’affirmation de l’orientation du modèle économique “libéral” donnant la priorité à la « Financiarisation » (y compris la spéculation financière…) fondée sur le développement des services, au détriment de la « Production » fondée sur l’emploi d’un main d’œuvre qualifiée et "organisée" (dans les services elle est morcellée pour ne pas dire "atomisée"..). Mais, c’est un autre débat…Le tollé contre Mittal (je suivais l'affaire depuis Londres, de très près...) m'a beaucoup amusé. Je n'étais pas le seul à en rire... Il avait pour but de faire monter les enchères, autrement dit le cours de l'action et, surtout, les nominations, indemnités de départ et autres négociations "over and under the counter"... Vous n'arrivrez pas à me faire prendre des vessies pour des lanternes. Quant à BB, si vous estimez qu’elle aurait représenté le meilleur vecteur de développement du Pakistan… Je vous laisse à vos certitudes.  

PHILCO 14/01/2008 09:14

« A partir du moment, où des “prédateurs” font régner la loi du plus fort, les luttes sont permanentes. Dans la dynamique des groupes et des collectivités, ils apparaissent toujours, imposant cette loi, “leur loi”. Parfois, en pensant “après moi, le déluge”, lorsqu’il ont assez de vision pour s’interroger sur les lendemains…  »Vous ne répondez pas sur le fond de ma question : comment expliquez-vous que, si les « prédateurs » occidentaux ont le pouvoir quasi absolu que vous leur prêtez, certains pays arrivent à la démocratie et au développement ? Et pourtant, TOUS sont passés par la phase que connaît maintenant le Pakistan. C’est en ce sens que je vous trouve caricatural : selon vous il n’y aurait aucune issue pour les pays sous développés alors que l’histoire récente des pays déjà cités prouvent le contraire. Ces pays se sont développés grâce aux échanges économiques avec les pays « prédateurs » sans conflit militaire avec eux depuis les années 50. Ces pays font une concurrence avec ces pays prédateurs sur des secteurs à valeur ajoutée toujours plus importante. Les exportations du Brésil sont avant tout des produits manufacturés comme téléphones portables, engins de chantier. Embraer, est le 4ème constructeur d’avion dans le monde. Les matériaux de transport (dont les avions), représentant 14,9% de la valeur totale des exportations sont les premiers produits à l’export, en second viennent les produits métalurgiques, représentant 10,7% de la valeur totale de ces exportations. Pour ce qui est de la Corée, sachez que son premier client est devenu… la Chine ! L’Inde, si l’économie à forte main d’œuvre reste importante, cela change aussi à grande vitesse. Le secteur informatique emploie 1 million d’actifs. Bangalore est l'un des foyers les plus actifs dans la production de logiciels et de matériel de pointe. Vous rappelez-vous le tollé provoqué par l’OPA lancée par Mitta sur Arcelor ??? Et les OPA se multiplient dans le domaine de l’acier, la pharmacie ou l’informatique (Wipro sur Cap Gemini). C’est vous dire comme elle a dépassé le stade des pays vendant des produits à forte composante de main d’œuvre que vous dites. La protection sociale des travailleurs y est également fort développée. Dois-je vous rappeler que les chaebols comme Samsung, Hyundai ou LG, leaders dans leurs domaines sont coréens ?  Vous reconnaissez d’ailleurs que « Inéluctablement, le développement de l’éducation, l’organisation progressive des exploités, conduit à des évolutions provoquant, progressivement, l’élargissement de leur représentation et de leur participation au pouvoir. Mais, remarquez les formidables résistances de l’Occident qui fait tout pour déstabiliser, entraver, retarder. »  L’élargissement de ces représentations gagnera encore de très nombreux pays. Les seuls à y être parvenu sont les pays ayant été dans l’orbite occidentale non arabes. Les mieux placés pour franchir ce cap sont la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Encore des pays les plus proches de l’Occident. Il ne s’agit pas d’un hasard mais bien le produit du pragmatisme. Ce pragmatisme est beaucoup plus bénéfique pour les masses comme le montre la comparaison avec le devenir des pays au passé plus idéologisé comme les héritiers des passés communistes, nationalistes, ou maintenant islamiste (Iran). Comment l’expliquez-vous ? Si le Pakistan ne sombre pas dans l’obscurantisme religieux, il pourrait évoluer vers un développement réel. Je reste convaincu que Bhutto aurait été son vecteur le moins mauvais. Elle ne pouvait pas être pire que Park Chung Hee, par exemple.

