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Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre la Prédation
 
 

Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 05:00

 

 

« Cette pensée, moins faible qu’elle n’est débile, capitule en réalité devant le scientisme et son compère le (libéralisme de) Marché. »
Augustin Berque  (1)

 

 

 

Les digues de la censure craquent de toutes parts…

 

Une à une, maintenant par paquets, les informations, surnageant, se répandent. Dans tous les sens.

 

Oui, le mirage du "Gaz de Schiste" que les pétroliers, avec leur colossal appareil de "désinformation-intoxication", nous présentaient comme la pierre philosophale, la révolution de "l’Indépendance Energétique", se révèle pour ce qu’il est : une arnaque à la crédulité. Une escroquerie pour "gogos" béats, anesthésiés, imperméables à tout esprit critique.

 

Malgré les mises en garde répétées de nombreux spécialistes, observateurs et analystes. (2) Etouffées, il est vrai, par nos médias s'autoproclamant "décrypteurs de l’information"…

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L’un des géants du métier ExxonMobil, dans son rapport 2013, nous assurait qu’à partir de 2025, grâce aux gaz de schiste, les Etats-Unis deviendraient exportateurs nets d’hydrocarbures !...
Prévisions confortées auparavant par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), dans son rapport 2012, annonçant qu’à partir de 2017, l’Arabie saoudite perdrait sa place de premier producteur mondial de pétrole au profit des Etats-Unis… (3)

Normal…

 

Le secteur de l’énergie et celui des mirobolantes "Nouvelles Technologies" ne sont-ils pas des adeptes de ces effets d’annonce, créations de bulles à répétitions ?... Relevant davantage de divagations rocambolesques, étayées par d’impitoyables calculs cyniques, pour faire les poches du chaland, que d’une approche sérieusement industrielle et scientifique.

 

 

Fantomatiques " réserves prouvées "

 

Souvenons-nous de l’arnaque Enron

 

Gigantesque entreprise de production, de négoce, d’énergie électrique et de gaz naturel, dont le siège était à Huston au Texas, qui atteignait un chiffre d’affaires, en 2000, de 101 milliards de dollars. Classée six années consécutives par la célèbre publication Fortune, spécialisée dans la finance et l’économie mondiales, comme étant la société américaine la plus innovante ("America's Most Innovative Company")…

 

Avant de faire faillite le 2 décembre 2001, pour multiples, systématiques, remarquablement organisées, fraudes et manipulations comptables. Entraînant dans sa chute le célèbre cabinet international d’audit et de certification Arthur Andersen

 

En écritures comptables, le gaz de schiste n'échappe pas à des cabrioles similaires… Plus particulièrement dans la surévaluation des « réserves prouvées » de gaz de schiste. "Prouvées" comment ? Par qui ? L’entreprise elle-même, agissant en juge et partie ?...

 

La décrue commence. Par prudence, la plupart des intervenants sur le marché nord-américain viennent de revoir à la baisse l’évaluation de ces actifs artificiellement gonflés dans leurs bilans, publications et déclarations. Déjà en 2013, ils ont diminué collectivement de plus de 35 milliards de dollars leurs estimations de réserves antérieurement « prouvées » (BHP Billiton, British Petroleum, Chesapeake Energy, EnCana, SouthWest Energy, etc.). Soit une diminution moyenne de 20%... (4)

 

Encore plus impressionnant : le mirifique gisement gazier de Marcellus (Marcellus Shale), réputé un des plus importants bassins de gaz de schiste du monde, vient d'être révisé à la baisse… Situé, réparti, dans les sous-sols de quatre Etats : Etat de New-York, Ohio, Pennsylvanie, et Virginie de l’Ouest. Chute vertigineuse dans l’actualisation du chiffrage des réserves : de 410 "tcf" (trillion cubic feet) on tombe à 50 "tcf" !… Huit fois moins.

 

Drastique révision qui n'épargne pas, non plus, un autre des gisements "géants" de l'Amérique du nord, celui de Monterey en Californie. La "US Energy Information Administration" (US EIA) vient de lui infliger un cataclysmique  coup d'éponge : moins 96 % !... (5)  Alors que les "pétroliers" affirmaient qu'il représentait, d'après leurs "scientifiques mesures" : 64 % des réserves en gaz de schiste des Etats-Unis...

 

C'est à partir de telles estimations exagérées que de multiples "études", certaines cautionnées par des universités (l'Université de Californie dans le cas du gisement de Monterey), avaient élaboré courbes et certitudes sur la création de millions d'emplois, de fabuleuses rentrées fiscales, et autres rêves à  la Perrette et son pot au lait...

 

Jusqu’à l’AIE, qui reconnaît son erreur d’appréciation et de prospective !

 

Infirmant ses triomphales annonces sur les "100 ans à venir d’indépendance énergétique" grâce au gaz de schiste. Non seulement les réserves de gaz de schiste s’avèrent un mythe, par la faiblesse des réserves et leurs coûts d’exploitation prohibitifs, mais les grands gisements traditionnels s’épuisent : Bakken dans le Dakota du Nord et Eagle Ford au Texas.

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

Pour admettre dans son rapport de ce mois de juin que, dès 2020, les Etats-Unis vont connaître une forte baisse de leur production nationale d’hydrocarbures :
"... output from North America plateaus [from around 2020] and then falls back from the mid-2020s onwards." (6)

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Et, comme les Etats européens, devenir : "fortement dépendants des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient" (increasingly dependent on Middle East supplies)…

 

Y déverser le Mississipi…

Les techniques de forage des gaz de schiste par fracturation des roches, d’où l’appellation "fracking" employée par les professionnels, avec un mélange sous pression, d’eau, de sable et de produits chimiques, nécessite de titanesques besoins en eau. Dans le meilleur des cas, la quantité d’eau injectée sous pression n’est réutilisable qu’à proportion de la moitié. Les relevés et constats actuels affichant des chiffres de consommation impressionnants (7) :
« … un forage nécessite quelque 20 millions de litres d’eau, soit la consommation quotidienne d'environ 100.000 habitants ! ».

 

Compte tenu du fait qu’il est nécessaire, à production équivalente, de forer entre 50 et 60 puits, à faible "durée de vie extractive", contre un seul puits pour les forages d’hydrocarbures traditionnels du Moyen-Orient ou de Mer du nord par exemple, dont la "durée de vie" est quatre ou cinq fois supérieure, quels seraient les besoins en eau d’un pays pour assurer son "indépendance énergétique" à partir de l’extraction du gaz de schiste ?...

En clair, pour arriver à  propulser les Etats-Unis devant un pays producteur d’hydrocarbures classiques, Arabie saoudite ou autre, il faudrait des millions de puits alimentés par un débit en eau équivalent à celui du Mississipi… Oui : pourquoi ne pas détourner le Mississipi dans un réseau de tuyaux, en toiles d’araignée connectées, pour alimenter cette forée de forages au paradis du gaz de schiste ?...

 

C’est, pour nos oligarchies, prendre leurs désirs pour la réalité. Ou, considérer leurs concitoyens en "abrutis" dont la crédulité tiendrait de la béatitude imbécile. L’arnaque étant ficelée avec de la corde de chanvre aux couleurs zébrées "fluo".

 

Dans nos pays, où l’eau devient de plus en plus une denrée rare en raison de la consommation exponentielle de nos modes de vie citadins, comment trouver ces millions de m3 pour extraire des gaz de schiste aux « réserves prouvées – introuvables » ?... Question encore plus préoccupante, dans des régions ou pays, du fait de leur contexte climatique, où l’eau constitue un enjeu majeur, voire de survie ?...  

 

Phénomène encore plus curieux : voir surgir, fabuleux mirages, des projets pharaoniques d’exploitation de gaz de schiste dans des pays leaders mondiaux de la production de gaz naturel, comme l’Algérie, soumis à un conditionnement climatique les obligeant à la plus grande vigilance dans la gestion de l’eau… (8)

 

De nombreux Algériens ont réagi devant l'énormité de l'esbroufe concernant leur pays, en formulant de pertinentes réflexions critiques sur le sujet, et le cœur du problème : l’eau !... Démasquant, au passage, les manœuvres de certains Etats occidentaux. (9)

 

A ces aberrations aussi coûteuses que désastreuses s’ajoutent d’autres, tout autant dévastatrices. Deux, tout particulièrement.

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L’une : la multiplication des glissements de terrain, effondrements de sols, et tremblements de terre localisés, conséquences de l’impact des techniques de fracturation des roches souterraines. En atteste la densification des alertes émises par de nombreux géologues et stations d’observation spécialisées.

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Multipliés par 6 entre 2000 et 2011, aux Etats-Unis. Contrecoups telluriques extrêmement dangereux dans les zones habitées, ou comportant des ouvrages d’infrastructure aux paramètres de stabilité géologique impératifs, type barrages, etc. (10)

L’autre : l’extrême toxicité des produits chimiques employés dans cette technique d’extraction pour renforcer le pouvoir pénétrant et dissolvant de l’eau sous pression. L’eau ainsi polluée, restée prisonnière des roches, par migration souterraine pénètre, et se mélange avec, les nappes phréatiques. Créant des menaces aux conséquences inimaginables pour la santé humaine dans son alimentation en eau potable, mais aussi via les productions agricoles et l’élevage.

 

Des parlementaires américains se sont préoccupés des risques. Dans un rapport publié en 2011, soigneusement étouffé par les médias pendant 3 ans, ils estiment qu’entre 2005 et 2009, les entreprises d’extraction ont utilisé sur le territoire américian environ 94 millions de gallons (1 gallon = 3,7879 litres) de 279 produits chimiques toxiques. (11)

 

Chacun de ces fluides ou adjuvants contenant au minimum un produit chimique inconnu, volontairement ou involontairement, de bonne ou de mauvaise foi, de l’utilisateur. Les sociétés chimiques, fournissant les agents toxiques, lui opposant le principe du "secret de fabrication".

 

La commission parlementaire, effarée par cette insolente manifestation de "la main invisible du marché", livrant un constat accablant d’inconscience :

« Les entreprises d’extraction injectent donc des fluides contenant des produits chimiques qu’elles sont incapables d’identifier »

(In these cases, the companies are injecting fluids containing chemicals that they themselves cannot identify). (12)

 

Parmi ceux-ci, des substances fortement cancérigènes, tout spécialement : le naphtalène, le benzène et l’acrylamide. Ou encore, des polluants atmosphériques ravageurs, tels que le fluorure d’hydrogène, le plomb et le méthanol. (13)

 

 

Le plus stupéfiant est de voir, en France, au moment où les escrocs au gaz de schiste sont pris les doigts dans le pot de confiture en Amérique du nord, médias et lobbies soutenir pareille absurdité, économique, environnementale. Suicidaire.

 

S’insurgeant, dans leur zèle inquisitorial, accusateur, contre le "principe de précaution", fustigeant la "ringardise" de leurs compatriotes, "analphabètes" des bienfaits du "progrès technique"…

 

Dissimulant avec soin, derrière l’arnaque de leurs vertueuses postures au méticuleux cynisme, projets et montages de fructeuses spéculations boursières sur les actions et obligations des sociétés concernées (introductions, cotations, augmentations de capital, etc.). Ou, plus occultes : pompes à subventions, niches et exonérations fiscales, entourloupes comptables pour minorer les bénéfices imposables (14), au nom du "soutien à l’innovation", à la "compétitivité", et autres anesthésiants atomiseurs de poudres de perlimpinpin…

 

Pour l’unique profit de multinationales, affairistes, et politiciens, dont la rapacité n’a que faire de l’avenir et du bien-être de nos collectivités.

 

Encore moins, de notre planète...

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L'extraction du gaz de schiste  :  un vandalisme affairiste

 

 

 

1.  Augustin Berque, Ecoumène – Introduction à l’étude des milieux humains, Editions Belin, 2009, p. 303.
2.  Nafeez Ahmed, Gaz de schiste – La grande escroquerie, Le Monde Diplomatique, mars 2013,
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/AHMED/48823
3.  Gaz de schiste – La Grande escroquerie, Op. Cit.

4.  Nafeez Ahmed, The inevitable demise of the fossil fuel empire, The Guardian, 10 juin 2014,
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/10/inevitable-demise-fossil-fuel-empire

5.  Dylan & Jo Murphy, A Big Blow to the Fracking Industry – Downgrading the Monterey Shale, CounterPunch, 16 juin 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/06/16/a-big-blow-to-the-fracking-industry/

6.  Nafeez Ahmed, US shale boom is over - energy revolution needed to avert blackouts, The Guardian, 6 juin 2014,
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/06/shale-oil-boom-over-energy-revolution-blackouts
7.  Futura Environnement, Exploitation du gaz de schiste : quels dangers ?, 19 décembre 2012,
http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/qr/d/pollution-exploitation-gaz-schiste-dangers-4511/

8.  Abdou Semmar, Entretien – La ruée vers le gaz de schiste en Algérie : les risques, les coûts et les enjeux, Algérie-Focus, 22 mai 2014,

http://www.algerie-focus.com/blog/2014/05/entretien-la-ruee-vers-gaz-de-schiste-en-algerie-les-risques-les-couts-et-les-enjeux/

9.  Cf. le commentaire d’Abdelkader Dehbi dans El Watan du 5 juin 2014 :
http://www.elwatan.com/economie/sellal-aucun-contrat-n-a-ete-signe-concernant-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-05-06-2014-260043_111.php

ou
http://abdelkader.dehbi.elctron-libre.over-blog.com/article-commentaire-sur-le-quotidien-el-watan-123831001.html

10.  Frank Joshua, Frack Rattle and Roll, CounterPunch, 4 juin 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/06/04/frack-rattle-and-roll/
11.  Chemicals Used in Hydraulic Fracturing, rapport du Comité sur l’Energie et le Commerce, US House of Representatives, rapporteurs Waxman-Markey-DeGette, Avril 2011.

12.  Chemicals Used in Hydraulic Fracturing, Op. Cit.

13.  Alfredo Jalife-Rahme, Le secret des substances chimiques associées à la fracturation hydraulique, la Jornada, Mexico, 6 juin 2014,
http://www.voltairenet.org/article184047.html

14.  On y retrouve les tours de passe-passe habituels, qu'adorent les groupes aux "bilans consolidés" (et leurs "Commissaires aux Comptes"...) jonglant avec marges et profits d'une filiale à l'autre, avec transit par des paradis fiscaux. Manipulations comptables plus ou moins "relookées" : provisions pour "risques", dépréciations d’actifs et de stocks "bidons", amortissements "accélérés", etc. Pour blanchir, travestir et diminuer la surface imposable...

