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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
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Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 14:56

 

 

“Nulle mystification pseudo-nationale ne trouve grâce devant l’exigence de la pensée”

Frantz Fanon (1)

 

 

 

 

 

La “France d’Outre-Mer” s’enflamme. Une traînée de poudre…

 

Partie de Guyane, la révolte s’est propagée en Martinique et en Guadeloupe. Pour y atteindre son paroxysme. Plusieurs semaines de grèves. Dans les clameurs de ces luttes, dont le “pouvoir” veut nier la signification profonde, apparaissent les métastases de ce qui ronge nos sociétés.

 

Surgit la répression policière. Répression excessivement brutale comme en Kanaky, en Polynésie, par les forces de police sous ses différents uniformes, gendarmerie, RAID ou CRS. Cette force de maintien de l’ordre, vécue comme une milice au service d’une caste privilégiée, surnommée par la population : “La Jaune”.

 

Pratiquant, assistée des médias officiels, un mixage d’intimidation, de violence et de provocation pour inciter à une radicalisation permettant de diaboliser les mouvements de protestation.

 

Inévitablement, survient le premier mort syndicaliste. En Guadeloupe, ce fut Jacques Bino. Selon l’habitude dans ce genre de situation, on ne connaîtra jamais les circonstances exactes de l’assassinat. Quels qu’en soient les “suspects”.

 

Pendant que les “négociations”, entre les révoltés et les pouvoirs en place, se perdent, se diluent dans les sables du temps… Tactique habituelle des manœuvres politiciennes à courte vue, souhaitant le “pourrissement”… L’essentiel étant que rien ne change.

 

Depuis des siècles.

 

Royauté, Empire ou République…

 

Droite ou gauche…

 

 

 

 

Nèg Mawon

 

Les Caraïbes, ce chapelet d’îles en arc de cercle du Venezuela à la Floride, depuis l’irruption de la colonisation européenne, n’en finissent pas de lutter contre le sort qui leur est imposé.

 

Les autochtones, les indiens caraïbes qui ont donné leur nom à cette partie du monde, ont tous été massacrés lors de l’arrivée des espagnols. Bartolomé de Las Casas, un des témoins de l’époque, avait avancé une première estimation de ces massacres, englobant les îles Caraïbes et le continent sud-américain (2) :

“… les chrétiens causèrent par leurs tyrannies et œuvres infernales la mort de plus de 12 millions d’âmes, hommes, femmes et enfants…”.

 

A ces massacres ont succédé les importations massives d’esclaves, depuis l’Afrique. Recomposant le peuplement au seul bénéfice d’une oligarchie européenne :

“… c’est par millions qu’on importa les esclaves africains pour coloniser le pays en vue de remplacer des millions d’indigènes caraïbes massacrés. En ce qui concerne l’introduction des Noirs, quelques auteurs ont parlé de 10 ou 15 millions d’individus.

Mais tous les Noirs importés dans les premiers temps de l’esclavage périrent sans descendance comme les indiens caraïbes…” (3)

 

Dans leurs conquêtes prédatrices les puissances européennes, depuis le 15° siècle, n’ont cessé de se disputer, s’arracher, s’échanger, se répartir les îles de ce qui aurait dû être un paradis terrestre : Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande, Danemark, Suède… Bagarres d’Etats voyous, esclavagistes, entrecoupées de traités, conventions ou accords, auxquelles se sont joints, plus tard, les puissants voisins US.

 

Hors la caste coloniale, un “enfer” jonché, pavé, de massacres et d’horreurs tout au long des siècles, les esclaves luttant pour leur libération. De toutes ces îles, La Guadeloupe a été une des terres où la résistance fut la plus systématique, acharnée :

“… Depuis leur arrivée en Guadeloupe (et même sur le bateau), ils se sont toujours révoltés même si la répression s'abattait avec férocité et cruauté (jarrets coupés, oreilles enlevées, estampage au fer pour mettre le nom du maître, pendaison, écartèlement…).

Ceux qui s’échappaient étaient appelés "nèg mawon "(lire nègre marron). Ils organisaient régulièrement des attaques des habitations, incendiaient les plantations, empoisonnaient les maîtres, entraînaient dans le "mawonaj " d'autres esclaves.

