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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 18:47

 

 

Haïti. La première terre du continent américain découverte par Christophe Colomb, en 1492. En hommage à l'Espagne, qui avait sponsorisé son expédition, il l'avait baptisée Hispaniola. Les français sont arrivés plus tard. Pour ne pas se marcher sur les pieds, ils se sont répartis l'île. Concluant un deal (1) : deux tiers à l'Espagne, le tiers restant à la France, la partie ouest, sous le nom actuel d'Haïti.


Début avril 2008, plusieurs haïtiens ont été tués et blessés, par la police, dans une manifestation (2). Ils protestaient contre la pauvreté. Survivant dans un des pays les plus pauvres du monde. Où la quasi-famine, est omniprésente. Les plus pauvres se nourrissant de galettes de boue. Aucune liberté, aucun droit de l'homme respectés. Dictatures (3), succédant aux régimes corrompus, se suivant et se ressemblant, dans des simulacres d'élections....

 

 

On n'en entend pas parler. Haïti, ne figure pas dans le plan média du Marketing des "Bonnes Causes". Permettant aux "belles âmes", aux politiciens de se donner en spectacle sur les plateaux de TV, ou devant les micros. Entretenant leur fonds de commerce par de splendides envolées sur la liberté et la dignité humaine, que l'on se doit de protéger chez les autres. Enfin, chez certains autres...


Près de 9 millions d'habitants, vivant sur 27.000 Km2. Territoire vingt fois plus petit que la France. Environ, 200 milliardaires qui se partagent l'essentiel de la richesse du pays, avec leurs sous-fifres et la complicité de leurs protecteurs étrangers.


Concentré de tous les fléaux : pauvreté extrême, espérance de vie de 53 ans, taux d'analphabétisme supérieur à 60 %, chômage des jeunes dépassant les 80 %. Pays le plus pauvre de l'Hémisphère nord, encore plus pauvre que bien des états africains ou asiatiques.


Il a connu toutes les horreurs historiques.  Génocide des habitants de l'île qui, en 25 ans, ont été éradiqués, comme des moustiques : Taïnos, Arawaks, Caraïbes... Esclavage : dès le début du XVI° siècle, importation continue d'Afrique, pendant plusieurs siècles.


Esclaves, toutefois, qui se sont révoltés au moment de la Révolution française, souhaitant leur indépendance et la fin de leur statut de sous-hommes. Menés par des chefs exceptionnels, avec leurs qualités et leurs défauts, dont Toussaint Louverture (4). On a fêté le 7 avril dernier l'anniversaire de sa mort. Pratiquement, au même moment que les sanglantes manifestations.


Les grands propriétaires et trafiquants ne l'ont pas admis. Grâce à l'importation massive d'esclaves et à une déforestation colossale, par la culture du riz, du tabac et de l'indigo, Haïti était devenu un véritable pactole pour quelques richissimes colons.


Ils ont réussi à obtenir de Napoléon une expédition impressionnante de 30.000 hommes, sous le commandement de son beau-frère le général Leclerc (5). Avec pour mission, le rétablissement de l'esclavage, qui avait été aboli en 1793. Et, objectif tout aussi primordial, s'emparer des dirigeants indépendantistes.


Dans un premier temps ce fut un succès, à la hauteur des moyens engagés. Tous les moyens. Déclaration du 7 octobre 1802, du représentant du pays des Droits de l'Homme, le général Leclerc :

 "Nous devons détruire tous les Nègres des montagnes, hommes et femmes, en n'épargnant que les enfants de moins de douze ans. Nous devons détruire la moitié des Nègres des plaines, et ne pas laisser dans la colonie un seul homme ayant jamais porté l'épaulette. Sans ces mesures la colonie ne sera jamais en paix..." (6)


Mais les français, commandés par le général Rochambeau, ont dû se retirer après avoir été battus par le successeur de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines à la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803. De plus, Napoléon avait besoin de troupes pour faire face aux coalitions européennes.


