11 juin 2007. Elsa Serfass, 27 ans, membre de Médecins sans
Frontières (MSF), est tuée. Son véhicule mitraillé par des "rebelles" à 500 km au nord-ouest de Bangui, dans la région de Ngaoundaï, en République Centrafricaine.
Elle était en " mission
exploratoire ", pour le compte de cette ONG. Rappelons qu’une partie des frontières de la République Centrafricaine (1), néocolonie française atrocement pauvre mais immensément riche en diamants et en uranium, est limitrophe de la zone du Darfour.
Le sort tragique de cette "volontaire",
pour lequel on ne peut qu’éprouver de la compassion, pose, à nouveau, le problème du manque de "transparence" des ONG. Car, il est plutôt curieux qu’une ONG envoie en "reconnaissance", une
"volontaire", dans une des zones les plus dangereuses, actuellement, sur notre
planète.
Les ONG sont un secteur économique en pleine expansion. Nos amis
anglo-saxons, très pragmatiques, l’appellent : Charity Business. Livres, séminaires, Business Schools traitent de ce qui est devenu un secteur d’activité économique comme un autre.
Sauf qu’il connaît, par rapport à beaucoup d’autres, une croissance exponentielle. Il existe même des études, confidentielles pour le moment, sur l’introduction en Bourse, des plus connues …
Compartiment des emprunts obligataires, dans un premier temps.
Ce sont chaque année
d’énormes sommes qui y sont brassées (2) : subventions, sponsoring, mais surtout appel à la générosité publique. Ce Business est très large
allant de la protection des espèces, de l’environnement, à celle de « l’Homme ». Il ne faut pas l’oublier cette espèce en danger… D’où le succès des organisations "humanitaires". Mais,
il est difficile d’y voir clair : rôle, financement, fonctionnement, contrôle ?...
Gribouille ou Rambo ?
Bizarre
le rôle de certaines ONG en Somalie, par exemple. Nous l’avons tous remarqué. Sous prétexte d’aller d’une zone "rebelle" à l’autre, elles versaient des droits de péage (en argent ou en nature) à
différentes milices et leurs chefs de guerre, rétribuant des escortes armées, contribuant ainsi à perpétuer un conflit intolérable pour les populations civiles.
L’attitude ambiguë, de certaines ONG, s’est même retrouvée sous un jour étrange, lorsque des français ont
été arrêtés en Serbie. Au plus fort des bombardements de l’OTAN. Arrêtés par les Serbes, ils ont été l’objet de négociations serrées pour être libérés.
On apprit incidemment qu’il s’agissait, en fait, d’espions français déguisés en
humanitaires d’une ONG, constituée pour l’occasion, domiciliée à Lille. Sous le camouflage d’une opération humanitaire, on découvrit une opération d’espionnage qui avait mal
tournée.
Certaines ONG sont d’authentiques organisations de propagande ou de
déstabilisation chargées d’organiser des manifestations antigouvernementales, comme cela s’est vu et se voit en Ukraine, en Russie et ailleurs. Avec de gros moyens, souvent de provenance
occulte.
Certaines se spécialisent dans la diabolisation de la Chine, de Cuba et autres "têtes de turc". Pour la défense des prisonniers politiques, des journalistes et de la liberté d’expression, nous
dit-on, dans de luxueuses plaquettes publicitaires. Ce qui est bien.
Mais,
étrangement, les mêmes ONG ignorent en permanence le sort des détenus politiques ou des journalistes, qui ne leur conviennent pas : en Palestine, par exemple, assassinés systématiquement, où
les stations de radio sont détruites avec acharnement par l’armée d’occupation…
La majorité de ces ONG ont pour fondement l’air du temps, les
études marketing et la communication, le politiquement correct (ce que dicte la propagande), la normalisation sociale. Marchés très actifs, Bourses du commerce caritatif où des modes, des causes,
tragiques ou misérabilistes, sont vendables, dans les états-majors de ces ONG, et d’autres pas… Sans parler de toutes celles qui font du prosélytisme religieux, financées notamment par les
évangélistes américains.
Où commence, et où s’arrête la manipulation, dans le rôle effectif des
ONG ?...
Au XIX° et début du XX° siècle, les zones de conflits ou de
luttes d’influence entre grandes puissances étaient souvent prospectées par des missions "archéologiques", "explorations", "découvertes", "études géographiques", ou autres
appellations. Le plus souvent accompagnées d’agents secrets, quand elles n’étaient pas dirigées par eux.
