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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:30

 

 

"Partout, dès les quais du port jusqu'au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l'offense régnait impunie, la misère, la délation, l'humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres ."

Jean-François Lyotard  (*)

    

 

 

Dix ans…

 

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

 

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

 

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

 

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

 

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

 

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) :

« Don’t mention the Iraq War…»

 

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

 

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

 

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc.  Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

 

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) :

« Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

 

Steve-Bell-28.02.2013-002.jpg

 

Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

 

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment...

 

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

 

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la "guerre civile". Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

 

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-"industrielle" par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

 

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

 

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

 

Leon-Kuhn-iraq_medal.jpg

 

Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !... Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

 

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [Britsh foreign policy and military action] (5).

 

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

 

But ultime. « Mission accomplie ».

 

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

 

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

 

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

 

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

 

Ils les exécutent.

 

Avec une "discrétion", ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

 

David-Kelly.jpg

 

Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l'ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

 

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

 

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les "politiques" exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

 

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent  de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

 

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

 

Trop.

 

Il a été retrouvé « suicidé ».

 

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

 

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

 

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

 

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

 

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

 

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

 
Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.
 
Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…
 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian,

http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-iraq-war-william-hague

2.  Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013,

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/iraq-war-anniversary-tony-blair-cartoon

3.  Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-about-iraq/

4.  Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse,
[Révélation : les centres de torture en Irak  sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers]

5.  Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009,
http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shiner-we-torture-people-yet-no-one-admits-it-1766263.html

6.  David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly's suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004,

http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianletters4

7.  Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him - says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail,

http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleblower-Dr-Kelly-WAS-murdered-silence-says-MP.html

8.  Simon Aronowitz, Kelly was Murdered' Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004,
http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9.  Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti - 25 février  2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l'Observatoire ne comprend que deux personnes: le directeur et son secrétaire-interprète. L'établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d'instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu'il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d'entrepreneur (propriétaire d'un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.

 

 

(*)  Jean-François Lyotard, Signé Malraux - Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

 

 


 

 

 


 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

 

 

 

 

La Journée de la Femme nous invite à prendre conscience. A ne pas oublier, aussi.
Je remets en ligne le texte publié à l’occasion de cette manifestation en 2011, rendant hommage à Aafia Siddiqui. Il y a deux ans…
Et, toujours d'actualité.
Le traitement infligé à cette femme de 41 ans, emmurée vivante dans les oubliettes de l’Occident, est une  condamnation permanente de l’hyperviolence, de la profonde hypocrisie, d’une idéologie et d’un système tant médiatique, politique, que judiciaire.

Déchiquetant La Dignité Humaine pour en nourrir leur Bonne Conscience.

 

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, archétype de l’Intellectuel-Tartufe célébrant les pires dérives de l’extrémisme sioniste dans l’histrionisme islamophobe. La citation empruntée à ce fanatique, encensé par la propagande, se veut donc une dérision relevant du gag : "L’arroseur-arrosé"...

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  
http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html
 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010,
http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010,
http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html

(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice,
http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010,
http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 

 


 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 20:45

 

 

 

Réélection de Netanyahu, le « Yes We Can » local.

 

Et, futur « Prix Nobel de la Paix »...

 

Son nouveau programme de gouvernement :

 

 

i)   Politique "extérieure"...

 

 

 

hakbari20130121133318323.jpg

 

 

 

 

ii)   Politique "intérieure"...

 

israel-gaza-oppressor-oppressed.gif

 

Analyses du Brésilien Carlos Latuff

 

 

 

 

 


 


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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 12:20

 

 

« Celui qui tourmente un enfant mérite d’être jeté à la mer, une meule au cou. »

Jésus (1)

 

 

 Un conte de Noël ?...

 

Il était une fois…

 

Un pays, qui avait à sa tête un dictateur : l’Irak.

 

Ni pire, ni meilleur, que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos "vertueuses démocraties".

 

Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles.

 

Pétrole oblige…

 

"Apporter la Liberté et la Démocratie", affirmaient-ils, la main sur le cœur.

 

Ils avaient une obsession, toutefois : "renvoyer le pays à l’âge de pierre", disaient-ils. On ne comprenait pas bien : pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres ?...

 

Ils on tout rasé. Méthodiquement.

 

Pas simplement les installations militaires : toutes les infrastructures civiles. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles Additionnels, ces « Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre. »

 

Tout : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. Tous les ministères, sauf celui du pétrole !

 

"Retour à l’âge de pierre" : mission accomplie.

 

Jusqu’aux musées et sites archéologiques, pillés à l’exemple du sac du palais d’été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques… Pillage, à l’époque, qui avait scandalisé Victor Hugo, et de nombreux intellectuels. Alors qu’aujourd’hui…

 

Détruire, massacrer, piller… Autres temps, mêmes mœurs.

 

Le plus curieux : ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants.

 

Pourquoi ?

 

Pourquoi interdire, sous prétexte d’embargo, l’importation des produits pharmaceutiques, tout particulièrement ceux relevant de la pédiatrie ou de l’obstétrique ? En quoi la protection sanitaire, des enfants de la naissance aux premiers pas, de l’accouchement aux soins élémentaires, encourageait-elle la prolifération des armes de destruction massive, chimiques ou bactériologiques ?...

 

Il est vrai que les fonctionnaires de l’ONU, chargés de superviser l’opération « pétrole contre nourriture », s’amusaient à interdire cahiers et crayons… Probablement, au cas où les enfants survivants auraient envie d’aller à l’école.

 

Nous avions été poliment, froidement prévenus, reconnaissons-le. Impossible de l’oublier. Madeleine Albright, responsable des affaires étrangères des USA au moment des faits l’avait publiquement signifié.

 

Nous nous souvenons tous de sa réponse à une question, dans un entretien télévisé, sur les ravages de l’embargo infligé à la population Irakienne avant son écrasement sous les bombes. La mort “par embargo” de 500.000 enfants de moins de 5 ans, était le prix à payer pour “libérer” l’Irak : « Worth it »…

 

Martin-Rowson-TG-12-10-2012--EU-Nobel-Prize.jpgPercutante caricature de Martin Rawson :
Barroso, président de la Commission européenne, allant chercher le Prix Nobel de la Paix
accordé à “l’Europe” matraquée de répression sociale.

Accueilli par les plus illustres prédécesseurs :
Kissinger aux mains ensanglantées et Obama caracolant sur son drone armé de missiles… (2)

 

 

Le Massacre des Innocents

 

En fait, dans les guerres actuelles menées par l’Occident, femmes et enfants sont des objectifs d’éradication stratégiques. Les plus sérieux et honnêtes des analystes, observateurs, démographes, économistes, géopoliticiens, l’admettent. Plus ou moins ouvertement et, dans tous les cas, en privé uniquement. Aucun ne l’exprimant publiquement par crainte de perdre fonctions et sinécures, crédits de recherche et dotations, subventions et “sponsoring”, accès aux médias et publications…

 

Très rares sont les articles publiés sur cette cible démographique, au cœur de toutes les planifications et opérations guerrières actuelles. Quand ils le sont, ce ne peut être que dans des médias non occidentaux, du fait de la censure. (3)

 

Résurgence d’une pratique ancestrale aux effets démultipliés par les nouvelles technologies. Avec pour objectif de casser, inverser même, la courbe démographique des populations du Moyen-Orient et du monde musulman, en général, composé de peuples non arabes (dont Pakistan, Afghanistan, Iran, etc.). Il s’agit d’un génocide programmé et méticuleusement appliqué.

 

Mais, le terme “génocide” serait réservé, parait-il. Comme une “appellation contrôlée” pour un vin ou un saucisson.

 

On ne parle donc que de "dégâts collatéraux". Terme générique présentant, de plus, beaucoup d’avantages : plus anodin, presque une norme, une fatalité…. C’est "la faute à pas de chance"… Personne n'est responsable. Fêtes de mariages et de naissances, aux fortes concentrations de femmes et d’enfants, sont, ainsi, systématiquement « traités » comme des objectifs militaires à anéantir.

 

La banalisation de cette pratique est telle que ce qu’on pensait appartenir à un autre siècle est repris dans les comportements, manuels de combat, et procédures de commandement, des troupes d’invasion occidentales au quotidien.

 

Tout récemment, décembre 2012, le Lieutenant Colonel Marion Carrington, patron du 1st Battalion - 508 th Parachute Infantry Regiment en Afghanistan, a déclaré publiquement que parmi les “mâles” en âge de porter les armes ("military-age males"), les enfants sont considérés comme des menaces potentielles. En conséquence, sont nommément désignés en tant que cibles : les "enfants au potentiel d’intention hostile" ("children with potential hostile intent"). (4)

 

Mais, que veut dire, ou comment identifier, un "enfant au potentiel d’intention hostile" ?... Sous couvert de concepts fumeux et de cabrioles rhétoriques, ce n’est que la justification hypocrite de tout massacre d’enfants, arbitraire et impuni.

 

Hôpitaux, cliniques, centres médicaux, où se rassemblent femmes et enfants pour obtenir des soins sont évidemment des objectifs militaires, dans toutes les opérations des troupes de l’OTAN. Ce qui s’est passé en Irak se produit en permanence en Afghanistan, et ailleurs. L’accès aux soins des femmes et des enfants, doit être empêché à tout prix. Les comédies humanitaires pour Journaux TV, destinés à endormir les opinions publiques, ne sont que les paravents de ces massacres et destructions sauvages et systématiques.

