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Russie

Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 04:46

 


(2° partie de l'article)

 


Le Boomerang

 

L’euphorie !...  Le 8 août 2008, premier jour de l’invasion, à l’état-major géorgien, à l’OTAN, et dans les milieux gouvernementaux occidentaux, tout le monde planait. “L’Ours”, se prenait une bonne raclée. Incapable de réagir …

 

Dans la nuit du 7 au 8 août, les commandos avaient tué dans leur sommeil tous les observateurs russes, présents en Ossétie du sud dans le cadre d’un mandat international, neutralisant les systèmes de télécommunications et stations de surveillance. L’action était suivie d’un bombardement massif avec des lanceurs de fusées multiples, de type Grad. Une pluie de bombes. Un tapis d’explosions.

 

Particulièrement visée : la capitale de l’Ossétie du sud. Les chars géorgiens se ruant pour ce qui devait être une promenade. Les Ossètes n’ayant pas d’armée, à part quelques milices villageoises.

 

En Israël, les responsables pavoisaient. “Israël doit être fier de son armée qui a entraîné les soldats géorgiens !”, clamait en hébreu, sur la radio militaire israélienne, le ministre géorgien de la défense à la double nationalité, israélienne et géorgienne, Temur Yakobashvili… (12). Ajoutant : “Nous livrons à présent un combat contre la Grande Russie...”.

 

Les Russes essayant de prendre la mesure de l’action, son ampleur, sont surpris par les difficultés de repérer les batteries de missiles antiaériens. Perdant une quinzaine d’appareils de tous types. Ce qui est beaucoup, en si peu de temps. Un vrai tir aux pigeons. Décision est prise, alors, de casser méthodiquement la machine de guerre occidentale en Georgie. Même s’ils savent qu’elle va être rapidement reconstruite. Les poches des marchands d’armes ayant horreur du vide…


En une journée, malgré sa violence et l’importance des moyens utilisés, l’attaque est brisée par l’armée russe. C’est la débandade. L’armée géorgienne se volatilise, se liquéfie en quelques heures. Avec abandon de matériels à tous les coins de rue et de route. Pour le plus grand délice des ingénieurs russes, en train de décortiquer les derniers gadgets Israéliens et OTANesques...

 

Au passage, les Russes font comprendre aux occidentaux qu’il ne fallait pas s’amuser à prendre en otage leur port militaire de Sébastopol, via le “gouvernement” ukrainien à leur solde. Expliquant, calmement, qu’il ne leur prendrait que vingt minutes (oui : “20 minutes”, c’est leur évaluation) pour balayer la marine de l’OTAN présente en Mer Noire, si on insistait un peu trop lourdement dans cette direction. Fermeté dans la discrétion.

 

Ce “sauve-qui-peut” paraît surprenant (13). Le géorgien est un soldat redoutable qui a fait ses preuves, pendant la seconde guerre mondiale, sous l’uniforme soviétique et même allemand. Les bataillons géorgiens de l’armée allemande se sont illustrés, entre autres combats, dans la bataille de Falaise lors du débarquement en Normandie. Des durs à cuire, d’ordinaire.

 

Mais, dès les premières heures de l’invasion de l’Ossétie du sud (14), j’étais de ceux qui pensaient que l’armée géorgienne ne tiendrait que deux jours maximum. Je me suis trompé d’un jour. Pourquoi cette certitude ? Très simple :

i)  Une armée dont les officiers et l’état-major, dans leur majorité, sont corrompus et obsédés par le Business, est une armée de carton-pâte. Composée de soudards, cohortes de Rambo sanguinaires face à plus faibles qu’eux, tout au plus. Peu disposés à se faire trouer la peau sous les ordres de gangsters qui fuiront, dès qu’il y aura un combat sérieux, préférant s’occuper de leurs comptes secrets aux Bahamas…

 

ii)  L’armée géorgienne, a été formée par des instructeurs, américains et israéliens, qui ne connaissent que les opérations d’occupation, de “pacification” en Palestine, en Irak ou en Afghanistan. “Pacifier”, chez ces gens-là, veut tout simplement dire terroriser des gens désarmés ou faiblement armés, torturer et massacrer des civils sans défense, bastonner et emprisonner des enfants. La routine étant de surgir avec des hurlements dans les maisons, en défonçant les portes à coups de pied, à la recherche de “terroristes”. La nuit de préférence. En conséquence, comme lors de l’invasion du sud Liban en juillet 2006, face à des combattants bien armés et déterminés, les “envahisseurs” ne font pas le poids.

 

iii)  La contre-attaque russe allait être à la hauteur de l’agression. Les campagnes de diabolisation antirusses, si elles ont un impact sur une opinion publique désinformée dans les pays occidentaux, laissent les Russes de marbre. Ce n’est certainement pas les agitations moralisantes de responsables politiques menteurs et corrompus par les paradis fiscaux qui allaient les paralyser.

Ils considèrent les nomenklaturas au pouvoir en Occident, comme d’authentiques voyous sans foi ni loi. Depuis leurs manipulations électorales dans leurs propres pays, celles entourant la Constitution européenne ont particulièrement frappé les dirigeants Russes, jusqu’aux pires horreurs et spoliations qu’ils cautionnent un peu partout dans le monde. Il faut entendre off the record, la considération des officiels Russes pour un Dick Cheney, une Rice (l’un et l’autre, cadres dirigeants de groupes pétroliers US…) et la plupart des dirigeants européens… Désopilant.

 

iv)  Last but not the least : les occidentaux, en Georgie, avaient en face d’eux la 58° Armée russe. Une des meilleures, des plus opérationnelles et des mieux encadrées de Russie. Fer de lance de la rénovation en cours des forces armées du pays. Le Top.

 

Après avoir écrasé l’attaque géorgienne en Ossétie du sud, l’armée russe passe à la deuxième étape : destruction de toute l’infrastructure de la machine de guerre édifiée par les occidentaux en Georgie. A titre de leçon. Pour bien faire comprendre le message : la Russie de 2008 n’est pas la Russie de 1989. Ce n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds impunément…

 

Tout en prenant soin de ne pas toucher aux infrastructures civiles, contrairement à la pratique systématique des armées israéliennes et américaines, en Palestine, au Liban, en Irak. Ou des armées de l’OTAN, en général, comme on peut le constater quotidiennement en Afghanistan. Ils auraient pu aussi bien faire sauter l’intégralité des oléoducs transportant le pétrole de Bakou, sur la Mer Caspienne, à la Méditerranée. En deux jours, la démolition aurait été achevée.

 

Ils ne sont même pas entrés dans la capitale Tbilissi, pour s’emparer du ramassis de bandits en col blanc qui rackette ce pays et les traduire en jugement pour crimes de guerre. En signe de bonne volonté à l’égard des gouvernements occidentaux, et à leur demande insistante, ils ont épargné leurs protégés. De toute façon, ils sont vomis par le peuple géorgien et n’en ont pas pour longtemps à rester au pouvoir.

 

La modération. Pour cette fois-ci…

 

Devant l’échec imprévu de leurs plans, les gouvernements occidentaux n’avaient plus aucune marge de manœuvre. C’était le douloureux retour du boomerang. En pleine figure. Leur restaient : gesticulations, menaces et grandes déclarations dans la diabolisation de la Russie. A outrance (15). Ce fut la montée en puissance de l'appareil de propagande. L’hystérie. Comme d’habitude, on décida de  réécrire l’histoire. Pourquoi se gêner ?... 

