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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 20:42

 

 

« Ainsi les conquérants en venaient-ils à avoir peur des conquis ; ils perdaient leur sang-froid, tiraient sur des ombres dans la nuit. Le silence glacial, hostile, planait sans cesse sur eux. »

John Steinbeck (1) 

 

 

La transe de Jules Ferry

 

Le soufflé est retombé, à peine levé…

 

La page est tournée. Dans l’héroïsme et le panache, s’époumone la chorale médiatique !…

 

Nos “armées” viennent de se couvrir de gloire au Mali, volant d’Austerlitz en Stalingrad, écrasant victorieusement divisions, brigades, régiments et bataillons de nos barbares ennemis !

 

Certains célébrant cette magnifique épopée dans de surprenants rapprochements : « Le Blitzkrieg à la française » ! Comparable à la « guerre éclair » du général Heinz Guderian, spécialiste de l’arme blindée, qui avait pulvérisé en quelques jours l’armée française en 1940 et l’armée russe lors de la phase initiale de l’opération Barbarossa un an plus tard. (2)

 

Rien de moins…

 

Notre “propagande” flanquée de ses instituts de “sondages-bidons”, d’un zèle énergique, démontrant son efficace tour de main dans l’art de concocter quotidiennement ses pilules anesthésiantes ou euphorisantes, dans un astucieux dosage ! Des JT aux émissions documentaires et articles de presse. Entrelardés d’enquêtes d’opinion aux pourcentages staliniens. Approbateurs, évidemment.

 

Fière de son scénario et de sa mise en scène…

 

Alternant, suivant les menus imposés, les qualificatifs d’usage : « terroristes », « islamistes », ou, dans une touche folklorique, « djiahdistes ». Lors de nos dernières conquêtes coloniales, on envoyait des troupes pour préserver La Civilisation des « cannibales », l’évangélisation étant passée de mode : comme aux Iles Marquises ou en Nouvelle-Calédonie.

 

La diabolisation évolue, mais la réalité reste immuable : nous sommes encore plus féroces que les cannibales des contes coloniaux dès qu’il s’agit d’étriper plus faible que soi.

 

La “modernité” remplit ses fonctions. Ces "nouveaux cannibales" sont membres d’organisations logées, en autant de boutiques au marketing soigneusement segmenté, dans les cavernes de la région. Probablement architecturées sous air conditionné d'après les films de James Bond : multiples écrans, ordinateurs, clignotants, sirènes et portes blindées.

 

Aux appellations aussi variées que leurs origines « contrôlées » ou téléguidées : AQ, AQMI, MNLA, MUJAO, DA ou DEA, et Bla-Bla. Telle la mosaïque des marques de lessives, sorties de la même usine, de nos supérettes…

 

Nos « experts », “militaires” et “géopoliticiens” de tous poils, virevoltant d’une TV à l’une, courant d’une radio à l’autre… « Pom-pom girls » chargées d’exciter l’enthousiasme de leurs concitoyens assommés de précarité et de chômage. Oui : la France, plus forte que jamais, est gouvernée par des hommes pénétrés de sagesse, de discernement, de courage et de générosité !

 

Notre “président”, ébahi par le succès foudroyant de sa « guerre contre le terrorisme », revivant dans la redingote de Jules Ferry les expéditions coloniales de nos aïeux. A présent, chef de guerre ou de conquête, dont l’allure martiale assure la montée des sondages flageolants. Lui permettant d’hausser le ton face à la Corée du Nord :

« … condamnée avec la plus grande fermeté… ».

 

Ou se voyant déjà, tel Alexandre, aux portes de Téhéran à la tête de sa vaillante armée… A en croire son discours menaçant prononcé le 6 février 2013 lors de la réception, dans le palais présidentiel de la “République laïque”, d’une délégation de la « Conférence des organisations juives américaines » regroupant 51 responsables d’associations de cette obédience religieuse… (3)

 

Gardien de la Souveraineté Nationale. Rempart de la Laïcité. Glorieux défenseur des valeurs de La Civilisation…

 

L’étoffe des héros.  

 

Humain, toutefois…

 

Emu aux larmes en recevant, au Mali, allégeance des notables et vivats des populations. Chœurs ou claques, comme dans toute bonne dictature, transbahutés en camions avec distribution de petits drapeaux à agiter et slogans à clamer. Sinon, pas de « bons » pour retirer la ration quotidienne de l’aide alimentaire d’une population maintenue dans la quasi-famine. Jusqu’à les habiller de neuf, après “casting”, pour une impeccable représentation télévisuelle…

 

Moteur parfaitement huilé, le cynisme ronronne.

 

Personne n’est dupe. S’agissant d’une énième nouvelle guerre coloniale montée de toutes pièces, depuis des mois. Consistant moins à s’emparer de territoires que de s’approprier, ou renforcer la spoliation, des richesses énergétiques ou minières de la région. Ces « resource wars », guerres pour les ressources, qui vont ravager le siècle, comme le rappelle le chef d’état-major des armées russes Valery Gerasimov. (4)

 

Ressources du Mali ?... Argent, or, cuivre, bauxite, etc. Potentiel gazier et pétrolier. Surtout, fondamental : uranium (trois zones uranifères actuellement recensées : Falea, Iforas, Gao). (5)

 

Coulisses, machineries et machinations, de ce théâtre de marionnettes ont été parfaitement, lucidement, mises à plat par de nombreuses personnes, militants de La Dignité Humaine, associations citoyennes, exerçant avec courage leur esprit critique. (6)

 

Citons, entre autres, le dossier de l’association Survie, fondée par le regretté François-Xavier Verschave (qui veut entrevoir les enjeux en Afrique doit lire ses ouvrages), méritoire travail d’information :
"Les zones d’ombres de l’intervention française au Mali – Eléments de contexte et d’explication" (7).

 

Ou encore, les décapantes et indispensables analyses de Michel Collon (diffamé en permanence par les relais de l’extrême-droite américaine en France et en Belgique) qui démonte, rouage par rouage, l’intoxication de la propagande via les médias, les intitulant les « médiamensonges » (8) :

 

La révolte de Django

 

L’essentiel de l’arnaque est montré, démontré, démonté.

 

Ne reste, en forme de conclusion, qu’à élargir la perspective géopolitique et historique au continent dans son ensemble.

 

Le Mali, symbolise la prédation de l’Afrique par l’Occident. (9) Son indépendance politique par rapport aux anciennes puissances coloniales, commencée dans les années soixante, n’était que de façade. Proie des groupes miniers, pétroliers, “privatiseurs”, impitoyablement rongée jusqu’à l’os, l’Afrique est toujours en attente de sa véritable indépendance.

 

Pour faire court, j’ai choisi une métaphore. Sous forme d’un film récent, à l’énorme retentissement international. Celui de Quentin Tarantino : “Django Unchained.

Aux antipodes des clichés complaisants d’Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, abordant la même époque. Loin de n’être qu’une charge contre l’esclavagisme des noirs par les grands  propriétaires Blancs dans la fédération nord-américaine de la fin du XIX° siècle, mythique paradis de La Liberté, il illustre avec force et lucidité les ravages de la colonisation. L’exploitation de l’Homme, ses forces et ses faiblesses, dans l’hyperviolence et le racisme.

 

Jusqu’au jour de la prise de conscience, du refus, de la révolte…

 

Tous les acteurs du drame de l’Afrique, de toute colonisation, y sont symboliquement campés, en interaction dantesque. L’humour venant souvent tempérer la violence des situations. Sur fond d’une rigoureuse documentation historique, dans son implacable, féroce, vérité...

 

Le "Blanc Richissime" jouissant, grâce à l’accumulation de sa fortune, d’acheter tout ce qui peut l’être sur Terre dans l’application sans limite de La loi  du Plus Fort : Bonne Conscience, violence impunie, exploitation et humiliation des faibles ou des sans défense, jusqu’à ce qu’ils en crèvent… Diabolique incarnation, très réussie, deLeonardo DiCaprio qu’on n’imaginerait pas, à priori, dans un rôle de “méchant”.

 

Convaincu de la supériorité de la race blanche. La justifiant, dans une hallucinante démonstration, en sciant le crâne d’un ancien esclave mort de son père, prouvant qu’il manquait "une case" aux Noirs, et autres races inférieures aux Blancs… Thèses racistes qui ont, effectivement, perduré dans les milieux scientifiques et colonialistes jusqu’au milieu du XX° siècle.

 

En France, relisons le combat (en 1953 !) de l’inoubliable Frantz Fanon(complètement occulté dans notre pays…), contre les thèses du grand ponte de la psychiatrie et de ses disciples de « l’Ecole psychiatrique d’Alger », Antoine Porot(1876-1965) qui ne cessait d’affirmer :

« L’indigène nord-africain, dont le cortex cérébral est peu évolué, est un être primitif dont la vie essentiellement végétative et instinctive est surtout réglée par le diencéphale […] L’Algérien n’a pas de cortex, ou, pour être plus précis, il est dominé, comme chez les vertébrés inférieurs, par l’activité du diencéphale … »  (10)

 

Ou encore en 1952 son disciple, Henri Aubin, soutenant au sujet des Noirs, dans le “Manuel alphabétique de psychiatrie” :

« Les indigènes de l’Afrique noire se rapprochent dans une large mesure de la mentalité primitive. Chez eux les besoins physiques (nutrition, sexualité) prennent une place de tout premier plan ; la vivacité de leurs émotions et leur courte durée, l’indigence de leur activité intellectuelle, leur font vivre surtout le présent comme des enfants

[…] La mentalité du primitif est surtout le reflet de son diencéphale alors que la civilisation se mesure à l’affranchissement de ce domaine et à l’utilisation croissante du cerveau antérieur. » (11)

 

Notons que ces articles, à prétention scientifique, demeurent inchangés dans la quatrième édition du “Manuel” parue en 1969… Et, qu’en toute impunité au regard de nos lois contre le racisme, Antoine Porot est encore célébré, adulé, dans les cercles nostalgiques de la colonisation française en Algérie. Exemple de "l’Association du cercle algérianiste" (12) :

« La notoriété de cette École d'Alger légitime assurément l'attention et la fierté de nos lecteurs »...

