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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
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Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
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« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 16:20


De Cuidad del Este, je vous emmène à Punta del Este. Toujours à l’est, mais plus au sud. Face aux rouleaux de l’Atlantique sud. En Uruguay. Plus petit que le Paraguay (1). Le tiers de la France. Deux villes aux univers diamétralement opposés. Du business interlope, on s’immerge dans une ambiance de villégiature "Fashion". Très appréciée d’une clientèle internationale venant de tous les pays d’Amérique du sud, mais aussi d’Amérique du nord et d’Europe. Douceur du climat. Prix d’enfer. Signe de ce succès, le niveau de l’immobilier est comparable à celui de la Floride. Au moins, pour les résidences de luxe.

URGY-map.jpg
 


Proche de la capitale, Montevideo, Punta del Este : sea, sun and sand (2). De belles plages, avec pendant la saison ses incontournables vedettes sud-américaines de la TV, de la chansonnette ou du football (3)… Attention : la haute saison correspond à l’été austral, de décembre à février. Frime, DJ-Boum Boums, mains et poignets ruisselants de quincaillerie " M’as-tu vu ? ", 4x4 inondant les rues et les trottoirs : garantis !  En ce moment, c’est la basse saison. Plus calme. Avec des températures bretonnes : 20° l’après-midi en moyenne. Des averses et de l’iode plein les poumons…

URGY-PDE-isthme.jpg
 

Le "Saint-Tropez sud américain", nous vantent les agences de voyages. La ville est bâtie sur une péninsule. D’où son nom : la Pointe, Punta. Le site est beau. Mais, avec ses immeubles et son béton, on a davantage l’impression d’être à Castellón de la Plana, en Espagne ou à Rimini, en Italie, que dans un petit port varois. Des essais de nouvel urbanisme touristique sont en cours, du côté de Solanas (4) ou Colonia (5). C’est mieux. 

URGY-PDE-Port.jpg
 

Toujours, cette exagération maladive des publicitaires. L’Uruguay serait la "Suisse de l’Amérique du sud". C’est méchant pour nos amis Suisses. Car, à part les vaches et les pâturages, ni le relief, ni le système politique ne sont comparables. Prolongement de la pampa argentine, ce ne sont que d’immenses plateaux ou plaines. Le point culminant du pays est le Mont Catedral : 514 m d’altitude !  La hauteur du dernier immeuble construit à Dubaï (6)
 
Quant au système politique… La Suisse a la chance de posséder le moins mauvais en usage, actuellement, sur notre planète. Je me garde de dire : le meilleur dans l’absolu. Même, si je considère cette confédération comme étant, actuellement, un exemple de démocratie directe et de cohabitation entre plusieurs langues et groupes ethniques. 

L’Uruguay en est loin ! Son histoire n’a rien à voir avec celle de la confédération helvétique. Peuplé d’amérindiens, guaranis et charrùas, ce pays fut colonisé par les espagnols, dès le début du XVI° siècle. Puis, annexé par le Brésil naissant en 1821, sous le nom de Provincia Cisplatina. C’est à la suite d’une guerre, de deux années, contre le Brésil qu’il obtient, en 1828, son indépendance. Entre-temps, la population coloniale s’était élargie à d’autres pays européens : italiens, allemands, français…

Sous les pavés la plage
(7). Mais, sous la plage ?...

L’indépendance à peine obtenue, la première décision fondatrice des colons a été d’exterminer les amérindiens considérés comme "inassimilables", bien que christianisés… De toute l’histoire du pays, une des rares décisions que la caste politique locale ait réussi à exécuter à la perfection. Avec, évidemment, la bénédiction de l’Eglise. Autre grand génocide oublié… 

Pays d’immenses propriétés spécialisées dans l’élevage et l’agriculture industrielle. Aux mains, bien sûr, de quelques familles en cheville avec les inévitables multinationales de l’agroalimentaire. Schéma habituel, en Amérique du sud, dès qu’il y a de l’eau, de l’herbe et de l’espace. L’élevage, bovin et ovin, est donc la première richesse de ce pays par les ventes de viande, mais aussi avec ses sous-produits : laine, peaux. Un des premiers producteurs mondiaux de laine. Le reste, sur des étendues à perte de vue : sucre (canne et betterave), céréales (blé, maïs, riz). Essentiellement. Aucune transformation ou valeur ajoutée sur place. Tout est exporté. Les marges bénéficiaires encaissées dans des paradis fiscaux.

Seul problème : ce type d’économie et d’agriculture est très sensible aux fluctuations, ou manipulations, des cours mondiaux. En conséquence, sensible : aux "crises". Aucune diversification dans l’industrie ou les services. A part le tourisme fondé, avant tout, sur la spéculation immobilière et l’exploitation salariale du personnel.

La classe politique représente, comme dans d’autres Etats sud-américains, les intérêts de ces grands propriétaires. Et, de cette autre catégorie apparue plus tard, phénomène des seventies : les spéculateurs immobiliers. Souvent, les deux prédateurs sont issus de la même branche, familiale ou professionnelle.
Pendant les "crises économiques", l’oligarchie, ne veut entendre parler ni de partage, ni de solidarité. Résultat : répression des mouvements sociaux, sombrant dans les dictatures. 

