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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 18:00

 

 

 

« Le déni de réalité, je l’ai longtemps pratiqué.
La vérité fait peur.
La vérité peut tuer. »

Elsa Morante   (1)

 

 

 

 

« Grand Débat National »…

 

Nouveau slogan sorti des cuisines des officines de la propagande de la ploutocratie au pouvoir, à l’exemple de ce qui s’est passé - en Grèce notamment - et qui se déroule dans les autres pays européens. (2)
 

Après des semaines de mépris et de violences infligées par nos gouvernants…

 

Même si cela est occulté méthodiquement, ne l’oublions pas : de nombreux blessés, traumatisés, gazés, parmi les manifestants.

 

Par centaines, depuis le début des manifestations.

 

Certains gravement : œil crevé suite à des tirs de "balles en caoutchouc", fractures du crâne entraînant comas - à Nantes (3) ou à Bordeaux (4) - provoqués par une de ces mêmes balles réputées "inoffensives" reçues en pleine tête, main arrachée par le jet de grenades explosives, coups de matraques en plein visage, etc.

 

Des dérives gravissimes des forces répressives, lors des dernières manifestations. Par exemple : à Toulouse le 15 décembre 2018, ou à Lille le 12 janvier 2019. Des bénévoles, médecins ou infirmiers –  surnommés les "street medics" – se font systématiquement arrêter et placer en garde à vue, avec leur matériel de première urgence confisqué, dès qu’ils sont repérés par les commandos spécialisés de la police. (5)

 

Apparemment, la chasse aux casseurs, infiltrés dans les manifs pour les déconsidérer aux yeux de l’opinion, n’intéresse pas la police, pas plus que les médias...

 

Lorsqu'un tel niveau d’organisation de la répression est cyniquement affiché, nous sommes face à une véritable déclaration d’intention : l’oligarchie est déterminée à la « guerre civile ».

 

Des gouvernants qui font tirer sur leur peuple en souffrance ne sont que d’immondes salopards

Des gouvernants qui font tirer sur leur peuple en souffrance ne sont que d’immondes salopards

Pour calmer la colère légitime du Peuple, nos oligarques assistés - "sous les encouragements", devrait-on dire - de sa nomenklatura faisandée d’arrogance et de perfidie, frappant à coups redoublés sa grosse caisse de la désinformation, lancent ainsi une "opération de com." : pour « noyer le poisson »…

 

Vieille ficèle, toujours en usage : pour enterrer un problème, un débat, une remise en cause, rien de plus efficace que de créer une "commission". Le bla-bla-bla diluant prises de position, mobilisations et motivations.

 

« Grand Débat National »… « Sans Tabou » ?...

De quoi s’étonner.

 

A quoi servent donc nos "élus", députés et sénateurs ?... Eux qui se pavanent sur les marchés de leurs circonscriptions, pour serrer des mains lors de leurs campagnes électorales, devant les journalistes locaux… On ne les a pas vus… Disparus du paysage et des marchés…

Pourtant, ils sont « élus » pour identifier ou écouter les revendications, souhaits et préoccupations de leurs électeurs.

 

Où se sont-ils volatilisés ?...

 

Dès le début des manifestations des « Gilets Jaunes », ce sont eux qui auraient dû organiser les débats dans chacune de leurs circonscriptions, compiler les doléances, les soumettre à la discussion, interpeller le gouvernement lors de séances à l’Assemblée Nationale ou au Sénat…

 

Signe du délabrement de nos institutions prétendues « démocratiques ». Le constat est clair : ils ne servent à rien. Si ce n’est, en notables gavés de privilèges et de passe-droits, à voter les lois que l’oligarchie leur soumet, en pantins qu’ils sont d’un  système totalement vermoulu.

 

Depuis des décennies, avalisant la désindustrialisation de la France, dans le cadre de l’Union Européenne, consistant à démanteler toutes les industries aux nombreux effectifs et, donc, à forte tradition syndicale ; en mesure de défendre les droits du Travail National, face à la Finance apatride : charbonnages, aciéries et métallurgies, industries textiles, automobiles, machines-outils, et tant d’autres. N’hésitant pas à sabrer les industries à haut potentiel technologique. Jusqu’à l’aéronautique, récemment (6).

 

Instaurant la précarité par le chômage et rançonnant la population, prise en otage, par les taxes. En particulier la TVA, prélèvement fiscal quotidien et systématique sur les achats : devenue à présent la principale source du Budget de l’Etat, du fait des avantages fiscaux accordés aux grands groupes et grandes fortunes.

Dans la liste des points  à débattre, soigneusement sélectionnés et orientés, manque bien évidemment la question centrale, le vrai, l’inoxydable « Tabou » :

« Où va l’argent ?... »

La France figure, au niveau du PIB, parmi les 10 pays les plus riches du monde. (7)

 

Si on se réfère aux chiffres publiés par le Fonds Monétaire International - FMI - (le moins mauvais dans ce type de statistiques) en 2018, la France se trouve au 5° rang mondial. Avec un PIB annuel dépassant les US$ 2700 milliards. En augmentation de 7%, par rapport à l’année précédente. (8)

 

Je m’amuse, au fil de ces dernières années, à le comparer avec celui de l’Inde, équivalent à celui de la France - occasion de discussions animées avec mes amis Indiens. Suivant les classements, parfois l’Inde dépasse la France ; d’autres fois c’est le contraire. Comme dans le cas présent, le FMI classant l’Inde au 7° rang.

Rappelons que l’Inde est une grande puissance nucléaire, aérospatiale (ils possèdent leurs lanceurs et produisent leurs satellites), industrielle leader mondial de l’acier (fabriquant navires, locomotives, automobiles, etc.).

 

Un pays de 1,3 milliard d’habitants…
 

Essayant de rattraper son retard avec le voisin Chinois, avec toutes les difficultés de gestion liées à une organisation fédérale, d’immenses disparités entre régions et catégories de populations.


Construisant à profusion : ports, aéroports, barrages, autoroutes, voies ferrées, campus ultramoderne dédiés aux nouvelles technologies…

 

En termes de population, par rapport à l’Inde, la France représente 2 fois l’agglomération de Mumbai (anciennement Bombay) ; soit 5% de sa population.

 

Même niveau de PIB. Et, nos oligarques osent nous dire qu’en France "les caisses sont vides"…

 

Si elles le sont, c’est que "les caisses" ont été siphonnées pour remplir poches et comptes, dans les paradis fiscaux, de nos ploutocrates.

« Grand Débat National » … « Sans  Tabou »…

 

Qu’il me soit permis de rappeler, à nouveau, les propos prophétiques de Frantz Fanon (9) :

« Ce qui compte aujourd’hui, le problème qui barre l’horizon, c’est la nécessité d’une redistribution des richesses.

L’humanité, sous peine d’en être ébranlée, devra répondre à cette question. »

 

Où Va l’Argent ?...

 

 

 

 

1.  Simonetta Greggio, Elsa Mon Amour, Flammarion, août 2018, p. 121.
2.  https://www.youtube.com/watch?v=vnBnVfHJaWw
3.  Victime d’un tir de flashball à la tête à Nantes, après 5 jours ne réanimation Adrien porte plainte, 11 janvier 2019, http://revolutionpermanente.fr/Victime-d-un-tir-de-flashball-a-la-tete-a-Nantes-apres-5-jours-en-reanimation-Adrien-porte-plainte
4.  Bordeaux. Victime d’un tir de flashball à la tête, Olivier est actuellement dans le coma, 13 janvier 2019, http://revolutionpermanente.fr/Bordeaux-Victime-d-un-tir-de-flashball-a-la-tete-Olivier-est-actuellement-dans-le-coma
5.  http://revolutionpermanente.fr/Acte-IX-a-Lille-Tous-les-streets-medics-se-sont-fait-interpelles
6.  Georges Stanechy, Rapport Gallois : Dévotion à Sainte Ploutocratie, 20 novembre 2012, http://stanechy.over-blog.com/article-rapport-gallois-devotion-a-sainte-plouto-112655173.html
7.  Le PIB - Produit Intérieur Brut - est la somme des Valeurs Ajoutées de toutes les entreprises (nationales ou internationales) situées sur le territoire.
8.  https://www.journaldunet.fr/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1209268-classement-pib/
9. Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, Editions La Découverte – Essais, 2002, première publication 1961, p. 96.

 

 

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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 18:00

 

 

 

 

A tous mes Amis-Lecteurs, j’adresse mes Meilleurs Vœux pour l’Année 2019 ; ainsi qu’à ceux qui leur sont chers.

 

Partager avec nos proches, affection, amitié, solidarité, reste essentiel en ces temps chaotiques. Car, nous le savons, cette nouvelle année sera encore plus dure et violente que celle qui vient de se terminer.

 

Dans nos sociétés occidentales, l’hyperviolence de nos oligarchies mafieuses sera impitoyable ; uniquement soucieuses de conserver leurs privilèges générés par leur corruption effrénée, arcboutées sur leurs colossaux moyens de répression, de désinformation, d’anesthésie et d’abrutissement des opinions publiques. (1) Elles aggraveront encore et toujours, sans aucun scrupule, les injustices sociales et économiques à l’encontre de leurs propres concitoyens.

 

Sans regret, ni état d’âme.

Quant à leurs prédations, spoliations et pillages, dont elles accablent les nations en développement ou en renaissance - notamment au Moyen-Orient,  ces nomenklaturas prises dans leurs vertiges mégalomaniaques, continueront à vouloir les multiplier. Jusqu’à rechercher, au-delà des incessantes provocations, le conflit armé avec les grandes puissances que sont Chine et Russie.

Ces deux pays se préparent à l’affrontement et affinent leurs capacités de riposte.

 

Signes forts, la veille du Nouvel An : le Président Poutine vient d’assister au lancement réussi du nouveau missile hypersonique intercontinental atteignant 27 fois la vitesse du son (2); et, le Président Xi vient de donner l’ordre de préparation au combat de l’ensemble des forces armées chinoises. (3)

 

L’explosion d’un conflit mondial se présente, ainsi, au seuil de 2019…

Dans ce monde d’irresponsabilité, de folie, de satanisme déclaré par son niveau de cruauté, nous nous devons de garder l’espoir dans la résistance au chaos.

 

Pourquoi ne pas commencer l’Année par une chanson face à la sauvagerie ?...

 

Je vous propose la magnifique voix d’Inma Cuesta, dans une belle déclaration d’Amour : Una de esas noches sin final.

 Manière d’opposer un pied de nez, ou une quenelle, aux déjantés qui nous gouvernent.

