Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes... Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...

 

 

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Massacres et tortures des manifestants à Bahrein

 

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Juin 2011. La poétesse Bahraini Ayat al-Qurmezi, 20 ans, dénudée, violée, battue avec des câbles électriques, torturée pendant des heures pour avoir, dans un poème, "revendiqué" La Liberté et La Dignité pour son pays. Condamnée à 1 an de prison sévices, par les "tribunaux" de la dictature avec le soutien de l'ONU...

Sous la pression internationale, elle a été libérée et placée en résidence surveillée, le 13 juillet 2011. "Libérée", mais brisée...


 


 

Economie et Ploutocratie

Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 18:45

 

 

En ce mois de novembre, en France, chasse haletante à “La Baleine Blanche”…

 

Dénommée : “l’EPR”. Abréviation d’un type de réacteur nucléaire modernisé, par rapport aux précédentes centrales, aux évolutions sémantiques illustrant les errements conceptuels du projet, passant d’European Pressurized Reactor à Evolutionary Power Reactor pour séduire le marché américain. Impossible de résister au délice d’en étendre la déclinaison dans le titre de ce billet…

 

Battage médiatique dissimulant action implacable des plus puissants lobbies du pays, le “débat” sur la centrale atomique EPR de Flamanville (1) en cours de construction (une autre, de même type, est en projet à Penly près de Dieppe), aux multiples retards et dépassements de budgets, fut l’occasion pour tous les politiciens de se donner le beau rôle. A en croire leur ego en béton armé : des héros du sens des responsabilités, des visionnaires infaillibles du futur de nos collectivités…

 

Tout en multipliant, sans aucune gêne, publiquement, cyniquement, les “arrangements électoraux”. Sur la place médiatique, s’échangeant des morceaux de gras taillés dans la bête à peine harponnée… Jusqu’aux partis “écologistes” aux états-majors négociant, avec d’autres partis, octroi et partage de circonscriptions électorales pour les prochaines élections législatives qui suivront les présidentielles de 2012. (2)

 

Quelle virtuosité dans l’anticipation !... Pendant que les militants de base luttaient, au même moment, sous les coups de matraque et dans les gaz lacrymogènes de la violence policière, contre le convoyage par train de « déchets radioactifs » traversant la France vers l’Allemagne.

 

Ces mêmes partis, brandissant bannière de la “Moralisation de la Vie Politique”...

 

En fait, spectacle de la pire régression vers des mœurs d’Ancien Régime. Se faire accorder des circonscriptions électorales comme des fiefs par son suzerain, en contrepartie d’une vassalité assumée… Désigné par l’euphémisme de “parachutage”, qui n’est qu’une modernisation de pratiques féodales. A l’exemple des Boss de la Mafia se répartissant les quartiers d’une ville.

 

Quel parti politique inscrira à son programme une suppression définitive de ces comportements indignes d’une démocratie ?...

 

Réforme exigeant pour se présenter à un suffrage républicain, quel qu’en soit la finalité, une résidence effective de cinq années minimum, dans cette même circonscription, comme condition préalable. Et, comme condition suspensive, l’obligation d’y résider pendant toute la durée du mandat obtenu. Assortie, évidemment, du renforcement du non cumul des mandats électifs, limités non seulement en nombre mais aussi dans le temps.

 

Je vous parie un grille-pain à manivelle “100% écolo” : aucun.

 

Confirmant la décrépitude de nos systèmes électifs et représentatifs, politiciens et médias pratiquant une totale désinformation. Chacun évitant soigneusement d’aborder, avec une amorce de sérieux, les points essentiels de l’interrogation citoyenne sur une politique énergétique qui engage l’avenir de notre société pour plusieurs décennies : « Sortir du nucléaire ou pas ? ». 

 

Mythes, clichés, argumentaires de propagande électorale, mixés aux manipulations des lobbies, en occultant la dimension économique et géopolitique. Florilège :

 

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Energie “indépendante”  

 

Le nucléaire assure « l’indépendance » énergétique de la France, clament les partisans du nucléaire ! Rassurante incantation. Qui ne correspond, évidemment, à aucune réalité, aucune logique : l’électronucléaire étant fondé sur une matière première extraite de “mines”, de “gisements” d’uranium, que la France se procure dans des pays étrangers.

 

Affirmation d’autant plus bizarre qu’au niveau du “process” de production électronucléaire, la France paye des royalties aux USA en rémunération de brevets et licences sur le fonctionnement de 54 de ses 58 réacteurs nucléaires. Ces réacteurs n’étant qu’une adaptation du réacteur américain à eau sous pression Westinghouse.

 

En ce cas, où se situe « l’indépendance » ?... Comment en arrive-t-on à formuler, dans le contentement de soi, une telle contrevérité ?...

 

De plus, les réserves mondiales d’uranium, approximativement inventoriées dans le monde, ont une durée d’extraction évaluée entre 80 et 150 ans. Du simple au double, dans l’incertitude des divagations des « experts » sur cette ressource fossile.

 

Les seules énergies dont dispose la France actuellement sur son territoire, en mesure de contribuer à son « indépendance », à l’exclusion des gaz de schistes, sont de quatre ordres : éolienne, géothermique, hydraulique (y compris les énergies marines : marées, vagues, courants marins, osmotiques, etc.), solaire. Seule leur exploitation exclusive permettrait d’affirmer une velléité « d’indépendance », mais sans l'assurer intégralement. Sauf à intégrer dans une politique énergétique, clairement définie, une action déterminée dans la réduction des consommations d’énergie dites « fixes » : modernisation du parc immobilier, urbanisme à autonomie énergétique, amélioration des rendements énergétiques du parc industriel, etc.

 

Ces énergies disponibles en France ne sont, en effet, ni extensibles à l’infini dans leur exploitation, ni sans effets collatéraux en termes de nuisances écologiques. Car, tout choix énergétique induit des impacts environnementaux, économiques et sanitaires (ondes, radiations, etc.) qu’il convient de gérer dans la concertation avec les parties concernées. Et, non pas dans le seul intérêt d’une caste d’actionnaires de grandes entreprises imposant la priorité de ses mirobolants profits comme critères d’investissement, transformant la république en ploutocratie.

 

En Inde, par exemple, la multiplication anarchique des barrages hydroélectriques, imposée par les “rois du BTP”, est dénoncée pour leur coût humain et leur effet d'appauvrissement des populations des campagnes provoquant un exode rural massif vers les grandes villes. Parcelles agricoles et villages, par dizaines de milliers, se retrouvant noyés sous les eaux. Arundhati Roy milite dans la défense des intérêts des centaines de milliers d'agriculteurs chassés de leur terres ancestrales, sans indemnités ni perspectives économiques viables. Déracinés, exclus. (3)

 

En France, dans un registre de pays développé et à une échelle plus réduite, c’est l’exploitation éolienne qui rencontre une opposition grandissante. Certains parlent d’un “danger éolien”. (4)

 

L’argument « d’indépendance » cache, en fait, “l’exploitation” des pays du Sahel par la France, notamment le Niger. Riches en uranium, à défaut de pétrole ou de gaz. Dimension géopolitique systématiquement dissimulée. Véritable pillage de pays, dont on suppose qu’il durera éternellement. A l’abri des clichés forgés par le marteau-pilon de la propagande les décrivant en “pays les plus pauvres de la planète”.

 

Pays, si leurs ressources naturelles étaient payées à leur “juste prix” et valorisées en partie sur place, qui devraient connaître aujourd’hui le niveau de vie des pays Scandinaves. Mais soumis, en permanence, à des pressions sous forme de guerre civile, quand ils ne sont pas occupés militairement via une dictature complice, pour mieux en extraire les richesses quasi gratuites, sans possibilité de remettre en cause le modèle d’asservissement. Pour le moment…

 

Le pire et récent exemple : les pays occidentaux n’ont pas hésité à diviser le Soudan en provoquant la sécession du Darfour, après y avoir créé, entretenu, une guerre civile pendant de nombreuses années, sous les gaz anesthésiants de notre industrie de la désinformation. Le Darfour, hébergeant les plus riches gisements d’uranium de la planète. L’avez-vous remarqué ? Depuis la colonisation directe par l’Occident de l’ex sud-Soudan, le Darfour a subitement disparu de son tam-tam médiatique.

 

 

Energie “propre” 

 

Politiciens et médias ne cessent de nous le marteler : le nucléaire est une « énergie propre » !... Curieux, comme affirmation. C’est, de la part des « nucléaristes », faire abstraction d’un problème colossal, insoluble, en l’état actuel des connaissances et du niveau technique de notre industrie atomique : celui de l’élimination ou du recyclage des « déchets radioactifs », extrêmement dangereux pour la santé humaine, animale et végétale.

 

En France, les 58 réacteurs nucléaires en activité, de différentes capacités, sont implantés sur 19 sites. Certes, ils produisent de l’électricité, mais aussi plus de soixante mille tonnes de « déchets radioactifs » par an. Ce qui représente annuellement, environ : un kilo de « déchets radioactifs » par habitant.

 

L’électronucléaire « énergie propre » n’est donc qu’une vue de l’esprit, un slogan de lobby, un cliché politicien leur servant de relais. S’endormir dans ce doux rêve : pourquoi pas ? Néanmoins, le problème demeure : que faire de ces « déchets radioactifs » ?... Leur traitement et stockage constituent un impératif de sécurité permanent. S’agissant d’un sous-produit industriel mortifère, impossible à recycler en totalité.

 

Les américains ont une méthode expéditive : ils les enterrent à grande profondeur, en l’état. Méthode suivie par Suède, Finlande et Canada. Actuellement, les déchets radioactifs américains sont stockés sur 131 sites provisoires dans 39 États, en attendant leur hypothétique regroupement dans le Nevada. C’est le pharaonique projet Yucca Mountain, au budget “initial” (des rallonges sont déjà prévues) de 60 milliards de dollars, qui rencontre l’opposition de beaucoup de responsables locaux. Tout particulièrement, celle des amérindiens Shoshone qui ne souhaitent pas voir leur « Réserve » semi-désertique, généreusement offerte après leur quasi-génocide par les colons venus d’Europe, devenir la plus grande poubelle nucléaire de la planète…   

 

En France, au territoire limité, on opte pour le « retraitement » du combustible. Après une utilisation moyenne de trois ans, le combustible est refroidi pendant environ la même durée, voire jusqu’à huit ou dix ans selon ses caractéristiques. Comme disent nos grands chefs cuisiniers, en parlant d’un plat entre deux traitements, il est « réservé ». Après cette période de refroidissement, le combustible est « retraité » pour en séparer le plutonium des autres éléments radioactifs. Le plutonium étant réutilisé comme combustible nucléaire en le renforçant, ou le régénérant, d’uranium enrichi.

 

Mélange donnant, en partie car tout n’est pas réutilisable, le fameux MOX (Mixed Oxydes) destiné à certaines centrales, dont les futures EPR. Ce qui est, “reculer pour mieux sauter” : le MOX se révélant pour le moment inapte à un retraitement ultérieur, encore plus radiotoxique que l’uranium habituellement employé comme combustible, et ses propres « déchets » : sept fois plus nocifs… Expliquant pourquoi la centrale de type EPR proposée pour le marché US n’ait pas encore reçu son homologation des autorités du fait de sa dangerosité. La décision finale, positive ou négative, n’interviendra pas avant juin 2013

 

La plus grande partie des déchets de nos centrales sont « traités » à La Hague, ainsi que ceux de l’Allemagne ou de l’Italie via des convoyages épiques, ou encore de Belgique, d’Espagne, des Pays-Bas, de Suisse, et même d’Australie ou du Japon. D’où l’appellation « usine de retraitement ».

