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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
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Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 18:34

 

 

Je dédie ce billet à Aafia Siddiqui. Avec admiration et tendresse

 

 

« La véritable caricature a consisté à agresser la complexité, l'intelligence et la nuance qui doivent guider toute œuvre de pensée. En cela ces caricatures renvoient à une vulgarité de pensée ; cette misère intellectuelle ne peut en aucun cas se draper de l'habit de la “liberté d'expression”. Le simplisme, maladie infantile du néoconservatisme comme de l'islamisme, tel est le véritable fléau du siècle. »  

Rachid Amicou (1)

 

 

 

Pas un millième de seconde, je n’y ai mordu…

 

Le “coup de la bouteille incendiaire”, après publication de caricatures islamophobes… Jetée par deux “islamistes”, “barbus”. Vus s’enfuyant, par des témoins… Si, si : juré : ils les ont vus !

 

Vus, comme à la télé ! Pas les témoins : les “barbus”. Tout juste s’ils n’ont pas réussi, au passage, à dénombrer le nombre de poils de leurs barbes…

 

A d’autres.

 

Hameçon d’amateur. En carton-pâte.

 

firecracker.jpg

 

 

Les Croisés en godillots

 

Voilà Charlie Hebdo, phare du journalisme français, transfiguré à nouveau en Jeanne d’Arc. Rempart contre l’obscurantisme. Ses journalistes-caricaturistes érigés en héroïques défenseurs de notre République. Fraternellement laïque, démocratique, pacifique et vertueuse. Encore un effort, et ces valeureux vont se voir récompensés du prix Nobel de la Paix…

 

Dans leurs récentes pages de caricatures antimusulmanes, publiées sous le titre "Charia Hebdo", ils nous proposent encore un tour de manège : désinformation, fanatisme et inculture. Repris en chœur par l’ensemble des médias, et politiciens de tous bords friands des petites phrases permettant une fugitive apparition télévisuelle.

 

La France des Lumières, dans son incomparable splendeur rayonnante.

 

Au moment de la plus importante fête du calendrier musulman : l’Aïd El Kébir, commémorant le sacrifice biblique d’Abraham (Ibrahim en arabe). Qui avait lieu le 6 novembre 2011, en France, cette année. Bien sûr, ce n’était qu’un hasard… Il est vrai que les ignares la caricaturent en « fête du mouton », comme si l’Islam célébrait le mouton… Normal, sous l’effet de la mondialisation, le traditionnel hommage rendu aux défunts chrétiens, lors de la Toussaint, s’est transformé en « fête de la citrouille » : “Halloween” !… Culture et connaissance progressent tous azimuts.

 

Matraquage médiatique avec, en musique de piano mécanique, la ritournelle des bons sentiments : “incendie criminel” oblige. Etendard de la franchouillardise claquant au vent, l’émotion primant l’analyse, quant à “la défense de la liberté d’expression et de la laïcité”. Le “devoir de solidarité” paralysant la condamnation de la “provocation raciste”, dans l’abêtissement et la lâcheté de la pensée binaire : « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». Boulevard de l’obscurantisme.

 

Car, nous sommes pris en otage dans une stratégie de banalisation de l’abjection, de l’inacceptable qu’on se doit de dénoncer : l’appel à la haine religieuse, dans le mépris et la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens et de centaines de millions de personnes embarquées, avec nous, à bord de cette planète.

 

Saluons un des rares observateurs politiques à avoir réagi immédiatement avec courage et discernement, face à l’évidence du montage d’une énième campagne raciste, sur fond de diabolisation de l’Islam : Pascal Boniface. (2)

 

Ce qui lui a attiré immédiatement les foudres de la Nouvelle Inquisition. Commentaires en rafales incendiaires tirées par les obsédés de La Souche [Aghhh ! “Ce sang impur qui abreuve nos sillons” !…] (3), jusqu’aux plus fervents soutiens des colonisations guerrières en pays musulmans. En Palestine, tout particulièrement. Tous autant les uns que les autres, convaincus, dans leurs godillots de Croisés de l’Occident, d’être de la Race Supérieure … (4)

 

Mentalité, réflexe, inconscient collectif, forgés par une dizaine de siècles de conquêtes et rapines coloniales. Chancre inguérissable des crimes imprescriptibles auxquels nous nous sommes livrés contre des millions de personnes dans nos “possessions coloniales”, en Algérie tout particulièrement.

 

Dénoncer l’islamophobie, ce cancer de l’Europe, est un travail de Sisyphe. L’affronter s’est se retrouver, vite fait, assimilé, catalogué, étiqueté : antilaïc, ennemi de la Liberté, des Droits de l’Homme et autres merveilles engendrées par la perfection de notre Civilisation. Nulle tolérance dans ces procès d’intention. Gibets, piloris et bûchers médiatiques constituant menaces et sanctions de nos « démocraties », pour qui ne respecte pas la charte du “politiquement correct”.

 

Dans leur terrorisme intellectuel, les islamophobes prenant soin de s’abriter derrière la « défense de la liberté d’expression et de la laïcité ». Reproduisant à l’infini, dans le rideau de fumée, cette rhétorique à chaque campagne de diabolisation de l’Islam. L’incitation à la haine contre cette religion n’est, ainsi, ni un délit, encore moins un crime. Paradoxe, dans notre pays, où le moindre éternuement de travers en prononçant le mot Palestine est passible d’une carbonisation pour “antisémitisme” : « l’islamophobie », ont-ils décrété, n’existe tout simplement pas. C’est, au contraire, un acte de bravoure dans la défense des valeurs républicaines… 

 

 

Tiroir-caisse et audiences

 

Acte de bravoure, ne l’oublions pas, extrêmement lucratif. Le business de la haine religieuse se vend bien : de 45.000 exemplaires habituellement vendus, les ventes attendues par Charlie Hebdo seraient de 200.000. Moins, toutefois, que lors de la première campagne de caricatures atteignant un chiffre record de 300.000 exemplaires vendus en 2006 sur le même thème. (5)

 

Simple récidive de l’action lancée en 2006, à partir de leur publication initiale dans un journal danois le 30 septembre 2005. Qui avait fait grand bruit. Personnages aux nez crochus, yeux exorbités, enturbannés de stupidité, barbus de violences et fourberies. Caparaçonnés de pulsions et d’arsenaux de mort. Ingrédients habituels de l’incitation à la détestation et à la peur de « l’Autre ».

 

Pourquoi ce fléchissement dans les ventes, un tiers de moins, malgré effets ou “buzz” des scandales et scoops habituels, relayés par la puissante machinerie des médias de la désinformation. ?...

 

En raison, certainement, des quelques réactions saines et humanistes qui s’étaient élevées, dès 2006 surtout, essayant d’endiguer ce tsunami de la régression de l’intelligence. Trop rares peut-être, mais bien ajustées, elles ont eu un incontestable impact de freinage malgré l’étouffement médiatique dont elles ont été l’objet.

 

Mojo Risin, par exemple, dans un texte intitulé La maladie de vieillesse du progressisme (le laïcardisme), avait interpellé les "intellectuels de gauche" se rendant complices d’une “ratonnade” sur fond d’intolérance religieuse :

« Il est lamentable que beaucoup de prétendus intellectuels de gauche, mettant leur capacité de réflexion de coté, se rabaissent aujourd’hui à être les porteurs de valises de suprématistes de la civilisation occidentale ou d’élites dominantes fantasmant sur des classes dangereuses. Il est à espérer que le bon sens, l’ouverture et la raison reprennent rapidement chez ces « progressistes » le pas sur une fort peu avouable xénophobie latente. » (6)

 

Sans revenir dans le détail sur ces manipulations, démissions, complicités, aussi hypocrites qu’atterrantes, rappelons deux autres remarquables analyses, parmi d’autres, déconstruisant cette gigantesque arnaque à la crédulité. Publiées lors de la première campagne des caricatures antimusulmanes en France, elles restent d’une pertinente actualité.