 

Les propos condescendants, pétris d’arrogance, de mépris, des “Pom-pom girls” infestant les plateaux de TV et radios, cascades de logorrhée sur « l’inexistence de l’Etat du Mali », « l’incapacité » du pays à s’organiser, se défendre et, bien entendu, se développer, participent de ce racisme imbibant l’inconscient collectif des milieux colonialistes :
« … on leur donne l’indépendance et ils sont incapables d’évoluer, d’entrer dans la modernité… ».

 

Et, autre fadaises pour masquer les massacres de tous ceux, modèles de courage et d’intégrité, qui se sont dressés pour défendre l’autonomie de leurs pays, économique et diplomatique, en valoriser les ressources pour le compte de la population. Renversés dans des coups d’Etat, tués souvent dans d’atroces conditions, avec leurs partisans par les armées ou services spéciaux occidentaux.

 

Parmi une cohorte de valeureux leaders, Thomas SankaraPatrice Lumumba, resteront dans toutes les mémoires, malgré le méticuleux travail d’oblitération de la propagande occidentale, les héros de la libération « post-indépendance » de l’Afrique.

 

Le personnage de DiCaprio, tout en raffinement apparent, est emblématique de ces castes, groupes multinationaux, Etats, d’une cruauté, d’une perversité, sans borne. Exploitant ceux qu’ils asservissent sans aucune pitié. Pillant, rasant pays, populations, générations, dans d’incalculables souffrances, avec sourires, cigares et vins fins…

 

Une scène terrifiante du film a pour décor le salon privé d’un luxueux bordel de la Nouvelle-Orléans. S'y déroule un combat à mort entre deux lutteurs africains, esclaves, pour le plus grand plaisir de son richissime sponsor. Parabole de ces guerres civiles, fratricides, organisées par les Etats occidentaux, dans les salons des organisations et sommets internationaux, pour entretenir le chaos sur le continent Africain.

 

On y voit DiCaprio, à la fin du combat, tendre un marteau au vainqueur, l’obligeant à faire éclater la tête de son adversaire déjà terrassé. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux "organisateurs" de l’atroce mise en scène de la fin de Kadhafi

 

On le sait, mais on se tait. Complices.

france-war-on-mali-for-uranium.gif

L’Afrique est un continent colossalement riche. Le plus riche de la planète.

 

Chaque Etat devrait avoir un niveau de vie supérieur à celui de la Suède… Ce  n’est pas l’Afrique qui a besoin de l’Occident, mais le contraire. C’est pourquoi, tout sera planifié, exécuté, pour maintenir l’Afrique dans le sous-développement : guerres civiles, chaos, spoliations. Car, ce n’est pas de « guerre au terrorisme » qu’il s’agit en Afrique. Mais de  « guerre au développement », comme l’écrit dans un excellent article Dan Glazebrook (13) :
The West’s War Against African Development Continues”

 

Tout sera fait pour qu’il n’y ait aucune union économique, monétaire, encore moins scientifique, technologique, ou militaire, entre Etats Africains, pouvant constituer progressivement de grands ensembles aux synergies complémentaires.

 

Tout comme pour l’Union du Grand Maghreb, torpillée en permanence, dont le commerce ne représente même pas 2% entre Etats voisins et frères. Il en sera de même pour le Sahel et autres grands bassins de développement. Le Sahel gigantesque, grandiose, mer intérieure à sec, de l’Atlantique à la mer Rouge, auximmenses ressources, qui devraient être exploitées, mises en valeur sur place, par tous les pays riverains, dans une coopération constructive.  Ce ne seront que guerres, chaos et drones…

 

La Femme” de Django, jouée par la ravissante Kerry Washington, symbolise cette Afrique, magnifique, pleine de vie et de promesses de bonheur, au destin provisoirement brisé. Qui lui a été enlevée, et dont la recherche sert de fil conducteur au récit. Portrait de femme rebelle, luttant pour sa survie, le respect de sa dignité. Et, qui le paye cher dans tous les traitements sadiques et humiliations que lui infligent ses despotes.

 

Face à ce magnifique portrait de femme, Tarantino, esquisse celui de son antithèse : “La Pute et la Soumise”. Qui bénéficie de toutes les faveurs de ses maîtres : argent à profusion, privilèges de toutes natures, fastueuse garde-robe, bijoux et statut social. Insensible au sort de son peuple, de sa nation, témoin de son exploitation sous les coups, avilissements, privations, horreurs. Assistant impassible, sirotant son champagne, à la lutte à mort des deux lutteurs et autres sauvageries.

 

De la même espèce, pour me limiter à un exemple français, que celles qui ne cessent de parader, déversant leurs bouillies nauséeuses, sur les plateaux de TV et radio. Où elles sont reçues, évidemment, avec tous les égards dus à leurs protecteurs. Affirmant, pitoyables rouages d’une propagande, qu’elles ne doivent leur “statut” qu’à l’école républicaine, la laïcité, la "méritocratie" d’une république imaginaire. Comme si les 6,5 millions de chômeurs, en France, n’étaient pas passés par l’école de la république et n’avaient aucun mérite…

 

Silencieuses face aux souffrances, et spoliations, de leurs peuples ou nations, dont elles prétendent être originaires. Se prosternant même devant leurs oppresseurs. Leur incessante référence à la "méritocratie", dont elles seraient les héroïnes, n’est, en fait, qu’un aveu : celui de leur servilité putassière.

 

Ce lamentable personnage, fait écho à un groupe essentiel dans toute colonisation, les : “Petits Blancs”. Portraits ravageurs de cette catégorie d’individus : minables, miteux, lâches, stupides (l’un d’eux est joué par Tarantino lui-même !).

 

Tous, aussi exploités et méprisés par leurs richissimes patrons que les esclaves qu’ils sont chargés de dominer et d’exploiter au quotidien. Seule différence, celle de trouver leur identité dans le mépris des colonisés, et donner libre cours à leurs pulsions sadiques en toute impunité. Image du racisme colonial ordinaire, parfaitement mise en scène. Impact explosif !

 

Et, personnage central du film, magistralement interprété par Samuel Jacksonméconnaissable, l’auxiliaire indispensable de tout esclavagisme, de toute colonisation, spoliation, occupation : “Le Collabo”.

 

Démoniaque, cauchemardesque d’intelligence perverse, supérieure à celle de son maître ! Méprisant, insultant, bafouant, terrorisant, ses frères Africains. Il personnifie tous ces dictateurs civils ou militaires, tortionnaires zélés, bourgeois achetés, intellectuels vendus, qui participent à l’abaissement et au pillage de leurs propres pays.

 

Y-a-t-­il au moins un Blanc dans le film qui ne soit pas un salopard fini ?...

 

Oui. C’est le personnage de King Schultz, sympathique fripouille, joué avec un humour inépuisable par Christoph Waltz. Il fera équipe avec Django, l’acteur Jamie Foxx. Symbolisant la fraternité, entre Blanc et Noir. Et au-delà, quelles que soient couleurs, ethnies et croyances.

 

Face à l’inacceptable…

 

Mais, je me garde de vous raconter les détails de l’intrigue et la fin…

 

Allez voir ce film, dans une haletante métaphore, vous y vivrez un moment d’Afrique, ses drames et ses espoirs.

 

A la sortie, pour relâcher la pression avec une bonne rasade de rire, en guise de pop-corn, je vous offre une tranche de “bien-pensance” concoctée sur un site spécialisé dans la Bonne Conscience raciste (14) :

« … Nous avons su élever notre esprit et le débarrasser de toutes les scories de toute idéologie ou religion, en plaçant l’homme et son humanité [le soulignement est de l’auteur du texte] au centre de la société. En ce qui concerne l’adage connais-toi, toi-même, et fais de la raison ton art de vivre, pour certains, ce n’est pas encore gagné ! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  John Steinbeck, Lune Noire (The Moon is Down), J.-C. Lattès, 1994, p. 86.

2.  Dominique Merchet, Le Blitzkrieg à la française, RIANovosti, 4 février 2013,http://fr.rian.ru/tribune/20130204/197419798.html
3.  F. Hollande reçoit les associations juives américaines, JCALL, European Jewish Call for Reason,
http://fr.jcall.eu/actualites/declarations/francois-hollande-recoit-les-representants-des-juifs-americains
4. 
 Russia may be drawn into resource wars in future – army chief, 14 février 2013, RT,http://rt.com/politics/military-conflict-gerasimov-threat-196/ 

5.  Gilbert Mercier, Mali : France’s Neo-Colonial War for Uranium ?, News Junkie Post, 14 janvier 2013,http://newsjunkiepost.com/2013/01/14/mali-frances-neo-colonial-war-for-uranium/

6.  Juliette Poirson, Falea ou la colonisation minière au Mali, 9 mai 2012,http://survie.org/francafrique/mali/article/falea-ou-la-colonisation-miniere 

7.  Les zones d’ombres de l’intervention française au Mali – Eléments de contexte et d’explication(dossier d’information de 25 pages - téléchargeable), Association Survie, www.survie.org, 23 janvier 2013.

8. Source vidéos :
i)  La France au Mali : repérer les “médiamensonges”  (1/2)

http://www.youtube.com/watch?v=LoSRTo330TM&feature=player_embedded

ii)  La France au Mali : repérer les “médiamensonges”  (2/2)

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=jMa2fxvES4w

9.  Cf. article : Et, Un Tonneau d’Oreilles !... Un !..., 6 septembre 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html

10.  Le regard colonial de l’Ecole Psychiatrique d’Alger, LDH-Toulon, 24 février 2005,
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article450
11.  LDH-Toulon, Op. Cit.

12.  http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/sante3204.htm
13.  Dan Glazebrook, The West’s War Against African Development Continues (La guerre de l’Occident contre le développement de l’Afrique se perpétue), CounterPunch, 15-17 février 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/02/15/the-wests-war-against-african-development-continues/

14. 10 février 2013, http://www.gerard-brazon.com/article-houria-bouteldja-le-pir-est-a-venir-par-maximilien-115195272.html

 

 

Illustration du Brésilien Carlos Latuff

 

 

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commentaires

web design inspiration 03/06/2014 12:26

Africa has been raised form the level of poverty due to the interference of many great leaders who fought against these sufferings. Government in Africa is also strong such that they have taken necessary action to eradicate the poverty

Georges Stanechy 24/02/2013 21:06


 


Cher Chahid, Bonsoir


 


Je ne souhaitais échanger avec toi que des commentaires sur un film passionnant, qui donne à réfléchir et qui, dans tous les cas, ne laisse
pas indifférent.