Comment se peut-il que ce pays soit dans une situation aussi dramatique ?... Après cinq siècles de colonisation  européenne, occidentale devrait-on dire puisque les USA l'ont occupé militairement à deux reprises. Pays qui n'a connu que le libéralisme économique et le christianisme. Autrement dit, d'après les théoriciens du Choc des Civilisations : tout pour réussir...


A présent, administré par l'ONU (US $ 400 millions de budget annuel, pour 3000 militaires et policiers de la mission MINUSTAH...), le FMI, la Banque Mondiale. Haïti devrait être une vitrine face à Cuba !...



 


Car, nous ne sommes qu'à 80 km de Cuba.


Et, pourtant, les Haïtiens en arrivent même à envier le sort des Cubains, de leur système d'enseignement, de leur système de santé, malgré l'embargo international imposé par les USA, et la diabolisation de Cuba, depuis des décennies...


Et, pourtant, il y a des ressources minières : or, cuivre, bauxite (aluminium), marbre, carbonate de calcium... C'est toujours ma première vérification, quand j'aborde un pays en développement qui, m'assure-t-on, a des "problèmes de développement"... Inévitablement, on trouve le même phénomène que pour des pays africains, latino-américains ou asiatiques : ces richesses ne figurent pas dans les statistiques du commerce extérieur. Pas d'exportation de ces ressources !... Même dans la documentation de la CIA. A l'exportation, ne figurent dans les mentions, que : produits manufacturés, huiles, café et cacao... Mais, où passent donc ces richesses ?...


A cette "évaporation informationnelle", correspondent, évidemment, de gros trafics. Accentués par la présence des paradis fiscaux qui pullulent dans les Caraïbes. Comme souvent, ces richesses minières sont exportées au profits de groupes internationaux sans être payées à l'Etat (donc pas d'entrées en devises), mais tout simplement à une oligarchie sur des comptes offshore.


On l'occulte, la corruption, lorsqu'on parle d'un pays "pauvre", ou en "développement", a pour support l'oligarchie au pouvoir, c'est un fait. Mais, tout autant les "protecteurs" qui imposent ces régimes. Ou encore, les "donateurs" qui se satisfont de cet énorme trafic que représentent les aides. Systématiquement détournées et dont la plus grande partie va dans les poches des prescripteurs de ces donations, après avoir arrosé la dite oligarchie.


Nos "droits de l'hommistes laïcards" ne s'intéressent, en ce moment, qu'à défendre les intérêts de la théocratie tibétaine, de son clergé et de ses moines en toge safran. Amusant, pour les avoir vus, tous, postillonner pendant des semaines lors de la précédente campagne d'hystérie collective en France, soutenue par les médias de la propagande, contre le "port du voile"...


Alors, Haïti, est leur dernière préoccupation. Il restera donc scotché dans la misère, en proie à tous les trafics, à toutes les répressions, pour le bonheur d'une poignée de crapules, locales et internationales.


Seule consolation, mais signe d'espoir, en attendant que surgissent ses prochains Toussaint Louverture ou Jean-Jacques Dessalines, Haïti possède des artistes magnifiques. Les plus grands peintres contemporains sont là bas...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Traité de Ryswick de 1697. Initialement, la partie française, fut nommée Saint-Domingue, la partie espagnole conservant le nom d'Hispaniola. Ce fut à partir de l'indépendance politique, le 1er janvier 1804, que fut adopté le nom Haïti.
(2)  Haïti : au moins quatre morts dans des manifestations contre la pauvreté, Le Monde, AFP, Reuters, 5 avril 2008.
(3) Notamment, la terrible dictature des Duvalier, père et fils, de 1957 à 1986, protégés par les occidentaux. Grands milliardaires internationaux, dont le faste entretenait une cour et une presse servile dans les principales capitales européennes.
(4) Toussaint Louverture a été fait prisonnier par les français après être tombé dans un guet-apens. Il venait discuter, après avoir signé un accord paix, sous la protection de la "parole" du général Leclerc. Déporté, au fort de Joux, dans le Jura, il y endura une incarcération implacable faite d'humiliations permanentes et de mauvais traitements, dans laquelle s'exprimait tout le racisme de l'époque que l'on peut imaginer. Il serait mort d'une pneumonie, le 7 avril 1803.
(5)  Charles Victor Emmanuel Leclerc (1772 - 1802), premier mari de Pauline Bonaparte. Il ne survivra pas à sa mission, et mourra de fièvre jaune à l'âge de 30 ans. A Haïti même, qui s'appelait encore Saint-Domingue.
(6)  Smart Bell, Madison, La Pierre du Bâtisseur, Actes Sud, 2004, p. 1024.

