Horizon...

 

 

Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes... Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage. Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas. A contre-courant...

 

 

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Massacres et tortures des manifestants à Bahrein

 

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Juin 2011. La poétesse Bahraini Ayat al-Qurmezi, 20 ans, dénudée, violée, battue avec des câbles électriques, torturée pendant des heures pour avoir, dans un poème, "revendiqué" La Liberté et La Dignité pour son pays. Condamnée à 1 an de prison sévices, par les "tribunaux" de la dictature avec le soutien de l'ONU...

Sous la pression internationale, elle a été libérée et placée en résidence surveillée, le 13 juillet 2011. "Libérée", mais brisée...

 


Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 20:15

 

 

"Progressivement, les dirigeants de pays "démocratiques" deviennent des démagogues vulgaires qui, sous couvert de "liberté", anéantissent toute référence à une norme autre que la sauvagerie des appétits privés".

La République de Platon - Alain Badiou (*)

 

 

 

Ouf !...

 

"Bling Bling" boucle ses valises.

 

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Même, si la seule révocation d’un individu, avec sa bande, ne modifie en rien l'emprise d'une oligarchie ou d'une idéologie…

 

Même, si « le système » et son clan sont en mesure de le faire réapparaître en 2017…

 

Même, si on ne peut préjuger, malgré l’anticipation d’un certain nombre de craintes, des qualités, capacités, autonomie réelle, de son successeur…

 

Savourons l’éviction d’un président de la V° République, dont l’analphabétisme historique, économique, géopolitique, pour nous limiter à ces seuls domaines, restera une honte pour la fonction. Prouvant ainsi que loin d’être « l’élection du meilleur d'entre nous », elle n’est souvent que celle d'une marionnette des intérêts occultes d’une poignée.

 

Personnage dont le niveau d’arrogance, de mépris, de cynisme, de violence, de cruauté, exprimé à l’encontre de ceux qu’il considérait comme inférieurs à sa "caste" ou sa "race", n’avait d’égal que la démonstration permanente de sa servitude obséquieuse, obsessionnelle et agitée, à l’égard de ses « Maîtres ».

 

Souhaitons que le "nouvel élu" parvienne au moins, au cours de son mandat, à extraire la fonction présidentielle de cet avilissement…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*)  Alain Badiou, La République de Platon, éditions Fayard, 2012, p. 464.

N.B. : Dans un remarquable travail de relecture, de traitement, d'actualisation, Alain Badiou "adapte" à notre époque, en "modernisant" références et contextes, le monument de Platon, "Politeia", connu sous le titre de "La République". Un régal !

 

 

 


      

 

 

 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 14:17

 

 

« … Une des préconditions du fascisme – une élite richissime, égoïste et myope, totalement indifférente aux décisions prises en son nom - se forme dangereusement … »

Harold Pinter (*) 

 

 

 

C’était un voleur évadé, en fuite. Il a été tué par un policier. Une balle dans le dos, d’après les premiers éléments de l’enquête et des témoignages. La Justice vient de mettre en examen le policier pour « homicide volontaire ».

 

Défiant cette décision, dans une démonstration de « solidarité » avec leur collègue, des policiers ont bloqué avec des dizaines de véhicules de service, voitures et motos, la principale avenue de la capitale.

 

Robocop est arrivé

 

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Autant pourrait-on accepter, comprendre, manifestations ou même grèves de policiers (à pied, comme toute mobilisation citoyenne...) pour défendre leurs droits légitimes à une amélioration des conditions de travail, de formation et d’entraînement (les procédures et méthodes d’arrestation en usage sont catastrophiques), de rémunération, de paiement des heures supplémentaires...

 

Autant la démonstration de force à laquelle ils viennent de se livrer, contre une décision de Justice concernant un des leurs, est inacceptable, extrêmement choquante et révoltante au regard de l’application de "La Loi" régissant une république et du fonctionnement démocratique de nos institutions.

 

Notre pays n’a pas à se transformer en ville d’un mythique Far-West où "les représentants de La Loi" tirent plus vite que leur ombre, dans l’impunité.

 

Encore plus atterrant est la réaction de notre caste politique qui, dans la lâcheté la plus totale, se montre incapable de rappeler le devoir d’exemplarité d’une police, disciplinée et irréprochable, au service de la protection des citoyens. Dans une démocratie, où rien ne justifie la mort d’un homme, d’une balle dans le dos. Fut-il un cambrioleur en cavale.

 

Nos cambrioleurs, "banksters", qui pillent la nation, eux ont droit à des bonus et parachutes dorés mirobolants...

 

Symptôme gravissime de la déliquescence et des valeurs de notre République, voilà ce que représente cette "manifestation" de policiers sur les Champs-Elysées. La complicité de nos politiciens n’étant que l’aveu d’une "fascisation" progressive, voulue ou acceptée de nos sociétés, pour reprendre l’image d’Harold Pinter.

 

 

 

 

.

(*)   Billington, Michael, The Life and Work of Harold Pinter, Faber & Faber, London, 1997, p. 331.  

 

 

 

 

 



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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 18:00

 

 

« Il va donc falloir choisir : accepter l’hominisation véritable, c’est-à-dire la sympathie et la pitié pour tous les êtres, le respect de la vie, le refus de la violence, qu’elle soit institutionnelle ou physique, la pratique d’une justice véritable, la désacralisation de la chose militaire – ou, payant enfin le juste prix de nos folies et de nos cruautés, laisser la place aux calamars. »

Théodore Monod (1)

 

 

 

Je suis sommé de voter, participer à l’élection du chef de l’Etat français pour une période de cinq ans, obtenant ainsi mon certificat de “citoyen responsable”.

 

Si aucun candidat ne me convainc totalement, voter « utile » : non pas pour le « moins mauvais », soyons charitables, mais pour “le plus proche” du modèle de société, idées, visions, projets que je souhaiterais partager avec mes concitoyens. Ou, du moins et sans se vouloir pessimiste, “le moins éloigné”.

 

Mais, comment trouver le commun dénominateur entre un « candidat - vote utile » aux prises avec un mécanisme institutionnel générateur de compromis obligés, voire de compromissions inévitables, de combines électoralistes, et la représentation idéale construite sur des valeurs dont, volontairement ou pas, je me trouve porteur ?...

 

Surtout, comment surmonter attitudes, propos, programmes ou absence de programmes, rédhibitoires à toute adhésion, dès lors qu’ils entrent en conflit avec ce que j’estime “inacceptable”, pour en avoir mesuré de près, été témoin, spoliations, ravages, et souffrances ?...

 

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Prédation & Baston

 

Non. Ce n’est pas le plaisir de couper les cheveux en huit, dans l’autosatisfaction de l’inaction, cloitré dans la tour d’ivoire du faux sage prétendant avoir raison sur tout. Même si je sais qu’il ne m’est proposé que d’élire le « Gouverneur de la France » pour cinq ans …

 

Oui. Dans une élection comparable à celle du “gouverneur” de l’Etat de Californie ou du Texas. La France n’étant qu’un Etat de la fédération des USA ou de l’Empire. Ce qui revient au même. Mon pays ayant abdiqué de sa souveraineté.