Georges Stanechy 13/01/2008 11:21

@   PHILCO Quelques éléments de réponse à votre batterie de questions, dont je vous remercie : 1. “….pour vous il est impensable d’envisager l’existence d’une démocratie dans un pays non développé sans y voir un trompe l’œil produit par une manipulation de l’Occident… je crois en une évolution réelle des pays vers la démocratie…” Je me suis mal fait comprendre, car je crois en l’aspiration des hommes à une société où règnent justice, solidarité et libertés politiques. Mais, dans tous les pays, l’Histoire est jalonnée de conflits entre ceux qui aspirent à ce modèle et ceux qui tiennent à préserver et accroître leurs privilèges… Par votre remarque, nous sommes au cœur de la problématique du “Pouvoir” !... Philosophie, Histoire, Sciences Politiques, Sciences Economiques, Sociologie et Psychanalyse, directement ou indirectement, buttent, tournent autour, s’affrontent sur cette question… A partir du moment, où des “prédateurs” font régner la loi du plus fort, les luttes sont permanentes. Dans la dynamique des groupes et des collectivités, ils apparaissent toujours, imposant cette loi, “leur loi”. Parfois, en pensant “après moi, le déluge”, lorsqu’il ont assez de vision pour s’interroger sur les lendemains…  D’où, la nécessité d’un Contrat Social organisant les rapports à l’intérieur d’une société. Et, celle aussi d’organiser les rapports entre collectivités, pays ou Etats qui reflètent les mêmes types de tensions et de conflits qu’à l’intérieur d’une micro société.Mais, Amartya Sen, John Rawls, Naomi Klein, et tant d’autres, en parlent beaucoup mieux que moi.   2. “… comment donc, puisque vous la dites n’être qu’un fantoche occidental et que le Pakistan est complètement sous contrôle, la corruption de son régime a pu être dénoncée ?... comment expliquez-vous qu’elle ait été élue une seconde fois ???...”Quand vous détournez de façon effrénée des milliards de dollars, arrive un seuil où vous commettez une erreur fatale. La première, étant “d’oublier” ou de “négliger” quelques puissants envieux. C’est sous la pression des forces armées que BB a dû plier bagage, à chaque fois. L’aurait-elle eue sous la main qu’elle aurait poursuivi sa prévarication, avec son clan, sans hésitation. A l’exemple des dirigeants du Nigeria ou d’autres dictatures protégées de l’Occident… La scène politique du Pakistan, comme je l’ai mentionné, n’accepte, pour le moment, que deux acteurs : les Féodaux et les Forces Armées. Le pouvoir est plus ou moins bien partagé entre ces deux oligarchies, sujettes à des courants rivaux à l’intérieur de chacune d’elle, comme dans tout groupe organisé. Mais, sachant unir leurs ambitions, au bon moment. Crises, alliances, tensions, complicités, haines réciproques, sont la soupe quotidienne de ces prédateurs.  Lorsque BB a été appelée et “désignée” pour la deuxième fois (les élections étant truquées), c’était pour donner la place à un gouvernement à teinture civile, après une période de dictature militaire. C’était exactement le même scénario en train de se jouer sous nos yeux. Nous étions au début de l’Acte III. Jusqu’à ce que La Fatalité en décide autrement…Dans ce jeu de dupes, l’excellente image de BB à l’étranger (fondée sur des illusions savamment entretenues, avec des millions de dollars, par des sociétés de communication et de relations publiques..), notamment dans les milieux féministes très puissants aux USA et dans le monde anglo-saxon, était considérée comme un paravent utile par les deux oligarchies…  3.                 “… elle ne s’est jamais intéressée au sort des pauvres et du peuple. Qui donc s’y intéresse dans l’échiquier politique pakistanais, selon vous ?...” En ce moment, personne. Malheureusement. Ouvrant un boulevard au radicalisme, à l’extrémisme. Ce qui n’est pas pour déplaire aux oligarchies, ainsi que je l’ai expliqué. Surtout pas les féodaux, qui redoutent l’idée même d’une redistribution des terres. Schéma traditionnel du servage entretenu par ces oligarchies. Relisons Dostoïevski et nos livres d’Histoire, les anarchistes en Russie avaient essayé de faire bouger les choses, dans la violence… Mais, les féodaux ont tenu bon, sur leurs considérables privilèges et le servage, jusqu’à la révolution de 1917. Au Pakistan, la solution viendra de la bourgeoisie et de la classe moyenne. Comme toutes les révolutions, comme la nôtre sous Louis XVI. Avec une partie de l’Armée se désolidarisant des “Top Brass” (Armée, Aviation et Marine). Pour qu’elle arrive au pouvoir, il lui faudra comme dit mon ami Chahid : “un évènement déclencheur”… Espérons que cela ne soit pas une guerre régionale !  A moins qu’un Simon Bolivar, issu des oligarchies, ne s’oppose à elles et devienne le “ réformateur” du Pakistan. Rappelons, toutefois, que la révolte de Simon Bolivar n’a été possible (et, avec combien de difficultés !...) qu’avec l’affaissement de l’Empire Espagnol, sous le choc de l’invasion napoléonienne. Il avait bénéficié d’un “évènement déclencheur”…  4.                 “… comment expliquez-vous l’accession à la démocratie des pays du SE asiatique ou certains d’Amérique du sud, tous dans l’orbite occidentale, et le basculement du pouvoir économique de plus en plus en leur faveur ?... Inéluctablement, le développement de l’éducation, l’organisation progressive des exploités, conduit à des évolutions provoquant, progressivement, l’élargissement de leur représentation et de leur participation au pouvoir. Mais, remarquez les formidables résistances de l’Occident qui fait tout pour déstabiliser, entraver, retarder.  Souvenons-nous des atroces guerres coloniales… Le Capitalisme ou le Libéralisme en étaient des artisans déterminés. Plus près de nous, dans le temps, nous savons que la France soutient les pires dictatures en Afrique. J’ai cité la tristement célèbre “Opération Condor”, en Amérique latine, traquant tous les réformateurs dans les assassinats, tortures, massacres, répressions en tout genre.  Actuellement de telles opérations à l’échelon d’un continent, possibles pendant la Guerre Froide, ne le sont plus. Place à la propagande et autres formes de déstabilisation : Venezuela et Russie, bien sûr, mais encore Bolivie, Equateur, etc.Permettez-moi de reprendre une phrase de mon post : “A l’opposé d’une géopolitique win-win, “gagnant-gagnant”, l’Occident en est réduit, pétrifié par son dogmatisme “néocons”, à agir avec la mentalité de la brute stupide : “je gagne, si tu perds…”   5. “… Comment expliquez-vous que ce soit ces pays qui s’approprient de plus en plus les marchés même au cœur de l’Occident et que l’Occident laisse faire ?...” Restons lucides : i) Les “marchés” des pays asiatiques, en Occident, correspondent, en fait, à tout ce qui est production fondée sur “la valeur ajoutée salariale”, que le patronat souhaitait casser pour empocher la différence. Les délocalisations ont ainsi détruit le pouvoir du salariat, et de leurs représentants, dans les sociétés occidentales.  Observez, en France, par exemple : on délocalise la production, mais on conserve les marques !... Je serais la puissance étatique, je nationaliserais les marques des sociétés qui délocalisent : leur valeur est due à l’accumulation du travail, souvent sur plusieurs générations. C’est un patrimoine collectif, bénéficiant, de plus, du “Label France”…ii) Ces “marchés”, sont, pour le moment, monopolisés par les grands partenaires asiatiques : Inde et Chine. Cela fait partie du rééquilibrage (ils ont les moyens de peser sur les négociations…) des balances des paiements. Pour importer les biens et services occidentaux, il est nécessaire de leur donner quelques compensations ou des “devises”. Elles se génèrent au détriment du salariat occidental… Vous avez dit : “pragmatisme” ?...  