 

Exemple ? Au début de ce mois, décembre 2012, les troupes d’invasion de l’OTAN, dénommées ISAF en Afghanistan, ont fait irruption à l’hôpital de Sewak, dans la province de Wardak, au centre du pays. L’occupant pendant trois jours, s’en servant comme prison pour “interroger” des suspects. La soldatesque a tout cassé, en plein hiver : portes, fenêtres, lits, matériel médical, placards et étagères, même les murs…

 

Mais, ces soudards sont mal tombés, pour une fois. Le directeur de ce centre hospitalier relevant d’une ONG suédoise [Swedish Committee for Afghanistan - SCA], Andreas Stefansson, loin d’être intimidé, en a été révolté et a pu donner l’alerte en Europe. En dépit de l’inévitable censure médiatique. Dans une déclaration officielle du 6 décembre 2012, il qualifie cette action comme une :

« … violation absolument inacceptable de toutes les Conventions internationales… » (5)

 

Illustrations des violences guerrières directes ou indirectes dont la palette mortifère est employée dans son intégralité : embargos, bombardements, guerres civiles et chaos organisés. Permettant de sabrer, ainsi, des générations entières de femmes et d’enfants porteurs des développements démographiques des pays visés par ces actions.

 

Car, ce n’est pas le seul potentiel militaire des pays musulmans qui préoccupe les "stratèges" occidentaux, mais leur croissance démographique, accompagnée de celui de l’enseignement et de la maitrise des techniques. Le progrès économique et technologique qui en serait la conséquence engendrerait inéluctablement l'enracinement d'une irréversible indépendance politique, face aux visées hégémoniques de l’Occident et à ses entreprises de pillage.

 

On comprend mieux l’acharnement à pulvériser, démembrer, déchirer : Somalie, Irak, Pakistan, Afghanistan, Soudan, Lybie. Syrie, à présent. Le prochain chaos programmé étant l’Iran.

 

Sans oublier la Palestine, encore et toujours. Depuis plus de soixante ans…

 

On sait combien les enfants Palestiniens sont spécifiquement visés et massacrés. L’enclave de Gaza étant le symbole de cet acharnement sanguinaire. Bombardements allant de pair avec un embargo particulièrement implacable, et tout aussi illégal. Puisqu’il relève de la décision unilatérale des forces d’occupation, soutenues par les pays occidentaux dont elles sont l'émanation.

 

Cet embargo constitue un authentique "Crime contre l’Humanité", du fait qu’une population civile est prise en otage et massacrée au bon vouloir d’une armée coloniale. Selon périodicité, intensité, procédé, qui lui conviennent. Avec deux modalités récurrentes : violences armées (tirs, bombardements, assassinats, internements arbitraires et tortures, etc.), ou blocages d’accès aux soins médicaux et à l’alimentation (de l’eau potable aux produits alimentaires de base).

 

Les images de l’assaut meurtrier par des commandos, dans les eaux internationales, des bateaux acheminant de l’aide humanitaire pour Gaza sont encore dans toutes les mémoires.

 

Toutefois, ce blocus maritime, hyperviolent, n’est pas le seul instrument de d’étouffement par “embargo”. Il est renforcé par l’édification d’un mur sous-terrain constitué de palplanches en acier pour empêcher la population de creuser à la main des tunnels vers l’Egypte, et s'y procurer un minimum de médicaments et denrées de premières nécessités.

 

Notons que la France s’associe au plus haut niveau de l'Etat à ce "Crime contre l’Humanité".

 

Une preuve de cette implication, parmi d’autres : le général Benoit Puga est, depuis le 5 mars 2010, “chef d’état-major particulier” de nos présidents de la République. D’abord de Sarkozy, puis de Hollande qui l’a maintenu à son poste. Après avoir exercé les plus hautes fonctions dans nos armées (directeur du renseignement militaire, professeur au Collège interarmées, patron des opérations spéciales, corédacteur du Livre Blanc de la Défense Nationale, et tutti quanti…).

 

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit en toutes lettres dans Wikipedia… Figure, dans ses glorieux états de service, une mention aussi révélatrice qu’atterrante (6) :
« En 2009, le général Puga est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur de séparation en acier entre l'Égypte et la bande de Gaza. »

 

On se pince pour y croire…

 

« … Venu personnellement inspecter… ». En 2009… Alors que Gaza, immense camp de concentration enfermant 1,5 millions de personnes, venait de subir durant plusieurs semaines parmi les plus atroces bombardements de population, et de massacres d’enfants, imaginés par les plus hallucinés des criminels…

 

Quelle est l’impératif stratégique de la France, pour que les plus hauts responsables de nos forces armées, au budget pharaonique égal à la moitié de celui de la Chine, se rendent sur place, afin « d’inspecter », de s’assurer de la profondeur et de l’épaisseur du mur sous-terrain en acier asphyxiant la population civile de Gaza ?

 

En quoi, contrôler, superviser, que la population de Gaza, dont ses enfants, crève lentement mais sûrement de faim, de manque de soins, et de désespoir, est-il une obligation de notre état-major ?...

 

Où résident intérêt, urgence, pour notre « Défense Nationale », notre « Souveraineté Nationale », de s’associer en permanence à des "Crimes contre l’Humanité", à l’encontre de populations à des milliers de kilomètres de chez nous, qui ne nous ont rien fait et ne nous menacent en rien ?...

 

Le degré d’abjection, d’infamie, de trahison, de notre caste gouvernementale et militaire, en termes de reniement de toute éthique, mais aussi d’avilissement dans la servilité à l'égard d’intérêts, idéologies et diktats de pays et « milieux » qui nous ont vassalisés, rendent pathétique de grotesque cette éternelle référence de nos politiciens et médias à une France mythique des Droits de l’Homme et des Lumières…

 

Dans le style des incantations mégalomaniaques d’Alexis de Tocqueville, autre féroce raciste colonial :

« Il y a des entreprises que seule la nation française est en état de concevoir, des résolutions magnanimes que seule elle ose prendre.
Seule elle peut prendre en main un certain jour la cause commune de l’humanité et vouloir combattre pour elle
. » (7)

 

Avec une « élite » de cette trempe, la France n’est, et ne sera, qu’un pitoyable polichinelle…

 

Fallujah-Birth-defects-Oct-2012-PTV.jpg

Enfants de Falloujah victimes des munitions à "uranium"

 

 

Falloujah : Laboratoire de l’Horreur

 

Enfants Palestiniens Afghans ou Irakiens : mêmes massacres.

 

Une ville en Irak restera dans l’Histoire une des grandes hontes de l’Humanité, qui en connaît une pléthore : Falloujah. Elle a résisté à l’invasion avec le plus grand courage. Elle en a été châtiée d’autant, avec un rare acharnement dans les atrocités guerrières : multiples bombardements, encerclements et pilonnages d'artillerie, sièges et batailles de rue, maison par maison, étage par étage...

 

Dès 1991, les occidentaux s'étaient amusés à bombarder le marché de la ville par surprise, attendant qu’il soit rempli," l’heure de pointe" comme disent les commerçants, lieu de concentration de femmes et d’enfants accompagnant leurs mères ou leurs sœurs. Officiellement recensés : 1360 civils tués. Certainement, plus du triple.

 

Lors de la destruction de l’Irak, les forces occidentales ont utilisé à profusion des armes nouvelles, à base d’uranium. Il existe un minimum de 40 sites fortement irradiés, mais Falloujah est le pire de tous.

 

Personne ne s’en inquiète, ou ne l’évoque. Ni les Belles Ames, politiciens et “journalistes d’investigation”, spécialisées dans l’histrionisme humanitaire. Encore moins, l’agence de l’ONU en charge du contrôle de la non prolifération des armements nucléaires, l’AIEA (Prix Nobel de la Paix 2005…), et ses rocambolesques “limiers-infatigables-chercheurs-d’atome-iranien”.

 

Toutes les enquêtes, recherches, sont interdites aux Irakiens, par les autorités d'occupation. Nos médias ne traitant le sujet que pour en atténuer l’impact, lorsque l’information fait ou refait surface, par les procédés habituels de la désinformation. Ce qu'on appelle le "contre-feu" (8) :

=> forme interrogative dans le titre : “L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?”,
=> et, en dernière ligne, ou conclusion, le démenti officiel américain : “La seule réponse fournie sur ce sujet par le département d'Etat américain : il n'existe aucune preuve scientifique de la dangerosité de l'uranium appauvri sur la santé”...

 

Mais, les faits sont têtus et l’uranium met des milliers d’années avant de disparaître… Lors des mitraillages et bombardements, de 2004 surtout, balles et éclats d’obus ont truffé tous les bâtiments, murs et chaussées de la ville réduite en ruine.

 

Le professeur Christopher Bubsy, scientifique britannique, est le directeur de Green Audit, et secrétaire scientifique du comité européen sur les risques liés aux radiations [European Committee on Radiation Risks]. C’est un des plus éminents spécialistes des phénomènes d’irradiation et des ravages de l’uranium sur les populations et l’environnement. Avec courage, malgré obstacles, menaces et agressions (campagnes de diffamation par la propagande, en particulier), pour lui et ses collaborateurs, il s’est intéressé au destin tragique de cette ville.

 

D’après ses recherches et analyses, même sans explosion de bombe atomique, l’effet des munitions à base d’uranium est dévastateur (9) :

« La situation dans Falloujah est effrayante et affreuse, c’est encore plus dangereux et pire qu’à Hiroshima et à Nagasaki... »

« […] L’uranium est introduit dans le sang par la digestion et la respiration. Les quantités extrêmement élevées d’uranium auxquelles les gens de Falloujah ont été soumis expliquent l’élévation vertigineuse des cancers des ganglions, des poumons, des seins et du système lymphatique chez les adultes. »

 

Il s’est particulièrement penché sur les déformations congénitales dont la multiplication fulgurante atteste que Falloujah a servi de “Laboratoire de l’Horreur”. Parmi celles qui se sont multipliées (10) :
=> enfants nés sans yeux
=> enfants avec deux et trois têtes
=> enfants nés sans orifices
=> enfants nés avec des tumeurs malignes au cerveau et à la rétine de l’œil
=> enfants nés avec l’absence d’organes vitaux
=> enfants nés avec des membres manquants ou en trop
=> enfants nés sans parties génitales
=> enfants nés avec de graves malformations cardiaques.

