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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 17:55

 


A l’unanimité de mon unique voix,


Avec tendresse, admiration et respect,

 

Je déclare

 

" Personnalité de l’Année 2009 "

 

 

L’Enfant de Gaza

 

 

gaza-girl-310109-Ca-n.jpg

 

 

Pour son courage, son héroïsme, face à la peur, au chagrin, au désespoir, à la souffrance.

 

En mémoire de tous les Enfants de Gaza, tués, blessés, amputés, traumatisés, orphelins.


Par centaines.


Victimes d'un des pires Crimes contre l’Humanité planifiés, supervisés, par " L'Occident des Droits de l'Homme et de l'Enfant ", dans des bombardements quotidiens, massifs et sauvages, fin décembre 2008 et au mois de janvier 2009.

 

Après des mois de blocus.

 

Blocus leur interdisant l’accès aux soins, à l’éducation, à l’alimentation, à l’eau potable.

 

Blocus qui dure encore.

 

Depuis trois ans…

 

Dans l’indifférence hypocrite de " La Communauté Internationale " et le mensonge cynique de ses médias.


 

 

 

 


 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 17:33


«  La guerre en Algérie est une lutte imposée à la France par une minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes, armés et soutenus financièrement par l’étranger. »

Extrait du Manifeste des Intellectuels Français (1)

 

 

 

Et, 30.000 de plus !…

 

L’escalade.

 

Telle est la décision d’Obama, pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan : envoyer des troupes supplémentaires. Juste avant d’aller chercher son Prix Nobel de la Paix à Stockholm.

 

Il est vrai que les traîneurs de sabre du Pentagone en souhaitaient 80.000… A défaut, ils vont donc à coups de pied au derrière de leurs « alliés », vassaux, auxiliaires et autres supplétifs, en extraire quelques milliers de plus…

 

Résultat recherché par l’équipe Obama : remonter dans les sondages US ! Objectif atteint. D’après l’organisme Gallup, sa cote de « popularité » serait remontée de 47 % à 52 %. (2)

 

Nous ne sommes plus dans l’utopie démocratique, où règneraient raison et justice, mais dans l’émotionnel, le fugitif, la poudre aux yeux. Car les questions des sondages, habilement formulées, avaient pour toile de fond l’engagement d’Obama de retirer les troupes d’Afghanistan, d’ici 18 mois. Ce que souhaite, en fait, la majorité des américains : le retour de leurs soldats « at home ».

 

On a vu ce que les engagements du « nouveau Président » valaient : les américains attendent toujours le retrait des troupes US d’Irak. Quant au centre de détention et de torture de Guantanamo, au procès public et équitable de ses internés, le reste du monde attendra.

 

child_burnt-afghanistan1.jpg

 

Il n’est pire sourd…

 

Refusant d’écouter le nouvel ambassadeur US à Kaboul, nommé en mars 2009, Karl Eikenberry. Cet ancien général, opposé à de nouveaux envois de troupes, a remué ciel et terre pour faire comprendre à Washington que la solution n’était pas militaire mais politique :

 « Les problèmes américains en Afghanistan ne vont pas être résolus en tuant des gens, mais en aidant les Afghans à mettre en place des institutions gouvernementales fiables. » (3)

 

Les analystes les plus chevronnés de l’appareil de défense US, dès qu’ils ont la liberté de parole, insistent sur la nécessité de mettre un terme à l’aventure militaire, en Afghanistan mais aussi au Pakistan. Ainsi James Clad, ancien du Pentagone, dont la vision géopolitique est d’une rigoureuse clarté :

« Nous devons trouver la solution dans le cadre d’un règlement régional qui doit inclure l’Iran, la Chine, la Russie et l’Inde, dans un consensus global. » (4)

 

Les Russes, instruits de l’expérience de leur guerre en Afghanistan ne manquent pas de prodiguer leurs conseils de modération. Tel le général Igor Rodinov, qui a commandé les 120.000 hommes de la 40° Armée pendant 10 ans en Afghanistan, avant de devoir le quitter dans la défaite :

« Ils (les USA et leurs alliés) doivent comprendre qu’il n’y a aucune chance de succès militaire… Il s’agit d’un problème politique que nous avons été totalement incapables de résoudre par notre approche militaire. » (5)

 

De nombreux américains, citoyens, intellectuels, responsables, se mobilisent, contre cette folie guerrière. Sans être entendus… Beaucoup aux USA, hors les médias de la propagande ne cessant, avec Patrick Cockburn, de réclamer, manifester, pour le respect du droit à l’autodétermination, et laisser l’Afghanistan aux Afghans :

« Leave Afghanistan to the Afghans ! ». (6)

 

Tel Anthony DiMaggio dénonçant le « cynisme d’Obama » de prendre, avec son parti et son clan, une décision militaire uniquement dans un but électoraliste, celui de la préparation des élections présidentielles US de 2012 : La Politique du Cynisme - Afghanistan et les élections de 2012. (7)

 

Ou encore, Paul Craig Roberts, ancien ministre du Budget US, stigmatisant la « double fraude d’Obama », militaire et sociale :

« … Tout l’argent public a été dépensé pour financer les banques et les guerres. Le peuple américain, excepté les 1 % “superriches”, a été abandonné ». (8)

 

Dans une analyse décapante, Gary Leupp, historien spécialiste de l’Asie, mettant en lumière les réflexes idéologiques d’Obama :

« Obama est un politicien de la haute bourgeoisie traditionnelle qui, avec son Ministère des Affaires Etrangères, identifie les intérêts des multinationales américaines avec les intérêts « nationaux » ; persuadant ces derniers de se battre pour eux. Ou du moins, d’employer les soldats américains de se battre et de mourir pour eux ». (9)

 

D’autres, comme Susan Galleymore, militante de la paix pour avoir perdu un fils en Irak, rappelle, dans cet “Arc de la Guerre” allant de la Palestine à l’Afghanistan, l’écrasante responsabilité des USA :

« Reconnaître l’irréfutable évidence de “l’Arc d’Avilissement” qu’est la guerre, c’est l’obligation d’assumer notre responsabilité… et faire en sorte de ne plus jamais en accabler notre monde et ses populations ». (10)

 

Rien à faire.

 

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

 

Et, puis Business is Business Les experts et milieux d’affaires disent que c’est excellent pour l’économie. Exemple ? Isabel Sawhill, senior fellow dans le Think Tank néoconservateur The Brookings Institution, estime que les dépenses de guerre stimulent l’économie  (11) :

« Toute dépense, même une guerre, peut être bonne pour l’économie. C’est grâce à cela que nous sommes sortis de “La Grande Dépression” des années 1930. » (12)

 

Conséquence : la bride est lâchée.

 

Terminator va pouvoir faire joujou avec tous ses gadgets mortifères. Les lobbies de l’armement, s’en mettre plein les poches.

 

AFGHANISTAN CHILD

 

Terminator danseuse “de luxe” des pays en faillite

 

Je ne sais si c’est le chiffre de « 30.000 », mais l’obstination du lobby militariste US, l’aveuglement de son état-major, me font penser à ceux du Portugal, en 1970, dans sa guerre pour maintenir son emprise sur le Mozambique.

 

Le général McChrystal, nouveau patron du dispositif occidental en Afghanistan, le plus fanatique des promoteurs de cette « escalade », semble le clone du général portugais Kautza de Arriaga.

 

Ce « fou de guerre » exerçait, à l’époque, son génie militaire dans cette partie du monde, que les « colonialistes » considéraient comme partie intégrante du Portugal. Ce fut une des plus atroces, des plus barbares guerres coloniales que des européens « pétris de valeurs » aient menées…

 

Archétype de ces généraux « jusqu’au boutistes » qui jalonnent l’histoire des guerres coloniales. Je l’ai évoqué dans un texte sur le poignant témoignage de la romancière portugaise Lidia JorgeLe Rivage des Murmures :

 

« … Mozambique, en 1970. Au plus fort de la guerre. Le général Kautza de Arriaga avait déclenché une opération de grande envergure avec 35.000 hommes et une centaine d’avions et d’hélicoptères près de la frontière tanzanienne. L’objectif étant de récupérer la ville et la région de Muda, que la résistance avait libérées.

Ce genre d’opérations folles, la « der des der », rêvées par des états-majors incapables de comprendre les mécanismes inexorables d’une guerre menée par une
Nation pour sa Libération. Plus d’hommes, plus de matériel et plus d’argent, disent-ils, et nous éradiquerons ces indépendantistes, ces terroristes, ces insurgés, qui mettent en danger la civilisation occidentale

 

Les militaires portugais n’avaient pas retenu la leçon des récentes guerres d’indépendance des colonies françaises d’Indochine quinze ans plus tôt, ou d’Algérie huit ans plus tôt. Ils se croyaient plus forts… »

 

Vieille rhétorique belliciste, coloniale, de ces Terminator galonnés.  Increvable. Encore un effort, clament-ils, le dernier, et on va gagner ! La Der des Der… Comme en 14, chaque guerre coloniale, chaque expédition. Chaque « opération » même,  avec son nom pour marquer la campagne de communication, ou de propagande plutôt, comme les marques de lessive ou de jeux vidéos.

 

En fait, jusqu’à ce qu’ils aient déplacé l’intégralité de la population dans des camps de réfugiés, après en avoir exterminé le plus possible : hommes valides, jeunes et vieux. Pas d’état d’âme : ce ne sont que des rebelles, des insurgés, des terroristes, ou s’ils ne le sont pas, ils en sont des sympathisants, sauvages, barbares.

 

Les enfants ?… Tués ? Amputés ? Traumatisés ? Brûlés ? Ensevelis vivants dans les bombardements ? Dégâts collatéraux, inévitables. Comme les effets secondaires dans un traitement de choc. C’est à ce prix, qu’on sauve les Civilisations. 

 

Le prix…

 

afghan-child-09-oxfam.jpg


Et, le coût ?…

 

Rien qu’aux contribuables américains, le coût de la guerre en Afghanistan atteindrait 228 milliards de dollars, à ce jour. En 2009, 60,2 milliards de dollars auraient été dépensés pour les seules actions militaires. Avec un rythme d’augmentation exponentiel : de 3,5 milliards de dollars par mois sous Bush, on est passé à 5 milliards de dollars par mois avec Obama. (13)

 

Encore plus vertigineux : Le Center for Defense Information fait apparaître un montant “budgété” par le Congrès des USA, de 300 milliards de dollars pour toutes les dépenses US, en Afghanistan ou liées aux actions le concernant, forces armées, agences et ministères divers, y compris dépenses de maintenance ou médicales, pour l’année fiscale 2010. Contre 173 milliards en 2009, et 140 milliards en 2008.

 

Obama et les « Démocrates » font plus fort, que Bush et les « Républicains »…

 

Depuis l'invasion de l’Afghanistan, en 2001, le montant cumulé des dépenses des USA liées à l’Afghanistan, militaires et civiles, atteint le montant astronomique de 739,8 milliards de dollars (14).

 

Tout cela, comme le rappelle Jones, un des conseillers US à la Défense Nationale (National Security Adviser), alors que les Talibans ne sont pas “de retour”, et que les membres d’Al-Qaida seraient moins d’une centaine en Afghanistan… (15)

 

D’ailleurs Gates, le patron de la CIA, le reconnaît : après huit ans de guerre de haute technologie, on ne sait toujours pas où se trouve Ben Laden qui est connu souffrir des reins et être sous dialyse… (16). Parallèlement, d’après les propres rapports de l’ONU, la culture de l’opium, depuis le contrôle et l'administration du pays par les USA et l’OTAN, a mystérieusement décuplé…

 

Des milliards par centaines, de quoi transformer l’Afghanistan en un pays aussi arboré et prospère que la Norvège…


Mais, où va tout cet argent ?… Aspiré comme le sont les galaxies par un gigantesque Trou Noir, non plus intersidéral mais financier. 

 

Encore, n’a-t-on de disponibles que les chiffres US. Connaissez-vous le montant des dépenses françaises pour l'Afghanistan ?… Le coût mensuel de notre corps expéditionnaire : avions, blindés, transport, logistique ? Pour un Etat en faillite, comme ne cesse de le répéter le Premier ministre français, la gestion devrait se faire au centime près, dans la transparence.

 

Et, l’OTAN ?… Cette énorme machine bureaucratique, qui regroupe directement ou indirectement, au-delà des pays européens, tous les satellites américains : Corée, Taiwan, Japon Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.

 

Ce que la France verse en contributions à l’OTAN, chaque année ? Les matériels et personnels que la France met à la disposition de l’OTAN, en termes de coûts pour le contribuable français ?…

 

Et, ce que l’OTAN jette par la fenêtre sous la rubrique « Afghanistan » ?… Dans les caisses de ce pôle d’incompétence, de gaspillage, dans l’impunité. Incapable de redresser ses échecs, accumulés depuis 8 ans en Afghanistan.

 

Impossible de savoir. Aucun débat public.

 

L’OTAN, véritable pôle antidémocratique, aussi. Ses dirigeants, dont on ne sait d’où ils sortent si ce n’est de tout sauf du suffrage universel. Parlant d’égal à égal, aussi arrogants que mégalomanes, avec les responsables élus des peuples européens. Réclamant sans cesse, eux aussi, plus d’argent, d’hommes et d’engagements, pour satisfaire les visions bellicistes et paranoïaques de cette organisation devenue ingouvernable. Sauf par le lobby de l’armement…

 

Toutes ces dérives illégitimes, dans le culte de l’opacité, du mensonge et de la gabegie. Induites par un appareil militaro-industriel, aux mains d’une oligarchie, d’une caste, qui échappe totalement au contrôle démocratique, celui des contribuables, de la collectivité, du peuple.

 

L’avez-vous remarqué ?… Dans nos pays occidentaux, les plus riches du monde, on multiplie les opérations de charité publique pour nourrir le pauvre, soulager le malade, financer la lutte contre les maladies.

 

Car, l’Etat n’a jamais assez d’argent pour financer le système de santé de la collectivité, les œuvres sociales, médicales. Il n’a même pas de quoi payer les heures supplémentaires de ses propres fonctionnaires, du moins les subalternes. Encore moins, la recherche médicale.

 

C’est tellement difficile de gérer un « Etat en faillite »…

 

Bizarrement, le même Etat n’éprouve jamais le besoin d’organiser des collectes publiques pour financer des investissements militaires, des expéditions coloniales ou des guerres lointaines. Les dons et versements s’affichant en temps réel sur un tableau lumineux. Genre : “TeleBomb”, ou “BombAction”… Avec leurs petits rubans, leurs T-shirts, leurs campagnes médiatiques : bals, dîners de gala, concerts, ventes de CD ou DVD…

 

Non. Miracle ! Tous les budgets sont disponibles, à tout moment, pour tout montant. Instantanément. Comme pour renflouer les banquiers véreux. Dans la discrétion…

 

Normal.

 

« Défendre La Civilisation » n’est-il pas prioritaire ?…

 

 

 

 

 


 

1)  Paru dans Le Figaro et Le Monde, le 7 octobre 1960. Parmi plus de 300 signataires, approuvant la guerre coloniale en Algérie, avec ses massacres, tortures et destructions, figuraient :
Chaunu, Dorgelès, Maulnier, Pauwels, Michel de Saint-Pierre, Nimier, Déon, Blondin, Romains, Henri de Monfreid, Gabriel Marcel, Jacques Laurent, André François-Poncet, Gaxotte, Pierre de Bénouville, le colonel Rémy, le maréchal Juin, etc…

2)  Eli Clifton, « Surge » sends Obama soaring, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df03.html

3)  Karl Eikenberry : « America's problems in Afghanistan weren't going to be solve by killing people, but by helping the Afghans build credible governing institutions ». Cité par Mark Perry, The day the general made a misstep, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df04.html 

4)  James Clad : « We will need to anchor the result in a regional settlement - one that draws Iran, China, Russia and India into a common purpose ». Cité par Mark Perry, Op. Cit.