PHILCO 12/01/2008 11:11

Bonjour et merci de m'avoir répondu,
Je partage un certain nombre de vos points de vue, mais pas leur systématisation. Je ne crois aucunement que l’Occident agisse par une quelconque idéalisme. C’est même ce qui fait sa force n’étant motivé que par le pragmatique. Exemple de ce qui nous sépare, parce que vous restez sur une position complètement idéologique : pour vous il est impensable d’envisager l’existence d’une démocratie dans un pays non développé sans y voir un trompe l’œil produit par une manipulation de l’Occident. Pour moi, si ces tentatives existent bien, vous surestimez la puissance de cet Occident en pensant que cela soit systématique. D’une part je crois en une évolution réelle des pays vers la démocratie. Cette évolution se fait, le schéma est classique, par le développement économique assurant l’accession à un certain niveau d’éducation indispensable au choix politique. C’est ce schéma qu »ont suivi les pays, pourtant longtemps entre les mains de fantoches, comme le Brésil, l’Argentine, la Corée du sud, la Thailande etc… Ce schéma correspond d’ailleurs à la logique voulant que le capitalisme s’épanouisse pleinement dans un contexte de liberté politique. L’Occident étant avant tout pragmatique, choisira les systèmes politiques qui profitent le mieux à ses intérêts : la démocratie. Au Pakistan, je suis persuadé qu’il préfèrera un régime entre les mains d’une bourgeoisie acquise à son idéologie qu’un régime totalitaire sclérosé et dont on connaît l’issue : une révolution dont on ne maîtrise pas toujours le devenir (cas de l’Iran).
La limite de cette puissance apparaît avec l’élection libre d’un Chavez en 98 par exemple.

« En conséquence, le simulacre, auquel on se préparait pour installer Benazir Bhutto et son clan, était de l’ordre de la manipulation. Le Pakistan, n’ayant, à ce jour aucune opposition véritable en tant que parti officiel. » écrviez-vous.
En ce qui concerne BB, comment donc, puisque vous la dites n’être qu’un fantoche occidental et que le Pakistan est complètement sous contrôle, la corruption de son régime a pu être dénoncée ? Votre logique pousserait à supposer qu’il s’agit d’un moyen de l’écarter du pouvoir. Cela suppose que sa politique soit allée à l’encontre des intérêts occidentaux. Cela n’a pourtant pas été le cas. Si, la seule explication (sauf à m’en fournir une autre), serait donc cette manipulation occidentale, comment expliquez-vous qu’elle ait été élue une seconde fois ???

« A la seule différence qu’elle ne s’est jamais intéressée au sort des pauvres et du peuple. »
Qui donc s’y intéresse dans l’échiquier politique pakistanais, selon vous ?

« 7. “… Ce qui intéresse l’Occident, c’est l’instauration de la démocratie cadre idéal de développement de leurs affaires…”

Encore un argument usé jusqu’à la corde de la propagande occidentale, comme celui de “répandre la démocratie” ou “la libre concurrence”. »
Et pourtant, en complément de ce que j’écris ci-dessus, comment expliquez-vous que les principaux fournisseurs du Pakistan soient :
L’Arabie Séoudite et les Emirats, pétrole oblige suivis de la Chine et du Japon les Etats-Unis ne venant qu’ensuite ????? L’Occident déploieraient-ils tous ses efforts pour servir les intérêts économiques des puissances asiatiques ??? D’autant que la montée en puissance toujours plus grande des pays asiatiques dans le monde rendent votre discours, notamment votre concept de « Protectorat », beaucoup trop daté et son argumentaire ne correspond plus du tout aux données du monde moderne. Au fait, comment expliquez-vous l’accession à la démocratie des pays du SE asiatique ou certains d’Amérique du sud, tous dans l’orbite occidentale, et le basculement du pouvoir économique de plus en plus en leur faveur ? Comment l’Occident laisse-t-il faire cela qui est beaucoup plus préjudiciable à ses intérêts que la Russie ou le Vénézuela ??? Comment expliquez-vous que ce soit ces pays qui s’approprient de plus en plus les marchés même au cœur de l’Occident et que l’Occident laisse faire?

