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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 15:12


En ce jour de chance, Vendredi 13, amusons-nous avec un cartoon de Leon Kuhn !

Avec son humour décapant,  il détourne National Lottery en National Robbery... Autrement dit : Loterie Nationale devient Escroquerie Nationale...

Quant au logo de cette vénérable institution britannique, une main figurant la chance, il est irrévérencieusement transformé...

Métaphore de notre système électoral, en Europe et ailleurs, où des grands partis font élire leurs représentants sur de fausses promesses, conduisant à la spoliation de la majorité de leurs électeurs...









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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 15:16

 

Une campagne de désinformation (1) s’intensifie. Elle a pour thème le Darfour et des cibles bien précises. Organisée dans tous les pays occidentaux, bénéficiant du support des médias spécialisés dans la propagande des milieux de l’extrême-droite américaine et israélienne, avec des stars du show business affiliées à cette mouvance. La plus médiatique étant George Clooney.

 

Un documentaire, dont il est la vedette principale, a été traduit en plusieurs langues, et fait l’objet d’une vaste diffusion, avec campagne de publicité, sur les TV privées et publiques européennes.

 

En France, la chaîne de TV publique française (2) n’a pas hésité à diffuser ce documentaire. Et, selon son habitude, sans esprit critique, sans analyse, sans recoupement d’information, sans débat contradictoire.

 

Dans ce concert, en complément de cet acte de propagande, sous couvert d’humanitaire, on retrouve les inévitables spécialistes français du marketing des bonnes causes et du Charity Business, comme disent les anglo-saxons : Kouchner, BHL, suivis de leur cohorte de groupies.

 

Pourtant, aux USA, cette campagne rencontre une forte opposition (3). Cette mobilisation se traduit par des caricatures, des manifestations et des analyses remarquables comme celles de Sara Flounders. Beaucoup ne sont pas dupes de la manipulation de la souffrance de populations civiles par des intérêts et des lobbies qui, en réalité, s’en fichent complètement.

 

 

Protestations aux USA contre la propagande des « néocons » sur le Darfour (*)

 

De quoi s’agit-il ? Quels sont les enjeux ?

 

Le Darfour est une province du Soudan, limitrophe du Tchad, aussi grande que la France. Des troubles ont éclaté en 2003. Le Soudan sortait à peine d’une longue guerre civile entre le nord et le sud, conclue sur un accord de paix, qu’une révolte, avec des soulèvements de différentes tribus, éclatait dans l’Ouest du pays : le Darfour.

 

Ce fut un choc pour le pays. Surtout lorsqu’il découvrit l’implication des occidentaux et, tout particulièrement, d’Israël. Des populations civiles seraient attaquées et des exactions entraîneraient leur fuite, dans des conditions dramatiques, vers des camps où elles survivraient dans un complet dénuement. D’où viennent les approvisionnements en armes de ces tribus et quelle est la finalité de ces actions ?

 

Les seules informations disponibles, dans les principaux médias occidentaux, évoquent un « génocide » décidé par le gouvernement central à l’encontre des populations du Darfour. Un peu simpliste comme explication, et, en France comme ailleurs, certains ont remis en cause, de façon claire, les rouages de cette désinformation (4).

 

Je ne m’attacherai donc qu’au documentaire de Clooney dans ses contrevérités majeures et ses "non-dit", que des professionnels sérieux de l’information, des journalistes intègres, auraient dû mettre en évidence en visionnant ce documentaire.

 

Ce que Clooney ne dit pas :

 

1. Le Soudan, avec sa province du Darfour, est riche, très riche : pétrole, gaz, et surtout uranium de grande qualité. Notamment dans les régions de Nuba Mountains et Hufrat an Nahas. Les principaux gisements d’uranium se trouvant à la frontière des "néocolonies françaises" du Tchad et de la République Centre Africaine.

Des compagnies minières américaines avaient obtenu des permis de recherche et d’exploitation, il y a une trentaine d’années (5). Elles ont eu largement le temps d’en recenser les richesses. De nombreuses multinationales occidentales, y compris françaises, sont en lutte pour s’approprier ces immenses richesses et souhaitent une indépendance de cette région afin de créer un gouvernement aux ordres, laissant l’Occident procéder à leur pillage en toute tranquillité.

 

2. L’implication des lobbies des évangélistes et de l’extrémisme sioniste (6), les plus fervents soutiens de la politique de Bush au Moyen Orient, est totale et parfaitement assumée. Sa conférence devant les parlementaires américains, avec Elie Wiesel, en est une parfaite illustration.

Elie Wiesel est très représentatif de ces "humanitaires", comme Kouchner en France, qui ont soutenu la destruction de l’Irak, de la Palestine ou du Liban sans sourciller. S’inquiétant du sort des civils au Darfour, mais silencieux et la conscience tranquille devant les 655 000 morts (7) recensés en Irak à ce jour, ou devant la progression incessante des souffrances de son peuple (8), au milieu des destructions commises pour "renverser un dictateur et apporter la démocratie". "Humanitaires" imperméables aux souffrances et dévastations commises, depuis un demi-siècle, en Palestine, comme BHL et tous ces activistes du même acabit…

 

3. Les "arabes", le mot est clairement prononcé par l’acteur, massacreraient des populations noires dans l’application d’une politique génocidaire. Sous entendu, aussi, des musulmans extermineraient des chrétiens…

Il s’agit, bien évidemment, d’une contrevérité dénoncée par toute personne un tant soit peu documentée sur la région.

En France, le directeur de recherche du CNRS, Marc Lavergne, spécialiste du Soudan, rappelle que les milices "janjawids", qui seraient les auteurs des exactions à l’encontre des populations, sont composées de noirs aussi noirs que leurs victimes :

«… Tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout "arabes"… En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. (9)».

Qui plus est, tout le monde est musulman et le conflit n’a aucune connotation religieuse.

Notons, au passage, que fidèle à son "éthique", l’acteur n’a jamais cherché à discuter et entendre la version officielle du gouvernement central.

En fait, cette diabolisation des arabes, une fois de plus, dans le contexte du Darfour, répond à deux objectifs racistes :

=> dresser les noirs contre les arabes, notamment les communautés noires occidentales

=> dresser les chrétiens contre les musulmans.

 

4. Il est demandé à la Chine de mettre un terme à ses échanges commerciaux avec le Soudan. Echanges commerciaux qui existent actuellement entre les multinationales et le Soudan, occidentales, y compris françaises, et asiatiques, notamment indiennes.

