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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 23:32

 

 

Eclair. Scintillement.

 

Un sabre s’abat. Une tête roule…

 

Nous sommes au XXI° siècle. Riyadh, Arabie Saoudite, le 18 juin 2011.

 

Ruyati binti Sapubi, Indonésienne de 54 ans, vient d’être décapitée. En public. Pour rendre plus spectaculaire l’exécution, le corps sans tête a été suspendu à un hélicoptère qui, à basse altitude, a parcouru la ville. De longs moments…

 

Cette femme travaillait comme domestique dans une riche famille saoudienne. Elle aurait tué son employeur en réaction à de mauvais traitements infligés à répétition. Telle est la version officielle.

 

Sous le manteau, d’autres versions circulent. La plus insistante : elle n’avait rien à voir avec un règlement de compte familial. Du fait de son statut d’immigrée sans protection ni droit, elle aurait été choisie comme bouc émissaire, avec des « aveux » extorqués sous la torture. Evidemment, aucun débat contradictoire, puisqu’il y avait « aveux ».

 

Car, dans ce pays on peut maltraiter, violenter et même tuer des domestiques sans problème si on est un riche saoudien. Mais, évidemment pas le contraire. Pour punition, quelques coups de fouets « théoriques », vite oubliés. Sans plus. L’oubli étant, en vitesse, proportionnel au nombre de billets proposés.

 

Bien sûr, nos médias en Occident et tout particulièrement en France, n’en ont pas parlé. Rayon d’action de leur capacité de « décryptage » : trop court. L’Arabie Saoudite ne figure pas sur leurs écrans des Droits de l’Homme et de la Démocratie… Cuba : Si !  Arabie Saoudite : No !

 

Aucun commentaire de nos spécialistes-protecteurs des droits de la femme. Encore moins, campagnes médiatiques avec T-shirts, gesticulations-résolutions au Parlement européen, vociférations-couinements de La Communauté Internationale et autres Bonnes Consciences. Même pas un air de pipeau de NPNS

 

Normal. L’Empire et ses vassaux considèrent l’Arabie Saoudite comme un « Allié » de choix.

 

Touche pas à mon pote

 

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  Ruyati binti Sapubi 

 

Cette exécution a provoqué une grande émotion en Indonésie. Mais, là encore, l’Indonésie ne figure pas sur l’écran de nos « décrypteurs » : ce fut le grand silence.

 

Plus d’un million de travailleurs émigrés Indonésiens sont employés en Arabie Saoudite. En tant que domestiques, « agents d’entretien », ou « techniciens-nettoyeurs de surface ». L’essentiel étant des femmes. (1) Ce pays, de plus de 230 millions d’habitants, immensément riche et immensément pillé, « exporte » de la main-d’œuvre pour se procurer des devises. Il est aussi le plus grand pays musulman dans le monde. Autant que l’ensemble des pays arabes, si ce n’est plus.

 

Devant la colère de son opinion publique, lui reprochant de ne pas protéger ses ressortissants, le gouvernement indonésien vient de rappeler son ambassadeur et de suspendre les autorisations d’émigration vers l’Arabie Saoudite. Découvrant, avec cette exécution, que 316 Indonésiens sont emprisonnés en Arabie Saoudite, dont 28 condamnés à mort en instance de décapitation.

 

Paradoxe plus que surprenant…

 

En Indonésie, le régime de l’Arabie Saoudite, comme dans l’ensemble de la communauté musulmane dans le monde, est méprisé, détesté. La décapitation de Ruyati binti Sapubi décuplant ce sentiment. En Occident, c’est tout le contraire : nos gouvernements et leurs médias adorent l’Arabie Saoudite. Ce ne sont que courbettes, génuflexions, courtisaneries, de nos nomenklaturas face à cette tyrannie abjecte.

 

Les Saoud sont un clan de chefs de guerre et de pillards qui se sont emparés de l’Arabie "Saoudite" avec l’aide des britanniques, à la suite de l’effondrement de l’Empire Ottoman. Adossés à une théocratie délirante, le wahhabisme, confortés par le soutien des USA en échange du pétrole après la deuxième guerre mondiale. Bradant les richesses pétrolières et gazières de leur pays, souscrivant à toutes les injonctions et conditions portant sur les quantités ou prix imposés par les lobbies pétroliers, afin de conserver leur pouvoir.

 

Avantages pour les colonisateurs du Moyen-Orient : l’Arabie Saoudite n’investit rien localement, ni dans la région. A part, dans un minimum d’infrastructures. Ne cherchant, ni souhaitant, une interaction positive, dynamisant, favorisant le décollage des économies régionales et leur avenir : industries créatrices d’emplois qualifiés à haute valeur ajoutée, etc. Plongés dans le pillage de leurs ressources, maintenus dans le sous-développement, les pays voisins à forte population, tel l’Egypte, voient passer sous leurs nez les immenses revenus du pétrole et du gaz, s’investir en Occident.

 

Le classique modèle colonial, modernisé dans une rhétorique, un design : « mondialisation »…

 

Car, les Saoud recyclent la quasi-totalité des revenus et avoirs de leur pays en Occident : banques centrales et privées, participations soigneusement canalisées dans des industries fortement consommatrices de capitaux mais à faible contenant technologique (parcs d’attraction, contrairement à l’aérospatial, par exemple), investissements spéculatifs dans les grands programmes immobiliers, ostentatoires (yachts de luxe, marinas pour jet-set, etc.).

 

Paradis des marchands de canon, avionneurs et engins de mort en tous genres. Aux colossaux marchés générant des cascades de commissions et rétrocommissions, aussi discrètes qu’éléphantesques dans les paradis fiscaux. Pour tous les intervenants et décideurs aux contrats. Rien que le dernier contrat signé avec les USA est évalué à 90 milliards de dollars… Imaginons les retombées en « arrosage » de telles transactions…

 

Nos traîneurs de sabre, services spéciaux, barbouzes de tous poils, apprécient tout autant cette caverne d’Ali Baba, au trésor inépuisable. Qui, prélevant par poignées dans son tas de pièces d’or, finance la majeure partie des opérations spéciales de l’Empire (lui, ne fournissant que « spécialistes » et support technique) dans le monde musulman. (2) Pour lutter contre le communisme, pendant la Guerre Froide. Actuellement, pour étouffer les révolutions démocratiques dans les pays arabes et musulmans. Comme on le voit à Bahreïn où l’Arabie Saoudite a même envoyé des troupes, hélicoptères de combats et chars d’assaut.

 

Avantage ultime pour les services d’action psychologique, de propagande, “d’intox”, des occidentaux : la complicité tacite d’un régime servant d’instrument de diabolisation pour entretenir l’islamophobie. Justifiant, auprès des opinions publiques désinformées, fanatisées pour de larges segments, violences, guerres et spoliations à l’encontre des populations. Ce que ne supporte plus la communauté musulmane dans le monde, caricaturée et persécutée en permanence, avec pour prétexte le comportement de ces potentats moyenâgeux.

 

Evidemment, aucun média libre : audiovisuel, presse, édition. Mieux : l’Arabie Saoudite n’a jamais connu un bureau de vote. Même pas un parti unique ! Inexistant.

 

En fait, l’Arabie Saoudite ne représenterait-elle pas le rêve ?... Le rêve de nos castes au pouvoir : l’édification d’une ploutocratie.

 

Que dire ?...

 

Ruyati binti Sapubi, Paix à ton Âme

 

Et, que les tyrans, leurs sabreurs, qui ordonnent, exécutent, mettent en scène, pareilles ignominies, avec leurs complices de La Communauté Internationale, aillent en Enfer !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Suivant les statistiques : entre 1,2 et 1, 5 million.

(2)  Cf. : http://www.guardian.co.uk/world/2011/jun/29/saudi-build-nuclear-weapons-iran 

 

 

 

 

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 22:27

 

 

«  “Démocratie”…

Pourquoi les forts et les puissants ont-ils choisi ce mot entre tous pour désigner la forme de gouvernement qui leur a été si utile dans ce projet titanesque qui consistait à façonner le monde afin qu’il serve leurs objectifs ? »

John Dunn (1)

 

 

 

 

Libre.

 

Libre à nos médias de la ploutocratie, agences d'informations, presse écrite, audiovisuel, de nous apeurer avec leur bouillie quotidienne de steak haché au concombre, garantis à la sauce bactérienne ; ou encore, de potions-poisons magiques “amincissantes” des charlatans chimico-pharmaceutiques. Occulter les révoltes populaires étant la priorité de ces « spécialistes de l’information ». Colères secouant l’Europe, de l’Espagne à la Grèce en passant par la Grande-Bretagne, ravagée par l’injustice sociale et économique sur fond de violences policières à l’encontre des manifestants pacifiques.

 

Libre à eux de choisir, planifier, décliner, leur marketing de la peur. C’est vrai : les bactéries tueuses sont mieux “vendables”, font plus d’effets audiovisuels, que les authentiques et permanentes calamités sanitaires. Créatures invisibles, mutantes, comme dans l’imaginaire de science-fiction. Peu de victimes, des politiciens aux anges, surtout quand cela se passe chez le voisin, permettant de mettre en valeur la parfaite maîtrise de la gestion de la santé publique chez soi : « ayez peur, nos politiciens nous protègent dans l’efficacité de leur génie ! ».

 

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Art de "l'arrachage du nez", par la police espagnole - Barcelone

 

Libre à eux de camoufler, au passage, les pandémies minant notre société, et de façon exponentielle notre jeunesse, au quotidien. Rien qu’en France, annuellement, ce sont 60.000 morts d’alcoolisme et 60.000 morts de tabagisme : 120.000 morts par an, non compris les centaines de milliers de dégâts collatéraux sous forme de multiples cancers en tous genres. Catastrophe sanitaire, humaine, générationnelle, “civilisationnelle”, laissant de glace ces « décrypteurs de l’information ». En dix ans : un million deux cent mille morts…

 

Normal, c’est à la collectivité de payer, de “combler le trou de la Sécu” provoqué par ces tueries de masse, pour le plus grand profit des alcooliers et cigarettiers. Mais, comment ne pas éprouver de la tendresse à leur égard : ils sont si généreux ?… Après nous : le déluge !

 

Libre à eux, relayés par leurs sociétés d’édition, de célébrer dans l’incantation, à longueur de JT, "éditions spéciales", plateaux TV ou radio aux panels d’économistes-foutraques, l’ultralibéralisme : tout pour la Rente et la Spéculation, rien pour le Travail. Avec l’impérieuse nécessité, fatalité : ne pas imposer les riches, mais rançonner salariés, précaires et pauvres. Par définition, le pauvre étant un tricheur, un coupable, du fait qu’il n’est pas riche dans ce paradis qu’est « Le Marché Autorégulateur »… Celui qui est pauvre, dans leur nouvel Evangile : « c’est qu’il le vaut bien ».

 

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Art du "broyage des vertèbres cervicales", par la police espagnole - Barcelone

 

Libre à eux de répéter à l’infini, les thèses coloniales, racistes, hyperviolentes, justifiant tortures, assassinats, bombardements aveugles, massacres et prises en otage de populations civiles, embargos et blocus, pillages et spoliations, imposées par des intérêts multinationaux prospérant sur le vol des ressources et matières premières des pays incapables de se défendre. Anéantissant, sereinement, régions et pays entiers sur fondement de mensonges : Nicaragua, Honduras, Irak, Liban, Gaza, Afghanistan, Pakistan. Et, aujourd'hui : Lybie.

 

Opérations et campagnes, ordonnées, prescrites aussi, à notre pays par de pseudos « alliés », aux budgets de surarmement délirants ; aux idéologies fanatiques, théocratiques, fondées sur la Tyrannie du Plus Fort, dans la Bonne Conscience du mégalomane spoliateur, dominateur, enivré de sa prétendue supériorité raciale et de sa force nucléaire.

 

Libre à eux, recevant leurs instructions de capitales étrangères tels de minables auxiliaires à leur service, de véhiculer anathèmes, excommunications et "sanctions", illustrés de leurs "documentaires d’investigation", agrémentés de "témoignages sous anonymat", sur pays et régimes qui ne conviennent pas à leurs "sponsors". Dans le mépris du droit à l’autodétermination et la souveraineté nationale, couvrant au passage les pires dictatures et autocraties, sur tous les continents, pourvu que leurs dirigeants laissent piller leurs propres pays et ses ressources.

 

Libre à eux de noyauter, trier, manipuler, expurger, censurer, filtrer, infiltrer le Web, au point qu’aujourd’hui si on tape sur un moteur de recherche « violences policières en Grèce », ou « Greece protests crackdowns », on ne trouve qu'articles et photos d'identification incertaine sur la Syrie… De créer faux blogs d’opinions, alternatifs, catholiques, laïcs, socialistes, et tutti quanti, l’essentiel étant de célébrer les horreurs de l’Occident, via l’OTAN, l’ONU et autres masques, dans la promotion de la Démocratie. Diabolisant, dans un bûcher inquisitorial, la moindre tentative d’esprit critique…

 

Oui. Libre à eux.

 

Et, Paix à leur “conscience”…

 

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Art de "l'écrasement de la cage thoracique", par la police britannique - Londres
[Cette étudiante protestait contre la flambée des frais d'inscription réservant les universités aux enfants de riches...]

