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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
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Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 14:32

 


Suite du (1)

 


L’Imbécillité Tragique de “l’Intelligentsia” Française                       

 

 

La lecture de “Syngué Sabour” m’a procuré la même sensation que ces barquettes de plats préparés d’hypermarché. Transitant par le micro-ondes, avant ingestion et digestion. “Produit” parfaitement calibré pour le marché français, et occidental. Dans le business de l’édition, les traductions ou les cessions de droits à l’export, avec si possible des adaptations cinématographiques, sont planifiées pour diffuser un “produit vendable”. D’où, la nécessité de réunir les ingrédients basiques.

 

On retrouve, dans ce Goncourt, le cocktail d’astuces indispensables aux bonnes ventes dans l’édition bien de chez nous : violence, incitation à la haine raciale et religieuse, à mots couverts bien sûr car il convient de respecter un minimum de convenances, femme “victimisée” pour ratisser du côté des organisations féministes ouvrant grande la promotion dans les magazines “féminins”. Et, ingrédient essentiel : du sexe…

 

Dans Syngué Sabour, tout y est. Parfaitement dosé. Tous les clichés sont là pour plaire à la cible de clientèle, le “bobo” occidental, flatter son racisme et stimuler sa libido fatiguée par le stress…

 

Tranches de sexe, entrelardées d’une couche de voyeurisme, alternant avec les imprécations de “la femme” contre les hommes et son pays, personnage central du roman, dont on ne connaîtra pas le nom. Un coulis de sauce sanguinolente, pour fin, car il faut bien une fin en apothéose : la femme se faisant fracasser la tête par son homme, contre un mur, sur le sol. Rêve ou réalité, le fait est là. Pour bien signifier le “sort tragique de la femme Afghane”.

  

Pour toile de fond, une femme veille un homme dans une maison. Son mari. Dans une demie folie.

 

Plagiat, pur et simple, du thème et du cadre d’un des chefs-d’œuvre de l’écrivain espagnol Miguel Delibes, Cinco horas con Mario, publié en 1966 et traduit en français en 1971, sous le titre de Cinq heures avec Mario. Même monologue d’une femme devant le corps de son mari décédé, l’accablant de reproches et exprimant ses frustrations devant son incompréhension.

 

Il est dans le coma, sous perfusion, blessé dans des combats. Ambiance de guerre. Elle soliloque, prenant son homme pour "pierre de patience".

 

On entend les bruits extérieurs : tirs, chenilles et moteurs de char d’assaut, cris.

 

Quelle guerre ?... Une de celles, successives, imposées par les envahisseurs de l’Afghanistan, Russes, Américains, coalisés occidentaux de l’OTAN ?...

 

Chut ! Tabou ! Nous n’en saurons rien.

 

Des hommes entrent et sortent, en hurlant, fouillant la maison, malmenant le blessé. Ils portent des “turbans noirs”. Se ravisant de leur méprise. Nous sommes bien en Afghanistan. Mais on ne voit, ni n’entend, jamais, des soldats casqués, vêtus d’uniformes étrangers au pays, défonçant des portes, saccageant des maisons, bombardant, mitraillant, criant des ordres dans une langue inconnue des dialectes locaux. Jamais.

 

Des Corans un peu partout, certains traînent par terre, des hommes qui prient, sans bien savoir ce qu’ils font, ni ce qu’ils disent. Des mollahs qui “crient” pour appeler à la prière, n’appréciant pas que “la femme” ait ses règles. Les mollahs, cliché oblige, ne peuvent que crier et être allergiques aux règles des femmes.

 

Des pères méprisés par leurs fils, pour cause de folie. Suivant, à l’interligne près, le catalogue des stéréotypes : dans ce pays de barbares, le sens, la valeur de la famille, sont inconnus. On enfonce le clou, par la tragique histoire de “la tante” exclue de la famille, pour stérilité, finissant dans “une maison close”. Manque, toutefois, le coup de la femme à qui on a “brûlé le visage à l’acide”. Peut-être qu’au moment de l’écriture du roman, les officines de désinformation n’avaient pas encore mis la touche définitive au scénario…

 

Nous sommes bien en “terre d’Islam”.

 

Les hommes y sont noircis encore plus que les turbans dont les affublent l’auteur, à longueur de page.

 

Les hommes ?...

 

Dans ce pays de musulmans sauvages, ils ne peuvent être que des brutes. Aux “turbans noirs”. Aghhh !... Le “turban noir”, l’auteur en fait une fixation. Probablement pour que le lecteur remarque le génie inventif dans le cliché : avant on disait les “barbus”, maintenant on dira les “turbans noirs”…

 

Des obsédés sexuels qui ne savent que se “branler” en “matant”, par une fenêtre, l’héroïne du roman lorsqu’elle prend son bain, pour reprendre les propres termes de l’auteur. On aura droit à la description complaisante de sa masturbation d’une main, tenant de l’autre le sexe inerte du comateux. Puis, pour varier le menu, on assistera à son dépucelage d’une jeune brute, ensuite à ses coucheries avec le même ou on ne sait trop...

 

Quel imaginaire ! Quel souffle romanesque !...

 

Confondant érotisme et pornographie, sensualité et vulgarité de sex-shop.

 

Je ne suis pas un intégriste de la pruderie. Ce qui me met à l’aise pour considérer cet “ouvrage” comme un concentré de folklore islamophobe, sous cellophane porno, empaqueté dans un style de notice de garantie de machine à laver. Sauce : “diabolisation de la résistance afghane”.

 

 

 

 

 

Ça, Prix Goncourt ?...

 

Je me suis interrogé sur les motivations, les critères de sélection des membres du Jury. A se demander s’ils ont lu le livre. Me posant la question :

“Comment en arrive-t-on à primer dans un pays réputé, à tort ou à raison, de grande culture, une telle barquette ?...”.

 

Les commentaires (8) des membres du jury me laissent perplexe. Parmi les ténors :

=> Edmonde Charles-Roux, présidente du Prix Goncourt : “C’est un livre qui défend la cause des femmes”. Ah, bon ?...

=> Françoise Chandernagor: “Le livre s'est imposé par son actualité. L'Afghanistan est un pays qui nous intéresse et qu'on cherche à comprendre” (9). Ah, tendance !...

=> Bernard Pivot : “C'est important que le Goncourt renoue avec la tradition qui consiste à parler du monde”. Parlant d'une « double audace », qui va sans doute « faire polémique » parce que « Syngué Sabour » aborde la question de la condition de la femme…”. Ce qui s’appelle du “marketing de publication” ou de “l’argumentaire publicitaire”…

 

Polémique ?... Soyons sérieux : le jury nous sert un charabia de vendeurs de lessives. Pas plus. Certainement pas, une approche de découvreurs de talents.

 

Evidemment, les critiques, suivent, dans un mouvement moutonnier, tonalité et tempo imposés par les médias. Les commentaires imbéciles se multiplient. Parmi les perles glanées, je vous en propose une, représentative de toutes les autres:

“… Et en « révélant » cette vérité des femmes en terre d'islam, Atiq Rahimi se veut aussi « prophète » d'un changement, d'un espoir...”. (10)

 

A désespérer de l’intelligence …

 

Auteur Franco-Afghan ?... Le dossier de presse repris à l’identique d’un journal à l’autre, ou d’un hebdomadaire à l’autre, coquilles comprises, nous en dresse le portrait.

 

On apprend ainsi que l’auteur, installé en France pendant l’occupation soviétique, appartient à “l’aristocratie du pays”. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le journaliste de L’Express (11). Béat d’admiration.

 

Ce fils d’aristocrate afghan”, dont le père était gouverneur de la vallée du Panchir, a fait toutes ses études au Lycée français de Kaboul. Oubliant de préciser que les frais d’inscription et les places disponibles au Lycée français de Kaboul sont, effectivement, inaccessibles à qui n’est pas un rejeton de la nomenklatura. Ou, de “l’aristocratie” par euphémisme.

 

Appartenir à la jeunesse dorée d’un pays n’est pas une tare. L’essentiel est l’utilisation ultérieure de la chance qu’on a eue… Pour son pays, et l’avenir de la collectivité à laquelle on appartient.

 

L’auteur partage son temps entre sa résidence en France et l’Afghanistan. Où, nous dit-on, “… il est l’auteur à succès d’une sit.com, d’une « StarAc » du rire et du business” !...