This song to H…

My Tinker Bell and My Lady

 

 

 

 

1.  Georges Stanechy, Macron : Le Masque de l’Hyperviolence Oligarchique, 11 mars 2017, http://stanechy.over-blog.com/2017/02/macron-le-masque.html

2.  Vladimir Isachenkov, Russia says its new weapon is 27 times faster than the speed of sound, Military Times, 27 décembre 2018, https://www.militarytimes.com/news/your-military/2018/12/27/russia-says-its-new-weapon-is-27-times-faster-than-the-speed-of-sound/

3.   Xi orders PLA to step-up war preparation efforts, Global Times, 4 janvier 2019, http://www.globaltimes.cn/content/1134637.shtml

 

 



 

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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 12:00

 

 

« … Le sadisme moralisateur, la cruauté accusatrice et la surveillance menaçante font partie de notre quotidien comme une pratique "normale", comme un cynisme auquel nous devrions nous accoutumer, sans percevoir que la véritable folie est là, insensée et déshumanisante… »

Saverio Tomasella (1)

 

 

 

 

La Personnalité de l’Année 2017, dans ce Blog, était la jeune Palestinienne, résistante et militante pacifiste Ahed Tamimi.

 

Exemple de courage dans sa lutte pour le Droit de son Peuple à l’indépendance et l’autodétermination, dans le respect de la Dignité Humaine, elle avait été arrêtée, par la soldatesque sioniste occupant sauvagement sa Nation ; dans une orgie de violences propre à tous les despotismes prédateurs.

 

En 2018, la Personnalité de l’Année élue est un militant luttant pour la justice économique et sociale de son Peuple asservi par une ploutocratie impitoyable, mettant en œuvre tous ses instruments d’oppression et de propagande pour maintenir sa dictature.

 

Symbole du mouvement de protestation nationale des "Gilets Jaunes", il est estimé, par tous, pour son intelligence, son humilité, sa détermination et sa volonté d’exercer pacifiquement nos Libertés Publiques : d’Opinion, d’Expression et de Réunion…

 

Il représente le Renouveau de la France, souhaitant une réforme des institutions politiques, totalement vermoulues par les abus d’une caste politique corrompue, et une Renaissance de notre "Contrat Social". (2)

 

Ce modèle citoyen a pour nom :

 

Eric  Drouet

 

Personnalité de l’Année 2018…

Nous ne sommes pas en Palestine mais en France, cet homme a été, lui aussi, arrêté avec la plus extrême brutalité, au cours d’une opération soigneusement organisée, par un commando des forces armées de notre oligarchie détestée :

Eric Drouet va être jugé le 5 juin 2019, nous apprend un communiqué de son avocat, en particulier pour « port d’arme », alors qu’il n’en avait pas…

Tous les prétextes seront bons pour intimider, briser, étouffer, terroriser, toute remise en cause de la prévarication de nos gouvernants. La nomenklatura faisandée hystérise : larbins et seconds couteaux sont déjà au charbon, multipliant les déclarations anxiogènes et
diffamatoires.

 

 Selon son zèle habituel, la Justice va "appliquer la Loi" ; celle du « Plus Fort »…

 

L’essentiel étant que le Peuple soit nié dans son Expression, sa Liberté, et sa Dignité.

Personnalité de l’Année 2018…

 

 

 

1.   Saverio Tomasella - La Folie Cachée - Albin Michel – 2015 – p. 65
2.   Georges Stanechy, Crise : De La Dette Publique ou du Contrat Social ?, 9 juin 2010,
http://stanechy.over-blog.com/article-crise-de-la-dette-publique-ou-du-contrat-51967860.html
3.  Georges Stanechy, Macron : Le Masque de l’Hyperviolence Oligarchique, 11 mars 2017,

http://stanechy.over-blog.com/2017/02/macron-le-masque.html


 

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 11:00

 

 

« L’histoire de l’humanité est pleine de récits où la folie le dispute au pouvoir et où les tenants de l’autorité, au cours de l’exercice de leur tyrannie impitoyable ou de leur despotisme insidieux, dans certaines occasions, montrent leur vrai visage : celui de la démence. »

Saverio Tomasella  (1)

 

 


 

 

 

 

Noël. Célébration de la Naissance de Jésus, lumineux modèle de Paix et de Compassion.

 

Le Christ, pour les Chrétiens de toutes obédiences. Aïssa, considéré par les musulmans comme un des plus grands Prophètes de la Révélation ou du Monothéisme ; sa mère Myriam (Marie), dont la sourate 19 porte le nom dans le Coran, vénérée comme une sainte…

 

Jésus, que beaucoup, croyants ou pas, redécouvrent de nos jours. Notamment les Hommes dans nos sociétés occidentales, "LGBDTisées" à outrance, jusqu’au délire…

 

Signe des Temps, un article tout récent, du 8 décembre 2018, dans un "site Masculin" loin de tout prosélytisme religieux, le qualifiant de « parangon de vertus viriles » (2) :
 « … Jésus incarne la force et la volonté, la méfiance vis-à-vis des autorités et la recherche de la vérité, le mépris pour les puissances d’argent et le goût de la frugalité, le sens du sacrifice et celui de la justice.
A ces titres, il peut légitimement être considéré, quelles que soient nos croyances par ailleurs, comme une figure inspirante, un véritable modèle masculin, au même titre
qu’Achille, Samson ou Joseph »…

 

Noël. Commémoration d’une Naissance. Fête des Enfants. Moments de joie…

Partager ces moments de félicité avec ses proches ne peut faire oublier ces enfants qui n’y ont pas accès ; immergés dans la peur, la souffrance, la détresse et, même, la famine. La mort d'un enfant par la main de l'Homme, la plus injuste car niant l’Espoir et l’Innocence.

 

Ce n’est pas jouer le rabat-joie ou le trouble-fête mais, au-delà des crèches, sapins et guirlandes, assumer nos responsabilités "d’Etre Humain". Sinon, nous en serions réduits au destin de veaux, gavés d'injonctions à consommer avant de nous retrouver à l’abattoir…

 

Occasion de se souvenir, contemporain de l’arrivée sur Terre de Jésus, du Massacre des Innocents par Hérode, « collabo » des occupants Romains qui en firent le roi de Judée. Ordonnant la mise à mort de tous les enfants mâles de moins de deux ans de Bethléem ; des grands prêtres et devins ayant annoncé la naissance d’un "roi des Juifs" dans cette bourgade. Concurrence potentielle inacceptable pour un tyran…

 

Tragique symbole, lueur noire de l’extrême de la sauvagerie de l’Homme.

Le Massacre des Innocents de Rubens (1611 - 1612) - Tableau acheté en 2002 pour 62,5 millions d'euros par un collectionneur canadien...

Le Massacre des Innocents de Rubens (1611 - 1612) - Tableau acheté en 2002 pour 62,5 millions d'euros par un collectionneur canadien...

Occasion de ne pas oublier : les massacres d’enfants en ce XXI° siècle, comme sous Hérode, continuent à être organisés, planifiés, méthodiquement exécutés.

 

Au Moyen-Orient et dans la partie du continent africain bordant la péninsule Arabique, tout particulièrement, les enfants représentent un objectif de destruction prioritaire ; le but stratégique des puissances coloniales, ou prédatrices des immenses richesses de la région, étant de "casser" la croissance démographique, la faire régresser ; afin de mieux contrôler le destin des populations. (3) Les enfants de Falloujah, en Irak, ont même servi de tests dans les laboratoires de l’horreur "à ciel ouvert" des armements de nos pays "civilisés"… (4)

La liste est longue, de tous ces pays devenus des mouroirs pour enfants : Afghanistan, Irak, Liban, Libye, Palestine avec son immense camp de concentration de Gaza, Somalie, Soudan, Syrie

 

En ce moment même, dans le silence de nos médias et la complicité de notre caste politique, c’est au Yémen que se déroule une des plus insoutenables orgies sanguinaires organisées par les pays occidentaux, avec les enfants pour cœur de cible.

Noël 2018 : Les Enfants du Yémen…

Depuis mars 2015, refusant d’accepter les résultats d’une élection présidentielle - ou un « régime »  pour reprendre leur expression favorite - qui ne leur convenait pas, ils y répandent le chaos ; à l’exemple de leurs "missions accomplies" en Afghanistan, Irak, Syrie, et ailleurs : guerre civile entretenue par des mercenaires, interventions sauvages d’une « coalition ».

 

Officiellement, sous drapeau de l’Arabie Saoudite. Hypocritement devrait-on dire, les forces armées de ce pays n’étant qu’une fiction, malgré les constants achats vertigineux d’armement. Ce régime moyenâgeux, immergé dans le crime et la corruption, prenant soin de ne pas armer, ni former, une armée authentiquement "nationale" par peur d’un légitime coup d’Etat.

 

Un des gourous de la pensée impériale US vient d’ironiser, ces jours-ci, sur ce que tout le monde sait : « leur armée serait incapable de se battre pour sortir d’un sac en papier » ("Their military can't fight out of a paper bag"). (5) Au point de faire protéger leur capitale, Riyad, par une brigade de l’armée pakistanaise sous uniforme saoudien… Leurs forces armées, sont uniquement des forces mercenaires venant d’une multitude de pays ; tout particulièrement, pour ce qui est des armements sophistiqués, des pays de l’OTAN.

 

Alors le Yémen se retrouve accablé par toutes les monstruosités rodées, par la vertueuse « coalition » dans les pays voisins. Bombardements acharnés de tous les objectifs civils essentiels à une population civile, notamment de ses enfants : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, hôpitaux, écoles, puits et points d'eau dans les zones semi-désertiques, etc. Et, bien sûr, cibles dont raffolent nos glorieux pilotes : mariages et enterrements qui sont l’occasion dans ces régions, de rassemblements de femmes et d’enfants…


A ces abjections s’ajoute un blocus, non seulement terrestre et aérien, mais aussi de tous les ports du pays ; devenu ainsi hermétiquement clos. Dans l’incapacité d’assurer son approvisionnement alimentaire et sanitaire ; les médicaments constituant l’élément « vital » de ce conflit.

L’ONU, pourtant adepte forcené de la passivité dans la remise en cause des atrocités commises dans la région, devant l’abyssale férocité infligée à la population du Yémen se permet timidement de réclamer la levée du blocus :

« … 21 millions de personnes ont un besoin d'aide humanitaire urgente, sept millions sont au bord de la famine et un enfant meurt toutes les dix minutes de maladie, presque un million de malades du choléra. » (6) 

 

Oui. Un enfant y meurt toutes les dix minutes…

Noël 2018 : Les Enfants du Yémen…

Deux armes de guerres sont ainsi sciemment utilisées, interdites par toutes les conventions internationales, dans l’impunité : la famine et la guerre bactériologique.

 

Le fait d’empêcher l’épuration d’eau ou l’accès à l’eau potable - des commandos héliportés de mercenaires vont jusqu’à empoisonner les puits - et la distribution de médicaments pour en soigner les effets ravageurs (diarrhées mortelles et choléra) représente effectivement une arme bactériologique. (7)

 

Et, le rôle de la France dans ce chaos organisé ?... La Honte.