Le cynisme n’a, par définition, aucune borne. Cette diabolisation de la Chine en est un excellent exemple. La Chine n’a jamais colonisé l’Afrique et n’y entretient aucune base militaire. Contrairement aux USA et aux anciens colonisateurs. Ce serait donc la Chine qui serait responsable du conflit au Darfour.

Grotesque.

Mais les relais de la propagande foncent tête baissée. Depuis des siècles, l’Afrique est pillée, occupée militairement, dans un système néocolonial abject.

La Chine, par des accords commerciaux limités à des échanges d’égal à égal, inaugure avec ce continent un mode de relations qui n’est pas fondé sur la prédation. L’Occident ne peut l’accepter…

 

5. Le documentaire affirme que l’acteur aurait consulté plusieurs organisations humanitaires. Ce qui est faux. La seule qu’on aperçoit (il suffit de lire sur les portières des véhicules) est « The IRC.org ».

Curieuse ONG.

Elle est le résultat de la fusion de deux associations, en 1942, de l’International Relief Association (IRA) constituée en 1933 pour aider les juifs persécutés en Allemagne sous les nazis à fuir le pays, et de l’Emergency Rescue Committee (ERC) fondée en 1940, destinée à secourir les juifs persécutés par le régime de la France occupée par les nazis, le régime dit "de Vichy".

Pour le reste, son action s’est concentrée sur les victimes des "répressions soviétiques". Son éclectisme semble très limité, toutefois : difficile de savoir quelles ont été ses actions en faveur des Palestiniens, Irakiens, Afghans, et autres victimes des atrocités commises par l’Occident en Amérique du Sud, en Iran (du temps du Shah) ou en Indonésie du temps de la répression anticommuniste de Soekarno (de 500 000 à un million de morts), par exemple…

 

6. Ces qualifications de "génocide", et cet appel à la mobilisation émotionnelle des opinions publiques occidentales, permettent aux "néocons" d’occulter les horreurs dont ils se sont rendus coupables et qu’ils perpétuent au quotidien. Leurs propres "génocides". Tant en Irak, en Afghanistan, ou en Palestine, pour ne mentionner que les pays les plus durement touchés en ce moment.

Se blanchir, en jouant les héros de la compassion face à la souffrance humaine…

 

D'autres points pourraient être soulevés, mais arrêtons la liste...

 

Clooney ? Vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes !... La calomnie et la diffamation pour de l’information !...  La propagande pour de la charité !...

 

Retirons son masque, ce sourire mécanique aux dents vernissées, que reste-t-il ?...

 

 

 

 

 

 

 


(1) Deux livres sont à lire pour comprendre les mécanismes de la propagande et de la désinformation :
· La Psychologie des foules, de Gustave Le Bon, 9° édition, 1905, publication sur internet.
· Les nouveaux désinformateurs, de Guillaume Weill-Raynal.

(2) Emission Envoyé Spécial « Urgence au Darfour », du 5 avril 2007.

(3) Not So Fast… Save Darfur ?, Joshua Frank, 11 mai 2006, counterpunch.org.
(4) Bruno Guigue, Le Darfour et ses faux amis, Leader Africa, 26 mars 2006, publié aussi sur oumma.com ou africatimes.
(5) Les entreprises minières américaines ont obtenu des concessions dès les années 1976-1979, telles que la Minex Company.Library of Congress, Country Study for Sudan Report.
(6) Les juifs américains dirigent la planification du rassemblement en faveur du Darfour, Jérusalem Post, 27 avril 2006.
(7) Owen Bennett-Jones, Iraqi deaths survey ‘was robust’, BBC World Service, 14 mars 2007.
(8) Misery grows, says Red Cross (Les souffrances de l’Irak ne cessent de croître, déclare la Croix Rouge), BBC, 11 avril 2007.
(9) In Le Darfour et ses faux amis, Op.
Cit.

 

Cartoon et photo anti “néocons” : indymedia.org.

 

 

 

 

 

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 20:16


Pâques et son week-end… Bulletins Météo fébriles : prières pour la neige en montagne et le soleil ailleurs… Derniers séjours de ski avant l’été, voyages, friandises en chocolat et autres sucreries.

Enfant, pendant la Semaine Sainte, on me disait que les cloches s’envolaient pour Rome, ne revenant que le dimanche de Pâques. Pour me consoler de leur départ, je dévorais des cloches en chocolat. Elles revenaient toujours trop tôt, à mon goût. Sonnant le glas de mes pulsions. Elles étaient magnifiques, sous leur cellophane, dans la vitrine des pâtissiers. De cette période remonte ma gourmandise pour le chocolat.

A présent, des lapins en chocolat enveloppés dans du papier alu doré… N’importe quoi ! D’où sortent-ils, ces lapins robotisés ?  Il faut évoluer, nous dit-on… Depuis ces dernières années, à la Toussaint, on nous refile bien des citrouilles et des balais de sorcières. Je n’aime pas les citrouilles et je n’aime pas les balais. Mais, bon… Il faut bien s’adapter. Le bourdonnement habituel de nos sociétés marchandes, sautillant à cloche-pied d’un n’importe quoi à l’autre, d’une période de solde à l’autre, d’une fête à l’autre… Oubliant les traditions, les cultes, et le sens dont ils étaient le vecteur.

Pâques, la plus importante fête chrétienne, avec la Noël. La commémoration de la torture et la mort de Jésus. Par des fanatiques ne supportant pas son message de paix, de compassion, de charité et d’amour de l’autre. Célébration de joie, à sa résurrection. Triomphe de la vie, de l’amour, sur la haine, la violence et la mort. Mel Gibson a su en restituer le contexte historique et la dramaturgie dans son film à grand succès (1)
.

Mes premières pensées vont aux Palestiniens chrétiens, qui ne peuvent pas vivre sur leur terre, en paix. Je leur souhaite une bonne fête. Ils luttent, dans des conditions atroces, aux côtés des Palestiniens musulmans, pour l’indépendance de leur nation. Que Dieu les protège. Afin qu’ils puissent retrouver, un jour, la liberté de culte dans un pays libre. Aux côtés de leurs frères musulmans et juifs. Le jour où les prêcheurs de croisades ne seront plus écoutés …

J’aime beaucoup la figure de Jésus dans le Coran, où il est mentionné dans plusieurs versets. Vénéré, comme un des grands prophètes de la Révélation : Aïssa. Dans la tradition coranique, il n’est pas martyrisé, mais rejoint Dieu dans l’Ascension. Cette fin de vie rejoint, dans sa symbolique apaisante, la figure de Marie, Myriam, sa mère. Vénérée, elle aussi, dans le Coran comme un sainte. Elle a même une Sourate qui lui est dédiée
(2)
.