 

C’est pas beau la culture d’un “aristocrate” retournant apporter “la modernité” dans son pays ?... Un exemple de dépassement des tabous de sa culture d'origine, comme dirait l’éditorialiste du journal Le Monde. Cet “aristocrate” me fait penser aux aristocrates français qui s’en retournaient d’exil “dans les fourgons” des armées coalisées, caricature d’alors, à la chute de Napoléon. Pour restaurer la monarchie, avec Louis XVIII …

 

Au passage, le dossier de presse assimile le quartier de Kaboul, où sont concentrés les occidentaux et les membres de l’oligarchie locale, de “l’aristocratie”, avec le pays tout entier. Belle manipulation de l’information. Comme si le reste du pays avait le temps, et les moyens, de s’intéresser à la « StarAc » d’Atiq Rahimi…

 

Au-delà de l’éclat de rire qu’il provoque, ce dernier point est à retenir.

 

Il illustre, prenant en défaut la propagande occidentale, le fossé abyssal entre une nomenklatura et le reste d’une nation occupée, colonisée, par des forces étrangères. C’est-à-dire, sa quasi-totalité. Avec le rôle souvent désastreux des centres culturels étrangers, véhiculant un colonialisme implacable derrière le rideau culturel. Ces “élites”, occidentalisées à outrance, sont détestées, méprisées, dans leur pays.

 

Loin de représenter le progrès ou la modernité, elles ne sont considérées que comme des relais de l’oppression et du pillage colonial. Des “collabos”. Lors des dernières émeutes populaires en Côte d’Ivoire, si des jeunes ivoiriens ont saccagé le “centre culturel” français d’Abidjan, ce n’est pas parce qu’ils étaient “sauvages”, contrairement à la caricature raciste de la propagande médiatique française, mais parce que ce symbole “d’aliénation” leur était insupportable.

 

Le plus grave est de voir certaines “élites” adopter les thèses coloniales, à l’encontre de leur propre pays, jusqu’aux extrêmes. Ainsi, concernant l’Afghanistan, la rhétorique classique des colons expliquant la révolte populaire, contre leur autorité, par la présence et l’action “d’étrangers”, venus de l’autre côté de la frontière de leurs possessions ou de leurs conquêtes.

 

Révolte ? Jamais de l’intérieur du pays conquis. Impossible. Impensable. Parce que la population locale, ne peut qu’éprouver vénération pour ses oppresseurs, apporteurs de civilisation et de démocratie.

 

Se développe, à présent, la théorie fondant la paix en Afghanistan, autrement dit l’acceptation de la colonisation occidentale, par l’attaque et l’occupation du Pakistan. La finalité des “ziocons”, partisans acharnés de cette stratégie qu’ils ont réussi à imposer à la France et à L’Europe, étant de “l’exploser”, ultérieurement, entre plusieurs micro-Etats indépendants sur une base ethnique.

 

Ecoutons, lisons, l’incantation des chamans “ziocons”, reprise à l’identique, par Atiq Rahimi :

 

“Il y a une zone tribale entre l'Afghanistan et le Pakistan où sont installés non seulement les talibans et tous les terroristes venus du monde entier, qui créent leurs écoles militaires et coraniques, qui endoctrinent les jeunes gens désespérés, qui les envoient pour mener des opérations-suicides et pour tuer des populations afghanes et les soldats de la force internationale.

Ensuite, une fois l'opération terminée, ils rentrent au Pakistan. Il faut donc se poser la question de savoir d'où viennent leurs armes et leur argent. A mon avis, il faut s'attaquer aux sources. Mener uniquement des opérations de protection en Afghanistan, cela ne sert pas à grand-chose...”. (12)

 

Incontestablement, avec pareil acte d’allégeance brandi à bout de bras, voilà un “auteur-aristocrate” dont carrière, gloire et richesse, sont assurées …

 

 

 

L’Islamophobie Tragique de “l’Intelligentsia” Française                  

 

 

Raisonner par clichés, préjugés, à l’égard des “Autres”, sans au préalable s’informer, se documenter, échanger, discuter, visiter, vivre avec, est le symptôme de l’imbécillité. Imbécillité qui accable l’intelligentsia française, du moins celle qui est médiatiquement visible.

 

Loin de jouer son rôle moteur d’éclaireur, de découvreur de talents. Loin de susciter approches nouvelles, compréhension du monde, dans le respect et l’empathie à l’égard des civilisations et peuples différents, elle ne véhicule que bêtise, fondée sur le mépris, l’intolérance. Justifiant, ainsi, la violence armée à leur égard.

 

Le fondement de cette imbécillité est une pulsion viscérale, un conditionnement profondément ancré dans l’inconscient collectif de l’intelligentsia : l’islamophobie. Edward Saïd, longtemps professeur de Littérature Comparée à Columbia, en a donné les clés.

 

Dans deux ouvrages fondamentaux, pour qui veut comprendre ce phénomène de perversion de l’intelligence et du savoir, dont je recommande toujours la lecture. Qu’on me pardonne, mais je ne dispose que des éditions en langue anglaise : Orientalism et Culture & Imperialism (13).

 

L'ethnocentrisme, ce racisme sous camouflage “intello”, justifiant toutes les entreprises coloniales. A présent, l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Le prétexte de la chasse au terroriste ne pouvant l’expliquer à lui seul. Avec comme pivot de propagande : “le sort tragique de la femme afghane”. Pour faire pleurer dans les chaumières et provoquer l’adhésion.

 

Micheline Centlivres-Demont, à la suite de ses travaux d’ethnologue, a été une des premières à dénoncer l’instrumentalisation de la femme afghane :

« … il y a le discours sur la femme aliénée, dominée ; il y a la femme sous le châdri, qui est pris comme symbole extérieur de l’aliénation féminine. La grande majorité des femmes en Afghanistan ne portent cependant pas le châdri, mais un simple voile de tête. Le châdri est un phénomène urbain, récent. Son port correspond à l’accession à la petite et moyenne bourgeoisie. C’est une forme de promotion. » (14)

 

Remettant en cause l’hypocrisie des “analyses” de la réalité afghane :

« … L’enjeu principal de la plupart des “analyses” n’étant pas tellement de dire ce qui se passe en Afghanistan… il faudrait peut-être … montrer qu’elle (cette analyse) est ethnocentrique, et …(cette analyse ethnocentrique)  interdit de penser le problème de la femme. » (15)

 

Stigmatisant l’ethnocentrisme maladif, et mensonger dans leurs conclusions hâtivement ou habilement construites, des praticiens de la désinformation :

« … les Occidentaux se représentent les femmes d’Afghanistan à partir d’une condition telle qu’ils ne peuvent décrire sa situation que comme archaïque, réactionnaire, féodale. Pourtant dans mon travail d’ethnologue, je me suis trouvée souvent dans une situation paradoxale où c’était moi que les femmes afghanes plaignaient…

… La femme se trouve ainsi au centre d’un réseau de relations qui passe en dehors du mari et qui ne correspond pas à l’image qu’on a chez nous de la famille, du couple, du ménage.

… C’est dans les villes que l’on rencontre les cas les plus tragiques d’aliénation féminine, non dans les campagnes…

… Ce que je veux critiquer, ce sont les images toutes faites de l’arriération ou du progrès calquées sur nos propres représentations. » (16)


Effectivement dans des villes, Kaboul et Kandahar essentiellement, des femmes isolées socialement, non protégées par leurs familles ou leurs clans, ont eu à subir des violences inadmissibles. Comme dans tous pays livrés à l’anarchie provoquée par des guerres, permettant l’accès temporaire au pouvoir de factions violentes et radicales.

 

Mais, s’il s’agit d’être honnête, il convient de ne pas oublier cinq points fondamentaux :

i)  Dans un pays ravagé, pendant plusieurs décennies, dans des guerres imposées par des envahisseurs successifs, les enfants et les hommes en sont autant victimes que les femmes.
ii)  L’amélioration de la condition d’un peuple, sexes et âges confondus, a pour fondement la paix.
iii) La paix a pour fondement l’arrêt immédiat de toute occupation étrangère et le respect du droit, du peuple concerné, à l’autodétermination de ses choix politiques.

iv)  Les luttes d’influence ou rivalités éventuelles, suite au départ des envahisseurs, sont à résoudre par le peuple lui-même. Comme nous, occidentaux, l’avons fait au cours de notre histoire dans nos propres pays. Elles n’ont pas à servir de prétexte hypocrite au maintien d’une occupation militaire.
v) L’autodétermination a pour fondement le respect des intérêts économiques de la nation concernée, dans l’exploitation à son profit de ses ressources naturelles, avec son intégration équitable dans les échanges économiques internationaux. Excluant la pratique criminelle de l’embargo, dont femmes et enfants sont les premières victimes.

 

Oublier ces points, ne serait que pratiquer du misérabilisme médiatique, le “marketing des bonnes causes”, avec pour finalité la justification d’une colonisation et des horreurs qui la sous-tendent inévitablement. Dans le cas de l’Afghanistan : justifier la présence de nos troupes.