 

En matière économique et sociale : aucune marge de manœuvre, ne cesse-t-on de me répéter. Fatalité de la "Mondialisation" ! Imperméable à ce mot, en fait : “Libéralisme Sauvage”, on m’invoque alors le respect des dix commandements, règlementations et traités européens. Discipline communautaire oblige !

 

Obligée, par qui ? Bruxelles n’étant que la chambre d’enregistrements des diktats d’une poignée de lobbies internationaux, organisés en réseaux, se partageant les marchés de la planète sous ses deux formes complémentaires, interactives : gisements de matières premières et bassins de consommateurs.

 

Rien n’y fait, nous sommes condamnés à subir, nous taire et laisser tondre, troupeau captif et résigné, dans un servage “démocratiquement” accepté…

 

Le reste est encore plus dramatique : diplomatie, doctrine militaire, utilisation de nos forces armées, ne sont que copie conforme ou exécution de ce qui est décidé à Washington. Les pitoyables publications et “travaux” de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) donnent une idée du degré de servilité de cet alignement inconditionnel. (2)

 

Exemple caricatural et récent : le candidat républicain à la prochaine élection présidentielle américaine, Mitt Romney, considère la Russie comme "l’ennemi numéro 1", du fait de son véto, exprimé officiellement au Conseil de Sécurité de l’ONU, à la destruction et à l’invasion de la Syrie par l’OTAN (3), selon le modèle Irakien ou Libyen.

 

En écho, notre ministre de la Défense, Gérard Longuet estime que la Russie mérite, pour commencer, un « coup de pied au cul ». (4) Le mépris étant enveloppé dans la phrase : "Des cultures politiques qui méritent des coups de pied au cul". Ce qui ne l’empêche, en aucune façon, de multiplier courbettes, sourires et accords militaires avec les tyrans aux flamboyantes « cultures politiques » de  l'Arabie saoudite, du Qatar et autres pétromonarchies féodales.

 

Quelle serait, en conséquence, la marge de manœuvre de mon vote citoyen, si tout est verrouillé à ce point ?...

 

Bien sûr, face au choix électoral proposé : aucune hésitation à refuser, rejeter, le discours, paré de toutes les senteurs et harmonies de la “Bonne Conscience”, d’une « Droite », extrême ou pas. Soutenue, financée, par un “grand patronat” dont l’archaïsme idéologique est d’imposer à notre société la “Loi de la Jungle”. Encore plus, cette « Droite » dissimulée sous l’appellation hypocrite de « Centre » qui, lors de chaque élection, la rejoint cyniquement dès la fermeture des bureaux de vote.

 

On en connaît et subit l’unique philosophie, l’implacable réalité politique, explosant dans le désastre économique et social, se résumant en un seul slogan, clair, irrévocable :

« Prédation & Baston ».

 

Tant pour la collectivité à l’intérieur du pays, dans le racisme ou le mépris, l’écrasement des plus faibles, la gabegie et l’accaparement, qu’à l’extérieur. A l’encontre des nations et peuples considérés comme "zones de pillage", dans un bellicisme halluciné sous les meilleurs prétextes civilisateurs, pourvu qu’ils soient moins puissants que nous. Dans la complicité féodale avec les pires dictatures. Nous avons pu voir à l’œuvre leurs représentants médiatiques, s’illustrant par des sommets de réflexion lors de fougueux débats sur la “viande hallal”.

 

Reste, la « Gauche »…

 

Toutefois, évidence incontournable, entre Sarkozy et son clan ou Hollande et le sien, c’est « blanc bonnet, bonnet blanc ». Cette « fausse gauche » n’étant, en fait, qu’une « vraie droite ». A l’exemple d’autres pays. Comme en Grande Bretagne, où partis “Travailliste” et “Conservateur” ne représentent que les mêmes intérêts, n’appliquant que des politiques identiques : sociale, économique, diplomatique et militaire. Ultralibérale, ultraviolente.

 

 

Marketing Politique

 

Que reste-t-il, alors, au menu électoral, à part la « droite » et la « fausse gauche » ?...

 

Une nébuleuse de candidatures, dont on attendait : « La Renaissance ». Dans un “Big Bang” utopique, de refonte des institutions, de rénovation des structures économiques, de relance d’une solidarité collective, d’une vision du “développement durable” avec pour critère premier le refus des guerres coloniales, d’une réaffirmation d’une souveraineté nationale porteuse de paix et de respect à l’égard des autres peuples et nations.

 

Perspectives se délitant toutefois, au fil du temps, dans la cacophonie et l’illusion…

 

Bien sûr, le « volet économique » se veut plus volontariste. Le « social » y est forcément plus présent ou affirmé, face à son inexistence dans les programmes de la « Droite ». D’où son attrait chez ceux qui aspirent à une société plus « humaine », à défaut d’être plus sereine.

 

Même si on peut lui reprocher de manquer de souffle, d’envergure ou de précision, dans la répartition de la richesse nationale. En matière fiscale, par exemple, dans l’imposition de la spéculation financière ou immobilière. Ou encore, dans la lutte contre les inégalités de revenus. La plupart des candidats, se focalisant sur l’augmentation, indispensable évidemment, du SMIC ou l’urgente interdiction des fermetures d’usines de groupes ou entreprises bénéficiaires, dans un plan global de lutte contre la « désertification industrielle »…

 

Oubliant une grande partie de la France. Dans une étroite vision de la lutte syndicale, nécessaire mais non suffisante, car excluant des pans entiers de notre collectivité. Le monde du travail ne se réduit pas au monde ouvrier ou fonctionnaire.

 

Qu’en est-il des millions de français qui ne sont pas salariés, mais leurs propres employeurs dans les galères quotidiennes, survivant avec des revenus largement inférieurs au SMIC actuel ?...

 

Les petits agriculteurs ou éleveurs utilisés, dans une perverse manipulation, en paravent ou faire-valoir de la “grande agriculture” aux ramifications claniques de riches propriétaires pour actionner les pompes à subventions nationales ou européennes, marginalisés par une mafia de groupes internationaux de l’agro-industrie, rackettés par les centrales d’achat de la grande distribution…

 

Les artisans, les commerçants, laminés, eux aussi, par la grande distribution, ce sida économique, tenant par la barbichette élus et oligarques locaux, multipliant leurs “centres commerciaux” dans les banlieues, faisant financer viabilisation et accès à leurs surfaces de vente par la collectivité…

 

Les professions libérales qui ne roulent pas toutes sur l’or : infirmiers et tant d’autres. Toutes ces catégories socioprofessionnelles travaillant, dans la précarité la plus extrême et la sous-rémunération, pour ce que les politiciens nous présentaient comme l’avenir, le nirvana de notre économie : « l’Aide à la personne ». Que dire des intermittents du spectacle paupérisés par la réduction continue des budgets alloués à la culture, dans toutes les régions et municipalités ?...

