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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:30

 

 

 

 

 

Mes Meilleurs Vœux à Tous

et

Mes Amitiés à Chacun !...

 

 

 

J’aime bien accompagner mes vœux d'une musique. Pour ceux de l’année 2014, c’était un de mes trompettistes préférés : Chet Baker.

Pour cette nouvelle année, je vous propose un grand maître d’un instrument parmi les plus beaux et les plus anciens de l'histoire musicale : le luth.

 

Occasion d'exprimer, dans ces vœux, une affection particulière pour nos frères et sœurs en humanité du Moyen-Orient... Ravagé par les bombardements et les hordes de mercenaires, dans le chaos et les massacres, organisés par les prédateurs venus de l'étranger.

 

Cet éminent artiste et compositeur est l'Irakien, Naseer Shamma. Fondateur en 1999 au Caire d'un institut, réputé internationalement, dédié à l’enseignement de cet instrument prestigieux. Lui-même a reconstitué le luth à huit cordes, disparu dans les oubliettes de l’Histoire, d’après un manuscrit du philosophe, savant et musicien Persan, du 9° siècle, Al-Fârâbi.

 

Avec Naseer Shamma, nous sommes au sommet d’un art. Qui n’est pas une simple virtuosité technique, mais l’expression d’une sensibilité, d’une émotion, maîtrisées par une pensée et un engagement dans son siècle. Ardente obligation de tout "Humaniste"...

 

Magnifié dans une de ses œuvres emblématiques, interprétée à la fin d’un de ses concerts : l’art porteur de sens. Ici : l’Espérance dans un monde meilleur.

 

Plus qu’une espérance même, une certitude : "La Barbarie", quel que soit son niveau de violence, ne peut annihiler la Civilisation, éradiquer des siècles d’Histoire...

 

Son titre :

C’est arrivé à Al-Amiriya
 

"Barbarie". Mot galvaudé… Peut-être.

Mais pour Naseer Shamma, "La Barbarie" n’est pas une figure de rhétorique, un cliché, pour "journaliste-propagandiste" européen ou américain…

 

Il l’a rencontrée, confrontée. Pris à la gorge, désespéré, désarmé.

 

En 1989, Saddam Hussein, lui avait infligé six mois en prison pour l’avoir critiqué publiquement lors d’un de ses déplacements en Jordanie. Le dictateur était encore un protégé obéissant des Occidentaux. Apprécié pour avoir imposé, sur leur injonction, une guerre de 8 ans à l’Iran. Et, leur avoir acheté des milliards de dollars d’armements.

Deux ans après sa sortie de prison, il assistait au commencement de la destruction méthodique de son pays par ses anciens protecteurs, culminant avec l'invasion des armées occidentales en 2003.

 

Toutes ses infrastructures : routes, ponts, ports, aéroports, universités, hôpitaux, centrales électriques, stations d'épuration d’eau, silos à grains, troupeaux, etc. L’Irak réduit en poussière. Des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés...

 

Seul bâtiment officiel épargné : le ministère du pétrole !

 

Pour "délivrer le pays de la dictature et apporter la Démocratie"…

 

Témoin horrifié d’un des pires crimes de guerre : le bombardement d’un abri pour civils où étaient entassés des centaines d’enfants, que les familles du quartier de Bagdad "Al-Amiriya" voulaient mettre à l’abri.

 

A 4h30 du matin, le 13 février 1991, deux bombardiers F-117 surgissent. Chacun porteur d’une bombe à guidage laser d’une tonne (GBU-27) conçue pour percer les abris bétonnés. Tous les occupants de l’abri furent carbonisés. Seuls 408 corps seront difficilement identifiés.

 

Naseer Shamma fut parmi ceux qui aidèrent à sortir les "restes calcinés", rappelant que ce sont au moins 800 enfants qui périrent dans cet atroce four crématoire, que notre IMD (Industrie Médiatique de la Désinformation) n’évoque jamais…

 

C’est ce qu’il explique, avec dignité et retenue dans la douleur, en introduction à l’interprétation de cette mélodie... Composée en se recueillant dans ce qui est devenu un des  nombreux musées des atrocités de l'Occident en Irak. Dont le premier gardien des lieux, où sont affichées des dizaines de photos des martyrs, fut une mère de famille qui perdit en un éclair ses huit enfants qu’elle avait confiés à cet abri.

 

Vous reconnaitrez à la minute 8:30 de cette vidéo, sortant de son luth, l’appel des sirènes avant la chute des bombes…

 

Les états-majors des forces armées de l'invasion savaient qu’il n’y avait que des civils dans cet abri. Mais, les enfants du Moyen-Orient représentent des objectifs militaires de premier plan. Il convient, d’après les stratèges occidentaux, de casser à tout prix la croissance démographique des pays de la région, tout en entravant leur développement actuel et futur… Souvenons-nous des cyniques propos de Madeleine Albright, ministre des affaires étrangères des Etats-Unis…

Au regard de l’Histoire, nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas.

 

Tristes, lugubres, premiers pas, pour entamer une année 2015 ?...

 

Non, au contraire, puisqu’il s’agit d’espoir et de certitude !

 

Naseer Shamma rappelle que l’Irak, l’ancienne Mésopotamie, entre les deux fleuves mythiques Tigre et Euphrate, est le berceau des plus anciennes et brillantes civilisations de cette planète. Aux textes légendaires et fondateurs de la pensée humaine, comme l’Epopée de Gilgamesh. Antérieurs à La Bible, qui en reprend plusieurs des épisodes, notamment celui du Déluge, à la mythologie grecque et aux récits d'Homère…

 

Cette Nation renaîtra de ses cendres, comme toute la région.

 

Se comparant à un "résistant", avec pour seule arme son luth. Acte symbolique : il a interprété pour la première fois "C’est arrivé à Al-Amiriya" dans un musée qui avait été muré, après avoir été méticuleusement pillé par les troupes d’occupation. Brisant les briques obturant portes et fenêtres, avec son public, installant des tapis dans les salles vides, jonchées de débris, en guise de sièges…

 

Pour chanter La Renaissance

 

 

 

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 12:00

 

 

«  Un plein baril d’oreilles…
Les oreilles indigènes valurent longtemps dix francs la paire et leurs femmes demeurèrent, comme eux d’ailleurs, un gibier parfait
Tout ce qui vivait fut voué à la mort… On ne fit aucune distinction d’âge, ni de sexe…
En revenant de cette funeste expédition plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances… ».

Général Pellissier de Reynaud  (1)
(Récit de l’invasion de l’Algérie par les troupes françaises sous son commandement)

 

 

 

 

Le « Retour d’Iznogoud »

 

Parmi les aérosols anesthésiants, ou "paranoïsants", produits à grande échelle ces dernières semaines par notre" Industrie de la Désinformation", l’un d’eux ne manque pas d’humour dans son approche marketing :
« Calife » !
 

Macabre, tragique, certes, sur fond de massacres et de chaos, mais cette référence au personnage de la bande dessinée de Goscinny ne manque pas de culot, ou d’ironique coïncidence, de la part de ses concepteurs. Iznogoud, incarnation de l'ambitieux sans scrupule, aussi ignare que féroce, se voulant "calife à la place du calife"…  Métaphore hilarante sur le pouvoir et les coups tordus, pour s'en emparer ou s'y maintenir.

 

Tel Aladin et sa lampe magique, notre Propagande fit donc surgir du désert irako-syrien un : « Calife ». Véritable phénomène de "génération spontanée". Armés, lui et ses "fidèles", jusqu’aux oreilles. Au point de "battre" l’armée irakienne, équipée et entraînée à coups de milliards dollars annuels par les USA, en quelques heures, et d’arriver tranquillement aux portes de Bagdad.

 

On sait, à présent, que les militaires irakiens avaient pour instructions de « laisser passer »… Ils n’ont ainsi pas vu arriver les colonnes de véhicules sortant du désert Jordanien, où elles s’organisaient, se préparaient, depuis des semaines. Pas plus que les satellites d’observation américains, capables de repérer une balle de golf à 500 km d'altitude, et d’en lire la marque dit-on.

 

Invasion sur fond de sieste générale…

 

Le « Calife nouveau », lui, appliquait sa "feuille de route," comme disent les stratèges washingtoniens.

 

Parfait inconnu, émanant du néant, mais fédérant suffisamment d’adeptes et de prosélytes dans les dunes jordaniennes pour envahir avec un équipement ultramoderne des provinces de la Syrie et de l’Irak pour, en un claquement de doigt, y créer un Etat :  « Islamique » !...

 

Evidemment, on ne connaît de cet "Etat" (désigné ISIS par les anglo-saxons) ni les ministères (industrie, agriculture, éducation, santé, etc.), pas plus que leurs titulaires et fonctionnaires. Encore moins, le recensement de ses "citoyens"… Même pas sa capitale.

 

Ce qui n’empêche en rien, tous nos médias, nos zélés "décrypteurs de l’info", de reprendre, réciter, ânonner, en boucle, cette fiction mise sur fiches quotidiennes.

 

Car, dans tous les pays, personne ne l’ignore, tous les observateurs en conviennent, il ne s’agit que d’un "scénario  hollywoodien". Pepe Escobar, un des rares journalistes d’investigation de stature internationale, ironise sur les « Trucs Débiles » d’Obama et de sa bande, avec leur mise en scène de "film à suspense" (Hollywood thrills on show…). (2) Sauf que, là encore, tueries et ravages ne sont pas virtuels.

 

Classique montage des services spéciaux occidentaux, encadrant, finançant, équipant des « seigneurs de guerre », avec leurs armées de mercenaires, chargés de semer la mort, la dévastation et le désespoir… (3)

 

Comme ces potentats, ou généraux, corrompus et serviles, que  l’Histoire recense par centaines au cours des siècles. Les plus récents et connus, en Chine notamment. Avant sa réunification et remise en ordre sous l’impulsion de Mao.

 

Par leur intermédiaire, l’Occident y a entretenu pendant un siècle (1840 - 1949) une guerre civile atroce, soigneusement occultée dans  nos livres d’histoire, pour incruster son occupation et son pillage du pays. Quitte à les trahir à la première occasion. Les opposant les uns aux autres, les éliminant, suivant les circonstances et les intérêts du moment.

 

Le dernier de ces cruels et voraces "auxiliaires" fut Tchang Kaï-chek qui dut se réfugier, en 1949,  sur l’île de Taïwan. Furieuses d’avoir été éjectées du pays  avec leurs polichinelles, en représailles, les puissances coloniales proclamèrent l’indépendance de Taïwan sous le nom de République de Chine.

 

Imposant cette île d'à peine 25 millions d’habitants en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, en lieu et place de la Chine Continentale, dite "République Populaire de Chine" (ayant le tort de s’affirmer "communiste"…) avec Pékin pour capitale, jusqu’au 23 novembre 1971 !... Notons qu’à ce jour, avec le soutien plus ou moins discret des occidentaux, Taïwan, s’autoproclamant seule "république légitime", revendique toujours la Chine Continentale…

 

Au Moyen-Orient, nous assistons très exactement au même système de prédation, dans le chaos. Ce « Calife » et ses sponsors,  "roitelets-émirs" du Golfe, n’étant que l’équivalent de ces  "collabos" chinois manipulés par l’Occident.

 

Comme eux, ils seront balayés par le vent de l’Histoire…

Calife ?...  Moi : Archevêque !

Diviser pour régner ? Non : dépecer pour piller !

 

Comme un temps il le réussit en Chine, l’Occident ne peut régenter l’immense Moyen-Orient et Grand Maghreb, pour en spolier les ressources, qu’en formatant une mosaïque d’Etats aux éléments hostiles entre eux, dans le chaos, la guerre civile ou les conflits frontaliers. (4)  Avec, évidemment, des destructions sauvages à intervalles réguliers, sous un prétexte forgé pour manipuler l'opinion publique du moment, afin d'en retarder le développement économique, social, technologique et culturel.

Telle est sa politique depuis la chute de l’Empire Ottoman, conséquence de son alliance avec l’Allemagne lors de la première guerre mondiale.

 

L’actuel scénario du montage d’une "coalition" présenté comme une réponse, ou une salutaire réaction, face à l’émergence imprévue d’une entité vouée au terrorisme dans la région, un cas de force majeure contraignant "la civilisation" à affronter "la barbarie" dans une vertueuse "légitime défense", n’est donc qu’une hypocrisie.(5)  Habituelle aux aventures et spoliations coloniales : identiques "logique prédatrice" et engrenages de la violence, seuls argumentaire ou rhétorique de la justification évoluant avec le temps.

Spécifiques à la région, nous retrouvons au fil des décennies les composantes immuables de cette stratégie :

 

 i)  Une stratégie de dépeçage depuis longtemps parfaitement définie, méthodiquement appliquée, et expliquée dans une multitude de documents

 

Rappelons le plus explicite, et le plus diffusé, de ces documents sur les opérations militaires et prédatrices en cours. Exposant, dès 1982, les objectifs et les priorités, celui d'Oded Yinon,  A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (6)

 

Tout particulièrement, sa section numéro 22 :

« Le démembrement total du Liban en 5 provinces sert de précédent pour l’intégralité du monde Arabe y compris l’Egypte, la Syrie, l’Irak et la péninsule arabique qui évoluent déjà dans cette direction.

La dissolution de la Syrie et de l’Irak en entités fondées suivant des critères ethniques et religieux telles qu’au Liban, représente l’objectif prioritaire d’Israël sur le front de l’Est.

La Syrie éclatera, suivant sa structure ethnique et religieuse, en plusieurs entités suivant le modèle libanais : un Etat Shiite alaouite le long de sa côte (méditerranéenne), une Etat Sunnite à Alep, un autre Etat Sunnite à Damas hostile à son voisin du nord (alaouite), et les Druzes qui établiront un Etat, peut-être même dans notre Golan, et certainement dans le Hauran et le nord de la Jordanie.

Cette configuration sera la garantie de la paix et de la sécurité dans la région sur le long terme, et cet objectif est actuellement à notre portée. »

 

Cela fait donc plus d’une trentaine d’années que ce modèle stratégique est implacablement imposé à la région, avec actuellement un mouvement d’accélération comme on l’a vu, après la destruction de l’Irak (1,5 million de morts et l’intégralité de ses infrastructures détruites pour "apporter la démocratie"…) : partition du Soudan (pour s’emparer d’une des plus riches régions de la planète en uranium : le Darfour), éclatement de la Libye, guerres civiles à plus ou moins fortes intensités entretenues en Afghanistan, Egypte, Pakistan, Syrie etc.

 

Avec des actualisations permanentes ainsi que l'expose, le fait étant exceptionnel il est bon de le souligner, avec  une rigoureuse lucidité un chercheur sur le Moyen - Orient et l’Asie Centrale, Mahdi Darius Nazemroaya, dans un article sur le projet américano-sioniste du « Nouveau Moyen-Orient », publié le 14 juin 2014 [Plans of Redrawing the Middle-East : The Project for a "New Middle-East"]. Une mise à jour de ses premières constations et recherches éditées en novembre 2006, à partir du constat de la "pulvérisation" de l’Irak par les occidentaux. (7)

 

Le projet de "dépeçage-prédation" du Moyen-Orient a été, aussi, l’occasion de publications de cartes détaillées.

 

La plus connue étant celle du Lieutenant-colonel Ralph Peters, publiée pour la première fois dans l’officielle revue des forces armées américaines, en juin 2006 : "Armed Forces Journal". Considérée comme une véritable "Bible" dans la formation des "propagandistes" (médias, politiciens et monde académique), et des Etats-majors occidentaux tels que ceux du "NATO’s Defense College", de la "National War Academy", etc. (8)

 

Ainsi des apprentis-sorciers, depuis leurs bureaux climatisés, analphabètes des civilisations de la région avec leur Histoire millénaire, de l’évolution des Nations et la coexistence séculaire de leurs peuples, avec leurs langues, leurs religions, leurs traditions, leur volonté d’indépendance, de souveraineté, d’exploitation autonome de leurs richesses nationales, décident : découpages, frontières, qui a le droit de vivre avec qui, et comment.

 

Exerçant le droit de vie et de mort sur ceux qui acceptent, ou refusent, leurs délires mégalomaniaques…

Calife ?...  Moi : Archevêque !

ii)   Fiction d’un "Etat Islamique" pour un double objectif

 

Dans la déclinaison de la stratégie du "dépeçage-prédation", la mise en scène d’un "Etat islamique" diabolisé par les services d’action psychologique et de propagande, présente un double objectif à court et moyen termes :

 

=>  Accélérer la partition définitive de l’Irak et de la Syrie

L’évidence est telle qu’il est inutile d’insister sur ce point, amplement développé par de nombreux observateurs et analystes "sérieux" dans le monde entier. En dehors des médias occidentaux, bien entendu…
 

=>  Préparer la destruction des infrastructures de l’Iran et s’emparer de ses ressources
La préparation de l’opinion publique occidentale à l’attaque de l’Iran (cf. les récentes et  violentes déclarations anti-iraniennes à l'ONU de Cameron et d'Obama) s’élabore, la "baudruche nucléaire" s’étant complètement dégonflée à présent, dans une astucieuse assimilation entre un l’Etat « Islamique » du pseudo "Califat", incarnation de la barbarie sur terre, et la République "islamique" d’Iran.

Méticuleux travail d’analogie, de ressemblance, de similitude, en mesure de provoquer le moment venu les réactions pavloviennes nécessaires pour obtenir la passive acceptation d'une opinion publique conditionnée.

 

Les services de propagande ont déjà créé un groupe terroriste, associé au "calife", le : “Khorasan group” (s’écrivant Khorassan, en français) du nom d’une des plus grandes provinces de l’Iran (scindée en trois, depuis le 29 septembre 2004 : septentrional, méridional et E-razavi), limitrophe de l’Asie Centrale et de l’Afghanistan. (9)

 

Andre Vltchek, évoquant l’idéologie des Croisades du Moyen-âge, le rappelle :

« … Il y a l’Iran à l’horizon et davantage … L’Etat islamique est un implant qui a pour finalité la justification d’une invasion…

[There is Iran on the horizon, and much more… ISIS is an implant, which is now serving as the justification for an invasion]
Ainsi, les Croisés occidentaux, à nouveau et comme ils l’ont fait pendant des siècles, montent leurs chevaux pour répandre la dévastation et la peur partout où ils passent…

[And so the Western crusaders are again, as they had for centuries, riding their horses, spreading devastation and fear wherever they pass] ». (10)


Sauf que l’Iran, à la charnière du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale,  représentera, en cas d’attaque, un échec encore plus dévastateur, et humiliant, que le furent ceux de Corée et du Vietnam pour l’Occident. Une monumentale claque, véritable tremblement de terre, pour les "va-t-en-guerre" occidentaux ! Car, dans sa tactique défensive, l’Iran rendra coup pour coup au-delà de ses propres frontières, à l’encontre de ses agresseurs et, surtout, de leurs complices régionaux.

 

Dans ce cas, dans un effet domino, vont se volatiliser les constructions et échafaudages artificiels fondés sur le partage des débris de l’Empire Ottoman suite à la Conférence de San Remo (avril 1920) et du Traité de Sèvres (10 août 1920) entre les puissances coloniales. Boomerang immédiat : le balayage des Saoud, honnis de tout musulman qui se respecte, et des émirats fantoches.

 

Emergera alors, dans une rapide et flamboyante Renaissance, un Moyen-Orient indépendant et souverain. Invulnérable aux prétentions hégémoniques et diktats impériaux d’un Occident en pleine décadence, aveugle à l’évolution du rapport de forces planétaires. Région constituant, en synergie avec un Grand Maghreb "rénové", un pôle majeur de développement et de paix, aux ressources et compétences complémentaires, dans ce monde multipolaire en cours de formation.

 

iii)   Une stratégie du "dépeçage-pillage" fondée sur l’association entre oligarchies corrompues, locales et occidentales

 

La prédation au Moyen-Orient ne correspond absolument pas aux intérêts des populations locales, c’est évident.

 

Mais, on l’occulte systématiquement dans les analyses, pas davantage pour les populations occidentales. En termes de créations d’investissements et d’emplois productifs, dans un échange équilibré, entre une Europe et un Moyen-Orient prospères et complémentaires, par exemple.

 

Ce pillage est fondé, avant tout, sur l’enrichissement rapide et exponentiel d’une puissante oligarchie occidentale, ultra-corrompue, imbriquée avec la haute hiérarchie politique dont elle détient la réalité du pouvoir. D'où l'immense tendresse des uns et des autres pour les "Paradis Fiscaux"...