 

Constats et conclusions du professeur Christopher Bubsy sont effrayants : l’emploi de munitions à base d’uranium avait un objectif à long terme, bien au-delà de la simple destruction de la ville. Ce sont les enfants qui ont été visés, avec des effets durables et multiplicateurs sur plusieurs générations. Extraits (11) :
« Le taux de leucémie d’enfant est 40 fois plus élevé, depuis 2004, que pendant les années qui précédent. »
« Le taux de mortalité infantile pour Falloujah est de 80 enfants en bas âge sur 1000 naissances (80 pour 1000), alors que pour le Koweït ce taux est de 9 enfants en bas âge sur 1000 (9 pour 1000). »

« La troisième génération affiche des malformations génétiques comprenant des maladies chroniques (cancer, cœur, etc.) à un taux 50 fois supérieur à la normale. »

 

La population des enfants « mâles » étant particulièrement ravagée  (11) :
« Avant 2003 naissaient à Falloujah, 1050 bébés de sexe masculin pour 1000 bébés de sexe féminin. En 2005, il y a eu la naissance de seulement 350 garçons pour 1000 filles, ce qui signifie que les bébés de sexe masculin ne survivent pas. »

« En raison du code génétique des enfants en bas âge de sexe masculin (manque de chromosome X), ceux-ci risquent plus de mourir à la naissance, et les enfants en bas âge de sexe féminin ont plus de chance de survivre à la naissance avec de fortes déformations. »

« Quant aux bébés de sexe féminin, les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN, ce qui signifie que ces même enfants de sexe féminin, s’ils survivent et s’ils se reproduisent plus tard, donneront naissance à des filles génétiquement déformées et à des bébés de sexe masculin mort-nés. »

 

Le Massacre des Innocents

 

Comment l’oublier à Noël ?… Noël, fête de la Nativité, des enfants… Célébration de la naissance de Jésus… A présent, celle du culte du Veau d’Or de la Consommation.

 

Mais, que pèsent les enseignements de Paix et de Fraternité de Jésus face aux mugissements  de la Bête ?

                                                    

Quant au respect des enfants, Lui, Le non-violent qui, dans une de ses exceptionnelles colères froides, fustigeant ceux qui les persécutent, les tourmentent, les enferment dans la violence et le désespoir... Jusqu’à souhaiter les voir jetés à la mer. Une meule au cou…

 

Comment l’oublier ?...

 

Enivrons-nous des carillons et clochettes, assis hilares, entre bonhommes bottés aux fausses barbes, glissant dans des traineaux tirés par des rennes en caoutchouc, sur de la neige en polystyrène…

 

Joyeux Noël !… Merry Christmas !… Feliz Navidad !... Frohe Weihnachten !... Buon Natale !... Vrolijk Kerstfeest !... Glædelig Jul !... Wesołych Świąt Bożego Narodzenia !...

 

Loin des regards silencieux des Enfants de Falloujah…

 

Regards qui vrillent notre “âme”. Mais, nous en reste-t-il une ?...

 

A l’exemple de ces criminels pervers de sadisme, ces héritiers de Josef Mengele, qui ont conçu et exécuté ces atrocités, les perpétuant implacablement, conscience en paix avec leurs complices, politiciens et médias, réunis en famille autour du sapin…

 

Entourés de leurs petites têtes blondes dénouant les paquets cadeaux, bourreaux repus et attendris, se délectant de chorales enfantines et grelots…

 

Mélodieuses vibrations de la magnificence de notre "Civilisation" :

« Petit Papa Noël… ♪♪♪…

Quand tu descendras du Ciel… ♪♪♪… 

Avec tes jouets par milliers… ♪♪♪… »

 

 

 


 

 

(1)  Evangile selon Saint Marc, chapitre 9 - verset 42.

(2)  Martin Rawson, On the European Union’s Nobel Peace Prize Win - cartoon, The Guardian, 12 octobre 2012,
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2012/oct/12/european-union-nobel-peace-prize-cartoon
3)  Aline de Diéguez, Le boom démographique palestinien affole les Israéliens, 7 décembre 2012,
http://www.algeriepatriotique.com/article/aline-de-dieguez-le-boom-demographique-palestinien-affole-les-israeliens-iii

4) US military facing fresh questions over targeting of children in Afghanistan, (L’armée américaine mise en cause pour prendre les enfants comme cible en Afghanistan), The Guardian, 7 décembre 2012,
http://www.guardian.co.uk/world/2012/dec/07/us-military-targeting-strategy-afghanistan 

5)  NGO : ISAF Attack Afghan Hospitals, Violating ‘’All Established Rules’’, (Une ONG Suédoise [Swedish Committee for Afghanistan - SCA] dénonce les attaques des forces coalisées sur les hôpitaux Afghans, en violation des conventions internationales), Fars News Agency, 8 décembre 2012,
http://english.farsnews.com/newstext.php?nn=9107125160

6)  Article Wikipedia sur le général Benoit Puga, en date du 11 décembre 2012, 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Puga#Op.C3.A9rations_ext.C3.A9rieures 

7)  Alexis de Tocqueville, Considérations sur la Révolution, I, VII, Gallimard, collection Pléiade, tome 3, p. 506.

8)  Exemple caricatural de cette pratique, dont sont extraites les citations :
Caroline Caldier, L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?, FranceInfo, 9 juin 2011,
http://www.franceinfo.fr/monde-moyen-orient-2011-06-09-l-armee-americaine-a-t-elle-utilise-l-arme-nucleaire-en-irak-542427-14-19.html

9)  Layla Anwar, Falloujah, c’est pire qu’Hiroshima, 24 juillet 2012,
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9137

10)  Voir les vidéos (en anglais) sur le site du Professeur Chris Bubsy :
http://www.chrisbusbyexposed.org/?page_id=102
Notamment :
=> Cyclop child and the cause of congenital anormaly in Iraq (Les Enfants Cyclopes et les causes de malformations congénitales en Irak)

=> US depleted uranium ammo behind Iraq birth defects spike (Les munitions américaines à "uranium appauvri" à l’origine de l’augmentation vertigineuse des malformations congénitales en Irak)
(11)  Layla Anwar, Op. Cit. 

 


 


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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 23:10

 

 

« Parfois des territoires nous reviennent quand nous partons en guerre pour une sainte cause. A chaque fois, j’en ai la certitude, le drapeau de la liberté flotte au dessus d’eux et leurs peuples sont comblés de bienfaits. »

William McKinley – Président des USA  (1897 - 1901) (1)

 

 

 

Philippines, aux 7.107 îles… Aux 200 volcans, dont 22 en activité. Saupoudrés sur 1.700 km du nord au sud et 750 km d’est en ouest. Flore et faune exceptionnelles, dans des paysages paradisiaques aux populations d’une gentillesse extrême. (2)

 

Une centaine de millions d’habitants aux dialectes si nombreux, plus de 170, qu’ont été inscrites dans la Constitution politique deux langues officielles, traduisant l’évolution de son douloureux destin colonial : l’anglais, après élimination de l’espagnol, et le Tagalog, dénommé officiellement “Filipino”. (3)

 

Philippines-map

 

Le responsable du gouvernement de notre pays, Jean-Marc Ayrault, vient d’y effectuer un séjour de trois jours : « son premier voyage hors d'Europe en tant que Premier ministre ». Du 18 au 21 octobre. Avec un crochet par Singapour, Cité-Etat de 5,5 millions d’habitants entassés sur 700 km²…

 

Considérés comme des « pays de grande vitalité économique sur lesquels la France veut s'appuyer pour combler l'important déficit de son commerce extérieur ». Avec pour symbole, la signature d’un contrat de vente du consortium européen Airbus de 10 avions à la compagnie nationale Philippines Airlines (PAL), pour un montant de 2,5 milliards d’euros. (4)

 

Déplacement d’une étonnante discrétion, toutefois.

 

Habituellement, toute visite officielle d’un chef de gouvernement de notre république dans un pays étranger, en dehors de l’Europe et des pays « occidentaux » ou « vassaux », est précédée d’une intense campagne de nos médias, avec tambours et trompettes, sur les leçons de démocratie et des droits de l’Homme que notre pays, drapé dans sa Bonne Conscience, ne manquera pas d’adresser à son hôte.

 

Là : silence…

 

Alors que les Philippines figurent parmi les pays les plus corrompus de la planète, aux mains d’une caste au pouvoir d’une poignée de familles, aussi richissimes que féodales, se déchirant dans des coups d’Etat, des vendettas (les ridos en dialecte local), ou se cooptant dans des élections truquées. Depuis des décennies, si ce n’est des siècles. Parmi les plus violents, en termes d’injustice sociale, maintenant dans une misère abjecte des dizaines de millions d'habitants.

 

slide-Philipino Child

Désespoir dans les rues de Manille

 

 

Cinq siècles de colonisation

 

Pourtant, n’ayant connu que la colonisation occidentale, espagnole puis américaine, voilà un pays qui devrait être un paradis sur terre…

 

L’explorateur portugais Fernand de Magellan y a accosté le 16 mars 1521 et y mourut le 27 avril plus tard dans un combat face aux guerriers du roi de l’île Mactan (rattachée, à présent, par un pont à l’île de Cebu), Lapu-Lapu considéré comme le premier héros de l’indépendance du pays, qui refusait de se soumettre au représentant du roi d’Espagne.

 

Malgré une résistance héroïque, la pression militaire de troupes équipées des plus puissantes forces navales de l’époque, d’armes à feu et de canons, l’emporte. En 1565, l’archipel est officiellement intégré à l’Empire espagnol qui lui donna son nom en l’honneur de l’empereur Philippe II.

