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Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
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Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

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b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

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Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 17:00

 

 

 

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique.

Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.

Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde.

C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort . »


François Mitterrand

( in Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterrand, 1997)

 

 

 

 

 

 

Paysage lunaire, bordé de vagues. Un port.

 

Gwadar...

 

Depuis la nuit des temps, vivotant de pêche et de cabotage.

 

Alexandre et ses troupes dit-on, dans leur frénésie de conquêtes y passèrent, épuisées, assoiffées ; la flotte du conquérant, sous le commandement de son amiral Néarque, y aurait fait escale pour procéder aux inévitables travaux de maintenance de sa flotte de 120 navires et au ravitaillement de ses 10.000 hommes...

 

Longtemps enclave, comptoir, du sultanat de Mascate et d'Oman siégeant sur la rive opposée ou la rive sud de la Mer d'Oman, ou Mer d'Arabie selon atlas et mappemondes. Reliquat de sa puissance maritime qui couvrait l'Océan Indien, de la côte ouest de l'Inde à celle de l'Afrique de l'est, jusqu'à Zanzibar. Avant de succomber sous la tutelle de l'implacable "empire britannique" en 1891.

 

Oman vendit le port de Gwadar au Pakistan, en 1958, qui l'intégra administrativement dans sa province du Baloutchistan le 1er Juillet 1977.

 

Aujourd'hui : 100.000 habitants, en prenant en compte les villages voisins. Demain...

 

C’est-à-dire à la fin de ce siècle : un des premiers, si ce n’est le premier, complexes portuaires du monde par son volume de containers, de flux énergétiques, de trafic ferroviaire et autoroutier.

 

Escale à Gwadar…

Colossal projet, symbolisant le gigantesque basculement géopolitique en cours.

 

Ce port réputé en "eaux profondes", protégé par une péninsule, à la sortie du Golfe Persique, capable d'accueillir les plus grands navires pétroliers, méthaniers et porte-containers de la planète, a été acheté en 2013 au Pakistan par la Chine, via la structure étatique qui gère ses ports hors du territoire chinois, la China Overseas Port Holdings Limited.

 

L'impact de ce spectaculaire investissement se mesure sur deux plans :

 

i)   La Chine sécurise ses approvisionnements et son commerce en raccourcissant ses routes maritimes

 

Environ 60 % de ses ressources en énergie proviennent du Golfe Persique et doivent accomplir un périple risqué de plus de 15.000 km pour atteindre la Chine continentale, essentiellement la région de Shanghaï. Sous la menace constante de la marine de guerre occidentale, et de ses auxiliaires locaux, en embuscade au large de ses côtes ou des détroits à franchir ; notamment celui de Malacca. De plus, les réexpéditions vers la Chine de l'ouest à partir du point d'arrivée de Shanghaï imposent un rallongement de 5.000 km dans le sens opposé par voie terrestre.

 

Pour contourner ces dangers, difficultés, lenteurs et surcoûts, une liaison directe avec la Chine de l'ouest, la province du Xinjiang (ou Sin-Kiang, suivant les transcriptions), est en rapide construction dans toutes ses variantes :

=> Pipelines et gazoducs

=> voie ferrée et autoroute Gwadar - Xinkiang

 

Avec les énormes moyens financiers de la Chine qui vient de signer avec le Pakistan, lors de la visite d'Etat du président Chinois le 20 avril 2015, le pacte du Corridor Economique, en abrégé le CPEC (China - Pakistan Economic Corridor).

 

Escale à Gwadar…

ii)  La restructuration de l'économie du Pakistan et le "boom" du développement de l'Asie centrale

 

Ce corridor de 3.000 km reliera le port de Gwadar, et de sa zone franche, à la ville chinoise de Kashgar, au Xinjiang. Conçu comme une "bretelle" de celui, autre gigantesque investissement en cours, portant sur la réactivation actuelle de la Route de la Soie reliant Chine et Russie au travers des richissimes, en ressources énergétiques et minières, pays d'Asie centrale, le budget programmé est à hauteur de 50 milliards d'euros sur 5 ans.

 

En support de ce projet s'ajoutent plus de 50 autres milliards d'euros d'investissements dans les infrastructures annexes : télécommunications (fibre optique, en particulier), énergies renouvelables, aéroport international de Gwadar, 1.500 km d'autoroutes de montagne dans le nord du Pakistan (projet Karakorum), sans oublier le volet "éducation-formation-santé", etc. Et, ce ne sont là que les premiers jalons d'une longue suite de programmes...

 

A terme le Pakistan, englué dans une guerre civile larvée où s'affrontent en coulisses des oligarchies aux intérêts opposés, va retrouver le chemin du développement, et inéluctablement celui de la véritable indépendance et de la paix, grâce à cet apport massif d'investissements générateurs, d'après les premières estimations, de plus de 2 millions d'emplois qualifiés.

 

Notons que les occidentaux, crispés sur la "stratégie du chaos" imposée par l'extrême-droite américaine, loin de s'associer à ces projets qui pourraient être grandement profitables à leurs propres entreprises, grandes et petites, font tout, n'hésitant pas à recourir à l'hyperviolence la plus abjecte, pour saboter ces volontés, perspectives et programmes de développement...

 

Leurs "services spéciaux" (principalement : US, britanniques, israéliens et saoudiens) multipliant méthodiquement comme en Syrie, en Irak ou ailleurs (diviser pour régner...), sur fond de corruption, les attentats entre "communautés religieuses" (sunnites, shiites, chrétiennes, etc.) pour attiser les conflits et retarder le plus possible la croissance économique, et ses retombées positives pour les populations locales, du Pakistan et de sa région.

 

A ces "conflits religieux", sont rajoutés les "conflits ethniques", via de multiples mouvements autonomistes poussant comme des champignons. Plantureusement financés par l'Occident. La plupart articulés sur les trafiquants de drogue, seigneurs de guerre locaux et mafias diverses. Et, bien sûr, encensés par notre appareil de propagande, tous médias confondus, comme étant d'authentiques mouvements de "libération démocratique"...

 

Ainsi, ceux fomentés au Xinjiang étant étrangement similaires à ceux de la province du Baloutchistan où se trouve le port de Gwadar, à 120 km de l'Iran. Des mouvements terroristes transfrontaliers étant encadrés et puissamment soutenus par les occidentaux pour provoquer aussi des attentats dans le Baloutchistan Iranien voisin...

 

La France, dans tout ça ?...  Absente. Loin de ces fabuleux projets de développement, d'investissement, de croisssance et de prospérité, partagés avec tout un continent.

Nos diplomates sclérosés, nos badernes galonnées, nos médias putassiers, petit doigt sur la couture du pantalon de la servilité, la bedaine gonflée d'autosatisfaction d'avoir vendu 24 avions de guerre au Qatar (dont l'essentiel de la production, de la main-d'oeuvre, de la valeur ajoutée et de la marge bénéficiaire, est domicilié hors de notre pays...), après avoir donné des leçons de démocratie à la Russie en refusant de lui vendre des navires porte-hélicoptères Mistral...

 

Regardant le train de la réalité économique passer à toute vitesse sous les yeux, frétillant de béatitude pour avoir participé "en tant qu'invité d'honneur" au "conseil de gouvernement" de pétromonarchies aussi tyranniques qu'éphémères…

 

Emportées qu'elles seront par le vent de l'Histoire, créations artificielles issues du démembrement de l'Empire Ottoman, effacées par une bourrasque venue du désert dont elles ne sont qu'un décor de carton-pâte.

 

 

 

 

 

 


 

 

 



 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 18:19

 

 

 

« J’atteste que le système qui tend à porter la liberté à force ouverte chez les nations voisines est le plus propre à la faire haïr et à empêcher son triomphe. »

Talleyrand (1)

 

 

 

 

Soo Ae

 

Pause dans une carrière trépidante, elle est venue passer une quinzaine de jours en France. Arrivée le 5 avril dernier, certains ont eu la chance de l’apercevoir, à Paris, quartier de l’Opéra.

 

Ah !... Soo Ae...

 

Mon actrice Coréenne préférée. Chatoiement de féminité et de grâce. Braises sous la neige, qui abonde en hiver dans son pays…

 

Corée : Lecture d’une “Crise”…

Dans son impressionnante filmographie, le rôle que je préfère est celui de l’impératrice coréenne Myeongseong, qu’elle incarne dans le film, sorti en 2009, sous-titré en anglais : The Sword with No Name. (2)

 

A ma connaissance, mais je souhaite me tromper, ce film n’est pas distribué en France. Tout comme l’essentiel des productions asiatiques, non seulement coréennes, mais aussi, chinoises et japonaises. (3) Malgré l’étourdissante diversité et qualité de leurs chefs-d’œuvre, du policier au film historique en passant par la comédie. (4) Le « Festival du Film Asiatique de Deauville », créé il y a une quinzaine d’années par des cinéphiles entreprenants, ne bénéficie pas encore de la visibilité qu’il mérite. Car, à en croire l’analphabétisme médiatique, n’existerait que le cinéma Indien, avec le caricatural Bollywood. Ou encore, le Kung Fu de Hong Kong…

 

Pour en saisir le contexte, une brève digression sur cet analphabétisme soigneusement entretenu, au double engrenage :

 

=>   Un circuit de distribution “francophone”, dit “grand public” par opposition aux rares “salles d’art et d’essais”, inféodé aux monopoles américains privilégiant leurs films doublés ou sous-titrés, occultant ainsi les autres productions nationales et internationales. Le summum, révélateur de cette pathologie, étant la cérémonie des Oscars d’Hollywood. Dont on nous gave jusqu’à la nausée, alors que d’autres vitrines cinématographiques, aussi importantes, en qualité et en notoriété dans le monde, notamment en Asie ou en Amérique latine, ne sont jamais évoquées ou montrées. (5)

 

=>   Un filtrage des thèmes qui entreraient en conflit avec l’axe de la propagande occidentale, provoquant l’exclusion systématique de productions de qualité, sur le plan du savoir et de la culture.

 

Ainsi la propagande antichinoise élimine d’excellents films, qui contribueraient à une meilleure connaissance de l'Histoire de ce grand pays et à une compréhension de ses préoccupations actuelles. En cause, les thèmes tabous :

. Occupation et pillage de la Chine par les occidentaux, terrible invasion par le Japon avec son sillage de massacres, extraordinaire résistance incarnée par Mao dans l’exploit de La Longue Marche, interminables conflits civils et chaos imposés par les anciennes puissances coloniales dans le soutien aux chefs de guerre corrompus (prémonitoires de ceux organisés plus tard dans les pays arabo-musulmans et qui durent encore…) dont Tchang Kaï-chek qui se réfugiera après sa défaite à Taïwan…

 

Toutes ces œuvres, remarquables, resteront invisibles sur nos écrans : jamais doublées, rarement sous-titrées si ce n’est en anglais ou parfois en espagnol (Amérique latine), encore moins diffusées y compris sur les chaînes TV…

 

Le silence, sous nos latitudes, qui entoure le film The Sword with No Name relève de cette volonté de taire ce qui fait tâche dans la mythologie de l’Occident et de ses alliés ou satellites, praticiens rigoureux des « Droits de l’Homme et de la Démocratie »...

 

Car, ce film romantique a pour toile de fond la résistance, aux visées colonialistes du Japon sur la Corée, personnifiée par l’impératrice Myeongseong. Considérée comme une héroïne de l’indépendance et de la grandeur de la Corée, cette femme aussi belle qu’intelligente, réformatrice au grand courage, fut assassinée par les Japonais qui ne toléraient pas sa politique de coopération équilibrée avec d’autres pays étrangers, particulièrement avec la Chine et la Russie, encore moins son refus de soumission.

 

Le Japon à l’exemple des puissances occidentales de l’époque, en pleine expansion coloniale, avait décidé de s’emparer de la Corée et réussir, enfin, là où il avait toujours échoué depuis le XVI° siècle. Les mises en scène actuelles pour s’emparer d’un pays, "révolutions colorées" ou "pseudos rebelles à protéger du massacre de leurs dictateurs par l'OTAN", n’étaient pas encore à la mode ou au point. Les moyens étaient plus expéditifs…

 

Le 8 octobre 1895, l’ambassadeur, Miura Goro, à la tête d’un commando d’une cinquantaine de tueurs japonais (qu’on qualifierait aujourd’hui de "forces spéciales") s'introduisant par surprise dans la partie privée du palais impérial, grâce à la complicité de collabos dont le général U Beom-seon, massacrèrent la garde et les dames de compagnies de l’impératrice qu’ils tuèrent à coups de sabre. La traînant par les cheveux dans la cour de la résidence pour brûler son corps.

 

Elle avait 44 ans.

 

Assassinat de l’impératrice Myeongseong

Assassinat de l’impératrice Myeongseong

La grossièreté du procédé (Fi donc !) secoua quelque peu les chancelleries empanachées (un coopérant-architecte russe présent, par hasard, fut témoin de la tuerie…). Le Japon rapatria l’ambassadeur et le commando, organisa même un procès pour les juger, devant un tribunal d’Hiroshima. Qui prononça un "non lieu" au bénéfice des uns et des autres, 56 personnes, au motif classique dans ce genre de sauvageries impériales : « manque de preuves »…

 

A ce jour, les Coréens n’ont pas pardonné aux Japonais.

 

D’autant que le Japon, bénéficiant de la complicité des occidentaux qui pillaient la Chine avec lui, imposa un traité de Protectorat en 1905, promulgué sans même le soumettre au sceau impérial de l’époux survivant de l’impératrice, l’empereur Gojong. Qui avait trouvé refuge, avec le prince héritier, à l'ambassade de Russie.

 

Puis, sur sa lancée, annexant la Corée en 1910 par le traité unilatéral promulgué et connu sous le nom de Japan–Korea Annexation Treaty. Sa dynastie supprimée, transformée en simple province de son "empire" qu’il géra par un “gouverneur général” jusqu’à sa capitulation, le 15 août 1945. Oubliant que la Corée était un pays à la longue et riche histoire, se mesurant pendant des siècles, avec courage et diplomatie, à toutes les convoitises, se positionnant en grande puissance régionale entre Chine, Japon, invasions Mongoles et Mandchoues. Jamais, elle n’avait été annexée.

 

Avant ce féroce coup de force du Japon, notons que la France avait tenté une expédition coloniale contre la Corée, en octobre-novembre 1866, avec une dizaine de navires aux ordres de l’amiral Roze. Piteusement contrainte à la retraite pour avoir sous-estimé la farouche opposition armée. Obligée aussi de renoncer à toute nouvelle tentative du fait des désastres militaires des armées de Napoléon III au Mexique, peu de temps avant celui qui balaya le second Empire face à l’armée prussienne…

 

Rêver d’annexer la Corée était donc un délire historique. Le Japon préféra nier l’Histoire. S’en suivit une atroce odyssée pour la nation Coréenne.

 

De l’Annexion Japonaise au Protectorat Américain

 

Comment prétendre “rayer de la carte” une nation à l’identité aussi forte, profondément enracinée, que celle de la Corée ?... Dont l’unité nationale remonte à 918 sous la dynastie Goryeo, qui donna son nom au pays, régnant sans interruption jusqu’à la fin du XIV° siècle (1392). Maintenue avec constance par les dynasties ultérieures.

 

Ses responsables politiques destitués, son administration, son armée, sa police démantelées, ses lois abrogées : la résistance du peuple Coréen fut immédiate. Au mépris de la violente répression de l’occupation japonaise et des habituelles méthodes de la terreur coloniale : assassinats de suspects qualifiés de meneurs ou de terroristes, massacres et tortures par dizaines de milliers, humiliations permanentes et mesures d’appauvrissement systématiques de la population.

