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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
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Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
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Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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.  Injures

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Avertissement

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Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 23:10

 

 

« Parfois des territoires nous reviennent quand nous partons en guerre pour une sainte cause. A chaque fois, j’en ai la certitude, le drapeau de la liberté flotte au dessus d’eux et leurs peuples sont comblés de bienfaits. »

William McKinley – Président des USA  (1897 - 1901) (1)

 

 

 

Philippines, aux 7.107 îles… Aux 200 volcans, dont 22 en activité. Saupoudrés sur 1.700 km du nord au sud et 750 km d’est en ouest. Flore et faune exceptionnelles, dans des paysages paradisiaques aux populations d’une gentillesse extrême. (2)

 

Une centaine de millions d’habitants aux dialectes si nombreux, plus de 170, qu’ont été inscrites dans la Constitution politique deux langues officielles, traduisant l’évolution de son douloureux destin colonial : l’anglais, après élimination de l’espagnol, et le Tagalog, dénommé officiellement “Filipino”. (3)

 

Philippines-map

 

Le responsable du gouvernement de notre pays, Jean-Marc Ayrault, vient d’y effectuer un séjour de trois jours : « son premier voyage hors d'Europe en tant que Premier ministre ». Du 18 au 21 octobre. Avec un crochet par Singapour, Cité-Etat de 5,5 millions d’habitants entassés sur 700 km²…

 

Considérés comme des « pays de grande vitalité économique sur lesquels la France veut s'appuyer pour combler l'important déficit de son commerce extérieur ». Avec pour symbole, la signature d’un contrat de vente du consortium européen Airbus de 10 avions à la compagnie nationale Philippines Airlines (PAL), pour un montant de 2,5 milliards d’euros. (4)

 

Déplacement d’une étonnante discrétion, toutefois.

 

Habituellement, toute visite officielle d’un chef de gouvernement de notre république dans un pays étranger, en dehors de l’Europe et des pays « occidentaux » ou « vassaux », est précédée d’une intense campagne de nos médias, avec tambours et trompettes, sur les leçons de démocratie et des droits de l’Homme que notre pays, drapé dans sa Bonne Conscience, ne manquera pas d’adresser à son hôte.

 

Là : silence…

 

Alors que les Philippines figurent parmi les pays les plus corrompus de la planète, aux mains d’une caste au pouvoir d’une poignée de familles, aussi richissimes que féodales, se déchirant dans des coups d’Etat, des vendettas (les ridos en dialecte local), ou se cooptant dans des élections truquées. Depuis des décennies, si ce n’est des siècles. Parmi les plus violents, en termes d’injustice sociale, maintenant dans une misère abjecte des dizaines de millions d'habitants.

 

slide-Philipino Child

Désespoir dans les rues de Manille

 

 

Cinq siècles de colonisation

 

Pourtant, n’ayant connu que la colonisation occidentale, espagnole puis américaine, voilà un pays qui devrait être un paradis sur terre…

 

L’explorateur portugais Fernand de Magellan y a accosté le 16 mars 1521 et y mourut le 27 avril plus tard dans un combat face aux guerriers du roi de l’île Mactan (rattachée, à présent, par un pont à l’île de Cebu), Lapu-Lapu considéré comme le premier héros de l’indépendance du pays, qui refusait de se soumettre au représentant du roi d’Espagne.

 

Malgré une résistance héroïque, la pression militaire de troupes équipées des plus puissantes forces navales de l’époque, d’armes à feu et de canons, l’emporte. En 1565, l’archipel est officiellement intégré à l’Empire espagnol qui lui donna son nom en l’honneur de l’empereur Philippe II.

 

Colonie rattachée administrativement à la vice-royauté du Mexique, les mouvements d’indépendance d’une population traitée en serfs ou en esclaves, hormis les « collabos » qu’engendre toute colonisation, n’ont jamais cessé.

 

Résistance s’amplifiant à partir du XIX° siècle, sur fond de sauvages répressions, avec celui qui est devenu une icône nationale, le poète et écrivain José Rizal. Fusillé par l’occupant espagnol en 1896, à l’âge de 35 ans, à la suite d’un enlèvement alors qu’il se rendait à Cuba en bateau, et d’un simulacre de procès pour « rébellion ». Schéma classique…

 

José Rizal  était issu d’une riche famille métissée chinoise et tagalog. Il n’a jamais cessé d’exercer son métier de médecin et chirurgien ophtalmologue (il voulait rendre la vue à sa mère devenue aveugle) après s’être formé dans les meilleures académies de médecine de l’époque : Madrid, Berlin, Paris. Il se mettra au service des populations sans ressources. Fondant des écoles, créant des domaines agricoles pour les paysans sans terre, enseignant langues et techniques agricoles.

