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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 12:00

 

 

 

« Quand, dans ce grand organisme qu'est l'espèce humaine, chaque groupe humain qui participe à sa constitution comprendra-t-il qu'il ne peut avoir qu'un seul but, la survie de l'ensemble et non l'établissement de sa dominance sur les autres ?

Aucun d'eux n'est représentatif à lui seul de l'espèce et ne détient à lui seul la vérité. »

Henri Laborit (1)

 

 

 

 

Enfin, se dit-on, cet  accord sur "le nucléaire iranien" est conclu !...

Accord Nucléaire Iranien : Le Reflux…

Procès en sorcellerie, ou procès d’intention, on ne savait plus comment qualifier ces négociations traînant depuis des années, serpent de mer ou escargot, déambulant, disparaissant, resurgissant, à petits pas, entre Suisse et Autriche : Genève, Lausanne, Vienne…

.

A n’en plus finir…

"Victoire diplomatique" ?... Dont le mérite serait à partager entre l’Iran et les grandes puissances ?...

 

Langue de bois.

 

Plus lucidement, je dirais : "victoire du bon sens". Parvenir à un accord dans un contexte de tensions armées et belliqueuses, même mal ficelé, débordant d’ambigüités, étant préférable à "pas d’accord du tout". (2)

 

L’essentiel de toute façon réside, tout comme pour une Loi, dans "l’esprit" d’un texte plutôt que dans sa "lettre"…

 

Comme les contrats commerciaux, traités, ou  accords, estampillés "diplomatiques" ou pas, ne valent que ceux qui les signent. Souvenons-nous des propos attribués au chancelier allemand Bethmann Hollweg, sous Guillaume II, à propos du traité de neutralité de la Belgique signé par les puissances européennes. Le considérant avec le plus complet mépris, alors que son pays en était signataire, et même un des "garants" statutaires : un « chiffon de papier ». Menant droit à la première guerre mondiale…

 

Le point focal d’une analyse sur le résultat de ces négociations doit porter, avant tout, sur "l’esprit" de l’accord signé.  A partir de là, la ligne prospective apparaît immédiatement.

 

Au départ, tout le monde savait que l’Iran n’était pas intéressé par l’arme nucléaire, et avait, en conséquence, renoncé aux recherches sur les applications militaires de la recherche atomique. Des spécialistes du renseignement l’avaient confirmé depuis plusieurs années, dans plusieurs pays occidentaux.

 

Même à la CIA, où se trouvent d’authentiques spécialistes, qui ne sont jamais entendus évidemment. Seuls ceux au service de la propagande belliciste ayant droit d’accès à une audience politique ou publique. Parmi ces experts de la région, aussi honnêtes intellectuellement que courageux, figure Flynt Leverett, qui le rappelle encore cette semaine : l’Iran n’entretient ni programmes de recherches, ni investissements, en nucléaire militaire. (3)

 

"Senior analyst" à la CIA pendant plus d’une décennie, il a été un des conseillers (peu écouté…) du ministère des affaires étrangères pour le Moyen-Orient, puis "senior director" pour les affaires du Moyen-Orient au "National Security Council". Auteur d’un livre, non encore traduit en français, Going to Tehran: Why America Must Accept the Islamic Republic of Iran ("En route pour Téhéran : Pourquoi les Etats-Unis doivent accepter la République Islamique d’Iran"), professeur de Relations Internationales à Penn State (Pennsylvania State University), il est un des plus fervents partisans de l’établissement de relations pacifiques et prospères avec cette grande nation.

Accord Nucléaire Iranien : Le Reflux…

Inutile de revenir sur les mécanismes qui ont régi jusqu’à présent "l’iranophobie", véritable "croisade contre l’Iran", dans une propagande continue, hystérique, délirante, à l’échelle planétaire, avec des milliards de dollars. Tout a déjà été dit, démonté et démontré : les occidentaux n’ont jamais toléré le renversement populaire, en 1979, de leur polichinelle, au régime sanguinaire, le Shah d’Iran. (4)

 

Il est vrai qu’il présentait la grande qualité d’acheter, à la saoudienne ou à la qatari, des armements par milliards de dollars, laissant piller les ressources pétrolières et gazières de son pays, dans l’appauvrissement et la terreur de son peuple.

 

Ce n’était qu’un prétexte pour provoquer une guerre et une destruction de l’Iran. Raser ce pays, selon la méthode appliquée dans les pays de la région : Somalie, Irak, Afghanistan, Libye, Liban, Syrie, etc.

 

Mais, l’Iran ne présente pas la même configuration géopolitique, sociale et économique, que ces pays facilement pulvérisés dans la dévastation par les pays de l’OTAN. Les stratèges du chaos découvraient au fil du temps que l’Iran, malgré un embargo instauré dès la révolution de 1979, dont la férocité s’accentuait (la plupart des dispositifs occidentaux, en dehors de toutes décisions internationales approuvées par l’ONU) proportionnellement à sa surprenante capacité de résistance, était plus qu’une grande nation.

 

En pleine mutation, émergeait une grande puissance régionale. Héritière des glorieux empires et espaces Perses, carrefour historique entre Moyen-Orient et Asie Centrale, aux fabuleuses ressources naturelles et perspectives de développement.

 

Plus de trois fois la France en superficie, aux colossales richesses énergétiques et minières, sa population a bondi de 53 millions d’habitants en 1988, fin de la terrible "guerre imposée" (1980-1988) – pour reprendre le qualificatif des Iraniens - par les occidentaux via l’Irak de Saddam Hussein, à 80 millions en 2015 (5). En route, pour les 100 millions…

 

Le plus spectaculaire est le haut niveau d’éducation de sa jeunesse et de son encadrement en général, un des taux les plus élevés dans le monde. Notamment, dans l’enseignement supérieur où - les médias occidentaux ne le mentionneront jamais - les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Tout particulièrement dans les domaines scientifiques.

 

La remarquable équipe de négociateurs iraniens est un exemple de compétence et de dignité, face à laquelle nos diplomates européens et américains, aussi incultes qu’arrogants, faisaient figure de minables. Les français en premier lieu, avec notre lamentable ministre des affaires étrangères Fabius, emblématique de stupidité… Déchéance de notre diplomatie

 

Paramètre fondamental, pour comprendre le vecteur principal des négociateurs Iraniens, l’objectif prioritaire du gouvernement est l’investissement dans l’enseignement et la recherche scientifique, garant de l’indépendance et de la souveraineté du pays : économique et militaire. Expliquant ainsi que l’Iran soit le pays le plus à la pointe dans la région : outre ses spectaculaires réalisations, et même exploits, ses publications scientifiques de grande qualité (occultées en Occident), par rapport au nombre de ses étudiants et chercheurs, témoignent d’une éminente vitalité. (6)

On comprend mieux, dans les négociations sur le nucléaire, l’inflexibilité des Iraniens pour résister à la volonté des occidentaux de lui interdire le domaine "atomique" (aérospatial et balistique, aussi), afin de le réduire au niveau de pays sous-développé en termes de recherche, d'enseignement et de culture. Le fait que le droit à cette recherche ait été reconnu à l’Iran, dans le cadre de cet accord - façon d’admettre au passage sa pleine souveraineté - représente une grande victoire sur la "mentalité coloniale" de l’Occident.

 

Conséquence, ou prise en compte du principe de réalité : l’embargo est un échec. Obsolescence d’une arme longtemps en usage dans la prédation coloniale. Malgré ses impacts, ou ses nuisances, sur le commerce extérieur de l’Iran, son économie, sa croissance, sa richesse nationale, n’ont cessé de poursuivre leur ascension. A la surprise du FMI, lui-même…

 

Structurant, rationalisant, modernisant, ses systèmes de gestion grâce à la mise en place d’une « économie de résistance » orientée prioritairement sur le "hors gaz & pétrole", le pays se trouve doté, à présent, d’une industrie diversifiée. Certains gisements de croissance étant encore quasiment inexploités. (7)

 

Non seulement, avec de grands groupes industriels et financiers locaux qui investissent jusqu'en Chine mais, encore plus important, suivant un "modèle à l’allemande", avec un maillage de PME-PMI animé par des entrepreneurs et des créateurs d’entreprises d’une impressionnante réactivité.

 

Paradoxe : dans un rythme accéléré, ne cesse de s’enraciner, s’élargir, s’étendre, ce qui disparaît dans nos pays d’Amérique du nord et d’Europe, débordante d'énergie : une moyenne bourgeoisie…

 

A l’opposé de l’effet recherché par l’Occident. Evidemment, certains enragent…

Accord Nucléaire Iranien : Le Reflux…

Quelle suite à cet accord ?...

 

Résumons-la en deux rapports de force, avec leur interaction.

 

L’un agressif, celui des pays de l’OTAN poursuivant une illusion hégémonique, unipolaire et délirante ; l’autre défensif, celui de l’Iran et de ses principaux partenaires, Russie et Chine, édifiant patiemment, méthodiquement, un monde multipolaire  :

i)   Un déchaînement, dans la diabolisation d’une propagande alimentée en milliards de dollars, des milieux de la prédation coloniale, américains et européens, avec leur "direction régionale" pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord, située en Palestine, qu’est l’entité sioniste.
 

Ceux qui ne se satisfont que de destructions et de morts, pour mieux assurer leur pillage avec leur enrichissement personnel aussi fulgurant que facile : marchands de canons, groupes spéculateurs aux activités spoliatrices dans les secteurs de l’énergie et des mines, charognards spécialisés en privatisations bradées dans la corruption, etc.
 

Pour eux, seule issue admissible : la destruction du potentiel de résistance de l’Iran, son pillage et son asservissement.

 

Dans cette logique, tout sera mis en œuvre pour saboter cet accord.

 

Au-delà des gesticulations frénétiques du Congrès des USA se croyant maître du monde, suivant plusieurs méthodes et tactiques déjà rodées, ou testées, contre l'Iran. Seule différence, elles vont être amplifiées à grande échelle, avec de très, très, gros moyens.

 

Suivant plusieurs cas de figures, combinées ou pas selon les circonstances :

 

=>  Attaques surprises, directes à la Yougoslave, sans mandat de l’ONU (prétextant la non application des clauses de l’accord signé…), ou via des "proxies" ; c’est-à-dire des Etats de la région. Exemple actuel de l’Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen.

=>  Financement et encadrement de "mouvements autonomistes", fabriqués de toutes pièces, pour déstabiliser le pays, dans ses provinces/frontières Est et Ouest (Azerbaïdjan, Kurdistan, Baloutchistan, "iraniens", etc.).

=>  Financement et encadrement d’agitateurs pour provoquer des pseudos "révolutions colorés" ("apporter la démocratie" et blablabla…) afin de mettre au pouvoir des politiciens corrompus, comme ce que vient de connaître récemment l’Ukraine.

=>  Guérilla informatique et cybernétique, aux virus difficilement détectables, pour saboter réseaux électriques, réseaux ferroviaires, grandes industries, aéroports et terminaux portuaires, radars et sécurité aérienne, etc.

=>  Multiplication des attentats et bombes, par des services spéciaux, dans les édifices religieux et centres de pèlerinage (nombreux en Iran), pour provoquer des tensions confessionnelles et ethniques, comme en Irak ou en Syrie.

=>  Assassinats de responsables portant des valeurs d'indépendance ou de fierté nationales, opposés à toute servitude coloniale : "managers" d'entreprises privées ou publiques, scientifiques, artistes ou écrivains, etc. Suivant les pratiques occidentales en usage en Irak, Syrie, Libye, Palestine, etc.

 

 

ii)   Evidemment, l’Iran est prêt à toutes ces éventualités, après avoir minutieusement décortiqué, analysé, les modes opératoires, sur fond de destructions et de massacres quotidiens, des pays de l’OTAN dans la région. Il sait que l'Occident envisage de lui réserver, au minimum, le sort chaotique du Pakistan, avec guerre civile larvée dans les affrontements religieux et ethniques...

 

Accord Nucléaire Iranien : Le Reflux…

Le Chef de l’Etat, Ali Khamenei, vient de le rappeler au gouvernement dans ses félicitations à l’égard de l’équipe de négociateurs qui a brillamment représenté le pays lors des négociations :

.

"Certains Etats signataires de l’accord ne sont pas dignes de confiance" - "cannot be trusted", en anglais. (8)

C’est clair. C’est, chirurgicalement, mettre en lumière "l’esprit" de cet accord. C’est, aussi, rappeler les orientations politiques et stratégiques du pays.

 

Cet "accord" représente, ne l’oublions pas, une bataille que viennent de perdre les occidentaux.  Face à l’Iran et sa talentueuse équipe de négociateurs, certes.

 

Mais, aussi, face à la constante pression de la Russie et de la Chine envers le bloc de l’OTAN à la table des négociations : en tant que membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, ils ne pouvaient plus décemment cautionner une interminable mascarade. Etant exclu que l’Iran, ayant démontré sa bonne foi depuis des années, abandonne sa souveraineté nationale pour se transformer en colonie à la botte des occidentaux, sous des prétextes infondés relevant du procès d’intention et non d’une réalité évidente ou objective.

 

Ce recul de l’Occident n’est qu’apparent. Pathologiquement sclérosé dans son délire de suprématie mégalomaniaque, il ne peut tolérer la contestation de son hégémonie par d’autres pays. La lutte va donc se poursuivre, implacablement.  

 

Il suffit de quelques coups d’épingle pour faire sauter le vernis de cet "accord sur le nucléaire iranien". Pour y découvrir sa véritable substance : une pause, dans un affrontement mortel.

S’il y a "choc de civilisations", il est bien là.

 

Non pas le "choc de civilisations" fantasmé par idéologues, politiciens, médias, confits de racisme et de bêtise. Mais, celui plus souterrainement réel, tel une tectonique des plaques, fantastique collision entre deux projets d’humanité totalement irréconciliables : les prédateurs voulant asservir peuples et nations, et les résistants déterminés à combattre cette volonté de puissance. Entre un monde unipolaire et un monde multipolaire.

L’Iran, formidable de résilience, se trouve en contact frontal avec le délire hégémonique occidental. Imperturbable, pratiquant la politique de "la caravane qui passe", son intégration dans le clan multipolaire ne cesse de s’accélérer au cœur du pôle de développement le plus actif de la planète : entre Europe et Asie Centrale. Incessamment, membre des imposantes organisations transnationales naissantes : Marché Eurasiatique, SCO, BRICS…

 

Sa prospérité ne va que se consolider. Pays non endetté, possédant des avoirs gelés par les occidentaux depuis des années dont le montant est estimé à plus de 100 milliards de dollars, récupérables début 2016. Il ne peut être que confiant pour l’avenir…

Ses ultramodernes et redoutables forces armées, adossées à une puissante industrie d’armement totalement autonome, se prépare à toutes les formes d’agression. Multipliant les accords de coopération militaire avec la Russie et la Chine, qui ont fait comprendre aux occidentaux que toute attaque nucléaire contre l’Iran ne serait pas admise…

 

C’est assister à une rapide et inéluctable évolution. Historique et géopolitique.

 

Du "point d’inflexion d’une hégémonie" de l’oligarchie de l’Occident, symptôme du coup d’arrêt à sa politique de prédation, au déclenchement de l’inexorable reflux de sa prépondérance mortifère et spoliatrice dans la région.

Le commencement de la fin de son délire…

 

 

 

 

 

 

 

1.  Henri Laborit, Eloge de la fuite, Collection Folio Essais – Gallimard, 1976, p. 73. Téléchargeable gratuitement.

2.   Le texte de l’accord, de 159 pages avec ses annexes, intitulé " Joint Comprehensive Plan of Action – Vienna – July 2015 ", est disponible en anglais sur le Web. Via le journal latino-américain "El Tiempo", par exemple :
http://www.eltiempo.com/contenido/mundo/medio-oriente/ARCHIVO/ARCHIVO-16091855-0.pdf
Notons qu’aucun média français, à ce jour, n’a été en mesure d’afficher un lien avec l’original du texte… Des nuls.

3.   http://www.democracynow.org/2015/7/14/could_historic_iran_nuclear_deal_transform

4.  Activez le lien, ci-après, sur le musée de Téhéran (Ebrat Museum) consacré à la police secrète du régime du Shah, hallucinante de sadisme et de sauvagerie, formée et encadrée par des spécialistes occidentaux : la SAVAK. Un univers de cauchemars...
http://www.payvand.com/news/12/feb/1092.html

5.  Sources statistiques : http://www.countrymeters.info/fr/Iran/

6.  Exemple : les magistrales recherches et découvertes iraniennes dans les nanotechnologies.

7.  Exemple : le secteur du tourisme en plein boom, avec une croissance attendue de près de 7% en 2015. Le patrimoine historique, architectural, la beauté des paysages, la variété de sa succulente gastronomie, et la gentillesse des habitants, attirent de forts contingents de touristes des pays de l’Est et d’Asie. L’Iran cible 20 millions de touristes en 2025 (hypothèse basse…).

8.   Some P5+1 members cannot be trusted : Ayatollah Khamenei, Press TV, mercredi 15 juillet 2014,
http://www.presstv.ir/Detail/2015/07/15/420422/Iran-Ayatollah-Khamenei-Rouhani-Nuclear-Conclusion-P51

 

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 05:00

Pour information :

Des Amis-Lecteurs m’ont demandé un commentaire sur le récent "attentat" de Paris. C’est volontiers que je le formulerai.

Car, au-delà de l’émotion ressentie devant pareil carnage, de la compassion éprouvée à l’égard des victimes et de leurs familles, se pose un "fait politique" majeur. Et, même "géopolitique", aux profondes ramifications internationales. Qu’il convient d’analyser ou, du moins, de mettre en perspective.

Pour "raison garder"…

Actuellement en déplacement, et donc soumis à des contraintes techniques, je ne pourrai le mettre en ligne que d'ici une semaine environ.

Dans l'intervalle, je poste ce texte publié dernièrement sur le Blog où je traite plus spécifiquement de l'Iran.

A bientôt.

 

 

N.B. : Texte publié le 16 décembre 2014, sur le Blog : Iran : Analyses et Perspectives

 

 

 

En 2013, exprimée en millions de tonnes, la production d’acier de l’Iran (15,42) a rejoint celle de la France (15,68), dépassant celle de l’Espagne (14,25) et du Royaume Uni (11,85). Intégrant le peloton des 15 premiers producteurs mondiaux. (1)

 

A Dubaï, pendant trois jours (8 – 10 décembre 2014) s’est déroulée la 18° Conférence Internationale des Producteurs de Fer et d’Acier (18th Middle East Iron and Steel Conference), réunissant 750 délégations venues de 50 pays.

 

L’Iran y tenait, donc, une place de choix, et ses délégués y étaient attentivement écoutés.

 

L’Iran représente au Moyen-Orient le deuxième plus grand producteur, après la Turquie (qui figure sous la rubrique "Other Europe" - et non pas "Middle East" - dans les statistiques de la World Steel Association). Avec pour objectif de rejoindre et dépasser le niveau de production de ce pays, qui est le double de celui de l’Iran.

 

Ce dont personne ne doute…

 

Les statistiques définitives de l’exercice 2014 ne seront disponibles que l’année prochaine. Mais, on sait que la production iranienne d’acier ne cesse de progresser à des taux annuels exceptionnels pour le secteur avec une moyenne de 6 % (6,6 % en 2013) à 12 %. Au premier trimestre 2014, comparé à l’exercice antérieur, le taux de progression était de 8,4 % ; 13 % au mois d’avril et 10 % au mois de mai.

 

En cumul, comme l’a rappelé le représentant de l’Association Iranienne des Producteurs d’Acier, Rasoul Khalifeh Soltani, au cours des six premiers mois du calendrer Iranien 2014 (21 mars – 22 septembre), la production d’acier du pays a augmenté de 40 % par rapport à la même période de l’année précédente...

