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Amérique Latine

Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 17:18



« Le jour n’est pas loin où trois bannières étoilées marqueront notre territoire depuis trois points équidistants : l’un au pôle Nord, l’autre au canal de Panama et le troisième au pôle Sud.

Tout l’hémisphère nous appartiendra alors de fait, comme il nous appartient moralement aujourd’hui, du fait de la supériorité de notre race… ».

William Howard Taft

27° Président des USA - (1909-1913)

 

 

Ils n’ont rien vu, rien entendu, rien dit…

 

Les trois petits singes ?...

 

Non. La “Communauté Internationale”, ce travestissement de l’Empire et de ses vassaux, avec ses trompettes : les “grands médias”.

 

Il est vrai qu’en juin 2009, les fanfares médiatiques se sont époumonées, à s’en faire éclater les tympans, lors de la tentative de putsch organisée pour renverser le président réélu en Iran. Atteignant leur paroxysme avec la montée au ciel de l’angélique Michael “Bambi” Jackson…

 

Pas de place pour ce “détail” : des massacres de civils au Pérou. “L’actualité” dicte, chez ces “grands professionnels” et ces Belles Ames, ses priorités, parait-il…

 

Pourtant, en ce 21° siècle, le Pérou, encore une fois, vient d’endurer massacres et tueries (1). Des protestataires contre la spoliation, la misère, le mépris, les accablant, tués par les forces de sécurité de la dictature d’Alan Garcia (2).

 

Chiffre occulté des victimes de ces dernières semaines : une quarantaine au minimum, bilan officiel. Plus certainement, une centaine. Des observateurs évoquent plusieurs centaines (3). Les forces de police ayant pour habitude de faire disparaître les corps, en les jetant dans les nombreux rapides et rivières dans cette région amazonienne du pays.

 

 

 

Révolte des esclaves

 

Régime encadré par une oligarchie, aussi richissime que corrompue, au service de l’Empire. Camouflé en “Démocratie”, aux élections systématiquement truquées. Au “Libéralisme Economique” servant de paravent à un des pillages les plus effrénés des pays occidentaux. Pour toutes ces raisons, soutenu par la Communauté Internationale

 

Car, le Pérou est un des pays les plus riches du monde, dans le foisonnement de ses ressources minières et énergétiques, avec des populations parmi les plus pauvres. “Clochards assis sur un banc en or”, comme les Péruviens se décrivent eux-mêmes, dans l’autodérision du désespoir…

 

Il y a deux ans dans ce même blog, pratiquement jour pour jour, j’attirais l’attention sur l’effroyable répression écrasant les Péruviens, dans un billet (4) intitulé, Pérou : Jungle et Sable

 

Tout le mois de juillet 2007, ce n’était que blocage des routes, grèves, manifestations, dans toutes les provinces du pays, exaspérées par l’injustice économique et sociale. Sur fond d’assassinats, d’enlèvements, de disparitions de “leaders” syndicaux ou, tout simplement, de “citoyens”. Par des “escadrons de la mort”, formés depuis des décennies, à ce genre de pratiques dans les écoles des services spéciaux occidentaux.

 

Révolte contre un régime, une caste, détestés.

 

Une minorité blanche qui jouit de tous les privilèges, rentes de situation et richesses du pays. Descendante des colons espagnols, mais aussi d’autres pays européens. Perpétuant un système colonial inchangé depuis l’arrivée des conquistadors, au 15° siècle, sur le continent américain.

 

Caste méprisant les métis. Et, encore plus, les amérindiens des Andes ou d’Amazonie constituant la majorité de la population. Schéma de comportement raciste similaire à celui de beaucoup de pays d’Amérique latine. Remarquez-le dans les médias : on ne les appelle pas Péruviens, Boliviens, Equatoriens, ou autres, mais “indiens”. Comme s’il s’agissait d’une sous-catégorie d’hommes ne méritant, à l’exemple de leurs homologues d’Amérique du nord, que l’oubli et le confinement dans des “réserves”…

 

Caste exécutant servilement les décisions d’une métropole européenne, espagnole dans un premier temps. A présent, depuis l’indépendance de principe obtenue au 19° siècle, au profit des multinationales et autres variations de la prédation du “capitalisme sauvage” occidental, sous les différents habillages du “Libéralisme Economique”. Le dernier ayant  pour cache-misère l’appellation de “mondialisation”. Ou, de “globalisation” en anglais, avec un “z” en anglais des USA (5).

 

Le pays s’était soulevé en 1980, sombrant dans une guerre civile d’une vingtaine d’années. Mais la caste au pouvoir, forte de l’appui sans limite des USA, refusant une remise en cause des privilège et pillages, s’est uniquement préoccupée de diaboliser le principal mouvement de révolte : Le Sentier Lumineux. Présenté, par les spécialistes de la “guerre psychologique” et de la désinformation, à longueur de communiqués, documentaires et mises en scène, en organisation “sanguinaire”. Et, comble de l’horreur : maoïste !...

 

Justifiant une répression “industrielle”. Des dizaines de milliers de victimes, dans des conditions atroces. Tous les cadres, notamment les instituteurs dans les campagnes, susceptibles de pouvoir encadrer la révolte, méthodiquement assassinés. La terreur sauvage instaurée dans les villages et communautés.

 

Répression dont les historiens auront un jour, d’ici une génération ou deux probablement, la liberté d’écrire une version différente de celle imposée par l’idéologie impériale actuelle. Se posera inévitablement l’accès à des archives introuvables, car détruites au préalable par les services spéciaux occidentaux, suivant la pratique connue. (6)

 

Révoltes d’esclaves, abandonnés à la misère, la malnutrition, sans système d’éducation, de santé. Ne parlons pas de “services publics”… Esclaves qui malgré massacres, atrocités et terreurs continuent à se révolter.

 

Les violents affrontements du mois de juin 2009, entre les Péruviens d’Amazonie et les milices, ou commandos de tueurs, du dictateur Alan Garcia, sont l’aboutissement d’un conflit qui dure depuis le mois de janvier dernier. Leur refus des lois votées par les “parlementaires” soucieux de ratifier le Traité de Libre Echange (bilateral agreement) dicté par les USA au Pérou, le 8 décembre 2005.

 

L’Amazonie péruvienne, dans le cadre de ce traité colonial, a été divisée, répartie, en concessions de prospection et d’exploitation, énergétique et minière, sans consulter la population propriétaire de ces terres collectives. Pratique d’expulsion des terres en usage au 19° siècle à l’encontre des Sioux, Apaches et autres peuples d’Amérique du nord. Ou en Kanaky et ailleurs, par la France. Pour nous limiter à quelques exemples. Quand on détient la force, pourquoi se gêner ?…

 

Schéma classique qu’ont eu à subir, et subissent encore, les amérindiens en Bolivie, Equateur, Colombie, et dans d’autres pays latino-américains. Inti, un des responsables des communautés péruviennes Aguarunas concernées, rappelle que depuis 25 ans elles réclament les titres officiels de leur propriété. A ce jour, seuls 2 km (oui : deux !) ont été enregistrés…

 

La conséquence immédiate de ce vote était la confiscation des terres amazoniennes appartenant à ces populations au profit des compagnies pétrolières et gazières internationales, malgré étiquettes et appellations “latinisées”, via des cascades de filiales. D’où l’explosion de colère, née du désespoir face à l’injustice du vol de leurs terres ancestrales, à 1000 km au nord-est de Lima, à Bagua.