 

L’oligarchie locale et les autorités coloniales ne lui pardonneront jamais son choix :

« Je me trouverai du côté des Philippins opprimés, parce qu'avant tout je préfère succomber pour les droits des bafoués de l’humanité que triompher pour les intérêts égoïstes d’une nation… » 

 

Débordant d’activité et de curiosité intellectuelle, voyageant au Japon, en Chine, s’initiant aux arts martiaux. Il est un des plus éminents linguistes de son temps, maîtrisant 23 langues. Ses romans écrits en espagnol, après avoir été longtemps interdits par le colonisateur puissamment soutenu par la hiérarchie de l’Eglise dont il critiquait les abus en tous genres (y compris sexuels…), sont reconnus à présent comme des chefs-d’œuvre du castillan. Notamment : Noli me Tangere (traduit sous le titre : N'y touchez pas), qui est un des surnoms du cancer des yeux, et El Filibusterismo (traduit sous le titre : Révolution aux Philippines).  


Philippines-Jose rizal 01

José Rizal

 

José Rizal était un adepte de la "révolution silencieuse". La plus puissante, la plus inexorable : la lame de fond. Qui prend tout son temps pour lever, accumuler sa force. Refusant le recours aux flambées de révoltes armées et sans cohésion, faciles à écraser par les oppresseurs, qui ne souhaitent que cela.

 

Ses armes étaient redoutables d’efficacité, dans une perspective à long terme : l’éducation, le savoir, la connaissance, la maîtrise des techniques et des langues.  Forgeant des hommes libres, imperméables aux propagandes et diabolisations, sûrs de leurs droits et intraitables quant au respect de leur dignité. Sa devise :

« Il n'y a pas de tyrans là où il n'y a pas d'esclaves ».

 

L’administration coloniale ne s’y trompait pas, craignant la force de ses idées, son charisme, ses exemples de réforme et de gestion sociale. Jusqu’à la hiérarchie catholique en charge de l’éducation qui réservait l’enseignement de la langue espagnole à une "élite" soigneusement sélectionnée en fonction de critères raciaux et de niveaux de richesses, surtout immobilières : priorité aux colons espagnols et aux riches familles métissées avec eux.

 

José Rizal, proposant un contre-exemple de cette "féodalité maître-esclave", devenait l’homme à abattre.

 

Comme toujours, rien n’a changé de nos jours, une puissance coloniale, impériale, pense conforter la pérennité de sa prédation par l’assassinat de ceux qui ne partagent pas son idéologie. Mais, assassiner une intelligence de cette envergure n’est que le symptôme de l’aveuglement forcené d’un colonialisme se refusant à toute évolution historique. Résultat : la résistance à l’oppression redoubla…

 

Deux ans plus tard, l’Espagne était contrainte de céder les Philippines aux USA, en même temps que Guam et Porto Rico, suite à la guerre hispano-américaine de 1898. Sa colonie de Cuba obtenant une indépendance de façade pour, en fait, passer sous le contrôle des USA.

 

La fin de l’occupation espagnole fut accueillie avec joie par la résistance du pays. Certains de ses responsables, en particulier Aguinaldo, souhaitaient l’intervention américaine. Mais, ils n’avaient pas anticipé le cynisme des puissances coloniales. Comme dans la fable, c’est le chat Grippeminaud qui empoche la mise : l’appareil colonial des USA succédant à celui de l’Espagne. Encore plus méthodique de férocité…

 

 

D’un génocide colonial à l’autre

 

Les révolutionnaires Philippins proclamèrent, le 12 juin 1898, l’indépendance de leur nation. Assurés des promesses formulées par les américains pour les soutenir. Découvrant, soudain, qu’il ne s’agissait que de mensonges : confrontés aux débarquements de troupes et à une volonté inflexible de s'emparer du pays. Ce fut la mise à feu de la guerre américano-philippine.

 

Officiellement, elle dura de 1899 à 1902. Les USA prononçant unilatéralement, en 1901, la dissolution de la première, et brève, République des Philippines. En fait, les derniers combats de cette guerre ne s’achevèrent qu’en 1913.

 

Ce fut une des guerres coloniales les plus atroces, meurtrières, dévastatrices, de l’histoire du colonialisme.

 

Dans un racisme effroyable de sauvagerie. Les Philippins étant traités de "nigs", abréviation de "niggers", au sens péjoratif de "nègres". Manifestation spontanée de  l’inconscient collectif des dirigeants américains de l’époque encore adeptes de l’apartheid, malgré la Guerre de Sécession ; imbibés d’un implacable mépris envers les populations non-blanches, tout particulièrement les Afro-Américains. Détestation élargie à d’autres populations "colorées" (coloured) : Amérindiens, Latinos, etc.…

 

Plus de 3 millions de Philippins furent exterminés, soit dans des combats, soit dans des camps de concentration, véritables camps de la mort. Les « Banlieues de l’Enfer », comme se plaisaient à les présenter leurs geôliers. Sans distinction de sexe, ni d’âge. Où, ils furent internés pour y mourir de faim ou de maladie, typhus et choléra en majorité, forme de guerre bactériologique qui ne disait pas son nom. (5)

 

Villages rasés, habitants massacrés, hommes, femmes, enfants. Des centaines d’Oradour-sur-Glane. Récoltes incendiées, bétail et animaux domestiques systématiquement abattus, dans une tactique de la terre brûlée. Evidemment, usage généralisée de la torture, tout particulièrement le waterboarding pour « faire parler » les résistants…

 

Sous les ordres d’authentiques criminels de guerre, formés dans les expéditions génocidaires contre les amérindiens d’Amérique du nord.

