Liberté et Dignité !

    

Adieu Commandant-Latuff032013
Adiós Querido Compañero !

 

 




Le Québécois
chante la lutte des Peuples
contre l'Empire


Horizon...


Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:28

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« Rien ne caractérise mieux les mouvements totalitaires que la rapidité surprenante avec laquelle on les oublie et la facilité surprenante avec laquelle on les remplace. »

Hannah Arendt (1)

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Nouvelles flambées…

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Violences policières, sur fond de nuages de gaz lacrymogènes, incendies, canons à eau, sirènes, et hurlements...

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Manifestations à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, après celles de Stockholm et autres agglomérations suédoises. Similaires à celles de Lisbonne, d'Athènes, de Madrid, de Rome, de Milan, de Francfort ou de Watford (UK)... Sans oublier celles de France, passées, présentes et à venir. Rares sont les pays épargnés par ce phénomène. Ceux d’Occident étant les plus atteints.

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La voix des peuples obligée d’emprunter rues et boulevards pour se faire entendre de leurs oligarchies…

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Despotisme et servage

Signes, symptômes évidents que le despotisme est partout. Malgré ses déguisements en "démocraties" plus virtuelles que vertueuses, "républiques" vampirisées par leurs notables ou nomenklaturas, monarchies parlementaires "pipolisées". Constat : les ploutocraties se développent à la vitesse des mauvaises herbes… Ce que ne peuvent accepter des citoyens, lucides, solidaires et épris de justice.

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Le déclencheur de ces émeutes, partant de la capitale pour s’étendre au reste du pays, restant le même. Une révolte devant l’excès d’avidité, de rapacité, des castes au pouvoir. Devant le mépris ressenti, vécu, aussi, à l’égard de leurs concitoyens ; ne serait-ce que par l’indifférence témoignée quant à leur avis, l’avis de la majorité, leur sort et ceux de leurs proches. Au point de massacrer l’environnement, la nature, le cadre de vie de la collectivité. Par définition ou essence : un « bien collectif ». Pour le bénéfice d’une poignée. Dans l’injustice sociale, économique, environnementale,

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Le cas d’Istanbul en est caricatural… Vouloir raser des dizaines d’arbres d’un parc en plein cœur de la capitale, dernier poumon de la ville, haut lieu historique et mémoire des grands évènements de cette nation, pour édifier galeries marchandes et centres commerciaux. Sur un terrain municipal, évidemment bradé à prix ridicule. Au bénéfice des promoteurs et organisateurs de l’arnaque…

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Astuces, pratiques mafieuses, maintes fois décrites, notamment par les auteurs américains sur ce qui s’est passé dans les viles de leurs Etats fédérés. De Tom Wolfe à James Ellroy, et tant d’autres. Les romanciers européens moins courageux (quant aux journalistes...), ne l’écrivent pas : c’est encore pire. Une encyclopédie est à rédiger sur toutes les manipulations utilisées dans la création des centres commerciaux à la périphérie des villes. Sur des terrains agricoles achetés deux sous et reconverties en zones marchandes, sources de rapides et mirobolants enrichissements pour les organisateurs de l’embrouille…

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Des mafias BCBG, certes. On ne tue pas avec des mitraillettes ou en attaquant des convoyeurs de fonds. Quoique… Certains ministres, empêcheurs de tourner en rond, se retrouvent parfois "noyés" dans une flaque d’eau, ou "suicidés" de deux balles dans la tête. Mais les armes sont, avant tout, "administratives", forgées dans "La Loi". Affutées dans le secret des décisions de corps "constitués" ou "élus" : arrêtés municipaux, expropriations sans concertation avec les “victimes”, etc.

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Istanbul ?... Le maire était un infatigable partisan de l’éradication du parc de la ville. Normal, il est milliardaire et possède des chaînes de magasins. Alors, des galeries marchandes à gogo, de quoi rêver… Le constructeur de ce pharaonique projet ?... Le gendre d’Erdogan lui-même. Comme chacun sait, on ne peut rien refuser au gendre d’un premier ministre. Alors, des arbres… (2)

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Encore et toujours, l’éternelle lutte entre les prédateurs et leurs proies, les parasites et ceux qu’ils rongent jusqu’à l’épuisement. Entre les ploutocrates et leurs serfs, astreints à subir leurs désirs comme étant la réalité…

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Le racket biotechnologique

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Nombreuses actuellement : prises de conscience, revendications, protestations, mobilisations se développent à grande échelle. Notamment dans les pays dits “riches”. Dans la censure médiatique, inévitablement. Dès lors qu’il ne s’agit plus de diaboliser un Etat, avec son “régime” et sa religion, qui afficherait des velléités d’indépendance économique et politique par rapport aux diktats de l’Occident.

Occultant, par exemple, les colossales, permanentes manifestations aux USA dites du "contre le 1%". Le peuple américain dénonçant depuis des mois les politiques antisociales de leur gouvernement au service du 1% des super-riches spoliant 99 % du reste du la population. Ou encore celles continuelles, depuis d’interminables semaines, des amérindiens des réserves au Canada, accablés de mesures racistes, discriminatoires, volés de leurs terres ancestrales au riche sous-sol, acculées à la pauvreté permanente. Quel est le JT qui, en Europe, les a évoquées, ne serait-ce que 10 secondes ?...

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Ou encore celles immenses qui se sont déroulées, en cette fin de mois de mai, dans le monde : 436 villes, 52 Etats. (3)

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Rien qu’aux Etats-Unis de l’Alaska à la Floride ! Des milliers, des centaines de milliers de personnes. Calmement, en famille… Connaissez-vous un média, autre qu'alternatif, nord-américain ou européen les ayant mentionnées ?... (4)

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Impressionnantes, ces manifestations avaient pour cible la sinistrement célèbre firme de produits chimiques, internationalement connue : Monsanto. Sujet tabou pour nos médias de la presse et de l’audiovisuel rongés de corruption. On ne bouscule pas une des “vaches sacrées” de nos ploutocraties !...

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Mais, pour des citoyens vigilants quant à la santé de l’Humanité, à la protection de l’environnement de notre planète et à la garantie de sa survie, Monsanto représente un des plus graves dangers d’empoisonnement et destruction de la vie sur notre Terre. Entretenus, par tous les moyens, dans l’implacable rapacité de richissimes et irresponsables "affairistes-spéculateurs", inconscients ou indifférents quant à l’enjeu sanitaire et alimentaire. Pour les générations actuelles et futures.

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Monsanto : au cœur d’un combat planétaire. Quels que soient continents et pays… (5)

Y'a Bon Pesticide !...

Doublé d’une lutte acharnée contre la collusion entre l’agrochimie et les politiciens professionnels, assistés des médias transformés en vecteurs de propagande. Imposant au reste des populations lois et textes au seul profit des actionnaires de ces groupes industriels. Spécialisés dans la fabrication, la vente de produits toxiques ou issus de la manipulation génétique. Dont la dangerosité, ou dans le meilleur des cas "l’incertitude de leur dangerosité", sont prouvées. Tant les pesticides et herbicides que les semences génétiquement modifiées.

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Le nom de Monsanto étant mêlé de longue date aux catastrophes ou ravages contre la santé humaine et animale engendrées par les produits chimiques ou les manipulations génétiques, aux conséquences à terme mal maîtrisées : PCB, dioxine, agent orange, hormone de croissance bovine. Sans oublier son best seller, l’herbicide le plus vendu dans le monde, à l’extrême toxicité dénoncée sous toutes les latitudes : le Roundup. (6) A présent, OGM et PGM…

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L’instrumentalisation des institutions et législations "démocratiques" décuplée par une incessante désinformation, détermine une authentique confiscation du "pouvoir citoyen". Cette anesthésie de l’expression, du respect des intérêts et de la volonté de la majorité d’une collectivité aboutit à l’instauration d’une autocratie, d’un nouveau totalitarisme.

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Les imposantes manifestations à l’encontre de Monsanto en sont l’éclatant refus. Se voulant aussi une dénonciation de la corruption, morale ou financière, ou les deux à la fois, des représentants "élus" d’un peuple qui ne retrouve pas la défense de ses intérêts dans leurs décisions. Et, en est même choqué.

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Dont le vote récent, par le Congrès des Etats-Unis, d’une loi sur la généralisation de l’utilisation des OGM au profit du chimiste : le « Monsanto Protection Act ». Accordant à ce géant une protection législative hors du commun, notamment lors d’éventuels contentieux. La vente ou la distribution de ses produits ne pourront être suspendues, en effet, par des actions devant des tribunaux, quelles que soient les expertises contradictoires, demandées ou ordonnées.

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Ce type de législation complaisante rend l’exposition au danger chimique des populations encore plus préoccupant. De plus, il illustre tragiquement la faiblesse du pouvoir politique, pour ne pas dire la “complicité”, face à ces géants aux poches bourrées de milliards. Préférant mettre en danger leurs citoyens et les générations futures. Le niveau de corruption atteint traduit une faillite des " valeurs et mécanismes démocratiques" actuels.

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Certaines de ces dérives sont publiques, parmi toute une série : un des sénateurs corédacteur de la loi a reçu des milliers de dollars de Monsanto pour financer ses campagnes électorales ; ou encore, un membre de la Cour Suprême statuant sur la constitutionnalité de la loi, Clarence Thomas, a été un des avocats du groupe… (7)

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Abus et cynismes, justifiant la mobilisation des associations et de tous les citoyens engagés dans la protection de la nature, de la santé et de l’alimentation. Et, dans le même élan, pour la “réforme” des institutions démocratiques…

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En Europe, en France, nos propres parlements, et autres organisations représentatives chargées d’assurer la protection des populations, ne résistent pas davantage à ces "pressions" que leurs équivalents nord-américains. Comme le rappelle le chercheur Jacques Testart :

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA ou EFSA en anglais) qui règne sur la culture ou l’importation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) dans l’Union Européenne en délivrant des avis à la Commission. […] En une quinzaine d’années l’EFSA a donné son feu vert à plusieurs dizaines de PGM, sans en refuser aucune ». (8)

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S’ajoute une dimension excessivement nocive de l’action de ces chimistes à l’encontre de nos collectivités et de l’économie planétaire : celle de planifier, organiser, le contrôle absolu et irrévocable de l’alimentation mondiale par le biais des semences. Ce qu’occultent, une fois de plus, nos politiciens et médias soudés dans la même omerta :

« … les multinationales ne souhaitent que maximiser leurs profits en s’appropriant les semences, en couplant leurs plantes brevetées avec des intrants chimiques obligatoires, en réduisant le travail intelligent du paysan à des pratiques stéréotypées, et finalement en visant le contrôle de l’alimentation mondiale. » (9)

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Mainmise sur le patrimoine génétique alimentaire mondial dans un racket à la Al Capone par une poignée de multinationales :

« … les grandes firmes (Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, DuPont) déposent des containers de brevets sur les gènes dépistés dans les plantes naturelles, celles sélectionnées depuis 10 000 ans par les paysans, dans le but de les inclure dans les plantes transgéniques, lesquelles seront payantes. » (10)

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Poussant leurs prétentions tous azimuts, une des grandes spécialités de Monsanto, jusqu’à essayer d'imposer le droit des brevets sur des jambons de porcs nourris avec des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) !… No Limit… (11)

Du pareil au même...

Complicité des Autorités Sanitaires et du Charity Business

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Ces groupes chimistes, devenus des apprentis sorciers de la manipulation génétique, en interaction avec l’agro-industrie, imposent effectivement une expansion quasiment incessante de leurs intérêts exclusifs. Au détriment de la santé de l’Humanité et de l’équilibre de l’écosystème de notre Planète.

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Bénéficiant, comme nous le savons tous, de la complicité traditionnelle, grassement et discrètement rémunérée, des politiciens et médias. Mais encore plus grave, du fait de son effet accélérateur, du soutien aveugle du "monde scientifique", de plus en plus gangréné au niveau de son expression qui devrait être irréprochable : les "autorités sanitaires", sous toutes leurs formes.

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Pire ! Ces métastases du cynisme irresponsable s’étendent, à présent, aux associations caritatives. Que les anglophones ont la lucidité de qualifier pour ce qu’elles sont devenues dans leur réalité quotidienne : le "Charity Business".

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i) "Mandarins - - Inquisiteurs"

Malgré les perpétuels obstacles qu’on leur oppose, des chercheurs déterminés à exercer loyalement leurs disciplines, soucieux de préserver la sécurité sanitaire de nos collectivités, essayent d’alerter opinions et responsables politiques. Dénonçant les inadmissibles manquements à l’éthique et au respect élémentaire de toute recherche, expertise et contrôle, scientifiques portant sur les pratiques et produits potentiellement dangereux.

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Jacques Testart, dans un témoignage accablant, rappelle que L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA) a ainsi autorisé le maïs transgénique élaboré par Monsanto - le MON 810 - dans des conditions scientifiques dénuées de tout fondement sérieux, fiable et honnête. Ou encore, fondé ses décisions sur un maïs génétiquement modifié le "Smart Stax", particulièrement redoutable par ses implications à terme (fabriquant 6 insecticides et tolérant 2 herbicides !), d’après une simple étude de 42 jours sur le poulet… (12)

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Cette "agence européenne" multipliant les réticences pour améliorer les tests d’évaluation, rendre publiques les études et leurs méthodologies, ignorant les impacts socio-économiques sur les milieux agricoles. S'efforçant, au contraire, d'alléger ces contraintes de "sérieux scientifique" aux conséquences pourtant incalculables pour la protection de la santé et de la sécurité des populations, du monde animal et de l'environnement. (13)

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La France, évidemment, n’échappe pas à cette spirale. Loin de là ! Donnant l’exemple des pratiques inquisitoriales d’un autre siècle. Pourchassant, dans l’étalage d’un obscurantisme moyenâgeux, le blasphème et l'hérésie. S’acharnant sur ceux qui contestent les "dogmes" par leur esprit critique, leur conscience professionnelle.

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Terrible témoignage : une publication scientifique par un groupe de chercheurs de Caen éditée en septembre 2012 dans une revue spécialisée internationale "Food and Chemical Toxicology", qui aurait dû être considérée avec fierté par la communauté scientifique française, a été l’objet d’une véritable "chasse à l’homme". (14)

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Cette étude d'une qualité exceptionnelle avait le tort, il est vrai, d’exposer les résultats de travaux de recherches de 2 ans sur des rats consommant du maïs transgénique (NK 603 de Monsanto) ou du Roundup (l’herbicide que ce maïs tolère grâce à sa modification génétique). Malgré la farouche opposition du fabricant de coopérer à l’étude : refus de procurer des semences transgéniques, de communiquer ses propres études, etc. Prouvant, dans une impeccable rigueur méthodologique, les ravages de ces produits pour les organismes vivants.