 

La première, un implacable dynamitage de cette opération de propagande par Domenico Joze, sous forme d’une série de billets sur son site (une intro + 5 textes) datés du mois de mars 2006, très bien documentés :

« Quand des médias caricaturaux pérorent sur des caricatures » (7)

Les titres de ses différents textes sont déjà une déconstruction point par point :

=>  Une (ir)responsabilité de la presse

=>  Des caricatures racistes

=>  Défendre la liberté de la presse

=>  Choc des civilisations et ethnocentrisme

=>  Un militantisme bête, stérile et dangereux

 

La seconde, un article de Mona Chollet, paru aussi en mars 2006, arrachant, en parlant de “barbus”, la fausse barbe de Charlie Hebdo :

« L’obscurantisme beauf – A propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo » (8)

Devenu, au fil du temps, un des puissants relais des campagnes de désinformation sur l’Islam et un des plus fervents soutiens à la politique de l’Empire. Au Moyen-Orient, notamment. Seule modification par rapport au précédent contexte, son patron, Philippe Val, très bien en cour auprès de notre président-monarque a, depuis, été appelé à de hautes fonctions dans l’audiovisuel…

 

A noter, parmi sa fine équipe, la présence de Caroline Fourest. Pasionaria dont j’apprécie beaucoup les confitures islamophobes. Mon plaisir étant de la voir s’y coincer les doigts, entre couvercles et bocaux de ses clichés et amalgames. (9) Pas plus tard que le dimanche 6 novembre 2011, au JT de 13H de la chaîne étatique France 2, elle n’hésitait pas à attribuer le succès du vote du “parti islamiste” en Tunisie aux “dons” sous forme d’argent ou de mouton distribués aux électeurs. Que de mépris pour le peuple tunisien, sortant d’une longue dictature corrompue et asservie aux seuls intérêts de l’Occident ! Que d’ignorance sur la mutation sociologique actuelle de la Tunisie !

 

A nouveau, ces caricatures ont été le déclenchement d’une opération de propagande de grande ampleur : presse, radio, TV, internet. Justifiée, cette fois-ci, par « La Peur » de ce qui se passerait en Tunisie et en Lybie, à la suite de l’arrivée de nouveaux pouvoirs et partis élus : l’imposition d’une Charia, fantasmée comme toutes les peurs, dont on ne connaît même pas les contours.

 

Modalités et formes étant multiples, l’éventualité et la réalité quasiment illusoires. Le “parti islamiste” en Tunisie, semblable quant à son programme à celui qui gouverne en Turquie membre de l’OTAN, arrivé en tête des élections n’a pas obtenu la majorité et sera amené, en conséquence, à former un gouvernement de coalition. Pas de quoi terroriser les chaumières occidentales …

 

Mais, campagne de propagande faisant loi, ce fut la multiplication de ces plateaux TV ou radio, articles de presse, animés par la noria habituelle de présentateurs, journalistes, aussi ahuris de bêtise les uns que les autres. Véritables têtes à claques d’hypocrisie.

 

Le plus pitoyable étant de les voir apostropher un interlocuteur de service, présumé(e) musulman(e), chargé de conforter le conditionnement anxiogène. Comme cette actrice iranienne venue vendre son film, financé par l’Union Européenne, qui ne comprenait même pas les questions qu’on lui posait (JT de 13h de F2 du 6 novembre 2011 : un modèle du genre…). Avec la phrase incantatoire qui tue, par son intensité de propagande racoleuse et imbécile :

 " Est-ce que vous comprenez que nous puissions avoir « Peur » ? " 

 

 

Peur de son ombre 

 

Ces “professionnels de l’info”, par leur totale mauvaise foi, leur foncière absence d’éthique, démontrent qu’ils ne sont que les vecteurs d’une désinformation forcenée. Rouages d’une propagande dont les effets marteau-pilon, démultipliés par l’absence de “diversité” dans l’information, ont été parfaitement diagnostiqués par Hannah Arendt dans son célèbre ouvrage : Le Système Totalitaire – Les origines du Totalitarisme. Rappelant, dans une note :

« Adolf Hitler, Mein Kampf, livre II, chap. XI, déclare que la propagande entreprend d’imposer une doctrine à l’ensemble du peuple, tandis que l’organisation n’incorpore qu’une proportion relativement réduite de ses membres les plus militants. » (10)

 

Nous y sommes…

 

Aucun d’eux ne s’est interrogé sur le fondement de « La Peur » en Libye, qui vient d’être méthodiquement détruite sous bombardements “High Tech”. Même pas l’intelligence de formuler la simple question : comment le pouvoir actuel, le CNT (regroupant anciens ministres et membres de la nomenklatura de Kadhafi), qui n’est pas un organisme élu mais une pure création des occidentaux et de l’OTAN, qui ne peut prononcer la moindre syllabe sans obtenir leur feu vert préalable, avait-il pu annoncer l’instauration d’une quelconque Charia ?... Complices, ainsi, d’une grossière opération d’intox visant à faire admettre, par l’opinion publique occidentale, l’occupation et la colonisation de la Libye, dans un but de protéger "démocratie" et "civilisation".

 

Aucun d’eux n’exprimant la moindre crainte, ni une gêne élémentaire, face à la dictature militaire du maréchal Tantawi en Egypte, succédant à celle de Moubarak avec la bénédiction de l’Occident. Peu soucieux ou pressé d’organiser une assemblée constituante, pour rédiger une nouvelle constitution, et organiser des élections libres. Au contraire : symbole de la révolution égyptienne, le blogueur ‘Alaa Abdel Fattah, qui avait déjà été emprisonné par la police de Moubarak, est renvoyé en prison. Pour délit d’opinion, par la soldatesque au pouvoir :

« Pionnier de la contestation numérique à travers le blog qu’il tient avec sa femme Manal, l’Egyptien ‘Alaa Abdel Fattah (علاء عبد الفتاح) est en effet détenu depuis le 30 octobre dernier. » (11)

 

Pas un n’agitant l’épouvantail de « La Peur » face aux agissements despotiques du régime militaire actuellement au pouvoir en Tunisie (aucun gouvernement “élu” n’étant encore détenteur de la puissance publique, même pas le “parti islamiste” arrivé en tête aux dernières élections) se livrant à des répressions et actions similaires à celles de la dictature de Ben Ali.

 

Un exemple : Entre le 3 et le 6 novembre 2011, s’est tenue une conférence des “blogueurs arabes” à Tunis, avec une centaine de participants en provenance de 16 pays différents. (12) Cette opération, aux énormes moyens, a bénéficié d’un financement plus qu’opaque. Surprise ou évidence, les blogueurs Palestiniens ont été les seuls du Moyen-Orient à ne pas y être admis par les services diplomatiques de la Tunisie :

« Sans plus d’explications, une délégation de douze blogueurs palestiniens s’est ainsi vu refuser son visa d’entrée par les ambassades de Tunisie en Egypte et à Ramallah. » (13)

 

Aucun d’eux ne tremblant de « Peur » face aux régimes de l’Arabie saoudite ou des pétromonarchies. Dictatures aussi corrompues qu’archaïques de féodalisme, avec des dirigeants considérant leurs pays comme une propriété privée. Des pays qui ne connaissent aucune élection libre. Ce ne sont pas quelques élections municipales bidons, sans partis, ni opposition, qui feront croire le contraire. Broyant, dans l’hystérie sanguinaire (notamment en Arabie saoudite) et le silence des médias, leurs révoltes intérieures avec autant de férocité que celles survenant chez leurs voisins immédiats : Bahreïn, Yémen, Jordanie,

 

Nos « journalistes-décrypteurs-de-l’info », nullement inquiets des colossaux cadeaux fiscaux accordés par notre oligarchie aux ploutocraties les plus immondes de la planète. “Les caisses sont vides”, “il faut réduire les dépenses” ne cessent de répéter les politiciens au bon peuple de France. Dans son dos, par d’astucieuses conventions fiscales, ce ne sont pas des « niches fiscales», mais des « hangars fiscaux» dont ils gratifient ces tyrannies.