Apaisement, compassion et justice dont cette région a tant besoin...

Pas très loin. Dans la péninsule Arabique, il y a plus de 2 millions de chrétiens. Le développement économique a provoqué des flux de population. En majorité, ce sont des chrétiens européens, libanais, indiens, et philippins qui se sont installés avec leurs familles. Pour faire face à cet afflux, les constructions d’églises se multiplient.

Paul Hinder est l’évêque catholique, en charge de ces communautés. Son diocèse, immense, regroupe les paroisses et les églises de six Etats : Qatar, Emirats Arabes Unis, Barhein, Oman, Yémen et Arabie Séoudite. Il supervise, en particulier, la construction en cours d’une des plus grandes églises de la chrétienté. A Doha, au Qatar. Le budget de ce chantier est de 15 millions de dollars US.

Dire qu’en Europe, où l’islamophobie fait rage, on multiplie les obstacles à la liberté de culte des musulmans, ne serait-ce que dans les oppositions hystériques à  la construction de mosquées …

Alors, face à cette haine religieuse, je pense aux dernières paroles du Christ, avant de mourir :

Mon Dieu,
pardonne leur,
ils ne savent pas ce qu’ils font…

 

 

 

 

 

(1)    Indispensable dans une DVDthèque : La Passion du Christ.
(2)    Sourate 19 : "Marie".

 

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 00:04

 
-science_photo_library.jpgL’annonce récente (1) que le porte-avions français avait rejoint les porte-avions US, face à l’Iran, dans le Golfe Persique m’a fait penser à la scène d’anthologie d’un des chefs d’œuvre du cinéma, le film de Stanley Kubrick, Docteur Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (2).


Le chef de l’équipage du bombardier qui avait armé la bombe atomique, tout heureux de la lâcher sur l’URSS de l’époque, la chevauche, sautant avec elle,  comme il l’aurait fait d’un cheval sauvage, battant sa croupe de son chapeau texan, plongeant ainsi dans le vide en hurlant de joie !...  

Stanley Kubrick caricature, dans ce monument de l’humour noir, la folie des hommes qui se lancent dans des aventures guerrières qu’ils n’arrivent plus à maîtriser.


Folie, non pas du peuple qui est exclu de ces enjeux, en termes de réflexion et de décision, mais d’une caste de politiciens et de militaires, aussi paranoïaques et stupides les uns que les autres, parfaits représentants du complexe "militaro-industriel".

Inoubliable. Et, combien d’actualité…


La France, en parfait auxiliaire de « l’Empire », se joint, par ce geste, à la folie belliciste de l’extrême-droite américano-sioniste. Notre caste de politiciens, singeant ces traîneurs de sabre, a donc sorti les chapeaux texans, heureuse de jouer à la "guéguerre" au Moyen Orient. Soutenue, bien sûr, par les propagandistes qui nous refont le "coup de Munich" et celui des profanations de cimetières…


Et, bien sûr, sans débat démocratique, discussion parlementaire, vote populaire… Engageant notre diplomatie et nos forces armées, dans le silence institutionnel d’une république bananière.

Au lieu d’apaisement, de paix, de compassion, qui sont une urgence dans cette région, que voit-on ? Des carnages, des discours menaçants, belliqueux et des préparatifs de guerre contre l’Iran.


Depuis des années, ces préparatifs n’ont jamais cessé et, à présent, s’intensifient. Les marins britanniques, capturés au cours de leur action commando, ne sont que la partie visible de ces opérations destinées à tester le niveau des défenses iraniennes : maritimes, terrestres et aériennes.


L’enlèvement récent, par les services spéciaux occidentaux, de personnels consulaires iraniens en Irak, ou de personnels militaires en Turquie, au mépris des conventions internationales, doit être accepté pour « normal ». L’arrestation de commandos armés occidentaux dans les eaux territoriales d’un pays souverain est, par contre, jugée "inadmissible"…

Cynisme du fort par rapport au faible ?  Bien… Mais, ce faisant, la diplomatie française, à la remorque des "néocons", se fourvoie à deux niveaux : celui de l’Histoire, mais davantage préoccupant, celui de la Géopolitique. 

 

 

Le déni historique

i)     Les occidentaux n’ont jamais admis "l’indépendance" de l’Iran. Ses énormes ressources pétrolières et gazières avaient vocation, dans leur esprit, à être pillées par eux. Ils n’ont pas hésité à renverser le premier ministre régulièrement élu, Mossadegh (3), qui avait voulu nationaliser le pétrole. Les anglo-saxons, au cœur de ce pillage, interdisaient même aux iraniens de consulter les comptes des compagnies pétrolières !...

Supprimant toutes les libertés, ils ont imposé le régime sanguinaire (4) du Shah. Toute une société civile décapitée, en quelques années. A tel point, que la seule force politique survivante fut celle des religieux !… En fait, regrettant le régime du Shah, ils rêvent d’un régime de marionnettes, à la jordanienne.

ii)    L’Irak, dirigé par Saddam Hussein, a été poussé, armé, guidé dans une guerre implacable pour vaincre l’Iran (1980-1988) afin de renverser ceux qui avaient fait chuter le Shah. Cette guerre a provoqué de part et d’autre plus d’un million de morts. Les armes françaises, entre autres armes occidentales, ont été déversées à flots continus dans ce conflit.

Cette politique répondait et répond à des plans qui se succèdent depuis la présidence d’Eisenhower (5). Les archives et les publications des « think-tanks » d’extrême droite en sont pleins : asservir, diviser, morceler, piller.

iii)   Qu’on le veuille ou non, le gouvernement iranien actuel est un gouvernement régulièrement élu. Chacun est libre de choisir, dans l’autodétermination, ce qui lui convient. C’est à l’évolution naturelle de son histoire et de sa société de déterminer ce qui lui convient. Il n’appartient pas à des puissances prédatrices extérieures d’imposer leurs dictatures, sous couvert de régimes corrompus et manipulés. Dire que l’Iran est "au ban des nations" est une vue de l’esprit. Il n’est que la bête noire des "chefs de guerre ou de bande" de l’Occident. Ce qui est largement différent… En fait, son prestige est immense et pas seulement dans le monde musulman.

iv)     Lorsque la France a voulu changer de régime politique en 1789, elle a eu l’Europe entière contre elle. Elle a préservé son indépendance et ses choix dans des combats héroïques, en battant plusieurs coalitions de pays européens. Bataille de Valmy, en 1792, ou de Fleurus en 1794, malgré 20.000 soldats français « contre-révolutionnaires » soutenant les puissances étrangères, par exemple.