Acier Iranien : Emergence d’un Grand Producteur

Le premier des trois plus importants fabricants d’acier Iraniens, IMIDRO, figure déjà à la 23° place mondiale (13,6 Mt), en voie de doubler le célèbre sidérurgiste allemand Thyssen Krupp (15,1 Mt)… (2)

 

La production d’acier de l’Iran ne se limite pas aux lingots d'acier, affichant une remarquable diversification : faisceau, fer, feuilles larges, feuille chaude, tôle galvanisée, raccords et tuyaux, etc. Destinée au marché local, tout autant qu'à l’exportation ; où ses produits sont réputés pour leur excellent rapport qualité/prix. Contribuant à l’exponentiel développement des ventes à l’exportation des produits "non pétroliers" Iraniens.

 

Sa production est située aux portes des colossaux travaux d’infrastructure, en cours et en projet, générés par la réactivation de la Route de la Soie reliant la Chine à l’Europe via l’Asie centrale. Route terrestre, à l’abri des "risques maritimes"  de tous ordres, offrant d’inépuisables perspectives pour ses produits et services : oléoducs-gazoducs, centrales électriques, pylônes et raccordements d’électrification, chemins de fer, routes, ponts et barrages, canaux d’irrigation, construction de bâtiments de toutes catégories, etc.

 

De plus, à la différence de la majorité de ses concurrents, l’Iran est autonome en production de minerai de fer, du fait de ses immenses ressources minières. Les principaux gisements de minerai de fer se situent au centre de l’Iran, aux environs de Bafq, Yazd, et Kerman.

 

Ajoutons que l’émergence de ce grand producteur d’acier n’a pu s’accomplir sans l’apport de son remarquable système universitaire fournissant au pays, chaque année, des promotions (aux nombreuses femmes, majoritaires dans plusieurs disciplines) d’ingénieurs, de cadres et techniciens, dont le niveau de qualification est comparable à celui des meilleures écoles d’ingénieur ou de "management" internationales.

 

Au passage, on ne peut qu'être atterré par l'insondable médiocrité, pour ne pas dire "nullité", des "fiches" ou "analyses" sur cette puissance régionale (80 millions d’habitants – 3 fois la France en superficie), rédigées par des organismes occidentaux prétendument spécialisés dans le suivi international du commerce et de l’investissement. La France n’étant aucunement épargnée par ces ravages d’imbécillité.

 

Sans citer de noms par charité, à titre d’exemple, il suffit de se rendre sur les sites d’entités  s’arrogeant une "expertise" dans la surveillance des risques du commerce extérieur, etc.

 

Affligeant …

 

Quand l’idéologie prime "le fait", l’approche "impartiale", "clinique", on obtient la formule en usage, et redoutée, chez les informaticiens anglo-saxons travaillant sur la fiabilité des systèmes d'information :

 

 " Garbage in,  Garbage out "...

 

 

 

1.  Ces statistiques sont téléchargeables sur le site de la puissante association mondiale des producteurs d’acier World Steel Association (http://www.worldsteel.org ).
Notamment, dans son rapport Steel Statistical Year Book 2014, Table 1 – Total Production of Crude Steel, au lien :
http://www.worldsteel.org/dms/internetDocumentList/bookshop/2014/SSY14_Web/document/Steel%20Statistical%20Yearbook%202014.pdf
2.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_producteurs_d%27acier

 

 

 

 

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 14:00

 

N.B. : Texte publié le 15 novembre 2014, sur le Blog : Iran : Analyses et Perspectives

 

 

 

 « D’un point de vue du secret, c’est comme si on avait fait tomber une Ferrari dans une culture technologique du char à bœuf »…
Métaphore méprisante de Richard Aboulafia, analyste au Teal Group (expertise en aéronautique et spatial),(1).

 

Emblématique de  l'arrogance indécrottable des responsables US et de leurs « experts militaires ». Face à la magistrale opération de contrôle, le 4 décembre 2011, par la Division "Guerre Electronique" des forces armées Iraniennes de leur drone le plus sophitiqué : le RQ-170 Sentinel.

 

L’appareil avait pénétré l’espace aérien Iranien, se croyant indétectable pour l’avoir effectué précédemment à plusieurs reprises, sur une profondeur de 225 km au nord-est du pays. Survolant Kāshmar, capitale de la province de Razavi Khorasan, à 926 km de Téhéran.

 

Nuance de taille : la "Ferrari" n'est pas tombée du ciel...

 

Les Iraniens s'en sont emparés !...

Ingénierie Aéronautique Iranienne : L’Exploit !

Un désastre "ravageur" pour les USA : militaire, technologique et économique. (2)

 

Peu d’exemplaires construits. Si précieux que seule la CIA en détient l’exclusivité : mise au point, programmes des missions, pilotage, exploitation des informations recueillies.

 

Son pilotage s’effectue à partir de la base de Tonopah dans le Nevada, via des relais satellites. Les RQ-170 Sentinel chargés d’espionner Iran, Pakistan et Chine, limitrophes de l’Afghanistan, sont dans leur majorité physiquement positionnés et gérés par la CIA, depuis 2008, sur la base aérienne de Shindand, avec leurs équipes de maintenance, même s’ils sont pilotés à partir des USA.

 

Tous les systèmes de navigation, de radar, de furtivité, de mesures et de contremesures électroniques, intégrés aux appareils les plus perfectionnés des forces aériennes US (notamment : bombardier Northrop B-2 Spirit et chasseur polyvalent Lockheed Martin F-35 Lightning II) et occidentales. Auxquels s’ajoutent : matériaux composites et motorisation de dernière génération. Des milliers de brevets, des milliards de dollars en recherches et développements.

 

Offerts, via cette mirifique prise de guerre, aux méticuleuses investigations des spécialistes Iraniens qui s’étaient promis d’en fabriquer le même type. Selon une discipline qu’ils maîtrisent à la perfection, depuis plus de 30 ans d’embargo imposé par les occidentaux : la "rétroingénierie" (de l'anglais reverse engineering), ou "rétroconception".…

 

Sous les ricanements "OTANesques", évidemment.

 

Défi relevé. A la stupéfaction générale de ces "experts"...

 

En cette première semaine du mois de novembre 2014. Brillamment.

 

Dans une impressionnante démonstration de décollage, voltiges et acrobaties aériennes, pour terminer dans un impeccable atterrissage du premier prototype construit à partir de la prise du RQ-170 Sentinel . (3)

 

En seulement : 3 ans.

 

Sous le zélé silence de notre IMD (Industrie Médiatique de la Désinformation)…

Dans cette guerre des drones, les Iraniens avaient déjà consacré 3 ans de patientes mises au point pour s’emparer de cet appareil qui représentait, dans leur stratégie, un "objectif technologique" primordial. Obligation : le capturer "intact".

 

D’habitude, les drones (US, britanniques, israéliens, etc.) qui essayent de pénétrer leur espace aérien sont simplement abattus par la défense antiaérienne. Notamment, les drones israéliens que les Iraniens considèrent comme de la camelote. Tel le drone, type "Hermès 450", qu’ils ont détruit le 25 août dernier près de Natanz, après avoir suivi son décollage depuis une base aérienne du Mossad installée dans l’Azerbaïdjan frontalier. (5)

 

Ne saisissant, par contrôle électronique, que ceux nécessaires à leurs recherches. Leur drone Yasir est, ainsi, dérivé des drones US de type ScanEagle (fabrication Boeing), dont ils possèdent plusieurs exemplaires. En quelque sorte, en consommateurs avisés, ils "font leur marché"...

 

Les Iraniens appréciant au plus haut point cette livraison régulière, à domicile, du summum de la technologie US, en contradiction hilarante avec les vociférations "embargoesques" et "sanctionnesques" des bellicistes du Congrès washingtonien …

 

Ce prototype va être suivi de deux autres, avant sa production en série.

 

Ce premier exemplaire est 40 % plus petit que l'original, la priorité étant d’en améliorer les performances. Les Iraniens ayant pour devise d’accroître les qualités opérationnelles des engins ou systèmes passant au crible de leur rétroingénierie. Testant, par la même occasion, leur propre système de surveillance radar.

 

Au niveau de la structure aérodynamique de cette "aile volante" tout d’abord, pour en diminuer la furtivité et optimiser le rapport poids/vitesse. Les ingénieurs Iraniens ont, entre autres, supprimé toutes les parties internes métalliques pour ne conserver que les matériaux composites et en tester la solidité. Les américains l’avaient, en effet, renforcée avec des éléments en métal…

 

Les axes de développement portant ensuite, au-delà de l’amélioration de la furtivité, sur la fiabilité du réacteur et la diminution de consommation en carburant pour allonger son rayon d’action. Augmentant, à partir de ce gain de poids, la capacité d’embarquement (appareillages de détection, photographiques, et autres).

 

La livraison des deux prototypes suivants est programmée d’ici le 20 mars prochain, date du début de la nouvelle année du calendrier Iranien. L’un correspondra à la taille réelle du RQ Sentinel. Le troisième, peut-être, aura une envergure supérieure, destiné à d’autres fonctions que le simple renseignement.

 

"Une culture technologique du char à bœuf..."

 

Cette éclatante démonstration des capacités technologiques et industrielles de l’Iran est l’occasion de rappeler un principe fondamental de toute "Stratégie", que Sun Tzu avait édicté dès le 5° siècle avant notre ère : celui de "ne jamais sous-estimer" son vis-à-vis, son adversaire. "L’Autre"…

 

Arrogance, mégalomanie, ne structurent ni une géopolitique, ni une stratégie. N'en constituant, au contraire, que les plus actifs ferments d’aveuglement et de déliquescence.

 

Ce dont, face à l’Iran, sont incapables de prendre conscience les belliqueux et primitifs traineurs de sabre "atlantistes" …

 

 

 

1.    "From a secrecy standpoint, it's like dropping a Ferrari into an ox-cart technology culture",
http://www.defensenews.com/story.php?i=8517205&c=AIR&s=TOP
2.  L’Iran et le Drone : Un désastre ravageur pour les USA, 16 décembre 2011,
http://stanechy.over-blog.com/article-l-iran-et-le-drone-un-desastre-ravageur-92864722.html
3.  https://www.youtube.com/watch?v=o9kPMROh48M&feature=youtu.be
4.  Video emerges of Iranian version of US stealth drone, RT News, 12 novembre 2014,
http://rt.com/news/204939-iranian-version-us-drone/
5.  Iran displays Israeli drone downed near nuclear facility, RT News, 26 août 2014,
http://rt.com/news/182700-iran-drone-israel-scandal/

 

 

 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 05:00

 

N.B. : Texte publié le 9 octobre 2014, sur le Blog : Iran : Analyses et Perspectives

________________

 

 

“Une flèche en fin de course ne peut pas percer le costume de soie de Lu”
Proverbe et Principe Stratégique Chinois

 

 

 


Chut !...

 

Un évènement de portée considérable, sur le plan géopolitique, s’est produit à la mi-septembre 2014. Au point que des analystes l’assimilent à un "mouvement de plaques tectoniques" configurant les continents de notre planète, il est vrai sur des millénaires.

 

Evidemment, en Occident, notre Industrie de la Désinformation l’a consciencieusement « étouffé »… Rien de nouveau : sa "division", ou sa "branche", « Etouffement - Occultation » rivalisant de zèle estival avec sa consœur « Montage de Fictions »… (1)

 

Le 14eme sommet des chefs des Etats membres du SCO, s’est tenu les 11 et 12 septembre 2014 à Douchanbé, capitale du Tadjikistan. Précédé d’un intense travail  préparatoire réunissant notamment, le 30 août, les ministres des affaires étrangères de chacun de ces Etats.

 

Organisation "non occidentale", puisqu’on n’y trouve aucune des  traditionnelles "puissances coloniales", elle est moins connue que le BRICS. Illustration pourtant, davantage que le BRICS, du basculement inéluctable du centre de gravité de la puissance économique et stratégique de l’Humanité pour les prochains siècles.

 

Son appellation, liée à sa récente et modeste création à Shanghai en 2001, The Shanghai Cooperation Organization, sera amenée à évoluer du fait de la fulgurante ampleur qu’elle connaît actuellement dans tous les domaines, et de son élargissement prévisible. 

 

Organisation intergouvernementale à dominante "Eurasienne" au départ, elle compte, pour le moment, six pays membres : Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan, et Ouzbékistan. Auxquels se sont ajoutés, en tant que "membres observateurs" : l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan. (2)

 

D’importantes décisions, orientations et programmations ont été engagées à ce sommet, déterminantes pour l’avenir de cette région et le rééquilibrage "multipolaire" mondial.

 

Il fut l’occasion, aussi, d’une consécration de l’Iran. Considéré en  "grande puissance régionale", respectée, appréciée et sollicitée, par tous les chefs et délégations des Etats participant à cette manifestation. (3) Le président Rouhani, au cours de sa visite officielle au Tadjikistan, célébrant même l’inauguration d’un barrage et d’une centrale hydroélectriques construits par les ingénieurs et les entreprises Iraniens.

 

Mais, chut !...

 

Ne froissons pas la susceptibilité de nos vaillants Décrypteurs de l’Info. Ils ne cessent de croire et de proclamer l’isolement de l’Iran, mis au ban de "La Communauté Internationale" … (4)

 

Que leurs neurones reposent en paix !...

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

Stabilisateur et structurant

 

Par son rôle stabilisateur et structurant dans la région la plus explosive du monde, depuis la fin de la guerre du Vietnam, l’Iran est hautement apprécié par tous les pays soucieux de paix et de développement, dans le respect mutuel d’un partenariat aux intérêts équitablement partagés.

 

Tous, impressionnés par la remarquable résilience de ce pays de 80 millions d'habitants (3 fois la France en superficie) inébranlable quant à la défense de sa souveraineté nationale, tout en effectuant des progrès constants dans les domaines économiques, sociaux, technologiques et militaires.

 

L'Iran, à l'exemple de la détermination de Charles de Gaulle du temps où la France se voulait "Etat indépendant et souverain", édifiant en trois décennies une industrie de l'armement lui assurant une totale autonomie et une redoutable "défense nationale" : un des premiers "missiliers" dans le monde, constructeur de radars à haute performance, de ses propres frégates, drones et avions, sous-marins et hélicoptères, satellites et lanceurs, etc.

 

D’où le chaleureux accueil, reçu par le président Iranien, des principaux chefs d’Etats, membres ou observateurs du SCO, tout particulièrement de la Chine, de l’Inde et de la Russie.

 

Car le SCO, regroupant les plus grands pays de la planète par la superficie ou la population (Chine, Inde et Russie), s’est donné pour priorité, devant la complète décrépitude de l’ONU, de recentrer les relations internationales sur le dialogue et la négociation, fondements de la Paix.

 

Pendant et à l’issue du sommet, on se doit de retenir dans les déclarations officielles l’affirmation claire, déterminée, du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de toutes les nations.

 

Citant tout spécialement, du fait des évènements en cours, celles de la Syrie et de l’Irak. En conséquence : la condamnation de tout "l’arsenal" devenu aujourd’hui le seul mode de communication de l’Occident à l’égard des autres nations : menaces, sanctions, provocations militaires, et manœuvres de déstabilisation par services spéciaux ou mercenaires interposés.

 

Tous les pays du SCO ont soutenu, ainsi, le droit souverain de l’Iran, dans le respect du Traité de Non Prolifération dont il est signataire, d'exploiter l’énergie nucléaire. Exprimant leur solidarité avec la Russie quant à ses droits inaliénables en Crimée, et son comportement pacifique dans la « crise ukrainienne » fabriquée de toutes pièces par l’Occident. (5)

 

Récusant, de ce fait, toutes les interventions de puissances extérieures à la région, souvent anciennes puissances coloniales des pays subissant les opérations de chaos artificiellement créé et entretenu chez eux. Avec leurs habillages de propagande, ou dégâts collatéraux : terrorisme, extrémisme, séparatisme et trafic de drogue.

 

Une mention spéciale pour le "trafic de drogue" avec sa principale source qu'est la culture de l'opium qui a plus que décuplé en Afghanistan depuis l’invasion des troupes de l’OTAN. Transformant ce pays en plaque tournante du trafic d’opium et d'héroïne à destination de l’Europe, mais surtout des pays d’Asie, centrale ou périphérique.

 

Parmi les premiers visés, pour les miner de l'intérieur comme au temps des "Guerres de l'Opium" du XIX° siècle : Iran, Russie et Chine.

 

Il s’agit de milliards de dollars en jeu blanchis dans les banques des Emirats du Golfe (paysans et petits chefs Afghans n'en recevant que les miettes), nourrissant ce que les chercheurs en organisations socio-politiques qualifient l’Etat Profond (Deep State) dans les pays occidentaux. Ce "pouvoir invisible", élections et parlements n’étant qu’un simulacre, qui détient la véritable « décision » économique, diplomatique et militaire. (6)

 

Ces milliards alimentant les fonds secrets (hors "budgets officiels") des services spéciaux pour déstabiliser les Etats réticents ou imperméables aux diktats de l’Occident. Enrichissant, aussi, sur le plan personnel et dans l'impunité, une grande partie de la hiérarchie militaire et politique des « élites » occidentales ayant la haute main sur l’appareil sécuritaire et financier des Etats : services spéciaux, de propagande ou de sécurité, diplomatie et intervenions militaires secrètes…

 

On comprend d’autant mieux l’hostilité viscérale, irrationnelle en apparence, de cette oligarchie à l’encontre de l’Iran quand on sait qu’il représente le pays où les saisies de drogues et la neutralisation des trafiquants sont les plus performantes actuellement sur la planète.

 

"L’Etat Profond", comme toute mafia et pas plus qu’Al Capone dans le temps, n’apprécie pas qu’on "perturbe" son plantureux et discret trafic…

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

Défilé des troupes d'élite de l'Armée Iranienne (septembre 2014)

 

Développement et Coopération

 

La sécurité dans la région d’Asie Centrale ne peut s’envisager sans y associer étroitement l’Iran. Dans un partenariat actif et confiant. Au-delà du simple aspect sécuritaire ou militaire, trafics mafieux, chaos architecturés par le mercenariat occidental, entravent le développement économique de tous les Etats de la région, ainsi que l’ont fait ressortir les présidents de la Russie et de la Chine. (7)

 

Ce volet "solidarité dans la sécurité" est particulièrement travaillé par les pays membres avec le développement croissant des manœuvres conjointes (les récentes, conduites en Mongolie, ont été spectaculaires en termes de moyens employés et de distances parcourues), avec la mise en commun des outils de surveillance et de renseignement.

 

Mais, c’est surtout sur le plan de la croissance économique, avec la multiplication des investissements créateurs d’emplois, que le SCO s’est focalisé. De multiples accords ont été conclus entre ses membres, sur des projets de développement du commerce, de l’agriculture, des énergies renouvelables, des hautes technologies, des infrastructures relevant des transports (routes et voies ferrées) et des ressources en eau. S’ajoutant à des plans de coopération et d’intégration dans la recherche, l’éducation, la santé, la culture, la lutte contre pauvreté et précarité.

 

Chine et Russie montrant l’exemple dans l’exploitation des ressources de la Sibérie, et sa mise en valeur, avec d’énormes contrats d’infrastructures et d’échanges. Notamment la construction de l’East Route Pipeline. (8)  Le tout, formaté dans un plan stratégique de développement du SCO jusqu’en 2025 que la Russie, dans le cadre de sa présidence tournante prenant effet dès la fin du sommet, s’engage à activer avec le maximum de moyens. (9)

 

Parmi les chantiers pour l’année prochaine figure en tête de liste un acte de portée historique pour cette organisation : l’accueil en tant que "membres permanents", quittant ainsi leur statut "d’observateurs", de l’Inde et du Pakistan. (10)

 

Magistrale inflexion du cours de l’Histoire sur, entre autres, deux points fondamentaux :

 

i)  Inde et Pakistan sont deux puissance nucléaires, non encore signataires du Traité de Non Prolifération, hostiles entre elles depuis leur indépendance. Accordée par le colonisateur britannique, prenant soin de laisser entre les deux pays une "pomme de discorde" : le Cachemire (un des immenses "châteaux d’eau" de la région…). Source permanente de conflits frontaliers allant jusqu’à des guerres.