 

Ecoutons Jean-Francois Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du monde (8) :

 « Les démocraties occidentales, dont la France et les États-Unis, ne sont pas neutres, puisque le conflit les implique et les concerne. Or contester une alliance avec des pays qui ne respectent pas le droit humanitaire international reste très difficile chez nous, en France …
Ce blocus relève plutôt d’une forme de punition collective qu’autre chose.
Il faut dénoncer cela et être proactif car, potentiellement, avec ce blocus quasi-total, on peut parler de famine planifiée et si rien n’est fait il s’agira d’un crime de guerre
. »

Noël 2018 : Les Enfants du Yémen…

Au XXI° siècle…

 

En tant que Citoyen de ce pays et de cette Planète, nous ne pouvons pas, nous ne pourrons pas, dire : "nous ne savions pas"…

 

Jésus, tout prêcheur de la non-violence qu’il était, avait le courage de s’emporter, de s’opposer, de fustiger, contre la corruption et l’injustice, comme il le fit à l’encontre des marchands du Temple ; les chassant à coups de corde de chanvre sur le dos.

 

Contenant encore moins  sa colère face aux souffrances infligées aux enfants, en proie à une furieuse indignation qui en fait trembler les pages des Evangiles (6) :

« Celui qui tourmente un enfant mérite d’être jeté à la mer, une meule au cou. »

 

Quelle serait sa réaction devant notre oligarchie, notre nomenklatura, « complices » et « acteurs » de ces crimes abominables ; contre des milliers d’enfants, à longueur d’années, de décennies ?...

 

« Les jeter à la mer une meule au cou » ?...

 

Devant l’ampleur colossale de ces horreurs, ne serait-ce pas trop magnanime, trop miséricordieux de sa part, à l’égard de cette engeance pourrie jusqu’à la moelle…

 

… Qui ne vaut pas le prix d’une meule pour la noyer ?...
 

 

 


 

1.  Saverio Tomasella, La folie cachée, Albin Michel – 2015, p. 215.

2.  Martial, Jésus : Un Parangon Viril, site : Neo-Masculin / Etre Un Homme en Milieu Hostile, 8 décembre 2018, https://neo-masculin.com/jesus-un-parangon-viril/
3.  Georges Stanechy, La Pédophobie : une Perversion Occultée, 14 février 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-5643696.html

4.  Georges Stanechy, Noël : Les Enfants de Falloujah, 14 décembre 2012, http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-falloujah-113449774.html
5.  Gregg Re, Graham : Saudis would ‘be ‘speaking Farsi in about a week’ without US support against Iran - "Their military can't fight out of a paper bag", Fox News, 10 décembre 2018,
https://www.foxnews.com/politics/graham-saudi-arabia-would-be-speaking-farsi-in-about-a-week-without-us
6.  Alicia Paulet, L’ONU réclame à l’Arabie Saoudite la levée du blocus au Yémen menacé de famine, Le Figaro, 9 novembre 2017,

http://www.lefigaro.fr/international/2017/11/09/01003-20171109ARTFIG00177-l-onu-reclame-a-l-arabie-saoudite-la-levee-du-blocus-au-yemen-menace-de-famine.php
7.  Shaker: Saudi Using Cholera, Starvation as Weapon against Yemenis, FNA, 8 décembre 2018,
http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13970910001001

8.  https://www.france24.com/fr/20180203-blocus-yemen-coalition-arabie-crime-guerre-medecins-monde-arabie-france-armes
9.  Evangile selon Saint Marc, chapitre 9 - verset 42.


 

 

 

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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 09:05

 

 

« Aujourd’hui, les formes dominantes d’institution et de pouvoir sont la forme totalitaire et la forme mafieuse avec une forme intermédiaire qui serait la combinaison des deux. »

Gérard Haddad (1)

 

 

 

 

Je fais le crédit à mes Amis-Lecteurs de comprendre l’anglais, avec l’accent US…

Mettant en ligne une vidéo d’une quinzaine de minutes d’un entretien sans trouver le temps nécessaire de traduire, encore moins de sous-titrer. (2)

 

Intitulée : « Can America Survive a "Stupified Plutocracy" ? »…

 

Rendre la subtilité du titre se révèle délicat : « Les Etats-Unis peuvent-ils renaître d’une "Ploutocratie Pétrifiée" ? » ; est mon choix de traduction.

 

« Stupified », selon le contexte, recouvre une multitude de sens : stupéfié, médusé ;  ou encore tétanisé, rendu inconscient de son environnement, déconnecté de la réalité, par un état de choc ou la prise de drogue. En français plus courant, on pourrait dire "sclérosé" ou, plus brutalement : "abruti", de drogue, d’alcool, ou plus certainement dans le sens du propos, d’imbécilité mégalomaniaque…

 

Elle illustre une lame de fond s’accélérant en vitesse et force : la remise en cause grandissante de la Ploutocratie aux Etats-Unis : régime spoliateur mis en place par les grandes fortunes s’emparant des richesses de la nation ; augmentant exponentiellement leur fortune pendant que l’appauvrissement de leurs concitoyens ne cesse de s’approfondir.

 

Aucun pays dit "occidental", figurant dans les premiers PIB de la planète, n’échappe à ce type de tyrannie politique, dissimulée à l’abri du paravent « démocratie ».

 

Un rapport du parlement britannique, sous la direction de l’ancien ministre Travailliste Liam Byrne, vient de mettre en garde sur les violentes crises (employant le terme « explosions ») à venir dans nos sociétés. Du fait de l’accroissement exponentiel, au rythme minimum de 6% l’an, la fortune des 1% les plus riches de la planète d’après les estimations, atteindra 64 % de la richesse mondiale d’ici 2030 (3).

Dans son rapport publié le 22 janvier 2018, OXFAM International était encore plus sévère, estimant qu’en 2017, 82% de la richesse créée dans le monde avait été accaparée par le « 1% » … Alors que près de 4 milliards de personnes n’avaient enregistré aucune augmentation de leurs revenus. (4)

Dans cette vidéo, la présentation d’un livre par son auteur : Money and Class in America. (5) Rien de nouveau à ce genre d’exercice ou de promotion, mis à part dans ce cas : le site diffuseur et l’auteur.

Gilets US : A "Stupified Plutocracy"…

Aux Etats-Unis, la contestation contre l’injustice sociale et économique est très vivace, comme celle emblématique du mouvement Occupy Wall Street (OWS). Malgré son occultation par les grands médias, par peur de la contagion.

 

Et ce, depuis de nombreuses années et même décennies. En 2007, j’avais évoqué dans un billet (6) le bouleversant témoignage de Barbara Ehrenreich, dans son livre : “Nickel and Dimed” (7) sur la précarité et la détresse d’une partie grandissante du peuple américain ; pour avoir effectué, elle-même dans le cadre de ses recherches, les petits boulots de serveuses, vendeuses, etc.

 

Dès 1932, John Dos Passos avait écrit un "livre coup de poing" sur les violentes luttes sociales, véritable guerre civile larvée rongeant les grandes villes industrielles, en réaction à l’exploitation du patronat américain : L’An Premier du Siècle – 1919 (7).

Cette vidéo donne un coup de projecteur sur l’extension de ces mouvements de contestation du modèle économique, imposé par la caste au pouvoir, que j’ai surnommés les "Gilets US". De plus en plus, rejoints par des membres éminents de l’oligarchie du pays ; suffisamment lucides pour se rendre compte que leur nation va droit dans le mur.

 

Trois points marquants :

 

i)  Le site diffuseur est celui du Institute for New Economic Thinking. Un organisme d’économistes et de chercheurs qu’on ne peut taxer comme on le fait systématiquement aux Etats-Unis de "communiste" ou "cryptocommuniste", dès lors qu’on se livre à une remise en cause du sacro-saint Libéralisme Economique.

Ce blasphème, en France, provoque un qualificatif diffèrent, mais tout aussi immédiat dans le procès d’intention : on est "rouge-brun" ou "populiste". Pour étouffer toute velléité de contestation, chez les plus émotifs, on rajoute la louche traditionnelle : "antisémite", "homophobe", et bla-bla-bla…

 

Cette plateforme de réflexion propose de changer de paradigme du fait de l’échec des théories, modèles économiques et sociaux actuels ; que nos amis anglophones appellent : « Neoclassical Economics ». Qui n’engendrent qu’inégalités croissantes et chômages à tous les niveaux. Sachant, d’après leur propre constat de chercheurs, que « … la résistance au changement est substantielle – tant dans la discipline que dans le monde en général » (… "… the resistance to change is substantial — both inside the discipline and in the world at large").

ii)  L’auteur du livre, Lewis H. Lapham, est issu d’une des familles les plus renommées des USA. Son grand-père était maire de San Francisco ; son arrière grand-père fut un des fondateurs de Texaco. Un de ses fils est marié à la fille de l’ancien premier ministre canadien, Brian Mulroney.

 

Quant à lui, après avoir transité par les établissements d’enseignement les plus huppés (Yale, entre autres), il est devenu écrivain, essayiste, éditeur, directeur de publications dont le prestigieux Harper’s, (fondé en 1850)

 

Rien d’un "casseur-populiste-encagoulé"…

 

 

iii)  Et, pourtant, il cogne… Dur.

Dénonçant les sybarites au pouvoir, déglingués de stupidité et de mégalomanie, promoteurs de l’injustice économique et sociale et de l’éradication du rêve américain d’une démocratie rayonnante ; dans leur propre pays et dans le reste du monde…


Chronique d’une évolution, peut-être même d’une révolution annoncée.

 

 

 

 

1.  Gérard Haddad - Lumière des Astres Eteints - Grasset - 2011 - p. 66
2.  Institute for New Economic Thinking, Can America Survive a "Stupified Plutocracy" ? , 24 octobre 2018, https://www.ineteconomics.org/perspectives/videos/can-america-survive-the-rule-of-a-stupified-plutocracy
3.  Richest 1% will own two-thirds of global wealth by 2030, RT, 9 avril 2018,
https://www.rt.com/business/423587-richest-wealth-shocking-inequality/
4.  Richest 1 percent bagged 82 percent of wealth created last year – poorest half of humanity got nothing, OXFAM International, 22 janvier 2018,
https://www.oxfam.org/en/pressroom/pressreleases/2018-01-22/richest-1-percent-bagged-82-percent-wealth-created-last-year

5.  352 pages • Paperback ISBN 978-1-682191-57-6 • E-book 978-1-682191-58-3

https://www.orbooks.com/catalog/money-and-class-in-america-by-lewis-h-lapham/

Sous sa forme E-book, le livre est facturé US$10 ou UK£7.
6.  Georges Stanechy, Barbara Ehrenreich : Les USA "d’En Bas", 15 juin 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-10888996.html
7.  Traduit sous le titre : « L’Amérique pauvre : Comment ne pas survivre en travaillant ». Publié en 2001 - Gallimard.

