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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 00:26


Le Chef de l’Etat a confié la rédaction d’un “Livre Blanc” à une commission chargée de réfléchir sur “la Défense et la Sécurité Nationale” de la France pour les quinze prochaines années (1). A la “Défense Nationale” s’ajoute, en effet, le concept de “Sécurité Nationale”. Concept aussi flou qu’extensible à l’infini : de la lutte contre le terrorisme, aux catastrophes naturelles…
 
A priori, cette démarche est d’un très grand intérêt pour tout citoyen, tellement enjeux économiques et financiers considérables sont imbriqués. La France y consacre, au minimum, 2% (hors Sécurité Nationale) de son PIB. Représentant un des 5 premiers budgets du monde !... Avec un objectif de 2,5 %. Pour la période 2003 – 2008, en termes de programmation militaire (équipements nouveaux), l’augmentation a été de 6, 8 % en euros constants.
 
Ch--que1.JPGBudget, qui présente un double privilège. Le premier, de n’être jamais évoqué en termes de “déficit”. D’une année sur l’autre, étonnamment, médias et politiciens n’en parlent qu’en termes, très discrets, “d’augmentation”. Toujours insuffisante, évidemment.
 
Le deuxième, ce tonneau des Danaïdes du budget de la France, n’est jamais abordé dans de grands et fréquents débats publics, par les politiciens et les médias.

Bizarrement, tout le monde “s’étouffe”. Pas de discussions enflammées, ni de polémiques, pas d’échanges d’informations ou de visions autour des dizaines de milliards en jeu, et de leurs principaux bénéficiaires en termes de marchés aux marges confortables. Ni à l’Assemblée Nationale, encore moins sur les plateaux de télévision ou de radio. Il est vrai que les dits “bénéficiaires” détiennent la quasi-totalité des médias du pays, y compris les sociétés d’édition et de distribution. Presse et livres…
 
La Cour des Comptes, si sourcilleuse sur les dépenses hospitalières, tout aussi curieusement souffre “d’angles morts”, passant à côté des contrats, des avances des deniers publics (300 millions d’euros, parmi les largesses de l’Etat, au groupe Lagardère, pour des recherches sur des drones…).

Les uns et les autres, généreusement attribués à des sociétés d’armement, sans appels d’offres, ni procédures de mise en concurrence. Encore moins en termes de contrôle des dépenses, des coûts d’achat, des coûts de revient, ou suprême pudeur, des marges pharaoniques que certains y réalisent…
 
Bruit, fureur, apocalypse, tout cela est réservé aux autres budgets et dépenses du pays, plus particulièrement : aux budgets de la Sécurité Sociale ou des Retraites…
 
Autre intérêt citoyen, au travers d’un budget de Défense Nationale, ce sont les conceptions d’une société, ses principes de protection des libertés, ses rapports avec les autres pays, alliés ou pas, son rôle international. Autrement dit : sa vision géopolitique. Conceptions qui transparaissent, ou du moins, qui devraient être clairement exprimées.
 
On le sait, en général, ces “commissions” servent à entériner des décisions où les intérêts, les lobbies, ont déjà accompli leur travail en amont. Chambres d’enregistrement de décisions prises dans les coulisses, leurs conclusions sont destinées, avant tout, à conditionner une opinion publique.

La pathétique “Commission Stasi” est encore présente dans toutes les mémoires. Les plus récentes, celles de Balladur ou d’Attali, ne dérogent pas à cette pratique …
 
Les travaux de la Commission du Livre Blanc sur la “Défense et la Sécurité Nationale” ont été filmés, du moins ceux apparents, avec les auditions publiques comprenant des intervenants, y compris étrangers, et les représentants des partis politiques du pays. Enfin, les habitudes vont changer peut être, se dit-on… 

Peu de journaux et de médias en ont traité, de façon analytique. Quelques réactions portant sur la constitution de la commission (2). A part cela : rien. Ce qui est plus que regrettable de la part des professionnels de l’information et des parlementaires. Après avoir visionné l’ensemble des auditions publiques, j’en retiens deux impressions majeures :
 
 
1. Commission et auditions : une pantalonnade assumée
 
La composition d’une commission est toujours révélatrice. Trois composantes complémentaires sont à observer. En premier lieu, les membres “désignés”, en principe pour leurs compétences.

En second lieu, les “invités” aux auditions. Choisis pour leurs apports contribuant aux éclairages nécessaires à une perception la plus complète possible, du fait qu’il convient, ici, d’anticiper sur une quinzaine d’années.
 
