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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:51


Caisse1.jpg Bac + 5 en littérature : caissière dans un supermarché. Pardon : hôtesse de caisse… Mariée, 28 ans. Heureuse d’avoir cet emploi, qu’elle assume. C’est, en effet, un métier tout aussi honorable qu’un autre. Elle l’a trouvé au cours d’un stage, alors qu’elle était étudiante. Depuis, elle est restée. Bien obligée, ce sont des centaines de CV qu’elle a envoyés à la ronde : sans réponse.

 

A défaut, elle aimerait bien bouger dans l’entreprise, évoluer, occuper d’autres fonctions : impossible. Caissière elle est, caissière elle restera. Elle explique fort bien les différents essais et espoirs qu’elle a formulés en ce sens.

 

 "Mobilité interne"…  Et autres baratins, ou bla-bla-blas, dont regorgent les communiqués et postures des dirigeants et actionnaires de ces groupes, se partageant le quasi monopole de la distribution dans nos pays… La "Grande Distribution", dictant ses volontés sur l’organisation du commerce intérieur et extérieur de nos pays. Véritable "sida" de nos économies, minant leur substance, leur équilibre, leur développement, pour l’enrichissement colossal d’une poignée de familles actionnaires et de leurs réseaux. J’en reparlerai dans un prochain post.

 

Visitez son Blog : caissièrenofutur. C’est sa vie au quotidien qu’elle raconte. Humour, constats, fines observations, portraits, sont là : clients, collègues, resquilleurs, goujats et gentlemen, voleurs et vigiles… Toute une humanité. Son "insertion professionnelle" représente le sort de beaucoup d’étudiants diplômés de l’Université, à la sortie de leurs études.

 

A travers ce cas emblématique, se pose la finalité de notre "Enseignement Supérieur", de notre Université. Question fondamentale : quel « sens » veut-on donner lui donner dans notre pays ?

 

Est-ce une formation destinée à "apprendre à apprendre" et à s’adapter, suivant la formule millénaire des meilleurs enseignements ?... Formation de l’esprit d’analyse, de l’esprit critique, fondée sur une solide culture, avec l’apprentissage d’une discipline ou d’une spécialité. Et, avant tout, sur la maîtrise d’une ou plusieurs langues. A commencer par la langue de son propre pays.

 

Est-ce une formation clé en mains, destinée à satisfaire les besoins de l’entreprise, qui ne veut plus investir dans une formation sur le tas ?... Formation sur le tas, qui a été celle d’une multitude de générations.

 

Est-ce une antichambre de l’ANPE ?... Différant un chômage inéluctable, du fait des délocalisations effectuées sans discernement. Réduisant en miettes le tissu social.

 

L’essentiel étant pour la caste au pouvoir d’assurer l’avenir de ses rejetons, dans des circuits d’enseignement privilégiés, et hors de portée des citoyens "d’en bas"… Tout le monde sait que l’enseignement supérieur français est à deux vitesses. Comme dans d’autres pays occidentaux. L’un, le circuit des grandes écoles qui, du fait des études chères ou payantes, nécessitant le passage dans des classes préparatoires, revient à institutionnaliser une cooptation. Seuls les enfants des catégories à haut revenus arrivent à monter dans ce train. Le "TGV". Et, puis l’autre : le "tortillard".

 

Je discutais, il y a peu, avec des professeurs d’universités britanniques qui se plaignaient d’avoir des étudiants incapables d’écrire un paragraphe qui tienne la route, ou d’analyser un texte. La "génération consoles de jeux", comme ils l’appellent. Symptôme, d’après eux, du délabrement de l’enseignement secondaire, délaissé par les responsables politiques… Signe évident qu’un "enseignement supérieur" de qualité plonge ses racines dans un excellent enseignement primaire et secondaire. L’Education d’une nation ne se découpe pas en tranches, au gré des slogans et foucades des politiciens

 

Toutes ces interrogations sont, évidemment, indissociables du modèle social que les citoyens veulent donner à leur destin collectif. C’est à cette question que le gouvernement actuel ne veut pas répondre. Préférant bâcler, dans la précipitation et l'arrogance, une loi dite de "modernisation de l’Université". La loi Pécresse, du nom de la ministre qui en a la responsabilité : loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités, ou loi LRU.

 

Les services de la ministre pavoisent : "60 heures de concertation" !... Trois fois moins que pour l’introduction des radars sur les autoroutes… On ressent d’autant plus fortement le travail "bâclé" de cette réforme universitaire, quand on voit le luxe de concertation, d’audition, de consultations dont s’entoure le gouvernement dans la préparation actuelle du Livre Blanc de la défense nationale pour les années à venir. Des heures d’audition, y compris de militaires, consultants et spécialistes étrangers…

 

Il est vrai que les "enjeux financiers", apparents et occultes, sont plus attrayants. Les lobbies de l’armement, extrêmement puissants en France, ont besoin de faire passer la pilule avec plus de doigté. Car, les français vont devoir se saigner les quatre veines pour financer des "efforts de guerre". Au détriment de tous les autres budgets prioritaires pour la population : Santé, Education et Retraites. Eux, ont pour vocation d’être sabrés au quotidien. Pas les fabuleuses rentes de situation des marchands de canon…

 

Bien sûr, il faut réformer l’Université, en moderniser le fonctionnement, le mode de gestion. Mais cela doit se faire non pas dans un abandon précipité, mais par le signe que l’Etat veut s’engager dans une priorité. Non pas en considérant l’Université comme un fardeau, dont on prétend se débarrasser sur les Conseils Régionaux et les entreprises.

 

Rarement, il est donné de constater un tel niveau de nullité dans la préparation d’une loi aussi importante pour le devenir d’un pays :

 

i)   La préparation de cette loi est un exemple d’absence de concertation et de discussion. S’agissant d’un pilier fondamental de l’avenir de la collectivité, la réforme de l’enseignement supérieur aurait dû être considérée avec l’ensemble de l’Education. Avec autant de soin que pour la préparation d’un Livre Blanc destiné à la modernisation de la défense nationale. Avec autant de soin que pour un Grenelle de l’Environnement. Avec une concertation qui ne se limite pas à quelques cercles « d’initiés », ou de mandarins en quête de contrats de recherche juteux. Recherche dont l’essentiel est financé par la collectivité, les entreprises encaissant à leur seul profit les bénéfices…

 

ii)   La préparation de cette loi est un exemple d’absence de conscience professionnelle : on n’applique jamais  des modifications de structures ou de fonctions (qui doit décider quoi, comment et jusqu’où…) sans avoir mis au point, au préalable, une stratégie à long terme, portée par des valeurs et un sens, à partir du moment où le devenir d’une communauté est en jeu.

 

Je manque d’objectivité. Cette loi, dans sa préparation, sa conception, n’est pas nulle. Elle est nullissime.

 

Alors, le mouvement des étudiants : que représente-t-il ? Une hostilité bornée à la loi Pécresse, comme l’assurent les médias de la propagande officielle ? Ou, une saine réaction devant ce "je m’en foutisme" politicien ?…

 

Je pense que le sens de cette révolte est profond. Il traduit l’inquiétude et le désarroi d’une jeunesse qui sait, malgré tous les discours, qu’elle sera marginalisée. C’est ce refus qui donne du sens. D’ailleurs, le mouvement a été rejoint par des lycéens. Preuve qu’ils appréhendent ce qui les attend à la sortie de leurs études secondaires.

 

Pour l’Université, le gouvernement veut passer en force, sans concertation. Il n’y voit qu'un exercice de ses talents de manipulation, dans la répression : rendre incompréhensible ce mouvement du reste de l’opinion, le diaboliser pour l’isoler. Alors, ce sont les gros moyens de la propagande via l’instrumentalisation des médias : diffamation du mouvement, de son mode d’organisation, de ses revendications, etc.  D’où la multiplication des démonstrations de force et les violences policières.

 

Dernièrement, lors de son séjour en Chine, Le Génie Serein du Matin Calme ("Sarkozy", en pékinois et en cantonais…) a dit : « La France commence à se réveiller… ».

 

Oui !...  Grâce aux grévistes, étudiants et lycéens protestataires, nous voilà rassurés. Contrairement au conte des Frères Grimm, reprenant la légende du Joueur de flûte de Hamelin, la France ne se résume pas à un troupeau de rats courant à la noyade, endormis par la flûte enchantée de la propagande de la caste au pouvoir...  

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Politique et Destin Collectif
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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 23:59

 


Rafael Correa, dès son élection (1), a décidé de diminuer sa rémunération de Président de la République, par deux. Estimant indécent, l’écart entre les revenus de cette fonction, directs et indirects, avec leurs privilèges annexes, et ceux du citoyen moyen. Fonction, qu’il estime comme devant être vécue, avant tout, sous forme d’un sacerdoce et non pas d’un "fromage" lucratif pour lui, sa famille, ou son clan. Il a, d’ailleurs, étendu cette mesure à tous les titulaires de postes gouvernementaux.

 

Nous sommes à des milliers de kilomètres de l’Europe, il est vrai. A Quito, capitale de l’Equateur. Sur une autre planète…

 

 

Eug--ne-Delacroix---La-libert---guidant-le-peuple.jpg

 

 

En France, une des premières mesures du nouveau Président de la République, lors de sa prise de fonction, a été d’augmenter ses revenus de 140 %. Parallèlement, pour témoigner sa reconnaissance à l’égard des sponsors qui l’ont soutenu pendant sa campagne électorale, il a accordé à la catégorie des revenus les plus élevés, c’est-à-dire aux plus riches de la population, des "cadeaux fiscaux".

 

La propagande est arrivée, difficilement, à minimiser leur total à une quinzaine de milliards d’euros. En fait, c’est, au minimum, du triple de ce montant dont il s’agit. Au moment, où, ne cessent de nous répéter les politiciens et leurs organes de propagande, des efforts sont "indispensables" pour relancer la croissance…

 

Nous sommes dans la symbolique rayonnante d’un régime ploutocratique.


A l’exemple de ce qui se passe dans les autres pays occidentaux, européens notamment. Triomphe du "Libéralisme Economique", dont on sait qu’il n’est que l’habillage idéologique du "Capitalisme Sauvage", le plus brutal.


Pour la France, ce modèle économique et social va être imposé avec détermination par la caste au pouvoir. Il est devenu européen, ne l’oublions pas. Organisé, coordonné, cautionné par les oligarchies dirigeant l’Union Européenne.

 

Les grèves et manifestations massives, réactions et sursauts démocratiques salutaires, n’y pourront rien. Le cynisme des nantis n’a plus de bornes. Les fondements mêmes du contrat social de notre République vont être dynamités : Liberté, Egalité, Fraternité.


Ce sont ces trois piliers dont je veux évoquer la disparition. En les prenant dans le sens inverse de leur invocation illusoire, pour terminer par la Liberté. Notre bien le plus précieux.

 

 
Le dynamitage de la Fraternité ou de la Solidarité

 

Les "régimes spéciaux" de retraite de certaines catégories de salariés, mis en place essentiellement au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ont été diabolisés par le pouvoir. Présentés comme une injustice, à l’égard des autres français qui n’en bénéficient pas.

 

Or, ces régimes de retraite ne sont que la base sur laquelle devaient et devraient être alignés les régimes de retraites de tous les français. Loin d’être une injustice, c’est un minimum à atteindre, dans un des pays les plus riches du monde qu’est la France. Dont la richesse n’a cessé de progresser depuis 1945 et sa reconstruction.


La retraite devrait être l’exemple même du fonctionnement de la solidarité, et de la redistribution des richesses acquises par l’ensemble de la communauté.

 

Mais, le modèle de société en cours de constitution est tout autre : une ploutocratie, assemblée de riches super privilégiés, régnant sur une communauté de moutons de Panurge. Panurge étant, ici, l’appareil médiatique. Ayant comme mécanisme fondateur de l’exploitation : "le travail", considéré comme une vulgaire matière première.


Seuls étant valorisés, protégés, honorés, le capital et la spéculation.

 

On a pu mesurer, pourtant, l’importance de ce travail. Une ville peut être paralysée, un pays ne plus fonctionner, si des travailleurs se mettent en grève. Alors que les actionnaires et les PDG, hyper gavés de rentes, pourraient faire grève, rester sous leurs couettes, sans que la collectivité n’en ressente les moindres effets...


