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Politique et Destin Collectif

Jeudi 12 novembre 2009



Paradoxe.

 

En pleine transe médiatique sur la célébration des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, de la « Victoire de la Liberté sur l’Oppression »…

 

Ne voilà-t-il pas, qu’en France, un député - maire du parti au pouvoir se fait le chantre du « ferme ta gueule » à l’encontre des artistes, des écrivains. Du moins de ceux qui ne pensent pas dans « la ligne du parti ».

 

Comme le beaujolais, c’est le « stalinien nouveau » qui débarque…

 

Fier comme Artaban, il demande au Ministre de la Culture de ramener à la raison Marie NDiaye, exigeant l’imposition d’un « devoir de réserve ». Qui n’est que l’obligation de se taire. Cette artiste aurait « diffamé » la France et ses dirigeants.

 

Non. Ce n’est pas une chanteuse quittant la France pour se réfugier en Suisse. Crachant sur son système fiscal, son impôt sur la fortune, ses institutions et ses valeurs. Notamment une de celles inscrites sur ses bâtiments et ses documents publics : la Solidarité, à défaut de Fraternité.

 

C’est une romancière, vivant à Berlin, qui vient d’obtenir un de nos plus médiatiques prix littéraires, le Goncourt.

 

Diabolisée pour avoir dit tout haut ce que pensent, à présent, les français dans leur majorité. Même ceux qui avaient voté pour Sarkozy et son parti, enthousiastes devant l’image véhiculée par les médias d’un homme neuf, leur promettant « d’aller chercher la croissance avec les dents ».

 

Ignorant, alors, que ses dents seraient vigoureusement limées jusqu’aux gencives par les lobbies, et autres prédateurs de la collectivité, rompus à ce genre d’exercice : banques - assurances, pétroliers - gaziers - atomistes, chimie - pharmacie, béton - télécoms, agro-industrie – grande distribution, “complexe” militaro - industriel… 

 

Face à un président-monarque édenté au bout de deux ans, quoi de plus normal pour un peuple floué que d’exprimer son ressentiment pour les uns, son écœurement pour les autres…

 

Après tout, en quoi Marie NDiaye a-t-elle tort de dire qu’elle trouve la France " monstrueuse dans son flicage et sa vulgarité " ?… D’estimer que certains ministres se comportent en monstres froids, et de les citer : Besson, Hortefeux ?… 

 

Quitter la France pour s’installer avec sa famille à Berlin où la vie intellectuelle est plus libre, plus créatrice, qu’en France où tout est verrouillé par la même caste ?… Où est le mal ?…

 

Somme toute, elle ne s’est pas installée dans un paradis fiscal, mais demeure dans les frontières de l’Union Européenne. C’est son droit. Dire qu’elle l’a fait dès l’élection de Sarkozy, par détestation, et alors ?…

 

Sa position a le mérite de la franchise et de la clarté. :

« Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »

 

Cela change de la langue de bois du monde de l’édition !

 

Mais, pour la caste au pouvoir : inadmissible. D’où les réactions, révélatrices de sa fureur.

 

 

Le grotesque de pareille posture est riche d’enseignement.

 

Confirmant la tendance liberticide des oligarchies en Occident. Sous prétexte de terrorisme, d’ultra-gauchisme, de l’honneur du drapeau, du "secret défense", de l'identité nationale, des dirigeants ou des petits pois...

 

Une résurgence de ce contre quoi nous, nos ancêtres, nous sommes battus pendant des générations : l’autocratie, l’absolutisme. Car cet « élu », dans sa gesticulation, brandit à bout de bras un symbole : une « lettre de cachet ».

 

Obsession de ces nouveaux marquis, perruqués, poudrés, enrubannées, de privilèges et de passe-droits. Staliniens en bas de soie, confits d’arrogance, descendant de leurs chaises à porteur : neutraliser la liberté d’expression. 

 

Liberté fondamentale, représentée par ceux qui disent ce qu’ils pensent, et pensent ce qu’ils disent. Ceux qui n’encensent pas les « puissants », ne courbent pas l’échine devant l’importance qu’ils s’octroient. Qui ne se taisent pas, quand ils le leur ordonnent.

 

Ces petits marquis tenant dans leur mépris un Molière, un Cyrano ou un Voltaire. Se permettant de les faire bastonner par leurs laquais, pour avoir manifesté leur indépendance d’esprit. Qui le leur rendaient bien.

 

Alors, une Marie NDiaye rejetant l’intimidation des oligarques… Qui plus est : une femme… Ciel : une française « black » !

 

Fi donc !… Quel toupet !…

 

Ces marquis s’en étranglent de rage. Rêvant d’une bonne bastonnade, au moins médiatique.

 

Comme au bon vieux temps. Assurés de l’impunité due à leur rang… N’ayant plus pour légitimité le devoir de leur charges et obligations, mais uniquement celui du privilège de leur naissance ou, aujourd’hui dans notre monarchie élective, de leur réseau incrusté dans l’appareil d’Etat.

 

Ploutocratie triomphante allant jusqu’à octroyer, dans le cynisme, les sinécures les plus plantureuses à leurs rejetons. Fussent-ils stupides, incompétents, la nullité incarnée derrière leur masque de « beaux parleurs ».

 

Ronronnant, se célébrant, se congratulant, chimpanzés sur leurs perchoirs s’épouillant à tour de rôle, en direct sur TV et radios, qui nous les servent et resservent en boucle. Notre steak-frites politique quotidien.

 

Non contents de détenir la quasi-totalité des médias, transformés en arme de propagande massive, ils entendent étouffer toute velléité d’esprit critique, de liberté d’expression.

 

Dans cette posture, s’exhale la flagornerie du courtisan amidonnant les dentelles de ses suzerains et protecteurs. Dans un zèle où s’expriment les pulsions irrépressibles, démagogiques, entremêlées, de la délation-diabolisation et du culte de la personnalité.

 

Comment ne pas comprendre, et partager, la nausée de Marie NDiaye ?

 

Au-delà du constat, que faire ?…

 

Pour neutraliser cette graine de dictature phagocytant nos institutions et nos libertés, ces politiciens professionnels, passant leur temps à satisfaire, non pas les intérêts de la collectivité mais ceux des lobbies, d’une richissime minorité. Heureux de grappiller les miettes de leur festin. Beuglant que la France est "en faillite", après avoir déversé des milliards dans la poche des banquiers...

 

Tant et si bien que dans le « cinquième pays le plus riche du monde », comme s’en glorifie le président, des centaines de milliers de français ne peuvent ni travailler, ni se loger, ni se soigner, ni manger à leur faim. Ni se chauffer en hiver, beaucoup chaque année, sans abri, crevant de froid dans nos rues et parcs publics...

 

Eux, par contre, cumulant tous les droits. A commencer par celui de dire n’importe quoi. De raser des pays, tuer des milliers de gens, sur fondement de mensonges. De couvrir les tortures et crimes contre l'humanité les plus abjects, dans la bonne conscience.


Là, comme par enchantement, leur "conscience"  n’y trouve rien « d’excessif ».

 

Avançons. Dépassons le stade du diagnostic pour aborder celui de l’action. Même si les mises en place paraissent lointaines.