Georges Stanechy 11/01/2008 21:13

 @   PHILCO Je vous remercie de votre intérêt pour ce post et pour vos nombreuses remarques. Ma réponse se voudrait aussi claire et brève que le cadre limité d’un blog le permet…  1. “… Dans ce cas, d’après vous, à qui obéiraient les commanditaires de l’assassinat de B.B. ?...” Comme dans la plupart des assassinats de personnalités politiques, on n’en connaîtra jamais les commanditaires. De l’assassinat d’Henri IV à celui de Kennedy, les historiens s’y cassent les dents…  Je ne soupçonne donc personne a priori, tant l’éventail des possibilités est large. Depuis la vendetta familiale ou de clans politiques (opposants torturés à mort dans les prisons privées du PPP), le règlements de comptes (détournement de milliards de dollars), l’opposition de certains courants de l’armée, l’intervention de services spéciaux étrangers, etc. Et souvent c’est la conjonction de plusieurs intérêts, actifs ou passifs, qui en est à l’origine. Ce qui est sûr : i)  Cela s’est passé à Rawalpindi, et prouverait qu’une complicité (active ou passive) d’une partie des forces de sécurité était acquise. ii)  Le général Musharaf et ses sponsors (américains et israéliens, notamment) n’y avaient, effectivement, aucun intérêt immédiat.  2. “… S’il s’agit d’un financement personnel, quoi de plus logique que ce parti devienne une machine au service de ses intérêts politiques ?...” Pour reprendre vos termes, s’il y a une logique, à se faire élire “président à vie d’un parti politique” du fait qu’on le finance, où en sont les limites ? A partir du moment, où on prétend s’aligner sur les principes “socialistes” qui, par essence, se veulent à la pointe du respect du suffrage populaire et de la promotion du régime démocratique.  Je rappelle que le PPP est inscrit à “l’Internationale Socialiste”. Autant se dire “monarchiste” ou “fasciste”, et assumer clairement qu’on ne tolère que le culte du Chef et les nominations par filiation héréditaire… Sinon, nous sommes dans le simulacre, l’hypocrisie et autres perversions politiciennes.   3. “… Comment expliquez-vous qu’une personne corrompue soit élue une seconde fois ?...” Les dictatures, hard ou soft, contrôlées par l’Occident ne tolèrent pas d’opposition à leurs intérêts. Ce sont, ce qu’on appelait dans le temps, des “Protectorats”. En conséquence, les élections sont des simulacres. C’est l’habillage que l’Occident impose pour se donner bonne conscience, aux yeux de son opinion interne (n’ayant strictement rien à faire de celle des protectorats…).  En général sont utilisées les mêmes méthodes, dès qu’une authentique opposition au pouvoir en place n’existe pas. Pour en avoir observé, dans plusieurs pays, je pourrais écrire une encyclopédie sur ces pratiques, mais les éditeurs contactés me disent que ce serait “politiquement incorrect”… Elles sont utilisées, séparément ou conjointement, suivant le niveau de liberté et d’organisation du système politique concerné. J’en citerai, néanmoins, les principales : 3.1. Les manipulations i) Manipulation des résultats : le moyen le plus économique et le plus indolore. Efficace, bien qu’un peu primaire (cf. les dernières élections en Jordanie ou en Georgie…). ii) Contrôle des bulletins à la sortie des bureaux de vote (dans le dos des observateurs, quand il y en a) par les “gros bras”. Deux hypothèses, sur le contrôle du ou des bulletins “à ne pas mettre dans l’urne” (ils ne se jettent pas, ayant une grande valeur !) :    => Hard : impossibilité d’obtenir le moindre papier de l’administration (acte de naissance, pièce d’identité, passeport, enregistrement d’actes, etc.), ou, pire, “bastonnade”, en cas de  “mauvais” vote.     => Soft : du cash ou des avantages en nature, pour récompenser le “bon” vote. iii) Délégation des votes au chef de clan, de quartier ou de tribu (suivant les cas).  C’est donc lui qui “bourre” les urnes (cf. élections irakiennes sous occupation occidentale)…   3.2. L’emploi de la force i) Déploiement de la propagande pour diaboliser l’opposition. Tout opposant devenant un terroriste, donc exclu du débat politique et, bien entendu, du système électoral (cf. Egypte, Algérie, Palestine, etc.).  ii) Intimidation, harcèlement, politique de terreur à l’égard de l’opposition. Revister le martyrologe de l’Amérique latine, de l’Asie (Indonésie et Philippines, par exemple), de l’Afrique et, bien sûr, du Moyen Orient… iii) Coup d’Etat : renversement et négation des résultats du suffrage (Chili, Algérie, Palestine, etc.) En conséquence, le simulacre, auquel on se préparait pour installer Benazir Bhutto et son clan, était de l’ordre de la manipulation. Le Pakistan, n’ayant, à ce jour aucune opposition véritable en tant que parti officiel.   4. “…Considérer B.B. comme pire que Staline ou SH du fait qu’ils viennent du peuple est « gonflé »…. Je n’ai pas lu dans votre procès qu’elle ait commandité ce type de barbarie…” J’ironisais… Je place, en effet, BB sur le même plan que SH ou STAL. Sans connaître leur “long règne”, le peu qu’elle a gouverné a été marqué par des atrocités officiellement recensées par Amnesty International. Quand on fait enlever et torturer à mort des opposants, dans des prisons “privées”, on est de la même trempe…A la seule différence qu’elle ne s’est jamais intéressée au sort des pauvres et du peuple. Elle n’avait, à son actif, aucune priorité, ni mesure concrète en ce sens. D’où mon allusion au fait que certains dictateurs avaient doté, au moins, leur pays d’un des meilleurs systèmes de santé et d’éducation gratuits du monde (Irak et URSS). Pour BB, qui vivait dans une bulle de milliardaire depuis sa naissance, c’était inconcevable. Tout simplement.  