 

Colonie rattachée administrativement à la vice-royauté du Mexique, les mouvements d’indépendance d’une population traitée en serfs ou en esclaves, hormis les « collabos » qu’engendre toute colonisation, n’ont jamais cessé.

 

Résistance s’amplifiant à partir du XIX° siècle, sur fond de sauvages répressions, avec celui qui est devenu une icône nationale, le poète et écrivain José Rizal. Fusillé par l’occupant espagnol en 1896, à l’âge de 35 ans, à la suite d’un enlèvement alors qu’il se rendait à Cuba en bateau, et d’un simulacre de procès pour « rébellion ». Schéma classique…

 

José Rizal  était issu d’une riche famille métissée chinoise et tagalog. Il n’a jamais cessé d’exercer son métier de médecin et chirurgien ophtalmologue (il voulait rendre la vue à sa mère devenue aveugle) après s’être formé dans les meilleures académies de médecine de l’époque : Madrid, Berlin, Paris. Il se mettra au service des populations sans ressources. Fondant des écoles, créant des domaines agricoles pour les paysans sans terre, enseignant langues et techniques agricoles.

 

L’oligarchie locale et les autorités coloniales ne lui pardonneront jamais son choix :

« Je me trouverai du côté des Philippins opprimés, parce qu'avant tout je préfère succomber pour les droits des bafoués de l’humanité que triompher pour les intérêts égoïstes d’une nation… » 

 

Débordant d’activité et de curiosité intellectuelle, voyageant au Japon, en Chine, s’initiant aux arts martiaux. Il est un des plus éminents linguistes de son temps, maîtrisant 23 langues. Ses romans écrits en espagnol, après avoir été longtemps interdits par le colonisateur puissamment soutenu par la hiérarchie de l’Eglise dont il critiquait les abus en tous genres (y compris sexuels…), sont reconnus à présent comme des chefs-d’œuvre du castillan. Notamment : Noli me Tangere (traduit sous le titre : N'y touchez pas), qui est un des surnoms du cancer des yeux, et El Filibusterismo (traduit sous le titre : Révolution aux Philippines).  


Philippines-Jose rizal 01

José Rizal

 

José Rizal était un adepte de la "révolution silencieuse". La plus puissante, la plus inexorable : la lame de fond. Qui prend tout son temps pour lever, accumuler sa force. Refusant le recours aux flambées de révoltes armées et sans cohésion, faciles à écraser par les oppresseurs, qui ne souhaitent que cela.

 

Ses armes étaient redoutables d’efficacité, dans une perspective à long terme : l’éducation, le savoir, la connaissance, la maîtrise des techniques et des langues.  Forgeant des hommes libres, imperméables aux propagandes et diabolisations, sûrs de leurs droits et intraitables quant au respect de leur dignité. Sa devise :

« Il n'y a pas de tyrans là où il n'y a pas d'esclaves ».

 

L’administration coloniale ne s’y trompait pas, craignant la force de ses idées, son charisme, ses exemples de réforme et de gestion sociale. Jusqu’à la hiérarchie catholique en charge de l’éducation qui réservait l’enseignement de la langue espagnole à une "élite" soigneusement sélectionnée en fonction de critères raciaux et de niveaux de richesses, surtout immobilières : priorité aux colons espagnols et aux riches familles métissées avec eux.

 

José Rizal, proposant un contre-exemple de cette "féodalité maître-esclave", devenait l’homme à abattre.

 

Comme toujours, rien n’a changé de nos jours, une puissance coloniale, impériale, pense conforter la pérennité de sa prédation par l’assassinat de ceux qui ne partagent pas son idéologie. Mais, assassiner une intelligence de cette envergure n’est que le symptôme de l’aveuglement forcené d’un colonialisme se refusant à toute évolution historique. Résultat : la résistance à l’oppression redoubla…

 

Deux ans plus tard, l’Espagne était contrainte de céder les Philippines aux USA, en même temps que Guam et Porto Rico, suite à la guerre hispano-américaine de 1898. Sa colonie de Cuba obtenant une indépendance de façade pour, en fait, passer sous le contrôle des USA.

 

La fin de l’occupation espagnole fut accueillie avec joie par la résistance du pays. Certains de ses responsables, en particulier Aguinaldo, souhaitaient l’intervention américaine. Mais, ils n’avaient pas anticipé le cynisme des puissances coloniales. Comme dans la fable, c’est le chat Grippeminaud qui empoche la mise : l’appareil colonial des USA succédant à celui de l’Espagne. Encore plus méthodique de férocité…

 

 

D’un génocide colonial à l’autre

 

Les révolutionnaires Philippins proclamèrent, le 12 juin 1898, l’indépendance de leur nation. Assurés des promesses formulées par les américains pour les soutenir. Découvrant, soudain, qu’il ne s’agissait que de mensonges : confrontés aux débarquements de troupes et à une volonté inflexible de s'emparer du pays. Ce fut la mise à feu de la guerre américano-philippine.

 

Officiellement, elle dura de 1899 à 1902. Les USA prononçant unilatéralement, en 1901, la dissolution de la première, et brève, République des Philippines. En fait, les derniers combats de cette guerre ne s’achevèrent qu’en 1913.

 

Ce fut une des guerres coloniales les plus atroces, meurtrières, dévastatrices, de l’histoire du colonialisme.

 

Dans un racisme effroyable de sauvagerie. Les Philippins étant traités de "nigs", abréviation de "niggers", au sens péjoratif de "nègres". Manifestation spontanée de  l’inconscient collectif des dirigeants américains de l’époque encore adeptes de l’apartheid, malgré la Guerre de Sécession ; imbibés d’un implacable mépris envers les populations non-blanches, tout particulièrement les Afro-Américains. Détestation élargie à d’autres populations "colorées" (coloured) : Amérindiens, Latinos, etc.…

 

Plus de 3 millions de Philippins furent exterminés, soit dans des combats, soit dans des camps de concentration, véritables camps de la mort. Les « Banlieues de l’Enfer », comme se plaisaient à les présenter leurs geôliers. Sans distinction de sexe, ni d’âge. Où, ils furent internés pour y mourir de faim ou de maladie, typhus et choléra en majorité, forme de guerre bactériologique qui ne disait pas son nom. (5)

 

Villages rasés, habitants massacrés, hommes, femmes, enfants. Des centaines d’Oradour-sur-Glane. Récoltes incendiées, bétail et animaux domestiques systématiquement abattus, dans une tactique de la terre brûlée. Evidemment, usage généralisée de la torture, tout particulièrement le waterboarding pour « faire parler » les résistants…

 

Sous les ordres d’authentiques criminels de guerre, formés dans les expéditions génocidaires contre les amérindiens d’Amérique du nord.

Tels le général J. Franklin Bell, à l’origine de l’emploi  méthodique du waterboarding, qui a reconnu que 600.000 civils avaient été massacrés dans la seule île de Luzon sous ses ordres. (6) Ou encore, le général Jacob H. Smith, ordonnant le massacre des habitants de l’île de Samar, avec son ordre célèbre : "Kill Every One Over Ten" (tuez tous ceux de plus de 10 ans) :

« Je ne veux aucun prisonnier. Je veux vous voir tuer et brûler, plus vous tuerez et brûlerez et plus je serai satisfait. Je veux que soit tuée tout personne en mesure de porter les armes dans les combats actuels contre les Etats-Unis ». (7) 

 

Phillipines-USA War-AtrocitiesAdultes et enfants fusillés

 

Les Philippins résistèrent jusqu’à l’extrême dans une guérilla acharnée, désespérée, héroïque. Sans moyens, ni approvisionnements en armes et munitions, encore moins en médicaments, l’archipel étant sous blocus maritime. Se battant à mains nues, avec machettes, arcs et flèches, en dernier recours.

 

Leur cause était perdue. Leur combat pour l'indépendance de leur pays était mal vu des autres puissances coloniales, dans une solidarité de prédateurs. Et, pratiquement inconnu de l’opinion publique internationale du fait d’une étroite censure et d’une pression permanente sur les militaires qui dénonçaient les atrocités dont ils étaient témoins ou acteurs (certains s’en vantaient…) dans le courrier adressé à leurs familles.

 

Quelques journalistes et intellectuels américains essayèrent de mobiliser l’opinion, en vain. Occasion de rendre hommage à Mark Twain qui exprima, en termes mesurés, son opposition à cette guerre coloniale :

« Je ne comprends pas, et n’arrive pas à saisir les origines de notre antagonisme envers les Philippins. Je pensais que nous devions agir en tant que protecteurs – et non pas essayer de les mettre sous notre botte. Nous devions les aider à se débarrasser de la tyrannie des Espagnols afin qu’ils choisissent leur propre mode de gouvernement, et nous devions les soutenir dans leurs efforts… » (8)

 

Un des derniers grands chefs de la résistance, le général Macario Sakay, tomba dans le piège tendu par l’armée américaine. Il fut invité, avec ses principaux lieutenants, à négocier la paix et l’instauration d’une république indépendante. L’amnistie, pour lui et ses hommes, avait été garantie par le Gouverneur général des Philippines Henri Clay Ide. Ils furent tous arrêtés à la faveur d’un banquet organisé pour “fêter la réconciliation”.

 

Pour contourner l’amnistie accordée dans le cadre d’un conflit armé, les occupants utilisèrent une loi taillée sur mesure : le général Macario Sakay fut pendu en 1907 pour « banditisme ». Les Borgia n’auraient pas imaginé mieux !...