 

Réduire cette engeance, rend impératif le renforcement de notre droit constitutionnel.

 

Oui. Inscrire dans la Constitution de notre pays, dans celle de l’Union Européenne aussi, qu'être « élu du peuple», n’est pas un privilège, un avantage, octroyés par des citoyens ignares, mais un devoir à accomplir dans l’intérêt de tous.

 

Pour cela, en stipulant dans un article spécifique :

 

i)  Limiter tout mandat électif à, seulement, deux mandats successifs pour éviter ces rentes de situation de politiciens vivant grassement, pendant des décennies, aux frais d'une République qu'ils prétendent "en faillite".

 

ii)  Interdire tout cumul de mandats électifs. Un élu serait uniquement soit député ou maire, soit sénateur ou maire, etc. Pour éradiquer ces mille-feuilles de sinécures, trustés par les mêmes familles ou clans, du conseil communal au conseil général ...

 

iii)  Imposer la transparence totale sur tous les marchés publics via les accès directs par Internet, avec téléchargements gratuits, pour les copies des marchés publics dès leur ouverture. Pour casser les ententes lucratives sur la répartition des marchés, l'octroi occulte de marges ne se justifiant pas. Notamment dans les dépassements de travaux.

 

 Je sais, me direz-vous, aucun de nos partis, avec leurs dinosaures et éléphants, n’est en mesure d’inclure ces dispositions dans son programme électoral.

 

L'Histoire tranchera, en ce cas. Comme toute fin de cycle, Ancien Régime, républiques précédentes, la V° République vermoulue, implosera sous le poids de ses dysfonctionnements. Ce sera à la VI° République d'inclure, n’en doutons pas, ces exigences indispensables dans sa nouvelle Constitution, restituant le contrôle de nos institutions aux citoyens de ce pays.


Le débat sur l'identité nationale c'est cela, en fait : sommes-nous des veaux ou des citoyens ?...


Marquis, éléphants ou dinosorauses, à l'ego boursouflé, ne se rendent pas compte qu’ils vivent le crépuscule de la V° République. 


Tellement bornés, infatués de leur mégalomanie, ils ne sont même pas capables d’effleurer le pressentiment du marquis de Dreux-Brézé trottinant dans les couloirs des Tuileries, essoufflé sur ses talonnettes, interrogeant Louis XVI, alors que grondait la colère du peuple :

« Sire, est-ce une révolte ou une révolution ?… »

 

 

 

 

 

 




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Dimanche 8 novembre 2009

 

 

Les libertés publiques ne sont plus enserrées dans des murs en béton. Depuis la chute du symbole de l’étouffement des libertés qu’était Le Mur de Berlin.

 

Du moins, sous nos latitudes…

 

En Palestine, il est deux fois plus haut et plus solide. Il ne cesse de s’étendre.

 

Ailleurs, coups d’Etat, tortures, exécutions, enlèvements, élections truquées, bombardements, occupations militaires, en sont un substitut encore plus atroce. Mais, il convient de ne jamais l’évoquer…

 

Vingt ans !… Ne cessent de s’extasier les médias, célébrant cette disparition en chœur. Coordination, déploiement, ratissage, impeccables. Gros budgets. Tambours et trompettes. Pluies diluviennes d’euros et de dollars…

 

Nous l’avons tous compris. Une de leurs grandiloquentes campagnes de propagande. Nous agrippant par les oreilles et le col, nous matraquant dès le petit-déjeuner, pour endormir les citoyens que nous sommes.

 

Nous convaincre de notre état paradisiaque de « citoyen libre ».

 

Restons lucides.

 

Dans nos pays « riches », « développés », les progrès techniques de communication et de désinformation rendent obsolètes, archaïques, ces excroissances de béton et de fil de fer barbelé.

 

Pour étouffer la liberté d’expression et l’esprit critique, s’élèvent des murs virtuels qui ne se perçoivent pas à première vue. Encore plus efficaces.

 

Lentement, implacablement, s'érigeant dans le silence complice des politiciens. Pour ne pas changer…

 

De nombreux piliers pour le soutenir. Dont l’architecture et la mise en œuvre sont élaborées par des officines spécialisées qui ne font que cela à longueur d’années. Concevoir stratagèmes, désinformations et contrevérités.

 

Nous faire croire que la lune est carrée, qu’un dictateur sanguinaire est un démocrate. Qu’un dirigeant régulièrement élu est un dictateur, à partir du moment où il n’accepte pas ce qu’une « grande puissance » lui dicte.  Qu’il y a des élections truquées où il n’y en a pas. Ou, vice-versa, qu’il n’y en a pas, là où il y en a. Même si l’arnaque crève les yeux, comme on vient de le voir en Afghanistan.

 

L’étape ultime étant « la censure ».

 

Censure déguisée, bien sûr. Nous sommes en « démocratie ». Comment transformer des citoyens en consommateurs, muets et autant que possible apeurés ? La peur renforçant leur mutisme.

 

Pour les castes au pouvoir, « la peur » n’est pas le commencement de la sagesse des sujets qu’ils gouvernent. C’est l’instrument qui leur cloue le bec.

 

Un des meilleurs artifices, pour étouffer liberté d’expression et esprit critique, est « l’arsenal juridique ». Sans cesse travaillé, modernisé, actualisé. Avoir la « justice » avec soi, pour bâillonner son peuple, le rêve de tout autocrate…

 

Connaissez vous le SLAPP ?… Une pandémie, dans nos pays occidentaux.

 

Le Strategic Lawsuit Against Public Participation. On pourrait traduire par : Action Judiciaire Stratégique contre la Mobilisation Citoyenne.

 

Ce sont des actions en justice, dont le modèle est anglo-saxon à l’origine, destinées à intimider, dissuader, entraver, bloquer les actions menées par des groupes de citoyens, de consommateurs, de médias, qui ont le courage de dénoncer des produits, ou des services, qu’ils estiment contraires aux intérêts de la collectivité.

 

Notamment, sur le plan des risques sanitaires que font prendre des groupes financiers de l’Agro-Business, de l’Industrie, de la Grande Distribution. Publics ou privés.

 

L’objectif premier est d’étrangler financièrement, par le coût des procès à répétition et l’enjeu des sommes demandées, l’action des citoyens ou des médias se mobilisant pour une cause, dans l’intérêt d’une collectivité.

 

Dans mon billet précédent, je vous ai cité un cas, Afrique : Pillage et Pollution… Il mettait en cause une société britannique pratiquant la mondialisation de la pollution.. (1)

 

Je vous présente un autre cas, en France. Symbolique de la dégradation en cours, de nos libertés se délitant.

 

 

Il y a un an, des associations de cinq pays européens, dont le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) pour la France, ont fait tester par un laboratoire allemand certifié des raisins de table, vendus dans des magasins relevant de 16 enseignes différentes. (2)

 

Cette étude internationale examinait la politique de la « grande distribution » en matière de résidus de pesticides dans les produits alimentaires. Elle a été publiée le 24 novembre 2008.

 

Conclusions accablantes…

 

Non seulement la quasi-totalité des raisins analysés, issus de l’agriculture intensive, contenaient des résidus de pesticides à un niveau élevé. Mais les doses analysées dépassaient largement les limites autorisées, dans la plupart des cas.