 

Oublier ces points ne serait que jouer aux Belles Âmes, incapables d’expliquer ces silences :

 

Qui se soucie du sort tragique, depuis ces soixante dernières années, de la femme Palestinienne  ?... La Palestine ?... “Jamais entendu parler”, vous diront les Belles Âmes…  Leurs connaissances en géographie font penser à celles des géographes du 15° siècle. Quand on ne connaissait pas un territoire, ou une partie de la planète, on marquait  sur les cartes et mappemondes : Terra Incognita

 

La femme Irakienne ?... Son sort tragique ?... Pays laïc, avant sa destruction par l’Occident, où la femme avait le meilleur statut social de la région. Un des plus enviés, malgré la dictature. Elles occupaient les plus hauts postes dans l’armée, l’enseignement, l’administration, les entreprises, la recherche. A présent, misère et prostitution des femmes, inconnues jusqu’à l’invasion, explosent…

 

Qui se soucie du sort tragique de la femme latino-américaine, bolivienne, kenyane, mozambicaine, ivoirienne, congolaise, sud-africaine, indienne ?... L’espérance de vie dans les régions pauvres de ces pays tourne autour de la quarantaine d’années. Encore moins, pour les hommes.

 

Qui se soucie de toutes celles qui crèvent de misère, de faim, de maladie, dans le pillage des richesses de leurs pays par les multinationales, via les dictatures ou simulacres de démocraties, imposées par les armes occidentales ?...

 

Dans nos contrées hyper riches, que dire du sort tragique des femmes et des hommes qui meurent de faim et de misère ?... En France, les femmes “travailleuses pauvres”, figurant dans les 2 millions vivant en dessous du seuil de pauvreté, dont 30 % renoncent à se soigner, incapables d’accéder aux mutuelles. Pays dans lequel, en plein Paris, au Bois de Vincennes, on trouve ce mois-ci trois hommes morts de froid. Dans un parc où survivent sans abris, plus de 200 personnes.

 

Dans nos contrées hyper riches, que dire du sort tragique de ces jeunes femmes, vêtues à la dernière mode, qu’on peut voir tous les samedis soirs sortant des pubs, en plein centre de Londres, ou dans d’autres capitales occidentales, titubant sur leurs talons aiguilles, minijupes ras des fesses, épaules dénudées, même dans le froid, vomissant dans les caniveaux, s’affaissant sur le trottoir ?... Ivres d’alcool, quand ce n’est pas de cocaïne, ou des deux à la fois. Le Binge. C’est ainsi qu’on appelle ces soirées où on se “défonce” collectivement, chaque fin de semaine, pour satisfaire l’aliénation imposée par la “société de consommation”.

 

La dignité humaine n’a ni sexe, ni couleur, ni religion, ni frontière. C’est son respect qui donne une âme à une civilisation, à une communauté.

 

Une intelligentsia qui instrumentalise le cas du “sort tragique” de la femme d’un pays, pour en justifier le bombardement, l’occupation militaire, trahit sa vocation et sa conscience. Se donnant, à bon compte, bonne conscience. Jouant, en histrion, les Belles Âmes.

 

Restons lucides.

 

Atiq Rahimi n’est que la énième mouture de ces écrivains à la mode dans les médias de la propagande. Issus des pays qui ont eu à subir, ou qui subissent, la colonisation occidentale, qu’ils soient “francophones”, “anglophones”, “hispanophones” ou autres. Instrumentalisés, il ne leur est pas demandé du talent, comme l’a magistralement démontré Edward Saïd dans son œuvre, mais simplement de savoir agencer les clichés souhaités par le colonisateur. Les exceptions, confirmant la règle.

 

Ce n’est que le filon exploité, chez nous, par certains auteurs “francophones”, maghrébins et libanais en particulier, qui ne savent décrire “la femme” de leurs pays, “en terre d’Islam” comme on dit, qu’en folle, prostituée, loque écrasée de chagrin, victime d’hommes arriérés, de sombres brutes, dotés d’instincts primaires. Dans une société où le rire, la joie, le plaisir et la fête sont inconnus.

 

Quant aux guerres, occupations, tortures, massacres, humiliations, pillages imposés par l’Occident à leur pays, à leur peuple, à leur culture, à leurs racines, à leur Histoire : silence !

 

Ecriraient-ils le contraire, qu’ils ne trouveraient aucun preneur de leur camel crap.

 

Certains vont plus loin. Le “must” : cracher sur la religion de leurs parents et de leur enfance. Même s’ils en connaissent à peine les rudiments. L’important étant la provocation. Lorgnant, au passage, la fortune de Salman Rushdie. Décrocher la fatwa d’un illuminé crédible, et, présentés en champions de la liberté d’expression, c’est le jackpot médiatique

 

En soutiers de la culture coloniale, ils alimentent en charbon, la chaudière islamophobe. Assurés, ainsi, de vendre et prospérer. Se baladant de prix littéraires, en centres culturels, studios de radios, plateaux TV, interviews magasines, et salons du livre. Or, gloire et renommée… Que ne ferait-on pas ?...

 

Paix à leur conscience…

 

La mentalité coloniale, antimusulmane, se porte bien. Propagande, manipulation et intox, aussi.

 

Nos “littérateurs” du cirque médiatique, confits de bêtise et de racisme, ronronnent de satisfaction.

 

Le Business des marchands de canons tourne à plein régime.

 

Les Belles Âmes, repues d’autosatisfaction, en rotent de contentement.

 

Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

 

 

 

 

 

 

(8)   http://bibliobs.nouvelobs.com/20081110/8480/francoise-chandernagor-le-livre-de-rahimi-sest-impose-par-son-actualite

(9)   Pour ceux qui voudraient s’informer sur l’Afghanistan (y compris sur les mécanismes du marché de l’opium), plus sérieusement que Françoise Chandernagor, je suggère le splendide livre, avec des photos magnifiques et le témoignage émouvant d’un français ayant vécu aux côtés des résistants afghans du temps de l’occupation soviétique : Afghanistan – Visions d’un partisan, de Stéphane Allix, Editions Transboréal, mai 2003.

(10)  http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/article-24239899.html

(11)  http://livres.lexpress.fr/entretien.asp/idC=14405/idTC=4/idR=5/idG=

(12)  Rahimi, Atiq, “Je me bats avec les mots”, Le Monde, 12 novembre 2008.

(13)  Saïd, Edward,

=>   Orientalism, Penguin Books, London, 2003 (first published 1978).

=>   Culture & Imperialism, Penguin Books, London 2003 (first published 1993).

(14)  Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit.  p.288.

(15)  Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit.  p.288-289.

(16)  Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit.  p.290.

 

 

 

 

 

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commentaires

Octo pus 25/05/2015 15:42

Je suis tombée sur votre article par hasard et bien que je sois parfois d'accord avec vous sur l'analyse géopolitique que vous menez, je pense qu'il aurait été judicieux de ne pas vous confondre à votre tour dans l'amalgame afin d'en renforcer la cohérence.
Mentionner de façon aussi abrupte qu'A. Rahimi est "islamophobe" me paraît complètement invraisemblable, plus encore du fait que dans votre développement cette conclusion arrive face à votre frustration de n'avoir trouvé, en Syngué Sabour, l'hommage que vous attendiez. Pour avoir rencontré l'auteur à plusieurs reprises et préparer un travail de recherche qui porte sur son œuvre (et donc en avoir lu et vu l'ensemble) je peux vous affirmer que votre propos est déplacé.
Quelques précisions:
- Syngué Sabour s'écrit en hommage à la mort d'une jeune poétesse afghane, Nadia Anjuman, assassinée par son mari en 2005.
- Atiq Rahimi a affirmé à plusieurs reprises avoir écrit son roman en français pour se détacher de sa langue maternelle qui lui imposait une certaine forme de censure et l'auteur vit depuis plus de trente ans en France donc la polémique que vous engagez n'a pas vraiment de sens. Il est légitime à A. Rahimi d'écrire en français si bon lui chante et ramener cela à une ambition colonialiste fait de vous une personne plus anti que le prétendu islamophobe que vous pensez voir en lui.
- Peut-être était-ce aussi nécessaire de rappeler qu'Atiq Rahimi est né en Afghanistan, et y passe la moitié de sa vie. A quand remonte votre dernier voyage au Royaume de l'insolence?
- Encore, l'auteur a soulevé bien des fois dans ses propos l'engagement des femmes dans la résistance afghane et si vous avez pris le temps de lire ce prix Goncourt que vous fustigez vous avez dû remarquer que l'héroïne est loin d'être soumise.
- Enfin, l'ensemble de l'œuvre d'A. Rahimi antérieure à 2008 est écrit en persan, et je vous conseille d'y jeter un coup d'œil. De plus, le film que réalise A Rahimi en 2012 à partir de son roman est tourné en persan.