 

Le reste de nos déchets, non réutilisables, matières radioactives hautement dangereuses, étant « enfoui » dans des souterrains. En attendant des jours meilleurs. Bombes à retardement sanitaires, produites par une énergie prétendue « propre », auxquelles les générations à venir seront inévitablement confrontées. Sachant que le plutonium a une durée de vie estimée à 24 000 ans, l’uranium 235 à 704 millions d’années, l’uranium 238 à 4,47 milliards d’années…

 

Mais, en amont des déchets, l’exploitation elle-même des centrales nucléaires n’est pas immunisée au quotidien contre les fuites radioactives, sans tremblement de terre, ni attentat terroriste, ni tsunami.

 

Récemment, en juillet 2008, une importante fuite radioactive avait été détectée sur un des plus importants sites nucléaires de France, et réputés les plus sûrs, celui du Tricastin, entre Valence et Avignon, regroupant à la fois des installations de traitement du combustible et 4 réacteurs électronucléaires en fonction. Gravissime évènement, étouffé dans un hermétique silence médiatique, nos brillants journalistes d’investigation étant mobilisés par la chasse à leur scoop préféré : le pédophile récidiviste…

 

Après des mois de procédures, la Cour d’appel de Nîmes a finalement rendu son jugement le 30 septembre 2011 : la société AREVA-SOCATRI a été reconnue coupable du délit de pollution des eaux (plus de 74 kg d’uranium avaient été « accidentellement » rejetés dans les cours d’eau avoisinants, et 30 m3 d’effluents chargés d’uranium avaient contaminé les eaux superficielles), en plus de sa condamnation pour retard dans la déclaration d’incident à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)… (5)

 

Sans oublier “l’aval” ou la fin de cycle : le démantèlement des centrales et autres installations (centres de recherche, de préparation des combustibles, ateliers support, etc.), au terme d’une exploitation moyenne de 40 ans, avec tous leurs bâtiments et  matériels radioactifs… A enfouir, aussi ?... (6) Passons rapidement sur les 104 unités de la Défense détenant : « … un ou plusieurs des 28 types de déchets nucléaires recensés… ». (7) Les volumes prévisionnels des déchets radioactifs augmentent, rien qu’en France, de 50% par décennie : de 1,2 million de m3 en 2010 à plus de 1,8 million de m3 pour 2020. (8)

 

Il y aurait, en France, 16 décharges ou sites de stockage répartis dans 11 départements. Non compris les déchets nucléaires immergés à "grande profondeur", au cours de deux campagnes d’immersion en 1967 et 1969 : environ 50 000 fûts. Les autres pays européens reconnaissent avoir immergé 150 000 tonnes de déchets radioactifs sur une quinzaine de sites… (9) Opérations et emplacements soigneusement dissimulés aux yeux de l’opinion publique, évidemment. De quoi nourrir quelques inquiétudes en allant chez son poissonnier… (10)

 

Prétendre que le nucléaire est une “énergie propre”, c’est affirmer et l’assumer, dans l’imbécilité et l’irresponsabilité absolues : « Après nous, le déluge ! ».

 

 

Energie “créatrice d’emplois”

 

L’énergie nucléaire serait “un des principaux créateurs d’emplois en France”. Certainement, l'argument le plus mensonger d’une propagande qui ne s’embarrasse d’aucune nuance. Plus c’est gros…

 

Des chiffres astronomiques ont été véhiculés par les lobbies « nucléaristes » via leurs médias. Avec une inflation exponentielle de zéros. Jusqu’à un, puis deux millions d’emplois !… Bouygues, par exemple, étant le principal bénéficiaire des énormes contrats de génie civil de ces centrales, son groupe de médias TF1 a particulièrement brillé dans cet exercice de communication. Décuplant reportages de créations d’emplois, chiffres, images, déclarations, aussi fantaisistes les uns que les autres.

 

En fait, lors de sa future exploitation, l’EPR de Flamanville emploiera 200 personnes.

 

Si on multiplie ce chiffre par la soixantaine de réacteurs nucléaires en France, on arrive à un bassin d’emplois de 12.000 personnes relevant de la production électronucléaire. Arrondissons le chiffre à 20.000 emplois, pour faire plaisir aux "journalistes d’investigation-décrypteurs de l'info" de TF1. Evidemment, il n’est pas à négliger.

 

En comparaison, les « auto-entrepreneurs », écrasés d’impôt et de taxes, ne bénéficiant ni de subventions ni de crédits à taux préférentiels, ne connaissant ni faveurs ni délais de leurs créanciers bancaires et fiscaux, ont créé plus d’un million d’emplois en France ces dernières années.

 

Inutile de poursuivre l’analyse…

 

 

Energie “bon marché”

 

Autre argument massue, tout aussi délirant que les précédents : grâce au nucléaire, nous serions bénéficiaires, nous assurent les « nucléaristes » la main sur le cœur, d’une énergie “40% moins cher” que dans les autres pays d’Europe. Autrement dit, le nucléaire serait une énergie « bon marché ».

 

Tout d’abord, c’est faux : l’électricité vendue en France se situe à un niveau comparable de celui de nos voisins européens. Ensuite, sur un plan de méthodologie d’élaboration des coûts, se prétendre “meilleur marché” c’est affirmer une maîtrise précise de l’ensemble des coûts d’une production, d’un service, ou d’un mix des deux, par rapport à une offre concurrente.

 

Une telle prétention est souvent  la confusion, ou la manipulation, entre “prix de vente” et “coût de revient”, surtout quand interviennent des fonds publics, sous forme de subventions, financements, etc. Ce qui est spécifiquement illusoire, ou tout aussi trompeur, pour la filière électronucléaire qui se situe encore loin, très loin, de la maturité industrielle pour identifier ses coûts présents et futurs, encadrés par des systèmes de contrôle ou d’audit au niveau requis.

 

Entrer dans le dédale comptable, budgétaire, financier, de la filière électronucléaire, engloutissant des financements publics faramineux depuis des décennies, c’est déambuler dans ces labyrinthes en miroir de la Foire du Trône qui nous font tant rire par leurs effets grossissant, amaigrissant. Nous rendant, par simple effet d’optique, filiforme ou hippopotamesque, suivant l’effet recherché.

 

Se lancer dans une fastidieuse mais passionnante déconstruction des coûts de la filière électronucléaire, parcimonieusement affichés, est impossible dans le cadre de la brièveté obligée de ce billet. Retenons, toutefois, quelques balises pour ne pas se perdre entre fausses informations, slogans publicitaires, actions marketing, lobbying et propagande.

 

Balises sous forme d’un questionnement.

 

Schématiquement, l’électronucléaire comprend trois volets : la construction d’une centrale, la production électronucléaire et, tout aussi important, les charges nucléaires futures (11). Puisqu’en fin de cycle, après 30 ou 40 ans de production, il est nécessaire de détruire une centrale nucléaire par sécurité. Opération désignée pudiquement sous le terme de « démantèlement » regroupant activités de démontage, décontamination, traitement des matériels radioactifs et stockage par enfouissement de ceux considérés comme irrémédiablement dangereux.

 

=> Construction d’une centrale nucléaire

A ce jour, personne (en France, comme à l’étranger) ne maîtrise en temps et en coût la construction d’une centrale nucléaire. Ce sont des dépassements qui se mesurent en années pour les délais initialement fixés, et en milliards d’euros ou de dollars pour les budgets prévisionnels. Sans parler des marges des entreprises, notamment de BTP et de chaudronnerie, toutes très friandes de dépassements de travaux, qui ne sont jamais sérieusement contrôlées dès lors que seuls sont en jeu des fonds publics.

 

Quitte, une fois les travaux achevés et la production lancée, à ce que ces installations soient privatisées au meilleur prix. Les pertes pour la collectivité, sous forme de gaspillages, gabegies, passe-droits et autres faveurs à l’égard des fournisseurs participant à la construction, sont immenses. Au détriment des budgets prioritaires de l’éducation, de la santé, des retraites et des services publics. Mais, les politiciens se garderont d’évoquer, quant à cette filière, la nécessaire “chasse aux fraudeurs”…

 

Que dire des constructions de centrales, qui ont dû être arrêtées, avant leur mise effective en production ?... Telle Superphénix, en France. Se révélant, par son utopie technique, impossible à faire fonctionner. Un des plus grands gouffres et gaspillages financiers du secteur. Hors coût de construction, l’évaluation à fin 2003 de son seul démantèlement dépassait les 2 milliards d’euros. Un des multiples « trous » de l’électronucléaire dont on n’entend jamais parler.

 

=> Production électronucléaire

Plusieurs variables ne sont pas prises en compte, sont majorées ou font l’objet de distorsions, dans l’élaboration des coûts, tout particulièrement :

i)  La matière première. L’intrant le plus important : l’uranium. Minoré en termes de coût d’achat puisqu’extrait, pour l’essentiel, du pillage néocolonial de pays comme le Niger. Dès qu’un gouvernement souhaite réévaluer la ressource de son pays, il est renversé par un coup d’Etat ou au moyen d’une guerre civile… Manière musclée de pratiquer la libre concurrence.

Qu’importent les effets collatéraux de cette spoliation en termes de morts, de destructions, de souffrances et de misères dans ces pays ? Coûts cachés, “hidden costs” comme disent les anglophones… L’important n’est-il pas que les « nucléaristes » s’autocongratulent angéliquement sur le fait qu’en France le nucléaire ait provoqué moins de morts et de scolioses que l’extraction du charbon ?...

 

ii)  Les fonds publics, sous forme de subventions et de prêts insuffisamment ou non rémunérés, voire non remboursés, de frais de recherche et autres supports à la charge d’autres institutions publiques ou collectivités non imputés, facturés ou récupérés. Négligemment, ou habilement, noyés dans le gigantisme de ces projets.

 

=>  Charges nucléaires futures

A ce niveau intervient la variable “temps” importante au niveau de l’identification du coût réel de l’énergie produite par l’électronucléaire, portant essentiellement sur deux contraintes industrielles majeures : gestion des déchets radioactifs et démantèlement des centrales nucléaires.

A ce niveau l’amateurisme se révèle encore plus ravageur. La Cour des Comptes, sous la prudente formulation de son rapport, Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs (12), a sensibilisé les responsables politiques sur la joyeuse pagaille régnant, à la fois, dans la gestion industrielle et technique, et sa représentation dans les prévisions et les comptabilisations.

 

i) Gestion des déchets radioactifs

Aucune maîtrise quant à ses deux volets complémentaires : traitement des déchets radioactifs et construction des sites de stockage, l’estimation des coûts de stockage variant de 15 milliards à 58 milliards d’euros, suivant les hypothèses.