 

Preuve, une fois de plus, que le droit de propriété est “sacré” dans le Libéralisme Economique. Mais, pas pour ceux considérés comme des sous-hommes. Eux, n’ont droit qu’à la spoliation.

 

Voyant que la répression et la diabolisation du mouvement de protestation, loin de terroriser, provoquaient un durcissement des revendications, le pouvoir a pris peur. Le Congrès a annulé deux des lois d’application du traité de libre-échange, par 82 voix contre 12, après un débat de 5 heures. Cinq heures de débat pour statuer sur une spoliation…

 

Décision fêtée comme une victoire par les protestataires (7). Les plus lucides, toutefois, savent que c’est “reculer pour mieux sauter”. Les groupes multinationaux, notamment du pétrole et du gaz, des exploitations minières, des bois exotiques, vont revenir à la charge. Pour ces prédateurs, il ne s’agit que d’un repli tactique avant d’imposer leurs intérêts sur les fabuleuses terres amazoniennes. Par tous les moyens. Ils en ont vu d’autres et en ont dompté d’autres…

 

 

Aliénation des notables

 

A la souffrance de la spoliation et de l’humiliation permanentes, vécue dans la violence, le peuple péruvien en endure deux autres, communes à bien des nations : la confiscation de sa parole et la négation de son identité, par la caste au pouvoir. Ne diffusant à l’extérieur du pays que la représentation voulue par ses maîtres occidentaux, dont elle n’est que le “fondé de pouvoir”, dans ce qu’ils considèrent comme une colonie.

 

Ainsi écrivains, artistes et intellectuels, membres de cette caste, n’auront accès à la promotion du monde médiatique occidental qu’après avoir prouvé leur allégeance à l’idéologie, la rhétorique, avec ses silences, imposées par l’Empire.

 

L’écrivain Mario Vargas Llosa, à la double nationalité péruvienne et espagnole, est le parfait représentant de cette caste de privilégiés s’identifiant à l’Occident. N’hésitant pas à exprimer son sentiment de supériorité raciste à l’égard de “l’Autre”, jusqu’à y inclure sa propre nation et son peuple, considérés comme “arriérés”.

 

Il s’est même rêvé un destin de président. Se portant candidat à une élection, dans une campagne électorale où il se révéla incapable de parler et de comprendre les principales langues de son pays. Encore moins, ses problèmes, ses urgences, ses priorités. S’y ridiculisant.

 

En 2005, une des plus fanatiques organisations de l’extrême-droite US, l'American Enterprise Institute, connue pour son acharnement obsessionnel dans la propagation de l’idéologie du “choc des civilisations”, lui a décerné l’Irving Kristol Award. Le discours qu’il prononça lors de la remise de son prix est un modèle du genre : Confessions of a liberal. L’exaltation arrogante de La Loi du Plus Fort

 

Il fut de toutes les campagnes de propagande justifiant la destruction de l’Irak, de l’Afghanistan, du Pakistan, les bombardements aveugles au Liban ou sur Gaza. Multipliant dans des chroniques, entretiens journalistiques, radiophoniques, télévisuels, les déclarations méprisantes ou diffamatoires sur Cuba, le Venezuela, la Bolivie.

 

Systématiquement, contre toutes les tentatives de rénovation des systèmes politiques à la recherche, en Amérique latine et sur d’autres continents, d’une meilleure répartition des richesses nationales ou d’une diminution de l’injustice sociale. N’hésitant pas à en rajouter, à chaque occasion, dans le délire “néoconservateur”. A 73 ans, on le découvre chantant les louanges de Berlusconi… (8)

 

Forcément, l’Empire et ses vassaux adorent ces écrivains, artistes et intellectuels. Ils nourrissent, à peu de frais, sa propagande. Aux antipodes de ceux engagés dans la défense de la dignité humaine, de la justice, tels Oswaldo Guayasamin, Ngugi wa Thiong’o, Mahmoud Darwich ou Harold Pinter.

 

Leurs prosternations permanentes devant “les vertus” de l’Occident, dans la condescendance, si ce n’est le mépris, à l’égard des peuples, religions, croyances ou cultures, de leur nation d’origine, provoquent l’extase de nos cercles littéraires, “culturels” et académiques, animés par les Précieuses Ridicules de service.

 

La trahison, l’abjection des clercs. Voie royale, impériale, pour se voir encensé et couvert d’honneurs. (9)

 

Jusqu’au pathétique.

 

Vargas Llosa, entre autres colifichets et breloques honorifiques, est titulaire de 40 doctorats Honoris Causa, décernés par des universités complaisantes ou complices…

 

La nouvelle génération de cette caste ?... Plus habile, dans le marketing de ses privilèges et le positionnement de son image.

 

Un exemple : la nièce de Vargas Llosa, Claudia Llosa, vient d’obtenir à 33 ans l’Ours d’Or du meilleur film au festival de Berlin pour son second long métrage : “Fausta – La teta asustada”. Hissé, dans le dithyrambe des critiques cinématographiques, cornaqués par les spécialistes en “communication” véhiculant le “dossier de presse”, au rang de chef-d’œuvre du cinéma péruvien et latino-américain !…

 

Film, exploitant le fond de commerce du malheur des autres peuples en vogue en Occident, pour montrer une nation, et sa langue quechua, vivant dans la misère matérielle et psychologique. Mettant en scène une jeune fille traumatisée par le décès de sa mère, violée, comme beaucoup “d’indiennes” lors de la guerre civile. Vivant dans un quartier pauvre, femme de ménage chez de riches bourgeois, raffinés, concertistes.

 

“… Autant dire qu’on navigue ici, à la fois médusés et éblouis, en pleine monstruosité latino-américaine”, nous dit le dossier de presse en rabatteur de cabaret.

 

Evidemment, dans ce genre de film, n’est jamais expliqué, évoqué, le pourquoi de cette “monstruosité”. Occultant, avec soin, les causes de la souffrance des peuples latino-américains, depuis des siècles. Six siècles.

 

Astucieusement, cyniquement, on l’exhibera au contraire, comme dans les attractions foraines de nos ancêtres, femmes à barbe ou à deux têtes. Bâtissant fortune et renommée, sur l’exploitation du filon inépuisable du misérabilisme. Laissant entendre que c’est la faute aux pauvres s’ils sont misérables. Ils sont arriérés, incapables d’évoluer, car pétris de croyances et de superstitions. Comprenez-vous ?... Immergés dans le culte de la violence, de la mort. Réfractaires aux Lumières de l’Occident.

 

Ne délivrant sur le “marché” de l’Occident qu’une vision formatée, rassurante, sur les bienfaits de sa civilisation et la nécessité de les imposer. Au besoin par la force, la sauvagerie. Dans le carnage, la torture et l’humiliation. Vision réductrice, de peuples et de leurs cultures, par une caste justifiant ses préjugés, consolidant ainsi sa prédation, sa violence et celles de ses suzerains.