Mais, en troisième lieu, le plus intéressant à identifier et à analyser : ceux qui n’ont pas été “désignés” ou “invités”, autant dans la commission que dans les auditions : les “absents”.

Quand je dis “absents”, c’est moins au niveau des personnes elles-mêmes, qu’en termes de tendances et de courants contradictoires qu’elles représentent, nécessaires à toute réflexion indépendante. Et, dans ce type de travaux, les absents “parlent” plus que les présents.
 
Sous la direction de Jean-Claude Mallet (3), avec l’onctuosité mondaine qui sied à pareille manifestation, la loi du genre a été scrupuleusement respectée.
 
 
1.1.           Les “Professeurs Nimbus” de la Commission
 
A la lecture de la composition de la Commission, on ne peut être que sidéré de constater la présence de soi-disant “experts” en stratégie et géopolitique qui sont, en France, les représentants les plus “fanatiques”, et je pèse mes mots, de l’extrémisme américano-sioniste.
 
J’en mentionnerai deux, tout particulièrement, connus pour soutenir bruyamment toutes les manœuvres des extrémistes occidentaux. Fameux, dans le milieu de ceux qui connaissent le contexte géopolitique du Moyen Orient, pour avoir cautionné tous les mensonges de la propagande occidentale concernant l’Irak : François Heisbourg (4) et Thérèse Delpech (5).
 
Dès février 2004, des médias courageux ont attiré l’attention  (6) sur ces bonimenteurs, principale “source d’expertise” des médias et des parlementaires qui se sont “trompés”, et ont “trompé” leurs interlocuteurs sur des orientations et décisions aux conséquences extrêmement graves, entraînant mort d’hommes, de civils et des destructions incalculables. Car, soit ils étaient nuls, soit ils étaient complices, soit ils étaient les deux…
 
François Heisbourg, entre autres titres ronflants, est président du conseil d’administration de l’International Institute for Strategic Studies, lobby atlantiste installé à Londres, dont toutes les informations sur l’Irak se sont révélées fausses. Après avoir été un ancien membre de la représentation permanente de la France à l’ONU, ancien conseiller des Affaires Etrangères et ancien vice président de MATRA-Défense…
 
A peine sorti de la mouvance anti-irakienne, il s’est transformé en un des activistes les plus acharnés, en France, de l’hystérie anti-iranienne. Multipliant articles et interventions pour exploiter le filon. Dans le genre, en clair : l’Occident se dégonfle, il faut cogner pour se faire respecter… Du niveau de l’émission à laquelle il participe souvent, “C dans l’Air” : c’est tout dire…
 
Appartenant à la catégorie des “inventeurs du fil à couper le beurre”, il est l’auteur du cliché mémorable :
“Le monde arabo-musulman des années 1990 a fait émerger une nouvelle génération de fanatiques sans frontières qui désormais essaiment d’une région à l’autre du globe en utilisant en retournant contre lui les armes et les moyens technologiques de l’occident”. (7)
 
Thérèse Delpech : Rien que son nom provoque l’hilarité, dans les cercles de la géopolitique non filialisés aux “néocons”…  Violemment anti-iranienne (8), après avoir soutenu tous les bobards anti-irakiens sur les armes de destructions massives, chimiques ou bactériologiques, elle se veut à l’extrême droite de l’extrémisme américano-sioniste.

On la retrouve en théoricienne intégriste, anti-russe, anti-chinoise, anti-tout ce qui peut déplaire aux “néocons”. 
 
Je ne peux résister au plaisir de vous citer une de ses multiples “perles”, à propos de la présidence tournante du G8, par la Russie. Parlant du G8, comme s’il s’agissait d’un club de golf select où ne sont pas accueillis les manants… :
  “ La Russie ne présente, en effet, ni les garanties démocratiques ni les caractéristiques économiques, qui permettent théoriquement d’entrer dans le club des pays industrialisés. Si, elle ne témoigne pas, de surcroît, du sens des responsabilités internationales que l’on peut attendre d’un grand pays, que lui reste-il donc pour justifier sa présence dans ce groupe prestigieux  ?…”(9).
 
Ne sait-elle pas que la Russie, dans sa configuration géographique actuelle, représente, en superficie, le premier pays du monde, soit 32 fois la France ? Ne sait-elle pas qu’il est limitrophe de 14 pays ?...

 Ne sait-elle pas qu’il s’agit du premier ou du deuxième producteur mondial, selon les matières premières, de pétrole, de gaz, de charbon, de diamant, etc. ? Ne sait-elle pas qu’il s’agit d’une des premières puissances nucléaires, aérospatiales, militaires, et industrielles du monde ?...
 