 

Un "Gouvernement Provisoire de la République de Corée" s’installa à Shanghai pour coordonner les différentes initiatives civiles et miliaires face à l’inacceptable. Des résistants se livrèrent à des actions héroïques. An Jung-geun assassina le Résident-général de Corée, Itō Hirobumi, en 1909. La mort de l’empereur Gojong déchu, en janvier 1919, probablement empoisonné par les services spéciaux japonais, provoqua d’immenses manifestations noyées dans le sang : 7000 morts d’agrès les autorités d’occupation. Provoquant la création de la première coordination de la résistance : le « Mouvement du 1er mars ».

 

La guérilla obtint même des succès importants dans les montagnes et denses forêts du nord de la péninsule, notamment lors de la bataille de Chingshanli en 1920. Obligeant les armées japonaises à abandonner certaines régions limitrophes de la Chine. En avril 1932, la résistance coréenne décapita à Shanghai l’état-major de l’armée japonaise en Chine, dans une audacieuse opération commando où s’illustra celui qui devint un des héros célèbres de la Corée : Yun Bong-gil.

 

i)  Pillage et esclavage d'une Annexion

 

Confrontée à un écrasant rapport de forces, malgré son abnégation la résistance ne pouvait avoir qu’un impact limité, le Japon intensifiant son annexion par un pillage méthodique du pays, sur fond de répression et de mise en place de « collaboration » plus ou moins forcée. Cette spoliation s’accentuant parallèlement à l’élargissement des opérations de la 2° guerre mondiale sur le continent asiatique (Mandchourie-Chine-Birmanie-Indochine, etc.) et dans le Pacifique.

 

Les meilleures terres agricoles de la Corée furent accaparées par des colons japonais, au point que, d’après les statistiques des autorités d’occupation, le ratio des propriétés détenues par les japonais atteignait en 1932 : 53%. En 1939, les capitaux enregistrés dans les industries étaient à 94% la propriété des japonais. En 1942, le capital "indigène" investi dans l’ensemble du parc industriel ne représentait plus que 1,5%. La curée, afin de ravitailler en priorité le Japon, atteignait de telles proportions que la consommation alimentaire en céréales pour les Coréens, riz principalement, était inférieure de 35% au niveau des années 1912-1916… (6)

 

Pour consolider l’annexion, les japonais planifièrent la destruction de l’identité de la nation. Seule la langue japonaise fut autorisée dans le pays.

=>   En 1937 : interdiction aux élèves et étudiants d’étudier et de parler la langue coréenne dans les établissements d’enseignement et à l’extérieur.

=>   Suppression de tous les journaux en langue coréenne.

=>   Accès à l’éducation de la majorité de la population limité à l’enseignement primaire, sauf pour une minorité issue des familles de « collabos ».

=>   Suppression des lieux de cultes traditionnels et imposition du culte japonais rendu obligatoire, le Shinto, dans des établissements construits à cet effet.

=>   Destructions des vestiges historiques et du patrimoine culturel, enlèvements des œuvres d’art expédiées au Japon. Un minimum de 75.311 pièces de grande valeur, spoliées par l'occupant, ont pu être recensées… (7)

 

L’effort de guerre obligea les autorités japonaises à réquisitionner, dans des conditions assimilables à de l’esclavage, plus de 6 millions de Coréens répartis dans toutes leurs nouvelles conquêtes (certains sous uniforme japonais), exploités jusqu'à l'épuisement dans les travaux d’infrastructure et les usines d’armement essentiellement. Jusqu'en Papouasie...

 

Rien qu’au Japon : deux millions de Coréens expédiés et usés dans l’industrie de l’armement. Lors des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki environ 100.000 Coréens, pris en otages dans les usines locales, moururent de leurs effets. (8)

 

Et, pour assurer les loisirs de leurs officiers et soldats, les stratèges japonais planifièrent l’enlèvement de plus de 200.000 femmes et jeunes filles Coréennes (le chiffre définitif établi par certains historiens serait proche des 300.000), certaines à peine pubères, pour les exploiter en tant qu’esclaves sexuelles, dans leurs bordels militaires sous l’appellation de « femmes de confort » ["comfort women"].

 

Certaines sont encore vivantes et traitées avec le plus grand respect par la nation Coréenne, qui a intenté plusieurs actions en justice pour demander réparations à leur égard. (9)

 

Yun Bong-gil - Héros de la résistance contre le Japon

Yun Bong-gil - Héros de la résistance contre le Japon

Ce rappel des faits n’a pas pour objectif de contribuer au procès du Japon. Ce serait prétendre instruire celui des autres puissances coloniales qui, la France en bonne place, en termes d’atrocités commises dans leurs opérations d’annexion et de spoliation n’ont aucune leçon à donner…

 

Mais, de comprendre la profonde, viscérale, “détestation” des Coréens à l’encontre du Japon. Du moins de son oligarchie, conquérante et sanguinaire, même s’ils éprouvent de l’empathie à l’égard du peuple lui-même (beaucoup de couples mixtes nés des épreuves de la guerre en témoignent). (10)

 

De comprendre, la crainte rétrospective du Japon face à une Corée devenant de plus en plus forte, retrouvant son prestige et son rayonnement historiques, en mesure d’exiger compensations et respect de son indépendance nationale, y compris économique…

 

Oublier ces faits et leurs conséquences, a pour finalité de fausser toute analyse géopolitique de ce que l’esbroufe médiatique, académique ou politicienne, résume sous le cliché facile : « Crise Coréenne ». Occultant un des ressorts fondamentaux, et méticuleusement dissimulé, de la mise en scène imposée à l’opinion publique internationale.

 

ii)  La dictature du Protectorat

 

La libération de la Corée se concrétisa par le nord avec l’entrée des blindés soviétiques escortant les résistants Coréens venant de Chine, et par le débarquement américain venant du sud. Les deux "alliés" se rejoignant au 38° parallèle, coupant en deux la péninsule coréenne, le 8 septembre 1945.

 

Le gouvernement provisoire Coréen constitué en exil depuis de nombreuses années fut immédiatement refusé par les américains, car jugé aligné sur les communistes. Ce qui était considéré comme l'horreur absolue, par l’appareil militaro-industriel et financier qui préparait déjà l’affrontement avec l’ennemi éternel : "le communisme". Imaginons le gouvernement provisoire organisé par de Gaulle nié sous le même prétexte, au moment de la libération de la France…

 

Refusant même des élections nationales, contrevenant ainsi aux accords de Yalta (4-11 février 1945), de peur de voir arriver une majorité communiste ou socialo-communiste. Ce qui probablement, avec des élections libres, se serait produit du fait du prestige des résistants et de leur niveau d’organisation dont des milliers combattirent avec héroïsme, aux côtés des troupes chinoises, les armées japonaises.

 

La "négation démocratique" a bel et bien pour origine, en Corée, ce qu’on ne dit jamais : la position inflexible et idéologique de l'occupant américain imposant son protectorat sans aucun mandat de l’ONU. Suivi à la virgule, par leurs satellites et vassaux. C’est l’époque où américains et affiliés refusaient de reconnaître la Chine de Mao, affirmant que la seule Chine admissible à l’ONU était celle de l’île de Taïwan et de son dictateur Tchang Kaï-chek

 

Le clivage devenait irréversible, se sclérosant en partition, entre ce qu’on appela "Corée du nord" et "Corée du sud". La République de Corée (du sud) [Republic of Korea - ROK] fut proclamée le 15 août 1948. Les Coréens du nord répondirent par la création de leur propre république, le 9 septembre 1949.

 

Cet aveuglement idéologique, confinant au fanatisme, conditionne encore toute approche de la « Crise Coréenne » : la Corée du nord étant devenue le chaudron du diable dans la propagande occidentale.

 

Notons au passage que la France se distingue, à l’heure actuelle, en étant un des deux pays de l’UE avec l’Estonie à ne pas reconnaître la Corée du nord (même Mitterrand n’osa pas…) !... (11) Alors que le principal partenaire économique européen de la Corée du nord est l’Allemagne. Et, que la Grande-Bretagne y entretient une de ses plus grandes ambassades à l’étranger. Dégât collatéral : l’enseignement du français, autrefois très prisé, a complètement disparu.

 

Il est vrai que le naufrage de notre diplomatie atteint un niveau de servilité d’une abjection sans pareille…

 

Pour lutter contre le péril communiste, l’occupant américain instaura une dictature militaro-policière en confiant les commandes de l’Etat à tous les « collabos » pro-japonais, tout particulièrement aux adeptes de l’anticommunisme endoctrinés et encadrés par les spécialistes américains.

 

Le premier "président" de la Corée du Sud fut expédié des USA “clefs en main” (recette reprise dans les récents "printemps arabes" …) dès octobre 1948, dans l’avion personnel du proconsul américain au Japon le général MacArthur. Le sinistre et féroce Syngman Rhee...

.

Loin d’être un paradis des "droits de l’homme" et de la "démocratie", ou autres stéréotypes de la propagande occidentale, ce furent pour la Corée du Sud des années d’un atroce despotisme aux ingrédients classiques : régime policier, corruption effrénée, élections truquées, chasse hystérique aux "communistes" (tout opposant étant assimilé à un "communiste" ou à un "agent" de Corée du Nord), campagnes de fanatisation, tortures et massacres de masse.

 

D’un niveau de sauvagerie inimaginable. Rappelons le tragique martyre de l’île de Jeju. En avril 1948, entre 15.000 et 60.000 victimes dans des conditions de barbarie extrême pour provoquer la terreur, 230 villages et 39.000 habitations entièrement rasés. La Corée du Sud éprouva ce que durent endurer, avec les “escadrons de la mort”, tous les pays d’Amérique latine et sur d’autres continents, dont l’Iran du Shah…

 

Il fallut de massives mobilisations nationales du peuple Coréen du sud, à mains nues, pour provoquer le départ précipité de Syngman Rhee dans un avion de la CIA, le 28 avril 1960. Cet autocrate sanguinaire ne connut pas le sort de ses congénères : pendaison de Saddam, ou viol à la baïonnette suivi de sa mise en bouillie de Kadhafi. Il coula les jours tranquilles d’un exil doré, sous les cocotiers de l’île d’Hawaï et la protection de ses maîtres…

 

Mais d’autres, lui succédèrent. D’une trempe similaire, sous couvert d’un abord plus “civilisé”.

 

Entretemps intervint, ce qu’on appelle la « Guerre de Corée »…

Vestiges des massacres de la dictature Syngman Rhee dans la Grotte de Darangshi sur l'île de Jeju

Vestiges des massacres de la dictature Syngman Rhee dans la Grotte de Darangshi sur l'île de Jeju

De la guerre au refus de la réunification par le Japon et l’Occident

 

La propagande occidentale présente une Corée du nord, son arsenal nucléaire entre les dents d’irresponsables, en proie à une folie furieuse, défiant l’humanité. Véritable danger, urgent, angoissant, terrifiant. Mettant en péril notre planète.

 

Une analyse des faits et du contexte, historiques ou actuels, provoque une déconstruction instantanée de cette désinformation délirante. D’un simple coup d’épingle, pour reprendre l’expression d’un de nos présidents de la république, cela fait :

Pschitt !...

 

Rapide survol :

 

i) Guerre de Corée : première manipulation de l’ONU par les occidentaux

Il convient de suivre la stratégie du lobby militaro-industriel américain à partir de son protectorat en Corée du sud, adossé à son colossal arsenal entièrement opérationnel, y compris nucléaire (2 bombardements atomiques à son actif…), accumulé lors de la 2° guerre mondiale. Plus particulièrement, à la suite de ses opérations amphibies et aériennes dans le Pacifique. Fruit d’une remarquable logistique au service d’une puissance navale et aérienne exceptionnelle. Sans rivale à l’époque.

 

Face à lui : des rivaux, ou adversaires potentiels, quasi-inexistants. Incapables d’initier toute guerre ou entretenir des engagements militaires de longue durée.

 

L’URSS se retrouvait en vainqueur épuisé de sa lutte contre l’Allemagne : 30 millions de morts, son parc industriel et ses infrastructures dévastés, tout était à reconstruire. Son potentiel militaire plus que limité comparé à celui de l’Occident, malgré son premier essai atomique du 29 août 1949.

Sortant en 1949 de décennies de conflits, la Chine se trouvait dans un état de délabrement encore pire. Après le pillage occidental qui avait duré un siècle, les ravages sur son sol des armées japonaises, une longue guerre civile mettant difficilement hors d’état de nuire Tchang Kaï-chek et ses protecteurs américains : exsangue, moribonde, en ruine, plus de 50 millions de morts. Aucun potentiel nucléaire, son premier essai n’aura lieu que le 16 octobre 1964.

 

Occasion rêvée pour les Etats-Unis d’attaquer, de s’emparer de la Corée du Nord, et d'élargir son "protectorat" !

 

Et, même un peu au-delà, en Mandchourie… Au sous-sol d'une infinie richesse... Les plans existaient. En projetant les forces armées sud-coréennes équipées du matériel le plus moderne, prélevé sur les arsenaux US, soutenues par une logistique aérienne et navale hors pair, contre la Corée du Nord. Bien sûr, en prenant soin de maîtriser la propagande pour faire croire à une attaque surprise du “Nord” belliqueux, contre un “Sud” pacifique et bucolique, havre de paix démocratique, justifiant une intervention des armées occidentales.

 

Vieille ficelle qui servira lors de l’attaque du Nord-Vietnam, et autres aventures coloniales. "Va-t-en guerre" et "traîneurs de sabre" sont indécrottables de cynisme stupide, malgré les déculottés qu’ils prennent régulièrement… L’essentiel étant, il est vrai, de complaire aux généreux marchands de canons.

 

Pendant des mois, des harcèlements et incursions de grande envergure se multiplièrent, à l’échelon de plusieurs milliers d’hommes, le long de la frontière entre les deux Corées. Mao et Staline adjuraient les Coréens du Nord de tout faire, malgré les agressions permanentes, pour éviter la guerre. La propagande occidentale assure du contraire, évidemment, mais les documents sont là.

 

Exemples (12) :

=>   Le 3 février 1949 : l’ambassadeur d’URSS en Corée du nord, Shtykov, alertait le Kremlin du nombre croissant des violations de frontière par les forces armées de Corée du sud, encadrées par les américains, du manque d’entraînement et d’équipement des troupes nord-coréennes, du manque d’armement moderne et même de munitions…

=>   Le 5 mars 1949, recevant le président de Corée du nord, Kim II Sung, inquiet de la préparation de l’invasion par la Corée du sud, Staline inflexible, sachant qu’il était incapable de l’aider, lui martela l'injonction :

« Le 38° parallèle doit rester en paix. C'est de la plus haute importance », [Dans les documents en anglais : "The 38th parallel must be peaceful. It is very important."].

 

Les occidentaux lancèrent la guerre en 1950, provoquant une contre-attaque des nord-coréens. Invoquant une attaque surprise de la Corée du Nord, ils manipulèrent le Conseil de Sécurité où ne figurait pas la Chine continentale, mais en lieu et place : l’île de Taïwan sous la dictature de Tchang Kaï-chek !... L’URSS boycottant, par la tactique de "la chaise vide", le Conseil de Sécurité du fait de l’attitude occidentale bloquant l’admission de la Chine “réelle”…

 

Les occidentaux eurent donc les mains libres pour formater les résolutions de leur choix et justifier l’invasion de la Corée du nord :

=>   Résolution 83, du 27 juin 1950, condamnant l’agression nord-coréenne

=>   Résolution 84, du 7 juillet 1950, organisant une force de l’ONU (16 pays, dont la France), sous commandement américain. Ce fut la première instrumentalisation de l’ONU pour légitimer les guerres coloniales, "nouvelle manière". Inaugurant, ainsi, une longue liste…

 

Sauf que les troupes de Corée du sud, n’ayant aucune envie d’envahir leurs compatriotes du nord, craquèrent devant la réaction hyper-motivée des troupes nord-coréennes, même mal équipées, au point que les américains se retrouvèrent devant le désastre militaire, malgré leurs prévisions initiales, en première ligne (comme plus tard au Vietnam...). Avec toute leur puissance militaire.