 

Mais, qu’il n’y ait que ce seul discours, est-ce admissible dans une Démocratie ?...

 

Certes, il existe de fantastiques espaces d’information et de liberté d'expression, sur Internet notamment. Sous réserve d’en détenir l’outil, le temps, la pratique. Pratique du croisement et de validation des sources (souvent en langues étrangères), tout spécialement, ne serait-ce que pour déjouer les chausse-trappes des "services spéciaux d'action psychologique" qui pullulent dans ce monde virtuel.

 

On se doit de se rendre à l'évidence : « l’information politique » diffusée dans les médias occidentaux n’est, dans sa globalité, que de la « désinformation »… (2)

 

Contempler le monde des médias en France, de “l’info”, de “l’infotainement” comme ils disent à l’anglo-saxonne, c’est se trouver au bord d’une fosse où grouillent inculture et incompétence, compromission et corruption, concussion et connerie, mensonge et cynisme, flagornerie et obséquiosité, renvoi d’ascenseurs et rotation d’encensoirs, gérontocratie et népotisme, dynasties familiales et mafias claniques. Bien sûr, dans ce magma se trouvent de superbes pépites, isolées, bien vite marginalisées, censurées (3).

 

Cloaque de la désinformation, de l’intox, de la propagande que nous envieraient, dans son emballage enrubanné “soft”, fascismes et stalinismes les plus pervers.

 

Tout le monde est d’accord sur le constat.

 

Que faire ?

 

Je cherche en vain, dans le programme des “présidentiables”, quelques pistes pour assainir ce secteur fondamental dans une Démocratie. Vagues principes, réflexions, de ci, de là, chez certains. Vélléités BCBG. Aucun parti n’évoque concrètement une nécessaire réforme. Structurant une pensée, organisant une volonté. Evidemment, ce serait se fermer les portes de ces mêmes médias, la veille d’élections capitales. Réflexe tactique, salutaire, assurément…

 

Quelle main de fer, dans un gant en acier inoxydable hérissé de pointes durcies au carbone ou mieux à l’uranium, tiendra sans trembler le kärcher pour curer cette “indignité démocratique” ?...

 

Dans une démocratie, l’information ne se régente pas, l’impartialité ne se décrète pas. Seule s’impose : la protection de la « diversité » de l’information.

 

Les principes de la « diversité » de l’information, contribuant à son indépendance et à son éthique, ne sont pas à définir dans une charte, des “états généraux de la profession” et autres sirupeux bla-bla-bla, voulant faire croire à une vertueuse autorégulation du milieu (4). Thèmes favoris des "grands maîtres" de la nomenklatura médiatique... (5). Niant doctement, la main sur le cœur, ce que les spécialistes en cybernétique ont prouvé : « une auto-organisation est impossible sans énergie extérieure » (6).

 

Energie extérieure ?...

 

Simple : ces "principes" sont à adopter dans un Référendum, signifiant la volonté du Peuple de les graver dans le marbre de la Constitution de notre République.  

 

greek-viloent-cracdowns.jpg

 Art primitif (laisse des traces visibles…) du “matraquage facial”, par la police grecque - Athènes

 

Quelques principes, voies et moyens sur lesquels nos penseurs et stratèges politiques devraient se pencher, pour passer de l’indignation à l’action. Au hasard et en vrac, un échantillon de schémas à triturer, malaxer, formuler et reformuler, pour organiser la « protection de la diversité de l’information »… :

 

1. Détention capitalistique des médias :

 

1.1.  « L’information politique » n’est la propriété d’aucun groupement d’intérêts, d’idéologies ou de croyances. Mais un Bien Commun, un patrimoine collectif, comme l’air ou l’eau. En conséquence, la possession de médias par des sociétés anonymes est interdite. Seules des personnes physiques, identifiables, ont le droit de détenir des actions nominatives de sociétés de presse, d’édition, de production, et de diffusion audiovisuelle.

 

1.2.  La « diversité de l’information » impose qu’une « même personne physique », excluant de fait ses ascendants, descendants et collatéraux, ne peut détenir plus de 5 % d’un même média.

 

1.3.  La « diversité de l’information » impose qu’une « même personne physique », excluant de fait ses ascendants, descendants et collatéraux, n’ait des actions dans plus d’un seul média.

 

 

2. Financement des médias :

 

2.1.  Création d’un Fonds du Financement de la Diversité de l’Information (FFDI) chargé de financer la transition de la restructuration capitalistique des médias. Leur nationalisation (après audit approfondi et redressements fiscaux) serait compensée par l’octroi « d’obligations » dont le remboursement serait étalé sur 50 ans, à taux annuel indexé sur celui de la progression du SMIC.

 

2.2.  Création d’un Fonds de Péréquation Publicitaire (FPP). Pour maîtriser l’attribution des budgets publicitaires qui, sinon, ne financeraient que la propagande des lobbies économiques ou politiques. Les recettes publicitaires seraient versées à ce Fonds Public, quel que soit le choix du support de la publicité concernée. A charge de les répartir (sur le modèle de la SACEM pour les droits d’auteur, par exemple) par médias, en fonction du nombre d’abonnés (et non pas des numéros vendus ou des taux d’audience bidonnés).

 

2.3.  Contribution obligatoire au FPP des publicités pour des produits et services destinés au marché français sur des médias francophones basés dans des pays étrangers (souvenons-nous de l’astuce juridique des radios installées au Luxembourg ou en Belgique pour contourner, en son temps, la législation française…). La taxe de solidarité, versée au FPP, serait équivalente au budget publicitaire accordé au média étranger.

 

 

3.  Sanctions des atteintes à la Diversité de l’Information

 

3.1. Création d’une Cour de Justice de la Diversité de l’Information (CJDI), avec capacité de sanction, financière et pénale. Pour contrôler la « diversité de l’information » : détention capitalistique et financement, tout particulièrement. Mais, tout aussi important : la « diversité » du contenu. Neutralisant, autant que possible, les tentatives de propagande sous forme d’un "discours unique", ou le "verrouillage informationnel" par des clans.

 

3.2.  Associée à un Observatoire de la Diversité de l’Information, équipé de toutes les technologies de comptage et visionnage, contrôlant le nécessaire équilibre entre, notamment :

=>  Partis officiellement reconnus

=>  Thèmes politiques et économiques : l’ultralibéralisme, la mondialisation, seraient ainsi équitablement confrontés à d’autres idées et thèses

=>  Connaissances des civilisations et pays de notre planète : autrement que sous sa seule expression exotique, dans le paupérisme diffamatoire, afin de contrer les récurrentes thèses racistes, islamophobes, iranophobes, anticubaines, sinophobes, et autres épouvantails fanatisants de la désinformation

=>  Opinions contradictoires quant aux conflits et guerres, actuellement censurées dans l’appréciation des destructions humaines et matérielles avec leur impact sur les populations civiles et l’avenir de notre planète

=>  Thèmes de la santé publique censurés dès qu’ils sont considérés porter atteinte aux intérêts des lobbies concernés : industrie pharmaceutique, grande distribution, industrie alimentaire, industrie de l’addiction, de l’armement

=>  Arrêt du monopole de certains « animateurs-rédacteurs », ou « d’experts », occupant tous les médias disponibles (presse-radio-TV) du fait de leur capacité à promouvoir "la bonne parole" souhaitée.
Bloquant de fait, pendant des décennies, non seulement des courants d’idées importants, mais aussi l’émergence de nouveaux talents. Dans une forme complémentaire d’atteinte à la diversité de l’information. Un même « animateur-rédacteur » ou « expert » par média. Afin de laisser l’accès à d’autres. Personne n’étant indispensable.

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Art du "coup de pied arrêté" sur une femme inoffensive, par la police grecque - Athènes

 

Utopie ? Peut-être.

 

Mais notre “République”, dans sa racine latine Res Publica, la Chose Publique au sens de Destin Collectif, en est une. Liberté, Egalité, Fraternité, en constituent la charpente. Vouloir en dessiner l’architecture, la construire, c’est s’opposer à l’injustice, l’obscurantisme, imposés par la tyrannie de La Loi du Plus Fort.

 

Refus et conquête, donnant du “sens” à notre vie en collectivité, “consistance” au Contrat Social qui nous lie les uns aux autres. Pour un monde meilleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  John Dunn, Libérer le Peuple – Histoire de la Démocratie, Editions Markus Haller, 2010, p. 181.

(2)  Lire : Philippe Breton, La Parole Manipulée, La Découverte – Poche, 2000.

(3)  Salut à toi, Frédéric Taddeï, Ô valeureux gladiateur de la culture et de l’information, au courage drapé dans l’élégance de la fausse nonchalance !

A qui la chaîne publique, France 3, vient de supprimer ton émission quasi quotidienne, Ce Soir ou Jamais, qui gênait tant. Par sa liberté de tons, de sujets et de rencontres.

Pourtant, ils avaient tout fait pour la mettre le plus tard possible, avec le devoir d’endurer au préalable les platitudes sentencieuses d’un JT nullissime… Tout pour décourager, mais rien à faire : ton émission était suivie avec gourmandise, intérêt, passion, en France et dans de nombreux pays.

Censure « démocratique »…

(4)  Dans le genre, où est soigneusement évitée l’évocation de la « détention du capital » et du « financement » des médias (pression des lobbies via les budgets publicitaires), sujets tabous d’une Omerta cyniquement assumée :

=> Armand Mattleart, Histoire de la société de l’information, 3° édition, La Découverte, 2006

=> Rémy Rieffel, Sociologie des Médias, 2° édition, Ellipses, 2005

=> Guy Roudière, Décrypter les débats télévisés – outils et pratiques, ESF Editeur, 1999

=> Critique de la Société de l’Information, ouvrage collectif coordonné par Jean-Paul Lafrance, Les essentiels d’Hermès, CNRS Editions, 2009

(5)  Un des chefs-d’œuvre de cette catégorie : Laurent Joffrin, Média-Paranoïa, Seuil, 2009.

(6)  Cf. les travaux de Heinz Von Foerster (1911 – 2002).

 

 

 

 

 


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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 00:03

 

 

« Nous assistons à la fin d’un monde, aux soubresauts d’une civilisation qui se suicide. Du reste, à part les souffrances qu’il provoque, il ne pouvait pas faire mieux. »

Un capitaine français, dans une lettre, pendant la guerre 1914 – 1918 (1)

 

 

 

 

Obama, Messie de La Démocratie sur notre planète, vient de proroger l’application du Patriot Act aux USA.

 

Jusqu’en 2015.

 

Décidé, formulé, instauré, dans l’onde de choc du 11 septembre 2001, il ne devait être que “provisoire”... (2)

 

De prorogation en prorogation, cet ensemble de lois liberticides, reprises par l’ensemble des législations des pays occidentaux, y compris en France (3), devient ainsi “permanent”.

 

Des citoyens américains, pour protester contre cette atteinte aux libertés élémentaires, notamment d’expression et de réunion, ont organisé une manifestation pacifique, humoristique, ludique, en forme de "danse silencieuse" sous le dôme du Jefferson Memorial, à Washington.

 

tJ_dance_9.jpg

Jefferson est considéré, en effet, comme un des pères de la Constitution des USA. Tout particulièrement, des 10 premiers amendements ratifiés le 15 décembre 1791, collectivement désignés sous l’appellation de Bill of Rights (Déclaration des Droits).

 

Dont le célèbre Premier Amendement : 

 

« Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre. »

 

La scène de cette sereine et symbolique « danse silencieuse », a pu être filmée. (4)

 

Regardez cette vidéo…

 

Vous n’en trouverez aucun extrait, aucune photo, dans nos médias de la désinformation.

 

Vous y verrez des policiers se jeter sur ces paisibles et souriants manifestants avec une rage et une haine sidérantes : menottés, jetés et plaqués au sol, étouffés par strangulation ou pression sur les poumons pour bloquer la respiration, trainés comme de sanguinaires terroristes pris en flagrant délit d’organisation d’un attentat.

 

 

Imaginons un seul instant, quelques secondes, qu’une telle scène ait été filmée dans la capitale d’un Etat considéré par l’Occident comme « non démocratique ».

 

Ryadh... La Havane... Manama... Caracas... Bogota... Pékin... Abidjan... Téhéran... Doha... Moscou... Bangkok...

 

Nous aurions eu l’occasion de la voir et revoir, de l’entendre “commentée”, dénoncée, en boucle, dans l'émotivité et le cynisme de la Bonne Conscience. Jusqu’à saturation et nausée…

 

Mais, nous sommes à Washington le 28 mai 2011…

 

Illustration de la régression de nos sociétés occidentales, troupeaux de moutons où les citoyens n’ont qu’ « un droit » : celui de consommer et se laisser tondre.