Preuve d’un profond dysfonctionnement dans l’appréciation et la rémunération du travail par rapport au capital, et à son importance fondamentale pour une société.

 

Derrière cette violente attaque contre les régimes de retraite s’activent des intérêts de lobbies extrêmement puissants. Ceux des milieux financiers, comme toujours. Sociétés d’assurances, tout spécialement. Avec pour autre cible prioritaire : la Sécurité Sociale.


Objectif : leur privatisation, à l’exemple du modèle américain. On sait de quoi il retourne. Aux USA, ceux qui peuvent se payer retraite et protection sociale sont les hauts revenus et les riches. Les autres, marginalisés, restant à leur place : "en bas".

 

Forts de leur puissance, ces milieux prédateurs ne s’en cachent même pas. Une illustration de ce travail acharné de sape : parmi les membres les plus fanatiques de ces lobbies figure Denis Kessler. Il dirige la SCOR, compagnie de réassurance, après avoir été un dirigeant du groupe Axa, le président de la Fédération française de sociétés d’assurances (FFSA), et le vice-président du Medef aux côtés d’Ernest-Antoine Sellières,

 

Ce fondamentaliste du capitalisme sauvage, s’était fait remarquer pour ses interventions répétées, en tant que président de la FFSA  "... afin de mettre fin au secret médical en réclamant d’avoir accès aux données privées transmises dans les feuilles de soins électroniques (FSE)" (2). Permettant, ainsi, un tri entre les malades potentiellement rentables et les autres. A l’exemple de la pratique des compagnies d’assurances américaines.

 

N’hésitant pas à dire et écrire clairement, ceux que d’autres pensent :

"La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance !" (3).


Restons lucides, cet intégriste du Libéralisme Economique, n’est que la partie visible de l’iceberg. A sa suite, ce sont de gros moyens pour casser le système social de notre pays.


La présidente du Medef, Laurence Parisot, enfonce le clou. Il y a deux jours, elle envisage avec son  organisation de remettre en cause un des droits les plus difficilement acquis, la "durée légale du travail" :

"Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail … Tout le monde voit bien que le mécanisme des heures supplémentaires n'est pas suffisant… Je sais autour de quoi certains ministres réfléchissent depuis quelque temps et la question de la durée du travail est un axe de réflexion" (4).


Ces propos confirment ce qu’un ancien inspecteur du travail, Richard Abauzit, a recensé en termes de destruction méthodique, systématique du droit du travail et des acquis sociaux. L’étude qu’il a réalisée, à titre personnel, circule. Il convient de la lire et de la distribuer autour de soi, pour prendre la mesure des conséquences qui se profilent :

"Nous sommes en train de perdre une à une, dans le plus grand secret, toutes les protections contre les abus de pouvoir que nos grands-parents ont fait inscrire depuis un siècle dans le droit du travail" (5).


Lui, parle d’une "démolition accélérée" et de "casse" …

 

Arrêtons avec les faux problèmes créés par l’oligarchie : les retraites et la sécurité sociale trouveraient facilement leur complément financier, et même au-delà, en taxant tous les revenus des "capitaux spéculatifs" à hauteur de 50 %. Moitié pour le financement du système de protection sociale et des retraites, et moitié pour le spéculateur.


Etant entendu qu’un capital spéculatif est celui qui est investi à moins d’un an dans des opérations financières non liées à son activité d’origine, ou à plus d’un an, non lié à des opérations industrielles et commerciales. Telles que les constitutions de réserves foncières ou autres…


Voilà un axe de réflexion sur lequel Laurence Parisot devrait se pencher…

 



Le démantèlement de l’Egalité

 

Le cynisme de tous ces nantis soutient que pour "stimuler la croissance", l’Etat doit réaliser des économies.  Non pas : "l’Etat doit améliorer ses rentrées fiscales", et "assurer la redistribution des revenus de la collectivité".


Cette politique antisociale a pour conséquence de mettre fin au principe républicain de l’Egalité. En réalité, l’idéologie d’une ploutocratie ne peut accepter de cohabiter avec la conception d’une société fondée sur la "redistribution".


Son obsession : ne pas payer d’impôt !...

 

Ce concept a été étendu à l’entreprise. Ce sont, donc, de multiples avantages, exonérations et autres cadeaux, planifiés en faveur des entreprises. Pour tromper les citoyens, ce sont les termes fumeux de "stimuler la croissance", en faveur des "entreprises", sans cesse évoqués, en boucle, la main sur le coeur. Un disque rayé…

 

Car, sous le vocable trompeur de "stimuler la croissance", deux "perspectives" sont passées sous silence :

 

i)  ce sont des cadeaux fiscaux en faveur des "actionnaires" des entreprises, et non pas des salariés,

 

ii) ce sont des cadeaux fiscaux destinés, en priorité, aux "grands groupes" et autres "sociétés multinationales" à capitaux français.

 

Ne nous laissons pas abuser, par "entreprises", dans la sémantique des politiciens et de la propagande, il s’agit bien des grands groupes, de la catégorie des sociétés multinationales : grande distribution, banques, compagnies d’assurances, et autres marchands de béton et de canons.


Ceux qui ne créent aucun emploi.


Ce raisonnement se fonde sur le mythe de "moderniser" la société afin de "sortir" de la crise économique, "d’augmenter réellement et durablement la croissance". Et autres tartes à la crème…

 

Lorsque j’entends ces fariboles, le premier baromètre économique que je consulte est celui de l’industrie dite de "luxe". Car, qui dit difficulté économique ou crise économique, l’est pour toutes les catégories sociales. S’il y a en a qui y échappent, c’est que nous ne sommes pas dans le cadre d’une crise, mais dans celui d’un dysfonctionnement, d’une distorsion : l’absence de mécanisme de redistribution de la richesse nationale. L’absence d’Egalité…

 

Attention : l’industrie du "luxe" est  un secteur économique très segmenté. Il y a luxe et luxe. Ne pensons pas aux parfums, maroquineries, fanfreluches et autres breloques ostentatoires qui donnent lieu, avec raison, à toutes les imitations possibles. Là, nous ne sommes que dans l’arnaque du "paraître".

 

Il y a un segment bien plus sérieux et consistant, sur lequel je focalise mon attention : "la construction des yachts de luxe". Un monde ultra discret, uniquement pour gens fortunés, avec ses réseaux, médias et foires spécialisées, sans publicité tapageuse affichée sur les abribus ou magazines pour salles d’attente.

 

Un monde que les analystes et autres pseudo journalistes "économiques" n’abordent jamais. Leurs patrons n’apprécieraient pas, se sentant visés…


Tous les bateaux supérieurs à 80 pieds (6). Pas ceux que vous voyez habituellement dans nos sympathiques ports de plaisance. Non, ceux-là, beaucoup plus volumineux, sont enregistrés dans des paradis fiscaux, aux Bahamas et autres lieux exotiques. Ces palais de luxe flottants, achetés par les riches actionnaires des multinationales, sur lesquels se prélassent les penseurs et artisans des politiques antisociales.

 

Tenez, pour vous changer les idées, visitez un de ces bateaux de luxe, bourrés de marbre et de bois précieux : Le Capri. Construit par les célèbres chantiers Lürssen de Brême (7). C’est un 192 pieds. Son réservoir contient 150 000 litres de carburant. Réchauffement climatique ? C’est quoi ça ?...

 

Figurez-vous que le marché de la construction des bateaux de luxe privés n’a jamais été aussi florissant. Toutes les études de marchés font ressortir une progression moyenne de 20 % par an. Tous les chantiers spécialisés, en Europe tout particulièrement, croulent sous les commandes, avec des bateaux de plus en plus luxueux, de plus en plus gros, et, corrélativement de plus en plus chers.


Les français sont de gros acheteurs. Par discrétion, un des français les plus riches fait construire le sien à Taiwan. Un autre, en Nouvelle Zélande. Ah !... La discrétion…

 

Promenez vous sur les sites des chantiers navals italiens, qui détiennent 35 % environ du marché mondial : Feretti, Cantieri di Pisa, Benetti, Sanlorenzo


Je ne vous parle pas des coûts de fonctionnement avec équipage, ni des coûts de maintenance annuels, pour ne pas vous encombrer. Ajoutons que ces jouets de luxe ne naviguent, avec leurs propriétaires prédateurs, que quelques semaines par an, dans le meilleur des cas.

 

Apparemment, les fortunes privées qui achètent ces objets précieux n’éprouvent aucune difficulté quant à la "croissance réelle et durable" de leurs revenus, pour reprendre les expressions alambiquées de Laurence Parisot…

 

Toujours plus, pour les uns, et toujours moins, pour les autres. Telle est la finalité du démantèlement de cet idéal républicain qu’est l’Egalité.


Nous évoluons intellectuellement, et en termes de valeurs, comme sous la monarchie de Charles X, qui prétendait remettre en cause les acquis de la Révolution...

 

 

 

L’étouffement de La Liberté

 

"Serf" en temps de paix, "Chair à canon" en temps de guerre…  C’est ainsi que les castes au pouvoir ont toujours considéré "Le Peuple". A moins que celui-ci ne sache se lever, et se faire entendre.

 

Charles X et les milieux prédateurs de l’époque, représentés par le puissant ministre et prince de Polignac, voulaient supprimer les acquis de la Révolution. Provoquant trois jours de révolte. Les "trois glorieuses" : 27, 28 et 29 juillet 1830. Qui renversèrent définitivement les Bourbons.

 

C’est le sujet du tableau d’Eugène Delacroix, que j’ai mis en illustration : La Liberté guidant Le Peuple. Sur les barricades se retrouvent toutes les composantes du peuple français, autour de la Liberté : le bourgeois ou l’artisan avec son haut de forme, l’ouvrier avec son béret et sa chemise, la jeunesse avec un gavroche armé… Luttant contre l’armée qui, au lieu de défendre le pays, agissait comme la milice en uniforme d’un régime détesté.

 

Je le dédie à tous les grévistes qui, sous les diffamations quotidiennes des médias de la propagande, ont eu le courage de faire grève. Accusés, à longueur de journée, de "prendre en otage" les "usagers"...

 

En cela, ils ont défendu ce droit démocratique élémentaire qu’est la grève. Ils ont surtout lutté pour défendre les valeurs d’une société, où le travail doit avoir sa juste considération fondée sur le partage de la richesse nationale.


Tout aussi fondamentalement, ils ont défendu une liberté d’expression dont les médias ne sont plus capables. Lâcheté, hypocrisie, mensonge


L’abjection. Les "grands médias" ne sont qu’un outil de propagande privatisé, au service de la ploutocratie leur maître, contribuant à l’étouffement de toutes les libertés.

 

Courage d’autant plus méritoire des grévistes que leurs propres dirigeants syndicaux, pour la plupart, ne sont entrés dans cette grève, traînant des pieds, qu’à reculons. Leur attitude me faisant penser à celle des dirigeants syndicaux du chef d’œuvre d’Elia Kazan Sur les Quais, avec Marlon Brando (8).

 

Bravo aux grévistes et au courage dont ils ont fait preuve.


Comme toujours, c’est une minorité qui agit pour le bien d’une majorité, paralysée par la peur et la veulerie.


Ces grévistes sont le levain qui fait lever la pâte molle d’une nation…

 

 

 

 


 

 

1)  Elu à la Présidence de l’Equateur, le 26 novembre 2006, avec plus de 57 % des voix.
2)  Il a, pour cet intense travail de lobby, obtenu le prix Orwell 2003.
Cérémonie pastiche, organisée par l'ONG britannique Privacy International, visant à dénoncer les atteintes à la vie privée.
3)  Kessler, Denis, Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !, Magazine Challenges. 4 octobre 2007.
4)  Le Medef suggère de supprimer la durée légale du travail, Le Monde, 21 novembre 2007.

5)  Abauzit, Richard,
Casse Du Code Du Travail, La Fin Du Boulot.
6)  Le "nautical foot" (feet au pluriel), le pied nautique, en terme de mesure, en usage dans la construction navale internationale, représente 30,48 cm. Ainsi, quand on parle d’un 80 pieds ou feet, cela équivaut à 24,38 mètres (80 x 30,48).
7)  Chantiers Lürssen Werft GmbH & Co, www.lurssen.com
8)  Sur les Quais, On The Waterfront en anglais, chef d’œuvre classé à la huitième place du Top 100 de l'American Film Institute, avec un des plus beaux rôles de Marlon Brando. Les relations troubles entre responsables syndicaux des dockers, mafia et armateurs du port de New York, constituent la toile de fond de ce film.



