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Vendredi 20 novembre 2009


« Si le pouvoir de normalisation veut exercer le vieux droit souverain de tuer, il faut qu’il passe par le racisme. »

Michel Foucault (1)

 

 

 

Je me ressourçais à la finesse des analyses de Michel Foucault sur le pouvoir et ses dérives, le racisme étant une de ses pires pathologies, quand j’appris qu’un débat entre Tariq Ramadan et Caroline Fourest, se déroulerait chez Taddeï. Dans une émission de FR 3. (2)

 

Intéressant, me dis-je, d’assister à la rencontre entre une représentante éminente du "racisme d’Etat" français et un intellectuel au rayonnement international, spécialiste de l’Islam. Prudent, toutefois, je n’en attendais pas grand-chose. (3)

 

Ces rencontres télévisuelles relèvent plus du pugilat, que de la confrontation d’idées, de convictions ou de positions. L’objectif étant souvent, outre de « faire de l’audience », de noyer, parasiter, étouffer les propos de celui qui ne doit pas être entendu. Selon les diktats du politiquement correct.

 

Tariq Ramadan, j’ai l’habitude de suivre ses interventions sur les chaînes de TV britanniques où il est régulièrement invité, s’exprimant dans un excellent anglais. Toujours aussi clair, concis, serein. (4)

 

On se souvient qu’il avait été recruté pour occuper la chaire d’islamologie dans la plus grande université catholique du monde, celle de Notre-Dame, dans l’Etat d’Indiana aux USA (5). Mais au dernier moment, le gang bushiste dans lequel s’illustra le “grand inquisiteur” fanatique Daniel Pipes (6), spécialiste de la chasse aux universitaires « suspects de déviationnisme antichoc des civilisations », bloqua son visa d’admission.

 

L’université d’Oxford, au Royaume Uni, le récupéra aussitôt. Il est régulièrement consulté par les autorités du pays. Comme dans d’autres pays européens ou d’autres continents. Ses livres en anglais se retrouvent dans toutes les librairies britanniques. Sollicité dans le monde entier comme conférencier (7), il est l’exemple du chercheur qui étudie, analyse, écoute, regarde, échange. Dans l’humilité.

 

Sauf en France.

 

Depuis l’ère Pasqua, ministre de l’Intérieur d’alors qui, entre deux contrats de vente d’armes sur l’Angola, s’arrangeait pour que les préfets interdisent l’obtention de salles de conférences ; lorsqu’on voulait faire venir Tariq Ramadan pour débattre avec lui.

 

Estampillé « islamiste ». Ce qui équivaut à une condamnation d’excommunication de l’Eglise ou, de nos jours, à une “fatwa républicaine”.

 

Un test ?

 

Je vous offre votre poids en chocolat si vous trouvez un seul de ses livres dans une bibliothèque municipale en France ou un centre culturel français à l’étranger. Alors qu’abondent, en bonne place dans ces mêmes établissements publics, les livres de propagande les plus islamophobes, anti-arabes, anti-iraniens, anti-palestiniens, et j’en passe, du circuit de l’édition francophone.

 

« Liberté d’expression », « Exception culturelle française »… Diabolisons, d’abord. Réfléchissons, ensuite.

 

En France, Tariq Ramadan est ostracisé par le puissant lobby islamophobe et ses beni oui-oui d’origine libanaise ou maghrébine. Tout simplement, parce qu’il n’accepte pas la diabolisation de l’Islam. Comme tout clou qui dépasse, il a donc droit aux coups de marteau des tenants de notre glorieux héritage colonial. Les « inférieurs » doivent « s’écraser » et demander la permission d’exister.

 

Hélas ! Son approche intellectuelle n’a rien à voir avec la verroterie conceptuelle de bazar des bateleurs s’autoproclamant représentants “éclairés par la modernité occidentale” de la communauté musulmane d’Europe. Tant prisés par les médias dominants et les milieux intellectuels racistes.

 

Dont on sait, à part leurs sponsors et autres commanditaires semble-t-il, que :

«… leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter.

Et qu’ils ne doivent leur temps d’antenne qu’à leur capacité à occulter beaucoup d’autres visions, bien d’autres sensibilités, de multiples autres exigences, qui sont souvent celles de la vaste majorité de leurs concitoyens ou de leurs compatriotes, ainsi privés de voix ». (8)

 

 

 

 

Dans un activisme vibrionnant, Caroline Fourest anime cette mouvance. Tous les médias officiels, presse, radios, TV, lui sont ouverts. Passant pour une spécialiste de l’Islam. Alors qu’elle n’est que l’archétype de l’intolérance islamophobe. Si bien décrite, démontée, dénoncée, dans les livres d’Edward Saïd.

 

Oui. Les USA ont Daniel Pipes. Nous en France, en Europe, nous avons notre grande inquisitrice : Caroline Fourest. Au culot inébranlable. Transbahutant son fonds de commerce islamophobe, baluchon, bric-à-brac d’intolérance, de suspicions paranoïaques, de réquisitoires en sorcellerie.

 

Elle m’avait amusée, dans une émission de TV britannique vue à Londres, lors du lancement médiatique de la guerre en Irak. Y avaient été invités des “journalistes” de différents pays européens pour justifier l’innommable : détruire un pays, plus d’un million de morts, sur fondement de mensonges. Tout le monde le savait.