Les français, son peuple d’alors, n’admettaient pas qu’on veuille l’empêcher d’exercer son droit à l’autodétermination. Les iraniens font et ne feront pas moins. 

 

 

L’aveuglement géopolitique

i)  Le cynisme, adossé à la force armée et à la propagande, est viable, en tant que politique, tant que l’équilibre est en faveur du plus fort. N’oublions pas qu’au début du XX° siècle, la Grande Bretagne et la France étaient les plus grandes puissances et les plus grands empires de l’époque. A la fin de ce même siècle, elles n’étaient plus que des puissances régionales.

Suivant la même évolution, au début du XXI° siècle, les USA sont un redoutable "Empire", à la fin de ce même siècle, ils ne seront plus qu’une puissance régionale. Tout simplement, parce que le centre de gravité de la puissance économique et militaire bascule inéluctablement en Asie… La force agressive de l’Occident vit ses derniers temps.

ii)  La "guerre de religion"  entre sunnites et chiites est une création de l’Occident. Elle n’a jamais existé. Jamais un chiite n’irait détruire une mosquée sunnite. Et vice-versa. Encore moins massacrer des pèlerins. Dieu, le Coran, les lieux de prière sont les mêmes et sont sacrés. Tous les musulmans se retrouvent aux lieux saints de  la Mecque et de Médine.

Les affrontements qui ont eu lieu dans le passé représentent une courte période sous forme de guerre de succession, dans la direction de la communauté musulmane à son origine. Mais, il y a eu toujours le respect du religieux.

Cautionner les fous qui ont imaginé pareille stratégie, qu’ils font appliquer par des "escadrons de la mort" non musulmans (6), est un crime contre l’humanité.  Vouloir dresser des pays les uns contre les autres sur des différences religieuses est donc une stupidité. Voir notre diplomatie souscrire à pareille aberration, d’un tel niveau d’horreur, est une responsabilité criminelle.

iii)  La recomposition du Moyen Orient se fera, sous forme d’une fédération comme s’est faite celle de l’Italie ou de l’Allemagne. Ces deux pays ne furent, longtemps, qu’une mosaïque de  principautés. A l’exemple des régimes fantoches manipulés par l’Occident.

Cette région sera une des grandes puissances de la fin  du XXI° siècle. Ne pas le comprendre, ni l’entrevoir représente encore une stupidité à laquelle souscrit notre diplomatie.

iv)  Qu’on le veuille ou non : l’Iran est une grande nation. Une des plus anciennes du monde. Elle sera maîtresse de sa souveraineté. Lui dénier l’arme atomique n’a aucune validité diplomatique ou morale à partir du moment où Israël en possède, au  minimum, une centaine et a procédé à des tirs de missiles balistiques à partir de "sous-marins indiens", comme on a pu le lire dans la presse asiatique.

Soit, il y a désarmement général atomique dans la région, soit chacun doit pratiquer la devise des romains :  "Si vis pacem para bellum" : "Si tu veux la paix, prépare la guerre".

Le déni et l’aveuglement pratiqués par la caste politique qui gouverne la France, aux ordres des extrémistes de Washington - Tel Aviv et Bruxelles, sont la marque d’un dysfonctionnement de nos institutions politiques. L’expression de pratiques non démocratiques et irresponsables, indignes d’un pays souverain, oeuvrant pour la Paix et la Dignité Humaine.

 

 

 

 


 


(1)    Aucun media français, sauf erreur, n’en a parlé. Omerta française. On trouve l’information dans la presse anglophone d’Asie… Voir l’article de Kaveh L. Afrasiabi, Iran, ahead of the game, Asia Times, 30 mars 2007.
(2)    Titre original du film : Dr. Strangelove or How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (1964), d’après le roman de Peter George Red Alert (1958).
(3)    Premier ministre en 1951, renversé par la CIA en 1953.
(4)    Une des plus horribles répressions que l’humanité ait connue, avec des milliers de morts et disparus sous les tortures de la sinistre police du régime : la SAVAK. Avec l’assistance de la CIA et du Mossad.

C’est toute une génération de cadres qui a été effacée de l’Iran, sous prétexte alors qu’ils étaient  « communistes », n’épargnant en fait que les cadres religieux.
(5)    Président des USA de 1953 à 1960.
(6)    Où on retrouve parmi ces mercenaires, comme par hasard, des membres des milices chrétiennes du Liban, et autres « phalanges », parlant parfaitement l’arabe et indétectables au « faciès »…

 

 

 

 

 


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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 19:21


L’Année de l’Inde, au Salon du Livre, réveille en moi l’admiration que j’éprouve pour une personnalité indienne fascinante : Arundhati Roy.


Pourtant, elle n’a plus écrit de roman depuis 1997. Dix ans… Mais, quel roman ! Un succès mondial (1), ponctué d’une pluie de prix internationaux, dont le prestigieux Booker Prize.

A la suite de ce succès, elle aurait pu débiter en rondelles son petit filon romanesque, comme les « business women » de l’industrie romancière, bien de chez nous ou d’ailleurs.  A la Amélie Nothomb ou Virginie Despentes.


Avec un bon marketing, relayé par la « presse féminine », les gogos de la critique médiatique, elle aurait été publiée, chaque année, quoi qu’elle écrive. Par réflexe moutonnier, chacun aurait suivi. Prospérer gentiment…

Belle, elle avait de quoi séduire les magazines féminins internationaux et leurs principaux sponsors : les fabricants de cosmétiques et autres bâtons de rouge à lèvres. Elle aurait pu minauder, dans un clip, en demandant : " Tu l’aimes ma bouuuuche ?… ". Avec une féminité autrement plus rayonnante et crédible que les baudruches peinturlurées des films publicitaires…

Non. Trop talentueuse. Trop belle. Trop femme. Trop courageuse.

Vous ne la trouverez jamais dans cette presse ou sur ces plateaux de télévision. Elle est devenue la bête noire de leurs propriétaires : les marchands de canons et de béton ! Elle s’est consacrée à la lutte pour la défense des paysans indiens et pour la paix dans le monde.