Quant à la prétendue imagination occidentale de l'ingérence talibane en Afghanistan, demandez à Siddiq Barmak ( proche du commandant Massoud dans la lutte contre l'invasion soviétique) qui réalise un film intitulé Osama en 2003. Regardez aussi le film et le making-off, tous deux vous font mentir.
Je suis militante et mes recherches reposent en grande partie sur la question de l'art dans la lutte sociale mais votre article m'a hérissée. Comme je vous le disais, je partage votre avis quant à l'ingérence occidentale en Afghanistan et ailleurs mais écrire sur votre blog ne protège en rien les peuples victimes de l'obscurantisme. Nous sommes aujourd'hui en 2015 et les exilés syriens, afghans, érythréens, irakiens, palestiniens, et j'en passe, semblent toujours plus déterminés à fuir les régimes des extrêmes. Nuancer votre propos, il n'en sera que plus juste.
Ci-dessus, ce que j'avais écrit avant de lire la suite de votre article ici présente. Décidemment quand je vois l'intégrisme dont vous faite preuve dans votre analyse qui n'est que si peu littéraire je me dis que les Taliban, Daesh et les autres ont de beaux jours devant eux lorsqu'en face ils trouvent des hommes qui, pensant avoir la science infuse, déblatèrent autant d'ignominies. Savez-vous qu'en matière de littérature il est assez juste de parler d'inspirations et non de plagiat lorsque celui-ci n'est en rien confirmé? Savez-vous encore ce que signifie le terme pornographie que vous semblez employer avec tant de jouissance? D'un côté vous accusez A. Rahimi de donner une image des femmes afghanes biaisée par une prétendue "soumission" que le roman mettrait en scène mais d'un autre, un bout de peau dépasse et vous voilà à hurler au blasphème! Vous ne savez pas où vous avez mal comme on dit chez moi. Votre article qui se veut presque plus long que le roman qui l'a inspiré en dit long sur votre propre inconsistance! Au juste qui êtes-vous? Journaliste, politologue, historien, critique littéraire, la réincarnation du Che qui n'en aurait que le tee-shirt ou un simple agitateur? J'attends une réponse de votre part car je souhaite comprendre. B. Cordialement.

Georges Stanechy 26/05/2015 12:00

.
Amen
.

Tamina 03/01/2009 05:07

Comment est-ce possible de dire autant d'imbécilité? De quoi parlez vous? Du livre d'Atiq Rahimi? Vous en faite tellement, et vous inventez tellement de stupidité sur ce livre que sa en devient complètement absurde. Vous en venez même a parler d'Atiq Rahimi lui même, mais que conaissez vous de lui? Et Lela qui dit qu'il n'est pas capable de former une phrase correct en Français.. Tout d'abord je ne pense pas que vous avez regardé toutes ses interviews pour dire de telles stupidité (on se demande si c'est ses phrase qui vous gêne ou son accent). De plus vous avez la prétention de remettre en question la remise d'un prix aussi prestigieux qui est remi par un jury qui en sait aparament beaucoup plus que vous.Vous inventez des chose qu'Atiq Rahimi lui même n'aurai jamais pensé!Je remercie Atiq Rahimi pour ce manifique livre.

Georges Stanechy 15/12/2008 15:17

@   Emmanuelle CaminadeAmen ...

Emmanuelle Caminade 15/12/2008 14:56

@Georges stanechyVotre esprit si respectueux de l'expression de mes "clichés stupides" et de mes "propos racistes" est prompt à caricaturer la pensée de l'autre, ce qui n'est pas un signe d'ouverture! Le terme "terre d'islam", utilisé dans la conclusion de ma critique est employé en référence à l'assassinat de Nadia Ajuman, facilité par le poids d'un islam intégriste, en réaction duquel Atiq Rahimi a écrit ce livre. Sinon, l'auteur s'attaque à l'obsurantisme en général et à l'obscurantisme religieux en particulier, "en Afghanistan ou ailleurs".N'avez-vous pas remarqué que je n'ai pas utilisé, comme vous, l'expression "terre d'Islam" mais celle de "terre d'islam"?Mais peut-être me suis-je montrée trop subtile. Ignorez vous qu'islam, avec un i minuscule , désigne la religion, et avec un I majuscule, l'ensemble des peuples musulmans et leur civilisation ?Sans doute, sinon vous ne m'accuseriez pas d'ignorer "un univers de peuples et de civilisations brillantes et multiséculaires", ce qui n'est pas le cas ...Avant de villipender mon ignorance crasse, vous feriez mieux d'avoir un certain recul critique sur vous même, cela vous éviterait de projeter sur les autres toutes les turpitudes  !Quant à "mon fanatisme sans bornes" ( décidément vous êtes adepte de l'inflation verbale !) , vous élucubrez :Jamais je n'ai induit que l'Islam serait porteur d'"obsessions sexuelles", tout au plus que l'obscurantisme religieux ,privant de parole, poussait à la violence sexuelle.Où avez-vous vu que je niais l'hyperviolence de l'Occident à l'égard des autres peuples et nations ?Rien ne justifie , ni dans ma critique, ni sur mon blog, un tel procès d'intention.Vous vous montrez bien méprisant, intolérant et agressif . S'il y a fanatisme, ce n'est assurément pas de mon côté !

Georges Stanechy 15/12/2008 14:21

Bonjour Nadine/NoorMerci ! A Toi aussi.En espérant que "l'hibernation" de notre gentille marmotte se passe bien...Amitiés

Nadine/Noor 15/12/2008 12:18




Joyeux Noël Georges


Georges Stanechy 10/12/2008 23:49

Rebonsoir LelaExcellente réponse !Amicalement

lela 10/12/2008 23:44

alors voici la réponse que j'ai posté sur le site ami qui a repris votre article :
Cette année le prix Goncourt est donc décerné à l’afghan Atiq Rahimi pour un livre dans lequel il dénonce la condition de la femme afghane (encore un). Il vient ainsi rejoindre le lot des primés et promus "musulmans" : Rushdie, Nasreen, Malek Chebel (auteur de L’Esclavage en Terre d’Islam et qui fut promu membre actif du Groupe des Sages auprès de Romano Prodi dans la commission européenne ), Tahar Benjelloun( nouveau juré Goncourt ), Sifaoui et bien d’autres.
Atiq Rahimi et certains ambitieux ont compris que le chemin qui doit mener à la gloire doit obligatoirement passer par la case de la séduction du bobo occidental. Comme le sujet qui se vend le plus est celui de la « dénonciation » de l’islam et de ses dérives surtout concernant le statut de la femme musulmane, alors des surenchères excessives et des compétitions forcenées rivalisent entre elles dans la critique de cette religion.
Le comique dans cette situation est que certains de ces primés et promus ne s’expriment pas bien en français. Avez-vous déjà entendu parler Malek Chebel, l’inculte Djavhan ou le nouveau récompensé Atiq Rahimi ? Ils sont incapables de former des phrases correctes en français.
Un Goncourt qui ne parle pas bien français ? Quelle farce !
Pas du tout car on est en pleine terre de la manipulation et de l’instrumentalisation même de la culture.
Ce sujet n’est pas nouveau et les manipulateurs n’apportent aucune innovation en la matière, ils fourbissent leur nouvelle arme en allant puiser dans la décharge des idées coloniales : « libérer » la femme du « joug de l’homme indigène brutal et barbare ».
C’est du déjà vu, trouvez autre chose !

Georges Stanechy 10/12/2008 23:38

Bonsoir Lela Je vous remercie de votre message. Par principe, je ne réponds qu'aux commentaires venus sur mon blog. Lorsqu'ils sont de bonne foi, évidemment. Car, il m'arrive comme dans tout blog, de recevoir à intervalles réguliers des commentaires "déjantés", "agressifs", ou "hors sujet". Qui ne sont pas publiés pour ne pas encombrer inutilement la partie "commentaires". Lorsque mes articles sont "repris" sur d'autres blogs, je ne réponds jamais aux commentaires. Pour deux raisons simples : => par courtoisie à l'égard du blog qui "reprend" mon texte (je n'envoie jamais de texte personnellement), je laisse l'auteur du blog "gérer" sa ligne éditoriale, et ses habitués réagir ou pas ; => par simplicité, pour ne pas avoir à répondre à  tous les commentaires (y compris ceux qui veulent décrédibiliser mes prises de positions ou opinions) d'articles "repris" sur plusieurs blogs. Ce serait une charge, ne serait-ce qu'en termes de temps, trop lourde. Par contre, il m'arrive de participer à des discussions ou de formuler des commentaires sur des articles publiés dans d'autres blogs. L'intérêt, pour ma part, est de lancer une discussion, de provoquer la réflexion, de casser les clichés, de tordre les préjugés, de lutter contre la désinformation et la propagande ambiantes avec des mises en perspective confortées par des faits et des informations recoupées. A partir de là, il faut laisser les réactions s'enclencher. Même, celles de mauvaise foi. Vous remarquerez que face à une analyse bien verrouillée (documentation + argumentation), les contradicteurs sont incapables de répondre sur le fond et sur les faits. Leur seul recours est le "discrédit primaire" : "il ne sait rien, il ne connaît pas, et bla-bla-bla" (ne parlons pas des insultes...). L'exemple que vous me citez, et que je suis allé consulter, est caricatural (et amusant à la fois !) dans le procédé. Sur un texte qui traite de l'imposture intellectuelle et médiatique, couplée à une campagne de désinformation et de propagande, le "contradicteur" ne sait employer que le discrédit ("il ne connaît pas...") et bâtir un roman sur le "turban noir" !... Quant aux faits ... Mais, le lecteur averti comprend très bien ce genre de manoeuvre et forme, en conséquence, sa propre opinion. C'est l'essentiel. Amicalement

lela 10/12/2008 22:13

Bonsoir Georges,Un site ami a repris votre article et quelqu'un a posté un commentaire et je souhaite si cela ne vous dérange pas que vous lui répondiez.Voici le lien :http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3766merci beaucouplela