.

L’intervention de la Chine fut décisive pour sauver une Corée du nord en cours d’écrasement par les Etats-Unis et leurs affiliés. Elle envoya plus de 300.000 hommes alors qu'elle n'avait ni aviation, ni marine, ni artillerie lourde, pour soutenir les Coréens du nord et casser les prétentions hégémoniques du "Tigre de papier", parvenu à sa frontière. La menaçant même de bombardements atomiques (cause du limogeage du Général MacArthur par le président Truman)…

 

Après trois années de guerre, la Corée du Nord fut entièrement rasée, recevant plus de bombes que l’Allemagne ou le Japon pendant la deuxième guerre mondiale, mais ses envahisseurs ramenés d’où ils étaient partis. (13)

 

Retour à la case départ : au 38° parallèle… Avec plus de quatre millions de morts… (14)

 

ii)  Une vitrine en trompe-l’œil

La guerre de Corée plaçait le protectorat américain devant un double échec :

=> La Corée du nord n’avait pu être vaincue et annexée, malgré l’immensité des destructions et du coût en vie humaine.

=> Le mécontentement populaire en Corée du sud ne cessait de s’amplifier face au régime policier imposé par une occupation étrangère despotique, aux aventures militaires catastrophiques pour la péninsule coréenne.

 

Une nouvelle politique s’imposait dans les meilleurs délais, afin de regagner une crédibilité perdue. Internationalement et localement. Les Think Tanks, avec leurs fourmilières d’experts et communicants, se mirent au travail.

 

Et, le lapin sortit du chapeau : la légende des “Quatre Dragons Asiatiques” était née !

 

Créer quatre vitrines pour exposer les merveilles du miraculeux "Libéralisme Economique" sous le balcon de la Corée du nord et de la Chine : Corée du sud, Taïwan, Hong-Kong (avant d’être restitué à la Chine en tant que province administrative autonome en 1997) et Singapour. Prouver que grâce à la libre concurrence, la libre entreprise, la perfection de “l’autorégulation du Marché” animé par des génies de l’art d’entreprendre, le paradis était possible sur terre !...

 

Ce conte de fée étant relayé par une intense propagande qui a servi de grain à moudre, pendant des années, à tous les économistes et professeurs de management de pacotille vecteurs de l’enfumage idéologique en Occident. Avant que le concept courant d’air « mondialisation » n’apparaisse, comme dans les “défilés de mode”, nouvel emballage marketing de la même idéologie, et paralyse d’hébétude les esprits critiques les plus vigilants…

 

L’entourloupe, ou vitrine en trompe-l’œil, reposait sur trois systèmes interactifs, dont certains sont encore opérationnels :

 

=> Une économie dirigée et assistée

 

Sous la forme d’investissements massifs, à des taux de financement de faveur, dans des entreprises créées de toute pièce. Souvent étatiques ou semi-étatiques au départ (revendues bradées aux copains et prête-noms, dès les bénéfices durables…), certaines gérées en sous-main par l’armée comme les "chaebols" en Corée du sud. Auxquelles étaient allouées des parts de marchés internationaux dans des secteurs les plus avancés, ou sous-traitances aux marges avantageuses : depuis la construction navale ou automobile jusqu’aux produits de grande consommation fondé sur le développement de l’électronique et des nouvelles technologies.

 

Les géants sud-coréens actuels, tels que Samsung, LG ou Hyundai, n’auraient jamais pu naître sans ces interventions étatiques, planifiées, dirigistes, de type “Keynésien” comme disent les théoriciens…

 

Evidemment, dans l’arrière-cour de ces vitrines, dans des pays où le Libéralisme Economique dans son expression la plus flamboyante, Le Capitalisme Sauvage, est établi depuis le XV° siècle : le « miracle du Marché » porteur de prospérité, animé par le génie d’entreprendre, ne fonctionne pas. Les gens y sont pourtant aussi travailleurs et intelligents qu’ailleurs. Le cas des Philippines étant le plus emblématique. La Mythologie des économistes rencontre vite ses limites…

 

=> Le développement d’une société de consommation sans liberté d’expression

 

Création d’une société de grande consommation où une “liberté des mœurs” est imposée comme substitution à une authentique “liberté de pensée et d’expression”. S’assumer “consommateur”, jouisseur-individualiste : Oui ! Se revendiquer "citoyen”, solidaire de sa collectivité : Non !

 

Ainsi en Corée du sud, peut-on se livrer aux addictions en tous genres, pour peu qu’elles ne débordent pas trop sur l’espace public… La contrepartie étant l’interdiction absolue de toute critique à l’encontre du régime pseudo démocratique en place. Articulé sur une fausse alternance, avec des politiciens cooptés pour leur parfaite discipline à l’égard de la ligne idéologique du capitalisme le plus sauvage.

 

Rappelons que la Corée du sud est, jusqu'à présent, toujours administrée par les "collabos" (civils et militaires) pro-japonais et leurs descendants. La présidente actuelle Park Geun-hye est la fille de l'ancien dictateur Park Chung-hee (1962-1979), lui-même ancien officier supérieur des armées japonaises... (15)

 

Imaginons, les Laval et consorts, ou officiers français de la division allemande Charlemagne, actuellement au pouvoir en France, sans interruption depuis la deuxième guerre mondiale… Même si certains de ces « collabos » pro-allemands ont prospéré dans notre pays, à lire l’ouvrage de Frédéric Charpier récemment publié : Les Valets de la Guerre Froide – Comment la République a recyclé les collabos. (16)

 

Encore plus grave : critiquer le régime de protectorat et la présence des 40.000 soldats américains sur le sol de la Corée du sud, avec une estimation de 1.000 ogives nucléaires sous toutes formes (obus, bombes et missiles) !

 

En 2002, un soldat sud-coréen a été condamné à deux ans de prison pour avoir soutenu, devant des camarades de régiment, que la partition de la Corée était due aux seuls américains. Ce qui est l’opinion de la majorité des Coréens du sud qui n’osent pas le dire publiquement. Pas plus qu’ils n’osent dénoncer, actuellement, la politique agressive des Etats-Unis contre leurs frères du nord… (17)

 

Ajoutons que la législation anticommuniste datant de 1948 est toujours en vigueur en Corée du sud. Elargie depuis, par une série de lois “antiterroristes”… Toute sympathie exprimée à l’égard de la Corée du nord est passible de prison. Et, les services spéciaux sud-coréens surveillent avec vigilance tous les réseaux sociaux, jusqu’aux "tweets", qui exprimeraient des sentiments de cet ordre. De même, détenir un livre publié en Corée du nord est considéré comme un crime, etc.

 

=>  Etrangler économiquement la Corée du Nord

 

Pour que la vitrine du "Libéralisme Economique" apparaisse encore plus mirifique, il convenait d’entraver au maximum les progrès économiques de la Corée du nord par toute une série de mesures d’embargos (y compris sur les produits alimentaires et médicaments). D’où les sanctions en cascade, sous tous les prétextes.

 

Le pays qui a connu des inondations catastrophiques, en 1997 et 2000, s’est vu interdire par "La Communauté Internationale", toute aide alimentaire internationale afin de : « ne pas aider le régime au pouvoir ». Avec, pour amplificateur, une propagande ne cessant de se lamenter sur "la famine" qui contraindrait les Coréens du nord à se nourrir de feuilles d’arbres et de racines. Par la faute de dirigeants aussi cruels qu’imbéciles.

 

En termes de régimes politiques autocratiques, celui du Nord n’a rien à envier à celui du Sud. Et, vice-versa. Le problème n’est pas dans la diabolisation des uns et la béatification des autres. Mais, dans une évolution apaisée des relations entre tous en encourageant, par la dédramatisation des contextes et la tenue en laisse des idéologies, les avancées réellement démocratiques.

 

Ce que l’américain James Dresnok installé, avec d’autres militaires américains avant lui (Charles Jenkins, etc.), en 1962 en Corée du nord ne cesse de souhaiter.

 

Issu d’un milieu pauvre aux Etats-Unis, il avait dû quitter l’école à l’âge de 15 ans et, sans travail, s’était ensuite engagé dans l’armée américaine. Quasi-analphabète, excédé des mauvais traitements et du mépris de ses chefs, un jour il planta son fusil et posant son casque sur la crosse, il avança droit devant lui pour demander l’asile politique à la Corée du nord.

 

Après un intense effort d’adaptation à une langue et une culture nouvelles pour lui, il devint professeur d’université, se maria et eut des enfants. Son visage épanoui montre qu’il ne s’est pas nourri que de racines.

 

Et, que « l’enfer » n’est pas toujours là où les propagandistes le fantasment… (18)

L'américain James Dresnok - Installé en Corée du nord depuis 1962

L'américain James Dresnok - Installé en Corée du nord depuis 1962

iii)  “Crise” ?... Quelle “Crise” ?

 

Les dirigeants de Corée du Nord ne sont pas des fous descendus des arbres, contrairement aux clichés de la désinformation occidentale, mais des gens aussi rationnels, que les autres. Formés dans les meilleures universités du monde et parlant trois ou quatre langues étrangères. Son élite a, peut-être, tous les défauts sauf celui de ne pas être enracinée dans la « résistance », et d’être issue de la « collaboration » avec le Japon et ses successeurs. (19)

 

Les Coréens du nord veulent la paix et la réunification de leur pays, avec des élections libres. La dénucléarisation totale de la péninsule coréenne, avec le départ de toutes les troupes d’occupation. Bien sûr : l’arrêt des manœuvres permanentes le long de leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes. Exigence élémentaire de tout pays souverain.

 

La "Crise Coréenne" n’est donc qu’une opération de propagande et de manipulation, par l’Occident, aux causes simples :

 

1. Déclencher une course aux armements pour satisfaire les industriels de l’armement et les politiciens. Occasion pour leur rapacité, d’édifier leurs fortunes via les mirobolantes commissions qu’ils s’octroient.

 

2. Permettre au Japon de se remilitariser, en supprimant les traités internationaux de l’après deuxième guerre mondiale qui en limitaient la capacité.

 

3. Bloquer toute réunification entre les deux Corée :

=>  Priorité du Japon ne souhaitant pas voir face à lui un pays de 75 millions d’habitants (Sud = 50M + Nord = 25 M) qui, dès sa réunification, présenterait une formidable puissance industrielle, technologique, militaire. Puissance sûre d’elle-même, au ressentiment à son égard difficilement gérable…

=>  Priorité des USA, sachant que le départ de leurs troupes et arsenaux serait une des premières mesures d’une Corée réellement indépendante. Mouvement auquel s’ajouterait certainement, en se libérant du « protectorat », de s’orienter vers un espace multipolaire proche de la position chinoise par rejet des prétentions impériales, passées et présentes, du Japon et des Etats-Unis sur leur pays.

 

Sans oublier l’effet collatéral pour notre pays…

 

Cette "tension internationale", artificiellement entretenue par nos propres, et prétendus, « alliés », est un révélateur supplémentaire de « crise » pour la France. Démontrant le profond délabrement de notre diplomatie et, en conséquence, de notre souveraineté nationale. Comment la France, en est-elle réduite à la remorque d’une extrême-droite américaine paranoïaque et corrompue ? Enfonçons le clou, d’une poigne ferme : une extrême-droite fanatique, belliciste, et sanguinaire.

 

Une France incapable de se démarquer d’une politique fondée sur le mensonge et la violence. Répétant, en perroquet, déclarations et autres gesticulations agressives dictées par des capitales étrangères.

 

Alors que notre planète a tant besoin de solidarité, de confiance partagée, entre chacune de ses nations pour résoudre, ensemble, tous les problèmes d’alimentation, de santé, d’éducation, d'emplois, qui se posent aussi bien pour nos générations actuelles que futures.

 

Cette disparition, annihilation, de notre capacité de compréhension et de libre arbitre, en tant qu’Etat souverain, est la voie ouverte à la disparition de notre identité nationale. Non pas pour cause de foulard ou de voile épouvantail, dont on nous intoxique, mais par acceptation d’une obséquieuse servilité de notre nomenklatura…

 

 

 

 

Corée : Lecture d’une “Crise”…

 

1. Jean Orieux, Talleyrand, Flammarion, 1970, p. 293.

2. Le titre en anglais ["L’épée sans nom"] est très éloigné de l’original plus poétique, 불꽃처럼 나비처럼, qui donnerait en anglais littéral : "Like Fireworks, Like Butterflies". Que je me hasarderais à traduire, tout aussi littéralement en français : « Feux d’Artifice et Papillons ». Métaphores représentant la personnalité des deux personnages principaux.

3. Bien qu’inférieure encore en qualité, d’autres productions asiatiques sont en train d’émerger et vont progressivement rejoindre le niveau de leurs prédécesseurs de la région : Vietnamien, Philippin, Thaïlandais et Indonésien, notamment.

4. Un exemple, dans le genre comédie satirique, le film coréen intitulé en anglais Perfect Partner sur le milieu des émissions de TV "gastronomiques" (en Corée aussi, devenues omniprésentes…). Ravages de l’ambition et du cynisme, avec coups tordus et rebondissements inattendus. Jeux d’acteurs impeccables. Un régal !

5. Vient de se terminer le prestigieux film international du cinéma à Pékin [Beijing International Film Festival]: http://www.bjiff.com/en/. Pas un seul compte rendu dans les médias occidentaux…

6. Savada, Andrea Matles, Shaw, William, "Korea Under Japanese Rule", Federal Research Division, Library of Congress, eds. (1990),
http://countrystudies.us/south-korea/7.htm

7. Cf.: http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Korea#Japanese_rule

8. Cf.: http://dartcenter.org/content/hiroshimas-survivors-0#.UXqcbEptOgs

9. Cf.: http://en.wikipedia.org/wiki/Comfort_women

10. Comme beaucoup de peuples, les Japonais ont subi, dans la souffrance et les humiliations, une oligarchie imprégnée d’un hallucinant esprit de caste, d’une extrême violence et rapacité. Que même les samouraïs d’extraction modeste devaient endurer.
Sur ce sujet, pour les cinéphiles je recommande la série japonaise culte Zatoichi de 26 films interprétés par le légendaire Shintaro Katsu, qui décrit à la perfection le Japon rural des années 1840, des petites villes et villages, soumis à une implacable féodalité doublée d’une cruelle mafia.
Ou encore, la magnifique trilogie du réalisateur Japonais Yoji Yamada avec trois inoubliables chefs d’œuvre sous-titrés en anglais : The Twilight Samurai – The Hidden Blade – Love and Honor.

11. Cf.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_relations_franco_-_nord-cor%C3%A9ennes

12.  Alternativeinsight, juin 2000, http://www.alternativeinsight.com/Korean_War.html

13.  La Corée du Nord a été bombardée plus de 3,7 fois que le Japon lors de la seconde guerre mondiale avec 600.000 tonnes de bombes. Dont la plupart étaient du napalm pur déversé sur les populations civiles. Exemple de statistiques : de juin à fin octobre 1950, les bombardiers américains déversèrent 3,2 millions de litres de napalm… http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e#Utilisation_massive_du_napalm

14.  Stansfield Smith, North Korea’s Justifiable Anger, [La juste colère de la Corée du nord], CounterPunch, 10 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/10/north-koreas-justifiable-anger/

15.  A l’exemple des tyrans de l’Empire romain, assassiné par le chef de sa garde prétorienne et son meilleur ami, Kim Jae-kyu, responsable de la KCIA (Korean Central Intelligence Agency).

16.  Frédéric Charpier, Les Valets de la Guerre Froide – Comment la République a recyclé les collabos, François Bourin Editeur, 2013.