 

Dans cette fable, la Russie devient ainsi l’agresseur et le responsable de ce conflit, pour avoir attaqué un “petit Etat démocratique et pacifique” qui ne souhaitait que vivre en paix avec ses voisins, dans la béatitude d’une société idyllique… Et, de ce fait la Russie, Etat agressif par définition, pour ne pas dire “voyou”, se retrouve, dans l’imagerie de cette propagande, isolée de la “Communauté Internationale”, mise au ban des nations.

 

C’est prendre ses désirs pour la réalité.

 

 

La géopolitique de l’Aïkido

 

Evidemment, à aucun moment les médias dans leur russophobie frénétique n’ont tenu compte des réalités en Russie. Encore moins dans la sphère non occidentale. Cultivant la désinformation. Préférant garder la tête dans le sable, dans le déni de l’effet boomerang. Car, l’agression occidentale a entraîné des conséquences qui n’étaient pas celle espérées par les gouvernements ayant cautionné pareille aventure.

 

 

 


La Russie, ses dirigeants, désavoués, isolés ?... Soyons sérieux :

 

=> En Russie, cette agression a démultiplié l’immense popularité du tandem Medvedev-Poutine. Cette nouvelle génération de dirigeants détestée par les castes au pouvoir en Occident. Malheureusement pour ces prédateurs, ils sont soutenus par l’écrasante majorité des Russes. Même si les médias occidentaux ne le mentionnent jamais.

Ce ne sont pas les corrompus de l’ère Eltsine, livrant leur pays au pillage des multinationales, de l’énergie et des mines, adossées aux mafias. Non seulement, ces dirigeants ont sorti le pays du chaos organisé par l’Occident, mais en plus ils savent le défendre et lui restituer sa dignité. Incarnant, pour le peuple Russe, la résistance aux manœuvres meurtrières et humiliantes des gouvernements occidentaux.

 

=> Sur le plan international, en dehors de l’Occident et de sa propagande, le prestige et la popularité de la Russie n’en ont été que davantage renforcés. L’écrasement de l’agression occidentale a été vécu avec joie, et soulagement, dans tous les pays (Amérique latine notamment) comme la fin annoncée du monde unipolaire tel qu’il était voulu et administré par l’Occident. Sachant qu’il faudra du temps pour en démanteler toutes les structures et connexions. 

 

=> Rapprochement avec la Turquie. La Turquie, dont l’appareil militaire est intégré à l'OTAN, n’a pas apprécié cette attaque à l’encontre de la Russie, sur ses frontières. Limitrophe de la Georgie, cette guerre lui est apparue comme irresponsable. Elle l’a manifesté clairement en refusant le droit de passage en Mer Noire de deux croiseurs lourds US. Dès le début de l’attaque géorgienne, elle a manifesté auprès de la Russie sa volonté de mettre en place une coopération pour que la Mer Noire soit gérée exclusivement, son avenir comme ses problèmes de voisinage, par ses riverains et non pas par des Etats lointains armant des pays les uns contre les autres. Tournant important.

 

=> Soutien de la Chine. La Chine s’est montrée d’une modération exemplaire. La sérénité des Jeux olympiques était à préserver. Et, par principe, la confrontation est systématiquement évitée par la diplomatie chinoise. Surtout face aux provocations. Elle n’en a pas moins exprimé sa “compréhension” de l’attitude Russe, de ses motifs politiques et légaux, dans ce conflit.

 The Chinese side was informed of the political and legal motives behind Russia’ decision and expressed an understanding of them” (16). Telle est la déclaration officielle. En termes clairs, cela veut dire aux occidentaux : “Arrêtez de faire les idiots”…

 

=>  Renforcement de la coopération économique et militaire du SCO. Les chefs d’Etat, Russe et Chinois, ont tenu un sommet du SCO, le 27 août 2008, à Duchambe capitale du Tadjikistan. Tous les Etats membres du SCO ont exprimé leur solidarité avec la Russie.

Rappelons que le SCO (Shanghai Cooperation Organization), fondé le 15 juin 2001, regroupe, outre la Russie et la Chine, tous les pays producteurs de gaz et de pétrole d’Asie Centrale : Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan. Sont admis comme Etats “observateurs”, dans la perspective de leur intégration à cette organisation : Inde, Iran, Mongolie et Pakistan.

 

=> D’autres pays de la région ont manifesté une “compréhension” identique, allant de la “neutralité positive” au soutien fortement affiché. Une réaction m’a particulièrement intéressé : celle de l’Azerbaïdjan affichant son mécontentement lors de la visite de Dick Cheney qui, reçu avec la plus grande froideur par les autorités, en a été réduit a écourter son séjour. L’Azerbaïdjan, entend ne pas s’aligner systématiquement sur les menées guerrières occidentales.

S’ajoute à cela, la chaleureuse réception du premier ministre Turc en Arménie. Autre signe fort, compte tenu du contentieux historique entre ces deux nations, que le catastrophique exemple du modèle colonial géorgien agit comme repoussoir. Un nouveau mode de relations et de coopération se dessine. Le Caucase ne veut pas être les Balkans.

 

 

Le retour de bâton encaissé par l’Occident en Georgie, dessine en filigrane les points d’ancrage de la géopolitique de la Russie, qui présente beaucoup de similitudes avec celle de la Chine. Le concept dominant étant celui que j’appelle “la géopolitique de l’aïkido” : utiliser l’énergie de l’agression contre son auteur. Autrement dit : ne jamais répondre à la provocation, éviter l’affrontement. Par contre être inflexible lors d’une attaque et immédiatement réactif, en retournant contre l’adversaire la force qu’il applique dans l’assaut.

 

Apparaissent ainsi trois points essentiels :

 

1. Un destin collectif porteur de “sens” et d’un énorme potentiel

 

Dans son projet de société, la Russie accepte les grands principes du libéralisme économique, mais refuse le capitalisme sauvage. Trois lignes directrices complémentaires :

+ Maintenir le pouvoir économique “privé” sous l’autorité de l’Etat, et au service de la collectivité, et non pas mettre l’Etat au service des pouvoirs et intérêts économiques “privés” (encore moins mafieux)

+ Préserver l’excellence des fondamentaux : aucun endettement extérieur, excellent taux de croissance annuel (dans le groupe des pays supérieurs à 5% par an), exploitation dans une perspective de “développement durable” de la valorisation des immenses richesses minières et énergétiques du pays

+ Combler le “déficit démographique” (grande différence sur ce plan par rapport à la problématique chinoise) conséquence des pertes colossales de la seconde guerre mondiale (plus de 30 millions de morts) et des différentes “purges” et autres dérives du stalinisme, par une politique nataliste volontariste.

Sur ce point on mesure la stupidité, ou la mauvaise foi, de la propagande occidentale : comment un pays immense avec une faible population (37 fois la France, avec une population qui fait un peu plus du double), aux fabuleuses richesses et ressources, serait ou aurait pour objectif d’être “expansionniste” ?...