 

A partir du moment où l’Inde et le Pakistan décident de devenir "partenaires", cet engagement va les obliger à éradiquer la tension militaire entre les deux nations, négocier un accord définitif sur leurs litiges frontaliers, et changer leurs priorités : "le voisin" ne constituant plus une menace, mais l’opportunité de créer et d’intensifier les projets de développement communs. (11)

 

Evidemment, via leur "relais-collabos" dans chacun des pays, les occidentaux vont tout faire pour s’opposer à la disparition collatérale, pour eux, de gigantesques marchés de ventes d’armes et d’incessantes occasions d’interventions, économiques, diplomatiques ou militaires. Les opérations de sabotage ont déjà commencé : cette semaine "des tirs non identifiables", de part et d’autre des frontières, au Cachemire, ont provoqué la mort de 12 personnes…

 

ii)   Inde et Chine vont se retrouver, de leur côté, partenaires au sein d’une organisation où la coopération sécuritaire et militaire est éminente. Conséquences aux profondes ramifications : l’Inde ne participera pas au projet occidental d’encerclement de la Chine… L’équilibre des forces en présence et les délires guerriers d’un Occident mégalomaniaque sont fracassés…

 

Définitivement.

 

Evidence, de l’historien-poète : " Le Soleil de la Puissance se couche en Occident et se lève en Orient " …

 

L’intégration de l’Iran dans le SCO, en tant que "membre" et non plus "observateur", est prévu pour le tour suivant. Entretemps, il renforce son rayonnement, son influence économique et diplomatique dans la région et au-delà. Comme en témoigne sa participation au 4eme sommet des chefs d’Etats du Littoral de la Caspienne, à Astrakhan en Russie, le 29 septembre dernier. Regroupant les présidents d’Azerbaïdjan, d’Iran, du Kazakhstan, de Russie et du Turkménistan.

 

La Mer Caspienne ne représente pas seulement les 90% du caviar dans le monde, du fait de la présence de l’esturgeon dans ses eaux. Les Etats riverains prennent conscience qu’il s’agit d’un fabuleux réservoir d’hydrocarbures sous-marins et un carrefour d'échanges, d’oléoducs et gazoducs, vitaux pour les décennies à venir. Nécessitant la paix et le partage.  D’où la concrétisation, sous la dynamique présidence de la Russie, de nombreux accords de coopération et d’investissements. (12)

 

L’Iran est ainsi reconnu comme un vecteur de paix et de développement. Essentiel.  Pour le Moyen-Orient, certes. Mais, tout autant pour l’Asie Centrale. Et, le reste du monde, en route vers sa" multipolarité"…

 

N’en déplaise au bellicisme occidental et ses "cuistots cocaïnés" de la Désinformation.

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

La présidence Russe du SCO face aux menaces occidentales

 

 

 

1.  Cf. : Paul Moreira, Les Nouvelles Censures – Dans les Coulisses de la Manipulation de l’Information, Editions Robert Laffont, 2007.
2.  Alexander Yakovenko (ambassadeur de Russie à Londres), The Shanghai Cooperation Organization: Allies of a New Type, RT News, 12 septembre 2014,
http://rt.com/op-edge/187360-sco-economic-humanitarian-cooperation/

3.  President Rouhani : All SCO Members Interested in Improvement of Ties with Iran, (Président Rouhani : Tous les membres du SCO désireux de renforcer leurs liens avec l’Iran), Fars News, 13 septembre 2014,
http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13930622000261
4.  Cf. : Christian Salmon, Storytelling – La Machine à Fabriquer des Histoires et Formater des Esprits, Editions La Découverte, 2008.
5.  SC0 Leaders support Putin’s Peace Plan for Ukraine, RT News, 12 septembre 2014,
http://rt.com/politics/187332-dushanbe-summit-putin-peace/
6.  Cf. : Alain Badiou, La République de Platon, Editions Fayard, 2012, p. 454 :
« La plupart des décisions importantes, celles qui concerne la police, la guerre, les alliances, les grands groupes financiers ou industriels, sont des décisions secrètes, prises dans des réunions que la Constitution ne prévoit pas et dont le public n’a pas connaissance.
On amuse par ailleurs la galerie avec de vifs "débats" sur des points secondaires, comme le mariage des prêtres homosexuels ou la protection des baleines bleus.
 »
7.  Shannon Tiezzi, Xi Jinping, Vladimir Putin Meet Ahead of SCO Summit, 12 septembre 2014,
http://thediplomat.com/2014/09/xi-jinping-vladimir-putin-meet-ahead-of-sco-summit/
8.  Shannon Tiezzi, The New Improved Shanghai Cooperation Organization, 13 septembre 2014,
http://thediplomat.com/2014/09/the-new-improved-shanghai-cooperation-organization/
9.   SCO Development Strategy up to 2025 to be aimed at raising organization’s effectiveness, Itar Tass, 15 septembre 2014,
http://en.itar-tass.com/world/749571

10.  SCO may take decision on India, Pakistan membership in 2015, Itar Tass, 10 septembre 2014,
http://en.itar-tass.com/world/748906
11.  Ce qu’au Maghreb, Maroc, Algérie et Tunisie, par exemple, devront un jour s’engager à programmer. Au lieu de s’ingénier, actuellemnt, à faire en sorte que leurs échanges commerciaux, entre chacun d'eux, n’atteignent pas les 2%...
12.  Marina Kortunova, Heads of state from Caspian littoral states meet in Astrakhan (Sommet des Chefs d’Etats de la Caspienne à Astrakhan), Press TV, Moscow, 30 septembre 2014,
http://www.presstv.ir/detail/2014/09/30/380513/heads-of-state-from-caspian-littoral-states-meet-in-astrakhan/

 

Caricature de Luo Jie du China Daily

 

 

 

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 12:00

 

 

«  Un plein baril d’oreilles…
Les oreilles indigènes valurent longtemps dix francs la paire et leurs femmes demeurèrent, comme eux d’ailleurs, un gibier parfait
Tout ce qui vivait fut voué à la mort… On ne fit aucune distinction d’âge, ni de sexe…
En revenant de cette funeste expédition plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances… ».

Général Pellissier de Reynaud  (1)
(Récit de l’invasion de l’Algérie par les troupes françaises sous son commandement)

 

 

 

 

Le « Retour d’Iznogoud »

 

Parmi les aérosols anesthésiants, ou "paranoïsants", produits à grande échelle ces dernières semaines par notre" Industrie de la Désinformation", l’un d’eux ne manque pas d’humour dans son approche marketing :
« Calife » !
 

Macabre, tragique, certes, sur fond de massacres et de chaos, mais cette référence au personnage de la bande dessinée de Goscinny ne manque pas de culot, ou d’ironique coïncidence, de la part de ses concepteurs. Iznogoud, incarnation de l'ambitieux sans scrupule, aussi ignare que féroce, se voulant "calife à la place du calife"…  Métaphore hilarante sur le pouvoir et les coups tordus, pour s'en emparer ou s'y maintenir.

 

Tel Aladin et sa lampe magique, notre Propagande fit donc surgir du désert irako-syrien un : « Calife ». Véritable phénomène de "génération spontanée". Armés, lui et ses "fidèles", jusqu’aux oreilles. Au point de "battre" l’armée irakienne, équipée et entraînée à coups de milliards dollars annuels par les USA, en quelques heures, et d’arriver tranquillement aux portes de Bagdad.

 

On sait, à présent, que les militaires irakiens avaient pour instructions de « laisser passer »… Ils n’ont ainsi pas vu arriver les colonnes de véhicules sortant du désert Jordanien, où elles s’organisaient, se préparaient, depuis des semaines. Pas plus que les satellites d’observation américains, capables de repérer une balle de golf à 500 km d'altitude, et d’en lire la marque dit-on.

 

Invasion sur fond de sieste générale…

 

Le « Calife nouveau », lui, appliquait sa "feuille de route," comme disent les stratèges washingtoniens.

 

Parfait inconnu, émanant du néant, mais fédérant suffisamment d’adeptes et de prosélytes dans les dunes jordaniennes pour envahir avec un équipement ultramoderne des provinces de la Syrie et de l’Irak pour, en un claquement de doigt, y créer un Etat :  « Islamique » !...

 

Evidemment, on ne connaît de cet "Etat" (désigné ISIS par les anglo-saxons) ni les ministères (industrie, agriculture, éducation, santé, etc.), pas plus que leurs titulaires et fonctionnaires. Encore moins, le recensement de ses "citoyens"… Même pas sa capitale.

 

Ce qui n’empêche en rien, tous nos médias, nos zélés "décrypteurs de l’info", de reprendre, réciter, ânonner, en boucle, cette fiction mise sur fiches quotidiennes.

 

Car, dans tous les pays, personne ne l’ignore, tous les observateurs en conviennent, il ne s’agit que d’un "scénario  hollywoodien". Pepe Escobar, un des rares journalistes d’investigation de stature internationale, ironise sur les « Trucs Débiles » d’Obama et de sa bande, avec leur mise en scène de "film à suspense" (Hollywood thrills on show…). (2) Sauf que, là encore, tueries et ravages ne sont pas virtuels.

 

Classique montage des services spéciaux occidentaux, encadrant, finançant, équipant des « seigneurs de guerre », avec leurs armées de mercenaires, chargés de semer la mort, la dévastation et le désespoir… (3)

 

Comme ces potentats, ou généraux, corrompus et serviles, que  l’Histoire recense par centaines au cours des siècles. Les plus récents et connus, en Chine notamment. Avant sa réunification et remise en ordre sous l’impulsion de Mao.

 

Par leur intermédiaire, l’Occident y a entretenu pendant un siècle (1840 - 1949) une guerre civile atroce, soigneusement occultée dans  nos livres d’histoire, pour incruster son occupation et son pillage du pays. Quitte à les trahir à la première occasion. Les opposant les uns aux autres, les éliminant, suivant les circonstances et les intérêts du moment.

 

Le dernier de ces cruels et voraces "auxiliaires" fut Tchang Kaï-chek qui dut se réfugier, en 1949,  sur l’île de Taïwan. Furieuses d’avoir été éjectées du pays  avec leurs polichinelles, en représailles, les puissances coloniales proclamèrent l’indépendance de Taïwan sous le nom de République de Chine.

 

Imposant cette île d'à peine 25 millions d’habitants en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, en lieu et place de la Chine Continentale, dite "République Populaire de Chine" (ayant le tort de s’affirmer "communiste"…) avec Pékin pour capitale, jusqu’au 23 novembre 1971 !... Notons qu’à ce jour, avec le soutien plus ou moins discret des occidentaux, Taïwan, s’autoproclamant seule "république légitime", revendique toujours la Chine Continentale…

 

Au Moyen-Orient, nous assistons très exactement au même système de prédation, dans le chaos. Ce « Calife » et ses sponsors,  "roitelets-émirs" du Golfe, n’étant que l’équivalent de ces  "collabos" chinois manipulés par l’Occident.

 

Comme eux, ils seront balayés par le vent de l’Histoire…

Calife ?...  Moi : Archevêque !

Diviser pour régner ? Non : dépecer pour piller !

 

Comme un temps il le réussit en Chine, l’Occident ne peut régenter l’immense Moyen-Orient et Grand Maghreb, pour en spolier les ressources, qu’en formatant une mosaïque d’Etats aux éléments hostiles entre eux, dans le chaos, la guerre civile ou les conflits frontaliers. (4)  Avec, évidemment, des destructions sauvages à intervalles réguliers, sous un prétexte forgé pour manipuler l'opinion publique du moment, afin d'en retarder le développement économique, social, technologique et culturel.

Telle est sa politique depuis la chute de l’Empire Ottoman, conséquence de son alliance avec l’Allemagne lors de la première guerre mondiale.

 

L’actuel scénario du montage d’une "coalition" présenté comme une réponse, ou une salutaire réaction, face à l’émergence imprévue d’une entité vouée au terrorisme dans la région, un cas de force majeure contraignant "la civilisation" à affronter "la barbarie" dans une vertueuse "légitime défense", n’est donc qu’une hypocrisie.(5)  Habituelle aux aventures et spoliations coloniales : identiques "logique prédatrice" et engrenages de la violence, seuls argumentaire ou rhétorique de la justification évoluant avec le temps.

Spécifiques à la région, nous retrouvons au fil des décennies les composantes immuables de cette stratégie :

 

 i)  Une stratégie de dépeçage depuis longtemps parfaitement définie, méthodiquement appliquée, et expliquée dans une multitude de documents

 

Rappelons le plus explicite, et le plus diffusé, de ces documents sur les opérations militaires et prédatrices en cours. Exposant, dès 1982, les objectifs et les priorités, celui d'Oded Yinon,  A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (6)

 

Tout particulièrement, sa section numéro 22 :

« Le démembrement total du Liban en 5 provinces sert de précédent pour l’intégralité du monde Arabe y compris l’Egypte, la Syrie, l’Irak et la péninsule arabique qui évoluent déjà dans cette direction.

La dissolution de la Syrie et de l’Irak en entités fondées suivant des critères ethniques et religieux telles qu’au Liban, représente l’objectif prioritaire d’Israël sur le front de l’Est.

La Syrie éclatera, suivant sa structure ethnique et religieuse, en plusieurs entités suivant le modèle libanais : un Etat Shiite alaouite le long de sa côte (méditerranéenne), une Etat Sunnite à Alep, un autre Etat Sunnite à Damas hostile à son voisin du nord (alaouite), et les Druzes qui établiront un Etat, peut-être même dans notre Golan, et certainement dans le Hauran et le nord de la Jordanie.

Cette configuration sera la garantie de la paix et de la sécurité dans la région sur le long terme, et cet objectif est actuellement à notre portée. »

 

Cela fait donc plus d’une trentaine d’années que ce modèle stratégique est implacablement imposé à la région, avec actuellement un mouvement d’accélération comme on l’a vu, après la destruction de l’Irak (1,5 million de morts et l’intégralité de ses infrastructures détruites pour "apporter la démocratie"…) : partition du Soudan (pour s’emparer d’une des plus riches régions de la planète en uranium : le Darfour), éclatement de la Libye, guerres civiles à plus ou moins fortes intensités entretenues en Afghanistan, Egypte, Pakistan, Syrie etc.

 

Avec des actualisations permanentes ainsi que l'expose, le fait étant exceptionnel il est bon de le souligner, avec  une rigoureuse lucidité un chercheur sur le Moyen - Orient et l’Asie Centrale, Mahdi Darius Nazemroaya, dans un article sur le projet américano-sioniste du « Nouveau Moyen-Orient », publié le 14 juin 2014 [Plans of Redrawing the Middle-East : The Project for a "New Middle-East"]. Une mise à jour de ses premières constations et recherches éditées en novembre 2006, à partir du constat de la "pulvérisation" de l’Irak par les occidentaux. (7)

 

Le projet de "dépeçage-prédation" du Moyen-Orient a été, aussi, l’occasion de publications de cartes détaillées.

 

La plus connue étant celle du Lieutenant-colonel Ralph Peters, publiée pour la première fois dans l’officielle revue des forces armées américaines, en juin 2006 : "Armed Forces Journal". Considérée comme une véritable "Bible" dans la formation des "propagandistes" (médias, politiciens et monde académique), et des Etats-majors occidentaux tels que ceux du "NATO’s Defense College", de la "National War Academy", etc. (8)

 

Ainsi des apprentis-sorciers, depuis leurs bureaux climatisés, analphabètes des civilisations de la région avec leur Histoire millénaire, de l’évolution des Nations et la coexistence séculaire de leurs peuples, avec leurs langues, leurs religions, leurs traditions, leur volonté d’indépendance, de souveraineté, d’exploitation autonome de leurs richesses nationales, décident : découpages, frontières, qui a le droit de vivre avec qui, et comment.

 

Exerçant le droit de vie et de mort sur ceux qui acceptent, ou refusent, leurs délires mégalomaniaques…

Calife ?...  Moi : Archevêque !

ii)   Fiction d’un "Etat Islamique" pour un double objectif

 

Dans la déclinaison de la stratégie du "dépeçage-prédation", la mise en scène d’un "Etat islamique" diabolisé par les services d’action psychologique et de propagande, présente un double objectif à court et moyen termes :

 

=>  Accélérer la partition définitive de l’Irak et de la Syrie

L’évidence est telle qu’il est inutile d’insister sur ce point, amplement développé par de nombreux observateurs et analystes "sérieux" dans le monde entier. En dehors des médias occidentaux, bien entendu…
 

=>  Préparer la destruction des infrastructures de l’Iran et s’emparer de ses ressources
La préparation de l’opinion publique occidentale à l’attaque de l’Iran (cf. les récentes et  violentes déclarations anti-iraniennes à l'ONU de Cameron et d'Obama) s’élabore, la "baudruche nucléaire" s’étant complètement dégonflée à présent, dans une astucieuse assimilation entre un l’Etat « Islamique » du pseudo "Califat", incarnation de la barbarie sur terre, et la République "islamique" d’Iran.

Méticuleux travail d’analogie, de ressemblance, de similitude, en mesure de provoquer le moment venu les réactions pavloviennes nécessaires pour obtenir la passive acceptation d'une opinion publique conditionnée.

 

Les services de propagande ont déjà créé un groupe terroriste, associé au "calife", le : “Khorasan group” (s’écrivant Khorassan, en français) du nom d’une des plus grandes provinces de l’Iran (scindée en trois, depuis le 29 septembre 2004 : septentrional, méridional et E-razavi), limitrophe de l’Asie Centrale et de l’Afghanistan. (9)

 

Andre Vltchek, évoquant l’idéologie des Croisades du Moyen-âge, le rappelle :

« … Il y a l’Iran à l’horizon et davantage … L’Etat islamique est un implant qui a pour finalité la justification d’une invasion…

[There is Iran on the horizon, and much more… ISIS is an implant, which is now serving as the justification for an invasion]
Ainsi, les Croisés occidentaux, à nouveau et comme ils l’ont fait pendant des siècles, montent leurs chevaux pour répandre la dévastation et la peur partout où ils passent…

[And so the Western crusaders are again, as they had for centuries, riding their horses, spreading devastation and fear wherever they pass] ». (10)


Sauf que l’Iran, à la charnière du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale,  représentera, en cas d’attaque, un échec encore plus dévastateur, et humiliant, que le furent ceux de Corée et du Vietnam pour l’Occident. Une monumentale claque, véritable tremblement de terre, pour les "va-t-en-guerre" occidentaux ! Car, dans sa tactique défensive, l’Iran rendra coup pour coup au-delà de ses propres frontières, à l’encontre de ses agresseurs et, surtout, de leurs complices régionaux.

 

Dans ce cas, dans un effet domino, vont se volatiliser les constructions et échafaudages artificiels fondés sur le partage des débris de l’Empire Ottoman suite à la Conférence de San Remo (avril 1920) et du Traité de Sèvres (10 août 1920) entre les puissances coloniales. Boomerang immédiat : le balayage des Saoud, honnis de tout musulman qui se respecte, et des émirats fantoches.

