Liberté ...

   
 

 

 

 


 
Le Québécois
chante la lutte des Peuples
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Du conseil international en gestion stratégique et en développement d'économies émergentes...
Au regard sur la régression du respect de la dignité humaine, des libertés et du partage.
Une espérance solidaire avec ceux qui ne l'acceptent pas.
A contre-courant...

 

 

 

Modération


Tous commentaires et propos contribuant à enrichir échanges et débats, même contradictoires, sont amicalement reçus. Ne sont pas acceptées les pollutions organisées, en particulier :

a)  Hors sujets et trolls

b)  Attentatoires à la Dignité Humaine :

.  Injures

.  Propos racistes

.  Incitations à la haine religieuse

 

Avertissement

Liberté d’expression et abus de procédure

 

Devant la multiplication actuelle des atteintes à la liberté d’expression, sous forme d’intimidations et de menaces à l’égard de blogs et de sites, de la part d’officines spécialisées dans la désinformation et la propagande relatives aux évènements passés, présents et à venir au Moyen-Orient, tout particulièrement, il est rappelé que la Loi du 21 juin 2004 (LCEN),

modifiée par la Loi n°2009-1311 du 28 octobre – art.12, s’appliquant à des « abus » éventuels,

spécifie

dans son alinéa 4 :

« Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2

un contenu ou une activité

comme étant illicite

dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion,

alors qu'elle sait cette information inexacte,

est puni

d'une peine d'un an d'emprisonnement

et

de 15 000 Euros d'amende»

 

 

21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:12

 

 

« Deux doctrines, deux systèmes se disputent aujourd’hui l’empire du monde, la doctrine de la liberté et la doctrine de l’absolutisme ; le système qui donne à la société le droit pour fondement et celui qui la livre à la force brutale. »
Lamennais

 

 

 

 

 

Nous devons « déclarer la guerre au peuple Palestinien dans son intégralité, y compris les vieux et les femmes, leurs villes et leurs villages, leurs biens et leurs infrastructures. » (1)

 

« Ce sont tous des combattants ennemis, et leur sang doit être sur leur tête. A présent, on doit y inclure les mères de ceux qui sont morts, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des embrassades.
Elles doivent connaître le même sort que leurs fils, rien ne peut être plus juste.
Elles doivent être éliminées, tout comme leurs habitations dans lesquelles elles élèvent les serpents.
Sinon, ce seront d’autres petits serpents qui y seront élevés.
 »  (2)

 

Ces déclarations d’une personnalité politique israélienne, appelant au génocide du Peuple Palestinien, n’ont pas de quoi surprendre, même si elles choquent toujours autant par leur degré d’hallucinante barbarie. Tellement elles sont fréquentes, dans la banalisation de l’horreur.

Evidemment, nos "milieux de la désinformation" ont méticuleusement veillé à ne pas répercuter l’information. De nombreux médias étrangers, heureusement, ont eu le courage de la diffuser, sans en masquer l'inhumaine sauvagerie. (3)

 

Cet appel au génocide et au meurtre des « Mères  Palestiniennes » a, en effet, été relevé, le 7 juillet dernier, sur la page Facebook d’un parlementaire israélien.

Plus effrayant par sa symbolique, l’auteur, 38 ans, ingénieur informatique, membre du parti "HaBavit Ha Yehdi", parlementaire de la Knesset, est : une "femme".

 

Encore plus atterrant, "mère" de deux enfants :
Ayelet Shaked

 

Comment une "éducation", une "modernité", une "rationalité", peuvent-elles produire de tels monstres de fanatisme et de cruauté ?...  Au XXI° siècle ?...

 

Ayelet Shaked - Parlementaire recommandant le massacre des "Mères Palestiniennes"

Ayelet Shaked - Parlementaire recommandant le massacre des "Mères Palestiniennes"

Monstruosité imbibant, structurant, cette mentalité coloniale férocement incarnée par ces israéliens venant, avec leurs fauteuils et glacières, prendre l’apéritif sur les collines surplombant le camp de concentration de Gaza. Applaudissant et criant de joie à chaque missile ou passage d’avions l’écrasant sous les bombes. (4)

 

La journaliste américaine de CNN, Diana Magnay, venue faire un  reportage à partir de la colline de Sderot en a été révoltée d’indignation. Son témoignage a fait le tour du monde via Youtube. Ainsi que son tweet, où elle traite ces "jouisseurs" de l’horreur de « scum ». Qu’on peut traduire par "racaille", certains ont traduit par "ordures".

 

Naturellement, sa direction l’a obligée à retirer son tweet (5) et immédiatement mutée à Moscou. Opération "cosmétique" de transition, avant son probable licenciement… (6)

 

Saluons son courage, si rare dans la profession !

 

Encore plus rare chez nos nomenklaturas dans nos pays occidentaux, en France tout particulièrement… Tout en y étant habitués, il est à chaque fois stupéfiant de voir notre caste politique, tous partis confondus, au gouvernement ou dans "l’opposition", soutenir dans la Bonne Conscience, pareils comportements : appels au meurtre, au massacre, à la dévastation, au génocide.

 

Comment notre pays en arrive-t-il à s’associer à pareilles entreprises, à mépriser à ce point La Dignité Humaine ?...

 

Normal... Notre "inconscient collectif", dira-t-on, est formaté depuis des siècles dans le mépris de "l’Autre" : le plus faible que soi sur le plan militaire, qu’on exploite et qu’on massacre s’il résiste. Dans le mépris, l'arrogance de la "race supérieure". Depuis les Croisades, les Grandes Conquêtes coloniales, appelées pudiquement dans nos livres d’histoire : les "Grandes Découvertes".

 

Tout comme nos partenaires occidentaux qui ont eu des "empires" coloniaux : Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal, Italie, Allemagne, etc. Ex-possessions coloniales qu’ils régentent encore, pour la plupart, via des accords économiques, militaires, derrière la façade d’une indépendance politique guignolesque.

 

Facteur aggravant, pour la France, dans ce formatage : la Guerre d'indépendance de l’Algérie, avec le fanatisme de "l’Algérie française", architecturé dans son atrocité par sa milice armée : l’OAS. Ces colons hyperviolents souhaitaient, rappelons-le, une Algérie qui soit "française".

 

En clair, que le pays appartienne aux colons (meilleures terres, zones de pêche, exploitations forestières, transports, commerce extérieur et intérieur, pétrole, gaz, etc.) et que les "indigènes", comme ils les appelaient alors, n’aient ni la nationalité française, encore moins le droit de vote. Ce qui les empêchait, évidemment, d’avoir accès aux postes de responsabilité, dans la fonction publique ou l’enseignement, aux professions libérales et même à l’exploitation de concessions (automobiles, etc.).


Sauf les "indigènes juifs" qui bénéficiaient automatiquement de la naturalisation française en vertu de l’application de la loi Crémieux de 1870.

 

Phénomène à étudier (mais qui ne le sera pas avant longtemps…) par nos sociologues ou politologues, la quasi-totalité de notre nomenklatura actuelle, caste politique navigant entre différents gouvernements et médias notamment, est issue de familles ayant vécu dans les "anciennes colonies" et participé de ce fait, de près ou de loin, à l’exploitation coloniale. La majorité en Afrique du nord.

Ce formatage colonial fondé sur un obscurantisme viscéral mais structurant pour la justification de toute prédation, racisme anti-arabe et analphabétisme islamophobe dans le cas du Maghreb et du Moyen-Orient (en Nouvelle-Calédonie ce sera le "Canaque anthropophage", etc.), trouve naturellement, souvent par filiation ou réseau familial, son exutoire, ou sa revanche, dans le soutien aveugle à l’extrémisme sioniste.

 

Ainsi le président de la république française, François Hollande, dont le père (Georges Gustave Hollande) fut un hiérarque de l’OAS, au lieu de promouvoir une politique, une diplomatie, fondées sur une ambition, une volonté, de pondération, de respect du droit international (Conventions de Genève pour la protection des populations civiles, résolutions de l'ONU imposant le respect des biens et personnes de la Nation Palestinienne non appliquées à ce jour) et d’appel à la paix, adopte une position partisane, choisissant publiquement "son camp", en exprimant « la solidarité de la France avec Israël ».

 

Devenant la risée du reste de la planète, provoquant la pitié à l’égard de notre pays devant son abaissement, sa soumission, sa complicité, face à des crimes de guerre inadmissibles. (7)

 

Le caricaturiste Brésilien Carlos Latuff met lucidement en scène cette servilité en portraiturant Hollande en uniforme de garde-frontière israélien avec, derrière lui, une pancarte "Bienvenue en France" sous les couleurs du drapeau israélien.

 

Oui, la France réduite à une "colonie" sioniste.

L’Etat Psychopathe ...

Car comment peut-on laisser martyriser une Nation sans que la France ou la mythique "Communauté Internationale", habituellement si vibrionnantes dès qu’il s’agit « d’ingérence humanitaire », n’exigent de l’ONU une "force d’interposition internationale" pour soustraire les populations civiles à l’arbitraire des sanguinaires colons sionistes ?...

 

Une certitude…

Ces appels au génocide, ces actes de barbarie, scient la branche sur laquelle l’idéologie sioniste est installée à califourchon, se croyant éternelle. Dans l’aveuglement de son triomphe provisoire, protégée, encouragée par l’OTAN, ses armes et sa propagande. (8)

 

Le sionisme ne pourra jamais durer, s’intégrer en Palestine et dans la région, par la violence, la spoliation et la destruction. Ses délires de domination absolue ne seront jamais acceptés même si, pour le moment, ils sont subis. Histoire et Humanité dans leur évolution actuelle ne peuvent s’accommoder d’un tel niveau d’atrocité, de cruauté, de férocité. L’esclavage est un concept dépassé… (9)

 

Souvenons-nous des Royaumes Latins d’Orient constitués, implantés, imposés, au cours des Croisades, dont le plus puissant : le Royaume de Jérusalem. Pour "sauver le tombeau du Christ"… Se délitant au fil du temps, et des intérêts fluctuants de leurs propres sponsors.

 

Mais, nous martèle la propagande, il s’agit de la "seule démocratie de la région" !...

 

Sans rire… Rassembler 100 fous furieux, fanatiques, paranoïaques, dans une salle pour élire leur leader, ils éliront le pire d’entre eux. Est-ce cela, un "Etat démocratique" ?...

 

Dans la typologie des Etats dangereux, figure en tête de liste : "l’Etat Voyou".

 

En niveau de dangerosité, hors catégorie, il est dépassé par :
"l’Etat Psychopathe".

 

 

 

 

 

 

 

1.  http://en.wikipedia.org/wiki/Ayelet_Shaked
2.  Daily Sabah, “Mothers of All Palestinians Should Also Be Killed” – Says Israeli Politician, [Les Mères de Tous les Palestiniens Devraient Etre Aussi Tuées – Déclare une Personnalité Politique Israélienne], 14 juillet 2014,
http://www.dailysabah.com/mideast/2014/07/14/mothers-of-all-palestinians-should-also-be-killed-says-israeli-politician
Citation :
“They are all enemy combatants, and their blood shall be on all their heads. Now this also includes the mothers of the martyrs, who send them to hell with flowers and kisses. They should follow their sons, nothing would be more just. They should go, as should the physical homes in which they raised the snakes. Otherwise, more little snakes will be raised there."
3.  Exemple : Daily Sabah, Op. Cit.
4.  Mathieu Dejean, Pourquoi des Israéliens acclament depuis les collines de Sderot les roquettes qui tombent sur Gaza, Slates, 18 juillet 2014,
http://www.slate.fr/story/90043/israeliens-acclament-rockets-gaza#xtor=RSS-2
5.  Il peut être retrouvé en suivant le lien :
http://www.mediaite.com/tv/cnn-reporter-deletes-tweet-calling-israelis-cheering-missile-strikes-scum/
6.  Gaza : Une journaliste de CNN mutée après avoir traité des israéliens « d’ordures », PureMedias, 20 juillet 2014
http://www.ozap.com/actu/gaza-une-journaliste-de-cnn-mutee-apres-avoir-traite-des-israeliens-d-ordures/454364
7. Jim W. Dean, Fake Democracies Backing Israeli Terror [Les Démocraties Bidons qui Soutiennent la Terreur Israélienne], Press TV, 18 juillet 2014,
http://www.presstv.ir/detail/2014/07/18/371749/fake-democracies-backing-israeli-terror/
8.  Voir, en ce moment, le colossal travail de propagande et "d’action psychologique" pour discréditer toutes les manifestations de solidarité avec Gaza : amalgames systématiques avec l’antisémitisme ou la "judéophobie", désordres et vandalismes par des agents provocateurs et "mercenaires-casseurs", etc.
9.  Francis A. Boyle, Gaza Genocide and Criminal Rogue Israel, Press TV, 11 juillet 2014,
http://www.presstv.ir/detail/2014/07/11/370869/gaza-genocide-and-criminal-rogue-israel/

 

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 19:27

 

 

 

« Indignez-vous !», disait Stéphane Hessel ! (1)

 

Oui. Toutes les opinions publiques, dans tous les pays, sont indignées, et le clament !

 

Révoltées par les atrocités infligées au Peuple Palestinien et, plus particulièrement, aux populations enfermées à Gaza.

 

Véritables crimes de guerre, par l’acharnement à l’encontre des civils. (2)

 

Mais, que faire de plus face au silence complice de nos dirigeants, de l’ONU et autres instance internationales, ou de nos Belles Consciences ?...