 

 

2. Le danger permanent de la volonté hégémonique de l’Occident

 

La Russie se doit de vivre et d’être préparée à toutes les éventualités face à une volonté hégémonique de l’Occident refusant un monde multipolaire :

+ Refusant le modèle économique Russe différent du sien  (l’Etat, en Occident, est au service des intérêts de groupes privés et d’une économie de guerre) toutes les manœuvres de déstabilisation intérieure et extérieure seront systématiquement lancées à intervalles réguliers

+ Souhaitant s’emparer ainsi, directement ou indirectement, de ses richesses minières et énergétiques

+ N’admettant pas, en regard des progrès de la Russie, sa propre décadence : stagnation ou récession économique, modèle économique de capitalisme sauvage en pleine implosion, endettement extérieur élevé

+ Du fait de ses crises sociales récurrentes, dans un climat de récession économique, des dirigeants politiques corrompus amenés à se maintenir au pouvoir par la peur entretenue : la Russie étant diabolisée avec d’autres nations refusant le modèle économique occidental de mainmise du privé sur l’Etat (Chine, entre autres)

+ Dans un mécanisme de fuite en avant, sous la pression de son économie de guerre, prêt à multiplier les aventures militaires pour maintenir son hégémonie, en dehors de toute considération de respect des conventions internationales.

 

 

3. La nécessité d’un monde multipolaire

 

Face à ces menaces et pour en diminuer l’intensité, la Russie se doit de :

 

+ S’armer, sans se laisser enfermer dans une course aux armements suicidaire. Priorité étant donnée au développement économique et à l’amélioration du niveau de vie de la population

+
Multiplier les efforts pour accélérer l'émergence en cours d’un monde multipolaire, en multipliant les accords avec des organisations régionales sur tous les continents, ainsi que la participation à toutes les négociations internationales

 

+ Ne jamais s’enfermer dans une dynamique de provocation, de confrontation en donnant priorité à la concertation ou la négociation

+ Se montrer inflexible en cas d’attaque et riposter sans faiblir.

 

 

En face, l’Occident enfermé dans son sentiment de supériorité et d’infaillibilité n’a qu’une géopolitique : maintenir sa suprématie par la violence. Malgré les échecs répétés d’une telle politique. Aveugle à l’évolution du monde.

 

Si ce n’était le tragique des destructions et des tueries, l’équipée guerrière des nomenklaturas occidentales sur les frontières russes, via la Georgie, dans leur délirante géopolitique, prêterait à rire.

 

Des mégalos corrompus, dans une bousculade d’arrogance et de mensonge, avec tromblons, grosses caisses et cymbales, prétendant se livrer à …

 

La Chasse à l’Ours.

 

 

 

 

(12)  Hirschberg, Peter, Georgia’s Israeli arms point Russia to Iran, Asia-Times, 14 août 2008, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/JH14Ak02.html

(13)  Halpin, Tony, Georgian army flees in disarray as Russians advance, The Times, 12 août 2008, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article4509692.ece

(14)  En Abkhazie, se trouvaient des observateurs de l’ONU dans le cadre des conventions internationales. L’envahir dès les premières heures aurait pu créer une impression “fâcheuse”. Il convenait donc de commencer par l’Ossétie du sud, pour envahir l’Abkhazie dans un deuxième temps. Sous un prétexte quelconque…

(15)  Un des exemples dans cette hystérie Russophobe, parmi les plus pathétiques, est celui donné par le leader de l’opposition britannique (Conservateur) David Cameron. Lire, pour en rire, l’article publié par Gaby Hinsliff, paru dans The Observer du 17 août 2007 : Stop Russians coming to UK, says Cameron – Tory leader calls for diplomatic reprisals over Georgia after controversial trip to Caucasus.

(16)  Cf.: http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/JH30Ag03.html

 

 

 


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Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 04:30

 

 

 

Ils ne respectent rien … ”.

 

Ce fut le premier commentaire de nos amis Chinois, du moins ceux intéressés aux enjeux diplomatiques et géopolitiques, sereinement fatalistes devant une évidence, apprenant l’invasion de l’Ossétie du Sud par la Georgie, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Au moment même de l’inauguration des Jeux Olympiques de Pékin.

 

Référence au principe de la trêve entre nations antagonistes, telle que l’appliquaient les Grecs dans l’Antiquité, lors des jeux olympiques. “L’idéal olympique”, sensé rapprocher les peuples et atténuer les différends…

 

Mais, aussi aux traités et accords internationaux signés entre l’ONU, la “Communauté Internationale”, et les anciennes républiques qui formaient la fédération de l’URSS, pour la résolution délicate et conflictuelle des choix nationaux de cette mosaïque d’ethnies, une quarantaine, vivant dans l’immense Caucase. Avec leurs langues, leurs traditions, leurs religions. Peuples imbriqués, frères souvent ennemis, depuis des siècles.

 

Massif montagneux, carrefour de vallées. Région instable, riche d’enjeux économiques déterminants pour les décennies à venir, pétrie de violences, meurtrie par des conflits, des déportations, des génocides. Une des régions du monde actuel qui ont le plus besoin d’apaisement, de dialogue, de concorde et de paix. Sur laquelle les prédateurs viennent jeter l’huile sur le feu.

 

Attiser les haines. Diviser pour régner…

 

 

Halhin Gol

 

Il existe peu de livres en langue française sur la région du Caucase, et la Russie en général, qui ne soient pas financés par la propagande russophobe. Parmi les rares exceptions j’en conseille un, publié en 2006, pour ceux qui voudraient comprendre ce qui se passe derrière l’écran de fumée de la désinformation ambiante : A la conquête du Caucase – Epopée géopolitique et guerres d’influence. Du sérieux, bien documenté, qui présente, en plus, l’avantage de se lire comme un roman d’aventure (1).

 

Evidemment, la Georgie (2), tout le monde le sait, n’étant qu’un protectorat forgé par les occidentaux depuis l’effondrement de l’URSS, renforcé par le coup d’Etat ayant éliminé Chevardnadze, le “ils” n’était que la désignation des castes au pouvoir en Occident.

 

Les Chinois retrouvaient les inévitables interférences et pratiques pour susciter, entretenir, financer, guerres civiles et antagonismes, dans un pays ou à ses frontières. Dont eux-mêmes avaient longtemps souffert lors de l’occupation de la Chine. Et, subissent encore, au Xinjiang, au Tibet ou dans les obstacles mis par l’Occident à la réintégration de Taiwan dans la Chine. En Georgie, c’est la Russie qui était visée.

 

Priorité était donnée, par les Chinois, au bon déroulement des Jeux. Une splendide réussite. Sur tous les plans. Mais, au plus haut sommet de l’Etat, dans la discrétion, les évènements de Georgie  étaient suivis heure par heure.

 

Par une équipe pluridisciplinaire, constituant une Data Room. Compilant et analysant toutes les informations sur les manœuvres et les moyens employés dans le montage de l’agression. En liaison avec leurs homologues Russes. Aucun domaine n’y échappait : militaire (stratégie, tactique, systèmes d’armes et leur combinatoire), diplomatique (gesticulations publiques et manœuvres souterraines), désinformation, propagande …

 

Car, à l’égard de la Russie, un palier majeur venait d’être franchi en ce 21° siècle.

 

Majeur.

 

De la provocation, les occidentaux passaient à l’agression armée.

 

Jusqu’à présent, les attaques contre la Russie, depuis les entreprises de pillage et de démantèlement du pays en cheville avec les mafias sous Eltsine, se limitaient à des opérations de déstabilisation intérieure. Via des ONG “bidons” ou des “dissidents” médiatiques financés par les services spéciaux occidentaux.