 

Emergera alors, dans une rapide et flamboyante Renaissance, un Moyen-Orient indépendant et souverain. Invulnérable aux prétentions hégémoniques et diktats impériaux d’un Occident en pleine décadence, aveugle à l’évolution du rapport de forces planétaires. Région constituant, en synergie avec un Grand Maghreb "rénové", un pôle majeur de développement et de paix, aux ressources et compétences complémentaires, dans ce monde multipolaire en cours de formation.

 

iii)   Une stratégie du "dépeçage-pillage" fondée sur l’association entre oligarchies corrompues, locales et occidentales

 

La prédation au Moyen-Orient ne correspond absolument pas aux intérêts des populations locales, c’est évident.

 

Mais, on l’occulte systématiquement dans les analyses, pas davantage pour les populations occidentales. En termes de créations d’investissements et d’emplois productifs, dans un échange équilibré, entre une Europe et un Moyen-Orient prospères et complémentaires, par exemple.

 

Ce pillage est fondé, avant tout, sur l’enrichissement rapide et exponentiel d’une puissante oligarchie occidentale, ultra-corrompue, imbriquée avec la haute hiérarchie politique dont elle détient la réalité du pouvoir. D'où l'immense tendresse des uns et des autres pour les "Paradis Fiscaux"...

 

Avec pour piliers, les " marchands de canons", sans oublier dans leur sillage les "charognards" que sont ces entreprises chargées de "reconstruire" à prix d’or ce que leurs armes ont détruit au préalable. Ni les spoliateurs de services publics se taillant sous couvert de "privatisations bidons", tels des fiefs féodaux, des rentes de situation aux confortables marges (télécoms, audiovisuel, distribution d’énergie, transports publics, financements et crédits, santé, éducation, etc.)…

 

Ce qui explique la parfaite "Bonne Conscience" de nos élites dans la formation d’une "coalition" entre des Etats se revendiquant "démocratiques" et les pires autocraties archaïques de la planète (Saoud et émirats).

 

Quelques pointes d’iceberg dans l’océan de la colossale corruption des oligarchies occidentales  sont repérées ici ou là.

 

Le « Center for Public Integrity », par exemple, a recensé aux USA soixante-dix entreprises et individus qui ont engrangé US$ 27 milliards de commandes de travaux sur ces trois dernières années en Irak et en Afghanistan.

 

Comme par hasard, 75% des bénéficiaires de ces contrats aux marges mirobolantes ont des relations, ou ont servi, via leurs directions ou leurs conseils d’administration, au plus haut niveau des instances dirigeantes des partis au pouvoir, Démocrates ou Républicains, et de la hiérarchie militaire… (11)

 

Fantômas et ses coupeurs de gorge

 

Justifier un tel niveau de prédation, de violence et de dévastation, pour l’enrichissement d’une poignée d’irresponsables, à la personnalité structurée par une mentalité coloniale remontant au Moyen-Âge, exige un implacable appareil de propagande et de répression à l’encontre de leurs propres concitoyens. C’est, en effet, les forcer à admettre l’exact opposé des valeurs démocratiques ou humanistes affichées par l’Occident.

 

Ces entreprises de manipulation ou de neutralisation ne cessant d'être perfectionnées, notamment sur trois vecteurs complémentaires :

 

i)   Une lente et inexorable suppression des libertés publiques

 

Ces mises en scène répétées  de "terrorisme islamique" n’ont pas pour simple utilité la justification de l’usage de la violence armée de l’Occident au Moyen-Orient, mais aussi l'acceptation de leur propre asservissement par les populations des pays occidentaux à l’égard de leurs oligarchies :  forger une menace domestique, servant à justifier l'expansion continue d’une surveillance de chaque citoyen dans ses libertés les plus élémentaires (" … and at home to foment a manufactured domestic threat, used to justify the unprecedented expansion of invasive domestic surveillance"). (12)

 

Les sociétés occidentales, sous ce prétexte, se transformant en Etats policiers auxquels rien n’échappe, sans aucune protection judicaire : communications téléphoniques privées, usage d’Internet, etc. Aboutissant au contrôle complet des opinons publiques, dès la source : celle de l’expression quotidienne du simple citoyen.

 

L’exemple le plus frappant de cette dérive est l’Australie, dans l’hémisphère sud à plus de 20.000 km du Moyen-Orient, en proie actuellement à une psychose du "terrorisme djihadiste", avec rafles policières dans l'hystérie médiatique de "terroristes" présumés, dont on ne voit jamais les visages, dont ne connait ni les noms, ni les motivations ou  intentions…

 

Pays où, tout récemment, le Sénat vient de mettre en place de nouvelles lois anti-terroristes pour amplifier la suppression des libertés publiques. En fait, au-delà des apparences, est particulièrement visé le droit de critiquer le gouvernement, non pas sur sa politique étrangère, mais sur sa politique économique et sociale. (13)

 

ii)   L’instrumentalisation des instances internationales

 

La Force supplante le Droit. Au nom de la "guerre contre le terrorisme", tous les systèmes de régulation des relations entre pays, relevant du droit International, sont niés : vols armés ou bombardements à l’intérieur de pays sans leur consentement, au mépris de leur souveraineté nationale, Conventions de Genève sur la protection des populations civiles, Charte de l’ONU qui impose le dialogue et le respect entre les nations, condamnant le seul usage de la violence, etc.

 

L’ONU, le « machin » comme le surnommait Charles de Gaulle, se délite ainsi dans le ridicule. Incapable de se réformer, il sera inévitablement remplacé dans le cadre de la formation du monde multipolaire. Pour finir en estrade d’où seront lancés, dans l’indifférence du reste de la planète, les anathèmes des oligarques occidentaux enfermés dans leur mégalomanie…

 

 

iii)  Une islamophobie délirante

 

L’islamophobie atteint des niveaux de propagande délirants. A écouter la propagande ce sont des milliers de jeunes musulmans qui partent de l’Europe pour rejoindre le "Calife" ou ses émules. Pour l’argent saoudien ou qatari ? Pour le zèle religieux ? Vrais ou faux Musulmans ? Combien partent, combien reviennent ?...

On ne le saura jamais. On n’en connaîtra, là encore, ni les noms, ni les motivations, ni les circonstances de recrutement. Ils ne seront jamais jugés publiquement. Pourtant, nous vivons dans des démocraties qui ignorent les tribunaux secrets ou d’exception…

 

A croire que nous habitons un monde "virtuel". Les « faits » n’existent pas. Seule la « représentation » souhaitée par nos oligarchies  est voulue, instaurée, "réelle"…

 

« Triomphe de la propagande », écrit Ben Schreiner. Oui.

 

A tel point que le "Calife", Fantômas et ses seconds couteaux, avec leurs atrocités, semblent appartenir à une autre galaxie. Avec leurs atrocités, décapitations et égorgements, via Internet, Facebook ou Twitter. Moi qui éprouve souvent les plus grandes difficultés à envoyer des messages à partir de gares ou d’aéroports, apparemment depuis les déserts d’Irak ou de Syrie, ces magiciens de l’horreur arrivent à mettre en ligne des vidéos…

 

Bizarre…

 

Comme s’ils remplissaient un contrat selon un cahier des charges prédéfini. A présent, pour justifier des aventures militaires et coloniales, il convient de décapiter ou égorger un ressortissant du pays à l’opinion publique réticente ou hésitante… Permettant de s’écrier, la main sur le cœur, dans l’émotion et l’indignation : « Trop c’est trop ! »…

 

La Raison d’Etat, avec ses services spéciaux, n’a en effet pas d’état d’âme lorsqu’il s’agit d’arriver à ses fins.

 

Jusqu’où va-t-on aller ?... Car, de plus en plus, cela ne trompe personne. (14)

 

 

"Calife" …

 

Si cette guignolade, foire aux crédulités imbéciles, n’était aussi sanglante et dévastatrice, on se prendrait presque à s’autoproclamer, dérision ultime, dignitaire religieux. Par exemple : "Archevêque" !

 

Pourquoi "Archevêque" ?...  Peut-être, en raison de ses premières lettres : « Ar » …

 

Comme :

 

« Arnaque »…

 

 

 

 

 

1.  Le Cour Grandmaison, Olivier, Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004, p. 158-159, note 1.
Cf. l’article : Et, Un Tonneau d’oreilles !... Un !..., Georges Stanechy, 6 septembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html

2.Pepe Escobar, Obama’s "Stupid Stuff" turned upside down [Les "Trucs Débiles" d’Obama partent en vrille], Asia Times, 18 septembre 2014,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-180914.html
3.Garikai Chengu, The War on Terrorism is Terrorism – How the US Helped Create Al Qaeda and ISIS [Le Terrorisme c’est la "Guerre Contre le Terrorisme" - Comment les USA ont contribué à créer Al Quaida et l’ISIS], CounterPunch, 19-21 septembre 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/09/19/how-the-us-helped-create-al-qaeda-and-isis/
4.Garikai Chengu, Op. Cit.
5.Garikai Chengu, Op. Cit.

6.  Georges Stanechy, Syrie : A l’Attaque, 4 septembre 2013,
http://stanechy.over-blog.com/syrie-a-l%E2%80%99attaque

7.  Mahdi Darius Nazemroaya, Plans for Redrawing the Middle-East : The Project for a “New Middle East”, Global Research, 14 juin 2014 (première publication novembre 2006),
http://www.globalresearch.ca/plans-for-redrawing-the-middle-east-the-project-for-a-new-middle-east/3882

8.  Mahdi Darius Nazemroaya, Op. Cit.

9.  Pepe Escobar, Operation Tomahawk The Caliph, Asia Times, 24 septembre 2014,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-240914.html

10.  Andre Vltchek, Syria – The Latest Crusade (Syrie : La Dernière Croisade), CounterPunch, 26 septembre 2006,
http://www.counterpunch.org/2014/09/26/syria-the-latest-crusade/

11.  Evan Taylor, Blood, Oil and the Geopolitics of the Gulf [Géopolitique du Golfe : du Sang et du Pétrole], CounterPunch, 22 septembre 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/09/22/blood-oil-and-the-geopolitics-of-the-gulf/

12.  Andre Vltchek, Op. Cit.
13.  Crackdown on freedoms ?  Australian Senate passes draconian  anti-terror laws [Eradication des libertés ? Le Sénat Australien adopte des lois "anti-terreur" draconiennes], RT News, 26 septembre 2014,
http://rt.com/news/190760-australia-spy-laws-freedom/

14.  Abdelkader Dehbi, Qui cherche à ouvrir la Boîte de Pandore à Alger ?, AlterInfo,
http://www.alterinfo.net/Qui-cherche-a-ouvrir-la-boite-de-Pandore-a-Alger_a106490.html

 

Illustrations :

-  Caricature du Brésilien Carlos Latuff
-  Carte du projet « Nouveau Moyen-Orient » par le Lieutenant-colonel Ralph Peters

 

 

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 05:00

 

 

N.B.  Ce texte a été publié pour la première fois, le 9 juillet 2014, sur le blog :
Iran : Analyses et Perspectives

 

 

 

 

 

Je ne souhaite que me tromper…

 

Lentement mais sûrement, les négociations de Genève sur le nucléaire Iranien, avec pour date limite le 20 juillet prochain, s’acheminent vers un échec.

Iran : Modèle de Résilience

Ce que tout le monde, anticipe. A commencer par les dirigeants Iraniens. Evidence, dès le début des négociations : l’Occident ne recherche, en fait, aucun accord. Multipliant les exigences les plus irrationnelles, pour ne pas dire farfelues. (1)

 

L’objectif étant, sous le prétexte nucléaire, d’asservir l’Iran, pour mieux le piller. Et, à défaut le détruire, afin de retarder son développement. L’idéologie prédatrice des "puissances arrogantes", pour reprendre les termes désignant en Iran les pays de l’OTAN, ne tolérant que deux modalités de relations à l’encontre du reste de la planète : la soumission ou la destruction.

 

Fund for Peace

 

Destruction directe par tapis de bombes et invasion, ou chaos de la guerre civile armée et financée par leurs soins. Quand ce ne sont pas les deux fléaux à la fois. Ravages et partitions imposés dans de nombreux pays, au Moyen-Orient notamment, le démontrent : Afghanistan, Egypte, Irak, Liban, Libye, Pakistan, Palestine, Somalie, Soudan, Syrie.

 

La résistance de l’Iran à cette logique exacerbe cette rage destructrice. Amplifiée par sa remarquable et courageuse ténacité face à une implacable "guerre économique" qui lui est imposée depuis 1979. (2) Aussi longue qu’impitoyable, totalement illégale au regard du droit international, n’étant en aucun cas prescrite par les instances de l’ONU. Contraire à sa charte fondamentale, constituant une agression, un acte de guerre, puisque décrétés unilatéralement par le Congrès des USA.

 

Contrevenant, sous l’appellation de "sanctions", à tous les engagements internationaux régissant les relations commerciales et financières. Jusqu’au "droit aérien", les membres de l’OTAN refusant de ravitailler en carburant les avions civils Iraniens en escale sur leurs aéroports !… (3)

Iran : Modèle de Résilience

Malgré ces comportements de gangsters, rappelant expéditions et rackets d’un Al Capone s’appropriant les quartiers d’une ville ou une ville entière, l’Iran n’en progresse pas moins.

Diabolisé en "menace pour la paix", justifiant obstacles et freins pour entraver son développement, ce pays de 80 millions d’habitants se montre étonnamment performant.

Même les ONG et "observatoires" américains les moins disposés en sa faveur sont obligés, à contrecœur, de l’admettre.

"Fund for Peace", par exemple, qui publie chaque année un classement des pays par niveau de "risques" ou de "fragilité" (Fragile States Index) vient, dans son édition du mois de juin dernier, d'en prendre acte (4) :
« En dépit de ces contraintes, l’Iran, grâce à son important marché intérieur et ses efforts d’intégration dans les grands courants d’échanges, a légèrement amélioré les indicateurs économiques du pays »
("In spite of these challenges, Iran’s sizable market and greater desire to engage with global actors has slightly improved the country’s Economy indicator".)

 

Reconnaissant que, dans son classement (5) :
« L’Iran représente le pays qui a le plus progressé dans le monde au cours de l’année passée sur le plan économique, social et politique. »
(" Iran proving to be the most improved country in the world over the past year socially, economically and politically".)

 

Sur la douzaine de critères, ou d’indicateurs, de son Index, les analystes du Fund for Peace ont été particulièrement impressionnés par  (6) :
« … Les performances et améliorations du système de santé, la réactivité des services de la sécurité civile lors des deux importants tremblements de terre d’avril 2013, et la maîtrise de la pression démographique... »
("… Because of an increase in total health care spending and guarded progress in performance and rapid and adequate emergency responses to two April 2013 tremors, the Demographic Pressures indicator has improved"…).

 

Le FMI aussi, dans son rapport du mois d’avril 2014, IMF (FMI) Country Report No. 14/93 – Islamic Republic of Iran, tout en traînant des pieds, le reconnaît (7) :
« L’Iran, au cours des décennies précédentes, a effectué de remarquables progrès en termes d’augmentation de revenu et d’amélioration du niveau de vie par habitant. »
("Iran had achieved considerable progress in raising per capita income and living standards in previous decades".)

 

Précisant, à la page 5 du document :
« Les indicateurs sociaux démontrent une diminution de la pauvreté et de l’inégalité des revenus, constituant un niveau relativement élevé de "développement humain". »
("Social indicators show declining poverty and income inequality, supporting a relatively high level of human development".)

 

 

TVA  &  KIA           

Iran : Modèle de Résilience

Jusqu’à se montrer admiratifs de la gestion du système fiscal, modernisé depuis 2008 avec l’introduction de la TVA. Dont le taux actuel de 6 % va être progressivement généralisé à 8 %. Loin des taux confiscatoires européens

 

En France nous en sommes à 20 %, en voie de rejoindre le record de la Grèce : 25 % et 30 % suivant articles ou prestations.

Autre comparaison avec l’Europe… Malgré l’étranglement économique qui lui est infligé, l’Iran enregistre un taux de chômage qui n’est pas supérieur à celui de beaucoup de pays membres de la "paradisiaque UE", royaume du Libéralisme Economique triomphant, avec sa libre circulation des hommes et des capitaux. Notamment : Portugal, Espagne, Italie et Grèce…

 

Un  des rares pays dans le monde à ne pas avoir d’endettement extérieur (hors opérations commerciales courantes), mais au contraire des réserves excédentaires d'un montant équivalent à environ 100 milliards de dollars. Sans compter les nombreux avoirs et créances bloqués dans les pays occidentaux. Certains remontant à la révolution de 1979 pour des achats et commandes non livrés selon l’arbitraire et la mauvaise foi des débiteurs de l’Iran (Grande-Bretagne et France, n’étant pas les moins retors). Plusieurs milliard de dollars cumulés…

 

Comme le constate le FMI dans son rapport, embargos et sanctions ou pas, l’Iran poursuit méthodiquement la diversification de ses exportations de produits et services "non pétroliers". En progression régulière, pour passer prochainement de 6 % à 10 % du PNB.

 

Cette politique, extrêmement dynamique et volontariste, s’applique aussi au tourisme. Autre grande richesse du pays, du fait de son exceptionnel patrimoine historique et de l’extraordinaire diversité de ses régions et paysages. Investissant dans un effort promotionnel, vers les pays asiatiques dans un premier temps, sur l’écotourisme et le tourisme "santé / bien-être". L’Iran organise son premier salon international "ECO Health Tourism" dans la province de Mazandarar, les 18 et 20 août, prochains conjointement avec ses partenaires et Etats voisins.

 

L’attraction de l’Iran auprès des investisseurs internationaux ne cesse de s’amplifier au fil des mois. Accords et signatures de contrats se multiplient.

 

Illustrations…

 

Le constructeur automobile sud-coréen KIA développe une usine de montage de son modèle Cerato, avec une mise sur marché prévue le 20 mars 2015. (8)

 

Ou encore, les Chinois, très bien implantés dans le pays, signant des contrats de coopération et d’investissements tous azimuts. Ainsi, dans la modernisation des chemins de fers Iraniens. Une des opérations les plus importantes portant sur la liaison Téhéran-Meshad, avec l’introduction de rames à grande vitesse ; permettant de réduire la durée de trajet de moitié et d’augmenter la capacité actuelle de passagers de 14 millions/an à 35 millions/an. (9)

 

Le Qatar, qui prend ses distances avec l’Arabie Saoudite, dans un rapprochement diplomatique et économique avec l’Iran. Concluant d’importants accords d’échanges et de transactions via la création de zones franches dans le port Iranien de Busher et dans deux ports Qataris. (10)

 

Encore plus significatif : une entreprise américaine de Californie, World Eco Energy, vient de signé un contrat portant sur un investissement de 1,175 milliard de dollars dans la construction d’une centrale électrique à partir de retraitement de déchets urbains. Au sud-ouest de la province de Chaharmahal-Bakhtiari. (11)

 

La liste serait interminable...

 

Oui, de quoi enrager les prédateurs occidentaux devant autant de résilience ! Un pays stable, un des rares de la région, se développant d’année en année.  Comment casser la renaissance d’une grande Nation ?... Hystériquement crispés sur le plan de destruction et de morcellement du Moyen-Orient, le Plan Oded Yinon de février 1982, ils n’en démordent pas : l’Iran doit être soumis ou détruit ! (12)

 

Imperméable aux fantasmes de champs de ruines et de dévastations des fous furieux de l’OTAN, sereinement, l’Iran retrouve sa place. Son importance économique et politique, de la Méditerranée à l’Océan Indien, du Golfe Persique à l’Asie centrale, ne cesse de croître, de s’affirmer.

 

Toutes les informations le confirment.

 

Evidemment, les médias de notre propagande veillent à ne pas les mentionner, encore moins leurs crapoteux colporteurs de l’opium iranophobe.

 

Désinformation ? Diabolisation ? Menaces ? Sanctions ?...