 

Avec pour piliers, les " marchands de canons", sans oublier dans leur sillage les "charognards" que sont ces entreprises chargées de "reconstruire" à prix d’or ce que leurs armes ont détruit au préalable. Ni les spoliateurs de services publics se taillant sous couvert de "privatisations bidons", tels des fiefs féodaux, des rentes de situation aux confortables marges (télécoms, audiovisuel, distribution d’énergie, transports publics, financements et crédits, santé, éducation, etc.)…

 

Ce qui explique la parfaite "Bonne Conscience" de nos élites dans la formation d’une "coalition" entre des Etats se revendiquant "démocratiques" et les pires autocraties archaïques de la planète (Saoud et émirats).

 

Quelques pointes d’iceberg dans l’océan de la colossale corruption des oligarchies occidentales  sont repérées ici ou là.

 

Le « Center for Public Integrity », par exemple, a recensé aux USA soixante-dix entreprises et individus qui ont engrangé US$ 27 milliards de commandes de travaux sur ces trois dernières années en Irak et en Afghanistan.

 

Comme par hasard, 75% des bénéficiaires de ces contrats aux marges mirobolantes ont des relations, ou ont servi, via leurs directions ou leurs conseils d’administration, au plus haut niveau des instances dirigeantes des partis au pouvoir, Démocrates ou Républicains, et de la hiérarchie militaire… (11)

 

Fantômas et ses coupeurs de gorge

 

Justifier un tel niveau de prédation, de violence et de dévastation, pour l’enrichissement d’une poignée d’irresponsables, à la personnalité structurée par une mentalité coloniale remontant au Moyen-Âge, exige un implacable appareil de propagande et de répression à l’encontre de leurs propres concitoyens. C’est, en effet, les forcer à admettre l’exact opposé des valeurs démocratiques ou humanistes affichées par l’Occident.

 

Ces entreprises de manipulation ou de neutralisation ne cessant d'être perfectionnées, notamment sur trois vecteurs complémentaires :

 

i)   Une lente et inexorable suppression des libertés publiques

 

Ces mises en scène répétées  de "terrorisme islamique" n’ont pas pour simple utilité la justification de l’usage de la violence armée de l’Occident au Moyen-Orient, mais aussi l'acceptation de leur propre asservissement par les populations des pays occidentaux à l’égard de leurs oligarchies :  forger une menace domestique, servant à justifier l'expansion continue d’une surveillance de chaque citoyen dans ses libertés les plus élémentaires (" … and at home to foment a manufactured domestic threat, used to justify the unprecedented expansion of invasive domestic surveillance"). (12)

 

Les sociétés occidentales, sous ce prétexte, se transformant en Etats policiers auxquels rien n’échappe, sans aucune protection judicaire : communications téléphoniques privées, usage d’Internet, etc. Aboutissant au contrôle complet des opinons publiques, dès la source : celle de l’expression quotidienne du simple citoyen.

 

L’exemple le plus frappant de cette dérive est l’Australie, dans l’hémisphère sud à plus de 20.000 km du Moyen-Orient, en proie actuellement à une psychose du "terrorisme djihadiste", avec rafles policières dans l'hystérie médiatique de "terroristes" présumés, dont on ne voit jamais les visages, dont ne connait ni les noms, ni les motivations ou  intentions…

 

Pays où, tout récemment, le Sénat vient de mettre en place de nouvelles lois anti-terroristes pour amplifier la suppression des libertés publiques. En fait, au-delà des apparences, est particulièrement visé le droit de critiquer le gouvernement, non pas sur sa politique étrangère, mais sur sa politique économique et sociale. (13)

 

ii)   L’instrumentalisation des instances internationales

 

La Force supplante le Droit. Au nom de la "guerre contre le terrorisme", tous les systèmes de régulation des relations entre pays, relevant du droit International, sont niés : vols armés ou bombardements à l’intérieur de pays sans leur consentement, au mépris de leur souveraineté nationale, Conventions de Genève sur la protection des populations civiles, Charte de l’ONU qui impose le dialogue et le respect entre les nations, condamnant le seul usage de la violence, etc.

 

L’ONU, le « machin » comme le surnommait Charles de Gaulle, se délite ainsi dans le ridicule. Incapable de se réformer, il sera inévitablement remplacé dans le cadre de la formation du monde multipolaire. Pour finir en estrade d’où seront lancés, dans l’indifférence du reste de la planète, les anathèmes des oligarques occidentaux enfermés dans leur mégalomanie…

 

 

iii)  Une islamophobie délirante

 

L’islamophobie atteint des niveaux de propagande délirants. A écouter la propagande ce sont des milliers de jeunes musulmans qui partent de l’Europe pour rejoindre le "Calife" ou ses émules. Pour l’argent saoudien ou qatari ? Pour le zèle religieux ? Vrais ou faux Musulmans ? Combien partent, combien reviennent ?...

On ne le saura jamais. On n’en connaîtra, là encore, ni les noms, ni les motivations, ni les circonstances de recrutement. Ils ne seront jamais jugés publiquement. Pourtant, nous vivons dans des démocraties qui ignorent les tribunaux secrets ou d’exception…

 

A croire que nous habitons un monde "virtuel". Les « faits » n’existent pas. Seule la « représentation » souhaitée par nos oligarchies  est voulue, instaurée, "réelle"…

 

« Triomphe de la propagande », écrit Ben Schreiner. Oui.

 

A tel point que le "Calife", Fantômas et ses seconds couteaux, avec leurs atrocités, semblent appartenir à une autre galaxie. Avec leurs atrocités, décapitations et égorgements, via Internet, Facebook ou Twitter. Moi qui éprouve souvent les plus grandes difficultés à envoyer des messages à partir de gares ou d’aéroports, apparemment depuis les déserts d’Irak ou de Syrie, ces magiciens de l’horreur arrivent à mettre en ligne des vidéos…

 

Bizarre…

 

Comme s’ils remplissaient un contrat selon un cahier des charges prédéfini. A présent, pour justifier des aventures militaires et coloniales, il convient de décapiter ou égorger un ressortissant du pays à l’opinion publique réticente ou hésitante… Permettant de s’écrier, la main sur le cœur, dans l’émotion et l’indignation : « Trop c’est trop ! »…

 

La Raison d’Etat, avec ses services spéciaux, n’a en effet pas d’état d’âme lorsqu’il s’agit d’arriver à ses fins.

 

Jusqu’où va-t-on aller ?... Car, de plus en plus, cela ne trompe personne. (14)

 

 

"Calife" …

 

Si cette guignolade, foire aux crédulités imbéciles, n’était aussi sanglante et dévastatrice, on se prendrait presque à s’autoproclamer, dérision ultime, dignitaire religieux. Par exemple : "Archevêque" !

 

Pourquoi "Archevêque" ?...  Peut-être, en raison de ses premières lettres : « Ar » …

 

Comme :

 

« Arnaque »…

 

 

 

 

 

1.  Le Cour Grandmaison, Olivier, Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004, p. 158-159, note 1.
Cf. l’article : Et, Un Tonneau d’oreilles !... Un !..., Georges Stanechy, 6 septembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html

2.  Pepe Escobar, Obama’s "Stupid Stuff" turned upside down [Les "Trucs Débiles" d’Obama partent en vrille], Asia Times, 18 septembre 2014,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-180914.html
3.  Garikai Chengu, The War on Terrorism is Terrorism – How the US Helped Create Al Qaeda and ISIS [Le Terrorisme c’est la "Guerre Contre le Terrorisme" - Comment les USA ont contribué à créer Al Quaida et l’ISIS], CounterPunch, 19-21 septembre 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/09/19/how-the-us-helped-create-al-qaeda-and-isis/
4.  Garikai Chengu, Op. Cit.
5.  Garikai Chengu, Op. Cit.

6.  Georges Stanechy, Syrie : A l’Attaque, 4 septembre 2013,
http://stanechy.over-blog.com/syrie-a-l%E2%80%99attaque

7.  Mahdi Darius Nazemroaya, Plans for Redrawing the Middle-East : The Project for a “New Middle East”, Global Research, 14 juin 2014 (première publication novembre 2006),
http://www.globalresearch.ca/plans-for-redrawing-the-middle-east-the-project-for-a-new-middle-east/3882

8.  Mahdi Darius Nazemroaya, Op. Cit.
9.  Pepe Escobar, Operation Tomahawk The Caliph, Asia Times, 24 septembre 2014,
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-240914.html

10.  Andre Vltchek, Syria – The Latest Crusade (Syrie : La Dernière Croisade), CounterPunch, 26 septembre 2006,
http://www.counterpunch.org/2014/09/26/syria-the-latest-crusade/

11.  Evan Taylor, Blood, Oil and the Geopolitics of the Gulf [Géopolitique du Golfe : du Sang et du Pétrole], CounterPunch, 22 septembre 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/09/22/blood-oil-and-the-geopolitics-of-the-gulf/

12.  Andre Vltchek, Op. Cit.
13.  Crackdown on freedoms ?  Australian Senate passes draconian  anti-terror laws [Eradication des libertés ? Le Sénat Australien adopte des lois "anti-terreur" draconiennes], RT News, 26 septembre 2014,
http://rt.com/news/190760-australia-spy-laws-freedom/

14.  Abdelkader Dehbi, Qui cherche à ouvrir la Boîte de Pandore à Alger ?, AlterInfo,
http://www.alterinfo.net/Qui-cherche-a-ouvrir-la-boite-de-Pandore-a-Alger_a106490.html

Illustrations :
-  Caricature du Brésilien Carlos Latuff
-  Carte du projet « Nouveau Moyen-Orient » par le Lieutenant-colonel Ralph Peters

 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 20:45

 

 

 

Réélection de Netanyahu, le « Yes We Can » local.

 

Et, futur « Prix Nobel de la Paix »...

 

Son nouveau programme de gouvernement :

 

 

i)   Politique "extérieure"...

 

 

 

hakbari20130121133318323.jpg

 

 

 

 

ii)   Politique "intérieure"...

 

israel-gaza-oppressor-oppressed.gif

 

Analyses du Brésilien Carlos Latuff

 

 

 

 

 


 


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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:30

 

 

"You cannot manage what you do not measure"

"Vous ne pouvez gérer ce que vous ne pouvez évaluer"

(Dicton "managérial" très prisé des gourous « Businessques » anglo-saxons…)

 

 

 

 

La Comédie Humaine … 

 

Kate Middleton, Duchesse de Cambridge, et son époux, un des héritiers de la couronne britannique, ont assigné en justice, dans plusieurs pays, journaux et magasines pour avoir publié les photos de cette éminente personnalité : en monokini ou "topless", suivant l’expression technique des médias « people »…

 

Le retour de bâton pour "crime de lèse-majesté" est immédiat.

 

Ainsi, Michael O'Kane, directeur du quotidien irlandais Irish Daily Star, vient d’être mis au chômage pour avoir publié les dites photos. Encore mieux : un de ses propriétaires milliardaires, Richard Desmond, est tellement furieux qu’il vient d’annoncer à la BBC prendre toutes les dispositions nécessaires pour fermer définitivement le journal :

 "… taking immediate steps to close down" !

 

Ce seront 120 personnes, actuellement employées, qui vont se retrouver sur le pavé. Non compris le directeur, déjà viré. (1)

 

La France, toujours en pointe dans la défense de "La Dignité de l’Homme et de la Femme", vient d’interdire, par décision de justice, toute publication des dites photos à compter du 18 septembre. Elles y avaient, en effet, été introduites par le magasine "Closer", filiale du groupe de presse italien Mondadori, propriété de l’ex-premier ministre Silvio Berlusconi. Qui les avait publiées en Italie dans son média à sensations intitulé : "Chi"…

 

En contrepoint de ce cabotinage burlesque, se déchaîne dans les pays occidentaux une colossale campagne islamophobe sur fond de "films", "caricatures", "documentaires", "débats". Propagée, amplifiée, par tous les gouvernements et médias, unis dans une mobilisation sans faille.

 

Au nom de la « liberté d’expression », travestie en « liberté d’insulter » dans une totale impunité, l’incitation à la haine religieuse se déchaîne à nouveau. Dès lors qu’il s’agit de diaboliser : l’Islam.

 

Rien de neuf depuis les Croisades. Le curseur de l’inconscient collectif occidental reste bloqué au X° siècle…

charlie-hebdo-publisher-charbIllustration du Brésilien Carlos Latuff sur les caricatures islamophobes de Charlie Hebdo

 

 

Une opération méticuleusement planifiée

 

Que dissimule l’épandage de ces gaz toxiques, enfumant les opinions publiques en Occident ? Fanatisme encouragé, banalisé.

 

Inadmissible, au regard de l’intelligence et du sens des responsabilités.

 

Les enjeux ou défis, posés par la gestion anarchique de notre planète quant à ses perspectives de développement pour une population qui va atteindre prochainement 9 milliards de personnes, sont plus qu’urgents à maîtriser : alimentation, accès à l’eau potable, santé, éducation, emplois, ressources, protection de l’environnement en dégradation exponentielle… S’il y a information, mobilisation d’une opinion publique et de ses relais de décision, c’est avant tout sur ces domaines prioritaires qu’il conviendrait d’agir. (2)

 

Illégal, au regard des législations dans nos différents pays.

 

En France, la loi n° 92-1336 du 16 décembre 1992, entrée en vigueur en 1994, renforçant les dispositions du Code Pénal, dispose clairement, expressément, dans son article 246 (3) :
« Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement. »

 

Mais, en France, au vu du privilège de l’impunité dont jouissent certaines catégories de diffamateurs et d’incitateurs à la haine : “La Loi” n’est pas la même pour tous. En son temps, Jean de la Fontaine, dans sa fable Les Animaux malades de la peste, dénonçait déjà l’exercice d’une Justice à géométrie variable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

 

Israel criticism not allowed by latuff2Interdit de blasphémer

 

En fait, s’agissant d’une opération de propagande, il est évident que la Fonction Judiciaire est paralysée par un Racisme d’Etat institutionnalisé. Alors qu’elle est organisée par la nomenklatura au pouvoir, détenant tous les médias, avec en pointe les radios et TV du "Service Public" (la TV franco-allemande, dite "culturelle", ARTE se distinguant par son implacable acharnement...), quel procureur au nom de la protection de notre collectivité et de l’ordre public, s’aventurerait à demander des comptes et l’application de la loi aux propagateurs de la “haine islamophobe” ?

 

Bien sûr pour se donner bonne posture, on gommera le mot « haine », le remplaçant par « peur ». « Je ne hais pas l’Islam », « j’ai peur de l’Islam ». Et, le tour est joué. Avec les applaudissements médiatiques.

 

Rien d’étonnant dans ces conditions, pathétique fond de poubelle audiovisuel de racisme imbécile, d’assister à la prestation d’une actrice bas de gamme invitée sur tous les plateaux de radio et de TV, journalistes et présentateurs complices, comme s’il s’agissait d’une éminente théologienne ou islamologue.

 

A l’égal de femmes à la dimension intellectuelle et spirituelle d’une Denise Masson. De confession chrétienne, qui a écrit des ouvrages empreints d’un immense respect pour l’Islam, se livrant même à une des meilleures traductions en français du Coran. Ou, encore, d’une Eva de Vitray Meyerovitch, convertie à l’Islam à la suite d’années d’études et de méditations sur les textes fondamentaux de ses plus grands penseurs, philosophes, mystiques et poètes.

 

Et, l’entendre affirmer son « islamophobie ». Avec la bonne conscience de son abyssale inculture et de son infinie stupidité. Avec, surtout, l’assurance de son impunité. (4)

 

Ces opérations méticuleusement planifiées, à partir de provocations astucieusement agencées et mises en scène, recourent en permanence aux mêmes ficelles, clichés et procédés. Enième répétition de ces campagnes  de propagande au matraquage entretenu par d’énormes moyens financiers. L’objectif premier étant de fanatiser les opinions occidentales, tout particulièrement en France, à intervalles réguliers. (5)

 

La diabolisation de l’Islam ayant pour finalité, évidemment, la justification de toutes les prédations et violences commises par l’Occident dans les pays musulmans. S’ajoutant, à présent, la préparation et le prochain déclenchement d’une guerre de grande ampleur à l’encontre de plusieurs pays musulmans, dont l’Iran représente la cible majeure.

 

Manière, aussi, de faire comprendre aux communautés musulmanes d’Europe et d’Amérique du nord (Canada & USA) qu’il leur sera impitoyablement interdit de protester et d’émettre la moindre opinion contradictoire. Quel que soit le niveau et le genre de violences, présentes ou à venir, infligées par l’Occident aux pays musulmans dans le monde. Libertés d’expression et de réunion, traditionnellement garanties dans les Constitutions de nos pays "démocratiques", ne s’appliquent pas dans ce cas précis…

 

L’intellectuel britannique Rodney Shakespeare (6) nous invite à regarder au-delà de ce rideau de fumée. Percevoir coulisses et acteurs de l’opération de fanatisation des opinions publiques occidentales et d’intimidation des communautés musulmanes vivant dans les pays occidentaux, du Canada à l’Australie en passant par l’Europe (7) :

« Cela fait partie de l’assaut général de l’Occident contre l’Islam avec pour cible d’affaiblir tous les Etats musulmans afin qu’aucun d’entre eux ne puisse se dresser contre l’expansion continuelle d’Israël.

Mais, d'autres forces incitent l’Occident à la guerre et elles sont encore plus puissantes que l’habituel désir d’humilier et détruire l’Islam. Forces financières et économiques, aux effets d’autant plus destructeurs que leur pouvoir de décision est prédominant. »

 

Nuclear Israel by Latuff2

"L’Iran est une menace pour la paix"

 

 

Un bellicisme halluciné

 

Le dernier point soulevé par Rodney Shakespeare est fondamental. 

 

Ce ne sont plus seulement les lobbies du complexe militaro-industriel  qui veulent la guerre. Mais, encore plus virulents, implacables, dans leurs incantations quotidiennes : les « forces financières et économiques ». Quelques brefs exemples d’articles et déclarations provenant, ces jours-ci, des centres de décision de ces milieux : Londres, Tel Aviv et Washington/New York.

 

Signe fort, venant tout juste d’être lancé depuis la City de Londres, regroupant l’essentiel de la finance et de la spéculation internationales, via son hebdomadaire de référence : The Economist.

 

C’est, principalement, à partir de ce média que sont lancées approbations et directives des "forces financières et économiques", reprises dans les pays occidentaux en copié-collé, par journalistes et chroniqueurs traitant de l’Economie. Tout spécialement en France, avec une piteuse servilité. Soutenant avec férocité, outre les guerres coloniales et dictatures dans les pays musulmans et ailleurs, tous les programmes antisociaux et de démantèlement des services publics dans nos propres pays.

 

Dans son édition du 15 septembre 2012, The Economist intitule ainsi son éditorial (8) :

« Le gendarme du monde ne doit pas se retirer de la région la plus dangereuse du monde ; au contraire, l’Amérique devrait davantage s’impliquer »

 

Justifiant son raisonnement, en posant comme axiome: le « Dysfonctionnement Arabe » (Arab dysfunction). Expression qui, par son nébuleux conceptuel et son racisme viscéral, évoque celle appliquée à la Chine, « l’Homme malade de l’Asie », lors de son occupation et pillage par les pays occidentaux pendant un siècle. Les slogans changent cyniquement l’emballage, mais l’hyperviolence coloniale reste identique.

 

S’en suit une ode, dithyrambique, au rôle impérial et militaire des USA, aussi nécessaire dans sa configuration actuelle qu’urgent à développer dans les années à venir :

« … Plus que jamais nous avons besoin des Etats-Unis » (the United States is more needed than ever).

[…] Car, sans eux la Renaissance et la Démocratie dans les pays arabes et musulmans sont impossibles : « … ils restent essentiels à tout progrès » (America will remain essential to progress).

[…] La preuve en est : la réussite de l’implantation de la démocratie en Lybie, due « … en grande partie à la puissance de feu de l’Amérique dès le départ de la campagne contre le régime de Kadhafi » (largely thanks to American firepower at the start of the campaign against the Qaddafi regime).

[…] « … L’Amérique devrait faire davantage au Moyen-0rient, et non pas moins » (America should do more in the Middle East, not less), et clairement suggéré dans l’article une intervention armée et officielle en Syrie avec, sous-entendu, un élargissement de ses actions militaires aux pays voisins : l’Iran, en premier, pour ne pas le nommer.

[…] Avec pour conclusion : « … L’Amérique a tout à gagner en restant au cœur de ce grand éveil », ou Renaissance du Moyen-Orient (America has everything to gain from being at the heart of this great awakening).

Netanyahu Bloodthirsty Pirate by Latuff2Bellicisme, piraterie, et terrorisme

 

Aussi fort, dans le genre « plus fanatique que moi tu meurs », une autre récente déclaration dont on doit tenir compte. Celle d’une éminente personnalité du monde financier et économique : David Paul Goldman.