 

Crédit photo : Martin Baran

Tableau  :  artiste Haïtien Joseph Frantz

 


 

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Published by Georges Stanechy - dans Amérique Latine
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commentaires

Georges Stanechy 20/02/2010 20:41



Bonjour "Halte au parti pris"...

J'aime bien votre pseudo. Il correspond à l'esprit de ce blog qui est de lutter, modestement, très modestement, contre la désinformation ambiante.

Suis-je manichéen ?... Plus simplement, "à contre-courant". C'est moins diabolique...

Peut-être que vos médias quotidiens, télévisuels, radiophoniques ou autres, correspondent mieux à vos attentes.

Alors, ne lisez pas mon prochain billet : vous allez encore être déçu...

Bien à vous







Halte au parti pris ! 20/02/2010 17:35


Bonjour !
j'aime toujours autant votre site. j'avais déjà dénoncé votre parti pri exarcerbé envers les musulmans indiens dans un autre article. Cela fait depuis quelques temps que je m'intéresse à
l'histoire d'Haïti qui a une histoire passionnante. Dans votre article, vous restez encore trop manichéen, entre blanc colons et esclaves noirs. Vous ne parlez pas du sort réservé aux blancs lors
de la révolution haitienne. Quelques 10.000 personnes se sont faites massacrés, des compatriotes qui n'étaient pas tous des esclavagistes. En effet, Haiti était tellement riche que le pays a
attiré plusieurs milliers de migrants français. Les survivants sont allés s'installer à Cuba, ou en Louisiane. Cette révolution à été aussi trés meutrière pour la population civile haitienne, 1
million de morts sous le joug des soldats amenés pour rétablir l'esclavage. Aujourd'hui, le pays ne s'en sort pas, pourquoi ? Ce n'est pas la faute des esclavagistes ...


Georges Stanechy 12/04/2008 02:40

 
Bonjour Seik !
 Merci de ce gentil message.
 Rassurez-vous nous : sommes très, très nombreux à
ressentir les mêmes pensées ou sentiments sur la vision du monde, de la société
et des valeurs communes à partager.
 Simplement, ce ressenti éprouve des difficultés à s’exprimer
du fait que le conditionnement médiatique (avec sa fausse information, et sa
fausse culture ou sa culture “marchande”) y fait barrage. Pour le moment…
 Il ne faut pas se laisser impressionner par ce manque de visibilité
provisoire. La réalité est là. C’est le plus important. Un jour viendra où elle
s’affirmera au grand jour. En attendant, il faut poursuivre ce maillage des
“hommes et femmes de bonne volonté”.
 Bien à vous
 

Seik 12/04/2008 01:24

Bonjour Georges !J'ai un vrai plaisir intérieur de vous lire, et finalement de me consoler en sachant que je ne suis pas le seul à penser comme vous, d'avoir cette vision du monde et de la société en générale dans vos textes!Un grand merci ! 