 

Sans oublier les retraites de celles et ceux qui ont contribué à faire de notre pays un des plus riches du monde, en travaillant, consommant, éduquant, charpentant notre société. Beaucoup se retrouvant aujourd’hui, avec les handicapés et autres « grands blessés » de la vie, avec des niveaux de ressources, et une multiplication d’entraves dans leurs droits à la santé, indécents au regard du montant de notre richesse nationale….

 

Ces concitoyens dont on parle peu, sans bannière ou image médiatique pour les fédérer et les rendre visibles, seront-ils à nouveau oubliés dès les lendemains d’élection ? Je le concède : attendons mise en œuvre et réalisations pour se prononcer. Intentions, idées, orientations sont là.

 

 

Allégeances & Connivences

 

Mais, plus inquiétant, chez certains candidats de cette mouvance « non-droitière » : contradictions, incohérences, aux dévastatrices conséquences...

 

Le délabrement de l’indépendance de notre diplomatie et de nos forces armées, n’est que le reflet du complet assujettissement de notre pays à l’idéologie et à l’autocratie de l’oligarchie de l’Empire. La réactivation de notre souveraineté nationale passe par une action en faveur de la paix et de la coopération internationale fondées sur le respect de toutes les nations. A commencer par le droit fondamental à l’autodétermination.

 

Des candidats préconisent, ce qui constitue l'étape initiale en ce sens : "la sortie" de l’OTAN. Pôle d’incompétence, d’irresponsabilité, de gaspillage, et de dévastations humaines et matérielles intolérables au XXI° siècle. (5) Mais, leur posture erratique dans l’expression de ce souhait est frappante. S'alignant immédiatement, à chaque "crise internationale", sur les positions, mesures et manœuvres, affichées par l’OTAN. Pourquoi en sortir si c’est pour en appliquer, à la lettre, rhétorique et action hyperviolente à l’encontre de populations innocentes ?...

 

Approuvant, partageant, véhiculant, ainsi, politique et propagande de l’extrême-droite américaine, sous couvert de l’ONU. Imposant à la Libye une « no-fly zone » dont on savait, pour l’avoir expérimentée en Irak, qu’elle allait être complètement détournée pour en arriver à bombarder, envahir et détruire le pays dans une guerre civile méthodiquement organisée. Au prétexte de renverser un dictateur et d’y implanter la « démocratie ».

 

Ce qui s’est vérifié, la Libye une fois ses infrastructures civiles et militaires rasées passant d’un "régime dictatorial" à un "régime anarchique", dans un émiettement de milices et de chefs de guerre. L’ONU vient d’en recenser, officiellement, plus de 250 le long de la côte, des frontières de l’Egypte à la Tunisie. Diviser pour régner, vieux schéma colonial assurant le pillage des ressources d’un pays. A l’exemple de ce que les occidentaux avaient déjà réussi à imposer à l’immense Chine pendant un siècle, de 1840 à 1940.

 

« Bourde », pouvait-on penser au départ. De bonne foi. Mais, alignement renouvelé sur le programme des néoconservateurs US dans la région en ce qui concerne la Syrie. Sur fond de propagande hystérique, d’interventions armées à peine camouflées, par services spéciaux interposés, fournissant armes, logistiques et mercenaires, afin d’y répandre la guerre civile.

 

Puis, comme pour enfoncer le clou, participation à la diabolisation concertée, coordonnée, dans tous les pays occidentaux, obsessionnelle, à l’encontre de l’Iran, dans des termes diffamatoires à l’égard de ses dirigeants et de ses institutions. Tout en évitant, soigneusement, de mettre en cause les monarchies tyranniques de la région, dans un double langage foncièrement hypocrite. Encore moins, les autocraties africaines protégées par nos forces armées.

 

La répétition de ces adhésions, ou allégeances, dans cette chasse aux sorcières circonscrite à une région spécifique, le Moyen-Orient, ne relève plus d’innocentes "bourdes", d’une méconnaissance des dossiers et des contextes. Tout simplement, d’une politique méticuleusement délibérée.

 

Je le constate et le regrette, manquent dans notre “personnel politique”, notamment à gauche, des personnalités de la trempe d’un George Galloway en Grande-Bretagne, capables de dénoncer les injustices sociales et, en même temps, s’attaquer sans trêve aux aventures coloniales de l’Occident.

 

Adversaire acharné des interventions en Irak, Afghanistan, Libye, et actuellement en Syrie et en Iran. Malgré une diffamation permanente par l’appareil de propagande britannique, exclu du parti travailliste pour avoir refusé l’invasion de l’Irak, il vient d’être triomphalement élu, le 29 mars 2012, dans une élection partielle à Bradford West. Ecrasant les formations politiques dominantes à la tête du parti qu’il a créé, intitulé : « Respect »… (6)

 

Evidemment, le marketing politique, en période électorale, exige des nouveautés permanentes. Au rayon des dernières trouvailles, on trouve de tout et souvent le pire, dès lors qu’on se lance dans la précipitation sur des sujets aux implications mal anticipées. Personne n’y échappe apparemment, même pas ceux dont on attendait avec sympathie un minimum de discernement.

 

 

Mer & Chimère  

 

Plus grave, au point d’en avoir été sidéré…

 

Là où j’espérais une approche « humaine », solidaire, équitable, respectueuse, du devenir de l’Humanité, entendre de grandes envolées sur une « Nouvelle Frontière pour l’Humanité », dans le style nouvelle conquête de l’Ouest à la Kennedy, que représenterait le « domaine maritime » de la France…

 

« La France est le deuxième domaine maritime du monde ! 97 % de cet espace se situe outre-mer. C’est donc un axe d’investissement public prioritaire pour notre projet de planification écologique… La France est dans ce domaine un des seuls Etats au monde à pouvoir se confronter à un défi mondial à travers sa présence dans tous les océans du globe. Notre mise en mouvement, notre audace pourrait être un immense espoir pour la maîtrise écologique d'un des principaux ressorts de l'écosystème humain.»  (7)

 

Provoquant un déchaînement d’exultations chez certains partisans ou militants, adhérant à ces croyances. Sortant leurs calculettes, comme au temps du « Sahara français » : 11 millions de km², affirment les uns, ébahis ! Non, corrigent les autres, admiratifs : 18 millions de km² !…

 

Seul problème : l’essentiel de ce « domaine maritime » ne nous appartient pas, « 97 % de cet espace se situe outre-mer »… Autrement dit : nous nous en sommes emparés, contre la volonté des populations que nous avons le plus souvent massacrées, au XIX° siècle pour la plus grande partie. Même étouffés, occultés, par nos médias et politiciens, nous savons que ce « domaine maritime » est agité depuis sa conquête par de profonds mouvements indépendantistes, malgré une constante et féroce répression.

 

Comment en arriver à une aussi atterrante régression politique ?...