 

Sur le plan extérieur, un encerclement systématique, avec pour bras armé l’OTAN, justifié auprès de l’opinion publique occidentale par d’intenses campagnes russophobes, appuyant des provocations par l’implantation de missiles à longue portée dans des Etats d’Europe centrale frontaliers de la Russie, par la pression dans l’urgence pour inclure l’Ukraine et la Georgie dans l’OTAN, et autres manœuvres d’harcèlement… Alors que l’équivalent de l’OTAN soviétique, Le Pacte de Varsovie, a complètement disparu.

 

La Chine est bien placée pour savoir que sa déstabilisation, sa partition même, sont programmées avec détermination par les occidentaux. Malgré leurs semblants de bonnes intentions hypocritement diplomatiques. Comme pour la Russie. D’où son intérêt dans l’examen attentif des rouages de cette opération.

 

La propagande occidentale n’a cessé de justifier son agression militaire antirusse, à partir de la Georgie, comme étant “ l’anti-Munich” (3). Ce qu’il aurait été courageux d’accomplir quand Hitler s’est emparé de la Tchécoslovaquie, au lieu de signer les accords de Munich en septembre 1938...

 

Mais, Russes et Chinois se réfèrent, s’agissant de la même époque, aux pressions et agressions japonaises contre la Russie soviétique. Le Japon, visant les immenses richesses pétrolières et minières de la Sibérie, avait provoqué et attaqué les soviétiques aux frontières de la Mandchourie et de la Mongolie, pour tester leur capacité de résistance. Sous le commandement du futur maréchal Joukov, cette tentative se termina par l’écrasement des japonais lors de la bataille de Halhin Gol du 31 août 1939. Suivi d’un cessez-le-feu le 15 septembre suivant.

 

La Chasse à l’Ours” avait tourné au désastre, avec un effet secondaire capital : l’armée de terre japonaise, dominant la pensée géostratégique de l’Empire Japonais, perdit son influence au profit de la marine qui réorienta l’expansion militaire vers le Pacifique, au lieu de l’intérieur du continent asiatique et de la Sibérie…

 

Sans aller jusqu’à retracer dans le détail la chronologie de “La Chasse à l’Ours” occidentale en Georgie, retenons quelques faits marquants pour comprendre les points d’ancrage actuels de la géopolitique Russe. Et, en contrepoint, l’aveuglement géopolitique occidental.

 

 

 

 

Le Masque

 

L’agression armée occidentale, du mois d’août 2008, s’est avancée masquée. Derrière l’écran de la Georgie. Authentique colonie occidentale, gérée par les USA et leurs auxiliaires israéliens. Il y a, en effet, en Georgie une communauté de 12.000 personnes environ, possédant la double nationalité israélienne et géorgienne (4).

 

Communauté très influente, plusieurs de ses membres sont ministres du gouvernement géorgien, et très active dans le Business : commerce des armes notamment, immobilier, sociétés de sécurité ou de conseillers militaires, et établissements de jeux. Avec tout ce que cela suppose ou entraîne comme activités secondaires…

 

Régime de protectorat ou de colonie, officiellement entériné depuis 2002 (5). Militairement, le pays avait perdu son indépendance de facto lors de la signature des accords militaires signés par Chavernadze, cette année là, avec les USA. En contrepartie d’une aide financière, pour “sauver” son pays englué dans un endettement gigantesque alimenté par une corruption endémique dont les nomenklaturas occidentales, pas seulement les marchands de  canons, sont les principaux  bénéficiaires.

 

Un doute ?...

L’accord militaire signé entre les deux Etats est léonin : il donne un droit d’entrée sans visa aux soldats des forces américaines sur le territoire georgien. Les militaires américains disposent également du droit de porter une arme à feu personnelle, un privilège interdit aux soldats géorgiens eux-mêmes, et bénéficient de l’immunité diplomatique. Les avions et les véhicules militaires américains peuvent pénétrer dans l’espace aérien ou sur le territoire national sans taxe ni inspection. Enfin la Georgie ouvre ses aéroports au transit des appareils de l’US Air Force vers l’Irak et s’engage à fournir elle-même un contingent à la coalition proaméricaine en guerre contre Bagdad.” (6)

 

A cela s’ajoutait un volet économique interdisant, de façon plus ou moins voilée, tout investissement Russe en Georgie. La libre concurrence n’étant qu’un mythe chez ses prêcheurs… Chevardnadze, soucieux d’un rééquilibrage nécessaire à l’indépendance et à la modernisation de son pays, veut passer outre :

Fin juillet (2003), il signe un accord de livraison de gaz avec le géant Gazprom valable vingt-cinq ans ; après quoi, le 7 août, il annonce la vente de la moitié du réseau d’électricité du pays à la société russe UES. La nouvelle entreprise mixte créée pour l’occasion appartiendra pour les trois quarts aux Russes d’UES et pour un quart à l’Etat géorgien” (7).

 

 La foudre s’abat :

 “… le 25 juillet 2003 le FMI exige une réduction immédiate du déficit budgétaire de 65 millions de dollars, ainsi qu’une hausse des impôts et des tarifs de l’électricité” (8).

 

L’étranglement. Le coup d’Etat est lancé. Intitulé La Révolution des Roses, pour faire soft dans les plans médias de la propagande occidentale. Etranglement financier, blocage des comptes, campagne de corruption et de communication à l’encontre de Chevardnadze. La démolition est en marche avec les inévitables ONG-CIA, radios “privées” aux financements occultes, distribution de dollars (en espèces) aux manifestants, aux milices et aux mafias locales. Toute la caisse à outils des coups d’Etat “new look”…

 

Chevardnadze, dépassé, isolé, est éjecté. Remplacé, en décembre 2003, par Saakachvili. Ancien avocat américain, membre du cabinet new-yorkais Paterson. Il possède la double nationalité américaine et géorgienne. Saakachvili ?... La docilité incarnée.

 

Et, soudain : le miracle ! L’avalanche ! Le torrent d’argent se déversant sur la Georgie est impressionnant !  Au point qu’en mai 2004, les USA assurent un cinquième du budget de l’Etat géorgien. Le FMI, oubliant subitement ses manœuvres de strangulation du temps de Chevardnadze, accorde 144 millions de dollars d’aide. L’UE obéissant aux ordres, en bon vassal, en accorde 150 millions.

 

Sans compter divers programmes privés américains, aux obscures ramifications, tel le Millenium Challenge Account, rajoutant des montants équivalents. Par habitant, la Georgie est désormais le pays le plus fortement alimenté en aide américaine et internationale, au monde, après Israël.

 

Encore plus fort :

Lors de la conférence internationale consacrée à la Georgie qui se tient le 16 juin 2004, une surprise de taille se produit : la Banque Mondiale et les grands donateurs offrent un milliard de dollars, une somme plus de deux fois supérieure à celle demandée par le gouvernement géorgien. De mémoire de banquier international, on n’a jamais vu ça.” (8)

 

Une pluie de dollars et d’euros… “Son budget a plus que doublé…” (9). Mais, pour ne pas changer dans ce type d’aides, le pays reste aussi pauvre et corrompu. Pourquoi s’étonner ?... Le budget militaire “officiel”, en un an (2004-2005), est plus que quadruplé. En fait, l’augmentation exponentielle des aides est massivement basculée dans les poches des marchands d’armes.