5)  Général Russe Igor Rodionov : « They [the U.S. and its allies] have to understand that there is no way for them to succeed militarily…It is a political problem which we utterly failed to grasp with our military mindset ». Cité par Conn Hallinan, Obama's Escalation - An Af-Pak Train Wreck,  http://www.fpif.org/fpiftxt/6620, 7 décembre 2009.

6)  Patrick Cockburn, Leave Afghanistan to the Afghans – Why Afghans Oppose the Escalation, 9 novembre 2009, http://www.counterpunch.org/patrick11092009.html

7)  Anthony DiMaggio, Obama, Afghanistan and the 2012 Elections – The Politics of Cynicism, CounterPunch, 9 décembre 2009.

8)  Paul Craig Roberts, The Twin Frauds of Obama, Afghanistan and Elkhart, Indiana, 4 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/roberts12042009.html :

« … In other words, all the public’s money has been spent on the banks and the wars. The American people, except for the one percent of super-rich, have been abandoned. »

9)  Gary Leupp, Obama as Hamlet, Wrestling With the Question of Afghanistan, CounterPunch, 24 novembre 2009 :

« Obama is a traditional bourgeois politician who with his State Department identifies corporate U.S. interests  as “national” interests and probably can be persuaded that they’re worth fighting for. Or rather, using U.S. troops to fight and die for. »

10)  Susan Galleymore, The Caualtie of Toxic Warfare – Global Connection an the Arc of War, 1 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/galleymore12012009.html :
« As we recognize the incontrovertible evidence in the arc of degradation that is war we must accept our responsibility for it...and ensure we no longer contaminate our world or its people ».

11)  Isabel Sawhill : «  Any kind of spending - even a war - can be good for the economy. That's how we got out of the Depression in the 1930s. ». Cité par Matthew Rusling, Afghanistan costly, but no budget buster, 11 décembre 2009, http://news.xinhuanet.com/english/2009-12/11/content_12629827.htm 

12)  Cf. La Grande Dépression : http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression

13)  Chiffres énoncés par Jo Comerford, directeur du National Priorities Project, cité par Pepe Escobar in Stuck in Kabul, With Saigon Blues Again, 8 octobre 2009, Asia Times, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KJ08Df01.html

14)  Consulter le tableau des montants répertoriés année par année : "The Cost of Iraq, Afghanistan, and Other Global War on Terror Operations Since 9/11," Amy Belasco, Congressional Research Service Report for Congress, RL33110, p. CRS–6); and Center for Defense Information, "Defense Budget Tutorial : So, You Think You Know the Cost of the Wars?" Web: www.cdi.org. et http://www.infoplease.com/ipa/A0933935.html

15)  In Pepe Escobar, Op. Cit.

16)  Al-Qaïda: les Américains ignorent où se cache Oussama Ben Laden (Gates), 6 décembre 2009, http://fr.rian.ru/world/20091206/185628167.html

 


 

Photos d’enfants Afghans victimes des bombardements occidentaux :

i)  Brûlé lors de l’écrasement de sa maison 

ii) “Réfugié” à la suite de la destruction de son village

iii) Mutilé à la suite de "dégâts collatéraux"

 


 

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 18:03



La Suisse a voté par référendum.


L’enjeu en était une poignée de minarets, puisqu’il n’y en a que quatre de construits, actuellement …


Ce vote ne m’a ni surpris, ni « choqué », pour reprendre le mot d’un Kouchner…


Loin de le trouver « honteux », je le respecte du fait qu’il émane d’une majorité. D’autant plus qu’il traduit, au-delà de la Suisse au cœur de l’Europe, une réalité profonde de notre monde occidental.


Depuis des siècles la confédération suisse a vécu dans des particularismes régionaux, ethniques, bien tranchés. Comme d’autres pays européens, avec leurs guerres civiles, de religions, de royaumes, de duchés, de provinces …


Parfois d’une vallée à l’autre : la Suisse alémanique, d’expression germanophone, riche de ses industries chimiques et pharmaceutiques, méprisant la Suisse romande, d’expression francophone. Réputée fainéante, campagnarde et sous-développée…


Suisse romande qui a comblé son retard, sur le plan du PIB, en se spécialisant dans les transactions financières, sur fond de « secret bancaire » et de paradis fiscal.


Dès lors, de riches francophones de Genève tiennent dans le plus complet mépris les français frontaliers venant chaque jour travailler en Suisse. Considérant en « racaille » les français en provenance, par exemple, d’Annemasse (1) …


Les deux « Suisse » méprisant, à leur tour, la « Suisse italienne », limitrophe de l’Italie qualifiée « d’archaïque », peuplée de « sauvages ». Objet longtemps d’un racisme interne à la confédération, jusque dans les années 1970…


Il faut voir, ou revoir, le formidable film de Franco Brusati, « Pain et Chocolat », avec Nino Manfredi et Anna Karina, distribué en 1975, dont le DVD est sorti en 2002, pour comprendre le contexte actuel. (2)


Alors, assister à l’émergence de minarets dans les alpages, il y a de quoi prendre en considération l’émotion du valeureux et riche (enfin, une minorité…) peuple helvète…


Heureusement, beaucoup de Suisses luttent contre cet enclavement, ce repliement, intellectuels. Ils se reconnaîtront dans mon amical salut.


Ce vote, très intéressant par sa symbolique, rejoint le « Débat sur l’identité nationale » lancé par le parti au pouvoir en France, en vue de collecter le vote d’extrême-droite aux prochaines élections régionales. On retrouve, sous différentes formes, les mêmes campagnes dans les différents pays occidentaux, jusqu’en Australie.

 

 

Au fond…


Au-delà des campagnes de propagande islamophobes justifiant les aventures bellicistes et coloniales dans les pays musulmans, de la Palestine à l’Afghanistan. Détournant colère et frustration des opinions occidentales devant les désastres économiques et la prédation de leurs propres castes dirigeantes …


Cela traduit quoi ?…


Le désarroi. Le refus. Le déni.


Face à cette chronique d’une fin annoncée, en ce siècle, de la suprématie du « JCWW » (Judeo-Christian White Westerner). Traduction : Occidental Judéo-Chrétien de Race Blanche.


Ce que j’étais à ma naissance, et me refuse d’être aujourd’hui.


Car, « l’identité nationale » c’est quoi ?…


On nous dit : « c’est pour lutter contre le communautarisme ! ».


Non.


La découverte du monde, le fait de vivre au milieu de peuples et d’autres civilisations m’a fait, me fait, prendre conscience de la petitesse de notre planète : un village, sur une poussière, perdu dans l’espace.


Nos nations ne sont que des « communautés ». Et, vouloir instrumentaliser une « identité nationale », c’est justement exacerber les communautarismes. C’est refuser d’apprendre à vivre ensemble.


Depuis les Croisades et, surtout à partir du XV° siècle, avec le développement des colonies et grands empires européens, l’Occidental Blanc exerçait la suprématie des armes et, par là pensait-il, celui de la primauté de « sa race ». Indéfiniment…


C’est terminé, il faut en prendre conscience. La Planète n’est la propriété exclusive d’aucune « race supérieure », les autres peuples étant ses esclaves.


Dur, dur… Et, alors ?…


N’est-ce pas plus riche de perspectives ?…


Mon "identité", ne se trouve-t-elle pas dans le partage de « valeurs » ?… Et, non pas celui d’un territoire, d’un saucisson ou d’un camembert ?…


Je me trouve plus solidaire, plus concerné, par la lutte des Boliviens ou des Equatoriens dans la récupération de leur dignité, de leurs patrimoines, que par le sort des banquiers véreux et nuls, qui ont pillé la collectivité française. Pompant des milliards, par un tour de passe-passe complice de nos gouvernants, alors qu’ils étaient en faillite.


Oui, je me sens, en ce moment, furieusement « Bolivien » ou « Equatorien »…


Les valeurs que je veux partager sont celles de la paix et de la prospérité, du respect de La Dignité Humaine.


Non pas de la prédation commise par une minorité, une oligarchie, à l’intérieur de mon pays, incapable de redistribuer son immense richesse nationale : la cinquième mondiale. La caste au pouvoir, une poignée de clans privilégiés, ne cessant de qualifier la France de « pays en faillite », pour ne pas en partager les revenus.


Je ne ressens aucune communauté ou identité de destin, avec ces « Français » aussi cyniques que totalement malhonnêtes. Me sentir « Français », avec eux ?… La nausée, plutôt.


Au prétexte d’être « Français », devrais-je me sentir solidaire d’un gouvernement qui envoie nos soldats bombarder et tuer des Afghans, à des milliers de kilomètres de mon pays ?…


Non, quand j’assiste à ces saloperies, je me sens profondément « Afghan ».


Quand, je vois nos gouvernants (de Giscard à Sarko, en passant par Mitterrand et Chirac…) soutenir militairement les dictatures héréditaires du Togo ou du Gabon, je ne me sens aucunement « Français ». J’ai « honte ». Malgré la couleur blanche de ma peau, je me sens viscéralement « Togolais » ou « Gabonais », qui pleurent de rage devant le pillage de leurs pays.


Je sais, nous l’avons tous compris, « l’identité nationale » pour la nomenklatura au pouvoir, c’est vouloir nous faire peur, face à l’évolution du monde. Nous faire taire devant ses prédations, son incompétence et sa corruption.


On veut nous faire le coup du bon petit patriote décérébré (on s’arrange même pour supprimer les cours d’histoire dans l’enseignement…), face au drapeau, petit doigt sur la couture du pantalon :

« Garde-à-vous ! Travaille ! Consomme ! Et, ferme ta gueule ! »


Désolé, je ne suis ni de la génération de Vichy, ni un adepte du culte Pétainiste.


La France n’est que le quartier où je suis né.


Dans ce village, notre Planète, dont je revendique l’identité :

 

Citoyen du Monde

 

 

 

 

 

 

 

(1)  http://www.lepost.fr/article/2009/10/06/1728037_un-parti-politique-suisse-cible-la-racaille-francaise-des-propos-racistes-inacceptables.html

(2)  http://www.dailymotion.com/video/x3znh7_pain-et-chocolat-nino-manfredi_shortfilms

 

 Illustration : Affiche de propagande du gouvernement "collabo" de Vichy, sous l'occupation allemande, représentant le Maréchal Pétain.


 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Islamophobie & Racisme d'Etat
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 17:40


« Si le pouvoir de normalisation veut exercer le vieux droit souverain de tuer, il faut qu’il passe par le racisme. »

Michel Foucault (1)

 

 

 

Je me ressourçais à la finesse des analyses de Michel Foucault sur le pouvoir et ses dérives, le racisme étant une de ses pires pathologies, quand j’appris qu’un débat entre Tariq Ramadan et Caroline Fourest, se déroulerait chez Taddeï. Dans une émission de FR 3. (2)

 

Intéressant, me dis-je, d’assister à la rencontre entre une représentante éminente du "racisme d’Etat" français et un intellectuel au rayonnement international, spécialiste de l’Islam. Prudent, toutefois, je n’en attendais pas grand-chose. (3)

 

Ces rencontres télévisuelles relèvent plus du pugilat, que de la confrontation d’idées, de convictions ou de positions. L’objectif étant souvent, outre de « faire de l’audience », de noyer, parasiter, étouffer les propos de celui qui ne doit pas être entendu. Selon les diktats du politiquement correct.

 

Tariq Ramadan, j’ai l’habitude de suivre ses interventions sur les chaînes de TV britanniques où il est régulièrement invité, s’exprimant dans un excellent anglais. Toujours aussi clair, concis, serein. (4)

 

On se souvient qu’il avait été recruté pour occuper la chaire d’islamologie dans la plus grande université catholique du monde, celle de Notre-Dame, dans l’Etat d’Indiana aux USA (5). Mais au dernier moment, le gang bushiste dans lequel s’illustra le “grand inquisiteur” fanatique Daniel Pipes (6), spécialiste de la chasse aux universitaires « suspects de déviationnisme antichoc des civilisations », bloqua son visa d’admission.

 

L’université d’Oxford, au Royaume Uni, le récupéra aussitôt. Il est régulièrement consulté par les autorités du pays. Comme dans d’autres pays européens ou d’autres continents. Ses livres en anglais se retrouvent dans toutes les librairies britanniques. Sollicité dans le monde entier comme conférencier (7), il est l’exemple du chercheur qui étudie, analyse, écoute, regarde, échange. Dans l’humilité.

 

Sauf en France.

 

Depuis l’ère Pasqua, ministre de l’Intérieur d’alors qui, entre deux contrats de vente d’armes sur l’Angola, s’arrangeait pour que les préfets interdisent l’obtention de salles de conférences ; lorsqu’on voulait faire venir Tariq Ramadan pour débattre avec lui.

 

Estampillé « islamiste ». Ce qui équivaut à une condamnation d’excommunication de l’Eglise ou, de nos jours, à une “fatwa républicaine”.

 

Un test ?

 

Je vous offre votre poids en chocolat si vous trouvez un seul de ses livres dans une bibliothèque municipale en France ou un centre culturel français à l’étranger. Alors qu’abondent, en bonne place dans ces mêmes établissements publics, les livres de propagande les plus islamophobes, anti-arabes, anti-iraniens, anti-palestiniens, et j’en passe, du circuit de l’édition francophone.

 

« Liberté d’expression », « Exception culturelle française »… Diabolisons, d’abord. Réfléchissons, ensuite.

 

En France, Tariq Ramadan est ostracisé par le puissant lobby islamophobe et ses beni oui-oui d’origine libanaise ou maghrébine. Tout simplement, parce qu’il n’accepte pas la diabolisation de l’Islam. Comme tout clou qui dépasse, il a donc droit aux coups de marteau des tenants de notre glorieux héritage colonial. Les « inférieurs » doivent « s’écraser » et demander la permission d’exister.

 

Hélas ! Son approche intellectuelle n’a rien à voir avec la verroterie conceptuelle de bazar des bateleurs s’autoproclamant représentants “éclairés par la modernité occidentale” de la communauté musulmane d’Europe. Tant prisés par les médias dominants et les milieux intellectuels racistes.

 

Dont on sait, à part leurs sponsors et autres commanditaires semble-t-il, que :

«… leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter.

Et qu’ils ne doivent leur temps d’antenne qu’à leur capacité à occulter beaucoup d’autres visions, bien d’autres sensibilités, de multiples autres exigences, qui sont souvent celles de la vaste majorité de leurs concitoyens ou de leurs compatriotes, ainsi privés de voix ». (8)

 

 

 

 

Dans un activisme vibrionnant, Caroline Fourest anime cette mouvance. Tous les médias officiels, presse, radios, TV, lui sont ouverts. Passant pour une spécialiste de l’Islam. Alors qu’elle n’est que l’archétype de l’intolérance islamophobe. Si bien décrite, démontée, dénoncée, dans les livres d’Edward Saïd.

 

Oui. Les USA ont Daniel Pipes. Nous en France, en Europe, nous avons notre grande inquisitrice : Caroline Fourest. Au culot inébranlable. Transbahutant son fonds de commerce islamophobe, baluchon, bric-à-brac d’intolérance, de suspicions paranoïaques, de réquisitoires en sorcellerie.