 

Ce « droit », dans l’écrasement de la répression, propagande, et hystérie publicitaire, se transformant en « obligation » …

 

 

 

 


 

 

(1)  Citation dans Emilio Gentile, L’Apocalypse de la Modernité – La grande guerre et l’homme nouveau, Aubier Collection Historique, Janvier 2011, p. 325. Reprise dans H. Aubert, Ils disaient quand nous reviendrons…, Paris 1928, p. 135.
(2)  Lire l’analyse en français de Mava Ghozali, USA Patriot Act, du 22 février 2005, sur le site e-juristes.org, http://www.e-juristes.org/USA-Patriot-Act/
(3)  Le « Patriot Act » s’applique aussi en France… Et vise les opposants à la politique américaine au Moyen-Orient, Libertés Internets, 6 septembre 2007. http://libertesinternets.wordpress.com/2007/09/06/le-patriot-act-sapplique-aussi-en-france-et-vise-les-opposants-a-la-politique-americaine-au-moyen-orient/

(4)  RT presenter choked by police – RT America television host Adam Kokesh was violently slammed and arrested by police, 29 mai 2011, http://rt.com/news/arrest-police-usa-kokesh/

 

 

 


 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 20:24

 

 

 

 

Méditons …

 

saw2.jpg 


 

« Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le ».

 

Saint Marc – Evangile 9 – 45

 

 

 

 

 


 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 21:27

 

 

« L’Apache est l’animal le plus vif et le plus rusé du monde, avec, en plus, l’intelligence d’un être humain ».
Commandant Wirt Davis – 1885 (1)

 

 

 

Rien.

 

Neurones inertes.

 

Face à l’avalanche de Ben Ladeniaiseries

 

Hystérie médiatique succédant, sans souffler, à celle du mariage princier, du cheval et de la cruche (The Horse & the Mug), surnommés ainsi par les britanniques lucides et hilares. Cadencée par le marteau-pilon de la propagande.

 

Où puisent-ils pareille énergie ?...

 

Occultant minutieusement les multiples manifestations du 1er  Mai, dans le monde, célébrant, revendiquant, une des valeurs fondamentales de nos collectivités : “Le Travail”. Sous sa forme élaborée, civilisatrice, qu’est “L’Emploi”, digne et épanouissant. Une des plus impressionnantes étant le défilé, à Madrid, de plus de 500.000 personnes.

 

Imagination tempétueusement océanique, en plus !... Narrative des anglophones, récit, roman, légende, épopée, variant suivant les conteurs : présidentiables vendus, politiciens achetés, “spécialistes” allumés, chroniqueurs timbrés, galonnés “enfumeurs”, traîneurs de sabre “emmédaillés”, et autres griots en godillots. Versions aussi changeantes que rouleaux de houle au gré des vents et courants.

 

L’assassinat héliporté d’un zombie, en famille dans sa villa. Ex-associé de ses futurs assassins… Un mort-vivant ne cessant de renaître au fil des ans. D’insuffisances rénales en bombardements, de cavernes en compounds, comme disent les journalistes d’investigation et les “experts” qui leur tiennent le stylo…

 

En matière de zombie, je le confesse foncièrement inculte, j’en suis resté au Thriller de Michael Jackson. C’est vrai. Ça date un peu.

 

Dans une opération commando, franchissant “furtivement” les centaines de kilomètres de l’espace aérien d’un pays souverain et allié. Pour atterrir près de sa principale école militaire. A son insu. Pas du zombie, du pays souverain.

 

170 millions d’habitants, millions de crève-la-faim. Caste au pouvoir pourrie jusqu’au iPhone, complice de l’Empire dans le démantèlement et la paupérisation de sa propre nation. Dotée d’une des meilleures couvertures radar de la planète, dans la crainte paranoïaque d’une attaque surprise de son grand et menaçant voisin. S’étripant dans de récents conflits frontaliers, jusque dans la partie Himalayenne du Cachemire, à plus de 5.000 mètres d’altitude : l’Inde…

 

Apache_chieff_Geronimo_right_and_his_warriors_in_1886.jpg

 

“Celui qui bâille” 

 

Soudain, j’apprends que la fin de l’opération s’est conclue par le message en anglais "chewingommesque" du responsable du commando, un triomphal :

« Geronimo KIA » !

 

KIA : rien à voir avec un marchand de meubles en tranches, de chiffons en paquets ou d’automobiles à gadgets. C’est la contraction, l’euphémisme passe-partout : Killed In Action. Traduction à double sens : “Tué ou Mort au Combat”, lorsqu’il s’agit de ses propres soldats ; “Liquidé”, si c’est l’assassinat d’un “ennemi” par des services spéciaux.

 

Mais : Géronimo !...

 

Nom de code donné au "mort-vivant" !

 

Me bourrer les narines de piment rouge aurait provoqué le même effet. Jets de fumée évacués par les oreilles !

 

Géronimo, un de mes héros depuis l’enfance, avec Cochise, Cheval Fou, Taureau Assis et tant d’autres Grands Chefs des Peuples Indiens ! (2) Résistant à l’invasion des colons débarquant d’Europe, leurs massacres, leurs spoliations. Luttant, avec un courage aussi immense que leur désespoir, contre le génocide de leur Nation, l’éradication de leur civilisation. (3)

 

Dans une vie antérieure, j’ai dû être Apache, Sioux ou Cheyenne, tant j’admire leur combat. Lectures ou westerns, toujours à leurs côtés. Incapable de supporter la bonne conscience des génocidaires. Symbolisé par le caricatural “casseur” d’Indiens cinématographique John Wayne (“casseur”, aussi, de Vietnamiens dans le film Green Berets…), au déhanchement de danseuse du Lido. Fantasmatique silhouette callipyge, en moins.

 

Geronimo appartenait à la Nation Apache, mosaïque tribale et clanique, semi-nomade. Un Apache Bédonkohé, « Ceux qui sont devant, à l’extrémité », en fait aux confins de la frontière actuelle du Mexique - USA. Né en 1823, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique contemporain.

 

Il s’appelait Goyahkla, "Celui qui bâille". Le nom donné aux enfants provenait d’observations, d’évènements, au moment de la naissance ou des premiers mois. Cheval Fou, membre de la Nation Sioux, a reçu son nom en souvenir d’un cheval emballé traversant au galop le campement, lors de l’accouchement de sa mère. Geronimo, était un bébé repu, choyé, paisible. Bâillant de bonheur…

 

Devenu adulte, vivant sereinement au sein de sa famille et de sa tribu. Au retour d’une journée de marché et de troc à l’ombre de la palissade du fort de Janos dans l’Etat de Chihuahua, les hommes découvrent leur campement détruit, incendié, femmes violées, éventrées, bébés démembrés, vieillards décapités. Un raid de miliciens mexicains, les rurales, cow-boys au service des grand propriétaires. Goyahkla, en 1850, découvrit sa mère, sa femme et ses 3 enfants, assassinés.

 

Il devint implacable de vengeance. Avec les hommes rescapés, il poursuivit les rurales, les exterminant, souvent armé de son seul couteau, dans une guérilla méthodique. Acquérant son nom de guerre mythique, de résistant : Geronimo.

 

L’avancée de la colonisation européenne, telle une lente montée des eaux, se déroulait, s’accentuait, dans le massacre des autochtones. Tuer un indien était considéré comme un « meurtre légitime », donnant lieu à l’octroi de primes pour les civils, de décorations et de promotions pour les militaires. Mineurs, chercheurs d’or, éleveurs, agriculteurs, se livrant souvent à plus d’atrocités que les soldats.

 

Parmi les “chasseurs d’apache” les plus tristement pervers : King S. Woosleyil.  Adepte de la “guerre chimique”, s’amusant à déposer en bord de piste des sacs de piñole (mélange de farine et de sucre), simulant la chute d’un chargement. Au préalable, truffés d’un poison foudroyant : la strychnine. (4)

 

Il recruta sa propre milice, ramassis d’une trentaine de tueurs aussi sanguinaires que sadiques, et se spécialisa dans l’extermination de villages ou de groupes d’Indiens en transhumance. Dont le sinistre massacre de Bloody Tanks, en 1864. De préférence, pendant les moissons du maïs et du blé, les hommes partis à la chasse. Anéantissant femmes et enfants, à leur aise. Ainsi, du massacre de Piñal Creek, dans l’Arizona d’aujourd’hui.

 

Ou encore, William S. Oury organisateur du massacre de 150 villageois pacifiquement installés au bord d’une rivière, le Camp Grant, le 30 avril 1871. Avec meurtre des femmes, préalablement violées, accompagné du carnage des bébés et enfants. A l’époque, ces "opérations" étaient planifiées non pas pendant la saison des mariages propices aux rassemblements, comme dans certains pays, mais durant les moissons où les hommes quittent leurs villages pour chasser. Assurer la réserve de viande fumée pour l’hiver.

 

Saccages et tueries, occasions de séances de liesse bénies par les évangélistes, célébrées par les médias. Déjà… Citons, The Arizona Miner :

 « Hurrah pour les Rangers du Comté Yavapai ! Nous sommes heureux de constater que nos rangers ne s’embarrassent pas de faire des prisonniers parmi les meurtriers peaux-rouges. La coutume précédemment adoptée, même par notre armée, de capturer femmes et enfants parait en voie de disparition ». (5)

 

Pris entre marteau et enclume : grands féodaux espagnols devenus mexicains, et yankees affairistes au nord du Rio Grande. Dialoguer, signer des traités, échanger des promesses, ne suffisaient pas. Les chefs des communautés Apaches étaient sidérés. Leurs propos, d’après les témoignages historiques, exprimant le désarroi :

Mangus Colorado :

« Les Américains sont d’une race violente, prête à exterminer les Apaches pour voler leur terre. Faut-il se battre ou parler avec eux ?... ». (6)

Unojo :

« Les Américians nous ont pris nos champs de maïs et de blé. Que devons-nous faire ? ». (7)

Eskiminzin :

« … Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur … Ils doivent être assoiffés de sang. Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire. Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. » (8) 

 

 

Inconscient collectif 

 

La guerre civile entre le nord et le sud des USA (1861 – 1865) une fois terminée, tous les efforts du gouvernement américain ont été investis dans l’éradication, physique et culturelle, des peuples Indiens. Sans transition, c’était passer de l’angélique « lutte contre l’esclavagisme », à l’impassible génocide Indien. Rayer de la carte. Sur l’ensemble des territoires. Dans une guerre à outrance.

 

Les survivants étant déportés à des centaines de kilomètres de leurs lieux d’origine et parqués dans des « réserves ». Véritables camps de concentration. Loin de leurs terres de cultures, de chasses et d’échanges commerciaux. Economie brisée. Leur société pulvérisée, ne survivant que de la distribution de rations, d’aides, au bon vouloir de leurs geôliers.

 

De préférence dans des zones insalubres et propices à la propagation de maladies. Aujourd’hui, on parlerait sans l’avouer de « guerre bactériologique »… Visitant le Camp de concentration de San Carlos, le jeune Lieutenant Bretton Davis, encore imprégné de quelques principes humains, en est choqué :

« En été, une température de 44 degrés à l’ombre était considéré comme fraîche. En toute autre saison de l’année, des moustiques, des insectes inconnus infestaient le pays par millions ». (9)

 

Comme les autres peuples Indiens en lutte, les Apaches malgré une héroïque résistance ne vont pas échapper au sort fixé par les colons. A bout de ressources, Geronimo après des années de résistance, de fuites et de combats, se rend l’été 1886. Pourchassés par cinq mille hommes, le quart de l’armée des USA d’alors, et 3000 soldats mexicains.

 

Avec lui, ne survivaient plus que 34 hommes, femmes et enfants. Considérés et traités en « renégats ». Ils vivront la déportation sur des centaines de kilomètres, de camps de concentration en camps de concentration, près des forts ou des casernements. Entassés avec d’autres peuples, déportés d’autres territoires.

 

Leurs enfants, séparés de leurs parents, envoyés eux-mêmes dans le nord des USA, en Pennsylvanie. Dans des établissements religieux, forcés d’oublier leurs langues et coutumes dans l’apprentissage par cœur de La Bible. En bons petits sauvages qui doivent dire merci d’être élevés à « la civilisation ». Sous-alimentés, beaucoup meurent de tuberculose.

 

Déportation, enchaînés, au sud de l’Alabama, à Mt Vernon Barracks près de Mobile. Puis en Floride au bord des marécages et étangs insalubres du Golfe du Mexique à Fort Pickens, Pensacola. Plus loin encore. Toujours en Floride, mais sur l’Atlantique, à Fort Marion. Son exceptionnelle constitution permettra à Geronimo de survivre là où beaucoup des siens seront emportés par paludisme, tuberculose, sous-alimentation, épuisement, désespoir.

 

Symbole de la résistance héroïque de la Nation Indienne, les colons feront tout pour l’humilier, le diffamer, le ridiculiser, jusqu’à l’exhiber, alors âgé, comme une bête de zoo devant la « bonne société ».

 

Agé de quatre-vingt cinq ans, il meurt d’une pneumonie. Le 17 février 1909.

 

Rares sont ceux qui n’ont pas admis la calomnieuse propagande coloniale à l’encontre des peuples peaux-rouges. Courageusement, en 1884, le Lieutenant Bretton Davis en dénonçait l’argumentaire :

« En ce qui concerne la perfidie, les engagements non tenus, les mensonges, les vols, les massacres de femmes et d’enfants sans défense, et tous les autres crimes figurant au catalogue des actes de cruauté perpétrés par l’homme envers son prochain, l’Indien n’était qu’un simple amateur en comparaison du « noble homme blanc ». Il commettait des crimes au détail, nous en commettions en gros ». (10)

 

Etiqueter la mission d’assassinat d’un zombie du nom de Geronimo n’a pas simplement choqué les descendants des survivants du génocide de la Nation Indienne, quel que soit leur groupe ethnique, où il est immensément respecté de nos jours. (11) C’est un acte révélateur, une signature de l’inconscient collectif de la nomenklatura des USA.

