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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 16:01

Yasmina n’avait pas encore bouclé le financement de son projet de film sur Saladin. Par contre, elle avait réuni des fonds pour produire deux documentaires pour la télévision : deux "52 minutes", comme on dit dans le milieu. Le contexte était différent, elle souhaitait les vendre avant de les tourner, afin d’être sûre de pouvoir rembourser ses créanciers.

C’était un projet ambitieux avec un tournage prévu dans six pays, auquel s’ajoutaient la postproduction et le doublage, à Londres. En français et en anglais. Il avait pour finalité de corriger la manipulation de l’image de la femme musulmane, en sortant des clichés répétitifs imposés par la propagande des médias occidentaux.

Elle avait choisi un échantillon de femmes, dans différents secteurs d’activité et de différents milieux socio-économiques : une chef d’entreprise, deux ouvrières, une biologiste, deux femmes du monde agricole (petites exploitations agricoles), une présentatrice d’émission de télévision, une directrice de journal, une fonctionnaire, une directrice de banque, "un" commandant de bord, une conductrice de train,"un"
chauffeur de bus, etc.

Toutes musulmanes et travaillant dans des pays musulmans différents : Maroc, Tunisie, Egypte, Liban, Syrie et Turquie. Montrer leur manière de vivre leur métier, leur religion, leur vie de famille, leurs problèmes matériels et leurs préoccupations quant à leur avenir et celui de leurs proches, était le fil conducteur de ce travail d’investigation. Pour découvrir autre chose que les images misérabilistes d’usage, elle souhaitait montrer les cybercafés ultramodernes, les galeries marchandes des grands boulevards des villes, les complexes balnéaires, sans équivalents en Europe, les multiples librairies, cinémas… Visitant au passage quelques-uns des plus beaux glaciers et salons de thé, où se réunissent garçons et filles des pays bordant la Méditerranée. Ou encore, les plages où garçons et filles se baignent, bronzent ou jouent au volley ensemble. Tout ce que les occidentaux ne voient pas.

Le problème était d’en assurer la distribution, en le pré vendant auprès de distributeurs pour l’Europe et l’Amérique du Nord, essentiellement : aucun intérêt de garder un documentaire dans un tiroir. Je l’avais mis en contact avec Peter, un ami, professionnel connu pour son efficacité dans la production et, surtout, la distribution de documentaires sur le marché international. J’ai assisté à l’entretien qui eut lieu à Londres. Chaleureux, cultivé, fraternel même, je me souviens du rire de Peter :

"- Yasmina, réfléchis ! Tu veux entrer dans le marché du documentaire ? Si tu n’adoptes pas une approche "marketing", tu vas te planter. Il faut coller au marché. Nous avons plus de 50 millions de chômeurs en Europe. Pas une famille qui ne soit touchée, à part une catégorie de privilégiés. Et, tu veux me montrer que ce ne serait, somme toute, pas très différent ailleurs… Non, il faut montrer que c’est pire ! Sinon, ce serait insupportable à regarder. Tu me montres de la misère, des femmes obligées de se prostituer, battues, des mecs qui s’étripent entre eux en crevant de faim, des gosses sniffant de la colle ou du cirage pour pouvoir faire la manche … Tout ça, en dehors de l’Europe, bien sûr ! Là, oui, je te vends çà, tout de suite. Ecoute, Yasmina, ton énergie et ta motivation me plaisent. Je te propose autre chose : fais-moi, plutôt, un animalier.

- Un "animalier" ?

- Oui, un documentaire sur le monde animal. Il n’y a pas des braves bêtes en voie d’extinction, dans les coins que tu fréquentes ? Même des insectes : je prends. De préférence, une histoire d’espèces en voie de disparition ou de mutation, sinon c’est trop banal. Il faut une tonalité d’angoisse ! Rassurer les gens, par l’angoisse ! La baleine et le rhinocéros, c’est usé… Par exemple : le pingouin rouge cendré qui disparaît progressivement de Papouasie, parce que les Papous ne respectent plus l’équilibre de l’écosystème, depuis qu’on leur fait avaler des amuse-gueules industriels ! Trois coups de fil et je te le vends dans toute l’Europe et en Amérique du nord. Je ne sais pas… Cherche et je sais que tu trouveras ! Tiens : ou
"l’abeille Tsé-Tsé" envahissant la Sibérie …

-
La mouche (1)…

- Mais, non !… Suite à des manipulations génétiques incontrôlées, une mouche Tsé-Tsé se serait transformée en une abeille, qui résisterait aux grands froids ! Çà, je te le vends… En plus, on fait une opération de "merchandising", en arrière plan : ventes de casquette et de T-shirt, numéro de téléphone payant pour prendre des nouvelles de l’évolution du phénomène, versements de contributions contre un agenda et toute la déclinaison. Avec, bien sûr, comme pivot "pompe à fric ": la création d’une association de défense de "
l’abeille Tsé-Tsé". Là, on se ramasse mille fois l’équivalent de la cession des droits de ton documentaire.

- Mais, l’extinction des espèces et moi …

- Ecoute, ton histoire de musulmanes, avec leurs joies et leurs soucis, bien intégrées dans leur métier, leur pays, leur couple, leur vie de famille, leur religion ; et bla, bla, bla... : aucune chance. Aucune ! Désolé. Ce serait pagayer à contre-courant.