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Ce qu’on a appelé « l’Affaire Séranili », provoquant un déchaînement des lobbies des groupes chimiques et des mandarins du monde scientifique à leur solde : campagnes de "décrédibilisation" dans tous les médias contre ces chercheurs, diffamations, menaces personnelles en tous genres, jusqu’à vouloir intimider l’éditeur…

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Beaucoup de chercheurs scrupuleux et courageux sont ainsi à intervalles réguliers, médiatiquement et académiquement, "assassinés". Citons quelques uns d’entre eux, tombés au champ d’honneur en Europe et ailleurs (15) :

=> Arpad Puztai, exclu de l’Institut Roswell (Aberdeen – Ecosse) : Toxicité d’une pomme de terre GM sur la structure intestinale des rats (1998).

=> Ignacio Chappela, suspendu de l’université de Berkeley (Californie) : Contamination des maïs rustiques mexicains par du maïs GM (2001).

=> Manuela Malatesta, exclue de l’université d’Urbino (Italie), à la suite d’une étude de 2 ans démontrant l’altération des foies de rats nourris de soja OGM (2002).

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Qu’en est-il de la défense de nos pays et populations, aux budgets militaires et sécuritaires colossaux (plus d’une cinquantaine de milliards d’euros annuels, rien qu’en France…) en augmentation constante et sans contrepartie en recettes ?... Gouvernements, quels que soient les partis au pouvoir, incapables d’imposer un minimum de contrôles, d’exercer la moindre vigilance, dès lors qu’il s’agit de protéger la santé humaine, animale et environnementale.

ii) “Philanthropes - Spéculateurs”

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Le financement partiel de la recherche publique par des groupes privés, de fait un “noyautage”, renforce cette mainmise non seulement sur les orientations de la recherche fondamentale mais, encore plus désastreux, anesthésie complètement l’indépendance des autorités de contrôle sanitaire. Dont les membres, issus du monde académique, se retrouvent en catimini : juges et parties…

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Cette double éradication, de l’indépendance de la recherche publique et du pouvoir de décision des autorités sanitaires, représente un des plus pressants et graves dangers posés à nos collectivités.

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Apparaissent ainsi, dans le silence de la désinformation : tomates au goût infect, tiges de maïs cassant sous le vent, fibres de coton se délitant dès leur récolte, prunes aux pulpes indécollables de leurs noyaux, melons explosant à l’approche de leur maturité, vaches sans queues, saumons aux têtes monstrueuses, proliférations des cas de diabète chez les bovins ou les porcs. Stérilités et mortalités précoces en augmentation exponentielle…

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Malgré tous ces signaux d’alerte, avertissements et témoignages, inconscients du danger d’autres acteurs se ruent dans cette nouvelle chasse au trésor que représentent les fabuleuses marges et marchés “captifs” des pesticides et manipulations génétiques : les associations caritatives ou philanthropiques. Emblématique du niveau d’irresponsabilité atteint par nos nomenklaturas déboussolées de voracité…

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Et non des moindres, car on y trouve les plus grands noms du “Charity Business”. Le plus renommé et le plus richement doté, même : La Fondation Bill et Melinda Gates. Adossée à la fortune du principal actionnaire-fondateur de Microsoft…

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Pensez-vous que cette fondation au statut fiscal privilégié applique le code de cette nouvelle éthique du monde des affaires qu’on nomme “Investissement Socialement Responsable” (SRI en anglais) ?... Pas du tout. Aux antipodes de ce nouvel apostolat !

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En août 2010, la Fondation Bill et Melinda Gates a acquis 500 000 actions de la société Monsanto. Nom associé pourtant aux pires crimes de guerre commis dans l’histoire de l’Humanité, à l’encontre des populations civiles du Vietnam par l’épandage massif de son produit phare : “l’agent orange”… (16)

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Pour rire de cette farce, associations et militants de la défense des libertés brocardaient ce mariage caricatural, sous la bénédiction de la “Libre Concurrence” et du “Dieu Marché”, entre 90 % du marché des logiciels informatiques et 90 % du marché mondial des semences transgéniques et des semences commerciales du monde…

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Trajectoire logique pour cette fondation qui s’est manifestée, avec ténacité, par ses innombrables financements à destination des recherches transgéniques en faveur d’universités et centres d'études. Du plus modeste : 1,6 million de dollars aux chercheurs de l’Etat de Washington pour développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. Au plus plantureux : 26,8 millions de dollars à l’université Cornell (Etat de New York) pour des recherches sur le blé transgénique.

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En passant par le plus sophistiqué, genre usine à gaz propice aux "fuites organisées" : création d’un fonds de 880 millions de dollars pour créer un programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, “Global Agriculture and Food Security Program”. Géré par la Banque Mondiale pour prendre en compte le “problème de la faim et de la pauvreté dans le monde”.

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Ou s’associant à d’autres associations "philanthropiques". Mentionnons celle, en 2006, avec la Fondation Rockefeller « fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres ». Créant l’Alliance for a Green Revolution in Africa (Agra), “Alliance pour la révolution verte en Afrique”, finançant la distribution des semences OGM et produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Syngenta, aux “populations pauvres”… (17)

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Certaines de ces "populations pauvres" regroupées dans des associations de lutte contre ces manœuvres d’empoisonnement collectif protestent énergiquement, malgré le silence complice de leurs politiciens. Notamment au Kenya :

Agra est un poison pour nos systèmes de production et moyens de subsistance. Sous la bannière philanthropique du développement agricole, l’Agra finira par ronger le peu qui reste de l’agriculture durable en Afrique.” (18)

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Face à ces rouleaux compresseurs, comment lutter ?...

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Où se trouvent « Démocratie » et « Droits de l’Homme », valeurs fondamentales de nos contrées nous dit-on, dans ces comportements, pratiques, mentalités et combines ?... Excluant tout débat public et recherche publique, en mesure de garantir l’indépendance des décisions politiques impliquant le droit à la santé de la Personne et le respect de son Environnement naturel ?...

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En France, comme ailleurs, qu’en est-il de notre libre arbitre, de notre “souveraineté”, ce droit imprescriptible d’autodétermination ?...

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En fait, après l’abandon de notre souveraineté diplomatique, militaire, économique, financière, sociale, constatons lucidement la fin de notre : “souveraineté alimentaire et sanitaire”.

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Le système mafieux instauré par les actionnaires de l’agrochimie, dissimulant leur rapacité prédatrice sous les vocables sanctificateurs “mondialisation” et "lutte contre la faim dans le Monde", régentant nos institutions politiques par la corruption, ne cesse d’élargir l’emprise du totalitarisme dont nous sommes devenus les adeptes serviles et analphabètes.

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Totalitarisme jusque dans nos assiettes, notre métabolisme. Bientôt, dans notre ADN…

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« Laissez faire ! – Pas d’entraves à la liberté d’entreprendre ! – Gloire à l’Autorégulation ! », scande dans nos médias le chœur des dévots illuminés du « Dieu Marché » !

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Si, nous, citoyens de cette Planète, ne prenons pas à la gorge ce servage oligarchique, ne maîtrisons pas dans une poigne d’acier ce despotisme affairiste,

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Si nous n’imposons pas, dans une authentique “laïcité”, la séparation de l’Etat et de cette nouvelle religion, ou fanatisme radical, à prétention scientifique,

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Si nous n’agissons pas, prostrés dans la béatitude consommatrice, tête méticuleusement vidée pour la pub, nous finirons, dans une “nouvelle civilisation”, certes.

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Mais…

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En vaches folles.


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1. Hannah Arendt, Le Système Totalitaire, Le Seuil, 1972.

2. Pepe Escobar, Erdogan risks the « must go » path, Asia Times, 3 juin 2013, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-030613.html

3. Challenging Monsanto : Over two million march the streets of 436 cities, 52 countries, [Manifestations contre Monsanto : Plus de 2 millions de marcheurs dans les rues de 436 villes, de 52 pays], RT, 24 mai 2013, http://rt.com/news/monsanto-gmo-protests-world-721/ & http://on.rt.com/7def4c

4. From Alaska to Florida: Americans take to streets against Monsanto and GMOs, [De l'Alaska à la Floride : Les Américains manifestent dans les rues contre Monsanto et les OGM], RT, 25 mai 2013, http://on.rt.com/hbbzf7

5. Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto – De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Editions La Découverte/ARTE Editions, 2008. Ouvrage dont je recommande vivement la lecture !

6. Marie-Monique Robin, Op. Cit., pp. 80 – 100.

7. Challenging Monsanto, Op. Cit.

8. Jacques Testart, A qui profitent les OGM ?, CNRS Editions, 2013, p. 19 & 20.

9. Jacques Testart, Op. Cit., p. 71.

10. Jacques Testart, Op. Cit., p. 25.

11. Jacques Testart, Op. Cit. p. 17.

12. Jacques Testart, Op. Cit.

13. Cf. l’analyse critique de Frédéric Jacquemart, Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, inf’OGM/GIET, 2012, cité par Jacques Testart, Op. Cit., p. 20.

14. Séralini, ouvrage collectif, « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Food and Chemical Toxicology, septembre 2012, p.39.

15. Marie-Monique Robin et Jacques Testart, Op. Cit.

16. Eva Lacoste, Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour le planète, “Golias Hebdo”, n° 160, semaine du 25 novembre au 1er décembre 2010, http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1291049997

17. Eva Lacoste, Op. Cit.

18. Eva Lacoste, Op. Cit.

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Photos : manifestations contre Monsanto aux USA - mai 2013.

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Caricatures :

=> Carlos Latuff sur les révoltes en Turquie. Voir l’excellente série qu’il vient d’éditer sur les manifestations en Turquie : http://latuffcartoons.wordpress.com/2013/06/

=> Blog d’Azim : http://www.azim-bd.blogspot.fr/
=> Page Facebook de Jakob : https://www.facebook.com/pages/Jakob-Dessinateur/453730571370617?fref=ts

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N.B. La "nouvelle plateforme" de l’hébergeur de ce blog étant actuellement bourrée de "bugs", je me suis trouvé contraint d’utiliser des points afin de pouvoir formater les paragraphes dans la rédaction. Sinon : une vraie bouillie...
Ce qui explique ce chapelet de points incongrus dans le texte, et la disparition d'éléments d'information ou d'accès aux articles et commentaires préalablement publiés qui figuraient dans la colonne de gauche…
Je remercie les Amis-lecteurs de leur compréhension.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 21:06

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"A la manière d'un réacteur qui n'assure plus sa production d'énergie nucléaire et se prépare à exploser, le couple moteur de l'histoire entre en divergence et s'apprête à se désintégrer, au point que la répulsion réciproque l'emporte déjà sur l'attirance, la séduction sexuelle..."

Paul Virilio (*)

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Nous vivons un "Changement de Civilisation", par la grâce du gouvernement en place...
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Ce n'est pas moi qui l'affirme.

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C'est la Ministre de la Justice, Madame Taubira. Elle détient, en conséquence, toutes les qualifications et hauteurs de vue, pour la croire...

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Et, tous les médias nous l'ont tambouriné à éclater nos tympans.

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Alors, c'est que ça doit être vrai.

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Je n'en crois pas ma chance !...

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Etre présent, témoin, d'un saut, d'un bouleversement dans l'histoire de l'évolution de l'Humanité...

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Assister à l'émergence rayonnante d'une "Humanité Nouvelle" !

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Ah !... Quel bonheur ! Quel privilège !

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(*) Paul Virilio, De la perversion à la diversion sexuelle, dans "La Vitesse de Libération", Editions galilée, 1995, p. 133.

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Illustration : Caricature glanée sur le réseau social "Fessebouc", et humoristiquement communiquée par ma fille ainée. On en excusera la qualité technique (les inévitables carrés noirs), mais elle illustre parfaitement la solennité de ce jour fondateur.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:50

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« Aujourd’hui, au sommet de leur achèvement, le capitalisme et le libéralisme engendrent les inégalités, la violence, la pauvreté, l’aliénation des travailleurs et la destruction d’un monde viable pour les générations futures ; bref, l’exact opposé du progrès humain. »

Jacques Généreux (1)

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Contes, légendes, et croyances…

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Quoi de plus rafraîchissant, apaisant, en ces temps de crises aux multiples facettes ! Face à l’inéluctable, croire au merveilleux. Se nichant souvent dans des endroits inattendus.

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Un des plus distrayants, actuellement, pétille à grosses bulles dans l’élection du président du MEDEF. L’effervescent syndicat des “grands patrons”.

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En fait, dans la désignation du porte-parole officiel du grand patronat.

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Car, détenant tous les médias de l’audiovisuel et de la presse, la bonne parole de cette caste de grands prêtres est entretenue en permanence. Au point d’être devenue la Bible, le Coran, ou les Mantras, de nos politiciens de tous bords.

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Oui, nous sommes bien face à la nouvelle religion formatant nos sociétés, en France et ailleurs.

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Partout où s’impose la croyance au “Dieu Marché”…

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Qui, de sa main invisible, magnanime, agit en “Grand Régulateur” de nos collectivités. Répartissant, dans la neutralité de sa justice, ses récompenses pour les bons, les méritants, les ineffables entreprenants ou entrepreneurs, ce qui revient au même.

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Et, inévitablement, ses sanctions pour les moins méritants, inaptes à comprendre l’impérieuse nécessité pour tous de se plier à la loi des plus forts et des plus intelligents. De se comporter en dignes serviteurs zélés à l’égard des détenteurs du “génie d’entreprendre”.

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En commençant par se serrer la ceinture sur commande, et vider quotidiennement ses poches (le denier du nouveau culte se dénommant TVA) au seul profit de ce vorace clergé escorté de ses bedeaux. Sans oublier, autres bénéficiaires obligés, leurs ascendants, collatéraux et descendants.

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Ma fibre républicaine et laïque s’étonne toutefois du profond silence, intergalactique par sa subite dimension en expansion permanente, des énergiques défenseurs de la “laïcité républicaine”…

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La République, m’a-t-on ânonné depuis le biberon, accueille avec bienveillance toutes les croyances et légendes, mais s’insurge implacablement, rigoureusement, dès lors qu’une tentative d’imposer un credo, quel qu’il soit, à l’ensemble des citoyens pointe le nez. Pire, prétendant l’imposer par des lois.

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Mais, où sont-ils ces chevaliers courageux défenseurs de "la laïcité", inquisiteurs implacables de la pureté républicaine ?... Si agités et vibrionnant d’habitude, bondissants d’un média à l’autre, dès qu’il y a un voile ou un foulard en vue.