L'un des exemples de cette résistance fut la lutte héroïque de 1802…” (4)

 

Ces îles ont subi tous les travestissements institutionnels. Fausses intégrations nationales sous forme de vice-royautés, de provinces ou de départements. Suivies, pour certaines d’entre elles, de fausses indépendances. Sans jamais pouvoir se défaire de la tutelle coloniale. Jusqu’à aujourd’hui…

 

Même Cuba voulant s’affranchir du colon espagnol, puis de la tutelle américaine, s’est trouvée isolée, agressée, étouffée sous embargo, politiquement et économiquement, par le club des puissances coloniales dirigé par les USA. Au motif que ses choix ne correspondaient pas à ce qui était “politiquement correct”. (5) Comme pour l’île de Grenade envahie militairement par les USA, sous un faux prétexte, en octobre 1983…

 

Leur seule vocation admise par La Communauté Internationale : être des chasses gardées, servant de rente de situation à quelques richissimes familles, alimentant les comptes secrets des politiciens dans les “paradis fiscaux”.

 

N’est-ce pas dans les Caraïbes où se trouve la plus grande concentration de ces paradis fiscaux, de ces niches fiscales et autres astuces, permettant à une poignée de privilégiés internationaux d’échapper à l’impôt, dont on veut nous faire croire que ces mêmes politiciens envisageraient de “réguler” ?… Tout en ne cessant d’affirmer que les caisses de leurs Etats sont vides. Anglais, espagnol, français…

 

La poursuite des pratiques coloniales se dissimulant à l’abri du développement de luxueux centres de villégiatures destinés à la ploutocratie mondiale, avec “pavillons de complaisance” pour leurs yachts. Suivie par une bourgeoisie occidentale souhaitant s’identifier aux VIP et autres People, dont ils ne feront jamais partie. Certains s’encanaillant dans le tourisme sexuel, masculin et, à présent, féminin… (6)

 

En France, Nelly Schmidt, directrice de recherche au CNRS dont les travaux font autorité, est une des rares spécialistes à travailler sur cet aspect rigoureusement occulté par les médias et les livres d’histoire de nos enseignements scolaires : l'esclavage, les abolitions et les politiques coloniales de notre pays aux Caraïbes-Amériques.

 

Son dernier livre, édité en ce début d’année, aide à comprendre les fondements de la révolte actuelle : La France a-t-elle aboli l’esclavage ? Guadeloupe – Martinique – Guyane – 1830-1935 (7).

 

Dans un entretien avec un hebdomadaire, elle rappelle les origines de cette pathologie politique d’un autre âge (8) :

Dans les colonies françaises des Caraïbes, l'ensemble des importations et des exportations est géré, encore aujourd'hui, par un très petit nombre de sociétés. C'est l'héritage de « l'Exclusif colonial » des XVIIe et XVIIIe siècles.

La conséquence de cette situation de quasi-monopole, c'est que ces sociétés fixent les prix qu'elles veulent. Des prix bien souvent excessifs.

Mais au-delà des questions liées au prix des différentes marchandises, c'est à la fois les paradoxes du développement social de ces territoires, les incuries successives dont ils ont souffert et le lourd héritage de leur histoire qui apparaissent sous les projecteurs”.

 

Monocultures, ou cultures “d’exportation”, au bénéfice des grands planteurs et des armateurs, fondées sur l’exploitation d’une main-d’œuvre ayant pour seule perspective : la survie. Sucre, coton, café, indigo. Depuis les années 60, la banane.

 

Avec importation de tout le nécessaire au fonctionnement économique et à la vie quotidienne. Tous produits alimentaires ou manufacturés : outils, meubles, toiles habillements, etc. (9). Depuis des siècles.

 

A ce jour, rien n’a changé. Aucune autosuffisance alimentaire. Tout est importé. Jusqu’à des yaourts. Rien n’est fabriqué sur place, si ce n’est une petite industrie de conditionnement et d’emballage. Les “entreprises locales”, n’étant que des importateurs, type concessionnaires de voitures ou vendeurs de jacuzzi…  Importations, pour le seul bénéfice des grands distributeurs, et des armateurs.

 

Autrement dit : la même caste de privilégiés prospérant dans l’impunité, dans l’opacité des circuits gérés par des initiés. Au nom de “la liberté d’entreprendre” et du “Libéralisme économique”. Au mépris de ses propres principes affichés de “libre concurrence”…

 

S’engraissant comme champignons sur fumier, sur la spéculation immobilière, les monopoles, ententes, cartels, “représentations exclusives”, subventions et autres gabegies de l’Etat, via ses élus ou sa haute fonction publique...

 

 

 

République bananière

 

Ne rien changer. Ne pas bouger. Congeler…

 

Pour cela : noyer cette révolte, comme toujours, dans de “fausses négociations”, sous la menace d’une répression armée et brutale. Par l’usure, contraindre à l’abandon d’un maximum de revendications. Circonscrire, réduire, le puissant mouvement de contestation à un problème “d’augmentation des salaires” ou de “pouvoir d’achat”.