 

Comme celle du 19 février 2009, un bijou en la matière, accordée à l’émir du Qatar :

« Parmi les dispositions, une en particulier déroge au modèle établi par l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) et aux conventions signées par la France dans cette région. Elle exonère d'impôt les plus-values immobilières et les gains en capital réalisés par le Qatar ou ses "entités publiques" - y compris, donc, la famille de l'émir - sur des biens détenus en France. Seul le Koweït bénéficie d'une clause similaire. Un autre article de la convention étend la période d'exclusion de l'impôt sur la fortune des biens situés hors de France pour les citoyens du Qatar résidant en France. » (14)
 

« Peur ». « La France a Peur ». Telle est la vision journalistique véhiculée en permanence à partir de la diabolisation des communautés et pays musulmans. Du moins, à partir de certains. Mais, pas d’autres. Dans une hallucination, sélective, à géométrie variable. Selon les plans marketing, décidés par l’appareil de désinformation, pour conditionner les opinions publiques. Sont intouchables et soigneusement préservés de toute remise en question les régimes, même les plus barbares, inféodés à l’Occident.

 

A longueur d’année, pas une journée ne se passe, pourtant, sans qu’un pays musulman ne soit bombardé, "droné", mitraillé, par les pays occidentaux. Tous subissant la présence permanente de centaines de bases, organisées, gérées, par les armées de l'Empire et de l'OTAN : aériennes, navales, terrestres. Avec leurs inévitables annexes : des dizaines de centres de torture et d’internement arbitraire. Des pays entièrement rasés, pillés, rançonnés. Des millions de morts, de blessés, de traumatisés, d’handicapés, de mutilés. Des milliers de personnes, enlevées, torturées, assassinés. Palestine-Gaza, Irak, Afghanistan, Liban, Libye, Pakistan, Somalie, Soudan… Interminable liste des damnés de « La Communauté Internationale » …

 

Auraient-ils un mot de compassion, ces « décrypteurs-de-l’info », « caricaturistes-défenseurs-des-valeurs-républicaines » ?... Un seul ?... Se disant, au regard de ce que nous leur faisons subir au quotidien, les musulmans méritent au moins notre respect… Non, ils n’ont à la bouche, au bout du crayon, au clavier, qu’insulte, provocation, diabolisation. Car, la doctrine imposée par la propagande le martèle : c’est nous, les occidentaux, qui devons avoir « Peur » des musulmans ! 

 

 

Justifier l’injustifiable

 

Cette voyoucratie de « La Peur » trouve toujours de bonnes raisons, bien évidemment, pour justifier, son hypocrisie, ses mensonges, son racisme, son fanatisme.

 

Oui. Il faut « cogner », « diaboliser », pour justifier l’injustifiable. Car, ses maîtres ont « Peur ». Non pas de l’Islam, des atteintes à la démocratie. Loin de là, ils le prouvent chaque jour en soutenant les pires dictatures sur tous les continents. L’Afrique, l’Amérique latine peuvent en témoigner. En fait : « Peur » que les pays musulmans se révoltent et revendiquent leur complète indépendance, se solidarisant, se fédérant, entre eux, pour enfin bénéficier de leurs ressources naturelles et gérer leur propre développement sans spoliation occidentale.

 

Alors, ces vertueux défenseurs des “valeurs républicaines” puisant dans leur caisse à outils les inusables clichés de l’impartialité journalistique ou caricaturiste, agrémentés d’arguments idéologiques à la mode laïque et républicaine…

 

Dans ce bric-à-brac de la diabolisation, quatre grands classiques de l’argumentaire islamophobe :

 

=> On a le droit de critiquer l’Islam”.

Encore faudrait-il en connaître les fondements, avant d’entamer un débat théologique, philosophique, ou philologique. Ces spécialistes du “prêt-à-penser”, dans leur prétention et leur ignorance, oubliant les millions de pages d’exégèse accumulées au cours des siècles. Par les plus grands penseurs des religions et de la spiritualité, y compris français (15). Qui, eux, ne confondent pas une religion et une croyance (l’athéisme étant une croyance comme une autre) avec leur instrumentalisation par des castes au pouvoir. Confusion qui relève, en ce cas, d’une analyse issue des sciences politiques ou sociologiques, et non pas théologiques.

 

=> On doit défendre la laïcité

Certainement, à condition de ne pas oublier que la laïcité est le respect de toutes les croyances. Y compris l’athéisme. Et non pas la diabolisation de l’une par rapport à d’autres. L’essentiel étant qu’aucune d’entre elles ne s’arroge un quelconque pouvoir politique imposant de force ses critères moraux, normes sociales, et discriminations économiques. Les régimes laïcs ont provoqué tout autant de victimes, si ce n’est plus, que les régimes religieux : hitlérisme et stalinisme, étant parmi les plus implacables de l’histoire récente. Quant aux millions de morts, aux apocalyptiques destructions et malheurs infligés par “l’Occident laïc” en Terre d’Islam…

 

=> “Il n’y a pas de blasphème en république”

Evidence, renforcée par le cliché : « Nous caricaturons bien le pape, alors pourquoi pas Mahomet ? ». Tour de passe-passe, pour tromper sciemment un public non averti.

D’abord, le pape n’est pas le prophète fondateur d’une religion, mais un hiérarque religieux coopté par ses pairs pour assurer, dans un système gérontocratique, la direction de la communauté catholique. N’excusant en rien les caricatures, aussi stupides que vulgaires, dont le niveau de provocation évite de traiter le problème de fond. Qui est, avant tout, l’urgente nécessité de réformer l’organisation de l’Eglise catholique.

Ensuite, dans une Europe au substrat chrétien, par son environnement historique et culturel, le second degré d’une caricature, d’une blague, est facilement identifiable. Mais, dans une opinion publique analphabète de l’Islam par conditionnement (exemple : medias monopolisés par les partisans du colonialisme de l’Algérie française, à présent par ceux de l’extrémisme sioniste en Palestine), les caricatures antimusulmanes représentent des instruments de propagande. Aucune “contre-lecture” n’étant possible, du fait d’absence d’information.

 

=> “Il faut défendre la femme musulmane”

Argument dissimulant, sous un féminisme militant, une hypocrisie sans pareille. “Défendre la femme musulmane” c’est, en premier lieu, commencer par ne pas la bombarder : ses marchés, ses villages, ses maisons, ses mariages, ses champs, ses troupeaux, ses écoles, ses dispensaires, ses hôpitaux, ses routes, ses ponts, ses stations d’épuration d’eau, ses puits, ses systèmes d’irrigation, ses universités, ses musées… Massacrer ses enfants, l’empêcher de les soigner. Autrement dit, tout ce qui est interdit pas les Conventions de Genève, car étant des objectifs civils. Et, que les armes occidentales écrasent sous les bombes, étouffent dans les embargos. Tous les jours. Pillant, spoliant et appauvrissant son pays.

 

Pourquoi ces incessantes campagnes islamophobes ? Quand ce n’est pas le voile, c’est la viande Hallal… A présent c’est le vote en Tunisie, et l’avant-vote en Libye… Piqûre de rappel pour s’assurer de l’efficacité du conditionnement de l’opinion ou de l’inconscient collectif ? Détourner le mécontentement de l’opinion confrontée aux actes répétés d’injustice sociale, par la caste régnante, sous l’appellation de “mesures d’austérité” ? Intensifier les pulsions racistes, et les  mécanismes de « Peur » pour élargir son “bassin de voix” en cette période électorale ? 

 

Probablement. Ce ne sont là, toutefois, que des effets collatéraux. Les objectifs immédiats, dans la diabolisation de l’Islam, sont de trois ordres :

 

i)  Justifier l’occupation et le pillage du Moyen-Orient par l’Occident, en édifiant à son seul profit un monopole mondial des ressources énergétiques (gaz-pétrole-uranium) dont cette région est richement dotée.

ii)  Justifier le blocage de toute reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat souverain, notamment par les différentes nations du Moyen-Orient qui pourraient exiger, par la suite, l’application de la quarantaine de résolutions de l'ONU non exécutées à ce jour. Certaines, depuis 1967.

 

iii)  Justifier l’écrasement de l’Iran, le réduire en cendres, à défaut d’en réussir sa conquête, qui représente l’Etat musulman le plus défiant, tenace et résilient, face aux prétentions hégémoniques, mégalomaniaques, de l’Occident au Moyen-Orient et en Asie musulmane.

 

“Caricatures” pour la “défense de la liberté d’expression et de la laïcité”…

 

Gober une telle imposture ?  Non.

