Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes... Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...
Mes Meilleurs Vœux à Tous
et
Mes Amitiés à Chacun !...
Pour cette nouvelle année, je vous propose un grand maître d’un instrument parmi les plus beaux et les plus anciens de l'histoire musicale : le luth.
Occasion d'exprimer, dans ces vœux, une affection particulière pour nos frères et sœurs en humanité du Moyen-Orient... Ravagé par les bombardements et les hordes de mercenaires, dans le chaos et les massacres, organisés par les prédateurs venus de l'étranger.
Cet éminent artiste et compositeur est l'Irakien, Naseer Shamma. Fondateur en 1999 au Caire d'un institut, réputé internationalement, dédié à l’enseignement de cet instrument prestigieux. Lui-même a reconstitué le luth à huit cordes, disparu dans les oubliettes de l’Histoire, d’après un manuscrit du philosophe, savant et musicien Persan, du 9° siècle, Al-Fârâbi.
Avec Naseer Shamma, nous sommes au sommet d’un art. Qui n’est pas une simple virtuosité technique, mais l’expression d’une sensibilité, d’une émotion, maîtrisées par une pensée et un engagement dans son siècle. Ardente obligation de tout "Humaniste"...
Magnifié dans une de ses œuvres emblématiques, interprétée à la fin d’un de ses concerts : l’art porteur de sens. Ici : l’Espérance dans un monde meilleur.
Plus qu’une espérance même, une certitude : "La Barbarie", quel que soit son niveau de violence, ne peut annihiler la Civilisation, éradiquer des siècles d’Histoire...
Son titre :
C’est arrivé à Al-Amiriya
"Barbarie". Mot galvaudé… Peut-être.
Mais pour Naseer Shamma, "La Barbarie" n’est pas une figure de rhétorique, un cliché, pour "journaliste-propagandiste" européen ou américain…
Il l’a rencontrée, confrontée. Pris à la gorge, désespéré, désarmé.
En 1989, Saddam Hussein, lui avait infligé six mois en prison pour l’avoir critiqué publiquement lors d’un de ses déplacements en Jordanie. Le dictateur était encore un protégé obéissant des Occidentaux. Apprécié pour avoir imposé, sur leur injonction, une guerre de 8 ans à l’Iran. Et, leur avoir acheté des milliards de dollars d’armements.
Deux ans après sa sortie de prison, il assistait au commencement de la destruction méthodique de son pays par ses anciens protecteurs, culminant avec l'invasion des armées occidentales en 2003.
Toutes ses infrastructures : routes, ponts, ports, aéroports, universités, hôpitaux, centrales électriques, stations d'épuration d’eau, silos à grains, troupeaux, etc. L’Irak réduit en poussière. Des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés...
Seul bâtiment officiel épargné : le ministère du pétrole !
Pour "délivrer le pays de la dictature et apporter la Démocratie"…
Témoin horrifié d’un des pires crimes de guerre : le bombardement d’un abri pour civils où étaient entassés des centaines d’enfants, que les familles du quartier de Bagdad "Al-Amiriya" voulaient mettre à l’abri.
A 4h30 du matin, le 13 février 1991, deux bombardiers F-117 surgissent. Chacun porteur d’une bombe à guidage laser d’une tonne (GBU-27) conçue pour percer les abris bétonnés. Tous les occupants de l’abri furent carbonisés. Seuls 408 corps seront difficilement identifiés.
Naseer Shamma fut parmi ceux qui aidèrent à sortir les "restes calcinés", rappelant que ce sont au moins 800 enfants qui périrent dans cet atroce four crématoire, que notre IMD (Industrie Médiatique de la Désinformation) n’évoque jamais…
C’est ce qu’il explique, avec dignité et retenue dans la douleur, en introduction à l’interprétation de cette mélodie... Composée en se recueillant dans ce qui est devenu un des nombreux musées des atrocités de l'Occident en Irak. Dont le premier gardien des lieux, où sont affichées des dizaines de photos des martyrs, fut une mère de famille qui perdit en un éclair ses huit enfants qu’elle avait confiés à cet abri.
Vous reconnaitrez à la minute 8:30 de cette vidéo, sortant de son luth, l’appel des sirènes avant la chute des bombes…
Les états-majors des forces armées de l'invasion savaient qu’il n’y avait que des civils dans cet abri. Mais, les enfants du Moyen-Orient représentent des objectifs militaires de premier plan. Il convient, d’après les stratèges occidentaux, de casser à tout prix la croissance démographique des pays de la région, tout en entravant leur développement actuel et futur… Souvenons-nous des cyniques propos de Madeleine Albright, ministre des affaires étrangères des Etats-Unis…
Au regard de l’Histoire, nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas.
Tristes, lugubres, premiers pas, pour entamer une année 2015 ?...
Non, au contraire, puisqu’il s’agit d’espoir et de certitude !
Naseer Shamma rappelle que l’Irak, l’ancienne Mésopotamie, entre les deux fleuves mythiques Tigre et Euphrate, est le berceau des plus anciennes et brillantes civilisations de cette planète. Aux textes légendaires et fondateurs de la pensée humaine, Antérieurs à La Bible, qui en reprend plusieurs des épisodes, notamment celui du Déluge, à la mythologie grecque et aux récits d'Homère…
Cette Nation renaîtra de ses cendres, comme toute la région.
Se comparant à un "résistant", avec pour seule arme son luth. Acte symbolique : il a interprété pour la première fois "C’est arrivé à Al-Amiriya" dans un musée qui avait été muré, après avoir été méticuleusement pillé par les troupes d’occupation. Brisant les briques obturant portes et fenêtres, avec son public, installant des tapis dans les salles vides, jonchées de débris, en guise de sièges…
Pour chanter La Renaissance…