« L’enjeu financier global résulte d’une comparaison entre, d’une part, le coût du stockage profond direct des combustibles usés et, d’autre part, le coût du retraitement et de l’évacuation des déchets issus du retraitement, puisqu’en cas de stockage direct il n’y aurait pas de retraitement. » p. 65

« Ce chiffrage présentait toutefois, dès l’origine et de l'aveu même de l'ANDRA (13), plusieurs faiblesses : il ne prenait en compte qu'à titre indicatif et sans études détaillées les coûts liés à l'exploitation … la structure des installations souterraines de stockage était assez grossièrement définie. En outre, ce chiffrage ne prenait pas en compte l'éventuel stockage de combustibles usés. »  p.140

 

ii) Gestion du démantèlement des centrales nucléaires

Le démantèlement d’une centrale nucléaire exige une période d’attente de 10 à 15 ans, après l’arrêt du réacteur, pour commencer les travaux effectifs. Ils peuvent durer plusieurs décennies pour une même installation. Les sommes sont considérables et doivent être prises en compte dans des « dotations aux provisions pour le démantèlement ». Interviennent, toutefois, deux distorsions : les montants de ces travaux ne sont pas estimés avec réalisme, en conséquence ces provisions sont exagérément sous-estimées.

 

Exemple : le coût des opérations concernant la déconstruction et le traitement du combustible de Superphénix était évalué à 2,081 milliards d’euros à la fin de l’année 2003. (p. 121). Celui de l’usine de retraitement de Marcoule jusqu’en 2030-2040 (sur une durée de 45 ans…) était évalué en 2005 à 6 milliards d’euros (valeur 2003). Tous ces montants sont, évidemment, à actualiser et revoir à la hausse.

 

C’est une génération de centrales nucléaires qui arrivent, en France, en fin de cycle, pratiquement au même moment. Les coûts de ces travaux, et donc les marchés correspondants, sont évalués entre 30 et 60 milliards d’euros. Bien entendu, se trouvent à l’affût les mêmes entreprises qui les ont construites…

 

La Cour des Comptes le rappelle :

« Or, l’importance des sommes en jeu et la multiplicité des projets nécessitent un suivi qui ne semble pas encore suffisamment rigoureux. »  p.93

« L’examen des dotations et reprises sur provisions montre que les dotations aux provisions pour le démantèlement de la centrale de Brennilis ont été dans un premier temps largement sous-estimées. »  p. 118

Encore plus révélateur :

« Les principes d’évaluation retenus pour les 58 réacteurs REP actuels, présentant un effet de série, ne pouvaient, à l’évidence, être étendus à des centrales anciennes, pour certaines prototypes, d’autant plus qu’à puissance installée équivalente, les équipements anciens étaient comparativement beaucoup plus volumineux. On ajoutera que si le montant de l’investissement brut initial, qui servait à calculer la provision, est parfaitement connu pour les centrales actuelles, il ne l’est pas vraiment pour les centrales anciennes. » pp. 121-122

 

Incroyable : l’investissement brut initial des centrales anciennes n’est “pas connu” ! Une valse à milliards…

 

Qu’importe l’amateurisme, le “n’importe quoi” ? Les fonds publics en milliards d’euros, inépuisables pour cette filière aux puissantes connexions et ramifications, sont instantanément à disposition, sans contrôles ni remises en cause, sur un simple claquement de doigt. Jouer à l’apprenti sorcier ne pose aucun problème à ceux qui s’en mettent plein les poches. Nous ne sommes pas dans l’énergie « bon marché », mais dans l’énergie « juteux marché »…

 

 

Energie “citoyenne”

 

Pour conclure : l’électronucléaire est-il une “énergie citoyenne” ?

 

Existerait-il un consensus national, à part quelques écolos radicaux-grincheux et analphabètes des intérêts du pays, s’étant mis d’accord pour accorder carte blanche à une “élite”, à la science infuse, chargée de décider de choix, d’options, engageant l’ensemble des citoyens, pour plusieurs décennies ?

Doit-il être conçu comme la “chasse gardée” d’une poignée de groupes industriels, tenant les politiciens par la barbichette ?

Ou, convient-il d’organiser un minimum de transparence sur enjeux et risques de cette filière, afin d’entamer un débat démocratique fondé sur une information complète et partagée ?…

 

Une décision sur le « Sortir du nucléaire ou pas ? » doit être collective, "engager" chacun des citoyens, à la suite d’un débat national, afin qu'elle soit légitime et irréversible, car non contestable. Ce qui nécessite, au minimum deux mesures indispensables :

 

=> La diffusion d’une information complète, dans un cadre éthique, en lieu et place des mécanismes de propagande et de lobbying actuels. Les obligations déontologiques, les incompatibilités, sont à définir sur le plan législatif.

Ainsi, les groupes industriels, bénéficiant de contrats avec l’Etat, à la fois dans la construction des centrales, des lieux de stockage et de leur entretien ou démantèlement, doivent renoncer à leurs participations dans toutes les entreprises de médias : presse et audiovisuel. La position dominante du groupe Bouygues, par exemple, tant dans le nucléaire que dans les médias (trustant plus de 50% du marché publicitaire TV), représente un abus, une infraction, contraires aux règles démocratiques élémentaires.

 

=> Le débat démocratique doit être conclu par un “référendum national”, afin de franchir le barrage des lobbies ou de leurs représentants, surmonter la paralysie de notre système parlementaire incapable de résister à leurs pressions ou tentations. (14) Du fait de son mode de financement, du gigantisme des fonds publics octroyés sans contrôles effectifs, des incommensurables risques sanitaires, environnementaux et économiques, qu’il impose à notre collectivité, la politique de l’électronucléaire doit être impérativement soumise au vote des citoyens.

 

Sachant que la caste politicienne fera tout pour en torpiller l’idée ou la mise en œuvre, dans l’arrogance et le mépris à l’égard de l’expression de la volonté populaire. A l’exemple de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à qui fut posée la question :

« Etes-vous partisan sur un tel sujet d’un référendum pour que, le jour venu, tous les citoyens aient voix au chapitre ? »

Réponse du distingué scientifique-ex-ministre-socialiste, « nucléariste » convaincu :

« Pas plus que je ne suis partisan de faire voter les gens sur la véracité d’un théorème de mathématiques !... La démocratie n’a jamais remplacé la connaissance et le savoir. » (15)

 

 

 

 

 

 

 

(1)  La France a vendu une centrale EPR à la Finlande, sur le site d’Olkiluoto, qui se révèle un véritable gouffre financier. Avec d’énormes indemnités de retard à payer, du fait de son incapacité à maîtriser sa construction selon les délais et les niveaux de qualité contractuels (acier et béton tout particulièrement) : on parle de 3 milliards d’euros… Deux autres centrales EPR ont été vendues à la Chine…

(2)  « Mais aux termes de l’accord finalement conclu, le PS concède à Mme Duflot une circonscription parisienne. « Paris vaut bien un EPR », est-ce la morale de l’histoire ? »,

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Accord-PS-EELV-un-renoncement-sous

(3)  Au péril de sa vie (les mafias sont très actives en Inde), Arundhati Roy s’est attaquée notamment au projet du gigantesque barrage Narmada qui doit entraîner le déplacement d’un million de personnes. Un film a été réalisé sur ce magnifique combat : Dam/Age (jeu de mots anglais sur damage – dégâts – et dam : barrage – le mot composé pouvant être lu aussi comme “L’ère des barrages”…), http://icarusfilms.com/new2003/dam.html.

Voir aussi : http://www.umich.edu/~snre492/Jones/narmada.html

(4)  J.L. Butré, L’imposture. Pourquoi l’éolien est un danger pour la France, éditions du Toucan, 2008.

(5)  Vendredi 30 septembre, la Cour d’appel de Nîmes a condamné AREVA-SOCATRI pour pollution des eaux, http://groupes.sortirdunucleaire.org/Fuite-d-uranium-au-Tricastin-AREVA

(6)  Cf. Rapport de la Cour des Comptes, Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs, janvier 2005, 292 pages, téléchargeable : http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/RapportRadioactifsnucleaire.pdf

(7)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 48.

(8)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 55.

(9)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 50.

(10)  L’immersion des déchets radioactifs a été définitivement interdite, à partir de février 1994, par la Convention de Londres. 

(11)  Production électronucléaire et charges nucléaires futures, Cour des Comptes, Op. Cit., p. 178.

(12)  Op. Cit.

(13)  ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs

(14)  A titre de lamentable exemple, voir le blocage par le Sénat à majorité socialiste de la micro-taxe sur les sodas : Les lobbies des sodas reprennent confiance, La Tribune, 22 novembre 2011, http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20111122trib000665942/les-lobbies-des-sodas-reprennent-confiance-face-a-la-taxe-gouvernementale.html

(15)  Claude Allègre, avec Dominique de Montvalon, Faut-il avoir peur du nucléaire ?, Editions Plon, 2011, p. 24.

 

 

 

 



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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 04:00

 

 

Les parlementaires US, en cheville avec les financiers, pratiquent ouvertement délits d’initiés, spéculations boursières, et interventions en taillant sur mesure des législations au profit des groupes avec lesquels ils partagent la voracité de l'affairisme.

 

Multipliant revenus faciles et privilèges sans fin …

 

 

Economie-US-V-Kremlev-RT.jpg

 

 

Voir la vidéo mise en ligne par RT avec le texte de l’interview d’un des rares courageux et honnêtes représentants élus au Congrès des USA, Brian Baird, dénonçant la corruption de la principale institution du pays :

« Nous parlons beaucoup d’exporter la démocratie. Alors qu’un des fondements d’une authentique démocratie est l’absence de corruption. Avec pour éthique des élus au suffrage universel pour servir “le bien public”, et non pas leur enrichissement personnel, celui de leurs amis, de leurs copains, ou de leurs familles. »

 

Sa dernière proposition de loi, pour introduire un peu de dignité, ou de déontologie, dans la représentation nationale (interdiction des transactions boursières et sanction des délits d’initiés pour les parlementaires), n’a recueilli que 9 voix sur 435 à l’Assemblée Nationale (House of Representatives) et aucune au Sénat...

 

Et, pendant ce temps …

 

Dans un pays qui consacre 1000 milliards de dollars en dépenses militaires, chaque année, dans un rapport publié lundi dernier par le Ministère de  l’Agriculture (US Department of Agriculture – USDA) qui supervise les grands équilibres de l’alimentation de la collectivité, on peut lire des statistiques édifiantes sur le délabrement accéléré de son modèle économique et social.

 

Ce sont des statistiques officielles sur l’exercice 2009 qui, comme toutes les statistiques officielles négatives, sont systématiquement édulcorées. A l’exemple d’autres pays.

 

Malgré les opérations de camouflage habituelles, on apprend que les indicateurs de développement de la pauvreté dans le pays sont en pleine explosion. Très peu de médias en ont répercuté l'écho. Un doublement de la misère depuis 2007…

 

Ainsi :

 

15 % des ménages ont éprouvé la malnutrition (food shortage) en raison de la pauvreté et du manque de ressources financières

 

  Soit 17 millions de ménages, ou environ 50 millions de personnes dont près de 20 millions d’enfants

 

  Un cinquième de la population survit grâce à une assistance alimentaire fédérale

 

  34 millions de personnes sont recensées comme étant “food insecure” et ne survivent que grâce au soutien du Supplement Nutrition Assistance Program (SNAP)

 

  6 millions de ménages ont dû recevoir une aide alimentaire d’urgence pour ne pas mourir de faim

 

  D’autres statistiques font apparaître que 60 millions de personnes se trouvent dans l’incapacité d’avoir accès à des soins médicaux, du fait de leurs manques de ressources

 

  Au minimum, un million de citoyens US vivant dans la pauvreté extrême sont contraints de dormir dans la rue...

 

Etc.

 

Splendeurs du Libéralisme Economique et des Droits de l'Homme...