Tels le général J. Franklin Bell, à l’origine de l’emploi  méthodique du waterboarding, qui a reconnu que 600.000 civils avaient été massacrés dans la seule île de Luzon sous ses ordres. (6) Ou encore, le général Jacob H. Smith, ordonnant le massacre des habitants de l’île de Samar, avec son ordre célèbre : "Kill Every One Over Ten" (tuez tous ceux de plus de 10 ans) :

« Je ne veux aucun prisonnier. Je veux vous voir tuer et brûler, plus vous tuerez et brûlerez et plus je serai satisfait. Je veux que soit tuée tout personne en mesure de porter les armes dans les combats actuels contre les Etats-Unis ». (7) 

 

Phillipines-USA War-AtrocitiesAdultes et enfants fusillés

 

Les Philippins résistèrent jusqu’à l’extrême dans une guérilla acharnée, désespérée, héroïque. Sans moyens, ni approvisionnements en armes et munitions, encore moins en médicaments, l’archipel étant sous blocus maritime. Se battant à mains nues, avec machettes, arcs et flèches, en dernier recours.

 

Leur cause était perdue. Leur combat pour l'indépendance de leur pays était mal vu des autres puissances coloniales, dans une solidarité de prédateurs. Et, pratiquement inconnu de l’opinion publique internationale du fait d’une étroite censure et d’une pression permanente sur les militaires qui dénonçaient les atrocités dont ils étaient témoins ou acteurs (certains s’en vantaient…) dans le courrier adressé à leurs familles.

 

Quelques journalistes et intellectuels américains essayèrent de mobiliser l’opinion, en vain. Occasion de rendre hommage à Mark Twain qui exprima, en termes mesurés, son opposition à cette guerre coloniale :

« Je ne comprends pas, et n’arrive pas à saisir les origines de notre antagonisme envers les Philippins. Je pensais que nous devions agir en tant que protecteurs – et non pas essayer de les mettre sous notre botte. Nous devions les aider à se débarrasser de la tyrannie des Espagnols afin qu’ils choisissent leur propre mode de gouvernement, et nous devions les soutenir dans leurs efforts… » (8)

 

Un des derniers grands chefs de la résistance, le général Macario Sakay, tomba dans le piège tendu par l’armée américaine. Il fut invité, avec ses principaux lieutenants, à négocier la paix et l’instauration d’une république indépendante. L’amnistie, pour lui et ses hommes, avait été garantie par le Gouverneur général des Philippines Henri Clay Ide. Ils furent tous arrêtés à la faveur d’un banquet organisé pour “fêter la réconciliation”.

 

Pour contourner l’amnistie accordée dans le cadre d’un conflit armé, les occupants utilisèrent une loi taillée sur mesure : le général Macario Sakay fut pendu en 1907 pour « banditisme ». Les Borgia n’auraient pas imaginé mieux !...

 

Depuis les années 2000, le génocide des Philippins lors de la conquête américaine commence à être progressivement mieux étudié, malgré la destruction des archives militaires et l’obstruction des milieux politiciens ou académiques et, de ce fait, mieux connu. Aucun Etat au sanguinaire passé colonial, il est vrai, n’échappe à cette volonté d’occulter ses massacres, offrant de multiples exemples : France, Grande-Bretagne, Portugal, Espagne, Italie, Hollande, Allemagne, Belgique et d’autres encore…

 

A noter le réflexe immédiat du conquérant colonial : imposer sa langue en tant qu’instrument privilégié et indispensable pour accéder à toute responsabilité politique. Le formatage des nouveaux dirigeants Philippins, sous la domination des USA, se fit dans le cadre d'un programme de « déshispanisation » méthodique. L’asservissement passant par l’imposition d’une langue.

 

L'intellectuel et écrivain, à la double nationalité philippine et américaine, San Juan E. Jr., tout en souhaitant un développement de ces recherches, en résume lucidement enjeux et obstacles dans un article, publié en 2005,  qui lui a fermé les portes de beaucoup d’institutions universitaires américaines (9) :
"US Genocide in the Philippines – A Case of Guilt, Shame, or Amnesia ?"
(Le génocide des USA aux Philippines - Un Cas de Culpabilité, de Honte ou d’Amnésie ?)

 

Article dans lequel il rappelle que l’ONU, en 1948,  avait défini le génocide dans la "Convention sur la Prévention et la Sanction du Crime de Génocide" (“ Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide”) comme des actes :
 « … commis avec l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux ».
(“… committed with intention to destroy, in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group.”)

 

S’en suivit une trentaine d’années de terrible occupation, au cours de laquelle le colonisateur pris soin de maintenir la population dans le sous-développement. Veillant à ce qu’aucune "élite" civile ou militaire ne soit formée, à part les héritiers des familles milliardaires agissant en fondés de pouvoir des autorités coloniales. Afin qu’aucune velléité d’indépendance, aucune insurrection, ne puissent surgir à nouveau.

 

Ce furent les japonais qui surgirent en 1941, nouvel envahisseur, pour prendre le total contrôle de l’archipel en 1942. Provoquant la débandade de l’occupant américain avec la fuite éperdue et nocturne en Australie du général Douglas Mac Arthur, gouverneur militaire. Abandonnant ses troupes sur l’île de Corregidor, à leur reddition et leur internement, barbare, par les Japonais.