- C’est que …

- Ou, alors, fais-moi quelque chose sur le super–luxe. Je ne dis pas : le luxe. C’est ringard. Pas la quincaillerie de chiffonnier à la Dior, nouvelle mouture. Le : "super luxe" ! Le yacht, 50 mètres minimum, amarré sur un port privé, au pied d’une immense résidence privée, sur une île paradisiaque privée, avec le jet privé, qui attend sur la piste de l’aéroport privé. Là, tu fais rêver. Et, tu vends très bien. C’est très "tendance". En plus, ce n’est pas cher à la fabrication…

- Mais, informer de manière distrayante …

- Informer "de manière distrayante" ? Mais, non !... Il faut vendre du rêve ou de la misère. Choisis ton créneau.

- Pourquoi ce choix ?…

- Parce qu’il est extrêmement réduit, si tu ne veux pas faire dans " l’écolo-sauve-planète ", rentable ; " l’historico-archéolo ", les bouche-trous subventionnés qui assurent les frais fixes ; ou " l’anti-islam ". Si tu fais de " l’anti-islam ", avec comme "packaging" la "Défense de l’Occident ", tu le sais bien, tu gagnes le jack pot. Et, ce n’est pas fini… Dans quelques temps, c’est l’Iran qui va être le cœur de cible. Beaucoup, beaucoup d’argent qui arrive…

- Mais, Peter, que vient faire l’Iran ?…

- C’est comme la mode, nous préparons la prochaine "collection". La défense des femmes iraniennes opprimées va être au centre du dispositif. Comme on va les bombarder pour les libérer, il faut faire pleurer les chaumières occidentales, au préalable. Sinon, les gens ne comprendraient pas : comment peut-on libérer les "femmes opprimées" en rasant les maisons, les écoles, les dispensaires, les usines, les centrales électriques, les stations de traitement de l’eau, les routes, des pays où elles vivent… ?

- Et, on va faire pleurer comment ?

- On va pratiquement refaire le coup de la "burqah" avec déclinaisons : "docus", bouquins, presse, colloques et défilés sur les plateaux de télé. La presse féminine assure le relais. Excellentes ventes en perspective. Tu te souviens ? Même baratin, il n’y aura qu’à changer la "burqah" par le "tchador". Le problème, c’est filmer les extérieurs : on circule moins facilement en Iran que chez les chefs de guerres afghans. Il suffisait de payer et on faisait la mise en scène qu’on voulait. Seule obligation qu’on avait : ne pas filmer les champs d’opium, ni l’évoquer. Tout le monde y trempait. Même les icônes médiatiques. Mais, tabou ! Là, il va falloir faire de la reconstitution dans des pays voisins, à cause des paysages. Pas beau ça ?

- Mais, il doit y avoir la possibilité d’une autre approche sur la femme musulmane…

- Tu n’y es pas du tout, et c’est là où tu veux nager contre le "mainstream". Ce qui est très recherché, en ce moment, c’est la repentie "femme". La musulmane, ou prétendue telle, capable de balancer toutes les saloperies possibles, qu’on lui dira de dire sur sa religion. Il faut un "sponsor" à gros chéquier ! Comme le scoop de la Somalienne de Hollande qui a fait la une des journaux américains, britanniques et tutti quanti. Elle est allée même réciter son texte chez Larry King, je crois ; tu sais, le mec qui fait son talk-show en bretelles super larges. Un truc génial, avec plein d’argent sur le coup. Les "networks" s’arrachent çà, même son bouquin où elle raconte n’importe quoi… Finalement, avec beaucoup de fric, on arrive à retourner les gens, comme des crêpes !

- Mais…

- Le "
must" en ce moment : celle qui a abjuré sa religion et qui est menacée par son ancienne communauté. On a des documentaires venus d’Allemagne qui se vendent très bien. Si je me souviens bien, les franco-allemands de ARTE, en ont acheté à la pelle...

- Mais, c’est du délire ! Le Coran (2)
dit clairement et formellement : " Point de contrainte en religion, car le vrai se distingue du faux". N’importe quoi …

-
Yasmina, c’est très simple. Ou, tu mets en scène la misère des autres, je veux dire hors de l’Occident, à part quelques banlieues bien balisées, et tu rassures les gens qui se disent finalement, malgré ma vie de chien, je suis un privilégié ; je suis même intelligent, puisque les autres sont illettrés. Ou, tu mets en scène des boucs émissaires. Les politiques y trouvent leur compte : ils jouent sur la peur pour éviter de traiter les vrais problèmes. Ou, alors, tu montres le rêve : les gens s’évadent dans l’imaginaire et, en plus, çà présente l’avantage de légitimer les dépenses somptuaires des puissants. Et, ils apprécient…

-
Merci de cet éclairage, Peter…

-
Yasmina, je ne voudrais pas t’avoir choquée… Entre nous, ce n’est pas moi qui décide du "trend", ce n’est pas le téléspectateur, ce n’est pas le patron de chaîne, ce n’est pas le lecteur du journal, ce n’est pas le rédacteur en chef, non plus. Ce sont les marchands de canons et de pétrole qui dictent l’information internationale et qui dirigent le monde… J’en suis le premier désolé. Mais, il faut bien vivre … Et, je sais que tu sais … "Come on" … Pour nous changer les idées, ce soir on dîne tous ensemble et on oublie tout ça !".
 
 
 
 
(1) Crédit photo : ypix.org.
(2) Sourate 2, verset 256.
 
 

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Published by Georges Stanechy - dans Islamophobie & Racisme d'Etat
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