 

La rédemption de la nation par le colonial ! Vieux réflexe analysé par Pascal Blanchard et Ruth Ginio dans un article, qu’on se doit de lire, « Révolution Impériale : le mythe colonial de Vichy » (8) :

« … Persuadés que l’Empire regorge de richesses inépuisables et que la France retrouvera son rang de grande puissance grâce à « ses » colonies, les Français de l’immédiat après-guerre ont été quelques temps bercés par ces chimères.» (p.143)

 

Une grande étendue de ce « domaine maritime », par exemple, se trouve liée aux îles de la mer des Caraïbes, au large du continent américain, que les nations coloniales européennes se répartirent au cours des siècles. Rappelons que les "Caraïbes" représentaient une ethnie de 120.000 personnes peuplant ces îles au moment de l’arrivée des colons espagnols au XV° siècle. Quasiment anéantie en quelques années.

 

Mais Martinique et Guadeloupe, et autres îles sous administration de notre pays, n’ont pas vocation éternelle à rester des « départements français ». Rongés par une économie coloniale génératrice de sous-développement, condamnés à la monoculture de la banane, système de siphonage à subventions et dérogations fiscales pour une poignée de privilégiés. Ou encore, à un tourisme, camouflage d’une spéculation foncière et immobilière éhontée, engluant leur jeunesse dans des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation et leur potentiel.

 

Cela exigera plusieurs décennies, néanmoins leur devenir se trouve dans le partage d’une communauté d’histoire et de destin avec les autres îles de cet immense archipel en arc de cercle de la Floride au Venezuela. La grande île de Cuba en constituant l’épine dorsale. (9) Destin à l’opposé de celui de colonies bananières ou de paradis fiscaux, machines à laver “l’argent sale” de l’Occident, issu de la drogue, de la vente d’armes et de la corruption.

 

S’exprimant dans une future fédération des nations de la mer des Caraïbes. L’actuelle Association des Etats de la Caraïbe, étroitement contrôlée et parasitée par les puissances coloniales de la région, en présente l’ébauche. Rêve de tous ceux épris de liberté et de dignité humaine qui forgent l’âme de cette grande communauté, tel le poète et dramaturge Derek Walcott, prix Nobel de Littérature 1992. Né dans l’île Sainte-Lucie, il a superbement imaginé l’Iliade dans son œuvre célèbre Omeros (Homère), sur vagues et rivages des Caraïbes…

 

Sans passer en revue l’ensemble des îles et territoires “d’outre-mer”, rappelons que la majeure partie de ce « domaine maritime » se trouve dans l’hémisphère sud, dans l’immense Océan Pacifique, à près de 20.000 km de la métropole.

 

La Kanaky (Nouvelle Calédonie) et son ensemble d’îles, ses 3.400 km de côtes, dont on connaît l’héroïque résistance contre la violente spoliation coloniale. La Polynésie « française » avec ses 118 îles réparties en cinq archipels, sur une superficie équivalente à celle de l’Europe… Qui ne cesse elle aussi, de lutter, pour son indépendance malgré pouvoir mafieux des colons européens et répression permanente de l’administration coloniale.

 

Rendons hommage, au passage, au grand militant de la défense de l’identité de son peuple, aux efforts surhumains dans sa lutte constante pour un processus de décolonisation en Polynésie. Dans la “légalité”, ce qui n’est pas toujours évident et, bien sûr, en dépit de la totale censure de nos grands médias : Oscar Temaru.

 

Reprenant le combat indépendantiste de ses ancêtres, dont l'enseignement de la langue et des cultures  n'a été autorisé par les autorités coloniales qu'en 1977… Sa vocation, son courage, pour se lancer contre le colossal pouvoir colonial, ont été renforcés lors de son séjour en Algérie, où il avait été envoyé sous l’uniforme français. Les traitements infligés aux “indigènes” d’Algérie, par civils et militaires français, l’avaient révolté…

 

« Domaine maritime français » ? Propos coloniaux à la Jules Ferry. Décidemment, notre “habitus colonial” nous colle à la peau, gangrenant nos neurones au point de nous rendre inaptes à nous débarrasser de ce goudron. Inévitable en campagne électorale peut-être, pour prendre en compte l’importance du « parti colonial » dans notre pays. Réalisme politicien, quant tu nous tiens…

 

Quoiqu’il en soit : divagations inadmissibles en notre siècle.

 

« L’humain » ne passe pas par le vol, l’appropriation du bien de mon prochain, quelles que soient origine, couleur, croyances et condition. Mais, « d’abord », par la promotion de la paix, du respect de l’identité et de la liberté des peuples.

 

Encore plus loufoque…

 

Des écologistes se prétendant de « gauche », mais totalement alignés sur l’extrême-droite des USA. Dans un zèle belliciste burlesque, pour de prétendus spécialistes du « développement durable », rajoutant dans l’allégeance obligée à leur politique de multiplication des guerres coloniales au Moyen-Orient, les excommunications incantatoires à l’encontre des figures démoniaques peuplant leur Enfer : Castro, Chavez, Chine, Russie, etc.

 

Pas de quoi être surpris. Lorsqu’on sait que c’est le prix à payer, pour obtenir financement aux circuits alambiqués et visibilité dans l’appareil de propagande médiatique. Sinon : pas d’existence… Il est vrai que leurs programmes politiques tient plus du catalogue publicitaire pour vendeurs de panneaux solaires ou isolants, que d’authentiques préoccupations ou visions sociales et économiques.

 

On pourrait en espérer des  inquiétudes ou sollicitudes pour la préservation de l’air pur et la protection des petits oiseaux. Même pas…

 

Nous infligeant dans leurs dernières illuminations, le plus atterrant : la légalisation du cannabis. Au prétexte de lutter contre “l’économie souterraine des banlieues”, proposer une banalisation de l’addiction. Cette légalisation est au cœur d’une active campagne de lobbying à Bruxelles, derrière laquelle se profilent cigarettiers et groupes pharmaceutiques cherchant à s'approprier le pactole.

 

Confondant l’effet et la cause. Démontrant leur absence abyssale de clairvoyance ou d’honnêteté. Si ce n’est, des deux. Une incapacité à analyser un contexte et prendre des décisions. Au lieu de lutter contre les ravages physiques et psychologiques d’un tel fléau, ouvrant un boulevard aux drogues dures et à l’abrutissement, la seule porte de sortie est, d’après ces « écologistes », d’en confier la gestion à des groupes privés.

 

Ne pourraient-ils proposer une politique active de création d’emplois "réels", différents des emplois "assistés" tant prisés par les spécialistes du clientélisme politique, soutenue par une vigoureuse action dans la promotion du sport amateur et du développement des actions culturelles ?... Non, argumentaire électoral trop peu « vendeur »…

 

Pourtant, la vocation des responsables politiques réside dans l'élaboration de projets épanouissants pour le devenir de nos collectivités et la préservation de la dignité humaine, et non pas dans l'édification de mirages mortifères en cheville avec des groupes privés.