 

Les caricatures antimusulmanes de Charlie Hebdo, alias Charia Hebdo, ne sont qu’un produit islamophobe parfaitement calibré, conditionné, emballé, pour “l’hypermarché” de la propagande impériale, de l’abjection raciste, dans l’incitation à la haine religieuse.

 

Sous néons, spots, projecteurs, de l’imbécillité, l’impunité, et la Bonne Conscience

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Rachid Amicou, Le simplisme comme prophétie, Le Monde, 8 février 2006.

(2)  Entretien de Pascal Boniface, Rire de tous, vraiment tous…, 2 novembre 2011, http://www.atlantico.fr/decryptage/charlie-hebdo-guignols-info-polemique-mahomet-islam-islamistes-musulmans-pascal-boniface-215330.html

(3)  Pour nos amis lecteurs non francophones : phrase célèbre de notre hymne national.

(4)  Cf. les commentaires sur le site : http://www.fdesouche.com/254430-pour-pascal-boniface-charlie-hebdo-stigmatise-avant-tout-une-minorite#comments

Ou encore :

http://www.causeur.fr/pour-pascal-boniface-charlie-hebdo-caricature-l%E2%80%99islam-parce-que-c%E2%80%99est-vendeur-2,12925

(5) Informations communiquées par le rédacteur en chef lui-même, sur le plateau de l’émission TV de Ruquier : "On n'est pas couché"…

(6)  Mojo Risin, La maladie de vieillesse du progressisme (le laïcardisme), Ecologie & capitalisme journal indépendant du militant, 10 novembre 2009, http://www.lejim.info/spip/spip.php?article39

(7)  Domenico Joze, Quand des médias caricaturaux pérorent sur des caricatures, mars 2006, http://c-re-action.over-blog.com/article-2021694.html

(8)  Mona Chollet, L’obscurantisme beauf – A propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo, mars 2006, http://lmsi.net/L-obscurantisme-beauf 

(9)  Georges Stanechy, Caroline Fourest : Tariq mon Amour, 20 novembre 2009, http://stanechy.over-blog.com/article-caroline-fourest-tariq-mon-amour--39730368.html

(10)  Hannah Arendt, Le Système Totalitaire – Les origines du Totalitarisme, Editions du Seuil, Essais, 2002 (première publication 1948), p. 138, note 79.

(11)  Yves Gonzalez-Quijano, Cliquez pour ‘Alaa Abdel Fattah - blogueur de la Révolution arabe, 6 novembre 2011, http://cpa.hypotheses.org/3055

(12)  The Third Arab Bloggers Meeting (AB11) 3 – 6 October 2011 Tunis,http://arabloggers.com/blog/the-third-arab-bloggers-meeting-ab11-3-%e2%80%93-6-october-2011-tunis-%e2%80%93/

(13)  Yves Gonzalez-Quijano, Op. Cit.

(14)  Patrick Roger, La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar, 22 février 2009, http://www.bladi.net/forum/183275-france-accorde-exoneration-dimpots-avoirs-qatar/

Ou encore : Convention fiscale France-Qatar, http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescriptive_2100/fichedescriptive_2100.pdf

(15)  Rappelons quelques noms, parmi les meilleurs chercheurs contemporains, d’expression française, sur l’Islam, sa dimension spirituelle et humaniste, tant sunnite que chiite : Serge de Beaurecueil, Jacques Berque, Henri Corbin, Charles-Henri de Fouchécour, Louis Massignon, Denise Masson, Eva de Vitray Meyerovitch, Vincent Monteil, Patrick Ringgenberg, Stéphane Ruspoli, Frithjof Schuon, etc.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Islamophobie & Racisme d'Etat
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Georges Stanechy 21/11/2011 11:58


 


Chère Aline, Bonjour


 


Merci de cette mise au point d’une vigoureuse clarté, sur l’imposture d’un “philosophe” jouant les Diogène !… Alors qu’il n’est,
effectivement, qu’un parfait représentant du “politiquement correct”, aux plans Marketing-Communication très bien ficelés.


 


Pratiquant le principe que ne cesse de répéter le cynique oligarque Abramovitch (outrageusement enrichi lors du pillage de la Russie sous
l’ère Eltsine, à présent résidant à Londres) :


« La différence entre une rat et un hamster, ce sont les Relations Publiques »…


 


Autrement dit, savoir bien communiquer en ciblant avec précision les segments à convaincre, séduire, museler, anesthésier ou acheter.


 


La production de ce philosophe, publicitaire de « La pensée fast-food », alimente ainsi arrogance et obscurantisme, malaxés et
distribués par l’industrie de la désinformation de notre pays.


 


La trahison des clercs…


 


Amitiés


 





 


 

Aline 20/11/2011 10:01


Cher Georges, bonjour,


Je rebondis sur votre allusion et celle de Catherine à Onfray,   que nous connaissons personnellement.Il se croit spécialiste de Freud pour s'être vanté d'avoir, « lu tout Freud pendant
six mois, ainsi que les ouvrages écrits sur lui», autant dire plusieurs mètres de rayons de bibliothèque. Plus fort que Gargantua, Onfray!  Or, au rythme où il publie, il a dû condenser
sa science en six semaines, peut-être même en six jours et s’est reposé le septième. Il se présente en spécialiste de Nietzsche, qu’il cite abondamment, alors qu’il n’a  aucune culture
classique, ne sait ni le grec, ni le latin, ce qui, pour comprendre l’arrière-monde du grand helléniste que fut Nietzsche est rédhibitoire. Cerise sur le gâteau, il ne sait pas non plus
l’allemand. Quand il croit commenter Nietzsche, il commente son traducteur.



Quant à son bouquin sur « l’athéisme » il n’a évidemment pu lire dans le texte aucun des Pères de l’Eglise qu’il cite  et croit connaître à partir d'ouvrages de commentateurs, lesquels ont
peut-être déjà trouvé leur nourriture chez un précédent commentateur. C'est ainsi que s'installent et se diffusent  les pires contresens.



Je l’ai entendu se proclamer « sioniste », mais il n’a même pas pensé à étudier l’histoire antique de la région afin d’essayer de comprendre les sources de cette idéologie. En revanche, ce genre
de déclaration lui a évidemment valu l'affection et la  protection  efficace  de BHL et de la famille Nora chez Grasset. En même temps, il finance  Siné et soutient
Montebourg, couvrant ainsi la totalité du spectre médiatique.
Tous ses ouvrages sont des reprises de seconde ou de troisième main car il ne connaît aucune des langues de culture dans lesquelles ont écrit les philosophes  ou les écrivains dont il parle.


Amitiés,


 

Catherine 19/11/2011 17:10


Cher Monsieur Stanechy,


Mille fois d'accord avec vous sur Onfray (moi je crois qu'il est payé pour déboussoler mais ne le répétez pas).


Et merci pour tout le reste.


Catherine

Georges Stanechy 18/11/2011 17:19


 


Chère Catherine


 


Votre commentaire n’est pas une “tartine”, mais un ballotin de délicieux macarons, pour le régal des lecteurs et visiteurs !
Merci !


 


D’abord, pour le lien avec le remarquable billet de Koffi Cadjehoun, sur son blog « Au cours du Réel »,
La caricature de l’humour. Ensuite, pour la référence du livre de Jane Ellen Harrison :
Prolégomènes à l’étude de la religion grecque. Livre pour lequel nous allons nous mettre en chasse, ce qui va être aussi difficile que passionnant (Cambridge, 1912 !…). Et, aussi
pour vos pertinentes remarques et mises au point.


 


Je précise deux détails :


 


i)  Agnosticisme : admiration de ma part ?


 


Plutôt, admiration pour des agnostiques de mon entourage. Tout particulièrement un parent, décédé il y a quelques années.
Immense personnalité à la vie extraordinaire, aux “vies” devrais-je dire tellement elle fut hors du commun, qui m’a profondément marqué par son exceptionnelle ouverture au monde, son empathie
pour les autres peuples et « croyances ». Il était devenu « agnostique », après avoir reçu une éducation catholique, et le resta jusqu’à ses derniers instants.