 

 

 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:28

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« Rien ne caractérise mieux les mouvements totalitaires que la rapidité surprenante avec laquelle on les oublie et la facilité surprenante avec laquelle on les remplace. »

Hannah Arendt (1)

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Nouvelles flambées…

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Violences policières, sur fond de nuages de gaz lacrymogènes, incendies, canons à eau, sirènes, et hurlements...

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Manifestations à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, après celles de Stockholm et autres agglomérations suédoises. Similaires à celles de Lisbonne, d'Athènes, de Madrid, de Rome, de Milan, de Francfort ou de Watford (UK)... Sans oublier celles de France, passées, présentes et à venir. Rares sont les pays épargnés par ce phénomène. Ceux d’Occident étant les plus atteints.

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La voix des peuples obligée d’emprunter rues et boulevards pour se faire entendre de leurs oligarchies…

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Despotisme et servage

Monsanto : Un Combat Planétaire...

Signes, symptômes évidents que le despotisme est partout. Malgré ses déguisements en "démocraties" plus virtuelles que vertueuses, "républiques" vampirisées par leurs notables ou nomenklaturas, monarchies parlementaires "pipolisées". Constat : les ploutocraties se développent à la vitesse des mauvaises herbes… Ce que ne peuvent accepter des citoyens, lucides, solidaires et épris de justice.

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Le déclencheur de ces émeutes, partant de la capitale pour s’étendre au reste du pays, restant le même. Une révolte devant l’excès d’avidité, de rapacité, des castes au pouvoir. Devant le mépris ressenti, vécu, aussi, à l’égard de leurs concitoyens ; ne serait-ce que par l’indifférence témoignée quant à leur avis, l’avis de la majorité, leur sort et ceux de leurs proches. Au point de massacrer l’environnement, la nature, le cadre de vie de la collectivité. Par définition ou essence : un « bien collectif ». Pour le bénéfice d’une poignée. Dans l’injustice sociale, économique, environnementale,

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Le cas d’Istanbul en est caricatural… Vouloir raser des dizaines d’arbres d’un parc en plein cœur de la capitale, dernier poumon de la ville, haut lieu historique et mémoire des grands évènements de cette nation, pour édifier galeries marchandes et centres commerciaux. Sur un terrain municipal, évidemment bradé à prix ridicule. Au bénéfice des promoteurs et organisateurs de l’arnaque…

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Astuces, pratiques mafieuses, maintes fois décrites, notamment par les auteurs américains sur ce qui s’est passé dans les viles de leurs Etats fédérés. De Tom Wolfe à James Ellroy, et tant d’autres. Les romanciers européens moins courageux (quant aux journalistes...), ne l’écrivent pas : c’est encore pire. Une encyclopédie est à rédiger sur toutes les manipulations utilisées dans la création des centres commerciaux à la périphérie des villes. Sur des terrains agricoles achetés deux sous et reconverties en zones marchandes, sources de rapides et mirobolants enrichissements pour les organisateurs de l’embrouille…

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Des mafias BCBG, certes. On ne tue pas avec des mitraillettes ou en attaquant des convoyeurs de fonds. Quoique… Certains ministres, empêcheurs de tourner en rond, se retrouvent parfois "noyés" dans une flaque d’eau, ou "suicidés" de deux balles dans la tête. Mais les armes sont, avant tout, "administratives", forgées dans "La Loi". Affutées dans le secret des décisions de corps "constitués" ou "élus" : arrêtés municipaux, expropriations sans concertation avec les “victimes”, etc.

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Istanbul ?... Le maire était un infatigable partisan de l’éradication du parc de la ville. Normal, il est milliardaire et possède des chaînes de magasins. Alors, des galeries marchandes à gogo, de quoi rêver… Le constructeur de ce pharaonique projet ?... Le gendre d’Erdogan lui-même. Comme chacun sait, on ne peut rien refuser au gendre d’un premier ministre. Alors, des arbres… (2)

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Encore et toujours, l’éternelle lutte entre les prédateurs et leurs proies, les parasites et ceux qu’ils rongent jusqu’à l’épuisement. Entre les ploutocrates et leurs serfs, astreints à subir leurs désirs comme étant la réalité…

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Le racket biotechnologique

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Nombreuses actuellement : prises de conscience, revendications, protestations, mobilisations se développent à grande échelle. Notamment dans les pays dits “riches”. Dans la censure médiatique, inévitablement. Dès lors qu’il ne s’agit plus de diaboliser un Etat, avec son “régime” et sa religion, qui afficherait des velléités d’indépendance économique et politique par rapport aux diktats de l’Occident.

Monsanto : Un Combat Planétaire...

Occultant, par exemple, les colossales, permanentes manifestations aux USA dites du "contre le 1%". Le peuple américain dénonçant depuis des mois les politiques antisociales de leur gouvernement au service du 1% des super-riches spoliant 99 % du reste du la population. Ou encore celles continuelles, depuis d’interminables semaines, des amérindiens des réserves au Canada, accablés de mesures racistes, discriminatoires, volés de leurs terres ancestrales au riche sous-sol, acculées à la pauvreté permanente. Quel est le JT qui, en Europe, les a évoquées, ne serait-ce que 10 secondes ?...

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Ou encore celles immenses qui se sont déroulées, en cette fin de mois de mai, dans le monde : 436 villes, 52 Etats. (3)

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Rien qu’aux Etats-Unis de l’Alaska à la Floride ! Des milliers, des centaines de milliers de personnes. Calmement, en famille… Connaissez-vous un média, autre qu'alternatif, nord-américain ou européen les ayant mentionnées ?... (4)

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Impressionnantes, ces manifestations avaient pour cible la sinistrement célèbre firme de produits chimiques, internationalement connue : Monsanto. Sujet tabou pour nos médias de la presse et de l’audiovisuel rongés de corruption. On ne bouscule pas une des “vaches sacrées” de nos ploutocraties !...

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Mais, pour des citoyens vigilants quant à la santé de l’Humanité, à la protection de l’environnement de notre planète et à la garantie de sa survie, Monsanto représente un des plus graves dangers d’empoisonnement et destruction de la vie sur notre Terre. Entretenus, par tous les moyens, dans l’implacable rapacité de richissimes et irresponsables "affairistes-spéculateurs", inconscients ou indifférents quant à l’enjeu sanitaire et alimentaire. Pour les générations actuelles et futures.

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Monsanto : au cœur d’un combat planétaire. Quels que soient continents et pays… (5)

                                                          Y'a Bon Pesticide !...

Y'a Bon Pesticide !...

Doublé d’une lutte acharnée contre la collusion entre l’agrochimie et les politiciens professionnels, assistés des médias transformés en vecteurs de propagande. Imposant au reste des populations lois et textes au seul profit des actionnaires de ces groupes industriels. Spécialisés dans la fabrication, la vente de produits toxiques ou issus de la manipulation génétique. Dont la dangerosité, ou dans le meilleur des cas "l’incertitude de leur dangerosité", sont prouvées. Tant les pesticides et herbicides que les semences génétiquement modifiées.

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Le nom de Monsanto étant mêlé de longue date aux catastrophes ou ravages contre la santé humaine et animale engendrées par les produits chimiques ou les manipulations génétiques, aux conséquences à terme mal maîtrisées : PCB, dioxine, agent orange, hormone de croissance bovine. Sans oublier son best seller, l’herbicide le plus vendu dans le monde, à l’extrême toxicité dénoncée sous toutes les latitudes : le Roundup. (6) A présent, OGM et PGM…

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L’instrumentalisation des institutions et législations "démocratiques" décuplée par une incessante désinformation, détermine une authentique confiscation du "pouvoir citoyen". Cette anesthésie de l’expression, du respect des intérêts et de la volonté de la majorité d’une collectivité aboutit à l’instauration d’une autocratie, d’un nouveau totalitarisme.

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Les imposantes manifestations à l’encontre de Monsanto en sont l’éclatant refus. Se voulant aussi une dénonciation de la corruption, morale ou financière, ou les deux à la fois, des représentants "élus" d’un peuple qui ne retrouve pas la défense de ses intérêts dans leurs décisions. Et, en est même choqué.

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Dont le vote récent, par le Congrès des Etats-Unis, d’une loi sur la généralisation de l’utilisation des OGM au profit du chimiste : le « Monsanto Protection Act ». Accordant à ce géant une protection législative hors du commun, notamment lors d’éventuels contentieux. La vente ou la distribution de ses produits ne pourront être suspendues, en effet, par des actions devant des tribunaux, quelles que soient les expertises contradictoires, demandées ou ordonnées.

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Ce type de législation complaisante rend l’exposition au danger chimique des populations encore plus préoccupant. De plus, il illustre tragiquement la faiblesse du pouvoir politique, pour ne pas dire la “complicité”, face à ces géants aux poches bourrées de milliards. Préférant mettre en danger leurs citoyens et les générations futures. Le niveau de corruption atteint traduit une faillite des " valeurs et mécanismes démocratiques" actuels.

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Certaines de ces dérives sont publiques, parmi toute une série : un des sénateurs corédacteur de la loi a reçu des milliers de dollars de Monsanto pour financer ses campagnes électorales ; ou encore, un membre de la Cour Suprême statuant sur la constitutionnalité de la loi, Clarence Thomas, a été un des avocats du groupe… (7)

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Abus et cynismes, justifiant la mobilisation des associations et de tous les citoyens engagés dans la protection de la nature, de la santé et de l’alimentation. Et, dans le même élan, pour la “réforme” des institutions démocratiques…

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En Europe, en France, nos propres parlements, et autres organisations représentatives chargées d’assurer la protection des populations, ne résistent pas davantage à ces "pressions" que leurs équivalents nord-américains. Comme le rappelle le chercheur Jacques Testart :

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA ou EFSA en anglais) qui règne sur la culture ou l’importation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) dans l’Union Européenne en délivrant des avis à la Commission. […] En une quinzaine d’années l’EFSA a donné son feu vert à plusieurs dizaines de PGM, sans en refuser aucune ». (8)

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S’ajoute une dimension excessivement nocive de l’action de ces chimistes à l’encontre de nos collectivités et de l’économie planétaire : celle de planifier, organiser, le contrôle absolu et irrévocable de l’alimentation mondiale par le biais des semences. Ce qu’occultent, une fois de plus, nos politiciens et médias soudés dans la même omerta :

« … les multinationales ne souhaitent que maximiser leurs profits en s’appropriant les semences, en couplant leurs plantes brevetées avec des intrants chimiques obligatoires, en réduisant le travail intelligent du paysan à des pratiques stéréotypées, et finalement en visant le contrôle de l’alimentation mondiale. » (9)

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Mainmise sur le patrimoine génétique alimentaire mondial dans un racket à la Al Capone par une poignée de multinationales :

« … les grandes firmes (Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, DuPont) déposent des containers de brevets sur les gènes dépistés dans les plantes naturelles, celles sélectionnées depuis 10 000 ans par les paysans, dans le but de les inclure dans les plantes transgéniques, lesquelles seront payantes. » (10)

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Poussant leurs prétentions tous azimuts, une des grandes spécialités de Monsanto, jusqu’à essayer d'imposer le droit des brevets sur des jambons de porcs nourris avec des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) !… No Limit… (11)

Du pareil au même...

Du pareil au même...

Complicité des Autorités Sanitaires et du Charity Business

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Ces groupes chimistes, devenus des apprentis sorciers de la manipulation génétique, en interaction avec l’agro-industrie, imposent effectivement une expansion quasiment incessante de leurs intérêts exclusifs. Au détriment de la santé de l’Humanité et de l’équilibre de l’écosystème de notre Planète.

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Bénéficiant, comme nous le savons tous, de la complicité traditionnelle, grassement et discrètement rémunérée, des politiciens et médias. Mais encore plus grave, du fait de son effet accélérateur, du soutien aveugle du "monde scientifique", de plus en plus gangréné au niveau de son expression qui devrait être irréprochable : les "autorités sanitaires", sous toutes leurs formes.

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Pire ! Ces métastases du cynisme irresponsable s’étendent, à présent, aux associations caritatives. Que les anglophones ont la lucidité de qualifier pour ce qu’elles sont devenues dans leur réalité quotidienne : le "Charity Business".

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i) "Mandarins - - Inquisiteurs"

Monsanto : Un Combat Planétaire...

Malgré les perpétuels obstacles qu’on leur oppose, des chercheurs déterminés à exercer loyalement leurs disciplines, soucieux de préserver la sécurité sanitaire de nos collectivités, essayent d’alerter opinions et responsables politiques. Dénonçant les inadmissibles manquements à l’éthique et au respect élémentaire de toute recherche, expertise et contrôle, scientifiques portant sur les pratiques et produits potentiellement dangereux.

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Jacques Testart, dans un témoignage accablant, rappelle que L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA) a ainsi autorisé le maïs transgénique élaboré par Monsanto - le MON 810 - dans des conditions scientifiques dénuées de tout fondement sérieux, fiable et honnête. Ou encore, fondé ses décisions sur un maïs génétiquement modifié le "Smart Stax", particulièrement redoutable par ses implications à terme (fabriquant 6 insecticides et tolérant 2 herbicides !), d’après une simple étude de 42 jours sur le poulet… (12)

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Cette "agence européenne" multipliant les réticences pour améliorer les tests d’évaluation, rendre publiques les études et leurs méthodologies, ignorant les impacts socio-économiques sur les milieux agricoles. S'efforçant, au contraire, d'alléger ces contraintes de "sérieux scientifique" aux conséquences pourtant incalculables pour la protection de la santé et de la sécurité des populations, du monde animal et de l'environnement. (13)

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La France, évidemment, n’échappe pas à cette spirale. Loin de là ! Donnant l’exemple des pratiques inquisitoriales d’un autre siècle. Pourchassant, dans l’étalage d’un obscurantisme moyenâgeux, le blasphème et l'hérésie. S’acharnant sur ceux qui contestent les "dogmes" par leur esprit critique, leur conscience professionnelle.