 

Ancien banquier de Wall Street où il a exercé des fonctions de direction dans les plus grands établissements de la place, en particulier le Département de Recherches de la Bank of America, il appartient à “l’élite” de l’extrémisme sioniste. Participant, avec le titre de Visiting Fellow, aux travaux d’un des puissants lobbies de cette mouvance, le : Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA).

 

Collaborant à plusieurs sites et médias, il vient de publier dernièrement sous son pseudo “Spengler”, dans le très sérieux Asia Times de Hong Kong, un article daté de Tel Aviv – 18 septembre 2012, intitulé (9) :

« Une guerre totale au Moyen-Orient serait aussi bien »

(All-out Middle East war as good as it gets)

 

Faisant l’apologie d’un bombardement des installations nucléaires iraniennes par Israël, qui d’après lui serait d’une grande facilité militaire et technique, avec en toile de fond la destruction du sud Liban et de l’Iran, il n’hésite pas à prétendre :

« En l’absence d’un leadership Américain imposant ses intérêts stratégiques dans la région, Israël pourrait ainsi sauver les Etats-Unis »…

 

Le plus saisissant dans cette rhétorique est l’absolu mépris, confit de racisme, à l’égard du monde Musulman :

« A long terme, il n’y a aucun raison d’être optimiste pour le monde Musulman. Il contient deux groupes de pays : ceux qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants comme l’Egypte, et ceux qui ont arrêté d’en avoir comme l’Iran, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie.

Les nations Musulmanes semblent passer directement de l’enfance à la vieillesse, sans transiter par l’âge adulte, d’un monde prémoderne à un monde postmoderne … ».

 

Insinuant ainsi, devant cet état de décomposition, sinon de faiblesse absolue : nous avons les mains libres pour faire ce que bon nous semble… Autre “non-dit” : l’attaque du Pakistan pour s’emparer de son arsenal nucléaire qu’il avait édifié pour faire face aux menaces de l’Inde. Les idéologues occidentaux de l’instauration du chaos dans les pays Musulmans estimant qu’aucun d’entre eux ne doit être en possession non seulement de "l’arme nucléaire", mais aussi du "savoir nucléaire".

Assertion, permettant à David Goldman de formuler cyniquement sa conclusion :

« Il n’y a rien à attendre de la plupart des pays Musulmans, si ce n’est de les voir s’enfoncer calmement dans un irréversible déclin.

Une guerre totale dans la région se produira tôt ou tard. Autant l’entreprendre sans tarder. »

Obama and Iran by Latuff2

 

 

Bellicisme diplomatique

   

Cette logique de guerre, méthodiquement déclinée par The Economist ou David Goldman, n’est pas à prendre à la légère. D’autant plus qu’elle vient d’être confirmée par l’ancien ambassadeur américain en Israël, occupant cette fonction à deux reprises : Martin Indyk.

 

Personnalité plus qu’influente pour avoir exercé, et exercer, parallèlement à ses fonctions diplomatiques officielles, les plus grandes responsabilités dans les principaux lobbies de l’extrémisme sioniste. Parmi les plus connus : American Israel Public Affairs Committee(AIPAC), Washington Institute for Near East Policy, et le Brookings Institution dont il est l’actuel directeur du programme pour « les Affaires étrangères ». Il a enseigné dans plusieurs établissements universitaires, dont le Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies, à Tel Aviv University.

 

Lors d’une table ronde organisée tout récemment par la chaîne américaine CBS, il annonce l’engagement militaire des USA contre l’Iran d’ici 6 mois, début de l’année 2013. En fait, après l’intronisation officielle du président élu, au mois de novembre, qui se tiendra fin janvier prochain (10) :

« … Je crains que 2013 ne soit l’année au cours de laquelle nous aurons une confrontation militaire avec l’Iran »

(I am afraid that 2013 is going to be a year in which we’re going to have a military confrontation with Iran).

 

 

La prédiction de Sun Tzu

 

Ce concentré de fanatisme, d’irresponsabilité, de délire guerrier, peut laisser pantois. Le plus sidérant étant la démesure de cette mégalomanie de dimension intergalactique ! Emanant d’une caste, d’une oligarchie, prétendant modeler le monde, ses peuples et nations, dans l’hyperviolence et le mensonge.

 

Imbus de leurs féroces sentiments de supériorité : « Nous, Maîtres de l’Univers ».

 

Toutefois, l’ambiance hystérique se dégonfle tel un ballon percé, dès que l’on prend du recul quant à cette idéologie dominante, forgée par des psychopathes sanguinaires. Ne serait-ce qu’en feuilletant le Traité de Stratégie de Sun Tzu, remontant à 5 siècles avant notre ère : “L’Art de la Guerre”. (11)

 

Mélange de réflexions, stratégiques, tactiques mais, surtout, pétries d’une profonde sagesse. Encore faut-il, dans un effort d’exégèse, franchir le seuil du texte dont le simplisme ou l’hermétisme, apparents, peuvent dérouter de prime abord. Les 13 courts chapitres du Traité de Sun Tzu, 2500 ans plus tard, sont d’une étonnante modernité. (12)

 

Surprenant. Il n’est pas étudié dans les écoles militaires “OTANesques”, de nos jours. Par contre, il est mis à toutes les sauces dans les manuels de gestion d’entreprises et d’organisations, surtout anglo-saxons. Où, sa pensée est vigoureusement mise en bouillie par des théoriciens, pondant à intervalles réguliers des ouvrages de “recettes managériales” du niveau “romans de gare”.

 

Il est vrai que dans les Ecoles Militaires occidentales, on n’y enseigne, actuellement, ni la géopolitique, ni la stratégie. Dans la rigueur méthodologique, l’observation factuelle, historiques, géographiques, sociologiques, culturelles, qui devraient en constituer l’essence. Mais, uniquement : “l’idéologie”.

 

Celle déversée par les Think Tanks US. Sous sa forme unique : impériale ou coloniale. Ce qui revient au même. Dans son expression unique, on n’ose pas dire sa “pensée unique” :

« Comment s’emparer des richesses et ressources de plus faible que soit après l'avoir, au préalable, diabolisé ».

 

Targeting Iran nuclear program by Latuff2

 

Les USA ciblant le programme nucléaire civil de l’Iran, avec inscrit sur le pot de peinture : "Lies" (mensonges, en anglais)

 

 

Si Sun Tzu était lu, et surtout étudié. Encore mieux, s’il pouvait donner conférences et séminaires dans les Ecoles Militaires et Cercles Diplomatiques, en lieu et place des ignares propagandistes de l’idéologie dominante... Il déclinerait les erreurs élémentaires des nomenklaturas au pouvoir, souhaitant la guerre.

 

Samuel Griffith en a extrait la substantifique moelle, rappelant combien Sun Tzu (13):

« … considère le facteur moral et intellectuel ainsi que les circonstances de la guerre comme plus importants que l’élément matériel et il recommande bien aux rois et aux chefs d’armée de ne pas se fier à la seule puissance militaire ».

 

Provoquer une guerre au Moyen-Orient serait cumuler des aberrations fondamentales, d’après Sun Tzu. Au minimum, à 6 niveaux d’approche en interaction (14) :

 

i)  Légitimer une guerre

« Si ce n’est dans l’intérêt de l’Etat, n’agissez pas. Si vous n’êtes pas en mesure de réussir, n’ayez pas recours à la force armée. Si vous n’êtes pas en danger, ne vous battez pas ». (XII-17-244)

 

Aucun pays du Moyen-Orient n’attaque, ne bombarde, ne massacre, n’occupe militairement, ne spolie ou ne pille, un quelconque Etat occidental. C’est le contraire qui se déroule, depuis des décennies.

 

ii)  Surestimer ses moyens

« Dans la guerre le nombre seul ne procure aucun avantage. N’avancez pas en vous reposant exclusivement sur la puissance militaire ». (IX-45-211)

 

En actualisant, on constate que les Etats occidentaux sont aveuglés d’arrogance par leur “puissance technologique”. L’arraisonnent électronique, par l’Iran, du drone le plus perfectionné de l’arsenal des USA en est un parfait exemple.

 

Avoir des satellites de surveillance et d’écoute, ainsi que s’en vante l’OTAN : c’est bien. Connaître la marque de bière préférée et l’anxiolytique quotidien de chaque commandant de base de l’OTAN, comme la Résistance Afghane le pratique : c’est encore plus performant.

 

iii)  Sous-estimer l’adversaire

Deux principes à méditer :

« Connaissez l’ennemi et connaissez-vous vous-même ; en cent batailles, vous ne courrez jamais aucun danger ». (III-30-150)

« […] Celui qui manque de prévoyance et sous-estime son ennemi sera certainement pris [vaincu] par lui ».  (IX-46-212)

 

Prenons pour exemple le désastre militaire occidental en Afghanistan.

 

Les pays de l’OTAN n’ont rien compris au pays et n’ont même pas cherché à le connaître. Murés dans leur racisme, leur fanatisme « d’Etre supérieur ». Le mépris pour le pays et son peuple. Comme dans toute guerre coloniale. De la propagande jusqu’aux opérations militaires. Outre les massacres barbares de villageois et de fêtes de mariages, ce sont des Corans brûlés publiquement sur la base de Bagram, des cadavres de résistants sur lesquels des soldats hilares urinent devant les caméras, etc.

 

Ce peuple de valeureux guerriers, depuis la nuit des temps, vient de donner à l’OTAN la semaine dernière, 14 septembre 2012, une des plus extraordinaires leçons d’opération-commandos de l’histoire militaire. (15) Après 11 ans d’occupation atroce. Dans le silence de nos médias, bien entendu…

 

Là, il ne s’agit pas de voyous jouant les Rambo en débarquant de nuit dans des villages pour en massacrer le responsable et sa famille qu’on fera passer pour un “commandant”, ou encore attaquer une villa pour y tuer un vieillard malade et reclus qu’on présentera en Grand Méchant Loup.

Non. C’est une "action commando" de très haut niveau de conception et d’exécution. Et, aussi, de courage exceptionnel. 

 

Une douzaine de Résistants Afghans ont pénétré sur une des plus grandes bases militaires de l’OTAN dans le monde : "Camp Bastion", dans la province de Helmand, contenant entre 20000 et 30000 hommes, suivant les périodes.

 

Franchissant de nuit tous les systèmes de surveillance électronique et d’armes automatiques. Détruisant 8 chasseurs-bombardiers Harrier, en endommageant autant. Faisant sauter trois dépôts-stations de carburant pour avions, hélicoptères et véhicules. Détruisant au passage camions et dépôts de munitions. Les soldats de la garnison paniqués ont passé le reste de la nuit, avec leurs lunettes de vision nocturne, à se mitrailler entre eux au milieu des incendies et des fumées de carburants…

 

J’espère qu’un jour le cinéma Afghan réalisera un film sur l’exploit de ses Résistants.

 

iv)  Attaquer une Nation qui n’attaque personne  

Une Nation attaquée sur son territoire, injustement, illégalement au regard du droit international, dès lors qu’elle a les moyens de se défendre, est imbattable. Ainsi que le rappellent deux des principes de Sun Tzu :

« Celui qui occupe le terrain le premier et attend l’ennemi est en position de force ». (VI-1-169)

« Un terrain sur lequel l’armée ne peut survivre qu’en se battant avec l’énergie du désespoir est dit “mortel” [pour l’assaillant ou l’envahisseur] ». (XI-10-225)

 

v)  Se croire invulnérable

« Un terrain où l’on accède par un goulot, d’où l’on sort par des voies tortueuses, et permettant à une force ennemie réduite de frapper la mienne plus importante est appelé “encerclé” ». (XI-9-225) 

 

La flotte de l’OTAN jouant à L’Invincible Armada, s’entassant dans dans la nasse qu'est le Golfe Persique après avoir franchi le Détroit d’Ormuz, loin d’être une démonstration de force, est une démonstration d’imbécillité.

 

vi)  Ne pas anticiper l’évolution d’un contexte

« De même que l’eau n’a pas de forme stable, il n’existe pas dans la guerre de conditions permanentes ».  (VI-29-177)

 

Un contexte peut évoluer très vite. Une guerre dite “régionale” devenir une guerre “mondiale”.

 

Exemple. Lors de la Guerre de Corée (1950-1953), les occidentaux, munis d’un mandat de l’ONU (la Russie boycottant le Conseil de Sécurité du fait de leur refus d’y admettre la Chine Continentale – seule l’ile de Taïwan était considérée comme étant la Chine), pensaient occuper la Corée du nord jusqu’à la frontière chinoise. Et même, au-delà...

Mandat de l’ONU ou pas, menacés de la bombe atomique par le général Mc Arthur, les Chinois qui n’avaient aucun moyen (ni aviation, ni matériel lourd, ni bombe atomique) au sortir de la guerre contre le Japon et la lutte contre les occidentaux, sous forme d’une guerre civile, derrière Tchang Kaï-chek (réfugié à Taïwan après sa défaite), ont envoyé au combat 250000 hommes pour faire entendre raison à l’Occident…

 

 

Ainsi, vous voulez une guerre ?... Y tenant, absolument !

 

Vous croyant dans un restaurant, confortablement installés, serviette nouée autour du cou, cigare dans vos pochettes en soie assorties à la couleur de vos chaussettes… Vous avez même choisi dans le menu :

« Régionale » !...

 

« Régionale », dites-vous ?... Pourquoi pas ?... Ça fleure bon le terroir…

 

Comme vous l’annoncerait Sun Tzu :

« Vous allez être servis !... »

 

 

 

 

 

 

(1)  "Topless Kate pics leave Irish Daily Star editor job hunting", RT, 18 septembre 2012, http://rt.com/art-and-culture/news/editor-kate-topless-photos-395/
(2)  Voir les interorgaions alarmantes de quelques éminents chercheurs : http://video2.ted.com/talk/podcast/2011G/None/PavanSukhdev_2011G-480p-fr.mp4, ou encore : http://www.ted.com/talks/lang/en/johan_rockstrom_let_the_environment_guide_our_development.html
(3)  “LOI no 92-1336 du 16 décembre 1992 relative à l'entrée en vigueur du nouveau code pénal et à la modification de certaines dispositions de droit pénal et de procédure pénale rendue nécessaire par cette entrée en vigueur”,

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000177662&categorieLien=id
(4)  "Véronique Genest se déclare « islamophobe » ", Voici, 18 septembre 2012, http://www.voici.fr/news-people/actu-people/veronique-genest-se-declare-islamophobe-465850
(5)  Le sujet a maintes fois été abordé dans ce blog. Voir, en particulier :

=>  L’islamophobie : le Cancer de l’Europe (11/02/2007)
=>  L’infanticide, “preuve extrême de la violence du judéo-christianisme” ? (05/09/2010)
=>  Charlie Hebdo : Pétard Mouillé (10/11/2011)
(6)  Rodney Shakespeare est un économiste-chercheur-enseignant en « Binary Economics », immense domaine d’études sur une refonte du système économique actuel. A l’état embryonnaire en France, du fait du barrage médiatique et académique sur ce type de réflexion…

Admirable humaniste, il est un ardent défenseur de “La Dignité Humaine”. A ce titre, parmi toutes ses activités et responsabilités :
=> cofondateur du Global Justice Movement (www.globaljusticemovement.net)
=> membre du Christian Council for Monetary Justice (http://www.ccmj.org/members/)
=> président du Comité contre l’usage de la torture au Bahreïn (Chair of the Committee Against Torture in Bahrain)
(7)  Rodney Shakespeare, "Zionists, US launch all-out war on Islam", Press TV, 18 septembre 2012, http://www.presstv.ir/detail/2012/09/17/262075/uszionists-escalate-onslaught-on-islam/

(8)  “The world’s policeman must not retreat from the world’s most dangerous region; indeed America should do more”, The Economist, 15 septembre 2012, http://www.economist.com/node/21562914

(9)  Spengler (David Paul Goldman), “All-out Middle East war as good as it gets”, Asia Times, 18 septembre 2012, http://www.atimes.com/atimes/Front_Page/NI18Aa01.html

(10) “US will strike in early 2013 – Former American ambassador to Israel”, RT, 17 septembre 2012, http://rt.com/usa/news/us-iran-2013-israel-361/

(11)  Sun Tzu, “L’Art de la Guerre”, préface et introduction par Samuel Griffith, éditions Flammarion, Collection Champs-essais, 2008. 

(12)  Comme pour Homère, des historiens discutent encore pour savoir si le personnage a existé, si le Traité et ses 13 chapitres représentent une compilation de plusieurs auteurs, etc. Je m’en tiens au plus simple, laissant à Samuel Griffith le soin de présenter les différentes hypothèses, Op. Cit.

(13)  Samuel Griffith, Op. Cit., p. 13.

(14)  Les citations renvoient à l’ouvrage de Samuel Griffith (Op. Cit.) : le chiffre romain au chapitre, le chiffre suivant au paragraphe, le dernier à la page.

(15)  “US lost eight jets in worst air loss in one day since Vietnam war”, RT, 17 septembre 2012, http://rt.com/usa/news/us-jets-attack-taliban-343/

 

 

 

 Illustrations de Carlos Latuff. Les caricatures du talentueux Brésilien, publiées dans de nombreux pays, sont visibles sur son site : http://latuffcartoons.wordpress.com/

 

 

 

 

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 19:18

 

 

N.B. Ce billet est la suite du précédent, intitulé Nucléaire Iranien : Fanatisme en 3C.

Il reprend la quasi-intégralité de mon commentaire à la faveur d’un échange de réflexions avec la philosophe Aline de Diéguez.

Scindé en deux du fait de sa longueur (commentaires n° 8 & 9), des lecteurs m’ont demandé de le reprendre en un seul texte pour en faciliter la diffusion éventuelle, du fait d’éléments de compréhension complémentaires qu’il contenait.

Ce que je fais avec plaisir, en l’actualisant de quelques informations, sources et illustrations…

 

 

 

 

Diplomatie des “Traités Peaux-Rouges”

 

Je nourris une vive admiration pour la nouvelle génération des diplomates Iraniens menés par l’actuel, et remarquable, ministre des affaires étrangères Salehi. Ainsi que par son prédécesseur Mottaki, qui sera probablement le futur président de l’Iran, ce que je souhaite.

 

Tous impressionnants par leur vision et leur maîtrise géopolitiques : polyglottes, pluriculturels. Nourris d’une profonde connaissance des nations et de leurs substrats : philosophiques et religieux, historiques, culturels, économiques. En comparaison, les nôtres et leurs sbires sont minables d’imbécillité et de servilité. La Grande-Bretagne n’ayant rien à envier à la France en ce domaine : pathétique William Hague « droit dans ses bottes » de ganache, comme nos Kouchner, Juppé ou Fabius

 

Les diplomates Iraniens s’amusent de la diplomatie des “Traités Peaux-Rouges” (Redskins Treaties) que veut leur imposer l’Empire. Ces tristement célèbres, soi-disant, “Traités de Paix” imposés par les colons européens aux tribus amérindiennes de l’Amérique du nord, lors de l’édification des USA. A l’époque, c’était pour les spolier de leurs terres ancestrales.

 

Le pouvoir colonial signait un “Traité de Paix” pour leur imposer des conditions de partage des terres et des principes de cohabitation. Dès leur signature, ils n’étaient pas respectés par les colons envahisseurs. D’où nouveau conflit, que les nations amérindiennes perdaient, malgré leur héroïsme au combat, du fait du différentiel technologique avec les conquérants. Se concluant par de nouvelles concessions et un nouveau "Traité". Pas davantage respecté que les précédents. Et, ainsi de suite.

 

Incessant, implacable, grignotage. Celui des termites. Jusqu’à l’anéantissement total des Nations Peaux-Rouges, ou leur marginalisation complète. (1) C’est ce qui a été appliqué par l’Occident à la Chine pendant un siècle (1840-1940), et dont on ne parle jamais dans nos livres d’histoire : un “Traité” suivant l’autre pour mieux piller et asservir la Chine. (2) Ou encore tragiquement, de nos jours, depuis plus de 60 ans, même si le contexte est différent, en Palestine. Un “Accord” suivant l’autre… Entre autres exemples.

   Mostafa-Ahmadi-Roshan-Ira-007.jpg

Le chercheur iranien Mostafa Ahmadi Roshan assassiné à l’âge de 32 ans. Son fils Ali Reza.

 

En fait, si les Iraniens renoncent à leurs recherches et développements dans les disciplines de l’atome, il leur sera exigé dès le lendemain exactement l’équivalent dans l’aérospatial (mise en orbite par leurs propres lanceurs de leurs satellites d’observation, de télécommunications, etc.). Car cela, bien évidemment, représenterait de la part d’une nation aux « intentions malveillantes », une « menace inacceptable pour la protection de notre civilisation », et autres fariboles. D’où nouvelles résolutions, nouvelles sanctions, etc.

