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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
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Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 17:10

 

 

Journée ordinaire à Cuba, au Venezuela, en Iran, en Chine Palestine...

 

 

 

 

Source :
http://english.aljazeera.net/video/middleeast/2010/10/2010108193525928326.html

 

 

Lire aussi ce témoignage : Ahmad Barqawi, Confiscating Childhood in the Occupied Territories, (Ma traduction : "Rayer l'Enfance de la Carte" dans les Territoires Occupés...), 5 October 2010, CounterPunch, http://www.counterpunch.org/barqawi10052010.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 19:25

 

 

En ce 30 septembre, certains pays célèbrent un poète.

 

Comme en Iran aujourd’hui, “Journée Nationale de Rûmî ”, marquant l’anniversaire de sa naissance.

 

C’est si rare, de fêter un poète…

 

rumi.jpg

 

Un des plus grands de l’histoire de l’humanité. Rûmî vécut au 13° siècle, contemporain de Saint François d’Assise en Europe.

 

Né en Afghanistan, à Balk, près de Mazār-e Shārif, fuyant avec sa famille les invasions mongoles qui détruisirent la ville.

 

Longue errance, riche de rencontres exceptionnelles, comme tout nomadisme. De Nichapour, à Damas, avant de se fixer à Konya dans la Turquie actuelle. Où il mourut en 1273. Dante, devait avoir huit ans. Les Turcs lui ont construit un magnifique mausolée.

 

mausoleum-rumi-500

 

Poète mystique, qui disait : “plusieurs chemins mènent à Dieu, j’ai choisi celui de la danse et de la musique”. Une œuvre immense, écrite en persan. La musicalité de ses poèmes, rythmes et sonorités, mélodies, en témoignent. Dont le célèbre Mâthnawi, aux 45.000 vers.

 

Paradoxe : il est plus lu en tant que poète aux USA (1) qu’en Turquie contemporaine où beaucoup de ses ouvrages ne sont pas traduits. Il est vrai que les dictatures militaires se succédant, dès la prise du pouvoir d’Atatürk, en dissuadaient l’édition. La soldatesque et la poésie n’ont jamais fait bon ménage…

 

En France la quasi-totalité de son œuvre a été traduite par une personnalité hors du commun : Eva de Vitray Meyerovitch. (2)

 

Directrice du service « sciences humaines » du CNRS, à la Libération. Elle a abordé l’Islam en travaillant l’œuvre du poète et penseur, Muhammad Iqbal, objet de son ouvrage : Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam. (3)

 

Puis ce fut sa découverte de l’œuvre de Rûmî. Elle entreprit d’apprendre le persan, soutenant une thèse de doctorat en 1968 : Thèmes mystiques dans l’œuvre de Jalâl ud Dîn Rûmî. Le reste de sa vie fut consacré à l’étude, la traduction commentée, de ce poète.

 

  eva c 1

 

Décédée en 1999, elle a été finalement enterrée, en 2008, après de multiples démarches, suivant ses vœux car devenue musulmane, dans la ville de Konya face au mausolée de Rûmî, dont elle disait :

« J’ai consacré ma vie au grand poète soufi Rûmî car j’ai trouvé que son message était d’une grande actualité : c’est un message d’amour avec une puissante dimension fraternelle et œcuménique. »

 

 

 

 

 

1.  William Darlrymple, What goes round…, The Guardian, 5 novembre 2005, http://www.guardian.co.uk/books/2005/nov/05/featuresreviews.guardianreview26

2.  Voir : http://www.dubretzelausimit.com/article-26410449.html

3.  Eva de Vitray, Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam, de Muhammad Iqbal, éditions Maisonneuve, 1955, réédition 1996, éditions du Rocher – Unesco.

 

 

Illustrations :

-  Portrait de Rûmî

-  Son mausolée à Konya en Turquie

-  Enterrement d’Eva de Vitray à Konya en 2008 (en arrière-plan, le mausolée de Rûmî)

 

 

 

 

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 19:39

 

 

Des amis lecteurs m’ont interrogé sur “l’affaire des missiles antiaériens russes”, les fameux S-300, par rapport aux déclarations contradictoires depuis des mois sur ce sujet, la récente décision du président russe sous forme d’un décret interdisant leur livraison à l’Iran, et mon texte évoquant ce point dans Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques.

 

Ce présent billet n’est donc qu’un additif au précédent abordant ce contexte.

 

Il y a, effectivement, de quoi y perdre le nord, si on se laisse balloter entre propos, applaudissements ou récriminations, des uns et des autres. Réels ou simulés. Comme autant de lapins sortant du chapeau des illusionnistes.  

 

Une clé de compréhension à ne jamais perdre : lorsque “diplomatie” et “vente d’armes” sont imbriquées, tout particulièrement dans un environnement hautement conflictuel, nous sommes dans le “poker menteur”.

 

Raison de plus de maintenir le cap, dans ce tourbillon de vents contraires, en s’alignant sur quelques “balises” bien ancrées. En l’état actuel de mes « certitudes télépathiques », j’en recense quatre…

 

lillusionniste9.jpg

 

1. Le président russe vient de signer un décret interdisant, notamment, la vente d’armes à l’Iran, suivant la liste établie dans la résolution 1929 de l’ONU. (1) Rien de plus normal. Tous les membres de l’ONU sont tenus d’effectuer, du moins au niveau de leurs textes officiels, une reprise de cette forme de résolution. Même Turquie et Brésil, qui ont voté contre cette résolution, ont publié leur propre décret.

 

Car, les résolutions de l’ONU doivent être instantanément et obligatoirement exécutées par tous ses membres.

 

Quoique, notons-le au passage : exceptées celles s’appliquant à la Palestine. Certaines n’ont pas reçu un commencement de mise en œuvre depuis plus de 60 ans. Mais, c’est un autre sujet…

 

Seule innovation, dans ce décret d’application de la résolution 1929 de l’ONU : la Russie a spécifié, dans l’embargo, la livraison des missiles de défense antiaérienne S-300. Lesquels, à priori, ne relèvent pas de la résolution de l’ONU puisqu’il s’agit d’un armement « défensif ».

 

C’est, donc, le seul point de ce décret qui soulève question : qu’en est-il de la livraison des S-300 ?... Nous sommes dans le « To be or not to be » shakespearien…

 

Rappelons que les S-300 sont actuellement les meilleurs missiles antiaériens de longue portée opérationnels dans le monde (2). Ils peuvent, en effet, atteindre un objectif volant à 150 km de distance, aussi bien à quelques mètres du sol qu’à près de 30.000 mètres d’altitude. Super efficaces, les missiles de croisière n’ont aucune chance. Surtout : à l’épreuve des brouillages ou contre-mesures électroniques.

 

Ce qui chagrine fort, on les comprend, les traîneurs de sabre occidentaux habitués à massacrer des peuples sans défense.

 

 

2. Pour que l’annulation par la Russie de la commande des 5 batteries de S-300 commandées et payées par l’Iran, dans un contrat liant les deux parties, ait un “commencement” de crédibilité, il est impératif que cette affirmation soit immédiatement complétée d’un deuxième terme, dans le genre :

 

« En conséquence, la Banque Centrale Russe a crédité la Banque Centrale Iranienne du montant de la commande de 1 milliard de dollars US versé, par l’Iran, en 2007. Augmenté des intérêts sur les sommes conservées depuis, auxquels s’ajoutent les 400 millions de dollars US de dédommagement pour rupture unilatérale de contrat d’une des parties, conformément aux clauses de celui-ci. »

 

Virements de fonds et indemnités étant en retour, évidemment, confirmés par le gouvernement Iranien.

 

Et, encore… Ce ne serait qu’une amorce de crédibilité…

 

 

3. En l’absence de pareilles décisions et actions, preuves à l’appui, ces déclarations ne sont, on le perçoit aisément, que du “courant d’air”. N’en déplaise aux jubilations de la propagande iranophobe…

 

Et, pour cause :

 

i) Au-delà de toute considération humanitaire, Russie et Chine, ainsi que beaucoup d’autres pays, ne tiennent, pour des raisons autant géopolitiques qu’économiques, ni à une destruction de l’Iran, ni à son appropriation par les occidentaux. C’est clair, incontournable, non négociable.

 

ii) Les livraisons, et la formation des techniciens Iraniens, ont commencé dès 2008, d’après les propres déclarations officielles des autorités et des fabricants russes de l’époque.

L’ensemble des matériels et véhicules mobiles au sol (radars, postes d’acquisition de cibles, postes de conduites et coordinations des tirs, alimentation électrique, maintenance, etc.) avait été intégralement livré bien avant les sanctions. Restait l’achèvement de la livraison des missiles eux-mêmes (48 par batteries) qui, progressivement, a été effectué.

 

iii) La Russie a pris du retard dans l’application du décret, par rapport aux pays membres de l’ONU, même par rapport à ceux qui avaient voté contre. A malin, malin et demi : le temps de terminer la livraison, dont le maximum de pièces détachées et autres composants, avant de fermer “officiellement” (car “officieusement”…) le robinet.

 

iv) Il est certain que la Russie ne vendra pas de batteries supplémentaires comme le souhaitait l’Iran. Les Iraniens avaient anticipé un triplement de ce parc de missiles à longue portée, du fait que les premières salves, massives, en cas d’attaque, seront essentiellement des missiles de croisière.

Bien qu’ils soient largement pourvus de missiles antiaériens de moyenne portée, les redoutables Tor-M1 (29 batteries livrées par les Russes). Auxquels l’Iran a rajouté ses propres fabrications équivalentes, tels les “Mersad” et “Mesbah”.

 

Ni vendre la nouvelle génération, les S-400, deux fois plus performants en vitesse, en distance et en nombre de cibles traitées. Matériel dont les forces russes commencent, à peine, à être équipées.

 

Mais, l’Iran est parfaitement en mesure de produire des S-300, ou leur équivalent, en les clonant et, même, en les améliorant. Comme il l’a déjà réalisé pour d’autres types de missiles. Sous une appellation “iranisée”. Ce qui convient parfaitement aux Russes, ne pouvant ainsi pas être accusés, en cas de conflit, d’avoir équipé “directement” des adversaires de l’Occident, avec un équipement surclassant les siens.

 

 

4. Pourquoi cette déclaration bidon ?... Pour complaire aux occidentaux ?... Même pas. Les Russes n’en sont pas réduits à cette extrémité. D’autant plus qu’ils sont très intéressés par les perspectives de contrats avec l’Iran, en priorité par son programme à long terme de construction de 18 centrales nucléaires pour assurer sa production électrique. Ce jeu de dupes, sur la scène internationale, présente un double avantage, autant pour les Russes que pour les Iraniens.

 

i) Dans un premier temps, il constitue un “capital de négociation” de valeur pour les Russes face aux occidentaux. D’échange. Par exemple : freiner le surarmement de la Géorgie, pays ultracorrompu et agent déstabilisateur de l’Occident dans le Caucase. Donnant-donnant…

 

ii) A présent, cet écran de fumée en coopération avec le gouvernement Iranien, sert à couper l’herbe sous les pieds des « ziocons » et de leurs satellites occidentaux, qui font un tir de barrage contre la livraison, par la Russie, à la Syrie, des missiles de croisière antinavires : les foudroyants et imparables Iakhont d’une porté de 300 kilomètres. (3)

 

Les occidentaux après avoir refusé que la Russie équipe l’Iran en matériel défensif, ne peuvent encore maintenir une interdiction identique à l’égard de la Syrie. On ne peut refuser à tous les pays du Moyen-Orient de s’équiper pour se défendre ! Et, interdire à la Russie de vendre son matériel, alors que les USA, ou autres "auxiliaires", sont en train de signer des milliards de dollars de contrats d’armement avec les pays voisins…

 

iii) Cerise sur le gâteau : L’Iran de son côté, vis-à-vis de ses agresseurs, se ménage un puissant effet de surprise ou d’incertitude, suivant l’angle de perception. Facteur essentiel, tant sur le plan tactique que psychologique.

 

Comme au Liban, en juillet 2006, quand les soi-disant chars invincibles Merkava (à plus de US $ 5 millions / pièce) se sont trouvés face aux missiles antichars russes Kornet. Les tankistes israéliens se prenant une raclée mémorable. Il est vrai qu’ils s’attendaient, à leur habitude, à confronter des combattants réduits à utiliser des bouteilles incendiaires.

 

Mais, ne suis-je pas en train de sortir des lapins de mon chapeau ?...…

 

 

 

 

 

 

(1)  Cf. texte de la résolution 1929 : http://www.voltairenet.org/article165789.html

(2)  Cf. fiche technique du S-300 : http://www.armyrecognition.com/s-300_variantes_missile_sol_air_armee_russe_fr/s-300pmu1_s-300_pmu1_missile_sol-air_systeme_defense_antiaerien_fiche_technique_description_fr.html

(3)  Missiles russes pour la Syrie : hostilité d’Israël (Etat-major), RIA Novosti, 22 septembre 2010, http://fr.rian.ru/world/20100922/187482473.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 17:14

 

 

 

Je dédie ce billet à la mémoire de Rachel Corrie.

 

 
 
« … Celui qui portera atteinte à un enfant … il serait mieux pour lui qu’on lui attache autour du cou une
meule de pierre et qu’on le jette dans la mer.
 »

Jésus – Evangile selon Saint Marc (9-42)
 
 
 
L’honneur d’un capitaine
 
Iman al-Hams avait 13 ans.
 
Portant son sac à dos, elle se dirigeait vers son école, où du moins le tas de ruine qui lui sert d’école. Comme chaque matin, obligée de passer non loin d’un de ces postes de contrôle de la soldatesque d’occupation, à Rafah. Implantés par dizaines avec leurs miradors, dans cet immense camp de concentration qu’est la bande de Gaza. Elle marchait, pressant le pas, à une centaine de mètres du fortin.
 
A son passage, des coups de feu claquent. Quelqu’un s’est amusé à faire un carton sur elle. Blessée, terrorisée, elle a eu l’énergie suffisante de vider son sac à dos pour prouver qu’elle n’était porteuse d’aucune bombe. Essayant de s’éloigner de la scène.
 
L’auteur des tirs : le capitaine “R”. (1)
 
Les troupes d’occupation prennent soin de dissimuler l’identité des auteurs de crimes contre l’humanité. L’impunité. Assumée par La Communauté Internationale
 
Ce capitaine est sorti du poste, lui a tiré deux balles dans la tête, à bout portant. Estimant cela insuffisant, après s’être retourné, il a vidé le reste de son chargeur.
 
Criblée de 17 balles.
 
Fier de son acte, disant à ses hommes :
« Tout ce qui est mobile, tout ce qui bouge dans cette zone, même un enfant de trois ans, doit être tué ». (2)
 
liban11-killed-girl.jpg
 
 
Mais, il y a eu de nombreux témoins. Ce cas est devenu un symbole aussi fort que celui de l’assassinat de Rachel Corrie, effectué lui aussi à Rafah. Un simulacre de justice a donc été organisé devant un tribunal militaire.
 
On a visionné les vidéos et écouté les enregistrements des communications échangées entre militaires. Dès le début, le capitaine "R" savait que c’était une enfant, terrorisée, d’après les commentaires des soudards placés sous ses ordres. Elle ne menaçait personne, ne commettait aucun forfait.
 
La jouissance de l’infanticide.
 
Le tribunal a blanchi ce capitaine. Confirmant qu’il n’avait pas fait un usage illégal de son arme, bla-bla-bla…
 
The Guardian a eu le courage de revenir sur les conclusions de ce procès, cette semaine. Car il témoigne de tout ce que subit la région, depuis des décennies : Liban, Palestine et Gaza, Irak, Afghanistan.
 
Mais pourquoi avoir adopté ce titre pour mon billet ?...
 
Cet infanticide, acte de barbarie, n'a rien à voir avec le judéo-christianisme. Ce rapprochement, cet amalgame, sont totalement stupides.
 
Je le concède.
 
Rien à voir avec la religion : ce n’est que l’expression, dans sa “violence extrême” de l’idéologie coloniale. Quel qu’en soit l’habillage sémantique : le droit de vie ou de mort exercé par le prédateur, le spoliateur, dont la légitimité, la bonne conscience dans le crime, n’ont pour fondement que la seule supériorité de la force armée. Le livre magistral d’Olivier Le Cour Grandmaison en décortique les fondements :
Coloniser – Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial. (3)
 
Souvenons-nous : Victor Hugo notant, au lendemain d’un dîner mondain, les atrocités de l’Armée d’Afrique, comme s’il s’agissait d’une chasse aux perdreaux :
« … Algérie, le général Flô me disait hier soir que, dans les razzias, il n’était pas rare de voir des soldats jeter à leurs camarades des enfants qu’ils recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes… » (4)
 
Ou encore les millions de morts et les atrocités des colonisations occidentales sur tous les continents : Afrique, Amérique du nord et du sud, Asie, Océanie - Pacifique… Ce n’est pas une logique religieuse qui en est la source. Mais, l’enrichissement facile d’une caste de privilégiés ou d’une mafia. Ce qui revient au même.
 
Vol, prédation, meurtre sont condamnés par toutes les religions. Certes, les religions, comme toute croyance et l’athéisme n’y échappe pas, servent d’habillage moral aux idéologies les plus dévastatrices. Ce qui est totalement différent.
 
J’ai effectivement repris une des techniques favorites de la désinformation, en miroir, sous forme du titre d’un texte publié par un “intellectuel musulman”, Abdennour Bidar, “professeur de philosophie”, paru dans le quotidien Le Monde du 30 août dernier (5) :
« La lapidation, "preuve extrême de la logique de violence de l'islam" »
 
Pour montrer l’impact, les ravages, la portée de cette lèpre intellectuelle : « l’amalgame ». Une des armes les plus efficaces de la désinformation.
 
« L’amalgame » : surtout ne pas établir de nuances entre un régime, un peuple, une religion. Se donner bonne conscience dans la diabolisation de “l’Autre”…
 
Car, il y a longtemps que je n’avais pas lu de texte, en français, aussi boursouflé d’inculture, d’ignorance, d’obscurantisme, d’imbécillité. “Extrême”…
 
En un mot, de : fanatisme.
 
Depuis les écrits islamophobes d’un autre “professeur de philosophie”, Redeker, décoré pour cet exploit de la légion d’honneur et recruté à grandes trompettes au CNRS...
 
Libre à cet "intellectuel musulman" de penser et d’exprimer son rejet de la religion musulmane, n’y voyant que “violence” dans ses fondements, ou ses "piliers" suivant l’expression consacrée : prières, pèlerinage à la Mecque, Ramadan ou carême. Il n’évoque pas les deux autres piliers : l’aumône de solidarité, la zakat, ni la profession de foi…
 
Mais se prétendre “intellectuel musulman” et procéder à « l’amalgame » entre lapidation et Islam. Alors qu’on sait, que cela est inexistant dans Le Coran… Dans le climat ambiant de “racisme d’Etat”, pour reprendre la formule de Michel Foucault, qui imprègne la France et l’Occident dans son ensemble, d’islamophobie délirante, il faut être d’une : totale malhonnêteté intellectuelle.
 
Au prétexte de s’insurger contre une condamnation à la lapidation, en Iran. Evidemment. Qui ne serait pas indigné ?...
 