 

Comme le montre si bien le caricaturiste saoudien Aiman, les crimes contre la Palestine s’alimentent au silence des dirigeants, non seulement occidentaux mais aussi arabes…

Sur la pompe : Le Silence (des dirigeants) Arabe(s)

Sur la pompe : Le Silence (des dirigeants) Arabe(s)

Une idéologie née au XIX° siècle, créée à Bâle en 1897 par un austro-hongrois Theodor Herzl, ravage ainsi la Palestine et la région. Fumeuse théorie théocratique qui prétend instaurer la spoliation coloniale et l'apartheid raciste, sur fondement "biblique" : le sionisme.  Principal "radicalisme religieux" contemporain, ou "manipulation fondamentaliste" de la religion, menaçant en permanence, dans son délire guerrier, la Paix dans le Monde.

 

Au XXI° siècle !...

 

Nombreux sont les Juifs qui rejettent cette idéologie à la rhétorique fanatique, ses fondements, prétextes, arguments, à l'opposé de leur religion : le Judaïsme.

 

J'en citerai un, que j'admire en tant que Grand Maître de la Science-Fiction, américano-russe  (3) :
Isaac Asimov

Gaza vu par le Brésilien Latuff

Gaza vu par le Brésilien Latuff

"Les juifs d'Amérique auraient une vision plus claire de la situation s'ils se représentaient un renversement de rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les juifs les bombardant de pierres avec l'énergie du désespoir."

 

Et, à propos de ses coreligionnaires d'Europe centrale immigrant en Palestine :
"Dès qu'ils posent le pied sur le sol d'Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l'égard des Palestiniens.

Ils passent en un clin d'oeil du statut de persécuté à celui de persécuteur."

 

Commentant la Bible :
"La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs :

"Vous n'attristerez pas et vous n'affligerez pas d'étrangers, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d'Egypte" [Exode 22 : 21]"

Mais qui obéit à cet enseignement ?
Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m'attire des regards hostiles et je me rends impopulaire
."

 

Merci, Isaac Asimov.

Merci aux Juifs de cette trempe, de cette lucidité, de cette honnêteté et de ce courage.

Puissent-ils arriver un jour à marginaliser les fous furieux et sanguinaires paranoïaques, actuellement aux commandes de leur communauté, afin d'imposer un terme à L'Abjection en Palestine, pour ouvrir enfin une ère de concorde et de prospérité !...

 

 

 

 

 

 

 

1.  Stéphane Hessel, Indignez-vous !, Essai, Editions Indigène, 2010,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Indignez-vous_!
2.  UN must urgently investigate war crimes in Israeli-Gaza conflict - Amnesty Intl, RT News, 12 juillet 2014, http://rt.com/news/172232-israel-gaza-amnesty-war-crimes/
3.  Isaac Asimov, Moi, Isaac Asimov, Essai autobiographique, Présences – Denoël, 1996, pp. 33 – 39.

 

 

 

 

 

 

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 05:00

 

 

N.B.  Ce texte a été publié pour la première fois, le 9 juillet 2014, sur le blog :
Iran : Analyses et Perspectives

 

 

 

 

 

Je ne souhaite que me tromper…

 

Lentement mais sûrement, les négociations de Genève sur le nucléaire Iranien, avec pour date limite le 20 juillet prochain, s’acheminent vers un échec.

Iran : Modèle de Résilience

Ce que tout le monde, anticipe. A commencer par les dirigeants Iraniens. Evidence, dès le début des négociations : l’Occident ne recherche, en fait, aucun accord. Multipliant les exigences les plus irrationnelles, pour ne pas dire farfelues. (1)

 

L’objectif étant, sous le prétexte nucléaire, d’asservir l’Iran, pour mieux le piller. Et, à défaut le détruire, afin de retarder son développement. L’idéologie prédatrice des "puissances arrogantes", pour reprendre les termes désignant en Iran les pays de l’OTAN, ne tolérant que deux modalités de relations à l’encontre du reste de la planète : la soumission ou la destruction.

 

Fund for Peace

 

Destruction directe par tapis de bombes et invasion, ou chaos de la guerre civile armée et financée par leurs soins. Quand ce ne sont pas les deux fléaux à la fois. Ravages et partitions imposés dans de nombreux pays, au Moyen-Orient notamment, le démontrent : Afghanistan, Egypte, Irak, Liban, Libye, Pakistan, Palestine, Somalie, Soudan, Syrie.

 

La résistance de l’Iran à cette logique exacerbe cette rage destructrice. Amplifiée par sa remarquable et courageuse ténacité face à une implacable "guerre économique" qui lui est imposée depuis 1979. (2) Aussi longue qu’impitoyable, totalement illégale au regard du droit international, n’étant en aucun cas prescrite par les instances de l’ONU. Contraire à sa charte fondamentale, constituant une agression, un acte de guerre, puisque décrétés unilatéralement par le Congrès des USA.

 

Contrevenant, sous l’appellation de "sanctions", à tous les engagements internationaux régissant les relations commerciales et financières. Jusqu’au "droit aérien", les membres de l’OTAN refusant de ravitailler en carburant les avions civils Iraniens en escale sur leurs aéroports !… (3)

Iran : Modèle de Résilience

Malgré ces comportements de gangsters, rappelant expéditions et rackets d’un Al Capone s’appropriant les quartiers d’une ville ou une ville entière, l’Iran n’en progresse pas moins.

Diabolisé en "menace pour la paix", justifiant obstacles et freins pour entraver son développement, ce pays de 80 millions d’habitants se montre étonnamment performant.

Même les ONG et "observatoires" américains les moins disposés en sa faveur sont obligés, à contrecœur, de l’admettre.

"Fund for Peace", par exemple, qui publie chaque année un classement des pays par niveau de "risques" ou de "fragilité" (Fragile States Index) vient, dans son édition du mois de juin dernier, d'en prendre acte (4) :
« En dépit de ces contraintes, l’Iran, grâce à son important marché intérieur et ses efforts d’intégration dans les grands courants d’échanges, a légèrement amélioré les indicateurs économiques du pays »
("In spite of these challenges, Iran’s sizable market and greater desire to engage with global actors has slightly improved the country’s Economy indicator".)

 

Reconnaissant que, dans son classement (5) :
« L’Iran représente le pays qui a le plus progressé dans le monde au cours de l’année passée sur le plan économique, social et politique. »
(" Iran proving to be the most improved country in the world over the past year socially, economically and politically".)

 

Sur la douzaine de critères, ou d’indicateurs, de son Index, les analystes du Fund for Peace ont été particulièrement impressionnés par  (6) :
« … Les performances et améliorations du système de santé, la réactivité des services de la sécurité civile lors des deux importants tremblements de terre d’avril 2013, et la maîtrise de la pression démographique... »
("… Because of an increase in total health care spending and guarded progress in performance and rapid and adequate emergency responses to two April 2013 tremors, the Demographic Pressures indicator has improved"…).

 

Le FMI aussi, dans son rapport du mois d’avril 2014, IMF (FMI) Country Report No. 14/93 – Islamic Republic of Iran, tout en traînant des pieds, le reconnaît (7) :
« L’Iran, au cours des décennies précédentes, a effectué de remarquables progrès en termes d’augmentation de revenu et d’amélioration du niveau de vie par habitant. »
("Iran had achieved considerable progress in raising per capita income and living standards in previous decades".)

 

Précisant, à la page 5 du document :
« Les indicateurs sociaux démontrent une diminution de la pauvreté et de l’inégalité des revenus, constituant un niveau relativement élevé de "développement humain". »
("Social indicators show declining poverty and income inequality, supporting a relatively high level of human development".)

 

 

TVA  &  KIA           

Iran : Modèle de Résilience

Jusqu’à se montrer admiratifs de la gestion du système fiscal, modernisé depuis 2008 avec l’introduction de la TVA. Dont le taux actuel de 6 % va être progressivement généralisé à 8 %. Loin des taux confiscatoires européens

 

En France nous en sommes à 20 %, en voie de rejoindre le record de la Grèce : 25 % et 30 % suivant articles ou prestations.

Autre comparaison avec l’Europe… Malgré l’étranglement économique qui lui est infligé, l’Iran enregistre un taux de chômage qui n’est pas supérieur à celui de beaucoup de pays membres de la "paradisiaque UE", royaume du Libéralisme Economique triomphant, avec sa libre circulation des hommes et des capitaux. Notamment : Portugal, Espagne, Italie et Grèce…

 

Un  des rares pays dans le monde à ne pas avoir d’endettement extérieur (hors opérations commerciales courantes), mais au contraire des réserves excédentaires d'un montant équivalent à environ 100 milliards de dollars. Sans compter les nombreux avoirs et créances bloqués dans les pays occidentaux. Certains remontant à la révolution de 1979 pour des achats et commandes non livrés selon l’arbitraire et la mauvaise foi des débiteurs de l’Iran (Grande-Bretagne et France, n’étant pas les moins retors). Plusieurs milliard de dollars cumulés…

 

Comme le constate le FMI dans son rapport, embargos et sanctions ou pas, l’Iran poursuit méthodiquement la diversification de ses exportations de produits et services "non pétroliers". En progression régulière, pour passer prochainement de 6 % à 10 % du PNB.

 

Cette politique, extrêmement dynamique et volontariste, s’applique aussi au tourisme. Autre grande richesse du pays, du fait de son exceptionnel patrimoine historique et de l’extraordinaire diversité de ses régions et paysages. Investissant dans un effort promotionnel, vers les pays asiatiques dans un premier temps, sur l’écotourisme et le tourisme "santé / bien-être". L’Iran organise son premier salon international "ECO Health Tourism" dans la province de Mazandarar, les 18 et 20 août, prochains conjointement avec ses partenaires et Etats voisins.

 

L’attraction de l’Iran auprès des investisseurs internationaux ne cesse de s’amplifier au fil des mois. Accords et signatures de contrats se multiplient.

 

Illustrations…

 

Le constructeur automobile sud-coréen KIA développe une usine de montage de son modèle Cerato, avec une mise sur marché prévue le 20 mars 2015. (8)

 

Ou encore, les Chinois, très bien implantés dans le pays, signant des contrats de coopération et d’investissements tous azimuts. Ainsi, dans la modernisation des chemins de fers Iraniens. Une des opérations les plus importantes portant sur la liaison Téhéran-Meshad, avec l’introduction de rames à grande vitesse ; permettant de réduire la durée de trajet de moitié et d’augmenter la capacité actuelle de passagers de 14 millions/an à 35 millions/an. (9)

 

Le Qatar, qui prend ses distances avec l’Arabie Saoudite, dans un rapprochement diplomatique et économique avec l’Iran. Concluant d’importants accords d’échanges et de transactions via la création de zones franches dans le port Iranien de Busher et dans deux ports Qataris. (10)

 

Encore plus significatif : une entreprise américaine de Californie, World Eco Energy, vient de signé un contrat portant sur un investissement de 1,175 milliard de dollars dans la construction d’une centrale électrique à partir de retraitement de déchets urbains. Au sud-ouest de la province de Chaharmahal-Bakhtiari. (11)

 

La liste serait interminable...

 

Oui, de quoi enrager les prédateurs occidentaux devant autant de résilience ! Un pays stable, un des rares de la région, se développant d’année en année.  Comment casser la renaissance d’une grande Nation ?... Hystériquement crispés sur le plan de destruction et de morcellement du Moyen-Orient, le Plan Oded Yinon de février 1982, ils n’en démordent pas : l’Iran doit être soumis ou détruit ! (12)

 

Imperméable aux fantasmes de champs de ruines et de dévastations des fous furieux de l’OTAN, sereinement, l’Iran retrouve sa place. Son importance économique et politique, de la Méditerranée à l’Océan Indien, du Golfe Persique à l’Asie centrale, ne cesse de croître, de s’affirmer.

 

Toutes les informations le confirment.

 

Evidemment, les médias de notre propagande veillent à ne pas les mentionner, encore moins leurs crapoteux colporteurs de l’opium iranophobe.

 

Désinformation ? Diabolisation ? Menaces ? Sanctions ?...

 

Qu’importe !

 

La caravane passe… La roue de l’Histoire tourne…

 

Inexorablement.

 

 

 

 

1.  La plus hilarante, formulée par les occidentaux, étant celle d’exiger la fermeture de l’installation souterraine de Fordo, sous prétexte qu’en raison de sa configuration il est difficile de la prendre pour "cible" lors de bombardements éventuels !… La délégation Iranienne en rit encore.
2.  Date du renversement du Shah d’Iran, dont le régime sanguinaire et corrompu servait d’auxiliaire au complet pillage des ressources du pays par les occidentaux.
3.  Même la France, dans la plus dégradante démonstration de servilité à l’égard du Congrès US…
4.  Felipe Umaña, Most Improved Country for 2014 : Iran, Fragile States Index 2014, 24 juin 2014,
http://library.fundforpeace.org/fsi14-iran
5.  Fragile States Index, Op. Cit.
6.  Fragile States Index, Op. Cit.
7.  IMF (FMI) Country Report No. 14/93 – Islamic Republic of Iran – 2014 Article IV Consultation – Staff Report : Press Release ; and Statement by the executive director for the Islamic Republic of Iran, Avril 2014,
http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2014/cr1493.pdf
8.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4826/4/13202/0
9.  http://www.iranrail.net/gallery.php
10.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4827/4/13284/0
11.  http://www.iran-daily.com/Newspaper/Page/4827/4/13282/0
12.  http://www.globalresearch.ca/greater-israel-the-zionist-plan-for-the-middle-east/5324815

 

 

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 05:00

 

 

"Le monde social n'est pas simplement le monde de la non-raison, il est celui de la déraison, c'est-à-dire d'une activité de la volonté pervertie, possédée par la passion de l'inégalité."
Jacques Rancière (*)

 

 

 

 

 

Le temps  des vacances…

 

Que je souhaite excellentes pour tous…

Occasion de "recharger ses batteries", retrouver familles et amis. Ou, se retrouver soi-même, loin de la machine à vapeur quotidienne. Dans le silence ou la solitude. Avec pour compagnons, quelques livres.