 

Comportement affligeant. Pour rester poli et mesuré.

 

Mais, alors…

 

Si je n’accepte pas de noyer mon esprit critique dans le culte illusoire de la personnalité, quel choix me reste-t-il ?...

 

La « démocratie » se réduirait-elle, pour reprendre la métaphore, à cette réunion entre trois loups et un agneau pour décider du menu du prochain repas ?...

 

Quelle destination donner à mon bulletin de vote ?...

 

Le confectionner en cocotte de papier ?…

 

 

 

 

 

 


 

 

(1)  Théodore Monod, Sortie de Secours – Les raisons de la colère, éditions Seghers, 1991, p. 272.

(2)  Une décapante analyse critique des élucubrations géostratégiques de cette puissante institution (IHEDN-www.ihedn.fr), aux redoutables conséquences sur le plan de la propagande et de la désinformation organisées et financées par l’Etat, a été réalisée par Mathieu Rigouste :

« L’Armée et la construction de l’immigration comme menace ».

Publiée dans l’ouvrage collectif, sous la direction de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, “Culture post-coloniale – 1961-2006 - Traces et mémoires coloniales en France”, éditions Autrement, 2006, p. 113.

(3)  Russia is Public Enemy No. 1 – Mitt Romney, RT, 27 mars 2012, http://rt.com/news/romney-russia-enemy-obama-532/

(4)  « Syrie : “coup de pied au cul” ou “hystérie” ? », 6 février 2012, http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/syrie-coup-de-pied-au-cul-ou-hysterie-6971348.html

(5)  Les ravages de l’action des occidentaux en Afghanistan, sous casquette de l’OTAN, resteront pour l’Histoire parmi les désastres militaires, humains et économiques les plus effrayants.

Un exemple parmi des dizaines : l’ONU admet que depuis son occupation et son contrôle total du pays, y compris routes, chemins, pistes et aérodromes, la production d’opium a décuplé…

D’après le “Service Fédéral Russe pour le Contrôle des Stupéfiants” (FSKN), la superficie totale des terres utilisées pour la culture du pavot en Afghanistan atteint 130.000 hectares. Les revenus générés par la production de drogue se chiffrent à près de 4 milliards de dollars annuels, sur lesquels les “Talibans” n’encaisseraient que 150 millions de dollars…

Expliquant pourquoi : « Les pays de l'Otan s'opposent à ce que le Conseil de sécurité de l'Onu qualifie le trafic de drogue afghane de “menace à la sécurité internationale” »…

Cf. : « Drogue Afghane : Moscou critique l’attitude de l’OTAN », RiaNovosti, 2 avril 2012, http://fr.rian.ru/world/20120402/194147504.html

(6)  George Galloway milite activement afin que Tony Blair soit inculpé comme “criminel de guerre” pour avoir, en tant que responsable du gouvernement britannique au moment des faits, envahi et détruit l’Irak sur fondement de mensonges…

(7)  http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/03/26/une-nouvelle-frontiere-pour-lhumanite/#more-11345

(8)  Publié dans l’ouvrage collectif sous la direction de Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire : Culture Impériale – 1931 – 1961 – Les colonies au cœur de la République, éditions Autrement, 2004.

(9)  Environ 15 millions d’habitants, pour 111.000 km².

 

 

 

 



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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 00:05

 

 

 

En cette « Journée de La Femme », je voudrais rendre hommage à deux femmes d’exception.

 

La première est ou était, car les informations disponibles ne permettent pas de savoir si elle est encore en vie, saoudienne : Manal Al-Sharif.

 

Agée de 32 ans informaticienne de profession, spécialisée dans la sécurité informatique. Elle s’est rendue célèbre grâce à sa récente campagne de protestation, relayée sur Internet, pour réclamer le droit des femmes saoudiennes à conduire. Son mouvement, auquel s’étaient ralliées plusieurs saoudiennes, s’intitulait humoristiquement :

« Teach me how to drive so I can protect myself », ‘Apprends-moi à conduire afin que je puisse me protéger’…

En mai 2011, pour avoir mis en ligne une vidéo d’elle-même au volant d’une voiture, elle fut arrêtée, détenue pendant une dizaine de jours, puis libérée sous la pression de la communauté d’Internet.

 

Rappelons que la dictature moyenâgeuse d’Arabie saoudite est le seul endroit au monde où il est interdit à des femmes de conduire un véhicule…

 

Le 26 février 2012, de nombreux médias internationaux se sont fait l’écho de sa mort dans un « mystérieux accident » de voiture, alors qu’elle occupait la place du passager avant, dans la province de Hael au nord du pays. Par la suite, les autorités saoudiennes ont démenti l’information. Mais, Manal Al-Sharif reste « invisible ».

 

Nous sommes  nombreux à nous inquiéter de son sort. D’autant plus que plusieurs provinces de l’Arabie saoudite sont actuellement en révolte, dans un climat de féroce répression et le silence absolu des médias. Notamment, le long du Golfe Persique dont la province de Qatif.

 

Citoyenne d’une pétromonarchie protégée de l’Occident, aucune mobilisation médiatique ni politique, n'est possible en faveur de Manal Al-Sharif. Il est vrai que le clan des Saoud qui opprime l’Arabie, régime corrompu et despotique, méprisé de tous les peuples musulmans pour offrir en tant que « Gardiens des Lieux Saints » une caricature de l’Islam, finance les "mouvements de démocratisation" chez ses voisins de la région, notamment en Libye et en Syrie…

 

Il a donc droit à la considération et au soutien de notre république, "laïque"... De ses "médias d'investigation", et de ses Belles Ames…

 

Nous sommes réduits à attendre de « voir » à nouveau Manal Al-Sharif, pour croire qu’elle est effectivement saine et sauve…

 

manal al-sharif


La seconde est : Etta James, qui vient de mourir le 20 janvier 2012. La veille de ses 74 ans, en Californie, des suites d’une leucémie.

 

Métissée, de père inconnu, sa mère était une jeune noire de 14 ans à sa naissance. Elle connut l’enfance chaotique des familles d’accueil, souvent faite de manque de soins, de coups, de misère. Chanteuse exceptionnelle de blues et de rock, de soul et de jazz, elle a tracé sa route dans un pays dominé par le racisme où le fait d’être « noire », même à moitié, vous fermait les portes des TV, radios, et salles de concert « blanches ».

 

La consécration vint tard, elle vécut donc le destin d’une pionnière exploitée, pillée, copiée, subissant toutes les difficultés imaginables qu’une femme de talent peut rencontrer dans un monde de brutes. Des moments de désespoir, alternant avec des fulgurances de bonheur. Ouvrant la voie à de nombreux talents, parmi les plus grands, qui lui en sont reconnaissants, entre autres : chanteuses américaines, Diana Ross, Christina Aguilera, ou britanniques, Amy Winehouse, Adele.

 

Je dédie à Manal Al-Sharif une chanson interprétée par Etta James : Rock’n Roll Music.