 

La corruption s’en trouve renforcée. Santé, éducation, solidarité avec les démunis et les précaires ?... Pas possible : les caisses sont vides ! Le pauvre reste pauvre. La Georgie, mine d’or pour les corrompus et les marchands de canons, s’arme jusqu’aux dents.

 

Bref, la Georgie n’a d’indépendance que le nom. Véritable enclave occidentale ou colonie. Porte-avions en plein Caucase. Vocation ?... Surveiller les oléoducs, exercer une pression armée sur la Russie aussi bien que sur l’Iran, bouter progressivement la Russie hors du Caucase. Il ne restait qu’à en tester l’efficacité…

 

 

La Préméditation

 

Tout avait été préparé, programmé, planifié. Depuis des mois. Méticuleusement.

 

La Georgie, devait annexer définitivement l’Ossétie du sud et l’Abkhazie qui depuis l’éclatement de l’URSS souhaitaient leur rattachement à la fédération Russe, la Communauté des Etats Indépendants (CEI). Contrairement aux tracé des républiques décidé, en son temps, par Staline le Georgien. Maître tout-puissant de l’URSS, il avait agrandi sa terre natale en lui rajoutant d’un trait de crayon : l’Abkhazie et une partie de l’Ossétie. Dénommée, depuis : Ossétie du sud.

 

Le fondement stratégique de l’opération reposait sur une action militaire foudroyante, avec deux composantes  essentielles : une surprise totale des Russes et leur paralysie face aux intenses campagnes de diabolisation du pays et de ses dirigeants.

 

Les aides colossales à l’échelon de la Georgie, engrangées depuis les cinq dernières années, ont servi en premier lieu à des achats massifs d’armement ultramoderne vendu par les principaux fabricants d’armes occidentaux : missiles de tous calibres et de tous usages (anti-aériens, en particulier), blindés, artillerie, systèmes d’armes électronique, optronique, drones, transmission et surveillance, appareils de vision nocturne, informatique militaire. Israël, à lui seul, en a vendu “officiellement” pour plus de US $ 200 millions. Tout l’arsenal d’une armée “dernier cri”.

 

A cet arsenal correspondaient des investissements sans compter, pour le plus grand profit des sociétés de construction liées au pouvoir mafieux, dans l’édification et l’agrandissement de bases militaires. Budgets et appels d’offres, contrats, comme toujours dans ce genre de Business, largement surévalués et sans contrôle des coûts de revient effectif… Que voulez-vous ?... Il faut bien caser tout cet arsenal et accueillir leurs utilisateurs !…

 

En plus, il convient de les former, de les encadrer. Là, encore, les budgets de “formation” explosent. Les “conseillers” militaires occidentaux sont envoyés en nombre. Pour l’essentiel américains et israéliens. Plus d’un millier d’instructeurs israéliens encadraient l’armée géorgienne, tout spécialement au niveau de son état-major, à la veille du conflit.

A cette dispendieuse préparation militaire, s’ajoute la planification de l’opération militaire. Une préparation militaire gérée par des conseillers militaires israéliens et américains, avec le général israélien Gal Hirsch à leur tête (10). C’est un des stratèges de l’invasion du Liban en juillet 2006, qui avait vu la destruction de l’intégralité des infrastructures du pays et le largage de milliers de bombes à sous–munitions qui explosent encore de nos jours. Il avait quitté l’armée israélienne à la suite des résultats de la Commission Winograd qui l’avait accusé d’incompétence …


Il est vrai que les stratégies actuelles, israélienne et américaine, sont des plus primaires. Pas besoin d’un génie : bombardement massifs, notamment d’infrastructures civiles (parmi les bombardements les plus déments : usines de conditionnement de lait au Liban ou stations d’épuration d’eau en Irak…), suivis d’un assaut de troupes surarmées face à des civils sans armes. Ou du moins, lorsqu’ils sont armés, avec un différentiel en qualité d’armement qui fonde la supériorité des troupes d’invasion.


Le bombardement de Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du sud, était donc essentiel pour en chasser les habitants et terroriser le reste de la population. A la suite de ce massacre, le nettoyage ethnique contre les populations Ossètes et Russes se mettrait en route de lui-même.


Un point avait été spécialement peaufiné. Pour neutraliser toute intervention de l’aviation russe, avait été mis en œuvre un système très sophistiqué de liaisons par satellite militaire, spécialement positionné au-dessus de la zone de guerre, pour gérer les batteries de missiles anti-aériens.


Dans les configurations classiques, les batteries antiaériennes sont équipées de radars pour repérer les avions ennemis et guider les missiles vers leurs cibles. Ce qui les rend vulnérables aux contre-mesures électroniques. Il existe même des missiles air-sol antiradars. L’emploi d’un satellite militaire pour ce repérage et guidage, permettant de se passer de radars au sol, rendait les avions russes vulnérables, dès leur décollage, et les batteries pratiquement invisibles. Très efficace.


Pour affiner l’organisation d’ensemble, un galop d’essai avait été organisé. C’est ainsi que trois semaines avant l’attaque surprise, à la mi-juillet 2008, des manœuvres avaient rodé l’appareil militaire et surtout la coordination interarmes. Rien que du beau monde dans ces manœuvres : plusieurs membres de l’OTAN, et aux côtés de la Georgie, l’Ukraine. La France, bien sûr, y a participé… Des manœuvres complémentaires entre la Georgie et les USA se sont, même, tenues à partir de la base militaire de Vaziani, à moins de 100 km des frontières de la Russie.


Cerise sur le gâteau : il était prévu d’opérer, par les autorités ukrainiennes, un blocus du port militaire russe de Sébastopol dans la province de Crimée, se trouvant pour le moment dans l’Ukraine actuelle, sous forme d’un bail locatif (11). Sous prétextes d’un embargo militaire pour calmer le conflit en cours… Profitant du désarroi probable des Russes devant l’attaque-surprise, renforcée d’une campagne d’intimidation des pays de l’OTAN.

 

L’agression était soutenue sur le plan médiatique par une écrasante campagne de propagande antirusse mobilisant tous les médias. Longuement élaborée avec ses déclinaisons thématiques décrivant les Russes comme d’implacables “agresseurs”, “revanchards”, “expansionnistes”, “ivres de conquêtes”, “destructeurs de démocraties”, qu’il convenait, bien évidemment, de condamner énergiquement. Mobilisant toutes les ressources médiatiques et académiques. Avec, bien sûr, les inévitables “spécialistes” de la Russie portant des noms à consonance russe, ou slave, pour conforter la crédibilité de leurs propos russophobes. Selon un argument central : montrer sa détermination en muselant L’Ours Russe

 

Suprême raffinement : le déclenchement de l’opération devait s’opérer au moment du lancement des Jeux Olympiques à Pékin, en pleine période estivale. Plusieurs avantages : l’opinion publique internationale aurait l’attention détournée par l’évènement sportif. Poutine, le premier ministre, serait absent de Moscou pour représenter la Fédération Russe à Pékin, et le président Medvedev serait en vacances dans la résidence officielle de Sotchi.

 

Seul défaut de cette stratégie : considérer pour acquis l’acceptation par les Russes, sous le choc de l’attaque-surprise et des campagnes d’intimidation, du fait accompli.

 

 

 (A suivre...)

