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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 17:00

 

 

 

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique.

Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.

Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde.

C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort . »


François Mitterrand

( in Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterrand, 1997)

 

 

 

 

 

 

Paysage lunaire, bordé de vagues. Un port.

 

Gwadar...

 

Depuis la nuit des temps, vivotant de pêche et de cabotage.

 

Alexandre et ses troupes dit-on, dans leur frénésie de conquêtes y passèrent, épuisées, assoiffées ; la flotte du conquérant, sous le commandement de son amiral Néarque, y aurait fait escale pour procéder aux inévitables travaux de maintenance de sa flotte de 120 navires et au ravitaillement de ses 10.000 hommes...

 

Longtemps enclave, comptoir, du sultanat de Mascate et d'Oman siégeant sur la rive opposée ou la rive sud de la Mer d'Oman, ou Mer d'Arabie selon atlas et mappemondes. Reliquat de sa puissance maritime qui couvrait l'Océan Indien, de la côte ouest de l'Inde à celle de l'Afrique de l'est, jusqu'à Zanzibar. Avant de succomber sous la tutelle de l'implacable "empire britannique" en 1891.

 

Oman vendit le port de Gwadar au Pakistan, en 1958, qui l'intégra administrativement dans sa province du Baloutchistan le 1er Juillet 1977.

 

Aujourd'hui : 100.000 habitants, en prenant en compte les villages voisins. Demain...

 

C’est-à-dire à la fin de ce siècle : un des premiers, si ce n’est le premier, complexes portuaires du monde par son volume de containers, de flux énergétiques, de trafic ferroviaire et autoroutier.

 

Escale à Gwadar…

Colossal projet, symbolisant le gigantesque basculement géopolitique en cours.

 

Ce port réputé en "eaux profondes", protégé par une péninsule, à la sortie du Golfe Persique, capable d'accueillir les plus grands navires pétroliers, méthaniers et porte-containers de la planète, a été acheté en 2013 au Pakistan par la Chine, via la structure étatique qui gère ses ports hors du territoire chinois, la China Overseas Port Holdings Limited.

 

L'impact de ce spectaculaire investissement se mesure sur deux plans :

 

i)   La Chine sécurise ses approvisionnements et son commerce en raccourcissant ses routes maritimes

 

Environ 60 % de ses ressources en énergie proviennent du Golfe Persique et doivent accomplir un périple risqué de plus de 15.000 km pour atteindre la Chine continentale, essentiellement la région de Shanghaï. Sous la menace constante de la marine de guerre occidentale, et de ses auxiliaires locaux, en embuscade au large de ses côtes ou des détroits à franchir ; notamment celui de Malacca. De plus, les réexpéditions vers la Chine de l'ouest à partir du point d'arrivée de Shanghaï imposent un rallongement de 5.000 km dans le sens opposé par voie terrestre.

 

Pour contourner ces dangers, difficultés, lenteurs et surcoûts, une liaison directe avec la Chine de l'ouest, la province du Xinjiang (ou Sin-Kiang, suivant les transcriptions), est en rapide construction dans toutes ses variantes :

=> Pipelines et gazoducs

=> voie ferrée et autoroute Gwadar - Xinkiang

 

Avec les énormes moyens financiers de la Chine qui vient de signer avec le Pakistan, lors de la visite d'Etat du président Chinois le 20 avril 2015, le pacte du Corridor Economique, en abrégé le CPEC (China - Pakistan Economic Corridor).

 

Escale à Gwadar…

ii)  La restructuration de l'économie du Pakistan et le "boom" du développement de l'Asie centrale

 

Ce corridor de 3.000 km reliera le port de Gwadar, et de sa zone franche, à la ville chinoise de Kashgar, au Xinjiang. Conçu comme une "bretelle" de celui, autre gigantesque investissement en cours, portant sur la réactivation actuelle de la Route de la Soie reliant Chine et Russie au travers des richissimes, en ressources énergétiques et minières, pays d'Asie centrale, le budget programmé est à hauteur de 50 milliards d'euros sur 5 ans.

 

En support de ce projet s'ajoutent plus de 50 autres milliards d'euros d'investissements dans les infrastructures annexes : télécommunications (fibre optique, en particulier), énergies renouvelables, aéroport international de Gwadar, 1.500 km d'autoroutes de montagne dans le nord du Pakistan (projet Karakorum), sans oublier le volet "éducation-formation-santé", etc. Et, ce ne sont là que les premiers jalons d'une longue suite de programmes...

 

A terme le Pakistan, englué dans une guerre civile larvée où s'affrontent en coulisses des oligarchies aux intérêts opposés, va retrouver le chemin du développement, et inéluctablement celui de la véritable indépendance et de la paix, grâce à cet apport massif d'investissements générateurs, d'après les premières estimations, de plus de 2 millions d'emplois qualifiés.

 

Notons que les occidentaux, crispés sur la "stratégie du chaos" imposée par l'extrême-droite américaine, loin de s'associer à ces projets qui pourraient être grandement profitables à leurs propres entreprises, grandes et petites, font tout, n'hésitant pas à recourir à l'hyperviolence la plus abjecte, pour saboter ces volontés, perspectives et programmes de développement...

 

Leurs "services spéciaux" (principalement : US, britanniques, israéliens et saoudiens) multipliant méthodiquement comme en Syrie, en Irak ou ailleurs (diviser pour régner...), sur fond de corruption, les attentats entre "communautés religieuses" (sunnites, shiites, chrétiennes, etc.) pour attiser les conflits et retarder le plus possible la croissance économique, et ses retombées positives pour les populations locales, du Pakistan et de sa région.