Au vu de “ce niveau d’expertise géopolitique”, on se met à désespérer de l’intelligence, moins pour elle, soyons charitables, que pour ses sponsors qui acceptent les conseils de pareille source…

Mais le rôle de ces “pseudo-experts” n’est-il pas, tout simplement, de confectionner l’habillage, le window dressing, des politiques coloniales et bellicistes les plus rétrogrades, par des considérations et des jargons permettant d’entretenir la paranoïa nécessaire à la justification des politiques hyperviolentes de l’Occident ?...

Je m’arrête là. Il y aurait d’autres cas à relever, de tous ces professeurs Nimbus,
rassemblés dans cette commission : Bruno Tertrais, publiant “Iran – La Prochaine Guerre”… Etc. Ils se marchent sur les pieds…


1.2.          
Les “invités”
 
Que dire, alors, des invités ? Tant étrangers, que français. Tout aussi stupéfiant !... Je vous invite à visionner et écouter ces “auditions”.

Tout le ban et l’arrière-ban des "néocons", atlantistes, européens, américains, sionistes. Parmi cette brochette, bien sûr, l’inévitable et inénarrable polonais, habitué des médias français, chargé de véhiculer le discours “OTANesque” et antirusse : Bronislaw Geremek.
 
Ou encore, plus affligeant, le seul à représenter ce grand continent qu’est l’Afrique, le sénégalais, Souleymane Bachir Diagne (vivant et enseignant aux USA) pour qui les problèmes africains se résument à la démographie.
Le pillage des immenses ressources africaines, depuis des siècles, par les puissances occidentales : cela n’a jamais existé ou n’existe pas… Il n’en parle pas, même pas une allusion. Le droit à l’autodétermination et la fin des occupations militaires soutenant les pires dictatures africaines : problèmes inexistants. Autrement dit, tout ce qui constitue cette énorme bombe à retardement qui va exploser, un jour, au nez de l’Occident. Rien : “trou noir”…
 
Ou encore, Ghassam Salamé  (8) dont j’attendais un panorama complet et objectif de la situation au Moyen Orient et du ressenti des peuples de cette région, face aux agressions permanentes de l’Occident, physiques et verbales : destructions, occupations, violations du droit international, non application des résolutions de l’ONU, campagnes de propagande islamophobes, etc.

La langue de bois, dans ses plus belles sculptures… Dramatique exemple de la faillite des “élites occidentalisées” de cette région.
 
Ou encore, plus divertissant, Ariel Levite, ancien directeur général adjoint du Commissariat à l’énergie nucléaire d’Israël qui, à ce jour, refuse de signer tout traité de non prolifération nucléaire. Amusant de le voir et l’entendre, très à l’aise, nommer, chacun par leur prénoms, les différents professeurs Nimbus présents dans la commission… Soulignant ainsi, publiquement, la connivence entre eux et lui. Du moins, ce qu’il représente…
 
Ou encore…
 
Quel cirque !…


1.3.          
Les “absents”
 
Lors de ces auditions, le martèlement continu de l’idéologie “néocons” rend encore plus vive l’absence de visions indépendantes. Qu’elle soit représentée, rien de plus normal, il s’agit du discours dominant. Mais, que ce discours et cette vision soient les seuls, dans une enceinte chargée de réfléchir au devenir de la Défense Nationale, cela est plus que préoccupant.

Comment, sérieusement, bâtir une réflexion géopolitique sur les quinze ou vingt prochaines années avec pour critères uniques : une vision partisane, pour ne pas dire fanatique, la langue de bois et une inculture généralisée ?...
 
Ici, ou là, à peine prononcés ou esquissés, on entend les mots : terrorisme, islamisme, menaces… Mais, tout cela recouvre quoi : causes, conséquences, alternatives, évolutions, solutions possibles ?... Quelle vision ?...

Pour changer des clichés et du prêt-à-penser de la propagande courante, des intervenants de qualité, par leur liberté et leur force intellectuelles, auraient pu être invités.
 
Sur l’évolution prochaine du monde, de grands esprits auraient pu faire partager leurs recherches et leurs convictions : tels un Maurice Allais ou un Edgar Morin.
Sur l’islamisme, j’aurais aimé entendre un des meilleurs spécialistes mondiaux, il est français : François Burgat.
Sur le terrorisme, l’américain Marc Sageman, pour percevoir autre chose que les clichés à deux kopeks d’un Heisbourg.
Sur le Pakistan, William Dalrymple, sur l’Irak, le britannique Charles Tripp, sur l’Iran, Hamid Dabash, ou, sur l’Asie et le sud-est asiatique, un des meilleurs analystes internationaux, Pepe Escobar.