 


Pour ne pas verser dans l’académisme, j’avais adopté un style à la hussarde, avec aussi de l’autodérision me concernant, dans un esprit de
polémique potache. Mais, avec la volonté de poser des problèmes de fond, évidemment. Bien entendu, les "peaux de bananes" étaient un affectueux clin d’œil, mais je n’ai pas le talent de
Tarantino pour les clins d’œil !...


 


Visiblement, cela ne t’a pas plu. Cela était peut être, ou sûrement, mal dosé de ma part. En ce cas, sache que mon intention n’était pas de
blesser.


 


Sur le reste, je ne veux surtout pas entrer dans une polémique personnelle quant à ma « légitimité pour parler du sud ». Tout
simplement, parce que je peux soutenir le regard de n’importe qui sur ce plan, pour de multiples raisons.


 


Je souhaite terminer sur un point que tu soulèves, malgré toi me semble-t-il, mais qui est fondamental. Il a trait à l’avenir de l’Afrique,
nord-saharienne et sub-saharienne, qui est au coeur de l’article que j’ai mis en ligne.


 


Son développement ne repose pas sur des Hiroshima. Même pas sur des luttes armées, dont le "petit-nord Vietnam" a donné, toutefois, un
extraordinaire exemple de ténacité et d’efficacité (à présent, réuni avec le sud, toutes les grandes nations viennent lui manger dans la main…).


 


Mais, avant tout, primordialement, cardinalement, viscéralement, car c’est au niveau des tripes que cela se passe aussi, il repose sur
« L’ESTIME DE SOI », de ses femmes et de ses hommes. Et, tous particulièrement, de ceux qui
constituent son encadrement (je n’aime pas le mot galvaudé "d’élite").


 


J’ai la chance extraordinaire de connaître et travailler avec des Africains (du Maghreb au Cap – blancs [afrikaners])-noirs-bruns-etc.) qui
sont d’un talent exceptionnel, d’une richesse humaine rare, de niveau international dans leurs disciplines. Le destin de l'Afrique est entre leurs mains.


 


Oui, l’Afrique peut se passer de sa « soumission » à l’Occident, et de son « pillage » par lui. Son indépendance
définitive n’est qu’une question de temps. Ce que ne comprend pas l’Occident qui, au lieu de se préparer à cette finalité la main tendue, s’enferme actuellement dans un modèle colonial archaïque,
aveuglé par la soi-disant « haute technologie » de son arsenal militaire.


 


Car, il prend racine dans la volonté de celles et ceux qui, comme Django, assumeront leur
destin en renonçant à vivre dans l’acceptation de l’abaissement et de l’humiliation.


 


Amitiés


 



Chahid Slimani 24/02/2013 18:16


(suite du commentaire coupé)


 


Que cherches-tu cher Georges, une autre Hiroshima en Iran, au Pakistan ? Que pourras-tu faire alors aux victimes de ce feu que
nous savons tous sans pitié ? Crier ? Pester ? Et alors !


Rendras-tu la vie à ces gens ou reprendras-tu ta vie de tous les jours bien intégré dans un Occident qui vous offre le privilège d’un
progrès qui n’est qu’une rumeur chez nous au sud…


 


Connais-tu vraiment la réalité du sud ?


 


Que pourrons-nous faire sans l’aide de nos anciens colonisateurs ?


 


Veux-tu la vérité, nous ne savons même pas construire une route sans la présence d’un ingénieur européen, chinois ou
japonais !


 


Dans les années 80 il y avait encore des poux dans les cheveux de tous les Maghrébins, où sont la France et l’Occident dans tout
ça ? Le savon et le shampoing occidentaux nous ont rendus notre dignité face à cette bestiole oh combien humiliante… rire ou pleurer !


 


 


3- Que va faire Jamie Foxx de sa liberté ?


 


Je vais te dire, il va exploiter ses frères noirs et construire des prisons comme nos dictateurs que tu aimes tant et acclames dans ta
chevauchée orientaliste !


 


 


Amitiés

Chahid Slimani 24/02/2013 15:49


(suite du commentaire coupé)


 


Que cherches-tu cher Georges, une autre Hiroshima en Iran, au Pakistan ? Que pourras-tu faire alors aux victimes de ce feu que
nous savons tous sans pitié ? Crier ? Pester ? Et alors !


Rendras-tu la vie à ces gens ou reprendras-tu ta vie de tous les jours bien intégré dans un Occident qui vous offre le privilège d’un
progrès qui n’est qu’une rumeur chez nous au sud…


 


Connais-tu vraiment la réalité du sud ?


 


Que pourrons-nous faire sans l’aide de nos anciens colonisateurs ?


 


Veux-tu la vérité, nous ne savons même pas construire une route sans la présence d’un ingénieur européen, chinois ou
japonais !


 


Dans les années 80 il y avait encore des poux dans les cheveux de tous les Maghrébins, où sont la France et l’Occident dans tout
ça ? Le savon et le shampoing occidentaux nous ont rendus notre dignité face à cette bestiole oh combien humiliante… rire ou pleurer !


 


 


3- Que va faire Jamie Foxx de sa liberté ?


 


Je vais te dire, il va exploiter ses frères noirs et construire des prisons comme nos dictateurs que tu aimes tant et acclame dans ta
chevauchée orientaliste !


 


 


Amitiés

Chahid Slimani 24/02/2013 03:52


(suite du commentaire)


 


-« Problème : j’ai beau fouiller dans l’Histoire, sur les étagères et dans les poubelles, je ne les trouve pas, ces fichues «
Lumières ». »…


 


Mais cherche en toi cher Georges!


Ta raison, ta clairvoyance et ton humanisme en sont le fruit…


 


- « (…) des orgies d’atrocités dans leurs colonies (…) Ce furent des centaines de milliers de morts dans une folie
répressive. »…


 


Ce « drame » nous l’avons vécu dans notre chair, c’est notre mémoire, mais moi je regarde devant alors que toi tu regardes
derrière!


 


- « Ne racontons pas de fables. Aujourd’hui, Gandhi ne tiendrait pas une semaine. »…


 


Mais laisse Gandhi décider à la place de Gandhi. À chaque époque ses hommes. Jésus aussi aurait pris l’avion pour Las
Vegas ! 


 


Oui, pour sauver une vie humaine, je me prosternerai, ma dignité n’est pas si égoïste que ça !  


 


 


2) désamorcer une bombe à retardement …


 


- « Idem de Gaza à la Libye, en passant par le Liban, quand on couvre les infrastructures civiles sous des tapis de
bombes. »…


 


« Palestine », « colonialisme », « impérialisme » … sont des mots-sermons pour neutraliser la réflexion
de tout Arabe qui tente de désamorcer cette bombe à retardement : le choc des civilisations.


 


Où est ta foi et ta mission, notre mission, de fourmis ? Pourquoi t’exposes-tu ainsi instinctivement comme un brave lion à un
courant aussi violent que ton courage et humanisme ?


 


Pourquoi interpelles-tu mon instinct d’ancien « colonisé » ? J’ai de la peine à dompter et exorciser mes propres
démons, un déchirement entre un Occident qui nous aime, qui ne nous aime pas, une identité et des racines qui libèrent et qui étranglent…  mais que
sais tu vraiment de notre souffrance, toi qui est allaité du progrès de la magnifique réussite de la pensée de Descartes….


 


Que cherches-tu cher Georges, une autre Hiroshima en Iran, au Pakistan ? Que pourras-tu faire alors aux victimes de ce feu que
nous savons tous sans pitié ? Crier ? Pester ? Et alors !


Rendras-tu la vie à ces gens ou reprendras-tu ta vie de tous les jours bien intégré dans un Occident qui vous offre le privilège d’un
progrès qui n’est qu

Chahid Slimani 24/02/2013 03:28


Bonjour cher Georges


 


Mon dieu, mais de quoi parlons-nous au juste ?


 


1) cadrer le débat…


 


Remarquant que tu as  invité la Palestine, Vanessa Redgrave et les fanatiques sionistes à
notre débat voulu au début seulement autour de la violence des scènes d’un
réalisateur que je digère mal… je devais te rappeler le sionisme de Lawrence Bender, n’est ce pas « raisonnable » ?


 


Je t’ai interpelé et je t’interpelle encore sur une seule question : le sionisme du producteur de Tarantino Lawrence Bender !


 


Au lieu de me répondre, tu te focalises sur deux mots « Lumières » et « Gandhi », voulus comme parenthèse et mis
entre parenthèses, car n’adressant pas mon commentaire seulement à l’instant mais aussi aux lecteurs et aux annales!


 


Pourquoi en faire toute une histoire et des « peaux de bananes » …


 


Ta devise, ton sermon est le contre-courant, accepte le contre-courant de tes idées, pourquoi me veux-tu seulement
flatteur !  Les vrais « vieux amis » ne sont jamais flatteur… ne fais pas de ton blog, cet espace de vérité et de convivialité, une
cour d’un monarque suspicieux… « Vous êtes avec moi ou contre moi » !


 


- « (…) Qui tendraient à faire croire, à un lecteur pressé, que je suis un suppôt de
dictateurs »…


 


Rassure-toi, tes lecteurs ne sont ni profanes, ni pressés. Quand on vient ici, c’est pour prendre un café grecque  avec un ami,
Georges!


 


Dois-je te rappeler cher ami que je ne m’adresse pas à la personne de Georges Stanechy, alors libère toi de cette posture virtuelle et
livre nous une version qui n’est pas tragique, spectaculaire, suicidaire… des vies humaines sont en jeu… notre amour propre peut attendre…


 


(…)

Georges Stanechy 24/02/2013 00:56


 


(Fin / Cher Chahid)


 


Rien ne justifiait cette sanguinaire mise en scène organisée, ainsi que l’ont rapporté les médias internationaux, par les services spéciaux
français avec leurs hommes de main, leurs molosses, sur place.


 


Il est vrai que la France, en Libye, est coupable de crimes de guerre pour avoir écrasé sous les bombes toutes les infrastructures civiles
d’un pays (hormis celles liées au pétrole et au gaz) au mépris du mandat de l’ONU qui limitait son intervention à une "zone d’exclusion aérienne"…


 


« Les Lumières »…


 


Rions !