 


Pas le genre à porter le masque d’un « athée honteux », car doué d’un courage et d’une force de caractère
rares. Face à la transcendance, il aurait voulu savoir, mais il n’avait pas de réponse. Ne se reconnaissant pas athée, car pour lui c’était un choix ou un état d’âme qui ne l’attiraient pas.
Aucune religion ne répondait à ses attentes. Renvoyant dos à dos, et les uns et les autres. Avec respect.


 


Il l’assumait, dans la sérénité, la joie de vivre et la lucidité (c’est lui qui m’a initié, avec un humour chirurgical, aux
arcanes et labyrinthes de la “colossale” corruption des marchés publics en France, et ailleurs…).


 


A l’image des grands Stoïciens de l’Antiquité.


 


ii)  Cohabitation de l’indifférence et de la foi…


 


Je partage votre sentiment, qui est aussi celui de Rémi, sur l’erreur commise par beaucoup de « croyants » quant
aux athées. Se figurant qu’il s’agit uniquement de matérialistes, caricaturés souvent en personnes sans foi ni loi. C’est effectivement ignorer, tout l’apport philosophique, humaniste et même
plus, de l’athéisme. Il est vrai que la civilisation marchande, dans ses dérives actuelles, contribue à cette perception.


 


Mais, dans l’autre sens, l’incompréhension est aussi forte. Pour beaucoup d’athées, le « croyant » est un être qui
n’éprouve la foi que par peur, manque de maturité intellectuelle, psychologique et autre. Le mépris est vite aux lèvres ou au bout du stylo.


 


Michel Onfray en est un désastreux exemple. Se revendiquant athée, mieux « athée-épicurien », il n’hésite pas à se
livrer à un chasse aux sorcières caricaturale à l’encontre des croyants. Sa cible favorite étant, évidemment, l’Islam. C’est pitoyable et ignorer que beaucoup de croyants vivent une vie
épanouie. Leur religion ne constituant pas pour eux une paire de béquilles... Notamment, dans la pratique d’une spiritualité qui n'a rien à envier à la sérénité philosophique des athées.


 


Amicalement


 





 

Catherine 17/11/2011 18:23






Cher Monsieur Stanechy,

Avec les carabiniers...

Il n’y a pas eu que Pascal Boniface, mais également ceci, qui n’est pas mal non plus, même si moins connu :
http://aucoursdureel.blogspot.com/2011/11/la-caricature-de-lhumour_11.html

Vous avez raison de vous fâcher tout noir et raison aussi d’élargir le propos.
Charlie schlingue depuis bien avant 2006 ! Exactement depuis que Val a provoqué une scission et repris le titre. Avec des sous que les vrais journalistes n’avaient pas. Le hic, c’est que
ce sont les gens de talent et de conscience qui sont partis, et les dessinateurs qui ont fait le mauvais choix. Je ne me rappelle plus (mon Alzheimer) le nom de cette fille qui, sortie de là, a
fondé une revue brillante et très supérieure à Charlie, qui s’appelait Zéro. Revue qui n’a eu que très peu de numéros, faute de munitions financières. Et c’est déjà sur la
Palestine que Chollet s’est fait lourder. Il y a combien d’années ?

Mais il n’y a pas que Charlie, chez les « satiriques », à tituber de la conscience. Je vous recommande Le Canard Enchaîné de la semaine dernière, sur ce mini (très mini)
Reichstag, et la vertueuse bien-pensance du philosophe de service (Porquet? j’ai déjà oublié) qui allait jusqu’à préconiser la présomption d’innocence (si, si, même pour les musulmans), juste
au-dessus d’une de ces caricatures toutes en finesse dont Cabu a le secret. Ne faudrait-il pas, un de ces jours, que vous vous attardiez un peu sur le consternant naufrage sénile de cette
institution? Le Canard est quand même la seule feuille de chou qui fasse, pour rien, ce que les autres font pour leurs 30 deniers indexés. À moins que...

Cela dit, et puisqu’un débat passionnant s’est ouvert entre vous-même et Rémi, l’honnêteté qu’on vous doit me pousse à dire que je suis de son avis, même s’il l’exprime un peu à l’emporte-pièce.
Je veux dire qu’il a raison et que vous commettez l’erreur très répandue de croire que l’athéisme est juste l’envers de la foi, l’autre côté de la médaille ; que les athées en veulent aux dieux ;
qu’ils s’y opposent. Rien n’est plus éloigné de la réalité. C’est vous le grécisant, pas moi : a(privatif) + theos = Dieu pas là. Point. Une absence ne peut être une croyance. L’athéisme (le
vrai, l’état individuel, pas la religion de rechange qui a sévi à la fin de la Révolution), c’est l’indifférence. C’est même la seule et unique circonstance où elle ne soit pas
LE péché cardinal.

Les dieux sont nés des peurs humaines, multiples et ô combien justifiées. Rabelais le savait, en grand docteur de l’âme qu’il était ; c’est pourquoi son athéisme ne fait pas de doute. On n’est
pas athée exprès, vous savez (croyant non plus, d’ailleurs). C’est la Nature qui décide (et Tyché Sôter ?) de qui évoluera dans un sens ou dans l’autre. Libre arbitre ? Mon oeil. Il y a ceux qui
ont besoin d’une puissance tutélaire pour se rassurer et il y a ceux qui, soit n’en ont pas besoin, soit sont incapables de se raconter qu’une telle puissance existe, surtout animée d’intentions
quelconques à leur égard. Ceux-là se sentent infimes cirons en face d’une immensité angoissante et redoutable. Ils savent qu’ils ne recevront jamais ni aide, ni récofort ni rétribution et ont
décidé de faire avec puisqu’ils n’y peuvent rien. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas aussi angoissés ou apeurés que les autres, cela veut dire qu’ils se savent seuls et qu’ils n’en font pas
tout un plat. C’est une question de maturité psychique sans rapport avec l’intellect (il y a des astrophysiciens de haut vol qui croient en dieu et des concierges analphabètes qui n’y croient
pas). Or, la psyché humaine nous est à peu près aussi bien connue que le sous-sol d’Aldébaran...

Dans ses Prolégomènes à l’étude de la religionn grecque, Jane Ellen Harrison (Cambridge, 1912 et pas une ride) arrive à très bien faire comprendre comment naît et comment évolue la
création des dieux dans la psyché des hommes. Et comment les dieux eux-mêmes évoluent avec et en même temps que les sociétés qui les ont secrétés. (Jamais été traduite en français, c'est
dommage.)

Bien sûr, c’est Fouché qui avait raison, même si Robespierre avait le devoir de combattre son militantisme athéiste (« on n’a pas le droit de scandaliser les faibles », Marat) . C’est lui,
Robespierre, qui a prononcé la phrase la plus profonde et la plus clairvoyante jamais proférée en matière de religiosité (en défense de croyants accusés de superstition par des inquisiteurs «
éclairés ») : «...ces superstitions, ils les abandonneront d’eux-mêmes quand ils seront heureux ». Voilà ! Tout est dit. Rendons tout le monde heureux et il n’y aura plus de problèmes. Ni
d’intolérance (involontaire, inévitable, constitutive) de la part des croyants, qu’on comprend, donc qu’on ne juge pas, mais dont on aimerait bien quand même, de temps en temps, qu’ils nous les
lâchent. En voilà une idée qu’elle est neuve ! Depuis un peu trop longtemps peut-être... Bref, tout ce qu’un athée peut envisager, pour jouer le rôle de l’Omnipotent plein d’attentions, c’est la
solidarité fraternelle de ses semblables. Sur laquelle il ne compte pas trop non plus, mais on peut rêver.

Cela dit, quand on tombe sur une de ces photos insoutenables, où on voit un paquet de  chair humaine subir d’iinnommables tourments, guantanaméens ou autres, sous l’oeil goguenard et luisant
de  plaisir de ses tourmenteurs, on se dit que si croire en Allah peut l’empêcher de devenir fou, bon sang qu’il le fasse et qu’il s’y accroche ! Est-ce que nous sommes à sa place pour même
oser en penser quoi que ce soit ? Au fait, a-t-on des nouvelles récentes d’Aafia Siddiqi ? Son sort a-t-il évolué si peu que ce soit ? Y a-t-il des gens qui y travaillent ?