 

Elle m’avait amusée, dans une émission de TV britannique vue à Londres, lors du lancement médiatique de la guerre en Irak. Y avaient été invités des “journalistes” de différents pays européens pour justifier l’innommable : détruire un pays, plus d’un million de morts, sur fondement de mensonges. Tout le monde le savait.

 

Car une guerre se lance comme un nouveau dentifrice sur le marché, par un matraquage publicitaire préalable ou en accompagnement. La propagande, en pleine effervescence, roulait du tambour sur l’hystérie du choc des civilisations : l’Islam une menace pour l’Occident !

 

Dans sa diatribe anglicisante, Caroline Fourest venait confirmer combien la France était en danger avec des banlieues, des mosquées, des imams propagateurs de la haine de l’Occident…

 

Pitoyable.

 

Elle ne voit l’Islam qu'à travers les stéréotypes des néoconservateurs US. Dans un laborieux copié-collé des argumentaires de propagande, élaborés par les officines de la désinformation des Think Tanks. Même pas retraités. Encore moins repensés. Régurgités, simplement.

 

Le comble du ridicule : quand elle aborde cette immense mosaïque désignée sous l’appellation de Frères Musulmans ! Variant, évoluant, dans sa composition et ses orientations, d’un pays à l’autre, d’un courant à l’autre, d’une époque à l’autre. Avec ses bons et ses méchants, ses héros et ses dissidents, ses martyrs et ses collabos.

 

Visiblement, sur L’islamisme et les Frères Musulmans, elle ne s’est même pas donnée la peine de lire l’ouvrage fondamental de François Burgat. (9) Le meilleur spécialiste international sur la question.

 

Alors, dans ce fourre-tout relooké en Chaudron de l’Enfer, Caroline Fourest vient puiser à la louche tous les amalgames, toutes les thèses et condamnations, contre l’Islam. Hypnotisant un public désinformé. Bien sûr, à l’abri des “appellations-alibis”, boucliers de la rhétorique islamophobe : islam radical, laïcité

 

Incapable de lucidité, de courage, d’honnêteté, pour constater, toucher du doigt, dire, que ce ne sont pas des musulmans qui occupent militairement, bombardent, rasent des villages, villes, régions, pays, en Europe ou en Amérique du nord. Dans l’hyperviolence. Depuis des décennies. Mais, le contraire. En Terre d’Islam, ce sont des occidentaux, chrétiens ou pas, laïcs ou pas. Semant quotidiennement la mort, la désolation, la souffrance, le désespoir. Dans la bonne conscience.

 

Refusant d’admettre que l’Islam est une des grandes religions de l’Humanité et donc de l’Europe, elle et ses sponsors la voudraient invisible. Dans son délire inquisitorial, traquant inlassablement le “double langage”, sur fond de procès d’intention. Ce n’est plus la chasse à la taupe moscovite, mais à la taupe iranienne, "islamofasciste", alqaïdesque…

 

Sa cible privilégiée étant : Tariq Ramadan.

 

Multipliant, livres, articles, déclarations, présences médiatiques. Cette “journaliste de gauche” pratiquant avec cynisme le « double langage » qu’elle prétend dénoncer. Dans son acharnement, ne cessant de clamer son républicanisme, elle milite pour l’interdiction de Tariq Ramadan dans les universités !…

 

Semer le doute, instiller la peur. La peur de L’Autre. Du musulman pratiquant. “L’autre race … celle qui, en permanence, et sans cesse, s’infiltre dans le corps social, ou plutôt se recrée en permanence dans le tissu social et à partir de lui.” (10)

 

Dans un combat  incessant “… à partir d’une race donnée comme étant la vraie et la seule, celle qui détient le pouvoir et celle qui est titulaire de la norme, contre ceux qui dévient par rapport à cette norme. ” (11)

 

L’obscurantisme, l’intolérance, le radicalisme du racisme, le fanatisme, sous couvert de la défense de la laïcité.

 

D’où vient cette rage ? Exiger la suppression de la parole de « l’autre » ? Pourquoi un tel harcèlement, à l’encontre de Tariq Ramadan ? Pourquoi une telle obsession ?… Heures, jours, mois, années… Implacable.

 

Au fil des échanges le débat s’enlisait, avec une Caroline Fourest empêtrée dans ses anathèmes incapables de dissimuler amalgames et manipulations. De citations, de contextes, d’erreurs factuelles. Dans la fureur de ses “excuses sincères”, à chaque ramassage “coquillesque” que lui présentait son interlocuteur.

 

Fragile libellule du tripatouillage informationnel, persécuteur, mensonger, face au rouleau compresseur de la maîtrise méthodologique d’un chercheur du calibre de Tariq Ramadan. Pathétique prestation d’une propagandiste, prise les doigts dans le pot de confiture de la désinformation…

 

J’éprouvais de la compassion.

 

Quand progressivement ma perspective changea, grâce au remarquable travail des cameramen et de la régie.

 

On ne salue jamais assez les prouesses que réalisent ces techniciens saisissant en direct, donc sans montage en post-production, une émission TV. Changer d’angles et de perspectives en permanence pour donner du rythme à un débat, où dialoguent sur un plateau, quand ils ne s’apostrophent pas, plusieurs interlocuteurs.

 

Pour accentuer l’ambiance « duel », ils reprenaient la pratique magnifiée par Sergio Leone dans ses westerns. Cadrant à tour de rôle, en gros plan, le regard des duellistes. Ne manquait que la musique d’Ennio Morricone, avec ses mélodies portées par une harmonica…

 

Les yeux, plein écran, la caméra glissant sur les joues et mentons des protagonistes, barbe de l’un, fond de teint de l’autre, pour saisir la lumière dans l’éclat des iris de l’opposant…

 

Superbe alternance.

 

Soudain. Je compris. Nulle lueur haineuse, meurtrière.

 

Aveuglante. L’étincelle. L’illumination. Un champignon atomique surgissant à l’horizon. Ce fut le titre du film d’Alain Resnais, sur un scénario de Marguerite Duras qui me vint à l’esprit :

Hiroshima Mon Amour

 

Explosant, fou, jaillissant, passionné, ravageant, fasciné, haletant, déchiré…

 

Dans la fulgurance bleutée du regard de Caroline Fourest, un cri silencieux jeté à l’homme de sa vie, muré dans son incompréhension…


Tariq Mon Amour !...

 


 

 

 

 

 

 

1.  Michel Foucault, Il faut défendre la Société, Cours au Collège de France - 1976, Gallimard, 1997, p. 228.

2.  Emission France 3 à visionner : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=833

3.  « Racisme d’Etat : un racisme qu’une société va exercer sur elle-même, … un racisme interne, celui de la purification permanente qui sera l’une des dimensions fondamentales de la normalisation sociale. », Michel Foucault, Op. Cit., p. 53.

4.  Visitez son site : http://www.tariqramadan.com/

5. http://en.wikipedia.org/wiki/University_of_Notre_Dame

6. http://www.voltairenet.org/article13765.html 

7.  Visionnez sa récente conférence au Canada : http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10915

8.  François Burgat, Ôte ta conscience de là que j’y mette la mienne, 3 janvier 2007, http://oumma.com/Ote-ta-conscience-de-la-que-j-y

9.  François Burgat, L’islamisme en face, Paris, La Découverte, 1995, Poche 1996, édition mise à jour 2002 et décembre 2007.

10. Michel Foucault, Op. Cit., p. 52

11. Michel Foucault, Op. Cit., p. 53

 

 


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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:57



Paradoxe.

 

En pleine transe médiatique sur la célébration des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, de la « Victoire de la Liberté sur l’Oppression »…

 

Ne voilà-t-il pas, qu’en France, un député - maire du parti au pouvoir se fait le chantre du « ferme ta gueule » à l’encontre des artistes, des écrivains. Du moins de ceux qui ne pensent pas dans « la ligne du parti ».

 

Comme le beaujolais, c’est le « stalinien nouveau » qui débarque…

 

Fier comme Artaban, il demande au Ministre de la Culture de ramener à la raison Marie NDiaye, exigeant l’imposition d’un « devoir de réserve ». Qui n’est que l’obligation de se taire. Cette artiste aurait « diffamé » la France et ses dirigeants.

 

Non. Ce n’est pas une chanteuse quittant la France pour se réfugier en Suisse. Crachant sur son système fiscal, son impôt sur la fortune, ses institutions et ses valeurs. Notamment une de celles inscrites sur ses bâtiments et ses documents publics : la Solidarité, à défaut de Fraternité.

 

C’est une romancière, vivant à Berlin, qui vient d’obtenir un de nos plus médiatiques prix littéraires, le Goncourt.

 

Diabolisée pour avoir dit tout haut ce que pensent, à présent, les français dans leur majorité. Même ceux qui avaient voté pour Sarkozy et son parti, enthousiastes devant l’image véhiculée par les médias d’un homme neuf, leur promettant « d’aller chercher la croissance avec les dents ».

 

Ignorant, alors, que ses dents seraient vigoureusement limées jusqu’aux gencives par les lobbies, et autres prédateurs de la collectivité, rompus à ce genre d’exercice : banques - assurances, pétroliers - gaziers - atomistes, chimie - pharmacie, béton - télécoms, agro-industrie – grande distribution, “complexe” militaro - industriel… 

 

Face à un président-monarque édenté au bout de deux ans, quoi de plus normal pour un peuple floué que d’exprimer son ressentiment pour les uns, son écœurement pour les autres…

 

Après tout, en quoi Marie NDiaye a-t-elle tort de dire qu’elle trouve la France " monstrueuse dans son flicage et sa vulgarité " ?… D’estimer que certains ministres se comportent en monstres froids, et de les citer : Besson, Hortefeux ?… 

 

Quitter la France pour s’installer avec sa famille à Berlin où la vie intellectuelle est plus libre, plus créatrice, qu’en France où tout est verrouillé par la même caste ?… Où est le mal ?…

 

Somme toute, elle ne s’est pas installée dans un paradis fiscal, mais demeure dans les frontières de l’Union Européenne. C’est son droit. Dire qu’elle l’a fait dès l’élection de Sarkozy, par détestation, et alors ?…

 

Sa position a le mérite de la franchise et de la clarté. :

« Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »

 

Cela change de la langue de bois du monde de l’édition !

 

Mais, pour la caste au pouvoir : inadmissible. D’où les réactions, révélatrices de sa fureur.

 

 

Le grotesque de pareille posture est riche d’enseignement.

 

Confirmant la tendance liberticide des oligarchies en Occident. Sous prétexte de terrorisme, d’ultra-gauchisme, de l’honneur du drapeau, du "secret défense", de l'identité nationale, des dirigeants ou des petits pois...

 

Une résurgence de ce contre quoi nous, nos ancêtres, nous sommes battus pendant des générations : l’autocratie, l’absolutisme. Car cet « élu », dans sa gesticulation, brandit à bout de bras un symbole : une « lettre de cachet ».

 

Obsession de ces nouveaux marquis, perruqués, poudrés, enrubannées, de privilèges et de passe-droits. Staliniens en bas de soie, confits d’arrogance, descendant de leurs chaises à porteur : neutraliser la liberté d’expression. 

 

Liberté fondamentale, représentée par ceux qui disent ce qu’ils pensent, et pensent ce qu’ils disent. Ceux qui n’encensent pas les « puissants », ne courbent pas l’échine devant l’importance qu’ils s’octroient. Qui ne se taisent pas, quand ils le leur ordonnent.

 

Ces petits marquis tenant dans leur mépris un Molière, un Cyrano ou un Voltaire. Se permettant de les faire bastonner par leurs laquais, pour avoir manifesté leur indépendance d’esprit. Qui le leur rendaient bien.

 

Alors, une Marie NDiaye rejetant l’intimidation des oligarques… Qui plus est : une femme… Ciel : une française « black » !

 

Fi donc !… Quel toupet !…

 

Ces marquis s’en étranglent de rage. Rêvant d’une bonne bastonnade, au moins médiatique.

 

Comme au bon vieux temps. Assurés de l’impunité due à leur rang… N’ayant plus pour légitimité le devoir de leur charges et obligations, mais uniquement celui du privilège de leur naissance ou, aujourd’hui dans notre monarchie élective, de leur réseau incrusté dans l’appareil d’Etat.

 

Ploutocratie triomphante allant jusqu’à octroyer, dans le cynisme, les sinécures les plus plantureuses à leurs rejetons. Fussent-ils stupides, incompétents, la nullité incarnée derrière leur masque de « beaux parleurs ».

 

Ronronnant, se célébrant, se congratulant, chimpanzés sur leurs perchoirs s’épouillant à tour de rôle, en direct sur TV et radios, qui nous les servent et resservent en boucle. Notre steak-frites politique quotidien.

 

Non contents de détenir la quasi-totalité des médias, transformés en arme de propagande massive, ils entendent étouffer toute velléité d’esprit critique, de liberté d’expression.

 

Dans cette posture, s’exhale la flagornerie du courtisan amidonnant les dentelles de ses suzerains et protecteurs. Dans un zèle où s’expriment les pulsions irrépressibles, démagogiques, entremêlées, de la délation-diabolisation et du culte de la personnalité.

 

Comment ne pas comprendre, et partager, la nausée de Marie NDiaye ?

 

Au-delà du constat, que faire ?…

 

Pour neutraliser cette graine de dictature phagocytant nos institutions et nos libertés, ces politiciens professionnels, passant leur temps à satisfaire, non pas les intérêts de la collectivité mais ceux des lobbies, d’une richissime minorité. Heureux de grappiller les miettes de leur festin. Beuglant que la France est "en faillite", après avoir déversé des milliards dans la poche des banquiers...

 

Tant et si bien que dans le « cinquième pays le plus riche du monde », comme s’en glorifie le président, des centaines de milliers de français ne peuvent ni travailler, ni se loger, ni se soigner, ni manger à leur faim. Ni se chauffer en hiver, beaucoup chaque année, sans abri, crevant de froid dans nos rues et parcs publics...

 

Eux, par contre, cumulant tous les droits. A commencer par celui de dire n’importe quoi. De raser des pays, tuer des milliers de gens, sur fondement de mensonges. De couvrir les tortures et crimes contre l'humanité les plus abjects, dans la bonne conscience.


Là, comme par enchantement, leur "conscience"  n’y trouve rien « d’excessif ».

 

Avançons. Dépassons le stade du diagnostic pour aborder celui de l’action. Même si les mises en place paraissent lointaines.

 

Réduire cette engeance, rend impératif le renforcement de notre droit constitutionnel.

 

Oui. Inscrire dans la Constitution de notre pays, dans celle de l’Union Européenne aussi, qu'être « élu du peuple», n’est pas un privilège, un avantage, octroyés par des citoyens ignares, mais un devoir à accomplir dans l’intérêt de tous.

 

Pour cela, en stipulant dans un article spécifique :

 

i)  Limiter tout mandat électif à, seulement, deux mandats successifs pour éviter ces rentes de situation de politiciens vivant grassement, pendant des décennies, aux frais d'une République qu'ils prétendent "en faillite".

 

ii)  Interdire tout cumul de mandats électifs. Un élu serait uniquement soit député ou maire, soit sénateur ou maire, etc. Pour éradiquer ces mille-feuilles de sinécures, trustés par les mêmes familles ou clans, du conseil communal au conseil général ...

 

iii)  Imposer la transparence totale sur tous les marchés publics via les accès directs par Internet, avec téléchargements gratuits, pour les copies des marchés publics dès leur ouverture. Pour casser les ententes lucratives sur la répartition des marchés, l'octroi occulte de marges ne se justifiant pas. Notamment dans les dépassements de travaux.