 

 

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 12:26

 

 

« Le despotisme et la tyrannie sont une forme de folie, officialisée, une fureur habilement disculpée et camouflée derrière l’apparence d’une certaine « raison » qui se veut morale et édifiante. »

Saverio Tomasella  (1)

 

 

 

 

 

 

Une analyse …

 

Que dis-je ?...  Une boîte à outils.

Pour franchir le mur de l’enfumage édifié, sans cesse renforcé, bétonné, par nos oligarques (2) au service de la prédation organisée de nos sociétés (3).


 

 

 

 

1.  Saverio Tomasella - La folie cachée – Albin Michel – 2015 – p. 38
2.  Georges Stanechy, Macron : Le Masque de l’Hyperviolence Oligarchique, 11 mars 2017,
http://stanechy.over-blog.com/2017/02/macron-le-masque.html
3.  Georges Stanechy, Crise : De la Dette Publique ou du Contrat Social ?, 9 juin 2010,
http://stanechy.over-blog.com/article-crise-de-la-dette-publique-ou-du-contrat-51967860.html

 

 

 


 

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 17:00

 

 

« Parmi les folies des civilisations et des sociétés, même celles qui paraissent les plus "avancées", se trouvent les actes dégradants et l’humiliation. »

Saverio Tomasella  (1)
 

 

 

Mer des Caraïbes…

Cartagena de Indias… En français : Carthagène des Indes.

 

Port de Colombie que les conquérants espagnols avait nommé en souvenir de celui d’Espagne, Cartagena (fondé par les Carthaginois en 227 avant notre ère). Y rajoutant "des Indes", se croyant dans une contrée de cet immense pays qu’ils auraient atteint en traversant l’Atlantique ; sans avoir à contourner l’Afrique et remonter l’Océan Indien. Pour, plus tard, comprendre que c’était un nouveau continent.

 

Une des villes les plus fascinantes de notre planète. Par son Histoire. Un magma de tragédies, d’horreurs, de cruautés ; mais, aussi, de splendeurs, d’actes héroïques et de pages de gloire.

La très catholique et pieuse Espagne de l’époque y avait édifié un des principaux centres d’expédition vers la métropole de toutes les considérables richesses pillées à longueur de décennies : or, argent,  pierres précieuses (émeraudes, notamment). Ensuite, s’y ajouteront café, tabac, cacao, et autres denrées…

 

Dans ce qu’elle considérait  comme possessions de son Empire ; tous les pays de cette "Amérique Latine", qui comprenait aussi, au-delà du Mexique : Californie, Texas et Floride. Les autochtones, "Amérindiens" de diverses ethnies, étant considérés en serfs quand ce n’était pas en esclaves, exploités jusqu’à l’épuisement dans les mines ou les grands domaines.

Radeau en or (80%), argent et cuivre, splendide création artistique remontant à 1200-1500 ans avant notre ère de l'ethnie Muisca ; une des principales cultures du pays avant son éradication par la colonisation espagnole..

Radeau en or (80%), argent et cuivre, splendide création artistique remontant à 1200-1500 ans avant notre ère de l'ethnie Muisca ; une des principales cultures du pays avant son éradication par la colonisation espagnole..

Par l’odeur du pillage alléché…

 

Le colossal pillage auquel se livraient les colonisateurs espagnols, à commencer par les tombes sacrées des chefs locaux, provoqua bien évidemment la ruée d’une cohorte de pirates et corsaires, de toutes nationalités. Britanniques et Français, parmi les premiers. Les îles des Caraïbes servant de bases, repères et bourses d’échanges : navires, recrutement d’équipages, cargaisons, armes et renseignements…

 

Sur plusieurs siècles, les convois des galions espagnols lourdement chargés pour enrichir la mère patrie, arrivant à échapper aux tempêtes et naufrages, devinrent la proie de ces "bandes organisées". Tellement bien structurées, équipées, financées ou commanditées (souvent, par les milliardaires de leurs pays d’origine), qu’elles n’hésitèrent pas à attaquer le port lui-même, tant qu’il n’était pas encore suffisamment fortifié et protégé par de puissantes batteries côtières.

 

Parmi ces attaques les plus marquantes : en 1543, le Français Robert Boal ; en 1559, deux associés Français dans ce lucratif "business" Jean-Martin Cotes et Jean Bontemps ; en 1586, c’est au tour du célèbre Anglais Francis Drake, anobli par la reine Elizabeth 1er

 

Dissimulés à l’abri d’hommes de paille ou "sociétés écrans", se retrouvent toujours oligarchies et dirigeants des pays protecteurs de ces mercenaires. Aujourd’hui, rien n’a changé. Même écran de fumée. Le pillage actuel du pétrole et du gaz dans les pays qui en sont riches, s’inspire de ces méthodes anciennes ; s’effectuant par "califes" et "rebelles démocratisateurs", créés de toutes pièces et grassement financés…

Parfois, les monarques européens encouragés par un contexte de guerre officielle, baissaient le masque. Ainsi Louis XIV, pour remplir les caisses de l’Etat toujours vides, ordonna la prise de la ville par une escadre de notre marine nationale aux ordres de Jean-Bernard de Pointis. En 1697.

 

Le port entièrement pillé livra un fantastique butin d’or, d’argent, de pierres précieuses, de vaisselles et objets en argenterie, estimé entre 10 et 20 millions de livres de l’époque. Au retour de l’expédition, reçu par le roi, Pointis lui offrit une émeraude grosse, dit-on, comme le poing…

Trop d’or. Trop de richesses à portée de main.

 

L’empire britannique, administré par les banquiers de la City, décida de s’emparer définitivement  de ce port et de son arrière-pays…

 

Leurs espions avaient recensé le potentiel de défense des espagnols : quasi nul. La ville n’avait qu’une petite flotte de six navires de guerre, une faible garnison de 3 000 soldats, assistés de quelque centaines de supplétifs indigènes, armés d’arc, de sarbacanes et de frondes.

 

Après deux ans de préparation, en mars 1741, les britanniques lancèrent une expédition aux impressionnants moyens : 186 navires, plus de 2 000 canons et 30 000 soldats et marins. Aux ordres d’un de leurs plus prestigieux amiraux : Edward Vernon. Les spécialistes de l’histoire militaire considèrent qu’il s’agit d’une des plus importantes opérations amphibies (la longue histoire de la Chine et de la Corée en avaient connues de cette envergure) avant celle du débarquement en Normandie en 1944.

 

Le choc entre les deux puissances coloniales ne laissait aucune place au doute.

 

Au point que les financiers de la City éditèrent, à l’avance, une médaille célébrant la victoire et la prise de la ville par les glorieuses troupes de leur nation. !... Montrant l’amiral Vernon regardant de toute sa hauteur le commandant de la place vaincu, à genoux devant lui…

Médaille célébrant la "prise de Cartagena de Indias" par l'amiral Vernon...

Médaille célébrant la "prise de Cartagena de Indias" par l'amiral Vernon...

Sauf que…

 

L’arrogance britannique ne l'avait pas prévu : le responsable de la défense de Cartagena de Indias n’était autre que l’amiral Blas de Lezo.

Fabuleux personnage, comme il s’en trouve peu dans l’Histoire.

 

Extraordinaire de courage, d’intelligence, de sens tactique et de vision stratégique. Un meneur d’homme hors norme, affectueusement surnommé « Mediohombre » ("demi-homme" ou "moitié d’homme") pour avoir, outre de multiples blessures, perdu dans des dizaines de combats navals : un œil, un bras et une jambe. Il avait commencé sa carrière navale dans la marine française, sous Louis XIV, à l’âge de douze ans…

 

Le siège dura 67 jours et se termina par un des plus grands et humiliants désastres militaires de l’empire britannique, sur lequel il est très discret dans ses livres d’histoire, qui y perdit 50 navires et 20 000 hommes. Que les traîneurs de sabre aux uniformes chamarrés de son état-major, chargés de l'opération de conquête tout en trinquant leurs verres de porto en cristal, ne prirent même pas la peine de faire ensevelir...

 

Rien de plus passionnant que lire le récit du siège et les minutieux préparatifs de défense terrestre et maritime de Blas de Lezo, avec le peu de moyens dont il disposait face à l'invasion britannique ; leur conception, articulation, déploiement et séquence. Une encyclopédie de tactiques, aussi inventives et audacieuses les unes que les autres. Juste un exemple : sachant que les espions britanniques avaient mesuré la hauteur des fossés pour préparer les échelles d’assaut des bastions, il avait fait creuser les fossés de 2 mètres supplémentaires ; provoquant la surprise, l’hécatombe et la démoralisation des attaquants… 

La monarchie espagnole avait pris peur. Comprenant que les Blas de Lezo n'émergent qu'une fois par siècle, elle envoya l’année suivante son meilleur ingénieur militaire pour rénover et renforcer les défenses du port et de la ville, Antonio de Arévalo. Pendant 56 ans, de 1742 à 1798, il ne cessa de construire, améliorer, bastions, forts, remparts (12 kilomètres) et digues.

 

Mais, 13 ans plus tard, le 11 novembre 1811, la Colombie se sépara de l’Espagne et proclama son indépendance.

 

Ces formidables constructions militaires sont ainsi devenues des vestiges que viennent visiter, à présent, les touristes du monde entier.

 

Cartagena de Indias…

Le Général dans son Labyrinthe

 

Forteresses et centre historique noyés, aujourd’hui, dans un flot de constructions contemporaines : immeubles informes et tours de verre vertigineuses. Se voulant des "vitrines de la modernité" pour accueillir le tourisme de masse se déversant sur la ville : plus de 2 millions de touristes, avec plus de 200 navires de croisières, véritables ruches flottantes, accostant chaque année.

Cartagena de Indias…

Symboles de prospérité, dira-t-on.

 

Oui. Mais, avant tout pour le « 1% » ; la majorité de la population devant se contenter des miettes du festin réservé à une puissante et implacable oligarchie qui ne doit sa survie politique qu’au soutien des Etats-Unis.

 

Les descendants des amérindiens, ou des autochtones restent des citoyens de seconde zone. Pouvoir et richesse nationale étant réservés aux rejetons des colons espagnols ou européens, chargés d’administrer le pays pour le compte de leur protecteur Washingtonien ; qui en a même dessiné les frontières, après lui avoir arraché le Panama, en 1903, pour y construire le fameux canal … (2)

 

De colonie espagnole, la Colombie est, sans transition, devenue une colonie nord-américaine.  

Deux fois la France en superficie, ce pays de 50 millions d’habitants, du fait d’une cruelle injustice économique et sociale a toujours été, depuis sa pseudo "indépendance", l’enfer de violentes et sauvages guerres civiles entre les oligarques, armés de leurs milices, et le peuple. La paysannerie tout particulièrement, dépossédée de ses terres et de ses mines, ne cessant de revendiquer, avec héroïsme et dans d’immenses souffrances, une répartition équitable des ressources du pays.