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Terrible témoignage : une publication scientifique par un groupe de chercheurs de Caen éditée en septembre 2012 dans une revue spécialisée internationale "Food and Chemical Toxicology", qui aurait dû être considérée avec fierté par la communauté scientifique française, a été l’objet d’une véritable "chasse à l’homme". (14)

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Cette étude d'une qualité exceptionnelle avait le tort, il est vrai, d’exposer les résultats de travaux de recherches de 2 ans sur des rats consommant du maïs transgénique (NK 603 de Monsanto) ou du Roundup (l’herbicide que ce maïs tolère grâce à sa modification génétique). Malgré la farouche opposition du fabricant de coopérer à l’étude : refus de procurer des semences transgéniques, de communiquer ses propres études, etc. Prouvant, dans une impeccable rigueur méthodologique, les ravages de ces produits pour les organismes vivants.

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Ce qu’on a appelé « l’Affaire Séranili », provoquant un déchaînement des lobbies des groupes chimiques et des mandarins du monde scientifique à leur solde : campagnes de "décrédibilisation" dans tous les médias contre ces chercheurs, diffamations, menaces personnelles en tous genres, jusqu’à vouloir intimider l’éditeur…

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Beaucoup de chercheurs scrupuleux et courageux sont ainsi à intervalles réguliers, médiatiquement et académiquement, "assassinés". Citons quelques uns d’entre eux, tombés au champ d’honneur en Europe et ailleurs (15) :

=> Arpad Puztai, exclu de l’Institut Roswell (Aberdeen – Ecosse) : Toxicité d’une pomme de terre GM sur la structure intestinale des rats (1998).

=> Ignacio Chappela, suspendu de l’université de Berkeley (Californie) : Contamination des maïs rustiques mexicains par du maïs GM (2001).

=> Manuela Malatesta, exclue de l’université d’Urbino (Italie), à la suite d’une étude de 2 ans démontrant l’altération des foies de rats nourris de soja OGM (2002).

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Qu’en est-il de la défense de nos pays et populations, aux budgets militaires et sécuritaires colossaux (plus d’une cinquantaine de milliards d’euros annuels, rien qu’en France…) en augmentation constante et sans contrepartie en recettes ?... Gouvernements, quels que soient les partis au pouvoir, incapables d’imposer un minimum de contrôles, d’exercer la moindre vigilance, dès lors qu’il s’agit de protéger la santé humaine, animale et environnementale.

ii) “Philanthropes - Spéculateurs”

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Le financement partiel de la recherche publique par des groupes privés, de fait un “noyautage”, renforce cette mainmise non seulement sur les orientations de la recherche fondamentale mais, encore plus désastreux, anesthésie complètement l’indépendance des autorités de contrôle sanitaire. Dont les membres, issus du monde académique, se retrouvent en catimini : juges et parties…

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Cette double éradication, de l’indépendance de la recherche publique et du pouvoir de décision des autorités sanitaires, représente un des plus pressants et graves dangers posés à nos collectivités.

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Apparaissent ainsi, dans le silence de la désinformation : tomates au goût infect, tiges de maïs cassant sous le vent, fibres de coton se délitant dès leur récolte, prunes aux pulpes indécollables de leurs noyaux, melons explosant à l’approche de leur maturité, vaches sans queues, saumons aux têtes monstrueuses, proliférations des cas de diabète chez les bovins ou les porcs. Stérilités et mortalités précoces en augmentation exponentielle…

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Malgré tous ces signaux d’alerte, avertissements et témoignages, inconscients du danger d’autres acteurs se ruent dans cette nouvelle chasse au trésor que représentent les fabuleuses marges et marchés “captifs” des pesticides et manipulations génétiques : les associations caritatives ou philanthropiques. Emblématique du niveau d’irresponsabilité atteint par nos nomenklaturas déboussolées de voracité…

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Et non des moindres, car on y trouve les plus grands noms du “Charity Business”. Le plus renommé et le plus richement doté, même : La Fondation Bill et Melinda Gates. Adossée à la fortune du principal actionnaire-fondateur de Microsoft…

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Pensez-vous que cette fondation au statut fiscal privilégié applique le code de cette nouvelle éthique du monde des affaires qu’on nomme “Investissement Socialement Responsable” (SRI en anglais) ?... Pas du tout. Aux antipodes de ce nouvel apostolat !

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En août 2010, la Fondation Bill et Melinda Gates a acquis 500 000 actions de la société Monsanto. Nom associé pourtant aux pires crimes de guerre commis dans l’histoire de l’Humanité, à l’encontre des populations civiles du Vietnam par l’épandage massif de son produit phare : “l’agent orange”… (16)

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Pour rire de cette farce, associations et militants de la défense des libertés brocardaient ce mariage caricatural, sous la bénédiction de la “Libre Concurrence” et du “Dieu Marché”, entre 90 % du marché des logiciels informatiques et 90 % du marché mondial des semences transgéniques et des semences commerciales du monde…

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Trajectoire logique pour cette fondation qui s’est manifestée, avec ténacité, par ses innombrables financements à destination des recherches transgéniques en faveur d’universités et centres d'études. Du plus modeste : 1,6 million de dollars aux chercheurs de l’Etat de Washington pour développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. Au plus plantureux : 26,8 millions de dollars à l’université Cornell (Etat de New York) pour des recherches sur le blé transgénique.

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En passant par le plus sophistiqué, genre usine à gaz propice aux "fuites organisées" : création d’un fonds de 880 millions de dollars pour créer un programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, “Global Agriculture and Food Security Program”. Géré par la Banque Mondiale pour prendre en compte le “problème de la faim et de la pauvreté dans le monde”.

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Ou s’associant à d’autres associations "philanthropiques". Mentionnons celle, en 2006, avec la Fondation Rockefeller « fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres ». Créant l’Alliance for a Green Revolution in Africa (Agra), “Alliance pour la révolution verte en Afrique”, finançant la distribution des semences OGM et produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Syngenta, aux “populations pauvres”… (17)

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Certaines de ces "populations pauvres" regroupées dans des associations de lutte contre ces manœuvres d’empoisonnement collectif protestent énergiquement, malgré le silence complice de leurs politiciens. Notamment au Kenya :

Agra est un poison pour nos systèmes de production et moyens de subsistance. Sous la bannière philanthropique du développement agricole, l’Agra finira par ronger le peu qui reste de l’agriculture durable en Afrique.” (18)

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Face à ces rouleaux compresseurs, comment lutter ?...

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Où se trouvent « Démocratie » et « Droits de l’Homme », valeurs fondamentales de nos contrées nous dit-on, dans ces comportements, pratiques, mentalités et combines ?... Excluant tout débat public et recherche publique, en mesure de garantir l’indépendance des décisions politiques impliquant le droit à la santé de la Personne et le respect de son Environnement naturel ?...

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En France, comme ailleurs, qu’en est-il de notre libre arbitre, de notre “souveraineté”, ce droit imprescriptible d’autodétermination ?...

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En fait, après l’abandon de notre souveraineté diplomatique, militaire, économique, financière, sociale, constatons lucidement la fin de notre : “souveraineté alimentaire et sanitaire”.

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Le système mafieux instauré par les actionnaires de l’agrochimie, dissimulant leur rapacité prédatrice sous les vocables sanctificateurs “mondialisation” et "lutte contre la faim dans le Monde", régentant nos institutions politiques par la corruption, ne cesse d’élargir l’emprise du totalitarisme dont nous sommes devenus les adeptes serviles et analphabètes.

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Totalitarisme jusque dans nos assiettes, notre métabolisme. Bientôt, dans notre ADN…

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« Laissez faire ! – Pas d’entraves à la liberté d’entreprendre ! – Gloire à l’Autorégulation ! », scande dans nos médias le chœur des dévots illuminés du « Dieu Marché » !

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Si, nous, citoyens de cette Planète, ne prenons pas à la gorge ce servage oligarchique, ne maîtrisons pas dans une poigne d’acier ce despotisme affairiste,

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Si nous n’imposons pas, dans une authentique “laïcité”, la séparation de l’Etat et de cette nouvelle religion, ou fanatisme radical, à prétention scientifique,

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Si nous n’agissons pas, prostrés dans la béatitude consommatrice, tête méticuleusement vidée pour la pub, nous finirons, dans une “nouvelle civilisation”, certes.

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Mais…

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En vaches folles.


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1. Hannah Arendt, Le Système Totalitaire, Le Seuil, 1972.

2. Pepe Escobar, Erdogan risks the « must go » path, Asia Times, 3 juin 2013, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-030613.html

3. Challenging Monsanto : Over two million march the streets of 436 cities, 52 countries, [Manifestations contre Monsanto : Plus de 2 millions de marcheurs dans les rues de 436 villes, de 52 pays], RT, 24 mai 2013, http://rt.com/news/monsanto-gmo-protests-world-721/ & http://on.rt.com/7def4c

4. From Alaska to Florida: Americans take to streets against Monsanto and GMOs, [De l'Alaska à la Floride : Les Américains manifestent dans les rues contre Monsanto et les OGM], RT, 25 mai 2013, http://on.rt.com/hbbzf7

5. Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto – De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Editions La Découverte/ARTE Editions, 2008. Ouvrage dont je recommande vivement la lecture !

6. Marie-Monique Robin, Op. Cit., pp. 80 – 100.

7. Challenging Monsanto, Op. Cit.

8. Jacques Testart, A qui profitent les OGM ?, CNRS Editions, 2013, p. 19 & 20.

9. Jacques Testart, Op. Cit., p. 71.

10. Jacques Testart, Op. Cit., p. 25.

11. Jacques Testart, Op. Cit. p. 17.

12. Jacques Testart, Op. Cit.

13. Cf. l’analyse critique de Frédéric Jacquemart, Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, inf’OGM/GIET, 2012, cité par Jacques Testart, Op. Cit., p. 20.

14. Séralini, ouvrage collectif, « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Food and Chemical Toxicology, septembre 2012, p.39.

15. Marie-Monique Robin et Jacques Testart, Op. Cit.

16. Eva Lacoste, Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour le planète, “Golias Hebdo”, n° 160, semaine du 25 novembre au 1er décembre 2010, http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1291049997

17. Eva Lacoste, Op. Cit.

18. Eva Lacoste, Op. Cit.

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Photos : manifestations contre Monsanto aux USA - mai 2013.

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Caricatures :

=> Carlos Latuff sur les révoltes en Turquie. Voir l’excellente série qu’il vient d’éditer sur les manifestations en Turquie : http://latuffcartoons.wordpress.com/2013/06/

=> Blog d’Azim : http://www.azim-bd.blogspot.fr/
=> Page Facebook de Jakob : https://www.facebook.com/pages/Jakob-Dessinateur/453730571370617?fref=ts

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N.B. La "nouvelle plateforme" de l’hébergeur de ce blog étant actuellement bourrée de "bugs", je me suis trouvé contraint d’utiliser des points afin de pouvoir formater les paragraphes dans la rédaction. Sinon : une vraie bouillie...
Ce qui explique ce chapelet de points incongrus dans le texte, et la disparition d'éléments d'information ou d'accès aux articles et commentaires préalablement publiés qui figuraient dans la colonne de gauche…
Je remercie les Amis-lecteurs de leur compréhension.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 12:20

 

 

« Celui qui tourmente un enfant mérite d’être jeté à la mer, une meule au cou. »

Jésus (1)

 

 

 Un conte de Noël ?...

 

Il était une fois…

 

Un pays, qui avait à sa tête un dictateur : l’Irak.

 

Ni pire, ni meilleur, que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos "vertueuses démocraties".

 

Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles.

 

Pétrole oblige…

 

"Apporter la Liberté et la Démocratie", affirmaient-ils, la main sur le cœur.

 

Ils avaient une obsession, toutefois : "renvoyer le pays à l’âge de pierre", disaient-ils. On ne comprenait pas bien : pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres ?...

 

Ils on tout rasé. Méthodiquement.

 

Pas simplement les installations militaires : toutes les infrastructures civiles. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles Additionnels, ces « Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre. »

 

Tout : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. Tous les ministères, sauf celui du pétrole !

 

"Retour à l’âge de pierre" : mission accomplie.

 

Jusqu’aux musées et sites archéologiques, pillés à l’exemple du sac du palais d’été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques… Pillage, à l’époque, qui avait scandalisé Victor Hugo, et de nombreux intellectuels. Alors qu’aujourd’hui…

 

Détruire, massacrer, piller… Autres temps, mêmes mœurs.

 

Le plus curieux : ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants.

 

Pourquoi ?

 

Pourquoi interdire, sous prétexte d’embargo, l’importation des produits pharmaceutiques, tout particulièrement ceux relevant de la pédiatrie ou de l’obstétrique ? En quoi la protection sanitaire, des enfants de la naissance aux premiers pas, de l’accouchement aux soins élémentaires, encourageait-elle la prolifération des armes de destruction massive, chimiques ou bactériologiques ?...

 

Il est vrai que les fonctionnaires de l’ONU, chargés de superviser l’opération « pétrole contre nourriture », s’amusaient à interdire cahiers et crayons… Probablement, au cas où les enfants survivants auraient envie d’aller à l’école.

 

Nous avions été poliment, froidement prévenus, reconnaissons-le. Impossible de l’oublier. Madeleine Albright, responsable des affaires étrangères des USA au moment des faits l’avait publiquement signifié.

 

Nous nous souvenons tous de sa réponse à une question, dans un entretien télévisé, sur les ravages de l’embargo infligé à la population Irakienne avant son écrasement sous les bombes. La mort “par embargo” de 500.000 enfants de moins de 5 ans, était le prix à payer pour “libérer” l’Irak : « Worth it »…

 

Martin-Rowson-TG-12-10-2012--EU-Nobel-Prize.jpgPercutante caricature de Martin Rawson :
Barroso, président de la Commission européenne, allant chercher le Prix Nobel de la Paix
accordé à “l’Europe” matraquée de répression sociale.

Accueilli par les plus illustres prédécesseurs :
Kissinger aux mains ensanglantées et Obama caracolant sur son drone armé de missiles… (2)

 

 

Le Massacre des Innocents

 

En fait, dans les guerres actuelles menées par l’Occident, femmes et enfants sont des objectifs d’éradication stratégiques. Les plus sérieux et honnêtes des analystes, observateurs, démographes, économistes, géopoliticiens, l’admettent. Plus ou moins ouvertement et, dans tous les cas, en privé uniquement. Aucun ne l’exprimant publiquement par crainte de perdre fonctions et sinécures, crédits de recherche et dotations, subventions et “sponsoring”, accès aux médias et publications…

 

Très rares sont les articles publiés sur cette cible démographique, au cœur de toutes les planifications et opérations guerrières actuelles. Quand ils le sont, ce ne peut être que dans des médias non occidentaux, du fait de la censure. (3)

 

Résurgence d’une pratique ancestrale aux effets démultipliés par les nouvelles technologies. Avec pour objectif de casser, inverser même, la courbe démographique des populations du Moyen-Orient et du monde musulman, en général, composé de peuples non arabes (dont Pakistan, Afghanistan, Iran, etc.). Il s’agit d’un génocide programmé et méticuleusement appliqué.