PHILCO 11/04/2008 15:05

« Ce Blog n’a pas pour vocation de chanter les louanges du capitalisme. »
Il est certain que vous êtes seul maître de la direction de votre blog. Ceci dit, ce n’était pas le problème : vous vous disiez ne pas avoir d’idéologie préconçue mais vous rejetez le capitalisme comme le « mal » à priori ce qui est tout de même idéologiquement fort marqué, non ? Ma question n’avait d’autre but que de vérifier ce fait.
« Loin des raisonnements théoriques, ou des discussions byzantines sur le sexe des anges. »
Certes, mais pour sortir de la discussion du « sexe des anges » et devenir quelque peu réaliste, vous avez omis de répondre à l’autre partie de ma contribution : « Très bien, soyons donc réaliste : comment envisagez-vous, concrètement, le processus de cette ouverture si elle ne vient pas de l’intérieur ? ».

Georges Stanechy 11/04/2008 10:49

 
@  PHILCO
 
Ce Blog n’a pas pour vocation de chanter les louanges du
capitalisme. Le bocal médiatique dans lequel nous sommes immergés, chaque jour,
le fait très bien. Pratiquement, il ne fait que ça, et ne vit que de ça. Pour
ma part, je ne trouve de stimulation et de plaisir intellectuels qu’en essayant
de jeter un regard en dehors de ce bocal…
Ce que je pense du capitalisme, en France, aux USA, ou
ailleurs ?...  Je vous renvoie aux
meilleurs spécialistes, qui en parlent mieux que quiconque. Loin des
raisonnements théoriques, ou des discussions byzantines sur le sexe des anges.
Avec des faits et des vécus.
Exemple :
=> En France : Thierry Pelletier
=> Aux USA   : Barbara Ehrenreich
=> Ailleurs    :  Naomi Klein
 

PHILCO 10/04/2008 20:41

« L’introduction de nouveaux acheteurs, investisseurs, projets de développement dans une approche qui casse le système mafieux actuel, est un préalable. »
Un préalable certes, mais à quoi si rien n’est changé à l’intérieur du pays, si une VOLONTE POLITIQUE d’en finir avec les monopoles que vous dénoncez n’existe pas ??? A une substitution d’un monopole par un autre, d’une oligarchie par une autre après un simulacre de volonté démocratisante permettant de condamner la corruption et le totalitarisme existant par un autre.  
 
« Vous parlez d’irréalisme… Le premier est de croire que les Haïtiens soient en mesure, dans un pays sous dictature ou assimilée, administration et perfusion étrangère (ONU, FMI, Banque Mondiale, etc.), de bouger le petit doigt. Encore plus d’édicter les lois qu’ils souhaiteraient. Cela ne peut se faire que par une “ouverture”. »
Très bien, soyons donc réaliste : comment envisagez-vous, concrètement, le processus de cette ouverture si elle ne vient pas de l’intérieur ?
« Il ne s’agit pas, non plus, de “noircir ” à loisir les occidentaux. Mais, que dire d’autre pour Haïti sous administration, colonisation, influence occidentale, exclusive, depuis cinq siècles ?... »
Pas de noircir les occidentaux ? Je ne lis pas grand chose en leur faveur dans vos écrits. Ceci dit, je reprécise que je vous accompagne dans votre dénonciation de l’exploitation de ce pays par le capital américain. Je dis simplement que cela ne vient pas  du fait qu’il soit occidental ou américain mais de la logique du système capitaliste non régulé en place dans ce pays. Une fois que l’on accepte cette idée essentielle, on en déduit que le changement ne peut venir QUE de l’intérieur. C’est ce qui s’est passé sous les terribles dictatures militaires sud américaines ou asiatiques des années 60/70 pour ne pas prendre l’exemple emblématique de Cuba où une poignée de guerrilleros ont renversé la dictature soutenu par les américains de Batista, ou l’exemple de l’Iran avec le renversement du shah par Khomeiny.
 
« Quant à ma “vision idéologique”, je n’en ai tout simplement pas. »
Quels sont les bienfaits du capitalisme selon vous ? Quelles seraient les dimensions positives des Etats-Unis ?
 