 

 Je sais, me direz-vous, aucun de nos partis, avec leurs dinosaures et éléphants, n’est en mesure d’inclure ces dispositions dans son programme électoral.

 

L'Histoire tranchera, en ce cas. Comme toute fin de cycle, Ancien Régime, républiques précédentes, la V° République vermoulue, implosera sous le poids de ses dysfonctionnements. Ce sera à la VI° République d'inclure, n’en doutons pas, ces exigences indispensables dans sa nouvelle Constitution, restituant le contrôle de nos institutions aux citoyens de ce pays.


Le débat sur l'identité nationale c'est cela, en fait : sommes-nous des veaux ou des citoyens ?...


Marquis, éléphants ou dinosorauses, à l'ego boursouflé, ne se rendent pas compte qu’ils vivent le crépuscule de la V° République. 


Tellement bornés, infatués de leur mégalomanie, ils ne sont même pas capables d’effleurer le pressentiment du marquis de Dreux-Brézé trottinant dans les couloirs des Tuileries, essoufflé sur ses talonnettes, interrogeant Louis XVI, alors que grondait la colère du peuple :

« Sire, est-ce une révolte ou une révolution ?… »

 

 

 

 

 

 



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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 21:21

 

 

Les libertés publiques ne sont plus enserrées dans des murs en béton. Depuis la chute du symbole de l’étouffement des libertés qu’était Le Mur de Berlin.

 

Du moins, sous nos latitudes…

 

En Palestine, il est deux fois plus haut et plus solide. Il ne cesse de s’étendre.

 

Ailleurs, coups d’Etat, tortures, exécutions, enlèvements, élections truquées, bombardements, occupations militaires, en sont un substitut encore plus atroce. Mais, il convient de ne jamais l’évoquer…

 

Vingt ans !… Ne cessent de s’extasier les médias, célébrant cette disparition en chœur. Coordination, déploiement, ratissage, impeccables. Gros budgets. Tambours et trompettes. Pluies diluviennes d’euros et de dollars…

 

Nous l’avons tous compris. Une de leurs grandiloquentes campagnes de propagande. Nous agrippant par les oreilles et le col, nous matraquant dès le petit-déjeuner, pour endormir les citoyens que nous sommes.

 

Nous convaincre de notre état paradisiaque de « citoyen libre ».

 

Restons lucides.

 

Dans nos pays « riches », « développés », les progrès techniques de communication et de désinformation rendent obsolètes, archaïques, ces excroissances de béton et de fil de fer barbelé.

 

Pour étouffer la liberté d’expression et l’esprit critique, s’élèvent des murs virtuels qui ne se perçoivent pas à première vue. Encore plus efficaces.

 

Lentement, implacablement, s'érigeant dans le silence complice des politiciens. Pour ne pas changer…

 

De nombreux piliers pour le soutenir. Dont l’architecture et la mise en œuvre sont élaborées par des officines spécialisées qui ne font que cela à longueur d’années. Concevoir stratagèmes, désinformations et contrevérités.

 

Nous faire croire que la lune est carrée, qu’un dictateur sanguinaire est un démocrate. Qu’un dirigeant régulièrement élu est un dictateur, à partir du moment où il n’accepte pas ce qu’une « grande puissance » lui dicte.  Qu’il y a des élections truquées où il n’y en a pas. Ou, vice-versa, qu’il n’y en a pas, là où il y en a. Même si l’arnaque crève les yeux, comme on vient de le voir en Afghanistan.

 

L’étape ultime étant « la censure ».

 

Censure déguisée, bien sûr. Nous sommes en « démocratie ». Comment transformer des citoyens en consommateurs, muets et autant que possible apeurés ? La peur renforçant leur mutisme.

 

Pour les castes au pouvoir, « la peur » n’est pas le commencement de la sagesse des sujets qu’ils gouvernent. C’est l’instrument qui leur cloue le bec.

 

Un des meilleurs artifices, pour étouffer liberté d’expression et esprit critique, est « l’arsenal juridique ». Sans cesse travaillé, modernisé, actualisé. Avoir la « justice » avec soi, pour bâillonner son peuple, le rêve de tout autocrate…

 

Connaissez vous le SLAPP ?… Une pandémie, dans nos pays occidentaux.

 

Le Strategic Lawsuit Against Public Participation. On pourrait traduire par : Action Judiciaire Stratégique contre la Mobilisation Citoyenne.

 

Ce sont des actions en justice, dont le modèle est anglo-saxon à l’origine, destinées à intimider, dissuader, entraver, bloquer les actions menées par des groupes de citoyens, de consommateurs, de médias, qui ont le courage de dénoncer des produits, ou des services, qu’ils estiment contraires aux intérêts de la collectivité.

 

Notamment, sur le plan des risques sanitaires que font prendre des groupes financiers de l’Agro-Business, de l’Industrie, de la Grande Distribution. Publics ou privés.

 

L’objectif premier est d’étrangler financièrement, par le coût des procès à répétition et l’enjeu des sommes demandées, l’action des citoyens ou des médias se mobilisant pour une cause, dans l’intérêt d’une collectivité.

 

Dans mon billet précédent, je vous ai cité un cas, Afrique : Pillage et Pollution… Il mettait en cause une société britannique pratiquant la mondialisation de la pollution.. (1)

 

Je vous présente un autre cas, en France. Symbolique de la dégradation en cours, de nos libertés se délitant.

 

 

Il y a un an, des associations de cinq pays européens, dont le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) pour la France, ont fait tester par un laboratoire allemand certifié des raisins de table, vendus dans des magasins relevant de 16 enseignes différentes. (2)

 

Cette étude internationale examinait la politique de la « grande distribution » en matière de résidus de pesticides dans les produits alimentaires. Elle a été publiée le 24 novembre 2008.

 

Conclusions accablantes…

 

Non seulement la quasi-totalité des raisins analysés, issus de l’agriculture intensive, contenaient des résidus de pesticides à un niveau élevé. Mais les doses analysées dépassaient largement les limites autorisées, dans la plupart des cas.

 

Pire : des produits interdits, en tant que pesticides, ont été trouvés sur ces produits « frais »…

 

Inacceptable.

 

Qu’ont fait les professionnels, en France ? Une contre-étude ? Une action immédiate pour remédier à cette situation ? Une réflexion commune, producteurs - grande distribution – consommateurs, pour élaborer les mesures à long terme garantissant qualité et sécurité alimentaires ?

 

Non.

 

Le 2 février 2009, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, la Fédération Nationale des producteurs de Raisin de Table (FNRT) a assigné en justice le MRDGF pour avoir « … dénigré le raisin de table ».

 

Réclamant :

=> 500.000 euros de dommages et intérêts

=> La publication du jugement dans dix médias nationaux

=> La suppression du dossier sur son site Internet.

 

Evidemment, l’association ne dispose pas des moyens et sommes demandées. Le but est clair : censurer l’information, tuer dans l’œuf toute résistance et action de ce type.


Même réactions de ces milieux, que lors des études publiées sur les OGM, le sucre, le sel, etc. : intimider, menacer... Plus vite que son ombre...

 

Que faire ?…

 

Devant l’inaction des politiciens ? L’occultation des médias ?

 

Devant les atteintes délibérées et répétées contre la liberté d’expression, le droit des consommateurs à une pluralité et une fiabilité de leur information, et le droit à la santé de la population ?…

 

Les choix sont multiples, l’essentiel étant l’action citoyenne. Pour le cas présent :

 

i)   Faire circuler l’information autour de vous, pour franchir l’obstruction des médias

ii)  Adhérer au MDRGF : www.mdrgf.org

iii)  Soutenir l’association de solidarité avec le MDRGF, constituée pour lutter contre l’intimidation et les menaces qu’elle subit : www.generations-futures.org

iv)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, le député et le sénateur de votre circonscription pour les sortir de leur assoupissement, via leurs permanences électorales ou leurs bureaux au Parlement, en exigeant leur intervention

v)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, les antennes des partis politiques de votre circonscription, de la majorité et de l’opposition, pour les sortir de leurs tripatouillages et de leurs guerres des chefs, en exigeant leur intervention.

 

Que les élus, et ceux qui ambitionnent de l’être, sachent que leurs actions, actuelles et futures, seront jugées électoralement sur des actes, des principes et non pas sur des combines de notables à base de bla-bla-bla.

 

Qu’ils sentent que les citoyens n’accepteront pas de voir les institutions politiques de leur nation gangrenées par les lobbies, au service exclusif de ceux qui souhaitent étouffer la liberté d’expression et d’information pour tondre confortablement la laine sur le dos de moutons amorphes.

 

Dans l’enclos dont rêvent cyniquement ces nouveaux autocrates du TAF, « Totalitarisme de l’Argent Facile », détournant “l’Etat de droit” voulu par les citoyens en un nouveau …

 

… Mur de la Honte.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

(1)  http://stanechy.over-blog.com/article-afrique-pillage-et-pollution--38356781.html

(2)  MDRGF, 40 rue de Malte, 75011 Paris, tel. : 01 45 79 07 59, www.mdrgf.org

 

 

 

 

 


 

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 18:17


Probo Koala.

 

Un nom de parfum se voulant exotique ?

 

Ces liquides de perlimpinpin, aux marges bénéficiaires colossales, dont les publicitaires aux narines poudrées veulent nous faire croire que les acheter c’est s’offrir l’extase, la renaissance, le nirvana…

 

Non. Celui d’un bateau.

 

Un symbole.

 

Celui de l’Afrique pillée depuis des siècles par des pays fondant leur prospérité sur le vol. Lui infligeant, à présent, la pollution en sus de la prédation.

 

Pour délocaliser leur usines polluantes ? Créant des emplois sur ce continent ?

 

Même pas…

 

Evacuant, vidant, déversant, expédiant, entreposant, enfouissant, immergeant, leurs déchets industriels les plus toxiques. Avec des complicités locales. Evidemment.

 

Pour ne pas avoir à les traiter, les neutraliser, les éliminer. Trop cher. Rentabilité oblige. Profits mirobolants exigent.

 

Dans le silence des nomenklaturas de la « mondialisation » au pouvoir.

 

Ténors, barytons, histrions, cinéastes, vidéastes et médias spécialisés dans le fructueux BCE, Business du Catastrophisme Ecologiste, ne se mobilisent pas.

 

Normal. Pas de pingouins mazoutés, de tortues prenant des sacs plastiques pour des méduses, de chimpanzés en mal de bananes, de gentils dauphins coupés en rondelles par les méchants japonais…

 

La planète n’est pas en danger. Il ne s’agit que d’Africains. Cause « invendable ». En Afrique : crever de faim, de massacre ou de pollution, où est la différence ?…

 


 

Enfants de Côte d’Ivoire intoxiqués
par les déchets industriels expédiés depuis l’Europe.

 


Les industriels, dont les processus de fabrication induisent des déchets toxiques, s’en débarrassent comme ils peuvent. Suivant le principe du "sauve-qui-peut", malgré grandes déclarations et publicités mensongères sur leur constante préoccupation du bien de la collectivité.

 

Les Ponce Pilate industriels s’en lavent les mains. Passant le relais à des entreprises de retraitement qu’elles payent pour cela. Sans contrôle des autorités sanitaires des pays producteurs de ces déchets toxiques. Qui, bien souvent, les « cèdent » à leur tour à d’autres entreprises ou organisations.

 

En fait, quasiment personne ne retraite ces déchets. C’est ainsi que les côtes somaliennes sont infestées, depuis des décennies, par des largages de fûts et autres conteneurs de déchets hyper toxiques en provenance d’Europe ou d’Amérique du nord. Certains étant simplement enfouis sur les plages, à moins d’un mètre de profondeur.

 

Peu de pays africains échappent à ce fléau. L’Afrique devenant une poubelle des pays industrialisés. La fosse commune d’authentiques crimes écologiques.

 

L’un d’eux a soulevé beaucoup d’émotion en Grande-Bretagne, ce mois-ci. Mettant en lumière les effets pervers d’une mondialisation non maîtrisée, ou plutôt parfaitement maîtrisée par des industriels voyous. Les Al Capone, non plus de la Prohibition mais de la Mondialisation. Avec leurs manœuvres, manipulations, intimidations, judiciaires, politiciennes, mafieuses, allant jusqu’à étouffer la liberté d’expression.

 

Le bateau Probo Koala avait été affrété, en 2006, par une multinationale d’origine britannique Trafigura, du secteur de l’énergie, des mines, et des matières premières. Pour déverser 500 tonnes de déchets extrêmement toxiques en Côte d’Ivoire, censés être enfouis dans 18 endroits des environs de la capitale, Abidjan.

 

Peu de temps après l’exécution de cette opération sont apparus, à grande échelle dans la population, des signes d’intoxication graves entraînant de nombreuses hospitalisations et la mort rapide d’une quinzaine de personnes.

 

Un rapport d’experts internationaux, le Minton Report (1), publié en septembre dernier, a estimé que l’intoxication avait atteint un minimum de 108.000 personnes. Confirmant qu’il s’agissait bien d’intoxication en provenance du déversement de ces déchets « … capables d’entraîner de graves conséquences sur la santé humaine, y compris la mort ».

 

Les analyses d’un laboratoire hollandais ont identifié de très dangereux poisons dans le cocktail répandu par ce groupe international : notamment 2 tonnes de sulfure d’hydrogène, un gaz mortel qui présente la particularité d’une odeur d’œuf pourri.

 

Au-delà de cet acte criminel, il est saisissant d’assister au réflexe d’impunité de ces groupes internationaux depuis la publication du Rapport Minton, début septembre 2009.

 

Loin de faire amende honorable et tout ce qui était en son pouvoir pour immédiatement soulager, indemniser les victimes, s’engager à exercer ses responsabilités, revoir ses procédures de fabrication et d’élimination des déchet de sa production, la direction du groupe Trafigura a lutté avec acharnement pour étouffer l’information, fort de l’appui de la justice et la complicité des politiciens.

 

Loin d’aller en prison, les dirigeants et les actionnaires du groupe, dans l’arrogance de leur puissance financière, menacent journaux et citoyens souhaitant défendre la liberté d’information, d’expression. Et, le respect des « droits de l’homme » qui commence par celui de sa santé…

 

Sans Internet et Twitter, l’affaire aurait été étouffée.

 

Dès le 11 septembre (date sinistre…) 2009.

 

Avec son bataillon d’avocats, Trafigura obtenait des tribunaux britanniques une « injonction », un jugement en référé dirait-on en France, interdisant aux médias de faire état, par des citations, du rapport Minton. Jusqu’à interdire la simple mention du nom : « Minton » !

 

Sous prétexte d’éviter toute diffamation à l’encontre de ce groupe. Tous les journaux britanniques ont dû se plier à cette mesure, notamment The Guardian, qui avait été courageusement en pointe sur ce dossier.

 

Totale irresponsabilité. Censure absolue.

 

Plus grave…

 

Lorsque des parlementaires ont évoqué cette affaire (interpellation du Ministre de la Justice) devant le parlement britannique. Trafigura obtenait, à nouveau, de la justice britannique une injonction interdisant aux médias britanniques de mentionner ce débat parlementaire, par des citations, ainsi que toute mention du rapport et commentaires échangés par les élus du peuple dans l’enceinte du parlement…

 

Il fallut attendre un mois (2), pour obtenir que le groupe Trafigura ne s’oppose plus, devant la colère de l’opinion publique, à la libre circulation des informations et débats sur ce scandale qui dépassait le cadre du désastre écologique et humanitaire pour s’installer dans celui, tout aussi préoccupant, de la liberté d’expression d'une « démocratie ».