 

C’était en 1986, lors d’un concert mythique organisé par Keith Richards, le talentueux guitariste et “source musicale” des Rolling Stones, accompagné d’une pléiade de grands musiciens, pour les 60 ans de Chuck Berry.

 

Keith Richards célébrait ainsi une “Légende” du rythm and blues, dont le répertoire, la créativité, la performance sur scène, furent à l’origine de ceux des grands groupes au succès mondial : Rolling Stones, Beatles, Dire Straits et tant d’autres. D’inoubliables interprètes, aussi, comme Tina Turner, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis. Ou encore, des guitaristes virtuoses tels qu’Eric Clapton ou Jimi Hendrix.

 

Evidemment, étant noir il n’eut pas la même notoriété, ou la même couverture médiatique, qu’un Elvis Presley… Mais, il est considéré, à présent, comme “le plus grand” sur la planète "Rock'n Roll".

 

L’invitation faite à Etta James pour ce concert relança sa carrière, tombée injustement en panne. La générosité sur scène de Chuck Berry, soutenu par Keith Richards en arrière plan avec ses amis, sa complicité, son humour avec sa fameuse « duck walk », marche du canard, rendent l’interprétation d’Etta magnifique…

 

Dans cet hymne à la joie, Etta James lance un défi aux humiliations, souffrances et tyrannies en tous genres !…

 

 

 

 

Manal, Etta

 

Je vous admire et vous aime.

 

 

 

 

 



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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 17:30

 

 

 

 

Je fais partie de ceux qui ont été très heureux, ravis, enchantés, de l’élection de Poutine. En plus : au premier tour !

 

Sans être surpris. Ni de l’ampleur de son succès, ni de la fureur des occidentaux. Il fallait être à la solde de l’industrie de la propagande pour ne pas voir, ou reconnaître, la formidable popularité de Poutine en Russie. Un des rares en France à en témoigner, timidement face aux pressions ambiantes, fut Sylvain Tesson qui a vécu à plusieurs reprises dans la Russie profonde. (*)

 

Poutine n’est pas l’homme providentiel qui va sauver l’humanité. Tout simplement, un Homme d’Etat. Ce qui est déjà : énorme ! Pas un homme au pouvoir, en Occident, ne lui arrive à la cheville. Que dis-je : à la plante des pieds !...

 

Dans le meilleur des cas, ce ne sont que clowns pour shows télévisés à la Berlusconi ou Obama. Dans le pire, des psychopathes rêvant de détruire pays et nations en les pillant. Les candidats “milliardaires-républicains” aux primaires de l’élection présidentielle américaine, sombrant dans la surenchère belliciste et sanguinaire, révèlent l'étendue de ce désastre intellectuel et politique. Sans parler des « déglingués », drogués de violence et de paranoïa, dirigeant l’entité sioniste…

 

La campagne calomniatrice précédant et suivant son élection dans tous les médias, français et occidentaux dans leur ensemble, m’a particulièrement amusé. Les plus acharnés, en France, étant TV et radios du "service public" : JT, documentaires, émissions « culturelles ». Un implacable matraquage, à grandes louches de lamentations démocratiques. Ô rage ! Ô désespoir !  Le tyran est de retour !

 

Incapables de la moindre diversité ou équilibre dans l’information, de regrouper dans un panel des anti-Poutine hystériques, mais aussi des observateurs plus « objectifs ». Ce n’était que diffamation à jets continus : système Poutine, mafia Poutine, nouveau tsar, empereur, autocrate, etc. Conscience professionnelle ? Déontologie ? Aucune notion… Normal, vu l’état de notre “société de la désinformation”, corrompue de cynisme.

 

Manœuvres de déstabilisation et tentatives d’assassinat des occidentaux vont se multiplier, Poutine le sait. Ce qui l’encourage d’autant à poursuivre son œuvre de redressement, économique, politique et militaire, de la Russie. C’est une chance pour ce pays. Mais, aussi, pour les autres.

 

Incontestablement, l’équilibre mondial a besoin d’une Russie forte et prospère, pivot de stabilité entre Europe, Moyen-Orient et Asie. Sa pondération, mesure, sens des responsabilités, sont un atout pour la paix sur notre planète. Des fous veulent l’entraîner dans la guerre. Il fera tout pour l’éviter. S’il y arrive, nous lui en serons tous redevables.

 

A l’occasion de cette élection, des lecteurs m’ont demandé de republier le portrait de Poutine que j’avais rédigé dans un texte relativement ancien, au plus fort d’une campagne de dénigrement à son encontre : Poutine – Frankenstein et les Prédateurs. Du 20 avril 2007, cinq ans ! Ce que je fais volontiers, sans pouvoir cependant reproduire d’intéressants commentaires qui avaient été échangés à cette occasion (sur le “problème tchétchène”, notamment). D’après eux, il n’aurait pas pris une ride… Je les remercie de leur gentillesse et de leur intérêt.

 

(*)  Je recommande la lecture de son récent et très beau livre, poétique et documenté, sur son séjour de 6 mois au bord du lac Baïkal : Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011.

 

 

 

 

Poutine : Frankenstein et les Prédateurs...

 

 

Un spectacle qui me ravit, c'est celui des grandes orgues de la propagande.

Entendre et voir tous ces médias à l’unisson, sans fausse note, au même instant, soufflant, sous les doigts de leurs maîtres, dans les tuyaux vides du mensonge et de la calomnie : fascinant !… Les partitions changent. Mais, connaissant son public, comme tout bon organiste, la propagande va et vient sur les classiques de son répertoire. Poutine, est une de ses partitions favorites. C’est, aussi, une de mes mélodies préférées…

Mélodie, de la complicité politique et médiatique, dans cette relation fusionnelle de la manipulation de l’information, au service des intérêts économiques de leurs commanditaires. A lire, écouter tous ces médias et politiciens, Poutine serait un monstre. Ne respectant aucune des libertés publiques élémentaires, pratiquant l’assassinat politique, méprisant les règles d'or d’une économie libérale qui est censée servir de trame aux relations internationales, etc.  Bref, c’est tout juste si Poutine n’a pas remplacé Staline dans la représentation, les stéréotypes et les postures "démocratiques" des médias occidentaux.

Poutine serait : Frankenstein !...

Ce déchaînement sonore est trop fort pour ne pas dissimuler, en contrepoint, des mouvements plus subtils. Livrons nous à un petit exercice de musicographie, et décryptons ces belles envolées… Décrypter est un régal !

En fait, la fureur de cette campagne de désinformation est fondée sur la frustration occidentale à l’encontre de la volonté d’un homme, s’appuyant sur une nouvelle génération de responsables russes, décidé à sortir la Russie de la profonde crise de la fin du XX° siècle. La conséquence immédiate est que les immenses projets de prédation, planifiés par le Big Business occidental à la suite de l’effondrement du régime communiste se sont, malgré d’excellents débuts, trouvés rapidement bloqués par un homme : Poutine. D’où les campagnes hystériques se crispant sur cinq dénis :



1. Le déni d’un homme.
 

Tout opposant à l’hégémonie occidentale a droit automatiquement au qualificatif de "terroriste", dès lors qu’il possède un pouvoir potentiel de résistance. Difficile de mettre Poutine sur une de ces listes.  Alors, le plus simple est de le faire passer pour un criminel. Rien que cela… Autocrate et assassin.