 

La reconquête des Philippines achevée avec la chute du Japon, les américains décidèrent d’accorder l’indépendance aux Philippines le 4 juillet 1946.

 

Indépendance de façade, évidemment.

 

Les Philippines restent une “colonie de fait” des USA. Une des plus étroitement contrôlées en raison de sa position stratégique sur les voies maritimes des approvisionnements (énergétiques, surtout) et du commerce de la Chine.

 

Contrôle illustré par le maintien, entre autres, d’une des ses plus gigantesques bases aéronavales dans le monde, jusqu’en 1991 : U.S. Naval Base Subic Bay, dans l’île de Luzon. Très active pendant la guerre du Vietnam, servant de base arrière pour les réparations et maintenances de la flotte américaine.

 

Depuis juin 2012, bâtiments et aéronefs ont refait leur apparition dans le cadre de manœuvres conjointes avec l’armée du pays. Instructeurs et troupes spéciales y étant toujours présents.

 

 

Manila slums.3

Les bidonvilles de Manille

 

 

Néocolonialisme, mondialisation et misère

 

Avec la néo-colonisation suivant la période des indépendances de l'après deuxième guerre mondiale, le pays fut immédiatement plongé, dans le plus parfait, radical, fondamentalisme « Libéral ». Relooké, à présent, sous le vocable : « Mondialisation ». Comme chacun sait : système politique et économique censé apporter, par les miracles de l’autorégulation ou de la “main invisible” du marché, grâce à la “non-intervention” de l’Etat, bonheur et prospérité aux peuples qui en bénéficient…  

 

La pauvreté n’y cesse de croître malgré le développement du PIB (3 à 4 % en moyenne), la richesse nationale étant confisquée par les dynasties familiales au service des intérêts “multinationaux”. Les plus connues étant celles qui se passent à tour de rôle le fauteuil de la présidence, “un coup c’est toi - un coup c’est moi” : Marcos, Estrada, Arroyo, Aquino, et consorts.

 

Les Philippines sont considérées par tous les instituts et observatoires, spécialisés en ce domaine d’études et de recherches, comme le pays d’Asie le plus corrompu, spolié par un pouvoir structuré en clans mafieux. Colossal impact pour les populations contraintes d’endurer depuis des décades un ravage d’une telle ampleur. (10)

 

Tous les pays asiatiques, en particulier les plus dynamiques (Chine, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Thaïlande) ont enregistré une diminution permanente de la pauvreté. Sauf les Philippines, qui s’y enfoncent davantage. Les taux de pauvreté exprimés dans les dernière études du genre, malgré tous les efforts pour les édulcorer, affichent des augmentations continues : 24,9 % en 2003, 26,4 % en 2006, 26,5 % en 2009. (11)

 

Même la Banque Mondiale, réputée pour la prudence coutumière de ses analyses ménageant la susceptibilité des puissants et de leurs réseaux, stigmatise la corruption comme premier obstacle au développement du pays. Tout particulièrement, dans ses rapports 2008 et 2009. (12)

 

Enormes inégalités de revenus, vertigineuses iniquités sociales, accentuées par un enseignement catastrophique : primaire, secondaire, technique. Principalement dans les zones rurales. Les riches se réservant les meilleures institutions privées pour leurs enfants et les universités les plus chères ou prestigieuses de Singapour, Taïwan ou des USA. Bien sûr, système de santé quasi-inexistant pour les pauvres qui constituent la majorité de la population.

 

Infrastructures déplorables à part les principaux ports ou aéroports de l’archipel, et les installations nécessaires à l’oligarchie et ses protecteurs étrangers : accès aux bases militaires, aux exploitations minières, aux immenses propriétés familiales, aux lieux de villégiatures de la nomenklatura.

 

Le pays bénéficie, néanmoins, du transfert en devises des dizaines de milliers de Philippins qui s’expatrient à l’étranger pour soutenir leurs familles. Les hommes, essentiellement comme marins sous-payés sur les navires marchands ou de croisière sillonnant les océans, sous tous les pavillons. Les femmes, comme employées de maison, aux USA, au Japon, en Corée, à Taïwan, à Singapour, en Arabie saoudite et dans les pétromonarchies. On en trouve même au Liban et en Jordanie.

 

Et, aussi, comme prostituées. Le transfert des revenus des prostituées Philippines, rien qu’à partir du Japon, formerait un flux de devises évalué à 200 millions de US$ en 2011.

 

La prostitution représente, en effet, une des calamités du pays et une de ses principales ressources… La misère incitant les jeunes femmes à trouver une échappatoire dans ce métier, dont le développement faramineux est un "dégât collatéral" de la guerre du Vietnam. Lors de la guerre du Vietnam, Manille était avec Bangkok, en dehors de Saigon au Vietnam, un des plus grands "centres récréatifs" du contingent militaire américain.