 

Certains m’ont demandé un conseil de lecture. Quel livre ne pas oublier dans son sac à dos ?...

Choix difficile.

 

Au hasard, je vais en recommander un, à lire et relire, qui m’a captivé ces derniers mois. Il devrait vous faire vivre quelques heures de passionnantes lectures et discussions avec vos proches. Celui de Thomas Piketty, intitulé :
« Le Capital au XXI° siècle ». (1)

 

Ce sont 692 pages d’un régal intellectuel rare.

 

Rien à voir avec les insipides et fumeux pavés d’économies traditionnels, comme le laisserait penser le titre.

 

Véritable roman d’aventures, feu d’artifices aux dizaines de gerbes et pistes, où s’entremêlent économie, fiscalité, histoire, géographie, démographie, sociologie, philosophie. Jusqu’à la littérature, avec les personnages du monde de Jane Austen ou de Balzac, dont l’ombre de Vautrin hante les pages du livre de Piketty.

 

Impressionnant résultat, soulignons-le, d’un travail fondé sur une quinzaine d’années de recherches, sur plusieurs continents. Adossé à un appareil statistique et d’analyses de premier ordre, relié à une base de données techniques complémentaires sur Internet ! Avec une équipe de haut niveau. Le tout dans une langue simple, sans jargon, saupoudrée d’humour ! 

 

Sa publication en langue anglaise est un succès mondial, de la Californie à Hong Kong en passant par Rio, Lima, Moscou ou Téhéran. Ne peuvent s’en passer tous ceux qui s’intéressent à autre chose que leur nombril, réfléchissant à l’impérieuse nécessité d'esquisser un autre modèle d’organisation de notre planète que le Libéralisme Sauvage, croyance sectaire imposée en religion d'Etat, d’une féroce intolérance, qui va droit dans le mur. 

Au fil des pages, dans une compilation de faits, chiffres, statistiques, méthodiquement décortiqués et passés au microscope, Piketty démontre la gigantesque concentration du patrimoine et de "la richesse des nations" aux mains d'une poignée d'individus, surnommés dans nos pays occidentaux : les "1%". Contrôlant ainsi, par leurs "Armes de Domination Massive", les rouages de nos sytèmes économiques et financiers, les appareils d'information ou de "propagande privatisée", et, encore plus préoccupant, le personnel politique de nos parlements et gouvernements.

 

Ce niveau d'accumulation extravagant (cf. l'emblématique "affaire" Liliane Bettencourt de L'Oréal...), déconnecté de toute activité réellement "entrepreneuriale" en termes d'investissements, de création d'emplois, et de valeur ajoutée pour nos économies, ravage nos sociétés par son niveau d'injustice sociale. Le "système fiscal", principal instrument de régulation dans la redistribution de la richesse "nationale" et donc solidairement "collective", étant uniquement formaté pour accroître les privilèges de la minorité des nantis au détriment, et dans la spoliation, de la majorité des citoyens.

 

En surtaxant la "consommation des ménages" (la TVA "confiscatoire" constituant de loin la principale recette pour alimenter le budget de l'Etat), en écrasant de charges sociales le Travail (système de santé et retraites exclusivement financés par des recettes indexées sur les salaires au lieu d'autres assiettes fiscales), en grugeant par un système bancaire dévoyé la "petite épargne" des foyers modestes (type Livret A et assimilés ; de plus, préssurés sur leurs comptes courants par des intérêts débiteurs et frais arbitraires déments, etc.) dont le taux de rémunération est inférieur à celui de l'inflation...

 

Tout cela pour accroître, préserver, les plantureux et astucieux passe-droits fiscaux des plus fortunés, tant sur leurs revenus que sur leurs patrimoines. Ces "distorsions", remarquez-le, n'étant jamais évoquées par les nombreux et bavards "spécialistes en réformes structurelles". Surtout pas !

 

Au contraire : ce pillage s'exerçant dans le plus profond mépris et cynisme d'une implacable précarisation, paupérisation, de nos populations. Ces "1 %" posant, par l'accélération de leurs dérives mégalomaniaques, les plus grands dangers pour nos Libertés Publiques, l'exercice de nos droits démocratiques, et le "sens" de notre vie collective.

 

Au point qu’un spécialiste financier international, Patrick L. Young, se demande, devant l’insistance actuelle des autorités européennes à les intégrer dans les statistiques du PNB des différents membres, si la prostitution et le trafic de drogue (en voie de "légalisation" dans tous nos pays) ne vont pas constituer à terme "le fondement du développement économique de l’Union Européenne"… (2)

 

Thierry Pelletier l’avait formulé avec force, je me plais toujours à le citer (3) :

« De toute façon, seuls les imbéciles et les porcs peuvent encore croire à la pérennité d’un tel monde ».

 

Un Piketty, sinon : Rien…

Evidemment,  tout spécialement en France, l’immense travail de recherches de Piketty est étouffé par l’appareil de propagande de l’oligarchie. Car, il remet en cause tous ses clichés et dogmes, dix commandements et anathèmes, dont elle nous bourre le crâne, interdisant tout débat. (4)

 

Mon passage préféré ?...

 

Parmi d’autres, un bijou d’ironie parfaitement maîtrisée par la qualité des sources et analyses, le chapitre :
« Capital négrier et capital humain » (pp. 254 - 258).

 

Sulfureux rapprochement, nous rappelant que dans nos pays et sociétés, 60% du revenu national provient du travail, contre seulement 40% pour le revenu du capital. Déconstruisant, ainsi, le dogme des propagandistes affirmant que seules les entreprises ou « l’offre », pour reprendre leurs mantras, créent la richesse.

 

Les derniers rapports de la Banque Mondiale confirmant que le « capital humain » représente la première forme de capital au XXI° siècle. Comme le "capital négrier" aux Etats-Unis dans les années 1770-1810…

 

On comprend mieux l’obstination de nos castes au pouvoir à considérer les "salariés" comme des "esclaves". Les "Working Poors" des sociologues anglosaxons, auxquels, peuvent être assimilés les commerçants, artisans, professions libérales, et "patrons" des petites entreprises qui évoluent quotidiennement au seuil de la faillite étranglés par les banquiers.

 

Dans leur acharnement contre toute régulation sociale, la destruction ou la dénonciation du Code du Travail, des retraites, des systèmes de santé publique, des congés payés, de l’enseignement supérieur de qualité accessible à tous. Et, inévitablement ou fondamentalement, des légitimes actualisations salariales et améliorations du niveau de vie corrélativement à l'enrichissement indéniable du pays.

 

Les "réformes structurelles", habillage rhétorique de cette "casse sociale", dont nous asphyxient les "experts-branquignols" de la désinformation c’est tout simplement, dans une régression médiévale pleinement assumée par nos oligarques (5) :
"Le fouet pour les esclaves" !...

 

Ce livre est à déguster, sous un cocotier ou un parasol, un cèdre ou un chêne, en délicieux rafraîchissement de l’intelligence et de l’esprit critique.

 

Je l’ai donc emballé dans le slogan d’une marque de boisson :

« Un Piketty, sinon : Rien »…
 

Bonnes vacances à tous !

 

 

 

 

1.  Thomas Piketty, Le Capital au XXI° siècle, Seuil, septembre 2013.
2.  Patrick L. Young, Sex and drugs at the core of the EU’s economic development ?, RT, 26 juin 2014,
http://rt.com/op-edge/168572-europe-sex-drugs-economy/
3.  Thierry Pelletier : Voyage au Bout de la Zermi, 2 novembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-13503312.html
4.  Cf. le dernier "sermon" de Fillon, pour « réformer la France »… :
Jean-Christophe Chanut, Le traitement de choc du docteur Fillon pour soigner l’économie française, La Tribune, 25 juin 2014,
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140625trib000836961/le-traitement-de-choc-du-docteur-fillon-pour-soigner-l-economie-francaise.html#xtor=AL-13
5.  Cf. les prêches sempiternellement répétitifs de la brochette de "calotins des réformes structurelles", qui officient tous les matins sur la TV-radio : BFM Business TV

 

 

(*)  Jacques Rancière, Le Maître Ignorant - Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle, collection 10-18, Fayard, 1987, p. 137.

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 05:00

 

 

« Cette pensée, moins faible qu’elle n’est débile, capitule en réalité devant le scientisme et son compère le (libéralisme de) Marché. »
Augustin Berque  (1)

 

 

 

Les digues de la censure craquent de toutes parts…

 

Une à une, maintenant par paquets, les informations, surnageant, se répandent. Dans tous les sens.

 

Oui, le mirage du "Gaz de Schiste" que les pétroliers, avec leur colossal appareil de "désinformation-intoxication", nous présentaient comme la pierre philosophale, la révolution de "l’Indépendance Energétique", se révèle pour ce qu’il est : une arnaque à la crédulité. Une escroquerie pour "gogos" béats, anesthésiés, imperméables à tout esprit critique.

 

Malgré les mises en garde répétées de nombreux spécialistes, observateurs et analystes. (2) Etouffées, il est vrai, par nos médias s'autoproclamant "décrypteurs de l’information"…

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L’un des géants du métier ExxonMobil, dans son rapport 2013, nous assurait qu’à partir de 2025, grâce aux gaz de schiste, les Etats-Unis deviendraient exportateurs nets d’hydrocarbures !...
Prévisions confortées auparavant par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), dans son rapport 2012, annonçant qu’à partir de 2017, l’Arabie saoudite perdrait sa place de premier producteur mondial de pétrole au profit des Etats-Unis… (3)

Normal…

 

Le secteur de l’énergie et celui des mirobolantes "Nouvelles Technologies" ne sont-ils pas des adeptes de ces effets d’annonce, créations de bulles à répétitions ?... Relevant davantage de divagations rocambolesques, étayées par d’impitoyables calculs cyniques, pour faire les poches du chaland, que d’une approche sérieusement industrielle et scientifique.

 

 

Fantomatiques " réserves prouvées "

 

Souvenons-nous de l’arnaque Enron

 

Gigantesque entreprise de production, de négoce, d’énergie électrique et de gaz naturel, dont le siège était à Huston au Texas, qui atteignait un chiffre d’affaires, en 2000, de 101 milliards de dollars. Classée six années consécutives par la célèbre publication Fortune, spécialisée dans la finance et l’économie mondiales, comme étant la société américaine la plus innovante ("America's Most Innovative Company")…

 

Avant de faire faillite le 2 décembre 2001, pour multiples, systématiques, remarquablement organisées, fraudes et manipulations comptables. Entraînant dans sa chute le célèbre cabinet international d’audit et de certification Arthur Andersen

 

En écritures comptables, le gaz de schiste n'échappe pas à des cabrioles similaires… Plus particulièrement dans la surévaluation des « réserves prouvées » de gaz de schiste. "Prouvées" comment ? Par qui ? L’entreprise elle-même, agissant en juge et partie ?...

 

La décrue commence. Par prudence, la plupart des intervenants sur le marché nord-américain viennent de revoir à la baisse l’évaluation de ces actifs artificiellement gonflés dans leurs bilans, publications et déclarations. Déjà en 2013, ils ont diminué collectivement de plus de 35 milliards de dollars leurs estimations de réserves antérieurement « prouvées » (BHP Billiton, British Petroleum, Chesapeake Energy, EnCana, SouthWest Energy, etc.). Soit une diminution moyenne de 20%... (4)

 

Encore plus impressionnant : le mirifique gisement gazier de Marcellus (Marcellus Shale), réputé un des plus importants bassins de gaz de schiste du monde, vient d'être révisé à la baisse… Situé, réparti, dans les sous-sols de quatre Etats : Etat de New-York, Ohio, Pennsylvanie, et Virginie de l’Ouest. Chute vertigineuse dans l’actualisation du chiffrage des réserves : de 410 "tcf" (trillion cubic feet) on tombe à 50 "tcf" !… Huit fois moins.

 

Drastique révision qui n'épargne pas, non plus, un autre des gisements "géants" de l'Amérique du nord, celui de Monterey en Californie. La "US Energy Information Administration" (US EIA) vient de lui infliger un cataclysmique  coup d'éponge : moins 96 % !... (5)  Alors que les "pétroliers" affirmaient qu'il représentait, d'après leurs "scientifiques mesures" : 64 % des réserves en gaz de schiste des Etats-Unis...

 

C'est à partir de telles estimations exagérées que de multiples "études", certaines cautionnées par des universités (l'Université de Californie dans le cas du gisement de Monterey), avaient élaboré courbes et certitudes sur la création de millions d'emplois, de fabuleuses rentrées fiscales, et autres rêves à  la Perrette et son pot au lait...

 

Jusqu’à l’AIE, qui reconnaît son erreur d’appréciation et de prospective !

 

Infirmant ses triomphales annonces sur les "100 ans à venir d’indépendance énergétique" grâce au gaz de schiste. Non seulement les réserves de gaz de schiste s’avèrent un mythe, par la faiblesse des réserves et leurs coûts d’exploitation prohibitifs, mais les grands gisements traditionnels s’épuisent : Bakken dans le Dakota du Nord et Eagle Ford au Texas.

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

Pour admettre dans son rapport de ce mois de juin que, dès 2020, les Etats-Unis vont connaître une forte baisse de leur production nationale d’hydrocarbures :
"... output from North America plateaus [from around 2020] and then falls back from the mid-2020s onwards." (6)

.