 

Depuis les années 2000, le génocide des Philippins lors de la conquête américaine commence à être progressivement mieux étudié, malgré la destruction des archives militaires et l’obstruction des milieux politiciens ou académiques et, de ce fait, mieux connu. Aucun Etat au sanguinaire passé colonial, il est vrai, n’échappe à cette volonté d’occulter ses massacres, offrant de multiples exemples : France, Grande-Bretagne, Portugal, Espagne, Italie, Hollande, Allemagne, Belgique et d’autres encore…

 

A noter le réflexe immédiat du conquérant colonial : imposer sa langue en tant qu’instrument privilégié et indispensable pour accéder à toute responsabilité politique. Le formatage des nouveaux dirigeants Philippins, sous la domination des USA, se fit dans le cadre d'un programme de « déshispanisation » méthodique. L’asservissement passant par l’imposition d’une langue.

 

L'intellectuel et écrivain, à la double nationalité philippine et américaine, San Juan E. Jr., tout en souhaitant un développement de ces recherches, en résume lucidement enjeux et obstacles dans un article, publié en 2005,  qui lui a fermé les portes de beaucoup d’institutions universitaires américaines (9) :
"US Genocide in the Philippines – A Case of Guilt, Shame, or Amnesia ?"
(Le génocide des USA aux Philippines - Un Cas de Culpabilité, de Honte ou d’Amnésie ?)

 

Article dans lequel il rappelle que l’ONU, en 1948,  avait défini le génocide dans la "Convention sur la Prévention et la Sanction du Crime de Génocide" (“ Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide”) comme des actes :
 « … commis avec l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux ».
(“… committed with intention to destroy, in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group.”)

 

S’en suivit une trentaine d’années de terrible occupation, au cours de laquelle le colonisateur pris soin de maintenir la population dans le sous-développement. Veillant à ce qu’aucune "élite" civile ou militaire ne soit formée, à part les héritiers des familles milliardaires agissant en fondés de pouvoir des autorités coloniales. Afin qu’aucune velléité d’indépendance, aucune insurrection, ne puissent surgir à nouveau.

 

Ce furent les japonais qui surgirent en 1941, nouvel envahisseur, pour prendre le total contrôle de l’archipel en 1942. Provoquant la débandade de l’occupant américain avec la fuite éperdue et nocturne en Australie du général Douglas Mac Arthur, gouverneur militaire. Abandonnant ses troupes sur l’île de Corregidor, à leur reddition et leur internement, barbare, par les Japonais.

 

La reconquête des Philippines achevée avec la chute du Japon, les américains décidèrent d’accorder l’indépendance aux Philippines le 4 juillet 1946.

 
Indépendance de façade, évidemment.
 
Les Philippines restent une “colonie de fait” des USA. Une des plus étroitement contrôlées en raison de sa position stratégique sur les voies maritimes des approvisionnements (énergétiques, surtout) et du commerce de la Chine.
 
Contrôle illustré par le maintien, entre autres, d’une des ses plus gigantesques bases aéronavales dans le monde, jusqu’en 1991 : U.S. Naval Base Subic Bay, dans l’île de Luzon. Très active pendant la guerre du Vietnam, servant de base arrière pour les réparations et maintenances de la flotte américaine.
 
Depuis juin 2012, bâtiments et aéronefs ont refait leur apparition dans le cadre de manœuvres conjointes avec l’armée du pays. Instructeurs et troupes spéciales y étant toujours présents.

 

 

Manila slums.3

Les bidonvilles de Manille

 

 

Néocolonialisme, mondialisation et misère

 

Avec la néo-colonisation suivant la période des indépendances de l'après deuxième guerre mondiale, le pays fut immédiatement plongé, dans le plus parfait, radical, fondamentalisme « Libéral ». Relooké, à présent, sous le vocable : « Mondialisation ». Comme chacun sait : système politique et économique censé apporter, par les miracles de l’autorégulation ou de la “main invisible” du marché, grâce à la “non-intervention” de l’Etat, bonheur et prospérité aux peuples qui en bénéficient…  

 

La pauvreté n’y cesse de croître malgré le développement du PIB (3 à 4 % en moyenne), la richesse nationale étant confisquée par les dynasties familiales au service des intérêts “multinationaux”. Les plus connues étant celles qui se passent à tour de rôle le fauteuil de la présidence, “un coup c’est toi - un coup c’est moi” : Marcos, Estrada, Arroyo, Aquino, et consorts.

 

Les Philippines sont considérées par tous les instituts et observatoires, spécialisés en ce domaine d’études et de recherches, comme le pays d’Asie le plus corrompu, spolié par un pouvoir structuré en clans mafieux. Colossal impact pour les populations contraintes d’endurer depuis des décades un ravage d’une telle ampleur. (10)

 

Tous les pays asiatiques, en particulier les plus dynamiques (Chine, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Thaïlande) ont enregistré une diminution permanente de la pauvreté. Sauf les Philippines, qui s’y enfoncent davantage. Les taux de pauvreté exprimés dans les dernière études du genre, malgré tous les efforts pour les édulcorer, affichent des augmentations continues : 24,9 % en 2003, 26,4 % en 2006, 26,5 % en 2009. (11)

 

Même la Banque Mondiale, réputée pour la prudence coutumière de ses analyses ménageant la susceptibilité des puissants et de leurs réseaux, stigmatise la corruption comme premier obstacle au développement du pays. Tout particulièrement, dans ses rapports 2008 et 2009. (12)

 

Enormes inégalités de revenus, vertigineuses iniquités sociales, accentuées par un enseignement catastrophique : primaire, secondaire, technique. Principalement dans les zones rurales. Les riches se réservant les meilleures institutions privées pour leurs enfants et les universités les plus chères ou prestigieuses de Singapour, Taïwan ou des USA. Bien sûr, système de santé quasi-inexistant pour les pauvres qui constituent la majorité de la population.

 

Infrastructures déplorables à part les principaux ports ou aéroports de l’archipel, et les installations nécessaires à l’oligarchie et ses protecteurs étrangers : accès aux bases militaires, aux exploitations minières, aux immenses propriétés familiales, aux lieux de villégiatures de la nomenklatura.

 

Le pays bénéficie, néanmoins, du transfert en devises des dizaines de milliers de Philippins qui s’expatrient à l’étranger pour soutenir leurs familles. Les hommes, essentiellement comme marins sous-payés sur les navires marchands ou de croisière sillonnant les océans, sous tous les pavillons. Les femmes, comme employées de maison, aux USA, au Japon, en Corée, à Taïwan, à Singapour, en Arabie saoudite et dans les pétromonarchies. On en trouve même au Liban et en Jordanie.

 

Et, aussi, comme prostituées. Le transfert des revenus des prostituées Philippines, rien qu’à partir du Japon, formerait un flux de devises évalué à 200 millions de US$ en 2011.

 

La prostitution représente, en effet, une des calamités du pays et une de ses principales ressources… La misère incitant les jeunes femmes à trouver une échappatoire dans ce métier, dont le développement faramineux est un "dégât collatéral" de la guerre du Vietnam. Lors de la guerre du Vietnam, Manille était avec Bangkok, en dehors de Saigon au Vietnam, un des plus grands "centres récréatifs" du contingent militaire américain.

 

Depuis, ce secteur d’activité n’a cessé de progresser parallèlement à l’appauvrissement du pays. En 2009, leur nombre était estimé à 800.000. En réalité, ce serait le double. Des rues entières de Manille, mégalopole de 15 millions d’habitants aux immenses bidonvilles, sont spécialisées dans ce business : rabatteurs, salons de massages, bars, hôtels, karaokés, discothèques avec exposition des jeunes femmes affublées d’un numéro, etc. Telle, la célèbre rue Burgos.

 

Des jeunes femmes, adolescentes pour la plupart, produisant de faux certificats de naissance pour dissimuler le fait qu’elles sont mineures, venant des campagnes dévastées par la misère et la malnutrition, se vendent à toute une clientèle venue de l’étranger : USA, Australie, Nouvelle-Zélande, Europe, Japon, Corée, Taïwan, Singapour. Exploitées comme du bétail, avec son cortège inévitable de maladies et de drogues, par des mafias d’une extrême brutalité compte tenu des sommes colossales en jeu (13).

 

Le plus préoccupant est la prostitution des enfants.

 

Enfants, souvent abandonnés par des parents qui ne peuvent pas les élever, ou des mères célibataires survivant à peine dans la misère, orphelins. Proie des trafiquants qui les livrent aux pédophiles du monde entier. Manille est connue pour être un des hypermarchés mondiaux de la prostitution des jeunes adolescents et des enfants, garçons et filles.

 

On estime qu'au minimum 100.000 enfants sont, chaque année, livrés à la prostitution aux Philippines. (14)

 

Avec la complicité de tous les gouvernements et de l’ONU. Là : pas de « ligne rouge », ni de schéma à la Tribune de l’ONU. Pas de sanction, ni de grandes déclarations de l’UE sur les droits de l’Enfant. Motus !

 

Pourquoi ?... Nos « élites » seraient-elles consommatrices ?...

 

Complicité étrange. S’élargissant même dans des campagnes, matraquages, médiatiques d’une rare hypocrisie. Les spécialistes de la protection de l’enfance sont particulièrement inquiets de voir se multiplier, dans les pays occidentaux, la légalisation de l’adoption d’enfants par des homosexuels.

 

Compte tenu du fait que, dans tous les pays occidentaux, le délai d’attente pour adopter est de 7 ans en moyenne (cas de France et Grande-Bretagne), ils anticipent une demande massive, tout autant "légale" que suspecte, de ce type d’adoption aux Philippines, ainsi que dans d’autres pays aux législations et contrôles laxistes du fait de la corruption endémique (Cambodge, par exemple).

 

A la grande satisfaction des trafiquants, y compris les avocats véreux spécialisés dans l’habillage juridique de ce genre de "transactions"…

 

 slide-Manila Slum

Bidonvilles de Manille sous la pluie

 

 

Quel avenir pour ce pays ?

 

Quel avenir pour les Philippines ?...