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Soudainement, muets comme des fers à repasser.

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Certains assurent qu’ils seraient “vendus”. Ce sont des médisants. Moi, je ne le crois pas. Je les imagine, au contraire, plongés en méditation transcendantale pour préparer une riposte à cette mainmise sur nos institutions, à ce pillage de notre collectivité. A ce despotisme spoliateur.

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C’est vrai, à entendre les prêches de cette caste d’êtres exceptionnels, la planète, depuis des millénaires, leur doit ses progrès. Exigeant des privilèges leur revenant, en conséquence, de droit.

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Ces grands patrons, en fait “grands actionnaires”, devrait-on dire, qu’imposent-ils à la collectivité qu’ils régentent ?...

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Des dogmes.

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L’avantage, le confort, de cette religion, je le reconnais, c’est le simplisme de sa métaphysique :

« Tout pour Moi - Rien pour les Autres ».

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Pas d’impôt, évidemment, comme toutes les castes d’élus de droit divin l’ont exigé dans l’Histoire de l’Humanité. Ou si peu, qu’il en devient symbolique.

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Productivité” oblige, affirment-ils !... Pas d’impôts ! Pas de "charges" !

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Oui !... “Améliorer la Compétitivité” passe par le licenciement et la fermeture d’usines dans nos pays, pour employer de la main-d’œuvre de contrées lointaines dans des conditions d’exploitation et d’esclavage innommables. Le Bengladesh, en ce mois de mai, vient de nous le rappeler : une "usine" de confection de 9 étages, sous-traitante des grandes marques internationales s’est écroulée, tuant plus de 1.155 personnes

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Par de multiples privilèges fiscaux, sur leurs revenus, sur la transmission de leurs patrimoines, sur leurs châteaux (souvent entretenus aux frais de l’Etat en tant que “patrimoine historique”), tableaux ou œuvres d’art, et autre "signes extérieurs", discrets ou pas, de richesse. Surtout, ne jamais toucher aux revenus de la spéculation.

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Encore moins, aux paradis fiscaux (Ciel ! Mon Yacht et ma Caisse Noire “logés” aux Bahamas !...)! Comment ne pas les comprendre ?... Eux, envoyés directement du Paradis sur Terre, pour apprendre le bonheur à leurs ouailles, trop stupides pour ne pas bêler de reconnaissance du matin au soir.

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Ah !... L’ingratitude…

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Ne jamais remettre en cause les oligopoles qu’ils ont édifiés, en complicité avec les politiciens dont ils assurent la carrière : une poignée de clans se répartissant un marché national (grande distribution, marchands de canons, télécoms, audiovisuels, banques, assurances, distributeurs d’électricité, d’eau, et autres services publics…).

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La "libre concurrence" ne s’appliquant qu’aux artisans, commerçants, ou petites entreprises. Jamais à Eux, “Les Elus” !

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Maintenir la vieille et inusable recette du “génie d’entreprendre” : « Privatiser les profits - Etatiser les pertes ».

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Récemment la France, suivant en cela les autres oligarchies adoratrices du “Dieu Marché”, aux caisses prétendues vides, s’est illustrée dans une magnifique démonstration de son obéissance à la théologie imposée. Déversant 500 milliards d’euros pour renflouer des banques en faillite après avoir joué à l’économie-casino.

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Refuser “l’intervention de l’Etat”, mais l’obliger à lui accorder aides et subventions permanentes. Comme financer la recherche et le développement, par des fonds gratuits, déguisés en « crédits d’impôts », ou l’apport scientifique non rémunéré, mais fondamental, des universités…

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Nous sommes nombreux, néanmoins, à nous demander depuis longtemps ce que ce "génie d’entreprendre" serait en mesure d’accomplir s’il vivait seul, sur la banquise… (2)

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Il réclamerait, immanquablement, à la collectivité des ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers qualifiés, pour mettre en œuvre son "idée géniale", son "dynamisme entrepreneurial", de la conception au processus d'élaboration, sinon…

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Il réclamerait, fatalement, le support de l’épargne de la collectivité, publique et privé pour financer la réalisation de sa "géniale idée "…

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Il réclamerait, assurément, à la collectivité des locaux, des infrastructures, pour acheminer son matériel, de production, de fabrication, de stockage, d’expédition et de transport. Jusqu’à des terrains viabilisés, tels ces terres agricoles transformées en zones industrielles et commerciales, sur les fonds publics, et cédées à deux sous pour arrondir les patrimoines immobiliers.

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Il réclamerait, certainement, à la collectivité, un "bassin de consommateurs" sur son territoire ou ailleurs, pour acheter, vendre, louer, etc. Sans clients, surtout captifs sous forme de services publics privatisés, le génie s’essoufflerait vite …

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Finalement sur la banquise… Sans la collectivité, sans un Etat, que vaut le "génie d’entreprendre" ?...

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Et, si ce n’était que de l’esbroufe imposée par une secte spécialisée dans l’arnaque à la crédulité ?...

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Crédulité dans des dogmes, maintenue par lavage, ou lavement forcé, de cerveau.

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(1) Jacques Généreux, L’Autre Société – A la recherche du progrès humain, tome 2, Seuil, collection Essais, 2009, p. 390.

(2) Cf. Jacques Généreux, Op. Cit., P. 342.

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Illustration du caricaturiste Chinois Liu Rui, Global Times, 16 Mai 2013, Global Profits Built on Bangladesh Deathtraps [Les Profits de la Mondialisation Edifiés sur les Pièges Mortels du Bengladesh]...

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N.B. La "nouvelle plateforme" de l’hébergeur de ce blog étant actuellement bourrée de "bugs" [suppression de : sauts de paragraphe - couleurs de titres ou caractères - modifications de police - choix de format et positionnement des illustrations - archives - etc.], je me suis trouvé contraint d’utiliser des points afin de pouvoir formater les paragraphes dans la rédaction. Sinon : une vraie bouillie...
Ce qui explique ce chapelet de points incongrus dans le texte, et la disparition d'éléments d'information ou d'accès aux articles et commentaires préalablement publiés qui figuraient dans la colonne de gauche…
Je remercie les Amis-lecteurs de leur compréhension.

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 18:19

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« J’atteste que le système qui tend à porter la liberté à force ouverte chez les nations voisines est le plus propre à la faire haïr et à empêcher son triomphe. »

Talleyrand (1)

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Soo Ae

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Pause dans une carrière trépidante, elle est venue passer une quinzaine de jours en France. Arrivée le 5 avril dernier, certains ont eu la chance de l’apercevoir, à Paris, quartier de l’Opéra.

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Ah !... Soo Ae...

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Mon actrice Coréenne préférée. Chatoiement de féminité et de grâce. Braises sous la neige, qui abonde en hiver dans son pays…

Dans son impressionnante filmographie, le rôle que je préfère est celui de l’impératrice coréenne Myeongseong, qu’elle incarne dans le film, sorti en 2009, sous-titré en anglais : The Sword with No Name. (2)

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A ma connaissance, mais je souhaite me tromper, ce film n’est pas distribué en France. Tout comme l’essentiel des productions asiatiques, non seulement coréennes, mais aussi, chinoises et japonaises. (3) Malgré l’étourdissante diversité et qualité de leurs chefs-d’œuvre, du policier au film historique en passant par la comédie. (4) Le « Festival du Film Asiatique de Deauville », créé il y a une quinzaine d’années par des cinéphiles entreprenants, ne bénéficie pas encore de la visibilité qu’il mérite. Car, à en croire l’analphabétisme médiatique, n’existerait que le cinéma Indien, avec le caricatural Bollywood. Ou encore, le Kung Fu de Hong Kong…

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Pour en saisir le contexte, une brève digression sur cet analphabétisme soigneusement entretenu, au double engrenage :

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=> Un circuit de distribution “francophone”, dit “grand public” par opposition aux rares “salles d’art et d’essais”, inféodé aux monopoles américains privilégiant leurs films doublés ou sous-titrés, occultant ainsi les autres productions nationales et internationales.
Le summum, révélateur de cette pathologie, étant la cérémonie des Oscars d’Hollywood. Dont on nous gave jusqu’à la nausée, alors que d’autres vitrines cinématographiques, aussi importantes, en qualité et en notoriété dans le monde, notamment en Asie ou en Amérique latine, ne sont jamais évoquées ou montrées. (5)

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=> Un filtrage des thèmes qui entreraient en conflit avec l’axe de la propagande occidentale, provoquant l’exclusion systématique de productions de qualité, sur le plan du savoir et de la culture.

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Ainsi la propagande antichinoise élimine d’excellents films, qui contribueraient à une meilleure connaissance de l'Histoire de ce grand pays et à une compréhension de ses préoccupations actuelles. En cause, les thèmes tabous :

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Occupation et pillage de la Chine par les occidentaux, terrible invasion par le Japon avec son sillage de massacres, extraordinaire résistance incarnée par Mao dans l’exploit de La Longue Marche, interminables conflits civils et chaos imposés par les anciennes puissances coloniales dans le soutien aux chefs de guerre corrompus (prémonitoires de ceux organisés plus tard dans les pays arabo-musulmans et qui durent encore…) dont Tchang Kaï-chek qui se réfugiera après sa défaite à Taïwan…

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Toutes ces œuvres, remarquables, resteront invisibles sur nos écrans : jamais doublées, rarement sous-titrées si ce n’est en anglais ou parfois en espagnol (Amérique latine), encore moins diffusées y compris sur les chaînes TV…

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Le silence, sous nos latitudes, qui entoure le film The Sword with No Name relève de cette volonté de taire ce qui fait tâche dans la mythologie de l’Occident et de ses alliés ou satellites, praticiens rigoureux des « Droits de l’Homme et de la Démocratie »...

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Car, ce film romantique a pour toile de fond la résistance, aux visées colonialistes du Japon sur la Corée, personnifiée par l’impératrice Myeongseong. Considérée comme une héroïne de l’indépendance et de la grandeur de la Corée, cette femme aussi belle qu’intelligente, réformatrice au grand courage, fut assassinée par les Japonais qui ne toléraient pas sa politique de coopération équilibrée avec d’autres pays étrangers, particulièrement avec la Chine et la Russie, encore moins son refus de soumission.

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Le Japon à l’exemple des puissances occidentales de l’époque, en pleine expansion coloniale, avait décidé de s’emparer de la Corée et réussir, enfin, là où il avait toujours échoué depuis le XVI° siècle. Les mises en scène actuelles pour s’emparer d’un pays, "révolutions colorées" ou "pseudos rebelles à protéger du massacre de leurs dictateurs par l'OTAN", n’étaient pas encore à la mode ou au point. Les moyens étaient plus expéditifs…

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Le 8 octobre 1895, l’ambassadeur, Miura Goro, à la tête d’un commando d’une cinquantaine de tueurs japonais (qu’on qualifierait aujourd’hui de "forces spéciales") s'introduisant par surprise dans la partie privée du palais impérial, grâce à la complicité de collabos dont le général U Beom-seon, massacrèrent la garde et les dames de compagnies de l’impératrice qu’ils tuèrent à coups de sabre. La traînant par les cheveux dans la cour de la résidence pour brûler son corps.

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Elle avait 44 ans.

Assassinat de l’impératrice Myeongseong

La grossièreté du procédé (Fi donc !) secoua quelque peu les chancelleries empanachées (un coopérant-architecte russe présent, par hasard, fut témoin de la tuerie…). Le Japon rapatria l’ambassadeur et le commando, organisa même un procès pour les juger, devant un tribunal d’Hiroshima. Qui prononça un "non lieu" au bénéfice des uns et des autres, 56 personnes, au motif classique dans ce genre de sauvageries impériales : « manque de preuves »…

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A ce jour, les Coréens n’ont pas pardonné aux Japonais.

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D’autant que le Japon, bénéficiant de la complicité des occidentaux qui pillaient la Chine avec lui, imposa un traité de Protectorat en 1905, promulgué sans même le soumettre au sceau impérial de l’époux survivant de l’impératrice, l’empereur Gojong. Qui avait trouvé refuge, avec le prince héritier, à l'ambassade de Russie.

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Puis, sur sa lancée, annexant la Corée en 1910 par le traité unilatéral promulgué et connu sous le nom de Japan–Korea Annexation Treaty. Sa dynastie supprimée, transformée en simple province de son "empire" qu’il géra par un “gouverneur général” jusqu’à sa capitulation, le 15 août 1945. Oubliant que la Corée était un pays à la longue et riche histoire, se mesurant pendant des siècles, avec courage et diplomatie, à toutes les convoitises, se positionnant en grande puissance régionale entre Chine, Japon, invasions Mongoles et Mandchoues. Jamais, elle n’avait été annexée.

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Avant ce féroce coup de force du Japon, notons que la France avait tenté une expédition coloniale contre la Corée, en octobre-novembre 1866, avec une dizaine de navires aux ordres de l’amiral Roze. Piteusement contrainte à la retraite pour avoir sous-estimé la farouche opposition armée. Obligée aussi de renoncer à toute nouvelle tentative du fait des désastres militaires des armées de Napoléon III au Mexique, peu de temps avant celui qui balaya le second Empire face à l’armée prussienne…

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Rêver d’annexer la Corée était donc un délire historique. Le Japon préféra nier l’Histoire. S’en suivit une atroce odyssée pour la nation Coréenne.

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De l’Annexion Japonaise au Protectorat Américain

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Comment prétendre “rayer de la carte” une nation à l’identité aussi forte, profondément enracinée, que celle de la Corée ?... Dont l’unité nationale remonte à 918 sous la dynastie Goryeo, qui donna son nom au pays, régnant sans interruption jusqu’à la fin du XIV° siècle (1392). Maintenue avec constance par les dynasties ultérieures.

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Ses responsables politiques destitués, son administration, son armée, sa police démantelées, ses lois abrogées : la résistance du peuple Coréen fut immédiate. Au mépris de la violente répression de l’occupation japonaise et des habituelles méthodes de la terreur coloniale : assassinats de suspects qualifiés de meneurs ou de terroristes, massacres et tortures par dizaines de milliers, humiliations permanentes et mesures d’appauvrissement systématiques de la population.

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Un "Gouvernement Provisoire de la République de Corée" s’installa à Shanghai pour coordonner les différentes initiatives civiles et miliaires face à l’inacceptable. Des résistants se livrèrent à des actions héroïques. An Jung-geun assassina le Résident-général de Corée, Itō Hirobumi, en 1909. La mort de l’empereur Gojong déchu, en janvier 1919, probablement empoisonné par les services spéciaux japonais, provoqua d’immenses manifestations noyées dans le sang : 7000 morts d’agrès les autorités d’occupation. Provoquant la création de la première coordination de la résistance : le « Mouvement du 1er mars ».