 

Car une guerre se lance comme un nouveau dentifrice sur le marché, par un matraquage publicitaire préalable ou en accompagnement. La propagande, en pleine effervescence, roulait du tambour sur l’hystérie du choc des civilisations : l’Islam une menace pour l’Occident !

 

Dans sa diatribe anglicisante, Caroline Fourest venait confirmer combien la France était en danger avec des banlieues, des mosquées, des imams propagateurs de la haine de l’Occident…

 

Pitoyable.

 

Elle ne voit l’Islam qu'à travers les stéréotypes des néoconservateurs US. Dans un laborieux copié-collé des argumentaires de propagande, élaborés par les officines de la désinformation des Think Tanks. Même pas retraités. Encore moins repensés. Régurgités, simplement.

 

Le comble du ridicule : quand elle aborde cette immense mosaïque désignée sous l’appellation de Frères Musulmans ! Variant, évoluant, dans sa composition et ses orientations, d’un pays à l’autre, d’un courant à l’autre, d’une époque à l’autre. Avec ses bons et ses méchants, ses héros et ses dissidents, ses martyrs et ses collabos.

 

Visiblement, sur L’islamisme et les Frères Musulmans, elle ne s’est même pas donnée la peine de lire l’ouvrage fondamental de François Burgat. (9) Le meilleur spécialiste international sur la question.

 

Alors, dans ce fourre-tout relooké en Chaudron de l’Enfer, Caroline Fourest vient puiser à la louche tous les amalgames, toutes les thèses et condamnations, contre l’Islam. Hypnotisant un public désinformé. Bien sûr, à l’abri des “appellations-alibis”, boucliers de la rhétorique islamophobe : islam radical, laïcité

 

Incapable de lucidité, de courage, d’honnêteté, pour constater, toucher du doigt, dire, que ce ne sont pas des musulmans qui occupent militairement, bombardent, rasent des villages, villes, régions, pays, en Europe ou en Amérique du nord. Dans l’hyperviolence. Depuis des décennies. Mais, le contraire. En Terre d’Islam, ce sont des occidentaux, chrétiens ou pas, laïcs ou pas. Semant quotidiennement la mort, la désolation, la souffrance, le désespoir. Dans la bonne conscience.

 

Refusant d’admettre que l’Islam est une des grandes religions de l’Humanité et donc de l’Europe, elle et ses sponsors la voudraient invisible. Dans son délire inquisitorial, traquant inlassablement le “double langage”, sur fond de procès d’intention. Ce n’est plus la chasse à la taupe moscovite, mais à la taupe iranienne, "islamofasciste", alqaïdesque…

 

Sa cible privilégiée étant : Tariq Ramadan.

 

Multipliant, livres, articles, déclarations, présences médiatiques. Cette “journaliste de gauche” pratiquant avec cynisme le « double langage » qu’elle prétend dénoncer. Dans son acharnement, ne cessant de clamer son républicanisme, elle milite pour l’interdiction de Tariq Ramadan dans les universités !…

 

Semer le doute, instiller la peur. La peur de L’Autre. Du musulman pratiquant. “L’autre race … celle qui, en permanence, et sans cesse, s’infiltre dans le corps social, ou plutôt se recrée en permanence dans le tissu social et à partir de lui.” (10)

 

Dans un combat  incessant “… à partir d’une race donnée comme étant la vraie et la seule, celle qui détient le pouvoir et celle qui est titulaire de la norme, contre ceux qui dévient par rapport à cette norme. ” (11)

 

L’obscurantisme, l’intolérance, le radicalisme du racisme, le fanatisme, sous couvert de la défense de la laïcité.

 

D’où vient cette rage ? Exiger la suppression de la parole de « l’autre » ? Pourquoi un tel harcèlement, à l’encontre de Tariq Ramadan ? Pourquoi une telle obsession ?… Heures, jours, mois, années… Implacable.

 

Au fil des échanges le débat s’enlisait, avec une Caroline Fourest empêtrée dans ses anathèmes incapables de dissimuler amalgames et manipulations. De citations, de contextes, d’erreurs factuelles. Dans la fureur de ses “excuses sincères”, à chaque ramassage “coquillesque” que lui présentait son interlocuteur.

 

Fragile libellule du tripatouillage informationnel, persécuteur, mensonger, face au rouleau compresseur de la maîtrise méthodologique d’un chercheur du calibre de Tariq Ramadan. Pathétique prestation d’une propagandiste, prise les doigts dans le pot de confiture de la désinformation…

 

J’éprouvais de la compassion.

 

Quand progressivement ma perspective changea, grâce au remarquable travail des cameramen et de la régie.

 

On ne salue jamais assez les prouesses que réalisent ces techniciens saisissant en direct, donc sans montage en post-production, une émission TV. Changer d’angles et de perspectives en permanence pour donner du rythme à un débat, où dialoguent sur un plateau, quand ils ne s’apostrophent pas, plusieurs interlocuteurs.

 

Pour accentuer l’ambiance « duel », ils reprenaient la pratique magnifiée par Sergio Leone dans ses westerns. Cadrant à tour de rôle, en gros plan, le regard des duellistes. Ne manquait que la musique d’Ennio Morricone, avec ses mélodies portées par une harmonica…

 

Les yeux, plein écran, la caméra glissant sur les joues et mentons des protagonistes, barbe de l’un, fond de teint de l’autre, pour saisir la lumière dans l’éclat des iris de l’opposant…

 

Superbe alternance.