 

Qu’importe !

 

La caravane passe… La roue de l’Histoire tourne…

 

Inexorablement.

 

 

 

 

1.  La plus hilarante, formulée par les occidentaux, étant celle d’exiger la fermeture de l’installation souterraine de Fordo, sous prétexte qu’en raison de sa configuration il est difficile de la prendre pour "cible" lors de bombardements éventuels !… La délégation Iranienne en rit encore.
2.  Date du renversement du Shah d’Iran, dont le régime sanguinaire et corrompu servait d’auxiliaire au complet pillage des ressources du pays par les occidentaux.
3.  Même la France, dans la plus dégradante démonstration de servilité à l’égard du Congrès US…
4.  Felipe Umaña, Most Improved Country for 2014 : Iran, Fragile States Index 2014, 24 juin 2014,
http://library.fundforpeace.org/fsi14-iran
5.  Fragile States Index, Op. Cit.
6.  Fragile States Index, Op. Cit.
7.  IMF (FMI) Country Report No. 14/93 – Islamic Republic of Iran – 2014 Article IV Consultation – Staff Report : Press Release ; and Statement by the executive director for the Islamic Republic of Iran, Avril 2014,
http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2014/cr1493.pdf
8.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4826/4/13202/0
9.  http://www.iranrail.net/gallery.php
10.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4827/4/13284/0
11.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4827/4/13282/0
12.  http://www.globalresearch.ca/greater-israel-the-zionist-plan-for-the-middle-east/5324815

 

 

 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 06:00

 

N.B.  Ce texte a été publié pour la premère fois le 3 juin 2014, sur le blog :
Iran : Analyses et Perspectives
Blog "annexe" créé suite à une demande d'Amis-Lecteurs pour faciliter la recherche, consultation, reproduction, transmission, des articles ou billets consacrés à l'Iran. Occultés par les moteurs de recherches s'ils sont "noyés" dans les catégories du présent blog...

 

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

"L’élégance de ta silhouette est celle du cyprès de Kahsmar
La douceur de tes lèvres celle du sucre du Khuzestân"

Nizari Kohistani  (1)

 

 

 

 


Commémorations…

 

Mai et Juin en regorgent… "Ras-le-bol", pestent certains…

 

Désolé, mais je vais en rajouter une autre !

 

Pour deux raisons "géopolitiquement" cardinales : personne n’en parle sous nos latitudes ; alors qu’elle est essentielle, si l’on souhaite comprendre l’Iran d’aujourd’hui. Surtout, son inébranlable détermination dans la défense de sa souveraineté nationale, au cours des négociations en cours à Genève.

 

Aucune allusion dans nos médias, spécialisés dans le "décryptage de l’information". Encore moins dans ceux prospérant du commerce lucratif de la diabolisation continue de ce pays.

 

Rions de ce zèle méticuleux dans la désinformation. Appareil de bourrage de crâne si asphyxiant qu’il ne cesse de multiplier ses pseudopodes iranophobes dans de multiples directions. Avec, inévitablement, ses petits "dealers de l’intox", "cocaïnés" de propagande jusqu’aux oreilles, qui champignonnent dans les ruelles du Web.

 

 

La "Guerre Imposée"

 

Le 24 Mai dernier, comme chaque année, l’Iran a célébré l’anniversaire de la reprise de la ville de Khorramchahr occupée par les troupes Irakiennes de Saddam Hussein, financées et assistées par l’Occident et ses pétromonarchies sous tutelle. Le 32°…

 

Occupation, suite à l’attaque surprise lancée par l’Irak, le 22 septembre  1980, sous forme du bombardement d’une dizaine d’aérodromes pour tenter de détruire au sol l’aviation Iranienne. Précédant la plus vaste invasion d’un pays par des divisions blindées, depuis la  deuxième guerre mondiale. Sur un front de 700 km.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Ce fut une guerre de 8 ans, que les Iraniens appellent la « Guerre Imposée ». Car, non seulement ils ne la voulaient pas, mais en plus elle n’a fait l’objet d’aucune "déclaration de guerre" préalable. Cette "agression armée" bénéficiant même, en dehors du colossal soutien des occidentaux (une vingtaine de pays...), de la complicité des instances de l’ONU de l’époque, en infraction avec sa propre Charte fondatrice...

 

Qui, à la première ligne de son Préambule, spécifie pourtant :

"Résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances...".

 

Silence. Durant 8 années meurtrières, aux immenses ravages et destructions : septembre 1980 – Août 1988.

 

Dans le "deal" passé avec les occidentaux, Saddam Hussein devait annexer, en récompense, la province frontalière du Khuzestân. Célèbre depuis des siècles pour la saveur de son sucre, berceau des monarchies Perses. La plus riche des 31 "régions administratives" de l’Iran par ses ressources agricoles, halieutiques, hydrauliques et énergétiques. Et, ses industries. Notamment : métallurgiques. Avec le port de Khorramchahr et la grande raffinerie d'Abadan pour fleurons.

 

Les partenaires du dictateur Irakien ayant pour objectif de reprendre le contrôle de l'Iran, et son pillage. Perdus à la suite du renversement du sanguinaire régime du Shah, par une courageuse révolution populaire, avec la solidarité de la majorité des forces armées. Le niveau de corruption et d’atrocités atteint par ce régime, protégé par les occidentaux qui encadrait sa police politique la SAVAK, hallucinante de férocité, était devenu insoutenable pour la population.

 

Un moment, les occidentaux avaient espéré récupérer cette révolution à leur profit, en mettant en place une dictature militaire.

 

A l’exemple du coup d’Etat effectué lors du renversement du premier ministre Mossadegh, en août 1953. Dans le style de l’opération plus connue en Occident, réalisée au Chili, par le général Pinochet et son gang. Mossadegh, rappelons-le, avait eu l’audace de nationaliser les compagnies pétrolières étrangères qui refusaient de déclarer les quantités d’extraction de pétrole et de gaz qu’elles exportaient à partir de l’Iran, d’en acquitter le juste prix et les taxes afférentes.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

Ou, récemment, avec un habillage "démocratiquement" plus présentable, similaire à l’intronisation du maréchal Al-Sissi. Tout juste plébiscité "président de la république" d'Egypte, avec plus de 96 % de bulletins en sa faveur !… Après avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu de Morsi. Le putsch militaire qui vient de réussir, en Thaïlande, adopte semblable configuration.

 

La routine…

 

Mais, pour une fois, les occidentaux ont été gagnés de vitesse et d'habileté.

 

Le coup d’Etat militaire en préparation, avec ses ramifications, démasqué. Une centaine de généraux et d’officiers supérieurs passés en jugement, plusieurs exécutés pour "haute trahison". Dans le meilleur des cas, mis à la "retraite anticipée". Opération dont le succès revient en partie aux étudiants qui avaient pris d’assaut l’ambassade des Etats-Unis, le 4 novembre 1979, à Téhéran.

 

 

Petits papiers et grandes illusions

 

Réussissant à récupérer les sacs des documents passés dans les différents broyeurs des services de l’ambassade. Ce sont des dizaines d’étudiants en anglais, encadrés de leurs professeurs, qui ont patiemment reconstitué ces rapports, fiches et dossiers, à l’intérieur d’un hangar. Dans un excellent exercice d'anglais "appliqué"...

 

Plusieurs semaines durant. Morceaux, lamelles, bandelettes, dans un gigantesque puzzle. Avec une héroïque abnégation : travailler de longues heures, sans climatisation ni ventilation, pour ne pas transformer ce méthodique travail de fourmi, en bataille de confettis !…

 

Face à l'échec du projet de coup d'Etat, restait à engager le plan B : une guerre « proxy », selon le terme technique en usage chez les "stratèges" bellicistes. En clair : une guerre « sous-traitée ». Provoquant la démoralisation de la population afin de renverser le gouvernement et sa nouvelle constitution, par des militaires rendus maîtres de la situation politique en dépit, ou à cause, de leur défaite sur le terrain.

 

Le "sous-traitant" était tout trouvé : Saddam Hussein. Aussi cruel que stupide, manipulé, méprisé, jusqu’à sa pendaison, par ses maîtres…

 

Les occidentaux, dont la France, ouvrirent en grand leurs arsenaux, mettant à sa disposition ce qu’il souhaitait. Y compris les renseignements et photos fournis par les satellites. L'Union Soviétique, alors en plein déliquescence, n'avait plus de politique étrangère crédible, se limitant à rester un des fourrnisseurs d'armement de l'Irak (blindés et avions de combat, principalement). "Tradition" héritée du temps de la Guerre Froide, américains et autres membres de l'OTAN approvisionnant les armées du Shah d'Iran...

 

Les pétromonarchies sortirent, donc, leurs chéquiers. Certaines estimations établissent une moyenne de 60 milliards de dollars par an accordés pendant toute la guerre, sous forme de prêts, par : Koweït, Arabie Saoudite et émirats du Golfe. (2)

 

L’Iran, isolé, en pleine réorganisation, affaibli par un embargo lui coupant tout accès aux achats d’armes et de pièces détachées, ses avoirs à l'étranger saisis (notamment d'importants accomptes versés pour des marchés civils ou militaires), fut surpris dans un premier temps. N’ayant aucune intention belliqueuse à l’encontre de l’Irak, peu de troupes se trouvaient sur cette frontière.

 

Khorramchahr, ou Khurram Shahr, littéralement "La Ville Agréable", fut encerclée et attaquée dés les premiers jours de l’invasion. La ville opposa une résistance désespérée : un mois. Rue par rue, maison par maison, étage par étage. A la fin du siège, sans armes ni munitions, armés de couteaux et de bâtons. Khurram Shahr devint pour les Iraniens, jouant sur les mots : Khunin Shahr, "La Ville de Sang".

 

C’est leur Verdun, dans la symbolique de la résistance nationale. Ce qui était une des plus belles villes de l’Iran et son plus grand port sur le Golfe Persique, avec de somptueuses demeures et vestiges historiques, devint une cité fantôme, sans habitants, un champ de ruines. Il fallut 2 ans pour la reprendre : le 24 mai 1982. Des milliers de morts, 20.000 Irakiens prisonniers.

 

Et, encore, 6 ans de guerre à endurer. Dont la partie la plus acharnée se déroula, pour l'infanterie, dans les marais et la boue des estuaires des grands fleuves de la région se déversant dans le Golfe Persique.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Sous les gaz de combat, ne l’oublions pas, dont les Irakiens firent un usage intensif, massif, dans le silence "ONUsien"… Gaz toxiques (dont l'épouvantable "sarin", inodore et incolore...), munitions chimiques, et vecteurs appropriés, intégralement fournis par les occidentaux : jusqu'à trouver, sur les champs de bataille, des obus au gaz de fabrication espagnole !..

 

Contre les Iraniens, militaires ou civils. Qui, de leur côté, n’en ont jamais employé. N'ayant, au début de la guerre, même pas d'équipements, ni d'antidotes pour faire face à ce type d'agression.

 

D'après un rapport déclassifié de la CIA, de 1991, plus de 50.000 soldats Iraniens auraient été tués par des attaques au gaz au cours de ce conflit. (3)

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

A ce jour, environ 100.000 anciens militaires sont encore traités pour des complications pulmonaires ou graves maladies de peau.

Dont plus d’un millier d'entre eux, véritables "morts-vivants" soignés depuis, en permanence, dans des hôpitaux spécialisés. Avec affection et respect : considérés en héros par la Nation.

 

Non compris les victimes civiles "gazées", des nombreuses villes et villages, situés dans les zones de combats ou à leur proximité…

 

Dans l'indifférence de nos Belles Consciences...

 

Mais, le plan initial des "stratèges" occidentaux (les spécialistes en "options sur la table"…) capota : la percée Irakienne s’essouffla rapidement, l’Iran ne s’écroula pas et son gouvernement ne fut pas renversé. Abandonnant la "guerre-éclair", les troupes Irakiennes s’installèrent dans des tranchées pour une interminable "guerre de positions" analogue, "progrès" du matériel mis à part, à celle de la première guerre mondiale.

 

 

L’arrogance pour stratégie

 

Cinq paramètres avaient été gravement, ou stupidement, sous-estimés par les occidentaux :

 

i)  La résistance, symbolisée par Khorramchahr, sur l’intégralité du front. Loin de se trouver face à une débandade, les Irakiens furent confrontés à une défense acharnée, héroïque, articulée sur une remarquable discipline, conservant en permanence l’initiative, multipliant les contre-attaques malgré d’énormes problèmes en renouvellement de matériels et de munitions. Dès les premiers jours, des centaines de blindés et véhicules Irakiens furent détruits, notamment par les hélicoptères de combat.

 

ii)  La profonde cohésion nationale de l’Iran. Les Iraniens, toutes générations confondues, se sont instantanément soudés autour de leurs dirigeants pour défendre le pays. Comme dans le rejet du régime sanguinaire du Shah et de la prédation de l’Occident.

Quels que soient leurs groupes ethniques. Exemple le plus emblématique : les "stratèges", avec Saddam Hussein, avaient anticipé un ralliement des fortes communautés arabes du Khuzestân. Qui, à leur grande surprise, combattirent l’envahisseur avec une détermination implacable.

 

iii)  Le faible niveau de fiabilité des "renseignements" et "analyses" fournis par des pseudos "opposants au régime". Qui n’étaient en fait que des privilégiés du régime policier du Shah (de nos jours, ce sont leurs rejetons…). Pressés de retrouver leurs sinécures, prenant leurs désirs pour la réalité.

 

iv)  L’ingéniosité des forces armées Iraniennes et de leurs techniciens. Ayant le plus grand mal à trouver des pièces détachées (l’essentiel du matériel étant américain et britannique), cannibalisant une partie (chars, véhicules, avions, hélicoptères, etc.) pour en maintenir opérationnel le maximum. Dans la mesure du possible, les reproduisant avec leurs machines-outils.

Ce sont eux qui ont fabriqué des drones d’observation aérienne (les Irakiens bénéficiaient de l’apport des satellites occidentaux) et de combat : les Mohajer. Devenant les meilleurs spécialistes mondiaux, avec plus de 700 sorties au-dessus des zones de combat. (4)

 

v)  La formidable performance de l’aviation Iranienne. Réagissant dès les premiers jours, survolant à basse altitude l’Irak, déjouant la défense anti-aérienne, pour bombarder les infrastructures militaires, radars : dépôts, aérodromes. Détruisant de nombreux appareils Irakiens, en vol et au sol. (5)

 

Saddam Hussein donna l’ordre de rassembler par sécurité le reste de ses avions dans la grande base Al Whaleed, près de la frontière jordanienne, à l’opposé des frontières avec l’Iran.

 

L’aviation Iranienne mis alors au point un des plus extraordinaires exploits de raid aérien militaire, par son audace et sa complexité opérationnelle, connu sous l’appellation H3 Airstrike. Conçu par le général d’aviation Hooshvar.

 

Survolant à basse altitude les frontières de l’Irak pour ne pas avoir à le traverser, des chasseurs-bombardiers sont allés détruire au sol, le 4 avril 1981, une cinquantaine d’avions Irakiens dont 5 Mirage F1 français. Ainsi que pistes et hangars. Après plusieurs ravitaillements en vol, à l’aller comme au retour. Sans aucune perte ni incident technique.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Problème…

 

Loin d’être affaibli, l’Iran par sa combativité inépuisable, son excellence dans la gestion de sa pénurie, parvenait à retourner la situation à son avantage. Pénétrant progressivement, à partir de 1985, en Irak. A plusieurs reprises, ses commandos d’élite atteignirent les faubourgs de Bagdad.

 

Dépités et furieux, les occidentaux enclenchèrent le plan C !...

 

Détruire l’intégralité de l’infrastructure pétrolière et industrielle de l’Iran, tout spécialement ses raffineries et terminaux d’exportation. L’empêcher de vendre ses ressources et se procurer des devises. L’épuiser pour plusieurs générations.

 

Mettant la main à la pâte, ils participèrent joyeusement au saccage sous différentes formes plus ou moins camouflées. Les Irakiens manquant surtout de pilotes confirmés, pour prendre en charge les nouvelles livraisons de matériel nécessitant plusieurs années de formation et d'entraînement… Mais : Chut !

 

Moins inhibés, trouvant toujours la juste cause mensongère (représailles, tentatives d’attaques de leurs navires par les Iraniens, etc.), les américains frappèrent des plateformes pétrolières, détruisirent des navires de guerre. Et, autres amabilités du genre…

 

Jusqu’à pulvériser en vol un avion civil, le 3 juillet 1988, par deux missiles tirés d’un croiseur lance-missiles, l’USS Vincennes, entré illégalement dans les eaux territoriales Iraniennes.

 

Tuant les 290 passagers avec l’équipage, dont 38 non-Iraniens et 66 enfants.

 

Equipé des radars les plus perfectionnés, il aurait confondu le Boeing, en phase ascensionnelle après son décollage, avec un chasseur-bombardier le menaçant en "piqué" !... Alors que l'Iran Air Flight 655 assurait paisiblement son vol quotidien, entre Bandar Abbas et Dubaï.

 

Un authentique crime de guerre.

 

Symptomatique. Le commandant du navire, William C. Rogers, a reçu une des plus hautes décorations militaires, Legion of Merit, pour services exceptionnels rendus à la Nation "entre avril 1987 et mai 1989". Par le président Bush.

 

Evidence : le plan C, malgré son pouvoir dévastateur, n’abattait pas l’Iran. Il fut décidé d’arrêter cette partie mortifère, les marchands de canons ayant suffisamment bourré leurs coffres et leurs comptes dans les paradis fiscaux. Après des pressions sur Saddam Hussein, la Résolution 598 fut adoptée le 8 août, mettant un  terme aux combats. La paix étant officiellement restaurée le 20 août 1988.

 

En fait, pour les occidentaux, il convenait de réfléchir à une intervention militaire "directe", sous un prétexte quelconque. D’élaborer un autre plan. L’hystérie "nucléaire", après abondante diabolisation, en constituera la trame. Inscrit sur la liste des "Etats terroristes", la déstabilisation, à défaut, la destruction de l’Iran, furent décidées tout en étant reportées à un moment plus favorable.

 

Le bellicisme de l’Occident, à son encontre, n’en devenait que plus virulent.

 

Mais…

 

Khorramchahr, le "Verdun" Iranien, est là pour rappeler que menaces et gesticulations, diffamations et agressions, d’où qu’elles émanent, quelles que soient leurs formes, ne feront pas plier cette Grande Nation, dans ses droits légitimes à préserver sa souveraineté et sa dignité.

 

L'Iran, au contraire, les défendra, avec couteaux et bâtons si l’impossible l’exige.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

Barrage sur le fleuve Kārun - کارون  -  Le  Kārun 3  -  Province du Khuzestân  

 

 

 

 

1.  Naimuddin bin Jalaluddin bin Muhammad Nizari Kohistani, poète Iranien né à Birjand en 1247.
A noter que le cyprès de Kashmar est un arbre mythique des légendes, ou de l’imaginaire Persan, symbole de La Beauté. Paradisiaque, pourrait-on dire.
2.  Patrick Brogan, World Conflicts : A Comprehensive Guide to World Strife Since 1945, Bloomsbury, London, 1989.

3.  Informations reprises par :
=>  Robin Wright, Dreams and Shadows : The Future of the Middle East, Penguin Press, New York, 2008.

=> Terry Bryant, History’s Greatest War, Chandni Chowk – Global Media, Delhi, 2007.

4.  Ce qui explique, la parfaite maitrise de l’arraisonnement électronique par les Iraniens du drone américain le plus perfectionné de son arsenal, le RQ-170 Sentinel, en observation d'espionnage au-dessus de leur territoire. A la stupéfaction des spécialistes américains, oubliant le grand principe de Sun Tzu : ne jamais sous-estimer « l’Autre »…

5.  Les pilotes Iraniens utilisant du matériel américain (F4-Phantom, F5-Tiger, F14-Tomcat, etc.), ont tous été formés aux USA. Notons qu’ il n’y a eu aucune défection ni désertion.