 

A ces "conflits religieux", sont rajoutés les "conflits ethniques", via de multiples mouvements autonomistes poussant comme des champignons. Plantureusement financés par l'Occident. La plupart articulés sur les trafiquants de drogue, seigneurs de guerre locaux et mafias diverses. Et, bien sûr, encensés par notre appareil de propagande, tous médias confondus, comme étant d'authentiques mouvements de "libération démocratique"...

 

Ainsi, ceux fomentés au Xinjiang étant étrangement similaires à ceux de la province du Baloutchistan où se trouve le port de Gwadar, à 120 km de l'Iran. Des mouvements terroristes transfrontaliers étant encadrés et puissamment soutenus par les occidentaux pour provoquer aussi des attentats dans le Baloutchistan Iranien voisin...

 

La France, dans tout ça ?...  Absente. Loin de ces fabuleux projets de développement, d'investissement, de croisssance et de prospérité, partagés avec tout un continent.

Nos diplomates sclérosés, nos badernes galonnées, nos médias putassiers, petit doigt sur la couture du pantalon de la servilité, la bedaine gonflée d'autosatisfaction d'avoir vendu 24 avions de guerre au Qatar (dont l'essentiel de la production, de la main-d'oeuvre, de la valeur ajoutée et de la marge bénéficiaire, est domicilié hors de notre pays...), après avoir donné des leçons de démocratie à la Russie en refusant de lui vendre des navires porte-hélicoptères Mistral...

 

Regardant le train de la réalité économique passer à toute vitesse sous les yeux, frétillant de béatitude pour avoir participé "en tant qu'invité d'honneur" au "conseil de gouvernement" de pétromonarchies aussi tyranniques qu'éphémères…

 

Emportées qu'elles seront par le vent de l'Histoire, créations artificielles issues du démembrement de l'Empire Ottoman, effacées par une bourrasque venue du désert dont elles ne sont qu'un décor de carton-pâte.

 

 

 

 

 

 


 

 

 



 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

 

 

 

 

La Journée de la Femme nous invite à prendre conscience. A ne pas oublier, aussi.
Je remets en ligne le texte publié à l’occasion de cette manifestation en 2011, rendant hommage à Aafia Siddiqui. Il y a deux ans…
Et, toujours d'actualité.
Le traitement infligé à cette femme de 41 ans, emmurée vivante dans les oubliettes de l’Occident, est une  condamnation permanente de l’hyperviolence, de la profonde hypocrisie, d’une idéologie et d’un système tant médiatique, politique, que judiciaire.

Déchiquetant La Dignité Humaine pour en nourrir leur Bonne Conscience.

 

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, archétype de l’Intellectuel-Tartufe célébrant les pires dérives de l’extrémisme sioniste dans l’histrionisme islamophobe. La citation empruntée à ce fanatique, encensé par la propagande, se veut donc une dérision relevant du gag : "L’arroseur-arrosé"...

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  
http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html
 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010,
http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010,
http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html

(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice,
http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010,
http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 

 


 

 

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 00:05

 

 

"Goodnight, sweet prince,
And flights of angels sing thee to thy rest."
Horatio à la mort d'Hamlet - Shakespeare 

 

 

 

 

 

Une brassée de pensées
Pour les enfants d’Afghanistan
De Gaza
,
du Pakistan
De Palestine, de Libye
Tués, cette année
Écrasés, ensevelis vivants
Sous nos bombes
Expédiées, livrées
Dans le papier cadeau
chatoyant
De  « La Communauté Internationale »
Avec le beau
nœud et ruban bleu
Au sigle de l’OTAN…


 massacre d'enfants 04-2010

 

Pic-Noel-Afghan--2-.jpg

 

 

Et ...
Que ceux qui ont conçu, exécuté, accepté
Complices
Ce Massacre des Innocents
Fier-à-bras
Titubant de violence repue
Rayonnant de Bonne Conscience
Rire silencieux
De leur lâcheté
Enivrés, imbibés, aveuglés
De leur mensongère,
Barbare “Modernité Démocratique”
Aillent brûler
Jusqu’à la Fin des Temps
Au fin fond des Galaxies
Dans les flammes de l’Enfer !

 

 

 

 

 

 


 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:25

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608.jpg

 

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, Cf. Personnalité de l’Année 2010, sur ce blog.

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010, http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010, http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html
(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice, http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010, http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 


 

                                       

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 04:00

 

 

Un salut complice à Boris Vian et Pierre Desproges

 

 

 

 

Le sort d'une espèce rare est en jeu dans son milieu naturel : la Bécasse !

 

Les derniers mois ont vu se multiplier les attaques, par La Résistance Afghane, contre les convois de ravitaillement de l’OTAN. Par dizaines, des camions sont détruits et brûlés. Particulièrement visés : les semi-remorques de carburant.

 


 

 

L’intensité de ces attaques représente en efficacité, performance, précision, l’équivalent de plusieurs escadrilles de bombardiers, équipés de missiles air-sol à guidage laser. Avec, en prime, des pertes civiles quasi-inexistantes.

 

La Résistance Afghane possède, ainsi, les meilleures forces armées au monde. Le “sommet” en termes de rendement d’une action militaire, qui est l’expression du ratio entre son coût et les résultats obtenus.

 

Toutefois...

 

 

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 .

 

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.

 

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.

 

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.

 

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Toutefois, ces destructions massives de camions de transport, de jour comme de nuit, présentent l'inconvénient de bloquer le réseau routier, jusqu’à la frontière du Pakistan.

 

C'est pourquoi "L’Association des Chasseurs à la Bécasse de Kandahar" (ACBK), particulièrement indignée devant le silence des médias internationaux indifférents au sort de ce précieux volatile, vient de saisir "La Communauté Internationale" pour se plaindre des regrettables bouchons causés par ces activités pendant les week-ends, empêchant de rejoindre les terrains de chasse.

 

Compte tenu du problème de déséquilibre dans l’écosystème engendré par l’impossibilité de chasser la Bécasse en temps voulu, l’Association espère qu’un arrangement sera trouvé avec l'OTAN. 