 

Avec un double effet, fanatiquement stupide :

=> Accoler Geronimo au nom de "l’ennemi le plus méprisé" c’est avouer que le génocide de la Nation Indienne n’est pas encore reconnu, regretté, mais au contraire revendiqué inconsciemment dans l’expression d’un racisme viscéral.

=> Accoler Geronimo au nom de "l’ennemi le plus recherché", c’est reconnaître et lui attribuer un statut de « renégat », résistant, rebelle, insurgé. Et, non pas celui de simple criminel.

 

Témoignage du niveau d’abrutissement des ganaches belliqueuses, assimilant dans leur analphabétisme culturel le nom de Géronimo, héros d’une résistance, symbole de la lutte pour la liberté et la dignité d’un Peuple, à un règlement de compte entre services spéciaux…

 

« Justice est faite ! Bon boulot ! », clament les Droits de l’Hommiste ! Incantation reprise par la chorale des veaux…

 

CIA

 

ACI : Apothéose du Cynisme Imbécile.

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993, p. 13.
(2)  Superbe ouvrage, richement illustré : Colin F. Taylor & William C. Sturtevant, Les Indiens d’Amérique du nord, Editions Solar, 1992.

(3)  Le regard d’un anthropologue sur les Amérindiens du continent américain, nord et sud : Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d’Amérique, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
Consulter, aussi, un des meilleurs connaisseurs de la spiritualité et de la civilisation Indiennes des Grandes Plaines : Frithjof Schuon : http://www.frithjof-schuon.com/indians.htm

(4)  Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 159.

(5)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 163.

(6)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 97.

(7)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 178.

(8)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 177.

(9)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 193.

(10) David Roberts, Op. Cit., p. 293.

(11) Charles McChesney, Onondaga Nation leaders blast 'Geronimo' codename for Bin Laden, The Post Standard, 4 mai 2011, http://www.syracuse.com/news/index.ssf/2011/05/onondaga_nation_leaders_blast.html

 

 

Photo : Geronimo (à droite) et ses derniers guerriers

 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 22:39


 

Je voulais l’écrire, pour rire un peu avec mes amis Russes, mais il m’a soufflé la formule. 

 

L'auteur du forfait ?...

 

Marc-Edouard Nabe, un des très rares “écrivains-polémistes-artistes” français actuels dignes de ce nom. Car, il joue du Jazz et peint presque aussi bien qu’il n’écrit. Magnifique de panache quand il charge cynisme et bêtise, étendard de l'humour-vache au poing : (1)

 

« La France encore une fois est lamentable. Elle se prend pour une puissance !

 

Elle montre les dents, alors qu’elle n’a même plus de quoi se payer un dentier.

 

On n’en voit que les gencives, roses bien entendu, comme le socialisme à la Mitterrand, qui ne parle qu’en présence de son bras droit, Elie Wiesel… ».

 

 sarkozy-02-758.jpg

 

 

Qu’il me pardonne, si j’actualise son texte :

 

« … comme le gaullisme à la Sarkozy, qui ne parle qu’en présence de son bras droit, Bernard-Henri Lévy… » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Marc-Edouard Nabe, Kamikaze – Journal Intime 4, Editions du Rocher 2000, p. 3.869.

Boycotté par le "système" médiatique et éditorial du fait de l'intransigeance de ses positions antisionistes et anti-islamophobes (un des rares à comprendre Louis Massignon et écrire de superbes pages sur son oeuvre).

Fulgurances de poésie, sensualité, émotion, passion, humour, culture (littéraire ou musicale, immense) sont la chair de ses livres au cœur de la bibliothèque de tout esprit curieux de ce siècle.

(2)  Caricature du talentueux Russe : V. Kremlev, publié le 18 avril 2011 dans Russia Today (RT) en illustration de l’article : Sarkozy’s Napoleonic ambitions backfire, http://rt.com/online-exclusive/galleries/cartoons/sarkozys-napoleonic-ambitions-backfire/

 

 

 


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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 08:43

 

 

 

Saisissant contraste …

 

A Doha au Qatar, dans l’ambiance triomphaliste des grandes agapes coloniales des siècles passés, l’Empire et ses vassaux, servilement encensés par les pétromonarchies corrompues et sanguinaires de la région, viennent de se partager les dépouilles de la Libye. Sur fond de bombardements et de carnages.

 

Accessoirement, intronisant les « marionnettes-révolutionnaires » chargées d’exécuter les directives du dépeçage en tant que “gouvernement officiel et démocratique” de leur nouvelle possession.

 

Pratique d’une époque révolue, dans l’aveuglement, la violence, l’arrogance d’un Empire finissant

 

Au même moment sur un autre continent, le 14 avril 2011, se tenait une réunion beaucoup plus riche de sens pour la planète, porteuse de changement. Dans l’indifférence des médias, politiciens, et financiers occidentaux. Tout au plus, la condescendance lorsqu’il leur arrivait de l’évoquer.

 

A Sanya, sur l’île de Hainan dans le sud de la Chine. Une des vitrines touristiques de la Chine.

 

Un mot sur cette splendide île, délicieusement tropicale, au printemps éternel avec une température moyenne de 25°. Magnifiques plages de sable fin au pied de montagnes, sources minérales et forêts. Centres de thalassothérapie réputés et établissements hôteliers d’une qualité de service au niveau exceptionnel. Attirant une clientèle venant de Chine même (notamment Hong Kong), du Japon et autres pays asiatiques (1), mais aussi de Russie et pays européens.

 

HainanSanyaBeach.jpg

S’y retrouvaient, pour la troisième fois, les chefs d’Etat du “BRIC”. Groupement réunissant de manière informelle : Brésil, Russie, Inde et Chine. Après Iekaterinbourg, en Russie, le 16 juin 2009 ; puis Brasilia, le 16 avril 2010, au Brésil.

 

Confirmant l’esquisse de l’inéluctable basculement géopolitique en cours, dès 2025 – 2050. Pas seulement l’émergence de l’Asie-Pacifique comme première puissance économique. Celui du monde de demain, affranchi de l’hégémonie de l’Empire. Innovation : l’Afrique du sud, South-Africa, a été admise officiellement dans ce “club”, le BRIC devenant BRICS… D’autres pays se joindront ultérieurement. Le prochain ? Probablement, la Turquie pour représenter le Proche Orient.

 

Bien sûr, l’avenir de nos collectivités n’en sera pas révolutionné si les pensées restent coincées sur le "libéralisme sauvage", la "mondialisation" du charabia des hypocrites, dans son fonctionnement actuel. Evidemment, les membres du BRICS sont loin d’être des modèles de justice sociale et économique. Ils n'annoncent pas l'instauration du paradis sur Terre, confrontés qu’ils sont à de colossaux enjeux de développement “équilibré”.

 

Toutefois…

 

Une population de 3 milliards d’habitants, environ 45 % de la population mondiale. En 2010, les pays du BRICS ont assuré 60 % de la croissance mondiale, et absorbé plus de 50 % des capitaux internationaux. Représentant près de 20 % des échanges commerciaux internationaux et du PNB mondial. PNB qui va progressivement doubler, atteignant 31 % dès 2020, dans moins d’une décennie, alors que les économies occidentales sont en récession.

 

Pas plus que sur les ricanements et soupirs des sceptiques du BRICS, ne nous focalisons sur les indicateurs économiques, démographiques, et inévitables discours officiels. L’important se trouve aussi dans ce qui ne s’énonce pas, off the record, les non-dits, avant, pendant et après ce sommet de chefs d’Etat : travaux préparatoires, réunions de travail, créations des commissions techniques, études multilatérales et confidentielles, entretiens en aparté. Que retenir ?

 

Cinq points :

1. Gestion du naufrage de l’Empire

 

L’idée-force de ce sommet est simple, mais détermine un ensemble de mesures, d’orientations, de choix, qui vont marquer les décennies à venir. L’Humanité se doit de préparer le monde de demain non pas « contre l’Empire », mais devant son incapacité à s’adapter : « sans lui ». Les vingt dernières années démontrent son inaptitude à maîtriser ses propres dysfonctionnements, exerçant leurs ravages sur le reste du monde.

 

Ce lent et chaotique naufrage de l’Empire, dans la déliquescence de ses institutions et son abyssal endettement, inquiète par le développement accéléré de deux pathologies géopolitiques extrêmement dangereuses :

 

i)  Idéologie de l’hyperviolence

 

L’appareil militaro-industriel de l’Empire est devenu ingérable. A lui seul, le budget militaire annuel des USA de 1000 milliards de dollars représente plus de 10 fois celui de la Chine dont la population est quatre fois supérieure. Autant que l’ensemble des budgets militaires des autres pays de la planète. Chiffre qu’il convient de doubler si on ajoute celui de l’Union Européenne et des autres pays occidentaux (Australie, Canada, Corée du Sud, Japon, Nouvelle-Zélande, Taïwan, etc.).

 

Une telle puissance incontrôlée, fanatisée, constitue une menace permanente pour la paix mondiale, générant, dictant une idéologie fondée sur la résolution armée des conflits d’intérêts, la croyance que seules les « solutions » aux problèmes de nos collectivités et de leur cohabitation sont répressives, sécuritaires et militaires.

 

ii)  Spéculation mondialisée

 

Le développement économique, tel que l’impose l’Empire, est perverti par un système financier qui fonctionne non pas en « régulateur »,  mais en « générateur » de crises. La « spéculation-prédation » étant le maître d’œuvre dans la gestion des pays et nations, imposant ses mécanismes aléatoires d’économie-casino aux ressources énergétiques et minières ; de plus en plus, aux produits alimentaires et à l’eau.

 

Cette volonté de puissance, aberrante dans son fonctionnement et sa finalité, est incompatible avec l’impératif pour le BRICS d’assurer la sécurité alimentaire et sanitaire de ses populations, se chiffrant en dizaines voire en centaines de millions ; de les sortir rapidement d’une pauvreté ou d’une précarité devenues explosives.

 

 

2.  Gestion de l’émergence de l’Afrique

La main tendue à l’Afrique s’est concrétisée par l’intégration de l’Afrique du sud, 50 millions d’habitants, dans le BRICS. Normalement d’autres Etats africains, plus peuplés, au potentiel plus large et diversifié, auraient pu précéder ce pays. Le Nigéria riche de son pétrole par exemple, 155 millions d’habitants en 2009, mais rongé par des guerres civiles larvées, récurrentes ; ou encore, le Maghreb s’il avait instauré une union économique.

 

Acte symbolique, de charité à l’égard de l’Afrique ? Non. La prise en compte lucide d’un fait : le plus fort taux de développement, de croissance, va se produire le siècle prochain sur ce continent immensément riche des prodigieuses ressources de son sous-sol. Auxquelles s’ajoutent les talents inexploités de ses hommes et femmes. Dès que sera mis fin à son pillage. Dès l’écroulement de l’Empire.  

 

L’attitude actuelle de la France dans la sauvagerie d’une extraordinaire régression coloniale en Côte d’Ivoire, rappelant les tueries et manipulations au Cameroun et ailleurs en Afrique, témoigne de la féroce crispation de l’Empire sur ses « possessions » et chasses gardées. Son refus d’accepter l’autodétermination, la pleine indépendance des peuples et nations de ce continent.

 

En fait, dans cette démarche le BRICS lance une invitation aux groupes miniers internationaux : repenser de nouvelles configurations, relations, partenariats, à la lumière des rapides évolutions et contraintes en cours. Ce sont ces groupes miniers « mondialisés » qui “administrent” l’Afrique du sud, dans la misère de son peuple, et le reste du continent. Qui pillent l’Afrique, à l’abri d’autocraties sélectionnées sous travestissement électoral.

 

Ce « Business Model » est à revoir. Obsolète. Tout en la formatant en interaction, suivre aveuglément l’idéologie de l’Empire fondée sur la spoliation, l’accaparement, des richesses minières et énergétiques des pays mis sous tutelle armée : terminé. Sont venus les temps de la réflexion et de la remise en cause du schéma d’exploitation coloniale de la planète. Ceux qui l’auront compris seront gagnants. Les autres…

 

 

3.  Promotion du dialogue et de la coopération entre nations 

 

Les membres du BRICS estiment qu’il leur revient de jouer un rôle modérateur dans la politique internationale et casser le monopole actuel des pays occidentaux dans l’orientation de cette politique.  Avec, là encore, une réforme inéluctable : celle du Conseil de Sécurité, et autres instances de direction de l’ONU. 

 

Une volonté, une obligation, communes s’appliquant aux relations internationales ont été fermement rappelées :

« Tout différend doit être résolu par des moyens pacifiques et par le dialogue ». (2)

 

Martelé, jusque dans la déclaration finale du sommet (Sanya Declaration) :

« Nous partageons le principe que l’usage de la force doit être évité ».