 

 

 

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 15:25

 

 

"Se déclarer l'ennemi des peuples, c'est une faute qui ne se réparera jamais".
Talleyrand   (*)

 

 

 

 

 

Les négociations sur le nucléaire de l’Iran se poursuivent…

 

Tout le monde sachant que l’Iran n’est nullement intéressé par la fabrication d’une bombe nucléaire. Prétexte à diabolisation et au démantèlement de ses réalisations scientifiques, avec ses considérables potentiels, dans une multitude de domaines.

 

D’autant que l’Iran la considère comme un arsenal aussi stupide dans son utilisation stratégique que dépassée techniquement. La "bombe atomique" relève de la "bombarde" moyenâgeuse qui explosait deux fois sur trois au nez de ses propres artilleurs…

 

Travaillant, investissant, au contraire, sur d’autres projets de renforcement de sa défense nationale, avec ses excellentes équipes de recherche et développement. Où, paradoxe amusant aux antipodes des clichés  de nos propagandistes amphétaminés, "les femmes" ingénieurs figurent en majorité. Dans la mise au point d'armements fondés sur les technologies électromagnétiques ou laser. Ou encore sur l’intégration des nanotechnologies, domaine dans lequel l'Iran est classé au 8° rang mondial par le nombre de dépôts de brevets…

 

Face à cette négociation délirante, où les enjeux ne sont pas ceux énoncés, le plus intéressant est de relever l’évolution des strates du "front atlantiste" dans les coulisses : lobbies, sponsors, marchands de canons, financiers, industriels, pétroliers et chimistes, paniers de crabes des corporations de "renseignements & mercenaires" associées aux cartels internationaux de la drogue qui alimentent en continu leurs "trésors de guerre", et autres vautours de tous plumages...

 

De la "fusion" initiale, laissant croire à un bloc occidental immuable, apparait lentement,  une "fissure". S’élargissant inexorablement, pour former deux clans dont l’antagonisme ne peut que se renforcer, se radicaliser.

 

L’un, crispé sur une vision idéologique d’un pouvoir prédateur, colonial, sans partage, des richesses de la planète, défiant aussi bien le droit international que la Charte de l’ONU, ou même celle de l’OMC.

 

Obsédé, dans une fureur paranoïaque, par la destruction de l’Iran. Multipliant pour "chauffer", conditionner, son opinion publique, d’incessantes provocations : campagnes de propagande hallucinantes, sanctions, menaces...

 

Aussi bien contre ce pays que contre ceux qui souhaiteraient, Etats, entreprises, particuliers, commercer de bonne foi avec lui.

 

Le "fanatisme suicidaire"…

 

Négociation Nucléaire : Fusion ou Fissure ?...

L’autre, dans un contexte de nécessité de compenser l’effondrement des balances commerciales, désireux de s’ouvrir au marché Iranien. Eminente, incontournable, puissance régionale pacifique mais, aussi, clé du développement de l'ensemble de la région, notamment de l’Asie centrale.

 

Frustré de voir les Iraniens, avec leurs partenaires, Russes, Chinois et Indiens, bénéficier durablement, en petit comité, de l'interminable liste des projets de grands travaux et équipements d’infrastructure, colossaux investissements industriels, agricoles, touristiques, et gigantesques marchés de grande consommation.

 

Le "pragmatisme émergent"…

 

Négociation Nucléaire : Fusion ou Fissure ?...

 

Quel clan va l’emporter ?...

 

Un grille-pain écologique à manivelle, à tout gagnant pour avoir indiqué la bonne réponse !...

 

 

 

 

 

 

(*)  Jean Orieux, "Talleyrand", Flammarion, 1970, p. 508.

Caricatures du talentueux  Li Feng du China Daily

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 19:00

 

 

 

" Notre but suprême, bien faire la guerre pour qu'on nous donne le droit de participer aux conférences de paix..."

Gilles Deleuze (*)

 

 

 

 

 

Passionnant de complexité !...

 

L’accord provisoire sur le "Nucléaire Iranien", conclu à Genève le 24 novembre dernier, pour une durée de six mois dans l’attente d’une négociation pouvant mener à un accord définitif, en présente toutes les composantes.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Signé, après les inévitables gesticulations et psychodrames pour entretenir la tension, entre les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU plus l'Allemagne (pourquoi ce pays, et pas les puissances nucléaires que sont l'Inde ou le Pakistan, par exemple ?...), d’un côté, et l'Iran de l'autre, pose en fait plus de questions, ou révèle plus d’ambiguïtés, qu’il n’apporte de solutions au "problème". Vrai ou faux problème…

Rituel théâtral et mécanismes interactifs, habituels des négociations. Plus particulièrement internationales. Avec leurs variations pouvant conduire à des résultats diamétralement opposés, selon un curseur évoluant entre deux bornes :

i)  « Gagnant-gagnant » : "je gagne si tu gagnes aussi". Le "Win-Win" des anglophones. Impliquant un strict pied d'égalité entre les partenaires, dans un respect mutuel, partageant un objectif commun. C’est le contexte idéal pour parvenir à un accord durable, pas simplement fondé sur de bonnes intentions, mais sur des éléments tangibles d’intérêts convergents.

ii)  « Gagnant-perdant » : "je gagne si tu perds". Qui est le propre des accords « imposés », dont la durabilité est aléatoire, ou provisoire, du fait qu'il s'inscrit dans un rapport de force. Donc, de domination. Fondée sur l’illusion que ce rapport de force ne changera pas. Ce qui, dans un contexte historique ou de longue durée, n’existe jamais.

 

A Genève, où se situe le curseur ?...

 

L'hérétique

 

Que valent un accord, un contrat, une convention, un traité ?...

 

« Ce que valent ses signataires », répond la sagesse des nations ....

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

L’évolution des partenaires dans le temps introduit, toutefois, un facteur d’incertitude ou de dysfonctionnement. Classique exemple : celui considéré comme de "bonne foi" peut subitement, ou progressivement, changer selon ses intérêts du moment, ou à long terme.

.

Un des exemples historiques les plus frappants est celui de l’Allemagne signataire avec les "grandes puissances" de l’époque, du Traité de Londres, dit des XXIV articles, le 19 avril 1839, garantissant la neutralité de la Belgique : Empire Autrichien, Empire Russe, Royaume-Uni, Royaume des Pays-Bas, Prusse et France.

L’état-major allemand, dans sa minutieuse préparation de l’attaque contre la France de ce qui allait devenir la Première Guerre Mondiale, considérait ce traité international comme un « chiffon de papier ». Voulant prendre ses troupes à revers et par surprise, formidablement aidé par l'incurie des services de renseignement français incapables de voir et recenser l'édification des lignes de chemin de fer et entrepôts de matériel vers et le long de la frontière de la Belgique. Ce sont les termes employés par le chancelier Bethmann Hollweg dans son entretien avec l’ambassadeur du Royaume-Uni, Edward Goschen, la veille de la déclaration de guerre, le 4 juillet 1914…

 

Ou encore, les traités avec les peuples soumis aux invasions coloniales : rompus dès le lendemain de leur signature par les colonisateurs. Les amérindiens, en Amérique du sud ou du nord. Ou, la nation Kanak, dans le Pacifique. Parmi des milliers d’autres, tout au long des siècles.

 

L’Histoire se construit, en grande partie, sur cet amas de "chiffons de papier". En ce cas, l’accord de Genève entre-t-il dans cette catégorie ?...

 

A partir du moment où l’Iran est comparé à un "dangereux hérétique" par ses interlocuteurs, cette "négociation" ne s’apparente-t-elle pas davantage à un Tribunal Inquisitorial qu’à une réunion de partenaires se concertant sur un projet constructif ?...

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Dans tous les cas, il ne pouvait échapper à cette "confrontation". Les uns le disant "épuisé" par les sanctions, et même avec délectation : "à genoux". D’autres, qu’en cas de refus de "négocier", il encourrait d’autres sanctions encore plus féroces, y compris militaires. Puisqu’on ne cesse de répéter que « toutes les options sont sur la table »…

 

Se renforcent, à ce stade de la négociation, deux éléments d’analyse :

=>  Une posture : nous sommes bien dans un contexte de "rapport de force", sanctions et menaces ; de "procès d’intention" sans commencement de preuve. A aucun moment dans un rapport de confiance : l’Iran étant diabolisé en permanence en menteur et de mauvaise foi. Le curseur désigne clairement la borne « gagnant-perdant » : l’Iran a tort et doit perdre.

=>  Une fissure : le bloc des interlocuteurs de l’Iran tend à se lézarder. Apparaissent ainsi deux "sous-blocs" : les membres du Conseil de Sécurité affiliés à l’OTAN d’un côté. Et les autres : Chine et Russie, foncièrement hostiles à toute mesure de nature militaire.

 

Dans ces conditions, l’Iran avait-il une "marge de manœuvre" ?... Apparemment limitée. Sans issue, "désespérée", affirmaient des commentateurs. D’où une multitude d’interprétations divergentes quant aux résultats, ou aux conséquences, de cet accord.

 

Certains affirmant que l’Iran avait abdiqué de sa souveraineté, se livrant pieds et poing liés à ceux qui vont le dépecer, comme ils l’ont fait de l’Irak ou de la Libye (1). D’autres célébrant une victoire pour l’Iran, identifiant jusqu’à 12 retombées bénéfiques pour le pays (2).

 

La majorité des commentateurs se montrant plus sceptiques, ou prudents. S’interrogeant sur la réalité du changement diplomatique du gouvernement des Etats-Unis, prisonnier des lobbies bellicistes (3). Ou, s’inquiétant de la fragilité de cet accord intérimaire (4).

 

En fait, le texte actuel, dans sa formulation, son interprétation, n’a aucune importance. Le thème de cette conférence n’est qu’un "trompe-l’œil". L’essentiel, comme souvent dans une négociation aux centaines de ramifications apparentes et dissimulées, résidant dans le « jeu des acteurs »

 

Le trompe-l’œil

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Les négociateurs Iraniens, soutenus par la remarquable équipe diplomatique de la Russie, ont su exploiter avec habileté le cadre d’expression qui leur était offert. Prenant soin de ne pas se focaliser sur une apparente absence de "liberté" ou "marge de manœuvre" de négociation, mise en scène dans une agressive campagne de propagande, ils ont efficacement travaillé dans une autre direction.

Instruits par plus de 30 ans d’hostilité à leur encontre, ils savent que ce n’est pas de la "non prolifération nucléaire militaire", dont souhaitent s’assurer les membres de l’OTAN. Pas plus que de "la sécurité" dans la région qu’ils transforment en champs de ruines depuis des décennies, Les armes nucléaires sont inexistantes en Iran, mais omniprésentes au Moyen-Orient.

 

Tout le monde le sait : arsenaux israéliens, bases turques et jordaniennes, bâtiments et sous-marins de l’OTAN dans le Golfe Persique, la Mer Rouge, le long des côtes méditerranéennes.

 

Aucun élément concret dans l’amorce de fabrication d’une bombe atomique n’a pu être produit au Conseil de Sécurité, par l'IAEA. Même dans les rapports tendancieux signés du responsable de cette organisation, le japonais Yukiya Amano, comme l’ont souligné maintes fois les représentants de la Russie et de la Chine.

 

Derrière ce prétexte, l’objectif ultime est clair : le renoncement de l’Iran à sa souveraineté. La fin de son indépendance : de sa diplomatie, de ses forces armées, de ses avancées scientifiques et technologiques, de ses choix de développement et de croissance. De sa culture, aussi, aux multiples composantes ethniques, philosophiques, artistiques ; un des plus somptueux et anciens creusets de civilisations de l’Humanité. (5)

 

Sa reddition. (6)

 

Le retour au "statu quo ante", celui de l’âge d’or du pillage du pays par les occidentaux sous le règne de leurs polichinelles : le Shah, son atroce régime policier, et son entourage ultra-corrompu, civil et militaire. Prédation de ses immenses ressources en gaz, pétrole et uranium. "Privatisation-spoliation" de ses services publics transformés en rentes de situation pour les "milieux" financiers internationaux.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Plonger l’Iran dans le sous-développement économique, social et technologique. Le réduire en simple "bassin de consommateurs captifs". Comme l’Egypte, l’Irak, la Libye et tant d’autres pays.

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En conséquence, quoi qu’il fasse, dise, promette, accepte, souscrive, il sera toujours considéré comme "coupable". Si, pour reprendre l’expression de certains sociologues des systèmes d'organisation, il ne bénéficie dans cette "négociation" que d’une "liberté limitée", ses accusateurs occidentaux ne fonctionnent que sur une "rationalité limitée". (7)

La "rationalité limitée"

 

Structurée par une idéologie prédatrice, néocoloniale, d’une férocité proportionnelle à la résilience de l’Iran, la "rationalité" des négociateurs occidentaux dans cette négociation, s’en trouve plus que "limitée". Chine et Russie souhaitant, pour leur part, un terme à ce blocage de la part des membres de l’OTAN, tout en sachant que leur aveuglement rend cette sortie de "crise artificielle" quasiment impossible.

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Le fait d’accepter ce dialogue de sourds, cette démonstration du "deux poids-deux mesures", est-il pour l’Iran une démonstration de faiblesse, un abandon de sa stratégie d’indépendance ?... Les commentateurs qui en ont véhiculé le cliché ont eu tort, ou ont sciemment induit en erreur leurs paroissiens. Ce fut, au contraire : un coup de maître !

Pratiquer "la politique de la chaise vide" aurait constitué une erreur grossière que les talentueux diplomates Iraniens ont, évidemment, évité. Mieux : ils se sont investis à fond dans l'occupation de la scène !

 

Car, une négociation même dans une apparente "liberté limitée", loin d’être un affaiblissement stratégique permet, en entrant dans le « système d’acteurs », d’identifier les « logiques d’action », de contourner la "rationalité limitée" des opposants. Pour reprendre les termes des chercheurs sur ces mécanismes et leurs dérivés relevant de la "sociologie de la traduction". (8)

 

Et, en fin de compte, de retourner la situation à son avantage.

 

Talleyrand avait, bien avant ces sociologues de la négociation, découvert ces principes, portant leur application au plus haut point. Il a sauvé la France anéantie, au Congrès de Vienne (septembre 1814 – juin 1815), à la suite des désastres Napoléoniens. Les alliés voulant l’exclure du Congrès selon l’adage : « Malheur aux vaincus ! ». Il s’y est imposé, incrusté, et a renversé la tendance violemment antifrançaise œuvrant à sa partition et son écrasement. Face à une "rationalité limitée", il a su admirablement manœuvrer malgré une "liberté limitée"…

 

Dans une négociation de type « gagnant-perdant », les "réseaux d’acteurs" se trouvent engagés dans une remise en cause du « vrai ». Sachant que le « vrai » est défini par le plus fort ou le vainqueur, suivant les contextes. Les enjeux se situent dans ce système de régulation, de normes et de règles, imposées. Dans ce cadre d’analyse, la « vérité », proclamée par le plus fort, est relative à l’importance du nombre de ceux qui affichent leur croyance en cette "révélation", ou "théorie"…

 

Les Iraniens ont éminemment réussi à modifier cet équilibre, élargissant lézardes, fissures et fossés dans ce groupe. Non seulement à l’intérieur du bloc des négociateurs, mais même entre membres de l’OTAN. Et, encore plus déterminant : aux yeux des gouvernements du reste de la planète…

 

La bonne foi de l’Iran ne fait plus de doute. Apparaît ainsi, en plein en lumière, l’aventurisme belliciste des membres de l’OTAN, sans foi ni loi.

 

Alors, qu’importe de savoir si les Iraniens ont échangé des "perles pour des bonbons" (pearls vs candies), comme le prétendent les Cassandre !... La réussite de cette "négociation" n'est pas fondée sur des "pourcentages", des "milliards" en US $ ou en € bloqués, en ou calculs d’arrière-boutique, d’autant plus pour une durée de six mois :
« ... tu n’enrichis pas ton uranium au-delà de 5%, je te restitue 7 milliards de dollars d’avoirs gelés dans mes banques, etc. ».

 

Mais, sur des "logiques d’action" parfaitement maîtrisées. Sur ce qui ne se voit pas, mais se révèle performant à terme.

 

L’aveuglement

 

Paradoxe : dès la signature de l’accord, les membres de l’OTAN multiplient les menaces de sanctions économiques et de bombardements, alors que l’Iran en respecte les termes, ouvrant toutes les portes de ses installations nucléaires aux inspections de l’IAEA, et à présent de ses mines d’uranium.

 

Les déclarations publiques des représentants élus des Etats-Unis, récusant la validité de cette négociation, hystérisant sur la nécessité de bombarder l’Iran, se sont multipliées. Parmi les plus notables, celle de Michele Bachmann, du parti républicain.

 

Ou encore, celle d’un autre parlementaire républicain, Duncan Hunter, membre de la Commission des Forces Armées, recommandant le bombardement nucléaire des installations de l’Iran au nom de "la non prolifération nucléaire préventive" !… Allant jusqu’à souhaiter une opération sous forme de campagne de bombardement aérien massif [massive aerial bombing campaign]. (9)

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

L’oligarchie de la France n’échappe pas à ce conditionnement : sa diplomatie est inexistante. Jusqu’à ses services de renseignement entièrement formatés par les idéologues de l’OTAN. Un très récent éclairage de ce délire collectif nous est donné par une émission de la chaîne gouvernementale Public Sénat, intitulée Bibliothèque Médicis, en date du 29 novembre 2013, sur le thème : "Le renseignement et l’espionnage". (10)

Réunissant des "spécialistes" du renseignement et de l'action clandestine, professionnels, et aussi parlementaires chargés d’en assurer "le suivi" au nom de notre Parlement, il est amusant de voir tout ce beau monde se lamenter sur les insuffisances de nos moyens par rapport à la NSA… Nullement inquiets de l’atteinte aux libertés publiques, mais désolés de n’avoir, pour reprendre leurs expressions, qu’un "tuyau d’arrosage au lieu d’un pipeline"…

 

Bien sûr, ces "génies du renseignement" chargés d’éclairer nos gouvernants sur nos intérêts géopolitiques ne voient comme principaux dangers pour notre pays que le "terrorisme islamique", notamment "l’islam du radicalisme chiite" (minute 17, seconde 14) et, inévitablement : "l’Iran", nommément désigné comme "ennemi" (minute 41, seconde 22).

 

Quant aux agressions, ravages, actions terroristes, carnages et chaos répandus de concert avec nos "alliés" par nos armes, nos armées, nos "services spéciaux", nos mercenaires, dans les pays musulmans qui ne demandent qu’à vivre en paix, visiblement ces "tontons flingueurs" ne sont au courant de rien !... Le "Trou Noir"...

 

Un tel concentré de fanatisme "tranquille", d’imbécillité grotesque, d'analphabétisme culturel comparable aux Croisades du X° siècle, est devenu la norme dans notre nomenklatura, reproduisant en copié-collé les diktats obsessionnels des néoconservateurs américains. Autrement dit "l’extrême-droite" des Etats-Unis, délirante d’islamophobie et d’hyperviolence. Relayés, en France comme chez les autres membres de l’OTAN, par une puissante mécanique souterraine de bielles et pistons ; de nos médias à nos appareils politiques, de nos sociétés d’édition à nos ministères...

 

 

L’apocalypse

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

Face à cet aveuglement des membres de l’OTAN, et au regard de la bonne foi de l’Iran, les gouvernements du reste de la planète, qui représentent qu’on le veuille ou non la véritable "Communauté Internationale" commencent de plus en plus à être excédés par cette attitude obstinément belliqueuse.