 


 

 

 

 

 

 

*  Cartoon de Vladimir Kremlev, collaborateur de l'excellent média russe RT : http://rt.com/online-exclusive/galleries/cartoons/6/

** Référence vidéo & script : http://rt.com/usa/news/capitol-hill-cheating-insiders/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 19:38

 

 

 

« Les privilèges de la grande bourgeoisie coexistent avec un développement croissant du pouvoir répressif de l’Etat et nos vies sont de plus en plus régentées par un matérialisme narcissique dans lequel il est mal vu de se dresser contre l’injustice et la corruption. »

Harold Pinter

 

 

 

 

La bonne gestion d’un Budget National, ne cessent de nous répéter nos politiciens, veut que les “cotisations” couvrent les “dépenses” de la rubrique concernée : santé, éducation, retraites, sont montrées du doigt en permanence. Toujours en déficit. Les mauvais élèves ! Toujours les mêmes !

 

Fort bien. Toutefois…

 

Comme beaucoup, je m’étonne que d’autres rubriques du Budget de la nation ne soient jamais stigmatisées. Les dépenses sont là. Tangibles. Où sont leurs cotisations ?...

 

Ainsi, je ne cesse de chercher. Avec ma loupe et ma calculette. D’où proviennent, par exemple, les recettes du budget de la défense nationale de notre pays ?... Ceux des autres pays, aussi…

 

Renseignement pris, le budget de la défense nationale n’est pas assuré par les cotisations des militaires qui bénéficient, gèrent et utilisent cet argent à leur convenance...

 

Et, là on ne dit rien. Bizarre.

 

Je me suis livré à un comparatif, hors budget militaire des USA qui n’est pas un “budget de défense”, mais le budget délirant d’une Economie fondée sur la guerre : mille milliards de dollars annuels…

 

D’après les chiffres rassemblés par le très sérieux et indépendant centre de recherche suédois, Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le budget de la Défense de la France, en 2009, atteignait le chiffre record de € 46 milliards (45,991).

 

Soit, exprimé en US $, unité de mesure internationale dans ce genre d’études  : 67,32 milliards (67,316). (1)

 

Dépassant celui de la Russie de 11% : US $ 61 milliards !... Pour un pays qui représente plus de deux fois la population française, et plus de 30 fois son territoire…

 

Atteignant 70 % (68 % précisemment) du budget de la défense nationale de la Chine, avec ses centaines de milliers de soldats : US $ 98,80 milliards.

 

Pays dont la population est 20 fois supérieure à celle de la France, et son territoire 20 fois plus étendu (environ 10 millions de km2) !…

 

China-soldiers-training-2010.jpg

 

Mais, où trouve-t-on ces sommes pharaoniques ?... D’où proviennent les “cotisations” ?...

 

Il est vrai que la France est très riche. C’est, en termes de PNB, le 5° pays le plus riche du monde. Le dernier chiffre l’établit à US $ 2.875 milliards, soit par habitant une richesse de US $ 46.615 par an…

 

Mais, où passe tout cet argent ?... Puisqu’on dit que les caisses sont vides... Si ce n’est pas dans les caisses, c’est certainement dans les poches de quelques uns… Qui ?...

 

Et, pourquoi ces dépenses somptuaires dans l’armement ?...

 

Avant même d’évoquer « économie », on devrait parler « proportion ».

 

En prenant comme étalon le budget de la défense de la Chine, celui de la France devrait proportionnellement, par rapport à la population et au territoire à défendre, être 20 fois moins élevé. Au lieu de US $ 67 milliards, il devrait se formuler à : US $ 5 milliards (98,8 / 20 = 4,94).

 

Sans aller jusqu'à ce point, mais gardons présent à l'esprit que la Résistance Afghane met en échec, depuis des décennies, les armées les mieux équipées du monde, avec un budget militaire le plus faible du monde. Quel est l'équipement de base du Résistant Afghan ? Une kalashnikov et une paire de tongs...

 

Un budget de US $ 5 milliards annuels, c’est ce que devrait atteindre et ne pas dépasser, dans le cadre de l’Union Européenne, la contribution de la France à la Défense Européenne, avec celles des 26 autres pays européens. Certains évidemment, contribuant proportionnellement à leurs populations et territoires, moins importants que ceux de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie ou de l’Espagne. L'Europe, toutes contributions confondues, aurait ainsi un budget comparable à celui de la Russie.

 

Nous avons créé l’Europe pour fédérer nos moyens, non pas pour harmoniser une législation taillée sur mesure pour assouvir les fantasmes des ploutocraties. N’est-ce pas ?...

 

Soit, pour la France, une économie annuelle à réaliser sur ce budget disproportionné de : US $ 62 milliards annuels (67 – 5 = 62). Sur 10 ans, cela représenterait US $ 620 milliards d’économie !!!

 

Bien sûr, on ne pourrait pas diminuer brutalement ce budget en une année, mais répartir la diminution des US $ 62 milliards sur 10 ans : US $  6,2 par an. Le budget de la défense aurait ainsi une décélération en douceur : 60,8 / 54,6 / 48,4 / 42,2 / 36 / 29,8 / 23,6 / 17,4 / 11,2 / 5 !...

 

Parallèlement, resterait à éliminer niches fiscales, rentes de situation et capitaux spéculatifs qui ne payent pratiquement aucun impôt. Avec relèvement des impôts que ne payent pas, non plus, les multinationales et grandes entreprises (6 à 8 % de leurs bénéfices réels annuels, seulement…). Et, autres ressources faciles à trouver, si on le veut bien...

 

Oui, grâce à une redistribution plus rationnelle et équitable de la richesse nationale, de quoi obtenir pour notre pays l’accès à un enseignement de qualité, le financement de la recherche, l’accès aux soins pour tous, le logement pour tous et…

 

… la retraite à 50 ans !

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  SIPRI : http://milexdata.sipri.org/result.php4

(2)  http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=68

 

Photo : soldats Chinois à l’entraînement

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 20:10



« L’essentiel, c’est de rester gai. C’est un moyen que j’ai préconisé contre la peste. Il n’y a qu’à voir les pauvres. Pourquoi meurent-ils en masse ? Parce qu’ils sont tristes. »

Alain Minc
Jacques Attali

Chirac - Médecin du Régent (1715-1723) (1)

 

 

 


Soyons gais ! Sans crouler de rire toutefois : l’heure est grave.

 

Mais comment s’en empêcher, lorsqu’on apprend que les petits marquis, politiciens enrubannés de nos cours gouvernantes, veulent que les budgets de nos nations soient examinés, autorisés, par la faune technocratique de l’Union Européenne, avant leur vote et leur application ?...

 

Pour contraindre les Etats à réaliser vertueusement des « économies »…

 

Rien qu’à lui seul, le président de la Commission Européenne, Barroso, a jeté par les fenêtres en frais de missions et déplacements, lors du dernier exercice budgétaire de cette plantureuse et gloutonne bureaucratie : € 730.230

 

Oui : plus de € 700.000 de frais de déplacements. En un an… Une seule personne… Rajouter les autres membres de la vénérable “Commission”, c’est se retrouver au pied d’une montagne de gaspillages.

 

Et, encore, ne s’agit-il que de la partie visible de l’iceberg…

 

Il existe tellement d’astuces comptables, budgétaires, pour basculer, noyer, dépenses, gaspillages, détournements, d’un poste budgétaire à un autre. Alors, frais de location d’avion, de voiture, ou d’hôtel : rien de plus facile.

 

Que dire des autres charges et gabegies de cette gigantesque usine à gaz que sont l’administration de l’Union Européenne et son “Parlement” aux dépenses somptuaires ?... Des dizaines d’ouvrages d’analyses, de patients décorticages, n’y suffiraient pas.

 

Qui vote le budget de cet abyssal fourre-tout kafkaïen ?... Ce carrousel des lobbies, pompeurs de subventions mirobolantes et autres passe-droits dévastateurs.

 

Le “peuple” européen ?...

 

fardeau_des_privileges.jpg

 

Les Maîtres de la Planche à Billets

 

Economisons ! Economisons ! Ne pas vivre au dessus de ses moyens !

 

Ce matraquage moralisateur est la feuille de vigne dissimulant l’impitoyable application de la politique économique et sociale de l’Ultralibéralisme, planifiée par le Traité de Lisbonne. Seul moyen de contrer impopularité et résistance des populations, face à une telle opération prédatrice des castes dominantes : La Peur !...

 

La Grèce a servi d’épouvantail, d’exemple, de test, amplifiés par les trompettes médiatiques des « experts-économistes-charlatans », pour affoler le citoyen européen. Conditionnement psychologique impératif, pour lui faire admettre l’inadmissible.

 

Mais la Grèce, nous le savons, n’est pas en faillite. C’est un pays riche, ne serait-ce que par son industrie touristique édifiée sur fond de colossales exonérations fiscales, au profit de ses clans familiaux au pouvoir, les mêmes depuis des décennies, dissimulés derrière hommes de paille et sociétés-écrans.... (2)

 

L’argent prêté à ce pays est autrement plus en sûreté qu’aux mains des banquiers et traders à la Lehman Brothers et autres arnaqueurs, spécialistes des “investissements courants d’air” et  “fortunes virtuelles”.

 

 Car, il y a deux mondes, entre “ne pas pouvoir rembourser ses dettes” et “ne pas vouloir rembourser ses dettes”…

 

Ce pays a tout simplement été pillé par son oligarchie. Les caisses une fois vidées, ces mafieux privilégiés ne veulent surtout pas payer d’impôts correspondant aux énormes butins accumulés au détriment de la Nation Grecque.

 

Obligeant salariés, travailleurs précaires et faibles revenus, à apurer l’endettement du pays en diminuant leurs ressources, retraites, accès à la consommation (augmentation de la TVA) et protection sociale.

 

Dans une “politique d’austérité”, passage obligé dicté par la ploutocratie mondiale, sous la caution “scientifique” du FMI. Dont on se demande comment elle envisage de “relancer” un système économique, en sabrant  aussi sauvagement le pouvoir d’achat de la majorité de la population.

 

On sait, pourtant, où se trouve l’argent détourné par la caste dirigeante grecque. Il suffirait d’en nationaliser les biens, immobiliers et fonds placés dans des banques complices, en Grèce et à l’étranger… La “dette Grecque” serait apurée instantanément. Les exemples ne manquent pas.

 

Tous les pays occidentaux ont saisi les avoirs de l’Iran (représentant souvent des avances sur contrats de fournitures industrielles ou militaires jamais exécutés) à la suite du renversement de leur polichinelle, le Shah d’Iran, et du nouveau régime qui s’en est suivi.

 

Fonds “gelés”, non productifs d’intérêts… Ces fonds appartiennent, pourtant, à la Nation Iranienne. Alors pourquoi ne pas saisir des fonds privés, de ceux qui se sont livrés au pillage de la Grèce ?...

 

Mais, cette panique organisée, encouragée par toutes les nomenklaturas européennes, relève de la tactique “d’une pierre deux coups”.

 

Le premier : une baisse de l’Euro, sans dévaluation officielle. Opération souhaitée depuis longtemps par les exportateurs, tout particulièrement les industries d’armements, allemande (la première exportatrice d’Europe devant celle de la France…), française, italienne et belge.

 

Normal, elles sont coincées : maîtriser leurs secrets de fabrication oblige, les unes et les autres, à ne pas délocaliser (remarquez-le : on ne délocalise jamais usines et bureaux d’études d’armement !...).