 

On ne parlera donc pas du Pérou, dans les médias. Pas “d’envoyé spécial”. La Communauté Internationale ne se mobilisera pas pour condamner truquages électoraux, corruption, atrocités de ses dirigeants. Pas de campagnes hystériques sur les droits de l’homme, la dignité de l’être humain, l’égalité de l’homme et de la femme, la fiabilité des élections, la liberté d’expression.

 

Non. Jamais.

 

Tout au plus, sera-t-il permis un apitoiement mondain et fataliste sur le malheur de son peuple. A l’occasion d’un film, un roman ou les propos des représentants de la caste au pouvoir. Qui, évidemment, n’en sont pas responsables, ni coupables.

 

Le Pérou n’est pas l’Iran.

 

Sa caste au pouvoir, n’est pas seulement “occidentalisée”. Mieux encore, l’idéal, le must : elle est considérée comme “blanche et occidentale”, à l’identique d’une Ingrid Betancourt. Donc, par définition : irréprochable.

 

Aux ordres de l’Occident, engraissée par sa collaboration, de génération en génération, sans aucune velléité de contester le pillage, la soumission, la négation de son pays, de son peuple et de sa culture…

 

Qui, en fait, lui sont totalement étrangers.

 

Reproduisant le modèle de ces notables romains, possédant d’immenses domaines dans les colonies de l’Empire édifié par Auguste. Leur vie était à Rome, même si leurs faramineux revenus et privilèges provenaient de ces contrées et terres mises en valeur par le travail des esclaves.

 

L’ordre règne au Pérou, sous l’implacable esclavage “Libéral”, dans le silence complice de la Communauté Internationale.

 

Silence Solidaire, tant apprécié de l’Empire…

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Bain de sang au Pérou : “Survival” demande le retrait des compagnies pétrolières, communiqué de presse de “Survival International”, 8 juin 2009.

(2)  Carlsen, Laura, Victory in the Amazon – Defeating the US-Peru Trade Pact, Counterpunch, 22 juin 2009, http://www.counterpunch.org/carlsen06222009.html

(3)  “… des centaines de personnes ont disparu et, d’après les informations commençant à circuler, la police aurait jeté les corps des manifestants tués dans les rivières afin de dissimuler le nombre des victimes…”, “… hundreds remain missing and reports that the police threw the bodies of the protestors in the river to hide the real death toll have begun to circulate…”, Carlsen, Laura, Op. Cit.

(4)  Pérou : Jungle et Sable…, 3 août 2007.

(5)  Lire, et relire, l’ouvrage fondamental de Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Economie 2001 et ancien directeur des études économiques à la Banque Mondiale) : Globalization and its discontents, Penguin Books 2002.

(6)  J’ai évoqué, à titre d’exemple, le difficile travail des historiens, du fait de la destruction des archives, sur les atrocités britanniques au Kenya lors de la répression de la révolte Mau-Mau, dans un texte sur Ngugi wa Thiong’o…

(7)  Peru Indians hail ‘historic’ day - Indigenous groups in Peru have called off protests after two land laws which led to deadly fighting were revoked, 19 juin 2009, http://news.bbc.co.uk/2/hi/8109021.stm

(8)  Victor de Sepausy, AFP, 21 mars 2009, http://www.actualitte.com/actualite/9015-Mario-Vargas-Llosa-Berlusconi-eloge.htm

(9)  Cf. les textes :

=>  Prix Littéraire et Littérature Coloniale…

=>  Tahar Ben Jelloun et les Talibans : Tartarin et les Lions…

 




Photo : Péruviens de la région de Yurimaguas (nord-est du Pérou) bloquant une route lors d’une manifestation le 9 juin 2009, AP/Karel Navarro.


 


 


 


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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /2008 00:31


Rassuré !...


Sincèrement, je l'étais.


A la voir toute fraîche, pimpante, bondissante d'une passerelle d'avion militaire à un jet ministériel, d'un 4 x 4 officiel à une limousine gouvernementale. Répondre aux interviews, en treillis, en tee-shirt, en tailleur, cheveux tirés, cheveux lâchés, boucles d'oreilles. J'oubliais : le chouchou fleuri blanc, contraste parfait sur de splendides cheveux noirs !...


Ma photo préférée : toute mignonne, avec sa natte, sous son joli chapeau de brousse. Il lui allait à ravir. Elle qu'on disait, il y a peu, mourante et perdant ses cheveux...


Ingrid Betancourt : libérée ! Alléluia !


Otage pendant six ans c'était, en effet, inadmissible.


Ce n'est pas parce qu'elle était membre de l'aristocratie colombienne et de la grande bourgeoisie internationale, avec sa double nationalité, qu'elle méritait pareil traitement. Encore moins en raison de son statut d'élue au parlement de son pays, la Colombie, candidate à l'élection présidentielle, lors de son enlèvement, sous des couleurs "écolos".  



Moment de satisfaction passé, soudain, ce fut l'orage tropical, le déferlement, l'inondation. Impossible de l'endiguer, de s'abriter, de se réfugier. D'un média à l'autre, radio, TV, presse : de véritables torrents. Programme interrompus, émissions fleuves, cahiers spéciaux : l'hystérie médiatique dans ses débordements. Même habitué aux crises récurrentes de prurit de cette confrérie, on est à chaque fois surpris : jusqu'où vont-ils aller se demande-t-on ?...


Même ma grand-mère, entourée de ses images pieuses et de ses romans à l'eau de rose, n'en pouvait plus. Elle qui n'avait pas touché une raquette de tennis depuis plus d'un demi siècle, elle en était réduite à regarder Vénus Williams terrassant ses rivales à Wimbledon !... Il lui était devenu impossible d'ingurgiter cette « choucroute ». C'est ainsi qu'elle appelle cette « info » déversée à la louche. A la louche ? Non. Par camions-bennes ! En veux-tu, en voilà ...


Tel un vol de sauterelles, en France, tous les politiques, même les plus fossilisés, mammouths, dinosaures, brontosaures, se bousculant au premier micro pour chanter la béatification de l'héroïne du jour. Même le pape a pondu son homélie. La canonisation d'une femme en sainte icône, de son vivant, est en marche. On n'arrête pas le progrès.


Bon, la classe politique française tient à montrer, sans doute, que la France, sous sa conduite éclairée, est une merveilleuse terre d'accueil pour les immigrés... A partir du moment où ils ont leurs papiers en règle... Ingrid Betancourt est française, par naturalisation, du fait de son premier mariage avec un français. Donc, rien à dire : elle a droit au tapis rouge...


J'attendais quelques bribes d'analyse sur ce qui se passait en Colombie. On sait qu'une guerre civile s'éternise depuis plusieurs décennies. Tous ces clichés sur ces affreux marxistes, trafiquants de drogue, enleveurs d'honnêtes citoyens, paraissent un peu légers. Nous resservir à nouveau le plat de la "civilisation" contre la "barbarie", légèrement indigeste à la longue.


Malgré le silence des médias, on connaît un peu la musique...