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La guérilla obtint même des succès importants dans les montagnes et denses forêts du nord de la péninsule, notamment lors de la bataille de Chingshanli en 1920. Obligeant les armées japonaises à abandonner certaines régions limitrophes de la Chine. En avril 1932, la résistance coréenne décapita à Shanghai l’état-major de l’armée japonaise en Chine, dans une audacieuse opération commando où s’illustra celui qui devint un des héros célèbres de la Corée : Yun Bong-gil.

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i) Pillage et esclavage d'une Annexion

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Confrontée à un écrasant rapport de forces, malgré son abnégation la résistance ne pouvait avoir qu’un impact limité, le Japon intensifiant son annexion par un pillage méthodique du pays, sur fond de répression et de mise en place de « collaboration » plus ou moins forcée. Cette spoliation s’accentuant parallèlement à l’élargissement des opérations de la 2° guerre mondiale sur le continent asiatique (Mandchourie-Chine-Birmanie-Indochine, etc.) et dans le Pacifique.

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Les meilleures terres agricoles de la Corée furent accaparées par des colons japonais, au point que, d’après les statistiques des autorités d’occupation, le ratio des propriétés détenues par les japonais atteignait en 1932 : 53%. En 1939, les capitaux enregistrés dans les industries étaient à 94% la propriété des japonais. En 1942, le capital "indigène" investi dans l’ensemble du parc industriel ne représentait plus que 1,5%. La curée, afin de ravitailler en priorité le Japon, atteignait de telles proportions que la consommation alimentaire en céréales pour les Coréens, riz principalement, était inférieure de 35% au niveau des années 1912-1916… (6)

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Pour consolider l’annexion, les japonais planifièrent la destruction de l’identité de la nation. Seule la langue japonaise fut autorisée dans le pays.

=> En 1937 : interdiction aux élèves et étudiants d’étudier et de parler la langue coréenne dans les établissements d’enseignement et à l’extérieur.

=> Suppression de tous les journaux en langue coréenne.

=> Accès à l’éducation de la majorité de la population limité à l’enseignement primaire, sauf pour une minorité issue des familles de « collabos ».

=> Suppression des lieux de cultes traditionnels et imposition du culte japonais rendu obligatoire, le Shinto, dans des établissements construits à cet effet.

=> Destructions des vestiges historiques et du patrimoine culturel, enlèvements des œuvres d’art expédiées au Japon. Un minimum de 75.311 pièces de grande valeur, spoliées par l'occupant, ont pu être recensées… (7)

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L’effort de guerre obligea les autorités japonaises à réquisitionner, dans des conditions assimilables à de l’esclavage, plus de 6 millions de Coréens répartis dans toutes leurs nouvelles conquêtes (certains sous uniforme japonais), exploités jusqu'à l'épuisement dans les travaux d’infrastructure et les usines d’armement essentiellement. Jusqu'en Papouasie...

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Rien qu’au Japon : deux millions de Coréens expédiés et usés dans l’industrie de l’armement. Lors des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki environ 100.000 Coréens, pris en otages dans les usines locales, moururent de leurs effets. (8)

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Et, pour assurer les loisirs de leurs officiers et soldats, les stratèges japonais planifièrent l’enlèvement de plus de 200.000 femmes et jeunes filles Coréennes (le chiffre définitif établi par certains historiens serait proche des 300.000), certaines à peine pubères, pour les exploiter en tant qu’esclaves sexuelles, dans leurs bordels militaires sous l’appellation de « femmes de confort » ["comfort women"].

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Certaines sont encore vivantes et traitées avec le plus grand respect par la nation Coréenne, qui a intenté plusieurs actions en justice pour demander réparations à leur égard. (9)

Yun Bong-gil - Héros de la résistance contre le Japon

Ce rappel des faits n’a pas pour objectif de contribuer au procès du Japon. Ce serait prétendre instruire celui des autres puissances coloniales qui, la France en bonne place, en termes d’atrocités commises dans leurs opérations d’annexion et de spoliation n’ont aucune leçon à donner…

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Mais, de comprendre la profonde, viscérale, “détestation” des Coréens à l’encontre du Japon. Du moins de son oligarchie, conquérante et sanguinaire, même s’ils éprouvent de l’empathie à l’égard du peuple lui-même (beaucoup de couples mixtes nés des épreuves de la guerre en témoignent). (10)

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De comprendre, la crainte rétrospective du Japon face à une Corée devenant de plus en plus forte, retrouvant son prestige et son rayonnement historiques, en mesure d’exiger compensations et respect de son indépendance nationale, y compris économique…

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Oublier ces faits et leurs conséquences, a pour finalité de fausser toute analyse géopolitique de ce que l’esbroufe médiatique, académique ou politicienne, résume sous le cliché facile : « Crise Coréenne ». Occultant un des ressorts fondamentaux, et méticuleusement dissimulé, de la mise en scène imposée à l’opinion publique internationale.

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ii) La dictature du Protectorat

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La libération de la Corée se concrétisa par le nord avec l’entrée des blindés soviétiques escortant les résistants Coréens venant de Chine, et par le débarquement américain venant du sud. Les deux "alliés" se rejoignant au 38° parallèle, coupant en deux la péninsule coréenne, le 8 septembre 1945.

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Le gouvernement provisoire Coréen constitué en exil depuis de nombreuses années fut immédiatement refusé par les américains, car jugé aligné sur les communistes. Ce qui était considéré comme l'horreur absolue, par l’appareil militaro-industriel et financier qui préparait déjà l’affrontement avec l’ennemi éternel : "le communisme". Imaginons le gouvernement provisoire organisé par de Gaulle nié sous le même prétexte, au moment de la libération de la France…

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Refusant même des élections nationales, contrevenant ainsi aux accords de Yalta (4-11 février 1945), de peur de voir arriver une majorité communiste ou socialo-communiste. Ce qui probablement, avec des élections libres, se serait produit du fait du prestige des résistants et de leur niveau d’organisation dont des milliers combattirent avec héroïsme, aux côtés des troupes chinoises, les armées japonaises.

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La "négation démocratique" a bel et bien pour origine, en Corée, ce qu’on ne dit jamais : la position inflexible et idéologique de l'occupant américain imposant son protectorat sans aucun mandat de l’ONU. Suivi à la virgule, par leurs satellites et vassaux. C’est l’époque où américains et affiliés refusaient de reconnaître la Chine de Mao, affirmant que la seule Chine admissible à l’ONU était celle de l’île de Taïwan et de son dictateur Tchang Kaï-chek

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Le clivage devenait irréversible, se sclérosant en partition, entre ce qu’on appela "Corée du nord" et "Corée du sud". La République de Corée (du sud) [Republic of Korea - ROK] fut proclamée le 15 août 1948. Les Coréens du nord répondirent par la création de leur propre république, le 9 septembre 1949.

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Cet aveuglement idéologique, confinant au fanatisme, conditionne encore toute approche de la « Crise Coréenne » : la Corée du nord étant devenue le chaudron du diable dans la propagande occidentale.

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Notons au passage que la France se distingue, à l’heure actuelle, en étant un des deux pays de l’UE avec l’Estonie à ne pas reconnaître la Corée du nord (même Mitterrand n’osa pas…) !... (11) Alors que le principal partenaire économique européen de la Corée du nord est l’Allemagne. Et, que la Grande-Bretagne y entretient une de ses plus grandes ambassades à l’étranger. Dégât collatéral : l’enseignement du français, autrefois très prisé, a complètement disparu.

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Il est vrai que le naufrage de notre diplomatie atteint un niveau de servilité d’une abjection sans pareille…

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Pour lutter contre le péril communiste, l’occupant américain instaura une dictature militaro-policière en confiant les commandes de l’Etat à tous les « collabos » pro-japonais, tout particulièrement aux adeptes de l’anticommunisme endoctrinés et encadrés par les spécialistes américains.

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Le premier "président" de la Corée du sud fut expédié des USA “clefs en main” (recette reprise dans les récents "printemps arabes" …) dès octobre 1948, dans l’avion personnel du proconsul américain au Japon le général MacArthur. Le sinistre et féroce Syngman Rhee...

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Loin d’être un paradis des "droits de l’homme" et de la "démocratie", ou autres stéréotypes de la propagande occidentale, ce furent pour la Corée du sud des années d’un atroce despotisme aux ingrédients classiques : régime policier, corruption effrénée, élections truquées, chasse hystérique aux "communistes" (tout opposant étant assimilé à un "communiste" ou à un "agent" de Corée du nord), campagnes de fanatisation, tortures et massacres de masse.

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D’un niveau de sauvagerie inimaginable. Rappelons le tragique martyre de l’île de Jeju. En avril 1948, entre 15.000 et 60.000 victimes dans des conditions de barbarie extrême pour provoquer la terreur, 230 villages et 39.000 habitations entièrement rasés. La Corée du sud éprouva ce que durent endurer, avec les “escadrons de la mort”, tous les pays d’Amérique latine et sur d’autres continents, dont l’Iran du Shah…

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Il fallut de massives mobilisations nationales du peuple Coréen du sud, à mains nues, pour provoquer le départ précipité de Syngman Rhee dans un avion de la CIA, le 28 avril 1960. Cet autocrate sanguinaire ne connut pas le sort de ses congénères : pendaison de Saddam, ou viol à la baïonnette suivi de sa mise en bouillie de Kadhafi. Il coula les jours tranquilles d’un exil doré, sous les cocotiers de l’île d’Hawaï et la protection de ses maîtres…

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Mais d’autres, lui succédèrent. D’une trempe similaire, sous couvert d’un abord plus “civilisé”.

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Entretemps intervint, ce qu’on appelle la « Guerre de Corée »…

Vestiges des massacres de la dictature Syngman Rhee dans la Grotte de Darangshi sur l'île de Jeju

De la guerre au refus de la réunification par le Japon et l’Occident

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La propagande occidentale présente une Corée du nord, son arsenal nucléaire entre les dents d’irresponsables, en proie à une folie furieuse, défiant l’humanité. Véritable danger, urgent, angoissant, terrifiant. Mettant en péril notre planète.

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Une analyse des faits et du contexte, historiques ou actuels, provoque une déconstruction instantanée de cette désinformation délirante. D’un simple coup d’épingle, pour reprendre l’expression d’un de nos présidents de la république, cela fait :

Pschitt !...

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Rapide survol :

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i) Guerre de Corée : première manipulation de l’ONU par les occidentaux

Il convient de suivre la stratégie du lobby militaro-industriel américain à partir de son protectorat en Corée du sud, adossé à son colossal arsenal entièrement opérationnel, y compris nucléaire (2 bombardements atomiques à son actif…), accumulé lors de la 2° guerre mondiale. Plus particulièrement, à la suite de ses opérations amphibies et aériennes dans le Pacifique. Fruit d’une remarquable logistique au service d’une puissance navale et aérienne exceptionnelle. Sans rivale à l’époque.

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Face à lui : des rivaux, ou adversaires potentiels, quasi-inexistants. Incapables d’initier toute guerre ou entretenir des engagements militaires de longue durée.

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L’URSS se retrouvait en vainqueur épuisé de sa lutte contre l’Allemagne : 30 millions de morts, son parc industriel et ses infrastructures dévastés, tout était à reconstruire. Son potentiel militaire plus que limité comparé à celui de l’Occident, malgré son premier essai atomique du 29 août 1949.

Sortant en 1949 de décennies de conflits, la Chine se trouvait dans un état de délabrement encore pire. Après le pillage occidental qui avait duré un siècle, les ravages sur son sol des armées japonaises, une longue guerre civile mettant difficilement hors d’état de nuire Tchang Kaï-chek et ses protecteurs américains : exsangue, moribonde, en ruine, plus de 50 millions de morts. Aucun potentiel nucléaire, son premier essai n’aura lieu que le 16 octobre 1964.

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Occasion rêvée pour les Etats-Unis d’attaquer, de s’emparer de la Corée du nord, et d'élargir son "protectorat" !

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Et, même un peu au-delà, en Mandchourie… Au sous-sol d'une infinie richesse... Les plans existaient. En projetant les forces armées sud-coréennes équipées du matériel le plus moderne, prélevé sur les arsenaux US, soutenues par une logistique aérienne et navale hors pair, contre la Corée du nord. Bien sûr, en prenant soin de maîtriser la propagande pour faire croire à une attaque surprise du “nord” belliqueux, contre un “sud” pacifique et bucolique, havre de paix démocratique, justifiant une intervention des armées occidentales.

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Vieille ficelle qui servira lors de l’attaque du Nord-Vietnam, et autres aventures coloniales. "Va-t-en guerre" et "traîneurs de sabre" sont indécrottables de cynisme stupide, malgré les déculottés qu’ils prennent régulièrement… L’essentiel étant, il est vrai, de complaire aux généreux marchands de canons.

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Pendant des mois, des harcèlements et incursions de grande envergure se multiplièrent, à l’échelon de plusieurs milliers d’hommes, le long de la frontière entre les deux Corées. Mao et Staline adjuraient les Coréens du nord de tout faire, malgré les agressions permanentes, pour éviter la guerre. La propagande occidentale assure du contraire, évidemment, mais les documents sont là.

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Exemples (12) :

=> Le 3 février 1949 : l’ambassadeur d’URSS en Corée du nord, Shtykov, alertait le Kremlin du nombre croissant des violations de frontière par les forces armées de Corée du sud, encadrées par les américains, du manque d’entraînement et d’équipement des troupes nord-coréennes, du manque d’armement moderne et même de munitions…

=> Le 5 mars 1949, recevant le président de Corée du nord, Kim II Sung, inquiet de la préparation de l’invasion par la Corée du sud, Staline inflexible, sachant qu’il était incapable de l’aider, lui martela l'injonction :

« Le 38° parallèle doit rester en paix. C'est de la plus haute importance »,
[Dans les documents en anglais : "The 38th parallel must be peaceful. It is very important."].