 

Face aux USA, Israéliens, Britanniques, Canadiens, Russes, Brésiliens, Chinois, en termes de prix, elles ne passent plus. Sans parler des autres grands lobbies : pharmacie-chimie (engrais-pesticides), agriculture industrielle subventionnée par centaines de milliards, etc.

 

Le deuxième : casser les politiques sociales européennes, pour préserver les privilèges fiscaux des grandes fortunes, du “capital spéculatif” plus précisément.

 

En quoi la Grèce est-elle plus en faillite, avec un “déficit public” de 13,6 % que la Grande-Bretagne avec 11 %, ou les USA avec 12 ,5 % ?... Le pays dont le “déficit public” est le plus élevé dans le monde, par rapport à son PNB, est le Japon, largement supérieur en pourcentage à celui des USA.

 

C’est toute la différence entre deux catégories de pays : ceux qui dictent la règle du jeu, la modifiant à leurs convenances, et ceux qui la subissent.

 

Dans le cas présent, ceux qui créent leur propre monnaie l’imposant dans les échanges internationaux (le dollar US, le yen japonais), pouvant user et abuser de leur planche à billet. Et, les utilisateurs de monnaie, qui n’en contrôlent ni l’émission, ni la circulation.

 

Ceux que les analystes financiers qualifient de “sovereign issuers of currency”, et de “non-sovereign issuers”. Retenons le terme de “souverain”. Il donne la clé de la situation : le souverain règne en maître…

 

 

Le Tiers Etat engraissant la Nomenklatura

 

Le “Déficit Public” d’un pays développé, pays riche par définition, ne représente que la part des impôts non payés par une catégorie de privilégiés.

 

A ce cumul d’impôts, non encaissés par l’Etat, est substituée : la “Dette Publique”.

 

L’exemple de la France est particulièrement éclairant. Il suffit de lire la feuille bla-bla-bla intitulée « A quoi servent nos impôts » envoyée à tous les foyers français, par le ministre des finances en accompagnement de la dernière déclaration fiscale, au titre du budget 2010. Que lit-on ?...

 

En recettes, la TVA payée par les français sur leurs consommations quotidiennes, y compris les plus modestes, les plus pauvres, exonérés d’impôts sur le revenu, rapporte : 126,5 milliards d’euros. Soit : 30% des recettes, établies à 270,5 milliards d’euros.

 

En comparaison, l’Impôt sur le Revenu (IR) n’atteint que 48,9 milliards d’euros, soit 11,6% des recettes. Alors qu’on sait que 20% des français, possédant 80% de la richesse nationale, ne cessent de s’enrichir. L’IR devrait atteindre, au minimum, le montant de la TVA si l’assiette fiscale était équitablement appliquée.

 

Pire pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), son chiffre est inférieur à l’IR de 14 milliards : 34,9 milliards d’euros. Moins du tiers (28 %) de la TVA !... Soit : 8,3% des recettes fiscales.

 

Ce ne sont pas les PME-PMI, à traçabilité du chiffre d’affaires et valeur ajoutée facile, mais les grandes entreprises et groupes multinationaux, industriels et financiers, qui échappent en grande partie à l’IS. Son produit devrait atteindre lui aussi, au minimum, le montant de celui payé quotidiennement par chaque français via la TVA.

 

Ainsi, cumulés IR et IS atteignent difficilement le montant de 83,8 milliards. Permettant à nos castes au pouvoir (tous partis confondus), d’afficher un “déficit” de 149,2 milliards d’euros…

 

Alors que notre pays, le cinquième plus riche du monde, affiche un PNB annuel de plus de 3.000 milliards d’euros… (3)

 

Le cœur du problème n’est pas un « déficit public », artificiellement créée par les castes au pouvoir. Ouvrant un boulevard à « l’endettement public », servant à culpabiliser et à pressurer les revenus faibles ou précaires.

 

Pas plus, contrairement à la propagande qui en fait sa tarte à la crème et un leurre, que les hauts salaires, parachutes dorés et bonus, des dirigeants et traders. Même si une régulation s’impose, quant à leur amplitude par rapport à une moyenne salariale. Ils sont fiscalement transparents, aisément repérables et taxables.

 

Par contre, c’est tout un pan de l’enrichissement d’une minorité privilégiée qui, par l’opacité et l’énormité des revenus qu’elle engrange, équivaut à un colossal détournement de la Richesse Nationale :

 

i)  L’arnaque des Grandes Fortunes

 

L’essentiel du revenu des Grandes Fortunes, en progression constante et, pour certains, exponentielle d’une année sur l’autre, échappe à l’impôt. Pas seulement par les “niches fiscales”, utilisées comme os à ronger pour polariser les frustrations de l’opinion et détourner son regard du gros steak... L’art du faux débat…

 

Un aperçu :

 => Dans leurs placements spéculatifs, maximisant leurs revenus par les jeux boursiers. Générateurs des comportements erratiques de l’économie casino.

Ces revenus sont “hors bouclier fiscal”, par le truchement du prélèvement libératoire. Impôt prélevé à la source entre 5 et 30%, suivant les pays et les placements financiers, permettant de ne pas intégrer le revenu dans sa déclaration annuelle puisque l’impôt est réputé, ainsi, déjà payé. Avantage considérable pour les tranches de hauts revenus.

=> Il est évident que les placements des Grandes Fortunes, fiscalement logés dans les paradis fiscaux (simple boîte aux lettres, pour les plus exotiques, car toujours gérés d’une place financière internationale), échappent totalement aux impôts nationaux.

=> Les multiples exonérations permettant aux grandes fortunes de diminuer l’assiette fiscale de leurs patrimoines et revenus.

Comme, par exemple, ne pas payer d’impôt sur la fortune (ISF) en maquillant tout son patrimoine sous forme « d’outil de travail ». Quelques hectares de vignes, et on fait passer son château pour une société productrice de vin. Le yacht de luxe, domicilié dans un paradis fiscal sous couvert d’une société charter. L’avion privé camouflé sous forme de société charter, ou “casé” dans le matériel de transport d’une société dont on détient le contrôle, etc.

Ou encore, exonérations sur les œuvres d’art permettant évasion et dissimulation de patrimoine. Au prétexte d’encourager le marché de l’art, pour n’encourager, en fait, qu’une aberrante spéculation aux prix délirants dans la béatitude médiatique.

 

L’escroquerie au bénéfice de ces privilégiés peut être évaluée, annuellement, par le différentiel de recettes entre l’IR (48,9 milliards) et la TVA (126,5 milliards). Soit : 77,1 milliards, qu’on peut arrondir à 80 milliards d’euros par an, au minimum, de détournements fiscaux des Grandes Fortunes au détriment de la collectivité.

 

ii)  L’arnaque des Grands Groupes

 

Les grands groupes, industriels et financiers, et entreprises exportatrices, “stockant” l’essentiel de leurs marges bénéficiaires dans les paradis fiscaux ou les pays à faible fiscalité (Chypre, pays du Golfe, Hollande, ils sont légions…), par des cascades de holdings, filiales avec sièges à l’étranger, servant de paravent.

 

Les “spécialistes” (hors appareil de désinformation) s’accordent sur une estimation d’un maximum de 20% d’imposition de ces Grands Groupes par rapport à leurs bénéfices réels. (4)

 

Echantillon en farces et attrapes du « business fiscal » :

=> Je vends un produit pratiquement au coût de revient à une de mes filiales dans un paradis fiscal, qui le revendra majoré de sa véritable marge bénéficiaire, échappant ainsi à l’impôt national.

=> Je vends un produit avec une marge très faible, à partir de mon pays d’origine. Je facture, à partir d’une plateforme dans un paradis fiscal, des frais de démarrage, d’assistance, de gestion (les fameux management fees), de redevance pour usage de marque, etc. Sous ce déguisement (le nombre d’appellations est infini), j’encaisse ainsi ma véritable marge bénéficiaire dans un paradis fiscal.

=> En Afrique, je collectionne toutes les concessions de services publics (téléphonie, distribution d’eau, d’électricité, ramassage des ordures ménagères, gestion des ports et des aéroports, transport maritime et aérien, etc.) et monopolise tous les grands marchés, en imposant des régimes corrompus et dictatoriaux, sous la férule de l’armée française et de ses services spéciaux.

Férule “payée” par le contribuable français.

Sachant cyniquement qu’aucun gouvernement n’oserait refacturer ces “coûts de support”, à des groupes connus pour ne devoir leur “compétitivité” qu’à la présence de la soldatesque. Avec les taux les plus faibles en nombre de création d’emplois, par rapport aux chiffres d’affaires et marges bénéficiaires…

Toute ma fastueuse marge générée par des tarifs démesurés (5) au regard de ceux pratiqués en Europe ou en Amérique du nord (horreur : les Chinois, viennent mettre la pagaille en cassant les prix !) se retrouvera évidemment dans un paradis fiscal…

 

En toute légalité, par dizaines, par centaines, au vu et au su de tout responsable économique, politicien, un tant soit peu informés, ce sont  des milliards, qui échappent ainsi, chaque année, à l’impôt national.

 

Comme pour l’IR l’escroquerie, au bénéfice exclusif des actionnaires de ces grandes entreprises et groupes internationaux, peut être évaluée annuellement par le différentiel de recettes entre l’IS (34,9 milliards) et la TVA (126,5 milliards). Soit : 99,1 milliards, qu’on peut arrondir à 100 milliards d’euros par an, au minimum, de détournements fiscaux au détriment de la collectivité.

 

On atteint ainsi 180 milliards par an, d’impôts non perçus sur deux d’entre eux, IR et IS. Le “déficit 2010” de 150 milliards (149,2) serait non seulement inexistant, mais l’Etat aurait un surplus de recettes de 30 milliards à répartir pour la santé et la retraite des français. Rien qu’en appliquant une assiette fiscale avec équité et sérieux.

 

Mais, tout va mal, les caisses sont vides, la compétition internationale implacable, la mondialisation impitoyable : telle est l’incantation chamanique de notre caste gouvernante…

 

 

Gisements d’économies et pillage de la Santé Publique

 

La France, cinquième pays le plus riche du monde rappelons-le, aurait besoin de réduire son “déficit” de 100 milliards d’euros en deux ans, se lamentent nos gouvernants. Les mêmes qui, en quelques heures, avaient trouvé plus de 300 milliards d’euros pour les banques privées en faillite, dont 163 immédiatement injectés dans leurs coffres, vidés auparavant par leur incompétence.

 

Si, seulement, les Grands Groupes, les Grandes Fortunes, étaient soumis aux mêmes taux d’imposition que le Travail ou le Salariat, les 100 milliards d’euros seraient tout aussi facilement trouvés que pour les banques en faillite. En moins de 24 heures.

 

Si, seulement, la Spéculation, tout placement financier à moins de trois mois non lié à une nécessité industrielle ou commerciale, était taxée à hauteur de 50% (équitable moitié-moitié avec le spéculateur), l’Etat ne connaîtrait jamais de déficit. Au contraire, son budget serait en excédent.

 

Mais, pour cela il faudrait appliquer une réforme fiscale que les privilégiés ne veulent pas. Nous sommes, on ne cesse de le répéter, dans la même configuration qu’à la fin de l’Ancien Régime. Le Tiers Etat supportait alors l’ensemble du fonctionnement de l’Etat et de ses investissements, par l’impôt indirect principalement.

 

La nomenklatura française, comme dans les autres pays européens et occidentaux, invoque en permanence “la logique de la rigueur” quant aux dépenses sociales : santé publique et retraites, en priorité.