 

N.B.  Mille excuses auprès de mes lecteurs : j'ai été contraint de scinder cet article en deux, du fait du blocage de sa publication par l'hébergeur. Motif : "trop long"... Comme je le dis dans un commentaire : Patientons, nous n'en sommes qu'à la préhistoire d'internet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Hoesli, Eric, A la conquête du Caucase – Epopée géopolitique et guerres d’influence, Editions des Syrtes, 2006, 685 pages. Résultat d’une dizaine d’années de travail et de nombreux séjours dans le Caucase, avec une excellente cartographie. Lire, notamment, la sixième partie : “La lutte pour le contrôle des richesses pétrolières” (p. 505 – 612). L’auteur, Suisse, exemple de journalisme de rigueur et d’honnêteté, que nous n’avons plus en France, dirige les plus grands journaux de son pays.

(2)   La Georgie a donné à l’URSS plusieurs de ses dirigeants. Avec leurs qualités et leurs défauts… Staline, né à Gori d’un père Géorgien et d’une mère Ossète. Ou encore, Beria, son implacable ministre de l’intérieur et de la police, grand pourvoyeur des goulags, né aux environs de Soukhoumi en Abkhazie. Plus récemment, un de ses plus influents ministres des Affaires Etrangères, Chevardnadze. Après l’éclatement de l’URSS, élu à la tête de la Georgie, les occidentaux le remplaceront par Saakachvili.

(3)   Parmi les articles d’une russophobie abyssale sur ce thème de propagande, lire l’article paru dans Le Monde du 20-08-08 : Pusillanimité occidentale face à la Russie. Par Françoise Thom, présentée comme «  historienne, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris IV - Sorbonne ». Savoureux !  Du fanatisme “ziocons” pur sucre. Pauvre Sorbonne, se dit-on. Du niveau des publications de l’American Enterprise Institute

(4)   Zarchin, Tomer et Blumenkratz, Zohar, We’ve reached a safe haven – say Israelis returning from Georgia, article du journal israélien Haaretz du 13 août 2008, http://www.haaretz.com/hasen/spages/1010833.html

(5)   Dès 1998, profitant des énormes problèmes économiques et sociaux de la Russie, les USA sous Clinton renforcent l’axe Turquie – Georgie - Azerbaïdjan, réactivant l’organisation régionale à dominante militaire intitulée GUAM (Georgie - Ukraine- Azerbaïdjan - Moldavie).

(6)   Hoesli, Eric, Op. Cit., p. 606.

(7)   Hoesli, Eric, Op. Cit., p. 607.

(8)   Hoesli, Eric, Op. Cit., p. 608.

(9)   Hoesli, Eric, Op. Cit., p. 609.

(10)  Melman, Yossi, Georgia Violence – A frozen alliance, Haaretz, 10 août 2008. De plus, un accord secret avait été conclu entre Israël et la Georgie pour la concession de deux bases aériennes devant servir aux bombardements de l'Iran par l'aviation israélienne : http://www.washingtontimes.com/news/2008/sep/04/israel-of-the-caucasus/

(11) Dreyfus, François-Georges, Une histoire de la Russie, Editions de Fallois, 2005,  cf.chapitre “Poutine le temps de la reconstruction”, p. 253 :

La crise ukrainienne de l’automne 2004 n’a pas réchauffé les relations Moscou - Washington et a refroidi un  temps les relations avec Berlin. Pour les Russes, et historiquement ils n’ont pas tort, l’idée d’un Etat ukrainien repose sur un mythe, il n’y a jamais eu d’Etat ukrainien dans l’histoire : le particularisme ukrainien ne s’est vraiment développé qu’à l’ouest du Dniepr du temps des occupations austro-allemandes ou de l’autoritarisme tsariste après 1860. Il renaît après 1990, soutenu cette fois-ci par l’Etat polonais, qui veut établir un glacis entre la Russie et la Pologne, avec l’appui des Etats-Unis toujours en tête, pour déstabiliser la Russie. Cette politique contribue vraisemblablement à renforcer l’influence de Poutine sur le peuple russe : aux yeux du Russe moyen, Kiev est une ville russe !”


 

 

 

 

Caricature : de Steven Bell, publiée dans The Guardian le 15 août 2008. Avec Bush portraituré en singe bafouilleur, sautillant aux pieds de L’Ours symbole de la Russie, mélangeant, avec à propos pour une fois, “irrational” et “international” pour qualifier la “Communauté Internationale” …

 

 

 



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Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /2007 10:36

Les gens sont méchants…
 
Sarko--Groggy.jpg  Nous avons tous vu cette vidéo de Sarkozy, au sommet du G8, lors de sa conférence de presse. Images censurées, évidemment, sur les principales chaînes de TV officielles. Arrivant essoufflé, lui le jogger endurci, hagard, bafouillant, cherchant ses repères, perdu, sonné. Groggy.
 
Il sortait de sa réunion avec Poutine…
 
"Bourré", "drunk", "… il n’avait pas bu que de l’eau…", "... avec les russes, c’est normal, ils carburent à la vodka…". Tels étaient les commentaires récurrents sur le web.

Les gens sont vraiment méchants !... Sarkozy ne boit pas d’alcool.
Poutine, non plus.
 
Alors, pourquoi était-il "groggy" à ce point ? 
 
Je vais vous le dire : il venait de se prendre la plus grande paire de baffes de sa vie. Un aller-retour. Bref, mais bien appuyé. Voilà pourquoi il était sonné.
 
La première baffe : celle du représentant d’une grande nation qui entend ne pas être traitée comme un voleur de poulet. Elle n’a de leçons à recevoir de personne et certainement pas de pays qui ont, dans leur politique étrangère notamment, à balayer devant leur porte, avant de donner des leçons à tort et à travers...
 
Sarkozy, le tribun démagogue, entouré de courtisans, milliardaires magouilleurs et de leur domesticité que sont les politiciens serviles. Lui, le tribun mégalomane, le mépris et l’arrogance dans l’âme, encensé par les dictateurs corrompus et aux ordres, adoubé par les vassaux de l'extrême-droite américano-israélienne, il se trouve, soudain, face à un Homme d’Etat. Un Grand. Le choc. Qui le lui fait comprendre, calme, droit dans les yeux. La Russie n’est pas l’arrière-cour du colonialisme occidental.
 
La deuxième baffe, le retour : une leçon de géopolitique. Celle d’un Homme d’Etat plein de commisération à l’égard d’un pays, et de ses petits copains européens, incapables d’avoir une vision, une politique, une action indépendantes de celles des va-t-en-guerre, sclérosés dans une logique de domination, de confrontation, de déstabilisation, de destruction, appartenant aux siècles antérieurs.
 
Navré, devant l’incapacité de la France de manifester la moindre indépendance à l’égard de ces "néocons", que Poutine considère comme d’authentiques voyous : hyper violents, menteurs, pervers, corrompus.
 
Poutine lui a dressé, clairement, car il est un spécialiste en géopolitique, le tableau de l'évolution actuelle des rapports de forces dans le monde, et leurs conséquences, dans les décennies à venir. Et, combien, il était regrettable de voir la France, au nom de ce que furent son Histoire et sa Grandeur, s’associer à toutes les horreurs et les violences actuelles : des centaines de milliers de morts, des torturés, des destructions sans nombre et sans nom. Une France incapable d’avoir une voix forte, indépendante, militant pour la paix et le dialogue.
 
Groggy…
 
Politique fiction ?...


 

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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /2007 10:44


Un spectacle qui me ravit, c'est celui des grandes orgues de la propagande.