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Les occidentaux lancèrent la guerre en 1950, provoquant une contre-attaque des nord-coréens. Invoquant une attaque surprise de la Corée du nord, ils manipulèrent le Conseil de Sécurité où ne figurait pas la Chine continentale, mais en lieu et place : l’île de Taïwan sous la dictature de Tchang Kaï-chek ! L’URSS boycottant, par la tactique de "la chaise vide", le Conseil de Sécurité du fait de l’attitude occidentale bloquant l’admission de la Chine “réelle”…

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Les occidentaux eurent donc les mains libres pour formater les résolutions de leur choix et justifier l’invasion de la Corée du nord :

=> résolution 83, du 27 juin 1950, condamnant l’agression nord-coréenne

=> résolution 84, du 7 juillet 1950, organisant une force de l’ONU (16 pays, dont la France), sous commandement américain.
Ce fut la première instrumentalisation de l’ONU pour légitimer les guerres coloniales, "nouvelle manière". Inaugurant, ainsi, une longue liste…

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Sauf que les troupes de Corée du sud, n’ayant aucune envie d’envahir leurs compatriotes du nord, craquèrent devant la réaction hyper-motivée des troupes nord-coréennes, même mal équipées, au point que les américains se retrouvèrent devant le désastre militaire, malgré leurs prévisions initiales, en première ligne (comme plus tard au Vietnam...). Avec toute leur puissance militaire.

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L’intervention de la Chine fut décisive pour sauver une Corée du nord en cours d’écrasement par les Etats-Unis et leurs affiliés. Elle envoya plus de 300.000 hommes alors qu'elle n'avait ni aviation, ni marine, ni artillerie lourde, pour soutenir les Coréens du nord et casser les prétentions hégémoniques du "Tigre de papier", parvenu à sa frontière. La menaçant même de bombardements atomiques (cause du limogeage du Général MacArthur par le président Truman)…

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Après trois années de guerre, la Corée du nord fut entièrement rasée, recevant plus de bombes que l’Allemagne ou le Japon pendant la deuxième guerre mondiale, mais ses envahisseurs ramenés d’où ils étaient partis. (13)

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Retour à la case départ : au 38° parallèle… Avec plus de quatre millions de morts… (14)

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ii) Une vitrine en trompe-l’œil

La guerre de Corée plaçait le protectorat américain devant un double échec :

=> La Corée du nord n’avait pu être vaincue et annexée, malgré l’immensité des destructions et du coût en vie humaine.

=> Le mécontentement populaire en Corée du sud ne cessait de s’amplifier face au régime policier imposé par une occupation étrangère despotique, aux aventures militaires catastrophiques pour la péninsule coréenne.

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Une nouvelle politique s’imposait dans les meilleurs délais, afin de regagner une crédibilité perdue. Internationalement et localement. Les Think Tanks, avec leurs fourmilières d’experts et communicants, se mirent au travail.

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Et, le lapin sortit du chapeau : la légende des “Quatre Dragons Asiatiques” était née !

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Créer quatre vitrines pour exposer les merveilles du miraculeux "Libéralisme Economique" sous le balcon de la Corée du nord et de la Chine : Corée du sud, Taïwan, Hong-Kong (avant d’être restitué à la Chine en tant que province administrative autonome en 1997) et Singapour. Prouver que grâce à la libre concurrence, la libre entreprise, la perfection de “l’autorégulation du Marché” animé par des génies de l’art d’entreprendre, le paradis était possible sur terre !...

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Ce conte de fée étant relayé par une intense propagande qui a servi de grain à moudre, pendant des années, à tous les économistes et professeurs de management de pacotille vecteurs de l’enfumage idéologique en Occident. Avant que le concept courant d’air « mondialisation » n’apparaisse, comme dans les “défilés de mode”, nouvel emballage marketing de la même idéologie, et paralyse d’hébétude les esprits critiques les plus vigilants…

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L’entourloupe, ou vitrine en trompe-l’œil, reposait sur trois systèmes interactifs, dont certains sont encore opérationnels :

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=> Une économie dirigée et assistée

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Sous la forme d’investissements massifs, à des taux de financement de faveur, dans des entreprises créées de toute pièce. Souvent étatiques ou semi-étatiques au départ (revendues bradées aux copains et prête-noms, dès les bénéfices durables…), certaines gérées en sous-main par l’armée comme les "chaebols" en Corée du sud. Auxquelles étaient allouées des parts de marchés internationaux dans des secteurs les plus avancés, ou sous-traitances aux marges avantageuses : depuis la construction navale ou automobile jusqu’aux produits de grande consommation fondé sur le développement de l’électronique et des nouvelles technologies.

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Les géants sud-coréens actuels, tels que Samsung, LG ou Hyundai, n’auraient jamais pu naître sans ces interventions étatiques, planifiées, dirigistes, de type “Keynésien” comme disent les théoriciens…

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Evidemment, dans l’arrière-cour de ces vitrines, dans des pays où le Libéralisme Economique dans son expression la plus flamboyante, Le Capitalisme Sauvage, est établi depuis le XV° siècle : le « miracle du Marché » porteur de prospérité, animé par le génie d’entreprendre, ne fonctionne pas. Les gens y sont pourtant aussi travailleurs et intelligents qu’ailleurs. Le cas des Philippines étant le plus emblématique. La Mythologie des économistes rencontre vite ses limites…

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=> Le développement d’une société de consommation sans liberté d’expression

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Création d’une société de grande consommation où une “liberté des mœurs” est imposée comme substitution à une authentique “liberté de pensée et d’expression”. S’assumer “consommateur”, jouisseur-individualiste : Oui ! Se revendiquer "citoyen”, solidaire de sa collectivité : Non !

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Ainsi en Corée du sud, peut-on se livrer aux addictions en tous genres, pour peu qu’elles ne débordent pas trop sur l’espace public… La contrepartie étant l’interdiction absolue de toute critique à l’encontre du régime pseudo démocratique en place. Articulé sur une fausse alternance, avec des politiciens cooptés pour leur parfaite discipline à l’égard de la ligne idéologique du capitalisme le plus sauvage.

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Rappelons que la Corée du sud est, jusqu'à présent, toujours administrée par les "collabos" (civils et militaires) pro-japonais et leurs descendants. La présidente actuelle Park Geun-hye est la fille de l'ancien dictateur Park Chung-hee (1962-1979), lui-même ancien officier supérieur des armées japonaises... (15)

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Imaginons, les Laval et consorts, ou officiers français de la division allemande Charlemagne, actuellement au pouvoir en France, sans interruption depuis la deuxième guerre mondiale… Même si certains de ces « collabos » pro-allemands ont prospéré dans notre pays, à lire l’ouvrage de Frédéric Charpier récemment publié : Les Valets de la Guerre Froide – Comment la République a recyclé les collabos. (16)

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Encore plus grave : critiquer le régime de protectorat et la présence des 40.000 soldats américains sur le sol de la Corée du sud, avec une estimation de 1.000 ogives nucléaires sous toutes formes (obus, bombes et missiles) !

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En 2002, un soldat sud-coréen a été condamné à deux ans de prison pour avoir soutenu, devant des camarades de régiment, que la partition de la Corée était due aux seuls américains. Ce qui est l’opinion de la majorité des Coréens du sud qui n’osent pas le dire publiquement. Pas plus qu’ils n’osent dénoncer, actuellement, la politique agressive des Etats-Unis contre leurs frères du nord… (17)

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Ajoutons que la législation anticommuniste datant de 1948 est toujours en vigueur en Corée du sud. Elargie depuis, par une série de lois “antiterroristes”… Toute sympathie exprimée à l’égard de la Corée du nord est passible de prison. Et, les services spéciaux sud-coréens surveillent avec vigilance tous les réseaux sociaux, jusqu’aux "tweets", qui exprimeraient des sentiments de cet ordre. De même, détenir un livre publié en Corée du nord est considéré comme un crime, etc.

=> Etrangler économiquement la Corée du nord

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Pour que la vitrine du "Libéralisme Economique" apparaisse encore plus mirifique, il convenait d’entraver au maximum les progrès économiques de la Corée du nord par toute une série de mesures d’embargos (y compris sur les produits alimentaires et médicaments). D’où les sanctions en cascade, sous tous les prétextes.

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Le pays qui a connu des inondations catastrophiques, en 1997 et 2000, s’est vu interdire par "La Communauté Internationale", toute aide alimentaire internationale afin de : « ne pas aider le régime au pouvoir ». Avec, pour amplificateur, une propagande ne cessant de se lamenter sur "la famine" qui contraindrait les Coréens du nord à se nourrir de feuilles d’arbres et de racines. Par la faute de dirigeants aussi cruels qu’imbéciles.

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En termes de régimes politiques autocratiques, celui du nord n’a rien à envier à celui du sud. Et, vice-versa. Le problème n’est pas dans la diabolisation des uns et la béatification des autres. Mais, dans une évolution apaisée des relations entre tous en encourageant, par la dédramatisation des contextes et la tenue en laisse des idéologies, les avancées réellement démocratiques.

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Ce que l’américain James Dresnok installé, avec d’autres militaires américains avant lui (Charles Jenkins, etc.), en 1962 en Corée du nord ne cesse de souhaiter.

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Issu d’un milieu pauvre aux Etats-Unis, il avait dû quitter l’école à l’âge de 15 ans et, sans travail, s’était ensuite engagé dans l’armée américaine. Quasi-analphabète, excédé des mauvais traitements et du mépris de ses chefs, un jour il planta son fusil et posant son casque sur la crosse, il avança droit devant lui pour demander l’asile politique à la Corée du nord.

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Après un intense effort d’adaptation à une langue et une culture nouvelles pour lui, il devint professeur d’université, se maria et eut des enfants. Son visage épanoui montre qu’il ne s’est pas nourri que de racines.

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Et, que « l’enfer » n’est pas toujours là où les propagandistes le fantasment… (18)

L'américain James Dresnok - Installé en Corée du nord depuis 1962

iii) “Crise” ?... Quelle “Crise” ?

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Les dirigeants de Corée du nord ne sont pas des fous descendus des arbres, contrairement aux clichés de la désinformation occidentale, mais des gens aussi rationnels, que les autres. Formés dans les meilleures universités du monde et parlant trois ou quatre langues étrangères. Son élite a, peut-être, tous les défauts sauf celui de ne pas être enracinée dans la « résistance », et d’être issue de la « collaboration » avec le Japon et ses successeurs. (19)

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Les Coréens du nord veulent la paix et la réunification de leur pays, avec des élections libres. La dénucléarisation totale de la péninsule coréenne, avec le départ de toutes les troupes d’occupation. Bien sûr : l’arrêt des manœuvres permanentes le long de leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes. Exigence élémentaire de tout pays souverain.

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La "Crise Coréenne" n’est donc qu’une opération de propagande et de manipulation, par l’Occident, aux causes simples :

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1. Déclencher une course aux armements pour satisfaire les industriels de l’armement et les politiciens. Occasion pour leur rapacité, d’édifier leurs fortunes via les mirobolantes commissions qu’ils s’octroient.

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2. Permettre au Japon de se remilitariser, en supprimant les traités internationaux de l’après deuxième guerre mondiale qui en limitaient la capacité.

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3. Bloquer toute réunification entre les deux Corée :

=> Priorité du Japon ne souhaitant pas voir face à lui un pays de 75 millions d’habitants (sud = 50M + nord = 25M) qui, dès sa réunification, présenterait une formidable puissance industrielle, technologique, militaire. Puissance sûre d’elle-même, au ressentiment à son égard difficilement gérable…

=> Priorité des USA, sachant que le départ de leurs troupes et arsenaux serait une des premières mesures d’une Corée réellement indépendante. Mouvement auquel s’ajouterait certainement, en se libérant du « protectorat », de s’orienter vers un espace multipolaire proche de la position chinoise par rejet des prétentions impériales, passées et présentes, du Japon et des Etats-Unis sur leur pays.

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Sans oublier l’effet collatéral pour notre pays…

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Cette "tension internationale", artificiellement entretenue par nos propres, et prétendus, « alliés », est un révélateur supplémentaire de « crise » pour la France. Démontrant le profond délabrement de notre diplomatie et, en conséquence, de notre souveraineté nationale. Comment la France, en est-elle réduite à la remorque d’une extrême-droite américaine paranoïaque et corrompue ? Enfonçons le clou, d’une poigne ferme : une extrême-droite fanatique, belliciste, et sanguinaire.

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Une France incapable de se démarquer d’une politique fondée sur le mensonge et la violence. Répétant, en perroquet, déclarations et autres gesticulations agressives dictées par des capitales étrangères.

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Alors que notre planète a tant besoin de solidarité, de confiance partagée, entre chacune de ses nations pour résoudre, ensemble, tous les problèmes d’alimentation, de santé, d’éducation, d'emplois, qui se posent aussi bien pour nos générations actuelles que futures.

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Cette disparition, annihilation, de notre capacité de compréhension et de libre arbitre, en tant qu’Etat souverain, est la voie ouverte à la disparition de notre identité nationale. Non pas pour cause de foulard ou de voile épouvantail, dont on nous intoxique, mais par acceptation d’une obséquieuse servilité de notre nomenklatura…

1. Jean Orieux, Talleyrand, Flammarion, 1970, p. 293.

2. Le titre en anglais ["L’épée sans nom"] est très éloigné de l’original plus poétique, 불꽃처럼 나비처럼, qui donnerait en anglais littéral : "Like Fireworks, Like Butterflies". Que je me hasarderais à traduire, tout aussi littéralement en français : « Feux d’Artifice et Papillons ». Métaphores représentant la personnalité des deux personnages principaux.

3. Bien qu’inférieure encore en qualité, d’autres productions asiatiques sont en train d’émerger et vont progressivement rejoindre le niveau de leurs prédécesseurs de la région : Vietnamien, Philippin, Thaïlandais et Indonésien, notamment.

4. Un exemple, dans le genre comédie satirique, le film coréen intitulé en anglais Perfect Partner sur le milieu des émissions de TV "gastronomiques" (en Corée aussi, devenues omniprésentes…).
Ravages de l’ambition et du cynisme, avec coups tordus et rebondissements inattendus. Jeux d’acteurs impeccables. Un régal !

5. Vient de se terminer le prestigieux film international du cinéma à Pékin [Beijing International Film Festival]: http://www.bjiff.com/en/. Pas un seul compte rendu dans les médias occidentaux…

(6) Savada, Andrea Matles, Shaw, William, "Korea Under Japanese Rule", Federal Research Division, Library of Congress, eds. (1990),

http://countrystudies.us/south-korea/7.htm

(7) Cf.: http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Korea#Japanese_rule

(8) Cf.: http://dartcenter.org/content/hiroshimas-survivors-0#.UXqcbEptOgs

(9) Cf.: http://en.wikipedia.org/wiki/Comfort_women

(10) Comme beaucoup de peuples, les Japonais ont subi, dans la souffrance et les humiliations, une oligarchie imprégnée d’un hallucinant esprit de caste, d’une extrême violence et rapacité. Que même les samouraïs d’extraction modeste devaient endurer.
Sur ce sujet, pour les cinéphiles je recommande la série japonaise culte Zatoichi de 26 films interprétés par le légendaire Shintaro Katsu, qui décrit à la perfection le Japon rural des années 1840, des petites villes et villages, soumis à une implacable féodalité doublée d’une cruelle mafia.
Ou encore, la magnifique trilogie du réalisateur Japonais Yoji Yamada avec trois inoubliables chefs d’œuvre sous-titrés en anglais : The Twilight Samurai – The Hidden Blade – Love and Honor.