Je cite les plus facilement accessibles, réputés pour leur indépendance d’esprit. Il y a en a d’autres, bien sûr.
 
Et, surtout, un Palestinien pour nous parler de ce crime contre l’humanité au quotidien, qu’est le traitement de son peuple. Horreur, qui choque profondément l’opinion internationale et ridiculise toute prétention de l’Occident à une quelconque légitimité de donneur de leçons.
 
Pour cela, il y a, toutefois, un préalable : une réelle volonté, avec le courage qui va avec, d’appréhender une vision géopolitique.


2. Vision géopolitique française : La Voix de son Maître
 
De ces auditions se dégage la vision, cultivée par les “néocons” et leurs porte-voix, d’un Occident assailli, attaqué pour ses “valeurs”. Une Europe assiégée par des sauvages menaçant ses fondements et ses habitants.

Un intervenant évoquait même “la maman et son landau”, qu’il convient de protéger (11). Peut-être pensait-il à la célèbre scène du film d’Eisenstein, Potemkine ?… Mais, il a dû voir le film de travers : c’étaient les troupes tsaristes qui tiraient, descendant les fameux escaliers d’Odessa, sur leurs compatriotes réclamant une justice sociale …
 
Dans un texte sur Philip Agee, je rappelais récemment :
“…cette vision binaire et paranoïaque entre Le Bien et le Mal. Du temps de la Guerre froide. Cette tare est indécrottable de la vision géopolitique des castes au pouvoir (et de leurs “experts”…) en Occident. Elle perdure depuis le Moyen Age !...”
 
A cette idéologie du Bien affrontant le Mal, je perçois, toutefois, une inflexion de forte amplitude depuis la chute du communisme. Ce n’est plus l’affrontement entre des blocs, rivalisant dans l’expansion de leurs aires d’influence ou de domination, s’affrontant épisodiquement par pays vassalisés. Aux marches lointaines du cœur de leurs territoires.
 
la-voix-de-son-ma--tre.jpgA présent, l’Occident se vit assiégé, par un ennemi intérieur aussi bien qu’extérieur. Sous forme de dangers qu’il peine à définir ou à identifier.

C’est le mythe d’une collectivité menacée en permanence de disparition, par des peuples de “civilisation inférieure”, prétendant rivaliser en puissance avec lui : puissance économique, politique, militaire…

La psyché occidentale est, en fait, gangrenée par l’extrémisme sioniste. Cette vision paranoïaque, reprend mot pour mot l’idéologie des ultras américains et sionistes. La France en est réduite à adopter, dans une soumission acceptée par ses castes au pouvoir, la posture : “La voix de son maître”.
 
Ces menaces, mal définies, ont pour conséquence : la nécessité de les combattre à la source. C’est-à-dire dans d’autres pays, plus ou mois lointains, qu’on essaye avec courage, détermination et esprit de sacrifice, de civiliser au passage, tout en les détruisant.

D’où l’omniprésence du terme : expéditions extérieures, forces de projection, missions de paix, de stabilisation, etc.
 
Mégalomanie, s’exprimant dans l’arrogance du plus fort. Malgré sa force, démultipliant la peur sur le plan intérieur. Peur psychotique. D’où le besoin de se surarmer, de se doter d’une industrie de l’armement démesurée, de transformer progressivement la collectivité en Etat policier, d’abord, avec l’érosion systématique de ses libertés publiques, puis ouvertement militarisé.
 
Cette représentation hallucinée d’une chimère, occulte une réalité qui est tout autre. Nous ne sommes plus dans une vision fondée sur la perception objective d’une situation et de son évolution, mais sur l’observation rigoureuse de tabous. C’est oublier que la stricte observance de tabous provoque l’aveuglement, pire : le fanatisme.
 
Et, l’Histoire s’en contrefiche…
 
 
2.1.  Les tabous de l’Occident
 
Politiciens et médias occidentaux confondent “Communauté Internationale”, qui ne représente que les castes au pouvoir et leurs appareils de propagande, avec “Opinion Internationale”, parfaitement informée, au jour le jour, de ce qui se passe réellement dans le monde.