Illustration : Tableau de Delacroix : La Liberté guidant Le Peuple.

 


 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Economie et Ploutocratie
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 18:23



Por qué no te callas ?


Vu le ton, avec son tutoiement, l’agressivité de la gestuelle, la traduction se rapprocherait plus de la formule : Ferme-là !... Les médias anglophones, pour la plupart, l’ont d’ailleurs traduit ainsi : Shut up !...

 

Juan-carlos-Chavez-Chile.jpg


C’est en ces termes que le roi d’Espagne, Juan Carlos, s’est adressé au Président du Venezuela, Hugo Chavez. Rouge de colère, le geste menaçant, comme s’il admonestait un écolier, à deux doigts de le gifler. Avant de se lever et de quitter la salle où étaient réunis 22 délégations de chefs d’Etats, lors du 17° sommet
(1) des Etats hispanophones d’Amérique latine, à Santiago du Chili.


Les images ont fait le tour du monde. L’apostrophe de Juan Carlos a même été adoptée, l’humour reprenant ses droits, comme sonnerie de téléphone en Espagne et en Amérique latine. Les commentaires dans la sphère hispanophone ont fait rage, avec chez les anti-Chavez, l’inévitable glorification de l'arrogance du roi d’Espagne. Mais, la majorité des latino-américains ont éprouvé une admiration renforcée pour Chavez, doublée d’un profond mépris pour un monarque représentant, avec sa suffisance raciste, l’ancienne puissance coloniale…


Au-delà de l’anecdote, ou de la qualification de cette algarade, il est intéressant de prendre un peu de recul par rapport à l’incident.  Car, il est représentatif du basculement géopolitique en cours en Amérique latine. Immense lame de fond, progressivement en train de lever, que les responsables politiques occidentaux, et leurs organes de propagande, sont incapables de prendre en compte. Nous assistons, sous les coups de boutoir symboliques d’un Chavez, à une refondation des relations entre anciennes colonies et anciennes puissances coloniales. J’y perçois trois niveaux d’exigence :


1. Exigence de l’égalité dans le respect


i) Un chef d’Etat élu mérite autant de respect qu’un monarque imposé par un dictateur


Sur la vidéo qui circule sur le web, on assiste à une demande d’explication de Chavez, au cours de laquelle il rappelle l’implication de l’Espagne pour le renverser, aux cotés des américains, et, accessoirement, le faire assassiner
(2).  Nullement intimidé par l’embarras du premier ministre Zapatero, il insiste et traite l’ancien premier ministre, Aznar, de "fasciste", pour avoir soutenu un coup d’Etat dans un pays souverain, le Venezuela. L’ambassadeur espagnol était allé jusqu’à commettre l’imprudence de se déplacer pour venir  féliciter les putchistes, dans les premières heures de ce "golpe" qui devait échouer quelques heures plus tard.


Zapatero, venant au secours de la réputation de son prédécesseur et récusant le qualificatif "fasciste", demande le respect dans l’enceinte du sommet vis-à-vis d’un élu du peuple espagnol. Surgit le plus amusant, au moment où il exige le respect, le roi d’Espagne présent, devant les représentants des anciennes colonies espagnoles, disjoncte et s’adresse avec la plus extrême grossièreté à Chavez. Lui demandant de se taire !...


Comme a répliqué Chavez, il est le représentant élu démocratiquement, à plusieurs reprises, avec plus de 63 % des voix lors du dernier vote, d'un Etat souverain. A ce titre, il a droit, et son peuple au-delà de sa propre personne, à autant de respect qu’un chef d’Etat qui n’est, après tout, qu’un monarque imposé par un dictateur : Franco. Il n’a pas l’intention de se taire, encore moins devant un roi, pour reprendre ses termes.

 

 ii) Racisme et néocolonialisme


Chavez concentre sur lui un racisme colonial dont on a du mal à mesurer l’amplitude en Europe et en France. Nos médias de propagande prenant soin de "lisser", ou d’atténuer cette attitude. Aznar, du temps où il était premier ministre espagnol, jouant sur les mots, appelait Chavez : "la oveja negra", la brebis galeuse, le mouton noir. Le mot à retenir est "noir"... 


Ce terme est permanent dans les milieux diplomatiques occidentaux et la "caste blanche" vénézuelienne : negro en espagnol, nigger ou encore black monkey, en anglais. Le nègre, le singe noir… A travers lui sont visés, consciemment ou inconsciemment, la majorité des vénézuéliens, amérindiens, souvent métissés d’anciens esclaves noirs. Ce qui est le cas de Chavez. Dont il est fier. Assumant parfaitement ses racines. Amérindiens méprisés, marginalisés, exploités par la "caste blanche", descendant des colons espagnols et européens
(3), depuis des siècles.


Ce racisme, dans son expression, va très loin. A l’ambassade américaine de Caracas, où Chavez est, bien sûr, honni, un spectacle de marionnettes avait été organisé
(4), lors d’une réception. Il y figurait sous les traits d’un "singe noir". Manque de chance ce jour là, Colin Powell de passage, noir lui-même, n’avait pas apprécié. L’ambassadeur s’était fait taper sur les doigts et avait dû présenter des excuses...


C’est dire le climat d’hystérie coloniale, pétri de racisme, qui règne dans la communauté occidentale au Venezuela, relayé, évidemment, par les organes de propagande des grands médias occidentaux. Fox, donnant la tonalité. Les autres, y compris en France, reprenant en copier-coller.


Si Aznar ne cessait de traiter Chavez de "nègre", lui le traite de "fasciste". Mais, pour de bonnes raisons : parce que le premier ministre d’une nation européenne se permet de fomenter des coups d’Etat, dans un pays souverain qu’il considère, encore, comme une colonie. En fait, Chavez a donné une excellente leçon à ces voyous qui se trompent de siècle. Nullement impressionné par ces hidalgos d’opérettes, avec leurs rubans et leurs talonnettes. Applaudi, en cela, par toute l’Amérique latine. Exception faite de la "caste blanche"…

 

2. Exigence de l’arrêt d’un pillage


Au cours de ce sommet, un des thèmes récurrents a été la prise de conscience progressive et collective du pillage auquel se livrent les grandes multinationales, qui en Amérique latine sont à teinture espagnole. Proximité linguistique oblige. Schéma que l’on retrouve sur d’autres continents : sociétés françaises en Afrique dite francophone, sociétés britanniques en Afrique dite anglophone, etc.


Pas seulement dans l’énergie. Mais, dans ce qui constitue pour elles une fabuleuse rente de situation : les "services aux collectivités". Tous les contrats arrachés lors des dictatures mises en place et protégées par l’Occident. Tout particulièrement : distribution d’eau et d’électricité, traitement des ordures ménagères, concessions de téléphone fixes et mobiles, etc.


Les multinationales, il suffit de lire leurs rapports annuels, ne s’en cachent pas, y réalisent leurs meilleures marges. Précision : ces marges confortables, elles ne les réalisent pas en Occident, mais dans les économies émergentes. La "segunda conquista", la deuxième conquête comme disent les cyniques, en parlant de l’Amérique latine…


Ajoutons que ce sont des "services publics", que les ingénieurs et managers de ces pays pourraient parfaitement gérer, avec transparence, dans le cadre de sociétés privées ou publiques nationales. Toutes les qualifications et les talents sont là. Sans avoir besoin d’une sous-traitance totale à des entreprises étrangères. Sous-traiter la construction d’un satellite de télécommunication, à la rigueur. Une régie de distribution d’eau : il faut vraiment souffrir, pour un pays, de masochisme aigu au point d’en arriver là. La Mairie de Paris envisage de reprendre la gestion de sa distribution d’eau.  Pourquoi des villes et des pays latino-américains ne seraient-ils pas en droit d’arrêter le pillage qu’ils subissent ?...


Ce sont des  bassins de consommateurs entièrement livrés à des entreprises qui les tondent comme des moutons, sans aucun contrôle d’organisme régulateur en mesure de vérifier les marges. Ce sont ces contrats léonins, octroyés lors de dictatures corrompues, que tous les pays d'Amérique latine demandent à réviser. Venezuela, Bolivie, en première ligne. Il y a de la "nationalisation" dans l’air…


Juan Carlos, en parfait représentant de commerce du capitalisme prédateur espagnol, en a eu chaud aux oreilles, pendant les journées de ce sommet. Lui et ses commanditaires sont excédés par le vent qui souffle actuellement sur l’Amérique latine : la volonté d’arrêter le pillage des multinationales. De quoi, sous la pression, disjoncter à l’idée que le pactole puisse s’évaporer…

 

3. Exigence du respect de la souveraineté des Etats par l’ancienne puissance colonisatrice

 

Chavez mène le mouvement de contestation des emprises occidentales, européennes, anciennes puissances colonisatrices, se livrant à d’incessantes manœuvres de déstabilisation politique, économique. Allant jusqu’à appuyer, organiser, collaborer à des coups d’Etat, des assassinats de dirigeants politiques.



C’est une époque révolue. Mais les puissances occidentales s’accrochent à ces anciennes pratiques. N’hésitant pas, ainsi qu’on peut le constater, dans plusieurs pays, à utiliser la force. Le respect de la souveraineté va constituer un des axes majeurs de la refondation des relations que j’évoquais. D’abord, en Amérique latine, puis par "tâches d’huile" dans les autres continents.


Dans les résolutions finales du sommet de Santiago du Chili, l’une d’entre elles est particulièrement intéressante. Elle éclaire l’incohérence et le double jeu des pays européens. Cette résolution exprime, en effet, le soutien de tous les pays hispanophones, dont l’Espagne, à l’Argentine pour la récupération des îles Malouines au large de ses côtes, toujours détenues par la Grande Bretagne. De même que L’Espagne souhaite récupérer Gibraltar, possession britannique sur son territoire.


La veille de ce sommet, le 5 novembre, le roi d’Espagne s'est rendu en visite officielle dans la ville de Ceuta. Enclave espagnole sur le territoire marocain, depuis les conquêtes coloniales du XV° siècle.


Imaginons que la reine d’Angleterre vienne en visite officielle dans la ville de Calais, qui serait encore possession britannique. Réaffirmant ainsi la souveraineté britannique sur une ville dont la France réclamerait pacifiquement la restitution. Ce serait vécu comme une provocation. Pire : une insulte. C’est ainsi que le Maroc et les marocains l’ont vécu.


Finalement, Juan Carlos est à côté de ses escarpins…


Chavez a raison, c’est une tête à claques…


Viva Chavez !

 

 

 

 

 
1)   Journée de clôture du "XVII° Cumbre Iberoamericana", le 10 novembre 2007.
2)   Tentative de coup d’Etat du 11 avril 2002, dans lequel sont impliqués, entre autres, l’Espagne avec son ex-premier ministre, Aznar, et l’ambassadeur espagnol de l’époque, Manuel Viturro.
3)   Autre exemple : Les médias, de la "caste blanche" vénézuélienne, n’arrêtent pas de traiter le Ministre de l’Education Nationale, Aristobulo Isturiz, qui est noir, de "singe noir" ou de "gorille".
4)   Nikolas Kozloff, Hugo Chavez and the Poltics of Race – The White Elite strikes back, Counterpunch.

 

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Published by Georges Stanechy - dans Amérique Latine
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 21:34



Grenouille5-pecran.jpgEn bon crocodile pacifique dans son marigot, il m’arrive de lancer, de temps à autres, quelques bulles, sous forme de "posts", se baladant sur le web. Il me suffit d’en émettre un prônant la tolérance ou l’empathie, à l’égard de l’Islam ou de nos frères africains, pour voir surgir, subitement, une migration de grenouilles prenant mon marigot pour un bénitier. S’installant dans un
concert de coassements, s’interpellant les unes les autres, sans prendre le temps de s’écouter… Assourdissant !...

Je savais, vaguement, qu’il y avait des grenouilles "arboricoles", "fouisseuses" ou "volantes". Ne voilà-t-il pas que celles-ci se présentent comme étant « catholiques » !... Des Grenouilles de Bénitier. Avec une variété, dans leur tenue de camouflage, intrigante : catholiques "traditionalistes" ou "tradis", catholiques "laïques", catholiques "militantes", et j’en passe.