 

Mais, le terme “génocide” serait réservé, parait-il. Comme une “appellation contrôlée” pour un vin ou un saucisson.

 

On ne parle donc que de "dégâts collatéraux". Terme générique présentant, de plus, beaucoup d’avantages : plus anodin, presque une norme, une fatalité…. C’est "la faute à pas de chance"… Personne n'est responsable. Fêtes de mariages et de naissances, aux fortes concentrations de femmes et d’enfants, sont, ainsi, systématiquement « traités » comme des objectifs militaires à anéantir.

 

La banalisation de cette pratique est telle que ce qu’on pensait appartenir à un autre siècle est repris dans les comportements, manuels de combat, et procédures de commandement, des troupes d’invasion occidentales au quotidien.

 

Tout récemment, décembre 2012, le Lieutenant Colonel Marion Carrington, patron du 1st Battalion - 508 th Parachute Infantry Regiment en Afghanistan, a déclaré publiquement que parmi les “mâles” en âge de porter les armes ("military-age males"), les enfants sont considérés comme des menaces potentielles. En conséquence, sont nommément désignés en tant que cibles : les "enfants au potentiel d’intention hostile" ("children with potential hostile intent"). (4)

 

Mais, que veut dire, ou comment identifier, un "enfant au potentiel d’intention hostile" ?... Sous couvert de concepts fumeux et de cabrioles rhétoriques, ce n’est que la justification hypocrite de tout massacre d’enfants, arbitraire et impuni.

 

Hôpitaux, cliniques, centres médicaux, où se rassemblent femmes et enfants pour obtenir des soins sont évidemment des objectifs militaires, dans toutes les opérations des troupes de l’OTAN. Ce qui s’est passé en Irak se produit en permanence en Afghanistan, et ailleurs. L’accès aux soins des femmes et des enfants, doit être empêché à tout prix. Les comédies humanitaires pour Journaux TV, destinés à endormir les opinions publiques, ne sont que les paravents de ces massacres et destructions sauvages et systématiques.

 

Exemple ? Au début de ce mois, décembre 2012, les troupes d’invasion de l’OTAN, dénommées ISAF en Afghanistan, ont fait irruption à l’hôpital de Sewak, dans la province de Wardak, au centre du pays. L’occupant pendant trois jours, s’en servant comme prison pour “interroger” des suspects. La soldatesque a tout cassé, en plein hiver : portes, fenêtres, lits, matériel médical, placards et étagères, même les murs…

 

Mais, ces soudards sont mal tombés, pour une fois. Le directeur de ce centre hospitalier relevant d’une ONG suédoise [Swedish Committee for Afghanistan - SCA], Andreas Stefansson, loin d’être intimidé, en a été révolté et a pu donner l’alerte en Europe. En dépit de l’inévitable censure médiatique. Dans une déclaration officielle du 6 décembre 2012, il qualifie cette action comme une :

« … violation absolument inacceptable de toutes les Conventions internationales… » (5)

 

Illustrations des violences guerrières directes ou indirectes dont la palette mortifère est employée dans son intégralité : embargos, bombardements, guerres civiles et chaos organisés. Permettant de sabrer, ainsi, des générations entières de femmes et d’enfants porteurs des développements démographiques des pays visés par ces actions.

 

Car, ce n’est pas le seul potentiel militaire des pays musulmans qui préoccupe les "stratèges" occidentaux, mais leur croissance démographique, accompagnée de celui de l’enseignement et de la maitrise des techniques. Le progrès économique et technologique qui en serait la conséquence engendrerait inéluctablement l'enracinement d'une irréversible indépendance politique, face aux visées hégémoniques de l’Occident et à ses entreprises de pillage.

 

On comprend mieux l’acharnement à pulvériser, démembrer, déchirer : Somalie, Irak, Pakistan, Afghanistan, Soudan, Lybie. Syrie, à présent. Le prochain chaos programmé étant l’Iran.

 

Sans oublier la Palestine, encore et toujours. Depuis plus de soixante ans…

 

On sait combien les enfants Palestiniens sont spécifiquement visés et massacrés. L’enclave de Gaza étant le symbole de cet acharnement sanguinaire. Bombardements allant de pair avec un embargo particulièrement implacable, et tout aussi illégal. Puisqu’il relève de la décision unilatérale des forces d’occupation, soutenues par les pays occidentaux dont elles sont l'émanation.

 

Cet embargo constitue un authentique "Crime contre l’Humanité", du fait qu’une population civile est prise en otage et massacrée au bon vouloir d’une armée coloniale. Selon périodicité, intensité, procédé, qui lui conviennent. Avec deux modalités récurrentes : violences armées (tirs, bombardements, assassinats, internements arbitraires et tortures, etc.), ou blocages d’accès aux soins médicaux et à l’alimentation (de l’eau potable aux produits alimentaires de base).

 

Les images de l’assaut meurtrier par des commandos, dans les eaux internationales, des bateaux acheminant de l’aide humanitaire pour Gaza sont encore dans toutes les mémoires.

 

Toutefois, ce blocus maritime, hyperviolent, n’est pas le seul instrument de d’étouffement par “embargo”. Il est renforcé par l’édification d’un mur sous-terrain constitué de palplanches en acier pour empêcher la population de creuser à la main des tunnels vers l’Egypte, et s'y procurer un minimum de médicaments et denrées de premières nécessités.

 

Notons que la France s’associe au plus haut niveau de l'Etat à ce "Crime contre l’Humanité".

 

Une preuve de cette implication, parmi d’autres : le général Benoit Puga est, depuis le 5 mars 2010, “chef d’état-major particulier” de nos présidents de la République. D’abord de Sarkozy, puis de Hollande qui l’a maintenu à son poste. Après avoir exercé les plus hautes fonctions dans nos armées (directeur du renseignement militaire, professeur au Collège interarmées, patron des opérations spéciales, corédacteur du Livre Blanc de la Défense Nationale, et tutti quanti…).

 

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit en toutes lettres dans Wikipedia… Figure, dans ses glorieux états de service, une mention aussi révélatrice qu’atterrante (6) :

« En 2009, le général Puga est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur de séparation en acier entre l'Égypte et la bande de Gaza. »

 

On se pince pour y croire…

 

« … Venu personnellement inspecter… ». En 2009… Alors que Gaza, immense camp de concentration enfermant 1,5 millions de personnes, venait de subir durant plusieurs semaines parmi les plus atroces bombardements de population, et de massacres d’enfants, imaginés par les plus hallucinés des criminels…

 

Quelle est l’impératif stratégique de la France, pour que les plus hauts responsables de nos forces armées, au budget pharaonique égal à la moitié de celui de la Chine, se rendent sur place, afin « d’inspecter », de s’assurer de la profondeur et de l’épaisseur du mur sous-terrain en acier asphyxiant la population civile de Gaza ?

 

En quoi, contrôler, superviser, que la population de Gaza, dont ses enfants, crève lentement mais sûrement de faim, de manque de soins, et de désespoir, est-il une obligation de notre état-major ?...

 

Où résident intérêt, urgence, pour notre « Défense Nationale », notre « Souveraineté Nationale », de s’associer en permanence à des "Crimes contre l’Humanité", à l’encontre de populations à des milliers de kilomètres de chez nous, qui ne nous ont rien fait et ne nous menacent en rien ?...

 

Le degré d’abjection, d’infamie, de trahison, de notre caste gouvernementale et militaire, en termes de reniement de toute éthique, mais aussi d’avilissement dans la servilité à l'égard d’intérêts, idéologies et diktats de pays et « milieux » qui nous ont vassalisés, rendent pathétique de grotesque cette éternelle référence de nos politiciens et médias à une France mythique des Droits de l’Homme et des Lumières…

 

Dans le style des incantations mégalomaniaques d’Alexis de Tocqueville, autre féroce raciste colonial :

« Il y a des entreprises que seule la nation française est en état de concevoir, des résolutions magnanimes que seule elle ose prendre.
Seule elle peut prendre en main un certain jour la cause commune de l’humanité et vouloir combattre pour elle
. » (7)

 

Avec une « élite » de cette trempe, la France n’est, et ne sera, qu’un pitoyable polichinelle…

 

Fallujah-Birth-defects-Oct-2012-PTV.jpg

Enfants de Falloujah victimes des munitions à "uranium"

 

 

Falloujah : Laboratoire de l’Horreur

 

Enfants Palestiniens Afghans ou Irakiens : mêmes massacres.

 

Une ville en Irak restera dans l’Histoire une des grandes hontes de l’Humanité, qui en connaît une pléthore : Falloujah. Elle a résisté à l’invasion avec le plus grand courage. Elle en a été châtiée d’autant, avec un rare acharnement dans les atrocités guerrières : multiples bombardements, encerclements et pilonnages d'artillerie, sièges et batailles de rue, maison par maison, étage par étage...

 

Dès 1991, les occidentaux s'étaient amusés à bombarder le marché de la ville par surprise, attendant qu’il soit rempli," l’heure de pointe" comme disent les commerçants, lieu de concentration de femmes et d’enfants accompagnant leurs mères ou leurs sœurs. Officiellement recensés : 1360 civils tués. Certainement, plus du triple.

 

Lors de la destruction de l’Irak, les forces occidentales ont utilisé à profusion des armes nouvelles, à base d’uranium. Il existe un minimum de 40 sites fortement irradiés, mais Falloujah est le pire de tous.

 

Personne ne s’en inquiète, ou ne l’évoque. Ni les Belles Ames, politiciens et “journalistes d’investigation”, spécialisées dans l’histrionisme humanitaire. Encore moins, l’agence de l’ONU en charge du contrôle de la non prolifération des armements nucléaires, l’AIEA (Prix Nobel de la Paix 2005…), et ses rocambolesques “limiers-infatigables-chercheurs-d’atome-iranien”.

 

Toutes les enquêtes, recherches, sont interdites aux Irakiens, par les autorités d'occupation. Nos médias ne traitant le sujet que pour en atténuer l’impact, lorsque l’information fait ou refait surface, par les procédés habituels de la désinformation. Ce qu'on appelle le "contre-feu" (8) :

=> forme interrogative dans le titre : “L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?”,
=> et, en dernière ligne, ou conclusion, le démenti officiel américain : “La seule réponse fournie sur ce sujet par le département d'Etat américain : il n'existe aucune preuve scientifique de la dangerosité de l'uranium appauvri sur la santé”...

 

Mais, les faits sont têtus et l’uranium met des milliers d’années avant de disparaître… Lors des mitraillages et bombardements, de 2004 surtout, balles et éclats d’obus ont truffé tous les bâtiments, murs et chaussées de la ville réduite en ruine.

 

Le professeur Christopher Bubsy, scientifique britannique, est le directeur de Green Audit, et secrétaire scientifique du comité européen sur les risques liés aux radiations [European Committee on Radiation Risks]. C’est un des plus éminents spécialistes des phénomènes d’irradiation et des ravages de l’uranium sur les populations et l’environnement. Avec courage, malgré obstacles, menaces et agressions (campagnes de diffamation par la propagande, en particulier), pour lui et ses collaborateurs, il s’est intéressé au destin tragique de cette ville.

 

D’après ses recherches et analyses, même sans explosion de bombe atomique, l’effet des munitions à base d’uranium est dévastateur (9) :

« La situation dans Falloujah est effrayante et affreuse, c’est encore plus dangereux et pire qu’à Hiroshima et à Nagasaki... »

« […] L’uranium est introduit dans le sang par la digestion et la respiration. Les quantités extrêmement élevées d’uranium auxquelles les gens de Falloujah ont été soumis expliquent l’élévation vertigineuse des cancers des ganglions, des poumons, des seins et du système lymphatique chez les adultes. »

 

Il s’est particulièrement penché sur les déformations congénitales dont la multiplication fulgurante atteste que Falloujah a servi de “Laboratoire de l’Horreur”. Parmi celles qui se sont multipliées (10) :
=> enfants nés sans yeux
=> enfants avec deux et trois têtes
=> enfants nés sans orifices
=> enfants nés avec des tumeurs malignes au cerveau et à la rétine de l’œil
=> enfants nés avec l’absence d’organes vitaux
=> enfants nés avec des membres manquants ou en trop
=> enfants nés sans parties génitales
=> enfants nés avec de graves malformations cardiaques.

 

Constats et conclusions du professeur Christopher Bubsy sont effrayants : l’emploi de munitions à base d’uranium avait un objectif à long terme, bien au-delà de la simple destruction de la ville. Ce sont les enfants qui ont été visés, avec des effets durables et multiplicateurs sur plusieurs générations. Extraits (11) :
« Le taux de leucémie d’enfant est 40 fois plus élevé, depuis 2004, que pendant les années qui précédent. »
« Le taux de mortalité infantile pour Falloujah est de 80 enfants en bas âge sur 1000 naissances (80 pour 1000), alors que pour le Koweït ce taux est de 9 enfants en bas âge sur 1000 (9 pour 1000). »

« La troisième génération affiche des malformations génétiques comprenant des maladies chroniques (cancer, cœur, etc.) à un taux 50 fois supérieur à la normale. »

 

La population des enfants « mâles » étant particulièrement ravagée  (11) :
« Avant 2003 naissaient à Falloujah, 1050 bébés de sexe masculin pour 1000 bébés de sexe féminin. En 2005, il y a eu la naissance de seulement 350 garçons pour 1000 filles, ce qui signifie que les bébés de sexe masculin ne survivent pas. »

« En raison du code génétique des enfants en bas âge de sexe masculin (manque de chromosome X), ceux-ci risquent plus de mourir à la naissance, et les enfants en bas âge de sexe féminin ont plus de chance de survivre à la naissance avec de fortes déformations. »

« Quant aux bébés de sexe féminin, les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN, ce qui signifie que ces même enfants de sexe féminin, s’ils survivent et s’ils se reproduisent plus tard, donneront naissance à des filles génétiquement déformées et à des bébés de sexe masculin mort-nés. »

 

Le Massacre des Innocents

 

Comment l’oublier à Noël ?… Noël, fête de la Nativité, des enfants… Célébration de la naissance de Jésus… A présent, celle du culte du Veau d’Or de la Consommation.