J’ai découvert la lapidation dans un film poignant, tragique et, néanmoins, débordant de vitalité, Zorba le Grec. Magnifiquement interprété par Anthony Quinn et Irène Papas, dont l’action se passe dans l’île de Crète. En Europe, dans un des berceaux de la civilisation gréco-romaine, au 20° siècle... (6)
 
Scène terrifiante : Irène Papas y joue le rôle d’une veuve qui vit une passion pour un étranger et meurt lapidée par les villageois, hommes et femmes, tous chrétiens, pour ne pas avoir respecté les convenances sociales et les règles non écrites du clan…
 
Il ne viendrait pas à l’idée, une seule demi-seconde, de diaboliser le christianisme et son fondateur Jésus pour autant. Jésus ayant lui-même condamné la lapidation en usage dans les tribus juives, par son célèbre : « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ». (7)
 
De là, à diaboliser l’Islam qui considère Jésus (Aïssa) comme un des grands prophètes de La Révélation…
 
 Dr-Gilbert.jpg
.

 

Une louche pour un Secrétariat d’Etat
 
Je sais, nous savons, que l’islamophobie ouvre toutes les portes, à double battant : stations de radio, plateaux de télévision, maisons d’édition, presse et magazines. A la notoriété. Aux honneurs. Flatter le populisme, le racisme c’est le sésame de la gloire. En rajouter quelques louches dans la provocation peut même obtenir un strapontin dans un gouvernement : Secrétaire d’Etat…
 
A lire les commentaires des lecteurs à la suite de l’article, célébrant “le courage de cet intellectuel musulman”, on en resterait tétanisé si on n’était blindé contre la bêtise, la violence, la haine, populacières. Le défoulement orgiaque du piétinement de "l’Autre". Se croire supérieur, dans l’arrogance. Apaiser ses frustrations, des humiliations subies. Ah ! Si on pouvait revivre les ratonnades, les lynchages, impunis de nos aïeux…
 
Le degré zéro de l’intelligence.
 
Il ne s’agit pas dans ce billet de faire œuvre, en quelques lignes, de théologien ou d’historien des religions. Encore moins, l’apologie d’une religion ou d’un quelconque prosélytisme. Simplement, exercer son esprit critique dans le respect de la Connaissance ou du Savoir, de la Culture, de la Raison, de la Tolérance.
 
Dans le pamphlet provocateur d’Abdennour Bidar, nous retrouvons les trois tares, les trois dénis, qui plongent l’Occident dans la régression intellectuelle menant droit à l’obscurantisme :
 
1)  Déni de la réalité : l’hyperviolence de l’Occident
 
Un des thèmes majeurs de l’islamophobie est la prétendue “violence de l’Islam”. Mais prendre un atlas géographique, c’est constater que les bombardements, tueries, massacres, tortures, occupations, se déroulent en terre d’Islam. Au quotidien. Et, non pas le contraire.
 
Violence infligée par des forces armées occidentales, ou judéo-chrétiennes pour reprendre la typologie d’un Bidar. Et, non pas le contraire.
 
Des centaines de bases, navales, aériennes, terrestres, des milliers d’hommes, des milliers de mercenaires, implantés en Terre d’Islam. Des centaines de bateaux de guerre au large des côtes. Jusqu’à plus de quarante nationalités occidentales différentes en Irak ou en Afghanistan. Et, non pas le contraire.…
 
En fait, l’Islam a connu la violence des occupations occidentales depuis les croisades.
 
Il est frappant de constater que les musulmans ont laissé en terre d’Espagne des jardins et des palais magnifiques, des systèmes d’irrigation perfectionnés (la fameuse Huerta de Valencia et son Tribunal des Eaux), après avoir fondé parmi les premières universités européennes. La bibliothèque de Cordoue, au X° siècle, contenait 400.000 ouvrages. Alors que les occidentaux n’ont laissé, à la suite de quatre siècles d’occupation, dans les anciens royaumes francs de Palestine et de Syrie que des : châteaux forts…
 
Depuis le dépeçage de l’empire Ottoman à la suite de la première guerre mondiale, du fait de son alliance avec les Allemands, c’est encore pire. Tous les pays producteurs de pétrole et de gaz, au Moyen-Orient, ont été asservis par l’Occident. Au passage, les producteurs de pétrole musulmans en Asie (8) l’ont été aussi. Invasions, dictatures, autocraties policières, imposées via des monarchies d’opérette ou des républiques de marionnettes.
 
Imposant dans son emprise impériale une règle : si un pays devient trop puissant économiquement, ou manifeste des velléités d’indépendance, on l’étouffe. La ministre des affaires étrangères US, Madeleine Albright, n’avait pas hésité à justifier la mort de 500.000 enfants irakiens lors de l’embargo inhumain précédant l’invasion.
 
Ou, on le brise. En mille morceaux. Jusqu’à raser intégralement un pays sur fondement de mensonges, comme l’Irak. Avec 1,5 millions de morts, des millions de blessés et de traumatisés. De même pour l’Afghanistan.
 
Violences dont on n’entend jamais parler. Encore moins par “les intellectuels musulmansmédiatisés par notre appareil de propagande. Vous en avez-vu ou entendu un, un seul, s’insurger ?...
 
Gaza-Kid-inrubble.jpg
 
Pas plus que des atrocités en Palestine et du camp de concentration de Gaza, surnommé pudiquement par La Communauté Internationale : « blocus »… Destructions planifiées dont on menace l’Iran. D’où la nécessité de noircir ce pays à profusion, avant de le carboniser.
 
Le niveau de notre hyperviolence, prédations, spoliations, est tellement intolérable à l’intelligence, à quiconque possède un embryon de “valeurs”, qu’il est indispensable de le justifier en permanence. Ne serait-ce que pour soulager notre inconscient collectif. Notre propre lâcheté quotidienne. Car, ne pouvant dire que nous ne savons pas, nous en sommes réduits à « nier » cette violence. A nous mentir, à nous-mêmes.
 
La logique est toute trouvée : les “violents” ?... Ce n’est pas nous ! Ce sont les autres. !... On les pille, on les massacre s’ils résistent, parce qu’ils sont violents, fourbes et cruels. Intrinsèquement. Viscéralement. C’est leur religion qui les met dans cet état…
 
Nous, nous ne connaissons pas, n’exerçons jamais la violence : nous sommes des civilisateurs ! Nous propageons la civilisation, la démocratie, les droits de l’homme, les droits de l’animal.
 
Si nous tuons, torturons et occupons c’est parce que les barbares, sauvages, sous-développés, cannibales (grand cliché de nos expéditions coloniales en Océanie et en Nouvelle-Calédonie), ne comprennent pas les bienfaits que nous leur apportons.
 
Ce déni de la réalité, quant à notre hyperviolence d’occidentaux, a même contaminé, sous l’effet de notre “habitus colonial” tout notre système de pensée, de conception du monde et de son devenir. Allant jusqu’à gangréner : la “laïcité”.
 
D’un modèle d’organisation sociale garantissant le respect de chaque croyance, y compris athée, dans la neutralité politique, la “laïcité” est, à présent, instrumentalisée comme vecteur de haine religieuse, de propagande islamophobe. Par des campagnes de diabolisation récurrentes faisant apparaître l’Islam comme une menace pour nos sociétés, et donc pour le reste du monde.
 
Justifiant ainsi nos pillages, expéditions et aventures militaires, neutralisant, dans le même temps, tout esprit critique quant aux violences exercées à l’encontre des pays à majorité musulmane.
 
Gaza-Dead-Children0109A.jpg
 
2)  Déni de la Connaissance : le culte de l’ignorance
 
Fanatiser les foules commence toujours par “le culte de l’ignorance”. Déformer, désinformer, occulter. Dans le cas de l’Islam, martelant une vision formatée, hallucinée, depuis les croisades.
 
A la source d’une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connue, voilà une religion ravalée à de grotesques stéréotypes. Du sauvage, le couteau entre les dents, ou la bombe dans le turban. Des pans entiers de connaissances sont ainsi cachés, tus par une censure qui ne dit pas son nom, pour laisser le monopole du discours aux propagandistes.
 
Cette vision fantasmée, projetée, d’une violence supposée être l’essence même de l’Islam, s’est accentuée depuis la deuxième guerre mondiale et l’aggravation des prédations, notamment des richesses énergétiques, dans les pays musulmans. Avec des moyens considérables dans cette désinformation : documentaires, films, romans, ouvrages dits “spécialisés”, etc.
 
Toutes les sommités, de la recherche sur les civilisations et les religions, de la pensée, parmi les non-musulmans, qui ont fait l’effort de franchir la barrière de l’idéologie coloniale, ont pourtant témoigné de leur profond respect pour une religion qu’ils considèrent comme un patrimoine spirituel essentiel de l’humanité.
 
Leurs textes, leurs recherches, leurs ouvrages, sur l’Islam, résultats d’années et souvent de toute une vie d’étude, sont évidemment soigneusement maintenus dans l’oubli. Je cite quelques uns de ces auteurs, chaque fois que j’en ai l’occasion, pour rompre ce mur du silence, cet étouffement de la désinformation.
 
Je ne m’en lasserais pas, inviter à lire ou parcourir leurs œuvres pour ceux qui veulent partir à la découverte du monde, de la culture et de la pensée face à la transcendance :
 
Tous, qu’ils soient agnostiques, athées, catholiques, protestants, ou panthéistes (je pense à Schuon achevant son parcours spirituel, de l’Hindouisme à l’Islam, au sein des communautés amérindiennes d’Amérique du nord), ont été impressionnés, par la richesse spirituelle et la sérénité de l’Islam.
 
Certains d’entre eux, d’une personnalité, d’une culture, d’une richesse de vie, exceptionnelles, se sont même convertis à l’Islam : Vincent Monteil, ancien militaire, chercheur, voyageur, hors du commun ; ou, René Guénon, dont l’ouvrage bien connu, parmi des dizaines, La Crise du Monde Moderne est à relire, terminant sa vie au Caire où, on venait le consulter d’Europe et du Moyen-Orient, en tant que maître spirituel. Un mausolée imposant lui a été édifié dans le cimetière de Darassa.
 
Evidemment, en dimension intellectuelle, nous sommes loin de ces acrobates de la manipulation, propagandistes islamophobes, déguisés en "intellectuels musulmans", "iraniens dissidents", (9) recrutés pour venir déblatérer sur l’Islam, aux cotés du maronite de service (10), parce qu’il se présente “arabe”, censé expliquer cette religion aux judéo-chrétiens européens…
 
De la soupe qu’ils nous servent que retenir, si ce n’est qu’il faut absolument, impérativement, urgemment, « réformer l’Islam » (sous leur gouverne, bien sûr), mais surtout pas l’Occident, modèle de perfection ?... Mais, comment réformer le Diable en personne ?...
 
Aller au-delà de cette bouillie d’ignorance et d’obscurantisme est, toutefois, facile. Nul besoin d’être musulman pour comprendre cette religion, qui représente, qu’on le veuille ou pas, une des principales de la planète. Un peu d’honnêteté et d’ouverture intellectuelles permettent de saisir immédiatement les clés de compréhension du Coran et de l’Islam.
 
Deux sont fondamentales.
 
La première : La Compassion. Le Coran, ce sont 114 sourates qui commencent toutes par :
«  Au nom de Dieu, Le Compatissant (ou Le Bienfaiteur suivant les traductions - Régis Blachère), Le Miséricordieux ».
D’entrée, il n’est même pas fait allusion à Sa Toute-Puissance. Dieu, dans le Coran est avant tout : havre de paix, de compréhension, de pardon, de réconfort, d’affection.
 
La seconde : Le Soutien dans l’épreuve. Y compris dans la faute. Toute faiblesse humaine, est pardonnée si le repentir est formulé avec le souhait de s’améliorer, dans le choix de “la voie montante”, comme le recommande poétiquement Le Coran. Qui est celle d’être bon, en veillant à faire le bien autour de soi.
 
Ce qui explique, mais encore faut-il lire les textes, que toute menace de châtiment, sans exception, est immédiatement contrebalancée par le soutien affectueux :
« … mais, il lui sera pardonné s’il se repent ».
Les islamophobes, et autres fanatiques, oublient toujours, curieusement, le deuxième terme de l’énoncé… L’Islam n’est pas une religion de la culpabilité et du châtiment.
 
Bien sûr, à partir de cette entrée s’ouvre la vertigineuse galaxie de la spiritualité et du mysticisme, des siècles, des milliers d’ouvrages, des plus grands penseurs et mystiques. Allant de la lecture “exotérique” du Coran, son premier sens apparent, jusqu’à “l’ésotérique”, la recherche du sens caché des paroles lues, que les maîtres de la méditation se transmettent après des années d’étude…
 
Pour ce qui est du “libre choix”, il n’est pas nécessaire d’avoir un super quotient intellectuel pour comprendre qu’une religion qui n’est pas fondée sur la liberté de conscience n’a aucune valeur, encore moins une chance de durer. Ce que rappelle le Coran :
« … nulle contrainte en religion » (sourate 2 – verset 256).
 
Quant à l’inusable cliché raciste fantasmant sur “le sabre” qui aurait imposé l’Islam, c’est dissimuler que les pays où les musulmans sont les plus nombreux, comme l’Indonésie (250 millions d’habitants dont 85% de musulmans – autant, si ce n’est plus, que la totalité du monde arabe), ou les plus éloigné de la Mecque comme la Malaisie, n’ont jamais vu un guerrier venu d’Arabie. L’Islam s’est paisiblement diffusé par les commerçants…
 
Contrairement aux assertions des islamophobes, toutes discussions, confrontations sur les idées religieuses, les débats théologiques, sont les bienvenus, recommandés, même, notamment avec les gens du Livre, autrement dit de La Révélation : juifs et chrétiens. Seule “la légitime défense” est admise dans Le Coran, quand la communauté est attaquée, persécutée, “physiquement”, pour sa croyance.
 
« Réformer » l’Islam ?... C’est, en premier lieu, à l’Occident de se « réformer ».
 
Il faudrait d’abord que les pays musulmans vivent dans la liberté.
 
Démanteler toutes les bases militaires occidentales dans leurs pays, des centaines, et leurs centres de tortures. Retirer toutes les troupes étrangères qui pullulent. Eradiquer tous les mercenaires, “escadrons de la mort” privatisés, services spéciaux étrangers manipulateurs de gangsters-terroristes (11), qui infestent leurs contrées. Retirer le soutien aux dictatures. Arrêter le pillage de leurs ressources et de leurs patrimoines (y compris les “privatisations” bradées et spoliatrices…).
 
Afin que ces pays vivent en paix, dans le libre choix du mode de gouvernement qu’ils souhaitent ; dans  le respect de leur autodétermination, sans interférence des occidentaux ; dans l’exploitation de leurs ressources s’intégrant aux échanges commerciaux internationaux, sans confiscation ni vol des multinationales imposées par l’Empire.
 
Ensuite, dans l’apaisement, ils seront libres d’arbitrer les équilibres entre religion et société qui leur conviendront, sans que nous ayons à donner des leçons “haut et fort”, dans l’arrogance de notre hyperviolence.
 
Mais, de cette « réforme » radicale, l’Occident en est incapable. Muré dans sa violence de prédateur.
 
De toute façon, quel que soit le temps nécessaire, les pays musulmans obtiendront leur totale indépendance et retrouveront dans une Renaissance, qui s’annonce déjà dans certains pays, leur splendeur passée qui nous a tant apporté dans les arts comme dans la pensée.
 
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3)  Déni de l’Altérite : le mépris de “l’Autre”
.
Il est vrai que l’ignorance, ce boulevard de l’obscurantisme, permet, dans la bêtise, le mépris de “l’Autre”, avec un double avantage :
=> entretenir ce sentiment de peur, qui ravage la France comme ses voisins, nécessaire à nos gouvernants pour “tenir” une opinion publique
=>  entretenir ce sentiment de supériorité permettant aux “bonnes consciences” d’ensevelir tout sentiment de culpabilité face aux horreurs que nous commettons.
 
La haine de l’Islam, qui s’est substituée à celle du “communisme international” chez beaucoup, est d’autant plus virulente qu’il représente une extraordinaire force identitaire, collective, partagée, permettant à toute la communauté des musulmans de résister aux coups de boutoir de la répression, de la guerre, du pillage, ravageant la plupart de leurs pays. En dépit "d’élites" ou de “leadership” défaillants.
 
On comprend d’autant mieux que le Ramadan, ce mois de carême très pratiqué, soit une cible privilégiée des services de propagande islamophobe. Il est la démonstration éclatante de la solidarité collective entre membres de toute une communauté. Facteur aggravant : de dimension internationale…
 
Ce sentiment de mépris, dans la diatribe de cet “intellectuel musulman”, accable ainsi des centaines de millions de femmes et d'hommes dont beaucoup ont certainement un niveau de culture, d’intelligence, de formation, d’expérience, et d’humanisme, que lui-même est loin de démontrer. Affirmer que des millions de personnes soient incapables d’exercer leur libre arbitre, soumis docilement à une violence religieuse…
 
C’est n’avoir jamais vécu ou partagé ces moments de sérénité, de joie au milieu de familles puisque le mois de Ramadan est souvent l’occasion de retrouvailles. Lors des veillées, après la rupture du jeune, de séances de cartes, de rires, de discussions animées, entre parents, amis, voisins…
 
Pour un musulman, le Ramadan est une communion avec ceux qui ont faim et soif. Une prière silencieuse avec ceux qui souffrent. Et, une action de grâce, en remerciements des bienfaits qui nous sont accordés, de pourvoir manger à notre faim, et boire quand on le désire.
 
Il est amusant de repérer les logiques de la mauvaise foi des islamophobes.
 
Si pour un musulman, le fait de manger sous le nez d’un autre musulman dans un acte provocateur, dans une attitude d’insulte, est “indécent” : où est le problème ?... Celui qui ne jeûne pas, n’a qu’à le faire chez lui ou dans la discrétion, en respectant ceux qui le font. Là, subitement : nous sommes dans l’atteinte aux libertés. (12)
 
Dans les zones touristiques, en Europe et en France, des municipalités exigent qu’on soit vêtu, avec ordre à la police de verbaliser en cas de refus, pour déambuler dans les rues commerçantes. Trouvant “indécent” de rentrer dans une boutique en maillot ou torse nu. Cela paraît normal, justifié. On se doit de respecter le Veau d’Or…
 
Difficile, apparemment, pour nos "intellectuels islamophobes", de discerner entre la décence et l’indécence…
 
Ce sentiment de mépris, élément essentiel de leur fonds de commerce, est pathétique. En retour, ces "intellectuels musulmans" recueillent, au sein des communautés, la compassion exprimée pour un ratage pitoyable : au lieu d’agir en diffuseur de connaissances, en passeurs de culture, dans la tolérance, en rajouter dans la bêtise et le racisme pour être mieux « intégré ».    
.

 

Illustration, une fois de plus ou sous un autre angle, du « choc » que nous vivons. Non pas entre civilisations. Mais, celui d’une idéologie hyperviolente fondée sur le règne de la ploutocratie exploitant des masses de serfs, consommateurs décérébrés. Face à des mouvements de résistance aspirant à un autre monde fondé sur la solidarité et la dignité humaine. Et, l’Islam, malgré la terrible diabolisation qu’il subit, représente aujourd’hui une des forces d’opposition les plus massives et résilientes.
 
Je salue, donc, le courage et l’infinie patience des musulmans, dont je me sens solidaire, dans ce combat de Titans…
 
Le Ramadan va s’achever dans quelques jours.
 
Je souhaite à tous les musulmans, du moins à ceux qui seront en mesure de la vivre pensant aux victimes actuelles des calamités naturelles ou guerrières, une excellente fête d’Aïd Sgheir. Une des plus belles fêtes de convivialité familiale et amicale, que j’ai eu, et que j’ai, souvent le privilège et la joie de partager.
 
Et, à "l’intellectuel musulman", Abdennour Bidar, à défaut de la célébrer coincé dans son obscurantisme faisandé, je lui offre pour méditer un de mes versets préférés (Sourate 31 – Verset 19) :
 
« Sois modeste en ta démarche ! Baisse un peu ta voix.
En vérité, la plus désagréable des voix est celle de l’âne ».
 