Lawrence d’Arabie, se vantait d’avoir effectué ainsi tous les repérages, avant la première guerre mondiale, des lignes de chemin de fer, des emplacements et des mouvements de troupes ottomans et
allemands, au Moyen Orient, sous ce travestissement.
A présent, sous la
dénomination d’ " humanitaires ", se dissimulent trop souvent des opérations de propagande et de soutien à des politiques d’intervention contestées et contestables. Mais, le
problème c’est que tout le monde le sait. Les ONG ne sont plus prises au sérieux en termes de neutralité, d’éthique. Les "rebelles", d’où qu’ils soient, le savent…
Alors, donner une mission à un ou une "volontaire" dans une zone de guerre, c’est jouer avec la vie de la
personne en question. Ceux qui ont envoyé Elsa Serfass au casse-pipes, ou en "mission exploratoire" ce qui revient au même, doivent être, tout simplement et immédiatement, virés. Leur
responsabilité civile doit être engagée au titre de la mise en danger d’autrui et non assistance à personne en danger.
Et, l’ONG en question doit être sévèrement sanctionnée par le versement d’un dédommagement maximum en faveur de la famille. Ce sont eux les responsables, en premier. La responsabilité des
"rebelles", sans l’exonérer, ne vient qu’ensuite…
Le prince et les oiseaux…
Oui, ONG
et éthique…
Le président d’une prestigieuse ONG, connue pour ses interventions en faveur de la sauvegarde des espèces en voie de disparition, est le mari de la reine d’un pays situé au-delà du nord de la
Seine. Ces reines qui portent des grands chapeaux enrubannés ou emplumés, suivant les saisons.
Ce prince arrivait par jet privé, pour visiter une Réserve dans un pays où je me trouvais, à ce moment là. L’ONG finançait, en effet, un programme pour la préservation d’une catégorie
d’oiseaux migrateurs.
En fait, l’ONG avait payé un billet aller-retour pour
deux "étudiants - chercheurs" en ornithologie. Une indemnité journalière en monnaie locale suffisant, à peine, à leur subsistance. Sans salaire, ni couverture de retraite, ni assurance médicale.
Ils étaient "volontaires". Normal, leur avait-on dit : travaillant pour une organisation "à but non lucratif".
Le jet était annoncé sur la piste de la ville proche de cette vallée. Le gouverneur de la région avait reçu instruction, s’agissant d’une visite privée,
de recevoir cette personnalité avec discrétion. Toutefois, selon les traditions d'hospitalité du pays, un campement avait été dressé, avec un méchoui en prévision du déjeuner. La petite
délégation, gardes-chasse et auxiliaires autour du gouverneur, attendait ce haut personnage.
Débarquant de l’avion avec une dame ("duchesse", paraît-il), le prince monta dans le véhicule tout terrain, sans un regard ni un mot pour ceux qui s’apprêtaient à le saluer, suivant les usages de
courtoisie et de politesse internationalement reconnus.... Direction : la Réserve.
Après avoir observé, une demi heure, à la jumelle, ces gentils migrateurs dont la disparition présenterait, apparemment, un grave danger pour l’écosystème de la planète, le prince repartit
aussitôt. Ses jumelles et la duchesse sous le bras. Refusant de déjeuner. Sans un mot et sans un regard. Le jet décolla et disparut.
Tout le monde comprit que ce personnage n’était qu’un mufle en goguette.
Ce que j’en ai retenu, avec mes amis sur place, au-delà de cette morgue épouvantable, c’est l’hypocrisie de ces organisations prétendues
"à but non lucratif" dont les dirigeants mènent grand train (3). Tout en exigeant de ceux qu’elles emploient de se serrer la ceinture et de prendre tous les
risques.
Le jet, donne une idée du brouillard qui entoure le financement des ONG,
leur origine, leur utilisation et la valeur de leur contrôle (4)…
Tout le monde sait, mais on fait comme si…
(1) Pays plus grand que la France : 623.000 km2. 4 millions d’habitants. Bois tropicaux, café, coton, tabac, canne à
sucre. Surtout : diamants et uranium. Faune, flore, paysages extraordinaires.
(2) Exemple, pour une ONG seulement. Rapport financier exercice 2005 de MSF : excédent : 9,8 millions €, produits financiers : 864 mille
€…
(3) Aucun député européen n’ose poser des questions sur le financement et le manque de transparence des ONG. S’inquiéter de l’utilisation des subventions
européennes.
Exceptée une, car c’est une femme : Sivana Koch-Mehrin. Allemande, bardée de diplômes, elle a le courage dont
les députés européens devraient s’inspirer. Elle est détestée par les ONG. Elle m’est donc très sympathique.