 

Mais, que pèsent les enseignements de Paix et de Fraternité de Jésus face aux mugissements  de la Bête ?

                                                    

Quant au respect des enfants, Lui, Le non-violent qui, dans une de ses exceptionnelles colères froides, fustigeant ceux qui les persécutent, les tourmentent, les enferment dans la violence et le désespoir... Jusqu’à souhaiter les voir jetés à la mer. Une meule au cou…

 

Comment l’oublier ?...

 

Enivrons-nous des carillons et clochettes, assis hilares, entre bonhommes bottés aux fausses barbes, glissant dans des traineaux tirés par des rennes en caoutchouc, sur de la neige en polystyrène…

 

Joyeux Noël !… Merry Christmas !… Feliz Navidad !... Frohe Weihnachten !... Buon Natale !... Vrolijk Kerstfeest !... Glædelig Jul !... Wesołych Świąt Bożego Narodzenia !...

 

Loin des regards silencieux des Enfants de Falloujah…

 

Regards qui vrillent notre “âme”. Mais, nous en reste-t-il une ?...

 

A l’exemple de ces criminels pervers de sadisme, ces héritiers de Josef Mengele, qui ont conçu et exécuté ces atrocités, les perpétuant implacablement, conscience en paix avec leurs complices, politiciens et médias, réunis en famille autour du sapin…

 

Entourés de leurs petites têtes blondes dénouant les paquets cadeaux, bourreaux repus et attendris, se délectant de chorales enfantines et grelots…

 

Mélodieuses vibrations de la magnificence de notre "Civilisation" :

« Petit Papa Noël… ♪♪♪…

Quand tu descendras du Ciel… ♪♪♪… 

Avec tes jouets par milliers… ♪♪♪… »

 

 

 


 

 

(1)  Evangile selon Saint Marc, chapitre 9 - verset 42.

(2)  Martin Rawson, On the European Union’s Nobel Peace Prize Win - cartoon, The Guardian, 12 octobre 2012,
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2012/oct/12/european-union-nobel-peace-prize-cartoon
3)  Aline de Diéguez, Le boom démographique palestinien affole les Israéliens, 7 décembre 2012,
http://www.algeriepatriotique.com/article/aline-de-dieguez-le-boom-demographique-palestinien-affole-les-israeliens-iii

4) US military facing fresh questions over targeting of children in Afghanistan, (L’armée américaine mise en cause pour prendre les enfants comme cible en Afghanistan), The Guardian, 7 décembre 2012,
http://www.guardian.co.uk/world/2012/dec/07/us-military-targeting-strategy-afghanistan 

5)  NGO : ISAF Attack Afghan Hospitals, Violating ‘’All Established Rules’’, (Une ONG Suédoise [Swedish Committee for Afghanistan - SCA] dénonce les attaques des forces coalisées sur les hôpitaux Afghans, en violation des conventions internationales), Fars News Agency, 8 décembre 2012,
http://english.farsnews.com/newstext.php?nn=9107125160

6)  Article Wikipedia sur le général Benoit Puga, en date du 11 décembre 2012, 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Puga#Op.C3.A9rations_ext.C3.A9rieures 

7)  Alexis de Tocqueville, Considérations sur la Révolution, I, VII, Gallimard, collection Pléiade, tome 3, p. 506.

8)  Exemple caricatural de cette pratique, dont sont extraites les citations :
Caroline Caldier, L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?, FranceInfo, 9 juin 2011,
http://www.franceinfo.fr/monde-moyen-orient-2011-06-09-l-armee-americaine-a-t-elle-utilise-l-arme-nucleaire-en-irak-542427-14-19.html

9)  Layla Anwar, Falloujah, c’est pire qu’Hiroshima, 24 juillet 2012,
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9137

10)  Voir les vidéos (en anglais) sur le site du Professeur Chris Bubsy :
http://www.chrisbusbyexposed.org/?page_id=102
Notamment :

=> Cyclop child and the cause of congenital anormaly in Iraq (Les Enfants Cyclopes et les causes de malformations congénitales en Irak)

=> US depleted uranium ammo behind Iraq birth defects spike (Les munitions américaines à "uranium appauvri" à l’origine de l’augmentation vertigineuse des malformations congénitales en Irak)
(11)  Layla Anwar, Op. Cit. 

 


 


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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 18:45

 

 

En ce mois de novembre, en France, chasse haletante à “La Baleine Blanche”…

 

Dénommée : “l’EPR”. Abréviation d’un type de réacteur nucléaire modernisé, par rapport aux précédentes centrales, aux évolutions sémantiques illustrant les errements conceptuels du projet, passant d’European Pressurized Reactor à Evolutionary Power Reactor pour séduire le marché américain. Impossible de résister au délice d’en étendre la déclinaison dans le titre de ce billet…

 

Battage médiatique dissimulant action implacable des plus puissants lobbies du pays, le “débat” sur la centrale atomique EPR de Flamanville (1) en cours de construction (une autre, de même type, est en projet à Penly près de Dieppe), aux multiples retards et dépassements de budgets, fut l’occasion pour tous les politiciens de se donner le beau rôle. A en croire leur ego en béton armé : des héros du sens des responsabilités, des visionnaires infaillibles du futur de nos collectivités…

 

Tout en multipliant, sans aucune gêne, publiquement, cyniquement, les “arrangements électoraux”. Sur la place médiatique, s’échangeant des morceaux de gras taillés dans la bête à peine harponnée… Jusqu’aux partis “écologistes” aux états-majors négociant, avec d’autres partis, octroi et partage de circonscriptions électorales pour les prochaines élections législatives qui suivront les présidentielles de 2012. (2)

 

Quelle virtuosité dans l’anticipation !... Pendant que les militants de base luttaient, au même moment, sous les coups de matraque et dans les gaz lacrymogènes de la violence policière, contre le convoyage par train de « déchets radioactifs » traversant la France vers l’Allemagne.

 

Ces mêmes partis, brandissant bannière de la “Moralisation de la Vie Politique”...

 

En fait, spectacle de la pire régression vers des mœurs d’Ancien Régime. Se faire accorder des circonscriptions électorales comme des fiefs par son suzerain, en contrepartie d’une vassalité assumée… Désigné par l’euphémisme de “parachutage”, qui n’est qu’une modernisation de pratiques féodales. A l’exemple des Boss de la Mafia se répartissant les quartiers d’une ville.

 

Quel parti politique inscrira à son programme une suppression définitive de ces comportements indignes d’une démocratie ?...

 

Réforme exigeant pour se présenter à un suffrage républicain, quel qu’en soit la finalité, une résidence effective de cinq années minimum, dans cette même circonscription, comme condition préalable. Et, comme condition suspensive, l’obligation d’y résider pendant toute la durée du mandat obtenu. Assortie, évidemment, du renforcement du non cumul des mandats électifs, limités non seulement en nombre mais aussi dans le temps.

 

Je vous parie un grille-pain à manivelle “100% écolo” : aucun.

 

Confirmant la décrépitude de nos systèmes électifs et représentatifs, politiciens et médias pratiquant une totale désinformation. Chacun évitant soigneusement d’aborder, avec une amorce de sérieux, les points essentiels de l’interrogation citoyenne sur une politique énergétique qui engage l’avenir de notre société pour plusieurs décennies : « Sortir du nucléaire ou pas ? ». 

 

Mythes, clichés, argumentaires de propagande électorale, mixés aux manipulations des lobbies, en occultant la dimension économique et géopolitique. Florilège :

 

images-lithium.jpg

Energie “indépendante”  

 

Le nucléaire assure « l’indépendance » énergétique de la France, clament les partisans du nucléaire ! Rassurante incantation. Qui ne correspond, évidemment, à aucune réalité, aucune logique : l’électronucléaire étant fondé sur une matière première extraite de “mines”, de “gisements” d’uranium, que la France se procure dans des pays étrangers.

 

Affirmation d’autant plus bizarre qu’au niveau du “process” de production électronucléaire, la France paye des royalties aux USA en rémunération de brevets et licences sur le fonctionnement de 54 de ses 58 réacteurs nucléaires. Ces réacteurs n’étant qu’une adaptation du réacteur américain à eau sous pression Westinghouse.

 

En ce cas, où se situe « l’indépendance » ?... Comment en arrive-t-on à formuler, dans le contentement de soi, une telle contrevérité ?...

 

De plus, les réserves mondiales d’uranium, approximativement inventoriées dans le monde, ont une durée d’extraction évaluée entre 80 et 150 ans. Du simple au double, dans l’incertitude des divagations des « experts » sur cette ressource fossile.

 

Les seules énergies dont dispose la France actuellement sur son territoire, en mesure de contribuer à son « indépendance », à l’exclusion des gaz de schistes, sont de quatre ordres : éolienne, géothermique, hydraulique (y compris les énergies marines : marées, vagues, courants marins, osmotiques, etc.), solaire. Seule leur exploitation exclusive permettrait d’affirmer une velléité « d’indépendance », mais sans l'assurer intégralement. Sauf à intégrer dans une politique énergétique, clairement définie, une action déterminée dans la réduction des consommations d’énergie dites « fixes » : modernisation du parc immobilier, urbanisme à autonomie énergétique, amélioration des rendements énergétiques du parc industriel, etc.

 

Ces énergies disponibles en France ne sont, en effet, ni extensibles à l’infini dans leur exploitation, ni sans effets collatéraux en termes de nuisances écologiques. Car, tout choix énergétique induit des impacts environnementaux, économiques et sanitaires (ondes, radiations, etc.) qu’il convient de gérer dans la concertation avec les parties concernées. Et, non pas dans le seul intérêt d’une caste d’actionnaires de grandes entreprises imposant la priorité de ses mirobolants profits comme critères d’investissement, transformant la république en ploutocratie.

 

En Inde, par exemple, la multiplication anarchique des barrages hydroélectriques, imposée par les “rois du BTP”, est dénoncée pour leur coût humain et leur effet d'appauvrissement des populations des campagnes provoquant un exode rural massif vers les grandes villes. Parcelles agricoles et villages, par dizaines de milliers, se retrouvant noyés sous les eaux. Arundhati Roy milite dans la défense des intérêts des centaines de milliers d'agriculteurs chassés de leur terres ancestrales, sans indemnités ni perspectives économiques viables. Déracinés, exclus. (3)

 

En France, dans un registre de pays développé et à une échelle plus réduite, c’est l’exploitation éolienne qui rencontre une opposition grandissante. Certains parlent d’un “danger éolien”. (4)

 

L’argument « d’indépendance » cache, en fait, “l’exploitation” des pays du Sahel par la France, notamment le Niger. Riches en uranium, à défaut de pétrole ou de gaz. Dimension géopolitique systématiquement dissimulée. Véritable pillage de pays, dont on suppose qu’il durera éternellement. A l’abri des clichés forgés par le marteau-pilon de la propagande les décrivant en “pays les plus pauvres de la planète”.

 

Pays, si leurs ressources naturelles étaient payées à leur “juste prix” et valorisées en partie sur place, qui devraient connaître aujourd’hui le niveau de vie des pays Scandinaves. Mais soumis, en permanence, à des pressions sous forme de guerre civile, quand ils ne sont pas occupés militairement via une dictature complice, pour mieux en extraire les richesses quasi gratuites, sans possibilité de remettre en cause le modèle d’asservissement. Pour le moment…

 

Le pire et récent exemple : les pays occidentaux n’ont pas hésité à diviser le Soudan en provoquant la sécession du Darfour, après y avoir créé, entretenu, une guerre civile pendant de nombreuses années, sous les gaz anesthésiants de notre industrie de la désinformation. Le Darfour, hébergeant les plus riches gisements d’uranium de la planète. L’avez-vous remarqué ? Depuis la colonisation directe par l’Occident de l’ex sud-Soudan, le Darfour a subitement disparu de son tam-tam médiatique.

 

 

Energie “propre” 

 

Politiciens et médias ne cessent de nous le marteler : le nucléaire est une « énergie propre » !... Curieux, comme affirmation. C’est, de la part des « nucléaristes », faire abstraction d’un problème colossal, insoluble, en l’état actuel des connaissances et du niveau technique de notre industrie atomique : celui de l’élimination ou du recyclage des « déchets radioactifs », extrêmement dangereux pour la santé humaine, animale et végétale.

 

En France, les 58 réacteurs nucléaires en activité, de différentes capacités, sont implantés sur 19 sites. Certes, ils produisent de l’électricité, mais aussi plus de soixante mille tonnes de « déchets radioactifs » par an. Ce qui représente annuellement, environ : un kilo de « déchets radioactifs » par habitant.

 

L’électronucléaire « énergie propre » n’est donc qu’une vue de l’esprit, un slogan de lobby, un cliché politicien leur servant de relais. S’endormir dans ce doux rêve : pourquoi pas ? Néanmoins, le problème demeure : que faire de ces « déchets radioactifs » ?... Leur traitement et stockage constituent un impératif de sécurité permanent. S’agissant d’un sous-produit industriel mortifère, impossible à recycler en totalité.

 

Les américains ont une méthode expéditive : ils les enterrent à grande profondeur, en l’état. Méthode suivie par Suède, Finlande et Canada. Actuellement, les déchets radioactifs américains sont stockés sur 131 sites provisoires dans 39 États, en attendant leur hypothétique regroupement dans le Nevada. C’est le pharaonique projet Yucca Mountain, au budget “initial” (des rallonges sont déjà prévues) de 60 milliards de dollars, qui rencontre l’opposition de beaucoup de responsables locaux. Tout particulièrement, celle des amérindiens Shoshone qui ne souhaitent pas voir leur « Réserve » semi-désertique, généreusement offerte après leur quasi-génocide par les colons venus d’Europe, devenir la plus grande poubelle nucléaire de la planète…   

 

En France, au territoire limité, on opte pour le « retraitement » du combustible. Après une utilisation moyenne de trois ans, le combustible est refroidi pendant environ la même durée, voire jusqu’à huit ou dix ans selon ses caractéristiques. Comme disent nos grands chefs cuisiniers, en parlant d’un plat entre deux traitements, il est « réservé ». Après cette période de refroidissement, le combustible est « retraité » pour en séparer le plutonium des autres éléments radioactifs. Le plutonium étant réutilisé comme combustible nucléaire en le renforçant, ou le régénérant, d’uranium enrichi.