 

S’ils acceptaient d’y renoncer aussi, ce serait, immédiatement, leurs recherches et développements dans les nanotechnologies qu’ils devraient consentir à éradiquer. Domaine fondamental pour l’avenir scientifique, dans lequel l’Iran est en train de prendre une place d’excellence. Ce qui constitue une « menace insupportable ». Sinon : nouvelles résolutions, nouvelles sanctions, nouvelles menaces. Cela n’arrêterait pas, dans une diabolisation permanente.

 

Les diplomates Iraniens ont parfaitement intégré que leur pays représente le cœur de cible de la domination impériale actuelle. Le “sort” de la Russie et de la Chine venant après la totale domestication du monde arabo-musulman. La “littérature” des Think Tanks US déborde de ces rapports de politique-fiction, ou de prospective-fiction, aussi délirants qu’inquiétants par leur niveau de psychopathie.

 

Mis en perspective géopolitique, les vetos Russe et Chinois, contre l’invasion de la Syrie par les forces occidentales, n’ont donc rien à voir avec le maintien d’une base navale ou d’un marché quelconque pour leur commerce extérieur. C’est un coup de semonce à l’encontre d’une utopie géopolitique que la nomenklatura de l’Empire, imbibée de mégalomanie, se refuse à entendre.

 

 

Culte de l’Assassinat et de la Terreur 

 

Au-delà des guerres économiques et médiatiques qui lui sont imposées sans interruption depuis 1979, l’Iran se prépare donc, minutieusement, à affronter les deux priorités des pays de l’OTAN le concernant :

 

i)  La destruction et le démembrement du pays en régions ethniques, via l’invasion ou la guerre civile “importée” (à partir de leurs bases secrètes de mercenaires en Azerbaïdjan, au Kurdistan irakien et au Baloutchistan pakistanais). Ou les deux à la fois suivant le modèle Irakien ou Libyen.

 

ii)  “L’arriération” du pays, ou le “gap technologique imposé” qui est un axe majeur de l’idéologie occidentale s’appliquant à tous les pays, non seulement arabes mais musulmans dans leur ensemble. Car, les Iraniens ne sont pas arabes, pas plus que les Afghans, ou les Pakistanais.

 

C’est l’élimination programmée de tous les vecteurs des connaissances scientifiques : centres de recherches des universités et chercheurs, hommes ou femmes. Ce qui permet, au passage, à la propagande islamophobe de broder sur l’incompatibilité de l’Islam avec la Science ou la Connaissance …

 

Le pôle de recherche et développement Iranien dans de multiples domaines structurant, avec ses nombreuses femmes scientifiques, le rapide et puissant développement du pays, est prioritairement visé. Plusieurs de ses enseignants-chercheurs ont déjà été assassinés ou, lors de déplacements à l’étranger, enlevés.

 

MIR-Persia.jpg

L’Iranienne Shahrzad Mir-Qolikhan retrouve ses filles jumelles qu’elle n’avait pas vues depuis 5 ans, à  son arrivée le 7 août 2012 à l’aéroport de Mascate (Oman)

 

Dans le meilleur des cas, “l’enlèvement” prend la forme de “l’extradition” aux USA, par des pays complaisants sous un prétexte quelconque. Ce fut le cas emblématique de la scientifique Iranienne Shahrzad Mir-Qolikhan et de son mari. Lui, fut arrêté en Autriche, puis libéré pour insuffisance d’éléments probants. Les autorités US l’accusant de tenter d’obtenir des lunettes de vision nocturne. Ce qu’il a toujours nié, sachant qu’il s’agit d’un matériel courant que n’importe quelle usine chinoise, fabriquant alarmes ou télécommandes à infrarouge, peut fournir par container…

 

Son épouse, fut arrêtée et extradée alors qu’elle était en vacances à Chypre. Condamnée à 5 ans de prison en 2007 au prétexte d’avoir essayé d’acheter en Occident des matériels, ou des “biens et technologies”, dits à « double usage ». Pure affabulation, aucune preuve n’ayant été fournie au tribunal des USA prononçant la condamnation.

 

Un mot sur ce matériel à « double usage ». (3) Invention ubuesque des Inquisiteurs US qui en ont imposé la législation à l’Union Européenne et à ses membres. Chacun s’empressant, dans un zèle moutonnier et servile, d’en assurer l’application. Argutie bureaucratique d’une incroyable stupidité, consistant à élaborer des listes arbitraires, l’arbitraire n’ayant aucune limite dans les interprétations, de matériels considérés comme étant utilisables aussi bien pour un usage civil que militaire, avec ses ramifications réelles ou supposées : terroriste, nucléaire, chimique, bactériologique. Usage autorisé pour les pays occidentaux, mais pas les autres…

 

Autrement dit, ce qui est arrivé à plusieurs chercheurs Iraniens, si vous procédez à des consultations pour l'achat d'un microscope électronique, par exemple, pour des recherches médicales ou géologiques, il pourra vous être opposé que vous le destinez à un usage de prolifération nucléaire ou, encore, pour la conception d’armes bactériologiques. Au libre choix de l’Inquisiteur du moment.

 

Vous nourrissez des "intentions malveillantes", induisant une "capacité de réalisation". Une : "capability". Critère devenu la désignation du sommet du crime, le "sceau du Diable". Vous êtes, en conséquence, un "terroriste" par “intention”, vous menacez gravement l’avenir de la planète.

 

Et, le tour est joué. Vous êtes arrêté, extradé, inculpé, emprisonné. Après, bien évidemment, un tabassage scrupuleux pour s’assurer de la réalité de vos "intentions malveillantes", si elles ont manqué de conviction lors des interrogatoires. Ubu est repu de satisfaction !... Torquemada et la Nouvelle Inquisition en dansent de joie autour du bûcher !...

 

Oubliant que même un “balai-brosse” est un « bien à double usage », utilisé avec autant d’énergie dans des locaux militaires que civils… Mais, comment faire comprendre l’imbécilité d’un concept à un halluciné, un paranoïaque qui a peur de son ombre ?… Dont la mégalomanie incommensurable le persuade d’être le seul à détenir, pour l’éternité et dans tout l’univers, un « bien » ou une « technologie », quel qu’en soit l’usage ?...

 

L’acharnement des services US à l’encontre de cette Iranienne relève d’une opération d’intimidation à l’égard des scientifiques de son pays, tout spécialement envers les femmes Iraniennes extrêmement nombreuses dans toutes les disciplines de la recherche fondamentale et appliquée. L’intervention du Sultan d’Oman, Qabus ibn Saïd, auprès de ses geôliers a permis de raccourcir sa peine de 6 mois… Retrouvant sa famille à Mascate, capitale d’Oman, le 7 août dernier, au cours d’une escale avant de rentrer en Iran.

 

Le témoignage de Shahrzad Mir-Qolikhan est effrayant par la lumière qu’il projette sur nos Etats policiers déglingués par la bêtise et la violence. Internée en Floride, elle a raconté les sévices terrifiants, humiliants, y compris sexuels, allant jusqu’à la torture par le personnel pénitentiaire (… terrifying ordeal and mistreatment at the hands of prison staff) :

« Je suis dégoûtée … de ces gens et de la manière dont ils m’ont traitée », (“I am disgusted… by these people and their treatment”). (4)

 

L’objectif est d’infliger à l’Iran ce que l’Irak a subi et continue d’endurer : l’éradication de son pôle académique de recherche et développement, de son patrimoine culturel millénaire. On sait que les musées d’Irak et sites archéologiques ont été parmi les premiers lieux de destruction et de pillage lors de l’invasion occidentale, dans un acte délibéré et soigneusement préparé. Cela n’a pas cessé.

 

Rien qu’en Irak depuis l’invasion occidentale, officiellement recensés par le gouvernement actuel, ce sont 530 chercheurs (hommes et femmes) de haut niveau, dans toutes les disciplines (y compris sciences médicales et vétérinaires…) qui ont été assassinés dans le climat ambiant, sciemment entretenu, d’insécurité et de guerre civile. Visiblement suite à une liste bien établie et un ordonnancement impitoyable (la plupart exécutés chez eux ou à la sortie de leur domicile, souvent avec leurs enfants), parfaitement maîtrisés par les services spéciaux occidentaux.

 

Une campagne de solidarité internationale menée par le « BRussells Tribunal » (5) essaie de mobiliser l’attention des gouvernants et des opinions publiques des pays occidentaux sur ces crimes. Sans grand succès du fait de la censure de leurs médias, y compris publics. Une première liste nominative de tous ces scientifiques et intellectuels Irakiens a été établie. Elle comprenait 470 noms, au 30 Avril 2012. D’autres noms étaient en instance de vérification quant aux données biographiques et aux circonstances de leur assassinat.

 

Hors circuit et médias de la propagande, tous les observateurs, témoins, spécialistes de la région ou des opérations spéciales, n’hésitent pas à imputer ces meurtres au Mossad israélien sous la couverture des forces d’occupation américaine.

 

Tel le professeur Irakien Ismail Jalili qui, courageusement, avait présenté une émouvante communication, lors d’une réunion internationale tenue à Madrid les 23-24 avril 2006, “Madrid International Conference on the Assassinations of Iraqi Academics”, intitulée (6) :
« Plight of Iraqi Academics » (La situation désespérée des enseignants-chercheurs Irakiens).  

 

Sujet oublié, occulté, de nos journalistes "d’investigation", Droits de l’Hommistes, et Belles Ames…

 

Un séminaire s’est tenu à Gand, en Belgique, en mars 2011, organisé par l’Association « BRussells Tribunal », regroupant des chercheurs occidentaux solidaires, pour élaborer une “Charte de Défense des Enseignants-Chercheurs Irakiens”. (7)

 

La réponse des gouvernements occidentaux fut claire, dès la clôture de ce séminaire international, outre l’étouffement médiatique de ces réunions et manifestations de solidarité : les assassinats ont redoublé. Dans l’impunité.

 

Ainsi, le 3 avril 2011, le professeur Zaïd Abdul Mun’im  de l’Université Al-Mustansiriya de Bagdad, directeur de recherche au département moléculaire, meurt dans l’explosion de son véhicule piégé par une bombe. (8) Le 29 mars 2011, une semaine auparavant c’était l’éminent chirurgien et Doyen de la Faculté de médecine de la même université, Mohammed Alwan, qui était assassiné. L’un et l’autre n’ayant aucune affiliation politique…

 

Rappelons que les enseignants-chercheurs du Pakistan n’échappent pas à ces escadrons de la mort. Et, le martyre de la spécialiste Pakistanaise en neurosciences Aafia Siddiqui (9) est là pour rappeler jusqu’où peut aller l’élimination et l’intimidation de tout chercheur qui n’adopterait pas le profil de « collabo » qui lui serait imposé…

 

Les événements actuels en Syrie sont une autre illustration de cette pratique des services spéciaux occidentaux. Les commandos de mercenaires dévastant la Syrie, actuellement, auraient eu parmi leurs cibles prioritaires de nombreux chercheurs et cadres de haut niveau (hôpitaux et centrales électriques, tout particulièrement). Le décompte de ces meurtres “ciblés” ne pourra être établi avec précision qu’à la fin de la période d’insécurité organisée par les pays de l’OTAN.

 

A ces exécutions sommaires, se sont ajoutés ravages et pillages de son patrimoine culturel. L’archéologue libanaise Joanne Farchakh fait état du nombre impressionnant de pillages et destructions de musées, églises, monastères (notamment celui de Sednaya), châteaux-forts des Royaumes Latins ou Croisés (château d’al-Madiq), mosquées (celle de Deraa, entièrement détruite), sites archéologiques. Qualifiant la situation du patrimoine historique, multiculturel, de la Syrie, un des plus riches au monde, comme étant devenue : « catastrophique ». (10)

 

Certaines opérations de pillage ont été, comme en Irak, méticuleusement préparées, vraisemblablement de longue date. Exemple : des témoins ont vu des pillards équipés de bulldozers pour enlever et transporter les mosaïques Romaines, d’une inestimable valeur, du site d’Apamea. Même mode opératoire, lors du pillage des vestiges de l’Empire Byzantin dans le nord de la Syrie à al-Bara, Deir Sunbel and Ain Larose. Le temple millénaire, datant de l’Empire Assyrien, de Tell Sheikh Hamad a été entièrement détruit.

 

Evidente signature d’une implacable, cynique, sanguinaire, spoliatrice, politique de l’Occident dans le monde arabo-musulman : la destruction de la Connaissance, du Savoir, de la Recherche, du Patrimoine Culturel.

 

En bref, de l’Histoire et de la Renaissance d’une Civilisation…

 

 

Dialogue et Respect Mutuel 

 

Il est plus qu’évident que les Iraniens, tout en étant ouvert aux discussions concernant la recherche nucléaire, connaissant la mauvaise foi criminelle, la barbarie, de leurs interlocuteurs, ne braderont pas leurs droits relevant de la souveraineté nationale et de leur destin collectif.

 

Leurs dirigeants ont lutté, jeunes, contre l’atroce dictature du Shah et de sa sinistre police la SAVAK, protégée des occidentaux qui pillaient le pays de ses richesses. Ils ont tous combattu pendant 8 ans, en première ligne dans les tranchées et les gaz de combat, contre les mercenaires de Saddam Hussein approvisionnés par tous les arsenaux de l’OTAN. Ce sont des durs à cuire. Ils ne craignent personne et ne cèderont pas.

 

Ainsi, les diplomates Iraniens, avec leur courtoisie coutumière, garderont patience et écoute face à des négociateurs occidentaux tellement drogués d’arrogance qu’ils ne sont capables que de répéter, en perroquets dressés, les vieux clichés de la diplomatie du XIX° siècle : celle de la canonnière.

 

Forgeant, pendant ce temps, de solides relations avec les puissances économiques montantes, préparant l’avenir de leur Nation…

 

Car, “Le Temps” est la meilleure arme contre le mépris mégalomaniaque des Empires s’estimant éternels, prétendant dans leur toute-puissance éphémère que la loi, “La Loi du Plus Fort”, dictée par leur caste au pouvoir, émane telle une prescription divine de “La Communauté Internationale”. Morgue, insolence du prédateur imbu de sa force, qui excèdent dès à présent tous les pays non inféodés à l’OTAN, et non des moindres.

 

Signal, alarme, stridents, parmi d’autres : un des principaux groupes de médias chinois, Global Times, publie le 9 août 2012 un article d’une extrême clarté et parfaitement argumenté. Intitulé :
« Les USA ont perdu toute crédibilité sur le dossier Nucléaire Iranien » (11)

 

D’une précision chirurgicale dans le raisonnement, il fait ressortir que les USA ne veulent pas négocier avec l’Iran mais, en réalité, le détruire et l’envahir comme ils l’ont fait pour l’Irak. Sur fondement de mensonges.

 

Les Chinois choqués de voir le gouvernement américain “sanctionner” arbitrairement certains de leurs établissements, notamment la Bank of Kunlun, en violation flagrante du droit international (…“blatant violation of international law” …), afin de poursuivre ses objectifs de politique étrangère. Rappelant que le commerce de la Chine avec l’Iran respecte scrupuleusement le droit international et les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Les "sanctions" à répétition émises par le Congrès des USA, qui n’est que le parlement d’un Etat, concourent inéluctablement, durablement, à dresser les autres Etats souverains contre des exigences autant illégales que contraires à leurs intérêts immédiats et à long terme. Très exactement, comme les exigences de Napoléon, imposant un Blocus Continental à l’Europe, avaient provoqué contre lui l’union de l’ensemble des nations européennes, précipitant la chute de son Empire…

 

La conclusion de l’article en établit l’enjeu implicite, mais vital :

« Encore plus important, ces sanctions américaines revendiquent le droit de contrôler l’activité économique des citoyens et des entreprises de la Chine afin d’atteindre les objectifs propres aux USA …

En conséquence, il est extrêmement important que le reste du monde résiste à ces tentatives permanentes des USA de contrôler le cours des négociations, tout en niant les droits souverains des autres nations à poursuivre des relations commerciales légitimes avec l’Iran ». (12)

 

Eclairage important. Loin d’être « isolé » l’Iran, avec son éminente diplomatie fondée sur le respect mutuel entre Etats, est de plus en plus soutenu par le reste du monde.

 

En témoigne la Conférence Internationale sur la Syrie, "Tehran Consultative Meeting on Syria", organisée à Téhéran le 9 août 2012, qui a réuni les représentants de 30 pays. Emettant des recommandations empreintes, dans une déclaration finale, de réalisme constructif et de sagesse. Complètement occultées par nos médias abrutis par leur travail de désinformation…

 

Participant, à l’invitation des saoudiens, au sommet de l’OIC (Organization of Islamic ConferenceOrganisation de la Coopération Islamique), regroupant 56 pays de confession à majorité musulmane de la planète, qui se tiendra à La Mecque le 14 août 2012. Geste marquant des saoudiens, démontrant une volonté d’apaiser leurs agressives relations avec l’Iran… Malgré les pressions incessantes des USA.

 

Témoin aussi, le prochain sommet qui va se tenir à Téhéran du 26 au 31 août prochain. Celui des Pays Non Alignés (Non-Aligned Movement / NAM), organisation internationale réunissant 120 Etats et 21 pays avec le statut d’observateurs. L’Iran va, dans le cadre de la présidence tournante, en assurer la présidence pour les trois années à venir. Là encore, les USA exerçant d’énormes pressions pour que le nouveau président égyptien boycotte ce sommet…

 

L’Iran montre ainsi l’exemple de l’échange constructif, bâtissant avec ténacité de solides liens avec de nombreux partenaires. (13) Conscient que seuls dialogue et solidarité entre nations assureront l’avenir de notre planète. Et, non pas : mépris et hyperviolence.

 

Dans son aveuglement la nomenklatura de l’Occident, engluée dans ses postures coloniales d’un autre âge, ne l’a pas encore compris…
 

Le professeur Zaïd Abdul Mun’im assassiné le 3 avril 2011 et la carcasse de son véhicule piégé par une bombe

Le professeur Zaïd Abdul Mun’im assassiné le 3 avril 2011 et la carcasse de son véhicule piégé par une bombe

1. Billet/ “Géronimo” : http://stanechy.over-blog.com/article-geronimo-73423407.html

2. Billet/ “Excuses d’un Français au Peuple Chinois” : http://stanechy.over-blog.com/article-18658527.html

3. Biens et technologies à « double usage » dans la législation française : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/enjeux-internationaux/desarmement-maitrise-des-armements/le-controle-des-exportations/le-dispositif-national-de-controle/biens-et-technologies-a-double/

4. “Mir-Qolikhan ordeals reveal US rights abuse: Lawmaker”, Press TV, 9 août 2012, http://www.presstv.ir/detail/2012/08/09/255373/mirqolikhan-case-shows-us-rights-abuse/

5. BRussells Tribunal, http://www.brussellstribunal.org/

6. “Mossad Has Murdered 530 Iraqi Scientists, Academics”, Al Jazeera, 9 mai 2006, http://www.aljazeera.com/me.asp?service_ID=11311 & http://www.axisoflogic.com/artman/publish/Article_21935.shtml

7. The Ghent Charter in Defense of Iraqi Academia (March 2011)

8. Dina Al Shibeeb, “Iraqi scientists, doctors, targeted”, Al Arabiya, 9 avril 2012, http://www.alarabiya.net/articles/2011/04/09/144874.html

9. Billet/ “Journée de La femme – Hommage à Aafia Siddiqui” : http://stanechy.over-blog.com/article-journee-de-la-femme-hommage-a-aafia-siddiqui-68824034.html

10. “Ancient Syrian sites extensively looted, pulverized amid clashes”, Press TV, 9 août 2012, http://www.presstv.ir/detail/2012/08/09/255326/ancient-syrian-sites-looted-destructed/

11. “US has shed all credibility over Iranian nuclear issue”, Global Times, 9 août 2012, http://www.globaltimes.cn/content/726145.shtml

12. “More importantly, these US sanctions assert the right to control the economic activity of Chinese citizens and companies in order to advance US goals...

This makes it all the more important that the rest of the world resist these continued US attempts to control the course of negotiations while denying the sovereign rights of other nations to conduct a lawful trade with Iran. ”, Global Times, Op. Cit.

13. Kaveh L. Afrabiasi, “Iran’s new Summit Diplomacy”, Asia Times, 10 août 2012, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/NH10Ak03.html

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 11:50

 

 

« Les contradictions à l’œuvre dans la logique des Droits de l’Homme … disent l’imminence d’un monde où l’extermination pourra se décider sous la bannière des démocraties »

Catherine Coquio (1)

 

                                            

 


La Nef des Fous

 

Fin juillet.