Impardonnable !


Au lieu de se contenter de tartiner sur le misérabilisme et le sort tragique de la femme indienne... Elle veut s’attaquer aux « racines de la misère » …

Ecrivant, militant, elle n’a cessé de dénoncer les injustices provoquées par la politique des grands travaux (2). En particulier, des barrages en Inde : spoliation des populations de centaines de villages, expulsées de leurs terres sans indemnisations, terrorisme de l’Etat et de ses entrepreneurs mafieux.


Témoignages accablants des « procédures démocratiques » pour instaurer une implacable dictature des forts sur les faibles. Elle en a fait un documentaire (3), car elle a fait du cinéma, jouant et écrivant des scénarios pour le cinéma (4), ou pour des séries TV (5).

Dans ses conférences, ses écrits, elle est une des plus ardentes pasionarias contre la guerre en Irak et le génocide de la Palestine (6). Pour le droit des peuples à l'autodétermination, le droit à disposer et décider de leurs destins. Contre le nucléaire et pour la paix dans le monde (7)
.

Une partie de la presse indienne, soudoyée par la business mafia associée à des politiciens corrompus, l’a traînée dans la boue. On est allé jusqu’à l’interner une journée en prison, pour injure à magistrat.


Bien sûr, les extrémistes américains l’ont accusé d’anti-américanisme. Comme on sait le faire en France (8), lorsqu’on critique la politique étrangère américaine.


Rien n’a pu la briser.

Une citation, extraite d’un de ses ouvrages de combat (2)
, montre à quel point cette génération, très représentative, d’Asie, d’Amérique du sud ou d’Afrique, est lucide et ne se laisse pas impressionner par la propagande de l’Occident :

« … Quant à la dénonciation de l’hypocrisie occidentale, n’a-t-on pas déjà fait le nécessaire dans ce domaine ? Qui sur terre nourrit quelque illusion à ce sujet ? 


Voilà des gens dont l’histoire est teintée du sang des autres. Colonialisme, apartheid, esclavage, purification ethnique, guerre bactériologique, armes chimiques. C’est à eux que l’on doit tout cela. Ils ont pillé des pays, effacé des civilisations, exterminé des populations entières.
     
Ils se tiennent sur la scène du monde nus comme des vers mais pas le moins du monde embarrassés, parce qu’ils savent qu’ils ont plus d’argent, plus de nourriture et des bombes plus grosses que n’importe qui d’autre.


Ils savent qu’ils peuvent nous balayer de la surface de la terre en moins de vingt quatre heures. Davantage que de l’hypocrisie, je dirais que c’est du cynisme pur et simple. »

Si ce n’est déjà fait, lisez ses livres : une passionnante introduction dans la vie de ce pays gigantesque, au cœur de l’évolution géopolitique en cours...

 

 

 

 


 

 

(1)    Le Dieu des petits riens.
(2)    Le coût de la vie.
(3)    DAM/AGE : A Film with Arundhati Roy (2002). A noter le jeu de mots entre "DAM/AGE"  (L’ère des barrages)  et  "DAMAGE"  (dégâts, préjudices).
(4)    In Which Annie Gives it Those Ones (1989) Electric Moon (1992).
(5)    The Banyan Tree.
(6)    L’écrivain - militant.
(7)    Elle a obtenu le Sydney Peace Prize, en mai 2004, pour sa lutte contre les injustices sociales et la non violence.
(8)    Hoover Institution, National Review, Todd Gitlin, Stanley Kurtz…




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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 11:25


Un cartoon de Leon Kuhn que j’aime beaucoup.

 

Son jeu de mots, Welfare not Warfare,  représente ce que ressentent les britanniques, en ce moment.

 
Le ministre des finances du gouvernement Blair (Labour), Gordon Brown, a présenté le budget de l’Etat, mardi dernier. Evidemment, avec des exonérations fiscales pour les grandes entreprises et les hauts revenus…

 

Les deux principaux partis politiques, Tory (conservateurs) et Labour (travaillistes), appliquent la même politique, en votant le même budget d’une année à l’autre, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition. Routine du jeu politique, dans les démocraties occidentales, qui veut que  « l’alternance » ne soit qu’une façade…

Plus grave : l’un et l’autre soutiennent les manoeuvres du lobby de l’armement, aussi puissant au Royaume Uni qu’en France. Ils veulent « renouveler » le parc des missiles à ogives nucléaires, embarqués dans les sous-marins. Les fameux « Trident ».

 

Il y a en a pour 70 milliards de £ (103 milliards d’euros) !…

Les britanniques n’en veulent pas. Ils estiment que d'autres priorités s'imposent. La majorité d’entre eux militent, déjà et en  permanence, contre
l’emploi des troupes britanniques en Afghanistan et en Irak. Guerres coloniales d’un autre âge.

 

Ils veulent du « Welfare », de la protection sociale et du bien-être, et non pas du « Warfare », des entreprises guerrières qui n’ont rien à voir avec les besoins réels de la défense du territoire. Mais le lobby ne bronche pas. Image classique d’une caste politique qui, une fois élue sur des fausses promesses, exerce en fait un pouvoir absolu…

« Scrap » : laissons tomber ce projet, demandent-ils. Et dans la fumée de ce missile, on peut lire : « 100 hôpitaux ». Ils sont, en effet, excédés d’endurer un des services de santé les plus déplorables des pays « développés » …

Détail amusant : un député travailliste, Dai Davies, a voulu déposer une motion au Parlement pour rappeler qu’à l’issue d’une consultation publique sur le renouvellement des missiles « Trident », 99 % des britanniques ont rejeté ce projet. Ce qui lui paraissait douteux…

 

Mais, avant de discuter son texte on lui a demandé de rectifier l’appellation « WMD system » (Weapons of Mass Destruction) ou "armes de destruction massive", par « NW system » (Nuclear Weapons). Voyons ! Les pays occidentaux ne possèdent pas « d’armes de destruction massive » …

Et, dire que certains de nos candidats présidentiables « admirent » le gouvernement Blair…

 

 

 

 

 

 

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 09:34



Les   Droits   de   la   Femme ...

... appliqués par l'armée d'occupation.



 

 


Palestine  -  Mars 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

(*)  Crédit photo : AA News Service


 

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 14:00


Chaque SDF, sous sa tente du Canal Saint-Martin, est l’heureux détenteur d’un patrimoine de €  352.123. Comme tout français.