 

A commencer par “la rigueur comptable” : les dépenses doivent être équilibrées par les recettes. Les remboursements, ou les pensions, sont à couvrir par les cotisations. Impérativement.

 

Pourquoi pas ?...

 

i)  Equilibre Recettes / Dépenses et autres orthodoxies

 

Mais alors, qu’en est-il des multiples budgets de l’Etat échappant miraculeusement à ce raisonnement ?... Non seulement, on ne leur impose aucune contrainte de recettes, mais ils bénéficient d’une régulière augmentation d’une année sur l’autre.

 

Où sont les recettes couvrant les dépenses :

=>  De la défense nationale ?...

Les milliards engloutis dans les massacres en Afghanistan ?... Dans les armements nucléaires ?...

=>  Du ministère de l’intérieur ?...

=>  Du ministère des affaires étrangères ?...

En particulier, son énorme réseau diplomatique dans tous les coins du monde, aux faramineuses dépenses annuelles (sans parler des fumeux “crédits à la coopération”…), s’ajoutant à ceux des 27 autres pays de l’UE.

Gouffre à milliards, aussi ringard que désuet à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication, jamais remis  en cause : ambassades, consulats, centres culturels, centres du commerce extérieur, et autres Villa Médicis, représentations folkloriques et tape-à-l’œil, permettant de distribuer de moelleux fromages pour engraisser courtisans et pistonnés de tous poils...

=> Des organisations internationales ?...

Gavées, sans contrôle, de  contributions versées, entre autres par notre pays. Dont la plupart sont plus connues par l’intensité de leur gabegie, et le grand train de vie de leurs dirigeants et “fonctionnaires internationaux”, que par leur rigueur scientifique ou administrative.

Telle l’OMS, lamentable dans sa gestion de la grippe, en collusion inacceptable avec tous les lobbies pharmaceutiques.

La pire : l’OTAN. Pôle d’incompétence, et de gaspillage, dans le bellicisme mégalomaniaque le plus outrancier, au service des lobbies de l’armement (ils veulent que l’Europe investisse dans un bouclier anti-missiles dont on sait qu’il est aussi inefficace qu’inutile. Mais, il présente l’avantage de coûter cher)...

 

Là… Surtout ne pas parler « d’économies » ! Au contraire. S’incliner devant le Totem de la Dépense, dans un silence respectueux… Se taire face aux milliards partant en fumée…

 

Par contre, le budget au centre de l’hystérie de nos castes dirigeantes, véritable obsession des politiciens et de leurs médias : celui de la Santé Publique. Avec, présenté en Dracula aux sanguinolentes canines : le mythique « Trou de la Sécu »…

 

Schéma identique dans toute l’Europe. Il est vrai, sous la pression des assureurs ou des banquiers-assureurs, tout doit être mis en œuvre pour en privatiser la gestion et l’accès…

 

Et, pourtant, contrairement à la propagande :

« Les français … figurent parmi les plus mal remboursés des Européens, même pour l’accès aux médecins et aux médicaments et surtout pour les dents et lunettes. » (6)

 

Même, si on se livre à un examen impartial, clinique, l’orthodoxie financière, pratiquée par nos pays en ce domaine, a le souffle court... Car, en France comme dans d’autres pays, les gouvernements, les représentations nationales (députés et sénateurs), tous partis confondus, sont complices d’un pillage de la Santé Publique.

 

Faisant supporter par la collectivité des charges et une responsabilité qui ne lui incombent pas : les pollueurs de la Santé Publique ne sont pas, en effet, les payeurs.

 

Pollueurs encaissant des profits mirobolants, distribuant des dividendes luxueux à leurs actionnaires, sur fonds de ravages, ou de détournements comptables, exercés à l’encontre des citoyens qui en épongent les excès.

 

Un exemple : la ““Sécu” consacre environ 60 % de ses ressources à l’hospitalisation (7).

 

L’essentiel de ces dépenses servent à traiter les pandémies dont on ne parle jamais : le tabagisme et l’alcoolisme. A ces pollueurs s’ajoute l’agro-industrie provoquant les ravages considérables, à présent, de l’obésité et du surpoids. Autre fardeau pour la Santé Publique : les rentes de situation consenties aux industries pharmaceutiques par le pouvoir politique.

 

Bien sûr, il ne s’agit pas de prêcher une prohibition, un quelconque puritanisme, mais d’identifier le véritable « Trou » de la Santé Publique, dans lequel s’engouffrent ces lobbies sans scrupules pour les intérêts de notre communauté nationale, ne cessant de le creuser et de l’élargir : celui séparant “le plaisir” de “l’addiction”.

 

Ce sont les responsables de la diffusion, promotion, addiction, qui doivent payer la facture des ravages, en tant que “pollueurs” et “massacreurs” d’une collectivité, tenue en otage via leurs relais politiques.

 

En relevant les tranches d’imposition sur les bénéfices, en taxant les dividendes distribués, en taxant davantage les produits diffusés ?... Peut-être… En tous cas, en “nationalisant” ces industries pour que la collectivité en encaisse les exorbitants profits et les affecte au budget de la Santé Publique…

 

Quelques brèves données, systématiquement occultées :

 

ii)  Tabageurs et Alcooliers

 

Les “Tabageurs” ou “Cigarettiers” sont une industrie aux marges bénéficiaires plantureuses, très capitalistique, hyper automatisée, faible employeur, très peu créatrice d’emplois, dotée d’un trésor de guerre lui permettant d’acheter tous les politiciens.

 

Comme le rappelle Gérard Dubois, un des meilleurs spécialistes français de cette industrie :

« Ce qui est clair, c’est ce qui sépare l’industrie du tabac de l’industrie du crime n’a plus que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes. » (8)

 

Le tabagisme tue, en France, une moyenne de 60.000 personnes par an (66.000 l’année dernière). Non compris les centaines de milliers de personnes hospitalisées pour cause de cancers ayant pour origine le tabagisme : poumon, gorge, langue, etc. Ce rythme s’accélère, puisqu’à présent le nombre de femmes, atteintes de cancer du poumon, quadruple chaque année. (9)

 

L’UE, face à ces énormes lobbies, est incapable d’harmoniser une politique fiscale, favorisant ainsi la contrebande, se réfugiant, au contraire, dans la subvention de la culture du tabac : plus d’un milliard d’euros par an… (10)

 

Le coût de l’alcoolisme est tout aussi cataclysmique, évalué à environ 1% du PNB des pays développés. Ce qui représente pour la France, environ 30 milliards d’euros par an. Certaines études estiment le coût à plus de 39 milliards de dollars pour la Grande-Bretagne, et près de 20 milliards d’euros en France (11).

 

En France, en moyenne, 60.000 personnes meurent d’alcoolisme chaque année, non compris les centaines de milliers de cancers (foie, notamment), et autres dégâts collatéraux tels qu’absentéisme, accidents de voiture, violences, criminalité. Sans oublier la naissance chaque année de  5000 à 7000 bébés avec des malformations graves (syndrome d'alcoolisation fœtale)…

 

A eux deux ces lobbies, Tabageurs et Alcooliers, infligent à la France 120.000 morts. Par an. Des centaines de milliers de pathologies au traitement très couteux pour notre système de santé. Pour leur plus grand profit.

 

Très loin, dans un écart intergalactique, devant les 4000 morts par accidents de la circulation (4.262 en 2009), les 500 morts du SIDA (809 morts en 2006, la mortalité ne cessant de baisser) et les xxx (pas de statistiques officielles) morts du terrorisme…

 

Pourtant, silence médiatique et inaction politique sont de rigueur. Pas de lutte contre ces fléaux. Des milliards pour la lutte antiterroriste et beaucoup d’agitation, mais là : pas de moyen. Tabou !

 

Personne pour prendre à la gorge ces mafias qui s’empiffrent, se goinfrent, par milliards, avec la complicité des politiciens, élus du peuple, alors qu’on devrait leur faire payer le « Trou » de la Sécu.

 

Car, au-delà des dégâts astronomiques pour les générations futures (1.200.000 morts en 10 ans…), des drames humains, individuels et collectifs, ce sont des milliards pillés par ces “intérêts privés” sur la Santé Publique. Suivant le principe que les banquiers véreux appliquent régulièrement : Privatisons les profits, nationalisons les pertes

 

 

iii)  Médicamenteurs et Engraisseurs

 

Remarquez-le, dès qu’on traite du « Trou » de la Santé Publique : quel est le réflexe des politiciens et de leurs perroquets, les médias de la propagande ?… Taper sur le malade et son médecin. L’un et l’autre accusés d’exagérer dans les dépenses, à partir de quelques cas particuliers médiatiquement instrumentalisés.

 

Mais, bizarrement, “grand silence” sur les industries pharmaceutiques. Leur impact sur le « Trou » de la Sécu ?... Ces braves politiciens, jamais, ils n’en parlent, ni ne l’évoquent. Jamais. Alors que ces groupes, ces médicamenteurs, s’engraissent outrageusement sur la Santé Publique. (12)

 

En France, les contribuables on assisté au récent scandale du 1 milliard d’euros, octroyé généreusement par nos politiciens à cette industrie lors de la vaccination contre la « grippe-bidon ». Mais, cela fait quarante ans qu’abus et pillages de ces lobbies sont connus, identifiés, répertoriés.

 

Depuis une étude menée aux USA, entre 1957 et 1963 par le Comité Anti-Trust du Sénat et son rapporteur Estes Kefauver. (13)

 

Etablissant, déjà, que les dépenses en Recherche-Développement (RD) de ces groupes ne dépassaient pas 6% de leur chiffre d’affaires, celles du marketing-ventes absorbant l’essentiel (25 %).  

 

Rien n’a changé depuis, puisqu’une autre étude, menée par Julie Froud et son équipe sur l’industrie pharmaceutique, démontre que les dépenses de RD ne dépassent pas les 13-15 %, alors que les dépenses de marketing-ventes excèdent les 30 %. Selon les mêmes pourcentages que les grandes marques de l’industrie alimentaire, lessiviers, limonadiers (Procter & Gamble, Nestlé, Coca-Cola, etc.). Rien qu’aux USA, les dépenses de lobbying par ces groupes auraient franchies le 1 milliard de dollars en 2003. (14)

 

En 2000, par exemple, le groupe pharmaceutique Pfizer a battu Coca-Cola en termes de dépenses marketing-ventes (39 % contre 36 %), pour des dépense en RD équivalentes : 15 %...

 

Autrement dit une “nationalisation” de cette industrie entraînerait pour la Santé Publique une économie de 30 % minimum, sur tous les médicaments. Mais, la Santé Publique n’est pas vécue, par les actionnaires de ces groupes et les politiciens, comme la concession d’un service public. Elle est, au contraire, rigoureusement conçue et gérée en rente de situation aux fructueuses retombées pour la nomenklatura…

 

Avantage supplémentaire d’une telle “nationalisation”, la suppression définitive des tares imposées à la collectivité par ces industriels-pillards, si bien mises en évidence par le rapport Kefauver :

1. Durée abusive de protection des brevets, entraînant prix prédateurs (predatory prices) et marges déraisonnables, plus élevés que dans la plupart des autres productions industrielles (à part celle de l’armement…).

2. Coûts et prix largement “gonflés” par d’excessives dépenses de marketing, notamment publicitaires.

3. Beaucoup trop de produits inefficaces, dont certains dangereux du fait du manque d’indépendance des autorités de régulation.