 
Certaines semblent avoir migré depuis Cuba, plus exactement de la baie de Guantanamo. Les plus bruyantes, les plus arrogantes aussi. Avec leur "dialectique", elles instruisent votre procès.


Tout juste si elles ne débarquent pas avec leur matériel spécialisé, comme si elles s’incrustaient à Abu Ghaïb, ou ailleurs : gégène, projecteur pour aveugler, pince pour arracher les ongles, chiens déchiqueteurs de testicules, et autres gadgets de haute technologie représentatifs de leur civilisation raffinée… 


"Tolérance" ? ...


Mot, fatal !... 


Il a le don de provoquer des pustules, chez les Grenouilles de Bénitier. Dès lors, vous êtes présumés coupables, sommés de répondre à toutes leurs questions, dans la seconde. Dans un procès d’intention où, quoi qu’il retourne, vous aurez tort.


Se prenant pour Torquemada. Ou, rêvant de vivre sous l’Inquisition. Reformulant, en boucle, les mêmes sommations, interpellations, injonctions. Coassant les mêmes clichés, préjugés, psychoses. Certains remontant au XI° siècle. Obsessionnellement.

 
Bien sûr, pour varier, elles introduisent des mots nouveaux, dans les mêmes questions. Quand, ce n’est pas Saint Augustin, c’est le Droit Canon, ou si ce n’est pas la référence au Saint-Père, c’est à celle de la Violence.


Du moins, celle des autres, pas la leur. Elles adorent porter Saint Augustin en étendard. Lui, qui disait : « Il y a une persécution juste, celle que font les Eglises du Christ aux impies... L'Eglise persécute par amour et les impies par cruauté. »

 
Les entendre coasser, quelques temps, aurait du charme. Une nuit d’été… Les changements d’ambiance étant propices à la réflexion, dit-on… Mais, le nombre de couacs devient, à la longue, insoutenable. Tout ça ne m’apparaissant "pas très catholique", j’ai été amené à faire comprendre, poliment, à l’une d’entre elles, divagant sur le Droit Canon, qu’elle était aussi "catholique" que moi, joueur de castagnettes à la Scala de Milan… Elle en a eu le coassement tétanisé. Langue avalée. Mon pacifisme s’est ému, devant ce risque d’apoplexie grenouillesque…

 
C’est moins de se faire traiter de "crocodile-dhimmi" qui est agaçant, que d’avoir à endurer le culot d’imposteurs incultes. Car, pas une de ces Grenouilles de Bénitier ne maîtrise les fondamentaux de la religion catholique. Des religions, en général. Ne parlons pas de spiritualité…

 
Apparemment lobotomisées, elles confondent Evangile et Eglise, Christianisme et Capitalisme (1), Judaïsme et Sionisme, Islam et Islamisme, Athéisme et Fanatisme… Dans la plénitude du vide de leur lobe frontal, elles ont toutes, cependant, un point commun inébranlable : le racisme et l’islamophobie. Leur boussole, leur point cardinal. Leur certitude. Leur identité de Grenouille.

 
Elles me font penser à ces caméléons qui se sont multipliés, pendant l’hystérie collective sur "le voile", camouflés sous l’appellation de "laïcs et républicains". En fait, d’authentiques racistes, bénéficiant de l’impunité garantie par ce label.


C’est l’AOF (Appellation d’Origine Fantaisiste) du raciste. Comme pour l’industrie du fromage ou du vin, dès l’obtention de ce genre d’appellation "d’origine", vous pouvez tout vous permettre : faire passer du plâtre pour du fromage, ou de la piquette vinaigrée pour un grand crû. Pareil avec "laïc et républicain", le racisme devient une défense de la démocratie

 
Inculture, imposture, servant de fondement à cette pathologie, sont facilement repérables derrière les artifices de la désinformation que ces spécialistes, en coassements racistes et islamophobes, claironnent. Les tics et travers sont les mêmes, dans leurs slogans et réclames.

 

 

Toussaint, Saint Valentin ou Saint Glinglin

 
Etonnant de constater que bien de ces gardiennes de bénitier ne soient pas en mesure de discerner les fêtes catholiques… Comme, s’il y avait un "bug" dans leurs fiches de propagande. L’une d’entre elles, d’un ton comminatoire, me disait qu’elle espérait que je fêterais la Toussaint à tous les catholiques…

 
Or, c’est une fête que l’on ne souhaite pas ! Contrairement aux deux grandes fêtes catholiques, de joie et d’espérance, que sont la célébration de la Naissance de Jésus, à la Noël, et celle de Sa Résurrection, à Pâques. Lui ayant fait remarquer qu’il s’agissait d’une tradition religieuse antérieure au christianisme, destinée à honorer les morts. Sous nos latitudes, dans le recueillement et le silence, avec des visites dans les cimetières, pour fleurir ou entretenir les tombes. Priant à la mémoire des disparus, dont nous avons partagé l’affection. Soudain, le gonflement de la caisse de résonance de ses cordes vocales s’est bloqué, en pleine course. Aïe !... Plus d’écho.

 
Curieux d’entendre, plusieurs d’entre elles, carillonner une "Bonne Fête" de Toussaint. Comme s’il s’agissait d’une manifestation d’allégresse, avec pétards, petits fours et chocolats !...


Bientôt, elles vont confondre : Toussaint, Saint Valentin ou Saint Glinglin. Tenez, je vous propose de déguster un de ces souhaits, parmi les plus savoureux, daté du 1er novembre dernier, intitulée : Bonne Fête à Tous !  Quel zèle "catho" !... Allez, encore une petite tranche de zèle, et pour peu qu’elles lisent mal leurs fiches, ces grenouilles agitées vont souhaiter Saint Carrefour, Saint Auchan ou Saint Casino…

 


Pro Vie ou Pro Massacres ?

 
Un des dadas de ces vertueuses grenouilles, c’est la défense de "La Vie". "Pro Vie", s’autoproclament-elles ! Formidable, se dit-on !... Enfin des êtres courageux, luttant contre le massacre des Innocents !  Le point bizarre, toutefois, c’est que cette défense de "La Vie" se limite à des déclarations enflammées contre l’avortement. Plutôt réduit comme champ d’application… En creusant un peu, dans une vision paranoïaque d’un envahissement démographique, d’un tsunami d’autres races ou religions…


Sous ce vernis, qui s’écaille au premier coup d’épingle, que trouve-t-on ? Le racisme, dans son expression la plus brutale. La peur, la haine de l’Autre.

 
Silence absolu, en contrepoint, sur les massacres d’enfants dans le monde par les armes occidentales, chrétiennes ou judéo-chrétiennes. En particulier, ceux qui se déroulent au quotidien, sous nos yeux, en Palestine, en Irak, en Afghanistan.


Tout aussi étrange, leur préoccupation du sort des chrétiens dans le monde entier. Magnifique élan de générosité, se dit-on ! Sauf, un trou noir, comme en astronomie : les Palestiniens chrétiens, spoliés, internés, humiliés, torturés, massacrés. Aux côtés de leurs frères musulmans.


Là aucune sollicitude. Motus et bouche cousue. Ils n’ont aucune existence à leurs yeux. Jamais la moindre mention. Des zombies. Curieuse approche d’une communauté de croyants…

 
Dans cette vision grenouillesque, on constate le même daltonisme dès qu’elles relancent les vieilles "théories économiques racistes". Même usées jusqu’à la trame. Leur dénonciation du sous-développement, dans certains pays à majorité de confession musulmane, ne cesse de puiser sa force dans la mise à l’index, haletante, psychotique, de l’Islam…

 
L’immense zone de pauvreté, d'humiliation et de souffrance qu’est le continent Latino-Américain, chrétien depuis cinq siècles, ne provoque, par contre, aucune réaction, ni réflexion. Pas plus que la misère en France, en Europe ou en Amérique du nord, contrées très chrétiennes. Chrétiennes depuis une vingtaine de siècles, pour ce qui est de la France et de l’Europe.


Aucune remise en cause, de leur raisonnement, de leur logique. Lobotomie, encore, probablement. Expliquant la sélectivité de leurs coassements.

 

 

Du Fenouil à la Miséricorde

 
Leur référence incessante au Saint-Père est touchante. Ah ! Le respect filial pour le Pape… La "caution morale" des Grenouilles de Bénitier. Glosant sans fin sur le moindre de ses écrits ou déclarations alambiquées. Apparemment plus simple d’entendement, pour elles, que la sereine lecture des paroles limpides de Jésus dans les Evangiles…

 
Une des lectures qui m’a le plus marqué est celle de l’enseignement de Jésus, tel qu’il est rapporté dans les quatre Evangiles. Difficile de trouver mieux dans l’exhortation à l’Amour de son Prochain, à la Tolérance, au Respect de l’Autre. Impossible de trouver sollicitude plus grande que celle de Jésus pour les exclus, les pauvres, les humbles et les humiliés. Il voulait aller plus loin que la solidarité, la compassion, il souhaitait la fraternité.

 
Cette lecture m’a appris à préserver, lucidement, une distinction entre la Parole de Jésus et les dévoiements d’une structure hiérarchique inéluctablement corrompue, par le pouvoir et la puissance temporelle : l’Eglise. Surtout dans sa représentation papale. Comme dans toute religion, entre la Parole initiale, révélée ou pas, et sa manipulation politique ou temporelle ultérieures.

 
Dans leur invocation frénétique du Saint- Père, nos angéliques grenouilles oublient, en effet, qu’il n’est ni un saint, ni un père, encore moins un prophète. Tout simplement, en langage d’aujourd’hui, il n’est qu’un PDG coopté par un conseil d’administration, la Curie, réunissant des administrateurs ayant le titre de cardinal. Ou, un chef de parti, coopté par un Comité central.


Les papes furent longtemps des chefs d’armées et d’Etat, comme les autres. Vivant dans le luxe, soucieux de leur gloire, de leur ambition et de leur fortune personnelles.

 
Il y eut des pourris comme les Borgia, dont le fameux Alexandre VI (2) couvert de maîtresses et d’enfants illégitimes. Ou, des traîneurs de sabres, comme Jules II (3), qui forniquait comme pas deux dans les écuries du Vatican, avec sa cour (4). Nous sommes loin de Jésus, de son exemple, de son engagement, de son abnégation.

 
Bien sûr, de nos jours, le côté licencieux de la haute hiérarchie a, à peu près, disparu (5). Mais le fond reste le même. Comme toute structure organisationnelle, l’Eglise et son PDG sont incapables de transcender leur époque. Ma pratique professionnelle des organisations m’en a convaincu. Ils ne peuvent en être que le reflet.


Le pape actuel, Benoît XVI (6) n’y échappe pas. Son dogmatisme, confinant au fanatisme, a été pris en flagrant délit à plusieurs reprises. D’où le sentiment de confort de nos grenouilles en invoquant le pape : elles se retrouvent en miroir.

 
Ancien Préfet de la Congrégation de la Pratique de la Foi, qui est l’organisation qui a succédé, au fil des siècles, à la sinistre Inquisition, après s’être appelée un moment le Saint Office. L’équivalent d’un "commissaire politique" sous le stalinisme, soucieux du respect de la "ligne idéologique". Colonne vertébrale d’un parti totalitaire.

 
En tant que cardinal, il s’est acharné sur "l’Eglise des Pauvres". Son terrain de chasse prioritaire a été l’Amérique latine. Tout un courant s’était développé,  fondé sur la solidarité avec les pauvres, au Brésil et en Amérique Centrale, notamment. Mettant en cause l’alliance entre les grands propriétaires fonciers, les forces militaires et l’administration corrompue. Avec des prêtres et même des évêques remarquables par leur "don de soi".


Ils ont tous été éliminés, par le cardinal Ratzinger devenu pape. Lire la belle lettre (7) de Claude Lacaille, Prêtre des Missions Étrangères, Trois-Rivières, au Canada : Lettre ouverte à mon frère Benoît XVI – Vivre l’Evangile avec les exclus.

 
En mars 2007, Benoît XVI a condamné le plus grand théologien d’Amérique latine : Jon Sobrino. Il avait le tort de rappeler que la communauté voulue par Jésus était celle de la Justice et de la Fraternité. Jon Sobrino ne cessait de condamner la corruption des dictatures militaires protégées par l’Occident, terrorisant les populations avec les "escadrons de la mort", les enlèvements et les exécutions sommaires. Au bénéfice des grands propriétaires et des multinationales pillant les économies du continent. Enfermant les peuples dans la misère.