17.  Ramin Mazaheri, Is there Freedom of Speech in South Korea ? [La liberté d’expression existe-t-elle en Corée du Sud ?], 25 avril 2013, Press TV, Seoul, http://www.presstv.ir/detail/2013/04/25/300179/is-there-freedom-of-speech-in-south-korea/

18.  Nicholas Bonner et Daniel Gordon, réalisateurs britanniques, ont filmé un documentaire Crossing The Line, sorti en 2006, sur l’odyssée extraordinaire de James Dresnok qui a connu un grand succès, en 2007, au Festival du Cinéma de Berlin et a été "nominé" au Festival du Film de Sundance. Jamais diffusé en France…

19. Cf. sur le thème « de quel côté se trouvent les fous ?... » :
=>  Jerry Krtoh, The Korean Crisis : Just Who is the Mental Case ?, CounterPunch, 15 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/15/the-korean-crisis-just-who-is-the-mental-case/
=>  Stansfield Smith, What North Koreans Think, Counterpunch, 8 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/08/what-north-koreans-think/
=>  John Feffer, Infantalizing North Korea, Asia Times, 13 mai 2013, http://www.atimes.com/atimes/Korea/KOR-02-130513.html

.

Les caricatures sont, vous les avez certainement reconnues, de notre génial ami Brésilien : Carlos Latuff !

 

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 13:25

 

 

 

Comment ramener la Paix en Syrie ?...

 

Alors que la “Communauté Internationale”, c’est-à-dire la "Bande des Quatre" (US, Israël, GB, France) et ses seconds couteaux (pétromonarchies et autocraties de la région), n’arrêtent pas depuis des mois d’y organiser, armer, manipuler, le chaos et la guerre civile. Avec envoi de mercenaires et d’armes de tous calibres, pluies de dollars et d’euros en tous sens, trompettes et tambours de la propagande à rendre sourd

 

C’est vouloir “faire passer un chameau par le chas d’une aiguille”.

 

Métaphore reprise par le caricaturiste Pang Li, dans le China Daily du 9 juin 2012.

Syrie : Une Analyse Chinoise…

La colombe de la Paix et le chameau Syrien formulant, déroutés ou angoissés, la même interrogation...

 

Oui. Comment procéder ?...

 

Très simple, hurle, "hystérise", "La Communauté Internationale" !

 

Exhibant ses récentes et nombreuses réalisations en ce domaine. Plastronnant, à son habitude, de fierté et de Bonne Conscience, jusqu’au Festival de Cannes :

 

Réduire le chameau en cendres ou en bouillie !…

 

 

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 19:26

 

 

 

 

Jiouzhou---China.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Cartes Postales Chine
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 17:02

 


« … la double direction donnée au ressentiment, retournement contre soi et projection contre l’autre :

… c’est ta faute, c’est le Juif, l’Arabe, le Chinois… »

 

Gilles Deleuze & Félix Guattari (1)

 

 


Lèvres serrées sur la paille, je sirotais ma noix de coco…

 

Surfant de BBC en CNN, de TV5 en RFI, et autres médias. Sur la vague sinophobe, gonflée d’écume par les émeutes d’Urumqi (Ouroumtsi, Ouroumchi, suivant les transcriptions…), capitale de la province chinoise autonome du Xinjiang.

 

Fasciné par le culot de nos experts en désinformation. Horde de “sinologues”, panachée cette fois-ci de “spécialistes en religions”, bardés de titres ronflants. Anonnant leurs sermons "démocratisateurs" et “droit de l’hommiste”, distribuant leurs clichés habituels, comme autant de sachets de cacahuètes.

 

Regroupés en troupeau, sous la badine des “présentateurs” et “chroniqueurs” zélés de la médiacratie. Car, bien entendu, la déontologie de ces professionnels de “l’information manipulée” applique  strictement la “non-diversité” de l’information : aucun contradicteur n’est, en conséquence, opposé à leurs protégés véhiculant la doxa antichinoise.

 

Sans me vouloir chauvin, dans cette furieuse propagande ravageant l’Occident mieux que la grippe porcine à un milliard d’euros par pays, les français se sont révélés les plus forts. Aucune comparaison ! Incontestablement, en ce 14 juillet, ils auraient mérité de se voir décerner la médaille en chocolat des Tintin Reporters. La légion d’honneur, ils l’ont déjà pour la plupart… (2)

 

Flambée de violences provoquant la mort de 200 personnes et un millier de blessés. Essentiellement des Hans massacrés par des émeutiers, à coup de couteaux et de barre de fer. Des commerces et des véhicules incendiés.

 

Même processus opératoire qu’au Tibet l’année dernière à la même période, avec un nombre plus élevé de victimes.

 

Argumentation identique : ces émeutes seraient la conséquence de l’atroce colonisation par la Chine du Xinjiang. Annonçant sa dislocation prochaine. Si, si, foi de Tintin et Milou

 

Ah !... Diaboliser la Chine et prévoir sa fin !... Que ne ferait-on pas ?...

 

 

Gujarat (Inde) – Maisons et commerces de familles musulmanes incendiés par les extrémistes hindous

 

 


Les Bons Apôtres de la fraternité

 

Les mêmes médias, qui nous avaient bassinés de burqah et niqab pendant des semaines, hystérisant sur la nécessité d’une loi pour protéger la société française, et nos précieuses valeurs occidentales, des dangereux musulmans…

 

Stupéfiant, subitement, de les voir voler au secours des musulmans, persécutés par les sournois et implacables Chinois !... Musulmans Ouïgours, à ne pas confondre avec les Yoghourts, comme notre ministre des affaires étrangères, Kouchner (3).

 

A part dans la désinformation, je ne connais aucune discipline en mesure de maîtriser un tel virage, instantané, à 180° !

 

Mais, sachant que nos courageux “Tintin sinologues”, en Bons Apôtres de la fraternité avec les musulmans, pratiquent une vision folklorique de l’Asie et de l’Histoire…

 

Sous l’ère soviétique, les musulmans d’Asie centrale, en majorité des Turcophones sédentarisés, ont été persécutés en permanence. Il est vrai que ce fut au nom de “la laïcité” et de la “modernité”. Quand on veut passer pour “humaniste à vocation universelle”, on dit Au Nom des Lumières, justifiant ainsi les silences

 

Tout aussi frappant est de constater la continuité de ces silences, face aux persécutions antimusulmanes dans les nouvelles républiques nées de l’éclatement de l’URSS : Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan, Tadjikistan. Encore plus féroce que sous les soviétiques.

 

En fait, on retrouve les mêmes métastases de ce cancer. Des autocrates mégalomanes, enrichissant leurs clans et leurs familles, pendant que le reste de la population est plongé dans la survie. Ces “hyperdictatures”, authentiques mafias au pouvoir issues de l’ancien appareil politique soviétique, bénéficiant d’un éloignement et d’une occultation médiatiques, rappellent les dictatures latino-américaines des années 70-80 soutenues par l’Occident.

 

Les mafias dirigeantes de ces républiques ex-soviétiques, à partir du moment où elles souscrivent au dogme du libéralisme économique, aux orientations de politique étrangère et aux bases militaires qui leur sont imposés, bénéficient de toutes les protections de l’Occident.

 

Riches de leurs ressources énergétiques et minières, les pratiques dictatoriales et sanguinaires de ces pays ne seront jamais inquiétées par les adeptes des Droits de l’Homme… Au contraire, ces prétendues républiques seront valorisées, courtisées.

 

Pourtant, leurs potentats locaux sont détestés d’une population ne supportant pas la spoliation de ses richesses nationales et la misère qui lui sont imposées. Pratiquer la terreur contre toute opposition est donc leur seule politique.

 

Leurs opposants étant souvent des musulmans pratiquants, dans ces pays à majorité musulmane, ils assimilent tous les pratiquants de l’Islam à des “terroristes”. Leur paranoïa et leur cynisme s’épanouissant dans la multiplication des mesures et opérations d’inquisition antireligieuse. Jusque dans l’horreur.

 

C’est ainsi qu’en plein 21° siècle, en Ouzbékistan, un des jeux favoris du “président” Karimov et son clan est de faire “bouillir” les opposants. Oui, dans l’eau bouillante, comme des langoustes. Parfois par mansuétude, ils ne font bouillir qu’une partie du corps. Sort réservé au fils d’un opposant, il n’a eu qu’un bras bouilli. On dira qu’il était majeur, il avait 18 ans… A titre d’avertissement. Pour calmer l’opposition.

 

C’est le “dialogue démocratique” dans ces régimes hautement appréciés par les gouvernements occidentaux pour leur “libéralisme économique” et leurs “élections libres”.

 

Très appréciés, aussi, des services secrets britanniques et américains sous-traitant leurs tortures dans leurs “centres” réputés pour leur niveau d’excellence. Les agents occidentaux, évitant de se salir les mains dans une attitude de civilisation avancée, se limitent à poser les questions et noter les réponses…

 

Souvent, les mêmes questions, plusieurs heures, jours, semaines, mois durant, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de variation dans les réponses du “terroriste sous-traité”… Il n’y a pas plus rond-de-cuir qu’un agent des services secrets, comme le rappelle l’ancien espion John Le Carré dans ses romans (4).

 

Entre autres nombreux témoignages sur ces pratiques, nous avons celui d’un ambassadeur européen en poste au cœur de l’Asie centrale…

 

Craig Murray, ambassadeur de Grande-Bretagne en Ouzbékistan de 2002 à 2004, s’était ému de la folie sanguinaire de ces régimes mafieux, pillards, et de leur collusion avec les services spéciaux occidentaux. Notamment, celui du président Karimov, en Ouzbékistan même, où il exerçait ses fonctions, ayant un accès privilégié à des informations tenues secrètes.

 

S’il est urgent de préserver le gorille et l’éléphant des braconniers, ce brillant et courageux ambassadeur estimait tout aussi impératif de protéger l’Homme des comportements sadiques de ses propres congénères. Tortionnaires, protégés par les gouvernements occidentaux.

 

Souhaitant défendre les valeurs universelles, Dignité Humaine, Liberté et Droits de l’Homme, il avait alerté son gouvernement et Tony Blair, tenté de mobiliser tous les démocrates et relais d’opinion de son pays. Remuant ciel et terre. En vain. Devant l’épaississement du silence à chacune de ses tentatives, menaçant de révéler dans un livre ce dont il avait été témoin.

 

Résultat : Il a été viré par le ministère des affaires étrangères de son propre pays. Et, les médias de Murdoch se sont employés à le faire passer pour “dépressif”, fou…

 

Craig Murray n’avait pas compris. Il n’aura pas le Prix Nobel de la Paix…

 

Ces pays d’Asie centrale regorgent de gaz, de pétrole, d’uranium. En contrôler leur accès au marché mondial est une priorité. Il faut les arrimer aux “intérêts occidentaux”. D’où la présence de nos bases militaires. Quel qu’en soit le prix.

 

De plus, ce sont des pays à “grosse marge”, leurs matières premières étant achetées pour un quignon de pain, en échange de substantiels versements, dans les paradis fiscaux, pour les dirigeants.

 

Valeurs et Droits de l’Homme ne comptent pas dès qu’il s’agit de Big Business. Ce ne sont que “trucs”, astuces de propagande pour diaboliser ceux qui se mettent en travers de nos ambitions ou de nos projets. Pas plus.

 

La tête de Craig Murray offerte sur un plateau par l’Occident, comme celle de Saint Jean Baptiste, Karimov s’est vu conforté, récompensé. Abrité derrière la supercherie du “terrorisme islamique”, le “nettoyage” de l’opposition a donc redoublé. Jusqu’aux associations et organisations de bienfaisance musulmanes. A la grande satisfaction de ses protecteurs. Comme au temps du Shah d’Iran, et de sa terrible police politique la SAVAK chargée d’éradiquer l’opposition.

 

Un exemple…

 

Des hommes d’affaire musulmans, une vingtaine, qui avaient pris l’initiative de consacrer le cinquième de leurs bénéfices à des œuvres caritatives ont été considérés comme des “terroristes”, emprisonnés, torturés, et leurs biens confisqués. Provoquant un soulèvement de la population qui a abouti aux “massacres d’Andijan”, le 13 mai 2005. La sanglante répression des tueurs du régime de Karimov, fit plus de 1.000 morts, des milliers de blessés, de “disparus”...

 

Vous n’en avez jamais entendu parler ?... Elémentaire Mon Cher Milou, comme dirait Tintin, nous ne sommes pas en Chine…

 

En Asie centrale, nos chevaleresques Tintin reporters ignorant ces pays despotiques, aux régimes corrompus et sanguinaires, persécuteurs de l’Islam, n’ont d’yeux que pour le Xinjiang chinois.

 

Pourquoi un tel tropisme ?...

 



Gujarat (Inde) – Extrémistes hindous interceptant des camions de secours pour les familles musulmanes victimes des pogroms

 

 


Désosser la Chine


Le Xinjiang est un immense territoire, occupé en son centre par un des plus grands déserts d’Asie : le Takla-Makan. Dans le temps, la célèbre Route de la Soie le contournait, en deux branches, par le nord et le sud.

 

Ses principales villes sont des ville-oasis : Tourfan (ou Turpan), Kachgar, Koutcha, Urumqi capitale de la province autonome. Abstraction faite de ce désert, la concentration humaine, ou la densité démographique, est aussi élevée qu’en Chine du sud.

 

Ces déserts sont souvent des plaques tournantes, des lieux de rencontres, de brassage, d’échange et de conflits entre ethnies à l’origine très différentes, car venant de loin. Le musée d’Urumqi expose des momies très bien conservées, trouvées dans le bassin de Tarim, dont l’origine remonte à deux mille ans avant notre ère. D’après les spécialistes ce seraient des hommes et femmes au cheveux blonds ou roux, venant du Caucase, peut-être d’au-delà : les premiers vikings ?...

 

L’Asie centrale est une mosaïque de peuples nomades et sédentaires, fédérés un temps par Gengis Khan. Le Xinjiang, au carrefour de ces courants regroupe des Ouïgours, Kazakhs, Kirghizes, Ouzbeks, Tatars, Tadjiks, et même des Xibos soldats mandchous postés par les empereurs Chinois.

 

Bien sûr, des Hans, dont certains islamisés depuis des siècles. On les appelle les Huis, à l’origine mixé d'arabes et de persans. Ce melting pot est à l’image du peuple Chinois, composé de 56 ethnies reconnues officiellement.

 

Les Chinois occupaient, lors de l’Empire Han, le Xinjiang en 101 avant notre ère, avec ses soldats et marchands. Ses premiers administrateurs civils sont arrivés en 60 avant notre ère, afin d’en concrétiser le rattachement à l’administration centrale. L’Islam n’est apparu qu’au 8° siècle en Chine.

 

Sur les 25 millions que compte sa population actuelle, le Xinjiang regroupe un peu moins de la moitié des musulmans de Chine, soit 10 millions représentés majoritairement par l’ethnie Ouïgoure. La communauté musulmane dans son ensemble en Chine (il y a même des Tibétains musulmans, vivant à Lhassa, depuis des siècles) est estimée à environ 25 millions de personnes.

 

D’après la propagande occidentale, il y aurait un conflit religieux et ethnique, exigeant séparation, sécession, indépendance du Xinjiang. D’autant plus que la Chine se livrerait à un changement de la composition de la population en favorisant l’afflux de Hans au détriment de l’ethnie d’origine Ouïgoure, dont elle menacerait l’identité et la culture.

 

 Alors, le Xinjiang est-il Chinois ou pas ?...

 

Les Occidentaux prétendent que non. Les Chinois prouvent que si. Discussion sur le sexe des anges, pouvant durer indéfiniment. Le plus intéressant est de noter, derrière ce rideau de fumée, les axes de la désinformation et la réalité sur le terrain.