 

Que dire des ravages par les Engraisseurs, ces industriels de l’alimentaire qui provoquent l’addiction, l’intoxication, alimentaires, par les abus de sel, de sucre, de colorants, de produits de synthèse, de conservateurs, d’hormones, etc. ?...

 

Imposant à nos collectivités, dans la recherche de profits faciles, ces nouvelles maladies que sont l’obésité et le surpoids. Avec tous les dégâts collatéraux, de l’hypertension aux cancers en tous genres.

 

Beaucoup dénoncent ces nouveaux pollueurs qui eux aussi ne sont pas les payeurs. Sans être entendus par les politiciens. Je ne les mentionne que pour mémoire, rappelant ce que dit José Bové :

« … Certes, on fait un poulet (bon marché), mais on ignore combien chaque kilo de poulet a induit d’effets négatifs payés par la société. » (16)

 

Ces prédateurs, aussi, doivent être mis sérieusement à contribution pour combler le « Trou » qu’ils creusent dans la Santé Publique, en piochant comme des forcenés dans cette mine pour y en extraire les pépites en or de leurs dividendes…

 

 

Ce bref survol de gisements d’économies, focalisé sur l’immense et capital domaine de la Santé Publique, en dehors de toute considération d’assiette fiscale, démontre l’incapacité de nos institutions, partis et leaders politiques, à aborder, honnêtement, courageusement, les véritables problèmes de fond.

 

Comme le rappelait l’économiste américain, J.K. Galbraith :

« Le déficit budgétaire est désormais un instrument utilisé … contre les actions socialement nécessaires mais politiquement combattues. La plupart des critiques contre les actions sociales tiennent dans l’argument qu’elles augmenteront le déficit budgétaire et les charges fiscales de nos petits-enfants. Cette conception est à l’évidence, une erreur et une stupidité redondante. » (16)

 

En fait, sous prétexte de “déficit public” ou “dette publique”, c’est à un méthodique, cynique, dynamitage du Contrat Social liant les membres de notre collectivité dans un projet commun, auquel se livre notre nomenklatura, à l’exemple des autres pays occidentaux.

 

Dans cette terrible régression de notre civilisation s’écroule le fragile pilier de tout progrès humain qu’est “la justice sociale”. Au sens où l’entendaient Locke, Kant, Rousseau et beaucoup de chercheurs, dont un des plus acharnés sur ce plan, sa vie entière, fut John Rawls. (17)

 

La justice comme équité, fondant l’association entre membres d’une même collectivité ; accord tacite, pour reprendre les expressions de Rawls, édifié sur la justice sociale et économique, dans la solidarité.

 

Une minorité de privilégiés, paradoxalement dès la Chute du Mur de Berlin, s’est emparée de tous les pouvoirs, les détournant, manipulant, à leur profit exclusif. Rejetant les Principes que nos ancêtres avaient naïvement inscrits dans notre Constitution, lors du renversement de l’Ancien Régime détesté par la brutalité et l’arrogance de son arbitraire : liberté, égalité, fraternité.

 

Dans un féroce retour à La Réaction, comme le revendiquaient nos monarchies post-napoléoniennes du XIX° siècle. Certaines s’affichant “républicaines” tout en rejetant furieusement l’idée, l’existence, la réalisation.

 

Dans une impitoyable violence, qu’on se souvienne des massacres par “l’armée d’Afrique” des ouvriers de la soie à Lyon, ou de La Commune à Paris, pour conserver les privilèges d’une poignée de nantis adossés à la force de leurs appareils de répression.

 

Un régime, quelle que soit son appellation, sans la Justice n’est qu’une autocratie, une dictature. Même s’il s’efforce de ne pas être sanguinaire à l'intérieur de ses propres frontières, réservant cette pratique à ses aventures coloniales ou néocoloniales.

 

Crise ?... Oui.

 

Du “sens” de nos sociétés, de notre vie en collectivité, de leur fondement.

 

Nous assistons, à la rupture du Contrat Social, nous liant les uns les autres dans une communauté de destin, par des prédateurs s’érigeant en ploutocratie dictatoriale.

 

Considérant les peuples, dont ils sont issus, en serfs destinés à les servir et les enrichir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Cité par Jean-Dominique Nuttens, Bertrand Tavernier, Editions Gremese, 2009, p. 18.

A propos du film de ce metteur en scène, le meilleur sur cette époque : Que la fête commence ! Avec des acteurs au sommet de leur art, notamment : Marielle, Noiret, et Rochefort.

(2)  Sans oublier le plus gros propriétaire foncier du pays qui ne paye aucun impôt : l'Eglise Orthodoxe.

La répartition du pouvoir politique et économique entre clans familiaux milliardaires en Grèce, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, avec leur clientèle d’obligés et de politiciens de service, est similaire dans sa structure et ses rouages à celle des Philippines.

Je reviendrai sur le simulacre des récentes élections présidentielles, aux Philippines, dans un futur billet.

(3)  http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=68

(4)  Se référer, par exemple, aux ouvrages, articles et déclarations d’une des meilleures spécialistes européennes de la traque des évasions fiscales : Eva Jolly.

(5)  L’omerta médiatique, académique (recherches en économie et en sciences politiques…) est totale sur ces rentes de situation contribuant à l’appauvrissement et au retard économique des pays ainsi exploités. Exemples de cette désinformation :

Aucun comparatif entre le tarif facturé à la minute par le même opérateur téléphonique occidental dans son pays d’origine et par ses filiales dans les pays en développement.

Aucun ratio comparatif entre le tarif facturé à la minute et le SMIC ou salaire moyen local, etc.

(6)  Béatrice Majnoni d’Intignano (Professeur Paris XII – membre du Conseil d’analyse auprès du Premier Ministre – Consultant de l’OMS), Economie de la Santé, PUF, mai 2001, p. 297.

(7)  Economie de la Santé, Op. Cit., p. 296.

(8)  Gérard Dubois, Le Rideau de Fumée – Les méthodes secrètes de l’industrie du tabac, Seuil, 2003, p. 268.

(9)  http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/25/les-femmes-de-plus-en-plus-nombreuses-a-mourir-d-un-cancer-du-poumon_1362141_3224.html

(10) Economie de la Santé, Op. Cit., p. 76.

(11) 17,4 milliards d’euros dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Alcoolisme

(12)  Julie Froud, ouvrage collectif, Financialization and Strategy – Narrative and Numbers, Routledge, London, 2006, Part II – Cases, 1. sur le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline : keeping it going ?, p. 149-223.

(13) Julie Froud, ouvrage collectif, Op. Cit., p. 161.

(14) Julie Froud, ouvrage collectif, Op. Cit., p. 163.

(15)  José Bové et François Dufour, Le Monde n’est pas une Marchandise – Des Paysans contre la Malbouffe, La Découverte, 2000.

(16) John Kenneth Galbraith, Economie Hétérodoxe, Seuil, 2007, p. 1091-1092.

(17) On se doit de lire et relire John Rawls, notamment :

=> Justice et Démocratie, Collection Points, Seuil 2000

=> Libéralisme Politique, PUF, 1995

=> Théorie de la Justice, Seuil 1987

 

Illustration : Le peuple portant le fardeau des privilèges

 

 

 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Publié dans : Economie et Ploutocratie
Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 20:00



« … Les grands traits … constitutifs de la névrose collective libérale : mégalomanie et volonté de toute puissance ; refus de toute loi vécue comme contrainte, comme empêchement de “liberté” ; ignorance d’autrui ; sadisme ; goût pour la collection et le maniement des matières ; découverte de la propriété comme partie du corps (l’étron) … avec, en fond de tableau, l’équivalence merdre/monnaie... tout un programme, qui me paraît être celui du libéralisme. »

Jean-Claude Liaudet (1)

 

 

 



Impeccable.

 

Robe rouge. Mettant en valeur un bronzage patiné au fond de teint. Griffes de “femme-couguar” manucurées au micron près. Icône parfaite pour représenter la "femme-entrepreneur", dans les médias de la propagande.

 

Le dynamisme entrepreneurial dans tout son éclat.

 

Sur mon écran TV, elle me rappelait Marisa Paredes dans le célèbre film d’Almodovar : Talons Aiguilles… (2) Chapeau en moins, cuisson solaire en plus.

 

talons-aiguilles-1991-Marisa-Paredes.jpg

 

 

Talons Aiguilles et Chihuahua

 

Invitée dans une émission de TV française censée parler d’économie. Ce genre d’entourloupes médiatiques qui n’ont pour finalité, sous prétexte d’enquêtes, que de diffuser des promotions déguisées de pays, de destinations touristiques, de produits, de tendances à consommer obligatoirement pour être dans le coup. Quand ce n’est pas la célébration du culte de la personnalité d’un manager ou d’un chef d’entreprise

 

Tout le bric-à-brac des magazines de la désinformation économique, voulant nous faire prendre de la publicité clandestine pour de l’investigation

 

Sujet : le bouclier fiscal.

 

Tarte à la crème, archétype du faux problème. Brassés en tous sens par médias et politiciens pour tirer des larmes sur le sort désespéré des riches en France. Justifiant ainsi l’enrichissement exponentiel d’une minorité sur le dos de la majorité de la collectivité : salariés, paysans, artisans et commerçants. Ceux qui triment dans la précarité. Passant sous silence la violence de l’injustice fiscale, accablant le pays et creusant son endettement.

 

L’astuce de  l’appareil de désinformation est de camoufler l’apologie de cette nomenklatura sous forme d’un « débat »…

 

Pour ce faire, il convenait d’opposer à cette pétulante Jeanne d’Arc du Libéralisme, présidente d’une association de chefs d’entreprise, une personne réputée ne pas être du même bord.

 

La Rédaction avait donc puisé dans son coffre à gadgets et effets spéciaux : un député “socialiste” !...

 

Tout en sachant, personne n’est dupe, que les politiciens socialistes ont rigoureusement la même approche de la fiscalité que leurs compères du parti au pouvoir actuellement. Mais qu’importe. L’essentiel étant la “politique spectacle”, on se contentera d’une de ces nouvelles pousses de la caste politique : Dents longues et Tête vide. Le vide étant proportionnel  à l’assurance de leur langue de bois.

 

Car, Jaurès ils ne savent pas qui c’est, leurs idées et programmes se résumant à une seule certitude : ils se voient un “destin national” et, donc, candidats aux prochaines présidentielles…

 

Rien à dire pour le casting.

 

Mignon. Bonne présentation, dans la discrétion du ton et la retenue des propos. N’ayant rien à opposer, puisqu’il partage la même foi libérale, le “député-socialiste-de-service” remplissait son rôle de faire valoir. Chihuahua, sautant sur ses pattes de derrière face au Libéralisme BCBG, la mise en scène était parfaite. Ne lui manquait que le ruban sur une couette entre les deux oreilles…

 

Avec une énergie renversante, dynamisme et rage d’entreprendre exigent, la chef d’entreprise assénait d’entrée “La Vérité du Libéralisme” qui régit nos destinées pour l'éternité :

« La création de la Richesse Nationale provient des entrepreneurs, des entreprises. Uniquement. »

Les autres n’ont donc qu’à les honorer et se taire, au lieu d’oser prendre la parole.

 

Qu’on se le dise ou qu’on se le rappelle : il y a deux castes dans nos sociétés. Ainsi qu’on ne cesse de l’expliquer, en ce moment, à nos amis Grecs (3) :

i) La “caste supérieure” qui a le droit de s’en mettre plein les poches avec l’argent public, via les exonérations et autres privilèges fiscaux.

ii) Et, la “caste inférieure”, qui n’a que le droit de payer l’essentiel du fonctionnement et des investissements de l’Etat et, bien sûr, erreurs, détournements, gabegies, corruptions, de la caste supérieure.