 

Il serait souhaitable, en effet, que cette organisation d'occupation militaire internationale ne fasse plus circuler ses convois à l'approche des week-ends. Les multiples carcasses de ses véhicules, immédiatement calcinés, y entravant la circulation routière et y constituant, en plus de ces incivilités, une pollution visuelle préjudiciable à la beauté des paysages.

 

D’autant plus que les fumées ainsi dégagées constituent, outre une grave atteinte à la couche d’ozone et à l’empreinte carbone, une gêne certaine pour le vol des Bécasses.

 

A n’en pas douter, dans sa diligence coutumière, le Conseil de Sécurité de l’ONU va se saisir de cette urgente problématique.

 

Sa “résolution” est attendue avec impatience.

 

 

(Agence de Presse Pouet-Pouet News)

 

 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 18:15

 

 

Ann Jones connaît, parcourt, l’Afghanistan depuis bientôt une dizaine d’années. Une exception parmi les journalistes américains, occidentaux, s’autoproclamant “spécialistes” de ce pays. Capable de décrire ce qu’elle voit, ressent. Estimant que son métier n’est pas de se limiter à imprimer ce qu’on lui dicte, ou veut lui faire dire.

 

Un de ses livres a connu un succès international : Kabul in Winter. En septembre prochain, sera publié son dernier ouvrage : War Is Not Over When It’s Over. Ils ne sont pas distribués, encore moins traduits, en France, mais peuvent être achetés via le libraire en ligne Amazon. Permettant de contourner, ainsi, la censure occulte qui régente notre monde de l’édition. (1)

 

Sa force, son originalité, sont de se préserver des pressions de l’énorme appareil de propagande de la “Coalition”, de conserver son indépendante de toute “ligne éditoriale”. Elle nous livre observations et réflexions sur son récent séjour dans ce pays, au milieu des troupes d’occupation US, dans un courageux article que je vous invite à lire (2).

 

 

 

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Accablée…

 

Ann Jones exprime compassion et chagrin. Face à ce gigantesque broyeur qu’est cette guerre coloniale. Eclatant, écrasant, déchiquetant, vies, espérances.

 

Celles des Afghans, en premier lieu. Mais, aussi, celles des jeunes soldats occidentaux jetés dans une guerre qui ne les concernent pas, dont ils ne comprennent rien. Leur seule volonté étant de fuir le chômage dans leur pays et “ramener une paye” à la maison.

 

Atterrée, aussi, par le niveau d’imbécillité, de gabegie, colossales, de l’appareil belliciste occidental.

 

Qui, progressivement, malgré censure et propagande, apparaît pour ce qu’il est : une gigantesque arnaque du lobby de l’armement et autres “fournisseurs aux armées”. S’en mettant plein les poches. Au détriment des contribuables concernés, à qui on dira qu’on doit se serrer la ceinture pour les retraites ou les frais médicaux…

 

Depuis les tentes sur-climatisées, par des générateurs géants fonctionnant avec du carburant qui revient à 100 US $ le litre. Jusqu’à ces ponts construits sur une rivière. Mais, sans aucune route d’accès : pas le temps, trop d’insécurité… Rouillant au soleil, dans les vents de sable.

 

L’essentiel étant : les statistiques !...

 

Prouvant la bonne utilisation de l’argent public. Qu’on construit des ponts. Qu’on réceptionne ciment, pièces détachées, véhicules, armes, munitions, et mille et un articles nécessaires, estimés “indispensables”, à la machine de guerre.

 

Seuls budgets non prévus : ceux des stations d’épuration des eaux usées et déjections des bases militaires occidentales. Pas de problèmes : tout cela est rejeté dans les rivières qui servent d’égouts à ciel ouvert (cas de l’énorme base de Bagram). Et, tant pis pour les Afghans et leur bétail…

 

Dans de multiples rapports, romancés par des galonnés, bureaucrates du gaspillage. Assurant que tout cela est encore insuffisant. Toujours plus de matériels, bulldozers, hélicoptères et, même, queues de langoustes…

 

Jusqu’à reconnaître, avec l’impassibilité d’un rond-de-cuir kafkaïen, que la logistique nécessaire au positionnement d’un seul soldat de l'Empire, en Afghanistan, atteint, et bientôt dépasse, un million de dollars par an.

 

Tragique constat d’une aventure militaire. Engendrée par un aveuglement idéologique, un analphabétisme géopolitique, une corruption effrénée de nos nomenklaturas…

 

Du témoignage d’Ann Jones, je retiens l'anecdote sur une pratique dont j’ai déjà entendu parler. Sa confirmation vaut tous les rapports, audits, prévisions, projections, anticipations, sur l’échec de l’invasion et de l’occupation occidentales en Afghanistan.

 

C’est la description d’une opération “gagner les cœurs et les esprits” (to win hearts and minds).

 

Pour satisfaire aux inévitables statistiques, on réunit régulièrement une “assemblée d’anciens”, de responsables de communautés, dans un village, pour aller prendre un thé, discuter, échanger, évoquer les fumeux projets de développement qui ne verront jamais le jour.

 

Prouver qu’on n’est pas une troupe d’occupation… Mais, porteur de démocratie, de civilisation…

 

Bien sûr, on ne respectera pas les usages qui sont de se déchausser avant d’entrer dans une maison où on circule sur une natte ou un tapis. Qu’importe !... On arrivera avec ses gros godillots.

 

De même, dans un pays où la tradition est de respecter ses invités, y compris son pire ennemi, garantissant sa sécurité, la politesse est de laisser les armes à l’entrée. 

 

Impossible !... Jusqu’aux lunettes de soleil qu’on gardera sur le nez.