 
Il y eut son fameux discours islamophobe (8) de Ratisbonne, en Allemagne, où il opposait la foi et la raison en Islam. Digne d’un curé de campagne analphabète du XIX° siècle, que les autorités coloniales recyclaient dans les colonies lointaines pour prêcher les bienfaits de la colonisation chrétienne, et au passage justifier la spoliation…

 
Ou encore, en mai 2007, lors de son voyage au Brésil, Benoît XVI a choqué les communautés amérindiennes par des propos « arrogants et irrespectueux », déclarant que les « populations indigènes d’Amérique latine avaient été purifiées par l’arrivée du christianisme sur leur continent ».

 
Oui, triste "caution morale" d’une hiérarchie que Jésus fustigerait, si nous avions la chance de l’avoir parmi nous. Comme il l’a fait une fois, chassant les marchands du Temple de Jérusalem, les poursuivant, les frappant à coups redoublés, Lui, le non-violent par essence, avec une corde…


C’est un camion de cordes dont il aurait besoin, pour nettoyer ce Vatican et ces Bénitiers…         

 
Ne cessons de le répéter : le monde est un village où nous devons respecter les croyances de chacun. Dans la fraternité.

 
Mais, sont-elles capables, toutes ces Grenouilles de Bénitier, d’écouter, excepté leur coassement ?… Peut-on leur conseiller de lire, de méditer, d’intérioriser, les Evangiles, avant de jouer aux "ferventes cathos" ?… Si tant est qu'elles le soient effectivement...

 
Je vais être charitable, avant de les éjecter, dans un éternuement, de mon marigot, le laissant à sa quiétude originelle, je leur offre comme cadeau de départ, une parole de Jésus (9) avec toutes ses senteurs méditerranéennes :

 

«  Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin,

après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la Justice, la Miséricorde et la Bonne Foi ;

c’est ceci qu’il fallait pratiquer,

sans négliger cela.  »…

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Il y a même des Grenouilles "Tradis" Boursicoteuses, justifiant la spéculation financière sauvage, sous forme des fonds spéculatifs appelés Hedge Funds. Lire, pour vous amuser, le numéro d’équilibriste en casuistique (20 octobre 2007) : "A quoi sert un hedge fund ?". Peut-être faut-il multiplier les petits pains, gratis, pour pouvoir mieux les partager ?...
(2)   Alexandre VI, né Rodrigo Borgia, Pape de 1492 à 1503. Connu pour sa débauche et ses crimes. Il avait pour fâcheuse habitude de faire occire les victimes de ses enlèvements et viols (cas célèbre du jeune seigneur de Faenza, Astorre Manfredi) en les faisant jeter dans le Tibre. C’est lui qui arbitra le partage de la colonisation en Amérique latine, entre le Portugal et l’Espagne, les deux super-puissances de l’époque, par le traité de Tordesillas (1494).
(3)   Jules II, archétype du "pape guerrier", du 1er novembre 1503 au 21 février 1513. Plus soucieux d’être à la tête de ses armées, de gérer ses territoires et sa fortune, que de s’occuper de l’évolution spirituelle de la communauté catholique. Sa cour était célèbre pour le luxe et la licence de ses mœurs, dont les excès choquèrent, entre autres, celui qui devint un des initiateurs de La Réforme : Luther.
(4)   Scène historique célèbre. Visitant avec sa cour les écuries du Vatican, le spectacle de la saillie d’une jument par un étalon provoqua une chute générale dans la paille. Les dialogues courtisans se poursuivirent dans de fougueux ébats empaillés... Pape, en tête !...
(5)   L’Eglise catholique des USA va verser plus de 800 millions de dollars d’indemnités (Evêché de Los Angeles : 660 + Evêché de San Diego : 198) à des victimes d’actes pédophiles imposés par divers dignitaires, de sa hiérarchie, reconnus coupables. Septembre 2007. D’autres évêchés vont être, probablement, concernés par ces actions en justice.
(6)   Benoît XVI, né Joseph Alois Ratzinger en Allemagne le 16 avril 1927. Elu Pape, le 19 avril 2005, à l’âge de 78 ans.
(7)   Lacaille, Claude, Lettre ouverte à mon frère Benoît XVI – Vivre l’Evangile avec les exclus, mercredi 16 mai 2007, Le Devoir , Montréal, Canada.
(8)   Discours islamophobe de Ratisbonne (Allemagne), du mardi 12 septembre 2006. Lire l’article  de Henri Tincq, Islam : un faux pas de Benoît XVI, Le Monde, 20 septembre 2006.
(9)   Evangile selon Saint Matthieu : Mt. 23, 1-33.

 

Crédit Photo : http://www.photo-ecran.com

 

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Published by Georges Stanechy - dans Islamophobie & Racisme d'Etat
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 12:05


"De toute façon, seuls les imbéciles et les porcs peuvent encore croire à la pérennité d’un tel monde"
.
 


- Ça "déménage", n’est-ce pas ?... C’est du Thierry Pelletier.
.
C’est qui ?
- Le meilleur écrivain français actuel.

.
Rien que ça ?
- Oui. Rien que ça.


Certains me diront : "… Je n’en ai jamais entendu parler…". Normal.

Bon, disons-le d’entrée... Son grand-papa n’a pas fait fortune dans le pillage des ressources naturelles des colonies d’antan : bois tropicaux, caoutchouc, monopole de leur commerce extérieur et tutti quanti… Manque de bol, son papa n’évolue pas dans la sphère des gouvernants et de la Nomenklatura Culturelle. Dans sa famille, non plus, pas de transfuge d’un parti à un autre.


Très coté, le "transfuge", en ce moment. On se les arrache. Portes, chéquiers, s’ouvrent dans les grandes largeurs.


Tout ce qui permet aux rejetons "littérateurs" de parader, les cheveux au vent, dans les comités de direction des sociétés d’édition, les médias, et de sniffer avec les copains, à New York, Ibiza ou ailleurs. Avec le privilège de faire publier n’importe quoi, n’importe quand. Sous les applaudissements nourris, orchestrés par les "chauffeurs de salles" (1) des émissions TV, spécialisées dans la promotion commerciale et la publicité clandestines.


Aurait-il fait l’usine à écrivains Normale-Sup, cela aurait pu être rattrapable… Mais là, c’est trop tard. Puis, circonstance aggravante, il n’est pas le genre à déambuler, dans les salons ou devant les caméras, l’écharpe rouge ou blanche en cachemire, sur un costume laine et soie. Tenant sa coupe de champagne rosé, le petit doigt en l’air. Il n’est pas tendance. Pardon, on se doit de dire "vintage", à présent.


Non. Il a une tête de boxeur. Catégorie Mi-Lourds. Cheveux ras, le visage fermé, on a l’impression que le direct du droit va partir, suivi, dans le quart de seconde, d’un uppercut du gauche. Pour peu qu’on dérape en sa présence. Alors qu’en fait, il a un cœur gros comme ça…


Et puis, sa thématique, son univers… Pas le genre à se laisser attacher à un radiateur, bâillonné, dans une combinaison en latex, pour se faire chatouiller la plante des pieds par une "dominatrice". Avec une plume en duvet de canard (2). Délayant, ensuite, le ravissement de ces sensations, pendant deux cents pages. A la Sollers ou à la Modiano… Pas le latex, le délayage…


Ah !... Tartiner sur ses états d’âme, et ses histoires de fesses, avec Venise en toile de fond !... Filon inépuisable… Regardez, même Sylviane Agacinski (3), qui ne vendait plus un bouquin, vient d’en sortir un, sur "les perversions sexuelles". Ça, c’est vendeur !...


Voyons !... On n’a pas idée de parler de « la France d’en bas » en ce moment.  La France des fracassés, de la pauvreté, des exclus produits par un système économique devenu une machine à déchiqueter. Dans un des pays les plus riches du monde. Un système économique, on n’arrête pas de le dire, de le savoir, où les riches s’enrichissent sur le dos d’une majorité. Qui voit le nombre de ses pauvres se multiplier (4). Laissons les veaux tranquilles, derrière Doc Gynéco en joueur de flûte, de leurs pas de sénateur… Ruminant placidement, vers l’abattoir…


Au moment où triomphe "Le Libéralisme" en France, la ligne éditoriale c’est : anesthésie générale. La misère en France, ça n’existe pas. C’est uniquement dans les pays sous-développés. Chez les "barbares", qu’on est obligé de bombarder et de mitrailler, tous les jours, pour leur apprendre "les bienfaits de l’initiative individuelle et de la liberté d’entreprendre"…


Non, en France, "Pays des Lumières", celui qui tombe dans la misère et la précarité, c’est qu’il les a bien cherchées. Tant pis pour lui. C’est la loi de la sélection naturelle. C’est la vie… Et, puis, celui qui n’aime pas la France, il n’a qu’à la quitter. Na !...


Pour achever le tout, le nom aussi : « Pelletier »… On n’a pas idée… Ça sent la France profonde, provinciale. Cela ne sonne pas Rive Gauche. Pas plus Rive Droite, d’ailleurs. Il doit avoir encore de la terre sur les souliers. Fouler la moquette des médias et le parquet des TV…


Talent ?...  Tout ça n’est pas très télégénique, radiophonique… Ce n’est pas avec ça qu’on vend des livres. C’est avec une "image", "un concept". Tout le "concept" est à revoir. Ça ne passe pas auprès des attachées de presse, et des détachés en ronds de jambes.


C’est peut-être "la faute à pas de chance", mais les invitations pour parler de son travail d’écrivain, sur les plateaux TV, ou stations de radio, ce n’est pas pour demain. A l’extrême limite, on pourrait le caser dans On a tout essayé… Entre un gloussement et un ricanement…

 

Et, pourtant…


Quand on lit Thierry Pelletier, la prose de tous ces souffreteux du nombril, que nous impose le cirque médiatique, en comparaison, c’est de la roupie de sansonnet. Ceux qui ont apprécié ses textes, disent qu’il y a du Bukowski (5), chez lui. Sans sa lubricité ou sa scatologie provocatrices. Ce qui n’est pas plus mal. Ou encore, du Céline.


La première fois que je l’ai lu, je me suis dit : « Enfin ! Nous tenons notre Erskine Caldwell (6), notre John Steinbeck !... (7) ». Pour moi, il est de la même fratrie qu’un Pedro Juan Gutiérrez.


Tous ces écrivains, qui ont su rompre la loi du silence sur la misère, l’exploitation économique et sociale de l’homme par l’homme, le racisme, la souffrance, les rêves écrasés. Et, bâtir des œuvres superbes, sur une écriture dense, sans pleurs, sans militantisme. Avec, en toile de fond, la Dignité Humaine.


Une dimension en plus : une énorme tendresse. Je n’imagine pas Thierry Pelletier rater sa sortie comme Céline, finissant en ermite aigri, envahi de chats. Dans ses textes, il y a toujours un zeste, un gros zeste de tendresse. A la François Villon.  


Tendresse poétique, sous-tendue de défi goguenard à l’égard de toute autorité. Du moins à l’égard des politiciens, et de leurs milices, qui confondent organisation sociale et répression populaire. Ces nouveaux versaillais, au service non pas d’un ordre idéalisé, mais de l’écrasement cynique de toute aspiration à un monde solidaire.


Bukowski, Céline, Villon, Caldwell, Steinbeck, Gutiérrez, c’est trop fort ? Non. Pas assez (8). Mais, on devrait arrêter avec ces filiations, ces influences ou similitudes, directes ou supposées. Lui, c’est lui. Et, un sacré LUI.


Il en a vu... Il me fait penser à l'androïde Roy Batty, joué par Rutger Hauer (9), dans le film de Ridley Scott : Blade Runner. Violences, souffrances, moments de beauté aussi, entrevues aux quatre coins de la galaxie. Rassemblées dans la dignité d’une révolte, en un poème, lors de la poignante scène finale, "Tears in Rain". Poème magnifique, que Rutger Hauer récitait sous la pluie, une colombe dans les bras, à un "humain", joué par Harrison Ford, qui mesurait, stupéfait, sa petitesse et sa médiocrité, face à cet être mi-homme mi-robot.