 

Pire : des produits interdits, en tant que pesticides, ont été trouvés sur ces produits « frais »…

 

Inacceptable.

 

Qu’ont fait les professionnels, en France ? Une contre-étude ? Une action immédiate pour remédier à cette situation ? Une réflexion commune, producteurs - grande distribution – consommateurs, pour élaborer les mesures à long terme garantissant qualité et sécurité alimentaires ?

 

Non.

 

Le 2 février 2009, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, la Fédération Nationale des producteurs de Raisin de Table (FNRT) a assigné en justice le MRDGF pour avoir « … dénigré le raisin de table ».

 

Réclamant :

=> 500.000 euros de dommages et intérêts

=> La publication du jugement dans dix médias nationaux

=> La suppression du dossier sur son site Internet.

 

Evidemment, l’association ne dispose pas des moyens et sommes demandées. Le but est clair : censurer l’information, tuer dans l’œuf toute résistance et action de ce type.


Même réactions de ces milieux, que lors des études publiées sur les OGM, le sucre, le sel, etc. : intimider, menacer... Plus vite que son ombre...

 

Que faire ?…

 

Devant l’inaction des politiciens ? L’occultation des médias ?

 

Devant les atteintes délibérées et répétées contre la liberté d’expression, le droit des consommateurs à une pluralité et une fiabilité de leur information, et le droit à la santé de la population ?…

 

Les choix sont multiples, l’essentiel étant l’action citoyenne. Pour le cas présent :

 

i)   Faire circuler l’information autour de vous, pour franchir l’obstruction des médias

ii)  Adhérer au MDRGF : www.mdrgf.org

iii)  Soutenir l’association de solidarité avec le MDRGF, constituée pour lutter contre l’intimidation et les menaces qu’elle subit : www.generations-futures.org

iv)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, le député et le sénateur de votre circonscription pour les sortir de leur assoupissement, via leurs permanences électorales ou leurs bureaux au Parlement, en exigeant leur intervention

v)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, les antennes des partis politiques de votre circonscription, de la majorité et de l’opposition, pour les sortir de leurs tripatouillages et de leurs guerres des chefs, en exigeant leur intervention.

 

Que les élus, et ceux qui ambitionnent de l’être, sachent que leurs actions, actuelles et futures, seront jugées électoralement sur des actes, des principes et non pas sur des combines de notables à base de bla-bla-bla.

 

Qu’ils sentent que les citoyens n’accepteront pas de voir les institutions politiques de leur nation gangrenées par les lobbies, au service exclusif de ceux qui souhaitent étouffer la liberté d’expression et d’information pour tondre confortablement la laine sur le dos de moutons amorphes.

 

Dans l’enclos dont rêvent cyniquement ces nouveaux autocrates du TAF, « Totalitarisme de l’Argent Facile », détournant “l’Etat de droit” voulu par les citoyens en un nouveau …

 

… Mur de la Honte.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

(1)  http://stanechy.over-blog.com/article-afrique-pillage-et-pollution--38356781.html

(2)  MDRGF, 40 rue de Malte, 75011 Paris, tel. : 01 45 79 07 59, www.mdrgf.org

 

 

 

 

 


 


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Mercredi 15 avril 2009


 

La tuerie du Tanit, avec la mort de Florent Lemaçon, a provoqué une multitude de commentaires dans les médias et sur le Web.

 

Mourir à 28 ans, sous les yeux de sa femme et de son enfant, est plus qu’une tragédie. Son fils, pour qui il a dû éprouver plus de peur que pour lui-même… A 3 ans, souhaitons lui la résilience nécessaire au dépassement d’un traumatisme aussi dévastateur.

 

Quant à Florent, ses derniers instants sont les siens. Qu’il repose en Paix.

 

Il n’est pas mort pour rien, toutefois.

 

L’émotion ressentie, refoulée, exprimée, par nous, vivants, est porteuse de “sens”. Manière, au-delà de l’évènement, de nous interroger sur notre destin collectif, nos responsabilités, nos choix de vie, nos choix citoyens, et nos choix politiques aussi.

 

Car, il y a eu “choc” entre un choix de vie, fondé sur l’empathie à l’égard du monde et des hommes, et la froide Raison d’Etat, articulée sur un gain à long terme, quand elle se veut intelligente, ou sur la posture immédiate, quant elle confond stratégie et manipulation électorale. Imposant un modèle sociétal où les problèmes à résoudre doivent l’être dans l’épreuve de force, la répression, la violence.

 

Mourir, devant ou au milieu de ses proches, est le lot de beaucoup, de tout un chacun, dira-t-on. Récemment, tous les jours, du tremblement de terre au bombardement de sa maison. Cela n’en finit jamais. Tout ce que la Nature peut provoquer pour se rappeler à notre bon souvenir, et la folie de l’Homme imaginer pour assouvir sa perversité.

 

Beaucoup ont estimé que c’était “la faute à pas de chance” : Florent Lemaçon était là où il ne fallait pas, au moment où il ne fallait pas. “La Fatalité”. C’est leur droit de le penser. Position officielle, relayée par les médias. Sous-entendu : “on” est les meilleurs, “on” a été parfait, pas de contestation possible. Pourquoi pas ?...

 

D’autres, plus soucieux des deniers publics, sont allés jusqu’à s’offusquer qu’on puisse “dépenser l’argent des contribuables” pour se porter au secours d’un “aventurier écervelé”. Louable attitude, par les temps qui courent. C’est leur droit.

 

Certains considèrent que tout aurait dû être mis en œuvre pour ne pas mettre en danger la vie des passagers, et que cela n’a pas été fait. Par aventurisme, incurie, incompétence. Trouvant cela inadmissible. C’est leur droit, aussi.

 

Estimant que l’Humanité ne “progresse”, non pas dans le sens d’un illusoire progrès matériel, mais dans celui de l’harmonie d’une vie collective, que si le respect de la vie et de la dignité humaines sont prioritaires à toute autre considération.

 

Que “La Fatalité” sert trop souvent d’échappatoire à la bêtise, à l’irresponsabilité et à la sauvagerie. Tant est si bien que dans nos sociétés occidentales, dites “civilisées”, on en vient à admettre comme normal, au 21° siècle, les “dégâts collatéraux”, les massacres ou la torture.

 

Des milliers d’êtres humains sont ainsi réduits en bouillie, par “Fatalité” : “… ils n’avaient pas à voter pour X”, ou, “… ils n’avaient pas à subir la dictature de Y”, ou encore, “… ils n’avaient pas à être adeptes de la religion Z”… Tant pis pour eux. La casuistique de la bonne conscience.

 

Eh, bien : Non ! La “Fatalité” n’est pas une norme, surtout lorsque l’Homme l’instrumentalise par ses décisions et ses actions.

 

A l’occasion du désastre du Tanit, l’important n’est pas de savoir qui, de ces différents groupes d’opinion, ou courants de pensée, a raison ou tort. Mais, d’exercer notre esprit critique et de déconstruire les différentes manipulations qui nous sont imposées.

 



 

Robocop sauveur de l’Humanité

 

Partons du Tanit et des évidences.