C’est écrit noir sur blanc dans le rapport de la Banque Mondiale sur la « Richesse des Nations »
(1), publié en 2006. Le titre de ce rapport fait référence à un des grands classiques du Libéralisme Economique, écrit par Adam Smith (2).

Encore, faudrait-il doubler ce chiffre qui ne prend pas en compte l’intégralité des actifs immatériels difficiles à évaluer (patrimoine intellectuel, historique, scientifique, etc.), l’intégralité des actifs détenus à l’étranger, ou les actifs "immergés" (corruption, transferts dans les paradis fiscaux, minoration des bénéfices et des valeurs des entreprises et des particuliers (3)
, etc.). Et, encore s’agit-il des chiffres de l’année 2000, qu’il conviendrait d’actualiser à la hausse…

Le mythe de la France en "faillite", du fait de son endettement, est la tarte à la crème des milieux affairistes qui prospèrent dans la rente, la spéculation et "l’économie - casino".


Ne parlons pas des démagogues racistes qui l’attribuent à l’immigration, eux qui ont spolié pendant un demi-siècle les retraites des anciens combattants des colonies et autres territoires de "l’ex-Empire français"


En fait, pour protéger leurs privilèges, leurs rentes et leurs exonérations, l’objectif de cette caste est de sabrer les salaires, les emplois, les services publics, et, évidemment, le système de protection sociale : santé et  retraites.

La "catastrophe" de la dette publique ? Un coup de bluff, relayé par les médias aux ordres. "Chaque nouveau-né en France hériterait d’une dette de l’ordre de 17 500 euros, voire de 20 000 ou de 30 000 euros !", ne cesse-t-on de nous répéter. Pour lui donner un semblant de teinture scientifique, ces lobbies s’appuient sur des rapports de complaisance. En France, le fameux « rapport Pébereau » (4)
, par exemple.

Et, pourtant… La richesse (5) de la France, par habitant, est supérieure à la plupart de celle de ses principaux voisins (6)
 :

Belgique - Luxembourg € 339.315, Hollande € 316.530, Grande Bretagne € 307.506, Italie € 279.215, Espagne € 196.210.


Autrement dit, la France est riche, très riche. Cela, nous le savons tous. Mais, les médias sont là pour nous le faire oublier…

La dette publique en pourcentage du PIB (engagements financiers bruts) est inférieure d’un point à la moyenne des pays de la zone Euro : 76,5 %, au lieu de 77,5 % (7)
. Pour l’endettement net (actifs financiers des administrations publics déduits), il faut enlever 20 à 30 points suivant les paramètres. Et, là encore, la France reste au même niveau que ses partenaires.

Dans un document de l’OFCE (8), on trouve une information intéressante :

« En Avril 2005, l’Etat français a émis une obligation assimilable du Trésor (OAT) à cinquante ans, arrivant à maturité en 2055… L’Etat s’était engagé à en émettre pour 6 milliards d’euros. La demande a atteint 19,5 milliards d’euros».


Un volume de demande supérieur de plus de trois fois à celui de l’offre. Les créanciers en redemandent, se battent presque ! Pas mal, pour un Etat au "bord de la faillite". Cela nous le savons moins. Mais, les médias sont là pour ne pas nous en informer…

Malgré tout, la croissance de la dette ne cesse d’augmenter sur les dernières années ?  En réalité, ce n’est pas parce que la France emprunte davantage pour financer son fonctionnement ou ses investissements. L’essentiel est dû à ce qu’on appelle un"effet boule de neige", évoqué, notamment dans un rapport du Sénat (9). Il
provient pour plus de la moitié du fait que les intérêts servis aux créanciers de l’Etat, depuis 1983, sont supérieurs au taux de croissance de l’économie. La France a emprunté à des taux trop élevés et non révisables…

Cet effet "boule de neige", résultat d’une mauvaise "gestion financière" de la dette est accentué par une, encore plus, déplorable gestion des créances et fonds détenus par l’Etat. Pour citer ce même rapport  (10)
:
« En particulier, les créances détenues par l'Etat et les administrations publiques locales ont en moyenne un rendement inférieur aux créances détenues par les particuliers sur ces administrations ...

En outre, les bénéfices des entreprises publiques ne sont pas systématiquement prélevés par l'actionnaire ...

Par ailleurs, une grande partie des créances des administrations locales ont un rendement quasiment nul, que ce soit les liquidités, les avances (arrhes et acomptes) consenties dans le cadre d'opérations d'investissement et les créances liées aux transferts avec l'Etat (opérations en instance). »

Nos grands argentiers, que l’on retrouve ensuite à des postes de responsabilités dans le secteur bancaire et financier, lorsqu’ils pantouflent dans le privé, seraient ainsi de piètres négociateurs des fonds publics et trop généreux envers la communauté financière… Emprunter cher et prêter à taux zéro : ce qui est impensable dans une PME-PMI est pratique courante au niveau de l’Etat…

Il faut s’attendre à ce que la campagne de désinformation, sur le "niveau intolérable de la Dette Publique…", ne s’accentue au cours des prochaines semaines électorales. Les candidats "libéraux" ont des comptes à rendre à leurs sponsors, et non pas à leurs électeurs…


Il est donc nécessaire de "raison garder", en se focalisant sur cinq points fondamentaux :



1.     La France est immensément riche

Seul problème, la richesse est concentrée entre les mains d’une petite caste et de ses serviteurs grassement rémunérés (11).

Leur objectif : casser la fiscalité s’appliquant à leurs intérêts personnels, en démantelant, pour compenser cette exonération, les services publics et les mécanismes de protection sociale.


2.     Le taux d’endettement n’est pas anormal

Il est même légèrement inférieur à la moyenne de la zone Euro.

Ce qui n’est pas normal, c’est la finalité de cet endettement : une compensation aux exonérations fiscales de la partie la plus riche des français.


3.     L’endettement n’exclut pas une amélioration de la gestion budgétaire et financière de l’Etat 

i)  Non seulement au niveau de ses engagements. Exemple : s’il faut un porte-avions, c’est à l’Europe à le financer, etc. Aux USA, ce n’est pas la Californie ou le Texas…
ii) Mais aussi, au niveau de ses recettes ou de ses actifs financiers, insuffisamment rémunérés par les débiteurs de l’Etat.


4.     Le flux des vases communicants est à inverser 

Plus la fiscalité baisse, plus il faut compléter par l’endettement, pour la survie de l’Etat.