Schéma classique en Amérique latine, la Colombie (1) est le pays de la corruption extrême où la caste descendante des colons dite "blanche" (20% de la population) maintient, pour conserver ses immenses privilèges, le reste du pays dans la misère, l'analphabétisme et le racisme. Cette situation provoque la révolte (2), avec tous ses excès, des exploités dont les 60% de métis qui composent la majorité de la population. Les paysans sans terre représentent ainsi l'armature des opposants.


Dans ses grandes envolées lyriques sur l'amour de l'humanité, aucun mot, aucun regard, aucune pensée, aucune allusion, d'Ingrid Betancourt, pour ces damnés de la terre...


Bizarre.


Comme le faisait remarquer un latino-américain, philosophe, le « cirque » Ingrid Betancourt n'est que la célébration des retrouvailles d'une des leurs au sein de la nomenklatura. Cette caste "blanche", mondialisée, imbue de sa croyance dans la race supérieure, modèle de civilisation, autant que de ses privilèges, aveugle à l'injustice du monde qu'elle impose et à sa remise en cause qu'elle provoque... Hors de sa race, point de salut.


Il n'y a qu'à comparer l'attitude très récente des médias occidentaux...


Les mêmes ont passé sous silence, au mois de mai, la sortie du centre de torture de  Guantanamo de Sami Al Hajj, le cameraman d'Al Jazeera, après six ans et demi. Enlevé par les services secrets américains au Pakistan. Sans avoir été jugé, ni inculpé. Rien n'a pu lui être reproché. Simplement, il se trouvait au Pakistan pour faire son travail. De torture en torture, de retour dans son pays le Soudan, il éprouvait les plus grandes peines à marcher et à parler. Sa libération n'a pas été fêtée en Occident.


Au mois d'avril, c'était Bilal Hussein qui sortait de deux ans de détention. Après avoir été enlevé par l'armée américaine en Irak et gardé dans une prison privée, sans jugement, ni inculpation. Il faisait son travail de photographe pour l'agence internationale AP. Là encore grand silence des médias occidentaux.


Tout comme le peuple de Palestine détenu en otage, avec une quarantaine de résolutions de l'ONU non appliquées à ce jour.


Dans le camp de concentration de Gaza, plus d'un million et demi de Palestiniens survivent dans des conditions innommables. Là, les gardiens ne se limitent pas à vous empêcher de prendre une douche, ils dynamitent les puits, rasent au bulldozer toute culture, tout élevage. Et, n'hésitent pas à tuer. Même les enfants. Plus de 200 enfants ont été tué à Gaza, depuis le début de l'année.


Les Palestiniens sont otages d'une situation qui dure depuis 60 ans.


Entre 6 ans et 60 ans... Peut être est-ce l'application, par les médias, d'une date de péremption dans les horreurs, à l'exemple des fromages ou des steaks hachés ?... Au-delà d'une certaine durée, cela n'intéresse pas les médias.


Et puis, il faut de la tragédie "people", pas de la tragédie sanguinolente.


"Indécence", certains disent.


Mot trop aimable, trop charitable, pour qualifier cet histrionisme, ce délire collectif.


Oui ...


Le « cirque » Ingrid Betancourt : ras le bol !




 

 


(1) Deux fois la France en superficie, avec 45 millions d'habitants.

(2) Lemoine, Maurice, Un Chef des FARC Parle, Le Monde Diplomatique, août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/LEMOINE/14999

 

 


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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 23:03


« Je m’appelle Rayfran das Neves Sales. Je suis connu dans la région d’Anapu, dans l’Etat de Pará (1), pour être quelqu’un de sérieux. Mon travail est toujours bien fait. Mes parents m’ont appris au moins ça : la volonté de bien faire. C’est vrai : mes parents n’avaient pas de moyens mais ils m’ont bien élevé, ils m’ont appris à tenir mes engagements. Je n’ai pas poursuivi de longues études, mais je suis respecté.

 

Des études… Pour faire quoi ?… Les meilleurs élèves de ma classe, soit ils crèvent de faim, soit ils se prostituent : garçons ou filles. Et, ils meurent jeunes. Dans cette région, il n’y a pas de travail. C’est loin de Belém. Quand il y en a, c’est du travail de forçat, payé trois fois rien. Mon rêve : je voulais travailler dans une usine d’automobiles. J’aime les voitures et la vitesse. Dedans, on oublie tout. La radio à fond…

 

Mes parents sont morts jeunes. Dans la misère. Je ne voulais pas finir comme eux. Ici, il y a les paysans sans terres, descendants des indiens, plus ou moins métissés. Et, puis il y a les éleveurs, les grands propriétaires et les forestiers, qui font du “business” avec de grandes compagnies étrangères. Pour “l’exportation”, comme on dit. Ce sont les rois de la région.

 

Alors, je travaille pour eux. Dans cette vie, il faut être avec les plus forts. Mais, je ne voulais pas travailler toute la journée à cheval pour garder des troupeaux, dans la poussière, sous le soleil ou sous la pluie, ou dans les forêts pour couper des arbres. Sans savoir si demain mon travail serait payé ou continuerait. Et puis, je voulais un travail où je reste propre toute la journée. J’aime les vêtements propres. Comme ma mère qui lavait ma chemise tous les jours, pour qu’elle soit propre le lendemain.

 

Sûr, qu’elle ne serait pas contente de mon travail. Elle était tous les soirs à l’église pour prier, pour que le Ciel nous aide et nous garde sur le bon chemin. Moi, mes frères et sœurs. Mais, il faut choisir dans la vie : être fort ou être rien.

 

J’ai choisi d’être fort. J’aime les armes. Je me sens encore plus fort quand je les ai sur moi. Je tire vite et bien. Comme dans les westerns qu’on voit à la TV. Les yeux fermés !


Alors, je suis devenu tueur à gages. Ici on dit : pistoleiro. Je suis craint. Le meilleur. J’ai de gros clients. Ils sont éleveurs ou forestiers. Des propriétaires pleins aux as. Puisqu’il n’y a qu’eux qui peuvent payer.  Les seuls à avoir de l’argent, beaucoup d’argent. Ils payent bien.

 

 


 

Je n’ai peur de rien. Je suis comme un chirurgien. Si je dois enlever un bras, une jambe, ou un oeil : je les enlève. Les cibles qu’on me désigne, ce sont des paysans sans terre, des indiens, des singes, et ceux qui les défendent. Mes patrons m’ont expliqué qu’ils sont la maladie du Brésil. Il faudrait tous les tuer. Ils bloquent le développement et la richesse du pays. Il faudrait faire comme les  gringos ont fait, en Amérique du nord, avec les peaux rouges : les tuer ou les enfermer dans des réserves, qu’on ne les voit plus, qu’on ne les entende plus.

 

Des singes qui savent parler, c’est tout. Et, qui ne comprennent rien. “Mondialisation”, “globalisation”, “libre concurrence”, ce sont des mots inconnus pour eux. Bon, je le reconnais, moi aussi, je ne sais pas trop ce que ça veut dire… Mais, si les plus forts disent que c’est bon pour le pays, et les pauvres qui manifestent, mauvais… Je suis avec les plus forts.