Il ne m’appartient pas “d’instruire le procès” de BB. C’est du seul ressort du peuple pakistanais. Par contre, rappeler des “faits”, et prétendre aller “à contre-courant” d’une campagne de “béatification”, me semble relever de l’exercice de l’esprit critique citoyen. Je le confesse, je ne suis pas du genre à prendre des vessies pour des lanternes…   5. “… Je note simplement que ce développement se produit dans le pays que vous dites aux mains de l’Occident…” Il y a une nuance à observer. Elle est une évidence, tant les exemples historiques sont nombreux. Le Pakistan est actuellement un “Protectorat”, au sens historique et politique du terme. Toutes ses fonctions de souveraineté sont dirigées par l’Occident, en particulier depuis 2001 : politique étrangère, organisation de ses forces armées, de ses services de sécurité intérieure, de sa diplomatie, etc. Pendant la Guerre froide, le Pakistan a pu bénéficier d’une relative autonomie et bienveillance de l’Occident. Ce fut sa grande chance. Il avait à soutenir une lutte armée contre l’Inde, conjointement à une course à l’armement nucléaire et balistique. L’Inde était à l’époque très proche de l’URSS, qui lui fournissait une grande partie de son armement entre autres.  Depuis l’effondrement de l’URSS, il y a eu basculement des alliances. Les principaux fournisseurs d’armes de l’Inde sont les USA et Israël. Corrélativement, le Pakistan a perdu son autonomie et, depuis 2001, le mouvement s’est amplifié. Le développement connu, grâce au dynamisme de son encadrement et de sa bourgeoisie, pendant cette période d’autonomie est difficile à bloquer. On ne freine pas un supertanker sur cent mètres... Mais, le développement volontairement entretenu d’une situation anarchique, fondée sur une dictature et le démantèlement de son pôle technologique (atome-espace-télécoms) peut y arriver. Dans les simulacres d’élections décidés dans les capitales occidentales, aucun espace démocratique d’expression et de représentation, de sa bourgeoisie et de son encadrement, n’est et ne sera toléré. Seules seront admises les oligarchies (féodaux et armée), avec le soutien aux radicaux religieux pour entretenir l’insécurité et la diabolisation. Diabolisation du pays et de sa religion…  6. “…Qui donc mène des guerres au nom de la religion ? Qui donc parle de reconquête jusqu’à l’Andalousie ?...” Argument favori de l’islamophobie régnante !… Un de vos homonymes (PHILippe COnvers), qui avait pour mauvais goût de fréquenter ce blog (il le trouvait “odieux”, etc.), le déclamait en litanie jusqu’à l’hébétude… Je me suis maintes fois expliqué, dans des commentaires de posts précédents, en lui retournant la question. A ce jour, il n’y a toujours pas répondu…  Qu’on me cite des bombardements, des villages et des villes “rayés de la carte”, des bases militaires, aériennes ou navales, des régions entières occupées militairement, des centres de torture, organisés par des pays musulmans dans des pays occidentaux, en Europe, en Amérique du nord. Quotidiennement… Avec des milliers, des centaines de milliers de morts, des destructions incalculables… Imagine-t-on des pays musulmans dresser des protestants contre des catholiques, et vice versa, les finançant au nom de théories fumeuses sur “l’arc protestant (chiite) face à la majorité catholique (sunnite)”, et autres délires paranoïaques ?... Ce sont malheureusement des pays chrétiens ou judéo-chrétiens qui se livrent à ce type d’actions au Moyen Orient, depuis la chute de l’Empire Ottoman, et non pas le contraire. Fondées sur pareil dogme raciste. Depuis pratiquement un siècle, à présent. Remontant ainsi, au XI° siècle, à l’idéologie des croisades…  7. “… Ce qui intéresse l’Occident, c’est l’instauration de la démocratie cadre idéal de développement de leurs affaires…” Encore un argument usé jusqu’à la corde de la propagande occidentale, comme celui de “répandre la démocratie” ou “la libre concurrence”. Et, autres mythes rocambolesques… Je vous invite à lire le remarquable ouvrage de Naomi Klein : The Shock Doctrine. Pour être bref, un minimum d’honnêteté intellectuelle prend acte, lucidement, de l’application de deux principes : 7.1.     “Développer les affaires”, c’est s’approprier un Marché : i) S’emparer des ressources du sol et du sous-sol du pays “à démocratiser”.  ii) Se construire des rentes de situation, achetées à “prix cassés” pour la façade, fondées sur l’exploitation des concessions de services publics : production et distribution de l’énergie, distribution et traitement de l’eau, traitement des ordures ménagères, télécommunications et Internet, transports (terrestre, aérien et maritime), etc.  iii) Contrôler le marché intérieur de consommation      => Tous articles ou objets à forte valeur ajoutée doivent être importés      => Tous articles ou objets à faible valeur ajoutée doivent être “dénationalisés” : les marques locales sont supprimées au bénéfice des marques multinationales (cf. le marché du yaourt, des boissons, etc.…). iv) Préserver le monopole de la conception et de la recherche-développement en Occident, en freinant autant que possible tout progrès de ce genre dans les “protectorats”.   7.2.     “Développer les affaires”, c’est détruire toute opposition à cette appropriation Toute opposition nationale s’opposant à ce pillage, ou à ce parasitisme au sens biologique (on dévore “la bête” sans la tuer, pour continuer à s’en nourrir…), est violemment combattu par l’Occident.  Les exemples foisonnent : la diabolisation outrancière, avec les mesures de déstabilisation l’accompagnant, du Vénézuéla de Chavez, ou de la Russie de Poutine se déroulent, quotidiennement, sous nos yeux. Il y en a de multiples : Cuba, et toute l’Amérique latine (opération Condor), Indonésie, etc. Je rappelle que le soutien occidental, et tout particulièrement de la France, au coup d’Etat militaire algérien, refusant les résultats des élections dégageant une majorité d’islamistes, ne tenait pas à la crainte d’une atteinte à la démocratie. La France se satisfait pleinement de régimes dictatoriaux en Afrique, en Arabie Saoudite, ou ailleurs. C’est le slogan principal, d’un parti arrivant au pouvoir démocratiquement, qui inquiétait les milieux affairistes : la “lutte contre la corruption”… Je ne m’étendrai donc pas sur ce point.  Non, ce n’est certainement pas l’instauration de la démocratie qui intéresse l’Occident !...  °°°°°°°°°°° Quand je parle de l’Occident, il est évident que je marque une différence entre les peuples occidentaux totalement “désinformés”, et leurs castes dirigeantes assimilables à un gangstérisme prédateur.  