 

Mitt Romney, le candidat milliardaire du “parti républicain” aux élections présidentielles des USA, en novembre prochain, vient d’accomplir son pèlerinage en Israël. Multipliant les déclarations à l’encontre de la Nation Palestinienne qui attend vainement, depuis plus de 60 ans pour certaines, l’application d’une quarantaine de résolutions de l’ONU protégeant ses droits, sa sécurité et son existence.

 

Mieux. Allant jusqu’à programmer, s’il est élu, d’enfreindre une résolution hautement symbolique du Conseil de Sécurité de l’ONU quant au statut de Jérusalem, voulant y transférer l’ambassade américaine dès son élection, au lieu de Tel-Aviv.

 

A ce festival de négationnismes, du droit international, des décisions de l’ONU, de l'existence du Peuple Palestinien se sont, inévitablement, ajoutées de violentes diatribes iranophobes. Relayées par ses différents porte-paroles, les propos fanatiques, bellicistes, de Mitt Romney sont la réédition hystérique de l’idéologie dominante de l’Empire décadent.

 

Un des responsables de l’administration palestinienne, Saeb Erekat, en a résumé la teneur et en a tiré la conclusion (2) :

« Cet homme est venu faire ici la promotion de l’extrémisme, de la violence et de la haine. Et, c’est absolument inacceptable. »

 

La-nef-des-fous-Jheronimus_Bosch_011.jpg

 La Nef des Fous de Jérôme Bosch (≈1500)

 

Rien de surprenant. Tant nous savons qu’en Occident, le remplissage des caisses électorales et l’accès aux médias, imposent ces rites devenus, à présent, immuables.

 

Lors de ce séjour, au cours d’une soirée à Jérusalem, il a encaissé plus d’un million de dollars de la part de 45 donateurs. Tout au long de cet évènement mondain, était assis à ses côtés le magnat des casinos, Sheldon Adelson, qui a déclaré vouloir consacrer 100 millions de dollars de sa fortune pour qu’Obama, jugé trop « mou » à l’égard des Palestiniens et des Iraniens par les extrémistes sionistes, soit battu aux prochaines élections présidentielles. (3)

 

Ses postures cataclysmiques à l’encontre de l’Iran, représentent une véritable déclaration de guerre. Affirmant sa totale solidarité avec Israël face à la menace nucléaire de l’Iran et « ses intentions malveillantes » (“malevolent intentions”). (4) Car, chez ces promoteurs de carnages, on se doit de lancer une guerre pour lutter contre « les malveillantes intentions ». Comme « le péché originel », qui au temps de l’obscurantisme religieux en Occident devait être éradiqué...

 

Un des principaux conseillers de Mitt Romney, Dan Senor, enfonçait le clou en déclarant un soutien inconditionnel du « parti républicain » et de son candidat à toute initiative militaire unilatérale d’Israël contre les « sites nucléaires ». Ce qui revient à dire, connaissant les précédents de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Libye : procéder à la totale destruction de l’Iran.

 

Les mots énoncés sont importants à noter (5) :

« Toute initiative qu’Israël prendrait, afin d’arrêter l’Iran dans le développement de ses capacités (“capability”) nucléaires… ».

 

Notons le mot « capability ». Il devient à présent le mot-clef, l’idée-force, le leitmotiv, de tout l’enjeu géopolitique ou hégémonique de l’Occident. L’Iran, signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), en respecte scrupuleusement tous les clauses. Tout le monde en convient. Il ne possède aucune bombe, et n'a pas l’intention d’en construire. Tout le monde le sait.

 

Ce qui lui est interdit, maintenant, contrairement à l’esprit et aux termes du Traité de Non Prolifération Nucléaire et au respect de la souveraineté nationale des Etats, c’est la « capacité » intellectuelle d’en construire, d’avoir le niveau des connaissances scientifiques et techniques.

 

Alors qu’il est explicitement stipulé par le traité TNP, dans son article IV, alinéa 1 :

« Aucune disposition du présent Traité ne sera interprétée comme portant atteinte au droit inaliénable de toutes les Parties au Traité de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination et conformément aux dispositions des articles I et II du présent Traité. »

 

Mais, en définitive les puissances occidentales exigent de l’Iran d’arrêter toute recherche, effacer toute connaissance et savoir dans le domaine nucléaire, y compris civil. Préconisant d’assurer ses éventuels besoins en nucléaire médical ou énergétique, méticuleusement et arbitrairement sélectionnés au-préalable par la Bande des Quatre (USA-Israël-GB-France), sous forme de sous-traitance auprès des “grandes puissances”.

 

C’est en fait le démantèlement de l’indépendance technique, scientifique et de la maitrîse de son développement qui est exigé par l’Empire. L’Iran a parfaitement compris qu’il s’agit d’un prétexte pour, quoi qu’il fasse et qu’il dise, procéder à  sa destruction. Une  « Somalisation » imposée comme elle l’est en Palestine, au Liban, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Soudan, en Libye, et qui doit s’appliquer à présent autant à la Syrie qu’à l’Iran. Ainsi en a décidé l’Empire. L’Iran, bien évidemment, en refuse et la perspective et la réalisation. Et en conséquence, se prépare à défendre sa souveraineté.

 

Exigence frénétiquement reprise en écho par l’actuel ministre de la Défense des USA et ancien dirigeant de la CIA, Leon Panetta, dans son récent discours à Tunis, renouvelant l’interdiction pour l'Iran de toute “nuclear capability” (6) :

« … encourager l’effort international exerçant les pressions sur l’Iran afin qu’il renonce à ses “capacités nucléaires”… »

 

Ce politicien caricatural ne cesse, lui aussi, de s’illustrer par des propos bellicistes et arrogants à l’égard des pays qui démontrent des velléités d’indépendance face aux prétentions impériales. Connu pour son langage maffieux et ordurier que même un Don Corleone, grand patron de la Mafia magistralement interprété par Marlon Brando dans le film “Le Parrain”, se gardait d’employer, n’élevant jamais la voix, mettant un point d’honneur à parler avec douceur dans la conciliation.

 

Evoquant obsessionnellement une attaque imminente d’Israël contre l’Iran. Il l’avait prévue pour le “printemps”, puis pour cet été, sinon pour l’automne… Ou encore, brandissant à la Torquemada, les châtiments et tortures réservés aux hérétiques, dirigeants des pays refusant d’obéir aux injonctions qui leurs sont adressées par l’Empire et ses représentants.

 

Témoin la récente apostrophe de Leon Panetta à l’égard du Président de la Syrie, via les médias serviles, dans une allusion au sort réservé à Kadhafi, sodomisation à la Kalachnikov et lynchage (avec arrachage préalable à la tenaille des cheveux et de la barbe...) après élimination de ses gardes du corps (7) :

« Si tu veux être en mesure de te protéger ainsi que ta famille, tu ferais mieux de “foutre le camp” tout de suite »

(“If you want to be able to protect yourself and your family, you’d better get the hell out now”, [to get the hell out = foutre le camp]).  

 

Langage de soudards, voyous irresponsables et bellicistes, relayés par nos propres politiciens, partis et gouvernants ? Expression de la pensée d’une race s’estimant supérieure à toutes les autres, réputées “malveillantes” et sauvages ? Pensée fondée sur le mépris, le mensonge, la violence ? Répandant la mort et la destruction, alors que notre planète a tant besoin de partager : paix, apaisement, solidarité, connaissance, santé, éducation, prospérité ?  

 

Pathologie individuelle ? Mais, ces Cavaliers de l’Apocalypse sont au pouvoir. Pathologie collective, alors, ne reconnaissant du mérite qu’au "fanatique" ? « Fanatique », ce « héros qui pour faire triompher ses préjugés est prêt à faire le sacrifice de votre vie », pour reprendre l’humour d’Albert Brie.

 

Cette oligarchie de la prédation, inconsciente ou satisfaite des ravages qu’elle provoque, rappelle “La Nef des Fous” de Jérôme Bosch. Cet esquif sans voile, ni rames, ni gouvernail, si ce n’est une grande louche, emportant, hébétés et délirants, un ramassis d’irresponsables vers on ne sait où.

 

Oui, pagayant à la louche dans l’imbécilité criminelle…

 

 

Le dessin des lucides

 

Toutefois, véritable bol d’air frais…

 

De nombreux pays s’interrogent, réagissent, face au fanatisme de la nomenklatura de l’Empire. Stupéfaits, par ce spectacle de soumission des gouvernements européens, tout particulièrement. D’aliénation, au sens où l’entendait Marx, mais aussi dans son sens psychiatrique. Cette paralysie face à la privation de la liberté et la capacité de penser dans la dénonciation de la violence guerrière, de la négation de la Dignité Humaine.

 

En dehors de la sphère de l’OTAN et de l’emprise médiatique occidentale, des espaces de liberté, de circulation d’information, de lutte contre la propagande, se multiplient. Dans ce flux, mentionnons la place éminente des caricaturistes.

 

Leur capacité d’analyse, leur sens de la synthèse, souvent supérieurs à ceux de bien des chroniqueurs et “experts”, produisent des œuvres dont la publication est inimaginable actuellement dans nos médias dits “dominants”. Tant l’esprit critique, le niveau d’information, dénonçant le fanatisme, la stupidité, le mensonge de nos castes politiques, sont fulgurants. 

 

Grand admirateur de leur travail, j’ai choisi 3 dessins dans cette abondante production, dénonçant par un effet de relief saisissant le fanatisme de l’Occident à l’encontre de l’IRAN :

 

Le premier nous montre un Vanunu essayant désespérément d’attirer l’attention de la  « brigade anti-prolifération », examinant à la loupe l’inexistence de la bombe iranienne, sur le parc impressionnant de bombes et armes atomiques, parfaitement opérationnelles, en possession d’Israël. Le chef de la brigade en grogne d’agacement :

" Ça suffit Vanunu, tu ne vois pas que nous sommes occupés ? "...

 

L’effet comique étant renforcé, en bas à gauche de la caricature, par la réponse d’un responsable de l’arsenal israélien affirmant à un curieux au long nez, que ce qui semble être des bombes nucléaires ne sont en réalité que des « saucisses cashers géantes » !

 

Vanunu nukes & Iran 

 

Ce remarquable dessin, repris dans de nombreux journaux en Asie notamment, met en valeur trois éléments d’information pertinents :

i)  Rappelons que Mordechai Vanunu est cet ingénieur israélien qui avait rendu public l’armement nucléaire secret d’Israël. Enlevé par les services spéciaux israéliens à Rome, où il s’était réfugié, il a été condamné à 18 ans de prison. Au terme de sa peine, dont 11 ans en isolement complet, il n’est toujours pas “libéré”, puisqu’interdiction lui est faite de sortir du territoire et de parler à toute personne étrangère, en particulier aux médias internationaux.

ii)  Israël n’est pas, en effet, signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire. Et, donc paradoxe, non soumis à une quelconque inspection ou demande de justification de la part de l’organisation de l’ONU chargée du contrôle de la non prolifération qu’est l’AEIA.
Le parc des ogives nucléaires opérationnelles secrètement détenues par Israël, est estimé entre un minimum de 200 et une moyenne de 400 à 500. Avec, bien sûr, leurs vecteurs : missiles balistiques, de croisière, avions, navires et sous-marins.

iii)  A ce jour l’Iran, signataire du TNP, a été soumis à plus de 4000 inspections, dont plus d'une centaine inopinées. Toutes ses installations nucléaires, y compris celles souterraines de Fordo avec ses instruments de mesure, sont sous caméras de surveillance 24/24 H, reliées à l'AEIA. Aucune ne dépasse le seuil d’enrichissement de l'uranium autorisé par le Traité pour les besoins civils qui est de 20 % (une bombe exige un enrichissement de 90 %).
Le pays ne possède, ni ne fabrique de bombe nucléaire, souhaitant au contraire une dénucléarisation du Moyen-Orient sous toutes ses formes : sans oublier les armes nucléaires embarquées à bord de navires et sous-marins en Mer Rouge ou dans le Golfe Persique.

 

Le deuxième vient de Chine, dénonçant le ridicule de la propagande anti-iranienne des USA. Mettant en scène l’Oncle Sam en chanteur grattant un petit Ukulélé, symbolisant le « problème nucléaire iranien » (“Iran nuclear issue”), amplifié par d’énormes enceintes acoustiques.

 

iran-nuclear-issue---China-Daily-20062012.jpg

 

 

Le troisième émanant du Brésil, efficace de réalisme, montre une planète malgré sa volonté, au bord du précipice, d’une conflagration, d’un désastre, majeurs. Les USA sous les traits de l’Oncle Sam, haineux, halluciné, en treillis, l’arme au poing ornée du fanion israélien, entraînant, suicidaire, le monde à sa perte…

 

us-israel-dragging-world-to-another-war.gif

 

 

Trois caricatures, projetant en relief le délire guerrier.

 

Le fanatisme de l’Occident, en 3 C…

 

 

 

 

 

(1)  Catherine Coquio, à propos des premières pages de l’ouvrage “L’Impérialisme” d’Hannah Arendt, Catherine Coquio et la singularité des génocides, in Désir d’Afrique de Boniface Mongo-Mboussa, Collection Continents Noirs, Gallimard, 2002, p. 179.
Fondatrice de l'Association Internationale de Recherche sur les crimes contre l'Humanité et les Génocides (AIRCRIGE).

(2)  "What this man is doing here is just promoting extremism, violence and hatred, and this is absolutely unacceptable", Saeb Erekat, Romney’s al-Qud claim unacceptable : Palestinian official, PressTV, 30 juillet 2012, http://www.presstv.ir/detail/2012/07/30/253538/romneys-alquds-claim-unacceptable/

(3)  Jasmin Ramsey, Iran Diplomacy hits new sanctions roadblock, 1er août 2012, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/NH01Ak01.html

(4)  Harriett Sherwood, Mitt Romney declares unity with Israel over Iranian nuclear threat, The Guardian, dimanche 29 juillet 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/jul/29/mitt-romney-unity-israel-iran

(5)  Dan Senor, "If Israel has to take action on its own, in order to stop Iran from developing that capability, the governor would respect that decision", The Guardian, Op. Cit.

(6) Panetta and Israel to discuss war plans against Iran ?, RT, 30 juillet 2012, http://rt.com/usa/news/panetta-israel-iran-plan-417/

(7)  “Assad better get the hell out”, RT, 31 juillet 2012, http://www.rt.com/news/panetta-syrian-military-intact-458/

 

 

 


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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 00:30

 

« La décadence n’est autre que la cruauté délibérée »
Truman Capote (1)




Une mégalopole

Téhéran, mégalopole sur la route de l’Asie…

Avec ses banlieues : une quinzaine de millions d’habitants. Dépassant la population de la Grèce. (2) Pays en faillite, à en croire la “désinfosphère”, parce que nos frères Grecs, inconscients et paresseux, n’auraient pas assez travaillé et ne se seraient pas suffisamment serré la ceinture.

C’est à ne rien y comprendre.

Téhéran, dont les Occidentaux ne cessent de serrer la ceinture, d’étouffer dans des embargos de plus en plus féroces depuis 33 ans, se porte comme un charme. Trop, même…

Fulgurant contraste, dès que l’on sort la tête de l’enfumage de notre propagande : embouteillages monstres, permanents, avec des pics de pollution insupportables par grosses chaleurs. Carrefour de tous les peuples d’Asie centrale, mais aussi et depuis peu d’Amérique latine. Babel d’idiomes en tous genres, échangeant, expédiant, transportant, aspirant, cannibalisant, digérant, irriguant le pays de l’impressionnant déversement en provenance d’Asie et d’ailleurs, à flots continus : voitures, marchandises, machines-outils, engins, derniers gadgets du portable au téléviseur écran plat 3D. Jusqu’à de la viande de bœuf en provenance d’Argentine.

Immense vague repartant dans l’autre sens, sous d’autres formes de biens et services, tel un reflux. Dans son écume, parmi les plus visibles : acier, produits pharmaceutiques, automobiles, tracteurs, robots industriels, cimenteries et barrages. Exportant de l’électricité, pour 1 milliard de dollars, chez ses voisins : Afghanistan, Arménie, Azerbaïdjan, Irak, Pakistan, Turkménistan et Turquie. (3) On l’oublie, ou on l’occulte, l’Iran n’est pas qu’un producteur de pétrole et de gaz.

Iran, « isolé » de la « communauté internationale » ?...

J’éclate de rire quand j’entends pareille intox ! D’autant plus qu’il serait interdit de rire en Iran. Dernière trouvaille sortie de l’imagination échevelée des « experts en diabolisation – iranophobie misérabiliste - et autres farces & attrapes »…

L’exportation de produits non-pétroliers de l’Iran se chiffre à 50 milliards de dollars pour le denier exercice. Avec un prévisionnel de 55 milliards, au minimum, pour le prochain. Explosant d’une croissance exponentielle, propulsée dans une étonnante alchimie de grandes industries et de PME-PMI, alimentée par un impressionnant réseau d’universités et de centres de recherche. L’ambition étant de dépasser, à terme, ceux des hydrocarbures. Hissant le pays dans un bond de 41 places en un exercice, de 2008 à 2009, d’après les statistiques "US Facts", du 69° au 28° rang mondial pour sa production industrielle. (4)

Bien sûr, beaucoup reste à faire pour rattraper les champions de la catégorie en termes d’exportation de produits non-pétroliers. Mais lentement, inexorablement, l’Iran se relève des terribles pertes, évaluées à 500 milliards de dollars, subies au cours des 8 ans de guerre (1980-1988) contre l’Irak imposée par Saddam Hussein, allié alors avec les Occidentaux et les pétromonarchies du Golfe Persique. Dans la démolition méthodique de ses industries, avec ses infrastructures de pétrole et de gaz, pour le punir d’avoir renversé la tyrannie du Shah et refusé l’allégeance à l’Empire. Au tragique, et encore plus dévastateur, “coût humain” : un million de morts, avec autant de blessés, gazés et handicapés à vie.

Progression économique constatée dans le rapport FMI du mois d’août 2011. En ce début 2012, la situation est encore plus favorable. Une balance commerciale excédentaire, des réserves en devises dépassant les 120 milliards de dollars auxquelles s’ajoutent 907 tonnes d’or représentant 17,5 milliards de dollars supplémentaires. (5) La capitalisation boursière de la Bourse de Téhéran, à ce jour, dépasse les 127 milliards de dollars, enregistrant une augmentation annuelle de 30%.

Malgré l’implacable hostilité de l’Occident : campagnes de propagande diffamatoires délirantes, embargos, sabotages, attentats, assassinats. L’Iran chemine, avec ténacité, surmontant les obstacles, pour devenir un géant industriel, scientifique et financier de la région, maîtrisant toutes les nouvelles technologies. L’arraisonnement du drone le plus sophistiqué de l’arsenal US en est un signe évident.

Un des premiers pays dans le monde à investir massivement dans les nanotechnologies et les nanosciences, l’aérospatial, la recherche agronomique et vétérinaire, la recherche médicale et pharmaceutique, la recherche sur les cellules et le clonage.

 

L'Iran est considéré comme le pays dans le monde où la recherche scientifique progresse le plus vite : 11 fois la moyenne mondiale. Dépassant même la Chine (6). Au cours du premier semestre 2011 iranien (avril – septembre), l’Iran a publié dans des revues scientifiques internationales plus de 12.000 articles de recherche scientifique ; 70% des étudiants dans les disciplines scientifiques étant des femmes…

Confirmant cet élan le 3 février 2012, lors des festivités de la révolution de 1979, par l’annonce du lancement réussi de son troisième satellite, avec une parfaite mise en orbite. Lanceur et satellite, entièrement « faits maison »…

 

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Lancement du 3° satellite iranien, Navid-e Salm-o Sanat, le 3 février 2012

 

Une politique de reconstruction et de développement enracinée dans une opposition farouche aux appropriations prédatrices des groupes pétroliers et financiers occidentaux. Paradoxe, l’embargo de l’Empire complétant à merveille cette gestion par ses effets extrêmement positifs pour l'économie du pays, évitant de se voir imposé, sur fond de pillage de ses ressources naturelles et de “privatisations” spoliatrices, le modèle économique néocolonial.

On ne le soulignera jamais assez la réussite de l’Iran dans le blocage de cette calamité...