 

Alors, on part en expédition pour brûler des villages ou tuer ceux qui s’opposent à mes clients ou patrons. On brûle, on viole, on chasse les fuyards. On s’amuse, en travaillant. Je n’ai pas d’état d’âme quand je les tue, je les regarde dans les yeux. Toujours en face. Ce ne sont pas des hommes ou des femmes que je tue, même pas des singes. Je tue la misère. Je tue ce que je me refuse de devenir : faible, méprisé et pauvre.

 

Je suis un peu artiste. Je signe mes contrats. Comme un peintre, son tableau. Jamais la tête, pour que les proches du mort le reconnaisse. Toujours 6 balles. Jamais moins. Jamais plus. C’est mon chiffre fétiche : 6. J’adore jouer aux dés. Entre mes différents contrats, missions, je joue aux dés. Ça me détend. Probablement, que ça me vient de là.

 

La seule erreur que j’ai commise, c’est d’avoir accepté un contrat qui ne me plaisait pas. Je ne voulais pas : tuer une blanche de 74 ans. Une religieuse. Je n’avais jamais fait ça. Ma mère m’aurait giflé. Je n’arrêtais pas d’y penser à ma mère. Mais, je ne pouvais pas refuser à un de mes principaux clients.

 

 


 

Alors pour une fois, j’allais tuer dans le dos. Pour ne pas voir son visage. C’est plus simple. Mais, je sentais que ce n’était pas bon, tout ça. Le patron et ses associés insistaient, des éleveurs, cette nonne blanche vivait avec les pauvres depuis près de trente ans, toujours à les défendre, à manifester pour leurs droits, à empêcher les grosses compagnies d’exploiter la forêt et de pratiquer l’élevage (2). A dire que la terre leur appartenait. La terre appartenir aux pauvres !... Elle n’avait pas compris que la terre appartient aux plus forts. Pas à ceux qui ont un bout de papier dans la main…

 

Comme un virus, une maladie cette nonne (3). Dorothy Stang, qu’elle s’appelait. Elle avait la double nationalité : américaine et brésilienne. On l’avait prévenue, menacée. Rien n’y faisait. Il fallait l’éliminer. Sinon, la région allait devenir incontrôlable. “L’anarchie”, disaient mes patrons… Ils m’ont expliqué que c’était le règne de la pagaille. Pas bon, pour le pays.

 

Mais, je ne le sentais pas, ce coup. Alors, ils ont payé gros : 50.000 réals, près de 25.000 dollars. C’est une grosse somme dans la région.

 

Ma réputation était en jeu. Alors, je l’ai tuée. Mais, je m’y suis pris à deux fois. La veille, je devais la tuer dans son sommeil. Elle dormait chez un fermier qu’on avait acheté et menacé. Il devait nous ouvrir la porte. Mais, la nuit, je n’ai pas arrêté de penser à ma mère. La seule fois de ma vie où j’ai hésité. Je n’ai pas pu. De jour, ce serait plus facile. Le fantôme de ma mère dormirait.

 

Elle était seule, sur le petit chemin. Près d’Anapu. Elle allait animer une réunion avec des villageois. On avait tous les renseignements. Clodoaldo Carlos Batista, m’accompagnait en couverture. Toujours protéger ses arrières. Au cas où… On est un “professionnel” ou pas.

 

Elle ne m’a pas vu, contrairement à ce que racontent certains. Caché derrière un arbre, elle est passée devant moi, et j’ai tiré dans le dos. J’ai visé sous l’épaule gauche, le cœur, 6 balles comme d’habitude. Elle n’a pas souffert. Je ne voulais pas qu’elle souffre. C’était le 12 février 2005.

 

Mais mon client n’avait pas prévu tout le bruit que ça a fait, avec plein de télévisions étrangères : même CNN ! Les cravatés de Brasilia et Lula ont été embêtés (4). On m’a arrêté, avec Clodoaldo. J’ai reconnu que c’était moi qui avais tiré. Ils avaient envoyé des flics de Brasilia. Des fédéraux. Avec deux mille hommes des troupes spéciales. Le grand cirque. Ceux du coin, on les connaît tous. On les fournit en filles et en alcool. Ceux-là, ils cognaient fort. C’était pas du semblant. Alors, j’ai parlé pour les calmer. Pourquoi s’énerver ?...

 

Tout ça parce qu’il y avait les TV étrangères. Sinon personne n’aurait bougé le petit doigt. Comme d’habitude. Mais, ils n’avaient pas prévu tout ce carnaval. De toute façon, avec ces TV, je suis une star et ma cote a augmenté. Mes clients m'ont juré de me sortir de là.

 

On a été inculpé le 10 décembre 2005 et j’ai été condamné par le tribunal de Belém, le 27 octobre 2007 : 27 ans de prison. Clodoaldo Carlos Batista lui a été acquitté, il n’avait pas tiré. Je lui ai sauvé la mise. Il était avec moi, malgré lui… Dans ces conditions, les juges ont estimé qu’il était innocent. Pas compliqués, les juges. Vitalmiro Batos de Moura, celui qui m’avait payé avait été condamné, en mai 2007, à 30 ans de prison. Mais, on a fait appel.

 

Le 7 mai 2008, on m’a rejugé et j’ai été condamné à 28 ans de prison, sans pouvoir faire appel à nouveau. Vitalmiro Bastos de Moura, lui, a été acquitté. J’ai tout pris sur moi, disant que mes premiers aveux étaient faux. Que j’avais tué la nonne pour des “motifs personnels”. Les juges n’ont pas cherché à savoir quels étaient mes “motifs personnels” pour tirer dans le dos d’une nonne. C’est ce qu’on m’avait dit de dire, pour lui éviter la prison. Il doit continuer son “business”.

 

Deux ou trois ans. Le temps que ça se tasse et je serai dehors. Entre-temps, je vais avoir une belle cellule avec la TV pour moi tout seul et même un téléphone. De bons repas. Tout ce que je veux. Des vidéos. Porno et western, ceux que j’aime. De temps en temps, on m’enverra une fille. Comme des vacances, on m’a dit. Tout s’achète. Sauf le temps. C’est plus difficile…

 

De toute façon, l'élimination des leaders des paysans sans terre continue comme avant. J’ai appris en prison qu’il y en a eu 40 de plus l’année suivante. Plus de mille meurtres sont inexpliqués, dans la région. Aucun des auteurs n’est en prison. Je suis le seul. La police, la justice ?... Des mots. Tout se vend, tout s’achète. 

 

Bon, je me suis fait coincer, on m’a dit que c’était un exemple pour calmer “l’opinion publique internationale”. Je ne sais pas ce que ça veut dire : “opinion publique internationale”. Pour moi, ça doit être des âmes sensibles. D’habitude, elles s’occupent des animaux ou des papillons, si elles se mettent à s’occuper des indiens et des pauvres…

 

Tout va se calmer.