(11) Cf.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_relations_franco_-_nord-cor%C3%A9ennes

(12) Alternativeinsight, juin 2000, http://www.alternativeinsight.com/Korean_War.html

(13) La Corée du nord a été bombardée plus de 3,7 fois que le Japon lors de la seconde guerre mondiale avec 600.000 tonnes de bombes. Dont la plupart étaient du napalm pur déversé sur les populations civiles. Exemple de statistiques : de juin à fin octobre 1950, les bombardiers américains déversèrent 3,2 millions de litres de napalm… http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e#Utilisation_massive_du_napalm
(14) Stansfield Smith, North Korea’s Justifiable Anger, [La juste colère de la Corée du nord], CounterPunch, 10 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/10/north-koreas-justifiable-anger/

(15) A l’exemple des tyrans de l’Empire romain, assassiné par le chef de sa garde prétorienne et son meilleur ami, Kim Jae-kyu, responsable de la KCIA (Korean Central Intelligence Agency).

(16) Frédéric Charpier, Les Valets de la Guerre Froide – Comment la République a recyclé les collabos, François Bourin Editeur, 2013.

(17) Ramin Mazaheri, Is there Freedom of Speech in South Korea ? [La liberté d’expression existe-t-elle en Corée du Sud ?], 25 avril 2013, Press TV, Seoul,
http://www.presstv.ir/detail/2013/04/25/300179/is-there-freedom-of-speech-in-south-korea/

(18) Nicholas Bonner et Daniel Gordon, réalisateurs britanniques, ont filmé un documentaire Crossing The Line, sorti en 2006, sur l’odyssée extraordinaire de James Dresnok qui a connu un grand succès, en 2007, au Festival du Cinéma de Berlin et a été "nominé" au Festival du Film de Sundance. Jamais diffusé en France…

(19) Cf. sur le thème « de quel côté se trouvent les fous ?... » :
=> Jerry Krtoh, The Korean Crisis : Just Who is the Mental Case ?, CounterPunch, 15 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/15/the-korean-crisis-just-who-is-the-mental-case/

=> Stansfield Smith, What North Koreans Think, Counterpunch, 8 avril 2013, http://www.counterpunch.org/2013/04/08/what-north-koreans-think/

=> John Feffer, Infantalizing North Korea, Asia Times, 13 mai 2013, http://www.atimes.com/atimes/Korea/KOR-02-130513.html

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Les caricatures sont, vous les avez certainement reconnues, de notre génial ami Brésilien : Carlos Latuff !



N.B. La "nouvelle plateforme" de l’hébergeur de ce blog étant actuellement bourrée de "bugs" [suppression de : sauts de paragraphe - couleurs de titres ou caractères - modifications de police - choix de format et positionnement des illustrations - archives - etc.], je me suis trouvé contraint d’utiliser des points afin de pouvoir formater les paragraphes dans la rédaction. Sinon : une vraie bouillie...
Ce qui explique ce chapelet de points incongrus dans le texte, et la disparition d'éléments d'information ou d'accès aux articles et commentaires préalablement publiés qui figuraient dans la colonne de gauche…
Je remercie les Amis-lecteurs de leur compréhension.


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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 19:26

 

 

 « Les mensonges ont toujours été considérés comme des outils nécessaires et légitimes, non seulement du métier de politicien ou de démagogue, mais aussi de celui d’homme d’Etat. »

Hannah Arendt (*)

 

 

 

 

 

Notre nomenklatura, panier de crabes d’irresponsables tous partis confondus, politiciens démagogues et médias véreux, repue de privilèges et confite de corruption, préférant disserter à longueur de journée du “Mariage pour tous” plutôt qu’œuvrer au “Travail pour tous”…

 

Aveugle au prochain naufrage du pays où l’entraîne la paupérisation croissante qu’elle inflige à la majorité de sa population, aux millions de chômeurs et de précaires, dans l’indifférence de l’injustice et de la souffrance…

 

Diabolisant en “populistes” ou “fascistes” ceux qui contestent son imbécillité criminelle…


 

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Se vautrant dans une Byzance de bazar, aux scandales et mensonges en tous genres…

 

Mais, dans Byzance en pleine décadence, la veille de son écroulement, la caste au pouvoir ne se délectait-elle pas d’interminables débats sur le “Sexe des anges” ?…

 

 

 

 

 

 

 

(*)  Hannah Arendt – La Crise de la Culture – chapitre VII : Vérité et Politique – Folio Essais, Gallimard, 1972, p. 289.

Illustration du caricaturiste français Krampon

 


 

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:12

 

 

 

 

 

 

Bizarre…

 

Je viens de vivre une étrange expérience….


turtle-toy-1.jpg

J’appartiens à l’espèce des escargots et tortues. Je ne me déplace jamais sans mon sac à dos. Quelles que soient saisons, latitudes et longitudes.

 

Sac à dos, de ville ou “streetwear”, rien à voir avec ceux des campeurs, alpinistes ou fantassins. Sac à dos ordinaire, comme on en voit par centaines dans toutes les communautés urbaines de la planète, et sur tous les écrans vidéos dans les lieux publics et centres commerciaux. A deux poches ou soufflets, à fermeture éclair.  

 

J’y place mon PC portable, mes téléphones, mes écouteurs, mes indispensables chargeurs, mes stylos et mini blocs, mes trousseaux de  clés, ma demie bouteille d’eau, avec casquette ou écharpe suivant les températures annoncées.

 

Sans oublier, un livre de chevet nomadisme. Très utile, quand la route est longue. En ce moment, je chemine avec Talleyrand, la biographie écrite par Jean Orieux. Un peu volumineux, mais j’arrive à caser ses 852 pages… Et, si je prends l’avion, j’y ajoute une trousse de toilette et du petit linge : les valises s’égarant souvent lors des escales.

 

Hier soir, chez des amis de Séoul, j’ai proposé un jeu. Manière d’éviter une épreuve que je redoute entre toutes : le karaoké de fin de repas. Dont raffolent mes hôtes et où ils excellent. Mais, moi, et mes cordes vocales…

 

En fait, une séance de « science expérimentale » : faire entrer leur cocotte-minute dans mon sac à dos. Après, évidemment, l’avoir vidé (quelle pagaille sur un coin de table !...).

 

pressure-cooker-1.jpg

 

Nous avons essayé toutes les formules. Patiemment, méthodiquement. Avec et sans les poignées (difficile démontage…). Avec et sans couvercle… Différents angles d’intromission…

 

Après plus de deux heures de discussions, confrontations d’hypothèses, efforts, passionnés, pour résoudre la quadrature de la cocotte-minute, j’avais obtenu deux satisfactions. La première : échapper au karaoké !… La seconde : réunir un consensus général en partageant, pour une fois, la même conclusion.

 

Qui ébranlait mes convictions médiatiques, me figeant subitement dans un bizarre désarroi :

Faire entrer une cocotte-minute dans un sac à dos est … 

Impossible !

 

 

 

 

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Georges Stanechy - dans Cartes Postales
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 20:32

 

 

«  Il est tout à fait impossible aux hommes d’Etat de prévoir, sauf à très court terme, les résultats de n’importe quelle action politique à grande échelle. »

Aldous Huxley (1)                                                                                                                                                                                                                                                               

 

 

Le Roi Shaka

 

Durban

 

Aéroport international King Shaka. Embouteillage aérien, sympathiques bousculades et files d’attente.

 

Le monde entier semble s’être donné rendez-vous. Avions déversant de tous horizons et continents : délégations officielles, observateurs avec, dans leur sillage, inévitables “hommes d’affaires” ou affairistes… Amplifiant le flot des touristes habituels. Les plus euphoriques, ceux en provenance des pays de l’hémisphère nord, couverts de neige ou noyés sous les eaux.

 

Douceur idéale : 24° / 26 °. Immenses plages bordées d'hôtels aux gigantesques animations aquatiques, sous le soleil d’un climat subtropical alternant avec des averses rafraîchissantes. De mi-novembre à fin avril, c’est la saison des pluies (rainy season). La saison dite “sèche” n’intervenant que de juin à août.

 

DURBAN-SA.jpg

 

Agitation avec pour toile de fond la tenue, pour la première fois en Afrique du sud, du sommet annuel des chefs d’Etat du BRICS, 26 & 27 mars 2013. Elle y avait été cooptée lors du sommet tenu en Chine, à Sanya dans l’île de Hainan, en 2011.

 

Evidemment, grand silence dans les médias d’Occident et de ses colonies.

 

Normal : le BRICS y est détesté par les oligarchies (2). Nos “spécialistes du décryptage de l’information” ont donc consigne de ne pas en parler. Si ce n’est dans la condescendance, la dérision, voire le mépris.

 

King Shaka ?... Non, ce n’est pas la marque d’un hamburger local comme ironisent certains visiteurs à leur arrivée. Nous sommes au cœur de la nation Zouloue. Shaka, contemporain de Napoléon, fut son chef le plus prestigieux, son plus grand roi.

 

Guerrier exceptionnel d'endurance et d’audace, chef de guerre et tacticien hors du commun, il avait forgé, dans une discipline de fer, une armée permanente de 100.000 guerriers, d’une mobilité et d’une combativité sidérantes. Unifiant les différents clans Zoulous dans une puissante fédération sur un territoire équivalent à celui de la France.

 

Il sera assassiné, en 1828, par ses proches, dans une révolution de palais, à l’âge de 41 ans. Diabolisé, caricaturé, après sa mort, par les historiens de l’Empire britannique, et dans les guides touristiques édités de nos jours en Europe…

 

Les Zoulous, groupe ethnique le plus important et le mieux organisé du pays, ont longtemps, courageusement, héroïquement, résisté à la colonisation hollandaise puis britannique. Schéma habituel des conquêtes coloniales de l’époque : fusils à tir rapide, artillerie, cavalerie, destructions systématiques des villages, troupeaux et récoltes, avec massacres des civils, feront la différence. Les britanniques et leurs supplétifs réussirent à briser leur résistance.

 

Parmi eux des Français… Dont le plus connu est Louis Napoléon, fils de Napoléon III exilé en Grande-Bretagne. Engagé volontaire dans les troupes britanniques, il fut tué au cours d’une patrouille à cheval, le 1er Juin 1879. Surpris avec son groupe, il reçut 17 coups de lance, après avoir vidé son pistolet sur les guerriers du commando Zoulou. Il avait 23 ans.

 

Nation Zouloue, qui sera à la pointe du combat contre le régime raciste d’apartheid imposé par les colons européens, avec la complicité des grandes puissances coloniales. Jusqu’en 1994 !...

 

Lutte acharnée, sanglante, atroce, si bien chantée, accompagnée, partagée, par le “Zoulou Blanc” Johnny Clegg, ou d’autres grands artistes et intellectuels. (3) Notamment, la chanteuse, Miriam Makeba, personnifiant la magnifique résistance des femmes sud-africaines. Contrainte de passer la plus grande partie de sa vie en exil, errant de pays en pays d’accueil avec sa famille, sous les constantes menaces de mort des colons et de leurs alliés…

 

 

Durban ou notre planète en devenir

 

Durban… Emblématique de l’histoire du pays…

 

A l’origine, la localité fut baptisée en 1835 : D’Urban. Par les 35 citoyens britanniques habitant la baie, en l’honneur du gouverneur du Cap, Benjamin d’Urban. Général très populaire auprès des colons dont il encourageait les prédations par ses excès de violence et d’humiliations infligés aux africains.

 

Un missionnaire protestant, John Philip, remarquable militant anticolonialiste pour l’époque, à force de ténacité, réussira à mobiliser l’opinion publique et provoquer la création d’une commission parlementaire pour enquêter sur ces comportements criminels. Obligeant le ministère britannique des Colonies à le destituer de son poste civil, le 1er mai 1837. Lui conservant, toutefois, ses fonctions militaires afin de ménager la haute hiérarchie de l’armée.

 

Lent, trop lent, mais inexorable cheminement de l’Histoire… En 1999, même si l’appellation Durban est conservée, la municipalité a adopté officiellement le nom de : eThekwini Metropolitan Municipality. Formé à partir de la racine du mot Zoulou désignant la “baie” ou le “lagon” : itheku. (4)

 

A présent, capitale économique de la province du KwaZulu-Natal, la troisième ville du pays regroupe 3, 5 millions d’habitants. (5) Si 60% de ses concitoyens parlent anglais, la langue Zouloue, avec ses propres médias, est pratiquée au quotidien par 30% d’entre eux. S’ajoute à cette mixité linguistique, la plus grande communauté indienne hors d’Inde ; elle-même, mosaïque de pratiques religieuses et dialectes régionaux indiens.

 

Particularité de leur système colonial et de leur puissance navale, les britanniques procédaient à des transferts massifs de populations entre colonies pour empêcher l’accès à l’emploi, rémunéré et surtout qualifié, en conséquence au développement des “nations autochtones”, difficiles à exterminer du fait de leur nombre, considérées comme “réfractaires” ou “rebelles” à leurs spoliations.

 

Le cas le plus extrême est celui de la Malaisie, où les Malais furent systématiquement écartés de l’exploitation de leurs principales richesses de l’époque : caoutchouc et mines d’étain. Les britanniques leur substituèrent, par convois maritimes, des travailleurs Chinois en majorité, mais aussi Indiens. Tant et si bien, que le pays recense actuellement 25 % de sa population d’origine chinoise et 10 % d’origine indienne. (6)

                                                                      

En Afrique du sud, décidant de lancer à grande échelle la culture du sucre à partir de 1860, ils “importèrent” les ouvriers agricoles nécessaires depuis l’Inde. Aujourd’hui, Durban est classé premier “port sucrier” mondial et la communauté indienne représente 10% de la population de l’Afrique du sud.

 

Rappelons que Gandhi séjourna de 1893 à 1915 en Afrique du sud en tant qu’avocat au service de cette communauté. Il y forgea son militantisme, confronté aux humiliations et violences du racisme. (7) Malgré le statut supérieur des Indiens par rapport aux populations noires quasiment considérées, à l’exemple des peaux-rouges d’Amérique du nord, comme “animaux doués d’intelligence humaine”.