 

Soudain. Je compris. Nulle lueur haineuse, meurtrière.

 

Aveuglante. L’étincelle. L’illumination. Un champignon atomique surgissant à l’horizon. Ce fut le titre du film d’Alain Resnais, sur un scénario de Marguerite Duras qui me vint à l’esprit :

Hiroshima Mon Amour

 

Explosant, fou, jaillissant, passionné, ravageant, fasciné, haletant, déchiré…

 

Dans la fulgurance bleutée du regard de Caroline Fourest, un cri silencieux jeté à l’homme de sa vie, muré dans son incompréhension…


Tariq Mon Amour !...

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Michel Foucault, Il faut défendre la Société, Cours au Collège de France - 1976, Gallimard, 1997, p. 228.

2.  Emission France 3 à visionner : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=833

3.  « Racisme d’Etat : un racisme qu’une société va exercer sur elle-même, … un racisme interne, celui de la purification permanente qui sera l’une des dimensions fondamentales de la normalisation sociale. », Michel Foucault, Op. Cit., p. 53.

4.  Visitez son site : http://www.tariqramadan.com/

5. http://en.wikipedia.org/wiki/University_of_Notre_Dame

6. http://www.voltairenet.org/article13765.html 

7.  Visionnez sa récente conférence au Canada : http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10915

8.  François Burgat, Ôte ta conscience de là que j’y mette la mienne, 3 janvier 2007, http://oumma.com/Ote-ta-conscience-de-la-que-j-y

9.  François Burgat, L’islamisme en face, Paris, La Découverte, 1995, Poche 1996, édition mise à jour 2002 et décembre 2007.

10. Michel Foucault, Op. Cit., p. 52

11. Michel Foucault, Op. Cit., p. 53

 

 



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Jeudi 12 novembre 2009



Paradoxe.

 

En pleine transe médiatique sur la célébration des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, de la « Victoire de la Liberté sur l’Oppression »…

 

Ne voilà-t-il pas, qu’en France, un député - maire du parti au pouvoir se fait le chantre du « ferme ta gueule » à l’encontre des artistes, des écrivains. Du moins de ceux qui ne pensent pas dans « la ligne du parti ».

 

Comme le beaujolais, c’est le « stalinien nouveau » qui débarque…

 

Fier comme Artaban, il demande au Ministre de la Culture de ramener à la raison Marie NDiaye, exigeant l’imposition d’un « devoir de réserve ». Qui n’est que l’obligation de se taire. Cette artiste aurait « diffamé » la France et ses dirigeants.

 

Non. Ce n’est pas une chanteuse quittant la France pour se réfugier en Suisse. Crachant sur son système fiscal, son impôt sur la fortune, ses institutions et ses valeurs. Notamment une de celles inscrites sur ses bâtiments et ses documents publics : la Solidarité, à défaut de Fraternité.

 

C’est une romancière, vivant à Berlin, qui vient d’obtenir un de nos plus médiatiques prix littéraires, le Goncourt.

 

Diabolisée pour avoir dit tout haut ce que pensent, à présent, les français dans leur majorité. Même ceux qui avaient voté pour Sarkozy et son parti, enthousiastes devant l’image véhiculée par les médias d’un homme neuf, leur promettant « d’aller chercher la croissance avec les dents ».

 

Ignorant, alors, que ses dents seraient vigoureusement limées jusqu’aux gencives par les lobbies, et autres prédateurs de la collectivité, rompus à ce genre d’exercice : banques - assurances, pétroliers - gaziers - atomistes, chimie - pharmacie, béton - télécoms, agro-industrie – grande distribution, “complexe” militaro - industriel… 

 

Face à un président-monarque édenté au bout de deux ans, quoi de plus normal pour un peuple floué que d’exprimer son ressentiment pour les uns, son écœurement pour les autres…

 

Après tout, en quoi Marie NDiaye a-t-elle tort de dire qu’elle trouve la France " monstrueuse dans son flicage et sa vulgarité " ?… D’estimer que certains ministres se comportent en monstres froids, et de les citer : Besson, Hortefeux ?… 

 

Quitter la France pour s’installer avec sa famille à Berlin où la vie intellectuelle est plus libre, plus créatrice, qu’en France où tout est verrouillé par la même caste ?… Où est le mal ?…

 

Somme toute, elle ne s’est pas installée dans un paradis fiscal, mais demeure dans les frontières de l’Union Européenne. C’est son droit. Dire qu’elle l’a fait dès l’élection de Sarkozy, par détestation, et alors ?…

 

Sa position a le mérite de la franchise et de la clarté. :

« Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »

 

Cela change de la langue de bois du monde de l’édition !

 

Mais, pour la caste au pouvoir : inadmissible. D’où les réactions, révélatrices de sa fureur.

 

 

Le grotesque de pareille posture est riche d’enseignement.

 

Confirmant la tendance liberticide des oligarchies en Occident. Sous prétexte de terrorisme, d’ultra-gauchisme, de l’honneur du drapeau, du "secret défense", de l'identité nationale, des dirigeants ou des petits pois...

 

Une résurgence de ce contre quoi nous, nos ancêtres, nous sommes battus pendant des générations : l’autocratie, l’absolutisme. Car cet « élu », dans sa gesticulation, brandit à bout de bras un symbole : une « lettre de cachet ».