Dans la deuxième partie du XX° siècle, cette attitude atteint son paroxysme. Les conflits sociaux et politiques se radicalisant face aux exactions de la répression "gouvernementale", des groupes organisés, tels les Tupamaros, essaient de lutter contre les "escadrons de la mort" gouvernementaux pratiquant la torture et l’assassinat (8). La répression va devenir encore plus implacable.

En juin 1973, c’est l’escalade. Un coup d’Etat militaire, sous la direction de Juan Maria Bordaberry, installe une des plus abjectes dictatures que le continent ait connu. En 1976,
Amnesty International, dont on connaît la prudence lorsqu’il s’agit d’évaluer les exactions occidentales, reconnaissait que le ratio "prisonnier politique/habitant" était, en Uruguay, le plus élevé au monde…

Pire. En pleine guerre froide, pendant l’enlisement US au Vietnam, les dictatures sud-américaines soutenues et protégées par l’Occident avaient organisé une opération de répression à l’échelon du continent. Ce fut
l’opération Condor. Au nom de la "lutte contre le communisme", dans les années 70 et 80, ce fut un déchaînement de sadisme : les horreurs des polices et des forces armées  transformées en milices. Dans l’impunité : no limit… Ce furent des dizaines de milliers de personnes enlevées, emprisonnées, torturées, tuées, "disparues"… Même dans des pays où certains avaient cru trouver refuge. Jusqu’en Italie… L’Uruguay, du moins sa caste politique, fut une des plus puissantes locomotives de ces horreurs.

Uruguay : une des oligarchies les plus corrompues au monde. Pas simplement en termes de manipulations et de rapacités financières, mais en termes de valeurs humaines. Allant, par une loi votée en décembre 1986, jusqu’à garantir l’amnistie de tous les membres des forces armées et de police accusés de crimes contre l’humanité entre 1973 et 1985. Alors qu’il s’agit de crimes imprescriptibles…

Depuis, la fin de la "guerre froide", la dictature a cessé et le truquage des élections semble s’être calmé. Le 1er mars 2005, Tabaré Vasquez devient le nouveau président. Candidat de la
coalition de gauche. L’espoir renaissait. Enfin, on sortait des partis traditionnels qui verrouillaient la politique du pays depuis 150 ans. Les tristement célèbres : Colorado et Blanco. Les partis politiques sont, en effet, désignés par des couleurs, comme la casaque des jockeys… 

Mais, le pays, exsangue, par le pillage des grands propriétaires et des multinationales, rongé par le chômage (9), n’ayant ni les ressources de la Bolivie ou du Vénézuéla, n’a aucune marge de manœuvre. Etouffé par sa dette extérieure. Il est réduit à exécuter ce que lui dictent ses bailleurs de fonds.

Réduit à appliquer les décisions du FMI et les volontés de Washington.

Réduit à envoyer des troupes en Irak…

Uruguay : triste Atlantique…

URGY-Solanas.jpg


Enfin…   Pas pour tout le monde…
 
  

  

 

 
(1) Superficie 177 mille km², avec près de 4 millions d’habitants. La capitale, Montevideo, comprend 1,5 millions d’habitants. Le "vide" ayant été fait, il n’y a que des "européens" ou des descendants de "souche européenne"…
(2) Punta del Este, entre la basse et la haute saison, la population passe de 10.000 à 500.000 habitants, voire plus.
(3) La première coupe du monde s’est tenue en Uruguay, en 1930.
(4) A un quart d’heure de Punta del Este sur la côte, en remontant vers le nord.
(5) A l’ouest de Montevideo, sur l’estuaire du Rio de la Plata.
(6) Le
Burj Dubai (Dubai Tower) : 512, 1 mètres. Actuellement, le plus haut immeuble du monde.
(7) Un des célèbres slogans de la révolte de Mai 1968, en France.
(8) Thème du film de Costa Gavras, Etat de Siège, avec Yves Montand, sorti en février 1973.
(9) Plus de 20%, chiffre "officiel".
 
(*) Photos 1 & 2 : Punta del Este. Photo 3 : immobilier de luxe à Solanas.
 
 


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Published by Georges Stanechy - dans Amérique Latine
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commentaires

Georges Stanechy 03/08/2007 02:00

@  Salam Chahid !Oui, misère en développement d'un côté et enrichissement croissant de l'autre...Je tenterai une petite synthèse à la fin de ce périple. Car, on rencontre dans ces pays, comme sur d'autres continents, les mêmes "phénomènes"...Notamment, l'enrichissement d'une oligarchie due moins à l'innovation ou "l'esprit d'entreprise" exercé dans une réelle concurrence, qu'à l'exploitation d'une rente de situation. Du fait de sa proximité, ou de son appartenance, au pouvoir en place...

Chahid 26/07/2007 14:48

Salam Georges,Avec l’élargissement des inégalités et l’aggravation de la pauvreté (plus de 43% de la population sud américaine), l’Uruguay me rappelle certains pays du Maghreb ou du Moyen Orient, avec ses luttes sociales (populations urbaines et forces syndicales etc.), l’augmentation de l’immigration clandestine et la montée de la délinquance et de l’insécurité… conséquences « logiques » d’une politique féodale et rapace que la dernière photo symbolise parfaitement. Ces pays sont des vassaux exemplaires pour l’empire.  En postant le post  « Les invisibles » http://chahids.over-blog.com/article-5929571-6.html#anchorComment je pensais aussi à l’Uruguay.