 

De ces mixages de populations, migrations volontaires ou forcées, l’Afrique du sud se retrouve avec 11 langues officielles…

 

Mais, en ce XXI° siècle, n’est-ce pas une illustration du devenir de notre planète ?... Une mixité de populations, quelles que soient origines ancestrales, couleurs de peau, croyances religieuses ou philosophiques, dans le respect réciproque, le partage de valeurs de solidarité et de paix ?...

 

Miriam Makeba avec sa petite-fille Zenzi venue danser sur scène…

 

eThekwini Declaration and Action Plan

 

Monde de demain se télescopant avec la réalité d’aujourd’hui : la prospérité apparente de Durban ne doit pas faire illusion avec ses 10 millions de visiteurs annuels, ses paysages et plages, parcs naturels et sites historiques, hôtels, casinos et discothèques. Ecarts, gouffres, ne cessant de croître, séparant riches et pauvres, et même groupes ethniques, érodent l’Afrique du sud.

 

Eprouvant malgré son indépendance politique, comme de nombreux pays sortant d’une longue colonisation, les pires difficultés pour s’affranchir du despotisme économique de la "mondialisation". Qui n’est, nous le savons, que la dictature d’une poignée de groupes internationaux, avec leurs seconds couteaux et leur domesticité politicienne corrompue : finance, mines et hydrocarbures, marchands de canons, chimie-pharmacie, agro-industrie, alcooliers-cigarettiers, grande distribution.

 

Les meilleures terres agricoles appartiennent pour 80% à des "blancs", représentant moins de 10% de la population, à titre personnel ou dans le cadre de sociétés d’exploitation et de commercialisation. Son patrimoine minier d’une richesse inouïe par ses colossaux gisements de diamants, d’or, de charbon, d’uranium, de fer, de cuivre, de nickel, de platine et autres métaux rares, détenu en majorité par des sociétés étrangères, rend d’autant plus choquant l’extrême pauvreté du ¼ de sa population, provoquant une situation de violente délinquance.

 

Malgré l’émergence d’une "classe moyenne", l’Afrique du sud, considérée comme la première économie du continent, est à l’image des autres Etats du BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine. Mais aussi, du reste du monde. Y compris, mais dans une évolution inverse, les pays dits "développés" où la paupérisation des populations s’accentue au fil des jours, en Amérique du nord ou en Europe.

 

Que peut apporter le BRICS dans la réflexion et l’action, face à l’urgence des solutions à trouver aux problèmes d’organisation et de développement, de survie même, de l’Humanité ?...

 

Le scepticisme des commentateurs à l’égard du BRICS s’exprime dans des termes dévalorisants. Le moins négatif étant celui de "disparate". (8) Comme si les autres "sommets" étaient des modèles de cohésion, d’harmonie, d’efficacité… Le mépris, toujours… Dès lors qu’une initiative d’ampleur mondiale n’a pas pour origine les "penseurs", "Think Tanks" et "stratèges" d’Occident.

 

Rares sont les témoignages positifs. Ils n’en sont que plus surprenants. Tel celui de l’analyste financier Jim O’Neill. (9) Responsable de  la gestion d’actifs [placements & investissements pour le compte de tiers : environ US$ 800 milliards] de Goldman Sachs, créateur de l’acronyme BRIC, en 2001, avant l’inclusion de l’Afrique du sud.

 

S’exprimant dans la presse allemande, une semaine avant la tenue du sommet de Durban, Jim O’Neill estime que le BRICS, non seulement progresse rapidement, mais qu’il dépasse toutes les attentes !... Une communauté de près de 3 milliards d’habitants, quadruplant en 10 ans son PIB, sortant de la misère des dizaines de millions de personnes. La Chine, d’après les statistiques de la Banque Mondiale, réussissant en 20 ans à en extraire plus de 450 millions. Le BRICS détenant, point le plus fondamental :

« … le potentiel de prévenir une récession globale, de croître plus vite que le reste du monde et de devenir un moteur de la croissance mondiale ». (10)

 

Recoupant ainsi toutes les études prospectives des organismes internationaux, même ceux les moins bien disposés à l’égard du BRICS. A l’exemple du PNUD, qui dans son « Rapport sur le Développement Humain 2013 – L’Essor du Sud : Le Progrès Humain dans un Monde Diversifié », pages 15-16 illustrées d’un graphique [figure 3], section intitulée « Rééquilibrage Mondial », ne peut que constater (11) :
« … en 2050, selon les prévisions du présent Rapport, la Chine, l’Inde et le Brésil, représenteront ensemble près de 40 % de la production mondiale…
[…] le Brésil, la Chine et l’Inde, ont réduit de manière drastique la proportion des personnes à faibles revenus – le Brésil de 17,2 % en 1990 à 6,9 % en 2009, la Chine de 60,2 % en 1990 à 13, 1 % en 2008 et l’Inde de 49,4 % en 1983 à 32,7 % en 2010.
 »

 

Traiter le BRICS dans l’indifférence, ou la condescendance, n’est effectivement qu’une dérisoire posture de déni. Ce qu’ont compris les plus lucides. (12)

 

S’affirmant progressivement comme un pôle moteur de développement et de rénovation des transactions internationales, économiques et financières, le BRICS, il convient de le souligner, représente surtout un ancrage de stabilité, de pondération, dans les relations entre pays et continents. Devenus si volatils, agressifs, tant les pulsions paranoïaques ont supplanté le traitement logique et apaisé des inévitables conflits d’intérêts.

 

Un sommet "productif", ou "réussi", repose sur l’interaction de quatre rouages :

=> En amont, l’aboutissement d’un intense travail préparatoire, accompli par de multiples commissions spécialisées

=> A l’issue du sommet, un consensus sur l’architecture des accords et décisions liés au thème proclamé. En l’occurrence :

"BRICS and Africa: Partnership for Development, Integration and Industrialisation”.

=> Les discussions, négociations et accords bilatéraux entre partenaires en dehors, ou en accompagnement, des décisions collectives

=> Les rencontres formelles et informelles entre responsables des délégations. Dans le cas du BRICS, les chefs d’Etat respectifs.

 

Cette dynamique a étonnamment bien fonctionné au cours de ce sommet. Eclatant succès, marquant une avancée spectaculaire de l’importance géopolitique du BRICS.  Majeure, actuellement. Dont le poids, l’impact, dans la rénovation inéluctable des systèmes de gestion économique et politique, vont se révéler déterminants dans les prochaines décennies.

 

Ainsi qu’en témoigne sa Déclaration finale : “eThekwini Declaration and Action Plan”, reprenant dans son titre le nom de la ville hôte. Celui en langue Zouloue de Durban : eThekwini. Ses 47 articles, suivis du Plan d’Action, méritent une lecture attentive pour qui souhaite percevoir, mesurer, le basculement irréversible du centre de gravité des enjeux, forces et pouvoirs de la planète. (13)

 

Loin d’être une révolution, une rupture brutale par rapport au "libéralisme sauvage", une confrontation téméraire avec l’hystérie belliciste d’un Empire agonisant (14), ils traduisent, dans un contournement ou un enveloppement analogues à ceux de la stratégie du jeu de GO, la patiente, méthodique, solide, mise au point d’un nouveau mécanisme de gestion et de relations, dans et entre nos différentes collectivités et continents.

 

L’Amérique latine apporte à ce mouvement une vigoureuse réflexion novatrice, confortée par l’expérience, avec ses réussites et ses immanquables blocages ou sabotages. Une des plus stimulantes étant celle de l’intellectuel Alvaro Garcia Linera, vice-président actuel de la Bolivie. Car, changer un système finissant, construire une renaissance sur les décombres d’un “capitalisme mû par la pulsion de mort” (15), exige pour préalable, ou concomitance, la libération des esprits du carcan de l’idéologie coloniale ou impériale…

 

Cette « bouffée d’air frais oxygène le monde stagnant de l’impérialisme néolibéral » ["breath of fresh air to oxygenate the stagnant world of neoliberal imperialism"], pour reprendre l’expression de Vijay Prashad. (16)

 

Et, les 47 articles de la Déclaration du sommet du BRICS…


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Le Jeu de GO

 

Le rouleau compresseur et la gifle

 

Les médias, traitant quelque peu de ce sommet, se sont focalisés sur la création imminente, par le BRICS, d’une Banque de Développement aux compétences élargies qui concurrencerait le FMI. Ce n’était, même si l’idée a été retenue dans une perspective à moyen-long terme (article 11 de la Déclaration), ni le sujet du sommet, ni sa priorité !

 

Chinois et Russes, particulièrement, se méfiant des "zinzins institutionnels", aussi coûteux qu’inefficaces, générant trop souvent une caste de technocrates, échappant à tout contrôle, en cheville avec des lobbies corrupteurs. La bureaucratie bruxelloise de l’UE représentant un pathétique et permanent exemple, multipliant désastres économiques, sociaux et politiques… Préférant privilégier une approche pragmatique fondée sur un maillage étroit, resserré, entre membres du BRICS (17), laissant à chacun libre choix des moyens d’intervention dès lors qu’ils s’alignent sur un cap identique fixé d’un commun accord.

 

C’était surtout perdre de vue le thème de ce sommet, plus qu’important et novateur :

« Le BRICS et l’Afrique : Partenariat pour le Développement, l’Intégration et l’Industrialisation »

["BRICS and Africa: Partnership for Development, Integration and Industrialisation”]

 

S’il y a deux points à retenir à la lecture de la Déclaration finale du sommet, ce sont deux affirmations, interactives, impressionnantes de lucidité et de calme détermination :

=> L’affirmation du décollage de l’Afrique
=> L’affirmation du cadre des relations internationales

 

 

i)  L’Afrique

 

L’Afrique est considérée par le BRICS comme le continent promis aux plus spectaculaires développements, dans une “relation sud-sud” à privilégier. Du fait de ses immenses richesses naturelles, de ses titanesques besoins en équipements et infrastructures, et du stupéfiant dynamisme de son marché intérieur. Le retard infligé par les anciennes puissances européennes, dans un féroce pillage néocolonial tant de son sous-sol que de ses privatisations-spoliations, va fatalement se terminer par la reprise en mains progressive des Africains de leur propre destin.

 

Le terme "Intégration" s’entend au sens "régional" par l’édification graduelle de regroupement d’Etats Africains, mais aussi par le tissage de liens spécifiques intercontinentaux "sud-sud" (18) :

« Le BRICS et l’Afrique devraient étroitement s’intégrer afin de promouvoir l’Afrique en tant que nouvelle locomotive de l’économie de la planète. »

["The BRICS and Africa should be closely integrated and promote Africa as the new highlight in the global economy."]

 

En écho au dernier rapport du PNUD (19) :

« L’une des réussites les plus frappantes a été celle de l’Afrique subsaharienne. De 2003 à 2008 (les cinq années antérieures à la crise financière mondiale), le revenu par habitant dans la région a augmenté de 5 % par an, plus du double qu’au cours des années 1990 […] grâce à la forte demande provenant des pays du Sud, la Chine en tête. »

 

Ou encore, dans le même document du PNUD, cocasse démenti des clichés médiatiques de la propagande antichinoise (20) :

« La Chine a encouragé ses industries plus développées telles que le cuir à se délocaliser de façon à se rapprocher de la chaîne d’approvisionnement en Afrique, et ses sociétés modernes spécialisées dans les télécommunications, les produits pharmaceutiques, l’électronique et la construction à former des coentreprises avec des entreprises africaines. »

 

La Chine, donnant effectivement l’exemple, accueille actuellement des milliers d’Africains, majoritairement entrepreneurs et commerçants. Mais aussi des milliers d’étudiants, dans ses universités d’excellent niveau. Ce mouvement en marche, véritable rouleau compresseur libérateur des anciens clivages et blocages, est amplifié par l’Inde, la Russie et le Brésil qui multiplient les accords de partenariats avec de nombreux Etats Africains. A commencer par l’Afrique du sud, avec qui la Russie vient, ainsi, de signer, d’importants accords dans le domaine spatial, aéronautique, nucléaire et militaire. (21)

 

Le sommet était d’ailleurs suivi d’un séminaire auquel participaient de nombreux chefs d’Etat et responsables, non membres du BRICS, tout particulièrement de l’Afrique dite "anglophone", intitulé (Art. 3) :

« Débloquer le potentiel de l’Afrique : Le BRICS et la Coopération Africaine sur l’Infrastructure »

["Unlocking Africa’s potential: BRICS and Africa Cooperation on Infrastructure”]

 

Occasion de réaffirmer le soutien du BRICS au développement durable de l’Afrique dans une vision d’intégration régionale, tout en finançant une économie respectueuse de l’environnement (green economy), afin d’éradiquer la pauvreté et l’injustice sociale du Continent (Art. 4 & 38).

 

D’où le rappel à la "communauté internationale" de reconnaître et respecter le rôle éminent de l’organisation de l’Union Africaine, regroupant l'ensemble des Etats Africains, pour résoudre les conflits sur le continent afin d’assurer la Paix (Art 24) :
« We commend the efforts of the international community and acknowledge the central role of the African Union (AU) and its Peace and Security Council in conflict resolution in Africa. »

Cet article est une allusion directe à l’accord auquel était parvenu l’Union Africaine, organisant une transition pacifique pour un nouveau modèle de gouvernement, entre Kadhafi et les différentes factions en conflit, en Libye. Les occidentaux avaient refusé cette médiation réussie, préférant détruire le pays par leurs forces armées sous bannière de l’OTAN…

Le BRICS est conscient de la crispation des anciennes puissances coloniales, britannique et française en premier lieu, sur leurs chasses gardées rongées jusqu’à l’os. Enfermées dans leur doctrine belliciste, fondée sur l’intervention ou l’occupation armées suivant les vieux schémas coloniaux, afin d’empêcher toute émancipation non seulement politique, mais encore plus économique. Protégeant des dictatures corrompues, avec des contingents détachés d’Europe pour servir de garde prétorienne.