Frankenstein, vous dis-je !

Pourtant, c’est un homme qui a été régulièrement élu à la tête de son pays, dans un gouvernement légitime. A deux reprises. Et les sondages, y compris ceux supervisés par l’université d’Aberdeen (Ecosse), montrent un taux moyen de satisfaction de ses concitoyens, par rapport, à son action de 70%, en moyenne. Il n’y en a pas beaucoup sur cette planète…

Il pratique couramment plusieurs langues, dont l’allemand qu’il maîtrise parfaitement. De même que tous les rouages de la Géopolitique. Gros travailleur, il connaît ses dossiers sur le bout des doigts.

Il est vrai qu’il a tout pour agacer : il ne boit pas, ne fume pas. Ceinture noire de judo, il le pratique tous les matins, une heure, avant de commencer à travailler. Pire : il est d’une rigoureuse intégrité. L’horreur : il se fait une haute idée de l’indépendance et de l’avenir de son pays !...

Atypique. Nos "Al Capone" dirigeant la « Communauté Internationale », et protégeant les pires dictatures en Afrique, en Amérique du sud ou au Moyen Orient, n’en peuvent plus !…  Poutine ?  Un « Chavez » cool… Il ne manquait plus que cela… Un cauchemar !



2.
Le déni d’un redressement politique
.

La stratégie de l’Occident, à la chute du communisme était de faire éclater l’ex-URSS en une multitude d’Etats, d’entretenir des conflits à ses frontières pour la paralyser, et de piller les énormes ressources de son sous-sol en installant et protégeant des gouvernement corrompus. A l’exemple de ce qui se fait de mieux sous d’autres latitudes. Cela a failli réussir, comme le montre très clairement Joseph Stiglitz
(1) : l’instabilité économique associée à une corruption organisée et à la mise en place d’une mafia, servant d’intermédiaires aux intérêts occidentaux, a provoqué une violente régression de la Russie. Ce grand pays était au bord de l’anarchie…


i)
Le pillage occidental par le biais de la mafia russe


En fait, les privatisations accélérées, imposées par l’Occident via la Banque Mondiale et le FMI
(2), n’avaient pas pour objectif de créer, ou de développer une classe moyenne mais de faire acheter, par les multinationales, pour une bouchée de pain l’essentiel de la richesse du pays : pétrole, gaz, mines (fer, charbon, or, diamant, etc.). Cette opération comportait deux étapes :

=> achats (ou "privatisations", par euphémisme...) par des mafieux à prix ridicules et, la plupart du temps, à crédit et sans apport de fonds personnels...

=> rachats ensuite par des entreprises occidentales des parts à prix ridicules, aussi, mais qui, à l’échelle des transactions, constituaient des fortunes colossales pour des personnes privées.

C’est ainsi que sous Eltsine, des pans entiers des ressources russes ont été bradés à des mafieux, moyennant commissions. Certains, par la suite, s’apprêtant à céder leurs possessions nouvellement acquises avec une confortable marge, notamment dans le gaz et le pétrole, aux grandes multinationales. La Russie allait ainsi voir l’essentiel de ses richesses rachetées à vil prix et possédées par des intérêts étrangers. Schéma classique des privatisations dans la plupart des pays en développement qui n’ont pas la taille critique pour résister. Mais, la Russie n’est pas le Nigeria, l’Arabie Saoudite ou le Gabon...

ii)  L’arrêt du pillage.

Succédant au gouvernement « ultracorrompu » d’Eltsine, la première tâche de Poutine fut de mettre un terme à ce pillage à grande échelle du pays. Il fallait museler la grande mafia en cheville avec les multinationales étrangères. Certains de ces mafieux ont pu être arrêtés, jugés et les transactions en cours bloquées. Ce qui a fait hurler les anglo-saxons au nom du "libéralisme économique"
(3), des droits  de l’homme et autres indignations "démocratiques"…  La réaction allait être brutale. Du "grand ami" de l’après 11 Septembre, Poutine, allait immédiatement devenir l’homme à abattre.

Dans ce nettoyage, toujours en cours, un des plus brillants et des plus efficaces collaborateurs de Poutine, Andrei Kozlov, a été assassiné
(4). Il avait retiré les licences d’exploitation à 95 banques russes spécialisées dans le blanchiment de ce pillage. Il était en train de décortiquer les implications des multinationales de l’énergie dans le pillage et les détournements de fonds. Malgré cette guerre souterraine et les opérations de déstabilisation organisées par les occidentaux, avec une campagne de dénigrement à l’échelon international, Poutine et son équipe tiennent bon.


iii)
La protection de la mafia russe par les occidentaux.  

Beaucoup de ces gangsters de haut vol se sont réfugiés en Occident, notamment à Londres, où, protégés par la City (milieux financiers) qui gouverne le pays, ils mènent grand train de vie. Cette "protection" atteint des sommets inconnus jusqu’alors.

Exemple : L’un des plus riches, Boris Berezovski, dont la fortune est estimée à environ 2 milliards de $, réfugié à Londres, bénéficie du statut de "réfugié politique"  en tant qu’ "opposant politique"…  Il vient publiquement d’annoncer qu’il finançait un renversement du gouvernement russe par la force !
(5) La Russie demande son extradition pour une multitude de détournements de fonds, notamment au détriment de la compagnie aérienne Aeroflot. Bien sûr, Londres, qui n’hésite pas à envoyer ses ressortissants britanniques à Guantanamo, refuse cette extradition sous prétexte du respect des droits de l’homme….

Imaginons un gangster milliardaire proférant les mêmes menaces, à l’encontre de Blair ou de Bush, ou de tout autre chef d’Etat élu en toute légalité, alors qu’il serait réfugié en Russie. Impensable !  Mais, le contraire pour les Prédateurs : oui.


3. Le déni d’un redressement économique


Délibérément, la Banque Mondiale et le FMI avaient imposé des privatisations accélérées en ignorant une règle de base : avant toute restructuration et privatisation, il est indispensable de mettre en place des organes de contrôle et de régulation indépendants et incorruptibles. Poutine, malgré les difficultés dont l’assassinat de Kozlov donne une idée de l’ampleur, y travaille sans relâche. La hausse des prix du pétrole et du gaz, jointe aux actions d’assainissement de Poutine ont permis à la Russie de rembourser, par anticipation, la totalité de sa dette extérieure. Qui dit mieux ?