 

Miroir aux alouettes architecturé, par les « économistes occidentaux » secondés de leurs supplétifs sur place, autour de 5 “mécanismes-parasites” ingénieusement agencés suivant les contextes, vampirisant, phagocytant les économies locales des pays "néocolonisés" au profit des groupes occidentaux :
=>  Développement d’un “tourisme toxique”, dont les marges réelles sont confisquées par les “Tour Operators” étrangers (7)
=>  Eradication de la petite agriculture au profit des “cultures d’exportation” des grands propriétaires dont une majorité de sociétés étrangères (coton, agrumes, fleurs coupées, primeurs, etc.), accélérant l’exode rural et l’émigration illégale
=> Eradication du petit commerce au profit de la grande distribution étrangère, avec incitation au surendettement dans la consommation
=> Spéculation immobilière bloquant l’accession à la propriété ou au logement décent d’une grande partie de la population, tout en permettant aux occidentaux de se constituer un patrimoine immobilier de grande valeur (centres commerciaux, hôtels, résidences, terres agricoles, etc.) avec des prix et des avantages fiscaux meilleurs que chez eux
=> Sous-traitance “paupérisante”, avec ses variantes les plus caricaturales : "centres d’appel" ou usines de confection de chemises et de jeans pour la grande distribution occidentale.

Semi-esclavagisme, ancré sur des activités précaires (la moindre “crise” assèche immédiatement tourisme et sous-traitance), des fluctuations erratiques de cours des produits agricoles à l’export, ne créant ni emplois à forte valeur ajoutée, ni "essaimages" générateurs de développements techniques et scientifiques. Obligeant le pays à vivre dans l’endettement permanent, à la merci des exigences de ses créanciers occidentaux, au seuil de la survie. On peut, ainsi, le constater tristement pour ce grand pays, aux immenses talents et potentiels, qu’est l’Egypte.

 


 Haft-e-Tir-Square-Tefran.jpg

Haft-e Tir Square – Téhéran
 

“Teheran delenda est”


Pendant que les Occidentaux, prenant leurs désirs pour la réalité, refusent de considérer l’Iran comme un partenaire à respecter, Chinois et Indiens vibrionnent de "business", à ne plus savoir où donner de la tête. Commerçant, investissant, construisant, multipliant les partenariats : routes, chemins de fer, trains à grande vitesse, infrastructures portuaires, exploration et exploitation de champs pétrolifères et gaziers.

Avec, dans leurs caravansérails, leurs fabuleux restaurants à succès. A terme, de quoi s’inquiéter davantage de la survivance de la délicieuse gastronomie persane, face à ses rivales d’Inde ou de Chine, que de celle de la Nation Iranienne…

Car, nous martèle-t-on : « il faut détruire l’Iran ! ».

Pays industrieux, mais aussi pays de poésie et de spiritualité. Magnifique par la splendeur de ses paysages, les raffinements de sa civilisation millénaire, et son fraternel sens de l’hospitalité, célébré avec tant d’émotion et de profondeur par l’incomparable “Iraniste” Henri Corbin. (8)

Bien sûr, se donnant “Bonne Conscience” dans l’invocation de la sournoise et diabolique sauvagerie des Iraniens. Nos nomenklaturas, Tartufes, poches et soutes bardées d’armes à détruire 36 fois l’humanité, ne cessant de hurler à la lune : les Iraniens, couteau entre les dents, vont arroser la planète de leurs bombes atomiques qu’ils n’ont pas encore, les concoctant activement dans les chaudrons de leurs souterrains secrets ! Visant tout spécialement, stupides qu’ils seraient, les pays qui en possèdent des centaines…

Hypocrisie venimeuse. Tout le monde le sait. Chacun fait "comme si". Singeant Pilate se lavant les mains du mensonge et du massacre à venir. Nos médias hébétés, ânonnant la rhétorique de la propagande. Identique à celle précédant la dévastation de l’Irak, recyclant les mêmes arguments : armes de destruction massive, bombes atomiques, qui n’existent pas. Mais, qui seraient sur le point d’exister.

L’Iran est signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire, se conformant à ses obligations. Seul le nucléaire civil l’intéresse, en particulier le nucléaire médical.

Les spécialistes Iraniens, qui ne sont pas les marionnettes d’un lobby de l’armement international mais d’excellents joueurs d’échecs, éprouvent autant de considération pour le nucléaire militaire que pour une vieille arquebuse : un armement dépassé, obsolète, dangereusement encombrant, "abyssalement" hors de prix en achat et en maintenance, n’enrichissant qu’une même caste. Et, en fin de compte : inutilisable. Le comble de l’imbécillité stratégique militaire.

Avec pour socle une cohésion nationale fondée sur une justice économique et sociale, la force de dissuasion d’un pays, la défense de sa souveraineté, reposeront sur sa maîtrise des nanotechnologies et des technologies laser. Les Iraniens y travaillent et vont devenir un des leaders mondiaux en ce domaine. Alors, se lancer sur le marché des antiquités atomiques ne les intéresse pas…


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Complexe cinématographique Park Mellat - Téhéran

 

Rien n’y fait.

Diabolisons, il en restera toujours quelque chose dans l’inconscient collectif occidental ! Pas de preuve, le procès d’intention suffit. Dire qu’il possède les connaissances techniques pour fabriquer la bombe : évidemment, qu’il en a le niveau ! Le dernier des cancres ne pourrait nier l’excellence de sa recherche scientifique.

Que veut-on dire par là ?... Qu’exprime cette "abjection des calomniateurs", comme dirait Nizan ?... En clair, ce que l’Empire avait promis aux Irakiens et qu’il a réalisé : renvoyer l’Iran à “l’âge de pierre”. Réduire en cendres un pays de 80 millions d’habitants (9), près de 4 fois la France en superficie. Tel est l’objectif.

Ce n’est ni l’existence supposée d’une bombe atomique ou de sa préparation, ni l’impérieuse nécessité d’un "changement de régime" pour introduire la démocratie, qui sont en jeu.

Seul motif : s’emparer d’un pays, de ses richesses, ressources naturelles et réserves de devises ou d’or, détruire ses acquis scientifiques, casser ses revendications de libre exercice de sa souveraineté, l’asservir en lui imposant un gouvernement de « collabos », pour crime d’hérésie par son refus obstiné de l’hégémonie de l’Empire et de son "dollar roi".

Dans sa volonté de dominer le monde, la logorrhée guerrière de ses traîneurs de sabre est atterrante par son niveau de mégalomanie et d’hallucination. Lisons le rapport publié en janvier 2012, par son ministère de la Défense : « Sustaining U.S. Global Leadership : Priorities for 21st Century Defense ». Un “remake new look” du bla-bla-bla des conquistadors du XV° siècle…

Au fond, rien n’a changé, depuis l’Antiquité, depuis Rome. Tout « empire » confronté au refus de son hégémonie s’estime menacé et, en conséquence, s’arroge “le droit Jupitérien” de foudroyer celui qui défie sa puissance. Obsession, rappelant le slogan de Caton qui ne cessait de réclamer la destruction de Carthage, avec sa formule historique clôturant chacun de ses discours :
« Carthago delenda est ». Il faut détruire Carthage ! (10)

Il est vrai que les Carthaginois avaient failli prendre Rome. Mais, on voit mal les Iraniens débarquer aux USA et camper aux portes de Washington. Qu’importe ! Comme les Romains pour Carthage, les Occidentaux rêvent de raser Téhéran et d’y verser du sel sur ses ruines pour que rien ne repousse.

Ecoutons les candidats républicains à la présidence des USA, appelant à la destruction de l’Iran, ignares du Monde et de l’Histoire rivalisant, dans "les primaires" en cours, de bêtise et de xénophobie dans une effrayante paranoïa. Restons humbles, toutefois, nos propres candidats à la présidence française et leurs pistoleros, s’ils se montrent plus sobres ou plus ternes dans les gesticulations, ne valent guère mieux en ce domaine…


 Tehran-Subway.jpg
Métro de Téhéran

 

 La paranoïa pour Doxa

Cette haine obsessionnelle contre l’Iran résume, en fait, la doxa des nomenklaturas de l’Occident. Symbolisée par la formule de l’ancien PDG du fabricant de microprocesseur Intel, Andrew Grove (11) : « Seuls les paranoïaques survivent ». Scandée durant toute sa carrière professionnelle devant des auditoires le prenant pour un génie, au point qu’il fut nommé professeur de stratégie à l’Université Stanford…

Face à la peur d’être rejoint, dépassé, par d’autres nations souhaitant s’émanciper de leur domination militaire, scientifique, économique, culturelle. Préférant l’anéantissement de l’Autre, plutôt que la remise en cause de sa relation à l’Autre.

En fait, dans leur fureur, en créant de toutes pièces une "crise iranienne", les occidentaux inscrivent le « point d’inflexion » marquant historiquement la fin de leur hégémonie sur le reste de la planète. La courbe de leur expansion prédatrice, ralentissant, plafonnant, amorce à présent sa descente, sa chute.

Fin du XX° et début du XXI° siècle, des coups d’arrêt ont surgi face à leurs prétentions de domination hyperviolente, à l’encontre de toutes “valeurs” d’humanité et de justice, dans la résistance héroïque de peuples refusant la soumission, l’invasion, la colonisation : Palestinien, Chinois, Cubain, Vietnamien, Sud-Libanais, Afghan.

L’Empire avait su les contourner, s’y adapter. S’acharnant sur d’autres nations, plus faciles à diviser, envahir, détruire : la petite île de Grenade ou Panama. Puis : Yougoslavie, Irak, Libye. Tout en imposant son pouvoir par dictatures interposées, depuis des décennies, dans des dizaines de pays, sur tous les continents.

Mais, l’évolution est inéluctable.

En Amérique latine, réactivant l’épopée de  Simón Bolivar et de Cuba, les volontés d’affranchissement à l’égard de ces prétentions hégémoniques se multiplient : Venezuela, Bolivie, Equateur… Fin 2011, ce mouvement se confirme par la création d’une organisation des Communauté des Etats Latino-Américains et Caraïbes (CELAC), rassemblant 33 pays de la région. (12)

Le projet de remodelage du Moyen-Orient en une mosaïque ethnique et religieuse tel qu’il était fantasmé par les idéologues de l’Empire (13), vient de capoter. La destruction programmée de la Syrie, survenant après la sauvage désintégration de la Libye, avec pour projet la mise en place d’un gouvernement de « polichinelles » pour en gérer les débris, a trouvé une pierre d’achoppement.

 

Chine et Russie, représentant un large courant de pays excédés des prétentions de la “Bande des Quatre” (USA, Israël, GB et France) associés aux pétromonarchies, bloquant pour la deuxième fois par leurs droits de veto au Conseil de Sécurité, les tentatives d’instrumentaliser l’ONU.

La propagande de l’Empire et de l’Otan, leurs “agents d’influence” dont plusieurs occupent des postes gouvernementaux en Europe, se livrant à une séance d’histrionisme d’un cynisme absolu. Criant au scandale, exprimant leur “dégoût”, stigmatisant “l’association des dictatures” contre la vertueuse "communauté internationale", dont ils s’autoproclament les porte-paroles. Leur ardeur charitable à l’égard du peuple Syrien trouvant sa limite dans l’oubli de la soixantaine de vetos émis rien que par les USA, entre 1972 et 2011 (14), verrouillant expressément toute intervention humanitaire contre massacres et spoliations infligés au Peuple Palestinien.

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Le commencement de la fin

Les vetos de la Russie et de la Chine sont l’expression du refus d’accepter qu’une horde de prédateurs invoquant des “valeurs” qu’ils n’appliquent jamais, usurpant le droit de représenter l’ensemble des Nations, s’amuse à détruire des pays les uns après les autres sous couvert d’une diabolisation préalable. Tout cela pour satisfaire des prétentions hégémoniques.

Au mépris des règles élémentaires de la diplomatie. Et, surtout, de la Charte des Nations Unies dont ils sont signataires qui spécifie clairement, irrévocablement, dans son Chapitre 1 : Buts et Principes, notamment dans l’article 1.2., l’obligation pour ses membres de :
« Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ».

L’Iran, avec sérénité et courage, les yeux dans les yeux des Etats-voyous qui le menacent d'anéantissement, lui livrant une impitoyable "guerre économique", soutient une politique de paix et de dénucléarisation militaire du Moyen-Orient. Face aux exigences de domination de l’Empire, il ne cèdera pas sur ses droits légitimes et n’acceptera aucune soumission contraire à sa souveraineté nationale.

En cela, il bénéficie de l’appui, direct ou indirect, officiel ou officieux, de tous les Etats non inféodés au camp occidental. A commencer par la mise en place de transactions dans d’autres devises que le dollar ou l’euro : yuan, rouble, ou en or. Affaiblissant d’autant, la domination financière de l’Empire…

Dans leur aveuglement, l’Occident, l’Empire, ne perçoivent pas le basculement en cours. Ce n’est pas à la “bombe atomique virtuelle” de l’Iran qu’ils se trouvent confrontés, mais à une réalité plus tangible. Celle de l’effondrement de leur hégémonie séculaire.

En conséquence, pour reprendre le langage de gangsters utilisé à présent sur les estrades diplomatiques : « toutes les options ne sont pas sur la table ». Il n’en reste que deux. Pas une de plus :

i)  L’aborder dans l’apaisement et la paix, dans une collaboration constructive avec l’ensemble des pays de la planète, dans le respect mutuel, pour relever solidairement tous les défis qui l’attendent. Tout particulièrement, l’urgente nécessité de créer pour la prochaine décennie un minimum de 600 millions d’emplois…

ii)  S’enfermer dans une folie destructrice qui trouvera vite son butoir, comme on vient de le mesurer à l'ONU, en écrasant des pays plus faibles que soi, les uns après les autres, pour se livrer à leur pillage.

Choisir la deuxième option, établirait que l’Occident n’était qu’une "civilisation" inhumaine, mortifère, érigée sur une foncière paranoïa lui faisant prendre ses désirs de mort pour la pulsion de vie.

Ignorant ce dilemme, les bellicistes échafaudent l’attaque contre l’Iran, supputant la « fenêtre » de son extermination et de son démembrement. A l’image de publicitaires, planifiant le lancement d’une campagne pour une nouvelle savonnette ou un dentifrice miracle.

Entre avril et juin 2012, énonce doctement le ministre de la défense des USA, Leon Panetta. Pour bien faire comprendre qu’il s’agira d’une invasion de l’Iran, avec troupes d’occupation, ils annoncent la création, en plus d’une multitude de bases, d’une vingtaine d’hôpitaux militaires pour un budget de 5 milliards de dollars, dans le Caucase, en Géorgie. Car, forcément “pertes humaines” il y aura… (15)

En attendant l’Apocalypse vociférée par les fanatiques de l’Empire, les stratèges Iraniens regardent patiemment sur leurs écrans-radars passer, langoustes en migration, les multiples bâtiments en tous genres de ses escadres, escortant chacune un porte-avions géant, s’engouffrant en file indienne…

Dans la nasse, qu’est le Golfe Persique.






(1)  Truman Capote, Entretiens, traduit de l’anglais par Michel Waldberg, Rivages, 1988, p. 203.
(2)  En 2010, les données de la Banque Mondiale chiffrent la population de la Grèce à 11.319.048 habitants.
(3)  Pour un total de 1.318 GWh lors de l’exercice 2010-2011 (le calendrier iranien se déroule de mars à mars). Sur les 11 mois 2011-2012 (21 mars 2011 au 19 février 2012), le total atteindra 7.349 GWh.
(4)  http://old.tehrantimes.com/index_View.asp?code=215089
(5)  Le Trésor Iranien a réalisé une excellente affaire en achetant ces réserves d’or lorsque le cours était à US$ 600 bondissant à US$ 1730 en moyenne actuellement, soit un quasi triplement de valeur, http://www.tehrantimes.com/economy-and-business/95019-iran-reserves-120b-in-foreign-notes-907-tons-of-gold. Le cours atteignait US$ 1760, le 3 février 2012.
(6) Rapport d’Eric Archambault, sur la progression de la recherche scientifique en Iran, extrait de “  30 Years in Sciences – Secular Movements in Knowledge Creation ”, Science Metrix – Canada – 10 février 2010, http://hasnain.wordpress.com/2010/02/20/irans-science-progress-fastest-in-world-eric-archambault%E2%80%99s-report-of-science-metrix-a-data-analysis-company-in-montreal-canada/
(7)  Le développement d’une « industrie touristique » dans un pays à forte population, insuffisamment développé sur le plan économique avec une diversité d’industries et de services, équivaut à livrer une grande partie de la jeunesse, survivant sans emplois ou dans des emplois sous-qualifiés et peu rémunérateurs, au « tourisme sexuel ».
Les dirigeants le savent et participent au trafic. D’autant plus qu’il est insidieusement imposé par les puissances néocoloniales, s’agissant d’un dissolvant ravageur pour une société réfractaire à une colonisation. L’équivalent de « l’opium » imposé par les occidentaux à la Chine au XIX° siècle.
Bangkok ou Manille en sont les archétypes. Actuellement des pays arabes non ou peu producteurs de pétrole, notamment, n’échappent pas à cette gangrène. Expliquant, en partie, l’approche « moralisatrice » de certains courants politiques. D’où, leur succès au sein d’une population souffrant de cette provocation humiliante. Phénomène, évidemment, soigneusement occulté par nos médias et « experts », évacuant les racines profondes d’une révolte face à l’inacceptable sous le vocable « hiver islamiste »…
(8)  Parallèlement à son œuvre immense, plus connue à l’étranger qu’en France, Henri Corbin a toujours dénoncé la tyrannie sanguinaire du Shah, les horribles exactions de sa police politique la SAVAK. Ainsi que les colossales prédations de l’Occident en Iran, dans un complet analphabétisme sur ce pays de l’opinion publique, notamment française, manipulée par nos politiciens et médias.
(9)  Données officielles en 2010 : 76.923.300 habitants.
(10)  Caton dit « l’Ancien » (aux USA, on dirait “Senior”), vécut de 234 à 149 avant notre ère. Responsable politique romain, célèbre pour son puritanisme et sa xénophobie : il fit expulser artistes et philosophes grecs de Rome, accusés de pervertir la "civilisation" de la nation… Adversaire acharné, halluciné, de Carthage.
(11)  Cofondateur et PDG d’Intel, pendant 38 ans, jusqu’en 1997, puis Président de son Conseil d’administration jusqu’en 2004. Icône caricaturale de la religion du “capitalisme sauvage”, avec ses dogmes et son culte, appliquée aux entreprises et organisations, formatant, infestant, des générations de cadres et dirigeants dans les séminaires de son “clergé” que sont les Business Schools. Dont on commence à peine à mesurer les ravages. La “séparation de la Religion et de l’Etat” commence, en priorité, par là…
(12)  Thomas Posado, Amérique latine : unité régionale pour une nouvelle indépendance, Le Grand Soir, 4 février 2012, http://www.legrandsoir.info/amerique-latine-unite-regionale-pour-une-nouvelle-independance.html
(13)  Lire l’excellente analyse d’Hédi Dhoukar du 10 janvier 2012, sur le remodelage fantasmé, déjanté, du Moyen-Orient par les idéologues néoconservateurs US : Les dessous d’une carte, http://hedidh.blogspot.com/2012/01/les-dessous-dune-carte.html
(14)  US on UN Veto: "Disgusting", "Shameful", "Deplorable", "a Travesty"… Really ?, Jadaliyya, 5 février 2012, http://www.jadaliyya.com/pages/index/4237/us-on-un-veto_disgusting-shameful-deplorable-a-tra
(15)  ‘US builds hospitals in Georgia, readies for war with Iran’, RT, 10 janvier 2012, http://rt.com/politics/us-georgia-iran-war-441/

Caricature de LUO JIE - ChinaDaily - 19 janvier 2012

 

 

 

 

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 18:34

 

 

Je dédie ce billet à Aafia Siddiqui. Avec admiration et tendresse

 

 

« La véritable caricature a consisté à agresser la complexité, l'intelligence et la nuance qui doivent guider toute œuvre de pensée. En cela ces caricatures renvoient à une vulgarité de pensée ; cette misère intellectuelle ne peut en aucun cas se draper de l'habit de la “liberté d'expression”. Le simplisme, maladie infantile du néoconservatisme comme de l'islamisme, tel est le véritable fléau du siècle. »  

Rachid Amicou (1)

 

 

 

Pas un millième de seconde, je n’y ai mordu…

 

Le “coup de la bouteille incendiaire”, après publication de caricatures islamophobes… Jetée par deux “islamistes”, “barbus”. Vus s’enfuyant, par des témoins… Si, si : juré : ils les ont vus !

 

Vus, comme à la télé ! Pas les témoins : les “barbus”. Tout juste s’ils n’ont pas réussi, au passage, à dénombrer le nombre de poils de leurs barbes…

 

A d’autres.