Créant une double injustice. La charge de la dette contribue à augmenter la rente et à diminuer les revenus du travail.

Ce n’est pas le seul endettement qui doit assurer le financement de l’Etat, mais la juste répartition des profits et des améliorations de productivité générés par l’ensemble de la collectivité nationale.


5.     La diminution de la dette publique

Elle passe par la refonte de la fiscalité avec l'augmentation des impôts directs sur les hauts revenus, les profits des entreprises, et les profits spéculatifs.

Bien sûr, ne pas oublier l’influence de la Bureaucratie Européenne dans les manipulations de la fiscalité et des dettes publiques. Elle est à la botte des lobbies de la spéculation financière. Tout reste à faire dans le changement des esprits, des valeurs et des méthodes en cours dans l’administration européenne de Strasbourg ou de Bruxelles, actuellement en pleine dérive. Mais, c’est un autre problème...

 

 

 

 

(1)     The World Bank, Where is the Wealth of Nations – Measuring Capital for the 21st Century, Washington, DC, 2006, Appendix 2, p. 160.
(2)     Adam Smith, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, 1776.
(3)     On a pu mesurer la difficulté de l’exercice au cours de la polémique sur les évaluations de l’appartement (vendu) de Sarkozy à Neuilly, ou de la  "maison de campagne"  Ségolène-Hollande à Mougins…
(4)     Michel Pébereau (commission présidée par), préface de Thierry Breton (ministre de l’économie, des finances et de l’industrie), Rompre avec la facilité de la Dette Publique – Pour des Finances publiques au service de la croissance économique et de notre cohésion sociale, La Documentation française.
(5)     Le rapport de la Banque Mondiale fait état d’une richesse par habitant, exprimée en US$ :  France US$ 468.024,  Belgique - Luxembourg US$ 451.714, Hollande US$ 421.381, Grande Bretagne US$ 408.753, Italie US$ 372.666, Espagne US$ 261.205, etc.
(6)      Pour la conversion en Euros, j’ai pris le taux du moteur de conversion en devises de Yahoo Finance, qui était de 1 US$ pour 0,7524 euro, au 19-03-2007.
(7)     Projet de Loi de Finances 2007 – Rapport Economique, Social et Financier, République Française, Tome II, Annexe Statistique, XII.9, p. 98.
(8)     Jérôme Creel et Henri Sterdyniak, Faut-il réduire la Dette Publique ?, Lettre de l’OFCE, Observations et diagnostics économiques, n° 271, janvier 2006.
(9)     Sénat, Commission des Finances, Marini Philippe (rapporteur), L’évolution de la dette publique en France entre 1980 et 1997 – Les leçons d’une dérive, Rapport d’information 413 (98-99).
(10)  Sénat, Op. Cit.
(11)  Exemple : Les salaires mirobolants des dirigeants des grandes entreprises (avec leurs compléments : primes, stocks options, golden parachutes et autres astuces) ne sont pas fondés sur leurs prétendues capacités à prendre des risques, ou à diriger une organisation par leur génie (personne n’est irremplaçable, pas plus dans le management qu’en politique).

A de très rares exceptions, quand on les pratique de près, on est frappé par leur médiocrité…

Non. C’est le prix de leur silence qu’achètent les principaux actionnaires qui, eux, engrangent des fortunes colossales, dans la discrétion des paradis fiscaux et autres montages de l’ingénierie financière, du fait de leur rente de situation.

 

(*)  Crédit photo : Chloé Vansoeterstède (Bali).

 

 

 

 


 

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 19:25


L’Histoire est écrite par les vainqueurs…

 

La réalité de cet adage, l’Afrique l’éprouve chaque jour.

 

Le film Le Dernier Roi d’Ecosse en est une des récentes illustrations. La représentation d’Idi Amin Dada, dictateur qui a "régné" sur l’Ouganda de 1971 à 1979, dans ses excès, réels, hypertrophiés ou caricaturés, est intéressante à examiner. Mais, les silences et les manœuvres de désinformation le sont tout autant.

On nous présente un clown devenu fou, fou sanguinaire. Le cliché habituel de la propagande coloniale, se donnant, une fois encore, bonne conscience. Sans nous, ces "enfants" sont incapables de gouverner, de s’entendre entre eux et de travailler. Des sauvages corrompus qu’il faut bien se résoudre, malgré nous, à encadrer et à civiliser.

 

Ah ! Porter sur ses épaules le destin du monde…

Certes, il y a eu "crimes". Certes, il y avait de l’histrion chez cet homme. Mais, la réalité humaine et historique est plus complexe… Le film, représentatif de la mentalité de la nomenklatura occidentale, n’échappe pas à cette règle. Dommage, car on passe à côté d’un très grand film.

Il aurait pu être une métaphore sur la colonisation de l’Afrique, après son indépendance de façade, avec les puissants rouages qui entravent son développement.

 

Il aurait pu renouveler l’analyse de l’ambiguïté de la responsabilité, du conflit entre "raison d'Etat" et conscience du devoir ou des obligations morales, subitement engendrés lorsqu’on est investi d’une responsabilité collective. Comme Jean Anouilh l’a fait, avec Thomas Becket.

 

Il aurait pu revisiter la tragédie du pouvoir avec ses mécanismes imbriqués et souvent opposés : ambition, luxe, luxure, trahison, solitude, paranoïa, folie… Amplifiés, quand l’anarchie est aux portes du palais. Comme Shakespeare l’a magistralement représentée dans Richard III ou Macbeth.

 

Il aurait pu… Mais la Fox, dont on connaît les amicales connexions, aurait-elle, en ce cas, accepté de le produire ?...

Premier défaut du film : il s’écarte trop du roman de Giles Foden (1) à l’origine du scénario. Chez Foden, il n’y a pas d’invraisemblances. Il a vécu plusieurs années en Afrique. On n’y trouve que la propagande coloniale. C’est déjà largement suffisant. Sur beaucoup de points, le scénario en déforme même la trame. Le Docteur Garrigan (2)
n’a jamais connu "d’amours torrides" avec une des femmes du dictateur. Inimaginable.

De même, la séance où le docteur est torturé, dans l’aéroport d’Entebbe, n’existe pas dans le livre. Grotesque. Au contraire, dans le roman, il parvient à s’échapper avec le consentement d’Amin Dada, le quittant en bons termes, au moment où le coup d’Etat (3) monté à partir de la Tanzanie, avec des exilés ougandais et des troupes tanzaniennes, est en cours. Ces invraisemblances, ridicules pour qui connaît un tant soit peu l’Afrique, plombent le film.