 

On s’assoit donc et on prend le thé. Face aux “anciens”. Armes en mains ou sur les genoux…

 

Mais, comme on ne parle pas une des langues de l’Afghanistan, même pas la moindre bribe, qu’on ne connaît rien de ce pays, de son histoire, de ses traditions, de ses souhaits, et qu’on en a rien à faire, que reste-t-il ?... A part se regarder dans les yeux…

 

Eh bien, les soldats occidentaux, croulant de rires, se livrent à un concours de pets… (3)

 

Devant leurs interprètes Afghans, catastrophés…

 

Pour un Afghan, comme chez beaucoup d’autres peuples, il s’agit d’un comportement public des plus honteux. (4) Un manque de respect absolu à l’égard de ses hôtes, de ses interlocuteurs. Signe qu’on est incapable de se maîtriser, d’être un homme, d’être pris au sérieux.

 

And the winner is…

 

Soldatesque hilare…

 

Abrutie d’ignorance…

 

Hébétée de violence aveugle, dans l’écrasement d’un peuple auquel elle porte moins de considération qu’aux pélicans mazoutés du Golfe du Mexique ou aux thons rouges de Méditerranée.

 

Symbolisant, sans le percevoir, son propre destin scatologique, son devenir, sa réincarnation gazeuse, dans le rejet méprisant de la Nation Afghane…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)  Faites un test dans une grande surface de l’édition, type FNAC. Vous ne trouverez, sur cette région (de la Palestine à l’Afghanistan), aucun ouvrage récent qui ne soit pas dans “la ligne idéologique” néoconservatrice US et sioniste : anti-arabe, islamophobe, iranophobe, anti-palestinienne, etc. Ou, qui ne glorifie pas les interventions armées occidentales : “forces spéciales héroïques”, œuvre civilisatrice de l’OTAN, et autres fariboles…

Ce test sur la désinformation (je l’appelle : test “stalinien”…) est valable pour nos bibliothèques publiques ou municipales, centres culturels français à l'étranger, etc. : même résultat.

(2)  Ann Jones, Here Be Dragons - MRAPs, Sprained Ankles, Air Conditioning, Farting Contests, and Other Snapshots from the American War in Afghanistan, 1er août 2010, http://www.tomdispatch.com/blog/175280/

(3)  Farting contests, en anglais.

(4)  Sous nos latitudes, on en commercialise les bruyantes manifestations sous forme de sonneries téléphoniques...

 

 


 

 

 


 

 

 

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 00:30

 

 

 

"L'Amérique n'a eu jusqu'ici ni sens des responsabilités sociales ni législation autre que celle concernant les droits des possédants - réalité qui ne peut avoir aujourd'hui que des répercussions catastrophiques au sens d'un pur rapport de force."

Annemarie Schwarzenbach (*)

 

 

 

 

AlJazeera-Afpak-Welcome-Gallo-Getty-07-2010.jpg

 

 

 

(*)  Annemarie Schwarzenbach - Cincinnati (Ohio) - février 1938 -  http://www.moncelon.com/annemarieicono.htm  

 

Photo - source : http://english.aljazeera.net/focus/2010/07/201072811155152491.html

 

 

 

 

 


 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 10:59

 


"L'erreur de bonne foi est de toutes la plus impardonnable !"

Jacques Lacan

 

 


Quatre enfants ont été tués par un missile antichar tiré par les forces d’occupation françaises, en Afghanistan. (1)

 

C’était le 6 avril dernier.

 

Par erreur. Evidemment.

 

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, vient de s’en excuser, depuis son séjour à Mexico, le 29 avril. Vingt-trois jours après ce massacre…

 

Quelle réactivité !

 

Il dit le « regretter profondément ».

 

Dur. Dur. Il ne pouvait pas dire qu’il ne savait pas…

 

Nous, non plus.

 

 

massacre-d-enfants-04-2010.jpg

 

 

Mais rassurons-nous, cet évènement malheureux est exceptionnel. Les troupes françaises ne les ont pas vus, ils étaient abrités derrière des arbres

 

Alors qu’eux ont respecté toutes les procédures de tir…

 

On n’a pas idée de se cacher derrière des arbres quand on vous tire dessus !...

 

Comment respecter à la fois les procédures de tir et les Droits de l’Homme et de l’Enfant ?... Un vrai casse-tête, à gérer sous un casque…

 

Procédures ?...

 

Oui, en Afghanistan, on tire des missiles "antichars" (2) contre des résistants qui n’ont pas de chars… Cela s’appelle "respecter les procédures". C'est-à-dire : tirer dans le tas, n’importe quoi, n’importe comment.

 

Mon pays serait occupé…

 

Mes enfants seraient massacrés…

 

Par des troupes étrangères, plus d’une quarantaine de nationalités venant d’Europe, d’Amérique, d’Australie, ou d’ailleurs…

 

Sortiraient de chacun de mes pores, couteaux, grenades, bombes et fusils, pour chasser cette bande de salopards.

 

Car pour massacrer des enfants, il faut être les derniers des salopards.

 

 


 

 

 



(1)  AFP, 30 avril 2010,

http://www.france-info.com/ressources-afp-2010-04-30-morin-regrette-pronfondement-la-mort-de-4-enfants-afghans-tues-par-l-436000-69-69.html

(2)  Coût minimum d'un poste de tir de missile "Milan" : 100.000 euros. Coût  minimum d'un missile antichar : 15.000 euros. Pour faire des "cartons" sur des civils, y compris vieillards, femmes et enfants.

A la charge du contribuable français, à qui on dira qu'on ne peut pas rembourser ses médicaments ou revaloriser sa retraite...

 

Crédit Photo : http://teomankaiser.blogspot.com

 

 


 

 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 17:33


«  La guerre en Algérie est une lutte imposée à la France par une minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes, armés et soutenus financièrement par l’étranger. »

Extrait du Manifeste des Intellectuels Français (1)

 

 

 

Et, 30.000 de plus !…

 

L’escalade.

