Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes... Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...
Français de souche… Le candidat Le Pen énonce donc son programme
social (1) qui s’appliquerait à eux, lors de sa prise de fonction
en tant que Président de la République. Un maximum d’avantages sociaux à faire pâlir d’envie un suédois ou un norvégien. Pour les vrais français, « de souche ». Pas les autres :
les « sans-souche ».
La France serait, en effet, menacée d’être « submergée » par les « sans-souche ». On avait les « sans-logis », nous avons à présent les « sans-souche ». Dans le temps, on a bien eu les « sans-culotte », ceux qui ont fait La Révolution, fondé la République et démonté La Bastille pour construire des logements. Pourquoi pas ? C’est peut être chez ces candidats une manière de vouloir la révolution et faire « bouger » la France…
Alors, « Français de souche » : ethnie, catégorie sociale, race supérieure, élus de quelque divinité, oints du destin, espèce rare en voie de
disparition… ? Où commence « la souche » et où finit-elle ? On ne sait trop. Mais ce concept, que les candidats de droite manipulent avec plus ou moins d’habileté dans l’art
de la communication, du sous-entendu et de l’allusion, provoque l’interaction de plusieurs effets. A tel point qu’on peut soupçonner, chez ces professionnels du spectacle politique, une astuce
démagogique plutôt qu’une action concrète à mettre en place. En mesurent-ils les effets ?
Le premier effet serait un rétrécissement drastique de la population. Français de souche, est-ce à dire que tout français ayant un parent
« non-français », en ligne directe ou pas, ne serait pas reconnu ainsi ? Qui n’a pas autour de soi sur une, deux ou trois générations un
« non-français » dans sa parentèle : espagnol, portugais, italien, grec, turc, arménien, polonais, hongrois, britannique, maghrébin, etc. ? Appliquer ce
paramètre reviendrait à rayer de la nationalité française une grande partie de la population actuelle. Ainsi qu’une bonne moitié des députés, sénateurs et autres élus… Bye, bye Sarkozy
(hongrois), bye bye Balladur (turc), bye bye Devedjian (arménien)… Arrêtons-nous là.
Le deuxième effet serait un rétrécissement du territoire dit « français ». Car, pour être logique, mais les candidats de droite sont silencieux sur ce
point, l’indépendance devrait être immédiatement accordée à tous les « territoires français » qui n’ont rien à voir avec sa « souche ». Au grand plaisir des indépendantistes
toujours en lutte (2), malgré la censure, les persécutions et les coups
tordus. Ils sont à des milliers de Kms de la France et même, pour les plus étendus, dans l’autre hémisphère : Nouvelle Calédonie, Tahiti et la Polynésie, La Réunion, Mayotte, La Guyane, La
Martinique, La Guadeloupe, Saint Pierre et Miquelon, plus une poussière d’îles et autres menus territoires.
Le troisième effet serait d’avoir, pour rester logique, à rappeler tous les « français de souche » qui vivent et travaillent à l’étranger, exploitant et
possédant des fermes, usines, et autres biens immobiliers ou occupant des postes revenant de droit aux nationaux « de souche ». Un exemple : les français installés dans tous les
territoires dits d’Outre-Mer (« d’Outre-Souche » devrait-on dire…), dans toute l’Afrique dite francophone n’ont, suivant la logique de Le Pen, rien à y faire. Qu’ils laissent donc la
place aux nationaux qui ont bien du mal à trouver du travail et exploiter leurs richesses nationales. Je pense (3) à la Côte d’Ivoire, au Gabon et autres néocolonies…
Alors ?... Chiche pour la « souche » ?...
(1)
Discours thématique sur la famille et la démographie au Banquet de l’Île de France à La Plaine Saint Denis du 21 janvier 2007.
(2)
Pour mémoire, la répression implacable que subissent actuellement les indépendantistes Polynésiens à Tahiti ou Kanaks en Nouvelle Calédonie. Dans la censure
médiatique absolue.
(3)
Lire ou relire, à ce propos, l’ouvrage magistral de François-Xavier Verschave : La Françafrique.