 

Et, je sais que je vais m’en sortir. Les forts resteront toujours forts…

 

Et, je suis avec les forts… »

 

 

 

 

Monologue fictif, où tous les faits sont réels…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Etat de Pará : un des 26 Etats du Brésil dont la capitale est Belém. Au nord du Brésil, donnant sur le bassin amazonien. Représente deux fois et demi la France en superficie.

(2) Lire le rapport téléchargeable : Sister Dorothy Stang – Struggling for Sustainable Development in the Brazilian Amazon, ouvrage collectif sous la direction de Miguel Carter, School of International Service American University, Washington, DC, 2005, 150 p.

(3) Sisters of Notre Dame de Namur – Ohio Province : http://www.sndohio.org/dotstang.htm

(4)  Dorothy Stang était très estimée et son action courageuse reconnue, au Brésil :

=> En juin 2004, elle avait été nommée “Femme de l’Année” par les autorités de l’Etat de Pará pour son travail dans la région amazonienne

=> En décembre 2004, elle avait reçu de l’association Brésilienne des avocats le prix “Humanitaire de l’Année”, en reconnaissance pour son travail en faveur des ouvriers agricoles

=> En 2005, peu de temps avant son assassinat, elle avait reçu la distinction de “Citoyenne d’Honneur de l’Etat de Pará”.

 

 

 

Photos :

+ Beretta 357 à six coups

+ Dorothy Stang

 

 


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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 18:47

 

 

Haïti. La première terre du continent américain découverte par Christophe Colomb, en 1492. En hommage à l'Espagne, qui avait sponsorisé son expédition, il l'avait baptisée Hispaniola. Les français sont arrivés plus tard. Pour ne pas se marcher sur les pieds, ils se sont répartis l'île. Concluant un deal (1) : deux tiers à l'Espagne, le tiers restant à la France, la partie ouest, sous le nom actuel d'Haïti.


Début avril 2008, plusieurs haïtiens ont été tués et blessés, par la police, dans une manifestation (2). Ils protestaient contre la pauvreté. Survivant dans un des pays les plus pauvres du monde. Où la quasi-famine, est omniprésente. Les plus pauvres se nourrissant de galettes de boue. Aucune liberté, aucun droit de l'homme respectés. Dictatures (3), succédant aux régimes corrompus, se suivant et se ressemblant, dans des simulacres d'élections....

 

 

On n'en entend pas parler. Haïti, ne figure pas dans le plan média du Marketing des "Bonnes Causes". Permettant aux "belles âmes", aux politiciens de se donner en spectacle sur les plateaux de TV, ou devant les micros. Entretenant leur fonds de commerce par de splendides envolées sur la liberté et la dignité humaine, que l'on se doit de protéger chez les autres. Enfin, chez certains autres...


Près de 9 millions d'habitants, vivant sur 27.000 Km2. Territoire vingt fois plus petit que la France. Environ, 200 milliardaires qui se partagent l'essentiel de la richesse du pays, avec leurs sous-fifres et la complicité de leurs protecteurs étrangers.


Concentré de tous les fléaux : pauvreté extrême, espérance de vie de 53 ans, taux d'analphabétisme supérieur à 60 %, chômage des jeunes dépassant les 80 %. Pays le plus pauvre de l'Hémisphère nord, encore plus pauvre que bien des états africains ou asiatiques.


Il a connu toutes les horreurs historiques.  Génocide des habitants de l'île qui, en 25 ans, ont été éradiqués, comme des moustiques : Taïnos, Arawaks, Caraïbes... Esclavage : dès le début du XVI° siècle, importation continue d'Afrique, pendant plusieurs siècles.


Esclaves, toutefois, qui se sont révoltés au moment de la Révolution française, souhaitant leur indépendance et la fin de leur statut de sous-hommes. Menés par des chefs exceptionnels, avec leurs qualités et leurs défauts, dont Toussaint Louverture (4). On a fêté le 7 avril dernier l'anniversaire de sa mort. Pratiquement, au même moment que les sanglantes manifestations.


Les grands propriétaires et trafiquants ne l'ont pas admis. Grâce à l'importation massive d'esclaves et à une déforestation colossale, par la culture du riz, du tabac et de l'indigo, Haïti était devenu un véritable pactole pour quelques richissimes colons.


Ils ont réussi à obtenir de Napoléon une expédition impressionnante de 30.000 hommes, sous le commandement de son beau-frère le général Leclerc (5). Avec pour mission, le rétablissement de l'esclavage, qui avait été aboli en 1793. Et, objectif tout aussi primordial, s'emparer des dirigeants indépendantistes.


Dans un premier temps ce fut un succès, à la hauteur des moyens engagés. Tous les moyens. Déclaration du 7 octobre 1802, du représentant du pays des Droits de l'Homme, le général Leclerc :

 "Nous devons détruire tous les Nègres des montagnes, hommes et femmes, en n'épargnant que les enfants de moins de douze ans. Nous devons détruire la moitié des Nègres des plaines, et ne pas laisser dans la colonie un seul homme ayant jamais porté l'épaulette. Sans ces mesures la colonie ne sera jamais en paix..." (6)


Mais les français, commandés par le général Rochambeau, ont dû se retirer après avoir été battus par le successeur de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines à la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803. De plus, Napoléon avait besoin de troupes pour faire face aux coalitions européennes.


Comment se peut-il que ce pays soit dans une situation aussi dramatique ?... Après cinq siècles de colonisation  européenne, occidentale devrait-on dire puisque les USA l'ont occupé militairement à deux reprises. Pays qui n'a connu que le libéralisme économique et le christianisme. Autrement dit, d'après les théoriciens du Choc des Civilisations : tout pour réussir...


A présent, administré par l'ONU (US $ 400 millions de budget annuel, pour 3000 militaires et policiers de la mission MINUSTAH...), le FMI, la Banque Mondiale. Haïti devrait être une vitrine face à Cuba !...



 


Car, nous ne sommes qu'à 80 km de Cuba.


Et, pourtant, les Haïtiens en arrivent même à envier le sort des Cubains, de leur système d'enseignement, de leur système de santé, malgré l'embargo international imposé par les USA, et la diabolisation de Cuba, depuis des décennies...


Et, pourtant, il y a des ressources minières : or, cuivre, bauxite (aluminium), marbre, carbonate de calcium... C'est toujours ma première vérification, quand j'aborde un pays en développement qui, m'assure-t-on, a des "problèmes de développement"... Inévitablement, on trouve le même phénomène que pour des pays africains, latino-américains ou asiatiques : ces richesses ne figurent pas dans les statistiques du commerce extérieur. Pas d'exportation de ces ressources !... Même dans la documentation de la CIA. A l'exportation, ne figurent dans les mentions, que : produits manufacturés, huiles, café et cacao... Mais, où passent donc ces richesses ?...


A cette "évaporation informationnelle", correspondent, évidemment, de gros trafics. Accentués par la présence des paradis fiscaux qui pullulent dans les Caraïbes. Comme souvent, ces richesses minières sont exportées au profits de groupes internationaux sans être payées à l'Etat (donc pas d'entrées en devises), mais tout simplement à une oligarchie sur des comptes offshore.