Le paradoxe est impressionnant, dès qu’on sort de ses frontières, hors d’atteinte de ses outils de propagande, l’Occident n’a plus aucune légitimité. Seule crédibilité temporaire : la force brute. Et, quatre tares apparaissent :
 
 
i)  Absence d’éthique
 
Contrairement à l’autosatisfaction entretenue par sa propagande, l’Occident est considéré comme une puissance conquérante, porteuse de mensonges et de violences.

C’est ce double langage, entre la propagande diffusée à l’intérieur des pays occidentaux et les actes accomplis à l’extérieur, en manipulant son opinion publique par la désinformation, qui n’est pas accepté et ne sera jamais accepté par les autres peuples.

D’où les reproches constants qui enlèvent tout bien- fondé à sa politique étrangère :
 
=> L’hyperviolence : les sommets de violence, pratiqués sur plusieurs continents depuis plusieurs siècles (y compris en Chine de 1840 à 1940) soulèvent un mépris général qui, évidemment, contraste avec l’autosatisfaction cultivée dans les médias occidentaux, jusque dans ses manuels scolaires.

Ce qui se passe en Palestine, en Irak, en Afghanistan, où les massacres de population civiles sont pratiques courantes et délibérées, confirment la perception du reste du monde.
 
 
=>  Le mépris de la dignité humaine : le mot éthique a été effleuré au cours des auditions. Par des officiers supérieurs, d’ailleurs… Sous-entendu : faut-il pratiquer la torture ou pas ?...

Mais, en termes d’éthique qu’en est-il quand on bombarde des civils, quand on occupe militairement un pays contrevenant ainsi au principe du respect du droit à l’autodétermination des peuples ?...
 
 
ii)  Pratique du “double standard”
 
L’Occident se veut donneur de leçons, veillant à pratiquer le “deux poids deux mesures” :
 
=> Leçons incessantes aux uns et aux autres sur le respect des droits de l’homme, de l'Etat de Droit et de la démocratie, d’un côté, et, de l’autre, les atrocités permanentes en Palestine, en Irak ou ailleurs…
 
=> La question de la Palestine et des résolutions de l’ONU jamais appliquées concernant ce peuple sont une catastrophe pour l’image de l’Occident. Ce “double standard” le rend encore plus ridicule, quant à son soutien au surarmement israélien, tout particulièrement, sur le plan atomique et balistique.
 
 
iii)  Milices armées et intérêts privés
 
Les peuples non occidentaux savent que les “Défenses” occidentales ne sont pas armées pour défendre leurs pays, mais pour conquérir les leurs, ou les asservir en soutenant les crapules et les dictatures qui les oppriment.

A aucun moment la commission ne s’est posée la question sur la légitimité des “opérations extérieures”… L’armée est-elle une milice au service d’intérêts, avant tout, privés ?...
 
Quand on claque des talons, la tête se vide”, disait le maréchal Lyautey. Vérification exacte : aucun des militaires, intervenant à la commission, ne s’est posé la question sur la légitimité et l’éthique des “opérations extérieures”… 
 
 
iv)   Autocratisme et “fait du Prince”
 
Les élus, le peuple, ne sont même pas consultés lorsqu’il s’agit “d’opérations extérieures”. Certains, du PS notamment, l’ont souligné. Ils ont appris la présence des troupes françaises en Afghanistan par le magazine Paris Match. Présence que le ministre de la Défense avait niée une semaine auparavant (Alliot-Marie). Non information, mensonge : où est la démocratie ?...
 
Il est urgent que le vote des parlementaires soit exigé pour obtenir l’autorisation de ces opérations, avec, une durée limitée. Instaurant l’obligation d’un objectif de “sortie de crise”.

S’il y a envoi de troupes à l’étranger, le peuple doit savoir : pourquoi, comment, et quand se termine l’opération. Autrement, nous sommes dans le pur exercice de l’autocratisme ou le "fait du prince". Où est la démocratie, en ce cas ?
 
 
 
2.2.   Les conséquences d’une cécité
 
Quant aux conséquences de cette cécité forcenée, je me limiterai (il faudrait un livre pour en esquisser le tour..) à deux points principaux, dans une perspective évolutive :
 
 
i)  La victoire de l’autodétermination des peuples
 
Se fermant aux réalités de l’évolution des peuples vers leur “totale” autodétermination, l’Occident va multiplier les expéditions malheureuses, sous de faux prétextes : Irak, Afghanistan, en sont un exemple quotidien.  Il mordra la poussière, avec tout son arsenal et la technologie dont il est si fier.