 

Hameçon d’amateur. En carton-pâte.

 

firecracker.jpg

 

 

Les Croisés en godillots

 

Voilà Charlie Hebdo, phare du journalisme français, transfiguré à nouveau en Jeanne d’Arc. Rempart contre l’obscurantisme. Ses journalistes-caricaturistes érigés en héroïques défenseurs de notre République. Fraternellement laïque, démocratique, pacifique et vertueuse. Encore un effort, et ces valeureux vont se voir récompensés du prix Nobel de la Paix…

 

Dans leurs récentes pages de caricatures antimusulmanes, publiées sous le titre "Charia Hebdo", ils nous proposent encore un tour de manège : désinformation, fanatisme et inculture. Repris en chœur par l’ensemble des médias, et politiciens de tous bords friands des petites phrases permettant une fugitive apparition télévisuelle.

 

La France des Lumières, dans son incomparable splendeur rayonnante.

 

Au moment de la plus importante fête du calendrier musulman : l’Aïd El Kébir, commémorant le sacrifice biblique d’Abraham (Ibrahim en arabe). Qui avait lieu le 6 novembre 2011, en France, cette année. Bien sûr, ce n’était qu’un hasard… Il est vrai que les ignares la caricaturent en « fête du mouton », comme si l’Islam célébrait le mouton… Normal, sous l’effet de la mondialisation, le traditionnel hommage rendu aux défunts chrétiens, lors de la Toussaint, s’est transformé en « fête de la citrouille » : “Halloween” !… Culture et connaissance progressent tous azimuts.

 

Matraquage médiatique avec, en musique de piano mécanique, la ritournelle des bons sentiments : “incendie criminel” oblige. Etendard de la franchouillardise claquant au vent, l’émotion primant l’analyse, quant à “la défense de la liberté d’expression et de la laïcité”. Le “devoir de solidarité” paralysant la condamnation de la “provocation raciste”, dans l’abêtissement et la lâcheté de la pensée binaire : « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». Boulevard de l’obscurantisme.

 

Car, nous sommes pris en otage dans une stratégie de banalisation de l’abjection, de l’inacceptable qu’on se doit de dénoncer : l’appel à la haine religieuse, dans le mépris et la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens et de centaines de millions de personnes embarquées, avec nous, à bord de cette planète.

 

Saluons un des rares observateurs politiques à avoir réagi immédiatement avec courage et discernement, face à l’évidence du montage d’une énième campagne raciste, sur fond de diabolisation de l’Islam : Pascal Boniface. (2)

 

Ce qui lui a attiré immédiatement les foudres de la Nouvelle Inquisition. Commentaires en rafales incendiaires tirées par les obsédés de La Souche [Aghhh ! “Ce sang impur qui abreuve nos sillons” !…] (3), jusqu’aux plus fervents soutiens des colonisations guerrières en pays musulmans. En Palestine, tout particulièrement. Tous autant les uns que les autres, convaincus, dans leurs godillots de Croisés de l’Occident, d’être de la Race Supérieure … (4)

 

Mentalité, réflexe, inconscient collectif, forgés par une dizaine de siècles de conquêtes et rapines coloniales. Chancre inguérissable des crimes imprescriptibles auxquels nous nous sommes livrés contre des millions de personnes dans nos “possessions coloniales”, en Algérie tout particulièrement.

 

Dénoncer l’islamophobie, ce cancer de l’Europe, est un travail de Sisyphe. L’affronter s’est se retrouver, vite fait, assimilé, catalogué, étiqueté : antilaïc, ennemi de la Liberté, des Droits de l’Homme et autres merveilles engendrées par la perfection de notre Civilisation. Nulle tolérance dans ces procès d’intention. Gibets, piloris et bûchers médiatiques constituant menaces et sanctions de nos « démocraties », pour qui ne respecte pas la charte du “politiquement correct”.

 

Dans leur terrorisme intellectuel, les islamophobes prenant soin de s’abriter derrière la « défense de la liberté d’expression et de la laïcité ». Reproduisant à l’infini, dans le rideau de fumée, cette rhétorique à chaque campagne de diabolisation de l’Islam. L’incitation à la haine contre cette religion n’est, ainsi, ni un délit, encore moins un crime. Paradoxe, dans notre pays, où le moindre éternuement de travers en prononçant le mot Palestine est passible d’une carbonisation pour “antisémitisme” : « l’islamophobie », ont-ils décrété, n’existe tout simplement pas. C’est, au contraire, un acte de bravoure dans la défense des valeurs républicaines… 

 

 

Tiroir-caisse et audiences

 

Acte de bravoure, ne l’oublions pas, extrêmement lucratif. Le business de la haine religieuse se vend bien : de 45.000 exemplaires habituellement vendus, les ventes attendues par Charlie Hebdo seraient de 200.000. Moins, toutefois, que lors de la première campagne de caricatures atteignant un chiffre record de 300.000 exemplaires vendus en 2006 sur le même thème. (5)

 

Simple récidive de l’action lancée en 2006, à partir de leur publication initiale dans un journal danois le 30 septembre 2005. Qui avait fait grand bruit. Personnages aux nez crochus, yeux exorbités, enturbannés de stupidité, barbus de violences et fourberies. Caparaçonnés de pulsions et d’arsenaux de mort. Ingrédients habituels de l’incitation à la détestation et à la peur de « l’Autre ».

 

Pourquoi ce fléchissement dans les ventes, un tiers de moins, malgré effets ou “buzz” des scandales et scoops habituels, relayés par la puissante machinerie des médias de la désinformation. ?...

 

En raison, certainement, des quelques réactions saines et humanistes qui s’étaient élevées, dès 2006 surtout, essayant d’endiguer ce tsunami de la régression de l’intelligence. Trop rares peut-être, mais bien ajustées, elles ont eu un incontestable impact de freinage malgré l’étouffement médiatique dont elles ont été l’objet.

 

Mojo Risin, par exemple, dans un texte intitulé La maladie de vieillesse du progressisme (le laïcardisme), avait interpellé les "intellectuels de gauche" se rendant complices d’une “ratonnade” sur fond d’intolérance religieuse :

« Il est lamentable que beaucoup de prétendus intellectuels de gauche, mettant leur capacité de réflexion de coté, se rabaissent aujourd’hui à être les porteurs de valises de suprématistes de la civilisation occidentale ou d’élites dominantes fantasmant sur des classes dangereuses. Il est à espérer que le bon sens, l’ouverture et la raison reprennent rapidement chez ces « progressistes » le pas sur une fort peu avouable xénophobie latente. » (6)

 

Sans revenir dans le détail sur ces manipulations, démissions, complicités, aussi hypocrites qu’atterrantes, rappelons deux autres remarquables analyses, parmi d’autres, déconstruisant cette gigantesque arnaque à la crédulité. Publiées lors de la première campagne des caricatures antimusulmanes en France, elles restent d’une pertinente actualité.

 

La première, un implacable dynamitage de cette opération de propagande par Domenico Joze, sous forme d’une série de billets sur son site (une intro + 5 textes) datés du mois de mars 2006, très bien documentés :

« Quand des médias caricaturaux pérorent sur des caricatures » (7)

Les titres de ses différents textes sont déjà une déconstruction point par point :

=>  Une (ir)responsabilité de la presse

=>  Des caricatures racistes

=>  Défendre la liberté de la presse

=>  Choc des civilisations et ethnocentrisme

=>  Un militantisme bête, stérile et dangereux

 

La seconde, un article de Mona Chollet, paru aussi en mars 2006, arrachant, en parlant de “barbus”, la fausse barbe de Charlie Hebdo :

« L’obscurantisme beauf – A propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo » (8)

Devenu, au fil du temps, un des puissants relais des campagnes de désinformation sur l’Islam et un des plus fervents soutiens à la politique de l’Empire. Au Moyen-Orient, notamment. Seule modification par rapport au précédent contexte, son patron, Philippe Val, très bien en cour auprès de notre président-monarque a, depuis, été appelé à de hautes fonctions dans l’audiovisuel…

 

A noter, parmi sa fine équipe, la présence de Caroline Fourest. Pasionaria dont j’apprécie beaucoup les confitures islamophobes. Mon plaisir étant de la voir s’y coincer les doigts, entre couvercles et bocaux de ses clichés et amalgames. (9) Pas plus tard que le dimanche 6 novembre 2011, au JT de 13H de la chaîne étatique France 2, elle n’hésitait pas à attribuer le succès du vote du “parti islamiste” en Tunisie aux “dons” sous forme d’argent ou de mouton distribués aux électeurs. Que de mépris pour le peuple tunisien, sortant d’une longue dictature corrompue et asservie aux seuls intérêts de l’Occident ! Que d’ignorance sur la mutation sociologique actuelle de la Tunisie !

 

A nouveau, ces caricatures ont été le déclenchement d’une opération de propagande de grande ampleur : presse, radio, TV, internet. Justifiée, cette fois-ci, par « La Peur » de ce qui se passerait en Tunisie et en Lybie, à la suite de l’arrivée de nouveaux pouvoirs et partis élus : l’imposition d’une Charia, fantasmée comme toutes les peurs, dont on ne connaît même pas les contours.

 

Modalités et formes étant multiples, l’éventualité et la réalité quasiment illusoires. Le “parti islamiste” en Tunisie, semblable quant à son programme à celui qui gouverne en Turquie membre de l’OTAN, arrivé en tête des élections n’a pas obtenu la majorité et sera amené, en conséquence, à former un gouvernement de coalition. Pas de quoi terroriser les chaumières occidentales …

 

Mais, campagne de propagande faisant loi, ce fut la multiplication de ces plateaux TV ou radio, articles de presse, animés par la noria habituelle de présentateurs, journalistes, aussi ahuris de bêtise les uns que les autres. Véritables têtes à claques d’hypocrisie.

 

Le plus pitoyable étant de les voir apostropher un interlocuteur de service, présumé(e) musulman(e), chargé de conforter le conditionnement anxiogène. Comme cette actrice iranienne venue vendre son film, financé par l’Union Européenne, qui ne comprenait même pas les questions qu’on lui posait (JT de 13h de F2 du 6 novembre 2011 : un modèle du genre…). Avec la phrase incantatoire qui tue, par son intensité de propagande racoleuse et imbécile :

 " Est-ce que vous comprenez que nous puissions avoir « Peur » ? " 

 

 

Peur de son ombre 

 

Ces “professionnels de l’info”, par leur totale mauvaise foi, leur foncière absence d’éthique, démontrent qu’ils ne sont que les vecteurs d’une désinformation forcenée. Rouages d’une propagande dont les effets marteau-pilon, démultipliés par l’absence de “diversité” dans l’information, ont été parfaitement diagnostiqués par Hannah Arendt dans son célèbre ouvrage : Le Système Totalitaire – Les origines du Totalitarisme. Rappelant, dans une note :

« Adolf Hitler, Mein Kampf, livre II, chap. XI, déclare que la propagande entreprend d’imposer une doctrine à l’ensemble du peuple, tandis que l’organisation n’incorpore qu’une proportion relativement réduite de ses membres les plus militants. » (10)

 

Nous y sommes…

 

Aucun d’eux ne s’est interrogé sur le fondement de « La Peur » en Libye, qui vient d’être méthodiquement détruite sous bombardements “High Tech”. Même pas l’intelligence de formuler la simple question : comment le pouvoir actuel, le CNT (regroupant anciens ministres et membres de la nomenklatura de Kadhafi), qui n’est pas un organisme élu mais une pure création des occidentaux et de l’OTAN, qui ne peut prononcer la moindre syllabe sans obtenir leur feu vert préalable, avait-il pu annoncer l’instauration d’une quelconque Charia ?... Complices, ainsi, d’une grossière opération d’intox visant à faire admettre, par l’opinion publique occidentale, l’occupation et la colonisation de la Libye, dans un but de protéger "démocratie" et "civilisation".

 

Aucun d’eux n’exprimant la moindre crainte, ni une gêne élémentaire, face à la dictature militaire du maréchal Tantawi en Egypte, succédant à celle de Moubarak avec la bénédiction de l’Occident. Peu soucieux ou pressé d’organiser une assemblée constituante, pour rédiger une nouvelle constitution, et organiser des élections libres. Au contraire : symbole de la révolution égyptienne, le blogueur ‘Alaa Abdel Fattah, qui avait déjà été emprisonné par la police de Moubarak, est renvoyé en prison. Pour délit d’opinion, par la soldatesque au pouvoir :

« Pionnier de la contestation numérique à travers le blog qu’il tient avec sa femme Manal, l’Egyptien ‘Alaa Abdel Fattah (علاء عبد الفتاح) est en effet détenu depuis le 30 octobre dernier. » (11)

 

Pas un n’agitant l’épouvantail de « La Peur » face aux agissements despotiques du régime militaire actuellement au pouvoir en Tunisie (aucun gouvernement “élu” n’étant encore détenteur de la puissance publique, même pas le “parti islamiste” arrivé en tête aux dernières élections) se livrant à des répressions et actions similaires à celles de la dictature de Ben Ali.

 

Un exemple : Entre le 3 et le 6 novembre 2011, s’est tenue une conférence des “blogueurs arabes” à Tunis, avec une centaine de participants en provenance de 16 pays différents. (12) Cette opération, aux énormes moyens, a bénéficié d’un financement plus qu’opaque. Surprise ou évidence, les blogueurs Palestiniens ont été les seuls du Moyen-Orient à ne pas y être admis par les services diplomatiques de la Tunisie :

« Sans plus d’explications, une délégation de douze blogueurs palestiniens s’est ainsi vu refuser son visa d’entrée par les ambassades de Tunisie en Egypte et à Ramallah. » (13)

 

Aucun d’eux ne tremblant de « Peur » face aux régimes de l’Arabie saoudite ou des pétromonarchies. Dictatures aussi corrompues qu’archaïques de féodalisme, avec des dirigeants considérant leurs pays comme une propriété privée. Des pays qui ne connaissent aucune élection libre. Ce ne sont pas quelques élections municipales bidons, sans partis, ni opposition, qui feront croire le contraire. Broyant, dans l’hystérie sanguinaire (notamment en Arabie saoudite) et le silence des médias, leurs révoltes intérieures avec autant de férocité que celles survenant chez leurs voisins immédiats : Bahreïn, Yémen, Jordanie,

 

Nos « journalistes-décrypteurs-de-l’info », nullement inquiets des colossaux cadeaux fiscaux accordés par notre oligarchie aux ploutocraties les plus immondes de la planète. “Les caisses sont vides”, “il faut réduire les dépenses” ne cessent de répéter les politiciens au bon peuple de France. Dans son dos, par d’astucieuses conventions fiscales, ce ne sont pas des « niches fiscales», mais des « hangars fiscaux» dont ils gratifient ces tyrannies.

 

Comme celle du 19 février 2009, un bijou en la matière, accordée à l’émir du Qatar :

« Parmi les dispositions, une en particulier déroge au modèle établi par l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) et aux conventions signées par la France dans cette région. Elle exonère d'impôt les plus-values immobilières et les gains en capital réalisés par le Qatar ou ses "entités publiques" - y compris, donc, la famille de l'émir - sur des biens détenus en France. Seul le Koweït bénéficie d'une clause similaire. Un autre article de la convention étend la période d'exclusion de l'impôt sur la fortune des biens situés hors de France pour les citoyens du Qatar résidant en France. » (14)
 

« Peur ». « La France a Peur ». Telle est la vision journalistique véhiculée en permanence à partir de la diabolisation des communautés et pays musulmans. Du moins, à partir de certains. Mais, pas d’autres. Dans une hallucination, sélective, à géométrie variable. Selon les plans marketing, décidés par l’appareil de désinformation, pour conditionner les opinions publiques. Sont intouchables et soigneusement préservés de toute remise en question les régimes, même les plus barbares, inféodés à l’Occident.

 

A longueur d’année, pas une journée ne se passe, pourtant, sans qu’un pays musulman ne soit bombardé, "droné", mitraillé, par les pays occidentaux. Tous subissant la présence permanente de centaines de bases, organisées, gérées, par les armées de l'Empire et de l'OTAN : aériennes, navales, terrestres. Avec leurs inévitables annexes : des dizaines de centres de torture et d’internement arbitraire. Des pays entièrement rasés, pillés, rançonnés. Des millions de morts, de blessés, de traumatisés, d’handicapés, de mutilés. Des milliers de personnes, enlevées, torturées, assassinés. Palestine-Gaza, Irak, Afghanistan, Liban, Libye, Pakistan, Somalie, Soudan… Interminable liste des damnés de « La Communauté Internationale » …

 

Auraient-ils un mot de compassion, ces « décrypteurs-de-l’info », « caricaturistes-défenseurs-des-valeurs-républicaines » ?... Un seul ?... Se disant, au regard de ce que nous leur faisons subir au quotidien, les musulmans méritent au moins notre respect… Non, ils n’ont à la bouche, au bout du crayon, au clavier, qu’insulte, provocation, diabolisation. Car, la doctrine imposée par la propagande le martèle : c’est nous, les occidentaux, qui devons avoir « Peur » des musulmans ! 

 

 

Justifier l’injustifiable

 

Cette voyoucratie de « La Peur » trouve toujours de bonnes raisons, bien évidemment, pour justifier, son hypocrisie, ses mensonges, son racisme, son fanatisme.

 

Oui. Il faut « cogner », « diaboliser », pour justifier l’injustifiable. Car, ses maîtres ont « Peur ». Non pas de l’Islam, des atteintes à la démocratie. Loin de là, ils le prouvent chaque jour en soutenant les pires dictatures sur tous les continents. L’Afrique, l’Amérique latine peuvent en témoigner. En fait : « Peur » que les pays musulmans se révoltent et revendiquent leur complète indépendance, se solidarisant, se fédérant, entre eux, pour enfin bénéficier de leurs ressources naturelles et gérer leur propre développement sans spoliation occidentale.

 

Alors, ces vertueux défenseurs des “valeurs républicaines” puisant dans leur caisse à outils les inusables clichés de l’impartialité journalistique ou caricaturiste, agrémentés d’arguments idéologiques à la mode laïque et républicaine…

 

Dans ce bric-à-brac de la diabolisation, quatre grands classiques de l’argumentaire islamophobe :

 

=> On a le droit de critiquer l’Islam”.

Encore faudrait-il en connaître les fondements, avant d’entamer un débat théologique, philosophique, ou philologique. Ces spécialistes du “prêt-à-penser”, dans leur prétention et leur ignorance, oubliant les millions de pages d’exégèse accumulées au cours des siècles. Par les plus grands penseurs des religions et de la spiritualité, y compris français (15). Qui, eux, ne confondent pas une religion et une croyance (l’athéisme étant une croyance comme une autre) avec leur instrumentalisation par des castes au pouvoir. Confusion qui relève, en ce cas, d’une analyse issue des sciences politiques ou sociologiques, et non pas théologiques.

 

=> On doit défendre la laïcité

Certainement, à condition de ne pas oublier que la laïcité est le respect de toutes les croyances. Y compris l’athéisme. Et non pas la diabolisation de l’une par rapport à d’autres. L’essentiel étant qu’aucune d’entre elles ne s’arroge un quelconque pouvoir politique imposant de force ses critères moraux, normes sociales, et discriminations économiques. Les régimes laïcs ont provoqué tout autant de victimes, si ce n’est plus, que les régimes religieux : hitlérisme et stalinisme, étant parmi les plus implacables de l’histoire récente. Quant aux millions de morts, aux apocalyptiques destructions et malheurs infligés par “l’Occident laïc” en Terre d’Islam…

 

=> “Il n’y a pas de blasphème en république”

Evidence, renforcée par le cliché : « Nous caricaturons bien le pape, alors pourquoi pas Mahomet ? ». Tour de passe-passe, pour tromper sciemment un public non averti.

D’abord, le pape n’est pas le prophète fondateur d’une religion, mais un hiérarque religieux coopté par ses pairs pour assurer, dans un système gérontocratique, la direction de la communauté catholique. N’excusant en rien les caricatures, aussi stupides que vulgaires, dont le niveau de provocation évite de traiter le problème de fond. Qui est, avant tout, l’urgente nécessité de réformer l’organisation de l’Eglise catholique.

Ensuite, dans une Europe au substrat chrétien, par son environnement historique et culturel, le second degré d’une caricature, d’une blague, est facilement identifiable. Mais, dans une opinion publique analphabète de l’Islam par conditionnement (exemple : medias monopolisés par les partisans du colonialisme de l’Algérie française, à présent par ceux de l’extrémisme sioniste en Palestine), les caricatures antimusulmanes représentent des instruments de propagande. Aucune “contre-lecture” n’étant possible, du fait d’absence d’information.