Georges Stanechy 03/12/2008 18:57

Chère Aline, Cher Chahid, BonsoirAline, avec justesse et délicatesse, pose parfaitement les fondements de la laïcité en France. Avec ses répercussions sur les signes extérieurs de religion dans l'espace public, et, donc, le problème "du voile". Il est regrettable que ce niveau d'humanisme ne soit pas partagé par tous les défenseurs de la laïcité, en particulier par la nomenklatura.Beaucoup d'hypocrisie et de manipulation se sont dissimulées derrière ce "voile", abritant une violente islamophobie. Véritable burqah de l'intelligence. On se souvient de l'hystérie collective, entretenue par les médias, faisant croire que la Nation était en danger de perdre son identité, en danger de mort !... La simultanéité de cette propagande dans tous les pays occidentaux était la signature d'une campagne solidement maîtrisée, comme je l'ai signalé dans divers posts.Les enjeux, en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Iran, au Soudan, nous le savons, n'y sont pas pour rien... Imposant une diabolisation constante de l'Islam. Justifiant, ainsi, le "deux poids-deux mesures" évoqué par Chahid. Qui atteint des limites souvent insupportables. Je reprends son terme très pertinent : "étrangle" la communauté musulmane.En Europe et en Amérique du nord, les musulmans en souffrent, dans la dignité et le silence. Laissant le temps au temps... Les débats aux USA, lors de la dernière élection sur l'éventualité qu'Obama soit musulman, sur l'obligation d'occulter son deuxième prénom, Hussein, en étaient répugnants d'intolérance.Pour le moment, en France et dans le reste de l'Occident, la présence de musulmans n'est pas admise aux postes de responsabilités "visibles". C'est un fait indéniable. Pour être "adoubé" dans la caste au pouvoir, il faut faire preuve de sa soumission. Non pas seulement à la laïcité, qui est une obligation compréhensible, mais à l'abandon pur et simple de ses racines, notamment religieuses. Se montrer hostile à l'Islam, est encore mieux pour la carrière. Un "bonus" !...On ne verra jamais un ministre musulman, français, britannique ou allemand, assumant sa religion, pratiquant le Ramadan, se rendant à la mosquée le vendredi pour y prier, militer dans des associations carritatives musulmanes, ou se rendre en pélerinage à La Mecque. Impensable ! Ce serait la "rage médiatique" assurée...Ce qui est valable pour les autres religions ne l'est pas encore pour l'Islam. Ce qui me fait dire que l'Etat français est tout, sauf un Etat "laïc". Car, il maintient une discrimination entre religions et appartenances religieuses, au lieu de s'en tenir à une stricte neutralité. Et, de lutter contre les phobies religieuses à connotations racistes. Il ne peut donc s'agir, actuellement, que d'une "intégration-soumission" ou d'une "assimilation-aliénation".La communauté musulmane, en Occident notamment, n'étant pas encore suffisamment puissante économiquement (ça vient...), et organisée pour s'affirmer de manière efficace : campagnes de communication, associations aux importants moyens financiers, productions de fims et de documentaires, publications d'ouvrages et de travaux de recherches, etc. A l'exemple des grandes organisations de confessions bouddhistes, juives, catholiques ou protestantes.Bien sûr, il y a les "réussites" de "l'assimilation" que partis politiques ou gouvernements se plaisent à afficher. En France, les : Malek Boutih, Fadela Amara ou Rachida Dati. Opérations cosmétiques destinées, avant tout, dans un exercice narcissique, à satisfaire la nomenklatura dans sa propre image. Aucunement l'expression d'une authentique "intégration", ou reconnaisance de "la diversité" dans la solidarité.Evidemment, la communauté musulmane ne s'identifie pas dans des "personnalités" qui ont démontré leur totale aliénation en adhérant à une caste politique imposant ses codes islamophobes.Ils sont, au contraire, choqués de leur comportement. Les provocations peuvent aller très loin et revêtir des formes très perverses pour l'oeil non averti...Un exemple, pour rester sur celui de Rachida Dati cité par Chahid, en me limitant au strict comportement professionnel.Je connais des marocains, de grande culture internationale, profondément choqués de l'avoir vue lors de la visite officielle de Sarkozy au Maroc, dans le dîner protocolaire se présenter dans une robe de soirée d'un couturier parisien, au lieu d'un de ces magnifiques caftans marocains. Elle, femme marocaine.Qui plus est : bras et épaules nues. Ce qui est contraire à tous les comportements relevant du protocole, de l'étiquette et de la politesse en usage dans ces manifestations. Devant le Roi, symbole du pays, qui est aussi, qu'on le veuille ou non, le chef d'une communauté religieuse en tant que "Commandeur des Croyants", on couvre ses épaules et ses bras. Comme les autres femmes présentes, lors de ce repas. Pire que siffler la marseillaise... Le Roi Hassan II n'aurait pas laissé passer pareil camouflet.D'autres encore qui l'ont vue (j'ai visionné le film), c'était l'année dernière lors du Ramadan, aller saluer les représentants de la communauté musulmane à la Mosquée de Paris, se présenter tête nue. Même pas une mantille pour couvrir ses cheveux comme la ministre Alliot-Marie l'a fait, comme toutes les femmes le font, en visite au Vatican.Ces signes, ces gages, de déni et de manque de respect, parmi d'autres, sont l'évidence que les nomenklaturas occidentales ne sont pas prêtes à accepter l'Islam, comme partie vivante, active et intégrante de la collectivité.Mais, la roue tourne. D'ici, une génération...Amitiés

Chahid 03/12/2008 00:59

Chère Madame Aline bonsoir,
 
J’adhère sans réserves à votre analyse. Vous avez raison, nous avons besoin d’une « pédagogie généreuse et compréhensive de part et d’autre » qui «  permettra de pacifier cette question. L’ignorance est la source de tous les maux… »…
 
14 siècles après l’avènement de l’Islam, des coutumes et pratiques locales d’un autre âge persistent encore… Les hommes et les femmes cultivés, généreux et compréhensifs savent très bien que l’Islam combat ces pratiques, d’autres suscitent exprès et obstinément la polémique. Une sorte de règlement de comptes avec une religion, une civilisation etc., peu importe le fond du débat.
 
Je crois que la question du voile en France est un débat biaisé où la forme l’emporte sur le fond. Peu importe pour moi si la femme musulmane en France est voilée ou pas, ce qui m’intéresse est de savoir si elle accède aux droits, à la justice, aux universités et établissements prestigieux (combien de femmes musulmanes poursuivent-elles leurs études à Science Po etc. ?), aux plus hauts postes de responsabilité etc., d’égal à égal avec ses concitoyens français de souche.
 
A quoi bon être voilée ou non voilée si on vit dans le même ghetto ?
 
80% des français ont salué l’élection d’Obama, mais sont-ils prêts à accepter non pas un président ou présidente d’origine musulmane, mais seulement une représentativité et présence plus égalitaire de leurs concitoyens musulmans dans tous les domaines de la société française?
 
Doivent-elles toutes se comporter et s’habiller comme Rachida Dati pour avoir la bénédiction de la société française ?
 
Les musulmans français savent très bien ce que signifie pour la France la laïcité, toutefois, ils sont étonnés de voir comment les mêmes voix et médias gardiens de la laïcité qui stigmatisent les signes religieux (l’Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Sarkozy etc.), consacrent des semaines et des semaines à pleurer la disparition de Jean Paul II, Sœur Emmanuelle etc.
 