Georges Stanechy 10/04/2008 18:41

 
@  PHILCO
 Il ne s’agit pas de “substituer” des prédateurs à d’autres,
mais d’ouvrir une “chasse gardée” monopolisée par quelques pays. L’introduction
de nouveaux acheteurs, investisseurs, projets de développement dans une
approche qui casse le système mafieux actuel, est un préalable.
 Vous parlez d’irréalisme… Le premier est de croire que les Haïtiens
soient en mesure, dans un pays sous dictature ou assimilée, administration et
perfusion étrangère (ONU, FMI, Banque Mondiale, etc.), de bouger le petit
doigt. Encore plus d’édicter les lois qu’ils souhaiteraient. Cela ne peut se
faire que par une “ouverture”.
 Il ne s’agit pas, non plus, de “noircir ” à loisir les occidentaux.
Mais, que dire d’autre pour Haïti sous administration, colonisation, influence
occidentale, exclusive, depuis cinq siècles ?...
 Quant à ma “vision idéologique”, je n’en ai tout simplement
pas. Je pense l’avoir clairement exprimé. Mais, je remarque que souvent, auprès
d’interlocuteurs différents, mon absence de systématisation idéologique au
cours d’une analyse est prise pour une “prise de position idéologique”.
Justement, auprès de ceux qui ont un cadre intellectuel verrouillé par une
idéologie précise.
 Exemples courants : si on critique la politique étrangère
américaine, on est un "anti-américain primaire”, si on critique la politique
occidentale on est un tiers-mondiste, si on défend un approche plus nuancée de
la Russie ou de la Chine, on est un traître à la cause des “droits de l’homme”
et au tiers-mondisme, etc. Infantile…
 Lorsque vous êtes confronté au drame du sous-développement,
à l’injustice de la loi du plus fort et au pillage des grandes puissances, tels
que je les ai vécus et les vis, dans des pays différents sur divers continents,
dites vous bien que tous les modèles, qu’ils soient idéologiques ou académiques
(je pense à la calamité intellectuelle des Business
Models diffusés par les Business Schools), volent en éclat au bout d’une
semaine. Certitudes académiques, visions formatées, endoctrinements “civilisationnels”,
pour peu qu’on exerce son esprit critique, qu’on mette dans la balance son cœur
et ses tripes…
 Mais, je crois comprendre que vous êtes persuadé que ma
grille de lecture du monde, et de son fonctionnement, correspond à un parti pris
idéologique.
 Libre à vous de le penser.
 
 

PHILCO 10/04/2008 15:28

Et pourtant, lorsque vous écrivez : « Afin qu’il ne soit plus enchaîné à ces quelques pays occidentaux, qui font durer, pour leur plus grand profit, cette injustice et cette souffrance inadmissibles. » j’avais compris qu’il vaudrait mieux qu’Haiti fasse du commerce avec les pays non occidentaux pour que son sort aille mieux. Sauf à croire qu’il s’agirait d’une politique différente, je ne vois pas en quoi cela irait mieux de substituer les « prédateurs » occidentaux car d’autres « prédateurs ».
Comme la plupart des pays, ce n’est pas leur rendre service que de mettre sur le compte des occidentaux leur sous développement. Bien sûr qu’Haiti subit une exploitation éhontée de son agriculture de la part, surtout, des Etats-Unis. Mais que les propriétaires des grandes fermes haitiennes deviennent brésiliens ou chinois ne changera rien à leur sort. Il leur reveint D’ABORD à eux de changer leur ordre intérieur en obligeant l’oligarchie captant l’essentiel des richesses à redistribuer celles-ci. Si les investisseurs brésiliens venaient à se substituer aux compagnies américaines, ils ne tarderaient pas à reproduire la même situation que l’actuelle à leur profit et à celui de ceux qui elur auront permis de s’installer. Pour créer une vraie dynamique concurrentielle, il faut que des lois anti monopoles soient votées PAR LES HAITIENS eux-même. Encore une fois, votre vision est très idéologique et peu constructive dans la mesure où vous confondez les lois d’un marché avec les bénéficiaires actuels de ces lois dépendantes des haitiens.