 

Son protecteur l’a trouvé : investir dans l’armement pour harceler la Chine ! (15)

 

Les USA ont entrepris récemment une campagne de harcèlement de la Chine, dans une nouvelle forme de diabolisation, avec pour prétexte la remise en cause de la nationalité des îles chinoises de la région.

 

Guérilla diplomatique et de propagande fomentée à partir de revendications officielles du Japon, du Vietnam. Et, inévitablement, des Philippines considérées à présent comme un « pivot » par les stratèges américain, pour reprendre l’expression d’Hillary Clinton. (16)

 

Paradoxe stupéfiant que de voir actuellement un pays comme les Philippines, qui admet officiellement posséder 2.400 îles inhabitées et sans nom, revendiquer, dans une provocation permanente, quelques îles appartenant à la Chine : 9 îlots inhabités du minuscule archipel Spratly !... (17)

 

Se disant menacé par l’expansion maritime de la Chine. Et, en conséquence, obligé d’augmenter son budget militaire pour multiplier ses effectifs, acheter de la quincaillerie guerrière, aux USA forcément, investir dans des installations militaires (les USA veulent vendre des stations radars hors de prix…), afin de pouvoir avec son grand allié faire face à cette menace imminente. (18)

 

Course délirante aux armements, imposée par son suzerain… (19)

 

Pendant que dans sa plus florissante île, Mindanao au sud de l’archipel, les investissements étrangers, saoudiens, taïwanais, japonais, s’emparent des meilleures terres agricoles du pays. Et, que les groupes miniers internationaux, à couverture australienne, canadienne ou US, s’approprient toutes les mines : or, chrome, cuivre, etc.

 

Les Philippines représentent, en fait, l’archétype du désastre de la colonisation et du “Libéralisme Economique” pour peuples et nations qui en sont victimes. Sauf évidemment pour la ploutocratie au pouvoir qui y trouve la source de son enrichissement fulgurant. Et, ses protecteurs occidentaux : une chasse-gardée pour les intérêts de leurs groupes miniers, industriels et financiers.

 

D’où, le mutisme de nos politiciens en visite, adeptes convaincus de cette idéologie. Le protectorat des USA aux Philippines ne figure pas dans la liste des “rétifs” à l’orthodoxie “Libérale”. Encore moins, aux diktats de l’Empire formatant les relations internationales.

 

Comme les bidonvilles de Manille dissimulés par des murs, pour les faire oublier aux visiteurs. (20)

 

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

 

Notre nomenklatura, notre diplomatie, nos médias, dégainant à l’ordinaire “Bonne Conscience” et “Leçons Démocratisantes” plus vite que leurs ombres, observent la plus stricte omerta.

 

Notre premier ministre, “de gauche”, n’a donc rien vu, rien entendu.

 

Il ne pouvait, davantage, rien dire.

 

Philippines…

 

Paradis de la misère, dans les splendeurs du “Libéralisme” radical …

 

 

 


 

 

 

 

(1)  “Territory sometimes comes to us when we go to war in a holy cause, and whenever it does the banner of liberty will float over it and bring, I trust, the blessings and benefits to all people”.
Phrase prononcée en 1900, pour célébrer la colonisation des Philippines enlevées à l’Espagne, en même temps que Guam et Porto Rico, suite à la guerre hispano-américaine de 1898.
Citée par John B. Judis dans Imperial Amnesia, Foreign Policy, July/August 2004, http://www.hartford-hwp.com/archives/54a/051.html 

(2)  De magnifiques photos ont été publiées dans l’ouvrage de Nigel Hicks : Parcs Nationaux des Philippines, éditions Köneman, 2000.

(3)  Article XIV, Section 7, Constitution of the Philippines, 1987.
(4)  Ayrault à Singapour et aux Philippines, “autres” pays émergents -  Les Echos, 15 octobre 2012, http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/reuters-00470685-ayrault-a-singapour-et-aux-philippines-autres-pays-emergents-500428.php

(5)  “… the bloodiest colonial war (in proportion to population) ever fought by a white power in Asia; it cost the lives of 3,000,000 Filipinos." (cf. E. Ahmed's "The Theory and Fallacies of Counter-Insurgency", The Nation, August 2, 1971.) General Bell himself, the old sweetheart, estimated that we killed one-sixth of the population of the main island of Luzon—some 600,000 people.”
Cité par Gore Vidal :
http://en.wikipedia.org/wiki/J._Franklin_Bell#Alleged_War_crimes
(6)  Gore Vidal, Op., Cit.
(7)  Instructions du général Jacob H. Smith, lors de la campagne de l’île de Samar :
" I want no prisoners. I wish you to kill and burn, the more you kill and burn the better it will please me. I want all persons killed who are capable of bearing arms in actual hostilities against the United States ”.

http://en.wikipedia.org/wiki/Jacob_H._Smith#Samar_campaign
(8)  Voir pour l’opposition des intellectuels américains à la guerre de conquête coloniale des Philippines : American opposition,
http://en.wikipedia.org/wiki/Philippine%E2%80%93American_War#American_opposition
(9)  San Juan E. Jr., US Genocide in the Philippines – A Case of Guilt, Shame, or Amnesia ?, 22 mars 2005, http://www.selvesandothers.org/article9315.html

(10)  The Republic of the Philippines suffers from widespread corruption, 30 août 2012, http://socialproblmesinthephilippines.blogspot.fr/
(11)  Celia Reyes et Aubrey Tabuga, Poverty and Growth in the Philippines, Philippine Institute for Development Studies (PIDS), 6 septembre 2011, http://www.eastasiaforum.org/2011/09/06/poverty-and-growth-in-the-philippines/

(12)  Income inequality in the Philippines,
http://en.wikipedia.org/wiki/Income_inequality_in_the_Philippines

(13)  Thin Lei Win, Child poverty in Philippines even worst in cities, UNICEF, 12 janvier 2012, http://www.trust.org/alertnet/news/child-poverty-in-philippines-often-worst-in-cities-unicef

(14)  Children and Sex Trade, Sunstar, 11 décembre 2011, http://www.sunstar.com.ph/weekend-davao/children-and-sex-trade

(15)  Richard D. Fisher Jr., Defending The Philippines : Military Modernization and the Challenges Ahead, 3 mai 2012,

(16)  Hillary Clinton, “America’s Pacific Century,” Foreign Policy, November 2011.

http://www.cnas.org/files/documents/publications/CNAS_ESCS_bulletin3.pdf

(17)  Richard Javad Heydarian, Construction tensions in the South China Sea, octobre 2012, http://www.atimes.com/atimes/China/NJ26Ad02.html

(18)  Should the Philippines increase military spending and prepare for war ?, 24 juin 2012, http://getrealphilippines.com/blog/2011/06/should-the-philippines-increase-military-spending-and-prepare-for-war/

(19)  Ava Patricia C. Avila, Philippines defence build-up: Self-reliant posturing is back, The Nation, 18 juillet 2012, RSIS Commentaries, http://www.nationmultimedia.com/opinion/Philippines-defence-build-up-Self-reliant-posturin-30186396.html
(20)  Manila Slum Walls Built To Hide Philippines Poverty, 3 mai 2012, http://theredphoenixapl.org/2012/03/16/the-world-is-a-ghetto-global-slums-out-of-sight-and-out-of-mind-deterioration-of-the-human-condition/

 

 

 

Illustrations, voir la galerie de photos sur la survie dans les bidonvilles de Manille :
http://news.bbc.co.uk/2/shared/spl/hi/picture_gallery/06/world_manila_slum_life/html/1.stm

 

 

 

 

 


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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 00:05

 

 

« C’est le feu qui terrifie nos pitoyables ennemis. Car nous ne sommes pas simplement vivants, mais terriblement précis dans nos chants et notre dédain. »

Amina Baraka (1)

 

 

 

rachelcorrie2-3Rachel…


Nous le savions.

 

Le 28 août 2012, nous attendions le jugement. Après des mois de procédures, de reports incessants, de manœuvres dilatoires…

 

Soit, ils allaient le reporter à nouveau. Soit, ils allaient acquitter ton assassin… Celui, dont ils n’ont jamais voulu donner le nom, ni montrer le visage. Surtout pas à tes parents, ta famille, tes amis. Pour des raisons de sécurité, disaient-ils.

 

Tes assassins, plutôt. Car ce meurtrier, sous l’uniforme de la soldatesque saccageant et terrorisant la Palestine depuis des décennies, n’est que l’infime rouage d’une sanguinaire machine de guerre. Il avait des complices : supérieurs, donneurs d’ordre, commanditaires.

 

Nombreux avons-nous tenté, à plusieurs reprises, de sensibiliser l’opinion publique (2). Sans surprise, notre nomenklatura, médias, politiciens et “leaders d’opinion” jouant des coudes, si bavards d’ordinaire, si cabotins de déclarations “twitteuses”, ont parfaitement observé l’omerta. En France, tout particulièrement.

 

Ce conducteur du bulldozer qui lentement se dirigeait vers toi… Moi qui, à bord d’un voilier, appréhende toute déferlante plus haute de quelques mètres que les autres, j’admire ton courage d’affronter un monstre d’acier de cette taille.

 

Face à lui, tu n’avais que ton seul gilet fluo orange et ton porte-voix. Ta foi, aussi, immense, dans un monde de Paix et de respect de la Dignité Humaine. Lui demandant de ne pas raser la maison du médecin Palestinien qu’il était chargé de démolir. Dans cet immense camp de concentration qu’est, à présent, la Bande de Gaza, avec la complicité de l’ONU.

 

Car, en Palestine, les forces d’occupation ont pour pratique de raser les maisons de ceux qu’ils considèrent comme « opposants » à leur politique de colonisation. Rien qu’entre 2000 et 2004, période où tu y militais pour la Paix, l’association humanitaire israélienne « B’Tselem » reconnaît qu’à Rafah, la ville de ton exécution, au moins 1700 habitations ont été rasées laissant environ 20000 personnes sans abri… (3)

 

Ce conducteur du bulldozer, subitement, devant des dizaines de témoins, accélérant avec la toute puissance de son moteur. Te recouvrant de terre, t’écrasant. Passant et repassant sur ton corps. Dans la satisfaction du travail bien fait, ou de la mission accomplie…

 

C’était le 16 mars 2003. Tu avais 23 ans.