 

Le représentant de l’Inde, Singh, a tout particulièrement insisté en séance plénière, sur la nécessité, l’urgence d’une “résurrection”, d’un renforcement, d’un « authentique » droit international :

« Nous soutenons un ordre mondial fondé sur des règles claires et partagées par tous. Dans le respect des systèmes politiques et des niveaux de développement de chacun. Notre priorité est le rapide développement socio-économique de notre peuple et de ceux qui partagent le même destin. Notre coopération n’est dirigée ni contre ni au dépens des autres. » (3)

 

La position du BRICS, sur ce plan, est déjà une réalité entre pays membres.

 

Il est frappant de voir des pays aux contentieux frontaliers épineux, douloureux, car chargés de guerres et de tensions dans le passé, se respecter, se parler, coopérer, échanger, construire, envisager l’avenir ensemble : Inde et Chine dans l’Himalaya, Russie et Chine sur des tracés entre Sibérie et Manchourie, et autres énormes espaces qu’ils partagent.

Un exemple, pour les autres pays. Tout spécialement, ceux composant le Maghreb empêtrés dans leurs stériles et interminables disputes sahariennes

 

 

4.   Promotion du commerce et des investissements entre membres du BRICS

 

Certainement, le domaine où la coopération se révèle la plus facile et efficace. Le volume du commerce et des échanges, entre pays du BRICS, connaît une progression annuelle de 30 % par an. Il va être démultiplié. La Chine est déjà le premier investisseur étranger au Brésil, le premier partenaire commercial de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du sud.

 

Reste à contourner le « protectionnisme technologique » des pays occidentaux, refusant d’exporter, de vendre ou de partager, même par la cession de brevets, leurs avancées technologiques. Aucun problème : la R & DResearch & Development (Recherches et Applications) est érigée en priorité du BRICS. Universités, centres de recherche vont être mis progressivement en réseau.

 

Développer les recherches scientifiques et l’innovation entre membres devient ainsi un objectif majeur. Notamment, dans les secteurs de la santé (“indépendance pharmaceutique”), du développement durable, de l’écologie. Sans oublier les volets éducation et culture.

 

 

5.  Réforme du système financier international

 

Le BRICS est sans illusion sur les manœuvres dilatoires de l’Empire bloquant toute réforme du système financier international. A commencer par la refonte du FMI, Banque Mondiale, OMC, et autres organismes internationaux, afin de prendre en compte les changements en cours dans l’économie mondiale et la voix, ou les aspirations, des puissances économiques émergentes ou des pays moins développés.

 

Deux priorités sur ce plan :

 

=> La maîtrise de la volatilité des prix des produits agricoles

 

La spéculation internationale, avec ses ramifications locales, est considérée comme inacceptable. Des groupes de travail sont mobilisés pour la contourner entre membres du BRICS. Et, pour l’éradiquer sur le plan international. Jusqu’à l’inclure parmi les crimes contre l’Humanité…

 

=> L’indispensable réforme du système monétaire international

 

Officiellement, le principe a été rappelé d’une urgente réforme portant sur ces mécanismes, afin d’instaurer un système procurant stabilité et sécurité. En language diplomatique:

"A broad-based international reserve currency system providing stability and certainty."

 

En clair : un système monétaire qui ne soit plus fondé sur le monopole du dollar dans les transactions et les réserves monétaires. D’où la création extrêmement stimulante, quant aux perspectives et conséquences, de “groupes de réflexion” sur l’éventualité d’une monnaie commune entre membres du BRICS, différente du dollar et de l’euro… (4)

 

Finalement…

 

Le BRICS deviendrait-il le seul espace de rencontres de chefs d’Etat réfléchissant sur l’avenir des communautés humaines d’où serait bannie la rhétorique médiévale, inquisitoriale, diabolisante, des croisades "humanitaires" et "civilisatrices" rythmées par les tambours de guerre : sanctions, embargos, occupations, bombardements ?...

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Curieux, d’y rencontrer des vacanciers Thaïlandais fuyant Phuket, Indonésiens Bali, Indiens Goa, hauts lieux de villégiature progressivement envahis par un tourisme occidental gangréné de beuverie industrielle, drogue et prostitution, dans des rassemblements nocturnes “techno” assourdissants, sur les plages…

(2)  Liu Linlin, BRICS set out global agenda, Global Times, 14 avril 2011,  http://china.globaltimes.cn/diplomacy/2011-04/644817.html

(3)  Wu Jiao & Li Xing, Leaders call for peace and prosperity, China Daily, 15 avril 2011, http://europe.chinadaily.com.cn/china/2011-04/15/content_12330957.htm

(4)  Dmitriy Astakhov, BRICS summit pushes for IMF reform, RT, 14 avril 2011, http://rt.com/politics/brics-summit-imf-reform/

 

 

Photo : Coucher de soleil sur une plage de Sanya

 

 

 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 16:38

 

 

« Operation Earnest Voice (OEV) est le programme fondamental qui regroupe moyens et ressources pour synchroniser nos activités opérationnelles d’Information […] via les médias traditionnels, mais aussi les sites internet ou encore les blogs.
Dans chacun de ces domaines, nous suivons le principe que nous avons appliqué en Irak, celui d’essayer d’être “les premiers avec la vérité” ».

General David H. Petraeus (1)

 

 

 

Dupés. Bernés. Floués.

 

Reconnaissons-le.

 

Encore une fois, l’opinion publique conditionnée, tétanisée, dans son écrasante majorité, a foncé tête baissée dans le panneau. Avec une remarquable maestria, une foudroyante réactivité, la propagande de l’Empire a su faire assimiler son agression coloniale en Libye à la “protection” d’une révolte populaire semblable à celles de la Tunisie ou de l’Egypte.

 

Car, il n’y a pas plus de volonté de protéger le peuple Libyen par les Occidentaux qu’il n’y a eu de massacres de population libyenne par son dictateur. Ainsi qu’en témoignaient les réactions des premiers “expatriés européens” à leur descente d’avion, devant micros et caméras. Témoignages rapidement occultés, par la suite…

 

Soulignant que jamais ne s’étaient produites des manifestations réunissant toutes les couches sociales, avec femmes et enfants, sur une place publique, face à une présence massive et violente de forces de répression, comme Egyptiens et Tunisiens en avaient longuement vécu l’expérience et partagé l’émotion.

 

La Libye reste avant tout une société tribale où chacun bénéficie de la protection de son clan. Son dictateur n’est pas plus, ou est tout autant, sanguinaire, corrompu, débauché, et autres qualificatifs, que ceux protégés par l’Empire dans la Péninsule Arabique, en Asie Centrale, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne, ou ailleurs, quand ils se conforment à ses diktats.

 

cartoon-peace-mcdonald honduras

 

“Philosophie” de la canonnière

 

Il s’agit tout simplement d’un coup d’Etat, minutieusement préparé à l’instigation des puissances coloniales, sur fond de partition, de sécession, semant guerre civile, chaos et anarchie dans le pays. 

 

Le pivot étant la ville de Benghazi, dans l’est de la Libye, s’opposant à Tripoli au cœur des provinces de l’ouest fidèles au dictateur actuel. Cyrénaïque contre Tripolitaine. Benghazi, fief des tribus Zuwayaa et Senoussi, d’où était issue la dynastie du dernier roi Idriss, un Senoussi, renversé lors du Coup d’Etat de Kadhafi en 1969.

 

Ces “monarchistes” sont regroupés autour de l’ancien ministre de la justice Mustapha Abdel-Jalil, connu par ses propres concitoyens pour sa corruption effrénée et son appartenance à la CIA. (2) Ce qui explique l’apparition subite de milliers de drapeaux monarchistes, aux trois couleurs, pavoisant Benghazi dès le premier coup de feu, et bien d’autres bizarreries ou incohérences dans les bobards de la propagande...

 

Pris au milieu d’un règlement de comptes entre deux bandes de gangsters, celle du clan d’un dictateur et celle des prédateurs de l’Occident n’aspirant qu’à le remplacer par des marionnettes plus dociles, tel est le sort du peuple Libyen. Assistant impuissant à la régression de son pays au niveau de la Somalie ou du Soudan, dans un déchirement entre tribus rivales, une guerre fratricide entretenue par les Occidentaux. (3)

 

Comment ne pas éprouver compassion et honte, à la fois ?...

 

L’apparition bondissante, d’un plateau TV à un micro radio, d’un BHL, son omniprésence, dans tous les médias francophones, (4) étaient pourtant la signature d’une arnaque de l’appareil de désinformation. Volant au secours d’un Juppé, notre ministre des affaires étrangères à peine capable de lire le texte imposé par notre suzerain et de sourire béatement devant les caméras, pour vendre cette expédition coloniale. Cette énième mise en scène destinée légitimer ce qu’on appelait, au XIX° siècle, la “diplomatie de la canonnière”…

 

Son histrionisme exalté, son fanatisme à la Torquemada, confits de mépris et d’appels à la haine, avaient rythmé l’anéantissement de l’Irak sous les bombes et les mensonges de la propagande. Donnant d’autant plus de relief à son silence, pendant des semaines, lors de l’écrasement dans le souffle et le feu des explosions, obus à uranium appauvri, et épandages de phosphore blanc, de milliers d’innocents : Liban, juillet 2006 ; Gaza, décembre 2008 - janvier 2009…

 

Mutisme de cette Belle Ame, tout aussi monumental, sur les horreurs des dictatures de Ben Ali en Tunisie ou de Moubarak en Egypte. Tout aussi verrouillé, quand il s’agit des pétromonarchies écrasant la révolte de leurs peuples sous la répression depuis des décennies : Bahreïn, Yémen, Arabie Saoudite, Jordanie, Oman, Emirats Arabes Unis. Régimes aussi barbares que pourris, ne connaissant aucun bureau de vote. Seule la Jordanie s’autorisant des simulacres électoraux…

 

Cultivant le mensonge avec un incommensurable culot lors de l’agression par la Géorgie, avec l’assistance de l’Empire et son bras armé l’OTAN, des provinces autonomes du Caucase Russe en août 2008. Contre toutes les évidences, faits et preuves, il n’hésitait pas une seconde à affirmer que c’était la Russie l’agresseur…

 

Alors, entendre un BHL se vanter dans tous les médias français d’avoir "présenté" les dirigeants du Conseil National de Transition de Libye (le mystérieux et autoproclamé CNT) à Sarkozy donne une idée de ce qui est, et était, en train de se préparer… Cela me rappelait son acharnement à vouloir introniser officiellement le Commandant Massoud auprès du gouvernement français de l’époque. Alias "le lion du Penshir" dans nos médias, féodal, chef de guerre, grand baron de l’opium et un des plus fidèles pions de la CIA en Afghanistan. Plus “indépendant” que notre gouvernement actuel, il avait flairé l’embrouille…

 

 

Cynisme et casuistique

 

Le cynisme de l’homme, posant en sauveur de la Civilisation, n’est pas une surprise, mais une norme. Après tout, cette  nouvelle guerre contre un pays arabe producteur de pétrole vient d’être lancée par un Prix Nobel de La Paix, faisant office de “président” de l’Empire. Postures clonées par tous les charlatans cathodiques, payés pour entretenir le ronronnement de la désinformation dans nos médias : experts en stratégie, politologues, spécialistes du monde arabe, géopoliticiens. Lui, nullement gêné par l’imposture, c’est en « philosophe » qu’il interpelle la planète…

 

Ethique…. Morale… Connaissance de l’Autre… Logique… Méthodologie d’analyse… Où est la « philosophie » dans sa logorrhée belliciste, du niveau de la rhétorique des animateurs médiatiques des JT, singeant leurs ancêtres des “actualités cinématographiques” qu’on peut apercevoir dans certains documentaires sur nos désastres coloniaux : expédition de Suez, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie ?… Mots, argumentations, triomphalismes, identiques, devant les indispensables exploits des glorieux militaires à la pointe du combat et de la technologie, pour écraser les ennemis de La Liberté

 

Plus préoccupant que les gesticulations de ce propagandiste, archétype de l’habitus colonial de notre caste au pouvoir, est de voir des hommes politiques, se disant hostiles aux néoconservateurs US dictant notre politique étrangère, au premier claquement de doigts prêter allégeance à l’Empire !... Dans une casuistique acrobatique, rappelant les discussions byzantines sur le sexe des anges.

 

La conscience tranquille, approuvant une "zone d’exclusion aérienne" pour protéger une résistance populaire qu’ils comparent, dans un analphabétisme géopolitique sidérant, à la Guerre civile d’Espagne de 1936. Dès lors que la décision est avalisée par l’ONU. Quand on sait les ravages que cela entraîne, liés à un embargo inhumain, pour les pays qui les subissent, comme l’Irak avant sa pulvérisation définitive…

 

« L’ONU, rien que l’ONU, toute l’ONU », comment claironner, ânonner pareille stupidité ? Me faisant penser à ces preux chevaliers s’enrôlant dans une « guerre juste », « l’âme en paix » : ils avaient reçu la bénédiction papale. Clamant, avant de charger sur leurs destriers : « Au Diable les dégâts collatéraux ! Dieu reconnaîtra les siens ! ».

 

Ont-ils oublié que l’ONU, depuis sa création, n’est que la chambre d’enregistrement des décisions, pillages et atrocités de l’Empire ?...