 
 
 
 
 
 
 
(1)  Chris McGreal, Not Guilty. The Israeli captain who emptied his rifle into a Palestinian schoolgirl – Officer ignored warnings that teenager was terrified – Defence says ‘confirming the kill’ standard practice (Non coupable. Le capitaine israélien qui a vidé le chargeur de son fusil sur une écolière Palestinienne – L’officier a ignoré l’état de terreur de l’adolescente – Les autorités militaires confirment que ‘l’acte d’achever’ est une pratique normale), The Guardian, mercredi 16 novembre 2005. Réédité la dernière semaine d’août 2010. 
(2)  "This is commander. Anything that's mobile, that moves in the [security] zone, even if it's a three-year-old, needs to be killed." The Guardian, Op. Cit.
(3)  Le Cour Grandmaison, Olivier, Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004.
(4)  Coloniser – Exterminer, Op. Cit., note 1, p. 98.
(5)  Abdennour Bidar, La lapidation, "preuve extrême de la logique de violence de l'islam", Le Monde, 30 août 2010, http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/30/la-lapidation-preuve-extreme-de-la-logique-de-violence-de-l-islam_1404384_3232.html
(6)  Chef-d’œuvre que tout cinéphile se doit d’avoir dans sa vidéothèque : Zorba le Grec, mis en scène par Michael Cacoyannis, sorti en 1964, d’après le roman de Nikos Kazantzakis (1946). Avec la célèbre musique, la danse du sirtaki, du compositeur Mikis Theodorakis.
(7)  Evangile selon Saint Jean 8, 1–11.
(8) Les immenses champs pétroliers, et leurs réserves, de l’île de Bornéo ont été confisqués aux pays détenteurs (Malaisie-Indonésie) par la création d’un Sultanat en carton-pâte : le Sultanat de Brunei (l’homme le plus riche du monde…). Néocolonie britannique, administrée, en fait, par les compagnies pétrolières occidentales et leurs mercenaires.
9)  Les “dissidents iraniens” que nous servent les médias prêtent à rire quand on sait qu’ils ne sont que les rejetons de la nomenklatura corrompue du temps de la sanguinaire dictature du Shah d’Iran, qui a réussi à s’enfuir au moment de la révolution de 1979, avec le magot familial et la protection des services spéciaux occidentaux…
(10)  J’en ai entendu l'un d'entre eux (très médiatique), dans une conférence, prétendre que le Shiisme n’avait rien à voir avec l’Islam... Henry Corbin qui a passé sa vie à étudier et écrire sur le sujet aurait pleuré de désespoir devant autant de nullité…
(11)  Exemple : l’attentat-suicide de Quetta, au Pakistan (“condamné” par tous les gouvernements occidentaux…), vendredi dernier, qui a provoqué la mort d’une centaine de personnes et plus de 200 blessés est attribué par la propagande occidentale aux Talibans, par un terroriste mêlé à un rassemblement de Shiites.
Sous-entendu : ce sont des Sunnites qui en sont les auteurs, c’est la guerre civile entre Shiites et Sunnites.
Pour réaliser pareil carnage, il faut qu’un “volontaire au suicide” soit en mesure de porter une centaine de kilos d’explosif et de ferraille sur lui. A Quetta, il fait en ce moment 35° à l’ombre : tout le monde est en sandales et chemise…
C’est tout simplement une bombe télécommandée au passage du cortège, qui était une manifestation pacifique de soutien au Peuple Palestinien organisée par la communauté Shiite de la ville. Personne n’est dupe.
(12)  Note additive, à la première publication du billet, destinée aux lecteurs ignorant ce contexte.
Dans plusieurs pays musulmans apparaissent des mouvements de provocation par des "jeunes" organisant des "pique-niques" publics, destinés à tourner en dérision la période du Ramadan, au nom de la "laïcité". Instrumentalisés (argent, promesses de bourses et de visas, etc.) par des ONG et des journaux locaux, dont les subventions et frais de fonctionnement sont assurés par des organisations étrangères pilotées par les services "spéciaux" occidentaux.
Les mêmes qu'on retrouve dans le financement des différentes "révolutions de couleurs", et autres entreprises de déstabilisation, vues à l'oeuvre en Europe ou ailleurs.

 

N.B.  Pour ceux n'ayant aucune connaissance vécue du Ramadan, je recommande un livre illustré de belles photos du Caire, d'Alexandrie, de Jérusalem, notamment, restituant son ambiance à la fois spirituelle, festive et conviviale, écrit par deux journalistes allemandes :
 

Ramadan - Voyage au coeur d'un rite, par Angela Grünert & Christel Becker-Rau, aux éditions de La Martinière - octobre 2001.

Agrémenté d'une belle préface d'Assia Djebar, racontant ses souvenirs d'enfance dans la tendresse et l'humour, avec une de ses cousines, leur impatience, leur "bataille", dans le désir de se joindre au jeûne des adultes pour participer enfin à l'ascèse et la joie familiales, comme les "grands"...

 

 

Photos : Enfants tués dans les bombardements des forces coloniales occidentales au Liban ou brûlés vifs par les bombes au phosphore à Gaza de cette même soldatesque.
Sur l'une d'elles, figure l'héroïque chirurgien norvégien Mads Gilbert qui a soigné et sauvé de la mort de nombreux enfants de Gaza, sous bombes, obus et mitraillages de l'armée d'occupation.

 

 

 

 

 

 

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 00:00

 

 

 

« Les USA, à présent, se transforment en un Etat théocratique dirigé par des fanatiques, politiciens extrémistes et intégristes hypocrites. »

J.G. Ballard (1)

 

 

 

A la queue leu leu...

 

Au moment des migrations estivales.

 

Ils sont partis, la fleur au fusil… La fleur au missile, devrait-on dire…

 

 

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Curée criminelle

 

Porte-avions, sous-marins, frégates et corvettes. Nucléaires ou pas. Franchissant le canal de Suez et le détroit d’Ormuz. Rejoindre les flottes de l’Empire, déjà sur place. (2)

 

Sous les ordres d’un Prix Nobel de La Paix 

 

Une armada d’une puissance de feu inimaginable dans l’histoire de l’humanité. Pourtant gorgée de génocides et destructions. « … Deux sous-marins (nucléaires) en patrouille ont une puissance de frappe équivalente à mille Hiroshima… » s’extasiait, bravache, Pierre Messmer, un des promoteurs de la bombe atomique française. (3)

 

De quoi réduire en cendres la Chine, l’intégralité de ses infrastructures et ses 1,4 milliard d’habitants. En quelques minutes.

 

Sauf que la Chine n’est plus celle du XIX° siècle, pillée pendant un siècle par l’Occident à la suite des  terribles invasions intitulées cyniquement “guerres de l’opium” par ses agresseurs. Aujourd’hui, en mesure de riposter par une volée de missiles sur les principales villes des pays qui auraient la prétention de récidiver.

 

Alors, l’Empire réfléchit à deux fois. Se disant qu’il vaut mieux, en priorité, se faire la main sur l’Iran.

 

Détruire l’Iran…

 

La France va donc se joindre à la curée…

 

Envoyer son porte-avions, le Charles de Gaulle, avec ses navires d’accompagnement, dans le Golfe Persique, rejoindre le secteur qui lui a été assigné par son suzerain. Joignant l’étendard de la nation française à ceux des “nations civilisées” pour écraser, dans cette glorieuse croisade : “le barbare”.

 

De Gaulle en avalerait son képi : voir son nom associé à une stupidité géopolitique, aventure aussi criminelle qu’illégale, et la France réduite en sous-fifre d’un Empire déglingué, délirant de bellicisme. Sa diplomatie réduite à un hoquet : “sanctions !”, “sanctions !”, “sanctions !”…

 

En Septembre ou Octobre, toutefois, on ne sait pas trop.

 

De toute façon, il est exclu que « les frappes » soient lancées avant mi-septembre. Normal : réduire en champ de ruines un pays musulman demande d’attendre que le mois du Ramadan, débutant mi-août, se termine.

 

Non par humanité ou respect des convenances, sentiments inconnus des prédateurs. Simplement, réduire le niveau d’intensité de provocation à l’égard des opinions publiques musulmanes. Un milliard et demi de personnes, tout de même…

 

Deux “écoles” s’opposent.

 

Ceux qui conseillent d’attendre que la grande fête musulmane de l’Aïd Kébir soit passée. Soit une quarantaine de jours après la fin du Ramadan. Novembre représenterait une “bonne fenêtre”.

 

D’autres, plus soucieux de l’opinion publique occidentale, préconisant comme « fenêtre » : les fêtes de fin d’année. Quand les opinions publiques occidentales sont anesthésiées entre galeries marchandes, vapeurs de réveillons et arbres de Noël. A l’exemple des bombardements et massacres de Gaza par l’aviation sioniste, fin 2008-début 2009…

 

En attendant, déclarations bellicistes, matraquage de la propagande, harcèlements et provocations vont monter en puissance.

 

 

Les sanctions du « Machin »

 

Dans une guerre, on sait comme on y entre. Mais, on ne sait jamais comment on en sort.

 

L’essentiel est d’y entrer avec des « principes », insistent les va-t-en-guerres. Il faut bien justifier carnages, destructions gigantesques et morts par centaines de milliers… 

 

D’autant plus que l’Iran n’envahit aucun pays, ne bombarde aucune population, n’occupe aucun territoire, ne menace personne. Son tort : exprimer un ras-le-bol des prédations et violences de l’Occident dans cette région, depuis des décennies. Cette nation souhaite exploiter ses ressources dans l’indépendance, en faire profiter sa population et se développer dans les sciences et les techniques, au même titre que les pays les plus développés.

 

Inadmissible. Alors, on l’accuse d’avoir un programme de fabrication de bombes nucléaires.

 

Pourtant, l’Iran est signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), ne veut pas la bombe, et ne possède aucune bombe. (4)

 

Il enrichit son réacteur nucléaire de recherche à hauteur de 20 %, pour les interventions médicales et traitements contre le cancer, comme l’y autorise le traité. Et, va lancer la mise en route de sa centrale nucléaire de production d’énergie électrique de Bushehr, construite par les Russes, dans quelques jours.

 

Il s’est soumis jusqu’à présent à plus de 4500 heures d’inspections de l’AIEA, l’organe international de contrôle des installations et politiques nucléaires. Plus que tous les membres du TNP dans leur ensemble, depuis la signature du traité le 1er juillet 1968 !...

 

Dans la même région, Israël, tout le monde le sait, n’est pas signataire du TNP et possède au minimum 200 bombes nucléaires (John Pilger parle de 500) avec leurs lanceurs, y compris à partir de ses propres sous-marins. La “Communauté Internationale”, et les médias de sa propagande, ne le mentionnent, ni ne l’évoquent : jamais. Ne se montrant ni « préoccupés », ni « inquiets »…

 

Par contre, l’Iran est le Diable. Ainsi en a décidé l’Empire. Même s’il n’a pas la bombe nucléaire, et n’en veut pas : on le soupçonne d’avoir « l’intention » d’en fabriquer.

 

Rien de plus implacable que le “soupçon”. Rien de plus dévastateur que “l’intention” supposée...

 

Ces “délits”, ces “crimes”, n’ont nullement besoin de preuve. En fait, ce sont des preuves en soi. Dont on connaît les mécanismes depuis des siècles. Justifiant tous les comportements, jusqu’à la violence. Structures mentales, instruments rhétoriques favoris des fanatiques, totalitaires, tortionnaires, sadiques et autres pervers.

 

Shakespeare en a finement démonté le mécanisme, allant du harcèlement jusqu’au meurtre dans Othello. Se nourrissant indéfiniment de la projection imaginaire, attisée par un Iago, dans l’ombre, artisan de la fausse rumeur, de la calomnie, de la manipulation, pour servir ses intérêts ou délires personnels.

 

L’opinion publique commence à être un peu sceptique sur les campagnes médiatiques ?... Raison de plus d’enfoncer le clou sous plusieurs angles. A part le soupçon du “délit d’intention”, quel meilleur produit de lavage de cerveaux dans l’arrière boutique de l’Empire ?...

 

Le mensonge.

 

Affirmer, par exemple, que le président Iranien a déclaré, dans un discours prononcé en 2006, vouloir “rayer Israël de la carte”. Pur mensonge de la propagande : il n’a jamais prononcé ces mots. Tous les spécialistes en Farsi, langue officielle de l’Iran, qui ont examiné à la loupe ses discours n’en ont trouvé la moindre trace.

 

Quelques journalistes soucieux d’honnêteté tel Jonathan Steele dans The Guardian, malgré le soutien de la politique étrangère britannique par direction et actionnaires des médias, se sont fait l’écho, à plusieurs reprises, de cette désinformation. (5)

 

Désinformation d’autant plus grotesque que les 25.000 Iraniens juifs sont parfaitement intégrés et traités avec respect. Libres de voyager à l’étranger et d’aller où bon leur semble. Avec une totale liberté de culte. Rien qu’à Téhéran, il y a 11 synagogues et plusieurs écoles juives. Récemment, l’hôpital juif de Téhéran a même reçu une subvention de la présidence de l'Etat. Lors des élections, ils sont connus pour être les plus fervents soutiens de la "candidature Ahmadinejad", tant à celle de la présidence du pays, qu’à la mairie de Téhéran, dont il fut un maire réputé pour son acharnement au travail, son incorruptibilité et son humanisme.

 

Qu’importe ! Le slogan de cette propagande est martelé en continu, depuis quatre ans, par politiciens et médias dans une hystérie que même les services de propagande de Staline n’auraient pu atteindre par son niveau de paroxysme. Dans les pays occidentaux, à l’unisson, tout le monde répète cette “incantation diabolisante” pour en convaincre l’opinion publique.

 

A l’exemple de l’arnaque médiatique du ministre de la défense US, Colin Powell, la veille de l’invasion de l’Irak. Agitant une éprouvette remplie de bicarbonate à la tribune de l’ONU, affirmant qu’il s’agissait d’un échantillon des armes chimiques de l’Irak. Sur fond d’hystéries collectives mises en scène par les médias sur des attaques à l’anthrax dans des enveloppes, via la poste américaine, dont on n’a plus entendu parler dès l’achèvement de la destruction de l’Irak…

 

L’Iran aura donc droit au même traitement ONUesque que l’Irak. L’ONU n’étant pas destiné, contrairement à sa vocation initiale, à “prévenir” les conflits mais à les “justifier”… Au fil du temps, devenu une organisation fantoche, chambre d’enregistrement de ce que l’Occident a décidé. Une machine à pondre des “sanctions”.

 

L’ONU, « Le Machin », comme le désignait, avec une souverain mépris, le Général de Gaulle. (6) Incapable de faire appliquer ses propres “résolutions” en Palestine : une quarantaine en instance depuis 1967…  Même pas capable de faire appliquer les Conventions de Genève pour la protection des civils, ou les droits de l’homme élémentaires, comme Gaza en est une preuve quotidienne.

 

Même pas au Liban, où depuis la guerre de Juillet 2006, près de 8000 violations des résolutions de l’ONU par Israël ont été recensées : survols par ses avions, drones, tirs, bombardements, raids de commandos, enlèvements de ressortissants, espionnages, assassinats, blocus illégaux, destructions de maisons et propriétés, etc.

 

L’ONU vient, donc, de voter des sanctions contre l’Iran dans une nouvelle “résolution” : la 1929 (7). Confirmant ainsi son avilissement complet, son discrédit, devant l’opinion internationale, hormis les occidentaux et les castes au pouvoir dans ses néocolonies. (8)

 

Le Liban s’est abstenu, courageusement, de voter. Son représentant, M. Salam, rappelant un principe évident que le Conseil de Sécurité se refuse d’appliquer : émettre une telle résolution…

« … impose qu’Israël, seul État de notre région à posséder des armes nucléaires, adhère au TNP en tant qu’État non doté d’armes nucléaires et soumette toutes ses installations nucléaires au système de garanties généralisées de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Le Liban tient à réaffirmer que le règlement des questions liées à la non-prolifération nucléaire doit être global et non discriminatoire. »

 

La réponse du représentant de l’Iran, M. Kazaee, fut remarquable de dignité. Par sa sérénité, sa mise en perspective historique, elle a fait apparaître d’autant plus minables, par leur mauvaise foi, les prétextes invoqués à tour de rôle par les porte-paroles des USA, de la Grande-Bretagne et de la France.

 

Se souvenant que pour justifier leur coup d’Etat, contre le gouvernement régulièrement élu de Mossadegh qui avait nationalisé les compagnies pétrolières pillant la principale richesse du pays, en 1953, conduisant à l’instauration de la sanguinaire dictature du Shah, américains et britanniques employaient les mêmes arguments qu’aujourd’hui. Quasiment les mêmes mots, malgré un demi-siècle d’écart :

« … la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne met[tait] en péril la paix et la sécurité de la région et du monde entier … ».

Il suffit de remplacer “industrie pétrolière” par : “industrie nucléaire”.

 

Tournant en dérision la légitimité morale, politique, ou même géopolitique, de la résolution 1929 votée contre son pays, du fait de la foncière hypocrisie du Conseil de Sécurité :

« … Une réponse doit également être apportée pour dire pourquoi ce Conseil ne s’est pas vu accorder la moindre chance de traiter de la question de l’arsenal nucléaire du régime israélien, en dépit de sa propension irrésistible à l’agression et au carnage. »

 

Mais, tout le monde l’a compris.

 

Comme pour l’Irak, il a été décidé de raser un pays, dont la volonté d’indépendance ne convient pas à l’Empire. Le découper en morceaux après avoir réduit en miettes ses infrastructures, ses industries, ses universités et centres de recherche. S’emparer de ses richesses énergétiques : gaz, pétrole, évidemment. De son uranium, puisqu’il en détient parmi les plus grandes réserves mondiales.

 

Avec en prime, lors de sa reconstruction, la privatisation de son système financier, de ses services publics, de son commerce et de son industrie, au profit des groupes occidentaux. Tout en annihilant son potentiel de recherche et de maîtrise technologiques.

 

Le réduire en servage, avec un gouvernement de marionnettes choisies par l’Occident…


 

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Zigzag ou Jeu de Go ?

 

Mais, que font Chine et Russie dans cette farce, nations qui ont eu à souffrir de ces embargos et autres diktats occidentaux ?... Pourquoi voter la résolution 1929 ?...

 

Je ne partage pas les analyses des commentateurs s’étonnant, se moquant, ou s’indignant, de leur apparent “zigzag” stratégique et diplomatique.  Ne nous laissons pas prendre au jeu d’ombres sur le fond de la caverne, en proie à l’émotion. Les déclarations publiques ne sont souvent qu’un enchevêtrement de manœuvres dans une guerre d’intox.

 

Au contraire, à l’ONU, Chine et Russie ont réalisé un très beau coup de jeu de Go (9). En liaison étroite, permanente, avec le gouvernement de l’Iran.

 

A ce stade des enjeux géopolitiques, Chine et Russie se devaient, d’adhérer au “système de sanctions” réclamé, obsessionnellement par l’Occident, avec tout le poids de son appareil de guerre. En tenant compte des paramètres essentiels “du moment” :

 

i) Refuser d’y souscrire s'était tomber dans le piège tendu par les bellicistes occidentaux : dans un remake de la Guerre Froide, présenter la reconstruction d’un bloc antagoniste de l’Occident. Justifiant ainsi la propagande diffamatoire, récurrente, à l’encontre de ces pays ex-communistes ou ex-maoïstes. Ce dont rêve l’extrême-droite US au pouvoir (Républicains et Démocrates), financée par les lobbies de l’armement, de l’énergie et des mines.