C’est toujours ce sentiment du « deux poids deux mesures » qui étrangle les musulmans partout dans le monde et qui les pousse parfois à réagir d’une manière un peu « stupide ».
 
En s’épanouissant et en se sentant accepté et en sécurité, l’homme et la femme, par la force des choses, sortent de leur coquille ou Burqah.
 
Amitiés

Chahid 02/12/2008 20:30

Bonsoir cher Georges
 
Les rejetons de la bourgeoisie marocaine qui s’intéressent à « l’art moderne » ont ouvert leurs yeux sur leur mère s’habillant à l’européenne et refoulant ses racines… Il ne savent absolument rien sur le « Maroc inutile » comme disait Lyautey… Aucune réflexion anthropologique sociale et culturelle profonde. Juste des clichés et des circuits pour fasciner leurs hôtes étrangers…
Ils savent au moins une chose, les femmes domestiques qui travaillent comme des esclaves dans leurs petits palais viennent toutes du Bled (la campagne), quel Bled ? Aucune idée !
 
En parlant des costumes et tenues…, dans mon village natal, les femmes portaient un Hayek de laine (voir photo), je me rappelle de ma grand-mère et de la très bonne odeur de son Hayek, un mélange d’odeur de laine, du petit bois de son four, d’huile d’olive etc. (rien à voir avec tous ces produits chimiques polluants dits « parfums », « cosmétiques »…), je me demande si les femmes de ce village portent encore des Hayek ? Malheureusement, je n’ai jamais remis les pieds dans ce village depuis 1994… Un déracinement obligatoire et amer… l’errance continue …
 
Amitiés

Aline-Mariali 02/12/2008 19:27

Cher Chahid, cher Georges, Bonsoir,

Le vêtement est un signe complexe . Il reflète les mentalités d’une époque, la conception qu’on se fait du corps, de la pudeur, des prescriptions religieuses, des rapports entre les hommes et les femmes , du climat, de la géographie, de la mode, de la classe sociale à laquelle on appartient, de l’imaginaire et du sens artistique des créateurs ou des utilisateurs…et je n’ai pas énuméré tous les paramètres.

C’est ainsi qu’aucune femme « respectable » - pour utiliser les conventions de vocabulaire du XIXème siècle – ne serait sortie « en cheveux ». A cette époque, le port du chapeau était obligatoire dans une certaine classe de la société . Seules les "femmes du peuple" ou les « femmes de mauvaise vie » osaient sortir « en cheveux ».

Nihil est sine ratione, disait Leibniz . Le port du foulard est logique pour se protéger du soleil ou du froid et la mode a même été lancée par Brigitte Bardot en France dans les années 60, accompagnée de la petite robe à carreaux Boussac. Pratiquement toutes les femmes mariées portent un foulard bariolé dans les campagnes, en Pologne, en Ukraine, en Russie et dans toute l’Europe centrale. Les jeunes filles retiennent leurs cheveux avec des rubans. C’est un élément à la fois esthétique et un cache-misère : on n’a pas d’argent à dépenser chez le coiffeur. Mais il faudrait en parler au passé, car la mondialisation a tout uniformisé.

On comprend parfaitement pourquoi les Marocaines du Rif portent leur superbe chapeau et elles ont bien raison d’y tenir. On comprend même la rationalité climatique du grand vêtement noir - et flottant , c’est très important - qui est porté par les femmes du Moyen Orient et qui protège aussi de la chaleur, comme le prouvent les vêtements amples et sombres des hommes du désert.
Le foulard des jeunes filles musulmanes se situe dans une autre logique. La lutte contre le poids d’un clergé catholique envahissant qui est à l’origine de la loi de 1905 sur les signes religieux, rend les Français hyper-sensibles à l’apparition de ce qu’ils considèrent comme la manifestation d’une autre religion dans l’espace social. La religion chassée de l’espace public par la porte reviendrait par la fenêtre ! L’Occident héritier des Grecs est de tradition dualiste. Il y a l’espace du sacré et l’espace du profane. Les exemples que vous citez, cher Chahid, concernent tous l’espace réservé au sacré et le foulard y est clairement considéré comme une tenue liturgique Il accompagne d’ailleurs le célibat que l’islam ne reconnaît nullement comme une valeur.

C’est pourquoi beaucoup de Français ressentent le foulard des jeunes écolières musulmanes comme un retour au mélange de l’espace religieux et de l’espace public, car ils ne savent pas qu’il n’existe pas de différence entre la tenue liturgique et les vêtements de la vie quotidienne dans l’islam alors que les jeunes musulmanes ressentent l’interdiction du port de leur foulard comme une grave brimade . Seule une pédagogie généreuse et compréhensive de part et d’autre permettra de pacifier cette question. L’ignorance est la source de tous les maux…

La burqa est une tout autre question. Je m’en remets à Chahid sur ce sujet, mais je crois que l’islam permet expressément de ne pas couvrir le visage, les mains et les pieds . Même décorée de broderies, je ne croirai jamais qu’une femme normalement constituée accepte de son plein gré de s’empaqueter dans cette prison grillagée, malcommode, dangereuse dans un pays montagneux et venteux . A moins de l'utiliser comme tenue de camouflege. De même que me semblait incompréhensible et particulièrement inadaptée la coiffe en cierge dont se paraient les femmes en pays bigouden où il pleut et vente au moins 300 jours par an, je suis intriguée de savoir quel est l’événement fondateur, assez violent pour s’être imposé et généralisé, sans rapport avec l’islam et qui semble se perdre dans la nuit des temps, à l’origine d'une coutume vestimentaire qui défie le bon sens , asservit la moitié de la population et se trouve malheureusement associée à la religion du pays.Amitiés,

Georges Stanechy 02/12/2008 11:00


Cher Chahid, Bonjour

L'habillement féminin au Maroc est d'une extraordinaire diversité. Les seules tenues noires de type Hijab, que j'ai vues, l'ont été dans une petite partie de la Vallée du Souss-Massa, au sud d'Agadir.

Il y a, heureusement, un musée à Rabat  qui lui est consacré, dans le quartier Souissi, si je me souviens bien. Il mérite encore plus de moyens pour enrichir sa collection et la mettre en valeur...

Ayant parcouru le Maroc, de Tanger-Oujda jusqu'à Smara, de l'Atlantique aux vallées de l'Atlas, je puis témoigner de cette magnifique richesse. Patrimoine qu'il conviendait d'immortaliser (photos, peintures, sculptures, etc.). Car, comme en France, tous ces costumes risquent de disparaître d'ici une ou deux générations sous le choc de la "modernité". Pour ne retrouver que jeans, tongs et T-shirts...

Si on s'amusait à multiplier le nombre de tenues féminines existant dans chaque pays musulman, par le nombre de pays musulmans, on excèderait probablement les 30.000. En considérant tous les pays à majorité de confession musulmane, du Maroc à l'Indonésie, la Malaisie ou le Xing Kiang.

Non compris l'infinie variété des agencements, broderies, couleurs, avec les combinaisons de bijoux ou, dans certaines régions, de tatouages.

Ce qui me fait dire, et je te rejoins, la femme afghane lorsqu'on la laissera vivre dans la paix, débarrassée de la violence des invasions étrangères, retrouvera l'expression de sa créativité dans l'art de s'habiller à l'exemple de ses consoeurs dans le reste du monde.


Une encyclopédie sur l'art du costume féminin en Islam serait à rédiger. Il faudrait des sponsors soucieux et fiers de cet art pour en financer les travaux, au lieu de se soucier uniquement d'importer "l'art moderne", commercialisé dans le circuit du snobisme et des mondanités. Rien qu'au Maroc, les expositions de la fondation de l'ONA, sur ce thème, sont horripilantes...

Mais, ceci est un autre problème...

Amitiés











Chahid 01/12/2008 22:25

Chère Madame Aline, Cher Georges.
 
Effectivement, l’Islam naissant devait composer avec les costumes et les habitudes vestimentaires de chaque région…La Burqah, le Tchador etc. doivent être des habits antérieurs à l’apparition de l’Islam, qui, cherchant le consensus, recommanda une sorte de foulard ou voile qui ressemble généralement à celui que portaient la Vierge Marie, Mère Teresa ou Sœur Emmanuelle etc., un voile qui semble-t-il ne scandalise personne en Occident !
 
La question du voile n’est pas si compliquée que ça, l’Islam recommande tout simplement la pudeur et condamne l'exhibition provocante, le reste n’est que question d’interprétation entre rites et courants…
L’interprétation des mots « pudeur » et « exhibition provocante » dépendent alors de la culture, des mœurs, des coutumes, de l’environnement, du climat etc. de chaque région et société…
 
Au Maroc par exemple, il est rare de croiser une femme habillée en noir comme c’est le cas en Arabie Saoudite ou en Iran,  et c’est généralement un signe que l’époux ou un proche de la femme en question, a séjourné dans l’un de ces deux pays.
 