 

L’ONU n’a jamais été capable de protéger les populations civiles, de faire respecter les Conventions de Genève, de faire appliquer le droit international, ne serait-ce qu’au cours des atroces guerres d’indépendance coloniales : Afrique du sud de l’apartheid, Algérie, Angola, Guinée équatoriale, Indochine puis Vietnam, Kenya, Mozambique, et tant d’autres. Massacres, blocus, de Palestine et de Gaza, de Yougoslavie et d’Irak, d’Afghanistan et du Pakistan, centres de torture de Guantanamo, Abu Ghaïb, Bagram, resteront des hontes ineffaçables pour l’ONU.

 

Ont-ils oublié que de multiples pays sont pillés par les groupes miniers occidentaux avec l’aval de l’ONU légitimant partition et mise sous tutelle, du Congo (ex-Belge notamment) au Timor oriental, en passant par le Darfour et la pantalonnade de la sécession du sud-Soudan ?... L'ONU incapable de faire respecter ses propres résolutions en Palestine, incapable de faire respecter des élections libres, des gouvernements légitimes, renversés dans des coups d’Etat militaires en Amérique latine, en Algérie, au Burkina, au Togo, en Côte d’Ivoire, en Indonésie, et ailleurs…

 

Et Martin Nesirky, porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, d’affirmer sans rire, à propos des violences en Libye :

"Tous ceux qui violent le droit international humanitaire et les droits de l'homme devront répondre de leurs actes". (5)

 

 

Vidéos & cocoricos 

 

Kadhafi ?... Avec l’usure du temps, devenu une caricature de dictateur, dérapant d’extravagances en gaspillages. En comparaison, un Franco ou un Pinochet, si longuement appréciés en Occident, paraissent austères, très BCBG …

 

Bien sûr, il a dilapidé les richesses de son pays, au lieu d’investir avec ses voisins dans le développement de la région. Inapte à promouvoir un Etat moderne, fort, indépendant, comme avait su le faire un Atatürk en Turquie sur les débris de l’empire Ottoman. Il avait été mis au pas, après des velléités d’autonomie à l’égard des occidentaux, mais la servilité affichée ne lui enlevait ni mépris raciste, ni rancune de ses maîtres.

 

Beaucoup lui en voulaient. Les Britanniques pour son soutien à la cause de l’indépendance irlandaise de l’Ulster, les Français pour avoir soutenu les diverses tentatives de libération du Tchad et autres Etats africains pourvoyeurs quasi-gratis de son uranium, les Italiens pour les avoir contraints à reconnaitre les atrocités de leur colonisation libyenne, les Israéliens pour avoir soutenu la Palestine, les USA pour avoir osé les défier et mettre les doigts dans le nucléaire.

 

Jusqu’aux Saoudiens et les pétromonarchies du Golfe, pour les avoir copieusement traités de “vendus” à l’Empire à chaque “sommet” de la Ligue Arabe, fustigeant leur lâcheté dans l’abandon des Palestiniens, 

 

En fait, il était mûr pour tomber. Comme Saddam Hussein, à la veille d’être renversé, si l’Irak avait été laissé en paix. Il n’était aucunement nécessaire de bombarder le pays, y répandre mort, souffrance, destruction, humiliation, ressentiment. Ses concitoyens, son propre clan, s’en seraient chargés, sans guerre civile.

 

Mais l’Empire, les relations internationales ne sont pas fondées sur la négociation, ni la gestion des équilibres entre Etats dans le respect d’un droit international. On cogne d’abord, on discute après, éventuellement. L’usage de la force est prioritaire. La Loi du Plus Fort et les lobbies de l’armement l’exigent. Amen.

 

Il n’existe aucun « Ordre International », l’Empire s’y opposant farouchement, imposant des règles de gouvernance à La Communauté Internationale suivant de réelles règles d’éthique, bannissant, sanctionnant :

i)  pour des dirigeants, de tirer sur leurs propres peuples
ii) pour des pays étrangers, d’intervenir militairement dans des Etats souverains qui ne se sont livrés à aucune agression militaire à l’égard d’autres nations.

 

Car, la Libye n’agresse personne, ne bombarde ni ne détruit aucun de ses voisins, n’enferme pas 1,5 million de personnes dans un blocus illégal comme à Gaza. Non. Mais, lorsque l’Empire décide de l’écrasement d’un pays, son pillage et son appropriation, il commence par diaboliser celui qui le dirige.

 

En conséquence, il ne sera pas mis "hors la loi", mais "hors de l’humanité". Transformé en monstre, si ce n’est en terroriste. C'est "l’excommunication", nouvelle formule. Légitimant ainsi toutes les violences à l’encontre de son pays, puisque nous sommes face au “Diable”…

 

Poutine n’a pas hésité à le reconnaître :

« La résolution 1973 adoptée par le Conseil de Sécurité est défectueuse et mal rédigée ; elle permet tout et rappelle l’appel médiéval à la Croisade. Car elle autorise une intervention dans un Etat souverain […] Sous prétexte de protéger des civils. Où sont logique et conscience ? Il n’y en a pas. Les évènements actuels en Libye confirment que la Russie à raison de renforcer ses capacités de défense. » (6)

 

Tout est bon, dans un terrorisme intellectuel chloroformant notre inconscient collectif : une pluie de fausses vidéos, faux blogs et bloggeurs, faux chiffres, faux témoignages, fausses joies de faux combattants. En corollaire, une inflation galopante dans le morbide, le macabre : milliers de morts, dont on ne retrouvera jamais trace, imposant l’urgence des bombardements, sinon on arriverait à des centaines de milliers. Pour peu on atteindrait les “300.000 Irakiens assassinés” faussement imputés à Saddam Hussein. Et, dans le cas de la Libye, pays de 6,5 millions d’habitants, cela ferait beaucoup…

 

La meute est, ensuite, lâchée. Plus de 350 avions et des dizaines de navires, de tout l’Occident avec sa mosaïque de nationalités. Chacun considérant le pays comme un champ de manœuvre “vivant”, réactif mais sans danger réel. Avec l’avantage pour les marchands de canon de tester les matériels, recevant l’indispensable label « Combat Proven » favorisant les ventes, et pour les commandements de coordonner leurs carnages.

 

Ne fermons pas les yeux : bombarder un pays sans défense efficace équivaut à un « carnage ». Ainsi celui commis par nos avions, à Tika notamment, sur des véhicules en retraite ne menaçant pas Benghazi. Choquant même les correspondants de presse étrangers, parlant de la "férocité" des français. (7)

 

Mais Cocorico !  La France se veut “en pointe”, avant de passer le relais à l’OTAN :

 

« La France en pointe de l'opération. "Il est clair que la France assure le leadership de l'action militaire dans l'espace aérien libyen", a reconnu le premier ministre belge Yves Leterme. En effet, Paris a été à l'origine de la mobilisation diplomatique, et c'est le président français qui a annoncé seul le lancement de l'opération militaire, samedi. » (8)

 

Il est vrai que cette opération devenait urgente, plus qu’urgente, pour les pays occidentaux. Quatre objectifs immédiats :

 

i) Faire oublier la contre-révolution en marche, non seulement en Tunisie et en Egypte, mais surtout dans la péninsule arabique réservoir de pétrole de l’Occident, les atrocités de l’oppression : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Oman, Yémen, sans oublier le Qatar et la Jordanie.

 

Notons par exemple, le silence total de nos médias et de l’ONU sur la terrible répression du dictateur de Bahreïn, Al Khalifa, soutenue, encouragée par l’Empire. Où, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis viennent d’envoyer plus de 1000 hommes de troupes, chars  et hélicoptères de combat, pour mater une révolution aussi pacifique que l’étaient celles des Tunisiens et des Egyptiens. Noyée dans le sang.

 

Rappelons que Bahreïn, depuis des décennies, est un pays où la population vit dans la terreur et l’atrocité des tortures. S’y est illustré pendant 25 ans, le sadique Ian Henderson, écossais connu pour avoir forgé ses techniques de torture lors des guerres d’indépendance au Soudan et au Kenya. Les horreurs commises par le colonisateur lors de la lutte pour l’indépendance du Kenya, contemporaines de celle de l’Algérie, sont parmi les plus terribles qu’aura connues l’Humanité.

 

A Bahreïn, Ian Henderson a fondé la State Intelligence Security (SIS), équivalente de la SAVAK en Iran sous le règne du protégé de l’Occident, le Shah, à la même période. Avec une équipe de spécialistes en tortures britanniques, dont le général Jim Bell qui avait gagné ses galons dans cette discipline contre les indépendantistes de Birmanie et d’Irlande du nord. En comparaison, un Klaus Barbie ferait figure d’amateur dans la sauvagerie des tortures qu’ils ont fait subir aux Bahreïnis et que perpétue l’appareil répressif qu’ils ont mis en place. (9)

 

ii) Faire oublier aux opinions publiques les implacables politiques antisociales mises en œuvre par les Etats occidentaux, en Amérique du nord comme en Europe. La volonté des populations de “défendre la justice et le droit” dans les rues inquiète les gouvernements. La révolte gronde contre les gaspillages de la ploutocratie dans des budgets militaires et sécuritaires sans limites, au détriment de la création d’emplois et de la redistribution de la richesse nationale.

 

Ainsi à Londres, le samedi 26 mars 2011, ce sont plus de 500.000 personnes qui ont manifesté. (10) Les USA n’y échappent pas. Dans l’Etat du Wisconsin les manifestants, jusqu’à 100.000 dans les rues, crient « Mort aux tyrans ! » à l’encontre de leur gouverneur du parti républicain Scott Walker, dans leur colère contre l’injustice sociale…

 

iii) Faire oublier le pillage des richesses pétrolières de la Libye. Une guerre civile, un état d’anarchie, sont les occasions rêvées pour pomper pétrole, gaz et autres richesses minières. Autant qu’on veut et sans payer !... Si ce n’est d’accorder des miettes aux chefs de guerres et potentats locaux. De quoi entretenir l’anarchie en les opposant les uns aux autres. Un des pires exemples, dans ce genre de spoliation, est la RDC (ex-Zaïre) et ses immenses ressources.

 

Avec un double avantage pour la nomenklatura occidentale : un enrichissement personnel, sous prétexte de "remplissage des caisses électorales", via les paradis fiscaux pour les promoteurs et les organisateurs de cette dévastation, et la fermeture de l’accès des Chinois au marché du brut Libyen, un des meilleurs du monde par sa qualité…

 

iv) Faire oublier le soutien aux dictatures des Ben Ali et Moubarak, le manque de réactivité face aux revendications démocratiques des peuples de Tunisie et d’Egypte. D’une façon générale, faire oublier le soutien passé, présent et à venir, aux dictatures ou autocraties inféodées à l’Empire et au service de ses seuls intérêts.

 

 

Intox & CyberWar 

 

Le camouflage des guerres coloniales en sauvetage humanitaire exige un appareil de propagande hautement réactif et performant. D’où l’importance des budgets généreusement accordés à la propagande de l’Empire. L’armée américaine, à elle seule, consacre chaque année un minimum d’US $ 200 millions aux opérations de désinformation sur internet, blogs et réseaux sociaux. (11)

 

Cette action d’infiltration et de noyautage, considérée comme prioritaire, est gérée 24h/24h à partir de la base aérienne de MacDill, près de Tampa en Floride, siège des opérations psychologiques et de propagande (US Special Operations Command) de l’appareil militaire américain. Avec, en complément, huit autres “serveurs virtuellement privés” (virtual private server), répartis dans le monde. Dans toutes les langues, tout particulièrement en Arabe, Farsi (Iran - Pakistan), Ourdou et Pashtoun (Pakistan - Afghanistan). (12)

 

Assisté de logiciels spécialisés, un même opérateur peut emprunter simultanément 10 identités ou “personnalités” différentes, avec des IP distincts, utilisant tous les vecteurs internet, dans le jargon : blogposts, tweets, retweets, chatroom posts, etc. Indétectables, simulant leur présence dans le pays cible pour communiquer de fausses informations, vidéos truquées, fausses photos prises soi-disant à partir de téléphones portables, et autres astuces. (13)

 

Ces techniques de faux bloggeurs, appelées « sock puppets » (marionnettes de chaussette), déjà connues et pratiquées, deviennent de plus en plus sophistiquées dans la crédibilité. En mai 2010, s’était tenue une conférence réunissant les experts les plus pointus en la matière, avec un titre révélateur : InfoWar (14). Des pays, comme Cuba, l’Iran, la Chine, le Venezuela, sont soumis en permanence à cette pression, manipulation et subversion. (15)

 

Sont ainsi fabriqués des “héros de la dissidence” sur des blogs ou Facebook, à partir de la Floride… Parfois, il arrive que des journalistes (du moins, les rares en mesure d’effectuer un travail sérieux…) insistant pour les rencontrer, on soit obligé de les faire “disparaître” comme les héros de séries TV en fin de contrat au cours du tournage : prétendument abattus ou jetés dans les oubliettes. Par le régime à diaboliser, évidemment.

 

Après la Libye, à qui le tour ?...

 

La procédure inquisitoriale, l’excommunication, sont lancées : la Syrie !  La "fatwa" a été officiellement émise par The Jerusalem Post, le 23 mars 2011 :

For all his faults, Assad is the devil we know”

 

Le grand mot est lâché : “Devil”, le Démon, le Diable !... (16)

 

Pays de 25 millions d’habitants, non pétrolier, qui ne menace personne, mais accueille des milliers de réfugiés, Palestiniens puis Irakiens, chassés par la violence occidentale dans leurs pays. Se débattant dans une des pires sècheresses depuis des années, sous embargo non justifié, il a effectivement le tort de ne pas accepter La Loi du Plus Fort et de défendre sa souveraineté face à l’Empire.