 

=> “Il faut défendre la femme musulmane”

Argument dissimulant, sous un féminisme militant, une hypocrisie sans pareille. “Défendre la femme musulmane” c’est, en premier lieu, commencer par ne pas la bombarder : ses marchés, ses villages, ses maisons, ses mariages, ses champs, ses troupeaux, ses écoles, ses dispensaires, ses hôpitaux, ses routes, ses ponts, ses stations d’épuration d’eau, ses puits, ses systèmes d’irrigation, ses universités, ses musées… Massacrer ses enfants, l’empêcher de les soigner. Autrement dit, tout ce qui est interdit pas les Conventions de Genève, car étant des objectifs civils. Et, que les armes occidentales écrasent sous les bombes, étouffent dans les embargos. Tous les jours. Pillant, spoliant et appauvrissant son pays.

 

Pourquoi ces incessantes campagnes islamophobes ? Quand ce n’est pas le voile, c’est la viande Hallal… A présent c’est le vote en Tunisie, et l’avant-vote en Libye… Piqûre de rappel pour s’assurer de l’efficacité du conditionnement de l’opinion ou de l’inconscient collectif ? Détourner le mécontentement de l’opinion confrontée aux actes répétés d’injustice sociale, par la caste régnante, sous l’appellation de “mesures d’austérité” ? Intensifier les pulsions racistes, et les  mécanismes de « Peur » pour élargir son “bassin de voix” en cette période électorale ? 

 

Probablement. Ce ne sont là, toutefois, que des effets collatéraux. Les objectifs immédiats, dans la diabolisation de l’Islam, sont de trois ordres :

 

i)  Justifier l’occupation et le pillage du Moyen-Orient par l’Occident, en édifiant à son seul profit un monopole mondial des ressources énergétiques (gaz-pétrole-uranium) dont cette région est richement dotée.

ii)  Justifier le blocage de toute reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat souverain, notamment par les différentes nations du Moyen-Orient qui pourraient exiger, par la suite, l’application de la quarantaine de résolutions de l'ONU non exécutées à ce jour. Certaines, depuis 1967.

 

iii)  Justifier l’écrasement de l’Iran, le réduire en cendres, à défaut d’en réussir sa conquête, qui représente l’Etat musulman le plus défiant, tenace et résilient, face aux prétentions hégémoniques, mégalomaniaques, de l’Occident au Moyen-Orient et en Asie musulmane.

 

“Caricatures” pour la “défense de la liberté d’expression et de la laïcité”…

 

Gober une telle imposture ?  Non.

 

Les caricatures antimusulmanes de Charlie Hebdo, alias Charia Hebdo, ne sont qu’un produit islamophobe parfaitement calibré, conditionné, emballé, pour “l’hypermarché” de la propagande impériale, de l’abjection raciste, dans l’incitation à la haine religieuse.

 

Sous néons, spots, projecteurs, de l’imbécillité, l’impunité, et la Bonne Conscience

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Rachid Amicou, Le simplisme comme prophétie, Le Monde, 8 février 2006.

(2)  Entretien de Pascal Boniface, Rire de tous, vraiment tous…, 2 novembre 2011, http://www.atlantico.fr/decryptage/charlie-hebdo-guignols-info-polemique-mahomet-islam-islamistes-musulmans-pascal-boniface-215330.html

(3)  Pour nos amis lecteurs non francophones : phrase célèbre de notre hymne national.

(4)  Cf. les commentaires sur le site : http://www.fdesouche.com/254430-pour-pascal-boniface-charlie-hebdo-stigmatise-avant-tout-une-minorite#comments

Ou encore :

http://www.causeur.fr/pour-pascal-boniface-charlie-hebdo-caricature-l%E2%80%99islam-parce-que-c%E2%80%99est-vendeur-2,12925

(5) Informations communiquées par le rédacteur en chef lui-même, sur le plateau de l’émission TV de Ruquier : "On n'est pas couché"…

(6)  Mojo Risin, La maladie de vieillesse du progressisme (le laïcardisme), Ecologie & capitalisme journal indépendant du militant, 10 novembre 2009, http://www.lejim.info/spip/spip.php?article39

(7)  Domenico Joze, Quand des médias caricaturaux pérorent sur des caricatures, mars 2006, http://c-re-action.over-blog.com/article-2021694.html

(8)  Mona Chollet, L’obscurantisme beauf – A propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo, mars 2006, http://lmsi.net/L-obscurantisme-beauf 

(9)  Georges Stanechy, Caroline Fourest : Tariq mon Amour, 20 novembre 2009, http://stanechy.over-blog.com/article-caroline-fourest-tariq-mon-amour--39730368.html

(10)  Hannah Arendt, Le Système Totalitaire – Les origines du Totalitarisme, Editions du Seuil, Essais, 2002 (première publication 1948), p. 138, note 79.

(11)  Yves Gonzalez-Quijano, Cliquez pour ‘Alaa Abdel Fattah - blogueur de la Révolution arabe, 6 novembre 2011, http://cpa.hypotheses.org/3055

(12)  The Third Arab Bloggers Meeting (AB11) 3 – 6 October 2011 Tunis,http://arabloggers.com/blog/the-third-arab-bloggers-meeting-ab11-3-%e2%80%93-6-october-2011-tunis-%e2%80%93/

(13)  Yves Gonzalez-Quijano, Op. Cit.

(14)  Patrick Roger, La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar, 22 février 2009, http://www.bladi.net/forum/183275-france-accorde-exoneration-dimpots-avoirs-qatar/

Ou encore : Convention fiscale France-Qatar, http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescriptive_2100/fichedescriptive_2100.pdf

(15)  Rappelons quelques noms, parmi les meilleurs chercheurs contemporains, d’expression française, sur l’Islam, sa dimension spirituelle et humaniste, tant sunnite que chiite : Serge de Beaurecueil, Jacques Berque, Henri Corbin, Charles-Henri de Fouchécour, Louis Massignon, Denise Masson, Eva de Vitray Meyerovitch, Vincent Monteil, Patrick Ringgenberg, Stéphane Ruspoli, Frithjof Schuon, etc.

 

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 21:27

 

 

« L’Apache est l’animal le plus vif et le plus rusé du monde, avec, en plus, l’intelligence d’un être humain ».
Commandant Wirt Davis – 1885 (1)

 

 

 

Rien.

 

Neurones inertes.

 

Face à l’avalanche de Ben Ladeniaiseries

 

Hystérie médiatique succédant, sans souffler, à celle du mariage princier, du cheval et de la cruche (The Horse & the Mug), surnommés ainsi par les britanniques lucides et hilares. Cadencée par le marteau-pilon de la propagande.

 

Où puisent-ils pareille énergie ?...

 

Occultant minutieusement les multiples manifestations du 1er  Mai, dans le monde, célébrant, revendiquant, une des valeurs fondamentales de nos collectivités : “Le Travail”. Sous sa forme élaborée, civilisatrice, qu’est “L’Emploi”, digne et épanouissant. Une des plus impressionnantes étant le défilé, à Madrid, de plus de 500.000 personnes.

 

Imagination tempétueusement océanique, en plus !... Narrative des anglophones, récit, roman, légende, épopée, variant suivant les conteurs : présidentiables vendus, politiciens achetés, “spécialistes” allumés, chroniqueurs timbrés, galonnés “enfumeurs”, traîneurs de sabre “emmédaillés”, et autres griots en godillots. Versions aussi changeantes que rouleaux de houle au gré des vents et courants.

 

L’assassinat héliporté d’un zombie, en famille dans sa villa. Ex-associé de ses futurs assassins… Un mort-vivant ne cessant de renaître au fil des ans. D’insuffisances rénales en bombardements, de cavernes en compounds, comme disent les journalistes d’investigation et les “experts” qui leur tiennent le stylo…

 

En matière de zombie, je le confesse foncièrement inculte, j’en suis resté au Thriller de Michael Jackson. C’est vrai. Ça date un peu.

 

Dans une opération commando, franchissant “furtivement” les centaines de kilomètres de l’espace aérien d’un pays souverain et allié. Pour atterrir près de sa principale école militaire. A son insu. Pas du zombie, du pays souverain.

 

170 millions d’habitants, millions de crève-la-faim. Caste au pouvoir pourrie jusqu’au iPhone, complice de l’Empire dans le démantèlement et la paupérisation de sa propre nation. Dotée d’une des meilleures couvertures radar de la planète, dans la crainte paranoïaque d’une attaque surprise de son grand et menaçant voisin. S’étripant dans de récents conflits frontaliers, jusque dans la partie Himalayenne du Cachemire, à plus de 5.000 mètres d’altitude : l’Inde…

 

Apache_chieff_Geronimo_right_and_his_warriors_in_1886.jpg

 

“Celui qui bâille” 

 

Soudain, j’apprends que la fin de l’opération s’est conclue par le message en anglais "chewingommesque" du responsable du commando, un triomphal :

« Geronimo KIA » !

 

KIA : rien à voir avec un marchand de meubles en tranches, de chiffons en paquets ou d’automobiles à gadgets. C’est la contraction, l’euphémisme passe-partout : Killed In Action. Traduction à double sens : “Tué ou Mort au Combat”, lorsqu’il s’agit de ses propres soldats ; “Liquidé”, si c’est l’assassinat d’un “ennemi” par des services spéciaux.

 

Mais : Géronimo !...

 

Nom de code donné au "mort-vivant" !

 

Me bourrer les narines de piment rouge aurait provoqué le même effet. Jets de fumée évacués par les oreilles !

 

Géronimo, un de mes héros depuis l’enfance, avec Cochise, Cheval Fou, Taureau Assis et tant d’autres Grands Chefs des Peuples Indiens ! (2) Résistant à l’invasion des colons débarquant d’Europe, leurs massacres, leurs spoliations. Luttant, avec un courage aussi immense que leur désespoir, contre le génocide de leur Nation, l’éradication de leur civilisation. (3)

 

Dans une vie antérieure, j’ai dû être Apache, Sioux ou Cheyenne, tant j’admire leur combat. Lectures ou westerns, toujours à leurs côtés. Incapable de supporter la bonne conscience des génocidaires. Symbolisé par le caricatural “casseur” d’Indiens cinématographique John Wayne (“casseur”, aussi, de Vietnamiens dans le film Green Berets…), au déhanchement de danseuse du Lido. Fantasmatique silhouette callipyge, en moins.

 

Geronimo appartenait à la Nation Apache, mosaïque tribale et clanique, semi-nomade. Un Apache Bédonkohé, « Ceux qui sont devant, à l’extrémité », en fait aux confins de la frontière actuelle du Mexique - USA. Né en 1823, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique contemporain.

 

Il s’appelait Goyahkla, "Celui qui bâille". Le nom donné aux enfants provenait d’observations, d’évènements, au moment de la naissance ou des premiers mois. Cheval Fou, membre de la Nation Sioux, a reçu son nom en souvenir d’un cheval emballé traversant au galop le campement, lors de l’accouchement de sa mère. Geronimo, était un bébé repu, choyé, paisible. Bâillant de bonheur…

 

Devenu adulte, vivant sereinement au sein de sa famille et de sa tribu. Au retour d’une journée de marché et de troc à l’ombre de la palissade du fort de Janos dans l’Etat de Chihuahua, les hommes découvrent leur campement détruit, incendié, femmes violées, éventrées, bébés démembrés, vieillards décapités. Un raid de miliciens mexicains, les rurales, cow-boys au service des grand propriétaires. Goyahkla, en 1850, découvrit sa mère, sa femme et ses 3 enfants, assassinés.

 

Il devint implacable de vengeance. Avec les hommes rescapés, il poursuivit les rurales, les exterminant, souvent armé de son seul couteau, dans une guérilla méthodique. Acquérant son nom de guerre mythique, de résistant : Geronimo.

 

L’avancée de la colonisation européenne, telle une lente montée des eaux, se déroulait, s’accentuait, dans le massacre des autochtones. Tuer un indien était considéré comme un « meurtre légitime », donnant lieu à l’octroi de primes pour les civils, de décorations et de promotions pour les militaires. Mineurs, chercheurs d’or, éleveurs, agriculteurs, se livrant souvent à plus d’atrocités que les soldats.

 

Parmi les “chasseurs d’apache” les plus tristement pervers : King S. Woosleyil.  Adepte de la “guerre chimique”, s’amusant à déposer en bord de piste des sacs de piñole (mélange de farine et de sucre), simulant la chute d’un chargement. Au préalable, truffés d’un poison foudroyant : la strychnine. (4)

 

Il recruta sa propre milice, ramassis d’une trentaine de tueurs aussi sanguinaires que sadiques, et se spécialisa dans l’extermination de villages ou de groupes d’Indiens en transhumance. Dont le sinistre massacre de Bloody Tanks, en 1864. De préférence, pendant les moissons du maïs et du blé, les hommes partis à la chasse. Anéantissant femmes et enfants, à leur aise. Ainsi, du massacre de Piñal Creek, dans l’Arizona d’aujourd’hui.

 

Ou encore, William S. Oury organisateur du massacre de 150 villageois pacifiquement installés au bord d’une rivière, le Camp Grant, le 30 avril 1871. Avec meurtre des femmes, préalablement violées, accompagné du carnage des bébés et enfants. A l’époque, ces "opérations" étaient planifiées non pas pendant la saison des mariages propices aux rassemblements, comme dans certains pays, mais durant les moissons où les hommes quittent leurs villages pour chasser. Assurer la réserve de viande fumée pour l’hiver.

 

Saccages et tueries, occasions de séances de liesse bénies par les évangélistes, célébrées par les médias. Déjà… Citons, The Arizona Miner :

 « Hurrah pour les Rangers du Comté Yavapai ! Nous sommes heureux de constater que nos rangers ne s’embarrassent pas de faire des prisonniers parmi les meurtriers peaux-rouges. La coutume précédemment adoptée, même par notre armée, de capturer femmes et enfants parait en voie de disparition ». (5)

 

Pris entre marteau et enclume : grands féodaux espagnols devenus mexicains, et yankees affairistes au nord du Rio Grande. Dialoguer, signer des traités, échanger des promesses, ne suffisaient pas. Les chefs des communautés Apaches étaient sidérés. Leurs propos, d’après les témoignages historiques, exprimant le désarroi :

Mangus Colorado :

« Les Américains sont d’une race violente, prête à exterminer les Apaches pour voler leur terre. Faut-il se battre ou parler avec eux ?... ». (6)

Unojo :

« Les Américians nous ont pris nos champs de maïs et de blé. Que devons-nous faire ? ». (7)

Eskiminzin :

« … Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur … Ils doivent être assoiffés de sang. Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire. Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. » (8) 

 

 

Inconscient collectif 

 

La guerre civile entre le nord et le sud des USA (1861 – 1865) une fois terminée, tous les efforts du gouvernement américain ont été investis dans l’éradication, physique et culturelle, des peuples Indiens. Sans transition, c’était passer de l’angélique « lutte contre l’esclavagisme », à l’impassible génocide Indien. Rayer de la carte. Sur l’ensemble des territoires. Dans une guerre à outrance.

 

Les survivants étant déportés à des centaines de kilomètres de leurs lieux d’origine et parqués dans des « réserves ». Véritables camps de concentration. Loin de leurs terres de cultures, de chasses et d’échanges commerciaux. Economie brisée. Leur société pulvérisée, ne survivant que de la distribution de rations, d’aides, au bon vouloir de leurs geôliers.

 

De préférence dans des zones insalubres et propices à la propagation de maladies. Aujourd’hui, on parlerait sans l’avouer de « guerre bactériologique »… Visitant le Camp de concentration de San Carlos, le jeune Lieutenant Bretton Davis, encore imprégné de quelques principes humains, en est choqué :

« En été, une température de 44 degrés à l’ombre était considéré comme fraîche. En toute autre saison de l’année, des moustiques, des insectes inconnus infestaient le pays par millions ». (9)

 

Comme les autres peuples Indiens en lutte, les Apaches malgré une héroïque résistance ne vont pas échapper au sort fixé par les colons. A bout de ressources, Geronimo après des années de résistance, de fuites et de combats, se rend l’été 1886. Pourchassés par cinq mille hommes, le quart de l’armée des USA d’alors, et 3000 soldats mexicains.

 

Avec lui, ne survivaient plus que 34 hommes, femmes et enfants. Considérés et traités en « renégats ». Ils vivront la déportation sur des centaines de kilomètres, de camps de concentration en camps de concentration, près des forts ou des casernements. Entassés avec d’autres peuples, déportés d’autres territoires.

 

Leurs enfants, séparés de leurs parents, envoyés eux-mêmes dans le nord des USA, en Pennsylvanie. Dans des établissements religieux, forcés d’oublier leurs langues et coutumes dans l’apprentissage par cœur de La Bible. En bons petits sauvages qui doivent dire merci d’être élevés à « la civilisation ». Sous-alimentés, beaucoup meurent de tuberculose.

 

Déportation, enchaînés, au sud de l’Alabama, à Mt Vernon Barracks près de Mobile. Puis en Floride au bord des marécages et étangs insalubres du Golfe du Mexique à Fort Pickens, Pensacola. Plus loin encore. Toujours en Floride, mais sur l’Atlantique, à Fort Marion. Son exceptionnelle constitution permettra à Geronimo de survivre là où beaucoup des siens seront emportés par paludisme, tuberculose, sous-alimentation, épuisement, désespoir.

 

Symbole de la résistance héroïque de la Nation Indienne, les colons feront tout pour l’humilier, le diffamer, le ridiculiser, jusqu’à l’exhiber, alors âgé, comme une bête de zoo devant la « bonne société ».

 

Agé de quatre-vingt cinq ans, il meurt d’une pneumonie. Le 17 février 1909.

 

Rares sont ceux qui n’ont pas admis la calomnieuse propagande coloniale à l’encontre des peuples peaux-rouges. Courageusement, en 1884, le Lieutenant Bretton Davis en dénonçait l’argumentaire :

« En ce qui concerne la perfidie, les engagements non tenus, les mensonges, les vols, les massacres de femmes et d’enfants sans défense, et tous les autres crimes figurant au catalogue des actes de cruauté perpétrés par l’homme envers son prochain, l’Indien n’était qu’un simple amateur en comparaison du « noble homme blanc ». Il commettait des crimes au détail, nous en commettions en gros ». (10)

 

Etiqueter la mission d’assassinat d’un zombie du nom de Geronimo n’a pas simplement choqué les descendants des survivants du génocide de la Nation Indienne, quel que soit leur groupe ethnique, où il est immensément respecté de nos jours. (11) C’est un acte révélateur, une signature de l’inconscient collectif de la nomenklatura des USA.

 

Avec un double effet, fanatiquement stupide :

=> Accoler Geronimo au nom de "l’ennemi le plus méprisé" c’est avouer que le génocide de la Nation Indienne n’est pas encore reconnu, regretté, mais au contraire revendiqué inconsciemment dans l’expression d’un racisme viscéral.

=> Accoler Geronimo au nom de "l’ennemi le plus recherché", c’est reconnaître et lui attribuer un statut de « renégat », résistant, rebelle, insurgé. Et, non pas celui de simple criminel.

 

Témoignage du niveau d’abrutissement des ganaches belliqueuses, assimilant dans leur analphabétisme culturel le nom de Géronimo, héros d’une résistance, symbole de la lutte pour la liberté et la dignité d’un Peuple, à un règlement de compte entre services spéciaux…

 

« Justice est faite ! Bon boulot ! », clament les Droits de l’Hommiste ! Incantation reprise par la chorale des veaux…

 

CIA

 

ACI : Apothéose du Cynisme Imbécile.

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993, p. 13.
(2)  Superbe ouvrage, richement illustré : Colin F. Taylor & William C. Sturtevant, Les Indiens d’Amérique du nord, Editions Solar, 1992.

(3)  Le regard d’un anthropologue sur les Amérindiens du continent américain, nord et sud : Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d’Amérique, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
Consulter, aussi, un des meilleurs connaisseurs de la spiritualité et de la civilisation Indiennes des Grandes Plaines : Frithjof Schuon : http://www.frithjof-schuon.com/indians.htm

(4)  Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 159.

(5)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 163.

(6)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 97.

(7)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 178.

(8)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 177.

(9)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 193.

(10) David Roberts, Op. Cit., p. 293.

(11) Charles McChesney, Onondaga Nation leaders blast 'Geronimo' codename for Bin Laden, The Post Standard, 4 mai 2011, http://www.syracuse.com/news/index.ssf/2011/05/onondaga_nation_leaders_blast.html

 

 

Photo : Geronimo (à droite) et ses derniers guerriers

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:25

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608.jpg

 

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, Cf. Personnalité de l’Année 2010, sur ce blog.

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010, http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010, http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html
(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice, http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010, http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 


 

                                       

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