 

Obsession de ces nouveaux marquis, perruqués, poudrés, enrubannées, de privilèges et de passe-droits. Staliniens en bas de soie, confits d’arrogance, descendant de leurs chaises à porteur : neutraliser la liberté d’expression. 

 

Liberté fondamentale, représentée par ceux qui disent ce qu’ils pensent, et pensent ce qu’ils disent. Ceux qui n’encensent pas les « puissants », ne courbent pas l’échine devant l’importance qu’ils s’octroient. Qui ne se taisent pas, quand ils le leur ordonnent.

 

Ces petits marquis tenant dans leur mépris un Molière, un Cyrano ou un Voltaire. Se permettant de les faire bastonner par leurs laquais, pour avoir manifesté leur indépendance d’esprit. Qui le leur rendaient bien.

 

Alors, une Marie NDiaye rejetant l’intimidation des oligarques… Qui plus est : une femme… Ciel : une française « black » !

 

Fi donc !… Quel toupet !…

 

Ces marquis s’en étranglent de rage. Rêvant d’une bonne bastonnade, au moins médiatique.

 

Comme au bon vieux temps. Assurés de l’impunité due à leur rang… N’ayant plus pour légitimité le devoir de leur charges et obligations, mais uniquement celui du privilège de leur naissance ou, aujourd’hui dans notre monarchie élective, de leur réseau incrusté dans l’appareil d’Etat.

 

Ploutocratie triomphante allant jusqu’à octroyer, dans le cynisme, les sinécures les plus plantureuses à leurs rejetons. Fussent-ils stupides, incompétents, la nullité incarnée derrière leur masque de « beaux parleurs ».

 

Ronronnant, se célébrant, se congratulant, chimpanzés sur leurs perchoirs s’épouillant à tour de rôle, en direct sur TV et radios, qui nous les servent et resservent en boucle. Notre steak-frites politique quotidien.

 

Non contents de détenir la quasi-totalité des médias, transformés en arme de propagande massive, ils entendent étouffer toute velléité d’esprit critique, de liberté d’expression.

 

Dans cette posture, s’exhale la flagornerie du courtisan amidonnant les dentelles de ses suzerains et protecteurs. Dans un zèle où s’expriment les pulsions irrépressibles, démagogiques, entremêlées, de la délation-diabolisation et du culte de la personnalité.

 

Comment ne pas comprendre, et partager, la nausée de Marie NDiaye ?

 

Au-delà du constat, que faire ?…

 

Pour neutraliser cette graine de dictature phagocytant nos institutions et nos libertés, ces politiciens professionnels, passant leur temps à satisfaire, non pas les intérêts de la collectivité mais ceux des lobbies, d’une richissime minorité. Heureux de grappiller les miettes de leur festin. Beuglant que la France est "en faillite", après avoir déversé des milliards dans la poche des banquiers...

 

Tant et si bien que dans le « cinquième pays le plus riche du monde », comme s’en glorifie le président, des centaines de milliers de français ne peuvent ni travailler, ni se loger, ni se soigner, ni manger à leur faim. Ni se chauffer en hiver, beaucoup chaque année, sans abri, crevant de froid dans nos rues et parcs publics...

 

Eux, par contre, cumulant tous les droits. A commencer par celui de dire n’importe quoi. De raser des pays, tuer des milliers de gens, sur fondement de mensonges. De couvrir les tortures et crimes contre l'humanité les plus abjects, dans la bonne conscience.


Là, comme par enchantement, leur "conscience"  n’y trouve rien « d’excessif ».

 

Avançons. Dépassons le stade du diagnostic pour aborder celui de l’action. Même si les mises en place paraissent lointaines.

 

Réduire cette engeance, rend impératif le renforcement de notre droit constitutionnel.

 

Oui. Inscrire dans la Constitution de notre pays, dans celle de l’Union Européenne aussi, qu'être « élu du peuple», n’est pas un privilège, un avantage, octroyés par des citoyens ignares, mais un devoir à accomplir dans l’intérêt de tous.

 

Pour cela, en stipulant dans un article spécifique :

 

i)  Limiter tout mandat électif à, seulement, deux mandats successifs pour éviter ces rentes de situation de politiciens vivant grassement, pendant des décennies, aux frais d'une République qu'ils prétendent "en faillite".

 

ii)  Interdire tout cumul de mandats électifs. Un élu serait uniquement soit député ou maire, soit sénateur ou maire, etc. Pour éradiquer ces mille-feuilles de sinécures, trustés par les mêmes familles ou clans, du conseil communal au conseil général ...

 

iii)  Imposer la transparence totale sur tous les marchés publics via les accès directs par Internet, avec téléchargements gratuits, pour les copies des marchés publics dès leur ouverture. Pour casser les ententes lucratives sur la répartition des marchés, l'octroi occulte de marges ne se justifiant pas. Notamment dans les dépassements de travaux.

 

 Je sais, me direz-vous, aucun de nos partis, avec leurs dinosaures et éléphants, n’est en mesure d’inclure ces dispositions dans son programme électoral.

 

L'Histoire tranchera, en ce cas. Comme toute fin de cycle, Ancien Régime, républiques précédentes, la V° République vermoulue, implosera sous le poids de ses dysfonctionnements. Ce sera à la VI° République d'inclure, n’en doutons pas, ces exigences indispensables dans sa nouvelle Constitution, restituant le contrôle de nos institutions aux citoyens de ce pays.


Le débat sur l'identité nationale c'est cela, en fait : sommes-nous des veaux ou des citoyens ?...