En fait :

i)   Ce sont eux, membres de l'OTAN et supplétifs, et non pas l’Iran, qui menacent la sécurité de la région en refusant la "dénucléarisation" du Moyen-Orient
ii)   Ce sont eux, et non l’Iran, qui ne respectent pas le droit international. Edictant, unilatéralement des sanctions économiques, illégales, en infraction de la charte de l’ONU et de l’OMC

iii)   Ce sont eux, et non l’Iran, qui s’opposent à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Se réjouissant de lui avoir occasionné par ces sanctions économiques un "manque à gagner" évalué à 120 milliards de dollars, non compris le gel de ses avoirs dans divers pays. Oubliant stupidement, que l’impact de ce manque à gagner se répercute, avec autant de force, dans les propres économies des autres pays. A commencer par ceux de l'OTAN...

 

Mais ces gouvernements pourront-ils résister aux pressions de l’OTAN ?... Oui, dès lors que leurs entrepreneurs et hommes d’affaires, du moins ceux plus préoccupés par des perspectives saines et sûres d’investissement à long terme que par l’affairisme aléatoire, vont taper du poing sur la table.

 

Ils ont commencé à le faire, britanniques et allemands en tête. Entraînant du même coup une partie des milieux d’affaires américains. Les lignes bougent. Autre béante fissure dans le bloc de l’OTAN ouverte par l’accord sur le nucléaire, s’élargissant tous les jours…

 

Il est vrai que l’Iran, un des rares pays dans le monde à n’avoir aucune dette mais de multiples avoirs dans de multiples pays, négocie actuellement un programme d’échanges "avoirs contre biens, services, et projets d’investissements" estimé à 30 milliards de dollars (évidemment, sans dollars…) : avec la Chine… De quoi susciter des envies.

 

La diplomatie et le rayonnement de l’Iran sont, à l’issue de cette négociation : à leur zénith. Même dans les pétromonarchies du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d’Oman, peu désireux de lier leur sort à celui de l’Arabie Saoudite. Où les visites de ces derniers jours, au plus haut niveau gouvernemental, ont révélé dans les déclarations officielles que tous souhaitaient un Iran "fort et prospère". Autre brèche, dont les craquements sont retentissants dans le Golfe…

 

Inexorablement, charnière entre Proche-Orient et Asie-Centrale, l’Iran avec ses élites scientifiques, ses immenses ressources naturelles, son marché de 80 millions de personnes, représente une des locomotives du futur "marché commun" en cours d’édification au cœur d’une des régions les plus prometteuses en terme de développement dans le monde.

 

La 21° réunion de l’ECO (Economic Cooperation Organization) tenue à Téhéran, du 24 au 26 novembre dernier, en est l’illustration. Regroupant, autour de l’Iran, les responsables des économies des pays allant de la Turquie au Pakistan : Azerbaïdjan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Afghanistan. Ce sont de gigantesques marchés d’infrastructures ferroviaires, routières, d’échanges en énergie, en recherches et technologies, en agriculture et tourisme, en enseignement et santé, qui s’ouvrent pour ces pays et leurs partenaires…

 

Bénéficiant du statut d’observateur auprès du BRICS et, surtout, du SCO (The Shanghai Cooperation Organisation), l’Iran, partenaire respecté, est appelé à intégrer inéluctablement ces deux puissantes organisations interétatiques…

 

L’Histoire poursuit sa marche…

 

Iran : "grande puissance régionale".

 

N’en déplaise aux "va-t-en-guerre". Face à l’évidence, s’ils s’obstinent dans le déni, ne leur reste plus "sur la table" qu’une option :

 

L’Apocalypse

Accord Nucléaire : "Chiffon de Papier"  ?...

 

 

1.  Cf. : Ismael Hossein-Zadeh, Did Iran Have to Give Up So Much To Get So Little ?, CounterPunch, 6-8 décembre 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/12/06/did-iran-have-to-give-up-so-much-to-get-so-little/

Ou encore :
Thierry Meyssan, "L’abdication de l’Iran", Réseau Voltaire, 2 décembre 2013,
http://www.voltairenet.org/article181267.html

2.  Mahmoud Reza Golshanpazhooh, "12 Positive Outcomes of Geneva Nuclear Deal for Iran", FNA, 30 novembre 2013,
http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13920909000126

3.  Sasan Fayazmanesh, "Is Obama’s Policy of Tough Diplomacy Really Withering Away ? ", CounterPunch, 29 novembre 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/11/29/is-obamas-policy-of-tough-diplomacy-withering-away/

4.  Gareth Porter, "Tehran accord design to fail ? ", Asia Times, 26 novembre 2013,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-02-261113.html

5.  Parmi quelques sites sur le patrimoine historique et culturel de l’Iran :
=>  http://guidecultureldeliran.over-blog.com/
=>  http://www.achemenet.com/
=>  http://www.sasanika.org/
=>  http://archnet.org/library/images/
Avec l’incontournable ouvrage, véritable encyclopédie de 512 pages et plus de 1300 photographies, cartes, et dessins, de Patrick Ringgenberg : Guide Culturel de l’Iran, édition 2006, distribué par la Librairie Bernard Letu, 2, rue Calvin, 1204, Genève (arts@letubooks.com).
6.  Nucléaire Iranien : Prétexte et Préméditation, 12 août 2012,
http://stanechy.over-blog.com/article-nucleaire-iranien-pretexte-premeditation-109034509.html
7.  Cf. sur ce thème les travaux de :
=>  Herreros G., Les nouvelles approches sociologiques des organisations, Seuil, 1996

=>  Latour B., La science en action, La Découverte, 1989
8.  Herreros et Latour, Op. Cit.
9.  Congressman : US should nuke Iran nuclear facilities if needed, PressTV, 4 décembre 2013,
http://www.presstv.ir/detail/2013/12/04/338255/congressman-us-should-nuke-iran/

10.  http://www.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/le-renseignement-et-l-espionnage/jean-louis-carrere,bernard-squarcini,jean-jacques-urvoas,mohamed-m/142304

 

(*)  Gille Deleuze, Préface de l’édition italienne (1987) de Mille PlateauxCapitalisme et Schizophrénie, coécrit avec Félix Guattari

(**)  Caricatures du Brésilien Carlos Latuff
La désopilante caricature du japonais Yukiya Amano (responsable de l'IAEA) en forme de crayon est une réalisation de l'artiste Iranien Sajjad Jafari

(***)  Image du porte-avions extraite du rapport du capitaine de l’US Navy Henry J. Hendrix : At What Cost a Carrier ? ["A quel coût un porte-avions ?"], Disruptive Defense Paper, Center for A New American Security, Mars 2013.
Imparable et brillante démonstration par un spécialiste de l’aéronavale qu’à l’ère des missiles, en cas de conflit régional ou mondial, un porte-avions n’est qu’un tas de ferraille flottant…

 

 

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 13:54

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« Il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité ; la vérité ce n’est jamais le même ; il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »

Michel Foucault (1)

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“Emirentielles” au Qatar

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On nous l'assure : c'est la clé de notre avenir…

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La France vit à l’heure du Qatar. Du moins son oligarchie. Se précipitant, en concurrence avec ses homologues européennes, au portillon de la commission, de la prébende, et autres bouts de gras jetés par l’émir de cet Etat de pacotille. Comblé de colossaux avantages fiscaux dans notre pays, pourtant aux « caisses vides » d’après notre propagande officielle…

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Amusante comédie humaine, en “Crésus-Land”…

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Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

Nos voraces nomenklaturas n’ont même pas la reconnaissance du ventre. L’émir qui n’avait cessé de donner ou “mettre à disposition” de ses maîtres toutes les ressources de son pays, quasiment tout, jusqu’à sa TV internationale Al Jazeera dont il était si fier, pour garder sa rente familiale, s’est vu congédié. Du jour au lendemain. Conservant, il est vrai, son immense fortune personnelle.

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Avec un préavis, toutefois : les occidentaux lui ont accordé un mois pour abdiquer et disparaître avec son cousin qui officiait, dans cette farce burlesque, en “premier ministre”. Ce qu’il vient d’exécuter cette semaine, en faveur d’un de ses nombreux fils. Sélectionné par l’Empire…

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Riche du gaz naturel de son pays à la population microscopique, il avait commis l’erreur de se croire indispensable. (2) Après avoir investi l’essentiel de son argent en Occident : multiples participations dans les plus grandes multinationales, les plus délirants programmes, "placements" immobiliers de luxe ou du “business sportif”, et autres extravagantes “pompes à fric” dont politiciens, intermédiaires et affairistes raffolent. Signant les ordres de virement en faveur de ce qui lui était désigné. Appliquant à la lettre les instructions reçues : surtout quasiment rien dans la région !... A part, la spéculation immobilière chez lui, évidemment.

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Développement de l’Egypte, du Soudan ?... Reconstruction de l’Irak, de l’Afghanistan, du Pakistan ?...

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Connaît pas”.

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Développement, reconstruction ?... Au contraire : finançant, au seul profit de ses suzerains ou donneurs d'ordre, des guerres de destruction, aussi dévastatrices que meurtrières pour des dizaines de milliers d’innocentes victimes de cette dernière décennie : après la réduction en cendres de la Libye, ce fut, c’est encore, celle de la Syrie.

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Etape suivante, il lui était demandé de financer celle en préparation contre l’Iran. Mais, là subitement, il traînait des pieds, objectait, doutait…

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C’était aller trop loin, d’après lui. D’autant que le Qatar, dans l’Histoire, ce "comptoir" ou "point d’eau" pour ravitailler en eau potable les bateaux à voiles, était intégré pendant des siècles dans une province méridionale de l’Empire Perse. Jusqu’à sa prise de contrôle par les portugais en 1517, suivis par les Ottomans, et pour finir par les Anglais.

Actuellement, il est le partenaire d’inextricables conventions juridiques et techniques avec l’Iran du fait que les deux pays partagent un même champ gazier sous-marin. Véritable casse-tête opérationnel : comment se répartir une bulle de gaz sous-marine qui ne connaît pas les frontières ?... (3) Facteur aggravant : mitoyen en eaux territoriales de l’Iran, leurs rivages sont plus que proches, presque fusionnels, en termes “balistiques”…

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Evidence pour lui et son "premier ministre" : le Qatar, ne disposant d’aucune “profondeur stratégique”, constituerait le premier dégât collatéral d’une guerre dans le Golfe Persique. Siège du quartier général avancé du CENTCOM (Unified Combatant Command) américain (4) situé sur l’immense base aérienne d’Al Udeid, dans la minute même du déclenchement d’un conflit, considéré en “cible prioritaire” par l’Iran, il serait pulvérisé. Retournant à sa condition initiale : un tas de sable. Boum-Pschitt !...

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Furieux de sa lucidité, ses maîtres n’ont pas apprécié ce manque de docilité. Sanction immédiate : son remplacement par un membre de sa progéniture choisi pour sa supposée indéfectible servilité : le prince Tamim, 33 ans. Formé, spécialisé, sous le règne antérieur, dans les évènements mondains et sportifs. Encore plus positif : on le dit inféodé aux saoudiens, contrairement à son père qui prétendait rivaliser avec eux dans l’influence à l’égard des “grands” de la planète.

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Nous venons ainsi d’assister à une "Emirentielle" !…

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La succession d’un émir par un autre. L’émir, en bon autocrate, composant son “gouvernement” avec les membres de sa famille, Al Thani. Tout cela sans vote, bien entendu. Au Qatar, les partis politiques sont interdits. A l’identique de toutes les pétromonarchies du Golfe : même pas un parti unique !

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Toutefois, pour faire bonne figure en tant qu’Etat apporteur de « démocratie » en Libye, en Syrie et ailleurs, sa nouvelle constitution prévoit, depuis 2004, un "conseil consultatif" ("Majlis Al-Choura") de 45 membres : 15 nommés par l’émir, et 30 “élus” on ne sait pas trop comment…

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D’autant que ce "conseil consultatif" ne participe pas à la désignation du gouvernement, encore moins à celle de l’émir imposé par l’Empire. Lui reste l’organisation des chasses aux faucons, très prisées dans la région…

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Ce qui s’appelle : le respect des traditions ! Rien n’a changé depuis que les britanniques ont érigé cette minuscule péninsule du Golfe Persique en émirat, en 1867. Désignant comme "émir" le plus gros commerçant de la bourgade de l’époque, Doha, qui achetait leur verroterie et quincaillerie estampillées “Manchester”. Il s’appelait Al Thani

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Couper "La Bulle" en deux ...

Couper "La Bulle" en deux ...

Présidentielles en Iran
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En face, sur l’autre rivage du Golfe : autre ambiance. L’Iran venait d’achever les élections présidentielles.

Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

Le président Ahmadinejad, bouclant ses deux mandatures, ne pouvait constitutionnellement se représenter pour une troisième fois. Se sont donc affrontés 8 candidats au cours d’une campagne très active, avec les ingrédients habituels de tous les systèmes électoraux sous tous les horizons : réunions publiques dans toutes les villes, débats télévisés, campagnes d’affichages et de tracts, désistements de certains candidats en faveur d’autres (seuls 6 candidats restèrent jusqu’au terme de la présidentielle). Dans le calme, ce qui n’empêchait nullement les discussions animées, souvent avec beaucoup de vigueur.

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Nos médias ne s’en sont pas fait l’écho, ou infiniment peu. Dommage, pour eux et l’information de leurs concitoyens. Ils auraient pu transmettre des aperçus, analyses, sur les différents courants, tendances, partis politiques, qui animent la société iranienne et sortir, enfin, de l’analphabétisme géopolitique dans lequel ils se sclérosent.

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Pour ne pas changer les quelques « papiers » ou « sujets », pondus de-ci de-là par nos éminents dispensateurs d’informations, fulminaient contre le choix imposé des candidats. Car, à les croire, dans nos contrées n’importe qui peut se présenter à une élection présidentielle ou parlementaire… Aucun de ces maîtres de l’information n’ayant pris la peine, évidemment, de les rencontrer et discuter de leurs programmes politiques.

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Encore moins de souligner, au-delà des fulgurants progrès économiques, le colossal changement positif dans la démocratisation du système politique, depuis la sanguinaire autocratie du Shah imposée par les pays occidentaux, dans le pillage des richesses du pays, de 1953 à 1979. Ou, autre exemple, de mentionner l’enregistrement sur les listes électorales, pour cette présidentielle, de 1,6 million de jeunes ayant atteint cette année l’âge de la majorité légale de 18 ans…

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C’est cela « décrypter l’information » : idéaliser chez soi, ou entre soi, et diaboliser les Autres, les Barbares…

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Nous fut martelée, inévitablement, la vision d’un Iran accablé par le chômage et la misère. Du fait de la "crise" mythique rongeant nos sociétés ?... Non, en raison de la réussite des "sanctions économiques" imposées par les Etats-Unis et l'Europe. Illégales, notons-le, puisque ces mesures d’embargos n’émanent pas de l’ONU mais du gouvernement des USA ou, suivant la formule banalisée, du « gendarme du monde ».

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Là encore, informations corroborées par aucun documentaire, reportage, aucune photo, sur les marchés, les galeries commerciales, les cinémas, la sortie des écoles, universités, usines, et autres lieux publics.

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Normal : surtout ne pas montrer que dans ce pays grand comme trois fois la France, malgré toutes les entraves imaginées par l’Occident pour bloquer son développement économique, la vie est beaucoup plus agréable et moins chère pour ses 80 millions d'habitants qu’en Grèce, au Portugal, en Espagne. Bientôt en France, ou dans d’autres pays si imbus d’eux-mêmes. En tous cas, les étals des marchés sont pleins, les plus beaux étant ceux des fleuristes.

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Mais… Chut ! Pas de vague ! Vieille devise des trois singes : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire !

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Jusqu’à couper la retransmission des émissions TV iraniennes à destination de l’Europe, de l’Amérique du nord et du sud, en anglais, en espagnol et en arabe, transitant par les satellites de télécommunications contrôlés par les occidentaux : Eutelsat, Intelsat, Hispasat, etc. Depuis janvier 2012, dans une vague sans cesse renouvelée de décisions arbitraires, unilatérales. En infraction flagrante du droit et des conventions internationales. Prétextant les sanctions contre l’Iran... (5)

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En fait, authentique et secrète censure de l’information en provenance de ce pays par nos gouvernements "démocratiques". Dans la négation de l’article 19 de la Déclaration des Droits de l’Homme relative à la protection de la liberté d’information. ­

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Pourquoi s’en étonner ?...

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Depuis qu’il nous est dicté, en France même, ce dont nous devons rire, caricatures agréées et comiques officiels, rien de plus logique de nous imposer ce que nous devons croire.

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Hassan Rohani

Hassan Rohani devient donc le nouveau président de l’Iran pour 4 ans. Elu le 14 juin 2013, dès le premier tour, avec près de 51 % des voix, et une participation électorale de 77 % suivie par de très nombreux journalistes et observateurs étrangers, hormis ceux de la sphère OTANesque boudant dans leurs coins.

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Les occidentaux englués dans le bourbier syrien n’ont pas eu disponibilités et moyens suffisants pour fomenter les troubles de l’élection présidentielle de 2009, avec sa campagne médiatique hystérique dont on se souvient encore. D’autant que tous les gouvernements polichinelles qu’ils instrumentalisent autour de l’Iran sont plus que fragilisés.

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Certains ravagés par de violentes manifestations et révoltes populaires, bien souvent occultées par notre appareil de désinformation : Afghanistan, Arabie saoudite (toute la côte du Golfe Persique), Azerbaïdjan, Bahreïn (base de la flotte américaine dans le Golfe), Egypte, Jordanie, Libye, Tunisie, Turquie. Trop d’incendies à éteindre en même temps sur leurs arrières…

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Contraints et forcés, ils se sont piteusement limités à exprimer la satisfaction de voir un nouveau président « modéré », « prêt à s’entendre » avec l’Occident. Précisons que dans leur imaginaire et phraséologie, un chef d’Etat non occidental dit « modéré » est un politicien acceptant de souscrire, d’exécuter, à la lettre et dans la seconde, toutes leurs volontés : prédations, violences, occupations. Et, autres manifestations de puissance à l’encontre de leurs vassaux ou possessions coloniales.

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En résumé : l’Iran abandonnerait ses « postures agressives ». Rhétorique, « storytelling » comme disent les anglophones, ou art de prendre ses désirs pour la réalité. Que nos médias, véhicules habituels de la propagande iranophobe, déclinèrent les yeux fermés. (6)

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Art, aussi, du renversement des situations, ou artifice du travestissement des faits que l’on se doit de nier, par nos consciencieux "désinformateurs".

Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

L’évidence est à l’opposé de cette représentation, nous le savons. L’Iran ne bombarde, ni ne drone personne, ne spolie aucun territoire, n’interdit les relations commerciales de quiconque. Les symboles de l’abjection sadique de Guantanamo ou Gaza ne sont pas administrés par son armée. La déconstruction des slogans de la propagande serait interminable, tant la liste est longue.

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C’est l’Iran qui, en permanence, est diabolisé, menacé de destruction ; ses scientifiques assassinés, ses territoires survolés par des drones violant son espace aérien, son économie enserrée dans une véritable guerre illégale au regard du droit international. Il n’agresse personne, souhaitant tout simplement le respect, dans son droit à l’autodétermination, de sa souveraineté, politique, économique, scientifique.

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Ainsi que celui de la paix dans la région avec une totale "dénucléarisation" du Moyen-Orient impliquant le retrait de toutes les forces d’occupation, et bases militaires, occidentales dans la région.