 

Alors son dirigeant, Bachar Al Assad, certainement, le plus sérieux, honnête et courageux de la région, en comparaison des despotes moyenâgeux des pétromonarchies et de la Jordanie qui l'entourent, est en cours de diabolisation. D’ici peu, parions-le, nous allons apprendre que ce chef d’Etat, ophtalmologue de formation ainsi que son épouse, a ordonné d’étrangler les bébés de ses opposants dans leurs couveuses…

 

Pendant ce temps, les "manifestants" crient dans les rues des slogans surprenants par rapport à la situation économique et sociale que traverse le pays :

" No Iran. No Hizbullah. We want a Muslim who believe in God ! ".

 Traduction :

"Non à l'Iran. Non au Hezbollah. Nous voulons un Musulman qui croit en Dieu !"

Oui, parce qu'Assad appartient à la minorité religieuse Alaouite, une des multiples branches du Shiisme. Alors, créer des conflits religieux par-dessus le marché... (17)

 

Dans les médias et les couloirs du Congrès des USA, on présente déjà le successeur d’Al-Assad : Ammar Abdulhamid. Présenté comme un porte-parole de la « révolution syrienne », un héros, par The Washington Times du 29 mars 2011, par exemple. C’est le Chalabi syrien, play-boy au catogan, soutenu avec des moyens financiers considérables par tous les « ziocons » (lui-même membre du Brookings Institute) auxquels il a fourni tous les gages de servilité.

 

Résident et citoyen américain, se déclarant entre autres « haut et fort » athée, après avoir écrit un pamphlet contre l’Islam (Menstruation : A Novel) qu’il décrit comme un instrument d’oppression morale et sexuelle en Syrie. Bien sûr, ouvrage primé…

 

Leur marionnette en poche, prétextant l’exemple Libyen, les extrémistes du Congrès notamment au Sénat, faux-nez des lobbies bellicistes et sionistes, ne cachent même pas leur jeu. Ainsi :

=> John McCain, dans l’émission CNN “State of the Union” :  

“This is an opportunity to get rid of an enemy of America. And this administration is playing a repeat of their inaction on Iran in 2009”

ou encore,
=> Joe Lieberman, dans l’émission "Fox News Sunday" :  

“There is a precedent now. … We’re not going to allow Assad to slaughter his own people.” (18)

 

Mais, soyons rassurés, l'ONU veille !...

 

Tournant le dos, pour mieux se concentrer, aux bombardements quotidiens de Gaza, aux orages permanents de drones tombant sur les villages des vallées d'Afghanistan et du Pakistan, Navi Pilla, Haut Commissaire aux Droits de l'Homme (UN High Commissioner for Human Rights) a exigé des autorités Syriennes d'enquêter sur la répression et de "mettre un terme à l'usage excessif de la force" ... (19)

 

 

 

 


 

 

 

 

(1)  General David H. Petraeus onThe Posture of U.S. Central Command - Senate Armed Services Committee, March 16 – 2010, p. 7, http://www.centcom.mil/en/about-centcom/posture-statement 

(2)  Georges Kazola, Imperial Hypocrisy – The Libyan Crusade, CounterPunch, 22 mars 2011, http://www.counterpunch.org/kazolias03222011.html

(3)  Pepe Escobar, Endgame : Divide, rule and get the oil, Asia Times, 25 mars 2011, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MC25Ak01.html

(4)  Exemple : Canal +, Edition spéciale, 18 mars 2011

(6)  In Gaddafi triggers Kremlin rift, by M K Bhadrakumar, 23 Mars, 2011, http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/MC23Ag02.html 

(7)  L'intervention française en Libye qualifiée de "jeu de massacre" - Accusés d'un "carnage", dimanche matin à Tika, les militaires français démentent s'être trouvés sur la zone, Le Point.fr - Publié le 21/03/2011 à 13:41, http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/l-intervention-francaise-en-libye-qualifiee-de-jeu-de-massacre-21-03-2011-1309359_53.php

(8) http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/19/qui-participera-aux-operations-militaires-en-libye_1495866_3212.html

(9)  Jean-Pierre Perrin, Ian Henderson, un Britannique de l'ombre au service du Bahreïn - Depuis 30 ans, il dirige d'une main de fer les services secrets de l'émirat, Le Monde, 31 mai 1995, http://www.liberation.fr/monde/0101141069-ian-henderson-un-britannique-de-l-ombre-au-service-du-bahrein-depuis-30-ans-il-dirige-d-une-main-de-fer-les-services-secrets-de-l-emirat

(10)  Voir les photos de cette impressionnante manifestation publiées dans The Guardian du 26 mars 2011 : http://www.guardian.co.uk/world/gallery/2011/mar/26/thousands-march-against-cuts-in-pictures?picture=373067834#/?picture=373059557&index=0

(11)  Statement Of General James N. Mattis - U.S. Marine Corps Commander - U.S. Central Command - Before The Senate Armed Services Committee On The Posture Of U.S. Central Command, 1 Mars 2011, pp. 39 - 40, http://armed-services.senate.gov/statemnt/2011/03%20March/Mattis%2003-01-11.pdf

(12)  Nick Fielding & Ian Cobain, Revealed : US Spy operation that manipulates social media – Exclusive : Military’s “sock puppet” software creates fake online identities to spread pro-American propaganda, The Guardian, 17 mars 2011, http://www.guardian.co.uk/technology/2011/mar/17/us-spy-operation-social-networks

(13)  Ces photos truquées sont repérables, si on prête attention au fait que les visages ne sont pas montrés (prises de loin, de dos ou avec des lunettes noires pour en brouiller l’authentification), car elles sont souvent reconstituées, après avoir été prises en studio avec des acteurs et figurants …

(14)  Voir le programme de ce colloque : InfoWarCon, 20 mai 2010, http://www.crows.org/the-io-institute/infowarcon-2010-agenda.html
(15)  Deisy Francis Medidor, Marina Menendez et Jean-Guy Allard, Cuba : Opération Surf, 20 mars 2011, http://www.legrandsoir.info/Operation-Surf.html
(16)  Yaakov Katz, For all his faults, Assad is the devil we know, The Jerusalem Post, 23 mars 2011, http://www.jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=213368

(17) http://www.joshualandis.com/blog/?p=8692

(18) A titre d'actualisation et de complément d'information pour faciliter la compréhension du "contexte Syrien", ce paragraphe ainsi que les deux précédents sont une reprise d'une partie de mon commentaire n° 8, en date du 30 mars 2011.

 

 
 
Caricature de l’artiste du Honduras Allan Macdonald

 


 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:25

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608.jpg

 

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, Cf. Personnalité de l’Année 2010, sur ce blog.

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010, http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010, http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html
(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice, http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010, http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 


 

                                       

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 14:14

 

 

« … Nous vivons sur la foi d’autrui… C’est là qu’il faut la plus grande attention pour percer l’intention de l’intermédiaire, et pour savoir d’avance sur quel pied danser. Corrigez par la réflexion le défaut ou le faux de l’information. »

Baltazar Gracián  [1601 – 1658] (1)

 

 

 

« On ne s’improvise pas diplomate »…

 

Tel était le titre d’un manifeste signé par des diplomates français, sous le nom collectif de “Marly”, dans Le Monde du 22 février 2011. (2)

 

“ Intéressant ! ”, me suis-je dit face aux décombres fumants de notre diplomatie, d’entendre enfin une réaction de ses propres membres. Le journal précisant :

« Un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées… ». 

 

Label de “neutralité”, en prime ! Le titre, toutefois, me paraissait suspect par son ambiguïté. Une diplomatie ne s’improvise pas : oui. On ne s’improvise pas diplomate : il y a du réflexe corporatiste dans l’air…  

 

Les réactions accompagnant ce genre de papier n’ont pas manqué. Il convient toujours de ne pas les négliger : confortant la crédibilité, ou le contraire. Même venant de l’étranger. Nos amis britanniques, toujours aussi fins que leurs petits pois en béton assaisonnés à la gelée de menthe dès qu’il s’agit de se payer notre tête, en pavoisent de satisfaction. (3)

 

Souvent, plus qu’on ne pourrait l’imaginer, ce n’est que faux débat organisé pour mettre en valeur une campagne de communication, ou plus près de la vérité, de désinformation. Jusqu’aux soi-disant avis divergents de deux apparatchiks, membres éminents du même clan de la nomenklatura au pouvoir. Préparant le sauvetage ou le ravalement de façade d’une “politique” en difficulté, par exemple.

 

Ainsi, Henri Guaino, le conseiller spécial de notre président, parle d’un “tract politique”, posant la question : « Qui sont-ils ? De jeunes ambitieux qui cherchent des places, des diplomates retraités aigris ?... ».
Alors que  pour Jean-François Copé, le patron du parti majoritaire, cette tribune aurait été rédigée : «…
par des diplomates du plus haut niveau ». (4)
Michèle Alliot-Marie, alors ministre des affaires étrangères, préférant la formulation poétique dans sa critique de “Marly” : « 
La diplomatie française n’est pas une nostalgie ». (5) 

 

Texte complexe, riche en perspectives audacieuses, porteur d’une profonde remise en cause, ouvrant des pistes nouvelles, proposant une rénovation, une réflexion géopolitique adaptée au siècle dans lequel nous vivons et préparant le prochain, une renaissance de notre politique étrangère et de son « corps diplomatique » ?... 

 

Sa simple lecture donne la réponse : une grossière opération d’enfumage…

 

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“Domaine réservé”… De qui ?  Pour qui ?

 

La France s'enorgueillit du plus grand réseau diplomatique mondial après celui des USA : 160 ambassades, une centaine de consulats, avec centres culturels et autres vitrines, répartis sur 5 continents.  Davantage que ceux des géants : Chine, Inde, Brésil, Russie !... Ou, d’anciennes nations au passé impérial : Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Allemagne…

 

Un des premiers budgets de la planète qui ne connaît ni restriction, ni exigence de recettes pour en justifier les dépenses. Elus de nos assemblées, politiciens de tous bords, médias, “experts politico-radio-télévisuels”, si vigilants d’ordinaire dès qu’il s’agit d’investissements ou de dépenses dans le social, l’éducation, la recherche, les services à la collectivité, évitant de se pencher sur ces sommes pharaoniques.

 

Apparemment, dépenses de fonctionnement ou d’investissement des représentations diplomatiques, calculs de rentabilité entre un budget et ses “obligations de résultat”, efficiences des contributions colossales octroyées sans contrôles, ni exigences de diminution, à une multitude d’organisations internationales, n’attisent pas leur curiosité, ni leur sens aigu de la préservation des deniers publics.

 

Pourtant il y a de quoi s’inquiéter quand Michèle Alliot-Marie elle-même, qui a été récemment responsable des affaires étrangères, reconnaît la totale inefficacité de ce dispendieux appareil d’information et de représentation :

« Non, en janvier [2011] il n'y avait pas dans les notes et télégrammes [diplomatiques révélés par le site WikiLeaks] de quoi anticiper ce qui se passe aujourd'hui dans le monde arabe. La France n'a pas su comprendre ce qui était en train de se produire. Pas plus qu'aucun autre pays d'ailleurs. » (6)

 

Pourquoi un tel éléphant n’est-il même pas capable d’accoucher d’une souris ? Qui gère cet énorme « machin » aussi coûteux qu’obsolète, au 21° siècle ? Pour nous limiter à ce seul exemple : sourd, aveugle, devant révoltes, répressions, massacres, bombardements qui ravagent le monde arabe depuis des décennies.

 

En fait, se refusant d’entendre, reconnaître, admettre, ce qui mobilise de multiples sites et blogs du Web, livrant toutes les informations avec des faits, des dates, des noms. Depuis les hurlements des salles de tortures connus de tous, jusqu’aux soulèvements et rebellions agitant des régions entières, comme en Tunisie depuis plus de deux ans à Gafsa…

 

Qui ?

 

Un homme entouré de son clan et de sa cour, ayant carte blanche avec ses “conseillers” ? Henri Guaino l’affirme :

« La politique étrangère de la France, c'est le domaine réservé du président de la République depuis le début de la Ve République ». (7)

Michèle Alliot-Marie le confirme, dans un émouvant culte de la personnalité, très vintage Stalinien, par ses références incessantes au “Guide Suprême” (cette cascade de flagorneries n’ayant pas réussi à lui conserver sa fonction de ministre) :

« Oui la diplomatie française a une feuille de route : celle fixée par le président de la République. Elle est lucide, elle est claire. Elle s'inscrit dans une vision cohérente et globale du monde...

C'est bien l'action du président de la République qui a permis que notre vision devienne la feuille de route de l'Europe

Aujourd'hui, par la volonté déterminée du président de la République…

C'est ce que fait le président de la République

Aujourd'hui grâce à l'action de Nicolas Sarkozy, la France… etc. etc. » (8)

 

Ou, une caste ?