 

Concentré traditionnel de la « pensée libérale » : tout pour moi, rien  pour les autres. Somme toute, cette rayonnante chef d’entreprise prêchait le credo de la prédation propre à sa caste.

 

 

Sur une île déserte

 

Je suis toujours amusé par le culot de ces voleurs pris la main dans le sac.

 

Car, nous sommes dans le vol à l’encontre de l’ensemble de la collectivité. Cette minorité et ses seconds couteaux, que sont politiciens et médias, cette oligarchie ou nomenklatura pour reprendre un vocabulaire plus “sociologique”, ne produisent pas la richesse nationale : elles la confisquent au détriment de la majorité.

 

Livrons-nous à une expérience, toute simple, avec cette “Super Nanny Chef d’Entreprise” emblématique de sa caste. Genre TV Réalité, Koh Lanta, Loft, et autres comportements humains sous observation dans un bocal. A la Robinson Crusoé…

 

Prenons ce génie d’entreprendre, son dynamisme, ses idées. Ajoutons-y son capital, hérité de papa ou pas, et plaçons-la sur une île déserte. Avec cocotiers, arbres à pain, source d’eau fraîche et quelques chèvres pour ses fromages. Revenons quelques mois plus tard, et relevons méticuleusement la richesse créée par l’efficacité entrepreneuriale…

 

Eh bien, bronzage peaufiné à part, ce sera : Zéro…

 

Super Nanny Entrepreneur, véhémente, nous dira :

“Je n’avais pas mon outil de travail !”.  

Alors donnons-lui ses bâtiments, son beau bureau et ses machines outils. Soyons généreux, ajoutons-lui sa matière première pour une année de production.

 

Richesse créée, un an plus tard ?... Zéro.

 

"Je n’avais pas mon personnel !".

Admettra-t-elle, le bronzage grincheux, en difficile concession.

 

Tiens donc !  Premier enseignement : un entrepreneur avec son Capital, mais sans le Travail faisant tourner l’outil de conception et de production, ne peut et ne pourra jamais rien produire.

 

Donnons-lui son personnel : bureau d’études, ingénieurs, cadres et employés. Elle se sentira moins seule.

 

Un an plus tard, que constatons-nous ?... Plus de matières premières, mais un stock de produits finis dans un hangar. Invendus.

 

Création de richesse : Zéro…

 

Enervée, l’arrogance aussi bronzée, elle nous objectera :

“J’avais la marchandise, mais besoin d’acheteurs !”.

 

Ah Bon !  Deuxième enseignement : un entrepreneur avec son Capital, mais sans le Travail faisant tourner l’outil de conception, de production, et de diffusion, ne peut et ne pourra jamais rien produire, ni vendre.

 

Autrement dit sans personnel, ni consommateur, un entrepreneur, une entreprise, ne sont :

« Rien ».

 

Sans oublier que les mêmes “non-entrepreneurs” doivent, à intervalles réguliers, se transformer en “soldats”, en chair à canon, pour défendre les entreprises en cas d’invasion, de conflit, comme nous l’ont enseigné les multiples guerres, dont les deux dernières “mondiales”. Là, subitement, entrepreneurs et politiciens se souviennent que la Nation, la Richesse Nationale, ne sont « Rien » sauf “cohésion” et “sacrifice” de la collectivité.

 

Sans la communauté des hommes, il est donc impossible de créer, développer, préserver la moindre richesse.

 

Rien…

 

La richesse d’un pays, sa Richesse Nationale, c’est l’ensemble de la collectivité qui en est la source, le créateur, chacun en interaction, avec ses moyens, solidairement.

 

Je sais, trop fanatisée, trop intoxiquée de ses privilèges, confondant « droit de propriété » sur tout ou partie du capital d’une entreprise avec création de la Richesse Nationale, même les faits lui explosant sous les yeux, “Super Nanny Entrepreneur” serait incapable de le reconnaître :

Zéro + zéro + zéro = L’Arnaque Libérale…

 

Protesters-clash-with-rio-008.jpg

 

 

Ubu

 

Immédiatement, dans cette émission, sous le vernis du bronzage se craquelant, apparaissait le Père Ubu, en talons aiguilles, allant rançonner les paysans, escorté des « Grippe-Sous » et des « Salopins de finance », traînant le « voiturin à phynances »…

 

L’impression d’assister à la représentation de la pièce d’Alfred Jarry : Ubu Roi

 

Autant de stupidité, d’aveuglement, de mégalomanie, de mépris de caste, d’arrogance, de sadisme, de violence dans la rapacité, de mauvaise foi, de fanatisme, de dogmatisme, pour justifier l’égoïsme le plus crasse, chez un être doué de raison…

 

Tout cela, empaqueté dans la Bonne Conscience, ne peut avoir pour unique ressort la seule défense de ses intérêts personnels ou corporatifs.

 

Perte de valeurs ?...

 

Comment l’expliquer dans une Europe évangélisée depuis plus de 20 siècles, auréolée, ne cesse-t-on de nous trompeter, par Les Lumières ?... Dans un Occident qui ne cesse de se proclamer « civilisé », sous couvert de ses multiples penseurs, philosophes, écrivains, artistes et musiciens …

 

Quelque chose de déjanté, on le perçoit, sans pouvoir l’identifier avec précision, déglingue notre corps social…

 

Perte de sens ?...

 

Une autre dimension. Plus enfouie. Insuffisamment explorée. Dans le brouillard de nos connaissances incertaines, de notre logique tâtonnante, de l’usure de notre métabolisme intellectuel…

 

S’agirait-il d’un inconscient collectif gangrené, tordu, disjoncté par rapport à une réalité humaine ?... Déconnecté de l’Homme ?...

 

Ubu me renvoie à un livre de réflexions de Jean-Claude Liaudet, que j’aime bien et dont je recommande la lecture :

Le complexe d’Ubu ou la névrose libérale (4).

 

Il ouvre quelques pistes sur la dimension pathologique de “l’inconscient collectif” :

« … J’ai fait d’Ubu… le saint patron de mon livre ! En lui, on peut retrouver les grands traits de l’âge sadique-anal qui me paraissent constitutifs de la névrose collective libérale… »

 

Le climat de cruauté, d’insensibilité, de cynisme, qui imprègne nos castes au pouvoir et médias, atteint des dimensions paroxysmiques en ce XXI° siècle. Harold Pinter en a fait une analyse au scalpel dans son théâtre. Et, il n’est pas le seul à s’en angoisser.

 

Les mesures socio-économiques imposées aux salariés et retraités de la Grèce, en ce moment, sont d'une inhumanité, d'une injustice, insoutenables. Le FMI nous y a habitués, provoquant de violentes révoltes populaires dans certains pays, comme la célèbre “révolte du pain” en Egypte, ou de la farine de maïs au Mexique récemment.

 

Les mesures du FMI, iniques, confiscatoires, prédatrices, ne ravagent pas seulement les pays en développement. Elles s’appliquent, à présent, à l’Europe avec la complicité d'un système bancaire véreux et des castes dirigeantes corrompues des pays concernés.

 

Et, ce n’est pas fini. Tout est fait pour démanteler la moindre mesure sociale, afin de réserver la Richesse Nationale aux seules classes privilégiées. Comme sous l’Ancien Régime en France. Le Capital, et tout particulièrement la Spéculation avec ses profits faramineux, ne doivent surtout pas payer d’impôt ! Telle est la priorité.

 

Cruauté enrobée de constructions théoriques, économiques, géopolitiques, philosophiques, idéologiques. Bétonnées dans la Bonne Conscience :

« Le pervers moral est un malin qui sait manipuler autrui pour parvenir à ses fins.

Comme il est dépourvu de sens moral, il n’en exprime ou n’en ressent aucune culpabilité – du moins pas consciemment. Il aime le secret, il éprouve du plaisir à la rétention.

Il fait preuve d’habileté de raisonnement pour justifier sa conduite par des constructions apparemment théoriques. » (5)

 

L’oligarchie dominante en Occident, dans son écrasement, marginalisation, élimination de la classe laborieuse - wagons de licenciements à n’en plus finir : fonction publique (santé, éducation), pêche, industrie, jusqu'au secteur des services - donne le sentiment de scier la branche sur laquelle elle est assise :

« Sans foi, ni loi, les décideurs financiers se livrent à un jeu équivalent de violence destructrice. Une violence dirigée contre l’autre, qui devient ivresse autodestructrice quand elle ne rencontre ni limite ni interdiction…

… Quand il fusionne avec le corps social en tuant le plus de gens possible et en s’anéantissant avec eux, le tueur fou est dans cette jouissance. » (6)

 

Le “tueur fou”…

 

Sommes-nous gouvernés, asservis, par des tueurs fous ?...

 

Emanation d’une ploutocratie, aveugle, impitoyable, de perversité ?...

 


 

 

 

 


 

 

(1)  Jean-Claude Liaudet, Ubu et la Névrose Libérale ou de "Hayek avec Sade", entretien réalisé en mars 2004 par Frank Bellaiche, mercredi 15 novembre 2006, http://psythere.free.fr/article.php?id_article=34

(2)  Talons Aiguilles, film culte du cinéaste espagnol Pedro Almodovar, sorti en 1991, http://archive.filmdeculte.com/video/video.php?id=195

(3)  Complétons l’exemple de la Grèce, en ajoutant l’Eglise Orthodoxe. Première fortune immobilière et foncière du pays qui, comme toutes les grandes fortunes grecques, ne paye pratiquement aucun impôt… L’ensemble composant une caste qui, quelle que soit la situation du pays, ne veut surtout pas en payer.

Ce qui oblige, actuellement, la Grèce à imposer une augmentation de la TVA avec une diminution des salaires et des retraites, pour apurer son endettement ayant pour origine les détournements colossaux de son oligarchie…

C’est donc le Travail qui va essuyer l’ardoise de la Grèce. Surtout pas le Capital, avec son excroissance devenue dominante : la Spéculation.

(4)  Jean-Claude Liaudet, Le Complexe d’Ubu – ou la névrose libérale, Fayard, 2004.

(5)  Jean-Claude Liaudet, Op. Cit., p. 67.

(6)  Jean-Claude Liaudet, Op. Cit., p. 81.

 

 

 

Photos :

i) La talentueuse actrice espagnole, dans le film d’Almodovar, Talons Aiguilles, Marisa Paredes.

ii) Révolte du peuple Grec dans les rue d’Athènes – mai 2010. The Guardian.

 


 


 


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Nous sommes Tous Palestiniens



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3° Année du Blocus



Textes publiés sur ce blog lors des Massacres de Gaza, fin décembre 2008 et janvier 2009,  dont plusieurs sont "occultés" par les "moteurs de recherche" ... :
La Communauté Internationale
Gaza : News from London
Gaza : La Diplomatie Européenne
Gaza : La Censure Médiatique
Gaza : News from Oslo
Gaza : News from "Planet Psy Ops"
Gaza : Le Triomphe de Caïn

Sauvons la Résistante Palestinienne, Hana Shalabi, de la torture et de l'internement arbitraire des troupes d'occupation coloniales

 

Hana-Shalabi---Palestine.jpg

 


 

Halte au Délire Impérial !

    






Le Québécois
chante la lutte des Peuples
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