PHILCO 10/01/2008 17:10

« Le retour de Benazir Bhutto s’inscrivait dans un simulacre démocratique. A elle, le rôle "d’opposition" et le poste de premier ministre, aux militaires le poste de Président. Il convenait de donner une couleur « civile » à une des dictatures militaires les plus dures de la planète afin de mieux dissimuler, à l’opinion internationale, la réalité du pouvoir : entièrement entre les mains des occidentaux. »Je vous concède que, sans le soutien des occidentaux, Musharaf ne serait plus au pouvoir depuis un moment. Mais de là à NE voir dans le gouvernement pakistanais QU’une inféodation à l’Occident me paraît simplificateur. Dans ce cas, d’après vous, à qui obéiraient les commanditaires de l’assassinat de B.B. ? Vous semblez soupçonner l’armée et le parti au pouvoir. Dans ce cas, soit B.B. n’était pas ce que vous en dites, un instrument de l’Occident, la dernière carte de ceux-ci, soit Musharaf échappe au contrôle occidental pour avoir éliminé sa rivale.       « Cette "démocrate" avait, en effet, décidé de se faire élire présidente "à vie" de ce parti. Pourquoi se gêner, puisqu’il est financé par la fortune familiale ?... Le PPP est avant tout un "family business" : propriété du clan Bhutto ! »S’il s’agit d’un financement personnel, quoi de plus logique que ce parti devienne une machine au service de ses intérêts politiques ?    « A deux reprises, elle a accédé à la fonction de premier ministre (10). A chaque fois, elle a été destituée pour corruption. »Il faut donc croire que l’Occident n’est pas aussi puissant que vous le dites et qu’un minimum de démocratie existe au Pakistan, non ? Comment expliquez-vous qu’une personne corrompue soit élue une seconde fois ? Etait-ce parce qu’il s’agit d’une pratique inhérente à la classe politique pakistanaise, en l’occurrence (comme si nos propres classes politiques ne l’étaient pas), et que, peut-être n’était-elle pas la pire dans cette exercice ?   « Staline ou Saddam, eux, avaient pris soin de créer l’enseignement et les soins gratuits pour tout le monde… »Là, vous faites fort ! Considérer B.B. comme pire que Staline ou SH du fait qu’ils viennent du peuple est « gonflé ». Leur extraction populaire ne les a pas empêché de procéder aux massacres dans leur population que vous connaissez. Je n’ai pas lu dans votre procès qu’elle ait commandité ce type de barbarie. D’autre part, elle a tout de même accepté d’être destituée. Qu’en a-t-il été des exemples de comparaison que vous invoquez ??? « Revue et corrigée, pour se vouloir "moderne et porteur de valeurs", par une régression conceptuelle de dix siècles : les guerres de religion et le "clash" des civilisations. Les idées et politiques du XI° siècle… »Qui donc mène des guerres au nom de la religion ? Qui donc parle de reconquête jusqu’à l’Andalousie ?  « Pour cela, ils soutiennent une caste corrompue et mettent tout en œuvre pour empêcher l’expression et l’organisation démocratiques du pays. »On voit tout de même des élections au Pakistan. Quelle est donc l’alternative que vous proposeriez dans l'échiquier politique actuel? « le Pakistan est un grand pays, dont le rythme de développement économique est de 6 à 7 % par an. Avec deux records battus en 2007 : un PNB de 500 milliards de dollars (465, d’après les premières estimations) et des investissements étrangers de 7 milliards de dollars (le prévisionnel était de 5 milliards). »Je note simplement que ce développement se produit dans le pays que vous dites aux mains de l’Occident. N'est-ce pas contradictoire avec une volonté supposée de s'opposer au développement du Pakistan que vous invoquez par ailleurs? « Tenue à l’écart du débat politique, cette classe moyenne est invisible des médias. Mais, c’est le Pakistan d’aujourd’hui et, surtout, de demain. C’est donc le cœur de cible des extrémistes occidentaux. »Là, je partage votre avis. Par contre je ne suis pas sûr que cette classe moyenne soit la cible des occidentaux. Ceux-ci ont compris, après l’expérience sud américaine, que les dictatures militaires  sont économiquement contre productives. Ce qui intéresse l’Occident, c’est l’instauration de la démocratie cadre idéal de développement de leurs affaires. L’Asie du SE est passée par le stade pakistanais, tout comme le Brésil ou l’Argentine, par exemple, et s’en sont parfaitement sortis tant politiquement qu’économiquement. Pourquoi l’Occident aurait une politique différente envers le Pakistan ? Que cette bourgeoisie se choisisse un représentant avec un organe politique de soutien crédible et ils auront immédiatement le soutien de l’Occident. « Pour les “néocons” occidentaux : freiner le développement du pays… « Absolument sans intérêt pour l’Occident ! C’est tout le contraire. « Et, le Pakistan sera un foyer de paix, auquel aspire chacun de ses citoyens. »Je pense que les Occidentaux ne veulent pas autre chose pour ce pays. Non pas par idéalisme, mais parce que les conditions pour développer les affaires seraient alors réunies.        