 

Il n’était pas question de prendre d’assaut une ambassade, un Boeing ou un cargo occupés par des terroristes, de type kamikaze, bardés d’explosifs, prêts à se faire sauter avec leurs otages, défendant une cause sublimée, fanatisée ou perdue.

 

Il s’agissait de pirates, occupant un petit voilier familial. Pêcheurs somaliens, pour la plupart, ce qui n’exclut pas d’authentiques gangsters. Animés par le simple but de négocier un deal, désireux de faire uniquement du Business. Rien à voir avec les pirates du 16° siècle sur fond de guerres de religion et de pillages des galions d’or et d’argent espagnols, avec ses orgies de sévices et d’horreurs.

 

Aussi condamnables soient-ils, ces pirates et la situation n’avaient pas à être “traités” comme une entreprise terroriste. L’amalgame, en termes de méthodologie opératoire, est totalement stupide. A moins de vouloir plastronner, à bon compte, dans une opération de communication-intimidation…

 

A partir de ce contexte, s’énoncent des certitudes :

 

1. Prendre d’assaut des locaux aussi réduits qu’un petit voilier où étaient entassée une dizaine de personnes, était courir un risque élevé de carnage :

=> contrairement aux commandos, les cinq passagers (faisons abstraction des pirates en T-shirt…) n’avaient aucune protection (gilets et lunettes pare-balles, casque en kevlar, etc.) lors des échanges de tirs prévisibles dans un espace clos

=> du fait de l’espace clos, tous les tirs devaient, à l’intérieur du voilier, s’opérer quasiment à bout portant. Nous ne sommes pas au cinéma, avec le calibre 9 mm, des armes de poing utilisées dans ce genre d’opérations, une balle à bout portant dans une tête, le résultat est simple : il n’y a plus de tête…

 

2. Compte tenu de ces paramètres, aucun d’entre nous, ayant un tant soit peu le sens des responsabilités, n’aurait donné l’ordre de prendre d’assaut pareils locaux. A plus forte raison, si nous avions eu notre enfant ou un membre de notre famille à bord. Les bureaucrates, emplumés ou galonnés, coiffant ce type d’opérations, tout comme nous.

Jamais.

Nous aurions, ils auraient, tous, sans exception, évité une opération armée.

 

3. S’agissant d’une opération de Business, il suffisait de négocier une rançon. Il n’y avait de la part des pirates “aucun” autre objectif. Et, pour ceux soucieux, et comptables, des deniers publics, deux remarques :

=> une rançon peut toujours se récupérer. Une vie : impossible.

=> pour les “banquiers et financiers pirates” qui ont détruit tout un système financier et économique par leur rapacité, en s’en mettant plein les poches, sans parler de ces “multinationales pirates”, assistées de ces mêmes banquiers, responsables de milliers de délocalisations et de chômeurs, les deniers publics coulent à flot… Sans compter.

 

4.  A ce jour, il n’y a eu aucun assaut de ce type sur des navires à haute valeur marchande : cargo chargé d’armes, pétrolier, porte-conteneurs, etc. (1) Les négociations prennent le temps nécessaire, les rançons sont payées sans problème.

Aucune hésitation, par contre, pour un petit voilier avec une famille à bord. Soudain, “Nation en danger” : l’extrême urgence. A l’abordage !

 

Robocop entre en scène…

 

 

Fascination et fascisation

 

Nous sommes pétris, bombardés, asphyxiés, drogués, de ces multiples documentaires, films, livres, articles chantant louanges et exploits des “forces spéciales” et autres brigades “spéciales” : GIGN, GIPN, SWAT, SAS, SEALS, etc. Déclinés dans de multiples séries TV et jeux vidéos. Même les Douanes s’y mettent…

 

Des centaines d’heures toutes les semaines. Des milliers d’heures par mois. Des millions d’heures par an. L’inconscient collectif est formaté dès l’enfance, cerveau lavé, relavé, délavé, par la représentation du preux chevalier, héros sans peur et sans reproche. Représentant le Bien, luttant contre le Mal. Chargé de résoudre tous les problèmes de la société, résumés à des problèmes de sécurité ou de délinquance.

 

Harold Pinter n’a cessé de lutter, dans son œuvre et sa vie, contre cette pensée moyenâgeuse, cette fascination mortifère nourrissant un régime fascisant, un régime policier qui ne dit pas son nom. Peut-être en ai-je pris conscience avec lui, avec d’autres aussi, pour être allergique au romantisme guerrier de ces Rambo d’opérettes, qu’on tient à nous faire ingurgiter à intervalles réguliers ?

 

Quand je vois ces cagoulés en démonstration à Carcassonne, ou en opération à Tarnac, présentés comme les sauveurs de l’humanité, je pense immanquablement à la chanson de Francis Cabrel, La Corrida, sur ces acrobates en costume de papier…

 

Le mythe du surhomme, doué de toutes les capacités, doté de toutes les technologies, caparaçonné de toutes les impunités : Robocop “sauveur de l’humanité” !…

 

C’est nous prendre pour des grille-pain à manivelle…

 

Confrontée à la réalité, la “mythologie Robocop”, malgré ses milliards financés par les contribuables, a le souffle court, incapable dans le cas de la piraterie somalienne de :

=> localiser les bateaux de ces pirates, dans leurs ports ou au large, et les neutraliser, malgré ses navires de guerre, ses satellites d’observation (capables de lire la marque d’une balle de golf…), ses colossales bases aéronavales (Djibouti, entre autres), ses drones, ses avions d’observation, et de détection de sous-marins, et tutti quanti…

=>  mettre sous les verrous les “gros bonnets” vivant confortablement à terre et sur des places financières internationales : ils sont connus, ou alors les services de renseignements sont nuls

=> geler les circuits de financement : il n’y a pas de système bancaire en Somalie, actuellement en pleine anarchie, les rançons (à partir d’un montant consistant) sont versées sur des places financières internationales. Avec le partenariat des compagnies d’assurances concernées qui assurent les navires et, au passage, font flamber les primes d’assurance sur cette zone maritime.

 

Et, autres bizarreries à la liste inépuisable (2) …

 

Similaires à la culture du pavot en Afghanistan qui a décuplé depuis l’occupation occidentale et, bien sûr, qu’on n’arrive pas à éradiquer…

 

 

Piraterie et pillage

 

En fait, sous couvert de cette “mythologie Robocop”, ou de ce Robocop Show, se dissimulent une nomenklatura, un appareil d’Etat, soucieux d’avoir un outil répressif qui impressionne le peuple, inhibe toute contestation, et assure le calme. Se mettant à l’abri de tout questionnement, de toute contestation, dès qu’il s’agit de “Sécurité”, intérieure ou extérieure.

 

Les castes au pouvoir estimant, à l’égal de n’importe quelle dictature, qu’il s’agit d’un “domaine réservé” où le débat et le contrôle démocratiques n’ont pas à s’exercer. Justifiant les régimes d’exception. Brandissant le “Secret Défense”, lui assurant l’impunité, bloquant toute critique possible : “… taisez-vous et dormez tranquilles, on s’occupe de votre sécurité, à défaut de votre emploi…”

 

Le Robocop Show présente aussi l’avantage de détourner l’attention des véritables problèmes de fond. La piraterie n’est que l’épiphénomène ou le symptôme d’une pathologie beaucoup plus grave que les apparences présentées par les médias de la propagande. 