Pour finir sur nos petits problèmes sans importance comparés à ceux-là :
Agnostiques : Excusez-moi de ne pas partager votre admiration. Soit ces gens ne savent pas ce qu'ils veulent, soit ce sont, comme l’a dit quelqu’un, des athées honteux.
Laïcité : on ne voit pas ce qu’elle vient faire là-dedans, sauf servir de faux-nez aux Atlantistes. La laïcité est une des techniques de fonctionnement de la République. En principe, elle doit
être aussi utile aux croyants qu’aux incroyants. Sinon, c’est qu’elle est dévoyée. Il devrait être interdit de prononcer abusivement le mot « laïcité » comme invoquer en vain le nom de dieu était
interdit aux anciens Hébreux.

Cette tartine est bien longue pour un commentaire. C’est que je ne connais pas d’adresse e-mail où j’aurais pu vous l’envoyer hors piste. Désolée.







Georges Stanechy 17/11/2011 10:49



 


Cher Rémi


 


Vous avez entièrement raison !


 


En filigrane de mes propos et argumentations, il y a un « truc »…


 


Le « principe », que nos maîtres ont essayé de graver, avec plus ou  moins de réussite, dans le balsa hautement
friable situé sous nos casquettes aérodynamiques de rappeurs yamakusi :


« Je pense, donc je suis. »


 


Je ne m’en suis pas remis.


 


Mais, je me soigne…


 


Bien à vous


 


 





 



rémi 16/11/2011 21:43



"L’essentiel étant qu’une « croyance » soit avant tout le résultat d’une pensée personnelle." C'est bien là que se situe notre divergence. Il y a des gens qui ne s'interrogent tout simplement pas
sur l'existence ou la non existence d'une entité supérieure qui serait sensée organiser le monde et sa destinée. S'interroger c'est déjà admettre l'éventualité de l'existence d'une telle entité.
L'athéisme ne consiste pas à nier l'existence d'une entité supérieure quelconque mais à ne pas se poser la question de son existence. L'indifférence en somme. C'est à ce titre que j'évoquais des
individus athées qui ignorent qu'ils le sont.



Pour Croire, faut il être conscient que l'on croit ou bien alors n'est ce pas nécessaire?
Comment une absence de pensée pourrait elle magiquement se transformer en croyance ou incroyance?
Pourquoi faudrait il qu'un être humain se définisse absolument en fonction d'un système de croyance?
Ne peut on être humain tout simplement?
Tout cela n'est peut être pas très rock'n roll mais finalement ces questions méritent d'être posées.


Dans l'argumentation que vous présentez il m'a semblé reconnaître en filigrane une théorie rencontrée il y a longtemps mais qui m'est restée familière et dont les arguments résonnent encore à mes
oreilles. Cette théorie m'a été présentée pour la première fois par une connaissance syrienne que je fréquentais pendant mes années universitaires. Je découvris non sans surprise que celui ci se
considérait automatiquement, des points de vue moral et spirituel, comme supérieur à n'importe quel athée (fatalement occidental) du simple fait qu'il était musulman et donc adepte d'une religion
organisée. Par la suite j'ai rencontré le même type d'argumentation chez des chrétiens catholiques ou protestants et un célèbre chanoine de Latran n'a pas dit autre chose en substance dans l'un
de ses discours en piétinant au passage la laicité dont il est pourtant le garant.
La clé de voute de la théorie de la supériorité morale des croyants sur les incroyants est bien entendu l'assimilition de l'athéisme à une sorte de croyance matérialiste dénuée de toute
spiritualité.
Voila donc je vous l'avoue la véritable raison de ma charge à la hussarde dont je ne doutais pas que vous n'auriez aucun mal à l'esquiver tel le grand rhéteur que vous êtes.


Pour finir j'ai appris de ces expériences qu'au concours de l'avènement des bons sentiments tels l'amour de son prochain ou la paix dans le monde, l'universalisme républicain était un bien
meilleur cheval de bataille que n'importe quelle religion dont la pratique n'a d'autres résultats que la division de l'humanité en communautés et autres sectes concurrentes.
Dans cette division de l'humanité seuls les adorateurs du veau d'or triomphent. Divisions dont usent et abusent opportunément les sociopathes mercantilistes équipés de rolex qui nous gouvernent
et nous manipulent sans même prendre le soin de s'en cacher convaincus qu'ils sont de leur supériorité innée d'origine divine.



Georges Stanechy 16/11/2011 18:47



 


Cher Rémi


 


Face à votre charge à la hussarde, je précise quelques points. Afin, grâce à votre amical concours, d’éviter coups de sabre, propos déformés
et procès d’intention…


 


i)  L’athéisme est une réponse au
questionnement de la transcendance. Considérant qu’il n’y a aucune main invisible (sauf “le marché” du Libéralisme Economique…), ni architecte, à l’origine de l’édification de l’Univers
et de la Vie. Cela constitue une « croyance », comme une autre. Le qualifier, ainsi, ne représente rien d’infamant. Au contraire. Sa dimension philosophique, humaniste, spirituelle
même, est une des composantes essentielles de la pensée humaine.


Une « croyance », sans entrer dans la catégorie des religions révélées ou pas, n’a nul besoin d’organisation structurée, telle que
l’Eglise catholique en montre le défaillant modèle depuis des siècles. La plus ancienne des « croyances » de l’Humanité, une des plus répandues, sur tous les continents, est l’animisme.
Souvent associé au chamanisme. Qui n’a ni clergé, ni dogmes, etc. D’une variété infinie dans son expression et son vécu, cohabitant souvent, dans un intéressant syncrétisme, avec d’autres
« croyances » ou religions, comme le christianisme en Amérique latine ou en Afrique.


Même en Europe ! La parisienne, en stiletto et bas résille, qui consulte sa cartomancienne et son gourou de l’envoûtement amoureux,
chrétienne ou athée, pratique une forme urbaine et mondaine de l’animisme/chamanisme, du moins une version abâtardie…


 


ii)  L’athéisme est une
« croyance ». Le « laïcisme » est un principe d’organisation politique (au sens grec, Polis : la Cité), de la collectivité. Personne ne confond les
deux. Même pas moi.


Il est affligeant de voir l’application de ce principe rester "théorique" en France, depuis la législation de 1905. Enonçant, dans une
parfaite clarté, l’égalité et la protection de toute « croyance », avec l’engagement de neutralité par chacune d’entre elles dans la gestion de l’Etat.


Dysfonctionnement récurrent, dissimulé dans une propagande obsessionnelle, à l’argumentaire fluctuant en fonction des époques, couvrant les
persécutions de « croyances » suivant des critères imposés par des politiques étrangères ou coloniales, n’ayant rien à voir avec l’athéisme.


Vichy a persécuté le Judaïsme, avec la dimension et le contexte que l’on connaît. La « République laïque » n’a cessé de persécuter
les « croyances » des peuples qu’elle colonisait dans la plus extrême violence (pire, encore, lors de leur “décolonisation”…) : Indochine – Océanie/Pacifique – Moyen-Orient –
Afrique du nord, notamment. Planifiant, systématiquement, dans ses expéditions et implantations, l’envoi de missionnaires chargés "d’évangéliser les sauvages", dans les mêmes bateaux que les
troupes coloniales. Excluant de son système économique et social, tous ceux taxés « d’inassimilables »… Vieux clichés, mais inusables slogans de l’incitation à "la haine religieuse" et
aux délires racistes qui encombrent notre vie quotidienne.


 


iii)  Etablir un « Top 10 » des religions ne présente
aucun intérêt. Savoir si l’athéisme est en progression dans les pays musulmans, ou (comme les médias sud-coréens le relevaient la semaine dernière) si l’Islam connait une croissance fulgurante en
Corée du sud (qui l’eut cru ?...), relève de la recherche sociologique et non pas du bricolage médiatique.


L’essentiel étant qu’une « croyance » soit avant tout le résultat d’une pensée personnelle. Car, ce sont la pensée, le doute, le
refus de l’injustice et des atteintes à la dignité humaine, qui font avancer l’Humanité. Et, non pas les comportements "bêtes" et "méchants", univers dans lequel veulent nous enfermer ceux qui
redoutent l’éveil, l’exercice de la réflexion, de la remise en cause, de l’esprit critique, seuls capables de contester la voracité mégalomaniaque des prédateurs et autres castes au
pouvoir.