Georges Stanechy 07/01/2008 10:01

Bonjour ChahidIl est bon de rappeler, comme tu le fais, que des philosophes, des chercheurs ou des penseurs sont capables de sombrer dans la régression intellectuelle la plus sauvage, lorsqu'ils se laissent envahir par "l'esprit partisan".Raison de plus pour préserver un "esprit critique" fondé sur des faits vérifiés, sur l'empathie et la compassion. En résumé, conserver les racines de l'Humanisme.Bien à toi

Chahid 06/01/2008 19:25

Bonsoir Mme AlineBonsoir GeorgesEn remontant jusqu’à Claude Lévi-Strauss qui a quand même son « poids » dans le conscient et l’inconscient français et qui s’insurge entre autres contre l’introduction du terme « islamophobie » dans le langage quotidien et scientifique, tout en prêchant le terme « antisémite », lui, l’anthropologue qui sait que scientifiquement « antisémite » ne veut rien dire , et qui s’est livré à une camouflée diatribe anti-musulmane sous couvert de la science et de l’anthropologie bien entendu, dans son célèbre livre Tristes Tropiques, qui apparemment a influencé Oriana Falacci dans sa « description » raciste de la prière chez les musulmans (Claude Lévi-Strauss parlait des pakistanais) … on comprend finalement que le Pakistan a toujours été le mal aimé et le stigmatisé d’une certaine intelligentsia française qui a un problème avec l’islam et les musulmans. BHL, Michel Houellebecq … ou même Guy Sorman qui cherche toujours des « Tocqueville », dit-il, musulmans à la Malek Chabal & Co, (de préférence soufis, qui dansent, chantent et boivent du vin en « bons soufis », tout en laissant l’occupant sillonner leur pays en « allié » ou en « bon libérateur »…, tous ces soufis qui remplacent le vrai prophète de l’Islam, Mohamed, Salut et Paix sur lui, par des Jalalo Addin Al-Roumi ou même Omar Al-Khayam…, deux personnages très bien prisés et acclamés par les occidentaux et les Bernard Lewis & Co), ne sont alors que l’écho des Claude Lévi-Strauss & Co !Bien à vous deux.

Georges Stanechy 06/01/2008 15:52

 Chère Aline Quatrième pouvoir ? Peut-être, à condition de l’intituler : “La Propagande” !... Par essence, cet omniprésent “quatrième pouvoir” exige des clones respectant rigoureusement la ligne du parti (pardon !...) éditoriale. Ajoutons que ses ramifications vont très loin : édition, rédaction des livres scolaires, production cinématographique, production de documentaire, etc. Tant, dans la fabrication que dans la distribution. Et, comme la séparation des pouvoirs n’existe plus (mais a-t-elle vraiment existée ?...), Le Législatif et Le Judiciaire étant inféodés à L’Exécutif, La Propagande vient les rejoindre. Constituant ainsi La Bande des Quatre, régissant nos “Démocraties”, réduites à des Monarchies Electives… Car, “La Propagande” est devenu le relais des volontés du Capitalisme Sauvage. Construire une démocratie exigera donc d’instaurer une authentique séparation des pouvoirs et un démantèlement de La Propagande, à présent privatisée. Limiter ou interdire la participation directe dans le capital des médias, des marchands de canons, du trio pétrole-chimie-pharmacie, des “bétonneurs” et des milieux financiers, ne suffira pas dans cette remise à plat. Du fait de leur pouvoir manipulateur, via leurs budgets publicitaires. J.F. Kahn fait allusion aux budgets de la Grande Distribution et leur impact sur la ligne éditoriale de Marianne (Secouons les Journaux… tant qu’il en reste – Le Monde – 05.01.08). Tout un travail de rénovation s’impose : faut-il mutualiser ces budgets pour qu’il y ait une redistribution au prorata du nombre de lecteurs, par journal, afin d’éviter une influence directe ? Une des multiples questions à traiter. Questions et recherches qui, malheureusement, sont bannies du circuit des études dans les instituts de journalisme, et pire, dans les instituts de recherche en  “sciences politiques” … Autre vaste domaine de la manipulation de l’information, c’est celui des services diplomatiques et des services de renseignement. La problématique est voisine de celle des médias, et inquiétante. Leur travail consiste moins à renseigner les responsables politiques par une vision professionnelle et indépendante, fondée sur des faits vérifiés, qu’à satisfaire les "patrons" en fournissant les renseignements souhaités.  La fameuse prestation de Powell à l’ONU avec son discours sur les armes de destruction massive et la production de rapports de services de renseignements "bidonnés" sont un triste exemple. On retrouve les mêmes pathologies : clonage, soumission à l’idéologie dominante, etc. Le problème, j’ai souvent l’occasion de le répéter, est que l’Histoire ne s’accommode pas du principe “prendre ses désirs pour des réalités”… D’où le choc lorsque des crises, soulèvements, dysfonctionnement dans les plans conçus sur de fausses évidences, apparaissent… Bien à vous  