 

Consultez le site et la luxueuse présentation du groupe Trafigura (3), vous pourrez y lire la larme à l’œil combien ce groupe est soucieux du bien collectif. Affirmant la main sur le cœur pratiquer ce que ses dirigeants appellent le :

« … long-term support of the communities in which we operate ».

 

Hypocrisie ?… Déni de la liberté d’expression ?…

 

Totalitarisme de la voyoucratie industrielle, tenant politiciens et juges par les bourses (caisses électorales, comptes dans les paradis fiscaux, entre autres…) ?…

 

Probo Koala.

 

Avant tout,

 

… le nom d’un crime.

 

 


 

 

(1)  http://wikileaks.org/wiki/Minton, rapport téléchargeable à partir de ce site.

(2)  Mary Bowers, Trafigura report on dumped waste in Ivory Coast revealed, The Times, 17 octobre 2009, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article6878956.ece

(3)  http://www.trafigura.com/, présentation du groupe téléchargeable à partir du site.

 

Photo : The Guardian

 

 

 


 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Afrique Santé et Environnement
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 16:29

 



La mort, toujours injuste, souvent stupide…

 

Quatre soldats français viennent de la rencontrer en Afghanistan. Et, les nombreux blessés de la frôler…


A 50 km de Kaboul. (1)

 

Je m’incline à leur mémoire et pense, avec compassion, à leurs proches.

 

Trois d’entre eux auraient été emportés par la foudre, un orage de grêle, de coulées de boue, de rivières en crue.

 

Nous dit-on.

 

Le quatrième aurait perdu le contrôle de son véhicule blindé, s’écrasant dans un ravin avec ses compagnons, grièvement atteints. Glissant sur une flaque boueuse, probablement.

 

Ou, peut-être, une plaque de verglas…

 

Tués par le « terrorisme météorologique ».

 

Waterloo, morne plaine, disait le poète…

 

Afghanistan, cruelles montagnes…

 

Mensonge.


 

 

Depuis ces dernières semaines, le temps est superbe en Afghanistan.

 

A Kaboul, les températures quotidiennes, minimales et maximales, de 16°C à 30°C. Avec un vent ne dépassant pas 5 kmh.

 

Lundi dernier, à 22h, la température était d’une douceur de 22°C, et la luminosité extraordinaire.

 

Pas une bourrasque, pas un nuage, pas une goutte de pluie. Sur tout le pays.

 

Désespérément sec.

 

Magnifiquement beau.

 

Que les incrédules consultent les images et animations satellitaires des sites "météo" (2). Ils n’y trouveront aucun nuage, ni signalement d’orage sur l’Afghanistan.

 

Une température et une période idéales pour visiter ce pays, aux paysages sublimes, s’il n’était ravagé des guerres imposées par les envahisseurs, depuis des décennies.

 

Ainsi, pour dissimuler la perte de ses meilleures troupes dans une guerre coloniale, face à un mouvement de résistance de plus en plus déterminé, la hiérarchie militaire, encouragée par la nomenklatura, utilise le mensonge.

 

D’un coup de crayon.

 

Les zozos de la propagande ont déplacé l’ouragan qui s’est abattu, au même moment, sur les Philippines en Afghanistan. Imaginant profiter de la confusion des images télévisuelles, dans une opinion publique qui ne sait pas que les Philippines sont dans une zone tropicale, à des milliers de kilomètre de l’Afghanistan.

 

Coulées de boue, orages de grêle, rivières en crue…

 

Sacrifier ses hommes dans un combat stupide, sanguinaire, ne suffit pas à la hiérarchie militaire.

 

Encore faut-il, par le mensonge, les ridiculiser dans une mort d’opérette. Tout juste s’ils ne sont pas prêts à travestir la mort de leurs soldats en celle de vieilles anglaises glissant sur une peau de banane, à la sortie de leur club de bridge…

 

Morts au combat, face à des résistants quasiment sans armes ni équipement, défendant l’indépendance de leur nation avec pour seule énergie l’espérance ? Jamais ! N’importe quoi, mais pas ça !

 

L’important est de dissimuler le bourbier colonial dans lequel, par affairisme d’une oligarchie de privilégiés, on enfonce la France. Claquant des milliards dans les poches des lobbies de l’armement et des traîneurs de sabre, pendant qu’on demande au pays de se serrer la ceinture. La crise…

 

Schéma classique, me direz-vous.

 

Sans remonter jusqu’à l’affaire Dreyfus, où la hiérarchie militaire n’hésitait pas à forger des faux pour manipuler l’opinion et la justice, on sait que les guerres d'indépendance coloniales, d'Indochine et d’Algérie, ont foisonné de mensonges militaires. Couverts par les politiques et véhiculés par les médias.

 

Mais, à l’époque, nombreux étaient les citoyens courageux menés par les Zola, Blum, Jaurès, puis Sartre, Genet, et tant d’autres, pour dénoncer mensonges et ignominies des castes militaires et affairistes au pouvoir.

 

Quand une armée ment à la nation, elle n’est plus une armée nationale mais une milice, une organisation de mercenaires, au service d’une caste.

 

Quand une caste au pouvoir refuse le recours au suffrage universel pour valider une expédition militaire, dont on sait que la majorité du pays la refuse, nous ne sommes plus dans une démocratie.

 

Nous sommes dans un « totalitarisme » pur et simple.

 

Certes, ce n’est plus le totalitarisme CNB (Chemises Noires & Brodequins) de citoyens embrigadés, mais un totalitarisme PST (People, String & Tong) de consommateurs anesthésiés.

 

A la mode romaine : Panem et Circences, du Pain et des Jeux…

 

Oubliant ces soldats disparus dans une mort injuste, stupide et tragique.

 

Tragique, du mensonge de leurs chefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

1) http://www.ladepeche.fr/article/2009/09/28/681977-Afghanistan-Quatre-soldats-francais-tues.html

2) Parmi les sites « météo », consulter par exemple :

http://fr.weather.yahoo.com/AFXX/AFXX0003/index_c.html

ou encore :

http://monde.meteofrance.com/monde/previsions?MONDE_PORTLET.path=previsionsvilleMonde%2F40948


 

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Published by Georges Stanechy - dans AfPak : Afghanistan-Pakistan
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 16:00



« Les puissants en mal de pensée appellent à la rescousse les penseurs en mal de pouvoir qui s’empressent de leur offrir les propos justificateurs qu’ils attendent. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes médiatico-politiques… »

Pierre Bourdieu (1)

 

 

 

Fin août 2009, du 26 au 28, s’est tenue, à Paris, comme chaque année, la Conférence des Ambassadeurs réunissant le gouvernement et l’ensemble du corps diplomatique. La 17° du genre. L’intérêt est d’y découvrir les orientations diplomatiques du pays.

 

La présentation officielle précise :

« La Conférence des ambassadeurs est un événement majeur de la diplomatie française qui rassemble chaque année, depuis 1993, autour du ministre et des secrétaires d’Etat du pôle « affaires étrangères », l’ensemble des quelque 180 chefs de mission diplomatique français et les responsables de l’administration centrale du ministère des Affaires étrangères et européennes ». (2)



Vassal et fier de l’être


Orientations qui, dans nos démocraties, ne sont jamais débattues publiquement, lors de débats contradictoires dans nos médias, encore moins dans notre parlement : assemblée nationale et sénat. Nos députés et sénateurs se contentant de voter, suivant les instructions reçues de leurs partis, les quelques textes éventuellement soumis au vote ; comme l'envoi de troupes à l'étranger.


"Domaine réservé" d’une nomenklatura, politiciens en cheville avec les lobbies de l’armement, s’entourant "d’experts" en relations internationales et "géopoliticiens". La préparation du Livre Blanc de la Défense Nationale ou les réunions de l’OTAN, ont donné un aperçu de ces pratiques.

 

En conséquence, rien de neuf dans les discours, déclarations et travaux de cette conférence. Inévitablement, on y retrouve la rhétorique des néoconservateurs US et des extrémistes sionistes qui s’est imposée comme l’unique doctrine des affaires étrangères et de la vision du monde à nos gouvernements. Copié-collé des argumentaires cuits et recuits par les officines de propagande US, style American Enterprise Institute, véhiculés par les ministres des affaires étrangères US, Condolezza Rice avec Bush, ou Hillary Clinton avec Obama.

 

Entre silences sur des évènements majeurs et diatribes bellicistes, on ne peut qu’être inquiet devant la conduite de notre diplomatie : vassalité aveugle à l’égard d’un Empire déclinant, immaturité confite d’arrogance et de mensonge…

 

Dans le discours inaugural de cette Conférence, le président de la république prononce la traditionnelle incantation :

« …C’est une période passionnante que ce début de XXI° siècle : il faut réinventer la pensée, il faut réinventer l’action, ne pas se contenter des schémas idéologiques commodes… »

 

Pourtant, la suite de ses propos ne reflète que cela : « se contenter des schémas idéologiques commodes », dans la plus pure tradition de la diplomatie de la canonnière en usage au 19° siècle. La loi du plus fort. Paranoïa, doublée d’un colossale arrogance, d’un Occident s’estimant menacé, envié, attaqué pour ses valeurs et sa richesse par des barbares. 

 

Enivré de sa puissance, avec son gigantesque complexe militaro-industriel, ses centaines de bases militaires dans des pays mis sous tutelle, l’Occident ne se rend même plus compte de ses propres limites et du basculement du rapport de forces en cours.

 

Evidement, tous ceux qui souhaitent être indépendants de l’emprise et de la spoliation d’un Empire conquérant, sont considérés comme ennemis. Cette idéologie de la force, au service du pillage créateur de la richesse occidentale, du moins d'une richissime minorité, structure notre diplomatie.

 

A l’exemple d’un Jacques Guillermaz, longtemps considéré comme un spécialiste de la Chine, qualifiant ce grand pays dans ses mémoires, portant le titre Une vie pour la Chine, de :

« … nation vouée… à la destruction finale de nos valeurs morales, de notre système politique et social fondé sur le droit. » (3)

 

Pour lui, la Chine devait rester celle du 19° siècle, soumise à l’exploitation de l’Occident. Vision primaire d’un attaché militaire de formation, fanatisé par la doxa anticommuniste. Admirateur de Tchiang Kaïchek, le dirigeant sanguinaire et corrompu célèbre pour ses massacres de communistes (4), son soutien au Japon et aux occidentaux dans le dépeçage de son propre pays…

 

Cette sclérose de la pensée, dans la compréhension de l’évolution du monde, transparaît dans cette diplomatie énoncée à chacun des paragraphes du discours du président de la république :

 


L’Europe

 

Normalisation des systèmes fiscaux, redistribution des richesses d’une Europe concentrant des pays prospères : « … Voir la France repasser au cinquième rang des économies du monde, c’est une satisfaction… » ? Développement des mécanismes de solidarité entre peuples et citoyens du même espace ?… Amélioration des systèmes d’éducation, santé, retraites, emplois ?…

 

Non.

 

La vocation de l’Europe se résume, encore et toujours, aux aventures coloniales :

« … L’Europe doit renforcer ses capacités militaires parce que l’Europe n’est pas une immense Croix Rouge ! … L’Europe doit défendre ses intérêts comme elle le fait dans les Balkans, en Géorgie, au Tchad ou au large des côtes somaliennes. »

 

Quels intérêts de l’Europe en Georgie ? Les gazoducs et oléoducs de Total, BP, Shell ?… Quels intérêts de l’Europe au Tchad ? Le pillage de l’uranium, avec celui du Darfour limitrophe, alors que les tchadiens crèvent de misère ?… 

 

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, se lamente, dans son propre discours lors de cette même conférence des ambassadeurs, de voir le budget militaire de l’UE n’être qu’à hauteur de 40 % de celui des USA… Il est vrai qu'il a été un des plus efficaces promoteurs du Livre Blanc pour la Défense Nationale.


Le budget cumulé de l’Union Européenne en dépenses de Défense Nationale, exprimé en dollars, est déjà de 600 milliards. Soit 13 fois supérieur à celui de la Chine, pour une population trois fois inférieure. Mais, la grenouille voulant devenir plus grosse que le boeuf, ce n'est pas assez...


Ah!... Cette infinie tendresse de nos gouvernants pour le lobby militaro-industriel...

 

Rien pour le social. Tout pour l’armement et les conquêtes impériales.

 

 

L’Afrique

 

« Ne pas laisser tomber l’Afrique… », serait la préoccupation condescendante de Nicolas Sarkozy :

« … A ma demande, l’Agence Française de Développement a créé un fonds de soutien à l’initiative privée à hauteur de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans… Et ce sera la meilleure réponse aux soupçons injustes mais trop répandus d’exploitation à leur seul profit des ressources africaines. Ce n’est pas si simple de rénover nos relations avec l’Afrique… ».

 

Sur cinq ans : 2,5 milliards d’euros. Ce montant représente, tout juste, la petite moyenne des bonus que s’attribuent "annuellement" les banquiers véreux d’une seule de nos banques…

 

Dans la droite ligne du discours de Dakar, c’est se payer la tête de nos frères africains, dont on comprend la colère face à l’impudence et au cynisme du pillage auquel ils sont soumis.

 

L’Afrique est le continent le plus riche de notre planète en ressources naturelles : minières et énergétiques, notamment. Un « scandale géologique », disent de lui géographes et économistes, tellement les ressources naturelles y sont concentrées. Immensément pillé. Pas une de ses ressources naturelles qui ne lui soit volée, pas un de ses services publics qui ne lui soit confisqué dans des privatisations truquées.

 

L’Afrique un jour va se réveiller, comme l’a fait la Chine. Rejetant les dictatures corrompues, mises en place, protégées par les anciens colonisateurs, avec pour mission d’être une façade dissimulant la préservation féroce de leurs intérêts. N’ayant aucunement besoin de l’aumône hypocrite des occidentaux, sous forme « d’aides ». Ni de nourrir les courants d’émigration vers l’Europe.

 

Gérant elle-même ses propres ressources, colossales, gigantesques, à leur juste valeur, dans la liberté du choix de ses échanges commerciaux et de ses investissements, les valorisant en priorité sur place pour assurer son développement.

 

Les soubresauts vécus récemment, en Côte d’Ivoire ou au Gabon, sont les signes précurseurs de l’inéluctable révolte qui aura lieu dans les décennies à venir. L’Afrique se libérera, même si la diplomatie française se refuse à le comprendre et l’admettre…

 

 

 Moyen-Orient et Palestine 

 

Même silence sur le Moyen-Orient et la Palestine.

 

Rien sur la négation permanente du droit international, des droits de l’Homme, des Conventions de Genève protégeant les populations civiles, des multiples résolutions de l’ONU, non encore appliquées à ce jour par les sionistes (une quarantaine). Depuis soixante ans…

 

Rien sur Gaza. Les crimes contre l’humanité, commis en ce début d’année dans des bombardements d’une sauvagerie implacable. Avec la complicité de la Communauté Internationale.

 

Rien sur le blocus de la faim et des médicaments, de cette partie de la Palestine. Autre crime contre l’humanité, qui dure depuis 3 ans.

 

Rien.