 

Première remarque : cynisme absolu, les pays occidentaux les plus acharnés dans cette propagande antichinoise sont issus du génocide, physique et culturel, des peuples indigènes sur les territoires desquels ils se sont constitués. Je l’ai rappelé dans un texte (Excuses d’un Français au Peuple Chinois) :

=> USA et Canada, en Amérique du nord : massacre des Amérindiens -“peaux rouges” et importation massive de populations européennes

=> USA, à Hawaï et dans le Pacifique : massacre des Mélanésiens et importation massive d’autres populations (Europe – Japon)

=> Australie : massacre des Aborigènes par les populations d’origine britannique

=> Nouvelle-Zélande : massacre des Maoris par les populations d’origine britannique

 

La France, n’est pas en reste. Pour ne parler que des colonies encore en sa possession, de la Guyane à la Kanaky, de la Polynésie aux Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, etc.), elle maintient la fiction de la “francité”, après d’atroces massacres coloniaux, de territoires dans d’autres hémisphères ou continents que celui où nos ancêtres les Gaulois se sont installés après être venus, avec armes et bagages, d’Asie centrale…

 

Jusqu’à la Grande-Bretagne, se livrant en 1982 à une guerre contre l’Argentine. Prétendant “britanniques” les Iles Malouines, dans l’hémisphère sud, au large de l’Argentine…

 

Que dire de l’acharnement de l’Occident, dans la négation physique et culturelle de la Nation Palestinienne depuis plus de 60 ans, jusqu’aux récents massacres et crimes contre l’humanité à Gaza, en 2009 ?... Dans le mépris des “résolutions” de l’ONU.

 

Dans cette propagande antichinoise, il y a certainement la recherche désespérée de notre inconscient collectif occidental de s’exonérer des bains de sang tapissant notre Histoire. Exorciser notre sauvagerie...

 

Deuxième remarque : si des émeutiers se sont livrés à des exactions dans la capitale Urumqi, le reste du Xinjiang n’a pas bougé. Les dirigeants de la communauté Ouïgoure n’ont pas compris cette violence.

 

Très actifs dans toute la Chine, réputés pour leur sens du commerce et des affaires : import-export, immobilier, hôtellerie, industries. Particulièrement puissants dans la restauration, y compris dans les grandes villes comme Shanghai, ils y possèdent parmi les plus prestigieux établissements.

 

Quant au traitement réservé à l’Islam en Chine… Les musulmans Chinois ont donné des savants, astronomes, explorateurs, navigateurs. Même de brillants généraux luttant contre les Mongols. L’Occident n’est pas encore arrivé à ce niveau dans son Histoire, encore moins la France confite d’islamophobie.

 

Il faudrait interviewer les représentants de la communauté musulmane en Chine. Pourquoi pas un de ses plus éminents, occupant un des plus importants postes du gouvernement chinois, celui de ministre de l’agriculture avec rang de vice premier-ministre, Hui Liangyu ?... Ou encore, le président de l'Association islamique de Chine Chen Guangyuan ?...

 

Bien sûr, qu’il y ait des problèmes de redistribution des ressources nationales dans la province, accessoirement d’identité, sur lesquels il convient de travailler, c’est plus que certain. Quel pays n’en éprouve pas ?...

 

La France, un des pays les plus riches du monde, représentant 0,5 % de la population chinoise sur un territoire équivalent à une de ses sous-préfectures, n’y échappe pas. Traînant une multitude de casseroles d’injustices, économiques et sociales. Sans oublier son racisme institutionnel, à peine dissimulé, à l'encontre de la communauté musulmane, avec ses interdictions de constructions de mosquées et d’écoles, ou ses multiples campagnes de diffamation.

 

Mais nos Tintin inquisiteurs ne connaissent que les “dissidents chinois”. Imaginons les reporters chinois dès leur débarquement en France n’interviewant, et ne projetant comme images chez eux, que celle de nos propres “dissidents” : nationalistes corses, bretons, basques, faucheurs d’OGM avec notre Bové national, salariés excédés d’être licenciés par des sociétés aux superprofits menaçant de faire sauter leurs usines, ou autres…

 

De là, à souhaiter le démembrement de la Chine…

 


Gujarat (Inde) – Familles musulmanes brûlées vives victimes des pogroms des extrémistes hindous

 


 

L’Espionne qui venait du Chaud


“Désosser la Chine” : obsession occidentale. Comme au bon vieux temps. Un siècle de pillage occidental, de 1840 à 1940 n’a pas suffi (5). Rêve, fantasme, délire, structurant l’archaïsme intellectuel de nos traîneurs de sabre et responsables politiques.

 

Souhaitant imposer à la Chine ce que nous avons accompli récemment, à partir de l’expérience de nos découpages au Liban, en Yougoslavie ou en Irak. Système de partition en cours d'exécution en Afghanistan et au Pakistan. Taillant sur mesure une multitude d'Etats croupions, suivant des lignes religieuses ou ethniques, inféodés à l'Occident, via des mafias locales mises au pouvoir par nos soins et maintenues sous notre protection.

 

La Chine et ses 56 ethnies officielles ?... Ce seront, dans leur logique : 56 Etats. Pulsions haletantes du racisme des bellicistes occidentaux : réduire  l’ethnie Han, la plus importante de Chine, à vivre dans l’enceinte des restes du palais impérial à Pékin !

 

Je caricature à peine…

 

Lisez un des maîtres de la pensée géopolitique des dirigeants US, Robert D. Kaplan. Eminente personnalité du lobby “militaro-énergétique” occidental, un des théoriciens les plus hallucinés de la volonté d’entrer en conflit ouvert avec la Chine (6). Créer de toutes pièces une nouvelle guerre froide avec ce pays, vécu dans une paranoïa sans bornes comme une menace permanente (7).

 

Avec comme vecteur principal : affaiblir la Chine en provoquant le maximum de sécessions, multipliant les conflits interethniques ou interreligieux. Au Tibet, ce seront les moines bouddhistes qui seront instrumentalisés comme victimes des Chinois, au Xinjiang ce seront les musulmans. Objectif : Présenter la Chine comme étant un pays où la liberté religieuse n’existe pas. Un pays où les religions sont systématiquement persécutées.

 

Des manœuvres souterraines avec pour finalité de créer des conflits interethniques ont été repérées en Mandchourie, par les autorités chinoises, articulées sur certains membres de communautés coréennes réfugiées depuis la guerre de Corée.

 

Il existe même des projets de sécession entre provinces, fondées sur des disparités économiques. Dans les cartons de ces stratèges, par exemple, sécession des riches provinces maritimes Shanghai, Canton (Guangzhou), à réunir dans un condominium, administré par Big Business, avec Hong-Kong et Taïwan…

 

Ne nous étonnons pas. Par définition, un traîneur de sabre fourmille de projet aussi délirants les uns que les autres. Auxquels, il croit dur comme fer…

 

Provoquer la sécession du Tibet et du Xinjiang figure, donc, dans les priorités de nos bellicistes actuels. Le Xinjiang est un morceau de choix. Au cours de son Histoire, à chacune de ses faiblesses dynastiques ou économiques, des tentatives de sécession ont été organisées autour de chefs de guerre, pour l’arracher à la Chine.

 

Deux sont à retenir.

 

A la suite de la défaite des troupes chinoises contre les armées musulmanes venues d’Iran à Talas (751), un émirat (Khaganate) Ouïgour, s’est constitué pendant 90 ans. Il a été dévasté par les Kirghiz en 840, rasant leur capitale Ordu Baliq. Provoquant leur exode.

 

Au 20° siècle, au moment le plus dramatique de son Histoire, la Chine envahie par toutes les puissances occidentales et le Japon, ravagée par la guerre civile entretenue par les occidentaux, le Xinjiang se trouva érigé en “république” de 1933 à 1949. Au coeur d’une féroce lutte d’influences entre européens, britanniques en particulier, et soviétiques. En 1933, la ville de Kachgar était bourrée de “consulats” (même une “légation”  suédoise…), d’espions, d’agents secrets.

 

Peter Fleming (lui-même, probablement, agent des services britanniques), dans son célèbre ouvrage Courrier de Tartarie, voyageant dans les années 30 au Xinjiang décrit avec détail ces luttes d’influences entre soviétiques, japonais et britanniques (8). A le lire, réagissant en bon britannique, le Xinjiang ne pouvait être qu’une “république” aux ordres de la Grande–Bretagne et de son commerce, une “succursale” des Indes britanniques

 

Il fallut attendre la fin de la guerre civile chinoise, en 1949, pour que le Xinjiang réintègre pacifiquement la Chine.

 

Même Tintin l’avait prévu… A l’approche de l’été, se multiplièrent rééditions, éditions de livres de propagande, diffusion de documentaires TV. Tous, évidemment, diabolisant la Chine.

 

Tout le monde savait qu’en 2009, un “coup” dans le Xinjiang était en préparation. A commencer par les autorités chinoises. D’autant plus que cette année est célébré le 60e anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine. A la même période, l’année dernière ce fut l’hystérie antichinoise à propos du Tibet. Au moment du déroulement des JO.

 

En général, c’est The National Endowment for Democracy (NED), une des nombreuses feuilles de vigne de la CIA, qui lance l’opération sur le plan international par une intense campagne de désinformation préalable. Avant d’activer ses réseaux sur place, avec ses valises de dollars.

 

Bénéficiant de fonds considérables, coordonnant les activités d’une nébuleuse d’ONG porteuses d’emblèmes “démocratiques”, spécialisée dans la déstabilisation des gouvernements considérés comme autant de menaces pour les intérêts US et occidentaux. Dans son planning après l’opération "élections présidentielles en Iran", ce devait être le tour de la Chine.

 

Pour déstabiliser le Xinjiang, l’opération était montée sous le couvert d’une officine installée à Washington et pompeusement dénommée le “World Uyghur Congress”, le “Congrès Ouïgour Mondial”. Dont les USA, ne dissimulent pas le soutien financier et logistique (9). C’est fou ce que les “ziocons” aiment l’expression “Congrès Mondial”. Tonalité, à la fois démocratique et universaliste…

 

Organisation “mondiale” ou pas, il convient de lui donner un “visage”. Autant que possible une femme, pour renforcer l’impact de la désinformation. La figure médiatique était toute trouvée : c’est Rebiya Kadeer qui est la présidente de cette organisation.

 

A 60 ans, cette femme d’origine ouïgoure est une ancienne milliardaire du Xinjiang. Connue, et détestée, dans cette région pour son arrivisme et sa mégalomanie. Dans leur humour, les Ouïgours disent qu’elle a pour ambition, pour elle et sa famille, de devenir “impératrice du Xinjiang”. D’autres, la considèrent comme un “Karimov en jupons”…

 

Arrêtée en 1999, condamnée en 2000 à 8 ans de prison, pour espionnage au profit des occidentaux. Elle avait été remise en liberté en 2005, suite à sa bonne conduite et ses promesses d’amendement. Elle s’exila aux USA, pour motifs de “santé”.

 

N’oublions pas qu’au Xinjiang, les Chinois ont des installations militaires et de recherches, atomiques, balistiques, “sensibles”, auxquelles s’intéressent les occidentaux et qu’ils achètent à prix d’or. Le 16 octobre 1964, à Lop Nur, ils ont procédé à leur premier essai nucléaire…

 

Rebiya Kadeer, espionne ?... Une réputation est plus facile à concocter ou à avaler qu’un yaourt. Pas de problème. On la transformera en icône médiatique. Indispensable pour crédibiliser la campagne de propagande. A la Ingrid Betancourt ou Benazir Bhutto, on la transformera en “sainte”, “martyre” de l’indépendance, de la liberté, de la laïcité, de la libération de la femme, en voie de canonisation. Suivant les déclinaisons marketing adaptées à chaque segment de clientèle…

 

Derrière ce travail d’images, s’activent les services “actions”. Tout était millimétré.

 

L’année dernière, le moment choisi pour la campagne de déstabilisation de la Chine avait été les JO. Cette fois-ci, les services spéciaux avait sélectionné un excellent “créneau” : l’arrivée à Rome, pour une visite officielle, du président de la Chine Hu Jin Tao. Qui devait être suivie du sommet du G8, auquel il devait se joindre.

 

Pratiquement à l’instant de son atterrissage à Rome, à l’heure de Pékin 19h10 (13h10, heure de Rome), les émeutes démarraient à Urumqi. La police est intervenue, dès 22h00, devant les violences, durant toute la nuit… Face au même schéma qu’au Tibet : des Hans massacrés par des bandes armées, parfaitement encadrées, avec des objectifs précis et coordonnés. Pour accréditer la thèse de conflits ethnico-religieux.

 

La diplomatie chinoise est toute en finesse. Rien à voir avec notre diplomatie “Kouchnérisée”, à l’image d’Hillary Clinton, toute en rodomontades et effets d’annonce qui dans sa ringardise rappelle les pires “diplomaties de la canonnière” du 19° siècle.

 

Le président Hu Jin Tao, dès la fin de sa visite officielle en Italie, est reparti en Chine. Il ne s’est pas joint au sommet du G8, laissant une simple délégation technique. Montrant ainsi qu’il n’était pas dupe de la duplicité de chefs d’Etat voyous, tendant une main prétendue amicale, pour mieux vous planter un couteau dans le dos…

 

Cette nouvelle campagne de déstabilisation, et d’agression déclarée, des pays occidentaux a permis aux responsables Chinois de tirer deux enseignements :

 

i) Conforter le fait que les occidentaux, sous couvert d’un discours lénifiant sur la collaboration, malgré sommets et grandes effusions amicales de façade, ne souhaitent que l’éclatement de la Chine. Objectif qu’ils poursuivront méthodiquement.

 

ii) Gérer avec prudence et fermeté le difficile exercice d’équilibriste entre développer son commerce avec les USA, qui accumulent un écart sans cesse grandissant en faveur de la Chine, et sauvegarder son indépendance monétaire. Du fait d'être contrainte à détenir, malgré sa volonté, d’importantes réserves financières aux USA.

Ceux-ci bloquant le rééquilibrage de la balance commerciale, en interdisant l’achat de tout produit ou service soupçonné de correspondre à un transfert de technologie. Les dirigeants Chinois sachant qu’au-delà de l’éclatement du pays, la volonté de ne pas rembourser ses dettes à l'égard de la Chine est aussi un objectif non déclaré...

 

Méditant, entre autres exemples, le précédent de la France qui avait, lors des guerres napoléoniennes accumulé d'importantes dettes sous forme d’achat de céréales et de viandes en Algérie. Qui était alors une riche province agricole, autonome de l’Empire Ottoman.

 

Refusant de rembourser ses dettes, la France de 1830 aux caisses vides, envahit l’Algérie en réponse à ses demandes insistantes de remboursement. Non seulement pour effacer ses dettes, mais encore pour en faire une colonie. Coup double !

 

Au passage, ses importantes réserves d’or furent confisquées, même pas au bénéfice du Trésor français. Mais, au seul avantage personnel des financiers et organisateurs de l’expédition militaire. Les marchands de canons et traîneurs de sabre se sucrent toujours en premier…

 

Autre contexte, toutes proportions gardées, mais schéma historique similaire…

 

Curieux.

 

En pleine hystérie antichinoise, au même moment en France tout spécialement, c’était dans les médias un raz-de-marée de louanges à l’égard de l’Inde, avec la présence d’éléments de ses forces armées au défilé du 14 juillet.

 

Alors que…

 

 

 

 

 

 

Suite deuxième partie :
Xinjiang et Gujarat : Tintin Reporter (2)…

=> Démocratie de la Misère – Misère de la Démocratie
=> Pogroms et Contrats
=> Encenser l’Inde

 

 

 

 

(1)  Gilles Deleuze, Félix Guattari, L’Anti-Œdipe - Capitalisme et Schizophrénie, Les Editions de Minuit, 1980, p. 320.