 

Les dernières statistiques disponibles de la Fondation pour la solidarité et la défense estiment qu’en 2015 le nombre de "prisonniers politiques" en Colombie atteignait le record mondial de 10 000 personnes. En 30 ans, selon Jaime Caycedo, 7 000 membres du Parti communiste colombien ont été assassinés.
 

Et, les assassinats continuent…

 

L’appareil militaire et répressif du pays est, depuis longtemps, entièrement encadré par les Etats-Unis. Ils ne le dissimulent même pas : n’hésitant pas à expédier un contingent de l’armée colombienne pour participer à la guerre de Corée en 1950 -1953… Ou encore, d’envoyer des "spécialistes-tortionnaires" colombiens formés par leurs services spéciaux pour "traiter" la soixantaine de princes et dignitaires saoudiens arrêtés, en janvier 2018, lors du dernier coup d’Etat… D’autres membres des forces armées colombiennes se trouvent actuellement au Yémen, parmi les mercenaires en soutien des troupes saoudiennes dans cette guerre d’une sauvagerie inimaginable…

 

Au-delà des opérations spéciales en dehors du continent latino-américain, la Colombie est formatée en redoutable plateforme de déstabilisation, aux moyens pharaoniques, de tous ses voisins frontaliers qui auraient des velléités de mettre en place des réformes sociales instaurant une répartition des revenus des pays concernés entre leurs concitoyens : Pérou (aux nombreuses révoltes paysannes) (3), Equateur (4), Brésil. Et, bien évidemment, leur obsession du moment : Venezuela.

 

L’objectif permanent, paranoïaque ou mégalomaniaque devrait-on dire, étant que le seul modèle admissible pour une nation, sur cette planète, est sa totale soumission aux Etats-Unis avec un système économique et social architecturé au seul bénéfice d’une oligarchie soigneusement sélectionnée par eux.

 

Cette lutte permanente contre l’injustice et la sauvage répression des oligarchies successives constitue la trame de l’œuvre immense et poignante de Gabriel Garcia Márquez. C’est à Cartagena de Indias qu’il étudia le Droit et effectua ses premiers travaux de journaliste.

 

Qui n’a pas lu Cent ans de solitude (1967), Chronique d'une mort annoncée (1981) et L'Amour aux temps du choléra (1985), n’aura pas les clés pour comprendre douleurs, tourments et rages vengeresses qu’endurent les peuples d’Amérique Latine.

 

D’autres écrivains colombiens moins connus mais aussi talentueux, avec courage, ont témoigné dans leurs livres, articles et conférences de ce combat contre l’injustice. Donnant l’exemple de l’espoir : il n’y a pas de fatalité face au mal et à la folie meurtrière.

 

Je pense, tout spécialement, à une femme que j’aime beaucoup et à qui j’avais dédié un billet : Laura Restrepo (5). Comme Garcia Márquez, elle a un temps été contrainte à l’exil pour se protéger des menaces de mort. Lisez-la, son œuvre est publiée en espagnol, mais il existe quelques ouvrages en français.

De tous les écrits de Garcia Márquez, celui qui m’a pris le plus aux tripes : Le Général dans son Labyrinthe.

 

Périple des six derniers mois de la vie de Simon Bolivar, Le Libérateur, héros des guerres d’indépendance contre le colonisateur espagnol, partant pour Cartagena de Indias, souhaitant s’embarquer pour l’Europe et s’y ressourcer.

 

Epuisé par toutes ses campagnes militaires. Son rêve de voir se former les Etats-Unis d’Amérique du Sud fracassé par les oligarchies locales, se disputant les dépouilles de l’empire espagnol dans la voracité. Jusqu’à assassiner ses compagnons les plus fidèles, valeureux et honnêtes, tel le général Antonio Jose de Sucre.

 

Car, il avait une vision géopolitique qui lui faisait entrevoir la mainmise de la puissance nord-américaine sur la partie sud du continent. Sans exception, une hégémonie impitoyable, une nouvelle colonisation avec une poigne de fer.

 

« J’ai labouré la mer », disait-il…

 

Abandonné de tous. Rongé par la tuberculose. Voyant, depuis le chemin de son départ, les notables chez qui il avait séjourné ou simplement pris un repas, jeter dans un brasier literie, meubles, linge et même couverts en argent, qu’il avait touchés ; dans la terreur d’être contaminés.

 

Il mourra à 47 ans, sans pouvoir partir.

 

Mais, son exemple, son combat, son rêve, sont toujours présents. De même que la colonisation espagnole a été balayée par l’Histoire. Celle infligée par l’Amérique du nord, le sera tout autant.

Simon Bolivar est le levain qui fait lever la pâte. Il suffit de laisser le Temps au Temps…

La Baie de Cartagena de Indias aujourd'hui...

La Baie de Cartagena de Indias aujourd'hui...

Restons lucides : la Colombie illustre l’évolution imposée à tous les pays européens avec le démantèlement accéléré de leurs systèmes de répartition de la richesse nationale : services publics (santé, éducation, transports, retraites, etc.), fiscalité confiscatoire (exonération des multinationales et de la mafia du CAC 40, avec pour contrepartie l'accroissement des taxes sur les faibles revenus - salariés - artisans - commerçants - "auto-entrepreneurs" - sous forme d'augmentation de TVA et autres taxes)...

 

Les galions chargés à ras bord des revenus et ressources détournés de nos pays se dirigent, chaque année, en toute quiétude, vers caisses et coffres de nos oligarques enfouis, cynique clin d'œil de l'Histoire…

 

Dans les paradis fiscaux des Caraïbes.

 

 

 

 

 

 

1.  Saverio Tomasella, La Folie Cachée, Albin Michel, 2015, p. 37
2.  Georges Stanechy, Crimée : Obama Souviens-toi de Panama !, 17 mars 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/03/crimee-obama-souviens-toi-de-panama.html
3.  Georges Stanechy, Pérou : Esclavage Impérial, 3 juillet 2009,
http://stanechy.over-blog.com/article-33407858.html
4.  Georges Stanechy, Oswaldo Guayasamin : l’Art et la Colère, 28 février 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-5823599.html

5.  Georges Stanechy, Laura Restrepo : Colombie : Mon Amour, 3 février 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-5510693.html

 

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Published by Georges Stanechy - dans Amérique Latine Cartes Postales Géopolitique et Prospective
14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 19:30

 

 

 

“Ce qui compte aujourd’hui, le problème qui barre l’horizon, c’est la nécessité d’une redistribution des richesses.

L’humanité, sous peine d’en être ébranlée, devra répondre à cette question.”

Frantz Fanon (1)

 

 

 

Ras-le-bol !

 

Sortir des nécrologies interminables, imposées par notre industrie médiatique de l'abrutissement... De Johnny à Aznavour... Quand on ne nous repasse pas le plat Claude François ou Dalida...

 

Guerres successorales en prime... Money, money, money...

 

Respirons de l'air frais. De nouvelles générations d'artistes assurent la relève. Il suffit d'être attentif pour trouver de véritables pépites.

 

Je vous en offre une, pour ceux qui ne l'auraient pas déjà découverte : le trio Delgrès (2). Exceptionnel de talent et de créativité.

 

Le nom du groupe est dédié à la mémoire de Louis Delgrès officier métis de l’armée française, avec le grade de colonel, qui combattit contre les régiments envoyés par ce mégalomane déjanté qu’était Napoléon ; pour rétablir, en 1802, l’esclavage aboli par la Révolution de 1789.

 

Cerné par les troupes du tyran halluciné, il se fit sauter avec 300 de ses derniers combattants et le reste de leurs armes et munitions, le 28 mai 1802, dans leur dernier bastion à Matouba en Guadeloupe. Il avait 35 ans.

 

Car le fondateur du trio, chanteur et guitariste, est Pascal Danae originaire de Guadeloupe. Il est accompagné par deux talentueux musiciens : Baptiste Brondy à la batterie et Raphaël Gouthière au sousaphone ou soubassophone. Géniale trouvaille que d’avoir adopté cet instrument en tant que "basse", donnant un son et une harmonie d’une originalité toute en force, et sensualité.

 

Magnifique expérience musicale !...

 

J'écoute, et regarde, souvent le clip de leur déchirant "blues créole" qui a donné le titre de l'album : "Mo Jodi" (2). Le meilleur blues de l'année 2018, tous continents confondus et toutes langues parlées.

Nous l'oublions trop souvent, à force de contempler obsessionnellement notre nombril "eurocentré" : le créole fait partie de notre patrimoine culturel.

 

Des textes émouvants, denses, d'une rage contenue, porteurs de sens. Regardez cet autre clip, au titre d'avertissement, "Monsieur le Président" (transcription de Gawwelle Gaelle & traduction de "Boumbh")  (3) :

 

Misié pwézidan
Ou entélijan

Fo ou espliké mwen sa ki ka pasé Misié pwézidan

Séw ka gouvèwné

Fo espliké mwen pou ki rézon nou ka goumé

Nou la ka goumé goumé goumé

Goumé goumé goumé woy

Lité lité lité

Lité lité lité

Misié pwézidan

Mwen pa konèt ayen

Mwen sé mizisien

Tout sa mwen pé fè sé chanté

Mè mwen voté baw

Mwen fèw la konfians

Fo espliké mwen sa ou pé fè ban mwen

Mwen la ka goumé goumé goumé goumé goumé goumé

Lité lité lité goumé goumé goumé

Misié pwézidan

Fo ou fè atansyon

Pas on jou ké vinn moun ké mékontan

Ou ni tout biten

Ou ni on lo lajan

Yo pa ni ayen pa mèm on ti lèspoiw

Yo la ka goumé goumé goumé goumé goumé goumé

Lité lité lité goumé goumé goumé

 

Traduction :

 

M. le Président,
Vous qui êtes intelligent,

Il faut me dire ce qu'il s'est passé.

M. le Président, vous qui nous gouvernez,

Il faut me dire pourquoi nous devons toujours nous battre (pour survivre).

On peut juste se battre, se battre, se battre...

Lutter, lutter, lutter...

M. le Président, je ne sais rien,

Je suis un musicien, tout ce que je sais faire c’est chanter.
Mais j'ai voté pour vous, je vous ai fait confiance,
Il faut me dire ce que vous avez fait pour moi.
On peut juste se battre, se battre, se battre...
Lutter, lutter, lutter...
M. le Président, il faut faire attention car un jour le peuple pourrait se fâcher.
Vous avez tout gagné, vous avez tout l’argent,
On n'a plus rien, plus même l'espoir.
On peut juste se battre, se battre, se battre...
Lutter, lutter, lutter...

 

 

Avec en chorégraphie, représentant la lutte entre les politiciens corrompus et le peuple, une belle démonstration de Kendo.