 

Dans le cas du Golfe d’Aden et de la Somalie, on évacue ainsi la responsabilité collective de l’Occident dans les ravages exercés dans cette partie du monde par une politique démentielle (3). Cette région est mise à feu et à sang, entretenant les chefs de guerres, finançant les guerres civiles. Diviser pour mieux piller. Responsabilité collective : écrasante (4).

 

La Somalie, après avoir enduré l’occupation britannique et italienne, n’a pu vivre librement son indépendance depuis 1960. Subissant de continuelles ingérences étrangères. Accentuées depuis les années 1990. Dernièrement, en 2006, toutes les pressions ont été effectuées sur l’Ethiopie pour envahir la Somalie. Ce qu’elle a fait dans un premier temps, pour arrêter ensuite ce rôle de mercenaires au service d’intérêts qui allaient à l’encontre de ses propres urgences.

 

Sur fond d’opposition entre chrétiens et musulmans. N’oublions pas, aussi, cette dimension géostratégique qui s’applique depuis des décennies, dans le cadre de l'idéologie toujours prégnante du "Choc des Civilisations", même si on en édulcore, à présent, le discours : empêcher à tout prix le développement des pays musulmans, en les divisant, les opposant, les morcelant, les asservissant par des dictatures.

 

La Somalie est un pays riche, très riche : fer, étain, cuivre, bauxite (aluminium). Surtout : pétrole et, enjeu déterminant, uranium. La Somalie appartient à l’Uranium Belt. Cette ceinture de pays richement dotés, dans l’hémisphère nord de l’Afrique, de ce combustible très recherché : Darfour, Centrafrique, Tchad, Niger.

 

Tout est mis en œuvre pour piller ce pays, et faire en sorte qu’il ne puisse exploiter et valoriser lui-même ses immenses richesses. Jusqu’à ses eaux territoriales, riches en poissons, tellement pillées par les bateaux-usines occidentaux qu’il ne reste plus rien, à part des poissons intoxiqués.

 

Car, une autre dimension s’est rajoutée : le désastre écologique. Du fait de l’anarchie, les pays occidentaux en profitent pour se délester de leurs produits toxiques, y compris nucléaires, sommairement enfouis à terre, ou simplement jetés le long de ses côtes maritimes.


Il est vrai que les coûts de revient sont avantageux. Suivant la nature des déchets : de 200 à 300 euros (5) jusqu'à 1000 $, la tonne, en Occident, on obtient des coûts d’enfouissement, ou de déversement, de 30 euros la tonne, pouvant descendre à $ 2,50 (6).

 

Curieux d’entendre des politiciens dire qu’il ne fallait pas que les voiliers se rendent dans cette zone. Représenteraient-ils des témoins gênants ?... En ce cas, cette vision prospective a un train de retard…

 

Même le responsable de la Défense Nationale des USA, Robert Gates, ancien patron de la CIA,  vient de lâcher le morceau. A propos des pirates, il parle d’adolescents, entre 17 et 19 ans, et les qualifie de gamins inexpérimentés (... untrained teens… those kids...). Convenant que la seule répression, ou solution armée, ne suffira pas pour mettre un terme à la piraterie. Qu’il faudra bien passer par la mise en place d’un “développement à terre” (7).

 

En clair : il faudra mettre un bémol au pillage du pays et de la région…

 

En fait, le Robocop Show n’est que de la poudre aux yeux. La sécurité nationale ou internationale s’obtient non par des surhommes, demi-dieux assurés de l’impunité. Mais, tout simplement par la Justice.

 

En ce qui concerne le cas des pays dits “à risque”, tels la Somalie, on se doit de considérer la Justice au sens du respect des peuples, de leur autonomie, de leurs croyances, et de leurs richesses nationales.

 

Robocop n’est pas le sauveur de l’Humanité.

 

Il en est son geôlier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  La libération du capitaine américain du porte-conteneurs (Maersk Alabama), intervenue le week-end dernier, s’est faite à l’extérieur du navire. Il était, avec trois pirates, dans un canot de sauvetage qui le suivait pendant les négociations. Ils ont été tués au fusil à lunette depuis le bateau de guerre US, en escorte, à une distance d’une trentaine de mètres.

(2)  Cf. commentaire n° 5 de “Truth”, sur le post précédent : http://stanechy.over-blog.com/article-30121018-6.html#comment40412604

(3)  Hari, Johann, La piraterie en Somalie est née pour protéger le pays du pillage occidental, 13 avril 2009, http://socio13.wordpress.com/2009/04/13/la-piraterie-en-somalie-est-nee-pour-proteger-le-pays-du-pillage-occidental-par-johann-hari/

(4)  Vadrot, Claude-Marie, Piratages en Somalie : les coupables sont au Nord et en Occident, 12 avril 2009, http://horreurecologique.blogspot.com/2009/04/piratages-en-somalie-les-coupables-sont.html

(5)  Vadrot, Claude-Marie, Op. Cit.

(6)   Parmi ces déchets : radioactifs (uranium), métaux lourds (cadmium et mercure), plomb, industriels et chimiques, et en provenance d'hôpitaux. http://english.aljazeera.net/news/africa/2008/10/2008109174223218644.html

(7)   Pentagon’s Gates : Somali Pirates in Siege “Untrained” Teens, EasyBourse, 13 avril 2009, http://www.easybourse.com/bourse-actualite/marches/pentagon-s-gates-somali-pirates-in-siege-untrained-teens-650036



 



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Samedi 11 avril 2009


 

Tu devais rejoindre Zanzibar…

 

Après avoir croisé au large de la Somalie et longé les côtes du Kenya, avant d’aborder les eaux de Tanzanie.

 

Tu y étais attendu. Avec admiration et affection. Toi et les tiens.

 

 

 

 

Mais, “Elle” a trouvé le moyen de te tuer avant d’y parvenir.

 

Elle ?...

 

Oui. La “Connerie Humaine”.

 

Sur ton voilier, le Tanit, devant ta femme et ton enfant.

 

Sous forme d’une bande de connards se mitraillant.

 

Les uns jouant aux pirates et les autres aux cow-boys. Ou aux Terminator. Comme dans un jeu vidéo…

 

Quand on connaît l’extrême exiguïté des lieux de vie d’un voilier de 12 mètres, avec 10 personnes à bord, cinq passagers et cinq “pirates”…

 

Donner l’ordre de prendre d’assaut pareils locaux, il faut que les bureaucrates concernés aient les neurones enrobés d’une couche abyssale d’imbécillité.

 

De “vive force”, disent-ils. Il est vrai que s’il s’était agi de membres de leurs familles, ils auraient pris le temps. Ils auraient même trouvé du temps au temps…

 

Devant l’étendue de leur irresponsabilité, ils prétendent se couvrir, via leurs relais médiatiques, en salissant ta mémoire. Se donnant l’air martial, “banane” au vent, bravache, cravache et cravate…

 

Pauvres mecs…

 

Tu portais un nom magnifique : “Lemaçon”.