Dénoncer la persécution actuelle et incessante de l’Islam sous toutes ses variantes, dans l’hyperviolence et la Bonne Conscience,
n’est pas un simple devoir de solidarité, comme nous l’éprouverions à l’égard de toute autre « croyance » si cela se présentait.


C’est avant tout se démarquer d’un fanatisme, d’un obscurantisme, déformant visions, raisonnements, décisions, allant à l’encontre de nos
propres intérêts, et de ceux de notre planète. Dont les priorités, pour faire face aux enjeux colossaux et plus qu’urgents que nous partageons inévitablement, doivent être le Respect, la Paix et
la Fraternité avec les autres peuples et nations.


 


Bien à vous


 





 



Rémi 15/11/2011 13:39



Cher Georges,
Je vois bien que nous ne tomberons pas d'accord sur le sujet. Je cherche encore quels sont les textes sacrés, les dogmes, clergé, reliques et autres lieux de culte de cette croyance qu'est
l'athéisme, mais soit.


Cela dit vous confondez joyeusement athéisme et laïcité qui est pourtant un concept beaucoup plus intimement lié à la notion de république plutôt qu'à celle de religion. De là il n'y a qu'un pas
à faire pour en déduire que la caractéristique principale des sociétés occidentales est l'athéisme et donc un manque flagrant de spiritualité qui conduirait les populations qui les composent à se
conduire immanquablement en "robots consommateurs gavés de gadgets" inconscients, abrutis et prédateurs. Ainsi l'athéisme serait responsable de tous les maux de la Terre en général et de ceux des
musulmans en particulier. Il est certes confortable de raisonner ainsi mais ce faisant vous assimilez malheureusement le comportement des ploutocrates qui ont privatisé les états occidentaux pour
mieux servir leurs intérêts directs avec celui des populations certes abruties en grande partie mais surtout manipulées par cette oligarchie qui possède tous les médias et les moyens de
communication et concentre par ailleurs la totalité du pouvoir économique et 95% du pouvoir politique. Dans votre critique de l'athéisme vous négligez aussi tous les athées qui vivent dans les
pays dits musulmans. Je ne sais pas quelle proportion ils représentent mais mon intuition me dit que cette proportion n'est pas négligeable et va surement croissante.


Bien à vous.



Georges Stanechy 14/11/2011 17:16



 


Cher Hédi


 


Oui. Bête et Méchant…


 


Mais, il est de notre condition humaine de lutter en permanence contre la « bêtise » et la « méchanceté ». Sinon, nous
serions ravalés à des pourceaux affamés, se dévorant les uns les autres…


 


Bien sûr, comme je le dis souvent, travail de fourmi, au quotidien. Dans la solidarité et la fraternité pour contribuer, modestement, à hisser
l’Humanité vers un autre sort auquel veulent nous enchaîner les imbéciles, se faisant gloire d’être « Bêtes » et « Méchants »…


 


Avec mes amitiés


 






Georges Stanechy 14/11/2011 17:05



 


 


Bonjour Rémi


 


Par définition un débat est contradictoire. Y présenter une opinion ne veut en aucun cas provoquer une « peine » quelconque, mais
contribuer à une réflexion. Tous mes regrets, si j’ai pu contrevenir à ce principe…


 


Je ne partage pas votre opinion sur l’athéisme.


 


Il s’agit pour moi, en tout bien tout honneur, d’une « croyance » face à la transcendance. Les uns « croient » à
l’existence d’une présence, action, divinité comme vous l’écrivez : polythéistes ou monothéistes. D’autres n’y « croient pas ».


 


Où est le problème ?...


 


Libre à chacun de "croire", de ne "pas croire", ou de vivre avec un « point d’interrogation » en toute sérénité.


 


Quand j’emploie la métaphore « point d’interrogation » : je pense aux « agnostiques » qui disent, avec courage,
humilité et noblesse d’âme, ne pas savoir ou être incapables de se déterminer si le Big Bang est créé ou incréé. N’adoptant pas plus le parti des « croyants » que celui des
« incroyants ».


 


Dans mon entourage, mon environnement personnel, professionnel, j’ai la chance de côtoyer toutes les sensibilités en termes de
« croyances » : religieuses, athées et agnostiques. Je n’y perçois aucune gêne, ni conflit. A partir du moment où chacun respecte l’autre.


 


Au contraire, j’y goûte un perpétuel enrichissement. L’art sous toutes ses formes (musique, littérature, peinture, sculpture, architecture,
urbanisme, etc.), la philosophie et la plupart des sciences ont pour origine, sur tous les continents, coins et recoins de la planète, même sur la plus petite île de l’Océan Pacifique, la dignité
et l’intelligence de l’Homme, quittant un moment sa peau de bête humaine.


 


Celui luttant quotidiennement pour sa survie, ou le robot consommateur gavé de gadgets de nos sociétés productivistes. S’interrogeant, dans sa
fragilité, sa finitude, face aux milliards de galaxies, le mystère de la vie et de la mort, sur la transcendance. Et, l’athéisme vaut toutes les autres attitudes face à cela. A partir du moment
où, comme les autres « croyances », il est le témoignage d’une recherche, d’un effort de la pensée personnelle.


 


L’essentiel étant qu’aucune « croyance » n’impose sa vision et ses normes au reste de la collectivité, dans l’intolérance. Mais,
c’est là où les pratiques divergent. Malheureusement.


 


Ainsi, pour reprendre votre propre expression et en connaître,  tout en restant dans le cadre du présent billet, les
musulmans aimeraient bien que « l’Occident laïc », dans son incommensurable générosité et grandeur "civilisationnelle", leur « foute la paix », une bonne foi pour toutes. Tant
en France que dans le reste de la planète, sans persécutions permanentes ni tapis de bombes.


 


Mais l’intolérance est la tare de l’Occident, que vous et moi, ainsi que d’autres, avons l’irrespect de relever…


 


Bien à vous


 





 



Hédi 14/11/2011 17:01



Cher Georges,


Vous n'avez donc pas compris (ou alors trop bien) que "Charlie Hebdo" est un étendard de l'Occident (un certain Occident) ?


Arrivé au faîte de son développement, c'est une hyperpuissance qui a balayé tous les tabous, piétiné toutes les valeurs, méprisé toutes les civilisations et libéré tout le refoulé pour proclamer
tout haut (comme l'hebdo en question) le droit d'être BETE et Méchant. Ce que le monde entier constate avec effarement.


Amitiés



Rémi 14/11/2011 13:36



Je vous cite : "l’athéisme étant une croyance comme une autre". La dernière fois que j'ai lu ça c'était sur le site du Figaro et c'était rédigé par un
intégriste chrétien en réponse à l'une de mes saillies contre la bêtise de cet organe de la propagande cléricale et libérale. C'est vous dire la peine que cela me fait de lire cette phrase dans
l'un de vos articles. Je tiens donc à rappeler à toutes fins utiles que l'athéisme ne constitue en aucune manière une sorte de croyance ou d'incroyance puisqu'il ne consiste pas à croire ou ne
pas croire en je ne sais quelle entité plus ou moins ésotérique. L'athéisme ne se définit pas en fonction de l'existence hypothétique d'un dieu. En effet l'athéisme ne pose tout simplement pas la
question de l'existence d'un ou 2 ou 3 ou même 50 dieux. En bref les athées s'en cognent. Et oui il existe tout un tas de gens (il parait même qu'ils seraient majoritaires en France) qui ne se
posent pas la question de l'existence ou l'inexistence de ce que vous appelez Dieu. De fait ils n'ont pas de religion. On les appelle athées et beaucoup d'entre eux sont mêmes des athées qui
s'ignorent. Comme la majorité des croyants, les athées veulent vivre en paix mais à leur différence ils aimeraient bien qu'on leur foute la paix avec les histoires d'islam, de chrétienté, de
scientologie, de bouddhisme ou autres qui pour eux relèvent des pratiques de la sphère privée mais envahissent pourtant la sphère publique en déguisement de politiques inavouables.