 

Mélange donnant, en partie car tout n’est pas réutilisable, le fameux MOX (Mixed Oxydes) destiné à certaines centrales, dont les futures EPR. Ce qui est, “reculer pour mieux sauter” : le MOX se révélant pour le moment inapte à un retraitement ultérieur, encore plus radiotoxique que l’uranium habituellement employé comme combustible, et ses propres « déchets » : sept fois plus nocifs… Expliquant pourquoi la centrale de type EPR proposée pour le marché US n’ait pas encore reçu son homologation des autorités du fait de sa dangerosité. La décision finale, positive ou négative, n’interviendra pas avant juin 2013

 

La plus grande partie des déchets de nos centrales sont « traités » à La Hague, ainsi que ceux de l’Allemagne ou de l’Italie via des convoyages épiques, ou encore de Belgique, d’Espagne, des Pays-Bas, de Suisse, et même d’Australie ou du Japon. D’où l’appellation « usine de retraitement ».

 

Le reste de nos déchets, non réutilisables, matières radioactives hautement dangereuses, étant « enfoui » dans des souterrains. En attendant des jours meilleurs. Bombes à retardement sanitaires, produites par une énergie prétendue « propre », auxquelles les générations à venir seront inévitablement confrontées. Sachant que le plutonium a une durée de vie estimée à 24 000 ans, l’uranium 235 à 704 millions d’années, l’uranium 238 à 4,47 milliards d’années…

 

Mais, en amont des déchets, l’exploitation elle-même des centrales nucléaires n’est pas immunisée au quotidien contre les fuites radioactives, sans tremblement de terre, ni attentat terroriste, ni tsunami.

 

Récemment, en juillet 2008, une importante fuite radioactive avait été détectée sur un des plus importants sites nucléaires de France, et réputés les plus sûrs, celui du Tricastin, entre Valence et Avignon, regroupant à la fois des installations de traitement du combustible et 4 réacteurs électronucléaires en fonction. Gravissime évènement, étouffé dans un hermétique silence médiatique, nos brillants journalistes d’investigation étant mobilisés par la chasse à leur scoop préféré : le pédophile récidiviste…

 

Après des mois de procédures, la Cour d’appel de Nîmes a finalement rendu son jugement le 30 septembre 2011 : la société AREVA-SOCATRI a été reconnue coupable du délit de pollution des eaux (plus de 74 kg d’uranium avaient été « accidentellement » rejetés dans les cours d’eau avoisinants, et 30 m3 d’effluents chargés d’uranium avaient contaminé les eaux superficielles), en plus de sa condamnation pour retard dans la déclaration d’incident à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)… (5)

 

Sans oublier “l’aval” ou la fin de cycle : le démantèlement des centrales et autres installations (centres de recherche, de préparation des combustibles, ateliers support, etc.), au terme d’une exploitation moyenne de 40 ans, avec tous leurs bâtiments et  matériels radioactifs… A enfouir, aussi ?... (6) Passons rapidement sur les 104 unités de la Défense détenant : « … un ou plusieurs des 28 types de déchets nucléaires recensés… ». (7) Les volumes prévisionnels des déchets radioactifs augmentent, rien qu’en France, de 50% par décennie : de 1,2 million de m3 en 2010 à plus de 1,8 million de m3 pour 2020. (8)

 

Il y aurait, en France, 16 décharges ou sites de stockage répartis dans 11 départements. Non compris les déchets nucléaires immergés à "grande profondeur", au cours de deux campagnes d’immersion en 1967 et 1969 : environ 50 000 fûts. Les autres pays européens reconnaissent avoir immergé 150 000 tonnes de déchets radioactifs sur une quinzaine de sites… (9) Opérations et emplacements soigneusement dissimulés aux yeux de l’opinion publique, évidemment. De quoi nourrir quelques inquiétudes en allant chez son poissonnier… (10)

 

Prétendre que le nucléaire est une “énergie propre”, c’est affirmer et l’assumer, dans l’imbécilité et l’irresponsabilité absolues : « Après nous, le déluge ! ».

 

 

Energie “créatrice d’emplois”

 

L’énergie nucléaire serait “un des principaux créateurs d’emplois en France”. Certainement, l'argument le plus mensonger d’une propagande qui ne s’embarrasse d’aucune nuance. Plus c’est gros…

 

Des chiffres astronomiques ont été véhiculés par les lobbies « nucléaristes » via leurs médias. Avec une inflation exponentielle de zéros. Jusqu’à un, puis deux millions d’emplois !… Bouygues, par exemple, étant le principal bénéficiaire des énormes contrats de génie civil de ces centrales, son groupe de médias TF1 a particulièrement brillé dans cet exercice de communication. Décuplant reportages de créations d’emplois, chiffres, images, déclarations, aussi fantaisistes les uns que les autres.

 

En fait, lors de sa future exploitation, l’EPR de Flamanville emploiera 200 personnes.

 

Si on multiplie ce chiffre par la soixantaine de réacteurs nucléaires en France, on arrive à un bassin d’emplois de 12.000 personnes relevant de la production électronucléaire. Arrondissons le chiffre à 20.000 emplois, pour faire plaisir aux "journalistes d’investigation-décrypteurs de l'info" de TF1. Evidemment, il n’est pas à négliger.

 

En comparaison, les « auto-entrepreneurs », écrasés d’impôt et de taxes, ne bénéficiant ni de subventions ni de crédits à taux préférentiels, ne connaissant ni faveurs ni délais de leurs créanciers bancaires et fiscaux, ont créé plus d’un million d’emplois en France ces dernières années.

 

Inutile de poursuivre l’analyse…

 

 

Energie “bon marché”

 

Autre argument massue, tout aussi délirant que les précédents : grâce au nucléaire, nous serions bénéficiaires, nous assurent les « nucléaristes » la main sur le cœur, d’une énergie “40% moins cher” que dans les autres pays d’Europe. Autrement dit, le nucléaire serait une énergie « bon marché ».

 

Tout d’abord, c’est faux : l’électricité vendue en France se situe à un niveau comparable de celui de nos voisins européens. Ensuite, sur un plan de méthodologie d’élaboration des coûts, se prétendre “meilleur marché” c’est affirmer une maîtrise précise de l’ensemble des coûts d’une production, d’un service, ou d’un mix des deux, par rapport à une offre concurrente.

 

Une telle prétention est souvent  la confusion, ou la manipulation, entre “prix de vente” et “coût de revient”, surtout quand interviennent des fonds publics, sous forme de subventions, financements, etc. Ce qui est spécifiquement illusoire, ou tout aussi trompeur, pour la filière électronucléaire qui se situe encore loin, très loin, de la maturité industrielle pour identifier ses coûts présents et futurs, encadrés par des systèmes de contrôle ou d’audit au niveau requis.

 

Entrer dans le dédale comptable, budgétaire, financier, de la filière électronucléaire, engloutissant des financements publics faramineux depuis des décennies, c’est déambuler dans ces labyrinthes en miroir de la Foire du Trône qui nous font tant rire par leurs effets grossissant, amaigrissant. Nous rendant, par simple effet d’optique, filiforme ou hippopotamesque, suivant l’effet recherché.

 

Se lancer dans une fastidieuse mais passionnante déconstruction des coûts de la filière électronucléaire, parcimonieusement affichés, est impossible dans le cadre de la brièveté obligée de ce billet. Retenons, toutefois, quelques balises pour ne pas se perdre entre fausses informations, slogans publicitaires, actions marketing, lobbying et propagande.

 

Balises sous forme d’un questionnement.

 

Schématiquement, l’électronucléaire comprend trois volets : la construction d’une centrale, la production électronucléaire et, tout aussi important, les charges nucléaires futures (11). Puisqu’en fin de cycle, après 30 ou 40 ans de production, il est nécessaire de détruire une centrale nucléaire par sécurité. Opération désignée pudiquement sous le terme de « démantèlement » regroupant activités de démontage, décontamination, traitement des matériels radioactifs et stockage par enfouissement de ceux considérés comme irrémédiablement dangereux.

 

=> Construction d’une centrale nucléaire

A ce jour, personne (en France, comme à l’étranger) ne maîtrise en temps et en coût la construction d’une centrale nucléaire. Ce sont des dépassements qui se mesurent en années pour les délais initialement fixés, et en milliards d’euros ou de dollars pour les budgets prévisionnels. Sans parler des marges des entreprises, notamment de BTP et de chaudronnerie, toutes très friandes de dépassements de travaux, qui ne sont jamais sérieusement contrôlées dès lors que seuls sont en jeu des fonds publics.

 

Quitte, une fois les travaux achevés et la production lancée, à ce que ces installations soient privatisées au meilleur prix. Les pertes pour la collectivité, sous forme de gaspillages, gabegies, passe-droits et autres faveurs à l’égard des fournisseurs participant à la construction, sont immenses. Au détriment des budgets prioritaires de l’éducation, de la santé, des retraites et des services publics. Mais, les politiciens se garderont d’évoquer, quant à cette filière, la nécessaire “chasse aux fraudeurs”…

 

Que dire des constructions de centrales, qui ont dû être arrêtées, avant leur mise effective en production ?... Telle Superphénix, en France. Se révélant, par son utopie technique, impossible à faire fonctionner. Un des plus grands gouffres et gaspillages financiers du secteur. Hors coût de construction, l’évaluation à fin 2003 de son seul démantèlement dépassait les 2 milliards d’euros. Un des multiples « trous » de l’électronucléaire dont on n’entend jamais parler.

 

=> Production électronucléaire

Plusieurs variables ne sont pas prises en compte, sont majorées ou font l’objet de distorsions, dans l’élaboration des coûts, tout particulièrement :

i)  La matière première. L’intrant le plus important : l’uranium. Minoré en termes de coût d’achat puisqu’extrait, pour l’essentiel, du pillage néocolonial de pays comme le Niger. Dès qu’un gouvernement souhaite réévaluer la ressource de son pays, il est renversé par un coup d’Etat ou au moyen d’une guerre civile… Manière musclée de pratiquer la libre concurrence.

Qu’importent les effets collatéraux de cette spoliation en termes de morts, de destructions, de souffrances et de misères dans ces pays ? Coûts cachés, “hidden costs” comme disent les anglophones… L’important n’est-il pas que les « nucléaristes » s’autocongratulent angéliquement sur le fait qu’en France le nucléaire ait provoqué moins de morts et de scolioses que l’extraction du charbon ?...

 

ii)  Les fonds publics, sous forme de subventions et de prêts insuffisamment ou non rémunérés, voire non remboursés, de frais de recherche et autres supports à la charge d’autres institutions publiques ou collectivités non imputés, facturés ou récupérés. Négligemment, ou habilement, noyés dans le gigantisme de ces projets.

 

=>  Charges nucléaires futures

A ce niveau intervient la variable “temps” importante au niveau de l’identification du coût réel de l’énergie produite par l’électronucléaire, portant essentiellement sur deux contraintes industrielles majeures : gestion des déchets radioactifs et démantèlement des centrales nucléaires.

A ce niveau l’amateurisme se révèle encore plus ravageur. La Cour des Comptes, sous la prudente formulation de son rapport, Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs (12), a sensibilisé les responsables politiques sur la joyeuse pagaille régnant, à la fois, dans la gestion industrielle et technique, et sa représentation dans les prévisions et les comptabilisations.

 

i) Gestion des déchets radioactifs

Aucune maîtrise quant à ses deux volets complémentaires : traitement des déchets radioactifs et construction des sites de stockage, l’estimation des coûts de stockage variant de 15 milliards à 58 milliards d’euros, suivant les hypothèses.

« L’enjeu financier global résulte d’une comparaison entre, d’une part, le coût du stockage profond direct des combustibles usés et, d’autre part, le coût du retraitement et de l’évacuation des déchets issus du retraitement, puisqu’en cas de stockage direct il n’y aurait pas de retraitement. » p. 65

« Ce chiffrage présentait toutefois, dès l’origine et de l'aveu même de l'ANDRA (13), plusieurs faiblesses : il ne prenait en compte qu'à titre indicatif et sans études détaillées les coûts liés à l'exploitation … la structure des installations souterraines de stockage était assez grossièrement définie. En outre, ce chiffrage ne prenait pas en compte l'éventuel stockage de combustibles usés. »  p.140

 

ii) Gestion du démantèlement des centrales nucléaires

Le démantèlement d’une centrale nucléaire exige une période d’attente de 10 à 15 ans, après l’arrêt du réacteur, pour commencer les travaux effectifs. Ils peuvent durer plusieurs décennies pour une même installation. Les sommes sont considérables et doivent être prises en compte dans des « dotations aux provisions pour le démantèlement ». Interviennent, toutefois, deux distorsions : les montants de ces travaux ne sont pas estimés avec réalisme, en conséquence ces provisions sont exagérément sous-estimées.

 

Exemple : le coût des opérations concernant la déconstruction et le traitement du combustible de Superphénix était évalué à 2,081 milliards d’euros à la fin de l’année 2003. (p. 121). Celui de l’usine de retraitement de Marcoule jusqu’en 2030-2040 (sur une durée de 45 ans…) était évalué en 2005 à 6 milliards d’euros (valeur 2003). Tous ces montants sont, évidemment, à actualiser et revoir à la hausse.

 

C’est une génération de centrales nucléaires qui arrivent, en France, en fin de cycle, pratiquement au même moment. Les coûts de ces travaux, et donc les marchés correspondants, sont évalués entre 30 et 60 milliards d’euros. Bien entendu, se trouvent à l’affût les mêmes entreprises qui les ont construites…

 

La Cour des Comptes le rappelle :

« Or, l’importance des sommes en jeu et la multiplicité des projets nécessitent un suivi qui ne semble pas encore suffisamment rigoureux. »  p.93

« L’examen des dotations et reprises sur provisions montre que les dotations aux provisions pour le démantèlement de la centrale de Brennilis ont été dans un premier temps largement sous-estimées. »  p. 118

Encore plus révélateur :

« Les principes d’évaluation retenus pour les 58 réacteurs REP actuels, présentant un effet de série, ne pouvaient, à l’évidence, être étendus à des centrales anciennes, pour certaines prototypes, d’autant plus qu’à puissance installée équivalente, les équipements anciens étaient comparativement beaucoup plus volumineux. On ajoutera que si le montant de l’investissement brut initial, qui servait à calculer la provision, est parfaitement connu pour les centrales actuelles, il ne l’est pas vraiment pour les centrales anciennes. » pp. 121-122

 

Incroyable : l’investissement brut initial des centrales anciennes n’est “pas connu” ! Une valse à milliards…

 

Qu’importe l’amateurisme, le “n’importe quoi” ? Les fonds publics en milliards d’euros, inépuisables pour cette filière aux puissantes connexions et ramifications, sont instantanément à disposition, sans contrôles ni remises en cause, sur un simple claquement de doigt. Jouer à l’apprenti sorcier ne pose aucun problème à ceux qui s’en mettent plein les poches. Nous ne sommes pas dans l’énergie « bon marché », mais dans l’énergie « juteux marché »…

 

 

Energie “citoyenne”

 

Pour conclure : l’électronucléaire est-il une “énergie citoyenne” ?