Et, comme les Etats européens, devenir : "fortement dépendants des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient" (increasingly dependent on Middle East supplies)…

 

Y déverser le Mississipi…

Les techniques de forage des gaz de schiste par fracturation des roches, d’où l’appellation "fracking" employée par les professionnels, avec un mélange sous pression, d’eau, de sable et de produits chimiques, nécessite de titanesques besoins en eau. Dans le meilleur des cas, la quantité d’eau injectée sous pression n’est réutilisable qu’à proportion de la moitié. Les relevés et constats actuels affichant des chiffres de consommation impressionnants (7) :
« … un forage nécessite quelque 20 millions de litres d’eau, soit la consommation quotidienne d'environ 100.000 habitants ! ».

 

Compte tenu du fait qu’il est nécessaire, à production équivalente, de forer entre 50 et 60 puits, à faible "durée de vie extractive", contre un seul puits pour les forages d’hydrocarbures traditionnels du Moyen-Orient ou de Mer du nord par exemple, dont la "durée de vie" est quatre ou cinq fois supérieure, quels seraient les besoins en eau d’un pays pour assurer son "indépendance énergétique" à partir de l’extraction du gaz de schiste ?...

En clair, pour arriver à  propulser les Etats-Unis devant un pays producteur d’hydrocarbures classiques, Arabie saoudite ou autre, il faudrait des millions de puits alimentés par un débit en eau équivalent à celui du Mississipi… Oui : pourquoi ne pas détourner le Mississipi dans un réseau de tuyaux, en toiles d’araignée connectées, pour alimenter cette forée de forages au paradis du gaz de schiste ?...

 

C’est, pour nos oligarchies, prendre leurs désirs pour la réalité. Ou, considérer leurs concitoyens en "abrutis" dont la crédulité tiendrait de la béatitude imbécile. L’arnaque étant ficelée avec de la corde de chanvre aux couleurs zébrées "fluo".

 

Dans nos pays, où l’eau devient de plus en plus une denrée rare en raison de la consommation exponentielle de nos modes de vie citadins, comment trouver ces millions de m3 pour extraire des gaz de schiste aux « réserves prouvées – introuvables » ?... Question encore plus préoccupante, dans des régions ou pays, du fait de leur contexte climatique, où l’eau constitue un enjeu majeur, voire de survie ?...  

 

Phénomène encore plus curieux : voir surgir, fabuleux mirages, des projets pharaoniques d’exploitation de gaz de schiste dans des pays leaders mondiaux de la production de gaz naturel, comme l’Algérie, soumis à un conditionnement climatique les obligeant à la plus grande vigilance dans la gestion de l’eau… (8)

 

De nombreux Algériens ont réagi devant l'énormité de l'esbroufe concernant leur pays, en formulant de pertinentes réflexions critiques sur le sujet, et le cœur du problème : l’eau !... Démasquant, au passage, les manœuvres de certains Etats occidentaux. (9)

 

A ces aberrations aussi coûteuses que désastreuses s’ajoutent d’autres, tout autant dévastatrices. Deux, tout particulièrement.

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L’une : la multiplication des glissements de terrain, effondrements de sols, et tremblements de terre localisés, conséquences de l’impact des techniques de fracturation des roches souterraines. En atteste la densification des alertes émises par de nombreux géologues et stations d’observation spécialisées.

.

Multipliés par 6 entre 2000 et 2011, aux Etats-Unis. Contrecoups telluriques extrêmement dangereux dans les zones habitées, ou comportant des ouvrages d’infrastructure aux paramètres de stabilité géologique impératifs, type barrages, etc. (10)

L’autre : l’extrême toxicité des produits chimiques employés dans cette technique d’extraction pour renforcer le pouvoir pénétrant et dissolvant de l’eau sous pression. L’eau ainsi polluée, restée prisonnière des roches, par migration souterraine pénètre, et se mélange avec, les nappes phréatiques. Créant des menaces aux conséquences inimaginables pour la santé humaine dans son alimentation en eau potable, mais aussi via les productions agricoles et l’élevage.

 

Des parlementaires américains se sont préoccupés des risques. Dans un rapport publié en 2011, soigneusement étouffé par les médias pendant 3 ans, ils estiment qu’entre 2005 et 2009, les entreprises d’extraction ont utilisé sur le territoire américian environ 94 millions de gallons (1 gallon = 3,7879 litres) de 279 produits chimiques toxiques. (11)

 

Chacun de ces fluides ou adjuvants contenant au minimum un produit chimique inconnu, volontairement ou involontairement, de bonne ou de mauvaise foi, de l’utilisateur. Les sociétés chimiques, fournissant les agents toxiques, lui opposant le principe du "secret de fabrication".

 

La commission parlementaire, effarée par cette insolente manifestation de "la main invisible du marché", livrant un constat accablant d’inconscience :

« Les entreprises d’extraction injectent donc des fluides contenant des produits chimiques qu’elles sont incapables d’identifier »

(In these cases, the companies are injecting fluids containing chemicals that they themselves cannot identify). (12)

 

Parmi ceux-ci, des substances fortement cancérigènes, tout spécialement : le naphtalène, le benzène et l’acrylamide. Ou encore, des polluants atmosphériques ravageurs, tels que le fluorure d’hydrogène, le plomb et le méthanol. (13)

 

 

Le plus stupéfiant est de voir, en France, au moment où les escrocs au gaz de schiste sont pris les doigts dans le pot de confiture en Amérique du nord, médias et lobbies soutenir pareille absurdité, économique, environnementale. Suicidaire.

 

S’insurgeant, dans leur zèle inquisitorial, accusateur, contre le "principe de précaution", fustigeant la "ringardise" de leurs compatriotes, "analphabètes" des bienfaits du "progrès technique"…

 

Dissimulant avec soin, derrière l’arnaque de leurs vertueuses postures au méticuleux cynisme, projets et montages de fructeuses spéculations boursières sur les actions et obligations des sociétés concernées (introductions, cotations, augmentations de capital, etc.). Ou, plus occultes : pompes à subventions, niches et exonérations fiscales, entourloupes comptables pour minorer les bénéfices imposables (14), au nom du "soutien à l’innovation", à la "compétitivité", et autres anesthésiants atomiseurs de poudres de perlimpinpin…

 

Pour l’unique profit de multinationales, affairistes, et politiciens, dont la rapacité n’a que faire de l’avenir et du bien-être de nos collectivités.

 

Encore moins, de notre planète...

Gaz de Schiste : La Bulle à Gogos…

L'extraction du gaz de schiste  :  un vandalisme affairiste

 

 

 

1.  Augustin Berque, Ecoumène – Introduction à l’étude des milieux humains, Editions Belin, 2009, p. 303.
2.  Nafeez Ahmed, Gaz de schiste – La grande escroquerie, Le Monde Diplomatique, mars 2013,
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/AHMED/48823
3.  Gaz de schiste – La Grande escroquerie, Op. Cit.

4.  Nafeez Ahmed, The inevitable demise of the fossil fuel empire, The Guardian, 10 juin 2014,
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/10/inevitable-demise-fossil-fuel-empire

5.  Dylan & Jo Murphy, A Big Blow to the Fracking Industry – Downgrading the Monterey Shale, CounterPunch, 16 juin 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/06/16/a-big-blow-to-the-fracking-industry/

6.  Nafeez Ahmed, US shale boom is over - energy revolution needed to avert blackouts, The Guardian, 6 juin 2014,
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/06/shale-oil-boom-over-energy-revolution-blackouts
7.  Futura Environnement, Exploitation du gaz de schiste : quels dangers ?, 19 décembre 2012,
http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/qr/d/pollution-exploitation-gaz-schiste-dangers-4511/

8.  Abdou Semmar, Entretien – La ruée vers le gaz de schiste en Algérie : les risques, les coûts et les enjeux, Algérie-Focus, 22 mai 2014,

http://www.algerie-focus.com/blog/2014/05/entretien-la-ruee-vers-gaz-de-schiste-en-algerie-les-risques-les-couts-et-les-enjeux/

9.  Cf. le commentaire d’Abdelkader Dehbi dans El Watan du 5 juin 2014 :
http://www.elwatan.com/economie/sellal-aucun-contrat-n-a-ete-signe-concernant-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-05-06-2014-260043_111.php

ou
http://abdelkader.dehbi.elctron-libre.over-blog.com/article-commentaire-sur-le-quotidien-el-watan-123831001.html

10.  Frank Joshua, Frack Rattle and Roll, CounterPunch, 4 juin 2014,
http://www.counterpunch.org/2014/06/04/frack-rattle-and-roll/
11.  Chemicals Used in Hydraulic Fracturing, rapport du Comité sur l’Energie et le Commerce, US House of Representatives, rapporteurs Waxman-Markey-DeGette, Avril 2011.

12.  Chemicals Used in Hydraulic Fracturing, Op. Cit.

13.  Alfredo Jalife-Rahme, Le secret des substances chimiques associées à la fracturation hydraulique, la Jornada, Mexico, 6 juin 2014,
http://www.voltairenet.org/article184047.html

14.  On y retrouve les tours de passe-passe habituels, qu'adorent les groupes aux "bilans consolidés" (et leurs "Commissaires aux Comptes"...) jonglant avec marges et profits d'une filiale à l'autre, avec transit par des paradis fiscaux. Manipulations comptables plus ou moins "relookées" : provisions pour "risques", dépréciations d’actifs et de stocks "bidons", amortissements "accélérés", etc. Pour blanchir, travestir et diminuer la surface imposable...

 

 

 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 06:00

 

N.B.  Ce texte a été publié pour la premère fois le 3 juin 2014, sur le blog :
Iran : Analyses et Perspectives
Blog "annexe" créé suite à une demande d'Amis-Lecteurs pour faciliter la recherche, consultation, reproduction, transmission, des articles ou billets consacrés à l'Iran. Occultés par les moteurs de recherches s'ils sont "noyés" dans les catégories du présent blog...

 

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

"L’élégance de ta silhouette est celle du cyprès de Kahsmar
La douceur de tes lèvres celle du sucre du Khuzestân"

Nizari Kohistani  (1)

 

 

 

 


Commémorations…

 

Mai et Juin en regorgent… "Ras-le-bol", pestent certains…

 

Désolé, mais je vais en rajouter une autre !

 

Pour deux raisons "géopolitiquement" cardinales : personne n’en parle sous nos latitudes ; alors qu’elle est essentielle, si l’on souhaite comprendre l’Iran d’aujourd’hui. Surtout, son inébranlable détermination dans la défense de sa souveraineté nationale, au cours des négociations en cours à Genève.

 

Aucune allusion dans nos médias, spécialisés dans le "décryptage de l’information". Encore moins dans ceux prospérant du commerce lucratif de la diabolisation continue de ce pays.

 

Rions de ce zèle méticuleux dans la désinformation. Appareil de bourrage de crâne si asphyxiant qu’il ne cesse de multiplier ses pseudopodes iranophobes dans de multiples directions. Avec, inévitablement, ses petits "dealers de l’intox", "cocaïnés" de propagande jusqu’aux oreilles, qui champignonnent dans les ruelles du Web.

 

 

La "Guerre Imposée"

 

Le 24 Mai dernier, comme chaque année, l’Iran a célébré l’anniversaire de la reprise de la ville de Khorramchahr occupée par les troupes Irakiennes de Saddam Hussein, financées et assistées par l’Occident et ses pétromonarchies sous tutelle. Le 32°…

 

Occupation, suite à l’attaque surprise lancée par l’Irak, le 22 septembre  1980, sous forme du bombardement d’une dizaine d’aérodromes pour tenter de détruire au sol l’aviation Iranienne. Précédant la plus vaste invasion d’un pays par des divisions blindées, depuis la  deuxième guerre mondiale. Sur un front de 700 km.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Ce fut une guerre de 8 ans, que les Iraniens appellent la « Guerre Imposée ». Car, non seulement ils ne la voulaient pas, mais en plus elle n’a fait l’objet d’aucune "déclaration de guerre" préalable. Cette "agression armée" bénéficiant même, en dehors du colossal soutien des occidentaux (une vingtaine de pays...), de la complicité des instances de l’ONU de l’époque, en infraction avec sa propre Charte fondatrice...

 

Qui, à la première ligne de son Préambule, spécifie pourtant :

"Résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances...".

 

Silence. Durant 8 années meurtrières, aux immenses ravages et destructions : septembre 1980 – Août 1988.

 

Dans le "deal" passé avec les occidentaux, Saddam Hussein devait annexer, en récompense, la province frontalière du Khuzestân. Célèbre depuis des siècles pour la saveur de son sucre, berceau des monarchies Perses. La plus riche des 31 "régions administratives" de l’Iran par ses ressources agricoles, halieutiques, hydrauliques et énergétiques. Et, ses industries. Notamment : métallurgiques. Avec le port de Khorramchahr et la grande raffinerie d'Abadan pour fleurons.

 

Les partenaires du dictateur Irakien ayant pour objectif de reprendre le contrôle de l'Iran, et son pillage. Perdus à la suite du renversement du sanguinaire régime du Shah, par une courageuse révolution populaire, avec la solidarité de la majorité des forces armées. Le niveau de corruption et d’atrocités atteint par ce régime, protégé par les occidentaux qui encadrait sa police politique la SAVAK, hallucinante de férocité, était devenu insoutenable pour la population.

 

Un moment, les occidentaux avaient espéré récupérer cette révolution à leur profit, en mettant en place une dictature militaire.