 

D’où trois articles de la Déclaration à prendre au sérieux :

=> Art. 30, sur le Mali : demandant de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays afin qu’il puisse assurer son développement économique et social dans la paix…

=> Art. 31, sur la République Centre Africaine : condamnant les interventions armées dans le pays, où bizarrement des “rebelles”, après avoir fomenté un coup d’Etat, se sont précipités pour tuer des assistants techniques sud-africains (13 morts et 27 blessés graves) ainsi que des ressortissants indiens. Mais, aucun des coopérants français pourtant fort nombreux…

=> Art. 32, sur la République Démocratique du Congo (Kinshasa), le BRICS employant les mêmes termes que dans l’article précédant, diplomatiquement très forts : « gravely concerned ». Les membres du BRICS sont "gravement", extrêmement, "préoccupés", par le pillage armé du pays à partir d’Etats frontaliers pour le compte de multinationales étrangères…

 

 

 ii)  Les relations internationales

 

L’Empire, pris dans la spirale d’une entropie immaîtrisable, plonge le monde dans des conflits et actes de violence permanents : guerres, civiles, de conquête, de destruction, de massacres quotidiens, d’assassinats et tortures à l’échelle industrielle… Comment mettre un terme aux incessants discours, provocations, sanctions, embargos, menaces de conflits armés, exacerbés par une propagande délirante ?...

 

Comment brider « la pulsion du mort » ?...

 

Le BRICS exprime dans toute une série d’articles (Art. 1 & 21, notamment) sa vision d’un monde à édifier, consolider, perfectionner, dans le respect mutuel, la coopération, le partage des problèmes et des solutions. Le plus explicite étant l’article 22, dont l’introduction :

« Nous sommes déterminés à construire un monde harmonieux de paix durable et de prospérité partagée, et réaffirmons que le 21° siècle doit être marqué par la paix, la sécurité, le développement et la coopération. »

 

L’effet majeur de cette volonté se produit au sein même du BRICS : désamorcer les tentatives permanentes des USA pour dresser l’Inde contre la Chine !... Les relations ne cessant, au contraire, de se renforcer entre ces deux géants, avec la médiation permanente de la Russie qui entretient des liens de confiance avec chacun d’entre eux, sur le plan diplomatique, économique et militaire.

 

Cette réaffirmation de la multipolarité, avec référence à la nécessité de réformer les grandes instances internationales (du Conseil de Sécurité au mode de fonctionnement du FMI), et de la primauté de la diplomatie, du dialogue, pour la résolution des conflits d’intérêts, est illustrée par les références répétées dans la Déclaration finale du sommet au respect des souverainetés nationales et au refus des propagations des luttes armées et des guerres civiles.

 

Son soutien à la paix, au dialogue, à la condamnation des interventions militaires, à la nécessité de penser d'urgence aux souffrances actuelles et à la préservation des générations futures, à la reconstruction, s’affichent dans les articles soutenant la Syrie (Art. 26) et l’Afghanistan (Art. 29). Se préoccupant du blocage permanent de toute négociation de paix en Palestine, dénonçant les implantations illégales de colonies sur son territoire et souhaitant l’admission de cette nation à l’ONU (Art. 27).

 

Quant à l’Iran, et la crise artificiellement entretenue par les pays occidentaux, la position du BRICS est sans équivoque et sans appel (Art. 28) :

« Nous estimons qu’il n’y a aucune alternative à une solution négociée au problème du nucléaire Iranien.

Nous reconnaissons à l’Iran le droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques en conformité avec ses engagements internationaux, et soutenons la résolution des problèmes en cours par des moyens politiques et diplomatiques, et par le dialogue…»

 

Encore plus important, dans cet article, l’alinéa :

« Nous condamnons les menaces militaires aussi bien que les sanctions unilatérales… »
En anglais :

“We are concerned about threats of military action as well as unilateral sanctions.”
Précisons qu’en langage diplomatique, la litote "we are concerned" (littéralement : "nous sommes préoccupés") veut dire en clair :

« Nous condamnons »…

 

La gifle, pour ceux qui rêvent de « guerre préventive », et autres options du même calibre « sur la table »…

 

Elargissement du BRICS à d’autres partenariats ?... 

 

Depuis 2011, aucun nouvel adhérent n’a été coopté. Un des critères d’admission étant de démontrer un minimum de stabilité politique, de développement économique. Mais, avant tout : de souveraineté nationale.

 

Le BRICS aurait souhaité intégrer un pays du Moyen-Orient en mesure de représenter préoccupations et intérêts spécifiques de la région et du monde musulman. Ses membres comptent, parmi leurs populations, de fortes communautés de cette religion. La Turquie était bien placée, jusqu’à son "naufrage syrien" : diplomatiquement, elle n’existe plus. (22) Régressant vers son statut de colonie de l’OTAN des longues années de la Guerre Froide.

 

L’Indonésie est, à présent, le pays le mieux placé sur la liste des futurs membres, avec ses 245 millions d'habitants, ses 86% de musulmans (recensement 2011), ses richesses énergétiques et minières, sa rapide progression économique (+ 6 % annuel du PIB)... Encore faut-il, qu’elle s’affranchisse davantage de la tutelle impériale…

 

A l’an prochain au Brésil, pour le prochain sommet, nous verrons bien !...

 

 

 

 

1.  Aldous Huxley, L’éminence grise – Essai biographique sur les rapports de la politique et de la religion, La Table Ronde, 2001, p. 308.

2.  BRICS & Bombes, 22 avril 2011,
http://stanechy.over-blog.com/article-brics-bombes-72281017.html

3.  Johnny Clegg : le « Zoulou Blanc », 1er juin 2007,

http://stanechy.over-blog.com/article-10675405.html

4.  D’où le titre de la déclaration finale du 5° sommet du BRICS, du 27 mars 2013 : “eThekwini Declaration and Action Plan”, http://pib.nic.in/newsite/erelease.aspx?relid=94317

5.  Sur 12 millions d’habitants de cette province la plus peuplée, avec celle de Gauteng (Johannesbourg), des 9 que compte l’Afrique du sud. La capitale administrative du KwaZulu-Natal se situe à 60 km à l’intérieur : Pietermaritzburg.

6.  A Singapour (après sécession avec la fédération de Malaisie en 1965, organisée par Londres), longtemps principale base navale, commerciale et financière britannique en Asie, à l’extrémité de la péninsule Malaise, les Chinois représentent 77% des 5 millions d’habitants de cette “Cité-Etat”. Les Indiens : 8% ; les Malais n’étant plus que 14%.

7.  Il existe une passionnante correspondance échangée durant ce séjour entre Gandhi et Tolstoï sur la violence de la colonisation et les moyens de la combattre : élaboration du concept de “désobéissance civile”.

8.  Pierre-Olivier Rouaud, BRICS : quand 5 géants se rencontrent à Durban, Usine Nouvelle, 26 mars 2013,
http://www.usinenouvelle.com/article/brics-quand-5-geants-se-rencontrent-a-durban.N193956

9.  Fonction actuelle (il est sur le départ) : Chairman of Goldman Sachs Assets Management.

10.  Erich Follath, Goldman Sachs’ Jim O’Neill : BRICS ‘Have Exceeded all Expectations’, Spiegel, 21 mars 2013,
http://www.spiegel.de/international/business/departing-goldman-sachs-exec-still-sees-bright-future-for-bric-nations-a-890194.html 

11.  PNUD, Rapport sur le Développement Humain 2013 – L’Essor du Sud : Le Progrès Humain dans un Monde Diversifié, pp. 15 – 16,
http://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/rdh2013/telecharger/

12.  Pepe Escobar, BRICS go over the wall, Asia Times, 26 mars 2013,
http://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-260313.html 

13.  Op. Cit., http://pib.nic.in/newsite/erelease.aspx?relid=94317

14.  Sam Sacks, Condemned to Endless War : The Sisyphean US terror policy [Condamnés à une Guerre Sans Fin : Le Rocher de Sisyphe de la politique de terreur des USA] , RT, 27 mars 2013,

http://rt.com/op-edge/war-sisyphean-us-terror-931/ 

15.  Gilles Dostaler & Bernard Maris, Capitalisme et Pulsion de Mort, Albin Michel, 2009. 

16.  Pepe Escobar, The South also rises [Le Sud émerge aussi], à propos du livre de Vijay Prashad - The Poorer Nations : A possible History of the Global South, Asia Times, 5 avril 2013,
http://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-050413.html

17.  Les important accords monétaires entre Chine et Brésil (accord de 30 milliards de dollars de swap de devises) sont une éclatante démonstration de ce type de démarche :
"China and Brazil sign $30 bn currency swap deal", RT, 27 mars 2013,
http://rt.com/business/china-brazil-currency-swap-deal-brics-918/ 

18.  BRICS ‘set to be global force’, China Daily, 27 mars 2013, http://europe.chinadaily.com.cn/china/2013-03/27/content_16351114.htm

19.  PNUD, section : Revenu et Développement Humain, Op. Cit., p. 28.

20.  PNUD, section : Aider les autres pays à rattraper leur retard, Op. Cit., p. 55.

21.  Exemples d’accords :
i) Maxim Bogodvid, GLONASS: un système optique sera installé en Afrique du Sud, RIA Novosti, 26 mars 2013, http://fr.rian.ru/science/20130326/197909285.html

ii) Grigoriy Sisoev, Russie-Afrique du sud : coopérer dans l’aéronautique, 26 mars 2013, RIA Novosti, http://fr.rian.ru/world/20130326/197909068.html

22. Deux articles résument parfaitement l’abandon de la souveraineté de la Turquie, suite à la trahison de ses dirigeants actuels :
i) Hédi Dhoukar, La Turquie c’est fini, 27 décembre 2012, http://hedidh.blogspot.fr/2012/12/la-turquie-cest-fini.html

ii)  Ramzy Baroud, How Turkey’s regional ambitions crumbled, Asia Times, 4 avril 2013,

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-040413.html

 

 

 


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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 09:52

 

 

 

"La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté."

Carl Von Clausewitz  (*)

 

 

 

Obama se rend en Palestine occupée, en ce 20 mars 2013.

 

« Un grand pas en avant ! », scande le chœur médiatique…

 

Jour du dixième anniversaire de l’invasion et de l’écrasement de l’Irak.

 

Date et déplacement ne sont pas innocents.

 

Démonstration cynique, de force impitoyable, de rhétorique mythomaniaque. Dans une région ravagée, pillée, plongée dans l'épouvante et la souffrance, depuis bientôt un siècle par les puissances occidentales. Depuis le Traité de Sèvres du 10 août 1920, organisant le dépeçage de l'Empire Ottoman à leur profit.

 

Ils marquent la volonté d’un Empire d’affirmer l’arrogance de sa puissance et la démesure de sa paranoïa.

 

Défi lancé à la face de l’ensemble des nations de la planète.

 

Ce n’est pas un développement solidaire et harmonieux qui est proposé au reste de l’Humanité, mais un rappel, une injonction, au devoir de soumission à l’égard d’une caste dont l’aveuglement et la cruauté rayonnent d’impudence.

 

Quant au Peuple Palestinien, symbole de la résistance à ce délire :


Leon-Kuhn-big_heels.jpg

 

 

 

 

 

 

(°)  Carl Von Clausewitz, "De la Guerre", traduction Denise Naville, Editions de Minuit, collection "Arguments", 1955, p. 51.

 

Caricature de Leon Kuhn

 

 

 

 

 

 


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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:30

 

 

"Partout, dès les quais du port jusqu'au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l'offense régnait impunie, la misère, la délation, l'humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres ."

Jean-François Lyotard  (*)

    

 

 

Dix ans…

 

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

 

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

 

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

 

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

 

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

 

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) :

« Don’t mention the Iraq War…»

 

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

 

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

 

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc.  Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

 

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) :

« Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

 

Steve-Bell-28.02.2013-002.jpg

 

Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

 

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment...

 

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

 

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la "guerre civile". Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

 

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-"industrielle" par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

 

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

 

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

 

Leon-Kuhn-iraq_medal.jpg

 

Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !... Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

 

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [Britsh foreign policy and military action] (5).

 

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

 

But ultime. « Mission accomplie ».

 

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

 

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

 

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

 

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

 

Ils les exécutent.

 

Avec une "discrétion", ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

 

David-Kelly.jpg

 

Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l'ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

 

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

 

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les "politiques" exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

 

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent  de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

 

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

 

Trop.

 

Il a été retrouvé « suicidé ».

 

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

 

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

 

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

 

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

 

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

 

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

 

Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.

 

Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian,

http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-iraq-war-william-hague

2.  Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013,

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/iraq-war-anniversary-tony-blair-cartoon

3.  Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-about-iraq/

4.  Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse,
[Révélation : les centres de torture en Irak  sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers]

The Guardian, mercredi 6 mars 2013,
http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/pentagon-iraqi-torture-centres-link

5.  Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009,
http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shiner-we-torture-people-yet-no-one-admits-it-1766263.html

6.  David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly's suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004,

http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianletters4

7.  Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him - says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail,

http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleblower-Dr-Kelly-WAS-murdered-silence-says-MP.html

8.  Simon Aronowitz, Kelly was Murdered' Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004,
http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9.  Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti - 25 février  2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l'Observatoire ne comprend que deux personnes: le directeur et son secrétaire-interprète. L'établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d'instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu'il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d'entrepreneur (propriétaire d'un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.

 

 

(*)  Jean-François Lyotard, Signé Malraux - Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

 

 


 

 

 


 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

 

 

 

 

La Journée de la Femme nous invite à prendre conscience. A ne pas oublier, aussi.
Je remets en ligne le texte publié à l’occasion de cette manifestation en 2011, rendant hommage à Aafia Siddiqui. Il y a deux ans…
Et, toujours d'actualité.
Le traitement infligé à cette femme de 41 ans, emmurée vivante dans les oubliettes de l’Occident, est une  condamnation permanente de l’hyperviolence, de la profonde hypocrisie, d’une idéologie et d’un système tant médiatique, politique, que judiciaire.

Déchiquetant La Dignité Humaine pour en nourrir leur Bonne Conscience.

 

 

 

« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »

Marek Halter  (1)

 

 

 

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

 

aafia-siddiqui-608

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

 

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie. 

 

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

 

 

Le mensonge des escadrons de la mort 

 

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

 

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

 

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

 

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

 

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

 

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

 

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

 

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l'encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

 

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

 

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

 

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

 

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

 

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

 

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

 

 

Le silence des Belles Ames 

 

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

 

Pourquoi cet acharnement ?...

 

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

 

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

 

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

 

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

 

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

 

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

 

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

 

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

 

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

 

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

 

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

 

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

 

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

 

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

 

 

 

 

 

 


 

 

(1)  Marek Halter, archétype de l’Intellectuel-Tartufe célébrant les pires dérives de l’extrémisme sioniste dans l’histrionisme islamophobe. La citation empruntée à ce fanatique, encensé par la propagande, se veut donc une dérision relevant du gag : "L’arroseur-arrosé"...

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011,  
http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html
 

(3)  Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010,
http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4)  Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010,
http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html

(5)  Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice,
http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6)  Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7)  Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8)   Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d'observateur au procès d'Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010,
http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

 

 

 


 

 

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