 

Depuis, ce secteur d’activité n’a cessé de progresser parallèlement à l’appauvrissement du pays. En 2009, leur nombre était estimé à 800.000. En réalité, ce serait le double. Des rues entières de Manille, mégalopole de 15 millions d’habitants aux immenses bidonvilles, sont spécialisées dans ce business : rabatteurs, salons de massages, bars, hôtels, karaokés, discothèques avec exposition des jeunes femmes affublées d’un numéro, etc. Telle, la célèbre rue Burgos.

 

Des jeunes femmes, adolescentes pour la plupart, produisant de faux certificats de naissance pour dissimuler le fait qu’elles sont mineures, venant des campagnes dévastées par la misère et la malnutrition, se vendent à toute une clientèle venue de l’étranger : USA, Australie, Nouvelle-Zélande, Europe, Japon, Corée, Taïwan, Singapour. Exploitées comme du bétail, avec son cortège inévitable de maladies et de drogues, par des mafias d’une extrême brutalité compte tenu des sommes colossales en jeu (13).

 

Le plus préoccupant est la prostitution des enfants.

 

Enfants, souvent abandonnés par des parents qui ne peuvent pas les élever, ou des mères célibataires survivant à peine dans la misère, orphelins. Proie des trafiquants qui les livrent aux pédophiles du monde entier. Manille est connue pour être un des hypermarchés mondiaux de la prostitution des jeunes adolescents et des enfants, garçons et filles.

 

On estime qu'au minimum 100.000 enfants sont, chaque année, livrés à la prostitution aux Philippines. (14)

 

Avec la complicité de tous les gouvernements et de l’ONU. Là : pas de « ligne rouge », ni de schéma à la Tribune de l’ONU. Pas de sanction, ni de grandes déclarations de l’UE sur les droits de l’Enfant. Motus !

 

Pourquoi ?... Nos « élites » seraient-elles consommatrices ?...

 

Complicité étrange. S’élargissant même dans des campagnes, matraquages, médiatiques d’une rare hypocrisie. Les spécialistes de la protection de l’enfance sont particulièrement inquiets de voir se multiplier, dans les pays occidentaux, la légalisation de l’adoption d’enfants par des homosexuels.

 

Compte tenu du fait que, dans tous les pays occidentaux, le délai d’attente pour adopter est de 7 ans en moyenne (cas de France et Grande-Bretagne), ils anticipent une demande massive, tout autant "légale" que suspecte, de ce type d’adoption aux Philippines, ainsi que dans d’autres pays aux législations et contrôles laxistes du fait de la corruption endémique (Cambodge, par exemple).

 

A la grande satisfaction des trafiquants, y compris les avocats véreux spécialisés dans l’habillage juridique de ce genre de "transactions"…

 

 slide-Manila Slum

Bidonvilles de Manille sous la pluie

 

 

Quel avenir pour ce pays ?

 

Quel avenir pour les Philippines ?...

 

Son protecteur l’a trouvé : investir dans l’armement pour harceler la Chine ! (15)

 

Les USA ont entrepris récemment une campagne de harcèlement de la Chine, dans une nouvelle forme de diabolisation, avec pour prétexte la remise en cause de la nationalité des îles chinoises de la région.

 

Guérilla diplomatique et de propagande fomentée à partir de revendications officielles du Japon, du Vietnam. Et, inévitablement, des Philippines considérées à présent comme un « pivot » par les stratèges américain, pour reprendre l’expression d’Hillary Clinton. (16)

 

Paradoxe stupéfiant que de voir actuellement un pays comme les Philippines, qui admet officiellement posséder 2.400 îles inhabitées et sans nom, revendiquer, dans une provocation permanente, quelques îles appartenant à la Chine : 9 îlots inhabités du minuscule archipel Spratly !... (17)

 

Se disant menacé par l’expansion maritime de la Chine. Et, en conséquence, obligé d’augmenter son budget militaire pour multiplier ses effectifs, acheter de la quincaillerie guerrière, aux USA forcément, investir dans des installations militaires (les USA veulent vendre des stations radars hors de prix…), afin de pouvoir avec son grand allié faire face à cette menace imminente. (18)

 

Course délirante aux armements, imposée par son suzerain… (19)

 

Pendant que dans sa plus florissante île, Mindanao au sud de l’archipel, les investissements étrangers, saoudiens, taïwanais, japonais, s’emparent des meilleures terres agricoles du pays. Et, que les groupes miniers internationaux, à couverture australienne, canadienne ou US, s’approprient toutes les mines : or, chrome, cuivre, etc.

 

Les Philippines représentent, en fait, l’archétype du désastre de la colonisation et du “Libéralisme Economique” pour peuples et nations qui en sont victimes. Sauf évidemment pour la ploutocratie au pouvoir qui y trouve la source de son enrichissement fulgurant. Et, ses protecteurs occidentaux : une chasse-gardée pour les intérêts de leurs groupes miniers, industriels et financiers.

 

D’où, le mutisme de nos politiciens en visite, adeptes convaincus de cette idéologie. Le protectorat des USA aux Philippines ne figure pas dans la liste des “rétifs” à l’orthodoxie “Libérale”. Encore moins, aux diktats de l’Empire formatant les relations internationales.