 

A l’exemple du coup d’Etat effectué lors du renversement du premier ministre Mossadegh, en août 1953. Dans le style de l’opération plus connue en Occident, réalisée au Chili, par le général Pinochet et son gang. Mossadegh, rappelons-le, avait eu l’audace de nationaliser les compagnies pétrolières étrangères qui refusaient de déclarer les quantités d’extraction de pétrole et de gaz qu’elles exportaient à partir de l’Iran, d’en acquitter le juste prix et les taxes afférentes.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

Ou, récemment, avec un habillage "démocratiquement" plus présentable, similaire à l’intronisation du maréchal Al-Sissi. Tout juste plébiscité "président de la république" d'Egypte, avec plus de 96 % de bulletins en sa faveur !… Après avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu de Morsi. Le putsch militaire qui vient de réussir, en Thaïlande, adopte semblable configuration.

 

La routine…

 

Mais, pour une fois, les occidentaux ont été gagnés de vitesse et d'habileté.

 

Le coup d’Etat militaire en préparation, avec ses ramifications, démasqué. Une centaine de généraux et d’officiers supérieurs passés en jugement, plusieurs exécutés pour "haute trahison". Dans le meilleur des cas, mis à la "retraite anticipée". Opération dont le succès revient en partie aux étudiants qui avaient pris d’assaut l’ambassade des Etats-Unis, le 4 novembre 1979, à Téhéran.

 

 

Petits papiers et grandes illusions

 

Réussissant à récupérer les sacs des documents passés dans les différents broyeurs des services de l’ambassade. Ce sont des dizaines d’étudiants en anglais, encadrés de leurs professeurs, qui ont patiemment reconstitué ces rapports, fiches et dossiers, à l’intérieur d’un hangar. Dans un excellent exercice d'anglais "appliqué"...

 

Plusieurs semaines durant. Morceaux, lamelles, bandelettes, dans un gigantesque puzzle. Avec une héroïque abnégation : travailler de longues heures, sans climatisation ni ventilation, pour ne pas transformer ce méthodique travail de fourmi, en bataille de confettis !…

 

Face à l'échec du projet de coup d'Etat, restait à engager le plan B : une guerre « proxy », selon le terme technique en usage chez les "stratèges" bellicistes. En clair : une guerre « sous-traitée ». Provoquant la démoralisation de la population afin de renverser le gouvernement et sa nouvelle constitution, par des militaires rendus maîtres de la situation politique en dépit, ou à cause, de leur défaite sur le terrain.

 

Le "sous-traitant" était tout trouvé : Saddam Hussein. Aussi cruel que stupide, manipulé, méprisé, jusqu’à sa pendaison, par ses maîtres…

 

Les occidentaux, dont la France, ouvrirent en grand leurs arsenaux, mettant à sa disposition ce qu’il souhaitait. Y compris les renseignements et photos fournis par les satellites. L'Union Soviétique, alors en plein déliquescence, n'avait plus de politique étrangère crédible, se limitant à rester un des fourrnisseurs d'armement de l'Irak (blindés et avions de combat, principalement). "Tradition" héritée du temps de la Guerre Froide, américains et autres membres de l'OTAN approvisionnant les armées du Shah d'Iran...

 

Les pétromonarchies sortirent, donc, leurs chéquiers. Certaines estimations établissent une moyenne de 60 milliards de dollars par an accordés pendant toute la guerre, sous forme de prêts, par : Koweït, Arabie Saoudite et émirats du Golfe. (2)

 

L’Iran, isolé, en pleine réorganisation, affaibli par un embargo lui coupant tout accès aux achats d’armes et de pièces détachées, ses avoirs à l'étranger saisis (notamment d'importants accomptes versés pour des marchés civils ou militaires), fut surpris dans un premier temps. N’ayant aucune intention belliqueuse à l’encontre de l’Irak, peu de troupes se trouvaient sur cette frontière.

 

Khorramchahr, ou Khurram Shahr, littéralement "La Ville Agréable", fut encerclée et attaquée dés les premiers jours de l’invasion. La ville opposa une résistance désespérée : un mois. Rue par rue, maison par maison, étage par étage. A la fin du siège, sans armes ni munitions, armés de couteaux et de bâtons. Khurram Shahr devint pour les Iraniens, jouant sur les mots : Khunin Shahr, "La Ville de Sang".

 

C’est leur Verdun, dans la symbolique de la résistance nationale. Ce qui était une des plus belles villes de l’Iran et son plus grand port sur le Golfe Persique, avec de somptueuses demeures et vestiges historiques, devint une cité fantôme, sans habitants, un champ de ruines. Il fallut 2 ans pour la reprendre : le 24 mai 1982. Des milliers de morts, 20.000 Irakiens prisonniers.

 

Et, encore, 6 ans de guerre à endurer. Dont la partie la plus acharnée se déroula, pour l'infanterie, dans les marais et la boue des estuaires des grands fleuves de la région se déversant dans le Golfe Persique.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Sous les gaz de combat, ne l’oublions pas, dont les Irakiens firent un usage intensif, massif, dans le silence "ONUsien"… Gaz toxiques (dont l'épouvantable "sarin", inodore et incolore...), munitions chimiques, et vecteurs appropriés, intégralement fournis par les occidentaux : jusqu'à trouver, sur les champs de bataille, des obus au gaz de fabrication espagnole !..

 

Contre les Iraniens, militaires ou civils. Qui, de leur côté, n’en ont jamais employé. N'ayant, au début de la guerre, même pas d'équipements, ni d'antidotes pour faire face à ce type d'agression.

 

D'après un rapport déclassifié de la CIA, de 1991, plus de 50.000 soldats Iraniens auraient été tués par des attaques au gaz au cours de ce conflit. (3)

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

A ce jour, environ 100.000 anciens militaires sont encore traités pour des complications pulmonaires ou graves maladies de peau.

Dont plus d’un millier d'entre eux, véritables "morts-vivants" soignés depuis, en permanence, dans des hôpitaux spécialisés. Avec affection et respect : considérés en héros par la Nation.

 

Non compris les victimes civiles "gazées", des nombreuses villes et villages, situés dans les zones de combats ou à leur proximité…

 

Dans l'indifférence de nos Belles Consciences...

 

Mais, le plan initial des "stratèges" occidentaux (les spécialistes en "options sur la table"…) capota : la percée Irakienne s’essouffla rapidement, l’Iran ne s’écroula pas et son gouvernement ne fut pas renversé. Abandonnant la "guerre-éclair", les troupes Irakiennes s’installèrent dans des tranchées pour une interminable "guerre de positions" analogue, "progrès" du matériel mis à part, à celle de la première guerre mondiale.

 

 

L’arrogance pour stratégie

 

Cinq paramètres avaient été gravement, ou stupidement, sous-estimés par les occidentaux :

 

i)  La résistance, symbolisée par Khorramchahr, sur l’intégralité du front. Loin de se trouver face à une débandade, les Irakiens furent confrontés à une défense acharnée, héroïque, articulée sur une remarquable discipline, conservant en permanence l’initiative, multipliant les contre-attaques malgré d’énormes problèmes en renouvellement de matériels et de munitions. Dès les premiers jours, des centaines de blindés et véhicules Irakiens furent détruits, notamment par les hélicoptères de combat.

 

ii)  La profonde cohésion nationale de l’Iran. Les Iraniens, toutes générations confondues, se sont instantanément soudés autour de leurs dirigeants pour défendre le pays. Comme dans le rejet du régime sanguinaire du Shah et de la prédation de l’Occident.

Quels que soient leurs groupes ethniques. Exemple le plus emblématique : les "stratèges", avec Saddam Hussein, avaient anticipé un ralliement des fortes communautés arabes du Khuzestân. Qui, à leur grande surprise, combattirent l’envahisseur avec une détermination implacable.

 

iii)  Le faible niveau de fiabilité des "renseignements" et "analyses" fournis par des pseudos "opposants au régime". Qui n’étaient en fait que des privilégiés du régime policier du Shah (de nos jours, ce sont leurs rejetons…). Pressés de retrouver leurs sinécures, prenant leurs désirs pour la réalité.

 

iv)  L’ingéniosité des forces armées Iraniennes et de leurs techniciens. Ayant le plus grand mal à trouver des pièces détachées (l’essentiel du matériel étant américain et britannique), cannibalisant une partie (chars, véhicules, avions, hélicoptères, etc.) pour en maintenir opérationnel le maximum. Dans la mesure du possible, les reproduisant avec leurs machines-outils.

Ce sont eux qui ont fabriqué des drones d’observation aérienne (les Irakiens bénéficiaient de l’apport des satellites occidentaux) et de combat : les Mohajer. Devenant les meilleurs spécialistes mondiaux, avec plus de 700 sorties au-dessus des zones de combat. (4)

 

v)  La formidable performance de l’aviation Iranienne. Réagissant dès les premiers jours, survolant à basse altitude l’Irak, déjouant la défense anti-aérienne, pour bombarder les infrastructures militaires, radars : dépôts, aérodromes. Détruisant de nombreux appareils Irakiens, en vol et au sol. (5)

 

Saddam Hussein donna l’ordre de rassembler par sécurité le reste de ses avions dans la grande base Al Whaleed, près de la frontière jordanienne, à l’opposé des frontières avec l’Iran.

 

L’aviation Iranienne mis alors au point un des plus extraordinaires exploits de raid aérien militaire, par son audace et sa complexité opérationnelle, connu sous l’appellation H3 Airstrike. Conçu par le général d’aviation Hooshvar.

 

Survolant à basse altitude les frontières de l’Irak pour ne pas avoir à le traverser, des chasseurs-bombardiers sont allés détruire au sol, le 4 avril 1981, une cinquantaine d’avions Irakiens dont 5 Mirage F1 français. Ainsi que pistes et hangars. Après plusieurs ravitaillements en vol, à l’aller comme au retour. Sans aucune perte ni incident technique.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

 

Problème…

 

Loin d’être affaibli, l’Iran par sa combativité inépuisable, son excellence dans la gestion de sa pénurie, parvenait à retourner la situation à son avantage. Pénétrant progressivement, à partir de 1985, en Irak. A plusieurs reprises, ses commandos d’élite atteignirent les faubourgs de Bagdad.

 

Dépités et furieux, les occidentaux enclenchèrent le plan C !...

 

Détruire l’intégralité de l’infrastructure pétrolière et industrielle de l’Iran, tout spécialement ses raffineries et terminaux d’exportation. L’empêcher de vendre ses ressources et se procurer des devises. L’épuiser pour plusieurs générations.

 

Mettant la main à la pâte, ils participèrent joyeusement au saccage sous différentes formes plus ou moins camouflées. Les Irakiens manquant surtout de pilotes confirmés, pour prendre en charge les nouvelles livraisons de matériel nécessitant plusieurs années de formation et d'entraînement… Mais : Chut !

 

Moins inhibés, trouvant toujours la juste cause mensongère (représailles, tentatives d’attaques de leurs navires par les Iraniens, etc.), les américains frappèrent des plateformes pétrolières, détruisirent des navires de guerre. Et, autres amabilités du genre…

 

Jusqu’à pulvériser en vol un avion civil, le 3 juillet 1988, par deux missiles tirés d’un croiseur lance-missiles, l’USS Vincennes, entré illégalement dans les eaux territoriales Iraniennes.

 

Tuant les 290 passagers avec l’équipage, dont 38 non-Iraniens et 66 enfants.

 

Equipé des radars les plus perfectionnés, il aurait confondu le Boeing, en phase ascensionnelle après son décollage, avec un chasseur-bombardier le menaçant en "piqué" !... Alors que l'Iran Air Flight 655 assurait paisiblement son vol quotidien, entre Bandar Abbas et Dubaï.

 

Un authentique crime de guerre.

 

Symptomatique. Le commandant du navire, William C. Rogers, a reçu une des plus hautes décorations militaires, Legion of Merit, pour services exceptionnels rendus à la Nation "entre avril 1987 et mai 1989". Par le président Bush.

 

Evidence : le plan C, malgré son pouvoir dévastateur, n’abattait pas l’Iran. Il fut décidé d’arrêter cette partie mortifère, les marchands de canons ayant suffisamment bourré leurs coffres et leurs comptes dans les paradis fiscaux. Après des pressions sur Saddam Hussein, la Résolution 598 fut adoptée le 8 août, mettant un  terme aux combats. La paix étant officiellement restaurée le 20 août 1988.

 

En fait, pour les occidentaux, il convenait de réfléchir à une intervention militaire "directe", sous un prétexte quelconque. D’élaborer un autre plan. L’hystérie "nucléaire", après abondante diabolisation, en constituera la trame. Inscrit sur la liste des "Etats terroristes", la déstabilisation, à défaut, la destruction de l’Iran, furent décidées tout en étant reportées à un moment plus favorable.

 

Le bellicisme de l’Occident, à son encontre, n’en devenait que plus virulent.

 

Mais…

 

Khorramchahr, le "Verdun" Iranien, est là pour rappeler que menaces et gesticulations, diffamations et agressions, d’où qu’elles émanent, quelles que soient leurs formes, ne feront pas plier cette Grande Nation, dans ses droits légitimes à préserver sa souveraineté et sa dignité.

 

L'Iran, au contraire, les défendra, avec couteaux et bâtons si l’impossible l’exige.

 

Khorramchahr : Le Verdun Iranien

Barrage sur le fleuve Kārun - کارون  -  Le  Kārun 3  -  Province du Khuzestân  

 

 

 

 

1.  Naimuddin bin Jalaluddin bin Muhammad Nizari Kohistani, poète Iranien né à Birjand en 1247.
A noter que le cyprès de Kashmar est un arbre mythique des légendes, ou de l’imaginaire Persan, symbole de La Beauté. Paradisiaque, pourrait-on dire.
2.  Patrick Brogan, World Conflicts : A Comprehensive Guide to World Strife Since 1945, Bloomsbury, London, 1989.