 

Telle est la décision d’Obama, pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan : envoyer des troupes supplémentaires. Juste avant d’aller chercher son Prix Nobel de la Paix à Stockholm.

 

Il est vrai que les traîneurs de sabre du Pentagone en souhaitaient 80.000… A défaut, ils vont donc à coups de pied au derrière de leurs « alliés », vassaux, auxiliaires et autres supplétifs, en extraire quelques milliers de plus…

 

Résultat recherché par l’équipe Obama : remonter dans les sondages US ! Objectif atteint. D’après l’organisme Gallup, sa cote de « popularité » serait remontée de 47 % à 52 %. (2)

 

Nous ne sommes plus dans l’utopie démocratique, où règneraient raison et justice, mais dans l’émotionnel, le fugitif, la poudre aux yeux. Car les questions des sondages, habilement formulées, avaient pour toile de fond l’engagement d’Obama de retirer les troupes d’Afghanistan, d’ici 18 mois. Ce que souhaite, en fait, la majorité des américains : le retour de leurs soldats « at home ».

 

On a vu ce que les engagements du « nouveau Président » valaient : les américains attendent toujours le retrait des troupes US d’Irak. Quant au centre de détention et de torture de Guantanamo, au procès public et équitable de ses internés, le reste du monde attendra.

 

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Il n’est pire sourd…

 

Refusant d’écouter le nouvel ambassadeur US à Kaboul, nommé en mars 2009, Karl Eikenberry. Cet ancien général, opposé à de nouveaux envois de troupes, a remué ciel et terre pour faire comprendre à Washington que la solution n’était pas militaire mais politique :

 « Les problèmes américains en Afghanistan ne vont pas être résolus en tuant des gens, mais en aidant les Afghans à mettre en place des institutions gouvernementales fiables. » (3)

 

Les analystes les plus chevronnés de l’appareil de défense US, dès qu’ils ont la liberté de parole, insistent sur la nécessité de mettre un terme à l’aventure militaire, en Afghanistan mais aussi au Pakistan. Ainsi James Clad, ancien du Pentagone, dont la vision géopolitique est d’une rigoureuse clarté :

« Nous devons trouver la solution dans le cadre d’un règlement régional qui doit inclure l’Iran, la Chine, la Russie et l’Inde, dans un consensus global. » (4)

 

Les Russes, instruits de l’expérience de leur guerre en Afghanistan ne manquent pas de prodiguer leurs conseils de modération. Tel le général Igor Rodinov, qui a commandé les 120.000 hommes de la 40° Armée pendant 10 ans en Afghanistan, avant de devoir le quitter dans la défaite :

« Ils (les USA et leurs alliés) doivent comprendre qu’il n’y a aucune chance de succès militaire… Il s’agit d’un problème politique que nous avons été totalement incapables de résoudre par notre approche militaire. » (5)

 

De nombreux américains, citoyens, intellectuels, responsables, se mobilisent, contre cette folie guerrière. Sans être entendus… Beaucoup aux USA, hors les médias de la propagande ne cessant, avec Patrick Cockburn, de réclamer, manifester, pour le respect du droit à l’autodétermination, et laisser l’Afghanistan aux Afghans :

« Leave Afghanistan to the Afghans ! ». (6)

 

Tel Anthony DiMaggio dénonçant le « cynisme d’Obama » de prendre, avec son parti et son clan, une décision militaire uniquement dans un but électoraliste, celui de la préparation des élections présidentielles US de 2012 : La Politique du Cynisme - Afghanistan et les élections de 2012. (7)

 

Ou encore, Paul Craig Roberts, ancien ministre du Budget US, stigmatisant la « double fraude d’Obama », militaire et sociale :

« … Tout l’argent public a été dépensé pour financer les banques et les guerres. Le peuple américain, excepté les 1 % “superriches”, a été abandonné ». (8)

 

Dans une analyse décapante, Gary Leupp, historien spécialiste de l’Asie, mettant en lumière les réflexes idéologiques d’Obama :

« Obama est un politicien de la haute bourgeoisie traditionnelle qui, avec son Ministère des Affaires Etrangères, identifie les intérêts des multinationales américaines avec les intérêts « nationaux » ; persuadant ces derniers de se battre pour eux. Ou du moins, d’employer les soldats américains de se battre et de mourir pour eux ». (9)

 

D’autres, comme Susan Galleymore, militante de la paix pour avoir perdu un fils en Irak, rappelle, dans cet “Arc de la Guerre” allant de la Palestine à l’Afghanistan, l’écrasante responsabilité des USA :

« Reconnaître l’irréfutable évidence de “l’Arc d’Avilissement” qu’est la guerre, c’est l’obligation d’assumer notre responsabilité… et faire en sorte de ne plus jamais en accabler notre monde et ses populations ». (10)

 

Rien à faire.

 

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

 

Et, puis Business is Business Les experts et milieux d’affaires disent que c’est excellent pour l’économie. Exemple ? Isabel Sawhill, senior fellow dans le Think Tank néoconservateur The Brookings Institution, estime que les dépenses de guerre stimulent l’économie  (11) :

« Toute dépense, même une guerre, peut être bonne pour l’économie. C’est grâce à cela que nous sommes sortis de “La Grande Dépression” des années 1930. » (12)

 

Conséquence : la bride est lâchée.

 

Terminator va pouvoir faire joujou avec tous ses gadgets mortifères. Les lobbies de l’armement, s’en mettre plein les poches.

 

AFGHANISTAN CHILD

 

Terminator danseuse “de luxe” des pays en faillite

 

Je ne sais si c’est le chiffre de « 30.000 », mais l’obstination du lobby militariste US, l’aveuglement de son état-major, me font penser à ceux du Portugal, en 1970, dans sa guerre pour maintenir son emprise sur le Mozambique.