 

Une cinéaste Canadienne originaire du Maroc, Najat Jellab, avec talent, sensibilité, sobriété, a réalisé un documentaire émouvant sur toi. Les images inédites de ton arrivée à l’hôpital, y sont bouleversantes. Le corps brisé, tu étais mourante. On y entend le récit du crime par un témoin, sur les lieux mêmes. Comme si nous y étions, à tes côtés.

 

Surtout, on y fait connaissance de tes parents. Dans votre maison d’Olympia, capitale de l’Etat de Washington sur la côte pacifique, jouxtant la frontière du Canada. De ta mère, poignante de dignité dans la souffrance. Evoquant, avec tant de tendresse, ton enfance, ton adolescence, ton engagement. Ta détermination, pour aller défendre la Paix et la Dignité Humaine, à des milliers de kilomètres de ton lieu de vie habituel.

 

Et, tous les témoignages, d’amitiés, d’affection, de reconnaissance, venus de Palestine. (4)

 

 

 

  

 

Justice complice

 

Finalement, ils n’ont pas hésité. Ils ont osé. Assurés de leur impunité, du soutien indéfectible de tous les gouvernements occidentaux. 

 

Ces soudards t’ont suppliciée de sang-froid, une première fois. Leur “justice” habile en cyniques simulacres, comme tout instrument d’une force d’occupation couvrant ses crimes quotidiens, t’a exécutée une deuxième fois : c’est “un accident”, ont-ils jugé. Disculpant ton assassin. (5) 

 

Mais, dans la sauvage stupidité de l’acte et de son “verdict”, la soldatesque a rasé le semblant de vernis démocratique dont elle voulait se parer. La caricature de Nick Hayes dans The Guardian en révèle, avec force, l’impact : (6)

 

Nick-Hayes-29.08.2012-TG.jpg

En fait, ces fous de guerres et de violences n’ont pas compris que leur déni de “justice” était te faire revivre !... Tu es devenue un “Symbole” qui, par sa stature, sa dimension, les domine, les écrase tous : hypocrites, lâches, tortionnaires et massacreurs.

 

Un de ceux qui incarnent l’Histoire. Qui n’a que faire des simulacres de “justice”, sur fond de terreur et de propagande. Arguties, mensonges, le souffle du Temps les emportent. Seuls, les faits subsistent.

 

Symbole, tu es et resteras, de tous ces militants de la Paix et la Dignité Humaine, issus d’une multitude de pays y compris d’Occident, solidaires du Peuple Palestinien.

 

Démontrant ainsi que les Peuples, contrairement aux castes dominatrices usurpant le pouvoir, avec leurs seconds couteaux, milices et médias, souhaitent un monde se développant dans la concorde et la solidarité. Beaucoup ont été assassinés, même après ton propre meurtre. Les membres de l’association à laquelle tu appartenais, International Solidarity Movement [ISM], étant spécialement ciblés.

 

Cinq ans après ton assassinat, un des plus héroïques d’entre eux, l’Italien Vittorio Arrigoni, a vécu tous les massacres de Gaza. Aidant à transporter morts et blessés sous les bombes au phosphore et balles à l’uranium, informant le monde entier via son blog des atrocités commises par le régime d’occupation militaire. Par son livre, aussi, qui ne sera évidemment jamais traduit, ni diffusé en France : Restiamo Umani (“Restons Humains”, ou “Comportons-nous en Etres Humains”…).

 

Intolérable aux forces de répression, il a été enlevé et assassiné en avril 2011, 8 ans après t’avoir “supprimée”. Utilisant cette fois des “collabos”, travestis en “salafistes” par leur propagande, pour noyer le poisson. Le chef du commando d’assassins-mercenaires, qui a réussi à fuir le blocus de Gaza, réputé « infranchissable », était Jordanien… (7)

 

Tout occupant, malheureusement, génère sa fange, ses “collabos”. En France, sous l’occupation des forces armées allemandes, de véritables bandes organisées y prospéraient. Les plus sinistrement célèbres étant celles d’Henri Lafont ou de Rudy de Mérode. Sous-traitant une partie des enlèvements, tortures, assassinats, du régime allemand.

 

Les barbares en ont dansé de joie comme cet "historien", Geoffrey Alderman, écrivant dans “The Jewish Chronicle” :

« Peu d’évènements – même pas l’exécution d’Oussama Ben Laden – m’ont procuré autant de plaisir ces dernières semaines que l’annonce de la mort du soi-disant “militant pacifiste” Italien Vittorio Arrigoni »… (8)

 

Impitoyablement, le régime d’occupation s’efforce d’interdire l’accès de la Palestine à ces militants pacifistes, témoins de leurs férocités quotidiennes. A l’exemple de l’assaut sanglant contre la Flottille de La Liberté, apportant médicaments et vivres à la population de Gaza. Imposant implacablement la devise :

« Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ».

 

Symbole, tu es et resteras, de ces pays broyés sous les bombes, comme toi tu le fus sous les chenilles du bulldozer.

 

Le mois même de ton écrasement, on assistait sur nos écrans TV dans la jubilation médiatique, à ce qui restera un des plus grands crimes contre l’Humanité de tous les temps : l’invasion, l’anéantissement d’un pays entier. La destruction totale de l’Irak. Dans le mensonge, connu de chacun. Déchiqueté, tout comme la Somalie, le Soudan, l’Afghanistan, le Pakistan, la Lybie. Et, aujourd’hui : la Syrie.  

 

Symbole, tu es et resteras, de la Palestine.

 

Nation, lacérée, pulvérisée, niée, depuis plus de 60 ans. Dont on arrache les oliviers, fauche le bétail, rase les maisons, extermine les meilleurs cadres. Jusqu’à assassiner ses artistes et poètes, comme Mahmoud Darwich le rappelait. Et, en pleurait.

 

Palestine où, dans une totale impunité s’agissant de territoires officiellement “occupés” et en violation flagrante de toutes les résolutions de l’ONU, ce sont non pas seulement des maisons mais, encore plus fort, des villages entiers qui vont passer sous les chenilles des bulldozers.

 

En juillet dernier, on apprenait ainsi que 8 villages (Majaz, Tabban, Sfaye, Fahit, Halawa, Al Marqaz, Jinba and Kharuba) et quatre localités, au sud d’Hébron, allaient être réduits en poussière. Leurs habitants expulsés. (9) Pour les transformer en terrains de manœuvres militaires…

 

Dis-moi, Rachel… L’abjection, va-t-elle triompher ?...

 

 

Silence complice

 

Depuis ta mise à mort, destructions et massacres se poursuivent en Palestine, dans l’indifférence.

 

Exemple emblématique : en ce mercredi 29 août 2012, une femme de 42 ans est entre vie et la mort, après avoir reçu plusieurs balles dans la poitrine. Les soudards des forces d’occupation s’amusant à faire des cartons sur des habitants qui essayent de faire pousser quelques cultures de subsistance, dans ce blocus inhumain de la Bande de Gaza. (10)

 

« Gaza sera invivable d’ici 2020 si aucune action immédiate n’est entreprise », s’inquiète un récent rapport de l’ONU !… (11) Comme si c’était actuellement un centre de villégiature. Un blocus qui dure depuis 2007, enfermant 1,5 million de personnes dans le plus grand camp de concentration que l’histoire de l’Humanité ait connu. Coupé de tout, depuis 5 ans. Sauf quelques tunnels au sort aléatoire, quand on ne les fait pas sauter à l’explosif, avec l’Egypte.

 

« Actions immédiates pour prendre en charge les aspects fondamentaux de la vie : eau, assainissement, électricité, éducation, santé et autres aspects… », prévient le "coordinateur humanitaire" de l’ONU, Maxwell Gaylord. La population incarcérée étant réduite à boire de l’eau dont le niveau de contamination est 10 fois supérieur à la norme admise par l’OMS… (12)

 

Pendant ce temps, moralisateur, donnant leçons d’humanité et de responsabilité, notre président "fustige" des Etats qui ne sont pas d’accord pour susciter, entretenir, la guerre civile, envahir et détruire la Syrie (13)… Accompagné par la mélopée de la chorale bêlante, incommensurable, inépuisable, des Belles Ames (14)

 

Les Pussy Riot : Aghhh !... Oui !... La Palestine : c’est où ce truc ?...

 

mohammed-salem-RT

 

En te tuant, Rachel, les forces d’occupation ont démontré que ce qui se passe en Palestine, ce sont des crimes contre l’Humanité au quotidien. Bien sûr, en Occident, tout le monde se tait. Personne ne doit savoir ce qui s’y vit. Encore moins, ébaucher, proposer une remise en cause. La conspiration du silence.

 

Ils on voulu éteindre ta voix. Supprimer ton exemple. Mais, les Palestiniens savent que les Peuples, y compris le Peuple Américain, vomissent ces politiques de guerre et de terreur qu’on leur inflige.

 

Nous vivons dans un coup d’Etat permanent où ceux que nous élisons, confisquent la "politique étrangère" qualifiée de "domaine réservé". Soutenant les pires dictatures, régimes d’apartheid, racisme d'Etat. Dans la haine de l’Autre, justifiant les occupations militaires et régimes policiers, instruments de la spoliation coloniale.

 

En France, sous couvert d’une alternance bidon, nous subissons un totalitarisme. A commencer par celui de l’information. La même nomenklatura détenant tous les médias, y compris publics. Les utilisant en matraquage de désinformation et de propagande. Appliquant l’intimidation. S’efforçant d’étouffer toute expression citoyenne "déviante", dès qu’il s’agit de politique étrangère.