 

La faiblesse majeure du scénario, est de ne pas prendre en compte la complexité de la prise du pouvoir et le contexte historique. Amin Dada, un fois installé à son poste par les britanniques qui avaient renversé Obote, procède aux liquidations qu’on lui dicte.

 

En pleine "guerre froide", comme sur tous les continents (4), ce fut l’assassinat à grande échelle des militants communistes, ou assimilés comme tels, qui aspiraient à une société indépendante de l’ancienne puissance coloniale, gérant ses ressources naturelles pour le bien de tous. Il le fait consciencieusement, éliminant ainsi toute opposition effective ou potentielle.

Mais, il aspire à autre chose une fois au pouvoir. Comme Thomas Becket, qui veut s’affranchir de son amitié avec le roi Henri II, pour remplir la fonction qu’il lui a confiée. Amin Dada souhaitait s’affranchir de la tutelle, amicale tant qu’il se montrait docile, du colon britannique. Il voulait développer son pays et, avec ses voisins, jouer un rôle actif dans la politique régionale.


Erreur fatale, car le pillage colonial impose l’exportation des ressources locales à l’état brut, sans transformation, sans valeur ajoutée et donc sans industrialisation, sans création d’emplois. Tout doit être importé, avec un endettement maximum. L’étranglement a donc commencé.

 

Etranglement d’autant plus facile que l’Ouganda est un Etat enclavé, dont la relation à l’extérieur passe par le Kenya, essentiellement. Etranglement financier et industriel. En 1976, il ne peut même plus recevoir de pétrole via le Kenya.

Erreur fatale, doublée d’un blasphème : il condamne l’apartheid en Afrique du Sud, soutenu à l’époque par la plupart des pays occidentaux, directement ou en sous-main. En premier lieu, par la Grande Bretagne dont l’oligarchie y possède de gros intérêts.

 

Erreur fatale, doublée d'une hérésie : il noue des relations avec les pays arabes, essayant de trouver de l’argent et du pétrole pour son pays. Et, crime absolu : il sympathise avec les souffrances de la Palestine…

 

N’en rajoutez plus ! Là, c'est l'excommunication ! Il était devenu totalement "insane", comme disent les britanniques !  Fou à lier…

C’est le début de la fin. Tentatives d’assassinats et de coups d’Etat vont se succéder. Avec une campagne de presse, de désinformation et de propagande, allant du "cannibalisme" au "massacre de 300.000 ougandais".

 

Curieux, ce chiffre… C’est le barème, semble-t-il, auquel se conforment les propagandistes pour faire basculer une "opinion internationale", justifiant ainsi les guerres préventives, les interventions "ONUesques" ou "OTANesques", ou encore mieux : les coups d’Etat.  Ce chiffre "magique" présente, il est vrai, l’avantage de faire oublier les millions de morts de la colonisation.

Même si le mégalomane s’y prêtait, par ses coups de gueule ou de sang et un certain nombre de crimes, la plupart de ces accusations sont sans fondement (5). D’autres dictateurs, qui ont fait et qui font pire, ont été et sont toujours protégés par la puissance coloniale, eux ou leurs descendants…

Reste le rôle d’Idi Amin Dada, magnifiquement joué par Forest Whitaker. Recevant une multitude de récompenses (6) pour cette interprétation. Il  sauve ce mauvais film, en transcendant la caricature et la bouffonnerie, par l’humanité qu’il a su insuffler au personnage…

 

 

 

 

 

(1)    The Last King of  Scotland, Faber and Faber, 1998. Il a obtenu de nombreux prix, notamment : Whitbread First Novel Award, Betty Trask Award, Somerset Maugham Award.

(2)    Giles Foden s’est, en fait, inspiré d’un aventurier : Bob Astles. Militaire de formation, il fut, un moment, un des conseillers du dictateur, lié, d’après certains, aux services secrets britanniques. Après la chute du dictateur, il a passé près de sept ans en prison. Revenu à Londres, Amin Dada, de son exil en Arabie Saoudite, continuait à lui téléphoner…

(3)    Coup d’Etat qui va finalement le renverser en 1979 et le contraindre à l’exil. Sous la dictature actuelle du général Museveni, l'armée ougandaise s'est emparée d'une partie des richesses minières de la RDC (Congo-Kinshasa) pour le compte de ses sponsors occidentaux. Mais, la misère est toujours là...

(4)    Du Nicaragua à l’Indonésie, en passant par l’Iran ou l’Irak. Ainsi, lors de sa prise du pouvoir, par un coup d’Etat fomenté avec l’aide des services secrets occidentaux, le premier travail qui fut imposé à Saddam Hussein fut l’assassinat de tous les militants communistes. Le listing comprenait 9.000 noms. Même tactique pour le Shah d’Iran, réinstallé sur son trône après la période Mossadegh.

Cumulé sur tous les pays, ce fut pendant la « guerre froide », des milliers de cadres qui disparurent : médecins, avocats, ingénieurs, techniciens,  commerçants, etc. Rien qu’en Indonésie, la répression aurait fait 500.000 victimes.

Un crime contre l’humanité systématiquement occulté et, surtout, une perte colossale pour les pays en développement et, accessoirement, la démocratie…

(5)    Exemple : le "massacre de l’Université Makarere", lors de la 1° semaine d’août 1976, au cours duquel des femmes auraient été violées (les seins sectionnés à la machette, etc.), tuées en même temps que d’autres étudiants, d’après un article, gore à souhait, publié dans The Observer sous la plume de David Martin.

Dans la postface du livre de David Glen, Amin Dada (Presses de la Cité), Ali H. Mazrui donne les résultats de ses investigations en prouvant que le journaliste n’était pas en Ouganda au moment des "faits", et que, de plus, il n’y a eu aucune tuerie correspondant à ses affirmations.

Pure affabulation, donc, ou désinformation cynique…

(6)    BAFTA (Oscar britannique), Golden Globe, Oscar, parmi les plus importantes récompenses reçues en 2007.

 

 Crédit photo du "vrai" Idi Amin Dada : AP Photos.

 

 

 

 

 

 

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 15:16

 

 

 

 

 

Oswaldo Guayasamin

Tableau de la série Flores Secas

 

 

 

 

(*) Fundacion Guayasamin - Quito - Ecuador

 

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