Georges Stanechy 06/01/2008 15:34

 Bonsoir ChahidRemplacer “Pakistan” par “Monde Musulman”, dans le texte, donnerait effectivement une idée de la réalité des enjeux actuels et futurs. Avec, bien sûr, des nuances. Je pense au poids des Forces Armées, notamment. Au Pakistan, l’Armée est un acteur majeur de l’Economie, intervenant via des holdings et sociétés écrans dans de nombreux domaines : industries, transports, banques, assurances, etc. Son poids économique est estimé, en l’absence de statistiques officielles, à 20 milliards de dollars par certains (Abdullahi Najad - Pakistani army’s ‘$ 20 bn’ business). Largement sous-estimé, à mon avis. Prenant pour ordre de grandeur 10 % minimum du PNB, mon estimation minimale serait de 50 milliards de dollars, moitié en actifs, moitié en business. Ce poids économique constitué du temps des années d’affrontement avec l’Inde, fait qu’à présent l’Armée pakistanaise représente un Etat dans l’Etat.Au Maghreb, je ne vois que l’armée algérienne se rapprochant de ce “modèle”, contrairement à l’armée tunisienne et (encore moins) marocaine. Ajoutons, qu’on le retrouve dans des pays non musulmans, en Amérique latine ou en Asie. Si je prends le cas des Philippines (majorité catholique), les grands féodaux aux immenses propriétés détiennent le pouvoir depuis la colonisation espagnole, puis US (1898). Ils le partagent, depuis la guerre contre le Japon et la guerre froide, avec l’Armée. Structure confortée par la néocolonisation américaine représentée par les fameuses, et immenses, bases militaires. C’est cette implantation militaire que les “ultras” américains veulent implanter, sur le modèle philippin, au Pakistan.Quant à  “l’effet domino déclencheur”, il va se produire pendant la deuxième partie du XXI° siècle avec l’affaissement progressif de l’Empire. N’oublions pas qu’au début du XX° siècle, Grande Bretagne et France étaient de formidables Empires, qui ont terminé ce même siècle en puissance régionales… Il en sera de même pour les USA au XXI° siècle.Bien à toi

Aline-Mariali 04/01/2008 17:02

Merci,  Georges, pour cette minutieuse mise au point  qui contraste allègrement  avec la bouillie journalistique dont nous sommes abreuvés. Plus il y a " d'informations", moins nous sommes informés. Tout le monde ment. Les journalistes mentent par omission, par ignorance, par paresse, par conformisme, par intérêt , par soumission à des maîtres, par peur de trouver la vérité. Les hommes politiques mentent.  Nietzche avait  déjà dénoncé ce mensonge universel : L'État ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu'il dise, il ment — et ce qu'il possède, il l'a volé. Tout est faux en lui ; il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Et ce n'est pas l'état de la politique en France qui va nous rassurer  .L'existence d'un quatrième pouvoir dont se gargarisent les journalistes est une des plus grosses fumisteries  des temps modernes.Cordialement

Chahid 03/01/2008 23:31

Bonsoir Georges« Tenue à l’écart du débat politique, cette classe moyenne est invisible des médias. Mais, c’est le Pakistan d’aujourd’hui et, surtout, de demain. C’est donc le cœur de cible des extrémistes occidentaux. », voilà une de ces synthèses qu’on ne peut lire que chez quelqu’un de très bien informé sur le monde musulman ! Il suffit de changer « Pakistan » par « Monde musulman » pour permettre à nos amis « occidentaux » de bien anticiper et comprendre les changements et bouleversements inéluctables de la situation dans les 20 années à venir. La classe moyenne qui réalise un formidable travail d’encadrement de la société et qui détient pratiquement toutes les « clés » sociales de chaque pays arabe ou musulman grâce à ses établissements, associations, bienfaiteurs, militants etc. face à une révoltante démission des gouvernants, des élites corrompues et des administrations chargées de la question, finira bien par prendre le dessus, sans effusion de sang, espérons le ! Quelle crédibilité ont aujourd’hui les Benazir Bhutto, crapules & Co du monde arabe et musulman ? Aucune.Qui les protège réellement, est-ce leur popularité ?  Tout le monde sait que sans les services de renseignements occidentaux et quelques tortionnaires ripoux armés par les mêmes occidentaux, c’est le peloton d’exécution qui les attend.  Les classes moyennes arabes et musulmanes sont prêtes, attendons un « effet domino » déclencheur ! Voilà cher Georges, merci encore pour ce post riche en leçons et en « vérités ». Je reviendrai inchaellah parler du Pakistan des BHL, Claude Lévi-Strauss, Guy Sorman  & Co…Bien à toi