 

ii) Une opposition frontale ne peut s’exercer que si d’autres pays puissants, économiquement et militairement, forment un ensemble crédible. Non limité à la Chine et la Russie, encore en phase de modernisation de leurs propres forces armées et de leur économie. (10) Sachant qu’au milieu de ce siècle la balance, économique et militaire, sera définitivement en défaveur de l’Empire. Les positions du Brésil et de la Turquie sont le signe annonciateur de cette inéluctable évolution.

 

iii) Chine et Russie ont parfaitement intégré le double langage que l’Empire entretient dans un cynisme absolu. Déclaration d’amitié d’un côté, et de l’autre : diabolisation incessante avec encerclement militaire. Son objectif ultime étant l’éclatement de ces deux nations en plusieurs entités afin de contrôler, intégralement, leurs ressources naturelles, exportations et marchés intérieurs. 

 

=>  La Russie est soumise en permanence à des manœuvres de déstabilisation intérieure et à ses frontières : Caucase avec le surarmement actuel de la Géorgie, Tchétchénie via armes et argent transitant par la Géorgie, Pologne et Roumanie avec l’installation de fusées, Asie centrale par de multiples infiltrations et interférences au Kirghizistan, Ouzbékistan, etc. 

 

=>  La Chine vit sous la pression, depuis plusieurs semaines, de provocations et de tensions extrêmes. Face à ses frontières maritimes. Malgré ses protestations répétées. 

A l’Est, au large de la Corée, immenses manœuvres aéronavales US avec présence de porte-avions nucléaire, s’ajoutant aux flottes de la Corée du sud, du Japon, de l’Australie, etc.

Cette semaine présence d’un autre porte-avions nucléaire, avec manœuvres aéronavales au large du Vietnam (les USA s’activent depuis plusieurs mois à constituer un front commun contre la Chine regroupant - outre les traditionnels Corée du sud et Japon - les Philippines, l’Indonésie, la Thaïlande et le Cambodge) et des côtes sud-ouest de la Chine.

 

Que diraient les USA si la Chine procédait de même, au large à la limite de leurs eaux territoriales, à portée de son aviation et d’un arsenal nucléaire embarqués, effectuant des manœuvres conjointes avec des pays voisins ?...

 

A cela, s’ajoutent les rodomontades des dirigeants de certains pays occidentaux. Le mois dernier, c’était le nouveau ministre des affaires étrangères de Grande-Bretagne, William Hague, qui a stupéfié les Chinois, lors de sa première visite officielle chez eux, par sa morgue, son arrogance, ses sous-entendus menaçants. A la limite de l’attitude insultante à leur égard. (11) Se croyant, probablement, en 1840… (12)

 

Dans les discussions préparatoires aux “sanctions”, au Conseil de Sécurité, l’action de la Chine et de la Russie, adeptes de la Soft Touch selon le jargon diplomatique, a été finement menée. En maintenant le cap sur deux balises :

=  en diminuer l’impact

=  en neutraliser l’extension

 

Ce que la délégation russe dirigée par M. Churkin, suivie à l’identique par celle de la Chine, a rappelé à la suite du vote :

« … Lors des négociations sur la résolution, la délégation russe a ciblé ses efforts de manière à garantir que la décision du Conseil de sécurité vise uniquement le renforcement du régime de non-prolifération et qu’elle ne contienne aucune disposition qui nuirait au bien-être du peuple iranien.

Nous sommes fermement convaincus qu’il n’y a aucune option autre qu’un règlement pacifique et diplomatique de la question du nucléaire iranien. Ce postulat a été inclus dans le texte de la résolution. »

 

Il convenait en effet d’éviter les comportements agressifs à l’encontre des populations, véritables crimes contre l’humanité, “légalisés” par l’ONU dans le cadre des opérations d’embargo préalables à l’invasion de l’Irak, intitulées « pétrole contre nourriture ». Où le sadisme des bureaucrates allaient jusqu’à interdire médicaments et instruments nécessaires aux interventions obstétriques et pédiatriques… Jusqu’à interdire l’importation de papier, de crayon, et autres fournitures scolaires. Tandis que des fortunes occidentales, colossales, comme dans tout embargo, s’édifiaient dans le secret des paradis fiscaux.

 

Il est vrai qu’enfants et jeunes générations étaient particulièrement visés dans un génocide, physique, intellectuel, qui se dissimulait derrière ces « contrôles » ONUesques… Ramener l’Irak à “l’âge de pierre” était alors l’objectif premier, pour reprendre l’expression employée par plusieurs “stratèges” US.

 

Dans le cas de l’Iran, les occidentaux ciblent, tout particulièrement, l’importation du carburant : 40% des besoins internes du pays sont achetés, pour le moment (il travaille à combler ce retard) à des raffineries étrangères. Rappelons que les raffineries du pays avaient été détruites, ou gravement endommagées, pendant la guerre avec l’Irak (certaines avec des appareils français armés de missiles exocet). Difficiles, et longues, à reconstruire du fait de l’embargo existant depuis la révolution de 1979, sur les pièces détachées très spécialisées.

 

Exigence, que Chine et Russie ont bloquée.

 

Sous leur pression, ont été mentionnées dans chaque article relatif aux sanctions, limitées uniquement à du matériel nécessaire à la production d’armes atomiques, des clauses excluant “l’arbitraire et la provocation” en soumettant toute opération d’embargo éventuelle à l’obligation de disposer :

« … d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits. »

 

Renforçant ces dispositions dans l’article 15 de la résolution, relatif à l’inspection des navires en haute mer. Non seulement, il convient d’avoir des informations sérieusement fondées pour en formuler la demande mais, « … dans le respect du droit international, en particulier du droit de la mer… », ces inspections ne peuvent être effectuées qu’ « … avec le consentement de l’Etat du pavillon ». Autrement dit, s’il y a refus : il n’y a rien à dire … Qu’à laisser le bateau poursuivre sa route…

 

Restent deux articles sur lesquels les occidentaux se sont focalisés, dans l’ironie discrète des délégations russes et chinoises (so stupid !...), interdisant à l’Iran ce qui est autorisé sans aucune restriction à Israël :

 

=> Article 8 : l’importation de matériel de guerre, car les occidentaux  veulent un Iran sans défense nationale.

Il se trouve que depuis la guerre avec l’Irak et la mise en place des premières mesures d’embargo, cette nation réputée pour le niveau et la qualité de ses chercheurs (dont beaucoup de femmes…), s’inspirant de l’exemple de la Suède, a développé une industrie de l’armement totalement autonome.

Construisant ses propres chars, navires de guerre, sous-marins côtiers (4 viennent d’être livrés à la marine ce mois-ci), hélicoptères, radars et missiles, simulateurs de vols, et faisant voler son premier avion de combat, en production, cette année. L’intégralité de sa flotte aérienne a été, dans le même temps, remise à niveau avec tous les appareillages électroniques pour les missions de nuit.

Le 22 août, l’Iran présente deux types de ses propres drones à long rayon d’action pour les missions de surveillance et de bombardement, ainsi que la nouvelle génération de deux de ses missiles (Qiam et Fateh)…

Il s’agit donc d’une mesure : “coup d’épée dans l’eau”… 

 

=> Article 9 : interdiction de production de missiles balistiques (pouvant aller jusqu’à 10.000 km et au-delà). L’Iran en possède la technologie, ayant placé déjà des satellites en orbite. Programmant le lancement d’un autre (satellite d'observation) en mars 2011. 

Un missile balistique n’est en fait que l’assemblage de missiles non balistiques. L’essentiel étant d’en maîtriser la composition du carburant, solide ou liquide, pour assurer les performances en vitesse, et l’électronique embarquée pour en assurer la précision.

Ce qui est le cas de l’Iran.

 

Chine et Russie, rompus à la mauvaise foi des occidentaux, sachant qu’ils allaient prendre des sanctions unilatérales en dehors des instances de l’ONU, ont astucieusement imposé  le verrouillage de leur extension. Avec une poison pill (pilule toxique), un modèle du genre, qui “délégitime” les actions unilatérales décidées par les occidentaux pour étendre le champ des sanctions.

Il est, en effet, expressément stipulé dans le Préambule de la résolution 1929 :

« … Soulignant qu’aucune disposition de la présente résolution n’oblige les États à prendre des mesures ou à entreprendre des actions débordant le cadre de ladite résolution, notamment l’emploi ou la menace de la force… ».

 

Retenir les termes, ils sont déterminants pour l’avenir :

« … notamment l’emploi ou la menace de la force… ».

 

Préambule permettant à Chine et Russie de dénoncer les mesures arbitraires qu’USA et Europe, dès la publication de la résolution, ont prises en élargissant, en dehors de l’ONU, les « sanctions ». Autorisant ainsi, en fait et en droit, de commercer librement avec l’Iran sans contrevenir  aux dispositions de la résolution 1929. Ce que, d’autres pays en dehors de Chine et Russie, tels que l’Inde, viennent de confirmer … (13)

 

D'ailleurs, après plus de 30 ans d’embargo (depuis 1979…), l’économie de l’Iran progresse vite, et bien. De mieux en mieux, même.

 

D’après le propre rapport du FMI sur l’Iran, l’inflation qui était de 25, 4% en 2008, tombe à 10,3% en 2009, pour chuter à 8,5% en 2010. La descente se poursuivant. Quant à ses réserves de change, elles vont progresser de 5 Milliards de dollars en 2010, atteignant ainsi un total de 88,5 milliards de dollars. Montant plus que confortable, envié par beaucoup, en ces temps de crise… (14)

 

Multipliant réalisations industrielles, contrats et accords commerciaux non plus dans le sens nord-sud sous la dépendance de l’Occident mais dans le sens sud-sud. Les investissements étrangers en Iran ont progressé de 900 millions de dollars en 2007 pour s’élever à 3 milliards de dollars en 2009. Investissant à son tour à l’étranger, jusqu’en Chine !

 

L’Iran, effectivement, n’a rien à voir avec ces monarchies pétrolières gaspillant les revenus de leurs pays dans des projets de spéculation immobilière pharaoniques, dans "l'économie-casino" des bourses occidentales, et dans des achats d’armes démesurés pour le plus grand profit du conglomérat militariste de l’Empire.

 

Intolérable : comme l’Irak,  l’Iran doit retourner à “l’âge de pierre” !…

 

 

War Games et politique-fiction

 

Détruire l’Iran ?...

 

Oui, sous prétexte de détruire ses installations nucléaires… Le pays sera entièrement rasé. Des centaines de milliers de morts. Du moins, telle est l’intention des bellicistes. Les mêmes qui se voient, dans la foulée, détruire le Liban et la Syrie, envahir la Corée ou le Venezuela. Opération “Grand Nettoyage”… (15)

 

Les War Games sont au point, à écouter les roulements de tambour de la propagande et les ricanements de ces fous furieux… (16)

 

Ce qui m’amuse le plus, dans les moulinets de ces matamores, c’est la référence permanente au bombardement de la centrale nucléaire irakienne Osirak, du temps de Saddam Hussein, par les israéliens. Sous-entendu : “ce que nous avons réussi avec les Irakiens, nous allons le démultiplier avec les Iraniens”.

 

Ce triomphalisme boursouflé cache en fait une désinformation en forme de baudruche. Au premier coup d’épingle, dégonflement instantané :

 

i)  Osirak n’était qu’un petit réacteur de recherche d’une puissance de 70 MW. Inapte à produire de l’énergie électrique pour un réseau d’alimentation public, encore moins une bombe, même pas une bombinette. Par comparaison, le site nucléaire français de Tricastin, près d’Avignon au milieu des champs de melons, a une puissance nominale de 3600 MW…

Une des unités de mesure courante, pour un réacteur nucléaire non dédié à la recherche, est : 900 MW. Tricastin est une centrale 4x900 MW, Bushehr (construite par les Russes en Iran pour démarrer dans quelques jours) une 2x900 MW qui sera portée à 4x900 MW. Osirak en était très, très loin…

 

ii)  L’opération aérienne s’est réalisée, avec ravitaillement en vol, en survolant l’Arabie saoudite, pays frontalier de l’Irak. Mais quelle que soit la virtuosité des pilotes israéliens, réelle ou supposée car plus habitués à bombarder des civils sans défense que mener des opérations d’une haute complexité, cette opération n’a pu être accomplie qu’avec la totale contribution des français qui construisaient le site de ce réacteur. Peu protégé, car n’ayant, de fait, aucune valeur stratégique.

Outre les plans détaillés intégralement communiqués, le cœur du petit réacteur a pu être atteint par missile arrivant pratiquement à l’horizontale grâce à la mise en place, dans l’axe de l’entrée bétonnée, d’une caravane bourrée d’électronique de guidage. Par une équipe française camouflée parmi le personnel de l’entreprise de TP qui effectuait les travaux.

Le guidage était si précis, que le véhicule a été traversé de part en part…

 

Osirak n’était donc, contrairement à la mayonnaise médiatique, qu’une petite promenade. La soldatesque avec son appareil de propagande, s'autocongratulant dans l'extase, en a fait un symbole d’expertise guerrière. Bien. Mais, en Iran, il risque d’y avoir des surprises, comme en 2006 au Liban…

 

Les Iraniens ne vont pas laisser partir en poussière leurs différents sites nucléaires, leurs infrastructures industrielles, civiles, militaires, dont leurs aérodromes et bases navales, sans réagir.

 

Tous les dirigeants actuels ont vécu en première ligne, Guide Suprême et Président compris, les destructions et massacres de la terrible guerre Irak-Iran entretenue par les occidentaux. Ils ont souffert sous la dictature du Shah et le pillage colonial des anglo-américains. Ce sont “l’indépendance nationale”, la “souveraineté nationale”, chevillées au corps qu’ils ont décortiqué les modes opératoires des dernières invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, jusqu’au plus petit détail.

 

Une “guerre éclair” se félicite à l’avance la nomenklatura de l’Empire. Croyant revivre l’invasion de l’île de La Grenade, en 1983. Confiant dans le pari de leurs états-majors : aveugler les défenses de l’Iran par le miracle de l’électronique. Pour empêcher toute riposte. L’écrasement immédiat.

 

Limiter sa vision de la réaction de l’Iran au seul minage du détroit d’Ormuz, rapidement réglé par les dragueurs de mines, le temps de permettre aux copains spéculateurs d’empocher les faramineux profits avec un baril à 200 US $ et au-delà, au lieu des 76 US $ actuels… C’est se montrer un peu léger.

 

C’est oublier deux paramètres géopolitiques fondamentaux :

 

=>  L’Iran n’est pas la dictature irakienne épuisée par la mégalomanie de son maître, Saddam Hussein, fonçant tête baissée dans tous les pièges : guerre contre l’Iran, invasion du Koweït. Isolant, appauvrissant un pays, qui était pourtant en train de devenir prospère, avec un haut niveau d’organisation et sur la voie de la réforme progressive de ses institutions politiques. Appauvri, par ses aventures guerrières. Asphyxié par un embargo total.

L’Iran, au contraire, entretient d’excellentes relations diplomatiques et commerciales, dans le monde, à part l’enclos occidental et ses dépendances. Son arsenal défensif ultramoderne, notamment anti-aérien, est considéré comme un des meilleurs actuellement opérationnel.

 

=> Le contexte politique international est radicalement différent. L’Occident, symbolisé par la puissance militaire des USA et Israël, s’est totalement déconsidéré dans l’hyperviolence de ses invasions et massacres de civils en Irak, Liban, Afghanistan, Palestine et Gaza, Pakistan. Détesté dans le monde, malgré son autosatisfaction permanente célébrée par sa propagande : les horreurs d’Abu Ghaïb, illustrant le naufrage moral du donneur de leçons, sont présentes dans les esprits et pas seulement au Moyen-Orient.

 

A cet oubli, dans le mépris de l’adversaire, s’ajoute comme dans tout délire guerrier, un déni de la réalité : les autres scénarios des War Games. Jamais évoqués par les “responsables” politiques.

 

Fidel Castro est un des très rares, malgré la fragilité de sa convalescence, à s’être mobilisé pour prévenir l’opinion internationale. Multipliant écrits et interventions publiques. Avec ténacité, courage et émotion. Lucidité, surtout.

 

Rappelant que les conséquences seront catastrophiques pour l’Iran, pour la région, mais aussi pour les agresseurs et le reste du monde. Les médias de la propagande occidentale en dissimulent les aspects les plus évidents, pour empêcher l’opinion publique d’avoir un sursaut de bon sens et faire pression sur ses élus. Car, comme dans un jeu de dominos, dégâts collatéraux, destructions, et milliers de morts, ne se limiteront pas à ce pays. Un bref aperçu de quelques points :

 

1. La défense anti-aérienne de l’Iran est équipée des missiles de dernière génération, insensibles aux contre-mesures électroniques, en particulier les missiles à longue portée, de fabrication russe : les  S 300. Malgré les manœuvres des pays occidentaux pour entraver la livraison de ce matériel purement défensif. (17)

Conséquence : les ¾ des forces aériennes d’invasion vont être détruits. A commencer par les avions radars, avions de ravitaillement et de brouillage électroniques à haute altitude.

Le quart restant sera détruit au retour vers leurs bases par les avions saoudiens, jordaniens, émiratis, à la suite des coups d’Etat militaires qui vont immédiatement se déclencher.

 

2. Les ¾ des forces navales d’invasion présentes dans le Golfe Persique seront coulés. En premier lieu, l’intégralité des porte-avions. Le Charles de Gaulle, malgré sa taille réduite (la moitié de ses cousins US), n’y échappera pas. Moins par des attaques aériennes iraniennes que par des missiles tirés depuis des positions terrestres, fixes et mobiles. En particulier, par des missiles indétectables, à la trajectoire aléatoire de très basse altitude jusqu’à leur objectif, de la catégorie des DF 21D chinois. Les navires survivants seront neutralisés par les opérations de sauvetage des débris de la flotte impériale. 

 

3. En dehors de l’Iran : destruction des raffineries, terminaux pétroliers, et installations pétrochimiques, du Golfe Persique et de la Mer Rouge (port pétrolier saoudien de Yambu). Ni pétrole, ni gaz, ne sortiront du Moyen-Orient pendant une longue période. Au passage, quelques tours et immeubles pharaoniques en forme de palmier ou de voilier s’écrouleront avec les rêves des spéculateurs...

 

4. Afghanistan, ce dont l’Iran s’est toujours abstenu : livraison immédiate à la Résistance Afghane des missiles sol-air portables de dernière génération (durcis contre les contre-mesures d’évitement), antichars, et mortiers lourds. Les troupes de la Coalition, incapables d’effectuer la moindre sortie, seraient ainsi prisonnières de leurs propres bases… 

 

5. Seul point positif dans cette sanglante tragédie, peut-être, succession de coups d’Etat dans les néocolonies de l’Empire de la région : Jordanie, Arabie Saoudite, Bahreïn, et autres émirats du Golfe. Renversement de leurs régimes ploutocratiques, policiers, corrompus, soutenus par l’Occident, et détestés par leurs peuples. 

 

Mais, ce qui inquiète Fidel Castro au plus haut point, jusqu’à prononcer un discours devant le parlement cubain : l’usage de l’arme atomique par l'Empire, avec mensonges et "suppositions d'intention" pour prétexte, contre un pays qui n’attaque personne et ne possède pas lui-même cette arme. Geste fatal, initiant une guerre nucléaire qui ne serait plus maîtrisable.

 

Employer l’arme nucléaire à titre préventif, serait commettre un acte fou, suicidaire. Cette folie serait remettre en cause un tabou, depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Ce serait, de la part de l’Empire, s’arroger le pouvoir sans limite de vie ou de mort sur le reste de la planète, selon son bon vouloir.