 

Si ce n’est distiller la logorrhée habituelle sur la création d’un Etat Palestinien, dont l’Occident ne veut pas. Qui se réduira s’il voit le jour, nous le savons tous, à une parodie d’Etat. Analogue aux Bantoustans de l’Afrique du sud ou aux Réserves des nations peaux-rouges aux USA…

 

 

L’Iran

 

Point de fixation de l’hystérie belliciste occidentale. Menaces, mensonges, gesticulations et autres postures matamores, tenant lieu de réflexion. La France se signalant par son zèle, comme si l’Iran était notre ennemi héréditaire, nous ayant volé l’Alsace-Lorraine :

« … En Iran en particulier, la crise politique a fait oublier que pendant la répression, la prolifération continue : il y a toujours plus de nucléaire militaire, toujours plus de tests de missiles, et il n’y a jamais eu aussi peu de négociation…

« … Et si l’Iran ne change pas de politique, la question du renforcement très substantiel des sanctions sera clairement posée. La France soutiendra des sanctions économiques sévères, à la hauteur de l’enjeu, au Conseil de sécurité et au Conseil européen ».

 

En fait, dans les négociations avec l’Iran, les occidentaux n’ont jamais présenté la moindre proposition de « dénucléarisation » du Moyen-Orient, avec garantie d’une paix durable. S’engageant pour la suppression de tout armement nucléaire dans la région y compris en Israël, dans les bases militaires occidentales pullulant dans cette zone, à bord des navires et des sous-marins dans le Golfe persique.

 

Rien.

 

Les occidentaux veulent uniquement, dans un brutal rapport de forces, l’arrêt de tout développement de la recherche atomique, aérospatiale et technologique de l’Iran. Avec, comme unique compensation des « aides » au développement… Du courant d’air.

 

A cette arrogance de la loi du plus fort, s’ajoutant le mépris :

« … Ce sont les mêmes dirigeants, en Iran, qui nous disent que le programme nucléaire est pacifique et que les élections ont été honnêtes. Qui peut les croire ? ».

 

L’agitation cynique se voulant vision politique à long terme :

« … On n’a pas le droit de se taire devant la crise qui s’organise. »

 

Mépris renouvelé, trois jours plus tard, dans des déclarations fracassantes, lors d’une conférence de presse :

« … Le peuple iranien "mérite mieux que les dirigeants actuels" à Téhéran, a déclaré lundi à Berlin le président français Nicolas Sarkozy au cours d'une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel» (5)

 

L'Iran a parfaitement intégré deux paramètres fondamentaux, dans ses relations conflictuelles avec l'Empire :

=> Son indépendance politique et économique, depuis sa révolution renversant la dictature du Shah, sa récupération de l'exploitation de ses ressources notamment énergétiques, n'ont pas été admises et ne seront jamais admises par l'Occident.

=>  La doctrine de la domination de l'Occident, illustrée par la théorie du Choc des Civilisations, délire raciste et islamophobe, est d'interdire à tout pays musulman, chiite ou sunnite, arabe ou non arabe, l'accès aux instruments de souveraineté et d'autodétermination que sont (malheureusement...) l'arme atomique et la technologie aérospatiale (maîtrise des lanceurs et missiles balistiques).

La destruction en cours du Pakistan, par l'Occident, en est une illustration. Avec pour objectif prioritaire la suppression de ce "potentiel de libre arbitre", que le pays avait su édifier pour faire face aux menaces de son voisin Indien.

 

La cohésion interne de l'Iran et son niveau de développement, plus solides que ceux du Pakistan, lui permettent de mieux résister à la fureur impériale... Et, éventuellement, d'exercer une capacité de riposte redoutable à l'encontre de ses agresseurs.

 

Mais, "géopoliticiens" et diplomates occidentaux, eux, n'ont pas encore perçu cette dimension. Déclarations, comportements, hostiles, irresponsables, du niveau des traîneurs de sabre, ganaches et badernes militaristes, se multiplient.


Ridicule.


Menaces et insultes sont l’expression de la faiblesse des voyous, confondant sauvagerie de la force avec compréhension d’une situation et de ses conséquences. Indignes d’un chef d’Etat, d’une diplomatie, dont maîtrise de soi et fermeté sont indissociables du respect. 

 

Et, l’Iran, peuple de grande civilisation, ses dirigeants élus, méritent notre respect. A défaut, ayant franchi un point de non retour dans leur indépendance, les Iraniens sauront se faire respecter. Que notre nomenklatura, le veuille ou non.

 

 

L’Afghanistan

 

Même zèle, même cynisme, redoublant d’intensité pour « vendre » notre engagement en Afghanistan. Allant jusqu’à soutenir la fiction d’élections non truquées :

« … En Afghanistan, je partage l’analyse de Bernard Kouchner : la campagne électorale s’est bien déroulée, en dépit des pires menaces. En votant, les Afghans ont dit non à la barbarie et au terrorisme. »

 

Agitant la vieille breloque conceptuelle de la guerre froide, "la théorie des dominos", défendre la civilisation contre le chaos, pour justifier l’envoi de nos troupes :

« … La France restera fermement engagée, avec ses Alliés, aux côtés du peuple afghan. »

 

Alors que même les néoconservateurs US n’y croient plus. Un journaliste du journal de droite US Washington Post, George Will donne le ton dans un article "Time to Get Out of Afghanistan", "Il est temps de se retirer d’Afghanistan"… Provoquant la fureur des fanatiques de l’extrême-droite US. (6)

 

S’ajoutant aux commentaires du mois de juillet dernier de Rory Stew, professeur britannique à Harvard University, qui dans la London Review of Books exprime son profond scepticisme quant à la guerre menée par les occidentaux en Afghanistan, estimant « impossible » l’édification d’une nation (nation-building) avec le modèle stratégique actuel.

 

Notre diplomatie, avec un train de retard, déploie ainsi son zèle tous azimuts pour satisfaire l’extrême-droite de l’Empire, et le lobby de l’armement qui ne veut pas voir disparaître son plantureux fromage…

 

Notre diplomatie, multipliant menaces, mensonges et fureurs mégalomaniaques, trouve sa véritable expression dans l’affairisme. Se transformant en représentant de commerce, en vendeur, pour le compte de groupes privés. Lesquels ne cessent dans les médias dont ils sont propriétaires, sans craindre l’incohérence ou le paradoxe, d’exiger la non immixtion de l’Etat dans leurs affaires…

 

Alors, la France pavoise pour avoir vendu ou pré-vendu, on ne sait trop, 36 avions Rafale au Brésil. En fait, pour avoir conclu un "accord d’échange" d’avions du groupe privé Dassault, contre des achats d’avions de transport brésiliens et des transferts de technologie en leur faveur. Avec la création d’emplois au Brésil pour le montage des avions. Bravo le Brésil ! Bien joué.

 

Habituellement dans ce genre de "troc", payé par les collectivités au détriment de leur santé et de leurs retraites, entre industries d'armement de pays différents, les marges bénéficiaires de l’opération restent dans les groupes privés ou chez des intermédiaires soigneusement choisis. Qui, en l’absence de transparence du montage financier, dont est exclue la représentation nationale, se retrouvent dans un paradis fiscal.


Mais, comme chacun sait, la rigoureuse éthique du groupe Dassault est à l'opposé de pareil contexte.

 

Se refusant à appliquer le vieil adage : Nationaliser les pertes. Privatiser les profits…

 

 

 

Illustration des « valeurs » du Libéralisme 
donnant "la priorité à l’épanouissement individuel"…:
Enfants ouvriers dans une verrerie de l’Etat d’Indiana
USA - 1908.

 


L’obscurantisme géopolitique


L’oligarchie qui nous gouverne, dite de « droite » ou de « gauche » suivant les arrivages ou les saisons, prend soin de justifier ses orientations de politique étrangère, d’alliances et de conflits armés, comme celui que nous vivons actuellement en Afghanistan, par une propagande omniprésente, obsédante, martelée par tous les médias à sa disposition.


Au cœur de ce dispositif se trouve une discipline, La Géopolitique, avec pour finalité la compréhension à l’échelon de la planète des lignes d’évolution, de confrontation et de cohabitation des grands ensembles humains, forgés par l’Histoire et la Géographie, dans des civilisations complémentaires. Sa dimension prospective, horizon portant sur plusieurs générations, est capitale en termes d’instrument de recherche et d’anticipation.


Manipulée, d’instrument de recherche elle est devenue un outil de désinformation. Sa méthodologie d’analyse, « clinique », neutre, impartiale, s’est muée en puissant vecteur de propagande d’une idéologie. Dans le simplisme d’une vulgarisation, nourrie de clichés, destinée au grand public. Animée par une coterie de chroniqueurs, journalistes. Tour à tour, géopoliticiens, spécialistes des relations internationales. Incontournables : presse radio, TV, jusqu’à la caricature.


Certains, statufiés en véritables « stars » de la géopolitique. Qui ne connaît pas Alexandre Adler ? Ses outrances apocalyptiques de va-t-en-guerre, ciblant Palestine, Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan ; ses choucroutes d’amalgames "islamofascistes" ; ses anathèmes furibards contre qui ne partage pas son fanatisme ultraconservateur ou hypersioniste…


Mais, en amont et en aval de ce groupe médiatiquement visible, s’opère un travail de fond dévastateur en termes d’information, d’analyse, de réflexion prospective. A doses homéopathiques, plus discrètes. Effectué par des « géopoliticiens » ou spécialistes autoproclamés en relations internationales, noyautant le monde académique, l’enseignement, l’édition.


Aboutissant, par le monopole de la parole, de la stricte observance d’une doxa, jamais remises en cause, débattues, non pas à une diffusion de la connaissance, du savoir, mais au pilonnage d’une propagande. Excluant toute pensée, analyse, réflexion, vérification d’information, qui ne véhiculeraient pas l’eurocentrisme ou la glorification de l’Occident. Quitte à s’accommoder d’une mélasse d’arrogances, de manipulations et de mensonges, dans la bonne conscience.


La lecture d’ouvrages récents, dans le domaine de la géopolitique et des relations internationales, donne la mesure des ravages du délabrement de cette discipline fondamentale qu’est La Géopolitique.


Echantillon… Florilège…



Pour une poignée de chiffres et de faits


« Les faits n’existent pas, seules les interprétations », disait Nietzsche.


Encore faut-il que les uns ou les autres ne soient pas déformés, niés, manipulés. Géopoliticiens, experts, spécialistes, dont on attend une démarche scientifique, rigoureuse, n’hésitent pas à employer les procédés les plus primaires : falsifier faits et chiffres.


L’exemple le plus courant étant ceux des massacres occidentaux, dans les conflits coloniaux. Lorsqu’on ne peut les occulter, très simple : on minore sans scrupule.


Dans un livre intitulé Actualité Géopolitique, le géopoliticien Hervé Macquart estime le nombre d’Irakiens tués à la suite de l’invasion occidentale, de 2003 à janvier 2009, entre 34.000 et 38.000… (7) Alors que les études, recoupements d’information, au niveau international y compris aux USA, font état de chiffres beaucoup plus élevés et réalistes.


La revue médicale britannique, mondialement réputée pour son sérieux, The Lancet, a estimé ce nombre à juin 2006 à 655.000 au minimum. (8) D’autres études, toutes aussi sérieuses, arrivent au chiffre de 1.340.000 tués jusqu’à 2008. (9)

 

La plupart des analystes, chercheurs et observateurs, estimant que le chiffre réel et plus proche des 2 millions de morts. Non compris les blessés, amputés, traumatisés… Après six ans d’invasion, de destruction méthodique et d’occupation occidentales, le :
 « … résultat net est de plus d’un million d’orphelins, plus d’un million de veuves et plus de quatre millions de réfugiés ou sans abri ». (10)

 

Tout cela sur le fondement d’un mensonge, cyniquement assumé par l’Occident et son appareil de propagande : la possession, par l’Irak, d’armes de destruction massive…

 

Pour donner un ordre de grandeur du culot dans l’amplitude de cette désinformation, rappelons que dans un pays comme la France, ce sont en moyenne, chaque année, pas moins de 60.000 personnes tuées par le tabagisme et 60.000 personnes tuées par l’alcoolisme. Soit 120.000 morts, chaque année, rien que pour ces deux catastrophes humanitaires rigoureusement dissimulées.


Non compris, les dégâts collatéraux sous forme d’hospitalisés ou en traitements pour cancers, accidents cardiovasculaires, dépressions, suicides, et autres ravages, générés par ces pathologies. On est loin de la « grippette » à un milliard d’euros la vaccination, dans la poche du lobby pharmaceutique …


Moralité, en France : se laisser intoxiquer sous la pression des lobbies du tabac et de l’alcool, creusant frénétiquement le « trou » de la Sécu au passage, tuerait annuellement quatre fois plus qu’être bombardé et mitraillé, pendant six ans en Irak, par les armées les plus destructrices de la planète…


Qu’il y ait divergence dans une analyse statistique : rien de plus normal. L’honnêteté intellectuelle, la rigueur du chercheur, sont de mentionner au moins dans une note les différentes évaluations, avant de formuler sa propre hypothèse, la justifiant par un raisonnement fondé sur des calculs et des croisements d’information ou de sources. Autrement, il s’agit d’un « négationnisme » foncièrement malhonnête.


Occulter l’ampleur des massacres et destructions, fondés sur le culte du mensonge, afin de ménager l’Occident dans l’autosatisfaction de sa propre représentation, engendre, au-delà des considérations morales ou statistiques, l’inconvénient majeur de fausser toute analyse sur les réactions, rejets, radicalismes, et résistances des peuples, nations ou régions qui en sont les premières victimes. Victimes, évidemment, non consentantes…


Et, dire que le livre d’Hervé Macquart est présenté, recommandé même, comme un ouvrage essentiel pour la préparation des concours et examens !… Niveau d’analyse, d’approche méthodologique : affligeant. Nous sommes devant l’archétype de l’ouvrage de désinformation, de propagande. De « lavage de cerveau », digne des dictatures à trois sous…


En complément, la partie traitant du Moyen-Orient, notamment la problématique du nucléaire Iranien, ne mentionne, ni de près ni de loin, l’arsenal atomique d’Israël, dont le nombre des têtes nucléaires est évalué entre 200 et 400, avec ses fusées intercontinentales et ses sous-marins lanceurs de missiles… Pas davantage, que ce pays, non signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire, n’est l’objet d’aucune inspection, remontrance, sanction, ou contrôle de la Communauté Internationale


A la décharge de ce géopoliticien, aucun ouvrage du genre ne le mentionne non plus. Omerta, tabou, trou noir… Evoquer, pire, mettre en cause le nucléaire israélien, et ses vecteurs balistiques, constitue un sacrilège impardonnable pour les géopoliticiens. Provoquant immédiatement une excommunication nuisible à leur business


On les comprend : la régression de la liberté d’expression, en géopolitique, est un retour aux temps de l’Inquisition. Seuls les moyens d’intimidation et de répression ont changé…


 

 Le Bon, la Brute et le Truand


Un des procédés classiques de la désinformation est de diaboliser le concurrent, l’adversaire, l’ennemi, ou tout simplement L’Autre. Permettant, simultanément, d’idéaliser son propre comportement, dans la bonne conscience.