 

C’est avec des gens de ta trempe que l’Humanité avance, se construit. Tu croyais en la Paix entre les hommes et souhaitais un monde de compréhension, de dignité et de fraternité.

 

Tu vois, la Connerie Humaine ne supporte pas des gens comme toi. Elle ne parle que le langage des armes. Ta seule vue, ta seule existence, déclenchent son prurit irrépressible : tirer dans le tas.

 

Les Hommes de la Mer saluent le Grand Marin que tu étais. Les Hommes de Bonne Volonté te pleurent.

 

A Zanzibar, pour la Paix de ton Ame, on a déposé des fleurs sur l’écume de l’Océan…

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : The Guardian – 10 avril 2009



 


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Mardi 3 mars 2009



“Nulle mystification pseudo-nationale ne trouve grâce devant l’exigence de la pensée”

Frantz Fanon (1)

 

 

La “France d’Outre-Mer” s’enflamme. Une traînée de poudre…

 

Partie de Guyane, la révolte s’est propagée en Martinique et en Guadeloupe. Pour y atteindre son paroxysme. Plusieurs semaines de grèves. Dans les clameurs de ces luttes, dont le “pouvoir” veut nier la signification profonde, apparaissent les métastases de ce qui ronge nos sociétés.

 

Surgit la répression policière. Répression excessivement brutale comme en Kanaky, en Polynésie, par les forces de police sous ses différents uniformes, gendarmerie, RAID ou CRS. Cette force de maintien de l’ordre, vécue comme une milice au service d’une caste privilégiée, surnommée par la population : “La Jaune”.

 

Pratiquant, assistée des médias officiels, un mixage d’intimidation, de violence et de provocation pour inciter à une radicalisation permettant de diaboliser les mouvements de protestation.

 

Inévitablement, survient le premier mort syndicaliste. En Guadeloupe, ce fut Jacques Bino. Selon l’habitude dans ce genre de situation, on ne connaîtra jamais les circonstances exactes de l’assassinat. Quels qu’en soient les “suspects”.

 

Pendant que les “négociations”, entre les révoltés et les pouvoirs en place, se perdent, se diluent dans les sables du temps… Tactique habituelle des manœuvres politiciennes à courte vue, souhaitant le “pourrissement”… L’essentiel étant que rien ne change.

 

Depuis des siècles.

 

Royauté, Empire ou République…

 

Droite ou gauche…


 

 


Nèg Mawon

 

Les Caraïbes, ce chapelet d’îles en arc de cercle du Vénézuéla à la Floride, depuis l’irruption de la colonisation européenne, n’en finissent pas de lutter contre le sort qui leur est imposé.

 

Les autochtones, les indiens caraïbes qui ont donné leur nom à cette partie du monde, ont tous été massacrés lors de l’arrivée des espagnols. Bartolomé de Las Casas, un des témoins de l’époque, avait avancé une première estimation de ces massacres, englobant les îles Caraïbes et le continent sud-américain (2) :

“… les chrétiens causèrent par leurs tyrannies et œuvres infernales la mort de plus de 12 millions d’âmes, hommes, femmes et enfants…”.

 

A ces massacres ont succédé les importations massives d’esclaves, depuis l’Afrique. Recomposant le peuplement au seul bénéfice d’une oligarchie européenne :

“… c’est par millions qu’on importa les esclaves africains pour coloniser le pays en vue de remplacer des millions d’indigènes caraïbes massacrés. En ce qui concerne l’introduction des Noirs, quelques auteurs ont parlé de 10 ou 15 millions d’individus.

Mais tous les Noirs importés dans les premiers temps de l’esclavage périrent sans descendance comme les indiens caraïbes…” (3)

 

Dans leurs conquêtes prédatrices les puissances européennes, depuis le 15° siècle, n’ont cessé de se disputer, s’arracher, s’échanger, se répartir les îles de ce qui aurait dû être un paradis terrestre : Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande, Danemark, Suède… Bagarres d’Etats voyous, esclavagistes, entrecoupées de traités, conventions ou accords, auxquelles se sont joints, plus tard, les puissants voisins US.

 

Hors la caste coloniale, un “enfer” jonché, pavé, de massacres et d’horreurs tout au long des siècles, les esclaves luttant pour leur libération. De toutes ces îles, La Guadeloupe a été une des terres où la résistance fut la plus systématique, acharnée :

“… Depuis leur arrivée en Guadeloupe (et même sur le bateau), ils se sont toujours révoltés même si la répression s'abattait avec férocité et cruauté (jarrets coupés, oreilles enlevées, estampage au fer pour mettre le nom du maître, pendaison, écartèlement…).

Ceux qui s’échappaient étaient appelés "nèg mawon "(lire nègre marron). Ils organisaient régulièrement des attaques des habitations, incendiaient les plantations, empoisonnaient les maîtres, entraînaient dans le "mawonaj " d'autres esclaves.

L'un des exemples de cette résistance fut la lutte héroïque de 1802…” (4)

 

Ces îles ont subi tous les travestissements institutionnels. Fausses intégrations nationales sous forme de vice-royautés, de provinces ou de départements. Suivies, pour certaines d’entre elles, de fausses indépendances. Sans jamais pouvoir se défaire de la tutelle coloniale. Jusqu’à aujourd’hui…

 

Même Cuba voulant s’affranchir du colon espagnol, puis de la tutelle américaine, s’est trouvée isolée, agressée, étouffée sous embargo, politiquement et économiquement, par le club des puissances coloniales dirigé par les USA. Au motif que ses choix ne correspondaient pas à ce qui était “politiquement correct”. (5) Comme pour l’île de Grenade envahie militairement par les USA, sous un faux prétexte, en octobre 1983…

 

Leur seule vocation admise par La Communauté Internationale : être des chasses gardées, servant de rente de situation à quelques richissimes familles, alimentant les comptes secrets des politiciens dans les “paradis fiscaux”.

 

N’est-ce pas dans les Caraïbes où se trouve la plus grande concentration de ces paradis fiscaux, de ces niches fiscales et autres astuces, permettant à une poignée de privilégiés internationaux d’échapper à l’impôt, dont on veut nous faire croire que ces mêmes politiciens envisageraient de “réguler” ?… Tout en ne cessant d’affirmer que les caisses de leurs Etats sont vides. Anglais, espagnol, français…

 

La poursuite des pratiques coloniales se dissimulant à l’abri du développement de luxueux centres de villégiatures destinés à la ploutocratie mondiale, avec “pavillons de complaisance” pour leurs yachts. Suivie par une bourgeoisie occidentale souhaitant s’identifier aux VIP et autres People, dont ils ne feront jamais partie. Certains s’encanaillant dans le tourisme sexuel, masculin et, à présent, féminin… (6)

 

En France, Nelly Schmidt, directrice de recherche au CNRS dont les travaux font autorité, est une des rares spécialistes à travailler sur cet aspect rigoureusement occulté par les médias et les livres d’histoire de nos enseignements scolaires : l'esclavage, les abolitions et les politiques coloniales de notre pays aux Caraïbes-Amériques.