 

Pas plus.

 

Surtout : ne rien toucher aux privilèges, à l’injustice économique, à la misère sociale.

 

A ses rouages, ses mécanismes d’enrichissement personnel. Et ceux, qui lui sont inextricablement liés : de corruption. On le sait : l’aberration, l’injustice, économiques et sociales, ne peuvent perdurer pendant des décennies, voire des siècles, sans des systèmes de corruption aussi invisibles du citoyen lambda que “huilés” en permanence…

 

Un documentaire "Les Derniers Maîtres de la Martinique" diffusé sur la TV “Canal +” a fait grand bruit (10). On y entrevoyait la caste raciste des békés, ces descendants des grands propriétaires esclavagistes qui sont les maîtres des Antilles françaises. Vivant de leur rente de situation, après avoir été indemnisés par l’Etat français lors de la suppression de l’esclavage en 1848.

 

Oui. On indemnisa les esclavagistes, pas ceux qui avaient été contraints à l’esclavage…

 

Ce documentaire met en lumière le puissant lobby des producteurs de bananes. Comme toujours dans les négociations agricoles, ce sont les gros producteurs qui font pleurer les gouvernements successifs pour obtenir protection et subventions. Invoquant les “milliers d’emplois”, sous payés, qu’ils génèrent, ou les quelques petits propriétaires qu’ils tolèrent pour leur servir de “couverture”.

 

Dans ce film on apprend, d’ailleurs, qu’un prêt de 50 millions d’euros, consenti par l’Etat à ces producteurs milliardaires, est finalement “abandonné”, reconverti en “subvention”…

 

Enfermer les Antilles dans une monoculture d’exportation, avec des emplois payés une misère, c’est les contraindre au sous-développement. La France dépense des milliards non pas pour la mise en valeur de ce qui est en théorie un “département français”, mais pour entretenir à grands frais une richissime caste locale.

 

Alors que pourraient y être implantés des industries et services à haute valeur ajoutée dans ce qui constituerait une plateforme de partenariat avec les voisins sud-américains, s’intégrant dans les immenses perspectives de développement des marchés de ce continent.

 

Mais, les békés ne sont plus les seuls représentants de la caste privilégiée. D’autres “minorités” se sont rajoutées au système colonial, le renforçant : métropolitains, libanais, indiens, et autres membres de puissantes communautés. En plus de la monopolisation du secteur privé, s’ajoute celui de tous les services publics locaux et travaux publics détenus par des entreprises métropolitaines et leur représentants : de la gestion de l’eau, et des mirobolants contrats de travaux publics, à la téléphonie mobile.

 

Point commun de cette caste monopolisant pouvoir économique et politique : aucun “Noir”, descendant des esclaves, représentant la majorité de la population. Vieux et inusable système colonial : se défiant de la “majorité colonisée”, par un système de cooptation rigoureux, il sous-traite son exploitation à une “minorité” composée de groupes complémentaires et complices.

 

Les revendications du collectif LKP, de Guadeloupe, posent les vrais problèmes de fond dans ses communiqués, loin des simples préoccupations de pouvoir d’achat :

“Depuis le 16 décembre, LIYANNNAJ KONT PWOFITASYON, véritable fédération de 48 organisations d’origines diverses, syndicats, associations, organisations politiques, culturelles, de consommateurs a décidé de fédérer les mécontentements et les revendications de tout un peuple et de les porter au plus haut.

LKP et le Peuple de Guadeloupe continuent de réclamer la transformation des rapports sociaux, le respect de toutes les libertés fondamentales, le droit de vivre et de travailler dignement au pays…”

 

Ce ne sont pas, en effet, des miettes se rajoutant à d’autres miettes qui résoudront les distorsions et l’incapacité du modèle économique à répondre aux exigences de justice sociale et de cohésion d’une collectivité, dans le respect du contrat social.

 

Le cœur du problème se situe au-delà de la domination de la caste des privilégiés, dans son aspect racial : békés, métropolitains et autres minorités, au détriment d’une majorité de “noirs”.

 

C’est le système économique dans ses monopoles, rentes de situation et son incapacité à redistribuer les richesses qui est à revoir. Dans la perversion de sa structure : une minorité confisquant à son seul avantage la richesse et les revenus de la collectivité.

 

Aux Antilles et en Guyane, éclatent les faillites des systèmes économiques et politiques dont on ressent les premières manifestations en Occident, et en France tout particulièrement :

 

=> Faillite de la République dans la défense des valeurs, qu’elle prétend promouvoir, de liberté, égalité fraternité

Comment ne pas être choqué en assistant à des réunions “patronales”, dans une région à “majorité noire”, composées uniquement de “blancs” ?...