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Ceux qui pensent avec nos propagandistes qu’Hassan Rohani va courber l’échine, devant les prétentions mégalomaniaques de l’Occident, commettent quatre erreurs d’analyse majeures :

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i) Signe fort envoyé par le peuple Iranien. Les bellicistes occidentaux, enivrés de leurs "sanctions économiques", fantasment un Iran venant à genoux implorer leur miséricorde…

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Administrant une magistrale paire de claques à ces stratèges-voyous, les électeurs dans leur majorité ont choisi le candidat-président qui a le moins mis l’accent dans son programme sur le volet économique !... Donnant leur préférence à celui qui affichait comme priorité la cohésion et la solidarité nationales. Celui aussi dont la longue expérience, au plus haut niveau, dans la stratégie militaire, la recherche scientifique et nucléaire, les relations internationales avec leurs coups tordus, est la plus probante.

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ii) Hassan Rohani est un “résistant” prestigieux, au cœur de la révolution qui a abattu la sauvage dictature du Shah installée et gérée par les occidentaux et un des artisans de l’héroïque résistance à la guerre de l’Irak planifiée et armée par l’Occident pour venger le renversement du Shah et de leur système de pillage (les Iraniens la surnomment la « guerre imposée »…). Endurant avec son peuple, 8 très longues et douloureuses années de massacres (estimation d’un million d’Iraniens tués), la destruction systématique de toute l’infrastructure pétrolière, gazière, portuaire, etc.

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Aucun chef d’Etat des pays de l’OTAN n’arrive à la cheville de sa stature d’homme d’Etat, tout particulièrement de son expérience militaire et stratégique forgée lors d’une guerre implacable. En temps que membre du Conseil suprême de la défense de 1982 à 1988, commandant des forces aériennes de 1986 à 1991. Depuis 1992, il est responsable du Centre pour la Recherche Stratégique (Center for Strategic Research). Il a animé aussi, de 2003 à 2005, l’équipe de négociateurs spécialisés dans la défense des droits et de la souveraineté de l’Iran dans le cadre du Traité de Non Prolifération Nucléaire.

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Pour les avoir affrontés, côtoyés, pratiqués, il sait que ses interlocuteurs occidentaux sont sans foi, ni loi. Aussi irresponsables dans leurs décisions que criminels dans leurs actes. Capables de raser des pays entiers, tuant des centaines de milliers d’innocents. Dans l’indifférence ou la Bonne Conscience. Prêts à tous les mensonges, toutes les manœuvres de gangsters pour s’emparer de son pays et de ses richesses.

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iii) Hassan Rohani succède à un grand président, Ahmadinejad, qui lui a préparé le terrain sur le plan diplomatique en ne cessant de rappeler aux occidentaux, au plus fort du climat d’agression à l’encontre de son pays, que l’Iran n’était pas un ramassis de voleurs de poulets, mais les héritiers et représentants d’une des plus anciennes, brillantes, civilisations. Sur tous les plans.

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Aussi courageux qu’incorruptible, d’une extrême gentillesse mais d’une ténacité d’acier lorsque les intérêts et l’honneur de son pays sont en jeu, il leur a parlé d’égal à égal, sans peur. Du tac au tac. Ce que ne supportaient pas les oligarques coloniaux qui n’acceptent que la soumission, l’obséquiosité, de ceux qu’ils estiment plus faibles qu’eux. Incapables de soutenir son regard et d’entendre ses discours de paix. Vivant cela comme une « agression », ils perturbaient les réunions de l’ONU à grands fracas d’histrions, pour qu’il ne soit pas entendu.

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Diabolisé dans une propagande permanente, éhontée, d’un cynisme mensonger abyssal, déformant ses propos pour le transformer en monstre. (7) Jusqu’à bloquer le système de traduction simultanée de ses discours à l’ONU sous prétexte d’une “panne technique” !… Se croyant au temps de l’Inquisition, l’accusant de blasphème et d’hérésie. Probablement, dans leur fanatisme, bon pour le bûcher après passage en salle de tortures...

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Censure, diabolisation, encore et toujours…

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Mais le message a été délivré : l’Iran, préparé à toutes les éventualités, n’éprouve aucune peur face à des fous de guerres et de violences qui ne savent que détruire des pays sans défense et assassiner des civils non armés. En conséquence, menaces et sanctions resteront sans effet, n’étant que l’expression de la mauvaise foi. Car, rien de plus facile que négocier sur un problème ou un désaccord, dans un esprit constructif : il suffit de prendre un café ensemble, en se respectant et en s’écoutant mutuellement.

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« Don’t make a mistake ! », comme disait Bush à répétition. Oui : "ne vous y trompez pas". Le nouveau président maintiendra la ligne diplomatique fondamentale de sa Nation : la préservation de son inaliénable souveraineté. Sans crainte. Inflexiblement.

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iv) L’Iran est une puissance régionale, militaire et économique, incontournable. Indispensable. D’autant plus forte que tous les Etats qui l’entourent sont en feu, les quelques pétromonarchies encore “calmes” n’étant que du carton-pâte en instance de volatilisation. Face à ces turbulences, son importance ne fera que croître.

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Pays charnière entre deux sous-continents, il représente ce qu’est l’Allemagne pour l’espace Européen et Russe. L’Occident ne l’accepte pas, souhaitant sa destruction en tant qu’Etat et s’approprier ses richesses. Accomplir en Iran ce qu’ils ont commis en Irak. La remise en cause perpétuelle ou le continuel procès d’intention de son industrie nucléaire n’étant qu’un prétexte.

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Les bellicistes ne s’en cachent pas. Parmi de multiples exemples récents, Sima Shine haut responsable au ministère israélien des affaires stratégiques, préconisant publiquement de mettre Al Qaïda au pouvoir en Syrie. L’essentiel étant de faire "tout pour nuire à l’Iran"… (8)

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Hassan Rohani sait qu’il n’a rien à espérer d'un Occident hyperviolent. S'arrogeant dans sa folie mégalomaniaque le droit de vie ou de mort, décrétant qui "mérite de vivre sur Terre". Rongé par l’injustice sociale et économique, avec 20 millions de chômeurs rien que dans l’Eurozone… (9) Les loups, prétendument "alliés" ou de la même meute, se déchiquetant entre eux, au point de s’espionner nuit et jour dans une paranoïa suicidaire.

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Dès son entrée en fonction, il a déjà baissé le rideau sur ce monde en perdition. Répondant aux félicitations du président de la Chine pour son élection, il a annoncé que "la priorité de sa présidence" serait le renforcement des relations avec son pays…

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Sima Shine - Apothéose du fanatisme destructeur

Sima Shine - Apothéose du fanatisme destructeur

Ritournelles en France

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Roland Dumas dans son dernier livre paru en mai dernier se désole, en tant qu’ancien ministre des affaires étrangères de la France, de voir notre pays prendre ses ordres à Washington et à Tel Aviv. Renonçant à sa souveraineté, dans une servitude assumée et célébrée par sa nomenklatura. (10)

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On comprend mieux, en le lisant, que la vision stratégique et délirante, sous forme d’anathème ou d’excommunication, exprimée par une Sima Shine soit, en conséquence, strictement, servilement, appliquée tant par notre “diplomatie” que par notre “défense nationale”. Religieusement ânonnée…

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D’où ces sempiternelles “ritournelles” que politiciens et médias se doivent d’entonner sans arrêt. Telles des mantras bouddhistes. “Ritournelle” au sens où l’entendaient Deleuze et Guattari afin de mobiliser le troupeau, le rassembler en l’endormant :

« La ritournelle a aussi une fonction catalytique : non seulement augmenter la vitesse des échanges et réactions dans ce qui l’entoure, mais assurer des interactions indirectes entre éléments dénués d’affinité dite naturelle, et former par là des masses organisées. » (11)

Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

Ce processus de fanatisation, d’obscurantisme et de conditionnement pulsionnel, est nourri, entretenu depuis les soutes ou les cuisines de la propagande iranophobe déversant leurs bouillies hallucinogènes, à grandes louches de « n’importe quoi ». Ne reculant devant aucune falsification, diffamation, mise scène, et faux témoignages. (12) Aux étages supérieurs plastronnent les "islamologues officiels" de la propagande, après avoir servi le plat à présent refroidi du "choc des civilisations", chargés de nous enfumer sur la soi-disant confrontation entre "l’arc chiite" et "l’arc sunnite"...

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Sous-entendu : entre le diabolique Iran chiite et les vertueuses pétromonarchies sunnites… Alors que la plupart d’entre elles sont constituées d’une majorité de population chiite gouvernée par des autocrates sunnites installés par la colonisation, selon le principe du "diviser pour régner". Comme Bahreïn nous le rappelle tous les matins par les atrocités répétées de l'émir contre son peuple.

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S’il y a conflit entre deux "arcs", c’est bien celui de "l’arc de l’imposture" d’entités artificielles érigées en Etats par les occidentaux, telles que les pétromonarchies et autres (exemple : Jordanie), à la suite du partage de l’Empire Ottoman ; et, "l’arc de la légitimité" représentant des Etats authentiques dont l’identité nationale plonge ses racines au plus profond de l’Histoire.

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Pour ceux qui voudraient sortir de ce conditionnement, lavage de cerveau instillé par ces propagateurs de clichés, comprendre l’Iran, je conseille de feuilleter l’œuvre magistrale d’Henri Corbin qui a passé toute sa vie à étudier le chiisme. Exposant, démontrant, sa contribution inestimable à la spiritualité de l’Islam et de l’humanité dans son ensemble. Notamment :

=> En Islam iranien : aspects spirituels et philosophiques (Gallimard – 1978 – 4 volumes) et,

=> Temple et contemplation, essai sur l'Islam iranien (Flammarion – 1981).

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Mais, "ritournelle" oblige : notre ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vient de déclarer que le principal problème de la paix dans le monde est le nucléaire iranien, le "futur" risque que l’Iran obtienne l’arme nucléaire. Nous voilà repartis pour un nouveau tour de procès en sorcellerie… (13)

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Metternich, le ministre des affaires étrangères de l’empire d’Autriche au moment des conquêtes napoléoniennes, disait que ce n’était pas la France qui faisait la guerre à l’Europe mais Napoléon "avec des moyens français". Deux siècles plus tard, ce n’est pas la France qui se livre à des actes de guerre au Moyen-Orient et ailleurs contre des peuples qui ne lui ont rien fait, mais une caste "avec des moyens français" pour servir des intérêts qui ne sont pas ceux de notre pays.

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Car, comment en arrive-t-on, au-delà de ces gesticulations diplomatiques et guerrières, à sacrifier notre économie ?... En nous interdisant de commercer, d’investir, sous prétexte d’appliquer des « sanctions économiques » qui ne sont même pas imposées par l’ONU. Mais, unilatéralement par le gouvernement d’un pays étranger qui, de plus, nous espionne en permanence.

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Exemples qui font rire le reste du monde... Peugeot s’est vu sommé de renoncer à son plus important marché à l’exportation avec usine de montage, jusqu’aux pièces détachées qui lui est interdit d’expédier… Ou, Total qui a dû verser une pénalité de 400 millions de dollars aux USA avec interdiction d’investir en Iran… La fermeture illégale de ce marché en pleine croissance coûte à la France une moyenne annuelle de 2 à 5 milliards d’euros. (13)

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Ne serait-ce que sur 10 ans, on peut estimer la perte pour la balance commerciale française, actuellement en déficit, à une trentaine de milliards d’euros. Nous démantelons nos industries et nous nous interdisons des marchés à l’exportation…

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En vertu de quoi et au bénéfice de qui ?...

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Pendant ce temps les contrats de l’Iran se multiplient avec l’Inde, la Chine, le Brésil ou l’Argentine, et autres. Depuis l’agroalimentaire jusqu’aux colossaux marchés des infrastructures : constructions et équipements de ports, lignes de trains à grande vitesse, prospection et exploitation énergétiques, transport et manutention, etc.

Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

Car, l’Iran est en pleine croissance avec un gigantesque potentiel, détenant les plus grandes réserves de gaz dans le monde (1er rang), parmi les plus grandes réserves pétrolières (2° rang), d’immenses réserves minières, de l’uranium aux catégories de métaux ferreux et non ferreux les plus recherchés. Avec une population remarquablement bien formée dans des universités scientifiques et technologiques parmi les meilleures du monde.

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L’Iran figure au 5° rang mondial au niveau de la recherche dans les nanotechnologies. Se couvrant d’industries et d’usines ultramodernes, de chantiers navals, et de ports. Actuellement, pratiquement autonome dans l’édification de son industrie de l’armement, construisant ses frégates, sous-marins, avions, drones, chars d’assaut, et devenu l’un des plus performants "missiliers" du monde…

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Le World Investment Report 2013 publié par l’UNCTAD (CNUCED en français), organisation de l’ONU, n’a pu dissimuler le fait qu’en Iran les FDI (Foreign Direct Investments) ou Investissements Directs Etrangers, ne cessent de progresser. Sanctions ou pas… (14)

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Classant l’Iran (page 49) dans la catégorie des pays dits "South Asia", pour ne pas faire de l’ombre aux pays du Moyen-Orient, à la seconde place derrière l’Inde en termes d’échanges d’investissements (l’Iran reçoit des investissements mais investit aussi dans d’autres pays). Encore mieux, l’Iran se classe en volume à la seconde place derrière l’Inde, mais à la première pour ce qui est de la croissance du volume des investissements directs !... (15)

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Par contre, ironie de l’Histoire, le rapport constate dans sa page 54, le déclin des FDI dans la région pour la Turquie, l’Arabie saoudite et la Jordanie…

Iran : Le Triomphe du Vilain Canard…

Dernier hommage du pays au Président Mahmoud Ahmadinejad avant son départ : il a présidé à l’inauguration de la nouvelle aciérie ultramoderne de Pasargad dans la province méridionale de Fars. A environ 1000 kilomètres de Téhéran, dans la ville de Kovar.

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Symbole de la fantastique progression du pays, édifiée sous sa présidence sur une superficie de 300 hectares, elle représente un investissement de 5, 5 milliards de dollars, et la création dans un premier temps de 800 emplois. La troisième du pays. Classant l’Iran au premier rang des producteurs d’acier pour les pays du MENA (Middle East - North Africa).

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L’Iran édifie ainsi une économie fondée non pas sur la spéculation, ou la rente, mais sur l’industrie et la recherche. En France, nous fermons nos aciéries et n’arrêtons pas de licencier, accordant toutes les faveurs aux "banksters" et à "l'économie-casino"…

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Et dernière satisfaction, couronnement d’une action implacable de son mandat pour lutter contre ce fléau, l’Iran a procédé à l’incinération publique de 115 tonnes de drogue saisie en 3 mois (l’an dernier l’Iran en a saisi 500 tonnes), en provenance d’Afghanistan.

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Dont on sait que depuis l’occupation de l’OTAN la production a plus que décuplé. Répandue à présent au Caire, entre autres destinations prioritaires dans la région gérées par les services spéciaux occidentaux, à bas prix. Provoquant une explosion de la consommation de drogue dans une partie de la jeunesse sur fond de musique "techno"…

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Le danger de l’Iran pour la planète…

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Dénis, délires, fureurs, de notre caste au pouvoir. Les chiens aboient.

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En écho, au triomphe du “Vilain Canard”…

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1. Michel Foucault, Le Courage de La Vérité – Le gouvernement de soi-même et des autres II – Cours au Collège de France – 1984, Hautes Etudes – Gallimard Seuil, 2009, p. 311.
(Dernière phrase de son dernier cours, 28 mars 1984 ; trois mois avant sa mort. Oui : « … la vérité ce n’est jamais “le” même… »).

2. Sur une population de 2 millions d’habitants, seulement 400.000 sont qataris. Le reste, à l’exception des expatriés européens occupant la plupart des postes de direction et d’encadrement, est composé en majorité d’immigrés venant essentiellement d’Asie (Philippines, Bengladesh, Inde, Pakistan, etc.), traités en "esclaves modernes" : sous-payés, sans aucun « droit » si ce n’est de se taire, vivant dans des conditions de travail inacceptables au regard des principes édictés par l’OIT…

3. Cette réserve sous-marine est répartie entre le Qatar, le North Dome (60%) et l’Iran, le South Pars (40%).

4. En clair : du corps expéditionnaire américain dans la région, dont le centre de commandement est situé à Tampa en Floride. C’est à partir du Qatar qu’ont été, et sont encore, “gérées” l’invasion et la destruction méthodique de l’Irak, de l’Afghanistan, et d’une grande partie du Pakistan.

5. West bans on Iranian channels appalling violation of free speech: Expert, Press TV,

29 juin 2013, http://www.presstv.ir/detail/2013/06/27/311089/west-bans-on-iranian-media-appalling/

6. Archétype : Georges Malbrunot, Hassan Rohani : un religieux modéré partisan d’une détente avec l’Occident, Le Figaro, 15 juin 2013, http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/15/01003-20130615ARTFIG00385-hassan-rohani-un-religieux-modere-partisan-d-une-detente-avec-l-occident.php

7. Jonathan Steele, Lost in translation – Experts confirm that Iran’s president did not call for Israel to be ‘wiped off the map’. Reports that he did serve to strengthen western hawks, The Guardian, 4 juin 2006, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2006/jun/14/post155

8. Israel Prefers Al-Qaeda Ruling Syria just to Harm Iran [Israël préfère Al Qaïda au pouvoir en Syrie afin de nuire à l’Iran], 25 juin 2013, Fars News, http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13920404000773

9. Over 19 million jobless as Eurozone unemployment hits record high, RT, 1er juillet 2013, http://rt.com/business/eurozone-unemployment-record-high-479/

10. Roland Dumas, Dans l’œil du Minotaure, Editions Le Cherche-Midi, mai 2013.

11. Gilles Deleuze & Félix Guattari, Mille Plateaux – Capitalisme et Schizophrénie, Les Editions de Minuit, 1980, p. 430.

12. Un mot sur l’évolution inquiétante dans nos démocraties de ces officines proliférantes. Pour la plupart agissant en interaction, quant aux pratiques rhétoriques et incitations à la haine, avec les milices « AntiFas » ou assimilées.

Même “style”, ou “copié-collé” (jusqu’aux fautes d’orthographe…), dans la logorrhée et la diffusion obsessionnelle de listes de personnes à empêcher de prendre la parole, d’écrire, de témoigner.

Ces groupes de nervis, adeptes de la cagoule et de la violence, instrumentalisés par les services spéciaux de plusieurs pays et protégés par les polices nationales, ont pour mission d’entraver la liberté d’expression. Dès lors que les critiques ou la dénonciation des prédations coloniales de l’Occident (tout particulièrement au Moyen-Orient et en Palestine), dans une perspective de paix et de développement partagé entre tous les peuples, ont pour support des analyses, des informations, des faits, irréfutables et gênants pour les oligarchies.

A l’opposé de ce qu’ils prétendent représenter : « la lutte contre le fascisme ». Ils agissent, en fait, suivant le même mode opératoire et la même idéologie « fascistes » que les sinistres milices “SA” (constituées à Munich en 1921) qui, tout en se déguisant en « militants de gauche », ont assuré la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne…

13. Iran says French minister’s remarks on nuclear program unrealistic, Press TV, 22 juin 2013, http://www.presstv.ir/detail/2013/06/22/310345/iran-rejects-french-ministers-remarks/

14. Kaveh L Afrasiabi, New dynamic in Iran's European ties, Asia times 27 juin 2013,

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270613.html

15. World Investment Report 2013 – Global Values Chains : Investment and Trade for Development, UNCTAD ( United Nations Conference on Trade and Development),

http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/wir2013_en.pdf, page 49,

=> Tableau A. Distribution of FDI flows among economies, by range, 2012

=> Figure A. FDI flows, top 5 host and home economies, 2011–2012 (Billions of dollars)

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Caricatures de Carlos Latuff

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