 

Le général McChrystal, nouveau patron du dispositif occidental en Afghanistan, le plus fanatique des promoteurs de cette « escalade », semble le clone du général portugais Kautza de Arriaga.

 

Ce « fou de guerre » exerçait, à l’époque, son génie militaire dans cette partie du monde, que les « colonialistes » considéraient comme partie intégrante du Portugal. Ce fut une des plus atroces, des plus barbares guerres coloniales que des européens « pétris de valeurs » aient menées…

 

Archétype de ces généraux « jusqu’au boutistes » qui jalonnent l’histoire des guerres coloniales. Je l’ai évoqué dans un texte sur le poignant témoignage de la romancière portugaise Lidia JorgeLe Rivage des Murmures :

 

« … Mozambique, en 1970. Au plus fort de la guerre. Le général Kautza de Arriaga avait déclenché une opération de grande envergure avec 35.000 hommes et une centaine d’avions et d’hélicoptères près de la frontière tanzanienne. L’objectif étant de récupérer la ville et la région de Muda, que la résistance avait libérées.

Ce genre d’opérations folles, la « der des der », rêvées par des états-majors incapables de comprendre les mécanismes inexorables d’une guerre menée par une
Nation pour sa Libération. Plus d’hommes, plus de matériel et plus d’argent, disent-ils, et nous éradiquerons ces indépendantistes, ces terroristes, ces insurgés, qui mettent en danger la civilisation occidentale

 

Les militaires portugais n’avaient pas retenu la leçon des récentes guerres d’indépendance des colonies françaises d’Indochine quinze ans plus tôt, ou d’Algérie huit ans plus tôt. Ils se croyaient plus forts… »

 

Vieille rhétorique belliciste, coloniale, de ces Terminator galonnés.  Increvable. Encore un effort, clament-ils, le dernier, et on va gagner ! La Der des Der… Comme en 14, chaque guerre coloniale, chaque expédition. Chaque « opération » même,  avec son nom pour marquer la campagne de communication, ou de propagande plutôt, comme les marques de lessive ou de jeux vidéos.

 

En fait, jusqu’à ce qu’ils aient déplacé l’intégralité de la population dans des camps de réfugiés, après en avoir exterminé le plus possible : hommes valides, jeunes et vieux. Pas d’état d’âme : ce ne sont que des rebelles, des insurgés, des terroristes, ou s’ils ne le sont pas, ils en sont des sympathisants, sauvages, barbares.

 

Les enfants ?… Tués ? Amputés ? Traumatisés ? Brûlés ? Ensevelis vivants dans les bombardements ? Dégâts collatéraux, inévitables. Comme les effets secondaires dans un traitement de choc. C’est à ce prix, qu’on sauve les Civilisations. 

 

Le prix…

 

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Et, le coût ?…

 

Rien qu’aux contribuables américains, le coût de la guerre en Afghanistan atteindrait 228 milliards de dollars, à ce jour. En 2009, 60,2 milliards de dollars auraient été dépensés pour les seules actions militaires. Avec un rythme d’augmentation exponentiel : de 3,5 milliards de dollars par mois sous Bush, on est passé à 5 milliards de dollars par mois avec Obama. (13)

 

Encore plus vertigineux : Le Center for Defense Information fait apparaître un montant “budgété” par le Congrès des USA, de 300 milliards de dollars pour toutes les dépenses US, en Afghanistan ou liées aux actions le concernant, forces armées, agences et ministères divers, y compris dépenses de maintenance ou médicales, pour l’année fiscale 2010. Contre 173 milliards en 2009, et 140 milliards en 2008.

 

Obama et les « Démocrates » font plus fort, que Bush et les « Républicains »…

 

Depuis l'invasion de l’Afghanistan, en 2001, le montant cumulé des dépenses des USA liées à l’Afghanistan, militaires et civiles, atteint le montant astronomique de 739,8 milliards de dollars (14).

 

Tout cela, comme le rappelle Jones, un des conseillers US à la Défense Nationale (National Security Adviser), alors que les Talibans ne sont pas “de retour”, et que les membres d’Al-Qaida seraient moins d’une centaine en Afghanistan… (15)

 

D’ailleurs Gates, le patron de la CIA, le reconnaît : après huit ans de guerre de haute technologie, on ne sait toujours pas où se trouve Ben Laden qui est connu souffrir des reins et être sous dialyse… (16). Parallèlement, d’après les propres rapports de l’ONU, la culture de l’opium, depuis le contrôle et l'administration du pays par les USA et l’OTAN, a mystérieusement décuplé…

 

Des milliards par centaines, de quoi transformer l’Afghanistan en un pays aussi arboré et prospère que la Norvège…


Mais, où va tout cet argent ?… Aspiré comme le sont les galaxies par un gigantesque Trou Noir, non plus intersidéral mais financier. 

 

Encore, n’a-t-on de disponibles que les chiffres US. Connaissez-vous le montant des dépenses françaises pour l'Afghanistan ?… Le coût mensuel de notre corps expéditionnaire : avions, blindés, transport, logistique ? Pour un Etat en faillite, comme ne cesse de le répéter le Premier ministre français, la gestion devrait se faire au centime près, dans la transparence.

 

Et, l’OTAN ?… Cette énorme machine bureaucratique, qui regroupe directement ou indirectement, au-delà des pays européens, tous les satellites américains : Corée, Taiwan, Japon Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.

 

Ce que la France verse en contributions à l’OTAN, chaque année ? Les matériels et personnels que la France met à la disposition de l’OTAN, en termes de coûts pour le contribuable français ?…

 

Et, ce que l’OTAN jette par la fenêtre sous la rubrique « Afghanistan » ?… Dans les caisses de ce pôle d’incompétence, de gaspillage, dans l’impunité. Incapable de redresser ses échecs, accumulés depuis 8 ans en Afghanistan.