 


Dernier point : j’en suis à ma deuxième grippe en deux mois (record personnel)…


 


Alors, pitié Cher Chahid ! Ne me fais pas éclater le crâne à coups de marteau ! Il est transformé en aquarium, et je tiens à
conserver mes piranhas…


 


Amitiés


 



Georges Stanechy 24/02/2013 00:54


(Suite 4 / Cher Chahid)


 


  A l’exemple de ces “pays déclarés insoumis” avec pour bon d’expédition à l’abattoir : « changement de régime ».
Déchirés, mis en pièces, écartelés, dans des guerres dites, sublime euphémisme, de « basse intensité ». Avec des molosses, ayant pour sobriquets d’exquises appellations : embargo,
sanction, opération spéciale, voiture piégée, assassinat ciblé…


 


Moi, vois-tu, mon gros chagrin dans ce film, c’est : d’Artagnan…


 


Cette terrible scène, me renvoyait aux documents que j’avais lus sur cette pratique employée par les services spéciaux britanniques pour
mater, au Kenya, la résistance à leur terrible
colonisation. Les résistants étaient jetés aux chiens, dressés pour dévorer en premier leurs testicules… Ce n’est pas très vieux, lors de la révolte dite Mau Mau, de 1952 à 1956.


 


« Les Lumières »…


 


Il est vrai qu’à la même période, au sortir de la 2° guerre mondiale, toutes les puissances coloniales se sont livrées, aux côtés des
Britanniques, à des orgies d’atrocités dans leurs colonies, pour éviter les indépendances. Notamment en Afrique : Belges au Congo, Portugais en Angola et au Mozambique.


 


Quant à la France, comme aujourd’hui, elle menait la danse. Ce furent des centaines de milliers de morts dans une folie répressive. Tout
particulièrement dans son “Empire Africain” : de Madagascar au Cameroun. Et, bien sûr, au Maghreb où elle s’illustrait depuis longtemps, dans la découpe d’oreilles pour en remplir des tonneaux…


 


Ne racontons pas de fables. Aujourd’hui, Gandhi ne tiendrait pas une semaine. Après avoir été
diabolisé, il aurait été rapidement supprimé, ou rendu fou dans le waterboarding…


 


« Les Lumières », disais-tu ? Restons sérieux…


 


 


iii) Dictature de
l’hypocrisie


 


Si j’ai pensé à la fin horrible de Kadhafi, ce n’est pas pour souscrire aux versions officielles, ni pour défendre une dictature.


 


Je ne pleure pas la fin du régime politique d’un homme qui a voulu jouer au malin avec plus voyou que lui. Il n’a pas su faire évoluer son
pays, d’une mosaïque tribale vers une authentique nation portée par un projet commun. Et, s’est enfermé dans un clientélisme qui forcément devait se retourner, un jour ou l’autre, contre
lui.


 


Ceci étant, arrêtons les postures hypocrites, sa dictature n’était pas pire que les pétromonarchies héréditaires devant lesquelles nous nous
prosternons. Ou, les pseudo-démocraties autocratiques, tout autant héréditaires, comme on s’en accommode fort bien, au Gabon avec la dynastie des Bongo, ou au Togo avec la dynastie des Eyadema.
Je pourrais en énumérer d’autres, mais j’arrête là, par charité…


 


Une fois vaincu, il aurait dû être jugé par le Tribunal International de La Haye. Mais, personne ne tenait à ce qu’il parle.


 





 



Georges Stanechy 24/02/2013 00:31


 


(Suite 3 / Cher Chahid)


 


Et, oui : pour dénoncer la violence, il est nécessaire de la montrer, la regarder en face, au fond des yeux. Sinon c’est l’occulter,
tout en sachant qu’elle se produit au quotidien.  Avec la “Conscience” en paix et les mains propres.


 


Les oligarchies qui nous gouvernent ne souhaitent que cela :


“Faites dodo, on s'occupe du reste”…


 


« Surtout : ne pas se révolter ! », prêches-tu. Je suis ton premier
disciple en la matière. « Laisser passer la justice institutionnelle », « croire à l’humanité
avant tout »… Mais, oui ! Bien sûr !


 


Qui n’en rêve pas ? La paix universelle, en discutant avec des gens responsables, assis au milieu des fleurs, les petits oiseaux sur
l’épaule gazouillant : « gouzi-gouzi ♪♪ ». L’émerveillement serein, l’extase nirvânique, à la Saint François d’Assise. Tous les matins en me levant, je n’aspire qu’à ça. Si, si, je
t’assure !


 


Problème : j’ai beau fouiller dans l’Histoire, sur les étagères et dans les poubelles, je ne les trouve pas, ces fichues
« Lumières ». En dehors des gentilles théories élaborées dans les salons aristocratiques, comme j’ai plaisir à le lire dans l’excellent livre de François Bluche : « le Despotisme Eclairé » (Fayard - 1969).


 


« Les Lumières » ? Rien qu’au Mali, qui était alors une province de son Empire,
la France a attendu 1905 avant d’abolir “officiellement” l’esclavage… Normal, au Mali il y a des mines.


 


Gandhi ? Il est plus que
présent dans le film de Tarantino. Rôle bref, mais au cœur d’une scène fondamentale, le tournant du récit. Je suis plus qu’étonné que tu ne la
mentionnes pas. Même pas pour t’en scandaliser et sortir ton violon…


 


Car, c’est “la révélation” qui fait basculer du côté de Django, le
“Blanc-sympathique-fripouille”, fantastiquement interprété par Christoph Waltz. Jusque là, neutre, non concerné. Il comprend soudain le fond de sa
révolte. Et, surtout : la partage. Jusqu’au bout.


 


Formidable claque, que Tarantino administre au spectateur : Réveillez-vous ! Voilà
ce qu’est un « engagement » contre l’injustice et l’horreur ! Tout, sauf une discussion sur le sexe des anges, en se donnant le beau rôle.


 


Gandhi, c’est l’esclave-lutteur
à qui son maître a donné le sobriquet de "d’Artagnan". Il ne veut plus se battre, donner des coups, en recevoir, démolir et être démoli. Il ne
demande rien, juste vivre en paix, dans son coin. Il dialogue, négocie, discute, puis implore, supplie. Avec ses maîtres, des gens raisonnables, imprégnés des "Lumières", civilisés, instruits,
rationnels, bons chrétiens même.


 


Rien à faire : il a une valeur monétaire pour son maître. Devant son refus, sa volonté de sortir du circuit marchand, il est
sanctionné : jeté aux chiens. A titre d’édification, pour terroriser les autres. Déchiqueté vivant par des molosses.


 



Georges Stanechy 24/02/2013 00:26


 


 


(Suite 2 / Cher Chahid)


 


 


ii)  Beaux Sentiments et "Esprit des Lumières"


 


« Scène atroce, injustifiable, inutile et esthétiquement laide »… Outragé, es-tu,
devant la violence. Uniquement sous les deux formes qui te déplaisent : celle qu’on montre, et celle qui relève de la révolte ou de la vengeance.


 


Et, celle qu’on inflige et fait subir, sans la montrer ?


 


Sortir le violon des Beaux Sentiments et la référence à "l’Esprit des Lumières" avec, en prime, Gandhi qu’on descend de l’étagère pour un petit dépoussiérage : j’applaudis, en bon ouistiti, avec mes deux mains et mes deux pieds…


 


Trop facile, Cher Chahid.


 


« Le coup de feu fait voler la femme !!! », notes-tu, choqué. Oui, ce n’est pas
beau à voir. Même stylisée comme Tarantino a réussi à le faire dans le cas de ce personnage, toute vision de violence est indécente, abjecte.


 


Quand les réunions de mariage, dans les pays musulmans « à châtier » (de la Somalie au Pakistan, en passant par l’Afghanistan et
l’Irak), sont bombardées, "dronées", hommes femmes, enfants, instruments de musique, tout “vole”, projeté sous le souffle de l’explosion à 20 ou 30 mètres de hauteur. Idem de Gaza à la Libye, en
passant par le Liban, quand on couvre les infrastructures
civiles sous des tapis de bombes.


 


Ou encore, te souviens-tu, de l’usine ultramoderne de produits pharmaceutiques construite à Khartoum, au Soudan ?


 


Flambant neuve ! Elle produisait des médicaments génériques qu’elle vendait non seulement au Soudan, mais à d’autres pays africains. Au
prix “réel”, marge comprise, c'est-à-dire un dixième de ce que facture habituellement Big Pharma.


 


« Tss, tss », a siffloté Big Pharma.
Alors, un jour, les soudards ont attendu qu’elle se remplisse de ses nombreuses ouvrières spécialisées, cadres, pharmaciennes, laborantines,
et ils ont envoyé un déluge de missiles de croisière. Motif invoqué : "fabriquait des Armes Chimiques de Destruction Massive"…


 


Ces femmes ont toutes « volé » ! Tellement haut, qu’il a été impossible d’identifier les corps, une fois retombés.
Pulvérisées… Il paraît que c’est le champion des Droits de l’Homme et de la Libération de La Femme,
Bill Clinton, qui a signé l’ordre, entre deux gâteries de sa pétillante stagiaire…


 


En ce moment au Mali, même pratiques, malgré le blocage de la censure. Car, ne noyons pas trop le poisson… Ma référence au film de
Tarantino posait le problème de notre action dans ce pays. Dans lequel, j’ai effectué des séjours professionnels à deux reprises… Destructions,
« dégâts collatéraux », et milliers de réfugiés, sur fond de pillage occidental permanent.


 


Mais tout cela, nous est soigneusement caché… Trop obscène, peut-être ?...


 



Georges Stanechy 24/02/2013 00:19


 


(Suite 1 / Cher Chahid)


 


i) Chronique d’une mort
“inutile”


 


Je commence par la sœur de DiCaprio dans le film…


 


Visiblement, tu éprouves un gros chagrin devant le sort que lui inflige Tarantino dans son
film. Pourtant, loin d’être “inutile”, la scène de son « élimination », en tant que représentation du Pouvoir, n’est que la suite logique du récit.