Marquis, éléphants ou dinosorauses, à l'ego boursouflé, ne se rendent pas compte qu’ils vivent le crépuscule de la V° République. 


Tellement bornés, infatués de leur mégalomanie, ils ne sont même pas capables d’effleurer le pressentiment du marquis de Dreux-Brézé trottinant dans les couloirs des Tuileries, essoufflé sur ses talonnettes, interrogeant Louis XVI, alors que grondait la colère du peuple :

« Sire, est-ce une révolte ou une révolution ?… »

 

 

 

 

 

 




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Dimanche 8 novembre 2009

 

 

Les libertés publiques ne sont plus enserrées dans des murs en béton. Depuis la chute du symbole de l’étouffement des libertés qu’était Le Mur de Berlin.

 

Du moins, sous nos latitudes…

 

En Palestine, il est deux fois plus haut et plus solide. Il ne cesse de s’étendre.

 

Ailleurs, coups d’Etat, tortures, exécutions, enlèvements, élections truquées, bombardements, occupations militaires, en sont un substitut encore plus atroce. Mais, il convient de ne jamais l’évoquer…

 

Vingt ans !… Ne cessent de s’extasier les médias, célébrant cette disparition en chœur. Coordination, déploiement, ratissage, impeccables. Gros budgets. Tambours et trompettes. Pluies diluviennes d’euros et de dollars…

 

Nous l’avons tous compris. Une de leurs grandiloquentes campagnes de propagande. Nous agrippant par les oreilles et le col, nous matraquant dès le petit-déjeuner, pour endormir les citoyens que nous sommes.

 

Nous convaincre de notre état paradisiaque de « citoyen libre ».

 

Restons lucides.

 

Dans nos pays « riches », « développés », les progrès techniques de communication et de désinformation rendent obsolètes, archaïques, ces excroissances de béton et de fil de fer barbelé.

 

Pour étouffer la liberté d’expression et l’esprit critique, s’élèvent des murs virtuels qui ne se perçoivent pas à première vue. Encore plus efficaces.

 

Lentement, implacablement, s'érigeant dans le silence complice des politiciens. Pour ne pas changer…

 

De nombreux piliers pour le soutenir. Dont l’architecture et la mise en œuvre sont élaborées par des officines spécialisées qui ne font que cela à longueur d’années. Concevoir stratagèmes, désinformations et contrevérités.

 

Nous faire croire que la lune est carrée, qu’un dictateur sanguinaire est un démocrate. Qu’un dirigeant régulièrement élu est un dictateur, à partir du moment où il n’accepte pas ce qu’une « grande puissance » lui dicte.  Qu’il y a des élections truquées où il n’y en a pas. Ou, vice-versa, qu’il n’y en a pas, là où il y en a. Même si l’arnaque crève les yeux, comme on vient de le voir en Afghanistan.

 

L’étape ultime étant « la censure ».

 

Censure déguisée, bien sûr. Nous sommes en « démocratie ». Comment transformer des citoyens en consommateurs, muets et autant que possible apeurés ? La peur renforçant leur mutisme.

 

Pour les castes au pouvoir, « la peur » n’est pas le commencement de la sagesse des sujets qu’ils gouvernent. C’est l’instrument qui leur cloue le bec.

 

Un des meilleurs artifices, pour étouffer liberté d’expression et esprit critique, est « l’arsenal juridique ». Sans cesse travaillé, modernisé, actualisé. Avoir la « justice » avec soi, pour bâillonner son peuple, le rêve de tout autocrate…

 

Connaissez vous le SLAPP ?… Une pandémie, dans nos pays occidentaux.

 

Le Strategic Lawsuit Against Public Participation. On pourrait traduire par : Action Judiciaire Stratégique contre la Mobilisation Citoyenne.

 

Ce sont des actions en justice, dont le modèle est anglo-saxon à l’origine, destinées à intimider, dissuader, entraver, bloquer les actions menées par des groupes de citoyens, de consommateurs, de médias, qui ont le courage de dénoncer des produits, ou des services, qu’ils estiment contraires aux intérêts de la collectivité.

 

Notamment, sur le plan des risques sanitaires que font prendre des groupes financiers de l’Agro-Business, de l’Industrie, de la Grande Distribution. Publics ou privés.

 

L’objectif premier est d’étrangler financièrement, par le coût des procès à répétition et l’enjeu des sommes demandées, l’action des citoyens ou des médias se mobilisant pour une cause, dans l’intérêt d’une collectivité.

 

Dans mon billet précédent, je vous ai cité un cas, Afrique : Pillage et Pollution… Il mettait en cause une société britannique pratiquant la mondialisation de la pollution.. (1)

 

Je vous présente un autre cas, en France. Symbolique de la dégradation en cours, de nos libertés se délitant.

 

 

Il y a un an, des associations de cinq pays européens, dont le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) pour la France, ont fait tester par un laboratoire allemand certifié des raisins de table, vendus dans des magasins relevant de 16 enseignes différentes. (2)

 

Cette étude internationale examinait la politique de la « grande distribution » en matière de résidus de pesticides dans les produits alimentaires. Elle a été publiée le 24 novembre 2008.

 

Conclusions accablantes…

 

Non seulement la quasi-totalité des raisins analysés, issus de l’agriculture intensive, contenaient des résidus de pesticides à un niveau élevé. Mais les doses analysées dépassaient largement les limites autorisées, dans la plupart des cas.