La galaxie de la misère, en France, de la "Zermi", de la galère, de la survie, il la connaît. D’une extrémité à l’autre. D’un infini à l’autre. Nos politiciens professionnels, eux, en sont encore au stade du microscope. Ils ne savent que se pencher, avec leurs pincettes et leurs calculettes, sur cette galette de chameau qu’est, pour eux nantis jusqu’aux oreilles, "La Précarité". En se bouchant le nez.


Il a fait tous les métiers. Educateur, travailleur social, il a connu, observé, aidé, compris, tous ces hommes et femmes, devenus, pour certains, toxicomanes ou SDF. Ces paraplégiques de la détresse. Sans se prendre pour Mère Térésa.


Rage et colère, on les sent, contenues par l’humour, la générosité, et la lucidité. Lucidité enfouie derrière un blindage, pour ne pas exploser au contact des coups de hache du destin, lorsqu’il s’acharne sur les plus démunis.


On a pu l’apercevoir, invité comme "éducateur", dans une émission TV de France 3, le 17 octobre dernier « Ce Soir ou jamais » sur "La Précarité". Noyé, au milieu des meilleurs théoriciens officiels de cette anomalie sociale. Bien sûr, ce fut un dialogue de sourds entre théories économiques d’un côté, et vécu de l’autre.


Le vécu, véritable école des grands romanciers. Il a eu cette chance, qui lui permettra de construire une de ces œuvres contemporaines, pétries d’une réalité aussi violente que belle, trop rares dans notre littérature.


Il en a déjà fait un livre (10) : "La Petite Maison dans la Zermi". Des nouvelles, 24, sous forme de portraits et de tranches de vie. Avec, pour originalité supplémentaire une quinzaine d’illustrations, chacune réalisée par un dessinateur différent.


Ce regard, on le retrouve régulièrement dans les scénettes de son blog, "La France de Toutenbas". Des bijoux. Sans trémolo, ni misérabilisme. D’une justesse d’observation et d’une drôlerie qui décapent, dans le ridicule, le décor bling-bling des marquis au pouvoir. Avec un tempo, que ne possède aucun romancier français, en ce moment. Bruno de Stabenrath ou Marc-Edouard Nabe, mis à part. Tous viennent du monde de la musique, avec une solide formation musicale, il est vrai.


Pas n’importe laquelle.


La grande, la vraie. L’égale d’un Bach, d’un Beethoven. Rock, blues, folk, country.  Au contact des meilleurs : Eddie Cochran ou Gene Vincent. Il a joué dans un groupe pendant une vingtaine d’années, "Les  Moonshiners" (11), et avait adopté comme nom de scène : Cochran (12).


Ambiance, rythme, montrant à toutes ces Précieuses Ridicules, dont on nous gave médiatiquement avec leur "tambouille romancière", ce qu’est la Littérature. Avec un grand "L". Oui, ce n’est pas l’agencement d’une suite de mots, sur des soupirs, devant un miroir, assaisonnée de trois couches de vernis.

 

Thierry, on n’ira pas jusqu’à te demander un remake de La Comédie Humaine, d’accord…


Lâche-toi. Ecris-nous quelques romans, bien trempés.


Comme un rock.


 A la Cochran…
 

 

 

 

(1)   Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion d’assister au tournage d’une émission TV de divertissement, le "chauffeur de salle" est celui qui, derrière les caméras, commande les applaudissements, avec leur intensité, ou le silence, au "public" présent dans la salle.
(2)   "Vu à la TV", la promotion d’une telle œuvre, avec son auteur invité dans une "émission culturelle", la semaine dernière…
(3)   Sylviane Agacinski, "philosophe" française, plus connue pour être la seconde épouse de l’homme politique Lionel Jospin, que pour son génie "philosophique".
(4)    En 2007, la France compte deux millions d’enfants vivant sous le seuil de la pauvreté, et 20 % des jeunes entre 18 et 25 ans, sans domicile, dans des centres d’accueil.
(5)  Bukowski (1920-1994), romancier et poète américain, remarquable pour sa lucidité, pleine d’humour, tant à l’égard de sa personne que de "la comédie humaine". Il avait défrayé la chronique en France, en octobre 1978, lors d’une apparition gargantuesque, "arrosée" et mouvementée, sur le plateau de l'émission littéraire Apostrophes, animée par Bernard Pivot.
(6)    Caldwell est surtout connu en France pour ses deux romans : Tobacco Road (La Route du Tabac) et God’s Little Acre (Le Petit Arpent du Bon Dieu). Ses "Short Stories", courtes nouvelles de deux-trois pages, moins diffusées, sont un modèle d’écriture.
Je recommande : The Stories of Erskine Caldwell (1929 -1941), Brown Thrasher Book, by the University of Georgia Press – 1996 – Athens – Georgia – USA.
(7)    Le John Steinbeck des célèbres romans : Of Mice and Men (Des Souris et des Hommes) et The Grapes of Wrath (Les Raisins de la Colère).
(8)   D’excellentes critiques ont paru dans la presse écrite, notamment : Le Monde, Libération, L’Humanité, Rolling Stone, Le Monde Libertaire, Elle.
(9)    Le meilleur rôle de l’acteur hollandais, Rutger Hauer dans un film culte, couvert de prix, sur une splendide musique de Vangélis. Notons, avec regret, que le splendide poème qu'il récitait à la fin du film a été tronqué dans la dernière version du DVD, enlevant toute la force émotionnelle de la scène.
(10)   Publié aux Editions Libertalia, mars 2007. Editeur indépendant de l’industrie médiatique liée aux marchands de canons. A encourager, et à soutenir en achetant ses publications.
(11)  "Mooshiners" est une référence aux distillateurs et contrebandiers d’alcool, dans les Etats du sud des USA. Dans les Appalaches, notamment. Ils ont eu leur heure de gloire pendant la Prohibition. Le terme, dans la tradition musicale et littéraire, renvoie à une attitude populaire de défiance à l’égard d'un Etat plus soucieux d’imposer des taxes sur les pauvres, que d’assurer une justice économique et sociale.
(12) Eddie Cochran (1938 – 1960), un génie du rock fauché à l’aube d’une fulgurante carrière dans un accident de voiture, lors d’une tournée en Grande-Bretagne. Auteur de chefs-d’oeuvre, parmi lesquels : C’mon Everybody, Nervous Breakdown, Summertimes Blues

 
 
 
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Published by Georges Stanechy - dans Artistes et Ecrivains
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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 19:35


shaking-hands-thumb2848353.jpgL’Europe généralise une politique d’immigration destinée à protéger son "identité". La France, emboîte, donc, le pas du mouvement moutonnier.

Allant jusqu’à envisager des tests ADN, pour prouver les filiations, dans le cas des regroupements familiaux. Provoquant le hoquet dégoûté, mais non moins hypocrite, de la presse des milieux "néocons" new-yorkais (1).
 

Le grand argument étant de dire : « … mais ça existe déjà dans d’autres pays européens !... ». Vieille habitude française. Lors de l’application des mesures racistes, imposées par l’occupant au Gouvernement de Vichy, les politiciens disaient aussi que "cela" existait dans d’autres pays européens…

 
 

Démagogie politicienne : "la peur de l’Autre"

 

Quelle est l’identité européenne ? Se fonde-t-elle sur la couleur de la peau, les gènes, les croyances religieuses ? Ce sont des questions qui restent en suspens. Et, qui le resteront longtemps. Il n’y pas de réponse.

 

De tous temps, l’Europe a été un carrefour de civilisations, un creuset où se sont fondus de multiples flux migratoires. Beaucoup venant de fort loin. D’Asie centrale, pour les plus importants. Comme les Francs, les Burgondes, les Wisigoths, les Ostrogoths, les Vandales.


Peuples formés d’agrégats, de mélanges d’origines tribales, échelonnés dans le temps suivant les parcours de leurs nomadismes. Constituant l’ossature initiale de notre pays, sur les décombres de la civilisation "gallo-romaine", elle-même, fruit de la rencontre de précédents mouvements de populations.

 

L’Europe contemporaine des frontières est, en fait, une Europe du racisme. Ancrée, dans une interaction savamment dosée par les castes politiques au pouvoir, sur la manipulation de différentes peurs, suscitées, entretenues à intervalles réguliers : l'arrivée de barbares, terroristes dans l'âme, confisquant des emplois, mettant en déficit les systèmes de protection sociale, etc.


L’essentiel étant, pour les démagogues, de faire croire que, grâce à leur conduite "éclairée", elles sont maîtrisées. Tout en ayant, en permanence, sous la main, un bouc émissaire idéal : "L’Autre", "L’Intrus ", "L’Envahisseur", "Le Clandestin"…

 

Car, ce n’est qu’un jeu politique d’essence démagogique. Tous les gouvernements européens savent qu’il sera nécessaire de recevoir, d'ici le milieu du siècle, environ 160 millions d’immigrés. Si l’on veut faire le poids face à l’émergence du développement exponentiel du reste du monde : l’Asie, bien sûr, mais encore l’Amérique Latine, et aussi l’Afrique.

 

Saul Ralston le rappelle dans son livre, où il démonte pièce par pièce le mythe de la "Mondialisation", The Collapse of Globalism (2) :

« … Compte tenu du faible taux de natalité, [l’Europe] aura besoin de 160 millions d’immigrés d’ici 2025 pour maintenir le fonctionnement de ses sociétés… » (3).

 

Mais, bon, suivant la formule consacrée par les cyniques des appareils politiques : "Le racisme, en politique, ça ne coûte pas cher, et ça peut rapporter gros". Alors, on fonce dans les mesures et les postures démagogiques.

 

Entre autres mesures "stratégiques", tous les pays européens mettent, ainsi, en place des examens, destinés aux arrivants et à leurs familles, portant sur les langues, l’histoire, la géographie, les institutions du pays d’accueil. Autrement dit, si votre mari ou votre femme, vos enfants ou vos parents veulent s’installer avec vous ils devront parler couramment la langue du pays où ils s’installent. Bien sûr, si vous venez d’un continent "non occidental"…

 

Pourquoi pas ?...

 

A condition qu’il y ait réciprocité. Selon la clause, internationalement reconnue, de l’égalité de traitement pour les ressortissants de chaque nation. Soyons précis : dont l’application est internationalement reconnue, et appliquée, par les nations en mesure de l’imposer…  

 

Cela présenterait l’immense avantage de faire connaître des langues étrangères, des civilisations de pays où s’installent, et sont installés, des européens. Prenons l’exemple du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne : Sénégal, Côte d’ivoire, Mali, Togo, Gabon, Congo (les deux : Brazza et Kinshasa), etc.

 
 

Culture coloniale…                  

 

Combien de fois ai-je été sidéré de constater que les communautés françaises, et européennes en général, installées à l’étranger, dans leur majorité, ignoraient tout du pays d’accueil dans lesquels elles vivaient. Parfois, depuis plusieurs générations. Contexte professionnel à part, ils vivent uniquement entre eux. Pratiquant une sorte d’endogamie de l’ignorance. Pathogène. Quand je dis tout, c’est tout : langue, histoire, civilisation, religion, art, musique, coutumes vestimentaires et autres…

 

Une exception, peut-être : la géographie. Car, pour ces communautés, le pays dans lequel elles vivent, c’est un Disneyland, qu’on visite, photographie, paysages et animaux, comme un décor. Le reste, les habitants, c’est comme les palmiers et les cocotiers : cela fait partie du paysage. Du carton-pâte ferait aussi bien l’affaire…

 

Pour les ressortissants français, vivant dans les anciennes colonies ou protectorats, ces pays sont considérés comme francophones. Chez nos diplomates, c’est encore pire. Se prenant pour Chateaubriand ou Stendhal, ils véhiculent leurs schémas "fin du XIX° siècle" comme autant de bicornes emplumés.


Quant à nos Présidents, ministres, politiciens et autres parlementaires en déplacement, n’en parlons pas, c’est l’Apocalypse de l’ignorance "crasse" (4). De là, à penser que ces pays appartiennent à la France, sous réserve d’une autonomie de façade, le pas est vite franchi. Au moins, inconsciemment.