Sa politique belliciste ne retardera que l’échéance. Gaspillant les deniers publics et multipliant les souffrances des peuples concernés. Ce sont des combats d’arrière–garde. A l’exemple de la Chine et d’autres, les peuples se libèreront et choisiront leur propre destin.
 
 
ii)  Le danger des lobbies de l’armement pour la démocratie
 
Les lobbies de l’armement vont tout faire pour accroître la part des dépenses d’armement. Leur mégalomanie n’a plus de borne.

Entendre des intervenants craindre que la Chine ne rattrape la France, quant à son budget militaire (12), donne une idée de la folie des grandeurs des industriels de l’armement en France. C’est la grenouille qui veut devenir plus grosse que le boeuf…
 
Au-delà de 2% du PIB, les démocraties sont en danger. L’industrie de l’armement devient trop importante et se transforme en moyen de chantage pour ces milieux : recherche et emploi n’ont pas à dépendre de pareilles industries. On sait que c’est l’argument favori des lobbyistes…
 
Pour museler ce secteur excessivement dangereux pour nos libertés publiques, il convient :
 
=> De limiter les budgets mondiaux de l’armement à 2% maximum du PIB, comme critère de convergence.
 
=> De pratiquer « l’open book » des comptabilités des industriels de l’armement qui doivent à tout moment être contrôlables par les élus et les organes spécialisés, afin d’éviter les marges excessives, prêts gratuits et autres libéralités. La transparence dans l’usage des deniers publics doit être totale, n’en déplaise au laxisme de la Cour des Comptes.
 
=> D’interdire la possession des médias par l’industrie de l’armement, afin de respecter la liberté  et la diversité d'expression.
 
 
Mais tout cela, la commission ne l’a pas évoqué et ne l’évoquera pas.
 
 
J’entendais Pierre Lellouche se gargariser de la “rupture dans les pratiques”, en référence aux auditions publiques filmées, et diffusées sur les TV parlementaires. Prenant les citoyens pour des “canards sauvages”, les supposant incapables de discerner entre le débat démocratique et la simple modernisation, ou “relookage”, d’une “campagne de com.”…
 
Loin d’être une “rupture”, le simulacre de la “Commission de la Défense et de la Sécurité Nationale” n’est qu’un Chèque en Blanc accordé aux intégristes de l’atlantisme le plus fanatique et aux lobbies de l’armement.
 
Tragique illustration de la déliquescence de nos institutions, aux mains d’une oligarchie ploutocratique et belliciste qui, par son aveuglement idéologique, prépare des lendemains de désarroi, de souffrance, et de révolte pour notre nation…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)   Les précédents remontent à 1974 (Pompidou - Debré) et 1994 (Balladur – Léotard).
(2)   Voir, entre autres, Le Canard Enchaîné du 2 janvier 2008 et des sites tels que : www.solidariteetprogres.org
(3)   Jean-Claude Mallet : Conseiller d’Etat, membre de la puissante famille des banquiers Mallet, du groupe Neuflize-Schlumberger-Mallet-Demachy (NSMD) rattaché au groupe international ABN-Amro (Hollandais d’origine), a été Secrétaire Général de la Défense Nationale de 1998 à 2004.
(4)   Heisbourg, François, auteur notamment de : Hyperterrorisme : La Nouvelle Guerre, Odile Jacob, 2001, La fin de l’Occident-L’Amérique-L’Europe et le Moyen Orient , Odile Jacob, 2005, L’épaisseur du Monde, Stock, 2007.
(5)   Principaux ouvrages de Thérèse Delpech :
=>
L’Ensauvagement – Le Retour à la Barbarie au XX° siècle – Grasset 2005
=>
L’Iran – La Bombe et la Démission des Nations – Autrement – 2006
=> Le Grand Perturbateur – Réflexions sur la question iranienne
– Grasset 2007
(6)   “Les experts qui ont donné raison à la CIA”, http://www.voltairenet.org/article12361.html, 4 février 2004.
(7)   Hyperterrorisme (Op. Cit.).
(8)   Signataire, aux côtés des membres du lobby ultrasioniste, très actif en France (BHL, Glucksmann, Elie Wiesel, etc.), d’un appel aux dirigeants européens (novembre 2006) appelauxdirigeantseuropéens@yahoo.fr, dont voici quelques fadaises confites d’hypocrisie :
“… Au nom de notre attachement à la démocratie… exhorter les dirigeants européens à faire face au danger que font peser sur le monde les dirigeants iraniens, leur volonté de se doter de l’arme nucléaire et de « rayer Israël de la carte » : … - refuser les violations du droit international et du traité de non-prolifération des armes nucléaires … - demander à l’Onu qu’elle fasse respecter sa Charte interdisant à tout Etat membre l’incitation à la haine et l’appel à la destruction d’un autre Etat membre, faute de quoi l’ONU perdrait toute légitimité…”
(9)   Le Grand Perturbateur (Op. Cit.), p. 119, note 2.
(10)   Ghassam Salamé, ancien ministre de la Culture, de l’Education et de l’Enseignement Supérieur du Liban, Directeur de recherches au CNRS/CERI…
(11)   Pierre Lellouche est membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale. C’est, surtout, un des plus puissants hiérarques de l’UMP et des lobbyistes les plus actifs des industriels de l’armement.
(12)    Cf. intervention de Pierre Lellouche. Le fameux maintien, dans le jargon du milieu, du “gap arrière” : ceux qui sont derrière nous, ne doivent pas nous rattraper… Cela se veut un raisonnement logique et intelligent !...