 

Pire : des produits interdits, en tant que pesticides, ont été trouvés sur ces produits « frais »…

 

Inacceptable.

 

Qu’ont fait les professionnels, en France ? Une contre-étude ? Une action immédiate pour remédier à cette situation ? Une réflexion commune, producteurs - grande distribution – consommateurs, pour élaborer les mesures à long terme garantissant qualité et sécurité alimentaires ?

 

Non.

 

Le 2 février 2009, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, la Fédération Nationale des producteurs de Raisin de Table (FNRT) a assigné en justice le MRDGF pour avoir « … dénigré le raisin de table ».

 

Réclamant :

=> 500.000 euros de dommages et intérêts

=> La publication du jugement dans dix médias nationaux

=> La suppression du dossier sur son site Internet.

 

Evidemment, l’association ne dispose pas des moyens et sommes demandées. Le but est clair : censurer l’information, tuer dans l’œuf toute résistance et action de ce type.


Même réactions de ces milieux, que lors des études publiées sur les OGM, le sucre, le sel, etc. : intimider, menacer... Plus vite que son ombre...

 

Que faire ?…

 

Devant l’inaction des politiciens ? L’occultation des médias ?

 

Devant les atteintes délibérées et répétées contre la liberté d’expression, le droit des consommateurs à une pluralité et une fiabilité de leur information, et le droit à la santé de la population ?…

 

Les choix sont multiples, l’essentiel étant l’action citoyenne. Pour le cas présent :

 

i)   Faire circuler l’information autour de vous, pour franchir l’obstruction des médias

ii)  Adhérer au MDRGF : www.mdrgf.org

iii)  Soutenir l’association de solidarité avec le MDRGF, constituée pour lutter contre l’intimidation et les menaces qu’elle subit : www.generations-futures.org

iv)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, le député et le sénateur de votre circonscription pour les sortir de leur assoupissement, via leurs permanences électorales ou leurs bureaux au Parlement, en exigeant leur intervention

v)  Bombarder, par mail, téléphone, ou courrier, les antennes des partis politiques de votre circonscription, de la majorité et de l’opposition, pour les sortir de leurs tripatouillages et de leurs guerres des chefs, en exigeant leur intervention.

 

Que les élus, et ceux qui ambitionnent de l’être, sachent que leurs actions, actuelles et futures, seront jugées électoralement sur des actes, des principes et non pas sur des combines de notables à base de bla-bla-bla.

 

Qu’ils sentent que les citoyens n’accepteront pas de voir les institutions politiques de leur nation gangrenées par les lobbies, au service exclusif de ceux qui souhaitent étouffer la liberté d’expression et d’information pour tondre confortablement la laine sur le dos de moutons amorphes.

 

Dans l’enclos dont rêvent cyniquement ces nouveaux autocrates du TAF, « Totalitarisme de l’Argent Facile », détournant “l’Etat de droit” voulu par les citoyens en un nouveau …

 

… Mur de la Honte.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

(1)  http://stanechy.over-blog.com/article-afrique-pillage-et-pollution--38356781.html

(2)  MDRGF, 40 rue de Malte, 75011 Paris, tel. : 01 45 79 07 59, www.mdrgf.org

 

 

 

 

 


 


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Mercredi 28 octobre 2009


Probo Koala.

 

Un nom de parfum se voulant exotique ?

 

Ces liquides de perlimpinpin, aux marges bénéficiaires colossales, dont les publicitaires aux narines poudrées veulent nous faire croire que les acheter c’est s’offrir l’extase, la renaissance, le nirvana…

 

Non. Celui d’un bateau.

 

Un symbole.

 

Celui de l’Afrique pillée depuis des siècles par des pays fondant leur prospérité sur le vol. Lui infligeant, à présent, la pollution en sus de la prédation.

 

Pour délocaliser leur usines polluantes ? Créant des emplois sur ce continent ?

 

Même pas…

 

Evacuant, vidant, déversant, expédiant, entreposant, enfouissant, immergeant, leurs déchets industriels les plus toxiques. Avec des complicités locales. Evidemment.

 

Pour ne pas avoir à les traiter, les neutraliser, les éliminer. Trop cher. Rentabilité oblige. Profits mirobolants exigent.

 

Dans le silence des nomenklaturas de la « mondialisation » au pouvoir.

 

Ténors, barytons, histrions, cinéastes, vidéastes et médias spécialisés dans le fructueux BCE, Business du Catastrophisme Ecologiste, ne se mobilisent pas.

 

Normal. Pas de pingouins mazoutés, de tortues prenant des sacs plastiques pour des méduses, de chimpanzés en mal de bananes, de gentils dauphins coupés en rondelles par les méchants japonais…

 

La planète n’est pas en danger. Il ne s’agit que d’Africains. Cause « invendable ». En Afrique : crever de faim, de massacre ou de pollution, où est la différence ?…

 


 

Enfants de Côte d’Ivoire intoxiqués
par les déchets industriels expédiés depuis l’Europe.

 


Les industriels, dont les processus de fabrication induisent des déchets toxiques, s’en débarrassent comme ils peuvent. Suivant le principe du "sauve-qui-peut", malgré grandes déclarations et publicités mensongères sur leur constante préoccupation du bien de la collectivité.