 

Existerait-il un consensus national, à part quelques écolos radicaux-grincheux et analphabètes des intérêts du pays, s’étant mis d’accord pour accorder carte blanche à une “élite”, à la science infuse, chargée de décider de choix, d’options, engageant l’ensemble des citoyens, pour plusieurs décennies ?

Doit-il être conçu comme la “chasse gardée” d’une poignée de groupes industriels, tenant les politiciens par la barbichette ?

Ou, convient-il d’organiser un minimum de transparence sur enjeux et risques de cette filière, afin d’entamer un débat démocratique fondé sur une information complète et partagée ?…

 

Une décision sur le « Sortir du nucléaire ou pas ? » doit être collective, "engager" chacun des citoyens, à la suite d’un débat national, afin qu'elle soit légitime et irréversible, car non contestable. Ce qui nécessite, au minimum deux mesures indispensables :

 

=> La diffusion d’une information complète, dans un cadre éthique, en lieu et place des mécanismes de propagande et de lobbying actuels. Les obligations déontologiques, les incompatibilités, sont à définir sur le plan législatif.

Ainsi, les groupes industriels, bénéficiant de contrats avec l’Etat, à la fois dans la construction des centrales, des lieux de stockage et de leur entretien ou démantèlement, doivent renoncer à leurs participations dans toutes les entreprises de médias : presse et audiovisuel. La position dominante du groupe Bouygues, par exemple, tant dans le nucléaire que dans les médias (trustant plus de 50% du marché publicitaire TV), représente un abus, une infraction, contraires aux règles démocratiques élémentaires.

 

=> Le débat démocratique doit être conclu par un “référendum national”, afin de franchir le barrage des lobbies ou de leurs représentants, surmonter la paralysie de notre système parlementaire incapable de résister à leurs pressions ou tentations. (14) Du fait de son mode de financement, du gigantisme des fonds publics octroyés sans contrôles effectifs, des incommensurables risques sanitaires, environnementaux et économiques, qu’il impose à notre collectivité, la politique de l’électronucléaire doit être impérativement soumise au vote des citoyens.

 

Sachant que la caste politicienne fera tout pour en torpiller l’idée ou la mise en œuvre, dans l’arrogance et le mépris à l’égard de l’expression de la volonté populaire. A l’exemple de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à qui fut posée la question :

« Etes-vous partisan sur un tel sujet d’un référendum pour que, le jour venu, tous les citoyens aient voix au chapitre ? »

Réponse du distingué scientifique-ex-ministre-socialiste, « nucléariste » convaincu :

« Pas plus que je ne suis partisan de faire voter les gens sur la véracité d’un théorème de mathématiques !... La démocratie n’a jamais remplacé la connaissance et le savoir. » (15)

 

 

 

 

 

 

 

(1)  La France a vendu une centrale EPR à la Finlande, sur le site d’Olkiluoto, qui se révèle un véritable gouffre financier. Avec d’énormes indemnités de retard à payer, du fait de son incapacité à maîtriser sa construction selon les délais et les niveaux de qualité contractuels (acier et béton tout particulièrement) : on parle de 3 milliards d’euros… Deux autres centrales EPR ont été vendues à la Chine…

(2)  « Mais aux termes de l’accord finalement conclu, le PS concède à Mme Duflot une circonscription parisienne. « Paris vaut bien un EPR », est-ce la morale de l’histoire ? »,

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Accord-PS-EELV-un-renoncement-sous

(3)  Au péril de sa vie (les mafias sont très actives en Inde), Arundhati Roy s’est attaquée notamment au projet du gigantesque barrage Narmada qui doit entraîner le déplacement d’un million de personnes. Un film a été réalisé sur ce magnifique combat : Dam/Age (jeu de mots anglais sur damage – dégâts – et dam : barrage – le mot composé pouvant être lu aussi comme “L’ère des barrages”…), http://icarusfilms.com/new2003/dam.html.

Voir aussi : http://www.umich.edu/~snre492/Jones/narmada.html

(4)  J.L. Butré, L’imposture. Pourquoi l’éolien est un danger pour la France, éditions du Toucan, 2008.

(5)  Vendredi 30 septembre, la Cour d’appel de Nîmes a condamné AREVA-SOCATRI pour pollution des eaux, http://groupes.sortirdunucleaire.org/Fuite-d-uranium-au-Tricastin-AREVA

(6)  Cf. Rapport de la Cour des Comptes, Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs, janvier 2005, 292 pages, téléchargeable : http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/RapportRadioactifsnucleaire.pdf

(7)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 48.

(8)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 55.

(9)  Cour des Comptes, Op. Cit., p. 50.

(10)  L’immersion des déchets radioactifs a été définitivement interdite, à partir de février 1994, par la Convention de Londres. 

(11)  Production électronucléaire et charges nucléaires futures, Cour des Comptes, Op. Cit., p. 178.

(12)  Op. Cit.

(13)  ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs

(14)  A titre de lamentable exemple, voir le blocage par le Sénat à majorité socialiste de la micro-taxe sur les sodas : Les lobbies des sodas reprennent confiance, La Tribune, 22 novembre 2011, http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20111122trib000665942/les-lobbies-des-sodas-reprennent-confiance-face-a-la-taxe-gouvernementale.html

(15)  Claude Allègre, avec Dominique de Montvalon, Faut-il avoir peur du nucléaire ?, Editions Plon, 2011, p. 24.

 

 

 

 


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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 21:21

 

 

Les libertés publiques ne sont plus enserrées dans des murs en béton. Depuis la chute du symbole de l’étouffement des libertés qu’était Le Mur de Berlin.

 

Du moins, sous nos latitudes…

 

En Palestine, il est deux fois plus haut et plus solide. Il ne cesse de s’étendre.

 

Ailleurs, coups d’Etat, tortures, exécutions, enlèvements, élections truquées, bombardements, occupations militaires, en sont un substitut encore plus atroce. Mais, il convient de ne jamais l’évoquer…

 

Vingt ans !… Ne cessent de s’extasier les médias, célébrant cette disparition en chœur. Coordination, déploiement, ratissage, impeccables. Gros budgets. Tambours et trompettes. Pluies diluviennes d’euros et de dollars…

 

Nous l’avons tous compris. Une de leurs grandiloquentes campagnes de propagande. Nous agrippant par les oreilles et le col, nous matraquant dès le petit-déjeuner, pour endormir les citoyens que nous sommes.

 

Nous convaincre de notre état paradisiaque de « citoyen libre ».

 

Restons lucides.

 

Dans nos pays « riches », « développés », les progrès techniques de communication et de désinformation rendent obsolètes, archaïques, ces excroissances de béton et de fil de fer barbelé.

 

Pour étouffer la liberté d’expression et l’esprit critique, s’élèvent des murs virtuels qui ne se perçoivent pas à première vue. Encore plus efficaces.

 

Lentement, implacablement, s'érigeant dans le silence complice des politiciens. Pour ne pas changer…

 

De nombreux piliers pour le soutenir. Dont l’architecture et la mise en œuvre sont élaborées par des officines spécialisées qui ne font que cela à longueur d’années. Concevoir stratagèmes, désinformations et contrevérités.

 

Nous faire croire que la lune est carrée, qu’un dictateur sanguinaire est un démocrate. Qu’un dirigeant régulièrement élu est un dictateur, à partir du moment où il n’accepte pas ce qu’une « grande puissance » lui dicte.  Qu’il y a des élections truquées où il n’y en a pas. Ou, vice-versa, qu’il n’y en a pas, là où il y en a. Même si l’arnaque crève les yeux, comme on vient de le voir en Afghanistan.

 

L’étape ultime étant « la censure ».

 

Censure déguisée, bien sûr. Nous sommes en « démocratie ». Comment transformer des citoyens en consommateurs, muets et autant que possible apeurés ? La peur renforçant leur mutisme.

 

Pour les castes au pouvoir, « la peur » n’est pas le commencement de la sagesse des sujets qu’ils gouvernent. C’est l’instrument qui leur cloue le bec.

 

Un des meilleurs artifices, pour étouffer liberté d’expression et esprit critique, est « l’arsenal juridique ». Sans cesse travaillé, modernisé, actualisé. Avoir la « justice » avec soi, pour bâillonner son peuple, le rêve de tout autocrate…

 

Connaissez vous le SLAPP ?… Une pandémie, dans nos pays occidentaux.

 

Le Strategic Lawsuit Against Public Participation. On pourrait traduire par : Action Judiciaire Stratégique contre la Mobilisation Citoyenne.

 

Ce sont des actions en justice, dont le modèle est anglo-saxon à l’origine, destinées à intimider, dissuader, entraver, bloquer les actions menées par des groupes de citoyens, de consommateurs, de médias, qui ont le courage de dénoncer des produits, ou des services, qu’ils estiment contraires aux intérêts de la collectivité.

 

Notamment, sur le plan des risques sanitaires que font prendre des groupes financiers de l’Agro-Business, de l’Industrie, de la Grande Distribution. Publics ou privés.

 

L’objectif premier est d’étrangler financièrement, par le coût des procès à répétition et l’enjeu des sommes demandées, l’action des citoyens ou des médias se mobilisant pour une cause, dans l’intérêt d’une collectivité.

 

Dans mon billet précédent, je vous ai cité un cas, Afrique : Pillage et Pollution… Il mettait en cause une société britannique pratiquant la mondialisation de la pollution.. (1)

 

Je vous présente un autre cas, en France. Symbolique de la dégradation en cours, de nos libertés se délitant.

 

 

Il y a un an, des associations de cinq pays européens, dont le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) pour la France, ont fait tester par un laboratoire allemand certifié des raisins de table, vendus dans des magasins relevant de 16 enseignes différentes. (2)

 

Cette étude internationale examinait la politique de la « grande distribution » en matière de résidus de pesticides dans les produits alimentaires. Elle a été publiée le 24 novembre 2008.

 

Conclusions accablantes…

 

Non seulement la quasi-totalité des raisins analysés, issus de l’agriculture intensive, contenaient des résidus de pesticides à un niveau élevé. Mais les doses analysées dépassaient largement les limites autorisées, dans la plupart des cas.

 

Pire : des produits interdits, en tant que pesticides, ont été trouvés sur ces produits « frais »…

 

Inacceptable.

 

Qu’ont fait les professionnels, en France ? Une contre-étude ? Une action immédiate pour remédier à cette situation ? Une réflexion commune, producteurs - grande distribution – consommateurs, pour élaborer les mesures à long terme garantissant qualité et sécurité alimentaires ?

 

Non.

 

Le 2 février 2009, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, la Fédération Nationale des producteurs de Raisin de Table (FNRT) a assigné en justice le MRDGF pour avoir « … dénigré le raisin de table ».

 

Réclamant :

=> 500.000 euros de dommages et intérêts

=> La publication du jugement dans dix médias nationaux

=> La suppression du dossier sur son site Internet.

 

Evidemment, l’association ne dispose pas des moyens et sommes demandées. Le but est clair : censurer l’information, tuer dans l’œuf toute résistance et action de ce type.


Même réactions de ces milieux, que lors des études publiées sur les OGM, le sucre, le sel, etc. : intimider, menacer... Plus vite que son ombre...

 

Que faire ?…

 

Devant l’inaction des politiciens ? L’occultation des médias ?

 

Devant les atteintes délibérées et répétées contre la liberté d’expression, le droit des consommateurs à une pluralité et une fiabilité de leur information, et le droit à la santé de la population ?…

 

Les choix sont multiples, l’essentiel étant l’action citoyenne. Pour le cas présent :

 

i)   Faire circuler l’information autour de vous, pour franchir l’obstruction des médias

ii)  Adhérer au MDRGF : www.mdrgf.org

iii)  Soutenir l’association de solidarité avec le MDRGF, constituée pour lutter contre l’intimidation et les menaces qu’elle subit : www.generations-futures.org

iv)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, le député et le sénateur de votre circonscription pour les sortir de leur assoupissement, via leurs permanences électorales ou leurs bureaux au Parlement, en exigeant leur intervention

v)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, les antennes des partis politiques de votre circonscription, de la majorité et de l’opposition, pour les sortir de leurs tripatouillages et de leurs guerres des chefs, en exigeant leur intervention.

 

Que les élus, et ceux qui ambitionnent de l’être, sachent que leurs actions, actuelles et futures, seront jugées électoralement sur des actes, des principes et non pas sur des combines de notables à base de bla-bla-bla.

 

Qu’ils sentent que les citoyens n’accepteront pas de voir les institutions politiques de leur nation gangrenées par les lobbies, au service exclusif de ceux qui souhaitent étouffer la liberté d’expression et d’information pour tondre confortablement la laine sur le dos de moutons amorphes.

 

Dans l’enclos dont rêvent cyniquement ces nouveaux autocrates du TAF, « Totalitarisme de l’Argent Facile », détournant “l’Etat de droit” voulu par les citoyens en un nouveau …

 

… Mur de la Honte.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

(1)  http://stanechy.over-blog.com/article-afrique-pillage-et-pollution--38356781.html

(2)  MDRGF, 40 rue de Malte, 75011 Paris, tel. : 01 45 79 07 59, www.mdrgf.org

 

 

 

 

 


 

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 18:17


Probo Koala.

 

Un nom de parfum se voulant exotique ?

 

Ces liquides de perlimpinpin, aux marges bénéficiaires colossales, dont les publicitaires aux narines poudrées veulent nous faire croire que les acheter c’est s’offrir l’extase, la renaissance, le nirvana…

 

Non. Celui d’un bateau.

 

Un symbole.

 

Celui de l’Afrique pillée depuis des siècles par des pays fondant leur prospérité sur le vol. Lui infligeant, à présent, la pollution en sus de la prédation.

 

Pour délocaliser leur usines polluantes ? Créant des emplois sur ce continent ?

 

Même pas…

 

Evacuant, vidant, déversant, expédiant, entreposant, enfouissant, immergeant, leurs déchets industriels les plus toxiques. Avec des complicités locales. Evidemment.