 

Il faut les excuser. Moi-même, je n'y ai pas échappé. J’ai mis longtemps, avant de me défaire de ce manteau de Nessus qui me collait à la peau. Ce lavage de cerveau, cette désinformation, cette propagande, inoculés dès l’enfance, dès mes premiers pas à l’école. Sur mes ancêtres les gaulois, les bienfaits de la colonisation, et de la francophonie…

 

Tant de clichés et de mythes…


Ouvrir les yeux, comprendre et découvrir. Impossible. Le relais à la sortie de l’école est pris par l’audiovisuel et les médias.  Avec des formes différentes, la propagande coloniale est aussi forte qu’au XIX° siècle.

 

Dans mon long cheminement initiatique, le jalon originel a été le Sénégal.


Lors de ma première visite, je me souviens d’avoir évoqué ce qu’on m’avait fait ingurgiter sur "la grande figure" de "Léopold Senghor". Mes amis Sénégalais, avec leur  patience et bonne humeur communicatives, se sont employés à éclairer ma lanterne.


J’ai découvert, par la suite, qu’il existait de remarquables études (5) donnant un coup de projecteur sur ce pan méconnu, chez nous, de l’histoire du Sénégal. Mais, elles sont occultées par la propagande française.

 

Léopold Senghor (6) fut le premier président du Sénégal. Cet agrégé de grammaire française n’a cessé durant les vingt ans de sa présidence, de 1960 à 1980, de lutter contre les langues sénégalaises. Mamadou Cissé, le rappelle : 

« Les objectifs du Président, grammairien et non moins linguiste, étaient, en réalité, de rendre difficilement applicable, sinon impossible d’application, toute mesure permettant une avancée significative des langues nationales.

Rappelons qu’il a participé et, ce pendant vingt ans, en tant que Président, à toutes les commissions sur le processus de promotion des langues nationales » (7).

 

Rédigeant, de sa main, dans le Journal Officiel du Sénégal, des pages sur la ponctuation et autres subtilités de la langue française. Ou, encore, interdisant par décret, certains modes d’écriture notamment de doublement de consonnes, la "gémination", d’une des principales langues du pays, le Wolof :

« Ces pressions juridiques débouchèrent sur une tension entre la communauté scientifique et l’Etat qui aboutit à la censure du film du cinéaste Sembène Ousmane Ceddo.

En effet, selon le décret présidentiel, il ne fallait qu’un seul d au titre. Il en fut de même pour le journal Sopi dont le titre devrait avoir un seul p au lieu de deux.

Ce journal obtempéra au risque de se voir interdire de parution, alors que le R.N.D. de Cheikh Anta Diop opta pour Taxaw au lieu de Siggi, contournant ainsi la contrainte juridique de ce décret présidentiel sur la gémination » (8).

 

Je découvrais, subitement, non sans stupeur, non sans honte, le colonialisme culturel, linguistique, dans ses formes les plus perverses, via un de ses relais, représentatif d’une nomenklatura détestée par son peuple. Mais, protégé, encensé par notre appareil de propagande.

 

Senghor "protégé" ?... Oui. Qui a entendu parler de l’autocratisme de Senghor ? Un exemple ? Il n’a jamais hésité à jeter en prison les opposants qui lui faisaient de l’ombre. Notamment, le premier diplômé de Normale-Sup sénégalais, Omar Diop Blondin.


La propagande de Senghor a toujours soutenu, il y tenait, que c’était lui le premier normalien africain de l’histoire. Et, bien : non. C’est faux.

 

Opposant à Senghor, il fut arrêté, condamné à trois ans de prison, retrouvé pendu dans la prison centrale de Gorée, le 11 mai 1973. Assassiné par la police secrète, d’après tous les témoignages. Certains affirment qu’il aurait été étranglé par le sinistre commissaire divisionnaire français en "détachement", Jean Colin, chargé de gérer la police politique de l’époque...


Un symbole : l'île de Gorée, d’où était expédiés les esclaves pour nos champs de canne à sucre de Martinique et de Guadeloupe.

 

Senghor "encensé" ?... Elu à l’Académie française en 1983, couvert d’honneurs, en France. Implacable fut le déboulonnage, méthodique et plein d’humour, par mes amis sénégalais, de cette prétendue "statue de la Liberté et des Lumières"…

 

Incrédule, je découvrais un bouffon.  Ubu Roi.

 

Je découvrais, surtout, le haut degré d’intoxication intellectuelle, culturelle dans lequel nous entretient l’appareil de propagande néocolonial, via ses médias et son système scolaire… Les ravages d’une destruction systématique de l’identité d’une nation, sous couvert de la « francophonie »… Mes périples africains, dans une dizaine d’entre eux qualifiés de "francophones", m’ont fait prendre la mesure de ces ravages.

 
 
… et  lâcheté identitaire
 

Alors, quelle magnifique porte ouverte que la réciprocité de ces dispositions de "sureté  identitaire" !... Ce serait une redécouverte par l’Europe de ces continents, civilisations, patrimoines historiques qu’elle ignore. Un encouragement à ce foisonnement culturel !

 

Mais quelles mesures de réciprocité, me direz-vous ? N’allons pas chercher loin. Tout simplement des mesures "en miroir" :

 

1) Tout européen entrant dans ces pays, devrait être soumis à l’obtention d’un visa, à partir du moment où celui-ci est imposé à leurs propres nationaux. Les frais d’obtention de ces visas contribueraient à établir une égalité de traitement entre nationaux, et, en outre, renforceraient les budgets des consulats en Europe. Cela créerait même des emplois !

2) Tout européen souhaitant le regroupement de sa famille (femme, enfants, parents, etc.) accepterait que les membres désirant le rejoindre et s’installer, soient soumis aux même types d’examens qu’en Europe. Ceux-ci portant sur la pratique de la langue, les connaissances géographiques et historiques des pays d’accueil.

 
Ainsi :
 

i)  Examen d’arabe et de civilisation musulmane dans les pays arabes, du Maghreb en particulier, avec les connaissances géographiques et historiques requises. 

ii)  Examen de langues africaines et de civilisation africaine dans les pays de la zone sub-saharienne : Wolof ou Pulaar au Sénégal, Sénoufo ou Baoulé en Côte d’Ivoire, etc. Les langues étant nombreuses, le choix ne serait pas limité.

 

 

3) Production des tests d’ADN pour les nationaux européens, dont les pays d’origine imposent ces tests.

 

Tests ADN, imposés à des européens ?...  

 

Oui. On ne sait jamais, avec toutes ces familles européennes, divorcées, recomposées, adoptées, cachées, polyandres et polygames, etc. Mitterrand, l’actuelle famille royale de Belgique, et autres personnages en vue, sont un exemple de cette complexité dans les filiations apparentes ou occultes, en Europe. On pourrait s’y perdre. Qui est le père de qui, en fin de compte ?

 

"Mon tourisme", vont pleurnicher les uns !... "Mes investisseurs potentiels" vont couiner les autres !...

 

Et, alors ? La dignité d’un pays, et de ses nationaux, ne se marchande pas.

 

Regardez la Chine. Elle a une politique d’admission et de visas très stricte. Elle n’a jamais eu autant de visiteurs, de touristes et d’investisseurs. Une des premières destinations mondiales. Et le mouvement s’accélère !...

 

Oui, mais les dirigeants Chinois, m’ont rétorqué des amis Ivoiriens : « … ne confondent pas développement économique et asservissement politique… ».

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

(1)  Le Figaro : Le New York Times écoeuré par les test ADN français.
(2)  Ralston Saul, John, The Collapse of Globalism – and the Reinvention of the World, Atlantic Book, 2005. "L’effondrement de la Mondialisation et la Réinvention du Monde".
(3) … « Given the continent’s low birth rate, it will apparently need some 160 million immigrants by 2025 to keep its societies functioning. » (p. 278). Op. Cit.
(4) Le discours du tandem Sarkozy – Guaino, lors du récent séjour de notre Président de la République à Dakar, est un modèle d’inculture et d’arrogance coloniales.
(5) Cisse, Mamadou, Langues, Etat et Société au Sénégal, Université Cheikh Anta Diop – Sénégal, Revue Electronique Internationale de Sciences du Langage, n° 5, Sudlangues, 2005,
http://www.sudlangues.sn. Remarquable étude, dont la lecture est indispensable à la compréhension du Sénégal.
(6) Léopold Senghor (1906 – 2001), Président du Sénégal de 1960 à 1980. Elu à l’Académie française en 1983. Magnifié par la propagande coloniale française, considéré comme un "farfelu", servant de paravent à la mainmise des intérêts français sur leur pays, par les Sénégalais. Sa famille s’est constituée une des plus grandes fortunes internationales.

(7) Op. Cit. p. 116.

(8) Op. Cit. p. 114 – 115.

 
 
 
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 10:52


Les Droits de l’Enfant …


                    … appliqués par l’armée d’occupation

 

 

Palestinians-mourning-inJenin1007.jpg


Terreur et famine à Jenin

 

 

 

Palestine  -  Octobre 2007







Crédit photo :  AA News service

 

 

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 20:26
 
Naomi Klein : "The Shock Doctrine"…
 

jacket-uk.jpgLa publication française de livres
(1), remettant en cause ce qu’on nous présente comme l’aboutissement de la pensée et de l’organisation humaines : le Libéralisme Economique, est quasiment désertique, quand on la compare aux vagues produites dans le monde anglo-saxon. Malgré la censure, ou l’hostilité, des médias dominants.
 
Ainsi, tout récemment, l’ouvrage de Naomi Klein, qui s’annonce comme un best seller : The Shock Doctrine - The Rise of Disaster Capitalism. Il est sorti en librairie, en septembre (2), la version française étant prévue pour le printemps prochain.
 
Journaliste canadienne, intellectuelle engagée dans les débats de notre temps, Naomi Klein, est déjà connue, en France, par le succès de son livre No Logo (3). Elle y mettait en cause l’abus des marques contrôlant les marchés et la distribution. Résultat d’une stratégie des multinationales, multipliant les délocalisations, les fusions d’entreprises, pour se focaliser sur le marketing et, donc, les marques. Ces délocalisations conduisant à des licenciements massifs dans les pays occidentaux d’origine et, parallèlement, à l’exploitation des sous-traitants et de leurs personnels dans les pays émergents.
 
Par le jeu des concentrations, ces groupes, plus financiers qu’industriels, enferment les consommateurs dans un choix de marques qui sont toutes conçues et gérées par le même oligopole. Le point fondamental de No Logo portait sur le mythe de la libre concurrence. Mythe, ou imposture devrait-on dire, puisqu’il s’agit d’un vaste réseau d’ententes, de partages de monopoles, organisés par le Big Business. La libre concurrence étant réduite au niveau de la sous-traitance, du petit commerce "survivant", et du salariat…
 
Refusant de se considérer comme une spécialiste en économie (4), Naomi Klein n’en est pas moins une des meilleures. Les trucs et astuces du Big Business, son bla-bla-bla, elle les connaît comme le fond de sa poche. Ses attaques portent sur le point faible de l’idéologie du Libéralisme Economique : l’écart entre le discours idéalisé et l’injustice de sa réalité. Cette idéologie, elle la combat avec de solides références et de minutieuses recherches. Ses positions, ses remises en cause antilibérales provoquent, en conséquence, la fureur. C’est, actuellement, la militante antilibérale la plus compétente, sur le plan économique.


Naomi-Klein.jpg
 

Signe qu’elle dérange : elle est régulièrement agressée par les organes de propagande les plus puissants de cette idéologie. Le meilleur baromètre, c’est l’hebdomadaire britannique The Economist. Représentant, le plus talentueux sur le plan mondial, de "l’Intégrisme Libéral". En général, les campagnes, thèmes et articles de cet hebdomadaire sont repris, dans notre pays, par nos "journalistes économistes", quasi à l’identique, la semaine qui suit leur publication…
 
La rigueur et la pertinence de son travail, de sa méthodologie, de ses recherches, de ses références et de ses critiques, étant difficiles à contester, The Economist (5) en est réduit à traiter Naomi Klein "d’adolescente en colère". Elle a 37 ans… Une telle diffamation, venant de ces milieux fanatiques, constitue le meilleur label de qualité de son travail.
 
Avec The Shock Doctrine – The Rise of Disaster Capitalism, elle fait encore plus fort. Du béton ! Livre de 600 pages, extrêmement bien documenté. Adossé à un travail d’équipe de haut niveau, ainsi qu’en témoigne ses "acknowledgments" ou "remerciements", en fin d’ouvrage. Avant même sa distribution publique, il a fait l’objet d’un site de discussions hébergé sur celui du quotidien britannique The Guardian. Ainsi que d’un court-métrage (6) présentant le thème central du livre.
 