 

 

 

1.   Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, Editions La Découverte – Essais, 2002, première publication 1961, p. 96.
Je n'ai pu m'empêcher de reprendre, à nouveau, cette citation de Fanon ; fondamentale si l'on veut comprendre les racines des calamités qui ravagent notre planète. Tout en rendant hommage à ce courageux penseur et militant Martiniquais de la Dignité Humaine, que j'avais évoqué dans des textes de ce blog :

=> 19 février 2007, Irak : Les Damnés de la Terre,
http://stanechy.over-blog.com/article-28585031.html

=> 8 avril 2008, Haïti : Oublié du Marketing des "Bonnes Causes",
http://stanechy.over-blog.com/article-18567873.html

=> 3 mars 2009, Guadeloupe, Guyane, Martinique : Pourrir et Congeler,
http://stanechy.over-blog.com/article-28585031.html

2.   Site officiel : https://www.delgresmusic.com/

3.  https://www.youtube.com/watch?v=UTvw3OWvpIs&list=RDCaJmcRsCI5Y

 

 

 

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 21:48

 

 

 

« … En ce temps-là, je n’avais pas encore compris à quel point les grandes entreprises contrôlaient le gouvernement de notre propre république déclinante.
De nos jours, bien sûr, tout le monde sait comment l’empire qui en est issu, avec son économie militaire, contrôle le monde des affaires.
Le résultat final est à peu près le même pour le reste du monde ; simplement, les massacres sont plus étendus qu’auparavant, et nous ne nous contentons plus de faire des dégâts chez nos petits voisins, mais sur chaque continent
. »


Gore Vidal (1)

 

 


 

Total, dans un mouvement de panique moutonnière, se bousculant au coude à coude avec Peugeot et d’autres sociétés françaises ou européennes (allemands et suisses, en tête du peloton !), s’enfuit du marché iranien… Les sanctions imposées par "le régime américain", à l’encontre de toute entreprise investissant ou commerçant avec l’Iran, les liquéfiant de peur.

 

Sauve qui peut !...

 

Pourtant, en 2017, Total s’était vu octroyer, à la suite d’un appel d’offres international, 50,1 % dans l’exploitation du plus grand gisement mondial de gaz (partagé avec le Qatar), dit offshore (sous les eaux territoriales iraniennes du Golfe Persique) : The South Pars. Un contrat portant sur un investissement de 5 milliards US $, pour son développement. Les Chinois participant à hauteur de 30 %. Un des plus "beaux" contrats dans ce secteur, en termes de "retour sur investissement"...

 

Mais, nous dit-on, Total a son siège financier à Londres et 1/3  de son actionnariat est américain ; réparti entre des fonds de pension et des milliardaires. De plus, ses engagements, avoirs et actifs, sur le marché US et dans sa colonie saoudienne, risqueraient d'être saisis ou confisqués, au-delà des amendes et pénalités diverses. C'est la faute à "pas de chance"...

 

Mais, nous dit-on, nos amis et alliés mènent une 'guerre économique" contre des nations qu'ils considèrent comme des "adversaires" ou des "ennemis" ; même si ces derniers ni ne les menacent, ni ne les agressent. Par solidarité, quels qu'en soient les dégâts pour nos propres intérêts, nous nous devons de les suivre aveuglément dans leur fureur guerrière. C'est la faute à "la fatalité"...

 

Nous le savons : aucune décision de l’ONU, l’Iran ayant scrupuleusement appliqué l’accord de 2015 sur le nucléaire, n’impose une telle interdiction. Il ne s’agit que d’une décision unilatérale des oligarques US ; manifestant ainsi leur volonté mégalomaniaque de dominer le monde, par "droit divin"…

 

Pétrifiée de crainte, la nomenklatura qui nous gouverne se tait, courbe l'échine, s'exécute, dans la servilité la plus obséquieuse.

 

Guerre Economique : Sanctions, Blocus et Autres Délires Hégémoniques…

Broyage des Poussins et Castration des Porcelets

 

Les délires d’hégémonie de ce régime belliqueux se fantasmant en « Nation d’Exception » maître du Monde avec, en miroir, l’absolue servitude affichée par notre caste au pouvoir, déterminent trois constats  (2) :

 

i)  Qu’en est-il de la "Libre circulation des biens et des services" ; de la "Libre Concurrence" et bla-bla-bla ; de l’idéologie Libérale ?  Nous sommes loin, très loin, de la "Main Invisible du Marché", le dada d’Adam Smith, censée réguler les activités humaines, lucratives ou entrepreneuriales. Plutôt, sous la "Matraque Fulgurante du Racket"…

Vérification, une fois de plus, de la dimension mythique du Libéralisme Economique. Ce n’est pas une science, mais "du  vent". Une croyance, ou un obscurantisme, permettant à une poignée d’asservir le reste de la planète. Si ce n’est que la loi du plus fort qui s’applique, nous sommes à grande échelle dans l’imposition du diktat d’une bande de gangsters, en clair :  un totalitarisme, modèle Al Capone.

 

 Le talentueux ministre des affaires étrangères Iranien, Mohammad Javad Zarif, parle avec humour de « l’addiction aux sanctions » dont sont affligés les autocrates américains.

 

Tapant indistinctement sur les amis ou alliés, adversaires ou ennemis déclarés… Visant, à tour de rôle ou collectivement, au rythme des hystéries successives : Chine, Russie, Biélorussie ; toute une série de pays, dont Cuba depuis des décennies ou le Venezuela. Ces jours-ci, c’est la Turquie, ou les Philippines, ou encore l’Inde (qui veut acheter du matériel antiaérien russe…), au-delà des européens.

 

L’organisation de notre Humanité reste donc des plus primitives : les timides tentatives de la structurer, via des traités internationaux et des organismes de concertation ou de négociation, tels que l’ONU ou l’OMC, se révèlent un échec.

ii)  Qu’en est-il de notre "Souveraineté Nationale", si nous ne pouvons pas défendre nos intérêts légitimes ?... Préserver ou accroître, notre balance commerciale, notre commerce extérieur, nos revenus en devises, nos créations d’emplois, nos industries et services.  En fait, assurer le développement économique et social de notre pays, pour nous et les générations futures.

 

Oui… Quel avenir réservons-nous à "nos emplois" ?...  A nos ingénieurs et techniciens, cadres et employés ?...

 

C’est la Chine qui va reprendre le contrat de Total en Iran ; sa participation passant ainsi de 30 à 80,1 %.  C’est la Chine qui y vend ses TGV, etc. Un pur désastre pour notre économie contrainte de renoncer à toute une série de marchés, de Cuba à la Russie, en passant par le Venezuela et l'Iran, parmi d'autres. Nous nous tirons des balles dans nos pieds et nos mains… Dans l’insouciance de l’idiotie et de la lâcheté.

 

Un ami Chinois de Hong Kong, pertinent analyste de la situation française et européenne, avait été choqué de voir le gouvernement Hollande brader (opération pilotée, entre autres, par Macron…) la branche "énergie" (70 % de l’entreprise, avec notamment conception et fabrication des turbines) d’Alstom ; un des derniers fleurons de la technologie de notre pays, au profit du groupe américain General Electric ; avec tous ses brevets !... (3)

 

A la vitesse de désindustrialisation et de perte de contrôle de notre expansion économique imposées par nos gouvernants successifs, la France, me disait-il, allait être réduite à un parc d’attraction pour touristes étrangers, venus goûter les produits du terroir, ses fromages et ses vins, entre deux visites de musées et de monuments historiques…

 

Que font nos Parlementaires ?... Notre Représentation Nationale ?... Nos Députés et Sénateurs ?... Apparemment, pour eux, il n’y a aucune urgence. D’autant que ces sujets ne mobilisent pas les "réseaux sociaux", ou les "zéro-socios" : pas de buzz pour agiter Toile ou Médias, et mettre en avant leur trombine…

 

Par contre, hyperactifs et zélés, dès qu’il y a du grain à moudre pour faire parler d’eux sur des sujets brûlants et croustillants ; avec discussions et débats sans fin, relayés par les médias de l’abrutissement : les cours d’éducation sexuelle à partir de 4 ans, par exemple. Ou encore, dans les votes aussi acharnés que mouvementés contre le broyage des poussins et la castration des porcelets

 

Rien de plus "vendeur" pour leur image, car fédérateur : démonstration de leur dynamisme et de leur Bonne Conscience citoyenne. Bien sûr, qui ne souhaite pas la protection de nos têtes blondes et de nos amis les animaux ?... Certes, les "broyages" actuels, sous les bombes fabriquées dans nos pays, des enfants Palestiniens ou Yéménites, ne les préoccupent pas beaucoup. Mais, il ne faut pas trop leur demander, ils sont tellement chargés de responsabilité.

 

Les dirigeants de Byzance ne se perdaient-ils pas dans des discussions interminables, la veille de son écroulement face à l’invasion turque, lors du siège de Constantinople en 1453, sur le « sexe des anges » : masculin, féminin, transsexuel ou LGBT, comme on le dirait de nos jours ?...

 

Plus proche de nous, dans le temps, Louis Vallon en avait dressé l’accablant constat (4) :

« Les classes possédantes et dirigeantes ne sont plus suffisamment soucieuses de l’intérêt général de la nation et de l’indépendance de celle-ci.

Leurs réflexes patriotiques sont émoussés par leur égoïsme de classe.

On l’a bien vu au temps de Vichy. »

iii)  Qu’en est-il de notre Défense Nationale, chargée de faire respecter notre Souveraineté ; avec son imposante "force de frappe nucléaire" édifiée par le général de Gaulle afin que la France n’ait plus à subir l’humiliation de 1940, et puisse maintenir son indépendance face à des rivaux extrêmement puissants ?...

 

D’après les statistiques 2018 de la base de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), au titre de l’exercice 2017, la France détient le plus important budget militaire européen. Presque à égalité avec la Russie (- 14,8 %) dont le territoire équivaut à 37 fois celui de notre pays, avec une population plus de deux fois supérieure (5).

 

Ainsi, en millions de dollars US :

  • Russie :  66.335
  • France :  57.770
  • UK        :  47.183
  • RFA      :  44.320

Notons, au passage, que le cumul des budgets militaires "France + UK + RFA" atteint le chiffre de 149.273, soit plus de 2 fois celui de la Fédération de Russie…

A quoi sert ce budget considérable, cette rutilante "force de frappe nucléaire", si c’est pour nous asservir et nous appauvrir au profit d'un suzerain, ou d'un seigneur et maître ?... Se trouver dans l’incapacité de faire respecter notre Souveraineté, notre Indépendance ?...

En lieu et place, sur un claquement de doigt, se précipiter pour bombarder l’Irak ou l’Afghanistan, réduire en cendres la Libye, protéger le pillage des pays du Sahel, participer à la destruction de la Syrie avec des mercenaires armés, entraînés, encadrés, par nos "forces spéciales" ?...

 

Nos stratèges galonnés seraient-ils encore en retard d’une guerre, ignorant tout de ce qu’est la Guerre Economique ?...