 

Inacceptable.

 

Surgiront alors d’un océan, lancées d’un sous-marin inconnu, des fusées aux têtes nucléaires multiples, pour en saupoudrer quelques villes des agresseurs. Non pas par solidarité avec l’Iran, ou le venger, mais pour mettre un terme au délire mégalomaniaque d’un Empire livré aux mains de fanatiques et de sanguinaires. Vitrifiant leurs prétentions hallucinatoires.

                                                                                             

Apocalypse Now…

 

 

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Qui gouverne la France ? 

 

Mais, tout cela n’est que politique-fiction, dirons-nous. Pour nous rassurer… Nous sommes en “démocratie”, et nos élus veillent à préserver notre nation des aventures guerrières fondées sur le mensonge, l’injustice et l’irrationnel !

 

Quoique…

 

« … La diplomatie française a été souvent au service des armées, en dépit des règles habituelles qui veulent que les armes soient au service de la politique… », a reconnu publiquement Pierre Messmer (18).

 

Il sait de quoi il parle pour avoir été, l’essentiel de sa carrière, un administrateur ou gouverneur dans différentes “colonies” de la République française avant leur indépendance (19), dans la sanguinaire tradition du général Bugeaud, puis ministre de la Défense (1960-1969) et, enfin, un de ses Premiers Ministres (1972-1974).

 

Par “armées”, il convient d’entendre ce mix de la haute hiérarchie militaire en cheville avec les industries de l’armement dont, bien souvent, ils occupent les postes de direction à la cessation de leur activité sous l’uniforme. Contrairement à toute déontologie et réglementation s’appliquant à cette pratique, dite du “pantouflage”…

 

Ce constat est d’actualité : toutes les opinions publiques occidentales sont contre la guerre en Irak, en Afghanistan et, la prochaine, en Iran. Tous les sondages soigneusement étouffés et censurés font apparaître des oppositions à ces aventures guerrières de 70 % en moyenne (plus de 80 % en Grande-Bretagne). Depuis des années. Mais, rien à faire : invasions, occupations, atrocités continuent.

 

Si une “diplomatie”, autrement dit un “gouvernement”, est au service des “armées”, c’est admettre que les élus du Peuple, du suffrage universel, censés gérer et défendre les intérêts de la collectivité nationale, ne sont plus que la représentation d’un simulacre d’expression démocratique.

 

Simulacre, camouflant une dictature de fait.

 

Soft”, soignant son image, à l’intérieur de nos pays avec un minimum de respect pour la personne et les apparences : les postes de “responsabilité théorique” étant occupés par des civils. “Hard”, implacable, sanguinaire, en dehors de nos frontières, soutenant dictatures, oppressions et tueries.

 

En ce cas, les armées sont “au service”, pour reprendre la formule de Messmer, de qui ?... Aux ordres de qui ?...

 

Qui définit les intérêts de la France ?...

 

L’industrie de l'armement mondialisée, associée aux groupes miniers et énergétiques internationaux, dans une mafia occulte ?...

 

Une caste au pouvoir dans un Empire, imposant une idéologie ploutocratique, raciste et conquérante, inféodant nos propres nomenklaturas, dans une allégeance somptuairement rémunérée, récompensée, gavée de privilèges ?...

 

Instaurant ainsi, avec leur complicité, notre propre servitude de citoyens anesthésiés par la propagande et la peur ?…

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  J.G. Ballard, An Autobiography, Harper Perennial, London, 2008, p. 243.

“The US, now fast becoming a theocratic state run by right-wing political fanatics and religious moralisers”.

(2)  Jean-Michel Vernochet, La guerre d’Iran aura-t-elle lieu ?,  17 juillet 2010, http://www.voltairenet.org/article166329.html#nh14

(3)   Pierre Messmer, La Dissuasion Nucléaire française : Genèse et Actualité, discours prononcé lors du colloque organisé à Oxford, le 15 février 2002, sur le thème : « La France, la Grande-Bretagne et les politiques de défense de Nassau à Nice : continuité et développement », www. Asmp.fr-Académie des Sciences morales et politiques, (p. 5 du discours).

(4)  Le texte du traité sur la Non Prolifération des Armes Nucléaires (TNP - en anglais NPT), du 1er juillet 1968, peut-être téléchargé en français : http://www.cehp.free.fr/matos/Conference/TNP1.pdf

(5) Jonathan Steele, Lost In Translation, Experts confirm that Iran's president did not call for Israel to be 'wiped off the map', The Guardian, 14 juin 2006,

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2006/jun/14/post155

Notons qu’en France, aucun média n’a eu le réflexe déontologique de vérifier l’information (en fait, cette « désinformation ») en procédant à une traduction du, ou des, discours en cause par, au moins, trois traducteurs indépendants (Farsi-Français). Docilement, on se contente de reprendre les slogans de la propagande iranophobe.

(6)  “Le machin qu’on appelle l’ONU”, mots prononcés par le général de Gaulle le 10 septembre 1960, à Nantes, dénonçant les manœuvres de l’ONU pour provoquer la sécession de la province du Katanga du Congo (ex-belge, ex-Zaïre, actuellement RDC). Sous la pression des milieux miniers occidentaux voulant s’emparer des colossales richesses de ce territoire (cuivre, cobalt, diamant, fer, uranium, coltan, etc.), sur fond de guerres civiles et de campagnes de propagande, entretenues par la « Communauté Internationale ».

Constatons que ces mêmes manœuvres, de l’Empire, se déroulent actuellement dans le cadre de l’opération Darfour, essayant d’en obtenir, et d’en légitimer, la sécession du Soudan. Afin de contrôler les plus grandes réserves d’uranium du monde et d’en barrer l’accès aux pays non occidentaux…

(7)  Lire le texte intégral de cette “résolution” (1929), suivi des commentaires des votants au Conseil de Sécurité, ainsi que la magistrale réponse du représentant de l’Iran : http://www.voltairenet.org/article165789.html

(8)  Massoud Parsi, Iran sanctions cripple the UN, http://english.aljazeera.net/focus/2010/06/2010612175820455952.html

(9)  Rappelons qu’à l’origine, le jeu de Go est un jeu chinois, et non pas japonais, le : wéiqí. Voir : http://jeudego.org/

(10)  Rappelons que le budget militaire de la Chine, en 2010, est d’environ 80 milliards de dollars (77,9 Md US $). L’équivalent de celui cumulé de la France et de la Grande-Bretagne représentant 10 % de la population chinoise (environ 140 millions contre, 1,4 milliard d’habitants).

Il représente 8 % du budget militaire des USA qui est, de 1000 MdUS$ (minimum), pour une population de 304 millions d’habitants. Pour arriver à un budget équivalent à celui des USA, par rapport à la population, la Chine “devrait avoir” un budget de 4605 MdUS$ au lieu de 80 MdUS$. En fait, comparativement en termes de population "à protéger" suivant les critères du Pentagone, le budget militaire chinois ne représente que 1,737 % de celui des USA. Même pas 2 %...

(11)  Wang Hui, Britain will lose by criticizing China on Tibet, 15 juillet 2010, http://www.chinadaily.com.cn/opinion/2010-07/15/content_10112691.htm

(12)  William Hague est l’auteur d’une biographie (excellente) de William Pitt (dit Le Jeune par opposition à son père), longtemps premier ministre et artisan infatigable de l’édification de l’Empire Colonial britannique, fin du XVIII° et début du XIX° siècle, fondé sur la puissance de sa marine. Symptomatique d’une caste vivant sur la nostalgie conquérante et impériale… 

(13)  Voir : 

- China rejects U.S. pressure on Iran trade ties, http://www.tehrantimes.com/index_View.asp?code=224317 

- China disagrees with EU's unilateral sanctions on Iran, http://china.globaltimes.cn/diplomacy/2010-07/558115.html 

- Harsh V. Pant, India ignoring Washington as it woos Iran, 24 juillet 2010, Japan Times.

(14)   Ismael Hossein-Zadeh (Professeur d’Economie à Drake University – Des Moines – Iowa), Why the Greens Failed – Iran’s Presidential Election One Year Later, CounterPunch, 14 juin 2010.

(15)  Nil Nikandrov, The US is Synchronously Preparing to Launch Aggression Against Iran and Venezuela, RIA Novosti, 29 July 2010, http://en.rian.ru/international_affairs/20100729/159994768.html

(16)  Jim Lobe, Hawks sharpen claws for Iran strike, 13 July 2010, http://www.ips.org/blog/jimlobe/.

(17)  Toutes les installations mobiles au sol des batteries S 300 ont été livrées avant les "sanctions" (véhicules radars, de conduite de tirs, de commandement, de maintenance, etc.). Restait la livraison intégrale des missiles (48 par batteries), et leur remplacement qui, depuis, ont été intégralement positionnés. Les spéculations et déclarations dans certains médias, sur livraison ou pas, ne sont qu’un rideau de fumée servant à semer habilement le doute, chez les uns et les autres…

(18)  Pierre Messmer, La Dissuasion Nucléaire française : Genèse et Actualité, Op. Cit., p. 4.

(19)  Tristement célèbre en Afrique pour l’horreur de ses campagnes répressives et ses massacres organisés, sous forme de chasse à l’homme, notamment au Cameroun. Méticuleusement occultés par les médias, et les travaux des “historiens”, en France…

 

 

 

 

Illustrations : dessins d’Allan Macdonald.

Non, il n’est pas Ecossais. Mais, un talentueux caricaturiste du Honduras dont le combat, pour la justice dans son pays et la paix dans le monde, mérite d’être encouragé. Son site est à visiter : http://www.allanmcdonald.com/index2.html

 

 

 


 

 


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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:35

 


Je parle Hébreu et ma patrie c’est la Palestine. Contrairement à Israël, une organisation politique raciste et nationaliste, la Palestine est une entité géographique. La Palestine est authentique et vraie ; Israël est artificiel et imposé.”

Gilad Atzmon


 

 


 

Non.

 

Ce n’est ni une bavure, ni une erreur d’appréciation du risque. Encore moins, une opération commando ayant mal tourné.

 

Au contraire.

 

Prendre d’assaut des bateaux civils, avec à leur bord des militants pacifistes, évidemment non armés, chargés d’aide humanitaire, se dirigeant vers une enclave érigée en immense camp de concentration, depuis plusieurs années dans l’indifférence de la Communauté Internationale : Gaza…

 

Assaut donné dans les eaux internationales, avec pour conséquence des dizaines de morts et de blessés : un tel niveau de violence démontre l’assurance de l’impunité.

 

Entendre nos gouvernements, dans l’hypocrisie, le cynisme les plus délirants, se déclarer « choqués », et « demander » des explications en est la confirmation.

 

Oui : nos politiciens,  même nos vaillants parlementaires et têtes pensantes de l’UE, toujours prêts à fustiger les pays inscrits sur la liste rouge dictée par les néoconservateurs US, ne condamnent pas un crime de guerre ou contre l’humanité.

 

Ils se limitent à exprimer, timidement, leur « émotion », devant une « disproportion ». Quêtant une « enquête », la main tremblante. Même pas internationale. Surtout pas. Au gouvernement auteur du forfait…

 

Se donner bonne figure, bien sûr, pour calmer les naïfs. Leur faire croire qu’Occident est synonyme de Droits de l’Homme. Le temps que les fourneaux de la propagande chauffent à plein régime. Ils sont déjà au travail :

« … les activistes avaient été prévenus, ils ont agressé, avec des couteaux et des haches, les commandos armés jusqu’aux oreilles alors qu’ils montaient gentiment à bord, etc. »

 

 

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Au-delà de la barbarie de l’acte, et de l’insupportable comédie diplomatique des gouvernements occidentaux, on se doit de lire le message clair qui est envoyé à l’ensemble du monde.

 

Il ne s’agit pas d’un acte de piraterie, exercé par un pays sur les navires d’autres pays, mais bien d’une opération d’hyperviolence, délibérée, soigneusement planifiée, méticuleusement préparée (jusqu’à l’organisation du camp d’internement des passagers - avec bloc opératoire - dans le port israélien d’Ashdod), et médiatiquement orchestrée, avec l’accord, la complicité, des Etats occidentaux.

 

Un crime de guerre, sanguinairement exécuté, pleinement assumé, chargé de délivrer le rappel d’une réalité que l’opinion internationale avait tendance à oublier, au nom de la nomenklatura de l’Occident, dans un accès de fureur mégalomaniaque :

 

i) Les Maîtres du Monde, c’est Nous : l’Occident.

Rien ne peut se faire, se décider ou s’organiser sans notre autorisation, Notre Bon Vouloir. Le Droit International, l’ONU, La Loi du Monde, Les Droits de l’Homme, c’est Nous qui en dictons les normes et l’opportunité.

 

ii) Israël, c’est l’Occident.

En conséquence, l’impunité de l’Etat d’Israël quoiqu’il décide et exécute est un fait acquis. Une norme internationale. Rien ne la remettra en cause. Imposée depuis une soixantaine d’années, elle durera tant que nous le voudrons. Selon Notre Bon Plaisir.

Israël doit être perçu comme notre pitbull dans la région et au-delà, aussi imprévisible dans le déchaînement de sa violence, que jusqu’au-boutiste dans sa férocité. C’est la démonstration de notre force et de notre détermination.

 

iii) Une leçon pour la Turquie et ceux qui  voudraient suivre sa voie, croire, espérer, en un monde « multipolaire »…

L’acharnement des commandos-tueurs sur le bateau de tête de la flottille, de nationalité turque, où figurent la quasi totalité des morts et des blessés, est un ultime avertissement adressé à la Turquie et aux autres pays souhaitant s’ériger en contrepouvoir de l’Empire et de ses vassaux :

« Retenez-le bien : si vous ne courbez pas l’échine à notre injonction, nous le ferons par la force. »

 

L’émergence de la Turquie en puissance régionale, n’est pas admissible par l’Occident. L’attitude de mépris extrême du ministre des affaires étrangères US Hillary Clinton, au lendemain même de la médiation turco-brésilienne pour le nucléaire Iranien, était déjà une sommation :

« Ecrasez-vous et fermez-là ».

Les Turcs ne l’avaient pas compris, le massacre de leurs ressortissants est là pour rappeler le sérieux de la menace.

 

iv) Il n’y aura de paix en Palestine et au Moyen-Orient, qu’aux conditions dictées par l’Occident, suivant le temps qui lui conviendra.

En conséquence, Gaza et son blocus inhumain, cette punition collective condamnée par les Conventions de Genève, sont un exemple pour tous ceux, pays, mouvements de résistance, qui n’accepteraient pas la domination de l’Occident.

La tuerie justifie, à présent, l’interdiction internationale de toute flottille ou intervention humanitaires de ce genre, non décidées par l'Empire.

 

v) L’Iran doit être détruit et soumis.

L’Iran, et ceux qui traînent des pieds pour participer à sa condamnation, doivent comprendre que la détermination et la force employées par l’Occident n’ont que faire de l’opinion publique européenne, arabe, musulmane, internationale, humanitaire ou autre.

Le jour même du massacre, la marine Israélienne faisait savoir par le Sunday Times, que trois sous-marins de fabrication allemande porteurs de missiles de croisière équipés des dernières ogives nucléaires, patrouillaient le long des côtes Iraniennes.

 

L’Iran, sous le prétexte du nucléaire, est sommé de se soumettre à l’Occident, de donner les clés de ses gisements de pétrole et de gaz, et de livrer son marché intérieur à nos « privatisations ». Pour être, dans le même temps, démantelé en plusieurs Etats vassalisés. 

 

La conclusion de ce message :

La communauté des Nations n’est pas une mythique assemblée, collectivité, débattant du droit ou d’une idyllique humanité. Elle nous est soumise, car nous sommes des gangsters, des assassins, des pillards, des prédateurs,

 

Où est le problème ?...

 

Nous l’assumons et en sommes fiers. Car, nous ne connaissons qu’une Loi, dont nous sommes les détenteurs :

 

La Loi du Plus Fort

 

 

 

 

 


 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:05


Reprise d'un billet publié sur ce blog, le 9 mars 2008. Commémorant le "don de soi" d'une jeune femme, citoyenne des USA que nous aimons. Non pas ceux de l'oligarchie, belliciste et corrompue, qui les exploite, mais des militants passionnés de "La Liberté".




rachelcorrie2-3.jpg
 



Assassinée, le 16 mars 2003, à Rafah, en Palestine, par l’armée d’occupation.


Elle manifestait, pacifiquement, contre la destruction de la maison d’un médecin Palestinien.


Le conducteur du bulldozer militaire a foncé sur elle, après l’avoir insultée, l’écrasant sous ses chenilles.


 Rachel Corrie avait 23 ans.


Venue de la ville d’Olympia, dans l’Etat de Washington, sur la côte Pacifique, mitoyen du Canada, pour exprimer sa solidarité avec le Peuple Palestinien.


Plus de 20.000 km…


Exemple de courage, dans la défense de la Dignité et de la Fraternité Humaines.


A enseigner dans les écoles …

 

 


 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
=>  Site honorant sa mémoire : http://www.rachelcorrie.org/






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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 20:16

 

 

« Ceux qui perdent leur temps à dénoncer le « péril oriental », alors que les Orientaux ne menacent personne, ne font aucun prosélytisme et demandent simplement qu’on les laisse tranquilles chez eux, ce qui est assez légitime, ceux-là, dis-je, devraient bien se rendre compte que le vrai péril, pour l’Occident moderne, est celui qui vient de ses propres défauts. »

René Guénon (1)

 

 

 

 

Coup de sang…

 

 « Il entra dans le Temple, et il se mit à chasser ceux qui vendaient, leur disant : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. » (2)

 

Jésus, multipliant les coups de cordes de chanvre sur le dos des « marchands » qu’il chassait du Temple, les traitant de voleurs.

 

Lui… Non-violence, douceur, tendresse…

 

Dès que prière et spiritualité en sont infestées. Tièdes, hypocrites, voleurs, trafiquants, il ne peut s’empêcher de les “vomir”. Expressions, qualificatifs, repris par les Evangiles, dans leur crudité, leur dureté.

 

Moment fort, explosion d’indignation, qui m’a le plus marqué à leur lecture.

 

Comment ne pas y penser, devant le grouillement des manipulations engluant les Eglises d’Orient, mosaïque fascinante de communautés chrétiennes souvent férocement antagonistes entre elles, au cours des siècles, dans la préservation de leurs identités schismatiques ?...

 

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Coups tordus…

 

Oui, je sais. Des politiciens affirment que “la religion n’a rien à voir avec la politique”. Mais, l’aveuglement doctrinaire n’est-il pas, actuellement, la pathologie intellectuelle la mieux partagée ?…

 

L’instrumentalisation des religions est aussi ancienne que leur apparition dans nos sociétés. Trafiquer n’est pas limité aux biens matériels, mais s’applique tout autant aux informations, aux faits. Religieux ou pas. L’art de duper étant le même.

 

Quand hiérarchie, dignitaires, prélats et autres notables des Eglises d’Orient, souscrivent, “les yeux fermés” aux pires campagnes de propagande islamophobes. Pas tous, mais presque… Ils dupent ceux qui leur font confiance. Sur leur sincérité, leur honnêteté, leur sens des responsabilités.

 

Car, s’effectue un travail, intense, méthodique, alimenté par des moyens financiers considérables, pour dresser les chrétiens d’Orient contre leurs compatriotes musulmans, leurs « frères », devrait-on dire… Et, via leurs relais en Occident, les chrétiens, tout particulièrement, d’Europe, d’Amérique du nord, et même d’Australie, contre le monde musulman dans son ensemble. Opinion publique occidentale méticuleusement désinformée par les médias, publics ou privés, laïcs ou pas, de la propagande officielle.