 

Pour ne pas avoir à les traiter, les neutraliser, les éliminer. Trop cher. Rentabilité oblige. Profits mirobolants exigent.

 

Dans le silence des nomenklaturas de la « mondialisation » au pouvoir.

 

Ténors, barytons, histrions, cinéastes, vidéastes et médias spécialisés dans le fructueux BCE, Business du Catastrophisme Ecologiste, ne se mobilisent pas.

 

Normal. Pas de pingouins mazoutés, de tortues prenant des sacs plastiques pour des méduses, de chimpanzés en mal de bananes, de gentils dauphins coupés en rondelles par les méchants japonais…

 

La planète n’est pas en danger. Il ne s’agit que d’Africains. Cause « invendable ». En Afrique : crever de faim, de massacre ou de pollution, où est la différence ?…

 


 

Enfants de Côte d’Ivoire intoxiqués
par les déchets industriels expédiés depuis l’Europe.

 


Les industriels, dont les processus de fabrication induisent des déchets toxiques, s’en débarrassent comme ils peuvent. Suivant le principe du "sauve-qui-peut", malgré grandes déclarations et publicités mensongères sur leur constante préoccupation du bien de la collectivité.

 

Les Ponce Pilate industriels s’en lavent les mains. Passant le relais à des entreprises de retraitement qu’elles payent pour cela. Sans contrôle des autorités sanitaires des pays producteurs de ces déchets toxiques. Qui, bien souvent, les « cèdent » à leur tour à d’autres entreprises ou organisations.

 

En fait, quasiment personne ne retraite ces déchets. C’est ainsi que les côtes somaliennes sont infestées, depuis des décennies, par des largages de fûts et autres conteneurs de déchets hyper toxiques en provenance d’Europe ou d’Amérique du nord. Certains étant simplement enfouis sur les plages, à moins d’un mètre de profondeur.

 

Peu de pays africains échappent à ce fléau. L’Afrique devenant une poubelle des pays industrialisés. La fosse commune d’authentiques crimes écologiques.

 

L’un d’eux a soulevé beaucoup d’émotion en Grande-Bretagne, ce mois-ci. Mettant en lumière les effets pervers d’une mondialisation non maîtrisée, ou plutôt parfaitement maîtrisée par des industriels voyous. Les Al Capone, non plus de la Prohibition mais de la Mondialisation. Avec leurs manœuvres, manipulations, intimidations, judiciaires, politiciennes, mafieuses, allant jusqu’à étouffer la liberté d’expression.

 

Le bateau Probo Koala avait été affrété, en 2006, par une multinationale d’origine britannique Trafigura, du secteur de l’énergie, des mines, et des matières premières. Pour déverser 500 tonnes de déchets extrêmement toxiques en Côte d’Ivoire, censés être enfouis dans 18 endroits des environs de la capitale, Abidjan.

 

Peu de temps après l’exécution de cette opération sont apparus, à grande échelle dans la population, des signes d’intoxication graves entraînant de nombreuses hospitalisations et la mort rapide d’une quinzaine de personnes.

 

Un rapport d’experts internationaux, le Minton Report (1), publié en septembre dernier, a estimé que l’intoxication avait atteint un minimum de 108.000 personnes. Confirmant qu’il s’agissait bien d’intoxication en provenance du déversement de ces déchets « … capables d’entraîner de graves conséquences sur la santé humaine, y compris la mort ».

 

Les analyses d’un laboratoire hollandais ont identifié de très dangereux poisons dans le cocktail répandu par ce groupe international : notamment 2 tonnes de sulfure d’hydrogène, un gaz mortel qui présente la particularité d’une odeur d’œuf pourri.

 

Au-delà de cet acte criminel, il est saisissant d’assister au réflexe d’impunité de ces groupes internationaux depuis la publication du Rapport Minton, début septembre 2009.

 

Loin de faire amende honorable et tout ce qui était en son pouvoir pour immédiatement soulager, indemniser les victimes, s’engager à exercer ses responsabilités, revoir ses procédures de fabrication et d’élimination des déchet de sa production, la direction du groupe Trafigura a lutté avec acharnement pour étouffer l’information, fort de l’appui de la justice et la complicité des politiciens.

 

Loin d’aller en prison, les dirigeants et les actionnaires du groupe, dans l’arrogance de leur puissance financière, menacent journaux et citoyens souhaitant défendre la liberté d’information, d’expression. Et, le respect des « droits de l’homme » qui commence par celui de sa santé…

 

Sans Internet et Twitter, l’affaire aurait été étouffée.

 

Dès le 11 septembre (date sinistre…) 2009.

 

Avec son bataillon d’avocats, Trafigura obtenait des tribunaux britanniques une « injonction », un jugement en référé dirait-on en France, interdisant aux médias de faire état, par des citations, du rapport Minton. Jusqu’à interdire la simple mention du nom : « Minton » !

 

Sous prétexte d’éviter toute diffamation à l’encontre de ce groupe. Tous les journaux britanniques ont dû se plier à cette mesure, notamment The Guardian, qui avait été courageusement en pointe sur ce dossier.

 

Totale irresponsabilité. Censure absolue.

 

Plus grave…

 

Lorsque des parlementaires ont évoqué cette affaire (interpellation du Ministre de la Justice) devant le parlement britannique. Trafigura obtenait, à nouveau, de la justice britannique une injonction interdisant aux médias britanniques de mentionner ce débat parlementaire, par des citations, ainsi que toute mention du rapport et commentaires échangés par les élus du peuple dans l’enceinte du parlement…

 

Il fallut attendre un mois (2), pour obtenir que le groupe Trafigura ne s’oppose plus, devant la colère de l’opinion publique, à la libre circulation des informations et débats sur ce scandale qui dépassait le cadre du désastre écologique et humanitaire pour s’installer dans celui, tout aussi préoccupant, de la liberté d’expression d'une « démocratie ».

 

Consultez le site et la luxueuse présentation du groupe Trafigura (3), vous pourrez y lire la larme à l’œil combien ce groupe est soucieux du bien collectif. Affirmant la main sur le cœur pratiquer ce que ses dirigeants appellent le :

« … long-term support of the communities in which we operate ».

 

Hypocrisie ?… Déni de la liberté d’expression ?…

 

Totalitarisme de la voyoucratie industrielle, tenant politiciens et juges par les bourses (caisses électorales, comptes dans les paradis fiscaux, entre autres…) ?…

 

Probo Koala.

 

Avant tout,

 

… le nom d’un crime.

 

 


 

 

(1)  http://wikileaks.org/wiki/Minton, rapport téléchargeable à partir de ce site.

(2)  Mary Bowers, Trafigura report on dumped waste in Ivory Coast revealed, The Times, 17 octobre 2009, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article6878956.ece

(3)  http://www.trafigura.com/, présentation du groupe téléchargeable à partir du site.

 

Photo : The Guardian

 

 

 


 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Afrique Santé et Environnement
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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 14:46

Un petit exercice de lucidité, avec un cartoon de Leon Kuhn, sur le nouveau modèle de santé mis en œuvre par la caste politique européenne. Droite et gauche confondues, dans la même complicité. La France, y compris, bien sûr…

Leon Kuhn, avec son humour british, met en scène Gordon Brown, qui était alors le Ministre des finances du gouvernement Blair. Ajoutons qu’il fut le successeur désigné de Blair à la tête du parti travailliste (Labour Party) : le PS britannique …


NHS.jpg
 

Il reprend les propos de ce politicien qui déclarait devant son parti : "We must drive reform deeper". En français : "Nous devons mener une réforme encore plus drastique". A propos du système de santé britannique, ou du moins le peu qu’il en reste, l’un des plus délabrés parmi ceux des pays riches…

On le voit ainsi planter un couteau, sur lequel est inscrit "Le Marché", dans le dos d’un médecin (avec son stéthoscope autour du cou) dont l’épaule porte le sigle NHS (National Health Service), que l’on peut traduire par Santé Publique.

C’est une évidence : les politiciens, en Europe, veulent le démantèlement de la Santé Publique. Car, ils sont inféodés à deux lobbies extrêmement puissants :


1. Le lobby des multinationales pharmaceutiques

La protection du lobby des multinationales pharmaceutiques est solidement installé et fonctionne à la perfection. Leurs « hyper profits » permanents ne sont jamais contrôlés par les responsables gouvernementaux. Leurs marges sur les médicaments sont, en effet, pharaoniques. Tout le monde s’extasie et trouve cela normal. Bizarrement, personne ne se pose de questions…

Les prix de vente  sont sans commune mesure avec les coûts de revient réels, contribuant ainsi à la surcharge des frais de santé au détriment de la collectivité (1). On se limite au contrôle de la soi-disant qualité médicale ou thérapeutique. Quant aux coûts réels : c’est la cécité ou la surdité totales…

Attention ! Il faut financer « les frais de recherche » ! Nous dit-on pour paralyser toute investigation ou esprit critique…

En fait, l’argument du prix "élevé" des médicaments pour financer les "frais de recherche" est un pur mensonge, comme l’a parfaitement démontré l’équipe de chercheurs de Froud (2). Une analyse, surmontant cette intimidation intellectuelle, montre clairement que l’essentiel est gaspillé, englouti, dans des frais de marketing et de publicité (au bénéfice des copains des copains, avec retours d’ascenseur…) sans rapport avec une gestion saine et suffisante de cette activité.

Vous remarquerez que dans "la recherche d’économies" ou "la recherche d'une bonne gestion" sur la santé, aucun politicien (quels que soient sa nationalité et son parti…) n’a proposé, ou ne proposera, un contrat d’obligation de résultat, avec les multinationales pharmaceutiques suivant le principe de l’ « open books » ("livres comptables ouverts"…), obligeant ces groupes à être soumis à un contrôle sur les coûts de revient et les prix de vente "imposés" ou "infligés" à la collectivité...

Ce vol organisé, à grande échelle, au détriment de la Santé Publique chargée d’être au service de la collectivité, reste impuni. Alors qu’il s’agit d’un gisement d’économies considérable, immédiat et facile à exploiter. Mais, il est plus facile de ponctionner le malade et d’en faire un suspect, que de s’attaquer aux requins. Ou, de rouer de coups un jeune qui n’a pas payé son ticket de métro…
 

2. Le lobby des compagnies d’assurances et des banques

Le marché de la santé est un marché qui est un des objectifs stratégiques majeurs des compagnies d’assurances, pour les années à venir, avec la participation active (y compris les jeux de participations financières croisées) du secteur bancaire.

Deux objectifs :

i)  Pomper directement dans leurs caisses les cotisations, au lieu d’aller dans celles de l’Etat. Gérés par leurs filiales spécialisées, ces capitaux deviendraient mobiles, faisant tourner les placements spéculatifs qui eux, ne sont jamais taxés. Mais, c’est une autre histoire…

ii)  Gérer la partie "hôtelière" du système hospitalier propice à la spéculation immobilière. Terrains ou bâtiments, remis gracieusement, en pleine propriété, par des régions ou municipalités au profit de ces compagnies. Arrondissant ainsi leur patrimoine immobilier qui permet d’accroître leurs actifs financiers et leurs capacités d’intervention dans la finance spéculative. Celle où on gagne beaucoup d’argent, sans beaucoup travailler…

C’est vrai, pour un politicien, fermer les yeux : c’est facile et cela peut rapporter gros…
 
 
 

 
  
(1)  Froud, J. et al. (2006), Financialization and Strategy, Narrative and Numbers, Routledge.
Dans ce livre, de loin un des meilleurs livres de gestion de ces dix dernières années, lire la partie sur l’industrie pharmaceutique (Glaxo, Smith Kline, etc.). Un remarquable, et trop rare, exemple de recherche et d’analyse d’un travail d’équipe à partir de chiffres, de rapports financiers et de campagnes de communication, sur une vingtaine d’années.
(2)  Froud, J. (Op. cit.).






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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 11:25


Un cartoon de Leon Kuhn que j’aime beaucoup.

 

Son jeu de mots, Welfare not Warfare,  représente ce que ressentent les britanniques, en ce moment.

 
Le ministre des finances du gouvernement Blair (Labour), Gordon Brown, a présenté le budget de l’Etat, mardi dernier. Evidemment, avec des exonérations fiscales pour les grandes entreprises et les hauts revenus…

 

Les deux principaux partis politiques, Tory (conservateurs) et Labour (travaillistes), appliquent la même politique, en votant le même budget d’une année à l’autre, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition. Routine du jeu politique, dans les démocraties occidentales, qui veut que  « l’alternance » ne soit qu’une façade…

Plus grave : l’un et l’autre soutiennent les manoeuvres du lobby de l’armement, aussi puissant au Royaume Uni qu’en France. Ils veulent « renouveler » le parc des missiles à ogives nucléaires, embarqués dans les sous-marins. Les fameux « Trident ».

 

Il y a en a pour 70 milliards de £ (103 milliards d’euros) !…

Les britanniques n’en veulent pas. Ils estiment que d'autres priorités s'imposent. La majorité d’entre eux militent, déjà et en  permanence, contre
l’emploi des troupes britanniques en Afghanistan et en Irak. Guerres coloniales d’un autre âge.

 

Ils veulent du « Welfare », de la protection sociale et du bien-être, et non pas du « Warfare », des entreprises guerrières qui n’ont rien à voir avec les besoins réels de la défense du territoire. Mais le lobby ne bronche pas. Image classique d’une caste politique qui, une fois élue sur des fausses promesses, exerce en fait un pouvoir absolu…

« Scrap » : laissons tomber ce projet, demandent-ils. Et dans la fumée de ce missile, on peut lire : « 100 hôpitaux ». Ils sont, en effet, excédés d’endurer un des services de santé les plus déplorables des pays « développés » …

Détail amusant : un député travailliste, Dai Davies, a voulu déposer une motion au Parlement pour rappeler qu’à l’issue d’une consultation publique sur le renouvellement des missiles « Trident », 99 % des britanniques ont rejeté ce projet. Ce qui lui paraissait douteux…

 

Mais, avant de discuter son texte on lui a demandé de rectifier l’appellation « WMD system » (Weapons of Mass Destruction) ou "armes de destruction massive", par « NW system » (Nuclear Weapons). Voyons ! Les pays occidentaux ne possèdent pas « d’armes de destruction massive » …

Et, dire que certains de nos candidats présidentiables « admirent » le gouvernement Blair…

 

 

 

 

 

 

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