Entendre et voir tous ces médias à l’unisson, sans fausse note, au même instant, soufflant, sous les doigts de leurs maîtres, dans les tuyaux vides du mensonge et de la calomnie : fascinant !… Les partitions changent. Mais, connaissant son public, comme tout bon organiste, la propagande va et vient sur les classiques de son répertoire. Poutine, est une de ses partitions favorites. C’est, aussi, une de mes mélodies préférées…

Mélodie, de la complicité politique et médiatique, dans cette relation fusionnelle de la manipulation de l’information, au service des intérêts économiques de leurs commanditaires. A lire, écouter tous ces médias et politiciens, Poutine serait un monstre. Ne respectant aucune des libertés publiques élémentaires, pratiquant l’assassinat politique, méprisant les règles d'or d’une économie libérale qui est censée servir de trame aux relations internationales, etc.  Bref, c’est tout juste si Poutine n’a pas remplacé Staline dans la représentation, les stéréotypes et les postures "démocratiques" des médias occidentaux.

Poutine serait : Frankenstein !...

Ce déchaînement sonore est trop fort pour ne pas dissimuler, en contrepoint, des mouvements plus subtils. Livrons nous à un petit exercice de musicographie, et décryptons ces belles envolées… Décrypter est un régal !

En fait, la fureur de cette campagne de désinformation est fondée sur la frustration occidentale à l’encontre de la volonté d’un homme, s’appuyant sur une nouvelle génération de responsables russes, décidé à sortir la Russie de la profonde crise de la fin du XX° siècle. La conséquence immédiate est que les immenses projets de prédation, planifiés par le Big Business occidental à la suite de l’effondrement du régime communiste se sont, malgré d’excellents débuts, trouvés rapidement bloqués par un homme : Poutine. D’où les campagnes hystériques se crispant sur cinq dénis :



1. Le déni d’un homme.
 

Tout opposant à l’hégémonie occidentale a droit automatiquement au qualificatif de "terroriste", dès lors qu’il possède un pouvoir potentiel de résistance. Difficile de mettre Poutine sur une de ces listes.  Alors, le plus simple est de le faire passer pour un criminel. Rien que cela… Autocrate et assassin.

Frankenstein, vous dis-je !

Pourtant, c’est un homme qui a été régulièrement élu à la tête de son pays, dans un gouvernement légitime. A deux reprises. Et les sondages, y compris ceux supervisés par l’université d’Aberdeen (Ecosse), montrent un taux moyen de satisfaction de ses concitoyens, par rapport, à son action de 70%, en moyenne. Il n’y en a pas beaucoup sur cette planète…

Il pratique couramment plusieurs langues, dont l’allemand qu’il maîtrise parfaitement. De même que tous les rouages de la Géopolitique. Gros travailleur, il connaît ses dossiers sur le bout des doigts.

Il est vrai qu’il a tout pour agacer : il ne boit pas, ne fume pas. Ceinture noire de judo, il le pratique tous les matins, une heure, avant de commencer à travailler. Pire : il est d’une rigoureuse intégrité. L’horreur : il se fait une haute idée de l’indépendance et de l’avenir de son pays !...

Atypique. Nos "Al Capone" dirigeant la « Communauté Internationale », et protégeant les pires dictatures en Afrique, en Amérique du sud ou au Moyen Orient, n’en peuvent plus !…  Poutine ?  Un « Chavez » cool… Il ne manquait plus que cela… Un cauchemar !



2.
Le déni d’un redressement politique
.

La stratégie de l’Occident, à la chute du communisme était de faire éclater l’ex-URSS en une multitude d’Etats, d’entretenir des conflits à ses frontières pour la paralyser, et de piller les énormes ressources de son sous-sol en installant et protégeant des gouvernement corrompus. A l’exemple de ce qui se fait de mieux sous d’autres latitudes. Cela a failli réussir, comme le montre très clairement Joseph Stiglitz
(1) : l’instabilité économique associée à une corruption organisée et à la mise en place d’une mafia, servant d’intermédiaires aux intérêts occidentaux, a provoqué une violente régression de la Russie. Ce grand pays était au bord de l’anarchie…


i)
Le pillage occidental par le biais de la mafia russe


En fait, les privatisations accélérées, imposées par l’Occident via la Banque Mondiale et le FMI
(2), n’avaient pas pour objectif de créer, ou de développer une classe moyenne mais de faire acheter, par les multinationales, pour une bouchée de pain l’essentiel de la richesse du pays : pétrole, gaz, mines (fer, charbon, or, diamant, etc.). Cette opération comportait deux étapes :

=> achats (ou "privatisations", par euphémisme...) par des mafieux à prix ridicules et, la plupart du temps, à crédit et sans apport de fonds personnels...

=> rachats ensuite par des entreprises occidentales des parts à prix ridicules, aussi, mais qui, à l’échelle des transactions, constituaient des fortunes colossales pour des personnes privées.

C’est ainsi que sous Eltsine, des pans entiers des ressources russes ont été bradés à des mafieux, moyennant commissions. Certains, par la suite, s’apprêtant à céder leurs possessions nouvellement acquises avec une confortable marge, notamment dans le gaz et le pétrole, aux grandes multinationales. La Russie allait ainsi voir l’essentiel de ses richesses rachetées à vil prix et possédées par des intérêts étrangers. Schéma classique des privatisations dans la plupart des pays en développement qui n’ont pas la taille critique pour résister. Mais, la Russie n’est pas le Nigeria, l’Arabie Saoudite ou le Gabon...

ii)  L’arrêt du pillage.

Succédant au gouvernement « ultracorrompu » d’Eltsine, la première tâche de Poutine fut de mettre un terme à ce pillage à grande échelle du pays. Il fallait museler la grande mafia en cheville avec les multinationales étrangères. Certains de ces mafieux ont pu être arrêtés, jugés et les transactions en cours bloquées. Ce qui a fait hurler les anglo-saxons au nom du "libéralisme économique"
(3), des droits  de l’homme et autres indignations "démocratiques"…  La réaction allait être brutale. Du "grand ami" de l’après 11 Septembre, Poutine, allait immédiatement devenir l’homme à abattre.

Dans ce nettoyage, toujours en cours, un des plus brillants et des plus efficaces collaborateurs de Poutine, Andrei Kozlov, a été assassiné
(4). Il avait retiré les licences d’exploitation à 95 banques russes spécialisées dans le blanchiment de ce pillage. Il était en train de décortiquer les implications des multinationales de l’énergie dans le pillage et les détournements de fonds. Malgré cette guerre souterraine et les opérations de déstabilisation organisées par les occidentaux, avec une campagne de dénigrement à l’échelon international, Poutine et son équipe tiennent bon.


iii)
La protection de la mafia russe par les occidentaux.  

Beaucoup de ces gangsters de haut vol se sont réfugiés en Occident, notamment à Londres, où, protégés par la City (milieux financiers) qui gouverne le pays, ils mènent grand train de vie. Cette "protection" atteint des sommets inconnus jusqu’alors.

Exemple : L’un des plus riches, Boris Berezovski, dont la fortune est estimée à environ 2 milliards de $, réfugié à Londres, bénéficie du statut de "réfugié politique"  en tant qu’ "opposant politique"…  Il vient publiquement d’annoncer qu’il finançait un renversement du gouvernement russe par la force !
(5) La Russie demande son extradition pour une multitude de détournements de fonds, notamment au détriment de la compagnie aérienne Aeroflot. Bien sûr, Londres, qui n’hésite pas à envoyer ses ressortissants britanniques à Guantanamo, refuse cette extradition sous prétexte du respect des droits de l’homme….