 

Je cite à dessein l’Australie, ouvrant une parenthèse, nos “journalistes d’investigation”, “décrypteurs” autoproclamés de l’information, n’en parlent jamais. Sauf pour nous enfumer dans l’opium des peuples, les rituels : JO, rugby, surf et tournois de tennis.

 

Ce pays joue pourtant un rôle, en Asie - Pacifique sud, équivalent à celui d’Israël au Moyen Orient. En plus discret, moins “sanguinairement explosif”. Ses troupes se sont retrouvées à guerroyer au Vietnam aux côtés des USA ; sont en Irak et, inévitablement, en Afghanistan et au Pakistan. Sa marine, aux marges des eaux territoriales chinoises, en posture permanente de provocation OTANesque. En échange, la nomenklatura australienne reçoit son bout de gras…

 

Menant une politique étrangère agressive et conquérante, totalement alignée sur l’extrême-droite US, elle s’est emparée de la moitié de l’île de Timor en 1999, le Timor Oriental. Partie de l’Indonésie arrachée à sa souveraineté, avec la complicité de la Communauté Internationale qui, à son habitude, installa un gouvernement “indépendant” fantoche. Imposant sa force, elle en pille les ressources minières : pétrole, gaz, manganèse, marbre, or…

 

Tout comme en Papouasie-Nouvelle Guinée. En principe, Etat “indépendant”, équivalent en superficie à la France, membre du Commonwealth, qu’elle pille tout aussi systématiquement. Laissant, pour soulager leur misère, coquillages et tatouages aux “indigènes”. On y trouve, il est vrai, parmi les plus grandes mines d’or et de cuivre du monde, avec du pétrole en prime…

 

N’oublions pas, dans notre réflexion de “géopolitique religieuse”, que les principaux grands groupes miniers mondialisés sont “domiciliés fiscalement” en Australie. Dans un souci de rationalisation de la prédation entre ses membres, Big Business procède, en effet, à une répartition des zones ou des spécialisations d’intervention : militaires, minières, financières, etc.

 

A charge pour les services spéciaux australiens, de propagande, de guerres psychologiques, de diaboliser l’Islam dans sa zone géographique où les communautés musulmanes sont majoritaires.

 

Deux pays sont très “travaillés” dans cet exercice de déstabilisation, avec même une accentuation des opérations spéciales (psyops, dans le jargon du métier…), depuis une bonne décennie : Indonésie et Malaisie.  

 

L’objectif étant, à terme, de démanteler, éclater, ces pays ; comme l’Irak en ce moment, le Pakistan ou l’Afghanistan dans un futur immédiat, et l’Iran dans une perspective proche. Facteur aggravant, Indonésie et Malaisie se permettent de critiquer le comportement occidental dans les pays musulmans, de la Palestine au Pakistan. Impardonnable crime de lèse-Empire…

 

Là, la thématique de la désinformation n’est plus celle de la jupe, des minarets, de la burqa, ou de l’hamburger halal. Du musulman “incapable de s’intégrer dans une société occidentale”, dite “moderne”, à moins qu’il ne se décide, de gré ou de force, à abandonner sa religion.

 

L’angle d’attaque est différent. Nous sommes dans la manipulation des religions sur le plan de leur coexistence. En l’occurrence, prouver, démontrer, l’incapacité de l’Islam à “cohabiter” avec d’autres religions. Les tolérer. Au Moyen-Orient, comme en Asie…

 

Induisant, dans des campagnes de propagande parfaitement coordonnées entre plusieurs continents, le réflexe pavlovien, ou subliminal, du vieux slogan colonial :

 “Cogner pour civiliser”.

 

 

La presse rugit…

 

« La presse rugit, intoxiquée par l’argent pétrolier… », écrivait Louis Massignon (3) à son ami Vincent Monteil, (4) qui, ajoutait-il en parlant de certains médias, « … rivalisent d’injures contre l’Islam… ».

 

Comprendre les relations Islam et Eglises d’Orient ?... Facile, il suffit de prendre pour “passeur” : Louis Massignon. Personnalité exceptionnelle. (5) Et, de bien s’accrocher. Car c’est évoluer, avec lui, à un haut niveau de culture, de connaissance, de réflexion et de spiritualité.

 

Diplomate de métier, connaissant tous les rouages géopolitiques du Moyen-Orient pour avoir été membre de l’équipe française chargée de mettre au point le plan de partage de l’Empire Ottoman avec la création d’un foyer juif en Palestine, entre la Grande-Bretagne et la France à l’issue de la première guerre mondiale.

 

Les tristement célèbres “accords secrets Sykes-Picot” de 1916, liant les deux superpuissances de l’époque. Dont il mesurera et dénoncera, bien plus tard, l’absurdité, l’irréalisme du cynisme colonial, semant les germes des sanguinaires conflits actuels dans la région.

 

Spécialiste de l’Islam, dans toutes ses composantes, et des Eglises d’Orient, l’intensité, la générosité de sa spiritualité, lui font respecter et aimer ces religions. Sur un même plan. A tel point que certains le considèrent, affectueusement, comme un “catholique musulman”. Ses travaux de recherche sont un exemple de rigueur intellectuelle et d’ouverture à l’Autre. Sa thèse monumentale, ses recherches, sur le célèbre mystique musulman Al-Hajjaj, en quatre volumes, restent, à ce jour, inégalées.

 

Marié, il fut ordonné prêtre de l’Eglise d’Orient dite melkite, dont la liturgie est en langue arabe, rattachée à Rome depuis 1724. Eglise qui présente la particularité d’autoriser le mariage de ses prêtres. Comme quoi, la hiérarchie catholique peut s’accommoder de “la modernité”, quand elle le veut.

 

Il était atterré par le niveau d'ignorance d’une grande partie du clergé des Eglises d’Orient sur la religion musulmane, son islamophobie primaire, son racisme soigneusement dissimulé, profondément influencé par l’expansionnisme occidental dans cette région.

 

L’esprit des Croisades, dans sa survivance primitive. Louis Massignon, en excellent géopoliticien qu’il était, dénonçait le mythe et l’imposture, déjà, le 2 novembre 1949 :

"Toute croisade coloniale des judéo-chrétiens contre le « fanatisme » islamique est vouée tôt ou tard à l’échec. »

 

Trop tard, l’inconscient collectif occidental en est profondément gangréné.

 

Le dilemme des communautés chrétiennes d’Orient est pourtant clair :

=> soit, en tant qu’orientaux eux-mêmes, partager le présent et l’avenir de leurs frères musulmans, leurs luttes pour l’indépendance et la souveraineté de leurs nations, constituant “un pont” entre l'Occident et l’Orient aux racines spirituelles communes. A l’exemple des Palestiniens chrétiens ;

=> soit, être instrumentalisées en “tête de pont” d’un Empire conquérant dont elles seraient la cinquième colonne, les auxiliaires, les fondés de pouvoir, dans l’administration, la gestion des conquêtes occidentales.

 

Par irresponsabilité, pour ne pas dire par intérêt personnel, une grande partie des leaders des Eglises d’Orient ont choisi depuis l’époque des Croisades, entraînant avec eux les fidèles qui leur font confiance, d’agir en supplétifs d’un Occident prédateur à chaque période de faiblesse traversée par les nations de confession musulmane. Partager les moments de gloire et de prospérité des périodes fastes du monde musulman, et se désolidariser dès qu’il y a agression ou envahissement de l’Occident.

 

Choix impardonnable, car malhonnête et funeste pour le devenir des communautés chrétiennes d’Orient, leur faisant assumer le rôle du “traitre” dans l’épreuve subie par l’ensemble de la collectivité.

 

 Ce que rappelait Louis Massignon (6) :

« Déjà, il y a mille ans, la chrétienté occidentale avait trahi. Mobilisée par la croisade pour libérer les Lieux Saints de l'occupation musulmane, qui y tolérait, elle, des chrétiens arabes, parce que l'Islam honore la sainteté de Jésus, et vénère la pureté de sa Mère, elle avait vite cédé, à cette époque de sentimentalité naïve et barbare, au machiavélisme des politiciens annexionnistes, avides d'exploiter et d'asservir leurs frères chrétiens d'Orient. »

 

Aujourd’hui, le martèlement permanent, systématique, d’une désinformation atteignant les dérives extrêmes d’une propagande stalinienne, n’est que la suite ou la conséquence de cette attitude irresponsable. Avec pour slogan :

Les communautés chrétiennes d’Orient en péril”.

 

La propagande “rugit” donc, y compris les médias s’affichant chrétiens. Multipliant articles, conférences, documentaires à sensation, le tout savamment orchestré par des campagnes de presse simultanées dans plusieurs pays occidentaux. Nourrissant ses rugissements dans des évènements dramatiques, aussi violents que suspects.

 

Un exemple. Gros titre du journal La Croix du 8 janvier 2010, soutenu par un dossier de trois pages (7) :

« En Egypte les coptes se sentent menacés. »

 

Le mois dernier, à Nagaa-Hammadi près de Louxor, à la sortie de la messe de Noël qui est fêtée par les coptes le 6 janvier, une voiture passant à vive allure mitraille la foule. On relève six chrétiens et un policier tués, plus une  dizaine de blessés. Dans une ville, composée à 70% de coptes, tout le monde a compris. A commencer par la communauté musulmane. La provocation va permettre tous les amalgames, et toutes les répressions.

 

Comme par hasard, autre attentat deux jours plus tard, plus artisanal, moins meurtrier, mais tout aussi bruyant. Le 8 janvier, en Malaisie, des bouteilles incendiaires jetées par des individus, depuis une motocyclette, sur deux églises. Quelques dégâts mineurs sur les portes d’entrée. Le genre de non-évènement, lorsqu’en France cela se produit sur une mosquée. Mais là, inflation de titres dans la presse occidentale : églises “incendiés”, “bombardées”, etc. (8)

 

Deux cas de figure intéressants en termes de techniques de désinformation. Même si l’œil le plus endormi décèle immédiatement, dans ces pseudos attentats, la barbouzerie la plus ringarde, les réactions sont typiques. Aucune analyse : Pourquoi ? Comment ? A qui profite le crime ?...

 

Ce ne sont que grands moulinets démagogiques : victimisations, émotions, condamnations. Pour, bien sûr, ouvrir la voie à des revendications sur fond de stigmatisation.

 

Sans nuance.

 

Mgr Philippe Brizard, directeur général de l’Œuvre d’Orient, parlant de l’attentat d’Egypte :

« … Il y a un foyer de Frères musulmans qui profite de la mollesse des autorités publiques… Une montée des intégrismes dans les pays musulmans, on va vers l’explosion…

C’est tout l’enjeu aujourd’hui du rapport entre foi et raison, comme l’a si bien compris Benoît XVI, afin que l’Occident traditionnellement chrétien puisse aider l’islam à approfondir et à développer une démarche religieuse compatible avec la raison. » (9)

 

Propos de ces curés de campagne des XVIII° ou XIX° siècles, quasi-analphabètes qu’on envoyait “évangéliser les sauvages” de nos colonies… La référence au discours islamophobe de Benoit XVI témoigne du niveau de pertinence et d’honnêteté dans la réflexion. (10)

 

Comme si 1,5 milliard de musulmans attendaient de l’Occident une aide quant à une « démarche religieuse compatible avec la raison »…  Denise Masson, Henri Corbin, Louis Massignon, Edward Saïd, d’autres encore, authentiques chrétiens s’il en est, ont déjà ridiculisé ces inusables clichés de caniveaux, traduisant un obscurantisme sidérant sur tous les trésors de logique, de philosophie, de spiritualité de l’Islam. (11)

 

Mais, dans le fanatisme l’important est d’enfoncer le clou de la peur et de l’ignorance.

 

Ainsi, un synode des évêques pour les “églises catholiques orientales” va se réunir du 10 au 24 octobre 2010, sous le titre fédérateur : « L’Eglise catholique au Moyen-Orient, communion et témoignage ». Avec pour vecteur de méditation :

« L’occasion pour les communautés chrétiennes … d’exprimer leurs inquiétudes face à la montée de l’intolérance et des fondamentalismes musulmans. »

 

 

Groupes de pression, lobbies et officines

 

Outre les médias, on retrouve cette propagande relayée, amplifiée, par un réseau de groupes de pression, de lobbies et d’officines spécialisées, notamment auprès des instances européennes.

 

Un des lobbies les plus puissants est la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté Européenne). Ses exigences sont claires : “Violences contre les Chrétiens dans le monde : L'UE doit mettre en place une action diplomatique ferme et efficace”. Du religieux, on passe à une diplomatie. “Ferme et efficace”. Autrement dit : La Loi du Bâton.

 

Animant réunions, interventions, pressions, pour ne pas dire harcèlements, auprès des députés européens. Un des grands passe-temps du parlement européen étant, non pas de résoudre crises économiques et catastrophes sociales mais d’émettre, à répétition, des résolutions pour complaire à tous les groupes de pression qui pullulent dans les couloirs de la Bureaucratie Européenne, pourquoi se gêner ?...

 

« … Des résolutions dénonçant les persécutions religieuses, notamment de chrétiens, sont souvent adoptées à l’initiative de quelques députés européens », écrivent benoîtement les journalistes de La Croix. (12) Sauf que la brochette, des quelques députés européens qu’ils nous présentent, est constituée de gens au cursus plutôt bizarre…

 

Charles Tannock, britannique, dirige la délégation des conservateurs britanniques chargée des “affaires étrangères et des libertés”… Plus Blair ou Bush que lui, tu meurs comme dit le comique. Il est vrai que ces chefs d’Etat sont de bons chrétiens, ils ne manqueraient aucun office le dimanche, après avoir ordonné massacres, destructions et tortures, sur fond de mensonges. Certainement, un exemple de démarche religieuse compatible avec la raison, comme diraient Benoit XVI et ses disciples…

 

Il s’est fait remarquer comme un des membres du parlement européen les plus actifs dans le soutien de “la révolution orange” en Ukraine, du parti antirusse et pro-OTAN. Créateur, ou membre zélé, d’une multitude d’amicales de députés européens pour soutenir causes ou pays. Parmi les plus notables :

Créateur de l’amicale des parlementaires européens de l’Inde, président de celle de Taïwan, vice-président de celle des amis européens d’Israël, membre du comité directeur d’autres amicales du Tibet, d’Arménie, du Bengladesh. Cette lourde charge l’empêche probablement d’être membre des amicales de Russie, Chine, Turquie, Palestine, Pakistan. Il convient d’être indulgent. Les amicales ça use…

 

Mario Mauro, italien, représentant personnel du président en exercice de l'OSCE “contre le racisme, la xénophobie et les discriminations, avec mention spéciale de la discrimination des chrétiens” (2009). Il se dit et se veut : “catholique radical à la droite de Berlusconi”… Nos amis italiens le surnomment le porte-flingue de Berlusconi. La fine fleur de l’extrême droite italienne.

 

On le retrouve avec Bastiann Belder, protestant hollandais, non seulement, dans la défense des minorités chrétiennes, mais encore dans toutes les manifestations et manœuvres politiques anti-avortement (antichoice, dans le jargon des lobbies…).

 

Pourquoi pas ?... Défendre le droit à la vie, au respect de l’innocence, c’est méritoire. Mais ce militantisme devient suspect, au niveau de sa dimension chrétienne et charitable, lorsqu’il s’arrête à l’embryon. Qu’en est-il des milliers d’enfants, tués, infirmes, traumatisés, affamés, dans des bombardements aveugles et des conflits coloniaux aux motivations mensongères ?... Chaque jour. Silence… Des “non-être” : ils ne sont pas chrétiens.

 

Vitore Bonsignore, italien proche du Vatican dit-on, un de mes eurodéputés préférés, tant il m’amuse. Il me fait penser à ces canards qui traversent tous les orages, en secouant leurs plumes, poursuivant leur trottinement, impassibles. En France aussi, nous avons ce type de canards… Certains s’autorisent même à recommander au gouvernement les ministres “à virer”. En dehors de la défense des minorités chrétiennes, spécialiste des budgets et des affaires financières.

 

Impliqué, à plusieurs reprises, par la justice italienne dans des affaires de corruption de marchés publics. Notamment, au cours de l’opération anticorruption Mains Propres (Mani pulite) pour avoir encaissé plus de 100 millions de lires en tant que secrétaire d’Etat au Budget. Puis, condamné pour deux ans de prison, encore en Italie, dans une affaire de détournement de fonds lors de la construction d’un hôpital à Asti. (13)

 

Dans ce chœur de pleureuses des “minorités chrétiennes en péril”, on trouve même, à ma grande surprise, un “expert en liberté religieuse” auprès des évêques catholiques européens à Bruxelles (Comece) : Vincent Legrand !... Du coup, j’ai cherché un “expert en tolérance religieuse”. En vain, cette expertise n’existe pas encore…

 

Grâce à la réunion de ces talents, à la grandeur d’âme incommensurable, on aboutit à des résolutions votées par le parlement européen. Quand elles ne condamnent pas nommément des pays, en général musulmans tenant compagnie à la Chine et à la Corée du nord, elles batifolent dans l’hypocrisie onctueuse. Dans le genre de celle du 16 novembre 2009, inspirées par le Quai d’Orsay nous souffle-t-on, à la suite de la réunion des ministres des affaires étrangères :

 « … Les Etats ont le devoir de protéger chaque individu, y compris les personnes qui appartiennent à des minorités, de la discrimination, de la violence et d’autres formes de violation ».

 

Autre variante, il existe des Index des persécutions antichrétiennes, avec des cartes en couleurs, publiés par des officines aux financements occultes. On y apprend ainsi, sans surprise, que “… sur les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés, 35 sont des pays où l'islam est majoritaire…”.

 

Inévitablement, on y retrouve par superposition la carte des pays considérés avec hostilité par l’extrême-droite occidentale. L’opposition, la résistance des populations ou des gouvernements à l’hégémonie et à la prédation occidentales étant, en fait, le critère déterminant de la stigmatisation.

 

Car, dans ces cartes et dénonciations, beaucoup de “trous noirs” apparaissent. Les minorités chrétiennes qui, en Amérique latine, sont marginalisées, exploitées, dépouillées de leurs terres, de leurs langues et de leurs cultures à partir du moment où elles sont amérindiennes ou indigènes. Spoliées par les colons européens et leurs descendants, qui se revendiquent “chrétiens”, mais présentent la particularité d’être au service des multinationales…

 

Sans parler, évidemment, des minorités musulmanes martyrisées à Gaza, au Liban. Ou encore, en Inde, celles du Gujarat ou du Cachemire. Sans compter les horreurs, massacres et destructions accomplies par les armées occidentales à l’encontre des populations musulmanes, en Palestine, Irak, Afghanistan, Pakistan, sud des Philippines.

 

Là, la vigilance des valeurs chrétiennes ne peut s’y exercer, nous sommes en Terra Incognita de la Conscience

 

 

Mensonge par omission

 

Comment ne pas éprouver compassion pour ces défenseurs des Eglises d’Orient “en péril”, ces preux chevaliers sans peur et sans reproche, adeptes de la démarche religieuse compatible avec la raison ?... Ils souffrent.  Leur mémoire, d’amnésie. Leur vision, d’angle mort. A un degré tel, qu’on peut parler du culte de l’oubli, du refus de voir. Du déni constant.

 

Syndrome d’une maladie qui les ronge en permanence, à mon avis, incurable : l’omission.

 

Ils omettent de dire, que la plus grande église catholique construite dans le monde depuis ces vingt dernières années, avec un budget dépassant 20 millions de dollars, a été édifiée dans la capitale d’un Etat musulman.