 

Impossible de savoir. Aucun débat public.

 

L’OTAN, véritable pôle antidémocratique, aussi. Ses dirigeants, dont on ne sait d’où ils sortent si ce n’est de tout sauf du suffrage universel. Parlant d’égal à égal, aussi arrogants que mégalomanes, avec les responsables élus des peuples européens. Réclamant sans cesse, eux aussi, plus d’argent, d’hommes et d’engagements, pour satisfaire les visions bellicistes et paranoïaques de cette organisation devenue ingouvernable. Sauf par le lobby de l’armement…

 

Toutes ces dérives illégitimes, dans le culte de l’opacité, du mensonge et de la gabegie. Induites par un appareil militaro-industriel, aux mains d’une oligarchie, d’une caste, qui échappe totalement au contrôle démocratique, celui des contribuables, de la collectivité, du peuple.

 

L’avez-vous remarqué ?… Dans nos pays occidentaux, les plus riches du monde, on multiplie les opérations de charité publique pour nourrir le pauvre, soulager le malade, financer la lutte contre les maladies.

 

Car, l’Etat n’a jamais assez d’argent pour financer le système de santé de la collectivité, les œuvres sociales, médicales. Il n’a même pas de quoi payer les heures supplémentaires de ses propres fonctionnaires, du moins les subalternes. Encore moins, la recherche médicale.

 

C’est tellement difficile de gérer un « Etat en faillite »…

 

Bizarrement, le même Etat n’éprouve jamais le besoin d’organiser des collectes publiques pour financer des investissements militaires, des expéditions coloniales ou des guerres lointaines. Les dons et versements s’affichant en temps réel sur un tableau lumineux. Genre : “TeleBomb”, ou “BombAction”… Avec leurs petits rubans, leurs T-shirts, leurs campagnes médiatiques : bals, dîners de gala, concerts, ventes de CD ou DVD…

 

Non. Miracle ! Tous les budgets sont disponibles, à tout moment, pour tout montant. Instantanément. Comme pour renflouer les banquiers véreux. Dans la discrétion…

 

Normal.

 

« Défendre La Civilisation » n’est-il pas prioritaire ?…

 

 

 

 

 


 

1)  Paru dans Le Figaro et Le Monde, le 7 octobre 1960. Parmi plus de 300 signataires, approuvant la guerre coloniale en Algérie, avec ses massacres, tortures et destructions, figuraient :
Chaunu, Dorgelès, Maulnier, Pauwels, Michel de Saint-Pierre, Nimier, Déon, Blondin, Romains, Henri de Monfreid, Gabriel Marcel, Jacques Laurent, André François-Poncet, Gaxotte, Pierre de Bénouville, le colonel Rémy, le maréchal Juin, etc…

2)  Eli Clifton, « Surge » sends Obama soaring, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df03.html

3)  Karl Eikenberry : « America's problems in Afghanistan weren't going to be solve by killing people, but by helping the Afghans build credible governing institutions ». Cité par Mark Perry, The day the general made a misstep, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df04.html 

4)  James Clad : « We will need to anchor the result in a regional settlement - one that draws Iran, China, Russia and India into a common purpose ». Cité par Mark Perry, Op. Cit.

5)  Général Russe Igor Rodionov : « They [the U.S. and its allies] have to understand that there is no way for them to succeed militarily…It is a political problem which we utterly failed to grasp with our military mindset ». Cité par Conn Hallinan, Obama's Escalation - An Af-Pak Train Wreck,  http://www.fpif.org/fpiftxt/6620, 7 décembre 2009.

6)  Patrick Cockburn, Leave Afghanistan to the Afghans – Why Afghans Oppose the Escalation, 9 novembre 2009, http://www.counterpunch.org/patrick11092009.html

7)  Anthony DiMaggio, Obama, Afghanistan and the 2012 Elections – The Politics of Cynicism, CounterPunch, 9 décembre 2009.

8)  Paul Craig Roberts, The Twin Frauds of Obama, Afghanistan and Elkhart, Indiana, 4 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/roberts12042009.html :

« … In other words, all the public’s money has been spent on the banks and the wars. The American people, except for the one percent of super-rich, have been abandoned. »

9)  Gary Leupp, Obama as Hamlet, Wrestling With the Question of Afghanistan, CounterPunch, 24 novembre 2009 :

« Obama is a traditional bourgeois politician who with his State Department identifies corporate U.S. interests  as “national” interests and probably can be persuaded that they’re worth fighting for. Or rather, using U.S. troops to fight and die for. »

10)  Susan Galleymore, The Caualtie of Toxic Warfare – Global Connection an the Arc of War, 1 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/galleymore12012009.html :
« As we recognize the incontrovertible evidence in the arc of degradation that is war we must accept our responsibility for it...and ensure we no longer contaminate our world or its people ».

11)  Isabel Sawhill : «  Any kind of spending - even a war - can be good for the economy. That's how we got out of the Depression in the 1930s. ». Cité par Matthew Rusling, Afghanistan costly, but no budget buster, 11 décembre 2009, http://news.xinhuanet.com/english/2009-12/11/content_12629827.htm 

12)  Cf. La Grande Dépression : http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression

13)  Chiffres énoncés par Jo Comerford, directeur du National Priorities Project, cité par Pepe Escobar in Stuck in Kabul, With Saigon Blues Again, 8 octobre 2009, Asia Times, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KJ08Df01.html

14)  Consulter le tableau des montants répertoriés année par année : "The Cost of Iraq, Afghanistan, and Other Global War on Terror Operations Since 9/11," Amy Belasco, Congressional Research Service Report for Congress, RL33110, p. CRS–6); and Center for Defense Information, "Defense Budget Tutorial : So, You Think You Know the Cost of the Wars?" Web: www.cdi.org. et http://www.infoplease.com/ipa/A0933935.html

15)  In Pepe Escobar, Op. Cit.