Georges Stanechy 14/11/2011 10:59



 





 


Cher Chahid, Bonjour


 


L’extrait que tu cites (lecteur du Monde…) est représentatif de l’analphabétisme sur l’Islam, d’une grande majorité de l’opinion en
Occident, et en France plus particulièrement. Ce sont des siècles d’ignorance et de propagande. Souvent, chez des gens ayant reçu un minimum d’éducation ou de culture.


 


Preuve que l’inconscient collectif est forgé non seulement dans la « méconnaissance », mais dans la « détestation ». Ce
qui est plus grave.


 


Les enjeux, intérêts, occidentaux dans les pays musulmans ont encore relancé cette propagande, qui aurait dû diminuer au fil du temps avec
le support de ce que nous appelons, pompeusement, la "société de l’information". Qui ne génère, en fait, que préjugés et imbécilités dès qu’il s’agit d’envisager son rapport à
« l’Autre » : religion musulmane, pays arabes, Chine, etc.


 


Le pseudo « modèle français de la laïcité », dont on nous casse les oreilles, est quasiment monopolisé, instrumentalisé, par les
islamophobes.


 


Un exemple à contrario : La liberté religieuse en Grande-Bretagne, pays ayant pour religion officielle l’anglicanisme, est plus grande
qu’en France. Mes amis britanniques étaient sidérés du niveau de l’hystérie collective, médiatique, lors de "l’affaire du voile" en France. Le voile ou foulard ne posant aucun problème chez eux,
dans les banques, postes, administrations où de nombreuses employées originaires de multiples pays musulmans (Egypte, Malaisie, Pakistan, Bengladesh, etc.) le portent sans que personne n’y porte
attention…


 


En France, ce n’est plus le respect des croyances de chacun qui est le moteur de la laïcité, mais l’imposition d’une croyance sur les
autres : la "haine religieuse" tournée contre l’Islam. D'où l'impunité, malgré les lois existantes supposées en condamner, en combattre, l'existence et les manifestations publiques...


 


La « Gauche » (ou ce qu'il en reste...), pour une grande part, n’est pas en reste dans ce fanatisme imbécile. Alors qu’elle
devrait, au dire de ses prétentions humanistes, batailler pour une meilleure compréhension entre peuples, nations et hommes de tous horizons.


 


Il est vrai que c’est une tradition chez elle. Jules Ferry, par exemple, qui a beaucoup fait pour développer l’éducation et l’enseignement
gratuit en France était un féroce colonialiste, pour qui les peuples de « l’Empire français » étaient des sous-hommes. Ses discours, notamment, sur l’Indochine "française" sont de
terribles, atterrants, témoignages de ce racisme de la Bonne Conscience.


 


Long chemin pour nous débarrasser de cette crasse intellectuelle.


 


Nous sommes, encore, dans la préhistoire de l’Humanité…


 


Amitiés


 






Georges Stanechy 14/11/2011 10:17



 


Chère Aline, Bonjour


 


Progressivement, vulgarité, provocation, deviennent des normes sociales. Ce ne sont plus des Bacchanales épisodiques et cathartiques. Mais, un
art de penser permanent. Expression, dans le ravissement collectif, de la “liberté” et de la “démocratie”. Du moins, d’après les imbéciles et la machine à formater des micro-ondes médiatiques. La
régression intellectuelle comme progrès…


 


Le problème, effectivement, est leur usage encouragé comme défouloir, dans l’acharnement contre les mêmes victimes. C’est s’installer, ainsi,
dans le fanatisme.


 


Mon antidote en ce moment, contre ce goudron, est de lire des vers sur la Beauté et l’Amour de Djâmi, le grand poète classique iranien du XV°
siècle… Quel bol d’air frais !


 


Amitiés


 






Chahid Slimani 13/11/2011 20:26



Bonjour cher Georges


 


À quand un numéro spécial avec comme rédacteur en chef un certain Richard Prasquier et « une caricature » le montrant en train de compter et collectionner
ses trophées, les « frocs » de l’« élite » française !


 


Un commentaire d’un « abonné » du Monde.fr que je trouve particulièrement croustillant !  


 


Amitiés


 


« CLAUDE DUBOIS 16h05


 


 Décidément cette religion est faite d'intolérance et de bêtises, pour ne pas dire plus! Les français sont lâches car ils n'osent pas donner leurs
opinions alors qu'ils ne se gênent pas pour les chrétiens qui en prennent plein la gueule ! Ce prophète était un homme de guerre et de crimes, même dans sa famille ! (lisez le Coran). Le Christ
était un homme de paix qui a prêché l'amour entre les humains ! Quelle différence ! (Abonné au Monde, si ce message ne passe pas je résilie l'abonnement). »



Aline 12/11/2011 19:07



Cher Georges, bonsoir,
Les médias officiels qui inondent Charlie hebdo de manifestations de solidarité et d’affection  n’insistent pas suffisamment, à mon gré, sur le fait qu’un  explosif dans une ancienne
bouteille de vin signe irrrrréffffutablement un attentat islamiste, n’est-il pas vrai! Non seulement ils sont barbus, mais ivrognes. Houuuu les vilains terroristes.

Je partage donc amplement vos doutes et j’attends avec intérêt les résultats de l’enquête de police, pour autant qu’on osera les divulguer.


Se victimiser sciemment, rien de tel pour augmenter des tirages en berne d’une feuille prétendument humoristique et qui n’est que bébête et vulgaire. Où sont les grands caricaturistes du XIXe
siècle, les  Daumier, les Gavarni,  les Rops. Non seulement les thèmes de ce canard sont dignes des plaisanteries grossières de gamins prépubères se complaisant au stade anal, mais en
plus,  les dessins sont misérables. Ne sachant ni critiquer vraiment ce qui politiquement mériterait de l’être, ni dessiner proprement, les acteurs de ce média récidiviste  se
spécialisent dans la provocation vulgaire et stupide, choisissent soigneusement leurs victimes, toujours les mêmes, et évitent soigneusement d’égratigner les puissants.
Amitiés



Georges Stanechy 12/11/2011 11:21



 


Bonjour Truth


 


Merci poour les informations chiffrées !


 


Amicalement


 


 



truth 10/11/2011 21:01



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DEUX MESSAGES POSTÉS AILLEURS


 


 


1°) 8 novembre 2011


 


Avant toute enquete on évoque comme coupables les "fondamentalistes musulmans" . La gauche bobo semblait bien plus prudente avec D.S.K et se déchainait quand on accusait leur héros avant toute
enquete et demandait à tue-tete que l’on attende les résultats de l’enquete policière susceptible d’amener des preuves .


 


Pour ce qui est de Charlie Hebdo ce que nous savons c’est que nul ne parlait plus de ce torchon depuis son grand coup des caricatures de Mahomet empruntées Jeeland Posten et que ses ventes
étaient bien poussives . Ne lui restait qu’à nous ressortir son coup danois pour le relancer .


 


Entendu Dimanche soir devant le kiosque à journaux de Saint Germain


 


client : -"Avez-vous Charlie -Hebdo" ?


 


vendeur : -"Non ! Premier tirage : épuisé ! Deuxième tirage :épuisé ! Troisième tirage :épuisé !. J’attends le quatrième ! "


 


Conclusion : Mahomet et cocktail molotov , pour les ventes ça marche !


 


Espérons que l’enquete marchera aussi bien, elle aussi !


 


 


     2°)  OUF ! ON A TROUVÉ LA SOLUTION POUR RÉSOUDRE LA CRISE DE LA PRESSE ÉCRITE ET NOTAMMENT CELLE DE CHARLIE –HEBDO : MAHOMET +cocktail
molotov «  islamiste »


 


      *BILAN FINANCIER DE CHARLIE –HEBDO :


 


      (VOIR SUR INTERNET :


 


      « LES EDITIONS ROTATIVE


 


      RCS Paris B 388 541 336 »


 


      Nom commercial : LES EDITIONS ROTATIVE ("CHARLIE-HEBDO" "HARA-KIRI")


 


      « Chiffres clés en euros


      Evolution %


      12 mois


 


      Chiffre d’affaires : 5.149.000 EUROS


      EBE : (moins) - 1.025.000 EUROS


      Résultat net : (moins) -1.382.000 EUROS


      Effectif moyen non précisé