 

Oui. Notre Dame du Rosaire, inaugurée lors des fêtes de Pâques, le samedi 15 mars 2008. Pouvant accueillir 5000 fidèles. A Doha, au Qatar. (14) Lors de son inauguration, il y en avait 15000 venus de toute la région.

 

D’autres centres de prière vont être créés autour de cette splendide réalisation architecturale, pour les orthodoxes, hindous, bouddhistes, shintoïstes, protestants. Constituant un exemple exceptionnel de rapprochements spirituels entre “hommes de bonne volonté”.

 

Imaginez le même budget pour une mosquée édifiée dans la capitale d’un Etat occidental… De quoi provoquer des apoplexies chez les pourfendeurs du hamburger halal ou de l’arrachage libérateur du voile !...

 

Ils omettent de dire, que les chrétiens ont toujours connu la liberté de culte en terre d’Islam, dès lors qu’ils respectaient les musulmans, et le pays dont ils partageaient la nationalité.

 

Ils omettent de rappeler que la terre d’Islam a toujours été une terre d’hospitalité, un refuge pour les fidèles des religions persécutées dans d’autres contrées. Qu’ils soient Juifs ou Chrétiens.

 

Comme les Nestoriens, persécutés par Byzance, qui y ont trouvé le meilleur accueil. Beaucoup occupant des fonctions importantes, auprès des chefs d’Etat musulmans, conseillers, banquiers, médecins, traducteurs. Notamment sous la dynastie abbasside, et même à la cour de Gengis Khan. Communauté prospère et respectée, certains de ses membres devenant richissimes.

 

Ils omettent de citer l’exemple le plus récent : Tarik Aziz. Le puissant ministre des Affaires Etrangères de l’Irak, sous Saddam Hussein. Chrétien de rite chaldéen, église composée de nestoriens ralliés à Rome en 1551. Sa communauté était une des plus prospères d’Irak et du Moyen-Orient avant la destruction du pays, sur fondement de mensonges, par l’Occident judéo-chrétien.

 

Se sentant profondément Irakien, modèle de courage et de probité, Tarik Aziz n’a jamais plié devant l’humiliation que lui infligeaient les occidentaux. Qui ne lui ont jamais pardonné son refus de devenir un « collabo ». On vient d’apprendre, le 17 janvier dernier, qu’il vient, suite aux mauvais traitements infligés par ses geôliers américains (soins médicaux réduits au minimum), d’être victime d’un accident vasculaire cérébral le privant de l’usage de la parole.

 

Ils omettent de reconnaître que, dans tout l’Empire Ottoman, les chrétiens ont bénéficié d’avantages exorbitants. Allant, progressivement, jusqu’à monopoliser l’intégralité de son commerce extérieur, son système bancaire, son transport maritime et ferroviaire, son réseau portuaire. Ces activités cumulées, en liaison avec des sociétés et intérêts occidentaux, ont donné lieu à un colossal enrichissement des communautés chrétiennes, dans le libre exercice de leurs religions et rites, aux cotés des juifs et des musulmans.

 

Ils omettent de relever qu’à Istanbul, aux XVII° et XVIII° siècles, on recense parmi les principaux édifices religieux, 23 mosquées ; et, implantés dans les quartiers où se regroupent les communautés, notamment arméniennes, grecques et juives : 18 églises et 6 synagogues. (15)

 

Ils omettent de souligner que tout au long de l’histoire ottomane «  Les non musulmans peuvent pratiquer leur religion sous l’autorité de leurs patriarches (grec-orthodoxe, arménien) ou de leur grand rabbin qui sont leurs représentants et leurs responsables auprès du gouvernement ottoman. Chrétiens et juifs vivent en symbiose avec des musulmans… Dans une ville comme Istanbul, la cohabitation est un fait patent et les mesures d’intolérance ou les manifestations antiminoritaires sont exceptionnelles. » (16)

 

Ils omettent de témoigner qu’ « En 1700, la ville de Smyrne (Izmir) comptait dix-neuf mosquées, trois églises catholiques latines, deux églises grecques orthodoxes, deux églises arméniennes et huit synagogues. Dans la rue Franque, on pouvait se croire dans une ville chrétienne. Certains marchands européens, qui n’avaient jamais appris le turc, opéraient leurs échanges en italien, exclusivement grâce à des intermédiaires juifs. » (17)

 

Ils omettent de dire qu’ « En 1871, la communauté arménienne dispose à Istanbul de 48 écoles et la communauté grecque par l’intermédiaire de l’Association Littéraire Hellénique, d’au moins autant ; les juifs n’ont alors qu’une demi-douzaine d’établissements mais l’Alliance Israélite Universelle permet la création de plus de cinquante écoles avant 1900. A cela, il faut ajouter les écoles fondées par des congrégations religieuses catholiques – françaises, italiennes, puis autrichiennes – ou par les missions protestantes, en particulier les missions américaines qui ont ouvert en 1863, à Belbek, le Robert College. » (18)

 

Ils omettent de dénoncer, le calvaire actuel des musulmans pratiquants d’Egypte, de son peuple, dans une des pires dictatures, par son niveau de corruption et de terreur, qu’a connue la région et le monde. Depuis celle du Shah d’Iran et de sa terrible police secrète la SAVAK, réputée pour son art de torturer les enfants devant leurs parents, ou les parents devant leurs enfants. Suivant l’humeur changeante des tortionnaires formés par les occidentaux…

 

La violence des répressions, infligées par le régime du général Moubarak, est tout aussi horrible : enlèvements, tortures, viols, rafles, internements arbitraires. Tout musulman pratiquant “suspect d’opposition” sera considéré comme islamiste, terroriste ou sympathisant. L’enlèvement des mères, épouses, femmes, sœurs ou filles des “opposants” est pratique courante. Les “déshonorant” dans des tortures sexuelles, pour pétrifier toute résistance à l’oppression.

 

En Haute Egypte, les fidèles qui refusent d’aller dans les mosquées pour écouter les prêches du clergé “formaté” par le régime sont interdits de prière en public. Les services de police allant jusqu’à répandre des eaux d’égouts dans les rues et sur les places, où ils souhaiteraient se réunir pour prier. (19)

 

Pratiques que certains prélats chrétiens assimilent, dans leur élan fraternel et caritatif, à “… de la mollesse des autorités publiques…”.

 

Ils omettent d’écouter et de diffuser les déclarations des responsables de la communauté musulmane d’Egypte, et des observateurs appliquant un minimum d’honnêteté dans le traitement de l’information :

« Nous considérons que ce qui se passe entre chrétiens et musulmans en Egypte relève la plupart du temps de la provocation, dénonce aujourd’hui un leader de la Gemaa islamyya (20).

Le régime les provoque pour y trouver un prétexte devant l’opinion publique mondiale pour frapper les musulmans : il a besoin de pouvoir dire qu’ils attaquent la minorité chrétienne. » (21)

« … Force est de constater que chacune des occurrences de violence confessionnelle “intercommunautaire” aboutit avant tout à conforter localement et internationalement l’option répressive du régime et donc sa seule chance de survie ». (22)

 

 « Tous rejettent généralement la responsabilité sur des “services secrets étrangers qui souhaiteraient aggraver les difficultés économiques et politiques de l’Egypte”, ou plus vraisemblablement encore les services égyptiens qui –tout en légitimant ainsi l’option répressive-  auraient tenté de prévenir une possible connivence entre la population et les « justiciers islamistes ». (23)

 

Ces Bonnes Ames omettent de reconnaître, d’admettre, que « Les éclats de voix de la “lutte contre le terrorisme” n’ont pour objectif que de masquer le blocage du système politique tout entier. » (24)

 

Comment ne pas comprendre frustration et colère de beaucoup de chrétiens de Palestine, du Liban, d’Irak, de Syrie, d’Egypte, de Turquie, de se voir manipulés par une nomenklatura ecclésiastique au service non pas de l’intérêt de leurs communautés, fondé sur la Paix et la Justice, mais de celui de la prédation cynique et hyperviolente de l’Occident ?...

 

Ils n’ont nul besoin de traîneurs de sabre en costume d’évêque ou de patriarche, adeptes de la “diplomatie ferme et efficace”, mais d'hommes porteurs de paroles de compassion, de charité et de respect.

 

Tels ces magnifiques chrétiens arabes, Makram Ebeid affirmant « ma patrie est l’Islam, ma religion le christianisme » (25), ou encore le père Khodr qui se sentait « … peut-être pas musulman, mais néanmoins islamique » (26) dans le sens noble du terme.

 

Eux ont compris, que l’avenir des communautés chrétiennes en Orient … « dépend … de leur capacité à ne pas entrer dans le jeu pervers des régimes ou de l’environnement occidental…» (27)

 

Voir ces ecclésiastiques, prélats, hiérarques, politiciens, se prétendre “chrétiens”, instrumentaliser les Eglises d’Orient, incapables de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César.

 

“Trafiquants” de la désinformation, insensibles, sourds et muets, devant les plus grands crimes contre l’humanité endurés par leurs frères et sœurs. Autour d’eux, devant eux, populations musulmanes accablées de guerres, d’occupations militaires et de dictatures, par l’Occident Judéo-Chrétien.

 

Depuis des décennies, bientôt un siècle, et même plus dans certaines régions. Au mépris du droit international, des Conventions de Genève, des résolutions de l’ONU, du droit à l’autodétermination des peuples et nations. Des simples « valeurs » humaines.

 

Devant ces faux dévots sortant leurs mouchoirs sur “le péril des Eglises d’Orient”, confits d’hypocrisie et de fanatisme…

 

Je pense à Jésus…

 

Rêvant de Le voir, de toutes Ses forces, chasser de Ses Eglises, d’Orient ou d’ailleurs, ces « marchands » de mensonges et d’obscurantisme…

 

Dans une volée de cordes de chanvre.

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Les Appels de l’Orient, Les Cahiers du Mois, 9/10, Paris, 1925, pp. 277-280 (Guénon) et pp. 297-298 (Massignon)  http://www.moncelon.com/appels.htm

(2)  Evangile selon Luc 19, 45-46 ; ou, encore, Evangile selon Matthieu 21, 12-17 et Jean 2, 13-22.

(3)  Louis Massignon, lettre du 25 août 1959 à Vincent Monteil, http://www.moncelon.com/louismassignon.htm

(4)  Vincent Monteil, personnage hors du commun par sa culture et sa générosité, est un ancien militaire, grand spécialiste de l’Afrique et du Moyen-0rient. Il fut observateur de l’ONU en Palestine. Il se convertit à l’Islam et adopta le prénom de Mansour. Ses ouvrages passionnants sont à lire.

(5)  Christian Destremau et Jean Moncelon, Biographie de Louis Massignon, rééditée aux Éditions Le Capucin - Lagarde - Fimarcon - B.P. 8 - 32700 Lectoure.

(6) Louis Massignon, Article paru dans la Vie franciscaine, 1948, http://www.moncelon.com/nazareth.htm

(7)  En Egypte, les coptes se sentent menacés, La Croix, 8 janvier 2010 ; avec les contributions de Nina Hubinet, Sébastien Maillard et Claire Lesegretain, pp. 1, 2, 3.

(8)  Two Malaysian churches bombed ahead of Muslim protest, 8 janvier 2010, http://www.earthtimes.org/articles/show/302630,two-malaysian-churches-bombed-ahead-of-muslim-protest.html#

(9)   Claire Lesegretain, Entretien avec Mgr Philippe Brizard, La Croix, Op. Cit., p. 3.

(10)  Discours islamophobe du pape Benoit XVI à Ratisbonne (Allemagne), du mardi 12 septembre 2006. Lire l’article de Henri Tincq, Islam : un faux pas de Benoît XVI, Le Monde, 20 septembre 2006.

(11)  Suggérons à cet ecclésiastique de feuilleter le splendide volume édité par L’Institut du Monde Arabe de Paris (octobre 2009) sur l’exposition Arts de l’Islamchefs d’œuvre de la collection Khalili  (6 octobre 2009 - 14 mars 2010). Il lui reste encore 15 jours pour se rendre à cette exposition et y méditer, dans l’humilité…

(12)  Sébastien Maillard, Des élus veillent à la défense de la liberté religieuse, La Croix, Op. Cit., p. 2.

(13)  Marco Travaglio, La scomparsa dei fatti, il Saggiatore tascabili, 2006, p.80-81.

(14)  Paroisse Notre-dame du Rosaire : http://www.vivreauqatar.com/paroisse.html

(15)  Histoire de l’Empire Ottoman, ouvrage collectif sous la direction de Robert Mantran, Fayard, 1989. carte d’Istanbul p. 260.

(16)  Histoire de l’Empire Ottoman, Op. Cit., p. 261.

(17)  Philip Mansel, Smyrne, deux mille sept cents ans d’une histoire tourmentée, http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/MANSEL/15723

(18)  Robert Mantran, Histoire d’Istanbul, Fayard, 1996, p. 109.

(19)  Quelques échantillons de ces persécutions, tortures et humiliations, individuelles et collectives, à l’encontre des musulmans égyptiens opposés à la dictature, sont présentés dans François Burgat, L’islamisme en face, La Découverte, 1996, p. 150 & 151.

(20)  Un des plus actifs mouvements d’opposition au régime dictatorial du général Moubarak.

(21)  François Burgat, L’islamisme en face, La Découverte, 1996, note 6, p. 126.

(22)  François Burgat, Op. Cit., p. 132.

(23)  François Burgat, Op. Cit., p. 154.

(24)  François Burgat, Op. Cit., p. 156.

(25)  François Burgat, Op. Cit., p. 135.

(26)  François Burgat, Op. Cit., p. 136.

(27)  François Burgat, Op. Cit., p. 138.

 

 

 

 

Illustration : Leandro Bassano, Jésus chassant les marchands du temple, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Lille.

 

 

 

 

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 17:55

 


A l’unanimité de mon unique voix,


Avec tendresse, admiration et respect,

 

Je déclare

 

" Personnalité de l’Année 2009 "

 

 

L’Enfant de Gaza

 

 

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Pour son courage, son héroïsme, face à la peur, au chagrin, au désespoir, à la souffrance.

 

En mémoire de tous les Enfants de Gaza, tués, blessés, amputés, traumatisés, orphelins.


Par centaines.


Victimes d'un des pires Crimes contre l’Humanité planifiés, supervisés, par " L'Occident des Droits de l'Homme et de l'Enfant ", dans des bombardements quotidiens, massifs et sauvages, fin décembre 2008 et au mois de janvier 2009.

 

Après des mois de blocus.

 

Blocus leur interdisant l’accès aux soins, à l’éducation, à l’alimentation, à l’eau potable.

 

Blocus qui dure encore.

 

Depuis trois ans…

 

Dans l’indifférence hypocrite de " La Communauté Internationale " et le mensonge cynique de ses médias.


 

 

 

 


 

 

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 19:33



Les Iraniens viennent d’élire leur président. Malheureusement, ils ont mal voté…

 

Mais, qu’est-ce qu’ils ont dans la région ?… A moins de leur taper dessus, ils votent tous mal !... Pourtant, nous n’avons pas arrêté de les inciter à voter pour les candidats qui représentent nos intérêts chez eux. Pas moyen. Ils n’écoutent pas.

 

Vérification, encore une fois, de ce que nous n’arrêtons pas d’affirmer : “ils ne comprennent que la force”. Cogner est la seule solution pour leur faire entendre ce qu’est une véritable démocratie : voter pour ceux que nous souhaitons, nous, les occidentaux.

 

A l’exemple de l’Irak, de l’Afghanistan, ou de Gaza, et d’ailleurs. Du Mexique à Taïwan, du Nicaragua au Gabon, de l’Argentine à l’Egypte. Bref, partout, où nous utilisons drones, obus au phosphore, à l’uranium “appauvri”, ou nos escadrons de la mort, “experts es-tortures”, “chasseurs d’opposants”, formés dans nos écoles des “forces spéciales”.

 

Le droit des peuples à décider de leur destin ?... Bien sûr. C’est exécuter d’abord ce que nous dictons. Parce que “nous”, nous sommes porteurs de civilisation, les autres peuples doivent nous écouter. Les Iraniens, tout comme les Vénézuéliens ou les Palestiniens, doivent obéir à nos consignes de vote.

 

Tant pis pour eux, ils ont été prévenus.

 

La main tendue ou le bâton. En clair : “tu t’écrases, ou tu as mon poing dans la gueule”. On va être obligé de leur faire le coup de Gaza. Quelques bonnes séances de bombardement. Cela va crier un peu dans les chaumières, chez nous (chez eux, on s’en fiche…), mais ils verront ce que parler veut dire. Si nous ne nous faisons pas respecter, où va-t-on ?...

 

A moins qu’entre-temps, ils n’arrivent à renverser leur président…

 

 

Prendre ses désirs pour la réalité

 

Chez nous, quand Sarkozy a été élu, les voitures ont brûlé dans les “quartiers défavorisés”, ce qu’on appelle “les banlieues”. Plusieurs nuits durant. Nous étions la risée de nos amis anglo-saxons, se payant notre tête avec notre démocratie policière sur fond d’inégalités sociales. Oubliant que chez eux, c’était pareil…

 


 

Finalement en Iran, à l’annonce des résultats, ceux qui ont perdu les élections ont fait comme chez nous.

 

Sauf que…

 

En Iran, en fait à Téhéran, c’est dans les quartiers nord où il y a eu des incendies. Ce sont les quartiers chics. Certes, les riches quartiers d’une capitale ne représentent pas tout un pays. De plus de 75 millions de personnes. Toutefois c’est un symbole, et les médias ont raison de ne se focaliser que sur ça. Car, les beaux quartiers c’est l’avenir de l’Iran. Comme chez nous, en France.

 

Les beaux gosses des quartiers riches se sont défoulés, sous les encouragements des SMS des Lolitas peinturlurées en Gucci, brûlant de descendre dans les rues avec leurs minijupes (1). Comprenons-les, elles n’en peuvent plus de ne les porter que dans les “boom-disco-techno-boum-boum”, chez les parents, les tantes ou les oncles.

 

Toutefois, les gentils casseurs ont courageusement évité de brûler les voitures des quartiers huppés. Prenant soin d’épargner la limousine Toyota de papa, et le 4x4 Mitsubishi de maman. Et, surtout, leurs coupés Hyundai. Importés d’Abu Dhabi, via les cousins installés sur place. Des milliardaires du business. Ils n’ont brûlé que des poubelles, ou quelques pneus traînant dans les garages de la maisonnée.

 

Se réunir en criant : “Halte à la dictature”, “Où est mon vote ?”, “Ahmadinejad va te laver” !... Quel frisson ! Avec un peu plus de poils au menton, ils pourraient être pris pour le Che, sur les photos de leurs portables. Envoyées illico aux Lolitas, s’extasiant sur les exploits de leurs preux chevaliers.

 

Certains, se sont quand même posé des questions existentielles, pour manifester leur mécontentement face aux résultats. Fallait-il jeter l’écran plasma familial par la fenêtre sur les policiers, avec les consoles de jeu, ou pas ?... To be or not to be, “plasma” ?...

 

Finalement, ils ont renoncé. Cela aurait fait “enfant gâté”. Se limiter à quelques poubelles, c’est plus écolo.

 

La jeunesse des beaux quartiers s’ennuie...

 

C’est vrai comme le disait un "étudiant-ingénieur" sur une vidéo que les chaînes TV françaises passaient en boucle. En train de jouer à la Box, bardé de PC, portables, IPhone, Blakberry, devant l’écran géant de son salon climatisé. On s’ennuie, en Iran.

 

Bien sûr, dans les campagnes beaucoup de “jeunes” font une dizaine de kilomètres à pied pour rejoindre leur école, souvent sans chauffage en hiver. Tous les jours. Ceux-là n’ont pas le temps de s’ennuyer. Ils ont de la chance.