16)  Al-Qaïda: les Américains ignorent où se cache Oussama Ben Laden (Gates), 6 décembre 2009, http://fr.rian.ru/world/20091206/185628167.html

 


 

Photos d’enfants Afghans victimes des bombardements occidentaux :

i)  Brûlé lors de l’écrasement de sa maison 

ii) “Réfugié” à la suite de la destruction de son village

iii) Mutilé à la suite de "dégâts collatéraux"

 


 

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 16:29

 



La mort, toujours injuste, souvent stupide…

 

Quatre soldats français viennent de la rencontrer en Afghanistan. Et, les nombreux blessés de la frôler…


A 50 km de Kaboul. (1)

 

Je m’incline à leur mémoire et pense, avec compassion, à leurs proches.

 

Trois d’entre eux auraient été emportés par la foudre, un orage de grêle, de coulées de boue, de rivières en crue.

 

Nous dit-on.

 

Le quatrième aurait perdu le contrôle de son véhicule blindé, s’écrasant dans un ravin avec ses compagnons, grièvement atteints. Glissant sur une flaque boueuse, probablement.

 

Ou, peut-être, une plaque de verglas…

 

Tués par le « terrorisme météorologique ».

 

Waterloo, morne plaine, disait le poète…

 

Afghanistan, cruelles montagnes…

 

Mensonge.


 

 

Depuis ces dernières semaines, le temps est superbe en Afghanistan.

 

A Kaboul, les températures quotidiennes, minimales et maximales, de 16°C à 30°C. Avec un vent ne dépassant pas 5 kmh.

 

Lundi dernier, à 22h, la température était d’une douceur de 22°C, et la luminosité extraordinaire.

 

Pas une bourrasque, pas un nuage, pas une goutte de pluie. Sur tout le pays.

 

Désespérément sec.

 

Magnifiquement beau.

 

Que les incrédules consultent les images et animations satellitaires des sites "météo" (2). Ils n’y trouveront aucun nuage, ni signalement d’orage sur l’Afghanistan.

 

Une température et une période idéales pour visiter ce pays, aux paysages sublimes, s’il n’était ravagé des guerres imposées par les envahisseurs, depuis des décennies.

 

Ainsi, pour dissimuler la perte de ses meilleures troupes dans une guerre coloniale, face à un mouvement de résistance de plus en plus déterminé, la hiérarchie militaire, encouragée par la nomenklatura, utilise le mensonge.

 

D’un coup de crayon.

 

Les zozos de la propagande ont déplacé l’ouragan qui s’est abattu, au même moment, sur les Philippines en Afghanistan. Imaginant profiter de la confusion des images télévisuelles, dans une opinion publique qui ne sait pas que les Philippines sont dans une zone tropicale, à des milliers de kilomètre de l’Afghanistan.

 

Coulées de boue, orages de grêle, rivières en crue…

 

Sacrifier ses hommes dans un combat stupide, sanguinaire, ne suffit pas à la hiérarchie militaire.

 

Encore faut-il, par le mensonge, les ridiculiser dans une mort d’opérette. Tout juste s’ils ne sont pas prêts à travestir la mort de leurs soldats en celle de vieilles anglaises glissant sur une peau de banane, à la sortie de leur club de bridge…

 

Morts au combat, face à des résistants quasiment sans armes ni équipement, défendant l’indépendance de leur nation avec pour seule énergie l’espérance ? Jamais ! N’importe quoi, mais pas ça !

 

L’important est de dissimuler le bourbier colonial dans lequel, par affairisme d’une oligarchie de privilégiés, on enfonce la France. Claquant des milliards dans les poches des lobbies de l’armement et des traîneurs de sabre, pendant qu’on demande au pays de se serrer la ceinture. La crise…

 

Schéma classique, me direz-vous.

 

Sans remonter jusqu’à l’affaire Dreyfus, où la hiérarchie militaire n’hésitait pas à forger des faux pour manipuler l’opinion et la justice, on sait que les guerres d'indépendance coloniales, d'Indochine et d’Algérie, ont foisonné de mensonges militaires. Couverts par les politiques et véhiculés par les médias.

 

Mais, à l’époque, nombreux étaient les citoyens courageux menés par les Zola, Blum, Jaurès, puis Sartre, Genet, et tant d’autres, pour dénoncer mensonges et ignominies des castes militaires et affairistes au pouvoir.

 

Quand une armée ment à la nation, elle n’est plus une armée nationale mais une milice, une organisation de mercenaires, au service d’une caste.

 

Quand une caste au pouvoir refuse le recours au suffrage universel pour valider une expédition militaire, dont on sait que la majorité du pays la refuse, nous ne sommes plus dans une démocratie.

 

Nous sommes dans un « totalitarisme » pur et simple.

 

Certes, ce n’est plus le totalitarisme CNB (Chemises Noires & Brodequins) de citoyens embrigadés, mais un totalitarisme PST (People, String & Tong) de consommateurs anesthésiés.

 

A la mode romaine : Panem et Circences, du Pain et des Jeux…

 

Oubliant ces soldats disparus dans une mort injuste, stupide et tragique.

 

Tragique, du mensonge de leurs chefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

1) http://www.ladepeche.fr/article/2009/09/28/681977-Afghanistan-Quatre-soldats-francais-tues.html

2) Parmi les sites « météo », consulter par exemple :

http://fr.weather.yahoo.com/AFXX/AFXX0003/index_c.html

ou encore :

http://monde.meteofrance.com/monde/previsions?MONDE_PORTLET.path=previsionsvilleMonde%2F40948


 

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Published by Georges Stanechy - dans AfPak : Afghanistan-Pakistan
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