On l'occulte, la corruption, lorsqu'on parle d'un pays "pauvre", ou en "développement", a pour support l'oligarchie au pouvoir, c'est un fait. Mais, tout autant les "protecteurs" qui imposent ces régimes. Ou encore, les "donateurs" qui se satisfont de cet énorme trafic que représentent les aides. Systématiquement détournées et dont la plus grande partie va dans les poches des prescripteurs de ces donations, après avoir arrosé la dite oligarchie.


Nos "droits de l'hommistes laïcards" ne s'intéressent, en ce moment, qu'à défendre les intérêts de la théocratie tibétaine, de son clergé et de ses moines en toge safran. Amusant, pour les avoir vus, tous, postillonner pendant des semaines lors de la précédente campagne d'hystérie collective en France, soutenue par les médias de la propagande, contre le "port du voile"...


Alors, Haïti, est leur dernière préoccupation. Il restera donc scotché dans la misère, en proie à tous les trafics, à toutes les répressions, pour le bonheur d'une poignée de crapules, locales et internationales.


Seule consolation, mais signe d'espoir, en attendant que surgissent ses prochains Toussaint Louverture ou Jean-Jacques Dessalines, Haïti possède des artistes magnifiques. Les plus grands peintres contemporains sont là bas...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Traité de Ryswick de 1697. Initialement, la partie française, fut nommée Saint-Domingue, la partie espagnole conservant le nom d'Hispaniola. Ce fut à partir de l'indépendance politique, le 1er janvier 1804, que fut adopté le nom Haïti.
(2)  Haïti : au moins quatre morts dans des manifestations contre la pauvreté, Le Monde, AFP, Reuters, 5 avril 2008.
(3) Notamment, la terrible dictature des Duvalier, père et fils, de 1957 à 1986, protégés par les occidentaux. Grands milliardaires internationaux, dont le faste entretenait une cour et une presse servile dans les principales capitales européennes.
(4) Toussaint Louverture a été fait prisonnier par les français après être tombé dans un guet-apens. Il venait discuter, après avoir signé un accord paix, sous la protection de la "parole" du général Leclerc. Déporté, au fort de Joux, dans le Jura, il y endura une incarcération implacable faite d'humiliations permanentes et de mauvais traitements, dans laquelle s'exprimait tout le racisme de l'époque que l'on peut imaginer. Il serait mort d'une pneumonie, le 7 avril 1803.
(5)  Charles Victor Emmanuel Leclerc (1772 - 1802), premier mari de Pauline Bonaparte. Il ne survivra pas à sa mission, et mourra de fièvre jaune à l'âge de 30 ans. A Haïti même, qui s'appelait encore Saint-Domingue.
(6)  Smart Bell, Madison, La Pierre du Bâtisseur, Actes Sud, 2004, p. 1024.

 

Crédit photo : Martin Baran

Tableau  :  artiste Haïtien Joseph Frantz

 


 


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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /2007 16:39


Le référendum proposé au peuple vénézuélien par le président Hugo Chavez, le 2 décembre dernier, portant réforme d’un certain nombre d’articles de la Constitution de 1999, a été refusé à une différence de 1%. Avec plus de 44 % d’abstentions.

 

Chavez---Bolivar.jpg
 

Les organes de propagande occidentaux, dont les principaux journaux et médias français (1), exultent devant ce qu’ils considèrent comme une "déroute", une "défaite", un "échec", un "revers", et autres qualificatifs.
 

Eux, qui soutiennent, à longueur d’année, les pires dictatures (2). Sans états d’âme. Les plus sanguinaires, les élections truquées des multiples pays considérés comme des néo-colonies de "l’arrière-cour de la francophonie", en particulier… Si le « oui » l’avait emporté, ils auraient affirmé, avec le culot des voyous les plus endurcis, que les élections avaient été truquées. Comme ils ne cessent de le répéter, pour Poutine (3)

 
 

L’écroulement du pilier de la propagande

 

Pour ma part, le résultat ne m’a pas surpris. Et, contrairement aux apparences, j’estime qu’il représente une grande victoire pour Chavez. C’est un "passage obligé", souhaitable et salutaire. Comme au jeu d’échecs, la perte d’une pièce considérée comme importante peut avoir, en fait, des effets paralysants pour le jeu de votre adversaire. A présent la « démocratie » est bien ancrée. La propagande occidentale, l’opposition vénézuelienne des grands féodaux et de leurs seconds couteaux, doivent intégrer ce nouveau paramètre. Eclatant, incontournable…

 

peuple-vnz-1.jpg En tout premier lieu, les attaques diffamatoires, assurant qu’il souhaitait instaurer une dictature, deviennent caduques. Inutilisables. Lui qui a été régulièrement élu… Il donne ainsi une magnifique leçon de démocratie à tous ceux qui l’accusent de vouloir se transformer en "dictateur". Le soir même avant les résultats définitifs, Chavez reconnaissait l’échec du référendum. Avec gravité, maturité, humanité. Félicitant le succès de ses adversaires. Il reconnaissait, même, qu’il ne se serait pas satisfait d’une différence aussi légère dans l’autre sens. Pour lui, l’alternative était simple : ou l’approbation était massive, ou elle ne l’était pas.

 

Quelle belle leçon de démocratie pour nos politiciens et médias français !... Constatons, qu’en France, la Constitution Européenne refusée par le peuple français lors du dernier référendum va être, ainsi que l’a affirmé Giscard d’Estaing lui-même, sous un autre habillage, entérinée par voie parlementaire. Contournant, ainsi la volonté populaire…

 

Au Venezuela, l’expression populaire dans son vote est ainsi respectée, avec dignité et détermination. Chavez voulant se transformer en dictateur élu à vie, était un mythe entretenu avec de gros moyens par la propagande occidentale. C’est un pilier de l’argumentation des milieux "néocons" qui tombe, avec fracas !...

 
 
 

La corruption des médias

 

Notons, au passage, que pas un des médias français n’a examiné, présenté, analysé le projet de modifications de la Constitution vénézuelienne. Leur travail de propagande s’est uniquement focalisé sur la transformation du pays en dictature en cas d’approbation de ce référendum. Je conseille de lire un des rares exemples d’analyse, celle de Thierry Deronne (4).

 

Sur les 69 articles proposés à des modifications, ils n’en ont vu qu’un : l’article 230. Cet article proposait simplement à la population le droit de réélire, ou pas, les représentants qu’elle souhaitait, y compris son Président, sans limitation de renouvellement de mandats, comme il existe dans d’autres démocraties européennes ou autres.

 

Effectivement, cet article était discutable. Mais, le fait d’avoir des sénateurs nonagénaires en France, élus ad vitam aeternam, ne semble pas entraver outre mesure le fonctionnement de nos institutions, et faire paniquer nos médias. De même que tous ces monarques européens, se succédant de génération en génération, au Royaume Uni, en Espagne et autres monarchies nordiques : Belgique, Luxembourg, Hollande, Danemark, Suède, Norvège…

 

Les médias occidentaux n’ont jamais évoqué, cité, des articles particulièrement intéressants pour l’élargissement démocratique dans un pays, qui, avant Chavez, vivait dans l’injustice et la misère au profit de l’enrichissement d’une minorité… Sans émouvoir pour autant les médias…

 

Prenons quelques exemples :

 

=> Article 21  : interdiction de toute forme de discrimination ethnique, de genre, d'âge, de santé, sexuelle, sociale, politique ou religieuse.