 

Comme les bidonvilles de Manille dissimulés par des murs, pour les faire oublier aux visiteurs. (20)

 

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

 

Notre nomenklatura, notre diplomatie, nos médias, dégainant à l’ordinaire “Bonne Conscience” et “Leçons Démocratisantes” plus vite que leurs ombres, observent la plus stricte omerta.

 

Notre premier ministre, “de gauche”, n’a donc rien vu, rien entendu.

 

Il ne pouvait, davantage, rien dire.

 

Philippines…

 

Paradis de la misère, dans les splendeurs du “Libéralisme” radical …

 

 

 


 

 

 

 

(1)  “Territory sometimes comes to us when we go to war in a holy cause, and whenever it does the banner of liberty will float over it and bring, I trust, the blessings and benefits to all people”.
Phrase prononcée en 1900, pour célébrer la colonisation des Philippines enlevées à l’Espagne, en même temps que Guam et Porto Rico, suite à la guerre hispano-américaine de 1898.
Citée par John B. Judis dans Imperial Amnesia, Foreign Policy, July/August 2004, http://www.hartford-hwp.com/archives/54a/051.html 

(2)  De magnifiques photos ont été publiées dans l’ouvrage de Nigel Hicks : Parcs Nationaux des Philippines, éditions Köneman, 2000.

(3)  Article XIV, Section 7, Constitution of the Philippines, 1987.
(4)  Ayrault à Singapour et aux Philippines, “autres” pays émergents -  Les Echos, 15 octobre 2012, http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/reuters-00470685-ayrault-a-singapour-et-aux-philippines-autres-pays-emergents-500428.php

(5)  “… the bloodiest colonial war (in proportion to population) ever fought by a white power in Asia; it cost the lives of 3,000,000 Filipinos." (cf. E. Ahmed's "The Theory and Fallacies of Counter-Insurgency", The Nation, August 2, 1971.) General Bell himself, the old sweetheart, estimated that we killed one-sixth of the population of the main island of Luzon—some 600,000 people.”
Cité par Gore Vidal :
http://en.wikipedia.org/wiki/J._Franklin_Bell#Alleged_War_crimes
(6)  Gore Vidal, Op., Cit.
(7)  Instructions du général Jacob H. Smith, lors de la campagne de l’île de Samar :
" I want no prisoners. I wish you to kill and burn, the more you kill and burn the better it will please me. I want all persons killed who are capable of bearing arms in actual hostilities against the United States ”.

http://en.wikipedia.org/wiki/Jacob_H._Smith#Samar_campaign
(8)  Voir pour l’opposition des intellectuels américains à la guerre de conquête coloniale des Philippines : American opposition,
http://en.wikipedia.org/wiki/Philippine%E2%80%93American_War#American_opposition
(9)  San Juan E. Jr., US Genocide in the Philippines – A Case of Guilt, Shame, or Amnesia ?, 22 mars 2005, http://www.selvesandothers.org/article9315.html

(10)  The Republic of the Philippines suffers from widespread corruption, 30 août 2012, http://socialproblmesinthephilippines.blogspot.fr/
(11)  Celia Reyes et Aubrey Tabuga, Poverty and Growth in the Philippines, Philippine Institute for Development Studies (PIDS), 6 septembre 2011, http://www.eastasiaforum.org/2011/09/06/poverty-and-growth-in-the-philippines/

(12)  Income inequality in the Philippines,
http://en.wikipedia.org/wiki/Income_inequality_in_the_Philippines

(13)  Thin Lei Win, Child poverty in Philippines even worst in cities, UNICEF, 12 janvier 2012, http://www.trust.org/alertnet/news/child-poverty-in-philippines-often-worst-in-cities-unicef

(14)  Children and Sex Trade, Sunstar, 11 décembre 2011, http://www.sunstar.com.ph/weekend-davao/children-and-sex-trade

(15)  Richard D. Fisher Jr., Defending The Philippines : Military Modernization and the Challenges Ahead, 3 mai 2012,

(16)  Hillary Clinton, “America’s Pacific Century,” Foreign Policy, November 2011.

http://www.cnas.org/files/documents/publications/CNAS_ESCS_bulletin3.pdf

(17)  Richard Javad Heydarian, Construction tensions in the South China Sea, octobre 2012, http://www.atimes.com/atimes/China/NJ26Ad02.html

(18)  Should the Philippines increase military spending and prepare for war ?, 24 juin 2012, http://getrealphilippines.com/blog/2011/06/should-the-philippines-increase-military-spending-and-prepare-for-war/

(19)  Ava Patricia C. Avila, Philippines defence build-up: Self-reliant posturing is back, The Nation, 18 juillet 2012, RSIS Commentaries, http://www.nationmultimedia.com/opinion/Philippines-defence-build-up-Self-reliant-posturin-30186396.html
(20)  Manila Slum Walls Built To Hide Philippines Poverty, 3 mai 2012, http://theredphoenixapl.org/2012/03/16/the-world-is-a-ghetto-global-slums-out-of-sight-and-out-of-mind-deterioration-of-the-human-condition/

 

 

 

Illustrations, voir la galerie de photos sur la survie dans les bidonvilles de Manille :
http://news.bbc.co.uk/2/shared/spl/hi/picture_gallery/06/world_manila_slum_life/html/1.stm

 

 

 

 

 


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commentaires

free crm software 12/09/2014 10:16

I guess there is only one word for this and that word is revolution. We have to be rebels to stop this cruelty towards the poor people. Fight for our rights and what is rightfully ours will eventually come back to us and this I am so sure of.