 
 

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Published by Georges Stanechy - dans Géopolitique et Prospective
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commentaires

Georges Stanechy 26/01/2008 00:15

 Chère Aline, Merci !  Effectivement, Geremek est l’archétype du lobbyiste de l’idéologie de l’extrémisme américano-sioniste. Il est bon de rappeler le rôle de ce “va-t-en-guerre”. Apparemment, la destruction de l’Irak, avec un million de morts, n’a pas l’air de le troubler.  Et, dire que certains imaginent ce traîneur de sabre en tant que premier président de l’UE… Bien à vous.  

Aline-Mariali 25/01/2008 20:18

Cher Georges, Merci pour ce tableau époustouflant . J’admire autant la qualité des informations que vos commentaires auxquels j’adhère complètement. Comme Chahid, je suis perplexe au sujet de la création de cette base dont nous avons appris la création après les pieuses déclarations de notre président au royaume des Saoud. A propos de Geremek : il y a quelques jours, l’édito du matin de Bernard Guetta sur France-Inter faisait l’apologie de ce personnage et voyait en lui un « excellent candidat au poste de premier président de l’Union européenne ». Je voudrais rafraichir les mémoires et rappeler son rôle capital dans le Committe for the Liberation of Iraq , créé entre le 11 et le 17 novembre 2002 et chargé de vendre la guerre américaine. Ce Comité était présidé par Bruce K. Jackson , Vice-Président depuis 1994 du groupe d'armement Lockheed Martin . C’est lui qui, à la tête de la fameuse « Nouvelle Europe » avait convaincu huit Etats à trahir la solidarité européenne . Barroso , le Président de la Commission était l’organisateur de la réunion des Açores entre Bush, Blair et Aznar qui a bétonné l’alliance. Petit rappel de la liste des membres européens du Committe for the Liberation of Iraq Gary J. Schmitt et Randy Scheuneman, issus des milieux du renseignement américain ; Adam Michnik, rédacteur de Gazeta Wyborcza, Pologne; Carl Bildt, Premier Ministre, 1991-1994, Suède; Gustavo De Aristegui , San Roman, Membre du Parlement espagnol; Asla Aydintasbas, Turquie; Bronislaw Geremek, historien, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2000, Pologne [fait également partie d'un groupe de travail de 12 membres qui, à l'initiative de Romano Prodi, et sous la direction de Dominique Strauss-Kahn, est censé réfléchir au " modèle européen "]; Misha Glenny, Auteur, Royaume Uni; Christopher Hitchens, Auteur, Royaume Uni; Toomas Hendrik Ilves, Ministre des Affaires étrangères, 1999-2002, Estonie; Omar Karsou, Démocratie en Palestine; Ivan Krastev, Bulgarie; Vytautas Landsbergis, Président, 1990-1993, Lithuanie; Nadezhda Mihaylova, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2001, Bulgarie; Klaus Naumann, General, ret., Bundeswehr, Allemagne ; Baroness Nicholson of Winterbourne, Membre du Parlement européen; Martin M. Simecka, Slovaquie; Petar Stoyanov, President, 1997-2002, Bulgarie; Alexandr Vondra, République Tchèque.Bien à vous