(2)  Exemple : la “sinologue” française, la plus acharnée dans la propagande antichinoise, Marie Holzman. Rhétorique et raisonnement relevant de l’arrogance ethnocentrique de l’Orientalisme le plus sclérosé, sur le plan académique. Ou tout simplement du fanatisme. A l’opposé de l’éthique d’un humanisme soucieux de “connaissance”, fondée sur la compréhension. Et, non pas sur la promotion d’une idéologie…

Auteur d’un ouvrage récent (cosigné par Noël Mamère…), archétype de désinformation “ziocons”: Chine : On  ne bâillonne pas la lumière, Editions Jean-Claude Gawsewitch, juin 2009.

Sa légion d’honneur (JO du 1er janvier 2009) lui a été remise en juin dernier par Pierre Bergé (ex-patron du groupe Yves Saint-Laurent), “collectionneur d’art” connu pour mettre en vente, dans le contentement de soi, des œuvres provenant du pillage sanguinaire du patrimoine chinois par les troupes anglo-françaises en 1860…

(3)  Hilarante vidéo à visionner : Dailymotion - Bernard Kouchner confond Ouïgours et yoghourts - une vidéo Actu et Politique.flv, 9 juillet 2009.

(4)  Mondialement connu pour son célèbre roman, publié en 1963, plus de 20 millions d’exemplaires : L’Espion qui venait du Froid

(5)  Pour avoir un aperçu des différentes “guerres de l’opium” imposées par l’Occident à la Chine, avec leurs énormes pillages, lire : “Le Sac du Palais d’été”, Bernard Brizay, Editions du Rocher, 2003.

(6)  Robert D. Kaplan, How We Would Fight China (Comment nous devrions combattre la Chine), The Atlantic Monthly, juin 2005.

(7)  Larry Chin, China in America’s cross-hairs : Robert D. Kaplan and neocon hawks for New Cold War, The Wilderness Publications, 2005, www.fromthewilderness.com.

(8)  Peter Fleming, Courrier de Tartarie, News from Tartary, Editions Payot, 1992 (première publication  1936 – Londres).

(9)  Donald Kirk, Washington funds its Uyguhr “friends”, (Washington finance ses “amis” Ouïgours), Asia Times, 18 juillet 2009.

 


 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Chine
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 17:00

 


Suite de la première partie :
Xinjiang et Gujarat : Tintin Reporter (1)…

=> Les Bons Apôtres de la fraternité
=> Désosser la Chine
=> L’Espionne qui venait du Chaud

 

 

 

Démocratie de la Misère – Misère de la Démocratie

 

J’éprouve affection, admiration pour l’Inde. La gentillesse, le dynamisme de son peuple.

La richesse de sa civilisation. Le courage de ses militants, leur combat pour la défense de la Dignité Humaine, leur lutte contre l’injustice sociale et économique, la pauvreté, la misère. Dont la figure emblématique : Arundhati Roy.

 

Par contre, aucune, pour sa caste au pouvoir.

 

Caste d’affairistes effrénés, obsédés par l’enrichissement immédiat. Politiciens, pour la plupart, cyniques, hypocrites, avides et corrompus. Dans un pays où le niveau de pauvreté de la majorité de la population est sidérant. Où, la paysannerie se trouve, après soixante années d’indépendance et de “libéralisme économique”, dans un état catastrophique.

 

Les chiffres édulcorés, au maximum, de la Banque Mondiale ne peuvent dissimuler l’information : 456 millions d’Indiens, soit 42% de la population vivent en dessous d’un seuil de pauvreté estimé à USD $1,25 par jour.

 

D’autres institutions, plus sérieuses dans leurs études que la Banque Mondiale, fournissent des statistiques encore plus atterrantes. Ainsi l’organisme étatique Indien, National Commission for Enterprises in the Unorganised Sector (NCEUS), estimait en 2007 que 77% des Indiens, soit 836 millions, vivaient avec moins de 20 roupies (environ USD $0.41) par jour (10).

 

Le rapport précise que la majorité de ceux qui travaillent, tout particulièrement dans le secteur informel, vivant dans les conditions “d’extrême pauvreté”, sont les castes inférieures et les Musulmans. Parmi eux, les plus accablés de misère, sont les femmes, les travailleurs “journaliers” et les enfants. N’hésitant pas, dans le texte, à employer l’expression de “pauvreté abjecte”, “living in abject poverty. (11)

 

Dans les Etats d’Orissa, Madhya Pradesh, Bihar et Jharkhand, ce sont dans les campagnes des niveaux de désolation sociale, humaine, inconnus ailleurs.

 

On le sait, des paysans pour rembourser la location de leur arpent de terres, et leurs crédits, aux riches propriétaires des villes, usuriers sans scrupules, sont amenés à vendre un de leurs reins. L’Inde représente ainsi le centre mondial d’approvisionnement et de trafic d’organes.

 

L’enfance est particulièrement touchée. Le magnifique film “Slumdog millionaire”, en donne un petit aperçu. L’Inde détient le record mondial du taux de malnutrition des enfants de moins de trois ans, avec 46% de cette tranche d’âge. Pire qu’en Ethiopie (12).

 

D’après l’OMS, en tête de toutes les statistiques mondiales concernant le traitement réservé à l’enfance (13), l’Inde concentre : 49% des enfants malnutris, 34% des enfants rachitiques, 46% des enfants atrophiés. De la planète…

 

Formidable développement économique. Mais, pas social. Une petite oligarchie, avec ses seconds couteaux, s’en met plein les poches et les comptes dans les paradis fiscaux, au détriment de la collectivité. En conséquence, l’inégalité des revenus ne fait que croître. Le nombre de pauvres, vivant sous le seuil de USD $1,25 par jour, a augmenté de 421 millions en 1981 à 456 millions en 2005. (14)

 

En comparaison, d’après la Banque Mondiale (ses dirigeants en avalent leurs cravates…), la Chine, considérée comme le pays le plus pauvre du monde en 1981, a vu le nombre de personnes vivant avec moins de USD $ 1,25 par jour, diminuer (en 24 ans) de 835 millions de personnes à 207 millions  en 2005… (15)

 

Colossal succès des efforts de la Chine dans la lutte contre la pauvreté. Mais cela, les médias de la propagande occidentale et leurs “sinologues” patentés ne le mentionneront jamais… Jamais !

 

Les propagandistes occidentaux ne sont pas les seuls à accabler la Chine, pour encenser l’Inde. Des intellectuels Indiens, singeant les Bons Apôtres euro-américains, prétendent donner, eux aussi, des leçons à la Chine ! Parfaite illustration de la parabole de la paille et de la poutre.

 

Ainsi, à la suite des évènements du Xinjiang, Sreeram Chaulia professeur de sciences politiques à la Faculté de Droit de Jindal, située à Sonipat (Etat d’Haryana - nord de l’Inde), avant de fustiger la Chine dans un article, se demande cyniquement :

Comment un volcan de cette échelle a-t-il pu entrer en éruption ? ” (How could a volcano of this scale erupt ? ). (16)

 

En termes “d’échelle”, Sreeram Chaulia a la mémoire courte et l’exactitude brumeuse…

 


Gujarat (Inde) – Musulmane pleurant et priant pour sa famille disparue dans l’incendie de sa maison par les extrémistes hindous

 


Pogroms et contrats

 

La population Indienne de confession musulmane représente environ, d’après les recensements, 12 à 15% de la population globale. Dépassant les 150 millions de personnes. Soit, 6 fois plus qu’en Chine.

 

Cette communauté, victime d’une islamophobie quotidienne, est sous-représentée dans les institutions fédérales et la fonction publique, puisqu’elle ne dépasserait pas, d’après les statistiques officielles, 3% des effectifs.

 

Des pogroms antimusulmans explosent à intervalles réguliers, avec massacres, tueries, destructions de mosquées, incendies d’habitations et de commerces. L’Inde est actuellement le pays où une religion subit, à “grande échelle”, la violence des persécutions et un racisme permanents. (17)

 

La plupart encouragés par les autorités qui y nourrissent un exutoire détournant frustration et colère de la population devant la corruption, la misère et le désespoir. L’Inde détient, aussi, le record mondial des suicides, notamment dans les campagnes.

 

Au moment de l’indépendance en 1947, des musulmans ont été massacrés par centaines de milliers quand ils n’ont pas eu le temps de s'enfuir. Dans ce qui allait devenir le Pakistan à l’Ouest de l’Inde, et le Bengladesh à l’Est. Dans ce qui restera le plus grand “nettoyage religieux” (les origines “ethniques” entre hindous et musulmans étant similaires) de l’Histoire.

 

Rappelons que Gandhi, admirable de courage et de sagesse, a lutté jusqu’au bout pour la protection des musulmans. Au point de périr, lui hindou, assassiné par un extrémiste hindou.

 

Occultés par les médias occidentaux et la Communauté Internationale, les pogroms antimusulmans se sont donc poursuivis dans l’impunité. Durant un demi siècle. Un des plus violents a eu lieu, à Bombay, en 1993.

 

Depuis 2001, et l’encouragement donné aux théories racistes du Choc des Civilisations par les occidentaux, les persécutions antimusulmanes se sont accentuées. Les partis et organisations extrémistes hindous, composés de fanatiques antimusulmans, se retrouvent subitement avec des financements et des moyens importants. Multipliant propagandes, mobilisations, manifestations, intimidations, sur la population et les autorités censées assurer l’ordre.

 

C’est ainsi que dans l’Etat de Gujarat, voisin du Pakistan, s’est déroulé un des plus sanguinaires pogroms de l’histoire de l’humanité, sur quatre mois, de février à mai 2002. Quatre mois d’horreur.

                                                                                                             

Dans le silence médiatique occidental absolu…

 

Provoquant au sein de la communauté musulmane qui représente environ 12% de la population de l’Etat de Gujarat, la mort de plus de 2.000 personnes, beaucoup brûlées vives, des milliers de blessés. Un niveau de destruction difficilement imaginable : 298 mausolées musulmans (dargahs : tombeaux de saints soufis), 205 mosquées (dont certaines datant du 16° siècle), 20.000 commerces.

 

A cela s’ajoute, sans “cellule de soutien psychologique”, la terreur de 150.000 sans abris, à la suite des incendies de leurs demeures, qui ont dû être regroupés dans 104 “camps”. Tenant plus du “dépotoir” que du camp de camping. Sans compter les centaines de personnes “disparues”… (18)

 

Les femmes ont été particulièrement visées dans ces violences, sous forme de viols collectifs et autres tortures sexuelles. “Pire qu’en Bosnie”, selon le rapport d’un comité international de femmes (US, UK, France Allemagne, Sri Lanka). Parlant d’une véritable planification stratégique de terreur par la violence sexuelle (sexual violence was being used as a strategy for terrorising women…). Mettant en cause le parti au pouvoir dans l’Etat de Gujarat et son leader, Modi. (19)

 

Encore plus choquant que ces statistiques officielles, les massacres dans beaucoup d’endroits étaient encadrés par des policiers en civil et des fonctionnaires de l’Etat de Gujarat (20). Avec, évidemment l’impunité à la clef, puisqu’à ce jour aucun instigateur, meneur ou exécutant n’a été sérieusement inquiété...

 

Même après ces férocités antimusulmanes, l’islamophobie et la  propagande raciste se poursuivent. Dans l’Etat de Gujarat, mais aussi dans les autres Etats de la fédération indienne (21). Répandant rumeurs délirantes, provocations les plus absurdes, pour exciter la haine.

 

Par exemple en 2005, dans le Gujarat, des extrémistes ont attaqué des villages, brûlant 40 habitations, provoquant la mort de 3 personnes et des dizaines de blessés. Au prétexte que lors de la fête de l’Aïd Kabîr célébrant le sacrifice d'Abraham, les musulmans auraient sacrifié une vache, au lieu d'un mouton. Après enquête, ces rumeurs se sont révélées évidemment fausses.

 


Gujarat (Inde) – Famille musulmane terrorisée par la violence des extrémistes hindous

 

 

Mais Tintin investigateur n’a jamais entendu parler du Gujarat. Peut-être connaît-il le Cachemire ?... Bref détour, avant de quitter l’Inde…

 

Région de hautes montagnes, nous sommes dans la partie ouest de l’immense Himalaya, frontalière de pays en pleine évolution : Inde, Pakistan, Afghanistan et Chine. Un des plus vastes châteaux d’eau de la planète où naissent glaciers, rivières et fleuves.

 

Près de 15 millions d’habitants. Enjeu d’une lutte fratricide entre Pakistan et Inde, depuis l’indépendance de ces pays après la deuxième guerre mondiale.

 

En 1947, la mise en forme de l’indépendance des Indes britanniques avait pour fondement l’Indian Independence Act, laissant le choix aux hindous et aux musulmans d’une autodétermination. La Grande-Bretagne administrait cette partie de son empire avec la collaboration de principautés (565 !...), plus ou moins  vastes et riches. Avec à leurs têtes les fameux Maharadjas. Empilements de princes, suzerains et vassaux.

 

Entre ces deux entités nouvelles en cours de création, Inde et Pakistan (le Bengladesh fera sécession plus tard), le Cachemire, avec ses différentes principautés composées pour la quasi-totalité de musulmans, souhaitait son rattachement intégral au Pakistan limitrophe.

 

Par un habile artifice de procédure, l’Inde bloqua ce processus d’autodétermination avec la complicité d’un maharadja hindou dont l’autorité administrative s’étendait sur les 2/3 de cette région, le Jammu Kashmir (en anglais).

 

Sans consulter ses administrés, il signa des accords d’annexion avec la fédération indienne, bloquant ainsi le rattachement au Pakistan souhaité par la population. Ce petit malin s’appelait Maharaja Hari Singh. On imagine le deal sous la table, assurant les beaux jours de sa descendance sur plusieurs générations…

 

Hold-up réussi. L’Inde récupéra ainsi la majeure partie du Cachemire. A présent : 10 millions d’habitants sur environ 100.000 km2. Le restant, 5 millions d’habitants sur près de 80.000 km2, réussissant son ancrage au Pakistan. (22)

 

Depuis, c’est une guerre larvée entre Inde et Pakistan avec, à plusieurs reprises, des batailles d’artilleries à plus de 5.000 mètres d’altitude, conduisant ces pays au bord de la guerre atomique. La population musulmane du Cachemire “Indien” ne cesse pourtant de réclamer son intégration au Pakistan, ainsi que l’explique un des leaders, pacifique, Sardar Attique Ahmad Khan (23).

 

Loin de vouloir organiser un référendum d’autodétermination réclamé par la population, l’Inde se livre à des répressions massives contre les musulmans. Accompagnées de la spoliation des meilleures terres de ce pays montagneux, notamment dans les plaines et vallées, accaparées par des propriétaires fonciers hindous.

 

Les forces militaires indiennes, fortement noyautées par les extrémistes hindous (24), exercent, au Cachemire, un rôle écrasant d’armée d’occupation raciste. Avec la concentration d’un effectif de 150.000 hommes, sur un petit territoire : autant que l’ensemble de l’armée française actuelle.

 

Se livrant à des campagnes de terreur suivant la pratique habituelle des forces d’occupation : massacres, tortures, enlèvements, assassinats de leaders, etc. Toute velléité d’indépendance étant considéré comme du terrorisme. Ce sont 100.000 musulmans tués depuis 1947, début de cette colonisation armée.