Est-il acceptable de constater qu’aucun haut fonctionnaire sur place ne soit “noir” : préfet, sous-préfet, responsable de la sécurité ?...

Ignorer, marginaliser la majorité noire, à ce point, dans une région, c’est pratiquer un “apartheid” qui ne dit pas son nom.

 

=> Faillite de l’Etat, dans ses fonctions de régulateur, de gestionnaire des équilibres et de l’avenir de la collectivité

Commet justifier des monopoles, des rentes de situation, des spéculations, des gaspillages de subventions, des pratiques de prix sans commune mesure avec les coûts de revient et les marges “normales” : des prix alimentaires, aux prix de l’immobilier, des transports, etc.

Sans aucun contrôle ?...

Le soutien d’une région, d’un secteur économique, par l’Etat, par l’argent des contribuables, exige en retour le respect d'un cahier des charges, d’obligations de résultats. Non pas la perpétuation de la protection de castes privilégiées.

 

=> Faillite du monde politique : droite et gauche

Depuis des décennies. Ils savent. Ils ont, à la fois, informations et capacité d’analyse. Mais ne disent rien. Ils n’ont rien fait et ne feront rien.

“L’opposition” a beau jeu de dénoncer l’incurie du gouvernement actuel, alors qu’elle-même, au pouvoir pendant 14 ans, n’a strictement rien conçu, proposé, appliqué, pour améliorer la gestion de la collectivité des Antilles.

La complicité des politiciens à l’égard d’un système profondément injuste et spoliateur aux dépens d’une majorité est un aveu, en soi, de corruption. Morale, dans un premier temps. Pour ne pas aborder le volet financier…

 

=> Faillite des médias : désinformation et propagande

Ces médias prêts à envoyer des équipes de reportage au  bout du monde, dès qu’il s’agit de pratiquer « la dénonciation vertueuse » à l’encontre des Autres. Appliquant le principe : Ne jamais  balayer devant sa porte, évitant avec soin d’exercer leur “journalisme d’investigation” sur les injustices sociales et économiques de leur propre pays.

Ils ont mis plusieurs semaines avant de se saisir du problème. Mais au lieu d’informer, de rappeler le contexte historique, économique et social, ils ont sombré dans leurs pratiques habituelles de la propagande, leur seul souci : diaboliser les contestataires, les caricaturant en émeutiers irresponsables.

 

Il est vrai que l’exploitation d’une majorité par une minorité repose sur un équilibre fragile et explosif. Uniquement maîtrisable par la peur et la propagande. Y toucher, par une remise en cause, même la plus pacifique, est plus que dangereux. Suicidaire pour un politicien sans vision, ni conviction. Courage et honnêteté sont introuvables dans une caste politique corrompue.

 

Il faudra attendre plusieurs générations avant que les Antilles françaises ne forgent leur avenir en dehors d’une métropole prise en otage par une nomenklatura, à la mentalité coloniale. Leur communauté de destin n’est pas avec l’Europe, mais dans une union avec les autres îles des Caraïbes. Arrimées au continent latino-américain voisin, à la veille d’entamer une période de fabuleux développement économique et une renaissance historique.

 

Guadeloupe, Guyane, Martinique : microcosme de ce qui se vit, se trame, se subit, à plus grande échelle, en “métropole”, pour nous limiter au cas français. Car, dans tous les pays occidentaux, la configuration est exactement la même.

 

Une dizaine de clans familiaux, principautés financières phagocytant la République, pompant la quasi-totalité de la richesse nationale, avec leurs courtisans et seconds couteaux, monopolisant les secteurs majeurs de l’économie, publics et privés : distribution et crédit, travaux publics et construction, armements et médias. Demain : énergie, éducation et santé. Minorité immensément fortunée, à l’enrichissement incessant, exponentiel, vampirisant un marché captif…

 

Ce marché captif, cet enclos de moutons apeurés, hébétés, anesthésiés, se laissant tondre dans la soumission…

 

Jusqu’à quand ?...

 

Comme beaucoup, je pense à Frantz Fanon, le Martiniquais devenu militant, héros, de l’indépendance algérienne (11). A son analyse fulgurante de lucidité et d’anticipation, peu de temps avant de mourir de leucémie en 1961, dans son livre-testament politique Les Damnés de la Terre.