 

Blocus Continental : Myopie Géostratégique Napoléonienne

 

Napoléon avait rêvé, lui aussi, d’un Empire qui durerait mille ans…

 

Il l’a perdu, nous disent les historiens, après avoir commis la folie d’envahir l’Espagne où il usa ses meilleures troupes ; puis la Russie, où il perdit toute sa logistique. Déduction facile.

 

En fait, la perte de son Empire était annoncée dès lors qu’il se lança dans la mise en place des sanctions économiques, à l’encontre du Royaume-Uni qu’il souhaitait ruiner; imposant le Blocus Continental, afin d’interdire toutes transactions avec les îles britanniques.

 

Instauré en 1806, ce blocus dressa l’Europe contre Napoléon.

 

Car loin d’affaiblir les britanniques, qui doublèrent le tonnage de leur flotte miliaire et commerciale, ce sont les alliés de la France d’alors qui subirent le contrecoup de ces sanctions : les grands ports, plus particulièrement, de Hollande (où Napoléon avait installé un de ses frères comme roi), d’Allemagne et d’Italie, enregistrant une chute vertigineuse de leur activité.

 

Démontrant l’échec d’une telle entreprise hégémonique, le genevois François d’Ivernois avait conclu son étude sur Les Effets du Blocus Continental, publiée en 1809, par une amusante ritournelle :

« Votre blocus ne bloque point
Et grâce à votre heureuse adresse
Ceux que vous affamez sans cesse
Ne périront que d’embonpoint
… »

 

Le 13 décembre 1810, la Russie refuse d’appliquer le blocus et dénonce le Traité de Tilsit, signé avec la France en juillet 1807.

 

Le commencement de la fin…

 

Trump, avec la cohorte des bellicistes de "l’Etat Profond US", marche aveuglément sur les traces de Napoléon…

Guerre Economique : Sanctions, Blocus et Autres Délires Hégémoniques…

François Mitterrand, sentant la fin proche, dans un sursaut de courage lucide, dont sont parfois capables fripouilles intelligentes ou funambules en compromissions et reniements au terme de leurs aventures, l’énonce avec force et, pour une fois, sans ambiguïté (6) :

 

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique.

Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.

Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde.

C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ».

 

 

 

 

 

1.  Gore Vidal, Palimpseste - Mémoires, Galaade Editions, 2006,  p. 177-178. Publié en 1995 aux USA, sous le titre : Palimpsest – Memoir.

La vie qu’il partagea un temps avec les habitants du Guatemala, où il avait acheté une maison, lui révéla l’ampleur du pillage et de la sauvage spoliation de cette implacable "colonisation" ravageant, encore et toujours, tous les continents
Cf. : Georges Stanechy, Guatemala : Banane et Démocratie…, 10 aoüt 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-11748395.html.

2.  Pour saisir la dimension psychotique de cette idéologie imbibant les oligarques de Washington, et formatant tous les impérialismes de l’Histoire, consulter :

=>  https://en.wikipedia.org/wiki/American_exceptionalism

=>  La « Destinée manifeste » et l’exceptionnalisme américain [1/4] : Histoire de deux concepts essentiels, Les Crises, 8 décembre 2014,
https://www.les-crises.fr/destinee-manifeste-exceptionnalisme-americain-14-histoire/

3.  Loan Nguyen, Industrie. Alstom : Les Parlementaires décortiquent un scandale d’Etat, L’Humanité, 25 avril 2018,
https://www.humanite.fr/industrie-alstom-les-parlementaires-decortiquent-un-scandale-detat-654391

4.  Cité par Eric Branca in L’ Ami Américain – Washington contre de Gaulle - 1940-1969, Editions Perrin – 2017, p. 227.

5.  SIPRI.org, Military Expenditure by Country - Eastern Europe, en millions US $, page 20,

https://www.sipri.org/sites/default/files/1_Data%20for%20all%20countries%20from%201988%E2%80%932017%20in%20constant%20%282016%29%20USD.pdf
6.  François Mitterrand in Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterrand, 1997.

Citation devenue discrètement célèbre (nos médias de la propagande ne l’évoquent jamais…) reprise, entre autres, par Eric Branca dans son livre L'Ami Américain (Op. Cit.).

Ouvrage remarquablement bien documenté et référencé, j’en recommande la lecture. Eric Branca décrivant le méthodique noyautage de notre oligarchie, tant civile que militaire, par l’extrême-droite américaine depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui.
Y figure une saisissante analyse du travail de sape, acharné, machiavélique, à l'encontre de la souveraineté de la France, et d'une construction européenne forte et indépendante, d'un des plus  fanatiques "collabos" du "Deep State US", sanctifié par notre "ID" (Industrie de la Désinformation) en "Père de l'Europe" : Jean Monnet...

Atterrante déchéance de notre Nation aux mains d’une nomenklatura aveuglée, pétrie, confite, de veulerie et de corruption.

 

 

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 23:35

 

 

 

" Israël se représente lui-même comme étant assis sur un baril de poudre prêt à exploser à chaque instant et devant se préparer à affronter une nouvelle tentative de génocide. Il refuse d'admettre qu'il en allume lui-même les mèches.

Selon les saisons, cette tentative de génocide serait fomentée par les Egyptiens, les Syriens, les Palestiniens, les Iraniens, les Turcs...

Le pays et la société vivent dans la "conviction paranoïde que de vicieux antisémites, vouant une haine inconditionnelle aux juifs, planifient les prochaines étapes de l'annihilation du peuple juif."

Gérard Haddad (1)

 

 

 

 

 

Quel contraste !...

 

Le 8 mai dernier dans la discrétion, comme dans les autres pays européens, nous avons célébré la fin de la deuxième guerre mondiale ; la plupart de nos ados ne savent même pas à quoi correspond ce jour férié…

 

Par contre, toutes générations confondues, c’est avec éclat et ferveur que les Russes commémorent ce qu’ils appellent la fin de "La Grande Guerre Patriotique". Tous les ans, contrairement à nous, le 9 mai.

 

Leur combat acharné, contre les troupes nazies, les ont profondément marqués. Leur résistance héroïque, leur victoire au prix de sacrifices et de destructions d’une ampleur colossale, a provoqué une véritable saignée démographique : près de 30 millions de morts, des millions de blessés et de traumatisés.

 

De nombreux films, série TV, sont réalisés en permanence, traitant de cette dimension apocalyptique, jusqu’au niveau du moindre village ou hameau. Certains remarquablement bien réalisés, avec ses héros, mais aussi ses traîtres ou collabos. Beaucoup sont visibles sur "Youtube", quelques uns sous-titrés en anglais. Très peu en français ; rendant encore plus dense la désinformation et notre analphabétisme historique, imposés par nos oligarques sur cette magnifique Nation.

 

Occasion d’un grandiose défilé militaire ; snobé par les dirigeants occidentaux, déclinant systématiquement les invitations du gouvernement russe et, évidemment, ignoré ou étouffé dans les médias de leur propagande.

 

Une différence protocolaire à noter, par rapport à celui de notre 14 juillet : c’est le ministre de la Défense qui passe en revue (dans une limousine noire au lieu d’un véhicule militaire) les troupes à pied avant le lancement de la marche, et non pas le Chef de l’Etat ; puis, monte à la tribune officielle où se trouve le président de la Fédération Russe, pour lui présenter le salut des forces armées, lui confirmer leur préparation et attendre son ordre.

 

Depuis 2012, c’est le général Sergueï Shoïgu qui assure ce rôle.

 

Remarquable organisateur, il est une des locomotives de la spectaculaire modernisation des armées Russes. Succédant, il faut au passage le saluer, à un autre formidable rénovateur qui a éradiqué gabegie et corruption héritées des années Eltsine: Anatoly E. Serdyukov. Spécialiste des planifications budgétaires et de la maîtrise des coûts, il est un des dirigeants les plus efficaces du pôle industriel militaire actuel.

 

Ce sont des personnalités de ce calibre dont nous avons un urgent besoin pour nettoyer notre ministère de la Défense et le fonctionnement de nos armées, en France… Au lieu des rigolos se succédant, dans la frénésie de la destruction de pays qui ne nous ont rien fait ; ainsi qu’en attestent les dernières honteuses contributions de nos armées au ravage et au chaos en Afghanistan, en Libye et en Syrie.

 

Chaque année à 10h00 précise, sous la porte Saint-Sauveur des remparts du Kremlin, avant de procéder à la revue des troupes, le général Serguï Shoïgu, d’origine mongole né à Tchadan – République de Touvan (partie de la Mongolie intégrée à la Fédération de Russie depuis 1945), offre aux spectateurs attentifs un bref moment très émouvant.

Debout dans la limousine, tête nue, ce bouddhiste avant de mettre sa casquette, fait le signe de la croix orthodoxe (avec deux doigts, et non pas avec la main comme sous nos longitudes).

 

Symbole puissant de l’unité de la Russie, mosaïque de peuples et de croyances…

 

Cette Nation est entrée dans le XXI° siècle, dans le respect des croyances de chacun ; qu’elles soient athées, chamaniques, ou religieuses. Alors qu’en Europe, plus particulièrement en France, nous baignons dans un fanatisme "laïcard", instrumentalisé par nos oligarques pour nous faire régresser au temps des Croisades, afin de justifier leurs prédations coloniales au Moyen-Orient…

 

Seule ombre au tableau, cette année, la présence à la tribune d’honneur du belliciste aussi sanguinaire qu'halluciné : Netanyahu

 

 

Rencontre au sommet entre Président Russe et Emissaire du "Deep State"

 

Pourquoi avoir convié Netanyahu à cette imposante manifestation ?... Invité de marque du président Poutine… D’autant qu’il s’agissait de la première manifestation publique, grandiose, inaugurant son nouveau mandat présidentiel ; à la suite de sa réélection, et sa toute récente intronisation.

 

Beaucoup sur la Toile en ont été choqué d’incompréhension.

 

En fait, laissant de côté l’émotion légitime, il convient d’analyser ce qui représente un magistral geste politique.

 

Netanyahu n’a pas été reçu en tant que premier ministre d’une entité coloniale occidentale au Moyen-Orient. Ce serait aussi réducteur que trompeur en termes de perspective géopolitique.

 

Mais, en tant que représentant, ou porte-parole, du "Deep State" – L’Etat Profond. Le plus puissant.

 

Le véritable président des USA, c’est lui. Le président effectif de l’Europe, c’est lui. Un coup de téléphone, une visite, auprès des autres responsables des satellites de l’OTAN, et c’est l’affolement. Les chefs d’Etat occidentaux ne sont que des pantins face à lui.

Souvenons-nous de la gestuelle apeurée, obséquieuse, servile, d’un Sarkozy, d’un Hollande ou d’un Macron, soutenant difficilement son regard. Les politiciens allemands ou britanniques, sans parler des autres, tout autant.