 

Dans cette terrible répression, les femmes musulmanes du Cachemire, comme dans le Gujarat, sont les premières visées. Régulièrement victimes de violences sexuelles de la part des troupes d’occupation indiennes. Au point que  même l’association Médecins Sans Frontières, en général mesurée dans ses propos, qualifie ces violences sexuelles, dans un rapport de 2005, de “pires dans le monde” (… the worst sufferers of sexual violence in the world…). (25)

 

Musulmanes du Cachemire “Indien” manifestant contre la répression des forces d’occupation indiennes à la suite de massacres de civils



Encenser l’Inde

 

Bizarrement le sort des femmes musulmanes du Gujarat ou du Cachemire n’intéresse pas les Belles Ames, en Occident. Pas plus, celui des résistants à cette occupation. De ce racisme, cette férocité, cette hyperviolence, ce refus du droit à l’autodétermination, cette négation permanente des droits de l’homme, tout cela vous n’en entendrez jamais parler dans les médias occidentaux. Jamais !

 

Pour Tintin, cela ne se passe pas en Chine…

 

L’association Ni Putes Ni Soumises, spécialisée dans la “défense des femmes musulmanes”, n’ouvrira pas un étal dans le Gujarat ou le Cachemire (par contre, au Maroc et en Afghanistan…). Tahar Ben Jelloun ne se posera pas de question existentielle sur le rapport des Hindous avec le sexe de la femme musulmane. Et, les Précieuses Ridicules ne bavasseront pas sur le “corps des femmes musulmanes en Terre d’Hindouisme”…

 

Chut ! Ne pas déranger notre “allié stratégique” dans ses œuvres !...

 

La propagande de la Communauté Internationale nous vend, ainsi, une “Inde démocratique”. Un “grand pays démocratique”, îlot de stabilité, de liberté et de prospérité, presque de bonheur champêtre. Au libéralisme économique radieux.

 

On se croirait sur la Lune : La Mer de La Tranquillité, dans une région qualifiée de “bordel”, pour reprendre le terme, entendu il y a quelques jours, d’un chroniqueur de la chaîne “d’information économique” BFM TV…

 

Ce distingué journaliste désignant par ce vocable : Pakistan, Afghanistan, Iran et autres pays voisins. Occultant misère, corruption, désespoir, dans une société indienne viscéralement injuste et raciste. Occultant le simulacre des élections “libres” organisées par les membres d’une oligarchie indienne richissime, s’attribuant la légitimité de représentants élus du peuple.

 

Comme si les centaines de millions d’Indiens vivant avec moins de USD$ 1,25 par jour, dans le dénuement, l’analphabétisme et la malnutrition, sous la pression d’usuriers implacables et d’autorités locales corrompues, étaient en état de choisir librement entre programmes et élus politiques.

 

Qui peut croire pareilles fables, une seule seconde ?...

 

Comme chacun sait, cette propagande est le résultat d’un basculement d’alliances intervenu à la chute de l’URSS. L’Inde est devenu effectivement  “l’allié stratégique” de l’Occident. Sous-entendu : contre la Chine et le monde musulman.

 

Tous les traîneurs de sabre de la planète Occident, ses vendeurs d’armes et de grands travaux, se précipitent, se marchent sur les pieds pour placer leurs juteux contrats. Groupes industriels et financiers qui détiennent la quasi totalité des médias, et les robinets des subventions ou autres libéralités pour ONG et “experts” à la chasse au “cash” (fundraising comme disent les anglo-saxons…). La France est ainsi un des premiers fournisseurs d’armes et d’installations atomiques de l’Inde, derrière Israël et les USA.

 

Oui… Alors que son peuple crève de misère et de malnutrition, l’Inde se lance dans des achats d’armement pharaoniques. Pas plus tard que cette semaine, sa nomenklatura vient de signer un contrat d’achats de technologies atomiques et d’armement de 20 milliards (!...) de dollars avec les USA. (26)

 

Un de plus.

 

Dans un océan de misère…

 

Totale osmose. Affairisme, bellicisme, racisme. Mépris de la dignité humaine et des peuples. Ruissellement de “grands contrats”, avec commissions et “rétrocommissions” alimentant les superbes cascades des comptes secrets dans les paradis fiscaux…

 

Les castes prédatrices au pouvoir, en Inde et en Occident, partagent de profondes affinités…

 

 


 

Gujarat (Inde) – Enfant musulman brûlé à la suite des incendies organisés par les extrémistes hindous

 

 

Critiquer l’Inde au profit de la Chine ?... Diaboliser l’un, encenser l’autre ?…

 

Trop facile.

 

Rechercher “La Vérité” ?... Certainement pas ! Trop complexe. Illusoire. Laisser cela aux bons soins du “Deus ex Machina”.

 

Simplement, ramener le curseur de l’information et de son analyse à un plus juste équilibre. A l’échelon d’un continent, mettre les évènements en perspective, historique et régionale. Se souvenir de la caverne de Platon.

 

Ne pas sombrer dans l’obscurantisme d’une idéologie, se fanatiser selon les plans médias manipulateurs du “marketing des bonnes causes”, dans la pensée binaire du culte “laïc” du Diable et du Bon Dieu 

 

Le “Bon Dieu” étant, bien sûr, l’Occident dans l’autosatisfaction de sa mégalomanie de prédateur jamais repu. Quant au “Diable”, un épouvantail constitué d’un patchwork pour cauchemars infantiles au gré des saisons : Chine, Iran, Soudan, Syrie, Cuba, Russie, Castro, Ahmadinejad, Chavez, Poutine, Assad, Moralès…

 

Surtout, s’amuser, rire au spectacle de Guignol offert par ces propagandistes, manipulateurs de l’information, de l’Histoire et de la géopolitique, voulant nous faire prendre un grille-pain pour une imprimante laser. Belles Ames et Bons Apôtres, matamores et tartufes, se bousculant, se tirant par la manche ou le T-shirt “Reporters Sans Frontières”, sur les estrades des médias.

 

Se donnant bonne figure, soulageant leur conscience, à la recherche de sponsor, de financement, de notoriété, pour engraisser leur business et leur ego dans le mensonge, en bastonnant, crachant à répétition, ce n’est pas cher et ça peut rapporter gros…

 

… sur la Chine.

 

Mais, j’en oubliais ma noix de coco !...

 

 

 

 

 

 

 

(10) Nearly 80 pct of India lives on half dollar a day, Reuters, 10 août 2007.

(11) Reuters, 10 août 2007, Op. Cit.

(12) Jeremy Page, Indian children suffer more malnutrition than in Ethiopia, The Times, 22 février 2007.

(13) India has highest number of underweight children, Indian Express, 14 avril 2009.

(14) Number of poor in India has gone up : World Bank, 27 août 2008, Thaindian News.

(15) The World Bank, 26 août 2008.

(16)  Sreeram Chaulia, Inside China's unquiet west, Asia Times, 8 juillet 2009.

(17) http://en.wikipedia.org/wiki/Persecution_of_Muslims#Persecution_of_Muslims_in_India

(18) "III. Massacres In Godhra And Ahmedabad", Human Rights Watch, http://www.hrw.org/legacy/reports/2002/india/India0402-02.htm#P241_39157

(19)  Intl experts spoil Modi’s party, say Gujarat worse than Bosnia, Express India, 19 décembre 2002.

(20)  Gujarat Officials Took Part in Anti-Muslim Violence -Human Rights Watch & Police officials led Hindu attackers: HRW report on Muslims’ massacre in Gujarat, Dawn, 30 avril 2002.

(21) Imran Ali & Yogender Sikand, Ghettoisation of Muslims in India : Trends and Consequences, The MilliGazette on Line, 12 février 2006.

(22) Une partie de cet Himalaya a donné lieu aussi à des redéfinitions de frontières entre la Chine et l’Inde suite à un conflit armé, et entre le Pakistan et la Chine, suite à des négociations.

(23)  Kashmiris want accession to Pakistan: Attique, Azad Jammu and Kashmir, 26 mai 2005.

(24) Indian Army's Penetration by Hindou Zionists & Fascists - Hitherto Unkown Sinister Nexus, BrassTacks Policy Paper, 9 févrirer 2009.

(25)  Cf.: The Mask of Democracy – Repression and the Rule of Law, Ashok Agrwaalhttp://www.combatlaw.org/information.php?issue_id=36&article_id=997

(26)  Anwar Iqbal, US to sign $20 billion defence accords with India, Dawn, 17 juillet 2009.

(24) Indian Army's Penetration by Hindou Zionists & Fascists - Hitherto Unkown Sinister Nexus, BrassTacks Policy Paper, 9 févrirer 2009.

Note 24 (qui n'apparaît pas bizarrement sur le texte : les mystères de la censure électronique !...): BrassTacks Policy Paper, 9 février 2009, "Indian Army's Penetration by Hindou Zionists & Fascists - Hitherto Unknown Sinister Nexus".


Photos des pogroms antimusulmans de Gujarat (Inde) en 2002 : Pictures of Gujarat Riots

Photos des musulmanes de Srinagar (Cachemire "Indien") : The Christian Science Monitor

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Georges Stanechy - dans Chine
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 13:30


En attendant les résultats des élections iraniennes, les écorcheurs professionnels de la désinformation se font les dents sur une de leurs proies préférées : la Chine...

Oui,
en Occident, depuis quelques temps nous avons droit à une nouvelle campagne de “Casse-Chinois” !...

 

Tous les médias.


Une cascade de livres, documentaires, articles et cahiers spéciaux (1). S'étalant sur des mètres de linéaires et des heures audiovisuelles. "Célébrant" les 20 ans de Tian'anmen pour relancer, réactiver, les bûchers de la diabolisation.


Dans le ravissement, de partager sainteté et vertu de la "race supérieure".

 

Rien de neuf...

 

 

 

L’humoriste Pierre Desproges avait parfaitement mis en boîte l’essence, l’intelligence et la pertinence de cette propagande. En quelques lignes (2) :

 

« J’allais oublier de vous dire qu’il y a deux sortes de Chinois…

 

…. Les deux sortes de Chinois sont les Chinois communistes qui mangent les enfants, et les Chinois nationalistes (3) qui mangent des conserves Saupiquet, si ça se trouve.

 

Comment reconnaître un Chinois nationaliste d’un Chinois communiste ?

 

C’est impossible. On dirait des Japonais. »

 

 

 


 

 

 

(1)  Parmi ces ouvrages de propagande mis en évidence dans les linéaires, je vous conseille celui de Thierry Wolton : Le Grand Bluff Chinois : Comment la Chine nous vend sa "révolution capitaliste". Rire garanti, devant cette caricature de caricature !...

(2)  Tout Desproges, Seuil, 2008, pp. 747 – 748.

(3)  Taïwan, régime aligné sur la politique des USA.

 

 

Illustration : http://nznfr3d2.blender.free.fr

 

 

 

 

 

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 20:10


Mes pensées pour les victimes et leurs familles …


Et, mes amitiés à tous.













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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 20:38

 


Dans le tour d’horizon sur la désinformation et la propagande auquel je me livre, dans ce blog, existe une expression anglaise qui n’a pas son équivalent en français, le : « bashing ».

 

Dans son sens premier en français, c’est la "raclée". Mais, dans les techniques de propagande et de désinformation, il s’applique à une activité bien précise : dénigrer, harceler, diffamer, à tout propos et de façon systématique.

 

 
L’industrie occidentale du “bashing

 
Cette technique, parfaitement rodée, est de plus en plus utilisée. Son organisation et son niveau de technicité ont été fortement améliorés au cours des dernières années. Notamment, pour la coordination entre pays, et entre médias, occidentaux. Remarquez la totale intégration des médias en matière “d’information”, réagissant au quart de tour, au doigt et à l’oeil.

 
Souvenons-nous des campagnes de l’hystérie islamophobe, lors de la “loi sur le voile”, en France, ou encore contre la communauté musulmane de Malaisie, dans tous les pays occidentaux. Dans un autre registre, simultanément dans tous les pays occidentaux encore, les campagnes anti-Poutine, anti-Chavez, etc.

 

A présent c’est la Chine qui est au premier plan. Nous vivons donc le : « China bashing ». Qui va s’accentuer jusqu’aux Jeux Olympiques…

 
En général, le bashing varie les angles d’attaque. Pour éviter la saturation de l’opinion publique. Depuis ces dernières semaines, comme on a pu s’en rendre compte, on assiste à une campagne de grande intensité sur le Tibet, sur fond de “droits de l'homme” et de “liberté de la presse”.

 

Mais, il y avait eu, antérieurement, un galop d’essai. Souvenons-nous, à la rentrée de l’été dernier, une campagne qui avait atteint son pic au mois d’octobre 2007. Dans tous les pays occidentaux en même temps, là encore.

 
Elle avait pour thème l’empoisonnement, auquel se livreraient les “sournois” Chinois, avec de la peinture toxique sur des jouets, et autres pièces dangereuses pour nos bambins. Avec en première ligne l’entreprise américaine MATTEL, afin de crédibiliser les assertions. Elle avait dû, par la suite, présenter ses excuses à la Chine (1). Incapable de justifier, devant les commissions d’enquête chinoises, ce qu’elle avançait dans les médias occidentaux…

 

Car, il s'agissait, en fait, d’une campagne « bidon ».

 
Un regard sur quelques uns de ces “angles d’attaque”…

 

 

Yantai-01-2011.jpg

 

Le “bashing” spéculateur

 
Avec MATTEL, nous étions dans le commerce international. Un autre angle d’attaque passe par des “experts” économistes ou boursiers. Certains, en début d’année n’ont pas hésité à “prévoir” l’effondrement de la Chine : avant les JO !... Plus précisément, au “deuxième trimestre” de l’année. Celui-ci étant déjà bien entamé, nous sommes donc à la veille d’un séisme majeur, à les écouter.

 
Regardez la vidéo d’une “prévision” d’un de ces "experts" sur ce qui attend la Chine en 2008. Un des exemples d’intox, parmi les plus caricaturaux que je connaisse (2). Le summum dans le genre. Elle a été mise en ligne le 8 janvier 2008, sur Dailymotion (3).


 

 

 

 
La Chine est au bord d’un krach financier !... Une “bulle” va éclater La veille des Jeux Olympiques !... Sous-entendu : inutile d’aller aux JO, de réserver votre billet d’avion ou votre hôtel… Cela va être un tsunami !...  Doctement, "l'expert" prévoit, avec précision, que cela se passera au 2° trimestre 2008.

 

Le plus intéressant est la palette du vocabulaire utilisé :

“… la Chine n’est même pas un géant aux pieds d’argile, ce n’est que de l’argile … tout y est pourri… crise de surinvestissement… surcapacité de production… écroulement des bourses… etc.”  

 

Bref : l’apocalypse annoncée !...

 
Un mot, avant d’en venir au fond, sur ces “spécialistes des marchés”, c'est-à-dire des marchés boursiers, opérations en capital ou capitalisation boursière. C'est ainsi que se présentent ces “experts”.

 

A la TV, vous le remarquerez, ils sont souvent interviewés avec en arrière-plan, une salle des marchés, bourrée d’ordinateurs. Pour impressionner. Manière de se donner un label de fiabilité. Comme s’il s’agissait de la salle de contrôle de la NASA. Mais, autant pour la NASA on peut parler de recherche constante de la fiabilité, ce qui n’exclut pas les défaillances tragiques, autant, ici, nous sommes au royaume du vent.

 
Les ordinateurs ne présentent aucune garantie de fiabilité en vertu du principe, bien connu des anglo-saxons quand ils parlent de l’informatique : “garbage in, garbage out”. Garbage c’est la poubelle, les ordures, en anglais. Si vous mettez des ordures dans votre système d’informations, autrement dit si vous y introduisez "n’importe quoi", c’est "n’importe quoi" qui en sortira.

 

On l’a vu avec le scandale de la Société Générale. Ou encore, avec la “bulle des subprimes” ravageant actuellement les géants bancaires américains, tels que Citigroup (4), britanniques ou suisses, qui enregistrent des pertes colossales.