Georges Stanechy 14/11/2012 10:27


 


Cher Abdelkader


 


Merci pour ton soutien fraternel ! Car, nous sommes frères d’armes dans la même lutte pour la Justice, la Paix
et la Dignité Humaine. Je connais ton propre combat quotidien, tenace et courageux.


 


Combat pour nos pays, et pour toute la Communauté Humaine partageant un destin solidaire sur notre planète en feu et
en folie. Pouvant paraître dérisoire face aux énormes pouvoirs de propagande, de manipulation et de répression des nomenklaturas qui dominent nos différentes collectivités. Mais, il a d’autant
plus de sens qu’il est partagé par beaucoup.


 


Réduits au silence, étouffés par l’appareil de désinformation, peut-être. Mais, les grands fleuves ne partent-ils
pas de quelques gouttes se fédérant sur de la mousse au pied d’un glacier ?...


 


A l’image du proverbe japonais que j’aime beaucoup et qui est mis en exergue dans un blog ami, aussi mordant
d’humour que de panache combatif, Des Bassines et du Zèle, que je salue au
passage :


" Si vous cherchez la source du fleuve Yosthino, vous la trouverez dans les gouttes d'eau sur la
mousse. "


 


Amitiés


 



abdelkader.dehbi.elctron-libre.over-blog.com 13/11/2012 11:05


Dieu te garde intacte, cette prodigieuse facilité intellectuelle cher
Georges. Une facilité intellectuelle indéniablement servie par une belle culture mais aussi, par une digne conscience humaine et qui te permet de te jouer des aiguilles du continuum espace-temps
pour voyager – et nous faire voyager avec toi, "à contre-courant" comme d'habitude.

Georges Stanechy 06/11/2012 23:39


 


Chère Catherine


 


Je partage votre avis sur la “galerie papale”, jusqu’à nos jours… J’ai toujours considéré que les papes n’étaient que les PDG successifs
d’une organisation, cooptés par un Conseil d’Administration comme un autre.


 


Ma pratique professionnelle me conduit à travailler sur les organisations (publiques et privées), avec l’opportunité de le faire dans des
pays et des contextes culturels différents, et je vérifie à chaque fois combien l’entropie, propre à tout système physique ou chimique, les déglingue tout autant au fil du temps. Conduisant
certaines aux pires excès, si ce n’est droit dans le mur. La papauté, malgré le divin, n’y échappe pas…


 


D’où la nécessité de remettre à plat à intervalles réguliers tout ce qui est humain et donc, vous avez raison, l’Histoire.


 


Il est bon d’entendre votre voix dans la nuit.


 


Amitiés


 



Catherine 06/11/2012 22:41


Cher Monsieur Stanechy,


Tout à fait d'accord avec vous sur tout, sauf qu'il me semble que les moyens de communication décuplés ont réussi à corrompre de vastes populations jusque là intouchées par la bassesse habituelle
des prétendues élites. Mais "Le paysan perverti" ne m'avait pas attendue...


Pour ce qui est des papes, ma conviction est que peu d'entre eux ont valu plus cher qu'Alexandre Borgia, sous cet aspect-là ou sous d'autres, la fonction créant pour ainsi dire
l'organe. C'était juste pour dire que je suis favorable à la révision de l'histoire, à chaque fois qu'elle s'avère utile ou nécessaire.


Mes salutations de la nuit.

Georges Stanechy 05/11/2012 19:23


 


Bonsoir Catherine


 


Sauvagerie, sadisme de l’homme à l’encontre de son prochain, n’ont pas changé en niveau de perversion depuis l’antiquité. Ce n’est que la
force industrielle et technologique qui en démultiplie la violence dans un déchaînement aux proportions inconnues jusqu’alors.


 


Loin de suivre les progrès des sciences et des techniques, les "valeurs" de l’Homme, pris au sens d’une majorité, se satisfont d’une "Bonne
Conscience" fondée sur un appareil de propagande et d’abrutissement (“du pain et jeux”, comme disaient les Romains…) aux effets anesthésiants colossaux. Tuer, torturer, dévaster, à partir du
moment où cela est infligé par nous à d’autres, dans le mensonge rassurant, sont des actions banales, de simples dégâts collatéraux de notre supériorité. Pratiquement : une norme…


 


Nos politiciens, capables de réduire en cendres des pays et d’en sourire de satisfaction, sont un exemple permanent de ce niveau
d’inconscience.


 


Mon allusion aux Borgia ne se référait pas à un génocide quelconque. Les armées de l’époque, y
compris les armées françaises qui ravageaient l’Italie, avaient un comportement similaire à celles des Borgia. Tantôt alliées aux espagnols, tantôt alliées aux français. Mais à leur art raffiné
d’endormir la méfiance des chefs adverses des autres principautés italiennes, les invitant à de succulents dîners pour mieux les empoisonner ou les faire étrangler. Cet art de la duplicité qui
inspira Machiavel.