 

Son dernier livre, édité en ce début d’année, aide à comprendre les fondements de la révolte actuelle : La France a-t-elle aboli l’esclavage ? Guadeloupe – Martinique – Guyane – 1830-1935 (7).

 

Dans un entretien avec un hebdomadaire, elle rappelle les origines de cette pathologie politique d’un autre âge (8) :

Dans les colonies françaises des Caraïbes, l'ensemble des importations et des exportations est géré, encore aujourd'hui, par un très petit nombre de sociétés. C'est l'héritage de « l'Exclusif colonial » des XVIIe et XVIIIe siècles.

La conséquence de cette situation de quasi-monopole, c'est que ces sociétés fixent les prix qu'elles veulent. Des prix bien souvent excessifs.

Mais au-delà des questions liées au prix des différentes marchandises, c'est à la fois les paradoxes du développement social de ces territoires, les incuries successives dont ils ont souffert et le lourd héritage de leur histoire qui apparaissent sous les projecteurs”.

 

Monocultures, ou cultures “d’exportation”, au bénéfice des grands planteurs et des armateurs, fondées sur l’exploitation d’une main-d’œuvre ayant pour seule perspective : la survie. Sucre, coton, café, indigo. Depuis les années 60, la banane.

 

Avec importation de tout le nécessaire au fonctionnement économique et à la vie quotidienne. Tous produits alimentaires ou manufacturés : outils, meubles, toiles habillements, etc. (9). Depuis des siècles.

 

A ce jour, rien n’a changé. Aucune autosuffisance alimentaire. Tout est importé. Jusqu’à des yaourts. Rien n’est fabriqué sur place, si ce n’est une petite industrie de conditionnement et d’emballage. Les “entreprises locales”, n’étant que des importateurs, type concessionnaires de voitures ou vendeurs de jacuzzi…  Importations, pour le seul bénéfice des grands distributeurs, et des armateurs.

 

Autrement dit : la même caste de privilégiés prospérant dans l’impunité, dans l’opacité des circuits gérés par des initiés. Au nom de “la liberté d’entreprendre” et du “Libéralisme économique”. Au mépris de ses propres principes affichés de “libre concurrence”…

 

S’engraissant comme champignons sur fumier, sur la spéculation immobilière, les monopoles, ententes, cartels, “représentations exclusives”, subventions et autres gabegies de l’Etat, via ses élus ou sa haute fonction publique...

 

 

 

République bananière

 

Ne rien changer. Ne pas bouger. Congeler…

 

Pour cela : noyer cette révolte, comme toujours, dans de “fausses négociations”, sous la menace d’une répression armée et brutale. Par l’usure, contraindre à l’abandon d’un maximum de revendications. Circonscrire, réduire, le puissant mouvement de contestation à un problème “d’augmentation des salaires” ou de “pouvoir d’achat”.

 

Pas plus.

 

Surtout : ne rien toucher aux privilèges, à l’injustice économique, à la misère sociale.

 

A ses rouages, ses mécanismes d’enrichissement personnel. Et ceux, qui lui sont inextricablement liés : de corruption. On le sait : l’aberration, l’injustice, économiques et sociales, ne peuvent perdurer pendant des décennies, voire des siècles, sans des systèmes de corruption aussi invisibles du citoyen lambda que “huilés” en permanence…

 

Un documentaire Les Derniers Maîtres de la Martinique diffusé sur la TV “Canal +” a fait grand bruit (10). On y entrevoyait la caste raciste des békés, ces descendants des grands propriétaires esclavagistes qui sont les maîtres des Antilles françaises. Vivant de leur rente de situation, après avoir été indemnisés par l’Etat français lors de la suppression de l’esclavage en 1848.

 

Oui. On indemnisa les esclavagistes, pas ceux qui avaient été contraints à l’esclavage…

 

Ce documentaire met en lumière le puissant lobby des producteurs de bananes. Comme toujours dans les négociations agricoles, ce sont les gros producteurs qui font pleurer les gouvernements successifs pour obtenir protection et subventions. Invoquant les “milliers d’emplois”, sous payés, qu’ils génèrent, ou les quelques petits propriétaires qu’ils tolèrent pour leur servir de “couverture”.

 

Dans ce film on apprend, d’ailleurs, qu’un prêt de 50 millions d’euros, consenti par l’Etat à ces producteurs milliardaires, est finalement “abandonné”, reconverti en “subvention”…

 

Enfermer les Antilles dans une monoculture d’exportation, avec des emplois payés une misère, c’est les contraindre au sous-développement. La France dépense des milliards non pas pour la mise en valeur de ce qui est en théorie un “département français”, mais pour entretenir à grands frais une richissime caste locale.

 

Alors que pourraient y être implantés des industries et services à haute valeur ajoutée dans ce qui constituerait une plateforme de partenariat avec les voisins sud-américains, s’intégrant dans les immenses perspectives de développement des marchés de ce continent.

 

Mais, les békés ne sont plus les seuls représentants de la caste privilégiée. D’autres “minorités” se sont rajoutées au système colonial, le renforçant : métropolitains, libanais, indiens, et autres membres de puissantes communautés. En plus de la monopolisation du secteur privé, s’ajoute celui de tous les services publics locaux et travaux publics détenus par des entreprises métropolitaines et leur représentants : de la gestion de l’eau, et des mirobolants contrats de travaux publics, à la téléphonie mobile.

 

Point commun de cette caste monopolisant pouvoir économique et politique : aucun “Noir”, descendant des esclaves, représentant la majorité de la population. Vieux et inusable système colonial : se défiant de la “majorité colonisée”, par un système de cooptation rigoureux, il sous-traite son exploitation à une “minorité” composée de groupes complémentaires et complices.

 

Les revendications du collectif LKP, de Guadeloupe, posent les vrais problèmes de fond dans ses communiqués, loin des simples préoccupations de pouvoir d’achat :

“Depuis le 16 décembre, LIYANNNAJ KONT PWOFITASYON, véritable fédération de 48 organisations d’origines diverses, syndicats, associations, organisations politiques, culturelles, de consommateurs a décidé de fédérer les mécontentements et les revendications de tout un peuple et de les porter au plus haut.

LKP et le Peuple de Guadeloupe continuent de réclamer la transformation des rapports sociaux, le respect de toutes les libertés fondamentales, le droit de vivre et de travailler dignement au pays…”

 

Ce ne sont pas, en effet, des miettes se rajoutant à d’autres miettes qui résoudront les distorsions et l’incapacité du modèle économique à répondre aux exigences de justice sociale et de cohésion d’une collectivité, dans le respect du contrat social.

 

Le cœur du problème se situe au-delà de la domination de la caste des privilégiés, dans son aspect racial : békés, métropolitains et autres minorités, au détriment d’une majorité de “noirs”.

 

C’est le système économique dans ses monopoles, rentes de situation et son incapacité à redistribuer les richesses qui est à revoir. Dans la perversion de sa structure : une minorité confisquant à son seul avantage la richesse et les revenus de la collectivité.

 

Aux Antilles et en Guyane, éclatent les faillites des systèmes économiques et politiques dont on ressent les premières manifestations en Occident, et en France tout particulièrement :

 

=> Faillite de la République dans la défense des valeurs, qu’elle prétend promouvoir, de liberté, égalité fraternité.