3.  Informations reprises par :
=>  Robin Wright, Dreams and Shadows : The Future of the Middle East, Penguin Press, New York, 2008.

=> Terry Bryant, History’s Greatest War, Chandni Chowk – Global Media, Delhi, 2007.

4.  Ce qui explique, la parfaite maitrise de l’arraisonnement électronique par les Iraniens du drone américain le plus perfectionné de son arsenal, le RQ-170 Sentinel, en observation d'espionnage au-dessus de leur territoire. A la stupéfaction des spécialistes américains, oubliant le grand principe de Sun Tzu : ne jamais sous-estimer « l’Autre »…

5.  Les pilotes Iraniens utilisant du matériel américain (F4-Phantom, F5-Tiger, F14-Tomcat, etc.), ont tous été formés aux USA. Notons qu’ il n’y a eu aucune défection ni désertion.

 

 

 

 

 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 12:27

 

 

"Aucun homme n’est né avec une selle sur le dos, et aucun non plus avec des éperons pour le monter."
Slogan des  "Dissidents anglais"  (1)

 

 

 

 

La banque française BNP-Paribas, nous explique-t-on avec embarras, est passible d’une amende de 10 milliards de dollars, ou plus (circule le chiffre de 16), dans le cadre d’une action pénale aux Etats-Unis...

 

 

L'écosystème de la "sanction"

 

Je ne vais certainement pas verser une larme sur les actionnaires du représentant d’une telle industrie. N’éprouvant aucune affection particulière, ni estime, pour les spéculateurs, prédateurs et usuriers.

 

Quand on constate, sidérés, ce que les dérives, dysfonctionnements, erreurs de gestion, des banques ont coûté, coûtent encore, à nos collectivités. Dans tous les pays, développés ou en voie de l’être …

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

Par leurs ponctions répétées sur les finances publiques afin de les sauver, dans l’impunité et gratuitement, de leurs noyades et faillites récurrentes. Conséquences de la démesure de leurs spéculations dans "l'économie-casino", aux mafieuses ramifications. Les effets dévastateurs de leur indécrottable incurie dans le financement d’investissements productifs fondés sur la création d’emplois. Ecrasant nos économies nationales, tel un gigantesque marteau-pilon, dans la récession …

.

De plus, il ne s’agit que d’une pitrerie judiciaire. Caricaturale par ses jongleries avec le "Non-Droit". International, plus particulièrement.

.

Dans le sens ou le Droit est tellement détourné de sa finalité, son éthique, son "esprit" selon l'expression de ses pères fondateurs, que son existence n’a pas plus de consistance qu’un rideau de fumée dissimulant les pires entourloupes ou crimes.

Ne méritant de s’attarder, non sur le fond car il n’y en a pas mais, uniquement sur le contexte de cette affaire. Ou plutôt, "l’écosystème" mettant en jeu, en interaction, l’incompétence et la veulerie de nos castes politiques, assistées de leurs médias de la désinformation, face aux délires mégalomaniaques d’un "allié". Nous considérant, du haut de son trône jupitérien, comme un simple vassal à pressurer ou à cravacher.

 

Les uns et les autres pétrissant frénétiquement, dans le contentement de soi le plus cynique : irrationalité, incohérence, absurdité, mensonge…

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

Aboutissement d’un obscurantisme idéologique réduisant la gestion de nos Etats, en pleine décrépitude sciemment organisée, à la brutalité des rapports de force. Si ce n’est, le plus souvent, la violence aveugle : économique et sociale à l’intérieur de nos pays, militaire à l’extérieur.

.

En conséquence, les "sanctions judiciarisées", quel qu’en soit le périmètre d’application, ne sont qu’un prétexte.

.

Reste à déterminer suivant leur niveau d’illégalité, ou d’arbitraire, si elles ressortent de la "guerre économique" ou du "racket"…

Lord Palmerston

 

Un des plus implacables ministres du Royaume-Uni, Lord Palmerston, pour boussole guidant sa politique, appliquait un principe  (2) :

« L'Angleterre n'a pas d'amis ou d'ennemis permanents, elle n'a que des intérêts permanents. »

 

C’est ce que devrait enfin se dire, s’incruster dans les neurones en retroussant les  manches, notre pays. L’Europe aussi.

 

Au-delà de la banque concernée par cette "sanction", qui n’est qu’un détail dans le problème posé, c’est de souveraineté nationale, d’indépendance, de respect de notre pays, qu’il s’agit. Tout autant politique qu’économique.

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

Les politiciens et médias serviles ne cessent de nous marteler qu’il y a eu "fraude", "dissimulation". Entretenir des relations avec des pays sous "sanction" obéit à des lois, avec ses listes de pays, de matériels et de transactions : Iran, Soudan, Cuba, Corée du nord, etc. Récemment, Syrie et Russie. Demain, Venezuela. Après-demain, qui sait ?...
.

Donc, il est "normal" de sanctionner nos entreprises, même si elles n’ont pas enfreint le droit international, ni la législation européenne, ni la législation française. Puisqu’il y a eu "fraude" !...

.

"Normal", que Total ait été obligé de payer une amende de 400 millions au Trésor américain pour avoir terminé, il y a plus de 20 ans, quelques contrats sur lesquels il s'était engagé avec l'Iran.

"Normal", que Renault et Peugeot aient été contraints d'arrêter leurs chaînes de production en Iran, et la livraison de pièces détachées pour les véhicules déjà produits et vendus. "Normal", qu'Airbus ait été obligé de refuser la vente d'avions "civils" à l'Iran et, dans le même temps, de délocaliser sa production et sa recherche aux Etats-Unis. "Normal", etc.

 

Interminable énumération de normes à géométrie variable...

 

Dans le cas BNP-Paribas, la "sanction" est donc "légitime", d'après ces propagandistes. C’est seulement le montant qui ne l’est pas. "Disproportionné", "exagéré", répètent nos oligarques pour faire accepter le fait que, dans tous les cas de figure, nous devons nous : "soumettre"…

 

Par rapport à quoi ?... En vertu de quoi ?...

 

D’une loi du Congrès américain ?...

 

Car ces "sanctions" ne sont pas édictées par un organisme international : ONU ou autre. Elles émanent seulement du Congrès des Etats-Unis. Ainsi, le parlement d’un pays étranger s’autorise, unilatéralement, à régenter nos relations diplomatiques et commerciales !...

 

Stupéfiant, de constater le degré d’abaissement putassier de notre nomenklatura…

 

Imagine-t-on le parlement de notre pays légiférer pour interdire, en vertu de "notre Loi", à nos alliés et partenaires d’entretenir des relations diplomatiques et commerciales ?... Projets d’investissements ?... Actions et échanges culturels ?... (3)  Avec un ou des pays, objets de notre vindicte, selon notre bon vouloir ou nos fantasmes géopolitiques ?...

 

De quel droit ?... Celui du "plus fort" ?...

 

Napoléon s’y était essayé en instaurant unilatéralement l’équivalent des sanctions et embargos actuels, à la mode du Congrès américain. Imposant par le décret de Berlin du 21 novembre 1806, renforcé par celui de Milan du 23 novembre 1807 : le Blocus Continental. Obligeant les pays européens à cesser toutes relations avec le Royaume-Uni. Tant à l’exportation qu’à l’importation.

 

Résultat : cette "guerre économique" a excédé les pays européens qui se sont ligués, coalisés, contre lui. Et, il en a perdu son Empire…

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

"Changement de régime"

 

Excellent tacticien, mais piètre stratège en analyses géopolitiques (envahir l’Espagne, la Russie, etc. !...), Napoléon n’avait rien compris. Seul, Talleyrand l’avait anticipé : une "guerre économique" imposée unilatéralement à d’autres pays par la force, pour abattre son ennemi direct, n’a aucune chance de succès. Au contraire, à terme, un effet boomerang.

 

Peu de temps auparavant, les Etats-Unis avaient déjà donné un bel exemple de résistance aux mesures d’embargo de la Révolution française et du Directoire. Refusant de rembourser les prêts accordés sous Louis XVI par la France, prétextant le "changement de régime" (déjà !) : ce qui était dû à la monarchie française, ne l'était pas à la république ou au Directoire… Annulant leurs dettes de leur propre chef.

 

Refusant même de payer les pensions des anciens soldats, marins, et officiers français qui avaient combattu contre les anglais aux côtés des indépendantistes américains. Certains y avaient laissé un bras, une jambe, une main où un œil, sous la mitraille anglaise. Une délégation de ces anciens combattants tenta de convaincre le président Thomas Jefferson. En vain. Mais, quand on voit la façon dont ils traitent leurs propres vétérans, il n’y a pas de quoi s’offusquer…

 

"Business is business", tel est le credo. Ils n’ont pas hésité à attaquer les navires français, en lutte contre le commerce anglais, qui tentaient d'arraisonner ou de contrôler leurs cargaisons.

 

Ce fut la Quasi-Guerre (en anglais : Quasi-War). Une guerre non déclarée, essentiellement navale. D’où l’appellation de certains historiens américains : "Undeclared War with France". Du 7 juillet 1798 au 30 septembre 1800 (Traité de Mortefontaine). Capturant 85 navires français dont la frégate L’Insurgente, après avoir pratiquement détruit une autre frégate La Vengeance.  

 

Ah !...  Les "alliés"

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

Ressortant davantage du "racket" que de la "guerre économique", suicidaires pour nos économies, nos emplois. En résumé, pour les intérêts fondamentaux de nos pays. Pourquoi, France et Europe n’opposent-elles pas la même résistance aux mesures d’embargos, et jugements arbitraires imposés par une puissance étrangère, que les Etats à l’époque de Napoléon ?...

.

Parce que les conditions géopolitiques ont, radicalement, changé.

Les intérêts des oligarchies étaient, alors, directement en jeu : c’était mettre en péril les finances des monarchies et principautés européennes. L'impact était immédiat. Directement investies dans l’activité manufacturière, et commerciale, de leurs pays. Inextricablement liées aux activités nationales.

 

Dans un contexte d’une remarquable stabilité monétaire (4). Sans la possibilité de recourir aux colossales spéculations de "l’économie-casino" actuelles, avec des masses de capitaux circulant d’un pays ou d'un continent à l’autre sans régulation, assurant des fortunes considérables aux nantis. Elles n’avaient aucun intérêt à asphyxier leurs économies et à scier la branche sur laquelle reposaient leurs trônes ou régimes.

 

D’autant que les appareils policiers étaient beaucoup moins sophistiqués, et puissants, que de nos jours pour exercer une répression efficace en cas de révoltes dues aux crises économiques.

 

A présent, les oligarchies, "le 1%" qui accapare les richesses nationales, du fait de la mondialisation n’ont plus besoin de l’assise nationale pour s’enrichir sans limite. "Délocalisations" industrielles, commerciales, financières, se sont multipliées. Leur procurant des revenus exponentiels qui échappent aux contrôles et aux enjeux nationaux. Notamment, ceux de la solidarité et de l'équité fiscales. Plonger leurs propres pays dans la récession, la paupérisation, ne leur pose aucun état d’âme…

La "Mondialisation" n’est que l’instauration d’une "Ploutocratie" à l’échelle planétaire. Une "Fédération des 1%"...

 

En fait, nos oligarchies ne courbent pas l’échine devant une puissance supérieure. Elles en sont partie prenante, au détriment des intérêts de leurs propres nations. Expliquant la totale  complicité de nos "castes" au pouvoir avec l’instauration de la "primauté du droit états-unien sur le sol européen". (5)
 

A l’exemple de la mise en place du "Grand Marché Transatlantique", le Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership - TTIP). Autorisant les entreprises US, entre autres généreuses libéralités, à  :
« ... au nom de la libre concurrence, porter plainte contre un État qui leur refuse des permis d’exploitation de gaz de schiste ou qui impose des normes alimentaires et des standards sociaux. » (6)

 

L’Europe n’existe pas.

 

Nous devons nous réapproprier le principe de Lord Palmerston.

 

Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?...

 

 

1.  Chrétiens anglais qui firent sécession avec la religion d’Etat : l’Anglicanisme (XVI° – XVIII° siècle). Repris en titre du chapitre 3 de l’autobiographie de Michel Le Bris : « Nous ne sommes pas d’ici », Grasset, 2009.

2.  Lord Palmerston fut deux fois premier ministre (Parti Libéral) du Royaume-Uni : 1855-1858 et 1859-1865.

3.  Même "l’Exception Culturelle Française" n’a pas fait le poids face au Congrès américain. Le Musée du Louvre a ainsi été contraint d’annuler une exposition, à Téhéran, d’objets d’art de la Perse qu’il détient dans ses collections et fonds. L’obscurantisme occidental n’a pas de bornes…

4.  Cf. : "La grande stabilité monétaire des XVIII° et XIX° siècles", dans "Le capital au XXI° siècle" de Thomas Piketty, Seuil, 2013, p. 171.

5.  Jean-Claude Paye, Le Droit États-Unien s’impose sur le territoire européen, 3 juin, 2014, http://www.voltairenet.org/article184067.html

5.  Jean-Claude Paye, Op. Cit.

 

 

 

 

 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 16:24

 

 

"Jamais l'économie n'a été autant capitaliste et aussi proche d'une économie de marché ; et jamais elle n'a autant régressé vers l'inhumanité primitive d'un système qui traite l'humain comme une chose au service du profit de quelques uns."

Jacques Généreux  (*)

 

 

Jérôme Kerviel : Fusible d'un Système Mafieux...