 

Cette jeunesse issue de la bourgeoisie qui n’a connu ni la dictature sanguinaire du Shah, ni la guerre de 8 ans avec l’Irak (2), a envie de s’éclater. Normal. A sa place, j’éprouverais le même spleen

 

Des intellectuels et des artistes, aussi, qui ont envie de vendre à une riche clientèle leur production avec les prix qu’atteignent les moindres croûtes en Occident. En Iran, on est très loin des cotes des galeries d’art moderne occidentales. C’est vrai, il y a de quoi souhaiter tout casser.

 

Mettez-vous à leur place. Voir des ballons gonflés à l’hélium au château de Versailles, ou dans le musée-palais de Pinault à Venise, atteindre des millions d’euros… Produire n’importe quoi et ramasser des millions dans l’extase des gogos ! Qui ne voudrait pas gagner des millions, dans ces conditions ?...

 

Moi, je les comprends. Attendre encore une génération, voire deux, pour pouvoir jouir des mêmes spectacles qu’à New York, Londres ou Amsterdam, j’en conviens, c’est trop long. Horrible attente, comme pour ce spectacle en ce moment à Paris (3) :

«… Pâquerette ne se contente pas d'effeuiller la marguerite mais de "faire danser tous les orifices, dont l'anus", selon ses auteurs. "On a envie de trouver des intensités nouvelles, loin des normes et des codes, raconte François Chaignaud.

… La question de la morale est rejetée par les artistes. La fameuse formule, bien commode aussi, "l'art est au-delà de la morale" fleurit un peu partout. "Mais il y a des limites à la représentation de l'acte sexuel sur un plateau, nuance Alain Buffard, dont la nouvelle pièce, Self & Others, est en tournée en France… »

 

Chez nous, en Europe, nous n’avons pas le droit de contester le résultat des élections, même si vous comme moi, nous n’avons pas la possibilité de nous présenter à la présidence de la république. Pour être candidat, on doit être "coopté"... On n’a même pas le droit de contester la Constitution européenne par référendum. Refusé. Mais, par contre, nous avons le droit, sur des scènes de théâtre subventionnées, de “voir danser tous les orifices, dont l’anus”…

 

Ils ont du chemin les Iraniens, avant d'arriver à notre niveau de liberté !…

 

Il est évident que ce n’est pas avec ces amateurs qu’on va provoquer la chute d’un régime. C’est notre vitrine qui permet de modeler l’opinion publique dans nos pays. Pas plus. Faire croire que quelques quartiers représentent l’ensemble des Iraniens, passant leurs journées à activer leurs PC et leurs GSM.

 

Pour passer aux choses sérieuses et accentuer la tension, nous avons nos provocateurs, nos tueurs, capables de tirer dans la foule. Nos valises de dollars. Comme lorsque nous avons renversé Mossadegh, en 1953, qui avait eu la prétention de restituer les revenus du pétrole et du gaz aux Iraniens. Une opération de déstabilisation qui est un chef-d’œuvre du genre. Modèle étudié, de nos jours, dans toutes les officines des services spéciaux dans le monde…

 

 

En “vert” et contre tout

 

Nous savions qu’Ahmadinejad allait l’emporter. Depuis trois semaines, c’était l’évidence. Tous les sondages “sérieux” que nous avions commandés donnaient, avant les élections, la victoire d’Ahmadinejad par au minimum 2 voix contre 1 à Moussavi.

 

Notamment, celui financé par le Rockefeller Brothers Fund, organisation qu’on ne peut accuser de “pro-Ahmadinejadisme”… Ce n’est un secret pour personne, un article du Washington Post en donne le détail (4).

 

Vainqueur de loin. Dans les 30 provinces. Pire : Ahmadinejad est le plus populaire des candidats, notamment parmi les 18-24 ans. L’horreur !...

 

Ken Ballen et Patrick Doherty, analystes des sondages et observateurs des élections, estiment qu’il n’y a pas eu fraude. Du moins à grande échelle. Les résultats correspondant aux sondages.

 

Les commentaires, occultés en Occident, de Pavel Zarifoulline, rédacteur en chef du portail analytique Geopolitika (Russie), qui a suivi parmi les observateurs russes la dernière élection présidentielle en Iran, estimant les résultats corrects, ont fait beaucoup de bruit dans les médias internationaux non-occidentaux et la blogosphère. Il a été clair (5) :

" A titre d'observateur, j'ai participé à bien des élections, notamment en Biélorussie et en Moldavie, mais je n'ai vu nulle part d'élections aussi démocratiques qu'en Iran".

 

Et, alors ?

 

Si la popularité d’Ahmadinejad est un obstacle dans l’opération de putsch en cours, elle n’en est pas insurmontable. Une popularité se dynamite encore plus facilement qu’un bloc de rochers. Il suffit de lui tailler un costume sur mesure à la Chavez.

 

Regardez Chavez, c’est un des rares chefs d’Etat élu dans des conditions de régularité parfaites, dans le monde, mais notre propagande le fait passer pour dictateur. Et ça marche !

 

L’opération actuelle est préparée de longue date. Suivant les techniques rodées dans plusieurs pays, nous avions adopté le “vert” comme couleur emblématique du mouvement de contestation du résultat des élections. Couleur symbolique en pays d’Islam. Ces mouvements "colorés" ont beaucoup de succès et se véhiculent très bien dans les médias occidentaux. On se souvient du plus réussi : la révolution “orange” en Ukraine.

 

Cela fait des mois que nos experts de la désinformation bossent sur cette opération, avec un budget “no limit. Notamment israéliens, qui sont parmi les plus forts pour mettre au point les argumentaires de "décrédibilisation" (6). Très implantés dans les médias, ils sont chargés de l’encadrement des rédactions.

 

Un solide argumentaire, auquel s'ajoutent de confortables enveloppes dans des paradis fiscaux, font des merveilles dans le réseau médiatique. Comparé à notre appareil de propagande en Occident, par sa sophistication et son efficacité, celui de Staline paraît, à posteriori, dérisoire…

 

Quand on a franchi les bornes, il n’y a plus de limites… Suivant le mot bien connu. Autant y aller à fond ! Objectif : Arriver à persuader le chaland que la lune est carrée. Et, décliner à l’infini. Inverser la réalité. Nous avons été royalement servi. Un régal, jusqu’à présent. Comment ne pas admirer le niveau de désinformation atteint par nos médias ?... Nous évoluons au sommet de l’art, en la matière.

 

Parmi les summums de la virtuosité médiatique, admirez dans le genre :

« Les conservateurs euphoriques, les réformateurs en colère. » (7)

En fait, c’est le contraire. Ce sont les conservateurs qui sont en colère et les réformateurs qui sont euphoriques. Formidable renversement de perspective !

 

Ou encore, parler d’un score électoral stalinien pour Ahmadinejad, élu avec 62,3% des voix sur un pourcentage de votes exprimés de 80%. Alors que son prédécesseur, Khatami (le patron de son concurrent Moussavi) avait été élu avec une moyenne de 70% des voix sur un pourcentage de votes exprimés de 84%.

 

Pendant les élections, les médias occidentaux n’ont montré que les manifestations des partisans de Moussavi. La plus importante a réuni 100.000 personnes dans le centre de Téhéran. Le maximum qu’ils peuvent atteindre. Alors que la veille ceux d’Ahmadinejad en avaient rassemblé environ un million. Cela, ils n’en ont pas parlé. A chaque manif, c’est la même chose. Voilà du bon travail.

 

Ne montrer que des jeunes, au visage lisse et sympathique, pour la contestation. Face à des partisans d’Ahmadinejad qui ne peuvent être que des vieux ou des gueules patibulaires. Excellent !

 

Pour le reste, il suffit de jeter de l’huile sur le feu de l’imaginaire émotionnel...

 

La jeunesse iranienne est frappée par le chômage. Comment ne pas partager son inquiétude, et en profiter pour la présenter en martyre du régime ?…

 

Quand on analyse les statistiques du chômage des jeunes en Iran, ce sont les mêmes qu’en Europe avec des taux moyens supérieurs à 10% et des zones où il dépasse les 20 à 40%. A l’identique de certains de nos quartiers ou de nos pays. Surtout chez les diplômés de l’enseignement supérieur. (8)

 

Une différence, toutefois : les pays européens, parmi les plus riches du monde, peuvent commercer librement alors que l’Iran est soumis à un embargo drastique. Qui fait la fortune des contrebandiers, de leurs couvertures, et bien sûr de leurs partenaires occidentaux. Mais, ça, il ne faut pas le dire… Chut !

 

Mettez-vous dans la peau d’un libéral de l’import-export, d’un conseiller financier, d’un avocat d’affaires, d’un architecte, d’un chirurgien, de tous ces traders et brokers, ces businessmen, ils étouffent avec cet embargo qui les empêche de démultiplier un business aux multiples ramifications, depuis le pétrole jusqu’à la privatisation des services publics. En liaison avec la diaspora iranienne, celle qu’on voit manifester devant les ambassades dans les pays occidentaux.

 

Ces exilés qui avaient pu partir avec une partie du magot familial amassé pendant les années de la terrible dictature du Shah, compromis dans la corruption  et les exactions du régime. Ce sont leurs rejetons qu’on fait passer, à présent, pour des “experts” sur l’Iran. Nos meilleurs auxiliaires, pour nos campagnes de propagande.

 

Tous ces gens ont le sentiment de bricoler, alors que le jackpot est à portée de main : pétrole et privatisations !... De quoi enrager.

 

 


 

L’entropie

 

Problème : la révolte gronde dans les beaux quartiers de la capitale, le reste du pays est calme. Même à Téhéran, il y a des points de blocage. Dans l’opération de déstabilisation actuelle : le “Bazar” ne bouge pas.

 

Rien à voir avec le folklore orientaliste. En Iran, c’est ainsi qu’on désigne le grand commerce qui a son siège à Téhéran. Articulé sur les grossistes, demi-grossistes. Ils tiennent l’économie du pays. Ce sont eux qui vivent du commerce intérieur, qui assurent la banque de détail, par des prêts aux particuliers, aux détaillants, aux petits commerçants, aux transporteurs, jusque dans les provinces les plus éloignées. 

 

Ils savent qu’avec la libéralisation à outrance, rêvée par les spéculateurs de la mondialisation en cheville avec les milieux financiers internationaux, ils vont être balayés avec autant de considération que pour des feuilles mortes.

 

Le “Bazar” est la mémoire du pays. Il a vécu le “libéralisme économique” du Shah avec les richesses du pays confisquées par l’Occident et une oligarchie pourrie jusqu'à la moelle vivant dans un luxe inimaginable. Laissant le pays à l’abandon. Ils ont efficacement contribué au renversement du Shah.

 

Normal que Le Bazar traîne des pieds. Il va falloir augmenter la pression de l’insécurité pour l’assouplir, le bousculer, le convaincre. L’insécurité, ce n’est pas bon pour le commerce. Ils devront choisir…

 

La situation est complexe, plus que les clichés médiatiques. Mais la grille d’analyse est simple. Nous sommes face au principe de l'entropie qui veut que tout système d’organisation, fut-il "révolutionnaire", génère son propre éclatement ou son propre chaos.

 

Cela me rappelle l’évolution de la révolution de Sun Yat-sen, le fondateur de la république Chinoise, qui a vu progressivement deux clans se former : celui autour de Mao et sa volonté de réforme d’une société féodale, et celui de Tchang Kai-Chek corrompu et désireux, en satellisant la Chine à l’Occident, d’y retourner.

 

Pour nous, ceux qui acceptent de passer sous la coupe de l’Occident ce sont les réformistes. Les autres, ce sont nos adversaires : les conservateurs.

 

En Iran, abstraction faite de la religion, on assiste au même phénomène, à l’affrontement de deux clans :

 

=> Les “Pro-West”, les réformistes, qui comptent deux anciens présidents : Rafsandjani et Khatami. Ceux sont eux qui “drivent” leur poulain ou leur marionnette : Moussavi, ancien collaborateur des deux.

 

Ils sont modernes, pour nous ce sont des pragmatiques. Ils se sont considérablement enrichis depuis la révolution. Eux, ils ont compris l’évolution du monde et de sa loi fondamentale : La Loi du Plus Fort. Ce sont nos alliés dans la place.  Des alliés de poids.

 

Rafsandjani, président élu de l’Iran de 1989 à 1997, est l’homme le plus riche d’Iran. Une des plus grandes fortunes mondiales d’après le périodique américain Forbes. Fortune bâtie à une vitesse exponentielle, dès la fin de la guerre avec l’Irak : pétrole, gaz, immobilier, immenses propriétés agricoles, commerces, industries. Une colossale puissance financière.

 

A l'origine son père était un producteur prospère de pistaches. Nous savons qu’il est méprisé par le peuple iranien pour avoir sombré dans l’affairisme et la corruption. Il a su acheter et corrompre une partie du haut clergé. Il est surnommé par l’homme de la rue : Le Requin... Avec son clan, ses fils et ses filles. Tous richissimes.

 

Il est d’ailleurs amusant de voir les médias occidentaux montrer une de ses filles, milliardaire elle aussi, haranguer dans une mise en scène un groupe de femmes (100 $ pour chaque participante…), comme si elle souhaitait défendre les libertés publiques !... A se tordre de rire. Encore un bon coup de notre appareil de propagande.

 

Khatami, président de 1997 à 2005. Même évolution, en plus discret dans l’ostentation de la richesse et de l’influence. C’est la vitrine “intello” du clan. Le cachet  et la patine de la respectabilité.

 

C’est avec des gens de cette étoffe, que nous nous entendons à merveille. Pour faire du bon busines il nous faut, en Iran, des hommes de la trempe d’un Eltsine.

 

 

=> Face à eux, un clan représenté par Khamenei, qu’on appelle “le guide spirituel” et Ahmadinejad. Des demeurés. Ils n’ont rien compris : ils sont “incorruptibles”. Se prenant pour Eliot Ness face à Al Capone. Ou, dans un autre genre, pour Mao face à Tchang Kai-Chek. Des rêveurs, des idéalistes. Ceux qui croient que demain on rasera gratis. Il y en a encore de ces bouseux. Les plus faibles.

 

Pour le peuple Iranien les partisans de Moussavi sont les conservateurs, l’extrême-droite. Ceux qui veulent rétablir un régime analogue à celui du Shah, avec ou sans son héritier en exil, approuver tout ce que veut l’Occident, surtout privatiser à tour de bras, casser le peu d’aide sociale et laisser crever le reste du pays. Pendant la campagne électorale à la TV iranienne, Ahmadinejad a mis en cause la corruption de ce groupe. Il faut inverser cette perception.

 

Imaginez : Ahmadinejad a mis en place une couverture sociale pour toutes ces femmes qui travaillent dans une des principales industries du pays, celle de la fabrication des tapis ! Exploitées par les riches propriétaires qui ne rêvent que de casser cela aussi vite que possible. Exemple dévastateur pour le reste de la région.

 

Khamenei et Ahmadinejad : des hommes dangereux pour notre stratégie coloniale en Iran.

 

En trente ans, l’Iran, malgré l’embargo s’est beaucoup développé, avec des réalisations spectaculaires. C’est au Moyen-Orient le pays, avec la Turquie, où la société civile évolue le plus rapidement. Dans les universités plus de 60% des étudiants sont des femmes. Avec un taux atteignant 70% en médecine. (9) Le meilleur taux mondial, actuellement. La plus grande partie de ces femmes, issue de milieux modestes, soutient Ahmadinejad. Nous arriverons à les convaincre du contraire.

 

Deux visions différentes. Des conservateurs qui rêvent de prospérer au sein d’une confortable nouvelle féodalité, arrimée au Big Business US et occidental. Face à des réformateurs qui rêvent d’une société fondée sur la solidarité.

 

Le choc : d’un côté les nantis et de l’autre les ouvriers, paysans, petite bourgeoisie qui ne supportent pas la corruption en train de  se développer, avec la spéculation, à grande vitesse. Individualisme, face au vivre en communauté. La “loi du plus fort”, face à la solidarité.

 

Symbolisé par l’opposition entre l’architecte Moussavi, fils de riches commerçants, et l’ingénieur Ahmadinejad, fils d’un modeste forgeron. Situation dangereuse pour nos intérêts : les néo-conservateurs iraniens, alias les réformistes dans notre propagande, doivent impérativement gagner. Tout doit être fait pour les appuyer. Le putsch doit réussir.

 

Après avoir écrabouillé consciencieusement Gaza, nous démolissons avec application le Pakistan, dans l’impunité. Nous avons réussi à casser brillamment l’Irak, l’Afghanistan. Pris en étau, l’Iran va être démembré, éclaté. Comme les autres.

 

En fait, la véritable arnaque ce n’est pas le comptage des votes ou l’identification des fraudes électorales, c’est de faire croire qu’on se préoccupe de la démocratie en Iran. C'est notre force.

 

Notre seule préoccupation, ce n’est même pas “la bombe”, c’est tout simplement comme en Irak : le Pétrole, le Gaz. Avec, au passage, la privatisation à notre profit des services publics (de véritables rentes de situation !) et la main mise sur le système bancaire et financier. Le reste on s’en contrefiche !...

 

L’Iran, ce n’est qu’une question de temps. L’Empire aura sa peau.

 

Que le reste du monde, la Russie ou la Chine estiment que cela commence à faire beaucoup ou pas… Même eux ne perdent rien pour attendre. Plus tard, leur tour viendra. On s’occupe déjà, méthodiquement, de leur cas.

 

L’Empire a l’éternité devant lui !

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  En référence au titre du roman de Azar Nafisi : Lire Lolita à Téhéran

(2)  1980-1988. Plus d’un million de morts du côté iranien et toute l’infrastructure de raffinage de pétrole et de gaz détruite (par des avions français Super-Etendard armés de missiles exocet).

Avec l’embargo qui a suivi, notamment sur les pièces détachées et composants spécifiques aux installations, les Iraniens ont éprouvé les plus grandes difficultés à les reconstruire. Ce qui explique que ce producteur de pétrole soit obligé d’importer une grande partie de l’essence nécessaire à sa consommation intérieure.

(3)  Journal Le Monde du 13 juin 2009 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/13/erotisme-sexe-et-strip-tease-s-invitent-sur-les-scenes-actuelles_1206508_3246.html

(4)  Ken Ballen et Patrick Doherty, http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/06/14/AR2009061401757.html, traduction en français : http://www.legrandsoir.info/Le-peuple-iranien-s-exprime-Washington-Post.html

(5)  http://fr.rian.ru/world/20090617/122018642.html RIA Novosti 17/06/09

(6) Trans-Atlantic Con Man, Guest Post by Marsha B. Cohen, http://www.ips.org/blog/jimlobe/?p=258 :

“… Two weeks ago, the head of the Israeli Foreign Ministry’s “Task Force on Isolating Iran” sent a classified telegram to all Israeli embassies and consulates titled “Activities in the Run-up to Iran’s Presidential Election.” It detailed a variety of ways that Israeli representatives could “blacken Iran’s international reputation” and delegitimize the Iranian elections, before, during and after they took place on June 12…”

(7)  “Les conservateurs euphoriques, les réformateurs en colère”, Le Monde, 13 juin 2009.

(8)  Lire l’excellent dossier économique sur l’Iran, de Thierry Coville, dans Alternatives Internationales -  n°43 - Juin 2009

(9)  Thierry Coville, Op. Cit.

 

 

Caricature : Intronisation de Sarkozy vue par Steve Bell – The Guardian - 8 mai 2007

Photo : Mirdamad Street-Téhéran-dejkam-com


 

 

 

 

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