 

Synthétisant ce à quoi nous sommes confrontés, des crises financières mondiales aux révoltes sociales et mouvements d’indépendance (12) :

“Ce qui compte aujourd’hui, le problème qui barre l’horizon, c’est la nécessité d’une redistribution des richesses.

L’humanité, sous peine d’en être ébranlée, devra répondre à cette question.”

 

 

°°°°°°°°°°°

 

 

 

 

 

 

(1)  In Frantz Fanon, Pour la révolution africaine, écrits politiques (Maspero, 1964)

(2)  Rayond-Marin Lemesle, Le Commerce Colonial Triangulaire (18°-19° siècle), PUF, 1998, p. 111.

(3)  Elisée Reclus, Nouvelle Géographie Universelle, t. XVII : Indes occidentales, Paris, Hachette, 1891. In Raymond-Marin Lemesle, Op. Cit., p. 111.

(4)  http://planetantilles.com/index.php5?IdPage=1134061592

(5)  On l’occulte, mais la révolte conduite par Castro était une violente réaction du peuple cubain face à la dictature sanguinaire de Batista, protégée des américains. Cuba étant une néocolonie administrée par de richissimes familles, telles celle des Bacardi (sucre – rhum - immobilier, etc.), et la mafia des casinos américains de las Vegas et de Miami.

(6)  Voir le film de Laurent Cantet, "Vers le Sud", sorti en 2006, avec Charlotte Rampling et pour cadre Haïti. Adaptation d’une nouvelle de Dany Laferrière, qui est un des rares auteurs des Caraïbes à avoir abordé le tourisme sexuel des femmes européennes et nord-américaines.

(7)  Nelly Schmidt, La France a-t-elle aboli l’esclavage ? Guadeloupe – Martinique – Guyane – 1830-1935, Editions Perrin, 2009.

(8)  Entretien avec Baptiste Touverey, Antilles : La France en a-t-elle fini avec l’esclavage ?, Nouvel Observateur, 20 février 2009.

(9)  Cf. “Produits européens pour les colonies”, Raymond-Marin Lemesle, Op. Cit., p. 53.

(10)  http://www.megavideo.com/?v=1q1m01nvidéo

(11) Cf. Gharbi Fethi, “Frantz Fanon, chantre de la désaliénation”, 25 février 2009, http://www.legrandsoir.info/spip.php?article8113

(12) Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, Editions La Découverte – Essais, 2002, première publication 1961, p. 96.

 

 

Photo Frédéric Gircour : Visage tuméfié d’un étudiant, Patrice, après avoir été tabassé lors de son arrestation, alors qu’il dormait. Il était “suspecté” de l’assassinat du syndicaliste Jacques Bino. Relâché deux jours plus tard. La police a reconnu s’être trompée…

 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Colonies d'Outre-Mer
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commentaires

Rachid 28/03/2009 05:34

Shalom aleykhum, C'est peut-être hors sujet mais... ILS ONT BESOIN D'UN SACRE COUP DE MAIN ! Peux tu diffuser cette info. Tu peux trouver d'amples informations sur notre blog Communiqué: ISRAEL'S jeunes objecteurs de conscience. Le Shministim israéliennes sont des élèves du secondaire qui ont été emprisonnés pour avoir refusé de servir dans une armée qui occupe les territoires palestiniens. 18 décembre marque la date de lancement d'une campagne mondiale visant à les libérer de prison. Rejoignez plus de 20.000 personnes, y compris des objecteurs de conscience américains, Ronnie Gilbert, Adrienne Rich, Robert Meeropol, Adam Hochschild, Rabbi Lynn Gottlieb, Howard Zinn, Real Mazali, Debra Chasnoff, Ed Asner et Aurora Levins-Morales et montrer votre soutien en communiquant avec le ministre israélien de la défense en utilisant le formulaire ci-dessous. 40000 LETTRES ET COMPTAGE ! Merci d'avance pour votre future visite

Georges Stanechy 08/03/2009 14:37

Bonsoir Rita Utopie ?  Rêve ? Certainement. Mais, l'espoir d'un monde meilleur ne permet-il pas à l'Humanité d'avancer à tâtons, dans l'obscurité de ses Connaissances et de sa Conscience ?... Longue marche, millénaires de vociférations et de silences, l'arrachant lentement à son état de prédateur de l'Homme et de la Nature... Amitiés

ritapitton 07/03/2009 23:10

Bonsoir Georges ,Merci pour cette analyse de la violence capitaliste aux Antilles .Comme toi je soutiens ces opprimés "colonisés " majoritaires qui se révoltent à raison contre la violence sociale  de la caste privilégiée minoritaire . Oui vivement une redistribution des richesses .Utopique ?Amitiés . Rita