 


Il est bon de le rappeler : non seulement, elle succède à son, frère, mais auparavant elle agissait en tant que son bras droit. Une
scène explicite montre DiCaprio, revenant de la Nouvelle-Orléans sur leur plantation, la féliciter chaleureusement de son efficacité dans la gestion
du patrimoine familial.


 


Elle participe donc de l’atrocité de l’exploitation et de la sauvagerie des traitements infligés aux esclaves. Aurais-tu oublié la scène où
« Le Collabo » explique à Django, pendu par les pieds, que cette gente dame a hésité à le
faire émasculer ?


 


Préférant, finalement, l’envoyer à la mine. Non pas par humanité. Mais parce que la durée de vie et donc de souffrance, après émasculation,
n’était que de 7 minutes en moyenne. Par contre, dans la mine où l’on commence à arracher la langue avant d’être découpé en morceaux quand on n’est plus exploitable, la souffrance, l’agonie,
peuvent durer des mois…


 


Cette femme diabolique, sous son sourire angélique, est l’incarnation du Pouvoir Absolu avec
droit de vie et de mort. Qui n’a pas de sexe, homme ou femme se livrant aux pires exactions dès lors qu’ils sont en situation d’exprimer leurs pulsions sadiques.


 


Archétype de ces femmes siégeant dans les gouvernements et les médias, soutenant des guerres innommables, au nom de La Démocratie, jusqu’aux infâmes prisons qui resteront gravées dans les mémoires. Abou Ghaïb a livré des images de ces « femmes » en action,
tortionnaires jubilant de plaisir pervers, dans cet enfer administré par un officier supérieur qui était aussi une femme…


 


Loin d’être « sans défense », comme tu la présentes ingénument, cette criminelle cruelle est toujours entourée de ce que
j’appelle : ses « forces spéciales ».


Gardes du corps, tireurs d’élite, mais avant tout : ramassis de tueurs et de tortionnaires comme sont toutes les « forces
spéciales » de par le monde (n’en déplaise aux pubs dithyrambiques qu’elles s’offrent avec les impôts citoyens…), chargées des basses œuvres des puissants dans l’illégalité et, surtout,
l’impunité.


 


La scène de la fusillade entre Jamie Foxx et les « forces spéciales » est
scéniquement très bien traitée. Devant la porte d’une pièce attenante à l’entrée principale de la demeure patricienne, la sœur de DiCaprio y est
projetée par une balle. On ne la voit plus, même pas son cadavre. Libérant la scène, pour “l’explication finale”. « Escamotée », subterfuge aussi vieux que le théâtre.


 


Pour moi, symboliquement, elle est expédiée en enfer. Et, j’ai dit : Ouf !


 



Georges Stanechy 24/02/2013 00:15


 


Cher Chahid, Bonjour


 


« … Il n’y a rien dedans ! », affirmes-tu.  « Vide » ?


 


C’est le dilemme de la bouteille : « à moitié vide, ou à moitié pleine ? »…


 


Nous avons vu deux films différents.


 


Toi : un plat de lasagnes sanguinolentes (garanties viande de serpent 100% amazonien), préparées par un cuistot déjanté et
"machiavélique" dans la salle des coffres d’Oncle Picsou.


 


Moi : un film remarquable, d’un réalisateur de talent.


 


Traitant avec un réalisme implacable, conforté par une rigoureuse documentation historique, du drame de l’esclavage, et donc du racisme.
Sujet que très peu de metteurs en scène osent, ou sont en mesure d’aborder. Je souscris, sans réserve, à l’éloge de
Claude Ribbe, cité dans un précédent commentaire.


 


En y ajoutant une dimension supplémentaire, métaphorique. Dans une mise en scène de 
tragédie grecque donnant vie, sous masques et cothurnes, aux archétypes de la colonisation et du pillage de l’Afrique. Avec ses délires de violence et d’humiliation dont l’humanité est
capable.


 


Dans les images de Tarantino, dénonçant la cruauté, le sadisme, de l’homme à l’encontre de son
prochain, dans un cauchemar d’horreurs, je revoyais les gravures de Jacques Callot, ou celles de Goya. Ou encore, certains
tableaux de
Salvador
Dali, avant qu’il ne se transforme en pitre mondain.


 


Inventif, subversif, oui : il y a du Shakespeare dans son œuvre. Nous ne sommes pas dans
la dentelle, mais dans les tempêtes de l’Histoire, ses fureurs, ses démences, ses vengeances. Pour ne pas bouder mon plaisir, j’en rajoute une couche : dans son film, j’entendais en écho,
clameurs, rages, cliquetis, grondements, chocs des sentiments et des batailles, de l’Iliade ou du Mahâbhârata !…


 


Paradoxe, Cher Chahid : nous avons raison tous les deux !


 


Puisqu’il s’agit de la perception, réception, d’une œuvre. Intimement liées à notre sensibilité, notre vécu. Nos préoccupations du moment,
aussi. Personne ne détenant la vérité.


 


C’est pourquoi, malgré notre foncière différence d’appréciation à son sujet, cela ne m’empêchera pas de partager, avec toi, un ballotin de
chocolats fourrés à la pâte d’amende…


 


Toutefois, sans vouloir tourner en rond, je voudrais relever deux ou trois peaux de bananes que tu as gentiment déposées (c’est en cela
qu’on reconnaît les vieux amis…) à mon intention dans ton dernier commentaire. Qui tendraient à faire croire, à un lecteur pressé, que je suis un suppôt de dictateurs, adepte de la violence,
sanguinaire se délectant du meurtre d’une « femme sans défense »…


 


Moi, si doux et romantique, tu me transformes en monstre : Hchouma !...


 



Chahid Slimani 23/02/2013 23:25


(suite du commentaire)


 


Le cinéma, usine à rêve …


 


… À Paris, un petit vieux solitaire soupire : « Quels numéros que ces tigres ! » Ils ne savent pas qu’il n’y
a ni violoniste, ni tigre : rien que papa Zukor et des figurants en sueur, rien que David Sarnoff, l’électricité et une hébétude assommante…


 


C’était Ilhya Ehrenbourg il y a bien longtemps… depuis, Zukor et David
Sarnoff 
ont fait du chemin. Ils ont inventé une industrie que vous qualifiez d’art…


 


Plus qu’un « mécène, "producteur", industriel, riche gentleman juif, ou normand », je crois comprendre que le message
d’Aline renvoie à la même pensée d’Edgar Morin en 1960 : « Le cinéma ne peut être étudié en dehors de la société dans laquelle il se développe »…


 


Le messianisme de la société américaine et l’avidité dont parle Catherine, ne peut que décevoir la bonne foi de Georges et la
happy end  de Tarantino…


 


Je comprends quand Hollywood décide de donner forme aux mythes conducteurs de la vie sociale et culturelle américaine et
les orienter dans la seule direction de la « nation indispensable »… Mais je ne comprends pas quand nous, méditerranéens, succombons docilement à ce modèle monté de toutes pièces
dans les studios de la Paramount, Wagner, Walt Disney etc. !  


 


Amitiés

Chahid Slimani 23/02/2013 23:22


Bonjour Edouard Lecèdre


 


Oui, bien avant Kubrick et Mallick, je pourrai vous parler d’Allan Sillitoe, de Bo Widerberg (Adalen 31) et des autres, mais
le cinéma « prolétaire » n’existe que pour ne pas exister, ou tout simplement une hirondelle ne fait pas le printemps !


 


Quand j’écoute Mozart je ne m’intéresse « musicalement »  comme vous dites,
qu’à son chef-d’œuvre, je ne découvre qu’après grâce  aux médias français (Point, Figaro, Express …) que c’était un franc-maçon qui
« pétait » tout le temps pour amuser ses amis !


 


Idem pour Wagner que haïssent nos amis « juifs »…


 


L’occasion d’informer les lecteurs aussi que le cultivateur palestinien de Bil'in, célèbre petit village de Cisjordanie, Emad Burnat,
devenu réalisateur et invité aux Oscars demain, comme premier réalisateur de documentaire palestinien, de son œuvre «5 caméras brisées »,  a été arrêté et retenu des heures à l’aéroport
de Los Angeles il y a deux jours en raison de sa nationalité palestinienne…  l’œuvre ne suffit donc pas !


 


Je découvre en vous lisant que l’industrie du spectacle (achat d’œuvres, transformation, production et vente)  et Hollywood font dans les œuvres d’art !


 


La distance entre l’art et Hollywood est la même entre un bon repas méditerranéen et une lasagne au cheval
surgelé ! 


 


(…)

Edouard Lecèdre 23/02/2013 17:51


Bonjour à tous-toutes,


Quelques éléments pour, disons, recentrer le débat, ou le poser là où il n'a pas encore été assis.


Tout d'abord, en guise d'amuse gueule et à l'attention de Chahid : Non, un réalisateur n'est pas toujours l'instrument de son producteur. Des preuves ? eh bien présentons lquelques victorieux qui
ont fait plier le système : Stanley Kubrick, aujourd'hui Terrence Mallick ; JM Straub/D. Huillet...et même JL Godard d'une certaine façon. Présentons Orson Welles qui fut vaincu par le
système mais sans se renier, certainement pas en en devenant l'instrument ; au passage, pour Aline, Welles, acculé, dos au mur mais la rage de filmer toujours ausi intacte, trouva ses
financements parfois dans la mafia et les trafiquants les moins clairs. Cela en faisait-il un mafieux ? Plus proche, un certain FF Coppola, banni des studios, a lui aussi financé certains de
ses films grâce à la mafia. Doit-il monter sur le bûcher ? 


Cet hors d'oeuvre m'amène aux questions suivantes. Quand un écrivain rend un bon livre qui se fait éditer chez Hachette ou l'une de ses sucursalles, ouvrons-nous la porte d'entrée de la
critique du livre par le fait que Hachette est un marchand de canon ? Non, les vrais critiques littéraires analyseront littérairement le livre,
tandis que les mauvais parlerons du bonhomme (dont on saura qu'il a couché avec....) ; mais même les pires cornichons ne mentionneront pas le statut de l'éditeur. Quand un peintre ou un
sculpteur, ou un compositeur, ou un chanteur, ou un groupe de rock, ou encore un dramaturge, un metteur en scène, produit une création, les critiques concernés s'engouffrent-elles par cette
porte d'entrée bizarre qui consiste à dénoncer le mécène, le "producteur", l'industriel, le riche gentleman juif, ou normand, qui a aidé au financement de cette production ? Et de faire
uniquement que cela ? Eh bien non, là aussi, on s'intéressera à l'oeuvre, et les meilleurs critiques en parleront musicalement, art-plastiquement, scéniquement, voire philosophiquement.