Recevoir l’éminent émissaire du Deep State devant ses forces armées dans leur glorieux apparat, quel savoureux coup d’échec !... Cette rencontre au sommet est riche de sens. Poutine n’a rien à négocier avec le Deep State.

 

Poutine n’est pas dupe : le Deep State, Netanyahu le premier avec son hypocrite sourire, le déteste à titre personnel. Toutes les campagnes de diffamation à son égard sont puissamment financées et organisées par son industrie médiatique. Il sait que le véritable "changement de régime" auquel il ne cesse d’œuvrer, c’est en Russie qu’il le souhaite : retrouver avec délice les années Eltsine ;  de corruption et de spoliation faciles en faveur des oligarques occidentaux. S’emparer à bas prix des richesses du pays, en installant des collabos et gangsters au pouvoir…

 

Le président de la Fédération de Russie veut simplement, calmement, c’est son style, prévenir : « Vous voulez la guerre ?... Nous sommes prêts. Nous n’avons peur de personne. Regardez par vous-mêmes… ».

 

C’est dire avec bonhomie : "Ne rêvez pas"…

 

Trois considérations, sans cesse rappelées par Poutine, sur les intérêts de la Russie, non pas "coloniaux" comme ceux des occidentaux, mais "vitaux" ; intrinsèquement liés à la protection de sa souveraineté et de ses ressources nationales :

=>  La guerre contre la Russie, y compris économique, n’a aucune chance d’aboutir.
=>  La Russie, pour la protection de son commerce maritime, n’abandonnera sa place ni en Mer Noire ni en Méditerranée et, de ce fait, ses bases navales et aériennes en Syrie ; consenties à la suite de contrats de location en bonne et due forme avec l’Etat légitime et souverain Syrien. Quant au chaos fomenté par les occidentaux, il ne pourra faire éclater cet Etat, et trouvera son terme par "le politique" et non pas par "la force".
=>  La guerre contre l’Iran ?... Exclue… Aucune guerre ou invasion à ses frontières ne sera tolérée.

 

Evidemment, la Russie ne soutiendra aucune aventure militaire de l’Iran, attaque ou invasion à l’encontre de ses voisins, proches ou lointains. Par contre, la Russie sera à ses côtés, en cas d’attaque des occidentaux, quel qu'en soit le prétexte mensonger, ou la propagande, notamment une soi-disant "destruction de l’Etat d’Israël". Position identique à celle de la Chine, à l’égard de la Corée du Nord.

 

Soutien, précisons-le, pas simplement sur le plan militaire. Les nombreux accords de coopération entre Russie et Iran ont un gigantesque impact à moyen et long terme.

 

Exemple, passé inaperçu malgré sa considérable importance, chez les "géopolitologues" occidentaux : fin 2017 (le 20 septembre exactement), la Russie a autorisé deux navires iraniens à emprunter ses voies navigables intérieures (Don – Canal Don/Volga – Volga) pour passer, venant de la Méditerranée, de la mer Noire via la Mer d'Azov à Astrakhan sur la Mer Caspienne. (2)

 

Autorisation exceptionnelle, offrant ainsi à l’Iran la possibilité d’éviter le Canal de Suez ou le contournement du continent Africain pour rejoindre le Golfe Persique. De plus, en cas de blocus éventuel de ses ports du Golfe, cette coopération lui assure une "profondeur stratégique" d’une immense portée…

 

Mais, comme dit le Sage : il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

 

Liaison Mer Noire - Mer Caspienne par les voies navigables intérieures Russes...

Liaison Mer Noire - Mer Caspienne par les voies navigables intérieures Russes...

Une paire de claques

 

Poutine savait que sa position aurait du mal à être comprise par l’émissaire et ses commanditaires. Il a donc enfoncé le clou. A son habitude, avec méthode et détermination. En envoyant une vigoureuse paire de claques pour aider à mémoriser son message…

Feu vert a été donné à l’artillerie syrienne pour une opération méticuleusement préparée, depuis de nombreux mois, en réponse aux attaques incessantes de l’aviation occidentale, notamment sous pavillon sioniste : le bombardement de tous les centres de renseignement et de commandement sionistes incrustés dans le "territoire syrien" du Golan ; toujours illégalement occupé, malgré les résolutions de l’ONU, non appliquées à ce jour.

 

Le 10 mai, en pleine nuit, quelques heures après la visite de "délégué" du Deep State à Moscou, près de 70 (68, pour plus de précision) missiles à courte et moyenne portée se sont abattus sur les positions israéliennes.

 

Les objectifs militaires les plus sensibles et les mieux protégés, dont certains prétendus "les plus secrets" :

=>  Centre de commandement des moyens techniques et électroniques d’écoute et de décryptage des communications
=>  Quartier général des forces frontalières (code 9900), chargé d’assurer surveillance et renseignement « visuels » (visual intelligence)
=>  Centre de commandement de la guerre électronique
=>  Poste de coordination des tirs des armes de précision
=>  Poste de commandement régional de la brigade israélienne 810
=>  Centre de commandement de la brigade d’Harmoun
=>  Centre de commandement de la brigade Benastim spécialisée dans les combats d’hiver et de montagne

 

Leur défense anti-aérienne n’en a intercepté que… "4" !…

 

La honte.

 

Taux d’efficacité inférieur à 6 %. Ratio habituel pour les missiles anti-aériens US Patriot, de conception obsolète. Une des raisons essentielles étant de pas tirer sous forme de silos verticaux, comme les S 300 et suivants, mais en plan incliné : inefficace s’ils sont pris à revers, comme peuvent le faire des missiles téléguidés volant à quelques mètres du sol…

 

Commotionnés, soufflés, c’est le cas de le dire, les israéliens n’en sont pas revenus.

 

Bien sûr, ils ont voulu venger l’affront. Ripostant par des tirs de missiles à partir de 28 avions se relayant au-dessus du Liban, pour vite s’abriter derrière ses montagnes : on n’est jamais assez prudent… Ce sont donc 70 missiles, qui ont été lancés, dont 70 %  neutralisés par la défense anti-aérienne Syrienne. Les Syriens admiraient ce feu d’artifice, applaudissant de leurs balcons et terrasses.

 

Paniquée, l’industrie de la propagande occidentale réactiva fébrilement ses fourneaux, avec deux objectifs : dissimuler l’ampleur de la correction ; et, trouver un bouc émissaire, pour ne pas mettre en cause la Syrie qu’on avait menacé des pires châtiments en cas de contre-attaques aux agressions israéliennes. Pour éviter de se déjuger, rien de plus facile que de mettre en cause l’Iran, et ses fantasmatiques "bases" en Syrie.

 

D’où, la même rengaine dans tous les pays occidentaux.

 

En France, on nous repassa la soupe de "l’arc chiite", pour prétendre que les Iraniens avaient tiré une "vingtaine de rockets" ; des primitifs, ils ne savent pas utiliser des missiles téléguidés … Alors qu’Israël à son habitude, n’a pas hésité à répondre de façon "démesurée", "disproportionnée", "massive"… Faire croire qu’Israël bénéficie toujours d’une force supérieure à celle de ses voisins, et de l’impunité ; « Israël se sent pousser des ailes », affirme un imbécile dans un article

 

Du délire, ou de la propagande pur sucre, pour ne pas changer.

 

Certains "analystes", qui nous avaient habitués à plus de sérieux, n’ont pas hésité à servir à la louche des énormités. Telles celles-ci que je ne peux m’empêcher de citer (3) :

« Téhéran avait le choix d’attaquer soit des soldats US, soit Israël. Le général Qassem Soleimani a choisi le Golan syrien […], la Force al-Qods des Gardiens de la Révolution iraniens – l’élite militaire iranienne – a attaqué Israël depuis ses bases en Syrie

 

Quelques réajustements, devant cette cynique et grossière désinformation :

 

i)  Le général Qassem Soleimani est le chef de la branche des "forces spéciales" des Gardiens de la Révolution.  Il est en charge, en Syrie, des opérations de formation, d’entraînement et de conseil tactique, à la demande du gouvernement concerné, pour combattre les mercenaires de l’OTAN, aux côtés des Syriens et des Russes.
Comme dans les autre pays, ce sont des professionnels spécialisés dans des actions de commando ; en aucun cas des artilleurs.

ii)  Jamais ce général ne se permettrait de lancer une opération armée contre un pays frontalier, au mépris de la souveraineté du pays hôte et de ses alliés, en l’occurrence les Russes.
iii)  Le voudrait-il qu’il faudrait en avoir les moyens : en Syrie, toute opération militaire d’envergure s'effectue dans une coordination étroite, une rigoureuse planification, avec les forces Russes et Syriennes.

iv)  En Syrie, l’Iran n’a aucune base, ni matériel, pouvant être utilisé dans une confrontation avec un autre Etat. Prétendre le contraire est pure affabulation.
v)  Le général Qassem Soleimani, au-delà de son courage légendaire, connu pour sa discrétion, sa discipline et sa prudence, prend soin d’éviter, dans toutes ses missions, les provocations ; tout particulièrement, celles orchestrées par la propagande occidentale.

 

Cette effervescence dans la désinformation et la diabolisation des personnes et des nations est le signe évident que "la roue tourne"…

Malgré aboiements rageurs et moulinets hystériques de leurs "va-t-en-guerre", les occidentaux doivent comprendre que la stratégie du chaos et de l’affrontement joue, avec le temps, en leur défaveur.

 

 

 

 

 

1.  Gérard Haddad, Lumière des Astres Eteints - La psychanalyse face aux Camps, Grasset, 2011, p. 243.

N.B. : Un des rares, si ce n'est le seul, intellectuel juif français, psychiatre et psychanalyste, à promouvoir avec courage une vision lucide de la société israélienne (au sein de laquelle il a exercé pendant trois ans) et de sa caste politique ; et, mesurée autant qu'humaine de la tragédie Palestinienne et du Moyen-Orient.
Le fait qu'il soit originaire du Maghreb, avec une enfance heureuse et paisible en Tunisie, lui apporte, peut-être, cette dimension d'équité et de compassion...

2.  Khan, La Russie autorise deux navires iraniens à emprunter ses voies navigables domestiques, Le Portail des Forces Navales de la Fédération de Russie, 26 septembre 2017,
http://www.rusnavyintelligence.com/2017/09/la-russie-autorise-deux-navires-iraniens-a-emprunter-ses-voies-navigables-domestiques.html

3.  Thierry Meyssan, L'Iran et Israël ont-ils déclaré une nouvelle guerre ?, Réseau Voltaire, 10 mai 2018,
http://www.voltairenet.org/article201105.html   

N.B.  Il est triste de constater la lente et inexorable dérive au fil du temps, de celui qui fut un courageux combattant contre la désinformation, vers thèses, argumentaires et bobards atlantistes...
Même les héros peuvent être fatigués, et avoir le droit de songer à une retraite méritée et confortable.

 

 

 

 

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