Comment ne pas être choqué en assistant à des réunions “patronales”, dans une région à “majorité noire”, composées uniquement de “blancs” ?...

Est-il acceptable de constater qu’aucun haut fonctionnaire sur place ne soit “noir” : préfet, sous-préfet, responsable de la sécurité ?...

Ignorer, marginaliser la majorité noire, à ce point, dans une région, c’est pratiquer un “apartheid” qui ne dit pas son nom.

 

=> Faillite de l’Etat, dans ses fonctions de régulateur, de gestionnaire des équilibres et de l’avenir de la collectivité.

Commet justifier des monopoles, des rentes de situation, des spéculations, des gaspillages de subventions, des pratiques de prix sans commune mesure avec les coûts de revient et les marges “normales” : des prix alimentaires, aux prix de l’immobilier, des transports, etc.

Sans aucun contrôle ?...

Le soutien d’une région, d’un secteur économique, par l’Etat, par l’argent des contribuables, exige en retour le respect d'un cahier des charges, d’obligations de résultats. Non pas la perpétuation de la protection de castes privilégiées.

 

=> Faillite du monde politique : droite et gauche.

Depuis des décennies. Ils savent. Ils ont, à la fois, informations et capacité d’analyse. Mais ne disent rien. Ils n’ont rien fait et ne feront rien.

“L’opposition” a beau jeu de dénoncer l’incurie du gouvernement actuel, alors qu’elle-même, au pouvoir pendant 14 ans, n’a strictement rien conçu, proposé, appliqué, pour améliorer la gestion de la collectivité des Antilles.

La complicité des politiciens à l’égard d’un système profondément injuste et spoliateur aux dépens d’une majorité est un aveu, en soi, de corruption. Morale, dans un premier temps. Pour ne pas aborder le volet financier…

 

=> Faillite des médias : désinformation et propagande.

Ces médias prêts à envoyer des équipes de reportage au  bout du monde, dès qu’il s’agit de pratiquer « la dénonciation vertueuse » à l’encontre des Autres. Appliquant le principe : Ne jamais  balayer devant sa porte, évitant avec soin d’exercer leur “journalisme d’investigation” sur les injustices sociales et économiques de leur propre pays.

Ils ont mis plusieurs semaines avant de se saisir du problème. Mais au lieu d’informer, de rappeler le contexte historique, économique et social, ils ont sombré dans leurs pratiques habituelles de la propagande, leur seul souci : diaboliser les contestataires, les caricaturant en émeutiers irresponsables.

 

Il est vrai que l’exploitation d’une majorité par une minorité repose sur un équilibre fragile et explosif. Uniquement maîtrisable par la peur et la propagande. Y toucher, par une remise en cause, même la plus pacifique, est plus que dangereux. Suicidaire pour un politicien sans vision, ni conviction. Courage et honnêteté sont introuvables dans une caste politique corrompue.

 

Il faudra attendre plusieurs générations avant que les Antilles françaises ne forgent leur avenir en dehors d’une métropole prise en otage par une nomenklatura, à la mentalité coloniale. Leur communauté de destin n’est pas avec l’Europe, mais dans une union avec les autres îles des Caraïbes. Arrimées au continent latino-américain voisin, à la veille d’entamer une période de fabuleux développement économique et une renaissance historique.

 

Guadeloupe, Guyane, Martinique : microcosme de ce qui se vit, se trame, se subit, à plus grande échelle, en “métropole”, pour nous limiter au cas français. Car, dans tous les pays occidentaux, la configuration est exactement la même.

 

Une dizaine de clans familiaux, principautés financières phagocytant la République, pompant la quasi-totalité de la richesse nationale, avec leurs courtisans et seconds couteaux, monopolisant les secteurs majeurs de l’économie, publics et privés : distribution et crédit, travaux publics et construction, armements et médias. Demain : énergie, éducation et santé. Minorité immensément fortunée, à l’enrichissement incessant, exponentiel, vampirisant un marché captif…

 

Ce marché captif, cet enclos de moutons apeurés, hébétés, anesthésiés, se laissant tondre dans la soumission…

 

Jusqu’à quand ?...

 

Comme beaucoup, je pense à Frantz Fanon, le Martiniquais devenu militant, héros, de l’indépendance algérienne (11). A son analyse fulgurante de lucidité et d’anticipation, peu de temps avant de mourir de leucémie en 1961, dans son livre-testament politique Les Damnés de la Terre.

 

Synthétisant ce à quoi nous sommes confrontés, des crises financières mondiales aux révoltes sociales et mouvements d’indépendance (12) :

“Ce qui compte aujourd’hui, le problème qui barre l’horizon, c’est la nécessité d’une redistribution des richesses.

L’humanité, sous peine d’en être ébranlée, devra répondre à cette question.”

 

 

°°°°°°°°°°°

 

 

 

 

 

 

(1)  In Frantz Fanon, Pour la révolution africaine, écrits politiques (Maspero, 1964)

(2)  Rayond-Marin Lemesle, Le Commerce Colonial Triangulaire (18°-19° siècle), PUF, 1998, p. 111.

(3)  Elisée Reclus, Nouvelle Géographie Universelle, t. XVII : Indes occidentales, Paris, Hachette, 1891. In Raymond-Marin Lemesle, Op. Cit., p. 111.

(4)  http://planetantilles.com/index.php5?IdPage=1134061592

(5)  On l’occulte, mais la révolte conduite par Castro était une violente réaction du peuple cubain face à la dictature sanguinaire de Batista, protégée des américains. Cuba étant une néocolonie administrée par de richissimes familles, telles celle des Bacardi (sucre – rhum - immobilier, etc.), et la mafia des casinos américains de las Vegas et de Miami.

(6)  Voir le film de Laurent Cantet, Vers le Sud, sorti en 2006, avec Charlotte Rampling et pour cadre Haïti. Adaptation d’une nouvelle de Dany Laferrière, qui est un des rares auteurs des Caraïbes à avoir abordé le tourisme sexuel des femmes européennes et nord-américaines.

(7)  Nelly Schmidt, La France a-t-elle aboli l’esclavage ? Guadeloupe – Martinique – Guyane – 1830-1935, Editions Perrin, 2009.

(8)  Entretien avec Baptiste Touverey, Antilles : La France en a-t-elle fini avec l’esclavage ?, Nouvel Observateur, 20 février 2009.

(9)  Cf. “Produits européens pour les colonies”, Raymond-Marin Lemesle, Op. Cit., p. 53.

(10)  http://www.megavideo.com/?v=1q1m01nvidéo

(11) Cf. Gharbi Fethi, “Frantz Fanon, chantre de la désaliénation”, 25 février 2009, http://www.legrandsoir.info/spip.php?article8113

(12) Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, Editions La Découverte – Essais, 2002, première publication 1961, p. 96.

 

 

Photo Frédéric Gircour : Visage tuméfié d’un étudiant, Patrice, après avoir été tabassé lors de son arrestation, alors qu’il dormait. Il était “suspecté” de l’assassinat du syndicaliste Jacques Bino. Relâché deux jours plus tard. La police a reconnu s’être trompée…

 

 

 


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