Alors comment se fait-il qu'un film ne soit pas étudié D'ABORD filmiquement, cinématographiquement (devrais-je ici convoquer R. Barthes et les théoriciens du 7ème art ?). Comment se fait-il que
tout le débat porte sur les conditions de production ? Un film, désolé de le rappeller ici, est une oeuvre d'art et en tant que telle doit s'analyser artistiquement dans le langage qui lui est
propre. Si l'agencement des plans de Tarantino, sa grammaire cinématographique, ses choix de musique, de couleur, de raccords, de profondeur de champ, bref, tout ce qui fait partie de l'écriture
filmique, relèvent a minima d'une variation plus ou moins virtuose de ce qui fut déjà fait, le film doit être repéré comme signal singulier dans le champ de la création. Sinon si c'est
un recyclage plus ou moins malin de ce qui existe,Tarantino doit être qualifié de pitre ; et là seulement on peut s'intéresser à ses financements, son message idéologique etc... tout en
n'oubliant pas qu'agir ainsi, c'est sortir de l'analyse artistique et que ce phénomène ne se passe, bizarrement qu'avec le cinéma. 


C'est pour cela que j'estime que le texte de Georges est exactement dans le bon axe, et que ce qu'il dit est pertinent. Bravo pour ta cinéphilie. 

Catherine 22/02/2013 14:18





            Bonjour à tout le monde,


Je n’ai d’autre raison de mettre ici mon grain de sel d’ex-cinéphile à la retraite forcée que pour dire à quel point cet échange est
passionnant, même quand on n’a pas vu le film. Et qu’il est peu de sites où les commentaires sont de cette qualité.


J’en profite pour ajouter quelque chose sans rapport avec le sujet initial du débat : certains films sont de véritables bornes d’histoire
humaine et j’ai depuis longtemps la conviction qu’une Education Nationale digne de ce nom – où que ce soit dans le monde – devrait mettre au programme de ses écoles Les Rapaces
de von Stroheim.


Le message d’Aline m’a fait souvenir d’une projection, pour moi mémorable, qui s’est déroulée à la Cinémathèque (en 1955 ?) grâce à
l’UNESCO. Devant un très petit groupe de personnes dont j’ai eu la chance d’être, von Stroheim venait présenter une version rafistolée de son oeuvre, dont on avait par miracle retrouvé quelques
bobines. Non seulement le film était ce que savent ceux qui l’ont vu, le plafond de la Sixtine vandalisé du cinéma, mais von Stroheim lui-même valait qu’on se déplace pour aller l’entendre.
Pendant un temps que personne n’a vu passer, il a expliqué, d’une voix égale, comme distante, ce à quoi il s’était heurté, ce qu’avait été son exténuant et humiliant combat pour défendre pied à
pied chaque mètre de pellicule, et ce qu’il en était résulté. Jamais je n’ai vu, nulle part, exprimer d’un ton aussi détaché, une haine aussi froide, aussi irrémédiable. Nous en sommes tous
restés le souffle coupé, n’osant presque plus le reprendre, y compris Renoir, Rossellini et Bergman qui étaient présents.


Pour autant que je sache, il n’a jamais remis le pied à Hollywood, ni même, je pense, aux Etats-Unis. Sa carrière était finie. Il n’a plus
fait ensuite que des apparitions dans des films français. Certes, il avait la folie des grandeurs et a dû leur coûter fort cher, mais ils étaient vraiment très riches et ils ont dû dépenser
autant d’argent sinon plus pour Autant en emporte le vent où les machines de Cecil B. De Mille, et enfin, quand on a affaire à
un  génie, on ne mégote pas.


Mais pour moi, la raison de la destruction de ce chef d’œuvre n’a pas été seulement l’argent. Le charcutage des Rapaces
a été une vraie mise à mort de l’homme autant que de son film, et sans doute l’a été délibérément. Qu’est-ce qui les avait poussés à le financer ? Le sujet du roman leur était pourtant connu. Ont-ils nourri l’illusion que l’érotisme de von
Stroheim ferait diversion ? Peu importe. Le fait est que lorsqu’une œuvre d’art est subversive du pouvoir en place, elle est détruite ou mise à l’index et l’artiste est réduit en cendres,
comme on l’a vu par ailleurs pendant la période McCarthyste, où on a écrasé des mouches sur des vitres, à coups de masse de forgeron.


En  revanche : Aline parle du « messianisme » américain. C’est l’appellation
d'usage mais un faux-semblant commode, un alibi.  En fait, ce ne sont que les oripeaux sous lesquels se cache le moteur de toutes choses U.S.
:  greed (et appétit de pouvoir). S.M. Eisenstein a eu plus de chance,
comparativement, même si lui aussi… passons.


 

Georges Stanechy 22/02/2013 12:10


 


Bonjour Edouard


 


Merci pour cette filmographie, que vous proposez, complémentaire à ce "dossier" !


 


Je voudrais ajouter un autre film, injustement passé sous silence, dans le même registre de "l’exploitation humaine" et de
"l’esclavage"…


 


Présenté  à la « Quinzaine des Réalisateurs », à Cannes, il avait obtenu la
récompense ultime de la « Caméra d’Or » honorant le premier long métrage d’un metteur en scène. En l’occurrence : une réalisatrice.


 


Etrangement, ce film à sa sortie n’a pas bénéficié de l’imposant soutien médiatique, politique, institutionnel, comparable à celui de
Rachid Djaïdani. Il est vrai que dans le cinéma, comme partout ailleurs, il y a des phénomènes de mode…


 


Dommage, car c’est une œuvre magnifique.


 


C’est le film « Mon Trésor », mis en scène par Keren Yedaya.


 


Recevant sa récompense, Je me souviens, 
encore, de son remerciement. Ovationnée par une salle debout, très émue. Et, de sa dédicace : 


« Je voudrais dédier ce film, du fond de mon cœur, à tous les gens qui ne sont pas libres, à
tous ceux qui sont en esclavage. »


 


C’était en 2004…


 


Bien à vous


 





 

Aline 21/02/2013 20:14


Cher Georges, bonsoir,


Je ne voudrais pas trop doucher l’enthousiasme des cinéphiles, mais il me semble important de rappeler quelques vérités. Comme disait Malraux, « le cinéma est (aussi) une industrie ».
J’ajouterai qu’il est surtout une arme politique plus  efficace que le missile le  plus meurtrier.



Avant  de tourner le premier plan de son film, M. Tarantino s’est donc assuré de son financement par la Weinstein Company (TWC), fondée par MM. Robert et Harvey Weinstein.
Une rapide recherche sur le capital de cette société vous fait rencontrer Colony Capital, Tutor-Saliba Corporation , Morgan Stanley , Qatar Investment Authority et notre grand ami le Sheikh Hamad
bin Jassim bin Jaber Al Thani. Du beau monde n’est-ce pas pour lequel la valeur d’un film se mesure à la recette qu’il produit.   (Petite parenthèse hors sujet, mais amusante : la vente
des gladiateurs footballistiques par  Colony Capital  à  Qatar Investment Authority est donc une petite opération entre amis )



Celui qui paie commande, c’est la loi du commerce. Ainsi lorsque le fonds Rothschild finance le film d’Oliver Stone sur Kennedy (JFK), il serait puéril de s’étonner que les causes de son
assassinat tournent uniquement autour de la guerre du Vietnam et qu’il n’est pas fait la moindre allusion au combat de  Kennedy contre les privilèges des banquiers de la FED, et notamment
contre les Rothschild.



L’importance d’Hollywood dans la politique d’expansion de l’empire américain n’est plus à démontrer. Lorsque John Kerry, le  nouveau responsable de la politique étrangère proclame que
l’Amérique doit « propager la démocratie et les valeurs américaines dans le monde entier »  et donc qu’il convient  « d’ associer le reste du monde au choix que nous avons
fait", on voit immédiatement qu’il pense au véhicule le plus approprié à cet objectif, le cinéma.


 


L’image est le support du messianisme américain. C’est pourquoi, aujourd’hui, Hollywood est s’acharne aussi durement contre « l’exception culturelle » française.



La puissance financière, l’expansion politique et la conquête des cerveaux cheminent de conserve. C’est ainsi qu’au lendemain de la fin de la guerre, le gouvernement français de l’époque a vendu
l’âme de la France contre un plat de lentilles : MM. Léon Blum et Jean Monnet ont signé les accords connus sous le nom de Blum-Byrnes par lesquels  l’industrie
cinématographique hollywoodienne envahissait les écrans français en échange de l’effacement d’une partie de la dette de notre pays et d’un prêt à un taux qualifié de très avantageux. Résultat : 3
semaines par mois de diffusion de films américains et une semaine pour les films français .



 M. Truman à l’époque et M. Kerry aujourd’hui savent que le cinéma est l’arme par excellence du « soft power » et que la force de l’empire est tapie dans la diffusion de
l'American way of life. Et surtout, il convient d'imposer à l'univers tout entier le regard de l'Amérique.


Pour ce faire, Hollywood est beaucoup plus efficace que le Pentagone.C’est ainsi que les soldats Ryan et les listes de Schindler récrivent l’histoire et qu'à sa manière,  M. Tarantino figure
parmi la cohorte des valeureux petits soldats  de l’empire.


Amitiés

Chahid Slimani 21/02/2013 17:40


(suite du commentaire)


 


- « (…) parce qu’elle reprend la succession de son frère ! (…) Quand il l’abat, il abat cette incarnation… »



 


Idem pour « l’atroce mise en scène de la fin de Kadhafi » (un lynchage barbare orchestré par
la France de Sarkozy que je dénonce vivement, tout en ne versant aucune larme sur ce dictateur aussi barbare) et ses fils qui auraient repris la succession de leur père !