La Russie, sous son impulsion, a progressivement renégocié tous les contrats de cession, tant des droits d’exploration et des ventes de ses ressources, avec les multinationales. Dans un rapport d’égal à égal. Un des cas emblématique est l’exploitation des gisements de Sakhaline, projet de plus de 22 milliards de $ que la Russie a renégocié tant avec les compagnies pétrolières, notamment la Shell, qu'avec le consortium des banques internationales (200 banques). Tout cela a rendu fortement impopulaire Poutine au sein de la puissante "communauté financière internationale"…

La Russie a réussi, dans le même temps, à bloquer une des plus grandes catastrophes écologiques (6) qu’allaient accomplir ces compagnies pétrolières dans leur exploitation de la presqu'île de Sakhaline. Détruisant une région entière, à l’exemple des ravages qu’elles ont provoqués au Nigeria.

Frankenstein, vous dis-je !


4.  Le déni d’une Politique étrangère indépendante.

L’union Européenne n’a aucune politique étrangère, si ce n’est de suivre à la lettre les diktats et les aventures guerrières de l’extrême-droite américaine et israélienne. Ce n’est pas le cas de la Russie qui pense qu’un monde unipolaire, dominé par une "hyper puissance" n’est pas l’avenir de l’humanité. Une soi-disant fraction de l’humanité qui dirigerait, sous prétexte qu’elle serait supérieure aux autres, le reste du monde est un modèle qui n’est pas viable.

De plus, Poutine est contre l’attitude occidentale qui privilégie la menace et l’affrontement, au dialogue et à la coopération.  D’où son rôle modérateur dans le traitement des problèmes complexes de la Palestine, du Moyen Orient en général ou de la gestion mondiale de l’énergie. Philosophie politique incompatible avec celle des "néocons".

Dans une formidable action géopolitique, Poutine, s’est rapproché de la Chine, avec qui il a fondé le SCO (7). Lequel va, outre les Etats fondateurs, intégrer à terme : l’Inde, le Pakistan, la Mongolie et… l’Iran ! Se profile, donc, en Asie Centrale, une superpuissance indépendante, capable de résister aux volontés hégémoniques des anciennes puissances coloniales du Moyen Orient et de l’Asie. Et, surtout de résister aux incessantes manœuvres financières, capitalistiques, et militaires  de l’Occident…

Frankenstein, vous dis-je !


5.  Le déni d’une marche vers un Etat libre et démocratique.

Poutine, sait très bien que, pour le déstabiliser, les services spéciaux occidentaux sont prêts à faire assassiner leurs propres agents en Russie… Pour l’accuser, ensuite, d’assassiner ses opposants. Quand on a 70% des russes qui sont pour vous, il est nul besoin de faire assassiner des opposants "médiatiques" (journalistes, et autres figures de composition...) qui émargent, la plupart, sur les livres de paye des services secrets occidentaux, via des associations "bidon". Il connaît trop bien les combats de l’ombre...

La Tchétchénie, me direz-vous ?  Il y travaille. Il a hérité de ce dossier, où la mafia s’est, là encore, longtemps et considérablement enrichie (8), de concert avec les trafiquants d'armes et de pétrole occidentaux. Sachant, là aussi, que via la Georgie frontalière, que les USA veulent faire rentrer à tout prix dans l’OTAN, c’est un flux incessant d’argent et d’armes dans les poches des chefs de guerre pour maintenir une guerre civile à ses frontières. Les mêmes qui ont écrasé sous les bombes Palestine, Irak, Afghanistan ou Liban viennent, à présent, l’entraver dans la recherche de la paix en Tchétchénie. Il y arrivera. Le temps joue en sa faveur…

Entre-temps, la liberté d’expression ne cesse de se développer. En 2000, en Russie, il y avait 20 000 journaux et publications. En 2007, il y en a 46 000. A cela s'ajoutent, 25 millions d’internautes qui peuvent accéder, sans censure, à toutes les informations disponibles sur le net. A cela s’ajoutent encore, les 3 200 société de TV et radios, dont l’Etat ne contrôle que 10% (9).  Alors, qui dit mieux ?


Poutine : Frankenstein ?

C’est, tout simplement : un Homme d’Etat.  Un « Grand »…

Désolé pour les Prédateurs…







(1)  Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Economie 2001).
Globalization and its discontents’, Chapter 5 : Who Lost Russia ?, Penguin Books, 2002.
(2)  Joseph Stiglitz. Op. Cit.
(3)  Les principaux supports de la propagande du Big Business débordent de ce type d’articles enflammés : The Economist (UK), The Financial Times (UK), The Wall Street Journal (USA). On les retrouve en  “copier-coller”, chez nos « journalistes-économistes » français…
(4)  Macalister, T., Cobain, I., Tisdall, S., ‘Diplomatic rift as says : give us Berezovsky – Fresh Warrant issued and new inquiry into remarks about overthrow of Putin’, The Guardian, Jeudi 19 Avril, 2007.
(5)  Assassiné le 13 septembre 2006, avec son chauffeur.
Il était, à sa mort, Vice Président de la Banque Centrale Fédérale Russe. Il avait 41 ans. Parlant couramment anglais et allemand. Il était père de trois enfants.
(6)  Voir, le formidable travail d’investigation des ONG sur Sakhaline, notamment le rapport :
Van Gelder, J.W. (2006), ‘Involvment of Credit Suisse in the Global Mining and Gas Sectors – A research paper prepared for Berne Declaration and Greenpeace Switzerland’, Profundo, Hollande, Juin 2006.
(7)  Le SCO (Shanghai Cooperation Organization) est une organisation intergouvernementale dont les langues de travail sont le chinois et le russe. Elle a été fondée, le 15 juin 2001, par la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kyrgystan, le Tajikistan et l’Ouzbekistan.
(8)  Sous Eltsine et ses prédécesseurs, ce conflit était exclusivement géré, y compris sur le plan militaire et avec ses propres troupes, par le Ministère de l’Intérieur… Les enrichissements personnels des gestionnaires de ce conflit, dans les détournements de fonds et les trafics d’armes et de pétrole des différentes mafias, étaient longtemps sans limite…
(9)  Dimitry Peskov, The Guardian, Lundi 16 Avril 2007.

Crédit photos Poutine :   Tickets of Russia.  La photo du milieu est celle d'Andrei Kozlov.

 

 


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Nous sommes Tous Palestiniens



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3° Année du Blocus



Textes publiés sur ce blog lors des Massacres de Gaza, fin décembre 2008 et janvier 2009,  dont plusieurs sont "occultés" par les "moteurs de recherche" ... :
La Communauté Internationale
Gaza : News from London
Gaza : La Diplomatie Européenne
Gaza : La Censure Médiatique
Gaza : News from Oslo
Gaza : News from "Planet Psy Ops"
Gaza : Le Triomphe de Caïn

 

 

Sauvons la Résistante Palestinienne, Hana Shalabi, de la torture et de l'internement arbitraire des troupes d'occupation coloniales

 

Hana-Shalabi---Palestine.jpg

 

Halte au Délire Impérial !

 

 


 

 

 

Le Québécois

Richard Desjardins

chante la lutte des Peuples

contre l'Empire

 

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