Jérôme Kerviel vient donc d'être incarcéré pour accomplir sa peine de 3 ans de prison ferme, suite à sa condamnation dans l'affaire des engagements de "trading" qui s'étaient terminés en catastrophe pour son employeur : la Société Générale.

Tous ceux qui ont suivi ce long procès ont été choqués du "deux poids - deux mesures" qui ont fait de cet employé le bouc émissaire des dysfonctionnements dans la gestion d'un établissement bancaire et d'un système financier complètement vermoulu. Système dont on sait qu'il a coûté très cher à la collectivité, tant en France que chez nos voisins et partenaires. Et, qu'il continue d'épuiser...

Normal, que Jérôme Kerviel soit légalement sanctionné pour ses fautes professionnelles, ayant entraîné de graves préjudices au détriment de son employeur. Mais, il est inadmissible qu'il soit "le seul".

 

La Cour de Cassation, qui ne juge pas sur le fond, a pu cependant annuler, le 19 mars dernier, l'amende colossale de 5 milliards d'euros qui lui avait été infligée. Grotesque de ridicule, car il n'a pas mis cet argent dans sa poche.

 

Contrairement à ce qu'affirme le ministre des finances, Michel Sapin, Jérôme Kerviel n'est pas un "escroc" (il doit le confondre avec son collègue Jérôme Cahuzac, ex-ministre délégué au Budget...). Ayant spéculé pour la Société Générale, avec ses encouragements, et non pas pour son intérêt personnel ou son compte bancaire privé.

 

Lors de l'éclatement de l'affaire j'avais publié un billet, le 1er février 2008, que je remets en ligne ci-après. Je pointais du doigt les responsabilités méticuleusement occultées dans ce simulacre de procès.

 

De sa hiérarchie, de son encadrement direct au niveau de la Salle des Marchés où il officiait, jusqu'à sa Direction Générale qui n'a jamais été inquiétée. Pas plus que les Commisaires aux Comptes et Auditeurs Externes, sociétés informatiques et autres "experts" en sécurité informatique, aux honoraires mirobolants, certifiant d'une année à l'autre que les systèmes de contrôle était quasiment parfaits...

 

Ce "sacrifice" du bouc émissaire, dans un véritable rituel mafieux, confirme l'état de délabrement de nos institutions :

=> Une "Econmie-casino", sans foi ni loi, où règne l'impunité totale pour ses dirigeants et acteurs principaux.

=> Une "Justice" complice qui s'acharne sur les "fusibles", épargnant avec soin les véritables auteurs.

 

Dès lors, tout citoyen ne peut qu'être inquiet de ces dérives qui ne cesssent de s'accentuer avec le temps. Entraînant le pays sur la pente d'un précipice qui s'apparente de plus en plus à un Totalitarisme crapuleux...

 

Cette prise de conscience se généralise, heureusement, expliquant en partie l'extraordinaire succès de son comité de soutien, dans l'injustice qui l'accable :
http://www.soutien-officiel-kerviel.com/blog/
 

 

(*)  Jacques Généreux, L'Autre Société - A la recherche du Progrès Humain, Collection "Points", Seuil, 2011, p. 351.

 

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1 février 2008
 
"Ils nous pissent dessus et la presse dit qu'il pleut !"
Graffiti sur les murs de Buenos Aires
 
 
 Chapeau-copie-1.jpg
 

 

“C’est la faute à pas de chance”…

 

Slogan, répété en boucle, par Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale. En termes de prestation d’un dirigeant assumant ses responsabilités : piteux, petit, pataud, incapable d’avoir une position convaincante, expliquant les pertes abyssales de la banque dont il assure la gestion.

 

Ce dirigeant a perçu un salaire de 3.425.000 euros en 2006 (1). Réparti de la façon suivante :

=> Rémunération fixe : 1.250.000 euros

=> Rémunération variable (lorsque les objectifs sont atteints) : 1.375.000 euros

=> Rémunération additionnelle pour dépassement d’objectifs (!) : 800.000 euros

 

Ce salaire avait été augmenté de 3,8 % par rapport à l’exercice précédent. Taux d’augmentation non généralisé au personnel de base, évidemment. Le rapport 2007 n’est pas encore publié. Il est à prévoir que le niveau de la rémunération encaissée en 2007 aura, encore, été augmenté…

 

Assisté d’un Conseil d’Administration qui s’est partagé 750.000 euros de jetons de présence. Après avoir fait passer ce délicieux pot commun de 650.000 à 750.000 euros, lors de l’assemblée du 30 mai 2006. Soit une augmentation de plus de 15 %. Là encore, taux d’augmentation inconnu sur les feuilles de paie du personnel…

 

Avec tout cela, voilà un PDG incapable de savoir et d’expliquer ce qui se passe dans l’établissement qu’il dirige. En anglais, on appelle ce type de dirigeants des “fat cats”. Je traduirais par les chats grassouillets, ceux qui passent leur temps à parader et à s’engraisser… Quand une tuile tombe, ils sont incapables de bouger et, surtout, d’anticiper.

 

Incapable, donc. Malgré le support, cher payé, des briefings, coachings, de toutes les astuces et campagnes des cabinets spécialisés dans la "Communication" et les "Relations Publiques"…

 

Malgré le soutien bruyant, dans les JT, d’une “claque” complaisamment filmée, comme dans les mauvaises pièces de théâtre du XIX° siècle, chargée d’applaudir et de célébrer les louanges du dit PDG.

 

Un "trader" illuminé ou mégalo, se prenant pour un génie, immature et tricheur, suivant les versions des dirigeants, serait responsable des pertes à hauteur de 5 milliards d’euros qu’enregistre la banque. Glissant habilement sur une ardoise, impossible à lui imputer, de plus de 2 milliards d’euros à éponger au titre des pertes subies sur les "subprimes", ces produits spéculatifs du marché immobilier anglo-saxon (USA & UK, principalement).

 

Version officielle que la nomenklatura prétend imposer. Prenant, une fois de plus, les citoyens pour des "canards sauvages“…

 

Cela s’appelle faire porter le chapeau… Au mépris de la présomption d’innocence : photo, identité et accusations publiques ont constitué le bûcher sur lequel on jette ce “trader”. Devenu le bouc émissaire de la gestion catastrophique d’un établissement bancaire et d’un système économique devenu de plus en plus aberrant, dans son fonctionnement fondé sur la spéculation.

 

La présomption d’innocence, il est vrai, comme le rappellent les juristes, ne commence qu’au moment du démarrage de l’enquête de police (2). Avant, même si le délai est court, on peut tout se permettre. L’appareil médiatique s’est donc empressé de lyncher et brûler le “coupable” en place publique.

 

A propos de brûler, il faut espérer que les juges d’instruction, chargés de l’enquête, renforcent la présence des pompiers dans les locaux de la Société Générale !... Souvenons-nous lors de la faillite du Crédit Lyonnais, le siège de la banque avait brûlé avec, en premier, la “salle des marchés” et les archives. Suivi peu de temps après, par l’incendie des archives entreposées dans des locaux spécialisés et hautement sécurisés, en principe, au Havre. 

 

Ces incendies, habituellement, ont lieu la nuit ou pendant les week-ends… J’ai toujours été très étonné de voir surgir ces incendies, dus à des courts-circuits, au moment où les consommations et les “tirages” d’énergie des bâtiments concernés sont les plus faibles. A l’époque, on collait tout sur le dos de Bernard Tapie…

 
Vous avez dit « bizarre » ?...
 

Daniel Bouton aime la métaphore d'une voiture prenant une autoroute à contresens, pour expliquer les comportements du “trader” et de sa facilité à contourner les contrôles. Retournons-lui la métaphore, comme beaucoup l’ont déjà fait, en lui demandant d’arrêter de nous faire croire qu’on peut conduire à longueur d’année sur l’autoroute Paris-Marseille à plus de 200 km à l’heure, à contresens…

 

Tout simplement : impossible que la hiérarchie ne soit pas au courant, tant pullulent les contrôles dont les verrouillages et les alertes sont doublés, tracés en continu, par l’informatique (3). Niveau par niveau. Heure par heure, jour par jour.

 

De plus, les positions d’achats ou de ventes, si elles arrivaient à être dissimulées en interne, seraient forcément visibles en externe, ne serait-ce qu’au niveau des chambres de compensation. Eurex (Francfort), par exemple, avait contacté la Société Générale en novembre 2007, s’étonnant de ses positions importantes sur ses indices boursiers… Les médias, surtout étrangers, en ont largement répercuté l’écho incrédule.

 

J’évoquerai, donc, des points insuffisamment traités : les concepts de responsabilité de la gestion d’un établissement bancaire et de risque bancaire.

 
 

1. Les responsabilités

 

Derrière le sacrifice du bouc émissaire se dissimulent, en ombres chinoises, des responsabilités déterminantes dans cet Enron à la sauce française. Je me limiterai à trois niveaux.

 

1.1.  Le PDG et le Conseil d’Administration

Dans le système bancaire français, les directions et les conseils d’administration veulent des salaires américains, mais surtout pas la contrepartie : la mise en jeu des responsabilités lorsque, éventuellement, cela tourne mal. Il y a les patrons voyous, mais aussi les inconscients et les mauvais gestionnaires.

 

En France, les multiples scandales bancaires depuis des décennies (Crédit lyonnais, Comptoir des Entrepreneurs, Banque de la Martinique, etc., etc.) ont toujours été étouffés. Très peu de dirigeants mis en cause. Schéma habituel, le voleur de poulet en aura pour 6 mois de prison ferme, le responsable d’un trou de plusieurs milliards coulera une retraite paisible, avec son parachute doré en guise de balancelle.

 

La Fontaine ironisait sur la double vision de La Justice…

 

Me référant au rapport sur les comptes des trois premiers trimestres de l’exercice 2007, publiés dans un document intitulé : « Troisième actualisation du document de référence 2007 » (4), on peut lire :

 

=> Page 4 : « Revenus limités des activités de trading : 112 millions d’euros », avec pour commentaire : « Réduction rapide des expositions » !!!...

 

=> Page 31, sous l’intitulé “Responsable de l’actualisation du document de référence” :

 

J’atteste, après avoir pris toute mesure raisonnable à cet effet, que les informations contenues dans la présente actualisation du document de référence 2007, sont, à ma connaissance, conformes à la réalité et ne comportent pas d’omission de nature à en altérer la portée

 
Signé, le 12 novembre 2007 : Daniel Bouton.
 

1.2. Les Auditeurs Externes et Commissaires aux Comptes
 

Dans le scandale Enron, l’auditeur externe Arthur Andersen, qui en avait certifié les comptes, a été contraint de se mettre en faillite vu le niveau des dommages et intérêts s’appliquant à ses responsabilités mises en jeu.

 

Dans le cas de la Société Générale, il s’agit de deux cabinets qui ont certifié les comptes de 2006 en écrivant notamment, sur la qualité des contrôles internes (5) : Ernst & Young Audit et Deloitte & Associés. Ils affirment ainsi, dans leur certification des comptes :

 

“… Nous n’avons pas d’observations à formuler sur les informations données concernant les procédures de contrôle interne de la société relatives à l’élaboration et au traitement de l’information comptable et financière, contenues dans le rapport du président du conseil d’administration…”

 

Leur responsabilité, autant que celle du PDG et du Conseil d’Administration, est évidente par leur caution, morale et professionnelle, qu’ils ont engagée sur la qualité du contrôle interne. Comme Arthur Andersen dans l’affaire Enron, et d’autres dans des affaires moins retentissantes, ces cabinets devraient être poursuivis et sanctionnés.

 

On ne certifie pas, impunément, les résultats d’une banque, avec en corollaire "la qualité" de ses procédures de contrôle interne …

 
1.3.  Les sociétés d’informatique  et de conseil
 

La responsabilité des sociétés de conseil informatique ayant collaboré à la mise au point éventuelle des systèmes de contrôle qui se révèleraient défaillants est, bien évidemment, à engager de la même manière…

 
 

2. Culture du risque et culture de la spéculation

 

Les professeurs Nimbus de service, les “experts”, n’ont pas arrêté de nous bassiner avec leurs argumentaires de camelot. Cette spéculation, cette “économie casino”, serait indispensable pour rendre l’économie “active”, “liquide”, ”dynamique” !...

 
N’importe quoi…
 

Un seul exemple : celui des créateurs d’entreprises et les multiples difficultés qu’ils éprouvent auprès d’un système bancaire d’une férocité extrême. Le « risque » leur oppose-t-on ! La protection contre le “risque” est, en effet, l’argument suprême.

 

Au nom du “risque”, c’est l’étranglement, par les banquiers, de toute initiative si vous êtes incapable de fournir des garanties (sûretés réelles) sur vos biens ou ceux de votre famille. Même celui de votre arrière grand-mère, ils sont preneurs…

 

Un cas récent : un créateur, dans les services, vient de décrocher d’importants contrats (signés en bonne et due forme) à l’étranger. Il est payé sur 60 à 90 jours. Au nom du “risque”, il ne peut obtenir de crédits pour financer sa trésorerie. “Il doit faire ses preuves”. On lui demande de voir fonctionner son compte pendant un an. Pour le financement de ses créances, on voulait le diriger vers l’affacturage (6). Mais, 100 % de son chiffre d’affaires est hors de France. Impossible. Ses clients sont en Europe, pourtant…

 

Entre-temps au moindre dépassement, il reçoit une avalanche de lettres, recommandées ou pas (qui lui sont facturées à des tarifs supérieurs à ceux de la poste), des pénalités, avec des taux de découvert non autorisé, dont le TEG augmente de 25 % par trimestre (7).

 

Comme pour les clients ordinaires, personnes physiques, accablés d’agios et de pénalités, de retraits de chéquiers ou de cartes bancaires, au moindre dépassement ou comportement estimé “abusif”.