Que dire alors des femmes du nord du Maroc et de leurs fameux « sombreros » ? Voir photos A, B et C  (c’est très beau, on dirait des péruviennes, et pourtant !!!)
Que quelqu’un ose dire à une femme rifaine d’enlever son chapeau et il comprendra quelle valeur a ce chapeau pour elle et sa tribu.
 
Que faire alors ?
 
La réponse est simple, tu l’écris toujours, il faut voyager beaucoup, ouvrir son cœur et esprit…
 
Enfin, nous sommes tous d’accord sur l’aspect étouffant et ridicule de la burqah, mais comment le faire comprendre à nos frères afghans si l’Occident a choisi de le faire en larguant des tonnes de bombes sur leurs têtes ?
 
Amitiés

Georges Stanechy 01/12/2008 11:32


Cher Chahid, Bonjour

Edward Saïd, que nous apprécions tous les deux, a bien décrit cette obsession de l'Occident. S'acharnant sur la femme musulmane pour la réduire au modèle occidental de ce qu'il appelle "modernité".

Dans le modèle colonial ou impérial, la femme musulmane est une cible prioritaire. Elle ne sera considérée comme "moderne", il n'y a qu'à être attentif au discours littéraire, qu'à partir du moment où elle condamne son père, ses frères, sa famille, son clan, sa religion et même son pays. Au-delà des tenues vestimentaires et comportements prouvant qu'elle assume sa liberté : alcool, mini-jupes, fornication à tous vents, et autres accessoires, faisant office d'étendards de la liberation triomphante.

D'où la multiplication de ces ONG, la plupart noyautées par des services spéciaux occidentaux, censées les encadrer "vers la modernité". Que ce soit en milieu urbain ou rural. Y compris dans les banlieux parisiennes...

L'éclatement de la cellule familiale est essentiel, dans cette stratégie, pour détruire toute résistance à la spoliation occidentale et fabriquer le robot "consumériste" idéal. La femme musulmane désocialisée, réduite à elle-même. divorcée ce serait le mieux, un individu perdu dans la masse des consommateurs, incapable de transmetttre à ses enfants un modèle concurrent de celui imposé par la "société de consommation"...

Dans les pays colonisés, ou néo-colonisés via les privatisations-spoliations, il ne faut surtout pas qu'elle remette en cause la situation de son pays et des souffrances qu'elle subit par le pillage, les destructions et les violences de l'Occident !... Les primes aux Lolita et autres concours de beauté vont se multiplier... Le rouleau compresseur est en marche.

Accessoirement, bien sûr, ces ouvrages et manoeuvres entretiennent le racisme des occidentaux, hommes et femmes. Devant les multiples frustrations qu'ils vivent, à commencer par la dégradation de leur niveau de vie et de leurs libertés, il convient de leur inculquer qu'ils appartiennent à une "race supérieure"... Leur narcissisme ainsi flatté, ils se sentent mieux et se taisent...

Amitiés


Georges Stanechy 01/12/2008 10:55


Chère Aline, Bonjour

Merci beaucoup de ces précisions historiques, notamment sur les régressions instaurées par le Code Napoléon quant au statut de la femme, en France.

Vous avez raison pour "la tente" couvrant les femmes dans certaines régions, dont l'usage se perd dans la nuit des temps. Bien avant, d'ailleurs, l'apparition de l'Islam. Dans la principale langue véhiculaire de l'Afghanistan, le Farsi/Dari, le "tchador" signifie effectivement "la tente".

Le terme burqah est impropre pour cette tenue vestimentaire. Il semblerait que ce soit une extension d'un autre mot, du fait que les yeux ne se voient pas, en raison de l'effet "grillage" de la broderie.

Il fait référence, en effet, au masque porté par des femmes dans certaines tribus d'Arabie Séoudite, de la région du Nadjd notamment.  Il existe d'ailleurs, près de la Mecque, une localité qui s'appelle Burqah (à une quarantaine de km si ma mémoire est bonne).

Dans les pays du Golfe, on parle plutôt de Abayah ou de Hijab, à partir du moment où l'ensemble du corps est couvert. Alors que le voile noir, couvrant le visage, en Arabie séoudite s'appelle le Tarha.

On retrouve l'appelation burqah, en Arabie séoudite, lorsque l'ouverture des yeux au lieu d'un seul tenant, fait l'objet d'un attachement par fil brodé réunissant la partie inférieure et supérieure suivant l'arrête du nez, entre les deux yeux. La coquetterie s'infiltre dans les endroits les plus anodins...

J'en conviens, ces tenues sont d'un autre âge. Dans la bourgeoisie séoudienne et autres pays du Golfe, celles qui les portent (car toutes ne les portent pas obligatoirement), n'en revêtent pas moins dans l'intimité de leurs réceptions d'autres tenues plus agréables à voir, y compris les splendides tenues des grands couturiers milanais ou parisiens.

Quant à la burqah, au sens où nous l'entendons, elle est en train de trouver un nouveau destin en Europe. Nos amis anglais, grands spécialistes es-fétichisme, commercialisent des burqahs en latex blanc ou rose (http://latexlifestyle.blogspot.com/2007/02/thoughts-on-dressing.html), pour leurs soirées érotico-mondaines très privées, n'ayant rien à voir, évidemment, avec la femme musulmane ou l'Islam...

Détournement d'une fonction, comme l'uniforme de l'infirmière ou de la religieuses, par un imaginaire "érotisant" le corps de la femme, là où on ne s'y attendrait pas !...

Amitiés




Chahid 30/11/2008 17:52

Bonsoir cher Georges
 
Je me rappelle comment a été présentée en France, il y a des années, une jeune saoudienne qui a traduit en arabe Lolita de Vladimir Nabokov...
« Une jeune femme moderne (normal, elle poursuivait ses études à Paris !) et courageuse qui va porter le débat et l’esprit des Lumières au cœur même des pays arabes et musulmans. Elle n’a pas peur du fanatisme religieux de ses concitoyens … une prophétesse annonciatrice d'une vérité à venir, d'une espérance ... » etc. etc.
 
J’étais étonné et intéressé de voir comment la pédophilie de Mr Humbert Humbert allait nous libérer de notre « obscurantisme et violence ». Peut être que Marrakech et ses Humbert Humbert  (Jack-Henry Soumère, directeur du théâtre Mogador à Paris & Co) a compris ce que je n’ai pas bien compris !
 
Ces « prophètes et prophétesses », Guy Sorman les appelle « les enfants de Rifaa » (« Les enfants de Rifaa. Musulmans et modernes » est le titre de son livre). Ils sont beaux, modernes, intelligents, ambitieux, entrepreneurs et soufis… Ils aiment l’alcool, les femmes, et les belles voitures… Ils sont l’espoir d’un rapprochement entre l’Occident et le monde musulman… des Atiq Rahimi !
 
Une européenne de 50 ans (enseignante) m’a raconté comment elle s’est « tapée » dernièrement deux « jeunes bédouins » égyptiens au sud de l’Égypte pour seulement 20 euros chacun, deux nuits d’affilée ! Satisfaite et enchantée, elle invite ses amies à faire le voyage et l’expérience d’un tel « rapprochement » entre l’Occident et le monde musulman. Le bédouin qui s’insurgera contre un tel tourisme sexuel très répondu dans le désert égyptien, sera traqué par les autorités égyptiennes et les plumes des « Atiq Rahimi »  comme « terroriste » !
 