Spectaculaire dynamitage du mythe du Libéralisme Economique, qui serait la conjonction, d’après la propagande officielle, d’une "volonté collective" partagée et d’une "évolution naturelle", fondées sur la libre expression démocratique !... 
 
Alors qu’en réalité, ce n’est que la résurgence, méthodique, implacable, hyper violente, depuis une cinquantaine d’années, d’un des plus anciens régimes de l’histoire humaine : la ploutocratie. Le gouvernement, la dictature le plus souvent, des riches pour les riches. Même en Occident, dont les simulacres d’élections limitent le choix du citoyen aux représentants cooptés par les riches. Riches, dont la richesse ne cesse de croître. De façon exponentielle (7).
 
Rien de nouveau, à priori, dira-t-on.
 
Erreur : la nouveauté c’est l’approche analytique. La dénonciation d’une idéologie remise à niveau, actualisée, renforcée, depuis les années 50, du fait des nouvelles connaissances acquises dans d’autres disciplines, notamment la psychiatrie, la psychologie, ou la sociologie.
 
Avec une efficacité démultipliée par le développement des industries de "haute technologie" appliquées à la répression et la coercition : écoutes téléphoniques, fichages informatisés dans des bases de données occultes, armements sophistiqués des forces dites de "sécurité intérieure", en particulier. Avec leurs budgets colossaux qui ne connaissent, évidemment, jamais les "trous" de la sécu ou des régimes de retraite…
 
Milton Friedman et les théoriciens de l’Ecole de Chicago, méticuleusement stigmatisés par Naomi Klein, sont les principaux artisans de la rénovation de l’idéologie « Libérale ». Préconisant, tout spécialement, le démantèlement des systèmes de protection sociale, avec le retour au capitalisme sauvage du début du XIX° siècle. Seul garant, à leurs yeux, de la valorisation du mérite individuel. Clef de la réussite et du développement économique, même si ce ne sont que les plus forts qui en profitent.
 
C’est la ploutocratie triomphante qui, en France, s’assume actuellement sous l’arrogance du slogan : "Droite Décomplexée"…
 
Seul problème : les opinions publiques. Elles n’admettraient pas ce régime imposé aussi cyniquement. Le Libéralisme Economique, sous sa forme prédatrice, ne peut s’installer et durer que par l’affaiblissement ou la régression de la résistance des citoyens face à l’injustice. Toutefois, une opinion publique "ça se travaille", vous diront "experts en communication" et "politiciens" de tous bords. Le moteur de l’application de cette idéologie est tout trouvé : le « Choc Thérapeutique ». Suivant le postulat de Milton Friedman: "Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire un véritable changement" (8).
 
L’analyse de cette doctrine, fondée sur le "Choc Thérapeutique", ses implications, ses dérives, ses horreurs, est au cœur du livre de Naomi Klein. Guerres ou perspectives de guerre, attentats, cataclysmes, culte des peurs et des racismes, toutes les crises, permettant la régression du réflexe citoyen, sont une avancée dans le renforcement de la dictature ploutocratique.
 
Avec leurs déclinaisons du conditionnement humain, permettant l’acceptation de l’inacceptable, à partir de nouvelles techniques mises au point dans la deuxième partie du XX° siècle : électrochocs, tortures adaptées aux résistances physiques et psychologiques individuelles, propagandes modulées suivant les niveaux d’alphabétisation ou de connaissance collectives, désinformations fondées sur les pulsions ou peurs des foules, etc. La palette, entre violence directe ou aseptisée, variant suivant le niveau de l’organisation sociale et culturelle des pays concernés.
 
Car, Naomi Klein nous entraîne dans un tour du monde de l’imposition par la force, la violence, la contrainte, de ce capitalisme sauvage, à l’issue de crises, catastrophes, dangers réels, suscités ou supposés. Israël, Irak, Pologne, Russie d’Eltsine, Asie du tsunami… Grande-Bretagne de Thatcher, qui a démantelé les puissants syndicats des mineurs, des cheminots, dans le sillage de l’union sacrée autour de la guerre des Malouines. USA de l’ouragan Katrina, balayant les logements sociaux et autres pôles de solidarité, assurant la fortune des spéculateurs immobiliers…
 
Un des chapitres les plus "tristes", est celui concernant l’Afrique du sud, décrivant les lendemains de la libération de Mandela (10). Tous les compagnons de lutte, obligés de plier devant Big Business, avec, parmi les plus actifs dans cette reddition, son successeur Thabo Mbeki. Acceptant de ne pas mettre à exécution le programme économique et social promis aux militants, pendant la lutte contre l’apartheid. Celui de la redistribution des revenus et des richesses du pays. L’Afrique du sud étant aujourd’hui un des pays les plus riches du monde, où la pauvreté de la majorité de la population est immense. Avec une des polices les plus férocement organisées, dotée des mêmes méthodes et encadrement que durant l’apartheid…
 
L’Amérique Latine, bien sûr. Le Chili de Pinochet, évidemment… Je partage entièrement son analyse du pillage de l’Amérique Latine, réduite en esclavage pendant cinq siècles. Son calvaire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Cette succession de dictatures parmi les plus sanguinaires qu’on puisse imaginer, soutenues, armées par l’Occident.
 
La lutte contre le communisme servant de paravent, pendant la "Guerre Froide". Ce qui permettait aux dictateurs argentins, l’Amiral Massera par exemple (9), d’affirmer que la suppression des libertés était une nécessité imposée par : “… une guerre pour la liberté et contre la tyrannie… une guerre contre des nihilistes, contre des agents de la destruction dont le seul objectif est la destruction en elle-même, bien qu’ils dissimulent cela sous couvert de luttes sociales".
 
Habillage de propagande qui sera repris pour couvrir toutes les exactions en Indonésie. Avec plus de 500.000 morts et disparus. Ou, en Iran, sous la dictature du Shah protégé par les occidentaux. Des disparitions, tortures, innommables. Des dizaines de milliers de morts…
 
Argumentaire similaire et actuel, sous couvert de la "Lutte contre le Terrorisme"… En Occident ou ailleurs. Justifiant l’encadrement et l’étouffement de toutes revendications sociales, de toutes contestations sur les orientations de nos sociétés, non approuvées par les grands prêtres du "Libéralisme Economique". Comme, par exemple, celles portant sur la culture des OGM en plein air, violemment réprimées par les forces de l’ordre et la justice, au service des lobbies. Tant et si bien que la contestation de cette pratique dangereuse pour la santé et l’alimentation dans les pays dits "démocratiques" est, progressivement, considérée comme une forme de terrorisme : le "terrorisme vert" !…
 
A la fin de la lecture, on se retient de crier : « Arrêtons çà ! ». Et, c’est le seul regret que je formulerai, quant à la conclusion de The Shock Doctrine : l’absence de pistes de réflexion pour en terminer avec les ravages d’une telle idéologie.
 
C’est un autre débat, il est vrai. Un prochain livre, peut-être. Ancré, probablement, sur les travaux passionnants de toute une série de chercheurs qui imaginent d’autres modèles de sociétés humaines. Différentes de celles que nous avons connues jusqu’à présent. Capitalisme ou Libéralisme Economique dans sa présentation actuelle, communisme, sous leurs différentes formes n’étant que des échecs, incapables d’apporter un sens, des valeurs et la justice au quotidien.
 
Ce sont des penseurs, à la croisée de l’économie et de la philosophie politique qui ont clairement établi que le développement économique n’en est pas un lorsqu’il développe la pauvreté, et pas simplement la pauvreté matérielle, tel Amartya Sen. Que le développement économique n’a aucune légitimité lorsqu’il est confisqué par une oligarchie, oubliant que la justice est le fondement d’une démocratie, tel John Rawls.
 
Travaux et recherches continuent. Ce qui est sûr, c’est qu’il devient urgent de rétablir et d’élargir les libertés publiques, et, en interaction, de mettre l’économie, la richesse collective en fait, hors de portée des "prédateurs-spéculateurs" pour que les citoyens en gardent le contrôle. Beaucoup d’efforts et de luttes, devant nous, afin d’enrayer la course de nos sociétés vers un régime politique totalitaire. Ce "Libéralisme" fondé sur le culte de la loi du plus fort et de l’argent-roi, au service d’une caste privilégiée.
 
Mais, au-delà de cette critique, l’ouvrage de Naomi Klein est une contribution indispensable à la remise en cause des dérives de la gestion économique et sociale de nos sociétés. Lecture d’autant plus nécessaire, qu’on assiste à un renforcement, en France, des mesures visant au démantèlement de tous les avantages sociaux, acquis après plusieurs siècles de luttes. Conjointement à l’octroi incessant de faveurs à l’égard de l’oligarchie.
 
Avec le support d’une propagande écrasante de culpabilisation, dans le genre : " les français ont peur de l’innovation, de la croissance, donc du Libéralisme Economique", ces" frileux", ces "paresseux", pour ne pas employer le mot en usage dans les salons, ces "idiots" (pour rester poli)...
 
Propagande parallèle à une volonté de supprimer tout ce qui serait assimilable à une mesure de régulation, de contrôle ou même de précaution, relevant du fonctionnement du système économique. C’est le : "Vive la diffusion et l’octroi du monopole des OGM aux mafias de l’Agrobusiness !", ou "Gloire à la multiplication des hypermarchés et des grandes surfaces !", ou encore…
 
Leur credo : "No limit"
 
Oui. The Shock Doctrine est un puissant antidote, face à la rhétorique (11) des fondamentalistes de la ploutocratie « Libérale » et de leurs propagandistes !...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)  Précisons que cela est dû davantage aux réticences des maisons d’édition qui savent que ce type d’ouvrages ne fera pas l’objet de "couvertures médiatiques", et donc peu de ventes, qu’à l’absence de talents ou de volontés chez des auteurs français.
(2)  Les éditeurs changent suivant les pays. L’édition que j’ai entre les mains est celle de Londres, sortie le 18 septembre dernier chez Penguin Books. On pourrait traduire le titre par : La Doctrine du Choc Thérapeutique  – L’Essor du Capitalisme fondé sur l’exploitation des catastrophes.  
(3)  Titre original : No Logo – Taking Aim at the Brand Bullies.
(4)   Elle a été invitée, entre autres universités, à donner des conférences sur la mondialisation dans la prestigieuse école où l’on enseigne l’Economie : la London School of Economics.
(5)  Exemple de mépris, dès le titre : "Why Naomi Klein needs to grow up", Pourquoi Naomi Klein a besoin de grandir, "The Economist", 7 Novembre, 2002.
(6)  Court-métrage d’Alfonso Cuarón et de Naomi Klein, dirigé par Jonás Cuarón. Sélectionné pour les Festivals de Venise et de Toronto.
(7)  Un exemple parmi une multitude : les salaires des dirigeants d’entreprises qui étaient en moyenne 43 fois celui des salariés en 1980, atteignent le multiple de 411 fois en 2005 (p. 444- Op. Cit.). Sans parler de la rémunération des capitaux spéculatifs (Bourse et autres rouages de l’économie-casino) ou les multiples (hors impôts) sont faramineux…
(8) Milton Friedman : "Only a crisis actual or perceived produces real change".
(9) “A war for freedom and against tyranny… A war against nihilists, against agents of destruction whose only objective is destruction itself, although they disguise this with social crusades”, p.96 – Op. Cit.
(10) “Democracy Born in Chains” – p. 194, Op. Cit.
(11) Exemple caricatural, en France : Premières Propositions sur le Pouvoir d’Achat – Commission pour la Libération de la Croissance Française – dite « Commission Attali » - 12 octobre 2007.
 
 
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 10:37


Bonne fête de fin de Ramadan à tous les Musulmans et leurs familles.




Islamicity.com-culture-Calligraphy.JPG




Avec une pensée toute spéciale pour les enfants de Palestine, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, subissant la terreur quotidienne des violences aveugles des armées d’occupation.
 

Qu’ils puissent survivre et retrouver, un jour, la dignité de la Paix et de l’Indépendance de leurs pays...













Calligraphie : islamicity.com


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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 00:27

 



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Finally. US troops capture the leader of the foreign terrorists in Iraq
 
Enfin. Les troupes US ont capturé le leader des terroristes étrangers en Irak…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Source : http://angryarab.blogspot.com/



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