 

Exemple, parmi tant d’autres : un citoyen qui avait exercé sa liberté de penser et d’expression, en publiant dans un journal son opinion sur ce qui se passait en Palestine, a été brutalement sanctionné. Invoquant le “manque de devoir de réserve”, du fait qu’il était fonctionnaire. Saluons ce sous-préfet, admirable de courage, Bruno Guigue

 

« Nous refusons le bâillon à la libre expression… », beuglent les abrutis, s’érigeant dans une posture matamore en défenseurs d’un ramassis de viragos… (15) Là, soudainement, ils se taisent. Muets.

 

Car nous vivons, sous la botte d’une “police de la pensée”. Sorte de Nouvelle Inquisition. Avec ses Torquemada.

 

Les prétoires, d’où ces fanatiques lancent leurs anathèmes, prescrivent leurs bûchers, ont évidemment connu une évolution technologique depuis le Moyen-Age. A présent les instruments, du terrorisme intellectuel qu’ils exercent, sont devenus “médiatiques” : avec leurs presses, sociétés d’édition, radios, et chaînes TV.

 

Accusant de « blasphème » ceux qui osent se poser des questions, exercer leur liberté de penser, pire : leur esprit critique. Ceux qui agissent ainsi se verront, diffamés, calomniés, accusés d’être des “conspirationnistes”, ou des “confusionnistes”.

 

Ou, en plus colorés : des “bruns-rouges”, ou des “rouges-verts”, à moins que ce ne soient des “verts-bruns”… Projetant, en réalité, les couleurs du camouflage des forfaits, crimes, atrocités, qu’ils sont chargés, payés, vendus, d’occulter, transfigurer, soutenir, encourager.

 

Mais, grâce à toi, à ton courage face ce gigantesque bulldozer, ces Nouveaux Inquisiteurs et leurs crachats se voulant menaçants, nous paraissent soudain dérisoires. Des vermisseaux, se tortillant dans la lueur glauque de leur lâcheté…

 

Tes parents nous donnent, aussi, un exemple magnifique de sérénité, de ténacité. Ils continuent ton combat et nous invitent à le poursuivre. Ta maman proposant la métaphore de l’escalier :

All you ever do is take the next breath and the next step”, prendre son souffle pour franchir la marche suivante. (16)

 

Instaurer la paix et combattre l’injustice est un travail qui n’a pas de fin, comme ils le disent si bien :

There's no end to the work that can be done around this issue, and other peace and justice issues.”

 

Oui. Qu’importe ce jugement ?... La “justice” des hommes ne vaut que ce qu’ils sont.

 

Rachel…

 

Au-delà de tout ce que tu as fait pour la Palestine, nous ne serons jamais assez reconnaissants pour tout ce que tu nous as offert.

 

Dans cet océan de barbaries et d’obscurantismes où nous sommes plongés, tu es de celles et ceux, lumineux, qui nous donnent l’espoir en la Conscience Humaine et en son devenir dans la Paix.

 

L’abjection ne triomphera pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Eloge funèbre de James Baldwin. Cité dans “James Baldwin ou le devoir de violence”, de Njami Simon, éditions Seghers, 1991, p. 246.

(2) Dans ce blog, voir :

i.  Rachel Corrie : In Memoriam, 9 mars 2008, http://stanechy.over-blog.com/article-17510446.html

ii.  Rachel Corrie, Tu Nous Manques, 8 mars 2010, http://stanechy.over-blog.com/article-rachel-corrie-tu-nous-manques-46024727.html

(3)  Harriet Sherwood, Rachel Corrie ruling 'deeply troubling', says her family – American activist's family vows to appeal against Israeli court's ruling that her death was a 'regrettable accident', The Guardian, 28 août 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/aug/28/rachel-corrie-ruling-deeply-troubling

(4)  Dans ce billet, avec l’amicale autorisation de Najat Jellab, j’ai repris ce documentaire dont je recommande la vision et la diffusion. Il peut être visionné sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xsr3oh_her-name-was-rachel-corrie_news

(5)  Harriet Sherwood, “Rachel Corrie’s death was un accident, Israeli judge rules”, The Guardian, 28 août 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/aug/28/rachel-corrie-verdict-accident-judge

(6)  Nick Hayes, The Guardian, 28 août 2012, http://www.guardian.co.uk/cartoons

(7)  Ramzy Baroud, “Gaza trial must offer more than verdict”, Asia Times, 29 août 2012, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/NH29Ak01.html

(8)  Cité par Harriet Sherwood dans The Guardian, le 18 mai 2011, et Ramzy Baroud dans Asia Times, le 29 août 2012, Op. Cit. :
"Few events - not even the execution of Osama bin Laden - have caused me greater pleasure in recent weeks than news of the death of the Italian so-called 'peace activist' Vittorio Arrigoni".

(9)  “Israel orders demolition of eight Palestinian villages for IDF training sites”, 23 juillet 2012, http://www.rt.com/news/israel-demolish-palestinian-west-860/

(10)  “Gaza woman in critical condition after shooting near Israeli border”, 29 août 2012, RT, http://rt.com/news/line/2012-08-29/#id36585

(11)  “Gaza will be “unlivable” by 2020 unless immediate action taken : UN report”, RT, 28 août 2012, http://rt.com/news/gaza-israel-un-report-695/

(12)  “Gaza will be “unlivable” by 2020…”, Op. Cit.

(13)  “Syrie : le président français fustige la position de Moscou et de Pékin au CS”, 27 août 2012, RIA Novosti,  http://fr.rian.ru/world/20120827/195801574.html

(14)  Solidaires des Pussy Riot Nous refusons le bâillon à la libre expression, L’Humanité (le journal…), 28 août 2012, http://www.humanite.fr/monde/solidaires-des-pussy-riot-nous-refusons-le-baillon-la-libre-expression-502876

(15)  L’Humanité, 28 août 2012, Op. Cit.

(16)  Harriet Sherwood, “Rachel Corrie’s mother : “I know this won’t be the end”, The Guardian, 26 août 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/aug/26/rachel-corrie-mother-not-end

 



Photo d’une maison détruite à Gaza, août 2012 : Mohammed Salem (http://rt.com/news/gaza-israel-un-report-695/)

 

 

 

 


 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 13:25

 

 

 

Comment ramener la Paix en Syrie ?...

 

Alors que la “Communauté Internationale”, c’est-à-dire la "Bande des Quatre" (US, Israël, GB, France) et ses seconds couteaux (pétromonarchies et autocraties de la région), n’arrêtent pas depuis des mois d’y organiser, armer, manipuler, le chaos et la guerre civile. Avec envoi de mercenaires et d’armes de tous calibres, pluies de dollars et d’euros en tous sens, trompettes et tambours de la propagande à rendre sourd

 

C’est vouloir “faire passer un chameau par le chas d’une aiguille”.

 

Métaphore reprise par le caricaturiste Pang Li, dans le China Daily du 9 juin 2012.

Syrie : Une Analyse Chinoise…

La colombe de la Paix et le chameau Syrien formulant, déroutés ou angoissés, la même interrogation...

 

Oui. Comment procéder ?...

 

Très simple, hurle, "hystérise", "La Communauté Internationale" !

 

Exhibant ses récentes et nombreuses réalisations en ce domaine. Plastronnant, à son habitude, de fierté et de Bonne Conscience, jusqu’au Festival de Cannes :

 

Réduire le chameau en cendres ou en bouillie !…

 

 

 

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 00:05

 

 

"Goodnight, sweet prince,
And flights of angels sing thee to thy rest."
Horatio à la mort d'Hamlet - Shakespeare 

 

 

 

 

 

Une brassée de pensées
Pour les enfants d’Afghanistan
De Gaza
,
du Pakistan
De Palestine, de Libye
Tués, cette année
Écrasés, ensevelis vivants
Sous nos bombes
Expédiées, livrées
Dans le papier cadeau
chatoyant
De  « La Communauté Internationale »
Avec le beau
nœud et ruban bleu
Au sigle de l’OTAN…


 massacre d'enfants 04-2010

 

Pic-Noel-Afghan--2-.jpg

 

 

Et ...
Que ceux qui ont conçu, exécuté, accepté
Complices
Ce Massacre des Innocents
Fier-à-bras
Titubant de violence repue
Rayonnant de Bonne Conscience
Rire silencieux
De leur lâcheté
Enivrés, imbibés, aveuglés
De leur mensongère,
Barbare “Modernité Démocratique”
Aillent brûler
Jusqu’à la Fin des Temps
Au fin fond des Galaxies
Dans les flammes de l’Enfer !

 

 

 

 

 

 


 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 04:00

 

 

Une analyse par le caricaturiste Allan Mcdonald, du Honduras, sur "La Paix" vue et pratiquée par "La Communauté Internationale".

 

Autrement dit, l’Empire et ses multiples casquettes : ONU, OTAN, Prix Nobel de La Paix, etc.

 

 

cartoon-peace-mcdonald honduras

 

« - “Paz", "Paix" en espagnol,
s’écrit “
Peace" en anglais
et se prononce “
Pisse"… »

 

 

 

 

 

 

Caricature d’Allan Mcdonald : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7986&lg=en

 

 

 

 

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 17:10

 

 

Journée ordinaire à Cuba, au Venezuela, en Iran, en Chine Palestine...

 

 

 

 

Source :
http://english.aljazeera.net/video/middleeast/2010/10/2010108193525928326.html

 

 

Lire aussi ce témoignage : Ahmad Barqawi, Confiscating Childhood in the Occupied Territories, (Ma traduction : "Rayer l'Enfance de la Carte" dans les Territoires Occupés...), 5 October 2010, CounterPunch, http://www.counterpunch.org/barqawi10052010.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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