 


J’ai entendu des généraux et propagandistes américains dire la même chose sur Saddam et ses fils. Ils ont parlé aussi
d’ « incarnation du mal » …


 


Je te rappelle que cette scène atroce, injustifiable, inutile et esthétiquement laide (le coup de feu fait voler la femme !!!) se déroule comme toutes les autres à la veille de la guerre de
Sécession et de la « vague abolitionniste » (en Europe aussi) , Quentin Tarantino aurait pu ouvrir une parenthèse « philosophique » (les Lumières) et laisser venir la
« justice institutionnelle »,  croire en l’humanité avant tout (je deviens risible chouia !), mais  il choisit de répondre au feu par le feu, la vengeance aveugle et absurde (Gandhi). Absurde quand on connait la vraie puissance de feu des blancs à l’époque
(aujourd’hui encore d’ailleurs). 


 


La présentation compréhensible que tu fais de l’œuvre de Quentin Tarantino, symbolise avant tout une liberté d’expression tant
soupçonnée inexistante aux Etats-Unis et à Hollywood !   Quentin Tarantino bénéficie ainsi de la réussite du pardon et de la coexistence
entre ethnies aux Etats-Unis mais pas de l’émancipation violente de Jamie Foxx !


 


J’avais mis sur ma page facebook cette vidéo sur les scènes de violence dans les films de Tarantino… du sang qui gicle, des têtes qui
volent…. si on dénonce la violence par de telles scènes, l’industrie pornographique dénoncerait alors les pervers ! 


 


Des films sur le combat de Malcolm X, Mohamed Ali et les autres sont les vrais chefs-œuvre sur le travail de mémoire, sur
l’émancipation dans la douleur et la dignité.


 


En Afrique des films sur Frantz Fanon, Lumumba, Sankara, El
Khattabi, Al-Mokhtar et les autres sont à saluer et encourager…


 


Mais pitié cher Georges sans faire éclater la tête d’un colon blanc, il n’y a rien dedans !


 


(je viens de voir Promised Land de Gus Van Sant et Matt Damon… un film cinglant à voir absolument sur
l’Amérique en crise et les ravages des multinationales de Gaz etc.) 


 


Amitiés

Chahid Slimani 21/02/2013 17:35


Bonjour cher Georges


 


Un plaisir pour moi aussi d’échanger avec le cinéphile passionné que tu es. Je savoure avec tes lecteurs cet excellent millésime
(cinématographique) dont tu nous gratifies !


 


- « Tarantino défend des valeurs universelles »…


 


J’aimerais bien le croire, mais je repense à Kill Bill et ses robinets de sang… et je ne vois que 333 108 506 $ dans la poche de Tarantino et son producteur!


 


« universelles » peut-être au sens où l’entend son producteur de toujours Lawrence Bender, qui a été la première personne
juive à lire le script de Inglourious Basterds : « En tant que fan, je vous remercie. En tant que producteur, je vous remercie. En tant que membre de la communauté juive, je vous
remercie ».


 


Un réalisateur est avant tout l’instrument de son
producteur !


 


Je sais que tu sais que Lawrence Bender est un inconditionnel d’Israël, puissance qui occupe la Palestine que soutient Vanessa
Redgrave…


 


Après sa visite en Israël Lawrence Bender déclare : « I’m
sort of embarrassed that I’ve never been to Israel, because as a Jewish person, I feel, how could you not go to Israel at least once in your life (…) Nobody realizes how badly the Israelis are
suffering (…) Obviously the Palestinians are suffering — but people need to understand that Israel needs help» (lire Hollywood Celebrities Slow To Mobilize in Support of
Israel)


 


(…)

Edouard Lecèdre 21/02/2013 12:20


Je verse au dossier de cet intéressant échange cinéphilique deux films largement criticables mais dont il serait pertinant de mettre dans une sorte de rapport dialectique avec le film de
Tarantino. Il s'agit de "Amistad" et de "La couleur pourpre" de ce cher Spielberg, traitant de façon américaine, du racisme US/noirs. Sur le sujet du racisme, traité au cinéma, je ne peux
que renvoyer au petit film, mais grande d'une très grande intelligence, de Rachid Djaidani "Rengaine", qui d'une part possède une véritable écriture filmique, et d'autre part démontre que le
racisme ne se réduit pas au sempiternel rapport blanc/noir. Cordialement

Georges Stanechy 21/02/2013 06:58


 


(Suite 2/ Cher Chahid)


 


Tu es partisan d’une représentation « aseptisée » de la guerre et des souffrances infligées par une partie de l’humanité contre
l’autre…


 


Pourquoi pas ? Toi, qui aimais tant Goya !… J’en suis surpris.


 


Goya a témoigné des horreurs de
la guerre en Espagne, commises par les troupes françaises et leurs « collabos ». J’espère qu’un jour le cinéma Africain sera en mesure, ne serait-ce que pour l’éducation de sa jeunesse,
de réaliser des films comme Django avec la rage d’un Goya.


 


Il ne s’agit pas de le faire dans un esprit de vengeance, mais pour que cela ne se reproduise plus. Pour rendre hommage à la souffrance de
ceux qui ont désespéré et de ceux qui se sont révoltés. Ce devoir de mémoire est indispensable pour préserver « La Dignité Humaine ».


 


Je trouve pathétique que des pays Africains soient incapables actuellement de trouver les financements nécessaires pour faire revivre dans
des films les pans entiers de leur histoire : des plus sombres aux plus glorieuses. Un jour l'Afrique réussira, à le faire. Comme la Chine, le Vietnam et d’autres l’ont fait et
continuent.


 


Ce jour-là sera le signe de sa véritable indépendance : "l’indépendance culturelle" étant la source de toutes les autres.


 


Amitiés


 



Georges Stanechy 20/02/2013 23:26


 


(Suite 1/ Cher Chahid)


 


Pour la petite histoire, précisons que Franco Nero est marié à la grande actrice britannique
Vanessa Redgrave.
Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, il s’agit d’une femme hors du commun, en plus de son immense talent au théâtre comme au cinéma, connue pour son courageux et indéfectible soutien au Peuple
Palestinien ! Ils ne sont pas nombreux dans le milieu du cinéma… Et, en conséquence, diffamée en permanence par les fanatiques sionistes.


 


Tarantino, “machiavélique” et
soutien occulte au lobby des ventes d’armes sur le sol américain ? Je ne partage pas ce soupçon. Au contraire, toute sa filmographie est le témoignage d’une dénonciation constante de la
violence et de la folie des hommes.


 


Contrairement à ceux que tu cites : un George Clooney ou une Natalie Portman (que j’ai beaucoup aimée dans le film qui l’a révélée au cinéma : “Léon”) qui sont des « militants », des
« activistes », sous des abords policés et glamours, soutenant guerres civiles (partition du Soudan, etc.) et spoliations, dans l’hystérie raciste ou islamophobe… Libres à
eux !


 


Là, nous ne sommes pas dans « l’intention supposée », la « suspicion »,  la « présomption ». Nous sommes devant la réalité, brutale, indéniable, des faits. Eux, alimentent, enflamment, une vision du monde fondée sur une
idéologie partisane et antagoniste à l’encontre d’autres peuples et croyances.


 


Tarantino défend des valeurs universelles.


 


C’est toute la différence, et la confusion est impossible.


 


J’invite à lire le très bel hommage que lui rend Claude Ribbe sur son site, dans un article
intitulé :


« Django Unchained
de Tarantino, magnifique hommage aux Dumas ».


 


Je rappelle que Claude Ribbe est un grand combattant, en France, contre le racisme, pour la
cause Noire et la reconnaissance par notre pays de son implication dans le colossal trafic d’esclaves qui l’a enrichi ainsi que toute une caste (Bordeaux et Nantes lui doivent leurs plus beaux
bâtiments…).


 


J’extrais une citation de cet article :


« … le meilleur film jamais réalisé jusqu’à présent sur l’esclavage. Tarantino a placé la
barre très haut. D’autres films suivront.


Et ceux qui les feront devront tous quelque chose à ce réalisateur bizarre : un tiers italien,
un tiers irlandais, un tiers Cherokee.


Mais en réalité, il faut bien le reconnaître, nègre au plus profond de lui-même. Il n’y a pas un
soupçon de racisme chez cet humaniste et c’est tellement rare. »


 





 

Georges Stanechy 20/02/2013 23:25


 


Cher Chahid, Bonsoir


 


Quel dommage de ne pas avoir vu le film ensemble !


 


Nous aurions échangé nos impressions toute une soirée, autour d’un bon verre de thé, sans nous faire couper tous les trois paragraphes par
le serveur "overblog" qui vient, apparemment, de raccourcir la longueur des commentaires. Nous obligeant à une gymnastique de saucissonneur… Les pingres !


 


Car, c’est un réel plaisir d’échanger avec le cinéphile que tu es !


 


Sur les détails de l’intrigue :


i) Je reprends ta question (avec tes propres soulignements) :


« Pourquoi à ton avis Quentin Tarantino laisse-t-il le personnage de Jamie Foxx abattre à la fin la sœur de DiCaprio, pourtant une femme sans défense ? »


Réponse : Tout simplement parce qu’elle reprend la succession de son frère !


C’est-à-dire : « Le Pouvoir Raciste». Avec l’argent et la violence de l’arbitraire, de la répression et de la souffrance
infligée.


Sa première décision est d’envoyer Django, avec trois autres esclaves dans une cage en fer,
vers une mine où l’attendent les pires exactions dont le détail lui est donné avec délectation par « Le Collabo ». Au menu, dès que les
rendements diminuent : langue arrachée, membres coupés, etc.


Comme toutes les femmes de pouvoir que nous connaissons (par charité nous tairons les noms), leurs mains ne tremblent pas dès lors qu’il
s’agit d’envoyer à la mort, de plonger dans la destruction, les pires tourments, des centaines de milliers d’enfants, des peuples, des pays, des régions…


Loin d’être « sans défense », ces femmes représentent en réalité : « L’Ange de la Sauvagerie et de la Mort ».
Quand il l’abat, il abat cette incarnation…



ii) Je reprends ta question, au sujet du combat entre les deux lutteurs dans le salon du bordel de La Nouvelle-Orléans :


« Mais ne vois-tu pas cher Georges l’autre hôte présent dans le salon et son accent, parabole
d’un Russe ? »


Sur le fond, loin de moi d’exonérer les déprédations et spoliations de l’Empire Russe au XIX° siècle en Asie centrale ou en Chine, ou en
Afghanistan au XX° siècle. Mais, pour le moment, force est de constater (au grand mécontentement des russophobes…) que la Russie donne l’image de la pondération, n’occupe aucun pays et ne drone
personne au quotidien.
Le personnage auquel tu fais allusion est un clin d’œil de Tarantino au western culte Django de Sergio
Corbucci (sorti en 1966 !), dont il a repris le titre pour son film, avec une trame totalement différente.