 

Si “on ne s’improvise pas diplomate”, comme le prétend “Marly” dans l’arrogance, c’est qu’on le devient après un processus de cooptation semblable à celui des castes de grands prêtres ou de mandarins. Seule une “élite”, autoproclamée au-dessus du commun des mortels, serait en mesure de maîtriser la complexité des relations internationales.

 

Entre ces deux dogmes, prise entre marteau et enclume, l’expression de la volonté nationale ou de la collectivité, n’a aucune place ni existence. C’est tout ce qui est à retenir : le Peuple, dans ce modèle politique, est un “non-être”. L’autocratie dans sa splendeur !...

 

En fait, rien n’est plus simple que les relations internationales lorsqu’elles sont fondées sur la volonté de coopérer entre nations, dans le respect  mutuel, le droit à l’autodétermination, dans la paix et la solidarité pour améliorer le sort des populations sur une terre, sans cesse fragilisée par les ravages des catastrophes naturelles, la surexploitation industrielle et les guerres incessantes.

 

 

Géopolitique “Marlynesque””

 

Cette simple et claire préoccupation serait-elle la priorité de "Marly" ? Car nos aristocrates de la diplomatie s’agitent, tapent du point sur la table :

« Il n'est que temps de réagir. Nous devons retrouver une politique étrangère fondée sur la cohérence, l'efficacité et la discrétion ».

 

Mais leur manifeste ne véhicule que les clichés géopolitiques les plus recuits d’incohérence, d’inefficacité et d’indiscrétion, des néoconservateurs américains analphabètes en géopolitique, du fanatisme sioniste, tartinés des vieux réflexes coloniaux de la "Françafrique" ou "France-à-fric".

 

Trois exemples :

 

i) Moyen-Orient  

 

"Marly" s’inquiète sur la situation au Moyen-Orient :

« Notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible, s'enferre dans des impasses et renforce les cartes de la Syrie »…

 

Dans tout son manifeste un seul pays du Moyen-Orient est cité, pour le diaboliser : la Syrie…

 

Pays de 25 millions d’habitants présenté comme une “menace”, alors qu’une partie de son territoire est sous occupation occidentale, non rétrocédé malgré les résolutions de l’ONU, soumis à des embargos illégaux, régulièrement bombardé ou survolé par Israël.

 

Diffamé dans une campagne de propagande pour l’assassinant du représentant des saoudiens et des sionistes au Liban, Rafiq Hariri, dans le cadre d’une commission d’enquête organisée par l’ONU et La Communauté Internationale… Qui a reconnu ensuite s’être trompée... Pays, qui cette année est soumis à une terrible sécheresse, alors qu’il accueille généreusement des centaines de milliers de réfugiés Irakiens sur son sol.

 

« … Renforce les cartes de la Syrie… », "Marly" regrette probablement le temps où la France, "pays des Lumières et de La Liberté", administrait la Syrie à la suite de la chute de l’Empire Ottoman, dans une féroce occupation où toute velléité d’indépendance, après lui avoir arraché la province du Liban, était noyée dans le sang par les troupes françaises :

« Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l'ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d'affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien. » (9)

 

Palestine ? Gaza ? Plus de 60 ans de massacres et de génocides, dans le cynisme et la négation des résolutions de l’ONU, du droit international, des Conventions de Genève : aucune mention. Alors qu’il s’agit du point fondamental, et plus qu’urgent, de l’édification de la Paix dans la région et au-delà.

 

Les désastres de l’Occident en Irak et, plus loin, en Afghanistan ? Tabou. Un regard sur tous les mouvements de révolte actuels, annonçant la Renaissance du Monde Arabe et Musulman dans le monde ? Même pas. Impensable pour cette fine fleur de la diplomatie.

 

La préoccupation essentielle de "Marly" : la Syrie !...

 

 

ii) Asie 

 

Autre diabolisation tout aussi caricaturale et inévitable : la Chine !... "Marly" se lamentant : « la Chine nous a domptés ».

 

Pourquoi ?

 

Parce qu’elle s’est libérée du pillage, dans la violence et l’humiliation, que nous lui avions imposé avec les autres puissances occidentales pendant un siècle (1840 – 1940) ? Suivi, après la deuxième guerre mondiale, d’une exclusion de l’ONU (seule l’île de Taiwan étant considérée comme la véritable Chine…), d’un embargo. Aberrations illégales, iniques, stupides, auxquelles le général de Gaulle a mis courageusement fin, le 27 janvier 1964, par la reconnaissance de la Chine.

 

Parce qu’elle sort chaque année des millions de Chinois de la pauvreté ? Alors que les démocraties occidentales y plongent progressivement leurs propres peuples dans une politique économique et sociale, aussi injuste que suicidaire, pour le seul bénéfice des nomenklaturas au pouvoir ?

 

Parce qu’elle ne se laisse pas intimider par les escadres de l’Empire croisant en permanence à la limite de ses eaux territoriales, avec porte-avions nucléaires, sous-marins nucléaires, multiples bases installées à ses frontières, portant atteinte à son indépendance et son intégrité nationale ?

 

Oubliant la militarisation accélérée des pays vassalisés par l’Empire en Asie : surarmement de la Corée du sud, du Japon, de Taïwan, de l’Inde, dans une politique agressive sous-tendue par de multiples provocations, à l’encontre la Chine qui ne menace personne...

 

 

iii) Afrique

 

« … L'Afrique nous échappe… ».  Quel aveu !

 

L’Afrique, formatée dans l’inconscient collectif de cette caste comme étant en servage, au service, la propriété exclusive, la chasse-gardée, de la France… Partis de "droite" ou de "gauche", cultivant la Françafrique, allant régulièrement au "remplissage de leurs caisses électorales", et autres ficelles d’enrichissement personnel. Le fameux procès Elf, vite étouffé, a donné un bref éclairage de ces pratiques admises et cultivées par tous les politiciens de notre pays. Là encore, depuis des décennies…

 

Souvenons-nous : Jean-Christophe Mitterrand, affublé du sobriquet de « Papamadi » par les dirigeants africains, labourant à longueur d’année ce continent, de la Mauritanie à Madagascar en passant par la Côte d’Ivoire. Ridiculisant par son affairisme non seulement la France, mais aussi la fonction présidentielle dont son propre père avait la charge…

 

Autre aveu, tout aussi pathétique : « … l'Afrique francophone, négligée politiquement et désormais sevrée de toute aide bilatérale ». Ah ! « L’aide bilatérale » ! La diplomatie adore ces pratiques qui lient les pays à ce qui fut souvent « l’ancienne métropole ».

 

Par des financements dans de multiples projets, souvent "bidons", ne créant ni emplois qualifiés, ni valeur ajouté, ni transfert de technologie, pour le pays prétendument « bénéficiaire ». Mais, la plupart du temps, des rentes de situation pour les groupes français spécialisés dans la privatisation des services publics et la prédation des ressources naturelles, avec au passage de confortables “enveloppes” à ceux qui les initient, les gèrent, ou ferment les yeux.

 

Voir “Marly” trimbaler encore ce vieux mythe comme étant une exigence morale : « l’aide à l’Afrique ». Alors qu’elle n’est qu’une arnaque de propagande destinée à perpétuer son pillage. L’Afrique, immensément riche, n’a nul besoin d’aide. Elle n’est qu’immensément pillée. Aussi riche, par ses ressources, que le Brésil et le continent latino-américain, ou l’espace de la Russie et de l’Asie centrale.

 

Car le prochain siècle sera celui de l’Afrique, sa révolte et la réappropriation de sa richesse et de sa culture. Et, non pas de vivre, sous des dictatures, complices de la spoliation et la prédation de l’Empire. Le niveau et la qualité de vie de ce continent du fait de l’immensité de ses ressources naturelles devrait être celui de la Norvège. Non pas de voir ses hommes et femmes fuir dans une immigration faite d’esclavage et d’humiliation.

 

“Marly” anticipant sur cette inéluctable évolution, proposerait-il de nouveaux schémas de développement fondés sur l'intégration des économies des pays africains entre elles, dans des projets de développement régionaux valorisant leurs richesses naturelles, minières ou pétrolières, au lieu de les exporter sous forme de produit bruts ?...

 

Non : scotché sur « l’aide bilatérale »…

 

 

Caste sclérosée dans son formatage colonial

 

Mais rassurons-nous, “Marly” et ses potes :

« … souhaitent aussi que notre diplomatie puisse à nouveau s'appuyer sur certaines valeurs (solidarité, démocratie, respect des cultures) bien souvent délaissées au profit d'un coup par coup sans vision ».

 

C’est beau, ces bons sentiments : solidarité, démocratie, respect des cultures…

 

Démocratie ?...

 

Soyons brefs sur ce point, tellement la connivence de nos diplomates avec les dictatures les plus sanguinaires, abandonnant leur pays à la prédation des occidentaux, crève les yeux. Ostracisant les nations qui essaient d’avoir une politique sociale et économique fondée sur la justice, dans le refus du pillage de leur pays, comme Cuba, Venezuela, Bolivie, Equateur, et d’autres encore.

 

Respect des cultures ?...

 

Pourtant la diplomatie française n’a cessé depuis des années de soutenir l'idéologie du "Choc des Civilisations". Des faits ? Un seul suffit à comprendre : Prenez sur les 20 dernières années la liste des conférenciers que la France ballade luxueusement d’un centre culturel à l’autre à l’étranger, aux frais du contribuable français. Vous y relèverez le nom de toutes les stars, même les plus grotesques dans l’inculture, du circuit médiatique de l’islamophobie et du racisme d’Etat. Pas un nom ne manque…

 

Solidarité ?... Même pas avec leurs propres concitoyens…

 

Les diplomates ignorent totalement ces français vivant à l’étranger qui se retrouvent pratiquement sans retraite, ni soins médicaux. Les compléments d’aides n’étant accordés que si vous vivez en France. Alors, âgés, sans famille en “métropole”, ils restent sur place. Survivant comme ils peuvent, dans la quasi-misère. Après avoir travaillé pendant des années pour le compte « d’entreprises métropolitaines » qui s’en sont mis plein les poches, n’ayant jamais cotisé pour leurs modestes employés français. J’en connais à Madagascar, à Diégo-Suarez. Et, ailleurs.

 

Vous croyez que les diplomates s’en préoccupent ?...

 

Non. Ce qui les préoccupe, ils l’écrivent en toutes lettres, se désolant :

« Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. »

 

Vendre des armes, des avions, du nucléaire ! Reconnaissons-le, c’est plus valorisant que du camembert ou du saucisson. Les contrats, commissions, rétrocommissions, dans les paradis fiscaux et paradis tout court, procurant de plantureuses retombées…

 

Dans leur vocation, l’exercice de leur fonction, nos diplomates se voient, se vivent  ainsi, représentants VRP de luxe de Dassault et autres groupes privés, à la chasse aux privatisations de l’eau, de l’énergie, des transports, dans les pays étrangers. Ce sont, encore, les contribuables qui paient ces commerciaux de luxe pour le compte de ces intérêts privés. Pendant que ces groupes engrangent les profits. La "Libre Concurrence" est un magnifique concept pour les contorsionnistes de la logique…

 

“Marly”, par son texte, personnalise la pire dérive de notre politique étrangère. Qui ne représente en aucun cas la préservation de notre souveraineté nationale, la défense des intérêts de notre collectivité dans la paix et la coopération, mais l’allégeance, confite d’obséquiosité dans une double servitude : à l’égard de l’argent-prédateur d’une poignée de groupes privés, et des puissances étrangères nous forçant à la vassalité.

 

Loin de vouloir la réformer, cette opération de désinformation n’est que l’expression d’une volonté de la renforcer.

 

“Marly” ?... Des diplomates ?...

 

Des “têtes à claques”.

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Baltazar Gracián, Traités politiques – esthétiques – éthiques, Seuil, édition 2005.

(2)  Marly, On ne s’improvise pas diplomate, Le Monde, 22 février 2011, http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/22/on-ne-s-improvise-pas-diplomate_1483517_3232.html#ens_id=1245377

(3)  Angelique Chrisafis, Nicolas Sarkozy’s foreign policies denounced by rebel diplomats – Anonymous letter accuses president of diminishing France’s role on the international stage, The Guardian, mercredi 23 février 2011, http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/23/nicolas-sarkozy-foreign-policies-denounced

(4)  Pour Guaino, la tribune des diplomates est un « tract politique », Le Monde, du 23 février 2011, http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/02/23/pour-guaino-la-tribune-des-diplomates-est-un-tract-politique_1483933_823448.html

(5)  Michèle Alliot-Marie, La diplomatie française n’est pas une nostalgie, Le Monde, 25 février 2011, http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/25/la-diplomatie-francaise-n-est-pas-une-nostalgie-par-michele-alliot-marie_1484911_3232.html

(6)  Michèle Alliot-Marie, Op. Cit., Le Monde, 25 février 2011.

(7)  Op. Cit. Le Monde, 23 février 2011.

(8)  Michèle Alliot-Marie, Op. Cit., Le Monde, 25 février 2011.

(9)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie_mandataire. Au moment où les troupes françaises, sortant de la deuxième guerre mondiale, s’illustraient dans de nombreux massacres pour “reprendre en mains” les “colonies”. Notamment, les atrocités de Sétif en Algérie en 1945, et de Madagascar en 1947 (100.000 personnes assassinées)…

 

 

 

 

 

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