Jean-Jacques Gabas n’échappe pas à ce travers démultiplié à l’infini par les médias, dans le chapitre, d’un ouvrage collectif de géopolitique (L'Enjeu Mondial - Les Pays Emergents), intitulé Les pays émergents et la coopération internationale :

« La Chine, vis-à-vis de l’Afrique, observe une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures et donc sur les questions de gouvernance. Cette attitude contraste avec les principes des bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale ou l’Union Européenne qui allouent leur aide selon les critères de "bonne gouvernance" ». (11)


Visiblement, prendre ses désirs pour la réalité est une des tares de trop de géopoliticiens, "experts" et fonctionnaires internationaux. Rassurer la hiérarchie, satisfaire les attentes du client, respecter "la ligne idéologique" de l’organisation à laquelle on appartient sont, il est vrai, une obligation. Si ce n’est morale, du moins "alimentaire" : ne pas perdre son "job", son contrat…


De renoncement en évitement, on en vient à ne plus prendre en compte "la réalité". Se limitant à projeter ce que souhaite le client, le prescripteur. Raisonnements et évidences en trompe-l’œil. Syndrome des "villages Potemkine". Ce favori de Catherine II qui faisait monter et démonter des villages joliment décorés, avec une troupe de figurants en paysans, adultes et enfants, joufflus et bien habillés, afin que l’impératrice de Russie, visitant son pays, soit convaincue de la prospérité de sa paysannerie à chacune de ses étapes…


Le problème n’est pas la mise en scène de contrevérités. Pourquoi ne pas faire plaisir et se faire plaisir, par les temps qui courent ?… Mais, comment gérer, arbitrer entre des orientations, des choix, prendre des décisions, ou ne pas en prendre, lorsqu’il s’agit du destin d’une collectivité ?… Quand l’anticipation en géopolitique, avec les débats qu’elle implique, doit franchir les trente ans ou cinquante ans à venir …


Opposer la bonne gouvernance entre Chine et Occident en Afrique, représenté par la Banque Mondiale, l’Union Européenne, ou l’ancienne puissance coloniale, est-ce honnête de la part de ces « spécialistes » ?…


Alors que tout le monde le sait, pour peu qu’on s’informe :

i) La Banque Mondiale n’est que le « bras économique » de l’Occident. Au rôle, bien souvent, plus prédateur que soucieux de la prospérité des pays où elle intervient. Joseph Stiglitz, lui-même ancien responsable des études économiques de cet établissement, l’a démontré dans un livre : s’emparer à bon compte des richesses énergétiques et minières de la Russie, par exemple, via des privatisations accélérées totalement « bidons ». (12)

ii) Multiplier les travaux d’infrastructures ne correspondant pas aux besoins du pays pour le plus grand profit des groupes de BTP occidentaux, creusant l’endettement de l’Afrique. Ou, imposer les cultures d’exportation en cheville avec les groupes de l’agro-industrie occidentaux au détriment des cultures vivrières, appauvrissant le continent pour le bénéfice d’une richissime minorité.

iii) Maintenir le pillage colonial, à l’abri de nouvelles formes de dictatures dynastiques, le fils succédant au père comme on l’a vu au Togo, et comme on le constate au Gabon… Bien sûr, dictatures légalisées par des élections truquées, comme la France en cautionne depuis des décennies en Afrique. Dernièrement en Mauritanie, au Niger, au Congo Brazzaville

iv) Que dire des ravages de la Françafrique ?… (13) Cette tentaculaire organisation de la corruption, authentique mafia, dans laquelle politiciens locaux et nomenklatura française (tous partis politiques confondus…) se sont colossalement enrichis, et s’enrichissent, dans l’impunité. Schéma identique à ce qui se passe dans l’Afrique dite anglophone (Nigeria, Kenya, etc.), lusophone (Angola, Mozambique)...


S’il avait voulu s’informer, au lieu de stéréotypes et clichés stupides, Jean-Jacques Gabas aurait trouvé matière à réfléchir parmi des milliers d’exemples de la « bonne gouvernance » occidentale. Sans aller bien loin :

« Ecoutons Loïc Le Floch-Prigent, PDG d’Elf (« fusionné » aujourd’hui dans Total), de 1989 à 1993 :

 " Elf n’est pas seulement une société pétrolière, c’est une diplomatie parallèle destinée à garder le contrôle d’un certain nombre d’Etats africains… Et c’est justement parce que cette société avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu’elle a de tout temps financé les services secrets"» (14)



Béquilles de la rationalité : Islamophobie et Sinophobie


Philippe Moreau Defarges présenté dans son livre, La Géopolitique pour les Nuls -  Déchiffrez les règles du jeu planétaire, avec rang de "Ministre plénipotentiaire", comme « … un des grands spécialistes français des relations internationales, de la géopolitique, de la construction européenne et de la mondialisation », illustre une des calamités de la géopolitique française actuelle : l’islamophobie.


En fait, le vernis une fois gratté, simple porte-voix des clichés éculés depuis les Croisades, ravalés par la théorie du choc des civilisations :

« … Fondé par Mahomet, l’islam est une théocratie guerrière qui, partant de la péninsule Arabique, déferle sur la méditerranée et l’Asie… Dans un monde régi par la rationalité et qui donne priorité à l’épanouissement individuel, l’islam peut-il échapper au sort du christianisme, au refoulement dans la sphère privée ?… (15)


Comment faire comprendre à un « grand géopoliticien », à un « ministre plénipotentiaire », qu’une religion n’est jamais une « théocratie » ?… Seul un système de gouvernement d’une nation, d’un pays, d’une collectivité, au service d’une idéologie, peut l’être. En s’appropriant, instrumentalisant, imposant une religion.


Comme le furent le Christianisme en Europe dès l’empereur romain Constantin, le Catholicisme en Amérique latine par la conversion sanguinaire des amérindiens, les différentes mouvances du Protestantisme dans les premières communautés immigrantes d’Europe en Amérique du nord, le Calvinisme à Genève, ou le Bouddhisme au Tibet…


Comme le sont actuellement, le sionisme en Israël ou le wahhabisme en Arabie Saoudite…


Comme chacun sait, les collectivités, nations et pays musulmans, dans leur majorité, n’ont jamais vu « déferler » une armée arabe : Indonésie, Malaisie, Afrique de l’Est, Afrique de l’Ouest, etc. L’Islam y est arrivé, pacifiquement, par les commerçants…


Verrouillé dans son islamophobie viscérale, ce docte savant et spécialiste ne le comprendra jamais. N’en acceptera jamais l’évidence. Comme beaucoup, convaincus d’être des membres éminents d’une « espèce dominante », seule créatrice de « valeurs » et de la « modernité » :

« … Si le Moyen-Orient demeure la "poudrière" de la planète, ce n’est pas seulement à cause de la Palestine… [mais au] choc du déferlement des valeurs occidentales sur des sociétés tribales et modelées par l’islam, mise en cause radicale de cette foi par la modernité… » (16)


Ainsi, empires, royaumes, nations, qui ont bâti la civilisation musulmane, une des plus brillantes de l’humanité, de penseurs, d’artistes et de savants, Ottoman, Perse ou Séfévide, Omeyyade, Fatimide, Almoravide, Almohade, Moghol, dans le désordre et j’en oublie, ne sont, dans l’analyse de ce « grand spécialiste – ministre plénipotentiaire », que de vulgaires « sociétés tribales »…


Pour ces géopoliticiens, la pluralité du monde ne s’exprime que par le mépris.


Jusqu’à des "géopoliticiennes" jonglant avec contrevérités et erreurs grossières, telle Sophie Chautard dans un ouvrage d’une rare nullité. Se référant au Coran, sans en avoir lu au moins deux ou trois traductions, citant en lieu et place comme source le Quid 2004 publié par Robert Laffont : 

« Le coran condamne (IX, 29-30) en effet fermement les autres confessions religieuses… ». (17)


Ce qui est évidemment faux, comme chacun sait, les versets sur le respect des religions monothéistes, judaïsme et christianisme, étant multiples. Ce qui n’exclut pas, pour les musulmans, de se défendre en cas d’agression armée de la part de ces religions, telle que les croisades.


Accessoirement, en matière de religion, confondant la politique millénaire de la Chine en ce domaine, avec les brèves tentatives de la Révolution Culturelle des Gardes Rouges, lors des troubles des années soixante, souhaitant éradiquer le Confucianisme et les religions dans tout le pays. Véhiculant la traditionnelle désinformation antichinoise :

« Les autorités chinoises ont entrepris de siniser le Tibet, et de faire disparaître le fondement de son identité, la religion… » (18)


 

Le racisme tranquille 


Denis Lambert, dans un ouvrage au titre accrocheur, Géopolitique de la Chine – Du bronze antique au plutonium, nous explique le ressort du rapprochement, qui semble le chagriner, entre le monde arabe et la Chine : « l’humiliation par l’Occident » !


Passons sur l’aspect primaire d’une telle analyse, fondée sur l’arrogance de "la race supérieure", et relevons une des plus brillantes perles racistes trouvées dans ces ouvrages récents qui, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle…


Le sentiment prochinois du monde arabe aurait pour moteur, d’après ce « géopoliticien », la « rancune » hygiénique et médicale… :

« Le monde arabe, toujours rancunier d’une colonisation qui lui a apporté l’hygiène et la médecine tout en préparant son introduction dans le monde moderne. » (19)


Que les centaines de milliers de morts du "monde arabe" dans leurs luttes pour l’indépendance, de torturés, de massacrés, d’invalides, pour ne pas avoir accepté, et ne pas accepter, colonisation et pillage de leurs pays par l’Occident, me pardonnent. Partagé entre le rire et la stupeur, devant un tel concentré d’imbécillité et d’inculture, j’ai choisi d’en rire.


En bonne compagnie…


Celle de Saladin, ses généraux et les chroniqueurs de l’époque, lors de la conquête des châteaux forts construits par les Croisés en Palestine et en Syrie. Epouvantés qu’ils étaient, au 12° siècle, devant l’état de saleté des locaux précédemment occupés par les troupes franques et autres soudards européens. La première mesure édictée fut de construire des toilettes, des bains, des hammams, dans ces places fortes nouvellement conquises…


Celle d’Avicenne, et des 5 volumes de la monumentale encyclopédie médicale qu’il écrivit en arabe au 10° siècle : Livre des Lois Médicales (20). Ramenée par les Croisés en Europe, elle sera utilisée comme fondement des études de médecine jusqu’au 17° siècle…


L’obscurantisme intellectuel de ces « géopoliticiens », mandarins ignares, est sans limite. Leur manque de rigueur, d’honnêteté intellectuelles, consternant.


Plusieurs générations seront nécessaires pour se décrasser de notre habitus colonial, de cette lèpre de l’intelligence, nés de notre passé de prédateur raciste…


Obscurantisme dégénérant en fanatisme. Gangrenant La Géopolitique, discipline fondamentale pour les analyses prospectives et l’anticipation des évolutions de notre planète. Imbibant l’oligarchie, qui nous gouverne.


Contribuant par son aveuglement, en dépit des postures d’autosatisfaction et incantations mégalomanes, à l’affaissement complet de l’influence de la France, incapable de faire entendre sa volonté, sa personnalité. Enfermée, étouffée, manipulée, dans une vassalité qui ne répond ni à ses intérêts, ni aux valeurs fondatrices de sa République.


Réduite, gérée par une poignée de clans familiaux, en supérette d’armements et mercenariats en tous genres…



Les Peuples méritent-ils leurs dirigeants ?…


Une certitude.


La France ne mérite pas la nomenklatura qui la vampirise.








 



1)   In Bourdieu, Marie-Anne Lescourret, Flammarion, 2008, p.402.

2)   Cf. programme et discours (téléchargeables) : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/evenements_11561/conference-ambassadeurs_17120/xviie-conference-ambassadeurs-26-28-aout-2009_19694/xviie-conference-ambassadeurs-26-28.08.09_75980.html

3)  Jacques Guillermaz, Une vie pour la Chine – Mémoires – 1937 – 1989, Robert Laffont, 1989, p. 296.

4)  Lire ou relire le roman d’André Malraux, La Condition Humaine, avec pour toile de fond les massacres de Shanghai, en 1927, dans lesquels périrent des milliers de militants communistes avec le soutien des puissances occupantes. Entre autres pratiques, les tueurs de Tchiang Kaïchek s’amusaient à les jeter vivants dans les foyers des locomotives à charbon…

5)  Hebdomadaire Le Point, 31 août 2009, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-08-31/sarkozy-les-iraniens-meritent-mieux-que-leurs-dirigeants-actuels/924/0/373040

6)  Daniel Luban, Washington’s Afghan Clock Ticking, 3 septembre 2009, Asia Times, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KI03Df03.html

7)  Hervé Macquart, Actualité Géopolitique, Vuibert 2009, p. 18 :

"... Civils irakiens tués : selon les estimations les plus fréquentes le nombre de morts serait de 34.000 à 38.000. Certaines études avancent le chiffre de 100.000 morts sans qu'il soit possible d'apporter des preuves incontestables".

8)  http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140673606694919/abstract

9)  http://www.justforeignpolicy.org/iraq

10)   Bouthaina Shaaban, Notes From a Wrong Place – In Praise of Admiral Mullen, Counter Punch, September 7, 2009.

11)  In L’enjeu mondial – Les pays émergents, sous la direction de Christophe Jaffrelot, SciencesPo Les Presses / L’Express, p. 225.

12)  Joseph Stiglitz, Globalization and its discontents, Penguin Books, 2002.

13)  Voir l’Association Survie (http://survie.org/) héritière du formidable travail d’information, d’analyse et de combat du regretté François-Xavier Verschave.

14)  Thomas Snégaroff, Missions et illusions – La puissance française, in Les Grandes puissances du XXI° siècle – Rapport Anteios 2008, Gauchon et Huissoud ouvrage collectif, PUF, 2007, p. 184 & 185.

15)  Philippe Moreau Defarges, La géopolitique pour les nuls – Déchiffrez les règles du jeu planétaire, Editions First, 2008, p. 147.

16)  Philippe Moreau Defarges, Op. Cit., p. 278.

17)  Sophie Chautard, Comprendre la géopolitique, Studyrama, 2006, p. 170.

18)  Sophie Chautard, Op. Cit., p. 183.

19)  Denis Lambert, Géopolitique de la Chine – Du bronze au plutonium, Editions    Ellipses, 2009, p. 417.

20)  Livre des Lois Médicales, encyclopédie médicale connue aussi sous le non de Qanûn ou Canon, est la traduction de Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb, dont les cinq volumes ont été un des premier ouvrages imprimés en latin, en 1593, à Rome.




Photo de Lewis W. Hine

 

 

 

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 21:00

 

 

« Pauvre troupe, dont les malheurs injustes demeurent comme une ineffaçable leçon dédiée à ceux qui gouvernent et à ceux qui commandent. »

 

Général de Gaulle  (1)

 

 

 

 

 

 

 

Je m’attendais au pire…

 

Ce fut pire !…

 

Cette formule, sans paternité précise, résume mon sentiment aux propos de notre sympathique président (2), « chef des armées », devant micros et caméras au pied de la tribune officielle du 14 juillet, dès la fin du défilé.

 

L’engagement des troupes françaises en Afghanistan, nous a-t-il expliqué, a pour finalité la "défense de la démocratie", de la femme afghane et « des petites filles afghanes à qui on coupe les mains pour avoir mis du vernis à ongles… ».

 

 

Liberté de la malnutrition et du massacre

 

Eh, oui ! Les pauvres petites filles afghanes qui envient le vernis à ongles de leurs mères et de leurs grandes sœurs, à la sortie de la manucure chez leurs coiffeuses, tous les jeudis soirs. Parce que chez ces attardés, ils ne peuvent pas faire comme tout le monde, le dimanche : c’est le vendredi…

 

Petites filles, rêvant à la lecture des magazines spécialisés dans « la libération de la femme » … Marie-Claire, Elle, Cosmopolitan, sur les tables basses du salon devant les écrans TV, multipliant la vision de toutes ces belles jeunes « femmes libérées », dans les publicités des fabricants de cosmétiques ou les feuilletons… FriendsPlus belle La Vie… Dans le ronronnement des climatiseurs, en été. En hiver, dans le canapé noyé de coussins, face au feu de cheminée…

 

On se doit de les comprendre, à leur âge, elles n’ont qu’une envie. Se précipiter au supermarché du coin pour s’acheter le symbole de la liberté et de la civilisation : le vernis à ongles

 

Problème : les méchants Talibans, enturbannés de machisme, qui les attendent sournoisement au coin du parking pour leur couper les mains… Tchac ! D’un seul coup ! Sans anesthésie, en plus !… Avec leurs grands sabres, recourbés par la fourberie de leur sauvagerie ancestrale.