 

Les Ponce Pilate industriels s’en lavent les mains. Passant le relais à des entreprises de retraitement qu’elles payent pour cela. Sans contrôle des autorités sanitaires des pays producteurs de ces déchets toxiques. Qui, bien souvent, les « cèdent » à leur tour à d’autres entreprises ou organisations.

 

En fait, quasiment personne ne retraite ces déchets. C’est ainsi que les côtes somaliennes sont infestées, depuis des décennies, par des largages de fûts et autres conteneurs de déchets hyper toxiques en provenance d’Europe ou d’Amérique du nord. Certains étant simplement enfouis sur les plages, à moins d’un mètre de profondeur.

 

Peu de pays africains échappent à ce fléau. L’Afrique devenant une poubelle des pays industrialisés. La fosse commune d’authentiques crimes écologiques.

 

L’un d’eux a soulevé beaucoup d’émotion en Grande-Bretagne, ce mois-ci. Mettant en lumière les effets pervers d’une mondialisation non maîtrisée, ou plutôt parfaitement maîtrisée par des industriels voyous. Les Al Capone, non plus de la Prohibition mais de la Mondialisation. Avec leurs manœuvres, manipulations, intimidations, judiciaires, politiciennes, mafieuses, allant jusqu’à étouffer la liberté d’expression.

 

Le bateau Probo Koala avait été affrété, en 2006, par une multinationale d’origine britannique Trafigura, du secteur de l’énergie, des mines, et des matières premières. Pour déverser 500 tonnes de déchets extrêmement toxiques en Côte d’Ivoire, censés être enfouis dans 18 endroits des environs de la capitale, Abidjan.

 

Peu de temps après l’exécution de cette opération sont apparus, à grande échelle dans la population, des signes d’intoxication graves entraînant de nombreuses hospitalisations et la mort rapide d’une quinzaine de personnes.

 

Un rapport d’experts internationaux, le Minton Report (1), publié en septembre dernier, a estimé que l’intoxication avait atteint un minimum de 108.000 personnes. Confirmant qu’il s’agissait bien d’intoxication en provenance du déversement de ces déchets « … capables d’entraîner de graves conséquences sur la santé humaine, y compris la mort ».

 

Les analyses d’un laboratoire hollandais ont identifié de très dangereux poisons dans le cocktail répandu par ce groupe international : notamment 2 tonnes de sulfure d’hydrogène, un gaz mortel qui présente la particularité d’une odeur d’œuf pourri.

 

Au-delà de cet acte criminel, il est saisissant d’assister au réflexe d’impunité de ces groupes internationaux depuis la publication du Rapport Minton, début septembre 2009.

 

Loin de faire amende honorable et tout ce qui était en son pouvoir pour immédiatement soulager, indemniser les victimes, s’engager à exercer ses responsabilités, revoir ses procédures de fabrication et d’élimination des déchet de sa production, la direction du groupe Trafigura a lutté avec acharnement pour étouffer l’information, fort de l’appui de la justice et la complicité des politiciens.

 

Loin d’aller en prison, les dirigeants et les actionnaires du groupe, dans l’arrogance de leur puissance financière, menacent journaux et citoyens souhaitant défendre la liberté d’information, d’expression. Et, le respect des « droits de l’homme » qui commence par celui de sa santé…

 

Sans Internet et Twitter, l’affaire aurait été étouffée.

 

Dès le 11 septembre (date sinistre…) 2009.

 

Avec son bataillon d’avocats, Trafigura obtenait des tribunaux britanniques une « injonction », un jugement en référé dirait-on en France, interdisant aux médias de faire état, par des citations, du rapport Minton. Jusqu’à interdire la simple mention du nom : « Minton » !

 

Sous prétexte d’éviter toute diffamation à l’encontre de ce groupe. Tous les journaux britanniques ont dû se plier à cette mesure, notamment The Guardian, qui avait été courageusement en pointe sur ce dossier.

 

Totale irresponsabilité. Censure absolue.

 

Plus grave…

 

Lorsque des parlementaires ont évoqué cette affaire (interpellation du Ministre de la Justice) devant le parlement britannique. Trafigura obtenait, à nouveau, de la justice britannique une injonction interdisant aux médias britanniques de mentionner ce débat parlementaire, par des citations, ainsi que toute mention du rapport et commentaires échangés par les élus du peuple dans l’enceinte du parlement…

 

Il fallut attendre un mois (2), pour obtenir que le groupe Trafigura ne s’oppose plus, devant la colère de l’opinion publique, à la libre circulation des informations et débats sur ce scandale qui dépassait le cadre du désastre écologique et humanitaire pour s’installer dans celui, tout aussi préoccupant, de la liberté d’expression d'une « démocratie ».

 

Consultez le site et la luxueuse présentation du groupe Trafigura (3), vous pourrez y lire la larme à l’œil combien ce groupe est soucieux du bien collectif. Affirmant la main sur le cœur pratiquer ce que ses dirigeants appellent le :

« … long-term support of the communities in which we operate ».

 

Hypocrisie ?… Déni de la liberté d’expression ?…

 

Totalitarisme de la voyoucratie industrielle, tenant politiciens et juges par les bourses (caisses électorales, comptes dans les paradis fiscaux, entre autres…) ?…

 

Probo Koala.

 

Avant tout,

 

… le nom d’un crime.

 

 


 

 

(1)  http://wikileaks.org/wiki/Minton, rapport téléchargeable à partir de ce site.