Georges Stanechy 25/01/2008 19:48

 Bonsoir Chahid, Ta question donne un coup de projecteur sur un des dysfonctionnements majeurs de nos institutions, concernant la gestion démocratique de notre Défense Nationale. Il s’agit d’une pratique quasi-générale dans les pays occidentaux. Le cas britannique, malgré une mobilisation de l’opinion publique beaucoup plus sensibilisée et mieux organisée sur ce plan que la France, est emblématique. Les mêmes caractéristiques se retrouvent : i) Le paradoxe est terrible : d’un côté, pour des raisons économiques, on supprime des bureaux de postes, des trésoreries, des hôpitaux, des tribunaux, et autres services publics, dans des villes et villages ; de l’autre, on multiplie le nombre de bases militaires, installations et “opérations extérieures” en dehors du territoire national !... Qu’en est-il de la recherche d’économies ?... S’agit-il de transférer les économies réalisées, dans les poches des lobbies de l’armement ?  ii) Les accords de coopération militaire ou d’implantation de bases militaires ne sont jamais débattus, par les élus ou dans les médias, s’effectuant dans une totale opacité. De même, les fameuses "Opex", les opérations extérieures. Inadmissible dans une démocratie. Le problème est que tous les partis, droite ou gauche, arrivant au pouvoir se satisfont de ces pratiques (cf. Mitterrand…). iii) La France entretient une énorme base à Djibouti (cohabitant, à présent, avec des forces américaines…) : 5 000 hommes en moyenne, représentant les trois armes : terre - air - mer. A mots couverts, certains disent que les frais en "seraient" intégralement, et annuellement, réglés par les Saoudiens… Si c’est le cas, pourquoi, comment, etc. ?... Le cas de la prochaine base française à Abu Dhabi, est similaire. S’agit-il d’une base pour soutenir la logistique de la présence de la flotte française dans le Golfe (si oui, pourquoi la flotte française dans le Golfe ?), s’agit-il d’une base d’écoute, etc. ? Qui va payer ?... Quelle légitimité de notre présence dans une région qui a besoin d’apaisement et de paix. Aucun citoyen français ne le saura. Autant, il est compréhensible qu’en cas de guerre le “Secret Défense” fasse l’objet d’une extension particulière, autant en temps de paix, le débat républicain doit être respecté… iv) Les forces armées d’un pays sont-elles au service d’intérêts privés ? On est en droit de se poser sérieusement la question. Pas seulement, au service des industriels de l’armement et autres prestataires du secteur…  Si je prends le cas de la Côte d’Ivoire (un des exemples les plus choquants que je connaisse…), il est évident que sans la présence des troupes françaises sur place (troupes installées à demeure, depuis Houphouët…) et par l’envoi régulier de corps expéditionnaires, la démocratie dans ce pays se développerait et les Ivoiriens reprendraient le contrôle de leur destin national et de leurs richesses. Pour le moment, la Côte d’Ivoire est méthodiquement pillée par les intérêts français : tous les services publics (y compris la téléphonie, internet, etc.) sont sous contrôle d’entreprises françaises, et même son commerce extérieur (lignes maritimes et export-import contrôlés par le groupe Bolloré…), immobilier, tous les commerces d’importation, aucune fabrication sur place.  A part une nomenklatura au service des anciens colons, les Ivoiriens en sont réduits à “l’économie de la survie”. Les révoltes récentes des Ivoiriens (diabolisées par les médias des mêmes groupes “exploitant” les services publics Ivoiriens…), de sa jeunesse en particulier, qui n’en peuvent plus de ce pillage sont les signes avant-coureurs d’autres mouvements dans le pays et la région…  L’intérêt national de la France, n’a pas à être assimilé à cette caricature de “mondialisation”, véhiculée par des groupes familiaux en cheville avec des politiciens… v) Compte tenu des montants énormes en jeu, ainsi que des responsabilités, la transparence s’impose d’urgence dans le domaine de la Défense Nationale. Si les politiques s’y refusent, c’est qu’ils y ont un intérêt : personnel ou collectif. On retrouve encore, en filigrane, le rôle néfaste des paradis fiscaux, auxquels les mêmes politiciens ne veulent pas toucher … Bien à toi.  

Chahid 25/01/2008 00:23

Bonsoir GeorgesComme d’habitude, analyse et enchaînement d’arguments tout à fait saisissants.Que peut-on attendre d’un tel sketch dont l’écho s’est fait entendre ces derniers jours à Herzliya. J’imagine que ces « experts » et « invités » dont tu nous parles ont fait le déplacement pour cette foire de fanatiques !   Pour les absents des auditions, les palestiniens et les autres, citons Karl Marx « Ils ne peuvent se représenter eux-mêmes, ils doivent être représentés », le système les prend pour des « moutons » comme dit Marx.  Concernant ta question « L’armée est-elle une milice au service d’intérêts, avant tout, privés ? », j’aimerais bien savoir quelle interprétation donnes-tu à la création d’une base militaire française à Abou Dhabi ?Bien à toi