Amitiés

Aline-Mariali 30/11/2008 15:57

Cher Georges, Bonjour,
Le statut des femmes face à la violence masculine en Occident ou ailleurs – et évidemment aussi en « terre d’islam » - est un «  marronnier », c'est-à-dire, en terme journalistique, une banalité qui revient périodiquement . Ce n’est pas en « terre d’islam », mais en France, qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups d’un mari ou d’un compagnon ; ce n’est pas en « terre  d’islam », mais en Espagne que 40% des femmes disent avoir été victimes un jour ou l’autre de violences conjugales , etc. On pourrait imaginer un monologue de Marie Trintignan à la manière de la femme de « Pierre de patience » si elle avait survécu à la violence du rocker qui l’a massacrée, lequel  a bénéficié d’une condamnation relativement clémente et du soutien  de ses admirateurs ! Le voilà d’ailleurs à nouveau prêt à délivrer au monde son « message » artistique .
On oublie que le code napoléon – régression catastrophique par rapport au code de la famille de la Révolution et même de l’Ancien Régime – et  rédigé à la demande du machiste corse qui dirigeait la France et  représentant d’une société  typiquement  clanique, a perduré jusqu’en 1965 en France et même dans certaines de ses dispositions, jusqu’en 1975 . La femme, passant de la tutelle de son père à celle de son mari, n’avait pas le droit d’exercer une profession sans son accord, ni de gérer ses biens propres  – et évidemment pas les biens communs -  ni d’ouvrir un compte en banque , par exemple.
Homère parlait déjà des peuples « qui ne connaissent pas la mer » pour signifier qu’il s’agit de sociétés peu accessibles aux changements sociaux ou économiques, par opposition à la Grèce ouverte sur le grand large du commerce, des idées et des mœurs . Il est certain que dans les périodes de guerre, la tribu, le clan protègent davantage les plus faibles de leurs membres et notamment les femmes ; mais le revers de la médaille est leur refus absolu de toute  action individuelle qui ne répondrait pas aux codes de fonctionnement du groupe. Seul compte le groupe et c’est le groupe tout entier qui évolue ou pas.  C’est pourquoi les modifications de comportements, lorsque la pression sur les individus devient trop forte , ne peuvent venir que de l’intérieur  et précisément, comme Homère le décrivait, par les contacts avec d’autres civilisations qui s’influencent réciproquement.
Si la vulgarité de certains comportements en Occident n’est pas le signe d’une réelle « libération des femmes », il est certain que l’espèce de tente à ouverture grillagée qu’on voit portée par certaines femmes afghanes  n’est  ni enviable, ni séduisante. Je ne sais pas s’il existe une histoire des vêtements en Asie centrale qui  permettrait de comprendre la raison pour laquelle ce genre de housse  existe et depuis quand.
Cela dit, on voit que l’ouvrage  de Atiq Rahimi  est destiné à flatter  agréablement l’ego des mâles occidentaux face aux « barbares enturbannés »  - sinon il n’aurait jamais été distingué par le vénérable  groupe de représentants du 4è et même 5è âge qui compose le prix Goncourt.
Amitiés

Georges Stanechy 29/11/2008 23:54


@ Emmanuelle Caminade

Libre à vous, de vous complaire dans la platitude des stéréotypes littéraires, dignes des Précieuses Ridicules.

Libre à vous, d'assumer et de véhiculer vos clichés stupides et vos propos racistes.

J'en respecte l'expression.

Libre à moi, de pointer du doigt l'imbécillité, l'intolérance, le fanatisme et l'obscurantisme de propos emblématiques d'une "intelligentsia" française, dont le culte de la bêtise est affligeant.

Croire, une seule seconde, qu'un auteur dans un livre de 155 pages :
"... apporte un regard neuf sur la situation des hommes en terre d'islam, de ces hommes "bègues" ne sachant s'exprimer que par la violence du sexe ou celle des armes..."
ou encore :
"... révèle la vérité des corps en terre d'islam, la vérité des femmes, mais aussi celle des hommes..."
pour reprendre vos propres termes, c'est faire preuve :

i)  D'une ignorance crasse, concernant la "terre d'Islam", un univers de peuples et de civilisations brillantes et multiséculaires, allant du Maroc à l'Indonésie, et au-delà, d'environ 1,5 milliard de personnes, qui n'ont aucun besoin du "regard neuf", hypocrite ou ignare de qui que ce soit.

ii)  D'un fanatisme sans borne, consistant à projeter sur "l'Autre" ses propres turpitudes. Car :
=> En termes d'obsessions sexuelles, l'Occident représente de très loin, de la pub dans nos rues et journaux à nos écrans TV, des crimes pédophiles à répétition en passant par le tourisme sexuel ou le harcèlement sexuel sur les lieux du travail, le summum des pathologies en la matière.
=> Quant à la violence armée, ce ne sont pas des forces armées venues de "terre d'Islam" qui occupent l'Occident dans des centaines de bases militaires, aériennes et navales, tuant, torturant, bombardant, affamant, tous les jours, des populations civiles. Mais, le contraire... C'est pure malhonnêteté intellectuelle que de nier l'hyper violence de l'Occident à l'égard des autres peuples et nations.

Lorsque vous serez en mesure d'exercer votre esprit critique, autrement qu'à partir d'un empilement de lieux communs remontant à l'époque des Croisades, débarrassée de votre obscurantisme, il vous sera possible, surmontant vos préjugés, d'entrevoir ce qui se passe effectivement en "terre d'Islam".


Georges Stanechy 29/11/2008 23:30


Cher Chahid, Bonsoir

Effectivement, nous avons à faire à un "fléau", un "conditionnement de l'opinion" largement financés et entretenus par le formidable appareil de propagande des médias officiels.

On en arrive ainsi à un obscurantisme forcené. "L'édification" de l'Homme, limité à une individualité pour être réduit in fine à un robot-consommateur, anesthésié et abruti.

C'est un des dangers les plus graves que la pensée humaine est en train de traverser. Elle en a vécu d'autres et s'en est sortie. Je reste donc optimiste.

Mais, cela nécessite un travail de vigilance de chacun, exigeant de ne pas laisser passer l'inacceptable quand la "Culture", se dévoyant, en arrive à servir le racisme et la violence à l'égard des autres peuples.

Nous sommes devant un symptôme préoccupant. parmi de multiples opérations de désinformation, derrière une opération de propagande sous un angle Culturel, se profile la justification de guerres et d'aventures militaires en Afghanistan, et dans la région : Iran et Pakistan (les derniers évènements, en Inde, confirment la mise en place accélérée du "front Est"...).

Ce sont des morts, des souffrances, d'immenses destructions, que l'on cautionne ainsi. A l'opposé de l'esprit et de la finalité de la "Culture" qui doit être ouverture à "l'Autre", dans la compréhension, la solidarité et le respect.

Amitiés


Emmanuelle Caminade 29/11/2008 10:55

Sans doute l'intelligence ne peut être reconnue qu'aux points de vue confortant le vôtre .Mais  daignez, quand même, accorder droit de réponse aux imbéciles, sachant que l'intelligibilité d'un roman peut être diverse...
La seule réserve que j'apporte à ce livre est son style , parfaitement "efficace", mais dont je n'ai apprécié ni l'aspect sec , impersonnel et répétitif de la narration, ni la crudité,la vulgarité, du monologue.
Contrairement à vous, je pense qu'Atiq Rahimi apporte un regard neuf sur la situation des hommes en terre d'islam, de ces hommes "bègues" ne sachant s'exprimer que par la violence du sexe ou celle des armes, victimes,comme les femmes, de l'obscurantisme...
Par la voix de son héroïne, l'auteur "révèle" la vérité des corps en terre d'islam, la vérité des femmes, mais aussi celle des hommes. C'est en cela qu'il se veut "prophète", c'est à dire annonciateur d'une vérité à venir, d'une espérance ...

Chahid 29/11/2008 01:31

Bonsoir cher Georges
 
Et dire qu’un écrivain est censé avant tout contester l’ensemble des vérités reçues, des stéréotypes et des conduites inhumaines qui s’en inspirent... En quelque sorte corriger les « anomalies » causées par les médias, les systèmes éducatifs, la propagande etc.
 
Un écrivain intègre et talentueux, en embrassant étroitement son époque, nous permet d’explorer grâce à sa sensibilité et conscience, un pays, des pays, des expériences humaines, des cultures et des civilisations qui nous rapprochent du vécu des autres, nos semblables. Explorer la « terre des hommes » (je pense à Saint Exupery) non la terre de ses propres fantasmes et obsessions refoulés (ça se fait chez un psy !).  
 
La France sans aucun doute, est un pays de grande culture, j’en suis profondément convaincu, mais la culture ne s'hérite pas disait Malraux, comme l’honnêteté et la droiture d’ailleurs. Un « écrivain » qui emploie son art à forger des « bibelots d’inanité sonore » (expression de Sartre) et à « flatter le racisme et stimuler la libido fatiguée par le stress» d’un lecteur paresseux et de plus en plus captif de sa bulle ou aquarium d’ « homme civilisé et moderne », et un Jury et des médias qui s’en réjouissent, sont le signe d’une crise de conscience, de lettres et de la société. La France n’est qu’un exemple, le « fléau » est mondialisé.
 
Refuser le mensonge et résister à l’oppression et à la propagande de son époque sont les vertus de l’écriture et des œuvres qui durent, le reste est éphémère. Atiq Rahimi dévorera Atiq Rahimi.
 
Amitiés 

Georges Stanechy 28/11/2008 20:13


Bonsoir Cmatrit

Merci de votre amical soutien !

Bien à vous

Cmatrit 28/11/2008 18:32

Je prends plaisir à vous lire depuis plusieurs mois. Avec quelques autres vous (me) nous permettez de changer "de bout de lorgnette". Et dans la doxa "encalminante" actuelle ça (me) nous fait le plus grand bien.
Encore un point de vue richement documenté et sainement argumenté.
Merci
Cmatrit