Il a invité, pour une apparition (caméo, comme on dit dans le métier), celui qui l’incarnait à l’époque, le célèbre acteur italien Franco Nero. Ce qui donne l’occasion d’une scène amusante, où Jamie Foxx apprend à Franco Nero comment s’épelle et se prononce Django !...


 



Chahid Slimani 20/02/2013 17:00


(suite du commentaire)


 


Sur le concept d’« œuvre »…


 


Je crois que le but et le génie de toute œuvre est de stimuler l’imagination de chacun, alimenter un débat (notre débat) et souvent
créer la polémique. La polémique devient aujourd’hui une technique efficace de marketing…


 


« Faut-il « disqualifier » une œuvre (…) ou son appartenance à un milieu ? »


 


Et pourtant George Clooney, Natalie Portman et d’autres ont signé de magnifiques œuvres parfois « engagées » mais nous les
avons quand même « disqualifiés » sur ce même blog (Darfour, Israël etc.)


 


« Une scène terrifiante (…) un combat à mort entre deux lutteurs africains (…) Parabole de ces guerres civiles (…) On y voit
DiCaprio »


 


Mais ne vois-tu pas cher Georges l’autre hôte présent dans le salon et son accent, parabole d’un Russe ?


  


Les Africains, les Arabes etc. s’entretuent avec des armes occidentales et russes. Russes et Occidentaux raflent la mise
à la fin !  


 


Enfin, des derniers films, je préfère Happiness Therapy de David O. Russell… Émouvant et aucune goutte de sang !


 


Amitiés

Chahid Slimani 20/02/2013 16:55


Bonjour cher Georges


 


Je suis tout à fait d’accord avec toi, il faut avant tout apprécier une œuvre pour ce qu’elle est. Le diable des détails
attendra !


 


Mais je pense aussi qu’il faut mesurer le vrai impact de ce film sur les familles « blanches » américaines (nous avons tous
des amis américains et nous lisons tous des sites et blogs américains…), j’ai comme l’impression, et je ne suis pas le seul, que Quentin Tarantino, machiavélique, s’invite ainsi indirectement au
débat sur les armes, préparant l’américain blanc au retour et à la vengeance de l’homme noir… Nous savons tous que le nombre des milices aux Etats-Unis ne cesse d’exploser.


 


Pourquoi à ton avis Quentin Tarantino laisse-t-il le personnage de Jamie Foxx abattre à la
fin la sœur de DiCaprio, pourtant une femme sans défense ?


 


Je crois que Quentin Tarantino ne vise qu’à faire éclater et alimenter atrocement la conviction de tous les extrémistes
blancs (dont Breivik): « s’ils s’échappent de votre joug, ils vous tueront tous ». Une « thèse » qui dessert les autres aussi, sud, Palestine, Iran etc.  


 


En réalité, on ne fait que radicaliser et fanatiser encore plus les Français et les Européens quand on leur demande de
demander pardon aux Africains et aux Maghrébins de plus en plus nombreux et présents sur le continent européen… un Django Unchained version africaine ne ferait que rendre le raciste
européen plus raciste encore… tu sais très bien de quoi je parle !  


 


Nous avons le droit de dénoncer les ravages de l’Occident au sud, mais je préfère le faire sans effusion de sang, dans la réalité
comme dans la fiction.


 (…)


 

Georges Stanechy 20/02/2013 14:28


 


(Suite/ Cher Chahid)


 


Exemples :


 


Dans Pulp Fiction, le tueur à gages, joué par Samuel
Jackson, récitant des passages de La Bible au moment de l’exécution de cibles qui ne sont souvent que des ados paumés et sans défense, est une dérision de ces pilotes de bombardiers (j’ai vu
un documentaire atterrant sur des femmes françaises pilotes de bombardiers en Afghanistan, et « fières » de leurs missions…) ou de drones qui massacrent en exécutant des ordres tout en
allant aux offices religieux, la Conscience en paix…


 


Ou encore, dans Inglourious Basterds que tu cites, j’y vois personnellement une ravageuse
dénonciation des horreurs de la guerre. Où, quels que soient les camps auxquels ils appartiennent, les humains se livrent aux pires atrocités. Les chasseurs de nazis se révélant aussi sadiques et
sanguinaires que leurs cibles…


 


Sincèrement, je ne vois pas en quoi Django Unchained serait raciste. Je l’ai vu en version
originale, Tarantino y dénonce le racisme, l’exploitation de l’homme par une « race supérieure », en rappelant ce que cela représentait au
quotidien dans les plantations de coton. La « violence » de certaines scènes (discours, actes ou situations) n’étant pas gratuite, mais fondée sur des faits compilés dans une rigoureuse
documentation historique.


 


Mais, tout est relatif et comme le chante magnifiquement Claude Nougaro :


« Sur l’écran noir de mes nuits blanches, je me fais mon cinéma… »


 


Amitiés


 



Georges Stanechy 20/02/2013 14:23


 


Cher Chahid, Bonsoir


 


Faut-il « disqualifier » une œuvre alors qu’elle nous incite à réfléchir, remettre en cause, élargir nos horizons, au motif que
son auteur serait suspect, ou coupable, d’un quelconque déviationnisme, sacrilège ou blasphème, par ses propos ou son appartenance à un milieu ?...


 


En tant qu’éminent pénaliste et attentif aux Libertés Publiques, tu sais combien la frontière
est floue entre "procès d’intention" et "diabolisation"… Pente savonneuse, qui nous entraîne inévitablement aux cas emblématiques de Céline ou
d’Heidegger…


 


Dont de puissants lobbies veulent faire interdire les œuvres, du moins faire en sorte de les jeter aux oubliettes en expurgeant fonds de
bibliothèques et maisons d’édition, livres et programmes d’enseignement, etc. Les mêmes, notons-le, qui n’arrêtent pas d’invoquer "Liberté",
"Démocratie", "Libre Expression", à tous vents et à toutes caricatures…


 


J’en conviens, Hollywood (en résumé : l’industrie du cinéma occidental avec ses circuits de distribution) est une énorme machinerie au
service de l’idéologie dominante.


 


Les prochains Oscars vont, on le sait déjà, encenser des films parfaitement dans la ligne du parti unique. Culte des personnalités, ou des
mythiques champions de La Liberté, de La Démocratie et de L’Héroïsme… :


 


=>
Lincoln, réalisé par Spielberg… Un film où j’ai failli partir au bout d’une heure, tellement
je m’y suis ennuyé. Malgré la belle performance d’acteur de Daniel Day-Lewis. J’ai réussi à tenir les 2h30 de projection, grâce à la personne qui
m’accompagnait et s’était endormie…



=> Argo, réalisé par Ben Affleck (coproduit par George Clooney…),
outrageusement Iranophobe. Tout est dit.



=> Zéro Dark Thirty, avec pour thème la traque d’OBL par les américains, réalisé par
Kathryn Bigelow (dont j’avais beaucoup apprécié le film Point Break, sorti en 1991 avec le regretté
Patrick Swayze sur
le milieu des surfeurs californiens).
Entre autres joyeusetés, le film y fait l’éloge de la torture, notamment le waterboarding infligé à 183 reprises au Pakistanais Khalid Cheikh
Mohammed. Accréditant la thèse que c’est cette technique qui a permis l’élimination d’OBL. Sous-entendu : « Voyez combien c’est
efficace !... ». Alors que toute la communauté du renseignement (du moins la "sérieuse") sait qu’OBL est décédé de mort naturelle, il y a plusieurs années, étant grandement
affaibli et sous-dialyse au moment de l’invasion de l’Afghanistan.


 


Kathryn Bigelow, très liée,
depuis quelques années, au lobby militaire/­renseignement, exploite avec succès le filon de la célébration, ou de la glorification, de l’armée US. Elle avait déjà, en 2009, amassé un beau magot
(et un camion de prix et récompenses…) grâce à son film Démineurs (The Hurt Locker) sur les héros US en
Irak …


 


On notera que réalisateurs, attachés et dossiers de presse, sont étonnamment muets sur les producteurs, malgré les habituels camouflages des
sociétés prête-noms…


 


Tarantino, par rapport à ce gigantesque système normalisateur, demeure un des rares « subversifs »… Son humour, potache,
caustique, déjanté, lui permet de passer entre les mailles du filet. Visitant tous les genres cinématographiques (film de guerre, policier, horreur, comédie, western, etc.), il les renouvelle en
leur donnant du « sens ». C’est en cela que je lui tire ma casquette de rappeur…


 

Chahid Slimani 19/02/2013 23:29


Bonjour cher Georges


 


Django Unchained, est un film qui me laisse un peu perplexe !


Magnifique et poignant, certes, violent, trop violent même, mais son réalisateur Quentin Tarantino, me pose problème. Je
ne fais pas confiance à ce genre de réalisateurs, c’est un faux dévot ou militant, rappelle-toi son dernier Inglourious Basterds etc.    


 


À ton avis, peut-on dénoncer le racisme par du racisme ?


 


Dans Lawrence d'Arabie, David Lean fait dire à Peter O'Toole « vous les Arabes vous êtes un peuple sale de voleurs etc. »
pour les encourager à se révolter …


 


Quentin Tarantino, met entre deux mots de ses personnages « sale nègre » (les fans ont
compté 110 fois où le mot « « nigger » a été utilisé)  pour encourager les esclaves à se révolter…


 


Quentin Tarantino est un homme très bien intégré dans l’industrie du spectacle qui est tout sauf morale. D’ailleurs avec
la Weinstein Company ils sont en train de commercialiser une série de petites statuettes collectors à l’effigie des personnages principaux du film. Que du business !   


 


Après la génération Obama, assez complaisante artistiquement, Quentin Tarantino ressuscitera  les vieux démons de l’Amérique et du monde raciste de Frank Miller (son 300 réalisé par Zack Snyder)…


 


Mais comme tu dis, en attendant, il faut voir ce film, « dans une haletante métaphore, vous y vivrez un moment d’Afrique, ses
drames et ses espoirs ».


 


Amitiés