Georges Stanechy 10/04/2008 12:19

 
@  PHILCO
 “Humanisme supérieur
d’un pays”, quel qu’il soit, par rapport à d’autres ?...  Loin de moi cette pensée angélique.
 Je m’en suis d’ailleurs expliqué, à plusieurs reprises. Le
fait d’applaudir, ou de souhaiter, l’entrée pacifique d’un ou de plusieurs pays
dans un jeu ou une situation géopolitique bloqués, depuis longtemps, ne veut
pas dire que ce soit la descente des anges sur terre.
 Tout simplement, une modification des rapports de force,
économiques en particulier, qui entraînent des effets bénéfiques. Ne serait-ce
que dans l’application du principe de la “libre concurrence”. Principe si
souvent invoqué, mais rarement appliqué. En particulier, et paradoxalement, par
les pays occidentaux dans les rapports interétatiques. Il n’y qu’à s’amuser de
la rage de Big Business devant les
coups de boutoirs concurrentiels de la Chine, en Afrique.
 Pour le cas particulier d’Haïti, il convient de casser le
cercle “vicieux” (dans tous les sens du terme…) dans lequel il est enfermé. Une
paupérisation cultivée, dans un système d’aides internationales depuis des
décennies, dont l’opacité et le manque de contrôle représentent davantage un
système clientéliste mafieux qu’un vecteur de développement économique. Le
volet social étant sous-traité, actuellement, sans contrôle, à une myriade
d’ONG religieuses et confessionnelles, à l’éthique et au comportement plus que
douteux…
 Je souhaite pour Haïti, ce qui est en train d’arriver dans
plusieurs Etats africains, où l’irruption dans la chasse gardée de Big Business, des pays que j’ai cités,
modifie les rapports et les comportements économiques. En apportant,
incontestablement, un nouveau modèle win
win : meilleures conditions d’achats des matières premières, montages
de projets avec des rapports en participation au capital plus équilibrés,
meilleures conditions de financement, meilleurs projets d’investissement
(décidés moins en fonction des desiderata des entreprises occidentales qu’en
fonction des besoins locaux réels).
 Progressivement, une dynamique s’installe, cet apport
modifiant les comportements. A terme, évidemment, restera la mise en phase de
l’aspect institutionnel avec ce renouveau économique : fiscalité, justice,
etc.
 Mais, je ne veux pas vous encombrer avec la problématique du
développement ...
 

PHILCO 10/04/2008 04:28

"Faudra-t-il, peut-être, que le Brésil, l’Inde ou la Chine, ou d’autres, commencent à s’intéresser à lui, à commercer, ou avoir des projets d’investissements ?..."Pourriez-vous me dire quelles sont les raisons qui vous font croire en un humanisme supérieur des pays que vous citez?

Georges Stanechy 09/04/2008 17:50

 
Bonsoir Chahid
 
Oui. Tragique destin d’Haïti. Isolé géographiquement, et
sans intérêt géopolitique pour les grandes nations, oublié de tous, on a le
sentiment que ce pays n’aura jamais prise sur son avenir.
 
Faudra-t-il, peut-être, que le Brésil, l’Inde ou la Chine,
ou d’autres, commencent à s’intéresser à lui, à commercer, ou avoir des projets
d’investissements ?... Afin qu’il ne soit plus enchaîné à ces quelques
pays occidentaux, qui font durer, pour leur plus grand profit, cette injustice
et cette souffrance inadmissibles.
 
Bien à toi
 
 

Chahid 08/04/2008 23:38

Bonsoir Georges
Haïti est malheureusement l’exemple type de ces pays que l’Occident préfère gérer ou sous-traiter par des paramilitaires ou mercenaires après avoir légitimé et délégitimé ses gouvernements élus…
Haïti avec sa Révolution de 1804 semblait partir pour devenir un pays « repère» pour tout le continent sud américain, et pourtant il fut encore une fois rattrapé par cet incontournable Big Brother qu’est l’Occident,  attentif, prêt à intervenir et intervenant souvent pour faire reculer un pays souverain des siècles en arrière !
Bien à toi