Imaginons un gangster milliardaire proférant les mêmes menaces, à l’encontre de Blair ou de Bush, ou de tout autre chef d’Etat élu en toute légalité, alors qu’il serait réfugié en Russie. Impensable !  Mais, le contraire pour les Prédateurs : oui.


3. Le déni d’un redressement économique. 

Délibérément, la Banque Mondiale et le FMI avaient imposé des privatisations accélérées en ignorant une règle de base : avant toute restructuration et privatisation, il est indispensable de mettre en place des organes de contrôle et de régulation indépendants et incorruptibles. Poutine, malgré les difficultés dont l’assassinat de Kozlov donne une idée de l’ampleur, y travaille sans relâche. La hausse des prix du pétrole et du gaz, jointe aux actions d’assainissement de Poutine ont permis à la Russie de rembourser, par anticipation, la totalité de sa dette extérieure. Qui dit mieux ?

La Russie, sous son impulsion, a progressivement renégocié tous les contrats de cession, tant des droits d’exploration et des ventes de ses ressources, avec les multinationales. Dans un rapport d’égal à égal. Un des cas emblématique est l’exploitation des gisements de Sakhaline, projet de plus de 22 milliards de $ que la Russie a renégocié tant avec les compagnies pétrolières, notamment la Shell, qu'avec le consortium des banques internationales (200 banques). Tout cela a rendu fortement impopulaire Poutine au sein de la puissante "communauté financière internationale"…

La Russie a réussi, dans le même temps, à bloquer une des plus grandes catastrophes écologiques (6) qu’allaient accomplir ces compagnies pétrolières dans leur exploitation de la presqu'île de Sakhaline. Détruisant une région entière, à l’exemple des ravages qu’elles ont provoqués au Nigeria.

Frankenstein, vous dis-je !


4.  Le déni d’une Politique étrangère indépendante.

L’union Européenne n’a aucune politique étrangère, si ce n’est de suivre à la lettre les diktats et les aventures guerrières de l’extrême-droite américaine et israélienne. Ce n’est pas le cas de la Russie qui pense qu’un monde unipolaire, dominé par une "hyper puissance" n’est pas l’avenir de l’humanité. Une soi-disant fraction de l’humanité qui dirigerait, sous prétexte qu’elle serait supérieure aux autres, le reste du monde est un modèle qui n’est pas viable.

De plus, Poutine est contre l’attitude occidentale qui privilégie la menace et l’affrontement, au dialogue et à la coopération.  D’où son rôle modérateur dans le traitement des problèmes complexes de la Palestine, du Moyen Orient en général ou de la gestion mondiale de l’énergie. Philosophie politique incompatible avec celle des "néocons".

Dans une formidable action géopolitique, Poutine, s’est rapproché de la Chine, avec qui il a fondé le SCO (7). Lequel va, outre les Etats fondateurs, intégrer à terme : l’Inde, le Pakistan, la Mongolie et… l’Iran ! Se profile, donc, en Asie Centrale, une superpuissance indépendante, capable de résister aux volontés hégémoniques des anciennes puissances coloniales du Moyen Orient et de l’Asie. Et, surtout de résister aux incessantes manœuvres financières, capitalistiques, et militaires  de l’Occident…

Frankenstein, vous dis-je !


5.  Le déni d’une marche vers un Etat libre et démocratique.

Poutine, sait très bien que, pour le déstabiliser, les services spéciaux occidentaux sont prêts à faire assassiner leurs propres agents en Russie… Pour l’accuser, ensuite, d’assassiner ses opposants. Quand on a 70% des russes qui sont pour vous, il est nul besoin de faire assassiner des opposants "médiatiques" (journalistes, et autres figures de composition...) qui émargent, la plupart, sur les livres de paye des services secrets occidentaux, via des associations "bidon". Il connaît trop bien les combats de l’ombre...

La Tchétchénie, me direz-vous ?  Il y travaille. Il a hérité de ce dossier, où la mafia s’est, là encore, longtemps et considérablement enrichie (8), de concert avec les trafiquants d'armes et de pétrole occidentaux. Sachant, là aussi, que via la Georgie frontalière, que les USA veulent faire rentrer à tout prix dans l’OTAN, c’est un flux incessant d’argent et d’armes dans les poches des chefs de guerre pour maintenir une guerre civile à ses frontières. Les mêmes qui ont écrasé sous les bombes Palestine, Irak, Afghanistan ou Liban viennent, à présent, l’entraver dans la recherche de la paix en Tchétchénie. Il y arrivera. Le temps joue en sa faveur…

Entre-temps, la liberté d’expression ne cesse de se développer. En 2000, en Russie, il y avait 20 000 journaux et publications. En 2007, il y en a 46 000. A cela s'ajoutent, 25 millions d’internautes qui peuvent accéder, sans censure, à toutes les informations disponibles sur le net. A cela s’ajoutent encore, les 3 200 société de TV et radios, dont l’Etat ne contrôle que 10% (9).  Alors, qui dit mieux ?


Poutine : Frankenstein ?

C’est, tout simplement : un Homme d’Etat.  Un « Grand »…

Désolé pour les Prédateurs…







(1)  Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Economie 2001).
Globalization and its discontents’, Chapter 5 : Who Lost Russia ?, Penguin Books, 2002.
(2)  Joseph Stiglitz. Op. Cit.
(3)  Les principaux supports de la propagande du Big Business débordent de ce type d’articles enflammés : The Economist (UK), The Financial Times (UK), The Wall Street Journal (USA). On les retrouve en  “copier-coller”, chez nos « journalistes-économistes » français…
(4)  Macalister, T., Cobain, I., Tisdall, S., ‘Diplomatic rift as says : give us Berezovsky – Fresh Warrant issued and new inquiry into remarks about overthrow of Putin’, The Guardian, Jeudi 19 Avril, 2007.
(5)  Assassiné le 13 septembre 2006, avec son chauffeur.
Il était, à sa mort, Vice Président de la Banque Centrale Fédérale Russe. Il avait 41 ans. Parlant couramment anglais et allemand. Il était père de trois enfants.
(6)  Voir, le formidable travail d’investigation des ONG sur Sakhaline, notamment le rapport :
Van Gelder, J.W. (2006), ‘Involvment of Credit Suisse in the Global Mining and Gas Sectors – A research paper prepared for Berne Declaration and Greenpeace Switzerland’, Profundo, Hollande, Juin 2006.
(7)  Le SCO (Shanghai Cooperation Organization) est une organisation intergouvernementale dont les langues de travail sont le chinois et le russe. Elle a été fondée, le 15 juin 2001, par la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kyrgystan, le Tajikistan et l’Ouzbekistan.
(8)  Sous Eltsine et ses prédécesseurs, ce conflit était exclusivement géré, y compris sur le plan militaire et avec ses propres troupes, par le Ministère de l’Intérieur… Les enrichissements personnels des gestionnaires de ce conflit, dans les détournements de fonds et les trafics d’armes et de pétrole des différentes mafias, étaient longtemps sans limite…
(9)  Dimitry Peskov, The Guardian, Lundi 16 Avril 2007.

Crédit photos Poutine :   Tickets of Russia.  La photo du milieu est celle d'Andrei Kozlov.

 

 


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