 


Sinon, vous avez raison de rappeler les exagérations, notamment sur les débordements sexuels des Borgia répandues, d’après les nouvelles recherches historiques, par leurs adversaires : incestes, orgies multiples (la fameuse soirée au Vatican, dite
« des châtaignes »…). Parfaits exemples de diabolisation, qui revêt de nos jours d’autres formes : on vous accuse d’avoir l’intention de construire un bombe atomique, ou de
posséder des armes de destruction massive que nous n’avez pas, et autre joyeusetés. Pour mieux vous écrabouiller dans la « justice »…


 


Ceci dit, l’Eglise des Borgia était fort éloignée de l’enseignement de Jésus. Son successeur
Jules II ne fit pas mieux. Et, remplir les caisses du Vatican avec la vente des « Indulgences » n’était sûrement pas la solution miracle.
Mais, ouvrir un boulevard à La Réforme.


 


Ajoutons que José Rizal dans son roman El
Filibusterismo dresse un portrait de plusieurs membres de la hiérarchie catholique aux Philippines (le plus gros propriétaire foncier de son temps) sous un jour qui lui a créé un implacable
ennemi. Le Père Camorra qui tente de violer une jeune femme, Julî, contrainte de se suicider en se
jetant d’un balcon pour échapper à sa lubricité. Le Père Irene qui falsifie un testament. D’autres, se comportant en peaux de vache avec leurs
étudiants, etc. Dur, dur, de dénoncer les abus !...


 


Merci de tous les liens que vous avez la gentillesse de nous communiquer sur Rita Monaldi et
Francesco Sorti.


 


Tout ce qui peut contribuer à ouvrir des perspectives intellectuelles et défendre la liberté d’expression est un MUST !


 


Amitiés


 



Catherine 04/11/2012 21:18





Superbe article, comme toujours. Et, comme toujours, parfaitement documenté. On n’a pas souvent l’occasion de vous lire, mais c’est chaque fois à marquer d’une pierre blanche.


 Et quel plaisir de voir resurgir le nom de Jusé Rizal dans l’actualité, même si c’est une actualité atroce. Ma mémoire me trompe-t-elle, ou est-ce bien lui qui a demeuré quelque temps en
Allemagne et qui était amateur d’opéras ? (On commence toujours à mourir par la mémoire.)


Rien de nouveau dans les empires. Mais n’avez-vous pas l’impression qu’ils deviennent toujours plus horribles au fur et à mesure que l’histoire avance ? Quand donc les esclaves volontaires
en finiront-ils d’imposer l’esclavage à ceux qui n’en veulent pas ? Ces photos de la misère font monter la rage au coeur quand on pense au phénoménal, à l'indécent gaspillage des riches
sangsues.


Cela dit, et pour alléger un peu, il est possible que vous n'ayez pas raison d’évoquer les Borgia (espagnols, certes, mais…). Il semblerait qu’à propos du pape Alexandre, nous ayons tout faux. Du
moins si on en croit les époux Monaldi et Sorti, dont quelqu’un a dit qu’ils étaient en train, par le roman, de réécrire l’histoire de l’Europe.


Ceci est sans grand rapport avec le sujet de votre article, mes excuses … il faudrait peut-être que vous vous dotiez d’un onglet « Contact pour les a-partés ». Bref, Rita Monaldi et
Francesco Sorti sont les auteurs d’un roman par lettres intitulé Les doutes de Salai, dont la thèse historique sous-jacente est que Borgia ne fut rien
de ce qu’on nous a dit mais un pape réformateur abominablement calomnié par les protestants du Nord en pleine irrésistible ascension.  Et, pour leur
part, Monaldi et Sorti eux-mêmes offrent un cas de censure qu’on aurait pu croire obsolète en Europe après Les fleurs du mal. Mais le fait est
que leur premier roman a tellement déplu au Vatican que le propriétaire de leur éditeur Mondadori (Silvio Berlusconi pour les dames), a décrété la mise au pilon de l’ouvrage à peine sorti et que
le baron Ernest-Antoine, copain de l’autre et propriétaire de la maison Plon, en a aussitôt fait geler la distribution en français. La majorité des Italiens ne savent donc pas qui sont Monaldi et
Sorti (qui se sont exilés à Vienne) et ne peuvent se procurer leurs livres qu’en traduction. Sauf depuis que l’éditeur De Bezige Bij (Amsterdam et Anvers) a décidé d’en assumer la publication en italien. On se croirait revenus au temps où Lebrun imprimait le Journal de L’Europe à Liège
!


Une poignée de lecteurs italiens indignés ont créé un site pour tenir leurs compatriotes au courant de la vie de leur littérature hors de leurs frontières.


C’est là : http://www.attomelani.net/index.php/chi-siamo


Et les auteurs, les voilà : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rita_Monaldi_et_Francesco_Sorti


Mais pour le pape Borgia criminel de guerre… Pas op ! comme disent les Flamands.


Excusez l’intrusion de l’Eglise dans les Philippines-chasse-gardée-de-quelques-nations protestantes. Pour une fois qu’elle n’a rien à s’y reprocher. Enfin… on peut toujours l'espérer.


Qui va envoyer le lien de votre article à M. Ayrault ?