 

Affection, tendresse, sentiment paternels : connaissent pas. Même pas des animaux… Racisme ?… Mais, non, c’est scientifique, je l’ai lu dans les journaux et je l’ai vu à la TV : résultat des enquêtes journalistiques, diffusées uniquement sous forme de clichés et de stéréotypes par nos grands médias…

 

Comment être insensible à la souffrance du manque de vernis à ongles des petites filles afghanes ?… Tant de cruauté de ces terroristes… Pardon : « insurgés », est la nouvelle appellation. Je m’y perds. Elles qui n’ont rien pour se soigner, rien à manger (3). Leurs maisons bombardées, saccagées, les récoltes familiales détruites par les armées d’occupation.

 

Pourquoi ne leur laissent-ils pas, au moins, le vernis à ongles ?… Ne pas comprendre combien elles en ont tant besoin pour oublier cette apocalypse quotidienne infligée par la soldatesque OTANesque.

 

Si au moins, ils faisaient semblant comme pour l’organisation des élections par l’OTAN. Truquées, évidemment, jusqu’à trois chiffres après la virgule. Mais, on fait comme si… Alors que les Talibans, eux, ne simulent pas. Tchac !… Faire semblant, c’est trop sophistiqué pour ces primitifs.

 

Regardez la différence avec les glorieux soldats occidentaux défenseurs de la Civilisation, dans leurs costumes d’extra-terrestres, devant les TV du monde entier, faire semblant de « créer des écoles ». Gagner « les cœurs et les esprits » : « hearts and minds »… Chevaliers sans peur et sans reproche…

 

C’est une des marottes des spécialistes de la « guerre psychologique » : « ouvrir des écoles ». En fait et en priorité, de la « guerre psychologique » contre les opinons publiques des pays occidentaux qui n’acceptent pas les délires coloniaux.

 

Ils pondent à répétition des remakes des grands classiques des films de propagande des guerres coloniales des années 60–70 : les portugais en Angola ou au Mozambique, les britanniques au Kenya et ailleurs, les hollandais en Indonésie, les français en Algérie, les américains au Vietnam.

 

Dans ces films, on ne massacrait pas, on ne brûlait pas des villages, on ne torturait pas les résistants, on passait son temps à « ouvrir des écoles ».

 

La trouvaille n’est pas mal. Inusable, on n’arrête pas de s’en servir. Mais, je la trouve un peu intello, avec un risque de saturation à force de répétition. Il faut, de temps en temps, une formule choc : « couper les mains des petites filles pour cause de vernis à ongles »… Là, nous atteignons un palier supérieur : « Le choc des images, le poids des mots », comme dit l’autre...

 

Aghhh !…  Même si cela n’a jamais existé, ne s’est jamais produit, rien que d’y penser j’en ai la rage !…

 

Salauds de Talibans, il faut les nucléariser ! Les "droner" n’est pas suffisant. Comprennent pas. Noyer ces barbares dans le feu de l’enfer, eux, leurs ascendants, descendants et collatéraux. Jusqu’à la cinquième génération.

 

Cinq générations, déjà, qu’ils en bavent dans les invasions successives : britanniques, soviétiques, occidentales. Et, ils n’ont pas encore compris l’importance du vernis à ongles… Il leur faut cinq autres générations, pour parvenir au seuil de l’intelligence.

 

Les atomiser jusqu’au dernier, c’est tout ce qu’ils méritent. Des têtes de mules…

 

 

La loi du genre

 

Certains trouvent pathétique de voir notre « chef des armées » justifier l’envoi de nos soldats en Afghanistan sur un tel mensonge. Ils exagèrent. Ils manquent de réalisme, des romantiques égarés en politique.

 

D’autres protestent : les petites afghanes ne portent pas du vernis à ongles, mais les « stigmates de la guerre ». Quand elles survivent, avec leurs petits frères….

 

Beaucoup meurent dans les bombardements ou les tirs aveugles des troupes de l’OTAN. Périodiquement, des fillettes sont tuées par les soldats de cette coalition (4). Nombreuses sont celles qui resteront estropiées, infirmes ou aveugles.

 

Voilà ce qu’affirment des spécialistes de la santé de l’enfant. Des âmes sensibles…  Parce que même les bureaucrates de l’ONU, des multiples ONG prospérant dans le Charity Business, n’en font jamais état.

 

Voyez l’UNICEF, l’organisation de l’ONU chargée de la protection de l’enfance : vous ne trouverez aucune publication d’étude, de statistique, d’enquête, de recensement, sur les ravages des bombardements, des blessures et infirmités de guerre concernant les enfants, conséquences des opérations militaires et des bombardements des troupes occidentales. Encore moins, un inventaire précis du nombre d’orphelins dus à ces actes. (5)

 

En Afghanistan, comme en Irak. Malgré son budget en millions de dollars…

 

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien savoir…

 

Je comprends l’UNICEF, et les « grandes » ONG, cela mettrait en difficulté leur star system. Angelina et autres People risqueraient d’en défaillir et de ne plus venir se balader en Afghanistan, devant les caméras. Il faut bien collecter des fonds. Money, money, money

 

On ne tartinera donc que sur la malnutrition ou les écoles… Enfants tués, blessés, orphelins suite à des actes de guerre ?… Par des occidentaux ?… My God !… Hors de ma vue !…

 

Normal. Les guerres coloniales sont fondées sur le mensonge. L’omission. La dissimulation. C’est la loi du genre. Considérer les peuples occidentaux, le peuple français, comme des veaux pouvant ingurgiter n’importe quelle « hormone de croyance », enrobée d’OGM médiatique (Obsession Grossièrement Manipulée).

 

Comme en Irak. Aucune des infrastructures civiles protégées par les Conventions de Genève comme les stations d’épuration d’eau, écoles, universités, hôpitaux, ministères (à part celui du pétrole), musées, administrations, n’a été épargnée de la destruction. Comment le faire admettre ?… A cela s’ajoutant 2 millions de morts, un pays entièrement détruit, sans mentir à fond ?…

 

Mentir à fond… Quoique…

 

Croire que plus l’argument est stupide et plus ça passe auprès de l’opinion publique, peut se révéler une erreur. Une fois encaissé l’effet choc émotionnel, une argumentation futile, dérisoire et grotesque peut aller à l’encontre de l’objectif souhaité. L’esprit critique insuffisamment anesthésié peut réagir à contretemps.

 

J’en conviens, on peut s’étonner devant l’image projetée « des mains de petit fille coupées pour délit de vernis à ongles ». Même ma grand-mère a pouffé de rire sous son chapeau de paille : « Qui peut avaler pareille tourte ?…», s’est-elle exclamée quand elle a entendu ça…

 

Pour elle, « tourte » est très péjoratif. Madrée, intuitive comme pas deux, elle déteste les tourtes. Jugement sans appel, ce sont les « cache-restes » des restaurants à touristes : tirer un coup de fusil avec des restes et des invendus comme cartouches…

 

Tout en essayant de la convaincre, elle m’a fait réfléchir…

 

J’ai dû, patiemment, lui expliquer qu’il ne faut pas en vouloir à un chef d'Etat qui fait son boulot. Surtout, quand il le fait bien. Celui de justifier l’injustifiable. Promouvoir l’inacceptable. Avec la conviction de la bonne conscience balayant toutes les hésitations. Ça c’est du talent ! Mais, aux claqueurs de talons qui l’entourent, incapables de formuler une propagande qui tienne la route.

 

Au fond, c’est vrai… Régresser jusqu’au « vernis à ongles », ne serait-il pas la démonstration du manque de créativité des experts en désinformation ?… N’est-on pas allé un peu trop loin dans la fantasmagorie de la caricature ?…

 

Moi, ce qui me gêne ce n’est pas le mensonge, dans une propagande. C’est la faiblesse du mensonge. Sa mauvaise articulation. Le niveau d’argumentation est en train de baisser. Admettons-le…

 

Des nuls…

 

Un moment, ils affirmaient que les Talibans jetaient de l’acide sur les visages des petites filles qui allaient à l’école. Impossible de trouver de l’acide en Afghanistan ! Le droguiste du coin n’a pas ça. Sauf dans les labos de transformation de l’opium, étroitement contrôlés par les armées d’occupation. Livré par avion. Pas sérieux, comme baratin, l’acide. Alors, ils ont changé de chanson…

 

Je le reconnais. Dans le temps, la propagande coloniale avait du souffle. Du panache. On partait massacrer, violer, piller, spolier, annexer, pour « évangéliser » les sous-hommes. Du style, de la grandeur !…

 

Plus tard, ce fut pour « apporter la civilisation » à des cannibales, des moyenâgeux, endormis dans leur passivité. Les « instruire », les « initier à la modernité ». Récemment, on s’est précipité pour démolir méthodiquement l’Irak au nom de la liberté, de la démocratie, des droits de l'homme. Argumentaire qui avait un minimum de tenue…

 

Mais, crever des gens et se faire trouer la peau pour du « vernis à ongles »…

 

L’idée est choquante à souhait, la preuve : j’ai failli perdre ma sérénité bouddhique. Mais, c’est un peu gros. Ou, léger en crédibilité. A ce rythme là, on ira se battre en Afghanistan, bombarder et mitrailler les villages, pour imposer des distributeurs automatiques dans les écoles primaires afghanes. Pour « libérer les petites filles ».

 

Non pas pour distribuer des brioches ou des barres chocolatées, elles ne pourraient pas payer, mais pour installer des distributeurs automatiques de préservatifs gratuits. Puisque les « zélateurs de la liberté », il y a même un rigolo de la TV française qui fait sa pub personnelle là-dessus, nous disent que notre propre jeunesse doit y avoir accès dès son plus jeune âge, dans les établissements du primaire. Copuler et consommer, tels des lapins en cage : voilà l’horizon radieux de « la modernité », le sens, la finalité de la Destinée Humaine.

 

Après le vernis à ongles, le préservatif dans les cours de récréation du primaire…

 

Ma grand-mère a raison.

 

Trop facile tout ça. Vraiment, notre propagande doit se recycler. Il y a du laisser-aller. Aucune créativité. Nous ne sommes pas dans une émission de télé-réalité. C’est du sérieux. Notre « chef des armées » doit reprendre en main les "services d'action psychologique". Un effort d’imagination, d’originalité, que Diable !… Mettre tout le monde au travail, virer les incapables et renouveler son staff…

 

D’autant que les choses sont en train de tourner au vinaigre, en Afghanistan…

 

 

 

Petite fille afghane blessée.
Non, elle ne demande pas du vernis à ongles.
Elle réclame ses parents tués avec le reste de sa famille, dans leur maison écrasée sous les bombes de l’OTAN.

 

 

Putain de guerre

 

On vient de rapatrier le corps d’un de nos soldats tué, avec deux de ses camarades gravement blessés…

 

J’éprouve compassion à leur « malheur injuste », pour reprendre la citation du général de Gaulle. Leur jeunesse fracassée, physiquement, moralement.

 

Dans une guerre coloniale dont la cruauté, la stupidité, n’ont d’égales que celles des irresponsables qui « gouvernent » et qui « commandent » pareilles aventures, sur fond de crimes contre l’humanité.

 

Je leur dédie un extrait du livre, Putain de Guerre (6), écrit pas un marine américain Joshua Key. Réfugié au Canada, avec sa femme et ses enfants, il a refusé de retourner en Irak.

 

Il témoigne de ce qu’il a vu, ce à quoi il a participé en Irak, ce qu’il a été obligé de pratiquer, contre sa conscience. Il restitue ce qui est méticuleusement censuré tous les jours, en Occident, dans les médias, les moteurs de recherche, occulté par le matraquage de la propagande : photos, cris, informations, récits de l’horreur.

 

L’horreur coloniale, qui se perpétue en Afghanistan :

 

« … J’avais participé à près de deux cents perquisitions, mais je n’y croyais plus depuis longtemps. La plupart de mes camarade ressentaient la même chose.

Ces raids n’étaient qu’un prétexte pour insulter, intimider et appréhender les Irakiens.

 

Ils nous offraient une cible pratique, un moyen de relâcher nos frustrations, puisque nous n’avions pas de vrais ennemis à combattre. Pendant un certain temps, ces descentes nous ont permis de frapper des civils, de voler leurs biens et de détruire tout ce qu’on ne pouvait pas embarquer.

 

Je ne suis pas le seul à avoir renoncé aux passages à tabac et au pillage, tandis que ma conscience se réveillait. Pour nombre d’entre nous, poser des pains de C-4 (7), saccager des maisons, menotter des adolescents et des hommes nous a stimulés, voire excités, pendant un mois ou deux, mais pas davantage.

 

Le temps s'étirait et nous n’avons pas trouvé d’armes de destruction massive. Nous n’avons pas trouvé de signes d’activité terroriste. Nous n’avons découvert que des civils dont nous avons ruiné la vie ou que nous avons tués, simplement parce qu’ils avaient croisé notre chemin.

 

Certains d’entre nous ne les ont même pas respecté dans la mort… »

 

 

La guerre coloniale, c’est ça.

 

L’occupation occidentale en Afghanistan, c’est ça.

 

Ce n’est pas la distribution gratuite de vernis à ongles aux petites filles Afghanes.

 

Une bouillie, que le cynisme et le sadisme du plus pervers des serial killers aurait du mal à porter au point d’ébullition atteint à présent : sauvagerie, souffrance, avilissement, terreur.

 

Dans le Chaudron du Malheur, où nous immergeons…

 

… Le Peuple Afghan.

 

 

 

 

 

 

(1)  A propos du désastre militaire de 1870 provoqué par la stupide incurie de Napoléon III, son gouvernement et son état-major, face à l’Allemagne de Bismarck.

(2)  Un récent sondage fait état de 63 % de français trouvant Sarkozy « sympathique » …

(3)  « … L'Afghanistan occupe la quatrième place dans le monde en termes de malnutrition. Un enfant afghan sur 10 est sévèrement mal nourri, plus de la moitié des enfants souffrent d'un retard de croissance et un enfant sur quatre meurt avant l'âge de 5 ans. La diarrhée et les infections aiguës des voies respiratoires - des états encore aggravés par la malnutrition - représentent environ 41 % de la totalité des décès infantiles et un enfant afghan sur trois souffre de carence en iode… 
La mortalité maternelle représente une large proportion des décès en Afghanistan… », UNICEF, Août 2009, http://www.unicef.org/french/emerg/afghanistan/index_action.html

(4)  Des soldats canadiens tuent une fillette, Le Devoir Montréal, 29 juillet 2009.

(5)  La dernière « vague » étude du genre, en Afghanistan, remonte à 1997 (il y a 12 ans !…) : http://www.unicef.org/french/emerg/afghanistan/index_9028.html

(6)  Joshua Key, Putain de Guerre, Albin Michel, 2007, pp. 208-209.

(7)  Puissant explosif, présentant l’avantage d’être malléable comme de la pâte à modeler avant sa mise à feu au moyen d’un détonateur.

 

Photo : The Cleveland

 

 

 

 

 

 

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