 

D’un côté le « risque » est brandi à tout propos, de l’autre le laxisme le plus total quand la spéculation est gérée directement par le siège.

 

Encore une fois, le système bancaire gagne son argent dans "la banque commerciale" (le retail banking ou "la banque de détail" des anglosaxons...) qui cultive non pas un comportement de veille par rapport à un “risque” réel, mais un comportement d’usurier. Avec des taux prohibitifs par le jeu des pénalités, attractifs au départ pour précipiter les ménages dans le surendettement.

 

Vivant grassement du surendettement des ménages, bridant la création d’entreprises et d’emplois, les banques exercent cette activité d’usurier qui assure "le fonds de roulement" des spéculateurs du siège. Ils peuvent se permettre, ainsi, d’éponger les dégâts de leur jeu à la roulette. Quand, les pertes deviennent trop lourdes, c'est l'Etat qui efface l'ardoise, autrement dit en faisant payer "le contribuable"...

 

Dernier point, et non des moindres, que seul Besancenot a mis en lumière : comment des entreprises peuvent elles dire avec assurance, pour ne pas dire cynisme, que perdre des milliards d’euros dans des activités spéculatives, n'est pas si grave en fin de compte, et être intransigeantes dès que sont abordés les problèmes de salaires et de retraites de leurs personnels ?...

 
 

"Société de l’Information", clament les professeurs Nimbus ! En fait, société de la Communication : on vous met, dans l’emballage le plus attrayant, le vide le plus complet et le mensonge le plus éhonté.

 

Emblématique de la nomenklatura : mensonge, complicite, solidarité dans l’irresponsabilité et l’incapacité à remettre en cause tant son comportement que celui du système qu’elle entretient.

 

Système, qui la fait vivre en princes…

 
La Nomenklatura du Bobard …
Jérôme Kerviel : Fusible d'un Système Mafieux...

(1)  Rapport Annuel Société Générale – 2006, p. 79. Non compris les stock options : 150.000 en janvier 2007, par exemple. Ces revenus ne font pas ressortir ceux encaissés à l’extérieur du groupe au titre des postes d’administrateurs, sous forme de jetons de présence.

(2)  Article 9-1 du Code Civil français : “Chacun a droit au respect de la présomption d'innocence”… Fondé sur l’article 11 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, de l’ONU : “Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées…”

(3)  Sur la présentation des différents niveaux de contrôles, lire le Rapport du Président sur le contrôle interne, pp 89 à 98, dans le rapport Société Générale de l’exercice 2006.

(4)  Troisième Actualisation du Document de Référence 2007, déposée auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), le 13 novembre 2007.

(5)  Rapport Société Générale 2006, p. 99.

(6)  Les banques ont des sociétés spécialisées qui rachètent vos créances et les encaissent  à votre place, moyennant commission. Pas, si vous avez des créances sur l’étranger.

(7)  Ce créateur d’entreprise est client du LCL. Mais, tous les établissement financiers sont à mettre dans le même sac...

 

 

 

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 22:51

 

 

"Il y a sur cette terre des fléaux et des victimes ... Il faut, autant que possible, refuser d'être avec le fléau."
Georges Braque   (1)

 

 

 

 

 

Je ne m'en lasse pas...

 

Feuilleter ce joyau de la littérature latino-américaine : « La mort d’Artemio Cruz » de Carlos Fuentes. (2)

 

Flamboyant de poésie, de sensualité et de violence. Crépusculaire portrait d'un richissime mexicain, magnat de la presse, des mines, industries, transports, exploitations agricoles et forrestières. De la finance, inévitablement. Qui pourrait être, sous nos latitudes, n'importe quel de nos "grands patrons" médiatiques, boursouflés de prétentions, la dimension épique en moins.
 

Mégalomane lucide se regardant mourir, revivant ses trahisons, ambitions, haines et amours. Au sommet du pouvoir, jonglant cyniquement avec politiciens et affairistes, nationaux et étrangers, après l'abandon de ses utopies et combats révolutionnaires.

 

Requin des eaux profondes de la prédation, corruption et mensonge, prenant conscience qu'il n'emportera rien dans sa tombe. Même pas l'affection, ou le mépris, de ses proches...

 

Dans mon hamac dominical, ce livre s'est télescopé avec un autre ouvrage. Etrange rapprochement entre deux destins marqués par une frénétique volonté de puissance, dans le rejet de leurs rêves de jeunesse. Evoqué au détour d’un de mes derniers commentaires. Rédigé et publié par Emmanuel Ratier :

"Le Vrai Visage de Manuel Valls"  (3)

 

Précisons qu'Emmanuel Ratier représente un des plus précieux spécimens d'une espèce en extinction dans notre pays, et plus généralement en Europe. Espèce non protégée par les luxueuses gargotes sous label ONG, débordantes de subventions, chargées de défendre la "Biodiversité" dès lors qu'elle ne concerne pas la "diversité de l'information", encore moins "l'exercice de l'esprit critique".

 

En clair : le "Journaliste d'Investigation".

 

Son engagement dans la défense de la liberté d'expression et d'information va jusqu'à gérer une librairie dans le 9° arrondissement de Paris. La librairie "Facta". Régulièrement vandalisée par des actions de commandos et nervis, chargés d'intimider, neutraliser, éradiquer, ces fondements de notre vie "d'hommes libres" que sont la Liberté d'Opinion, d'Expression et de Réunion.

 

Preuve évidente, en Occident tout particulièrement, de l'inéluctable et rapide évolution de nos sociétés actuelles, sous l'emprise de nomenklaturas aussi cyniques qu'implacables, vers un régime autocratique de type féodal. Pour ne pas employer le terme galvaudé de : "fascisme"...

 

Livre totalement occulté par notre appareil de désinformation, si ce n'est sous les clichés diabolisants des médias de la propagande, trempés dans la fureur et la lâcheté des journalistes "vendus". Hystérie, excommunication, inquisitoriales : parfait exemple de la "Presstitution", comme disent nos amis aglophones.

Comment ne pas les comprendre ?... Il s'agit d'un des plus décapants du genre !...  Donc à lire, à promouvoir et faire circuler. La valeur des informations qu'on y découvre étant proportionnelle à la méthodique manoeuvre d'étouffement en cours...

 

Dans la trajectoire d'un Rastignac, le plus captivant à observer ne sont pas les luttes, ruses, alliances changeantes, pour gravir les marches de l'ambition personnelle, mais : les "reniements".
 

Le plus significatif pour ma part est, en effet, de constater dans cet ouvrage l'étendue du passé vigoureusement "pro-Palestinien", et farouchement "antisioniste" du personnage !... Allant, il y a peu de temps, jusqu'à se déplacer en Palestine avec des sympathisants français pour visiter des camps de "réfugiés", chassés de leurs maisons et de leurs terres, vicitmes du nettoyage ethnique des extrémistes sionistes.

 

Quel retournement de veste, depuis !

 

L'extrait d'un de ses discours, visible dans une vidéo sur Youtube (encore accessible...), en solidarité avec la Résistance Palestinienne, n'en est que plus émouvant ou pathétique... (4)

 

 

Récemment, Manuel Valls était donc en mesure d'opérer une distinction évidente entre le "Judaïsme", religion monothéiste dont on se doit de respecter fondements et rites dans le cadre de la Loi de 1905 sur la protection de la laïcité et des religions (5) ; et, le "sionisme", idéologie coloniale fondée, au Congrès de Bâle de 1897, par l'Austro-Hongrois Thedor Herzl.

 

Idéologie fondée sur l'instrumentalisation, ou la manipulation, d'une religion, que tout citoyen est en droit de remettre en cause ou de critiquer dès qu'elle prétend nier "La Dignité Humaine". Et, la "Vie Humaine", tout court.

 

Au même titre que tous les "radicalismes religieux" infestant à intervalles réguliers l'espace politique de nos pays, sur tous les continents. Les longues guerres de religions opposant pendant des siècles, en Europe, "Protestants" et "Catholiques" dans d'innommables atrocités, en sont un tragique exemple.

 

Au-delà de ces considérations relevant de l'Histoire ou de la Géopolitique, et non pas de la Théologie, le fanatisme sioniste de Manuel Valls voulant, à présent, "criminaliser" les débats, quelles qu'en soient les formes, s'appliquant à une idéologie prônant la spoliation du Peuple Palestinien et son apartheid, dans l'hyperviolence et la négation permanente des Conventions de Genève sur la protection des populations civiles, sans oublier les multiples résolutions de l'ONU n'ont appliquées à ce jour, conduit à formuler des "doutes"...

 

"Doutes" quant à la "cohérence" de la réflexion humaniste ou éthique, "l'équilibre" intellectuel, voire psychologique, d'un individu sujet à des revirements aussi opposés que féroces, en très peu de temps. Ou, encore plus préoccupant, sur la "sincérité" de ses engagements successifs...

 

A moins, pour paraphraser Pascal, qu'un politicien professionnel, "apparatchik" des arcanes et coulisses des appareils politiques, n'ait pour justifier d'aussi drastiques abjurations ou volte-face :

"... ses raisons que La Raison ne connaît pas " ?...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Alex Danchev, Georges Braque - Biographie, Hazan, 2005, p. 220.

2.  Carlos Fuentes, La mort d'Artemio Cruz, Folio, Gallimard, 1966.

3.  Disponible, entre autres, sur Amazon : http://www.amazon.fr/Le-vrai-visage-Manuel-Valls/dp/2950831877
4. 
Lien vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=O3gXgVtFx38
5. 
Il est bon de rappeler que la "Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat" stipule dans son Titre Premier : Principes - Article 1 :
"La République assure la liberté de conscience. Elle garantit la liberté des cultes..."
Cf. : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070169&dateTexte=20080306

 

 


 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:00

 

 

« Les peuples ont le droit de choisir et de régler eux-mêmes le régime politique sous lequel ils veulent vivre. »

Talleyrand  (1)

 

 

 

 

Quel délice de voir les nomenklaturas des membres de l’OTAN s’étrangler de dépit devant les référendums des provinces de l’Ukraine de l’Est !...

Référendum !

 

Rien n’étant plus insupportable à ces vertueux « démocratologues », infatigables donneurs de leçons à la planète entière, que de voir s’exercer un droit qui représente l’expression la plus authentique d’une volonté collective.

 

A commencer chez eux.

 

Où plusieurs pays, France et Irlande donnant les plus pathétiques exemples, ayant signifié dans un référendum leur rejet du "Traité Européen" dans sa configuration actuelle, les castes au pouvoir se sont précipitées pour le contourner. Le faisant entériner par voie parlementaire. Parlements composés de "politiciens-marionnettes" de profession, zélés serviteurs de leurs sponsors ou maîtres…

 

A plus forte raison dans les autres pays.

 

Les volontés nationales qui ne se soumettent pas à leurs projets de prédation sont niées dans des coups d’Etat, éradiquées dans le chaos des guerres civiles, réduites en cendres dans d’apocalyptiques invasions. Opérations longuement, implacablement planifiées, organisées, avec leurs armes, leurs financements, leurs encadrements, leurs logistiques, leurs complicités.

 

Sauvages entreprises meurtrières, glorifiées par leurs appareils de désinformation, vendues à leurs opinons publiques dans des campagnes de propagande ou de "marketing-publicité" sous le label : « Défense de  la Liberté et Promotion de la Démocratie ».

 

Quitte à protéger les pires dictatures et individus.
 

Ainsi à Kiev, soutenant des putschistes, ramassis d’affairistes corrompus, coupeurs de gorges et néonazis. Saluons le courage des provinces de l’Ukraine de l’Est qui se refusent à subir la loi de la rue et les spoliations des oligarchies occidentales. (2)

 

Le 9 mai dernier, la Crimée a célébré l’anniversaire de la chute du nazisme. Ainsi que le succès de son autodétermination et son retour à la Russie. Province que Khrouchtchev en 1954, principal dirigeant soviétique à l’époque, dans une décision arbitraire, avait rattachée à l’Ukraine.

 

A Sébastopol, où s’était déroulée une des batailles les plus acharnées, dans un siège héroïque, contre les troupes allemandes du maréchal Manstein, sous un soleil magnifique, le président Poutine venu de Moscou, s’associa à la joie des habitants.

 

Partageant commémorations et défilés. Dont une superbe démonstration aérienne des pilotes d’élite de l’armée Russe… (3)

 

 

 

Alors l’UE, courbant l’échine sous la trique de son suzerain, s’indigne, gesticule, menace, "sanctionne" la Russie…

La veille du prochain voyage officiel du président Russe en Chine. Au cours duquel vont être signés, pour une trentaine d'années, parmi les plus gigantesques contrats d'investissements et d'échanges de l'histoire du commerce international. Depuis l'énergie jusqu'à la mise en valeur de la Sibérie, aux ressources infinies... (4)

 

 

Russie : Imbécile Aveuglement de l’UE…

 

Imbécile aveuglement d'une pitoyable Europe …

 

 

 

Russie : Imbécile Aveuglement de l’UE…

 

 

Qui fait rire le reste du monde…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Jean Orieux, Talleyrand, Flammarion, 1970, p. 696.

2.  Georges Stanechy, Ukraine : Le Passing-Shot, 5 mars 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/03/ukraine-le-passing-shot.html
3.  Source vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=j7QrFgcrQOM
4.  Russia : Historic 30-yr gas deal with China set to be signed next week, 12 mai 2014,
http://rt.com/business/158396-gasprom-russia-china-cnpc/

 

Caricatures : Luo Jie et Li Min, du China Daily

 

 

 

 

 

 

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