=> Article 64  : octroi du droit de vote aux citoyen(ne)s dès l’âge de 16 ans.

=> Article 82   : interdiction à tout créancier, en cas de problème de recouvrement, de saisir le domicile principal. Le droit au foyer devenant inviolable.

=> Article 87  : octroi aux travailleurs "informels" des mêmes droits qu'à tous les autres : accès aux soins gratuits, retraites, etc. (5)

=> Article 90  : réduction de la journée de travail á 6 heures, afin de privilégier la vie familiale pour les plus exploités.

=> Article 98  : défense des droits d’auteur et des droits culturels des cinéastes et artistes du pays. Obligation de respecter le droit de la concurrence, en supprimant le monopole de la distribution cinématographique détenu par quelques distributeurs.

=> Article 100 : établissement du rôle central des communautés indigènes et afro-américaines dans la culture nationale.

=> Article 109 : création de l'autonomie des universités, avec élection des fonctions dirigeantes par l'ensemble de la communauté universitaire : professeurs, étudiants, employés, ouvriers.

=> Articles 70 et 136 : établissement du "pouvoir populaire" comme fondement de l’État. En particulier, validation comme mécanismes de participation et de décision : les conseils de travailleurs, d'étudiants, de paysans, d'artisans, de pêcheurs, de femmes, etc.

=> Article 184 : renforcement des pouvoirs de l’organisation de base qu’est la commune.

=> Article 229 et 115 : renforcement de la propriété populaire, sous forme de coopératives en particulier.

=> Articles 113, 236, 307, 318, 321 : contrôle par l’Etat (et non plus par le patronat…) de la Banque Centrale, application de la libre concurrence par la suppression des grands monopôles privés et prohibition des latifundios (6).

Arrêtons nous là…

 
 
 

La justice sociale et économique fondement de la démocratie

 
 

Le second motif de satisfaction du résultat du référendum, est de relever que le refus électoral traduit non pas un gain de l’opposition, qui ne gagne pratiquement aucune voix (autour de 4,5 millions d’électeurs), mais simplement le refus, d’une partie des partisans du Président, d’accepter la modification constitutionnelle. Environ, 3 millions d’électeurs "chavistes" ne sont pas allés voter.

 

A cela, il faut dégager un certain nombre d’aspects positifs ou servant de points de départ :

 

i)  Chavez doit se recentrer sur les problèmes intérieurs. Le formidable développement qu’il a donné à la diplomatie vénézuélienne doit céder le pas à l’investissement personnel sur les problèmes intérieurs. Tous ses partisans reconnaissent qu’il a été trop pris et absent du débat électoral. Il aurait dû s’impliquer davantage et se déplacer en province, dans les parties plus reculées du pays.

 

ii) Techniquement ce référendum et ses nombreuses propositions, pour un électorat modeste et peu instruit, étaient trop complexes : 69 articles répartis en deux blocs A et B.

 
Peuple-Vnz-2.jpg Règle de base d’un référendum : un minimum de questions, sur des enjeux clairement définis. Eviter les slogans idéologiques avec des mesures techniques, aussi importantes et bénéfiques soient-elles.
 

La propagande, soutenue par des millions de dollars et relayée, tout particulièrement, par la hiérarchie de l’église catholique a fait des ravages. Avec des prêches enflammés, dans les églises, terrorisant le petit peuple sur l’arrivée du "marxismo" qui allait le dépouiller de toutes les propriétés privées, « nationaliser » les églises et empêcher la pratique de la religion comme sous Staline… 

 

iii) Trop d’objectifs et trop d’ambition. Lui-même l’a reconnu. Des modifications portant sur une meilleure justice et répartition des revenus nationaux, exigent une progression sans précipitation. Les mesures s’y appliquant, nécessitant plus de débats et d’explications, pour ne pas donner prise aux déformations de la propagande conservatrice.

 

iv) Chavez doit laisser le temps au temps, en consolidant les magnifiques réalisations accomplies au niveau de la répartition des richesses nationales.

 

Quoi qu’il en soit la dignité et l’honnêteté de Chavez ont été remarquables. N’oublions pas que son maître à penser est Simon Bolivar, lui aussi avait voulu aller trop vite et trop tôt. Il sait que les batailles pour la justice et l’égalité sont de longs combats.

 

Les résultats de ce référendum sont une belle leçon de démocratie et de maturité, mettant en relief, à contrario, l’incommensurable hypocrisie et malhonnêteté de notre appareil de propagande médiatique et politicien...

 
 

Oui… Une Belle Leçon de Démocratie à destination de l’Occident, de ses Politiciens et de ses Médias Véreux…

 
 

Viva Chavez !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1) Il est intéressant de noter, à la lecture du courrier de ses abonnés, qu’un journal comme Le Monde, à la pointe de la propagande anti-Chavez, a été désavoué par de nombreux lecteurs, devant ce qu’ils ont considéré comme un excès dans la "désinformation"…
2) Pour mémoire, rappelons que les élections du peuple Palestinien ont été refusées par l’ensemble des pays occidentaux. Imposant le régime "collabo", illégitime électoralement et méprisé d’Abbas… Citons, aussi, le soutien de nos médias et politiciens aux récents simulacres d’élections en Egypte, en Jordanie. Sans oublier l’ensemble de l’Afrique, dite "francophone" : Togo, Côte d’Ivoire, Gabon et tant d’autres…
3) Pas un média occidental qui n’ait échappé à cette vague de propagande hystérique anti-Poutine. Ah !... Le délicieux vertige des enveloppes matelassées de billets verts dans les paradis fiscaux, et autres tortueux circuits …
4) De l’intelligence des ânes, Thierry Deronne, Vice-président de la chaîne publique et participative Vive TV, Venezuela, 25 novembre 2007, in Convergences des Causes.
5) Cela représente, environ, 5 millions de travailleurs vivant dans la précarité : journaliers agricoles, cireurs de chaussures, vendeurs "à la sauvette", etc.
6) Grandes propriétés terriennes de milliers d’hectares, détenues par quelques richissimes familles. Une des plaies séculaires de l’Amérique Latine, dans son ensemble…

 
 

Photo 1 : Le Président Hugo Chavez, avec en arrière plan le tableau du Libérateur (El Libertador) de l’Amérique Latine, du joug de la monarchie espagnole, d’origine vénézuélienne, Simon Bolivar (1783 -1830).

Dans quelques jours, le 17 décembre, sera célébrée l’anniversaire de sa mort. Homme exceptionnel, dont l’histoire ne délivre que quelques "exemplaires" par siècle. Vision, courage, scrupuleuse honnêteté… Mort prématurément, à 47 ans, d’épuisement à la suite des efforts considérables de ses luttes et combats. Mort de chagrin, aussi, devant l’échec de la grande fédération latino-américaine à laquelle il tenait tant…

 

Autres photos : Les partisans de Chavez…





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3° Année du Blocus


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