(2)  Mary Bowers, Trafigura report on dumped waste in Ivory Coast revealed, The Times, 17 octobre 2009, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article6878956.ece

(3)  http://www.trafigura.com/, présentation du groupe téléchargeable à partir du site.

 

Photo : The Guardian

 

 

 


 

 

 


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Mardi 29 septembre 2009

 



La mort, toujours injuste, souvent stupide…

 

Quatre soldats français viennent de la rencontrer en Afghanistan. Et, les nombreux blessés de la frôler…


A 50 km de Kaboul. (1)

 

Je m’incline à leur mémoire et pense, avec compassion, à leurs proches.

 

Trois d’entre eux auraient été emportés par la foudre, un orage de grêle, de coulées de boue, de rivières en crue.

 

Nous dit-on.

 

Le quatrième aurait perdu le contrôle de son véhicule blindé, s’écrasant dans un ravin avec ses compagnons, grièvement atteints. Glissant sur une flaque boueuse, probablement.

 

Ou, peut-être, une plaque de verglas…

 

Tués par le « terrorisme météorologique ».

 

Waterloo, morne plaine, disait le poète…

 

Afghanistan, cruelles montagnes…

 

Mensonge.


 

 

Depuis ces dernières semaines, le temps est superbe en Afghanistan.

 

A Kaboul, les températures quotidiennes, minimales et maximales, de 16°C à 30°C. Avec un vent ne dépassant pas 5 kmh.

 

Lundi dernier, à 22h, la température était d’une douceur de 22°C, et la luminosité extraordinaire.

 

Pas une bourrasque, pas un nuage, pas une goutte de pluie. Sur tout le pays.

 

Désespérément sec.

 

Magnifiquement beau.

 

Que les incrédules consultent les images et animations satellitaires des sites "météo" (2). Ils n’y trouveront aucun nuage, ni signalement d’orage sur l’Afghanistan.

 

Une température et une période idéales pour visiter ce pays, aux paysages sublimes, s’il n’était ravagé des guerres imposées par les envahisseurs, depuis des décennies.

 

Ainsi, pour dissimuler la perte de ses meilleures troupes dans une guerre coloniale, face à un mouvement de résistance de plus en plus déterminé, la hiérarchie militaire, encouragée par la nomenklatura, utilise le mensonge.

 

D’un coup de crayon.

 

Les zozos de la propagande ont déplacé l’ouragan qui s’est abattu, au même moment, sur les Philippines en Afghanistan. Imaginant profiter de la confusion des images télévisuelles, dans une opinion publique qui ne sait pas que les Philippines sont dans une zone tropicale, à des milliers de kilomètre de l’Afghanistan.

 

Coulées de boue, orages de grêle, rivières en crue…

 

Sacrifier ses hommes dans un combat stupide, sanguinaire, ne suffit pas à la hiérarchie militaire.

 

Encore faut-il, par le mensonge, les ridiculiser dans une mort d’opérette. Tout juste s’ils ne sont pas prêts à travestir la mort de leurs soldats en celle de vieilles anglaises glissant sur une peau de banane, à la sortie de leur club de bridge…

 

Morts au combat, face à des résistants quasiment sans armes ni équipement, défendant l’indépendance de leur nation avec pour seule énergie l’espérance ? Jamais ! N’importe quoi, mais pas ça !

 

L’important est de dissimuler le bourbier colonial dans lequel, par affairisme d’une oligarchie de privilégiés, on enfonce la France. Claquant des milliards dans les poches des lobbies de l’armement et des traîneurs de sabre, pendant qu’on demande au pays de se serrer la ceinture. La crise…

 

Schéma classique, me direz-vous.

 

Sans remonter jusqu’à l’affaire Dreyfus, où la hiérarchie militaire n’hésitait pas à forger des faux pour manipuler l’opinion et la justice, on sait que les guerres d'indépendance coloniales, d'Indochine et d’Algérie, ont foisonné de mensonges militaires. Couverts par les politiques et véhiculés par les médias.

 

Mais, à l’époque, nombreux étaient les citoyens courageux menés par les Zola, Blum, Jaurès, puis Sartre, Genet, et tant d’autres, pour dénoncer mensonges et ignominies des castes militaires et affairistes au pouvoir.

 

Quand une armée ment à la nation, elle n’est plus une armée nationale mais une milice, une organisation de mercenaires, au service d’une caste.

 

Quand une caste au pouvoir refuse le recours au suffrage universel pour valider une expédition militaire, dont on sait que la majorité du pays la refuse, nous ne sommes plus dans une démocratie.

 

Nous sommes dans un « totalitarisme » pur et simple.

 

Certes, ce n’est plus le totalitarisme CNB (Chemises Noires & Brodequins) de citoyens embrigadés, mais un totalitarisme PST (People, String & Tong) de consommateurs anesthésiés.

 

A la mode romaine : Panem et Circences, du Pain et des Jeux…

 

Oubliant ces soldats disparus dans une mort injuste, stupide et tragique.

 

Tragique, du mensonge de leurs chefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

1) http://www.ladepeche.fr/article/2009/09/28/681977-Afghanistan-Quatre-soldats-francais-tues.html

2) Parmi les sites « météo », consulter par exemple :

http://fr.weather.yahoo.com/AFXX/AFXX0003/index_c.html

ou encore :

http://monde.meteofrance.com/monde/previsions?MONDE_PORTLET.path=previsionsvilleMonde%2F40948


 


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Du conseil en gestion international à la création d'entreprises et au développement... Un regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...



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