 
En général, ces pseudo-experts travaillent dans la spéculation. Ils ont intérêt à agir sur la peur inhérente à la prise de risque. La pratique de “l’alarmisme” est un de leurs instruments de travail favoris. Provoquer des va-et-vient de ventes et d’achats, est leur but. Souvent on fait acheter en sous-main, ce qu'on fait vendre à perte. Nous sommes au royaume de l’économie-casino, de la spéculation.

 

La spéculation financière a pour fondement l’esbroufe, le vent, la panique, le basculement, les allers-retours. C’est probablement, avec la publicité et l’audiovisuel, le secteur d’activité où la concentration au m2 de bonimenteurs est la plus élevée. Brassant des courants d’air, avec culot.

 
Dans le cas de la Chine, la propagande antichinoise est un tapis de velours pour ces spéculateurs. Seul problème : nous voilà en plein deuxième trimestre et la Chine se porte comme un charme !... La Bourse de Shanghai, aussi. Elle possède la moitié des réserves d’or des USA. Le pays se dote d’infrastructures magnifiques et performantes, dont nous n’avons pas idée en Occident. Dans tous les domaines : industrie, transport, éducation, énergie, santé, culture… À un rythme régulier.

 
Je ne vais pas vous accabler de chiffres, de statistiques, ou de témoignages. Vous pouvez trouver tout cela dans des revues ou des sites spécialisés, pour ceux qui souhaitent approfondir (5) leurs informations (6). Je me limiterai à deux indicateurs :

 
i) La Foire de Canton, en cours. Elle se tient, en ce moment, du 15 au 30 avril. A mi-parcours : 130.000 hommes d’affaires étrangers s’y sont précipités, pour signer des contrats à l’exportation à hauteur de 25,5 milliards de dollars…  Dont 16 milliards, c’est pour moi l’indicateur essentiel, non pas pour acheter des pantoufles, des chemises ou des vermicelles, mais des produits mécaniques et électroniques.

 
ii) La Chine, investit méthodiquement dans l’avenir, en se dotant de remarquables infrastructures scientifiques :


Les laboratoires chinois font partie de ceux qui publient le plus au monde dans le domaine des nanotechnologies… plus de 300 entreprises industrielles, 50 universités et une vingtaine d’instituts dépendants de l’Académie des Sciences ont des unités de recherche et de développement des nanotechnologies d’après le magazine “Science” … 

Dans le nucléaire civil, les Chinois construisent désormais eux-mêmes les réacteurs  de deuxième génération, comme dans le cas du doublement des centrales de Daya Bay et de Lingao dans le sud du pays.” (7)

 
Tout est pourri… tout est d’argile…” : oui.

 
Chez les bonimenteurs de la spéculation boursière…

 

  Shanghai-01-2011.jpg


 

 Le “bashing” prolétarien

 
Certes, tout n’est pas facile. Tout n’avance pas au même rythme. La Chine connaît des surchauffes, un taux d’inflation de 8% dans les zones urbaines. Des tensions apparaissent, aussi, dans l’immobilier dans ces mêmes zones. La rapidité de la croissance urbaine provoque le phénomène que nous avons bien connu, en Europe : l’exode rural. Plein de problèmes liés à une croissance extrêmement rapide, dont le traitement ne se fait pas en un jour, avec une baguette magique.

 
Chez nous, non plus, cela ne s’est pas fait en un jour.

 

Qu’on se souvienne de la condition ouvrière depuis l’apparition de l’industrialisation de notre économie, jusqu’à nos jours. De la révolte des canuts, massacrés à Lyon, en passant par la Commune et le Front Populaire.

 

Qu’on relise les romans de Dos Passos sur la condition ouvrière aux USA, avant la dernière guerre. Ou, ceux de Dickens sur la condition ouvrière en Grande-Bretagne. En comparaison, les progrès réalisés, en Chine, en une cinquantaine d’années, sont exceptionnels dans le monde et dans l’Histoire.

 
Quant on voit nos politiciens, aux belles promesses et aux baratins inépuisables, qu’ils se disent de “gauche”, de “droite” ou du “centre”, incapables de gérer la France : emploi, logement, pouvoir d’achat, santé, éducation… Le quatrième pays le plus riche du monde. Même pas 65 millions d’habitants. L’équivalent d'une sous-préfecture d’une province chinoise, en superficie et en population…

 

Je vois mal cette bande de rigolos gérer un pays de 1,3 milliards d’habitants… A peine s’ils savent gérer leur “ego”… Quand ils ne bombent pas du torse, ils passent leur temps à se chamailler.

 
Mais, reconnaissons-leur ces qualités de courage et d’envergure intellectuelle : savoir baratiner leur propre peuple, et donner des “leçons” aux autres. On pourrait en dire autant de divers pays européens. Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, par exemple. “Gauche” ou “droite” au pouvoir, tous se révèlent nuls.  A tel point, que les citoyens de ces pays ne savent plus pour qui voter…

 
Malgré cela, les “leçons” pleuvent sur la Chine. Une qui m’amuse beaucoup, c’est le “bashing prolétarien”. Très en vogue chez les “bobos”.

 

Subitement, des “experts” et autres spécialistes sont pris d’une compassion pour la classe ouvrière chinoise. Affreusement maltraitée par les méchants capitalistes chinois, à les écouter. Déguisés en Mère Teresa, c’est avec exaltation qu’ils se penchent sur l’atroce condition de cette classe ouvrière.

 

A leurs yeux, dans le monde entier, il n’y aurait qu’une condition dramatique, dans l’exploitation humaine : celle du prolétariat chinois. Exploitant le filon, ils tartinent à longueur de pages et de documentaires…

 
Oubliant qu’il y a peu de décennies, la famine sévissait dans des provinces chinoises après la guerre. Oubliant le sort des paysans, des ouvriers, en Amérique latine ou en Afrique. Continents gérés par l’Occident depuis cinq siècles.

 

Oubliant le sort de populations entières écrasées sous les bombes occidentales, comme en Palestine, en Irak, où elles n’ont même pas le droit d’avoir une usine, même pas un atelier avec une machine outil. On leur dit : “Interdiction ! Cela pourrait servir à fabriquer des bombes pour alimenter le terrorisme…”

 
Vous verrez ces mêmes Mère Teresa endimanchées, totalement muettes sur la condition du paysan et de l’ouvrier en Inde, par exemple. Pays où le taux de suicides chez les pauvres, bien souvent obligés de vendre un de leurs organes pour se désendetter auprès des grands propriétaires terriens, est le plus élevé du monde. Pays, qui a la plus importante population au monde vivant sous le seuil de pauvreté absolu. Des centaines de millions. Pays où, d’après la Banque Mondiale, 45 % des enfants de moins de 5 ans, ce qui représente des dizaines de millions d’enfants, souffrent de malnutrition. (8)

 
Certes, des restructurations d’anciennes entreprises étatiques, en Chine, ont provoqué des reconversions sociales gérées de façon trop expéditive, que les autorités essaient de résoudre avec célérité. Elles n’ont aucun intérêt à laisser la situation se dégrader. Bien sûr, qu’il reste beaucoup à faire. Déjà, quand on visite des usines et des chantiers en Chine, on est frappé par l’hygiène, la propreté, les mesures de sécurité prises pour assurer de bonnes conditions de travail. Il est évident qu’il reste beaucoup à faire pour hisser l’ensemble du secteur industriel à ce niveau. Mais de là, à se défouler sur la Chine comme sur un bouc émissaire, il faut être d’une totale malhonnêteté intellectuelle.

 
En fait, le “bashing prolétarien” : c’est l’art de se donner une bonne conscience “sociale”, en s’essuyant les pieds sur la Chine.

 

 

Le “bashing”  militariste

 
Le budget militaire chinois explose ! ”  (9).

 
“Le Japon a appelé la Chine à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale à propos de la hausse vertigineuse de son budget militaire, en soulignant qu'aucun pays ne menaçait de l'envahir ” (10).

 
Qui n’a pas lu ou entendu sur une radio, ou une TV, de telles annonces cataclysmiques ?...

Et, de nous matraquer médiatiquement avec des taux d’augmentation exponentiels des dépenses d’armement de la Chine. Augmentation régulière de 14, 7 % par an. Augmentation de 17, 8 % en 2007. Le troisième du monde derrière la Russie !

 
Ciel !...  Les Chinois sont à nos portes, armés jusqu’aux oreilles !... De quoi faire trembler les chaumières et avoir un stock de cauchemars pour le restant de l’année.

 
Décortiquons l’arnaque :

 
i) Les “experts” se taisent sur les “montants”, ne parlant qu’en “pourcentages”. Vous ne trouvez, et ne trouverez jamais, dans nos médias ou dans les discours de nos politiciens, une comparaison en “budgets” par pays.

 
ii) Jamais, j’insiste, jamais, ces “experts” ne font ressortir le budget militaire cumulé des 25 pays de l’UE.

 
iii) Les taux d’augmentation dans la région, Asie, sont comparables. Ils ne sont, bien sûr, jamais évoqués ou mis en parallèle. Notamment ceux de l’Inde, identiques à ceux de la Chine.

 
iv) Le budget de la défense chinois est de 45 milliards de dollars pour l’année 2008. Identique à celui du Japon. Ou encore, à celui de la France (11). Ou encore, à celui de la Grande-Bretagne. Environ une quarantaine de milliards d’euros chacun. Si on applique le taux de conversion actuel du dollar/euro (1,60 US $ = 1 €), le budget chinois de la défense se révèle inférieur à celui de la France, ou de la Grande-Bretagne (12).

Autrement dit, un pays comme la France avec une population 20 fois inférieure à la Chine, finance un budget militaire qui lui est supérieur. Alors que ses “caisses” seraient “vides”…

 
v) Le budget de la défense des USA (non compris les dépenses militaires en Irak et en Afghanistan) est de 1.000 milliards de dollars, soit plus de 22 fois celui de la Chine. Pour une population qui représente le quart de celle de la Chine.

 
vi) Le budget cumulé de l’Europe (25 pays), exprimé en dollars, est de 600 milliards. Soit 13 fois supérieur à celui de la Chine, pour une population trois fois inférieure.

 
vii) Les budgets cumulés de la défense des pays occidentaux, USA, UE et satellites (Australie, Canada, Israël, Japon et Nouvelle-Zélande) est de 1.700 milliards de dollars. Soit, 37 fois celui de la Chine, pour une population qui représente globalement 70 % de la population chinoise.

 

 
Ces tours de passe-passe et autres jongleries des “experts”, entre budgets, présentation de statistiques, ont pour finalité de diaboliser la Chine, et entretenir la peur à son sujet. Tout en justifiant, auprès des parlementaires et des opinons publiques manipulés, des augmentations des budgets militaires au détriment de la santé, de l'éducation, et des retraites.

 

Mais, l’art de la désinformation, n’est-il pas de savoir jouer avec les statistiques et les budgets ?… Occultant les comparaisons… Déformant les perspectives…

 
Course aux armement ?... Menace pour la paix dans le monde ?... Budgets d’armements pharaoniques ?... Où, tout cela se trouve-t-il ?...

 
Corsetés dans leur cynisme et leur culot, nos traîneurs de sabre, en Occident, prennent soin de ne jamais balayer devant leur porte…

 

 

 

 

Vécus de français en Chine

 
Pour s’aérer un peu de ces relents de la désinformation, je vous livre les témoignages de deux français, parmi des centaines. Leurs vécus de la Chine :

 
Paul Andreu est l’architecte français qui a réalisé cette oeuvre d’art, magnifique prouesse technique, qu’est le nouvel Opéra de Pékin, ou encore appelé  le Grand Théâtre National de Chine. Neuf ans de travail. Trois salles consacrées à l’opéra, la musique, ainsi qu’au théâtre et à la danse. Il a édité un livre racontant l’édification de cette demi-sphère de forme ovoïde, en verre, se reflétant dans un bassin. Depuis les premières esquisses, jusqu'à la splendide vision finale.

 
Il a été frappé de l’acharnement des médias occidentaux contre la Chine, y compris contre cette oeuvre. Il y a consacré un chapitre : La Désinformation, évoquant « … la presse occidentale toujours friande de critiques sur la Chine… » (13).

 
C’est avec émotion et reconnaissance qu’il parle de tous les responsables chinois, du monde de l’administration ou des entreprises, cadres et ouvriers, qui ont su relever tous les défis techniques. Avec un niveau de conscience professionnelle rarissime. Car, il avait placé la barre très haut, en plein accord avec ses clients. Beaucoup sont devenus, au fil des ans, des amis.

 
Aux racistes anti-Chinois, rongés par la peur du “péril jaune”, je leur donne à méditer une citation d’un des meilleurs spécialistes français de la Chine, José Frèches. Il y séjourne régulièrement, dans plusieurs provinces, au contact des artistes chinois contemporains :

« Force est de constater que nous avons de la Chine une vision manichéenne, faite de poncifs plus ou moins éculés, de peurs inconsidérées… Une fois pour toutes, les Chinois sont bien plus proches de nous que ce que nous croyons.

Chaque fois que je me rends en Chine, je ne peux m’empêcher de constater à quel point les gens ont un côté “méridional”, au sens méditerranéen du terme. Expansifs et bruyants, ils sont finalement très sentimentaux… presque “fleur bleue”, fort éloignés en tous cas de l’image qu’on leur colle d’êtres dont l’impassibilité masquerait la fourberie et le calcul ! » (14).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Mattel : Les Excuses d’un Bluff…, article du 7 octobre 2007, http://stanechy.over-blog.com/article-12825479.html
(2)   Cette vidéo m’a été indiquée par Charlotte, à la suite d’une publication chez Eva. La vidéo est aussi sur le blog de Cécile. Je vous invite à visiter les blogs de ces dynamiques et talentueuses bloggeuses.
(3)   Lien de la vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x3zjk9_2008-lannee-du-krach-chinois_business%22%3E2008
(4)   Les pertes de Citigroup dans la spéculation des subprimes, au premier trimestre 2008, sont équivalentes aux pertes de la Société Générale pour l’exercice 2007 : plus de 5 milliards de dollars.
(5)   Pour toutes informations sur la Chine, en français : culturelles, historiques, géographiques, économiques ou autres, je vous recommande le site, remarquablement bien documenté et illustré (se balader au-dessus de la Grande Muraille par photo satellite sur 6.400 km : un vertigineux régal…) :
Chine – Informations http://www.chine-informations.com/
(6)   Voir aussi les rubriques “économie” du site d’informations, en anglais : Asia Times : http://www.atimes.com/
(7)   Cambreleng, Boris, Faut-il avoir peur de la Chine ?, Editions Milan, 2006, pp. 33-34.
(8)   International Herald Tribune, 28 février 2006
(9)   RTL-Info, Belgique, 4 mars 2008.
(10)   Budget militaire Chinois : le Japon demande des précisions - 5/3/208 – AFP – in Aujourd’hui le Japon
(11)  Bienvenue au Sénat - Travaux parlementaires - http://www.senat.fr/rap/r05-400/r05-40011.html
(12)  Cf.: Global Security org : http://www.globalsecurity.org/index.html
(13)  Andreu, Paul, L’Opéra de Pékin – Le Roman d’un Chantier, Editions du Chêne, 2007, p. 125.
(14)  Frèches, José, Quand les Chinois cesseront de rire le monde pleurera, XO, 2007, pp. 21-22.

 

 

Photos :
>   Yantai
>   Shanghai
>   Salle de contrôle du Barrage des Trois Gorges

 

 

 


 

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 15:38



 



 


Agression de l'athlète chinoise handicapée, Jin Jing, porteuse de la flamme Olympique dans les rues de Paris, le 7 avril 2008 *.

 

 

 

 


 


 

 

 

 

*  En écho à l'article de mon ami Chahid : La Chine, Jin Jing, Huntington et De Gaulle.

 

 

 

 

 

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